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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 11.04.2012 à 18h00
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Le cycle de la vie" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Circle of life" » okapi
Cette fanfic compte déjà 346 paragraphes
Le capitaine secoua la tête négativement.
"J'ai déjà eu assez de mal pour obtenir de sa part qu'il me donne ce nom là... Mais je sais depuis le début que ce n'est qu'un nom d'emprunt... Mais cela n'a pas beaucoup d'importance... Peut-être n'aurais-je pas du vous parler de lui... Je pense qu'on ne peut rien y faire... S'il ne veut pas se rendre en ville. "
"Je suppose que non " admit tristement Michaela. " Mais je suis contente que vous m'ayez parlé de lui. En tant que médecin de Colorado Springs, j'ai parfois tendance à oublier qu'il y a des gens qui vivent au-delà des limites de la ville.
Le capitaine acquiesça et saisit son paquet de fournitures médicales.
"Je ferais mieux d'y aller maintenant. Je dois emmener mes peaux et autres marchandises jusqu'à la gare avant le départ du train de cet après-midi en partance pour Denver... Merci pour tout ça, Docteur Mike ! "
"C'est moi qui vous remercie pour cette magnifique peau de daim... Je sais que Sully va l'adorer " lui répondit-elle tout en l'accompagnant jusqu'à la porte.
Une fois dehors, dans la lumière éblouissante du soleil, elle fit ses adieux au vieil homme et le regarda détacher sa mule puis s'éloigner en traînant les pieds en direction de la gare.
Elle avait une véritable affection pour lui... Même si sa mère n'aurait pas du tout approuvé un tel sentiment.
Il n'y avait pas une once de méchanceté chez cet homme et de surcroît, il la traitait toujours avec le plus grand respect.
Lorsqu'il eut disparu au coin de la rue, elle ébaucha un mouvement pour rentrer dans la clinique mais elle s'immobilisa soudain.
Son regard s'éleva en direction des montagnes dont les sommets barraient l'horizon dans le lointain et ses pensées s'envolèrent vers cet ermite qui y vivait et était peut-être en train d'y mourir.
Perdue dans ses songes, un petit moment s'écoula avant qu'elle ne regagna son bureau et puisse de nouveau se concentrer sur ses dossiers et le cas de son patient suivant.
Chapitre 32
Michaela sut d'instinct, avant même de l'entendre, qu'il se tenait derrière elle, mais elle sursauta malgré tout lorsqu'il déposa contre ses pieds les gourdes fraichement remplies, puis ses doigts commencèrent à retirer les épingles à cheveux du chignon détendu qu'elle portait sur la nuque.
"Sully !" s'exclama-t-elle, "qu'est-ce que tu fais ? "
Il continua à défaire les épingles jusqu'à ce que ses cheveux retombent, telle une vague cuivrée, le long de son dos chauffé par le soleil, avant de répondre enfin : "Il n'y a personne d'autre ici à part nous deux... Et j'adore te voir comme ça... "
Il laissa ses doigts glisser et s'enfoncer de plus en plus profondément dans ses cheveux, jusqu'à ce qu'il puisse toucher sa peau et descendre doucement le long de son cou.
Elle soupira. " Sully... " Protesta-t-elle faiblement.
" Mmmm ? " Demanda-t-il du bout des lèvres tout en poursuivant ses douces caresses.
Elle saisit sa main et noua ses doigts dans les siens.
"Alors tu n'es plus en colère contre moi ?" Demanda-telle à mi-voix.
"Je ne pourrais jamais être à la fois en colère contre toi et être avec toi, comme ça... Tout seul ici " murmura-t-il à son oreille. " Mais... "
" Mais... " Reprit-elle, en se retournant pour lui faire face, abandonnant pour un instant la contemplation du panorama de la chaîne des montagnes qui s'étendait à l'horizon devant elle.
" Mais je crois toujours que nous n'avons aucune chance de retrouver ce type... Tu n'as absolument aucune idée de la multitude de chemins que nous allons devoir suivre, n'y du nombre de cols qu'il va nous falloir franchir. "
Elle se mordit les lèvres et hocha la tête. " Je sais... Tu me l'as déjà dit.... "
Il grimaça.
"Mais, malgré ça, c'est plus fort que toi, il faut quand même que tu partes à sa recherche" conclu-t-il d'un ton résigné.
Elle acquiesça avec un air contrit.
