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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 11.04.2012 à 18h00
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Le cycle de la vie" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Circle of life" » okapi
Cette fanfic compte déjà 346 paragraphes
« Il a beau être malade Michaela... Il n'en est pas moins dangereux... Tu as vu son regard... Il délire complètement... » Lui opposa-t-il énergiquement.
« Il peut très bien te tuer... Il ne sait pas ce qu'il fait... Ni même ce qu'il dit... »
« Il est très en colère et il est terrifié » murmura-t-elle.
« Ne lui donnons pas de raison d'être en colère contre nous... Laissons le tranquille... »
Elle soupira : « Mais il est tellement malade » gémit-elle.
« Il ne te laissera pas l'approcher... »
Elle fronça les sourcils d'un air désespéré.
« Mais je veux l'aider... » Se lamenta-t-elle.
Il entoura ses bras autour de ses épaules et commença à la tirer en arrière en direction de leurs chevaux.
« Je sais » dit-il calmement « mais tu ne peux absolument rien faire pour lui tant qu'il est dans cet état... »
« Il va peut-être mourir... »
« J'ai l'impression que c'est ce qu'il veut.... »
Il y eu de nouveau une détonation assourdissante et une balle, frôlant leurs têtes de seulement quelques centimètres, les obligea à regagner en toute hâte le couvert des arbres.
De ce point de vue protégé, ils observèrent Deeg pendant de longues minutes.
Toujours occupé à monter la garde devant sa cabane, il sembla peu à peu se détendre et lorsque ses genoux furent en mesure de le porter de nouveau, il se releva en s'appuyant sur son fusil, jeta un dernier coup d'œil sur la clairière pour s'assurer qu'elle était bien vide et rentra à reculons dans sa cabane.
Sully entraîna Michaela à l'intérieur de la forêt sous le couvert plus dense des arbres.
« Et bien je pense que les dés sont jetés... » Commenta-t-il.
Michaela pivota pour lui faire face.
« Ce n'est pas mon avis » s'exclama-t-elle « il doit y avoir quelque chose que je peux faire pour lui... »
« Il ne veut ni toi... Ni personne à ses côtés, Michaela... »
Michaela lança un rapide coup d'œil au ciel qui s'assombrissait. « Il sera peut-être plus lucide demain matin... » Fit-elle remarquer avec espoir.
« Ce qui signifie... »
« Peut-être que la fièvre et son état général empirent en fin de journée » suggéra-t-elle. « Et peut-être sera-t-il plus amène de comprendre le pourquoi de notre présence après une nuit de sommeil. »
Sully secoua la tête lugubrement.
« Tu ne laisseras pas tomber, n'est-ce pas ? » Dit-il avec résignation.
Il regarda le ciel à son tour.
«Il est trop tard pour redescendre ce soir, de toutes façons... Nous devons passer la nuit ici. »
« Et on pourra essayer de nouveau demain matin ? »
Il acquiesça.
« Oui... Mais à bonne distance... » Accepta-t-il.
Elle lui sourit avec gratitude et commença à l'aider à installer leurs sacs de couchage et à rassembler un peu de bois pour leur feu de camp.
Au bout d'un moment, elle s'aventura à lui demander : « Que crois-tu qu'il voulait dire, Sully, lorsqu'il disait ne pas vouloir revenir ? »
Sully avait bien son avis sur la question mais était hésitant à lui en faire part.
« Je ne sais pas... » Répondit-il.
« Il n'a pas semblé comprendre ce que je lui disais à propos du Capitaine... C'est comme si ce nom lui évoquait une autre personne... Le Capitaine m'a dit qu'il connaissait très peu Deeg... Et depuis très peu de temps... Je me demande bien qui est cet autre Capitaine qui semble tant lui faire peur. »
Sully s'accroupit et craqua une allumette pour faire partir le feu.
Il haussa les épaules en signe d'ignorance.
« Il n'arrêtait pas de répéter... Qu'il ne reviendrait pas... »
Sully haussa de nouveau les épaules.
Michaela écarquilla soudain les yeux.
« Penses-tu que ce soit un prisonnier qui se soit échappé, Sully ? » S'exclama-t-elle, « cela expliquerait pourquoi il avait si peur.... »
« Je n'en sais rien, Michaela... Peut-être... Mais il semble vivre ici depuis pas mal d'années... »
Elle soupira légèrement déçue.
