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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 11.04.2012 à 18h00
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Le cycle de la vie" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Circle of life" » okapi
Cette fanfic compte déjà 346 paragraphes
Le regard de l’écossais se perdit dans la nuit pendant qu’il réfléchissait.
Pour finir, il déclara : « La vallée que vous avez probablement vue cette après-midi… A un ou deux kilomètres d’ici… Il y avait encore des Indiens qui y vivaient la semaine dernière…. Mais ils sont partis à présent. »
« Vous les avez rencontrés ? » Demanda Sully étonné.
« Pas vraiment… Une fois, j’en ai rencontré deux qui chassaient par ici… Mais vous ne pouviez pas faire autrement que de savoir qu’ils vivaient ici… Ils étaient des centaines. »
« Et ils sont partis, maintenant. »
« Hum… J’ai entendu un soldat raconter qu’ils s’étaient installés plus à l’Ouest… Près de la réserve des Sioux sur la piste Bozeman. »
Sully sourit tristement.
« Les Cheyennes et les Sioux ne font généralement pas bon ménage… »
Les sourcils de l’Ecossais se relevèrent d’un air suspicieux : « Qui vous a dit que ces Indiens étaient des Cheyennes ? » Rétorqua-t-il aussitôt les yeux brillants.
« J’ai un ami qui m’en a touché deux mots » se défendit Sully sans autres précisions.
« Ne serait-ce pas plutôt un ami… Indien ? »
« Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? »
L’écossais se mit à rire ouvertement devant lui.
« Il n’est pas difficile de deviner, rien qu’en voyant les vêtements que vous portez, qu’il vous est arrivé de fréquenter les Indiens de temps à autres » argumenta-t-il, « j’ai raison, n’est-ce pas ? »
Sully lui adressa un petit sourire. « Oui… Je ne peux pas le nier» admit-il « j’ai fréquenté les Cheyennes dans le Colorado jusqu’à ce qu’ils en soient chassés…»
« Je dis que vous avez bien fait ! » Marmonna l’homme aux cheveux noirs.
« J’ai entendu dire que certains braves… Ceux que l’on appelle les Renégats… Ont causé pas mal de problèmes…. » Fit remarquer l’Ecossais.
« Tout comme l’armée » relativisa Sully, d’une voix pleine d’amertume. « Il y a eu des torts dans les deux camps… On ne peut blâmer quelqu’un qui ne fait que défendre sa terre. »
« Mais elle ne leur appartient pas ! » Contesta le plus petit des trois hommes.
Sully ravala sa colère.
Ils vivent ici depuis des centaines d’années ! » Défendit-il en essayant de garder un ton neutre.
« Ce sont des Sauvages... » Rétorqua l’homme sans pour autant affronter le regard perçant de Sully.
« Je pense que cela dépend de la manière dont on voit les choses » répondit ce dernier. « On peut dire exactement la même chose de l’armée quand elle massacre des femmes et des enfants innocents au nom du progrès. »
L’écossa leva soudain les mains devant lui.
« Selon moi, il n’y a rien que nous puissions y faire… Et comme nous ne sommes pas d’accord là-dessus… Je pense que nous devrions parler d’autre chose… Humm ? »
Il marqua une courte pause avant de demander avec un sourire, « vous nous avez bien dit que votre épouse était médecin… Métier plutôt inhabituel pour une femme… Qu’en dîtes-vous ? »
Michaela jeta un bref coup d’œil à Julia qui se tenait à ses côtés ; son visage était très pâle et de fines gouttelettes de transpiration perlaient au-dessus de ses sourcils.
« Vous allez bien ? » Demanda-t-elle, en espérant du fond du cœur que sa jeune assistante inexpérimentée ne fasse pas un malaise.
Julia prit une profonde inspiration et hocha la tête avant d’éloigner d’elle la cuvette contenant la rate sanguinolente et endommagée de Dorothy, puis elle tendit de nouveaux linges propres à Michaela.