"Et que se passera-t-il si nous ne le trouvons pas ? "
"Et bien, au moins, je saurai que nous avons essayé... Et puis de toute façon... Nous allons le trouver... J'en suis sûre... "
" Il se pourrait bien que non... Et même si nous y parvenons... Que se passera-t-il si lui ne veut pas qu'on le retrouve ? D'après ce que t'a dit le Capitaine, ce Deeg veut qu'on lui fiche la paix. "
" Mais il lui apparut extrêmement malade... "
" Et si c'est son choix de ne pas vouloir de médecin... S'il veut mourir seul... Là-bas... "
Elle plongea ses yeux dans les siens, son regard trahissant l'inquiétude qui l'habitait.
"Essaye de comprendre... Je ne peux pas rester à ne rien faire alors que je suis au courant de sa situation. "
"Hum, hum... Je sais... Cela me rappelle étrangement le cas d'une certaine Sam... Mais là nous ne serons certainement pas les bienvenus... "
Elle acquiesça.
"Je sais" admit-elle d'une toute petite voix.
Puis, tout en jouant machinalement avec les boutons de sa chemise, elle ajouta avec espièglerie : " Parfois je me demande comment tu fais pour me supporter... "
" Oui... C'est dur... Mais je m'accroche " répondit-il, les yeux brillants.
Malgré toutes ces années passées ensemble, elle devait encore sonder son regard avec attention pour s'assurer qu'il plaisantait bien.
Lorsqu'elle fut certaine que c'était bien le cas, elle lui adressa un petit sourire gêné.
"Tu n'étais pas obligé de m'accompagner tu sais " s'aventura-t-elle, en sachant pertinemment qu'elle serait sa réaction dès que ses mots franchiraient ses lèvres.
Il fronça les sourcils, sceptique, pendant que ses joues s'empourpraient.
" Mais tout bien réfléchit... Cela vaut peut-être mieux " concéda-t-elle avec une petite moue de satisfaction.
Elle se retourna dans ses bras afin de pouvoir de nouveau contempler la beauté sauvage des montagnes du Colorado.
Sully resserra doucement son étreinte, la laissant appuyer son dos contre sa poitrine pour mieux l'enlacer et la réconforter, pelotonnée en toute sécurité dans le creux de ses bras.
Après quelques minutes de silence, il se pencha par-dessus son épaule et murmura à son oreille. " A quoi étais-tu en train de penser avant que je n'arrive ? "
Elle haussa les épaules et répondit un peu vague " A toutes sortes de choses, je suppose... "
" Comme quoi ? "
Sa réponse fût assez inattendue : " J'ai suivi la fumée de notre feu de camp... Cela m'a ramené à l'image d'une cheminée, une toiture, la vision d'un clocher... Des bruits et des sons dans le lointain m'ont amené à penser à certaines personnes... C'était comme si j'étais à des kilomètres de nulle part... "
"Mais ce n'était pas le cas ! "
"Je sais, mais c'est ce que je ressentais "
"Et ? " L'encouragea-t-il.
"Cela m'a fait penser à Colleen et à Andrew... Qui sont à des centaines de kilomètres d'ici... Je me demandais comment ils allaient tous les deux. "
"Certainement très bien, je suppose... "
"Ils me manquent, Sully... "
"Je sais... Mais ils doivent vivre leur propre vie à présent. "
Elle acquiesça avec résignation.
" Tu as raison... Mais j'ai bien peur que cela ne m'aide pas beaucoup " lui répondit-elle d'une petite voix.
Elle se retourna légèrement pour saisir son regard.
"Cela m'a également fait penser à Dorothy et à Nuage-Dansant... J'espère qu'eux aussi vont bien... "
Sully soupira.
" Ce n'est pas aussi simple dans leur cas de dire que tout va certainement très bien pour eux " commenta-t-il tristement.
" Tu te fais du souci pour eux n'est-ce pas ? " dit-elle.
Il fronça à nouveau les sourcils.
" On ne peut jamais savoir à l'avance ce que peuvent faire le gouvernement et l'armée... "
"Si seulement nous pouvions trouver un moyen de savoir ce qui se passe dans les territoires indiens... "
Tous ses muscles se raidirent.
" Il n'y en a aucun ! " Déclara-t-il impuissant. " A moins que Dorothy puisse nous envoyer un message depuis la ville où ils sont passés dernièrement. "
" Peut-être pourrions-nous avoir des informations par un de tes contacts à Washington ? "
Il eut un rictus cynique.