« Mais ça pourrait être ça ? » Insista-t-elle avec une petite voix.
« Ça se peut... »
Pendant qu'une myriade d'idées alimentées de craintes assaillait son esprit, elle se laissa tomber lourdement auprès du feu de camp.
« A mon Dieu, Sully... Qu'allons-nous faire si j'ai raison ? » Murmura-t-elle. « Il a peut-être commis des crimes abominables... »
« Il me semble qu'il est en train de les payer chèrement si c'est le cas » fit remarquer Sully en déposant la cafetière sur les pierres du foyer.
Michaela le front ridé, l'esprit préoccupé de mille interrogations finit par déclarer résolument : « Cela ne change rien... Je veux toujours essayer de lui parler demain matin... Il est tellement malade. »
« Je savais bien que tu allais dire ça.... Mais je serai avec toi... C'est d'accord... »
Elle lui adressa un sourire complice et reconnaissant.
Le temps qu'ils installent leur campement, fassent cuire leur jambon et leurs haricots pour le souper, la nuit s'était installée et recouvrait désormais les montagnes.
Elle était claire et parsemée de millions d'étoiles, l'air était plutôt frais et les animaux nocturnes commençaient à s'agiter.
S'il n'y avait eu la pensée inquiétante de savoir cet homme très malade, installé dans sa cabane de fortune à quelques mètres de leur campement, cela aurait pu être une nuit romantique à souhait.
Malgré tout, au lieu de ressasser leurs pensées et leurs sentiments confus, ils cherchèrent le réconfort dans la présence sécurisante de l'autre.
Durant un certain temps, c'est le silence qui régna entre d'eux.
La tête de Michaela reposait sur l'épaule de Sully pendant que ce dernier contemplait les flammes vacillantes du feu de camp.
Finalement, il tourna la tête vers son visage pour s'apercevoir que ses yeux étaient clos, sa respiration profonde et régulière.
Il sourit.
Il savait que l'ascension de la journée l'avait épuisée et était déjà fort surpris de constater qu'elle ait pu veiller aussi longtemps.
Cela lui faisait pitié de devoir la réveiller maintenant, mais ils avaient besoin tous les deux d'une bonne nuit de sommeil pour être en mesure de faire une nouvelle tentative d'approche de ce Deeg le lendemain matin.
Il déposa sa main sur sa joue et ne put résister à l'envie de se pencher pour lui voler un doux baiser.
Il aimait tant cette femme...
Sa femme.
Elle remua légèrement et se blottit un peu plus contre lui.
Il lui murmura très doucement à l'oreille « Michaela ? »
Un léger sourire apparut sur ses lèvres et elle murmura : « Mmmm ? »
« Il est temps pour nous d'aller dormir... »
Elle fit de gros efforts pour essayer d'ouvrir les yeux.
« Mmmm ? » répéta-t-elle tendrement.
Il s'agenouilla et se prépara à la faire basculer doucement dans ses bras afin de pouvoir la porter.
« C'est l'heure d'aller au lit !» Dit-il de nouveau.
Tous ses efforts pour la déranger le moins possible furent ruinés en une fraction de seconde, lorsqu'une soudaine, terrifiante et assourdissante déflagration raisonna à travers les montagnes silencieuses.
Elle ouvrit les yeux d'un seul coup, réveillée en sursaut et sentit son cœur s'emballer.
Sully se redressa d'un bond.
Il lui jeta un regard qui n'admettait pas la discussion.
« Tu ne bouges pas d'ici ! » Lui ordonna-t-il tout en se saisissant de leur unique lampe.
« Sully ?! » S'écria-t-elle pétrifiée.
« Je reviens dans une minute » lui lança-t-il en disparaissant dans la nuit.
Chapitre 33
Elle s'assit nerveusement devant le feu, toute envie de dormir ayant totalement disparut en elle.
Elle pouvait entendre, aux alentours de leur campement, les habituels bruits de la vie nocturne, mais aucun bruit de pas, ni de voix ; rien ayant attrait à une quelconque activité humaine.
Le moindre muscle de son corps était tendu, ses nerfs étaient à vif, alors qu'elle s'attendait avec terreur à entendre, d'un instant à l'autre, la puissante détonation d'un nouveau coup de feu.
