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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 11.04.2012 à 18h00
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Le cycle de la vie" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Circle of life" » okapi
Cette fanfic compte déjà 346 paragraphes
Michaela ouvrit la porte de la clinique en entendant un léger coup frappé à l'extérieur pour découvrir Sully sur le perron.
Il avait revêtu une tenue adéquate pour une longue chevauchée
"Comment vat-il?" demanda-t-il avec compassion.
"Eh bien son état n'a pas empiré… Anna est à son chevet en ce moment" répondit Michaela en jetant un coup d'œil par-dessus l'épaule de son mari pour apercevoir un petit nombre de cavaliers, déjà en selle entrain de l'attendre.
"Qu'en est-il des autres passagers du train ?"
"Ceux qui vivent ici ont rejoint leur famille… Hank héberge bon nombre de ceux qui étaient supposés se rendre plus au sud et quelques uns d'entre eux se sont rendus au Château…"
Il jeta un coup d'œil aux hommes qui l'attendaient sur leur monture "Je ferais mieux d'y aller…"
Elle acquiesça avec résignation
"Vous n'avez aucune idée de la direction qu'ils ont pu prendre ?" demanda-t-elle, inquiète.
"Leur piste démarre de la voix de chemin de fer et part en direction de l'Est… Nous allons retourner sur les lieux de l'attaque et retrouver leurs traces…" Dit-il
"Il va bientôt faire nuit" fit-elle remarquer en observant les prémices du coucher de soleil dans le ciel et la lumière déclinante du soir.
"Nous allons avancer aussi loin que possible avant d'établir un campement pour la nuit et nous repartirons à l'aube…" Expliqua-t-il.
"Je suis heureuse de voir que vous êtes un bon petit groupe et qu'au moins plusieurs d'entre vous on déjà un peu d'expérience dans ce genre de chose " fit-elle remarquer en essayant de se rassurer elle-même.
Il lui sourit avec indulgence
"Brian voulait venir aussi" lui avoua-t-il
"Vraiment !" s'exclama-t-elle, de nouveau inquiète
"Mais il a finalement décidé de rester ici pour pouvoir écrire un article sur le hold-up et l'éditer dans la Gazette !" Termina-t-il avec satisfaction.
Il se pencha pour lui donner un rapide baiser et s'éloigna pour rejoindre son cheval.
Elle le suivit, heureuse de constater que son mari avait toujours autant de pouvoir de persuasion.
Si Brian restait sagement à Colorado Springs, il y était pour quelque chose. Puis elle s'approcha de la monture de son fils ainé.
"Est-ce que je peux te parler un instant Matthew… Juste une minute ?" Demanda-t-elle doucement.
"Je vais bien, docteur Mike…" La rassura-t-il aussitôt, se rappelant plusieurs situations similaires qu'ils avaient vécues tous les deux par le passé.
"Je sais !" Dit-elle immédiatement "Ce n'est pas ce dont je voulais te parler…"
Il fronça les sourcils avec étonnement, sauta en bas de son cheval et fit quelques pas dans sa direction.
"Euh… Matthew… je me demandais… et bien… As-tu vraiment besoin d'aller avec eux cette-fois-ci…" Commença-t-elle hésitante.
"Je vous ai dit que j'allais bien, docteur Mike" répéta-t-il avec une pointe d'irritation dans la voix.
"Euh… Je sais… Mais, à vrai dire… Je pensais plutôt à Kathleen…"
"Vous allez lui dire où je suis, n'est-ce pas?"
"Oui… Bien entendu… Mais… Et bien… Je me disais que ce serait mieux si tu rentrais à la maison…"
Comme il la regardait étrangement, elle continua prudemment "Je pense qu'elle a besoin que tu sois à ses côtés en ce moment !"