" Ils n'ont jamais été au courant de quoi que ce soit, là-bas, Michaela... Ça a toujours été le problème... Ils n'ont aucune idée de ce qui se passe vraiment sur le terrain. "
Elle abonda dans son sens. " Je sais bien... Malheureusement."
" Je ne peux pas m'empêcher de croire que le gouvernement ne tardera pas à les déloger bientôt... Tu as vu toi-même la beauté de ces territoires... Je ne crois pas qu'on laisse les Indiens en profiter encore bien longtemps. "
Elle lui lança un regard à la fois inquiet et complice.
" Tu voudrais retourner là-bas ? " Dit-elle doucement, d'une voix sérieuse et angoissée.
Il détourna les yeux et son regard se perdit dans le lointain.
" Je ne suis pas sûr de savoir ce que je veux faire " finit-il par avouer. " Mais en tout cas je voudrais bien savoir si Nuage-Dansant et son peuple sont sains et saufs. "
Elle hocha la tête.
" Et moi donc... " Elle prit une profonde aspiration. " Peut-être devrais-tu aller là-bas, " suggéra-t-elle. " Tu ne trouveras pas la paix tant que tu ne sauras pas... Tant que tu ne les auras pas revus de tes propres yeux. "
Il baissa de nouveau les yeux pour rencontrer son regard.
" Je ne pense pas que ce soit une bonne chose pour le moment " dit-il doucement. " Et puis nous avons une affaire à régler ici... De plus, si nous ne levons pas rapidement le camp... Nous ne trouverons jamais ce type avant la nuit qui tombe de plus en plus tôt à présent. "
Elle fronça les sourcils et ajouta d'un ton solennel: " Je voulais simplement que tu saches... Que si tu souhaites y aller, il n'y a pas de problème... Je le comprends tout à fait... Vraiment... "
Il déposa délicatement sa main sur sa joue.
" Je le sais... Et je t'aime pour ça ! " Dit-il tendrement.
Elle se mordit les lèvres en tentant d'afficher un visage impassible, mais lorsqu'il pencha la tête pour l'embrasser, elle s'accrocha à lui comme s'il s'agissait de leur dernier baiser.
Comme il répondait à son ardeur en la serrant plus fortement contre lui, elle se laissa entraîner sur ce terrain sans aucune réserve, le cœur battant, son esprit et son corps entièrement tournés vers celui qu'elle aimait tant.
Finalement, il interrompit leur baiser et plongea son regard au plus profond du sien.
Il attendit un instant que sa respiration se calme un peu avant de lui demander. " Qu'est-ce qui ne va pas? Hmmm ?"
Elle soupira et essaya de nouveau de lui cacher la violence de ses sentiments contradictoires : " De quoi veux-tu parler ? "
"Tu sais très bien ce que je veux dire. "
"Elle baissa le yeux sur sa poitrine, et dit d'une voix tremblante : " Tu me manques tellement quand tu t'en vas de la maison. "
Il l'attira contre lui de manière à ce que sa tête repose sur son épaule, avant de lui répondre doucement : " Mais je suis là maintenant... Arrête de toujours penser à ce qui pourrait arriver... "
"Je sais "répondit-elle d'une voix étouffée. " Merci… "
"Merci de quoi ? "
"D'être toi... D'être venu avec moi... Même si nous ne parvenons pas à retrouver cet homme... Pour toujours être la voix de la sagesse... "
"Ce n'est pas toujours le cas... "
Elle lui adressa un petit sourire. " Ça l'est la plupart du temps... "
Il passa amoureusement ses doigts dans ses cheveux avant de lever son regard vers le ciel. " Il ne reste que quelques heures avant la tombée de la nuit... Nous ferions mieux d'y aller... "
"J'espère que nous le trouverons avant... "
"Nous ne savons pas à combien de kilomètres il vit, loin à l'écart de la piste principale... "
"Le Capitaine a dit que c'était un bon chemin, évidant et peu escarpé... Et qu'il descendait de la montagne. "
"Il y en a plus d'un, Michaela... "
"Je sais... Mais nous allons le trouver, j'en suis persuadée... "
Sully se pencha pour ramasser les gourdes et en tendit une à Michaela.
" J'espère que tu as raison " dit-il. " Allons-y... Nous avons encore du chemin à faire... "
Le couple échangea un rapide baiser, se remit en selle et une fois de plus reprit l’ascension et l'exploration de cette magnifique région montagneuse.