« C’est bientôt fini ? » Interrogea-t-elle, inquiète et nerveuse.
Michaela fronça les sourcils et se pencha sur son amie toujours inconsciente.
« Il y a encore un peu de travail à faire… Je dois m’assurer d’avoir bien trouvé toutes les blessures… Elle a des contusions un peu partout sur le corps… Mais cela ne devrait pas prendre énormément de temps, s’il vous plaît… Donnez-moi une autre pince. »
Pendant un peu plus d’une heure encore, les deux femmes œuvrèrent côte à côte, prenant soin de Dorothy et tentant d’améliorer son état de santé.
Enfin, Michaela recula d’un pas et déclara avec satisfaction : « Voilà… J’ai fait tous ce que je pouvais… »
Julia émit un soupir de soulagement et demanda : « Est-ce qu’elle va s’en sortir ?»
Michaela se mordit les lèvres avant de répondre : « Cela dépend de Dorothy à présent… Elle est très faible… Elle ne s’est pas alimentée depuis plusieurs jours et elle a perdu beaucoup de sang. »
« Mais elle va s’en sortir ?» Répéta Julia avec plus d’espoir dans la voix que de certitude.
Michaela hésita puis leva les yeux au plafond comme pour contempler le ciel.
« Elle aura besoin de nos prières » dit-elle doucement.
Chapitre 37
« Madame… Madame… » Murmura Julia à voix basse, tout en secouant doucement l’épaule de Michaela.
Michaela se redressa brusquement, comme un diable sortit de sa boîte, complètement désorientée.
En une fraction de seconde, elle se rappela soudain où elle était.
Elle se pencha aussitôt sur sa patiente depuis la chaise qu’elle occupait, placée à côté de son lit, et à la faible lueur de la lampe, entreprit de vérifier ses signes vitaux.
Il n’y avait aucun changement.
Elle soupira, et étendit ses bras en l’air pour soulager ses muscles endoloris avant de diriger vers Julia un regard encore embué de sommeil.
La jeune-femme lui adressa une petit sourire empreint de sympathie et lui suggéra avec compassion : « Pourquoi n’allez-vous pas vous allonger un peu… Je peux veiller sur Mademoiselle Jennings. »
Michaela se frotta les yeux et entreprit de chercher sa montre au fond de sa poche.
« Qu’elle heure est-il ? » Marmonna-t-elle.
« Un peu plus de cinq heures… » Répondit aussitôt Julia. « Vous avez été debout toute la nuit…. Je peux la surveiller pendant que vous dormirez un peu. »
« Mais si elle a besoin de moi ? » Protesta Michaela.
« Eh bien, je vous appellerai immédiatement… Vous ne serez qu’à quelques pas d’ici. »
Michaela se retourna en direction du lit.
«Réveillez-vous Dorothy !» Souffla-t-elle. « Je vous en prie. »
« Vous pensez qu’elle va se réveiller à présent ? » Chuchota Julia sur le même ton.
Michaela hocha la tête, sans quitter du regard le visage livide et tuméfié de Dorothy.
« Je l’espère vraiment. » Murmura-t-elle.
« Mais sa fièvre n’est plus aussi importante, n’est-ce pas ? » Interrogea Julia avec espoir.
« Non… Effectivement, elle est légèrement retombée. »
« Alors… Il y a encore une chance… N’est-ce pas ? »
« Oui… Il reste une chance… Mais plus longtemps elle restera plongée dans le coma et moins elle aura de chances de survie… »
Michaela se leva et comme elle l’avait déjà fait de nombreuses fois auparavant, elle passa délicatement ses doigts experts à travers la chevelure rousse de son amie inconsciente.
Elle était certaine qu’il n’y avait pas de fracture du crâne mais elle voulait s’en assurer une fois encore.
Satisfaite de son examen, elle tira délicatement les couvertures vers le bas et observa les sutures le long de l’incision qu’elle avait pratiquée.