"Qu'essayez-vous de me dire docteur Mike? " L'encouragea-t-il, puis, les mâchoires crispées, il lui déclara soudain avec emportement "Elle est malade… Je savais que quelque chose n'allait pas…"
"Euh… Non… Elle n'est pas malade… Pas exactement… Mais je pense que cela l'aiderait de savoir que tu es sain et sauf… Et que tu ne mets pas ta vie en danger…"
"Elle va devoir s'habituer à ce genre de chose docteur Mike… J'ai été shérif ici… Et je suis censé prendre part à de telles excursions…"
"Je le sais bien et je suis sûre qu'elle s'y fera à la longue… Mais juste pour cette fois, je pense qu'il serait préférable pour tous les deux que tu rentres à la maison" lui conseilla-t-elle en espérant sans trop y croire qu'il l'écoute.
"Ceci a-t-il un quelconque rapport avec le fait que vous ne vouliez pas me voir participer à cette expédition ?" Interrogea-t-il
Elle secoua immédiatement la tête "Non !" Se défendit-elle, "absolument pas!"
Alors que son cheval piaffait nerveusement, Hank, situé au milieu des autres cavaliers appela avec impatience: "Va-t-on pouvoir partir avant la nuit ou pas ?"
"On y va dans une minute" répondit Sully sans lui accorder trop d'attention.
Il se tenait non loin de Michaela et Matthew aussi perplexe que ce dernier.
Il regardait Michaela avec une certaine inquiétude.
Il se passait quelque chose d'inhabituel, quelque chose qu'il ne comprenait pas mais il faisait confiance à sa femme.
Alors, il finit par proposer calmement "Nous pouvons nous passer de toi, Matthew… Tu peux simplement nous donner une description de ces deux types et nous les trouverons bien. Tu pourras les identifier plus tard, lorsque nous les ramènerons ici …"
Matthew scrutant le visage de sa mère pour y chercher des réponses, sembla hésiter avant de déclarer: "Je n'ai pas vu leurs visages, Sully… Ils portaient des foulards… Mais je peux vous dire comment ils étaient habillés, leur taille, leur corpulence…"
Sully donna une tape dans le dos du jeune-homme
"Puisque ta décision est prise alors… Raconte-nous tout ça… Et puis tu rentreras chez toi…" Dit-il avec assurance.
Visiblement toujours déchiré entre les choix qui s'offraient à lui, Matthew acquiesça et se dirigea vers les hommes toujours sur leurs chevaux.
Michaela se dressa sur la pointe des pieds pour donner un rapide baiser à Sully
"Merci et … S'il te plaît… Soyez très prudents…" L'implora-t-elle.
"Nous le serons " dit-il avant de faire demi-tour pour rejoindre les autres.
Après que Matthew leur ait fourni une description la plus complète et précise possible des deux voleurs, Michaela et lui regardèrent la file des cavaliers quitter la ville.
Lorsqu'ils disparurent après le premier virage, ne laissant derrière eux qu'un nuage de poussière, il se tourna vers Michaela "Quelque chose ne va pas avec Kathleen, man?" Implora-t-il "Quelque chose que vous ne vouliez pas que les autres entendent ?"
Elle sourit et déposa la main sur l'épaule de son fils "Rentre simplement auprès d'elle mon chérie… Tu es tout ce dont elle a besoin pour le moment… Tu verras bien…"
Il soupira, espérant de tout son cœur qu'elle ne lui cache rien.
Il finit par hocher la tête avec résignation et grimpa sur son cheval.
Alors qu'il s'installait en selle, elle l'interpella une dernière fois "Dis à Kathleen que je passerai chercher les enfants dès que je pourrai partir d'ici… D'accord?"
Il lui fit signe qu'il avait entendu, talonna son cheval et galopa en direction de la sortie de la ville pour rejoindre sa femme et sa maison.
Michaela sourit.
Matthew avait toujours désiré avoir un enfant.
Cela faisait partie de son rêve de vie commune avec Ingrid.
Désormais, lui et Kathleen allait réaliser ce rêve.
Elle aurait donné n'importe quoi pour être présente à ses côtés quand il apprendrait la nouvelle mais il y avait des choses du domaine de la vie privée que seuls pouvaient partager un mari et son épouse.
Se souvenant du bonheur qu'elle avait éprouvé en découvrant qu'elle était enceinte de Katie et de la joie de Sully lorsqu'elle lui avait dit, elle s'étreignit elle-même avec délice avant de tourner les talons et regagner la clinique où un patient autrement mal en point l'attendait.