Perdue dans ses pensées, alors qu'elle se rendait au bureau du télégraphe, Anna fut rappelée à la réalité par une voix grave qui s'adressait à elle.
« Comment allez-vous Docteur Mac Lead ? » Dit Hank qui arrivait dans l'autre sens.
Il souleva son chapeau pour la saluer et lui adressa un sourire.
Elle posa son regard sur le sien et lui retourna un petit sourire timide mais à l'allure complice.
« Bonsoir M. Lawson » répondit-elle, « belle journée n'est-ce pas ? »
« Hum, hum... Vous devez être pas mal occupée depuis que Michaela est partie à la chasse au Dahu ? »
« Ce n'est pas si dur... Après tout ils ne sont partis que depuis ce matin... » Rétorqua-t-elle.
Puis, observant son regard moqueur elle ajouta : « Ce n'est pas une chasse au Dahu vous savez... Un médecin ne peut laisser sans soin quelqu'un de très malade et faire comme s'il ignorait son existence... Et cela même si ce patient se trouve loin de son cabinet d'exercice... Si cela m'arrivait... Et si j'avais quelqu'un comme Sully pour m'accompagner... Je ferai exactement la même chose. »
Hank secoua la tête incrédule.
« Vous êtes médecins, c'est vrai » reprit-il les yeux pétillants de malice, « mais j'en connais pas mal qui ne le ferait pas s'ils étaient à votre place... Je pourrai d'ailleurs vous en nommer plus d'un tout de suite. »
« Peut-être bien » admit-elle piquée au vif, « mais je peux également vous en nommer beaucoup d'autres qui répondraient présents dans une telle situation.»
Il leva les mains en signe de capitulation. « D'accord, d'accord... Pensez ce que vous voudrez... Mais je continue à penser qu'il s'agit d'un chasse au Dahu.»
«Très bien... Nous sommes d'accord sur notre désaccord... Cela vous va ainsi ? »
Il acquiesça. « C'est parfait pour moi... Content de vous avoir vu Doc... » Il souleva de nouveau son chapeau et s'éloigna dans la direction du saloon.
Anna lui sourit en guise d'adieu et reprit, elle aussi, son chemin.
Après avoir fait quelques pas, elle se retourna et jeta un coup d'œil dans sa direction.
Malgré son métier et ses manières un peu rudes, il l'avait toujours traitée avec respect.
Elle sourit intérieurement et se retourna pour s'arrêter quelques secondes plus tard avant de faire encore une fois volte-face.
Après quelques secondes d'hésitation, elle lui emboîta le pas afin de le rattraper et, comme elle se rapprochait de lui, l'appela avec assurance : « Hank... Hank... Vous boitez... Qu'avez-vous encore fait ? »
Il ralentit le pas, surpris et elle en profita pour le dépasser et venir se poster face à lui.
Il haussa les épaules négligemment.
«Ce n'est rien... Ne vous inquiétez pas pour ça ! » Dit-il en tentant de continuer son chemin en la contournant.
«Mais je vois bien que quelque chose ne va pas... Peut-être puis-je vous aider... »
Il secoua la tête.
« Ça va passer » fit-il remarquer en rejetant sa proposition.
Elle réalisa quelques pas chassés pour revenir à sa hauteur et se campa devant lui les mains sur les hanches.
«Dites-moi quel est votre problème Hank ! » Demanda-t-elle encore une fois.
Il fit une petite grimace et une lueur d'espièglerie réapparut dans ses yeux.
«Si vous voulez tout savoir... Il s'agit juste d'un bleu... Mon cheval s'est cabré se matin dans le corral et m'a envoyé une ruade en plein dans la hanche. »
Elle fronça les sourcils laissant deviner le foisonnement de pensées qui se bousculaient dans son esprit à cet instant précis.
Pour finir, elle déclara : « Peut-être pourriez-vous venir jusqu'à la clinique... Pour que je puisse y jeter un coup d'œil... Et m'assurer qu'il s'agit bien uniquement d'un bleu... »
Il se mit à rire : « Vous ne lâcher jamais n'est-ce pas ? » Lui fit-il remarquer.
« C'est seulement un bleu... Par conséquent je n'ai pas besoin d'aller à la clinique... Tout particulièrement quand... »
Il marqua une pause pour remettre de l'ordre dans ses idées.
« En fait... Ce dont j'ai le plus besoin pour le moment... C'est d'aller prendre une tasse de café chez Grace... Et je serais ravi si vous vouliez bien m'y accompagner...»