Elle n'osait émettre la moindre supposition quant à l'origine de ce premier coup de feu mais son imagination fertile commençait à l'entrainer dans bien des directions.
Sully semblait parti depuis des heures et il lui tardait de le voir revenir.
En réalité, il ne s'était probablement écoulé que quinze à vingt minutes, mais cela lui semblait être des heures.
Pourquoi l'atmosphère lui semblait-elle plus froide et la forêt qui l'entourait plus hostile lorsque Sully n'était pas à ses côtés ?
Elle s'enroula un peu plus dans la couverture qui recouvrait ses épaules afin de trouver un peu de réconfort et tenter de se rassurer, et ainsi recroquevillée tout près du feu, elle reprit son attente angoissante.
Il se passa environ une autre vingtaines de minutes avant qu'elle n'entende des bruissements de pas et des craquements dans les broussailles.
Enfin, la silhouette si familière de Sully se dessina de nouveau à la lueur du feu de camp.
Elle soupira de soulagement. « Qu'est-ce que c'était ? » demanda-elle inquiète. « Est-ce que tu vas bien ? »
Il eut une fraction de seconde d'hésitation avant de la rassurer d'un signe de tête quand à sa condition puis, s’asseyant à ses côtés, il l'informa d'une voix grave : « C'était lui. »
« Deeg? »
« Hum, hum... »
« Sur quoi a-t-il tiré ? »
Sully ramassa un bâton et le plongea dans le feu pour en remuer les braises mourantes, tout en gardant le silence.
« Sully ? » insista-t-elle embarrassée.
Il sembla gêné pour lui répondre.
« Cela n'a plus d'importance à présent… Il est temps pour nous de dormir » lui déclara-t-il tout en enlevant sa veste avant de s'étendre sur son couchage.
Elle fronça les sourcils mais essaya encore une fois d'une voix hésitante :
« Sully ? »
« Tu n'es pas fatiguée ?» Obtint-elle pour toute réponse « La journée a été longue ».
Il détourna aussitôt son regard du sien en y percevant sa douleur et son incompréhension.
Pour se faire pardonner, il tapota du plat de la main le couchage disposé à côté du sien.
« Allez... Viens... » L'encouragea-t-il doucement.
Elle hésita un moment, interloquée par son comportement étrange, doutant douloureusement de la parole de l'homme qu'elle aimait tant.
Malgré cela, elle s'étendit docilement sur le dos à côté de lui, tirant les couvertures de manière à les recouvrir tous les deux.
Elle attendit, espérant qu'il allait enfin dire quelque chose ; n'importe quoi plutôt que le silence.
Comme il n'en fit rien, elle ferma les yeux, ses pensées bouillonnant sous son crâne.
Finalement, incapable de supporter plus longtemps la distance qui les séparait, elle roula sur le côté, déposa sa tête sur sa poitrine et l'enveloppa de ses bras.
Il la surprit en la serrant aussitôt contre lui, ensevelissant son visage dans sa chevelure.
Elle le connaissait par cœur et son attitude lui confirma que quelque chose clochait.
Pendant qu'il essayait de tromper les apparences et de lui faire croire que tout allait bien, en dispensant de douces caresses sur ses bras et ses épaules, elle était de son côté parfaitement consciente de la tension inhabituelle qui raidissait tout son corps et ses mains.
Elle introduisit doucement sa main à l'intérieur de sa chemise pour caresser sa peau et chuchota à son oreille. « Je voudrais tellement que tu me racontes ce qui s'est passé, Sully... »
Il poussa un profond soupir mais ne répondit pas.
Elle continua ses caresses apaisantes sur sa poitrine avant d'essayer de nouveau. « Est-ce que Deeg va bien ? »
Sa poitrine cessa immédiatement de se soulever et tout son corps se raidit un peu plus.
Elle se souleva sur son coude afin d'observer son visage.
Ses mâchoires étaient crispées et ses yeux fermés.
« Sully ? » Insista-t-elle inquiète, « Est-ce que Deeg va bien ? »
Il détourna la tête pour éviter son regard et rendit les armes en avouant d'une voix si faible que Michaela eu du mal à saisir ses paroles : « Il est mort, Michaela... »
Elle se redressa comme un diable sort de sa boîte, avant de s'écrier : « Mort ? »
Puis, esquissant un mouvement pour se relever, elle repoussa au loin les couvertures.