Chapitre 24
Le Révérend ajusta sa redingote et frappa à la porte de son ancienne chambre située derrière l'église tout en espérant que les enfants ne seraient pas déjà couchés.
La porte s'entrouvrit finalement en grinçant et une voix plutôt brusque se fit entendre : "Oui ?"
"C'est moi, madame O'connell, le Révérend !" Répondit-il aussitôt "Loren m'a dit que vous aviez été blessée au cours de l'attaque… Et je voulais m'assurer que vous alliez bien… Savoir si vous aviez besoin de quelque chose !"
Elle porta instinctivement la main sur la coupure qu'elle portait au menton, malgré l'insignifiance que celle-ci pouvait avoir en comparaison de la cicatrice évidente qui courrait de sa tempe jusqu'en bas de sa joue, du côté gauche de son visage.
"Ce n'est rien" répondit-elle doucement "juste une petite coupure… Le docteur Mike l'a bien désinfectée… Elle aura disparu dans quelques jours."
Il sourit
"C'est très bien !" Dit-il "J'imagine que les enfants son heureux de vous voir de retour à la maison !"
Préoccupée par ses propres ennuis, elle avait complètement oublié de le remercier pour s'être occupé des enfants pendant son absence et plus important encore, pour le changement qu'elle avait pu constater chez May. Changement dont il était l'auteur.
"Pourquoi ne rentrez-vous pas à l'intérieur ? Les enfants étaient sur le point d'aller se coucher…"
"Je ne voudrais pas vous déranger en plein milieu de ce cérémonial…" Protesta-t-il.
Elle sourit enfin
"Les enfants ne me le pardonneraient jamais si vous ne venez pas… Ils ont entendu votre voix !"
Sur ces paroles, Douglas rejoignit sa mère sur le pas de la porte.
"Vous venez nous faire une petite visite, Révérend? " demanda-t-il innocemment.
"Peut-être que vous pourriez nous raconter une de vos belles histoires?"
Toujours sous le charme de la candeur et de la gentillesse du jeune garçon, le Révérend lui sourit et lui répondit sur le ton de la plaisanterie "Je ne suis pas certain de cela… Peut-être suis-je à court d'histoires… Combien a-t-il fallu que je vous en raconte, hier soir, avant que vous ne vous endormiez tous les deux ?"
Le garçonnet se mit à rire aux éclats "Deux ou trois…" répondit-il avec malice.
"Mm… Juste deux ou trois?"
"Oui, juste deux ou trois… Ou peut-être un peu plus…" Concéda-t-il.
Il s'approcha du Révérend et le prit par la main d'une manière beaucoup plus aisée et naturelle que si sa mère avait dû le faire
"Allez, venez à l'intérieur !" le pria-t-il.
Le Révérend se laissa faire et dès qu'il fut confortablement assis, May vint s'installer d'elle-même sur ses genoux et se laissa aller contre sa poitrine.
Il enroula ses bras autour de la petite fille avant de reporter son attention sur Faith.
"Vous êtes certaine que vous allez bien? " Demanda-t-il de nouveau.
"Cela a plutôt du être effrayant !"
Elle devint pâle à cette évocation.
"Oui, c'est vrai !" répondit-elle "Mais, Matthew s'est montré très brave… Il m'a plaquée sur le sol du wagon et m'a protégée jusqu'à la fin de l'attaque !"
Le Révérend approuva
"C'est vraiment quelqu'un de bien !" Confirma-t-il "Avez-vous des nouvelles du mécanicien ?"
"Grace m'a dit qu'il allait s'en sortir… Elle a apporté leurs repas aux docteurs Mike et McLead…"
Elle marqua une pause avant de prendre une profonde inspiration et de lancer timidement… "Révérend ?"
"Mm…?"
"Je voulais vous remercier pour avoir pris soin des enfants durant mon absence. Je n'en croyais pas mes oreilles lorsque j'ai entendu May parler…"
Elle posa son regard brillant de larmes sur sa toute petite fille.