Aucun signe d’inflammation ou d’infection n’étaient à déclarer.
Julia interrompit encore une fois son examen et sa réflexion soucieuse.
« Aller Madame… Je peux m’occuper d’elle. »
« Mais vous devez avoir bien d’autres choses à faire» contesta Michaela, «votre père ne sera pas content si vous ne faites pas votre travail.»
Elle adressa un sourire triste à sa nouvelle amie en se remémorant la confrontation qui avait opposé le père et la fille, environ trente heures auparavant, quand Monsieur Noble avait découvert ce qui se passait dans son établissement.
Julia sourit.
« Il s’est calmé à présent… Il réagit toujours au quart de tour… Mais maintenant qu’il sait que nous n’ébruiterons pas cette affaire et que nous serons très prudentes et discrètes… Et puis Jimmy est vraiment quelqu’un de loyal… On peut lui faire confiance… Il ne dira rien à personne. »
« Votre père vous a fait promettre que le fait de vous occuper de Dorothy ne vous empêcherait pas de faire votre travail… Souvenez-vous ! » Lui rappela Michaela.
« J’ai déjà fait pas mal de mes corvées habituelles » la rassura Julia, «je pense que je peux rester ici jusqu’à sept heures… Si cela peut vous rendre service ? »
Michaela soupira et agrippa les mains de la jeune-femme avec reconnaissance.
« Bien évidemment, Julia… » La remercia-t-elle chaleureusement, « mais promettez-moi de venir me réveiller s’il se passe quelque chose… Quoi que ce soit… C’est d’accord ? »
Julia acquiesça : « C’est promis » dit-elle.
Michaela, épuisée, se releva avec difficultés et étira ses membres endoloris afin de parcourir les quelques mètres qui la séparaient du petit lit de camp qu’on lui avait installé de l’autre côté de la chambre.
Elle s’y mit rapidement à l’aise et s’y étendit avec soulagement.
Moins de deux minutes plus tard, elle était profondément endormie, son état de fatigue dépassant ses craintes pour la vie de Dorothy.
Julia l’observa un moment avant de venir s’asseoir à son tour sur la chaise de Michaela laissée vacante puis, elle posa son regard sur la malade comateuse et tandis qu’elle priait silencieusement, saisit sa main inerte dans la sienne pour en caresser le dos, de manière inconsciente, à l’aide de son pouce; comme si ce petit massage pouvait insuffler un peu de vie à ce corps qui semblait ne plus en avoir.
Sully tira sur les rênes de son cheval, se laissa glisser à terre et se baissa pour étancher sa soif dans le cours bouillonnant d’un petit ruisseau limpide.
Il était en selle depuis bientôt deux jours et n’était toujours pas parvenu à localiser le nouveau campement des Cheyennes.
Il lui revenait sans cesse à l’esprit que plus il chevauchait vers l’Est pour poursuivre ses recherches, plus il s’éloignait de Michaela qui devait s’inquiéter de ne pas le voir revenir.
Il était certain d’être sur la bonne piste mais l’expérience plus que centenaire des Cheyennes pour dissimuler leurs traces rendait cet exercice de traque plus que délicat.
Il était en plein dilemme.
Sa raison lui conseillait de retourner à Woodville pour rassurer Michaela et l’informer de ce qui s’était passé mais il ne pouvait renier son instinct qui lui disait qu’il risquait de rencontrer les Cheyennes à tout moment sur le chemin et que sa chevauchée finirait bien par être fructueuse.
A la vérité, il était un peu embarrassé.
Les chercheurs d’or lui avaient indiqué la Piste Bozeman.
Il savait que les Sioux revendiquaient ce territoire, et apparemment, malgré tous les efforts du gouvernement et de l’armée, ils étaient toujours en nombre à occuper les lieux.
La nouvelle d’un traité annonçant la fermeture de la Piste Bozeman, une ancienne voie ouverte et utilisée dans les grandes plaines par les prospecteurs et les aventuriers de tous poils, et autorisant les Sioux à y demeurer, avait même trouvé échos dans les journaux du Colorado.