Il la saisit par le bras, l'arrêtant dans sa lancée.
« Qu'est-ce que tu fais ? » Lui demanda-t-il d'un ton brusque.
« Il faut que j'aille le voir... » Déclara-t-elle en essayant de se dégager de son emprise.
« Tu ne peux plus rien faire pour lui... » Dit-il.
« Mais je suis médecin... »
« Même un médecin ne ressuscite pas les morts... Tu ne peux plus rien pour lui maintenant. »
« Mais... Sully ? »
« Nous ne pouvons rien faire avant demain matin... Je l'ai recouvert d'un drap… C'est la seule chose qu'il y avait à faire. »
Ses épaules s'affaissèrent et elle cacha son visage dans le creux de ses mains.
Sully la regarda avec tristesse et compassion.
Au bout d'un moment, elle reprit la parole pour exprimer sa peine et sa colère d'avoir été impuissante.
« Tu l'as vu comme moi cet après-midi... Il était tellement malade... Il n'en avait plus pour longtemps... »
Sully resta silencieux.
« J'aurais tant voulu que l'on puisse faire quelque chose pour lui... Je me sens si impuissante à chaque fois... »
Sully, toujours muet, ne savait que dire mais son visage exprimait la peine qu'il ressentait en voyant sa femme si bouleversée.
Une idée soudaine lui traversa l'esprit et elle leva son regard sur le sien.
« Mais le coup de feu, Sully... Qu'est-ce que c'était ? »
Il soupira et ses yeux tentèrent encore une fois d'échapper aux siens.
« Sully ? » l'encouragea-t-elle.
« Je te l'ai déjà dit... C'était lui...» Lui déclara-t-il sans plus de détails.
Elle fronça les sourcils se demandant toujours naïvement sur quoi Deeg avait bien pu tirer.
Puis réalisant peu à peu la sinistre réalité, elle s'exclama les yeux remplit d'effroi : « Tu veux dire qu'il... »
Il baissa les yeux et lui prit la main avec tendresse.
« Il s'est suicidé ! » S'exclama-t-elle d'un ton encore incrédule.
« Son fusil était à côté de lui...»
« Mais pourquoi ? »
« Il n'en pouvait peut-être plus d'être aussi malade... »
Elle entortilla nerveusement ses doigts dans sa chevelure pendant qu'il ajoutait rapidement : « Tu l'as bien vu cet après-midi... Il déraillait complètement... »
Elle poussa un profond soupir et tourna son regard vers lui ; un regard emplit d'un mélange d'effroi, d'incompréhension et de culpabilité.
« Et qu'en est-il de notre venue ici... Et si c'était la raison de son geste ? Il n'a pas arrêté de dire qu'il ne reviendrait pas »
« Comme je te l'ai dit... Il n'avait plus toute sa tête.»
« Mais je suis supposée sauver des vies, Sully... Pas y mettre fin. »
« Mais tu n'y es pour rien... C'est lui... »
Elle secoua la tête avec consternation.
« La prison est-elle à ce point terrible pour qu'il ait préféré se suicider plutôt que d'y retourner ? » Exposa-t-elle les yeux remplis de larmes. « Et pourquoi l'a-t-il fait ce soir précisément... Est-ce à cause de notre arrivée ? »
« Je suppose que nous ne le saurons jamais... »
« Mais si c'était le cas ? »
Sully se redressa afin de s'asseoir un peu plus près de sa femme.
Plaçant délicatement ses doigts sous son menton pour guider son visage en direction du sien, il la regarda au fond des yeux pour lui répéter encore une fois : « Nous ne pourrons jamais le savoir, Michaela... Mais une chose est sûre... Tu es venue ici dans le but de l'aider... »
« Et il a fini par se tuer... »
« Cela n'a absolument rien à voir avec toi... »
«Comment peux-tu en être sûre ? »
Il soupira. « Et nous en revenons toujours à la même question à laquelle nous n'aurons jamais de réponse. »
Une larme unique roula lentement le long de sa joue.
« C'est plus fort que moi, Sully » murmura-t-elle plaintivement « je ne peux pas m'empêcher de penser que je suis un peu responsable de sa mort. »
Il l'attira contre sa poitrine, sachant pertinemment qu'il n'arriverait par aucun moyen à apaiser ses doutes.