"C'est comme si vous me l'aviez rendue après ces semaines de silence, je la retrouve enfin…" Murmura-t-elle avec gratitude.
Il sourit.
"Elle a fait ça toute seule" se défendit-il.
"Je pense qu'elle était tellement frustrée à force d’essayer de communiquer avec quelqu'un qui ne pouvait pas la voir que parler était devenu la seule option qui s'offrait à elle…"
"Et bien… Quelle qu'en soit la raison… Je vous remercie…" Réitéra Faith.
Le Révérend déposa un tendre baiser dans les cheveux de la petite fille avant de s'enquérir "Et votre voyage… A-t-il été couronné de succès?"
"Et bien oui… Pour l'essentiel…" Répondit-elle avec circonspection "Je suis heureuse que Matthew Cooper m'ait accompagnée… Sans cela, je suppose que j'aurais laissé tomber les négociations avec nos interlocuteurs de la banque…"
"Mais lui a persévéré !"
Elle approuva du chef "Oui… Absolument… Il a insisté en argumentant que j'avais certains droits… Et pour finir ils m'ont autorisée à accéder à notre compte bancaire…"
"Et qu’en est-il réellement… Est-ce à quoi vous vous attendiez?"
"En fait, il y a un peu plus d'argent que je ne pensais… Assez pour éventuellement pouvoir louer une petite maison… Aussi longtemps que je parviendrais à convaincre les parents de me laisser donner des cours de piano à leurs enfants !"
Le Révérend sourit "Alors, vous restez parmi nous ?"
"Au moins pour le moment… Je ne suis pas encore sûre de ce que je vais faire de notre propriété située près de Rawlins… De trop mauvais souvenirs y sont associés…" Répondit-elle d'une voix tremblante puis elle ajouta timidement "Pour tout vous dire, après cette journée éprouvante, j'ai pensé retourner à l'Est… Mais quelque part, ce serait trahir la mémoire de Peter…"
"Je suis certain que vous vous sentirez bien, ici… Lorsque vous aurez pris un peu de recul…" Lui assura-t-il en essayant de ne pas montrer trop d'emportement et de garder un ton neutre ne trahissant pas sa satisfaction personnelle.
Elle acquiesça et ajouta encore "Je l'espère vraiment… Pour le bonheur et l'équilibre des enfants…"
"Et pour le vôtre, également !"
"Je suppose… Mais ce sont eux ma priorité…"
"Vous nous racontez une histoire maintenant, Révérend?" Demanda impatiemment Douglas depuis le fond de son lit.
La petite May, gigotant à son tour dans ses bras, ajouta ses propres supplications à celles de son frère "Celle qui parle de la princesse" dit-elle avec une toute petite voix, due au manque de pratique.
Il sourit avant de la faire glisser en bas de ses genoux "Très bien… Alors… Dès que tu seras dans ton lit…" Les informa-t-il.
Il écouta le bruit léger de ses petits pieds nus sur le sol, suivit du froissement des couvertures, avant d'entendre deux jeunes voix lui déclarer à l'unisson "On est prêt !"
Anna s'approcha de son patient et lui prit le pouls une fois encore.
Tout allait bien, il n'y avait pas de changement, du moins, son état ne s'était pas dégradé.
Elle retourna s'asseoir à son chevet et replongea dans sa rêverie.
C'était une sensation étrange que de se retrouver là, dans cette chambre calme et obscure, avec son environnement peu familier de sons et d'odeurs nouvelles.
Elle se sentait encore fébrile suite aux évènements extraordinaires de l'après-midi.
Elle avait été confrontée à une nouvelle épreuve qu'elle avait surmonté, peut-être pas de manière flamboyante, mais elle était plutôt satisfaite d'elle, dans l'ensemble.
Elle enviait cependant la lucidité et la sérénité que Michaela avait affichée dans cette situation d'urgence, et ce, malgré la pression des responsabilités qui pesaient sur ses épaules.
Elle admirait également la confiance que les habitants lui témoignaient.
Cette confiance, lui avait-elle dit, devait se gagner.