Malgré sa surprise et après un court instant d'hésitation, elle lui répondit avec enthousiaste : « Absolument... J'en serai également ravie... Et le courrier peut attendre. »
Elle se retourna pour cheminer à son côté.
« Mais vous viendrez me voir si votre hanche devient plus douloureuse, n'est-ce pas Hank ? » Le pressa-t-elle avec un sincère intérêt.
« Ce ne sera pas le cas ! » Lui répondit-il brièvement « Maintenant... Changeons de sujet... Voulez-vous ? »
Sully tira sur les rênes de son cheval et se retourna pour regarder Michaela qui le suivait à faible distance.
« Je pense que nous ferions mieux de marcher à partir d'ici » lui recommanda-t-il « le chemin devient étroit et plus escarpé... Et il va falloir faire attention où nous posons les pieds. »
Commençant à fatiguer, elle se contenta de lui adresser un signe de tête pour l'informer qu'elle était d'accord avec cette décision.
Ils avaient chevauché toute la journée et l'air se raréfiant au fur et à mesure de leur ascension emportait avec lui toute son énergie.
Elle se laissa glisser du dos d'Eclair et marcha à pas lourds derrière Sully et son cheval.
Au bout d'un moment, il se retourna de nouveau dans sa direction.
« Reste bien sur la partie droite de la piste à partir d'ici et colle-toi le plus possible contre la paroi rocheuse... La piste rétrécit encore et les rochers sont instables au bord du ravin » la mit-il en garde.
Au bout d'une nouvelle heure de marche, qui parut interminable à Michaela qui traînait de plus en plus la jambe à chaque mètre de dénivellation, Sully s'arrêta et se tourna vers elle avec un sourire de satisfaction.
Il pointa le ciel du doigt, en direction de l'Est.
Elle suivit son geste pour distinguer clairement une spirale de fumée qui s'élevait dans l'azur.
« Ce n'est pas un feu de camp», expliqua Sully «cela provient d'une cheminée. »
« Tu penses que c'est lui ?' » S'enquit Michaela pleine d'espoir.
Il haussa les épaules.
« Je pense qu'il n'y a qu'un seul moyen de le savoir... Continuer tout droit dans cette direction. »
Elle poussa un soupir de soulagement en pensant que la fin de leur périple était proche et que la présence d'un feu de cheminée signifiait que l'homme qu'il recherchait était toujours en vie.
La description que le Capitaine en avait fait était si explicite qu'elle avait craint plus d'une fois que Deeg ne meure avant qu'il ne puisse le rejoindre.
Cependant, il leur fallut encore vingt bonnes minutes d'ascension pour atteindre une clairière où se trouvait une cabane plus que rustique et menaçant de s'écrouler à la moindre brise.
Hormis le mince et paresseux filet de fumée qui s'échappait de la cheminée, tout aurait pu laisser croire qu'elle était déserte et abandonnée.
Des hautes herbes folles poussaient devant la porte d'entrée et grimpaient le long des rondins de bois grossièrement taillés qui constituaient les murs de l'édifice.
Les tuiles en pierre plates étaient de guingois et laissaient apparaître de nombreuses brèches dans le toit, tandis que la porte d'entrée pendait lamentablement sur l'un de ses gongs de fortune en bois.
Sully jeta un regard inquiet à Michaela qui essayait en vain de reprendre son souffle après cette dernière montée.
« Ça va aller ? » lui demanda-t-il avec sollicitude.
Elle hocha la tête et lui répondit d'un ton sec « Evidemment ! »
Il fronça les sourcils avec un petit sourire moqueur pour lui signifier qu'il n'était pas dupe et dit d'un ton bienveillant : « Bien... Et maintenant... Que faisons-nous ? »
Elle prit une profonde bouffée d'air, se redressa et fit quelques pas au milieu de la clairière.
« Bonjour... » Appela-t-elle aussi fort qu'elle le put
Après quelques instants, elle reprit: « Il y a quelqu'un ? Ho hé... Monsieur... ? »
Tout d'abord, il n'y eu que le plus complet silence émanant de l'intérieur de la cabane, puis un coup sourd se fit entendre suivi de bruits de pas trainant sur le plancher.
Se sentant un peu plus hardie et rassurée de savoir qu'il y avait un occupant en vie dans cette maison, Michaela s'avança encore un peu pendant que Sully longeait leurs chevaux sous les arbres.