« Tu dois te souvenir que tu es venue ici pour l'aider, » lui murmura-t-il d'un ton rassurant, « tu dois juste te souvenir de ça. »
Loren déposa le journal sur la table et déclara: "Et bien voilà, c'est l'article entier… Brian a vraiment du talent, n'est-ce pas ? Je n'arrive toujours pas à croire qu'il a été publié dans le Denver Post…"
Le Révérend acquiesça.
"C'est dur à croire quand on sait que ce garçon n'a pas encore seize ans… Son article sur Renard-Rouge démontre une incroyable maturité !"
"Je pense que toutes les épreuves qu'il a du traverser dans sa jeune existence l'ont forcé à grandir plus vite que les garçons de son âge…"
"C'est vrai… Mais cela ne change rien au fait que ce garçon est particulièrement brillant… Dorothy a toujours cru en lui… D'ailleurs elle lui a confié la lourde responsabilité de faire tourner la Gazette…"
Loren acquiesça à son tour puis émit une sorte de grognement pour confirmer de façon sonore son assentiment.
C'était devenu un automatisme pour lui depuis toutes ces années de vie commune partagée avec le Révérend aveugle.
"Ce n'est pas une mince affaire pour un gamin de cet âge…" Confirma-t-il.
Le Révérend prit un ton un peu plus grave
"Je me demande si j'arriverai à convaincre Faith de lire cet article ?"
Loren écarquilla les yeux de surprise et répondit avec une grimace :"Alors c'est « Faith » à présent ?"
Le Révérend grimaça avec embarras "C'est elle qui m'a demandé de l'appeler comme ça !" Expliqua-t-il
"Oh, vous m'en direz tant !"
"Je vous l'assure, c'est elle qui me l'a demandé !"
Loren continua à le taquiner "Alors il y a enfin eut l’étincelle entre vous ?"
Le Révérend secoua la tête
"Faith O'connell a encore un long, long chemin à faire avant de pouvoir recommencer à penser un tant soit peu à l'avenir…" Dit-il calmement. "Elle pleure toujours la perte de son mari et de son fils…"
"Je sais tout ça" répondit Loren d'un ton blasé "mais il y a quelque chose entre vous… J'en jurerais !"
"Et bien n'en parlez à personne… La dernière chose dont Faith a besoin c'est bien des commérages sur son compte" le pria le Révérend avec un petit sourire.
Il se pencha un peu en avant et dit sur le ton de la conspiration "J'aime beaucoup ses enfants également… Et vous savez que j'ai toujours voulu en avoir !"
Loren hocha la tête "Je sais bien" dit-il compréhensif. "C'est peut-être votre chance cette fois-ci?"
Le Révérend haussa les épaules "Qui vivra, verra" répondit-il, peu désireux de s'étendre sur le sujet.
Loren sourit, percevant clairement la gêne de son ami.
Il revint au sujet initial qui les avait entraînés sur ce terrain glissant.
"Evidemment, madame O'connell risque de ne pas voir dans cet article ce que Brian voudrait qu'elle y voit !"
"Je sais… Mais ce serait faire un pas de plus en avant pour elle… Si elle acceptait de le lire !"
"Bien sur… Elle risque de ne jamais s'en remettre… De ne jamais plus pouvoir supporter la vue d'un Indien sans repenser dans quelle condition atroce est mort son mari… Et cela doit vraiment être très dur pour elle de vivre ici…" Commenta Loren "Notez que l'autre jour, lorsque j'étais à Denver… J'ai vu un Indien descendre du train et se promener au milieu de la ville…"
"Les temps changent, Loren !"
"Wai… Mais est-ce un bien ? Comment les gens, comme madame O'connell qui ont vécu de tels drames, vont-ils le supporter?"
"Nous faisons référence à un homme décédé à présent… Renard-Rouge ne fera plus jamais de mal à sa famille ni à aucune autre désormais !"
Loren secoua la tête "Cela restera cependant pour toujours gravé dans sa mémoire !"
"Alors, il est peut-être de notre devoir de l'aider à se souvenir de ce qui lui est arrivé tout en relativisant l’implication du peuple indien… Et peut-être que Nuage-Dansant à un rôle à jouer là dedans !"