Elle espérait vraiment avoir pu en gagner un peu durant la journée qui venait de s'écouler.
Un éclat de rire rauque en provenance de la rue la ramena à la situation présente.
Elle se demandait bien qui pouvait s'occuper de la Pépite d'Or pendant que Hank Lawson et les autres étaient à la poursuite des attaquants du train.
Elle devait bien admettre que l'homme lui était sympathique malgré sa profession.
Il y avait quelque chose d'honnête et de profondément pratique et réaliste chez lui.
De plus, il s'était toujours conduit en parfait gentlemen en sa présence.
Elle se demandait bien ce qu'il était en train de faire à cet instant précis, perdu dans des régions sauvages et désertiques.
Elle n'arrivait pas à s'imaginer dans une telle situation : Seule, dans l'obscurité de la nuit, sans âme qui vive à des kilomètres à la ronde.
Elle sourit de sa propre bêtise.
En réalité, ils étaient un petit groupe d'hommes affairés à cette tâche au milieu de la nuit, et ils travaillaient ensemble.
Elle n'avait jamais aimé être seule, vraiment seule.
Cela la décourageait et lui mettait le moral en berne.
Elle se reprit aussitôt.
Si tout se passait bien, cela ne serait plus le cas dans très peu de temps.
Elle devait s'habituer à ce nouvel endroit et à toutes ces nouvelles connaissances.
On lui offrait ici une chance qu'elle n'aurait jamais pu avoir dans l'Est.
Tant de choses dépendaient de la manière dont elle allait savoir gérer cette opportunité et réussir ou non à se faire accepter dans ce nouveau milieu.
Son patient s'agita un peu dans son état comateux.
Il n'avait pas encore retrouvé son état de conscience totale.
Quelques heures plus tôt, il avait essayé d'ouvrir les yeux et de la fixer du regard mais ses paupières s'étaient aussitôt refermées.
Elle redoutait de devoir lui expliquer ce qui s'était passé et lui annoncer le décès de son collègue.
Comment les gens s'en sortaient-ils après de pareilles tragédies?
Elle secoua la tête énergiquement.
Elle ne connaissait que trop bien la réponse à cette question.
Elle avait tout de même réussi à convaincre Michaela de rentrer un peu chez elle.
Au début, elle avait été blessée dans son amour propre en constatant que Michaela s'attardait à la clinique, s'imaginant que cette dernière avait de la peine à lui faire confiance mais elle avait fini par réaliser que c'était sa façon d'être et de pratiquer la médecine.
Le docteur Mike avait une totale dévotion pour ses patients et ne comptait pas le temps qu'elle passait à leur chevet malgré le fait qu'elle eut enfin trouvé un autre médecin pour la seconder dans cette tâche.
Elle admirait réellement la maîtrise professionnelle de sa collègue durant cette après-midi aux conditions de travail plus que difficiles.
Bien sûr, plus tard, en parlant avec elle, tout en veillant sur les blessés, elle avait pris conscience de l'expérience plutôt vaste que Michaela avait de ce genre de médecine d'urgence.
Elle avait cependant du mal à s'imaginer devenir un jour aussi compétente qu'elle dans ce domaine et au fond d'elle-même, elle sentait croitre un sentiment d'admiration pour ces gens si particuliers qui étaient confrontés à cette vie si rude, soumise à tant d'aléas et de circonstances dramatiques.
Son patient se mit soudain à gémir et à porter sa main sur le bandage qui entourait sa poitrine.
Elle lui accorda donc à nouveau toute son attention afin d'améliorer son confort et soulager sa peine.
Brian rejeta en arrière, une de ses mèches de cheveux qui lui retombait sur le front et contempla l'article qu'il venait de terminer au sujet de l'attaque du train et de ses conséquences.
Il devait admettre qu'il était assez satisfait de son travail et qu'il se sentait un peu chagriné et déçu de devoir tenir sa promesse en le faisant relire à ses parents avant sa publication comme tous ses autres articles de moindre importance.
Il jeta un coup d'œil sur la presse.