« Je suis médecin, monsieur » cria-t-elle, « le Capitaine m'a rapporté que vous étiez souffrant. »
Alors qu'elle n'était plus qu'à une dizaine de pas de la porte, son approche fut stoppée nette à la vue d'un long canon de fusil brillant pointé droit en direction de sa poitrine, puis à l'apparition de l'homme qui le tenait.
Il était lourdement appuyé contre l'encadrement branlant de la porte, son corps rachitique incapable de soutenir seul son propre poids.
Ses yeux sombres semblaient comme enfoncés dans ses orbites et sa peau blafarde était tendue à l’extrême sur ses mâchoires proéminentes.
Ses mains tremblaient mais le fusil restait braqué dans sa direction.
Elle afficha aussitôt un air consterné et leva les mains en l'air.
« Je vous en prie... Je suis ici pour vous aider... Vous êtes malade... Et je suis médecin... »
L'homme fronça les sourcils et secoua la tête comme si sa vue brouillée avait besoin d'une mise au point.
Il laissa pendre son fusil quelques minutes avant d'en relever la garde avec difficulté.
« Fichez-moi le camp d'ici ! » Menaça-t-il.
Sully se retourna vivement en entendant le son de sa voix et il courut aussitôt rejoindre Michaela.
« Nous ne sommes pas ici pour vous faire du mal... » Expliqua-t-il en se plaçant devant sa femme pour la protéger.
Michaela le contourna immédiatement pour venir se placer à côté de lui, mais il plaça sa main sur son coude pour l'empêcher d'avancer d'avantage.
Elle prit une profonde inspiration avant de crier à son tour « Je vous le certifie, s'il vous plaît... Laissez-nous vous aider... »
L'homme qui paraissait réellement très malade, secoua la tête comme s'il essayait de reprendre ses esprits puis, tout en pointant tour à tour son fusil sur Sully et Michaela il répondit d'un ton menaçant : « Je vous ai dit de ficher le camp d'ici... Je vous l'ai déjà dit... Je ne reviendrai pas... »
Malgré l'étrangeté de son discours, Michaela fit une nouvelle tentative.
« Mais vous êtes gravement malade... C'est le Capitaine nous l'a dit... C'est pourquoi nous sommes ici... »
« J'ai dit que je ne reviendrai pas » répéta l'individu en haussant le ton.
Il tomba soudain à la renverse, assis contre le chambranle de la porte, le dernier effort qu'il venait de faire pour parler l'ayant épuisé.
Il ferma les yeux un court instant avant de fixer de nouveaux ses deux hôtes indésirables.
« Qui... Qui vous envoie... M'avez-vous dit.... ? » Demanda-t-il, sa respiration devenant hoquetante.
« Le Capitaine... » Expliqua Michaela. « C'est lui qui nous a parlé de vous... »
L'homme serra les mâchoires et son regard trouble ne filtra plus qu'à travers une mince fente formée par ses paupières à demi clauses.
« C'est le Capitaine qui vous envoie » grogna-t-il avant de laisser échapper un profond soupir. « Et bien, j'ai dit que je ne reviendrai pas... Et vous deux, vous aller lui dire ça de ma part... Je… Je serai mort avant... Et vous aussi... »
De nouveau, il fit faire à son arme des allées et retours menaçants, bien que tremblotants, entre ses deux visiteurs.
« Nous ne voulons vous emmener nulle part » lui assura Sully « Michaela est médecin... »
« Je vous ai dit d'aller lui dire » insista l'homme, sa voix oscillant entre la colère et la peur.
« Je ne partirai plus jamais de cet endroit, à présent... Vous... Vous lui direz... Et s'il revient me voir... »
Il pointa son fusil dans le ciel et appuya sur la gâchette.
Une cacophonie émanant d'animaux et d'oiseaux terrifiés remplit les airs lorsqu'il baissa son arme pour la pointer de nouveau sur le couple.
« J'ai ici une balle avec son nom gravé dessus... Vous... Vous allez lui dire... Oui ou non ? » Menaça-t-il.
Michaela était tout à la fois effrayée et déconcerté.
« Le Capitaine était inquiet pour vous » lui assura-t-elle.
« C'est tout... » Lui répondit l'homme avec un ricanement, avant d'être pris d'une quinte de toux qui le plia en deux.
Michaela fit un pas dans sa direction mais Sully la saisit par derrière et l'obligea à reculer.
« Il est malade Sully » protesta-t-elle en se débattant, « laisse-moi y aller... »