Mais pourquoi les Cheyennes faisaient-ils route dans cette direction ?
Même en considérant la triste situation où se trouvaient toutes les tribus indiennes, il n’y avait aucune chance pour que les Sioux et les Cheyennes, veuillent ou puissent coexister sur un même territoire.
Comme il lui tardait de retrouver Nuage-Dansant !
Son frère serait alors en mesure de lui expliquer ce qui se passait et dans qu’elle situation se trouvaient ses amis cheyennes.
Il soupira et regarda encore un fois le ciel.
Il se donnait jusqu’à la tombée de la nuit pour poursuivre ses recherches.
Si, d’ici là, il n’avait pas relevé de preuves évidentes du passage ressent des Cheyennes, il rebrousserait chemin.
Il prit une profonde inspiration, se remit en selle et d’un pas résolu chevaucha de nouveau en direction de l’Est.
« Je ne sais toujours pas si nous devons maintenir le « Bal des Amoureux », avec tous ces gens qui sont en vadrouille loin de la ville » répéta Grâce, d’un air las.
Un nombre important d’habitants, convoqués en une assemblée exceptionnelle, étaient réunis au café de Grâce en cette fin d’après-midi.
« Il manque seulement quelques personnes et elles vont bientôt revenir » la contredit Loren. « Le Conseil Municipal a fait la promesse aux jeunes de la ville d’organiser « le Bal des Amoureux » plus tôt, cette année… Et c’est ce que nous allons faire. »
« Il me semble que vous n’êtes pas le seul à faire partie du Conseil Municipal » lui rétorqua Grace.
Loren revint à la charge « Hank est de mon avis… Et Jake également… Donc le problème est réglé. »
Les deux hommes, assis de l’autre côté, à la grande table du café, approuvèrent d’un signe de tête.
« Oui, enfin… Certains d’entre nous ne voient pas les choses aussi simplement » marmonna Grace, « Un des membres du Conseil Municipal est absent… Ainsi que le rédacteur en chef du journal de la ville… A mon avis, nous devrions attendre leur retour. »
« Laissez tomber, Grace ! » Contre-attaqua Hank. « Puisque nous sommes réunis pour organiser ce bal… Et bien organisons-le… Et terminons-en… »
Le Révérend lui adressa un large sourire. « Vous avez l’air intéressé par le sujet, Hank ! » Releva-t-il.
Le barman haussa les épaules. « Vous me connaissez, Révérend… Ces manifestations organisées par la ville… Ce n’est pas vraiment mon truc… »
Myra pouffa avant de se mêler à son tour de la conversation. « C’est bien pourquoi je me suis toujours demandée pourquoi tu tenais à faire partie du Conseil, Hank ? » Murmura-t-elle.
« Il y a bien plus à faire au Conseil que de passer son temps à organiser des Bals ou des bagatelles du même genre » répondit-il en grimaçant.
Elle secoua la tête tristement.
Assis en bout de la table, Jake se mis à frapper le plateau de la paume de ses mains avec autorité, avant de déclarer : « Aller… L’affaire est réglée maintenant…Nous avons déjà prévu une date… Alors par où doit-on commencer ? »
« S’il s’agit d’un bal, je suppose que nous aurons besoin de musiciens » suggéra Anna.
« Je vais demander à Horace de contacter ce groupe de Denver que nous avons déjà engagé les années précédentes » répondit Jake en prenant des notes. « Quoi d’autre ? »
« Nous allons avoir besoin de quelques… » Commença Loren avant d’être interrompu par un Horace haletant et gesticulant qui se précipita au beau milieu des convives en pleine réunion.