Il était tard, il était fatigué et il avait encore deux pages de l'édition originale à imprimer.
Il se frotta les yeux, se leva et s'étira.
Deux options se présentaient à lui.
Il pouvait abandonner l'idée de finir l'impression ce soir, faire relire son nouvel article à sa mère et finir l'édition le lendemain.
Cela signifiait qu'il devait retarder le tirage d'une journée.
Ou alors, il pouvait terminer d'imprimer l'édition de la gazette ce soir pour qu'elle soit en vente comme d'habitude, le lendemain matin, sans l'article sur l'attaque du train.
Evidemment, rien ne l'empêcherait alors de faire une page d'édition spéciale sur le sujet dans l'après-midi.
Il se demandait bien ce que Miss Dorothy aurait fait à sa place.
Cela ne lui prit pas longtemps pour prendre sa décision.
Si elle avait été là, elle aurait remis cet article à plus tard car elle disait toujours que c'était les lecteurs et les annonceurs qui avaient la priorité.
Elle aurait donc soutenu l'idée d'une édition spéciale.
Il soupira.
Cela allait être une longue… Très longue nuit.
Pourquoi avait-il fallu que ces voleurs attaquent le train le jour de sa première édition?
Il passa son lourd tablier d'imprimeur, remonta les mèches des lampes à pétrole et se dirigea vers la presse avec une certaine lassitude.
"Je ne comprenais pas pourquoi le docteur Mike insistait pour que je rentre à la maison" répéta Matthew pour la je ne sais combien de fois. "D'autant que c’était moi le mieux placé pour diriger cette expédition…"
"Cela t'ennuie tant que cela?" Demanda Kathleen, assise avec bonheur sur ses genoux.
"Pas vraiment !" déclara-t-il. "Elle n'a pas voulu me dire ce qui se passait… J'ai cru que tu étais malade… J'avais remarqué que tu n'allais pas bien ces derniers temps !"
Il baissa les yeux mais resserra tendrement son étreinte autour de sa taille
Après un moment, il ajouta :"Je suppose que j'avais peur de te poser des questions" admit-il un peu honteux.
Elle l'embrassa gentiment sur le front
"Je peux le comprendre… Moi, j'avais peur de t'en parler, également…" Répondit-elle doucement "Maintenant tu n'as plus de soucis à te faire !"
Il se mit à rire "Plus de soucis ?" S'exclama-t-il. "Je dirais plutôt : encore six mois à s'en faire…"
"Les femmes mettent des bébés au monde depuis le nuit des temps !" Murmura-t-elle en déposant sa tête sur son épaule.
"Pas ma femme", corrigea-t-il. "Je ne sais pas si je t'ai déjà dit ce que cela représente pour moi ?"
"Tu me l'as dit… De tellement de manières différentes…" Répondit-elle. "Cela compte tellement pour moi aussi. Je vais écrire la nouvelle à Thomas demain… Mais je ne suis pas sûre de connaître sa réaction à ce sujet !"
"Ne t'en fais donc pas pour lui…" Dit Matthew avec un sourire indulgent "Ton frère a sa vie… Et toi la tienne !"
"Je n'arrive pas à croire que cela soit arrivé si vite !"
Il secoua la tête "Je ne m'y attendais pas non plus… Et j'aurais fait avec si cela avait pris plus de temps !"
"Mmm… Moi aussi… Mais je suis heureuse qu'il en soit ainsi…"
" Et moi donc… Nous allons devoir nous y préparer tous les deux… N'est-ce pas !"
Elle acquiesça.
Le silence s'installa avant que Katleen ajoute: "Mais cela n'affectera en rien la décision que j'ai prise… Je veux continuer à garder des enfants dans la journée… Katie, William, Michael et parfois la petite May si sa mère donne des leçons de piano !"
"Tu es certaine d'être assez en forme pour cela?"
Elle acquiesça et lui répondit d'un ton inflexible "Bien sûr… Et toi, tu dois poursuivre tes études de droit !"