Loren haussa les sourcils en entendant un tel discours "Elle ne veut même pas entendre son nom… Et je ne vois pas pourquoi elle aurait changé d'avis lorsqu’il réapparaîtra !"
"Je sais… Mais avec le temps "
Loren lança un regard dubitatif au Révérend. "Il y a certaines choses que même le temps qui passe ne parvient pas à guérir. "
"Comme la haine que vous éprouviez pour Sully … ? Selon moi, c’est bien la preuve qu’il faut laisser le temps au temps !"
Loren grimaça "Wai… Et bien …"
"Alors peut-être que Faith, elle aussi, verra les choses différemment dans l'avenir" conclu le Révérend.
"Mumm… Peut-être…" Répondit Loren, quoique le ton, qu'il employa, laissa clairement transparaître ses doutes.
Il se leva sans prévenir, bâilla et s'étira
"Il se fait tard… Et je dois me lever tôt demain… J'attends une livraison de marchandises…"
Le Révérend se leva à son tour, hocha la tête pour approuver cette décision et ils se dirigèrent tous les deux vers les escaliers dans le but de regagner leur chambre respective.
Elle se réveilla d'un seul coup, s'assit et frotta ses paupière lourdes.
Il faisait encore nuit, cependant, les premières lueurs de l'aube commençaient à poindre derrière les montagnes.
Elle avait l'impression d'avoir à peine dormi alors qu'à la vérité sa nuit avait été à peu près correcte mais son esprit n'avait cessé de retourner dans tous les sens la nouvelle de la mort de cet homme étrange prénommé Deeg.
Elle entendit soudain Sully crier dans son sommeil et comprit que c'était ce qui l'avait réveillée.
Elle l'observa un moment sans trop savoir que faire. Mais lorsqu'il s'agita fiévreusement et cria de nouveau de toutes ses forces "Maman… Non !" Elle en eut le souffle coupé et se rapprocha de lui.
Plaçant sa main sur sa poitrine trempée de sueur, elle dit doucement mais fermement : "Sully… Réveille-toi… Tout va bien… Tu es en train de rêver !"
Il secoua violemment la tête de gauche à droite et leva les bras au dessus de lui pour se protéger.
Elle reprit d'un ton plus ferme: "Sully… Réveille-toi !" Insista-t-elle "tout va bien".
Il émit un grognement puis ouvrit les yeux avec précaution et suspicion.
Elle saisit sa main et lui dit calmement "Tu étais en train de rêver !"
Il grommela de nouveau et se tourna sur le côté pour s'éloigner d'elle.
"Sully?" demanda-t-elle doucement.
Comme il ne répondait pas, elle essaya de nouveau "Sully? Tu vas bien ?"
Il poussa un profond soupir et répondit d'une voix grave "Comme tu l'as dit… C'était juste un rêve… Rendors-toi !"
"Je ne peux pas… Je m'inquiète pour toi …"
"Il n'y a aucune raison pour cela…"
"Tu en es certain ?"
"Hum hum… Maintenant, dors encore un peu avant qu'il ne fasse jour !"
Elle le regarda, songeuse, pendant quelques instants.
Elle savait, ou tout du moins, elle pouvait imaginer de quel rêve il s'agissait.
Elle frissonna en se rappelant ces quelques heures durant lesquelles, environ une année auparavant, Sully lui avait raconté la mort de sa mère et les difficultés qu'il avait eues à s'en remettre lorsqu'il était enfant.
Elle s'était émerveillée à l'époque d'apprendre de quelle manière il s'en était sorti, traversant de multiples épreuves durant de nombreuses années avant de devenir cet homme aimant et attentionné.
Elle redoutait de découvrir le corps de Deeg dès que le jour serait levé mais Sully, lui, l'avait déjà vu peu de temps après qu'il ne se soit donné la mort, et cela expliquait sans doute ses cauchemars.
Elle soupira doucement, s'allongea sous les couvertures et se serra contre lui comme il l'avait fait tant de fois avec elle lorsqu'elle avait besoin de tendresse et de réconfort.
Elle glissa sa main sous son bras et la laissa reposer sur son cœur pour le rassurer. Il ne dit rien mais sa main saisit délicatement la sienne et la porta amoureusement jusqu'à ses lèvres.