Le Télégraphiste, s’immobilisa à côté de la chaise de Loren et lui tendit un message tout en reprenant son souffle avec difficulté. « Je crois que vous devriez lire ceci de toute urgence » dit-il, « ça vient juste d’arriver. »
Loren fronça les sourcils et posa ses yeux sur le télégramme à l’écriture soignée, pendant que toute l’assemblée restait suspendue à ses lèvres.
Il était évidant, à voir l’expression sur le visage d’Horace, que le message devait contenir une affreuse nouvelle.
En observant à son tour le visage de Loren et en le voyant se décomposer peu à peu au fil de sa lecture, ils surent tous qu’ils avaient vu juste.
« Loren ? » Interrogea Grace avec inquiétude.
L’épicier se mordit les lèvres avant de relever les yeux et de regarder ses amis.
« C’est Dorothy » parvient-il à prononcer d’une toute petite voix.
« Dorothy ? » S’exclama Jake « que lui arrive-t-il ? »
« Elle » commença Loren avant de se reprendre. « Elle est très malade… Elle a dû attraper la maladie de sa tante… » Dit-il rapidement.
Il repoussa sa chaise en arrière avant de se lever.
« Je ferais mieux d’aller là-bas… Voir si je peux être utile à quelque chose… » Reprit-il avant de réaliser avec effroi : « Mais la boutique… Elle doit rester ouverte… Et je ne sais pas combien de temps je vais être absent… »
Toute l’assemblée se montra soucieuse devant un tel dilemme.
Pour finir, Faith tenta de faire une suggestion : « Peut-être pourrais-je vous aider… »
Tous les regards se posèrent sur elle et elle s’empourpra aussitôt, cachant de sa main la vilaine cicatrice qu’elle portait sur le visage.
« Vous voulez dire que vous tiendriez le magasin pendant mon absence ? » Demanda Loren d’un air bourru.
Elle acquiesça d’un signe de tête avant de se recroqueviller sur sa chaise, incapable de soutenir plus longtemps tous ces regards braqués sur elle.
« C’est une merveilleuse idée, Loren ! » S’exclama le Révérend tout sourire. « Et je pourrais également l’aider dans cette tâche… »
Malgré son inquiétude pour Dorothy, cette proposition ne fit qu’arracher un rire nerveux à Loren.
Mais le Révérend continua à se montrer positif. « Je vis depuis assez longtemps dans cette boutique pour savoir ce qui s’y passe… Comment fonctionne les commandes et tout le reste… Je peux réellement être d’une aide précieuse. »
Loren soupira et fronça les sourcils.
« Dorothy est vraiment très malade ? » Demanda Grace doucement.
Les yeux du vieil homme se posèrent de nouveau sur le télégramme froissé qu’il tenait toujours dans sa main et il lui confirma : « D’après ce qui écrit… Il se pourrait qu’elle ne s’en tire pas… » Marmonna-t-il, « je dois me rendre auprès d’elle… Je refuse l’idée de la voir mourir comme ça, loin d’ici…Pas après ce qui c’est déjà passé avec Olive… »
Grace et Robert E, lui exprimèrent leur accord d’un murmure d’approbation.
« Alors, c’est arrangé… Faith et moi, nous veillerons sur votre magasin » lui assura le Révérend ;
« Ce n’est vraiment pas de chance que Michaela soit absente… Elle serait certainement partie avec vous... Pour l’aider. » Déclara Hank.
« Mais elle… » Commença Horace avant d’être vivement interrompu par Loren. « Il y a déjà un médecin auprès de Dorothy » assura-t-il ; et avant qu’Horace n’ait pu dire quoique ce soit d’autre, Loren l’empoigna par le bras et commença à l’éloigner de la table. « J’ai besoin que vous me vendiez un billet de train, Horace… Aussi vite que possible » lui ordonna-t-il. Puis, il se retourna vers Faith. « Je serai votre obligé, si vous veillez sur ma boutique… pourriez-vous m’y retrouver un peu plus tard… Pour que je vous explique tout ce que vous aurez à faire ? »
Après que Faith ait acceptée le rendez-vous, Loren se retourna pour emboîter le pas au télégraphiste et tous deux s’éloignèrent rapidement en direction de la gare.