"Je dois admettre que cela m'a bien plu d'aider madame O'connell dans ses démarches à Rawlins…"
"Bien… Alors, c'est ce qu'il faut que tu fasses" dit-elle avec un sourire. Elle déposa un doux baiser sur sa joue et se blottit dans le creux de ses bras.
"Tu as l'air fatiguée !" Dit-il
"Un peu…" Confessa-t-elle "Cela n'a pas été une journée ordinaire…"
"Pour sûr…" Approuva-t-il "On va se coucher dans une minute… Mais avant… Je voudrais simplement te tenir encore un peu dans mes bras… D'accord?"
Elle sourit et passa amoureusement ses doigts dans ses cheveux "Requête accordée, monsieur l'avocat…" Murmura-t-elle avec un soupir de contentement.
Hank jeta dédaigneusement le marre de sa tasse de café au loin, dans les buissons et se rapprocha de la lumière du feu de camp avant de demander : " C’était quoi cette histoire entre Michaela et Matthew, Sully… Juste avant notre départ ? "
Les membres de la troupe étaient assis en cercle autour du feu qui déclinait.
Sully haussa les épaules " Je n’en sais rien… Elle ne me l’a pas dit ! " Dit-il, peu enclin à se confier.
" Elle avait un air bien sérieux… " Commenta Jake " J’espère qu’il n’y a pas de soucis avec Kathleen "
" Ce garçon a eu assez de choses à affronter dans sa vie comme ça, sans en rajouter… " Répondit Robert E.
" Michaela me l’aurait dit si quelque chose n’allait pas ! " Assura Sully " ça n’avait pas l’air d’être aussi grave que ça ! "
" Peut-être qu’elle a eu un accident ou quelque chose de ce genre ! " Suggéra Jake.
Comme Sully était sur le point de protester, il ajouta à la hâte " Sans gravité … Ou un souci… Juste quelque chose qui nécessite la présence de son mari à la maison auprès d'elle !"
"Je suppose que nous ne le saurons pas avant notre retour !" Admit Sully "Mais d'après ce que disait Michaela… Il est préférable qu'il soit à la maison avec Kathleen qu'en notre compagnie !"
"A ce propos… Comment va Teresa, Jake? " S'enquit Robert E "Cela m'a surpris que tu décides de nous accompagner !"
"Comme elle n'est pas encore à terme, cela ne pose pas trop de problèmes… D'autre part… Je suis le maire… Et c'est un devoir pour moi de ramener ces malfrats !" Répondit-il d'un ton hautain.
"Tu dois être impatient de devenir papa…" Le taquina Hank. "Tu attendais cela depuis si longtemps !"
"Tu peux parler…" Répondit Jake "Moi au moins… Je me suis fixé… Tu n'as qu'à faire la même chose !"
Hank fit une grimace de dégoût.
"Tu m'imagines avec une femme et des enfants? " Rétorqua-t-il sur un ton sarcastique.
"Tu ne peux pas savoir ce que c'est avant d'avoir essayé…" Dit Sully posément, ressentant dans la voix de Hank quelque chose d'inhabituel… Une toute petite hésitation qui pouvait laisser entrevoir une légère faille dans sa carapace.
"Quoiqu'il en soit, il y a peu de chances que cela m'arrive un jour…" Déclara le barman sur la défensive.
"Mais peut-être qu'il te manque quelque chose…" L'avisa Sully
Le visage de Hank se crispa "Qu'est-ce que tu en sais? " Ricana-t-il pour donner le change
"Je le sais !" répondit Sully avec calme.
Il attendit en retour une remarque cinglante de Hank, une plaisanterie salace sur Michaela et lui mais il n'en fut rien. Au lieu de cela, Hank marmonna "Comment la conversation en est-elle arrivée là? Nous ne parlions pas de Matthew et de Kathleen ?"
Personne ne releva cette remarque et le groupe resta silencieux. Quelques minutes plus tard, Jake fit remarquer "Je me demande bien comment va ce mécanicien… Il avait l'air plutôt mal en point !"
"Michaela a dit qu'il s'accrochait " commenta Sully.
"Il fut un temps où une balle en pleine poitrine était mortelle, ici !" S'amusa Jake.