Brian, surpris, releva rapidement la tête en entendant le bruit des sabots d’un cheval piaffant devant la maison.
C’est à cet instant qu’il réalisa qu’il était vraiment en retard.
Le soleil avait disparu derrières les montagnes et l’intérieur de la maison était plongé dans l’obscurité totale, la seule source de lumière étant la lueur vacillante de la lampe à pétrole placée derrière son fauteuil.
Il bondit sur ses pieds avec un sentiment de culpabilité et se hâta d’aller ouvrir la porte.
Il y parvint à temps pour découvrir Matthew, montant à pas lourds les marches du perron. Leur regard se croisèrent – celui de Matthew emplis de reproches, celui de Brian, de veines excuses.
« Mais qu’est-ce que tu fabriques, p’tit frère ? » Lança Matthew d’un air las. « Kathleen voulait souper tôt, dès ton arrivée… »
« Je… Je suis désolé Matthew » s’exclama Brian confus, « je… Je n’ai pas vu le temps passer. »
Matthew jeta un coup d’œil sur la salle à manger faiblement éclairée. « En tout cas, je n’ai pas l’impression que tu étais occupé à tes corvées. »
Brian baissa la tête. « J’étais en train de lire » expliqua-t-il d’un air penaud.
« J’aurais dû y penser… »
« C’est à cause du Journal de M. Parrish… Celui que Papa et Maman ont rapporté de leur expédition dans les montagnes, l’autre jour… Il est vraiment très intéressant. »
« C’était un déserteur, n’est-ce pas ? » Interrogea Matthew en s’approchant du crochet fixé derrière la porte sur lequel étaient suspendus la veste et le chapeau de Brian.
« Oui… Il ne pouvait plus supporter ce qui se passait entre l’armée et les Indiens… » Précisa Brian en enfilant sa veste.
« Cela me semble être une décision bien radicale… Je veux dire de s’enfuir comme ça » commenta Matthew en commençant à descendre les escaliers.
« Peut-être qu’il pensait ne pas avoir d’autre choix… » Suggéra Brian en suivant son frère. Comme ce dernier ne répondait pas, il s’arrêta avant de demander. « Tu penses que ce qu’il a fait était mal ? »
Matthew haussa les épaules. « Je ne connais pas les circonstances exactes qui l’ont poussé à prendre cette décision… Mais si l’armée a décrété que la désertion était condamnable et passible de pendaison… Selon moi… On ne peut pas lui donner raison. »
Brian soupira et demanda d’une voix hésitante.
« Et qu’en est-il de Papa, alors ? Il a déserté, lui aussi… Tu n’as jamais dit que c’était mal ? »
Alors qu’il allait placer son pied dans l’étrier, Matthew se ravisa, surpris et embarrassé par la question de son frère.
Il se retourna pour lui faire face, le front plissé et l’esprit concentré sur le problème qu’on venait de lui soumettre. Enfin, il se prononça : « C’était sans doute différent...»
« En quoi ? »
Matthew haussa les épaules.
« On a délibérément trompé Sully pour l’amener à tuer un homme. »
« Et ce n’est pas le cas de M. Parrish ? »
« Il savait à quoi il s’engageait en entrant dans l’armée… »
« Vraiment ? Papa a toujours dit que les gens qui vivent à l’Est n’ont aucune idée de ce qui se passe ici… »
Cette fois-ci, Matthew n’hésita pas à se mettre en selle.
« Tout ce que je sais… C’est qu’il s’est engagé et qu’il n’a pas tenu ses engagements… »
Brian, le pied toujours à terre, fronça les sourcils.
« Je pensais que tu comprendrais, Matthew » dit-il d’un ton accusateur, « après Papa, et tout cela… En plus… Il t’est arrivé la même chose… Non ? »
Les yeux de Matthew fusillèrent son frère du regard.
« De quoi veux-tu parler ? » Demanda-t-il.
« Tu as bien signé un contrat pour devenir Shérif, n’est-ce pas ? Et puis tu as réalisé que ce n’était pas ce à quoi tu t‘attendais… Quand tu as dû enfermer des Indiens qui n’avaient absolument rien fait… Ou mettre papa en prison, tout en sachant qu’il n’avait pas pu faire ce dont on l’accusait. Tu as dû, toi aussi, prendre une décision radicale… Comme M. Parrish. »
Matthew se contenta de soupirer et Brian continua sur sa lancée.
« M. Parrish a décidé qu’il ne pourrait plus jamais se regarder en face s’il continuait à prendre part à ces massacres… En désertant, il savait qu’il ne pourrait jamais plus retourner chez lui… Ni même revoir un jour sa famille… Mais s’il était resté dans l’armée, cela aurait été pire pour lui que de vivre coupé du monde… Il a fait son choix… Et a dû vivre caché pour le restant de ses jours. »
Brian marqua une pause et soupira encore une fois avant de reprendre.
« Son journal relate son histoire, de son point de vue… Comment il a vécu le massacre des Indiens… Son sentiment de culpabilité…..Peut-être devrais tu y jeter un coup d’œil … »
Matthew, les sourcils froncés, sembla prendre en compte les remarques de son frère.
« Oui… Peut-être que je devrais… » Admit-il.
Brian hocha la tête avec satisfaction et se hâta de monter sur le dos de Caramel.
La conscience vague et instinctive, que quelqu’un ou quelque chose partageait avec lui la douce lumière qui baignait la clairière, envahit peu à peu son esprit.
Il frissonna l’espace d’une fraction de seconde, avant de bondir sur ses pieds.
Tout en décrivant de petits cercles sur lui-même, il fit glisser son tomahawk hors de son fourreau et le brandit au-dessus de sa tête, prêt à frapper.
« Tu n’as aucune raison d’utiliser ceci mon frère ! » Déclara une voix douce, alors que la haute silhouette de Nuage-Dansant se dessinait à la lueur du feu de camp et que ses yeux pétillaient de malice.
Chapitre 38
« Nuage-Dansant » s’écria Sully, en baissant aussitôt son arme, « j’aurai pu te tuer… »
« Oui… mais tu ne l’aurais pas fait sans savoir avant de qui il s’agissait … »
Sully hocha la tête, un sourire aux lèvres et se hâta de donner l’accolade à son frère cheyenne.
« Voilà deux jours que je vous cherche… Pour finir je suis revenu ici, car Michaela m’attend à Woodville.»
Nuage-Dansant s’assit sur un rondin de bois à côté de Sully et tendit ses mains vers la douce chaleur du feu de camp.
« Je devais également revenir ici… » Dit-il doucement, « mais je ne m’attendais pas à te rencontre… C’était Dorothy que j’espérais voir. »
« Elle ne voyage pas avec toi ? » Demanda Sully étonné.
Nuage-Dansant secoua la tête négativement.
« Elle est à Woodville… Nous avons convenu qu’il y avait moins de danger pour elle là-bas qu’avec nous à courir les bois… Quelques jours avant notre départ pour l’Est, nous avons aperçu des soldats qui nous espionnaient… Je ne pense pas qu’ils se soient rendus compte de sa présence à nos côtés… Mais elle a décidé de repartir en ville et de découvrir ce que manigance l’armée…. »
Sully approuva cette stratégie familiale qu’il avait lui-même appliquée à sa femme.
« Je pense que nos deux femmes ont du se retrouver » répondit-il. « Michaela doit être furieuse contre moi de l’avoir abandonnée pendant deux jours… C’est pour cela que j’ai fait demi-tour. Je pensais être en ville demain matin… » Puis, il s’adressa directement à son frère : « Mais tu m’as dit que tu pensais voir Dorothy dans le secteur ? » Interrogea-t-il.