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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 11.04.2012 à 18h00
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Le cycle de la vie" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Circle of life" » okapi
Cette fanfic compte déjà 346 paragraphes
Il embrassa tendrement sa joue. « Ensemble, Michaela… Nous allons l’aider ensemble… »
Elle acquiesça tout en respirant par petits coups saccadés.
Elle ferma les yeux, et à sa façon, entreprit de réciter une courte prière solennelle. Enfin, elle se redressa un peu dans le creux de ses bras : « Prêt ? » demanda-t-elle. « Peut-être qu’aujourd’hui… Avec la présence de Nuage-Dansant à ses côtés… Découvrirons-nous quelques changements à l’état de Dorothy... »
Il lui adressa un petit sourire triste : « Le pouvoir de guérison de l’amour, hein ? » Demanda-t-il doucement.
« J’aimerais tant y croire » répondit-elle en saisissant sa sacoche médicale avant d’ouvrir la porte.
Elle franchit si rapidement le pallier pour s’immobiliser si brusquement dans le couloir que Sully faillit la percuter dans le dos.
« Michaela ? » Interrogea-t-il aussitôt tandis que le regard de sa femme était figé sur la porte de la chambre de Dorothy.
N’y relevant rien d’inhabituel, il s’enquit de nouveau : « Michaela ? Qu’est-ce qui ne va pas ? »
Elle fit demi-tour pour le regarder.
« Nous avons oublié Julia ! » S’exclama-t-elle avec angoisse. « Elle commence toujours par m’apporter mon petit déjeuner… Avant de faire quoique ce soit d’autre… »
Il fronça les sourcils, l’inquiétude le gagnant à son tour, avant de se rendre soudain compte qu’un plateau chargé d’un petit déjeuner reposait sur le sol, à côté de la porte.
« Nuage-Dansant » s’écria-t-il.
Au même instant, ils bondirent tous les deux en direction de la porte et Michaela en atteignit la poignée la première.
« C’est verrouillé » s’exclama-t-elle, en appuyant plusieurs fois sur la poignée avec frustration. Elle fit volteface et lui demanda d’une voix paniquée : « Qu’est-ce que nous allons faire ? »
« Est-ce que tu penses qu’il est toujours à l’intérieur ? » Murmura-t-il, testant à son tour la résistance de la poignée pour s’assurer que la porte était belle et bien fermée à clef.
Après quoi, il frappa à la porte vigoureusement en demandant d’une voix inquiète : « Nuage-Dansant… Tu es là ? »
Tous deux retinrent leur souffle durant un instant, tendant l’oreille pour déceler le moindre bruit qui aurait pu leur confirmer la présence de l’Homme-Médecine dans la pièce.
Enfin il y eu un grattement derrière la porte et la voix sourde de Nuage-Dansant parvint jusqu’à eux : « Je suis toujours là !»
« Qui vous a enfermés ? » demanda Sully
« C’est moi » répondit une voix assurée derrière eux.
Michaela et Sully se retournèrent d’un bond pour découvrir une Julia à l‘expression calme et sereine.
Elle retira aussitôt la clef de sa poche.
« J’ai pensé que cela valait mieux ainsi » dit-elle, en le regardant droit dans les yeux. Puis elle tendit la clef à Michaela.
« Vous… Vous l’avez dit à votre père ? » S’enquit Michaela nerveusement en saisissant la clef.
Julia pris une grande bouffée d’air. « Non » répondit-elle, « pas encore… »
« S’il vous plaît… » Commença Sully
Elle secoua la tête. « Je ne lui dirai pas… A moins que quelque chose tourne mal… » Continua-t-elle. « Il ne comprendrait pas… Et je ne suis pas certaine de pouvoir comprendre moi-même… »
« Nuage-Dansant est… » Commença à expliquer Michaela.
Julia secoua de nouveau la tête.
« Je ne veux rien savoir » déclara-t-elle, « cette ville est pleine de soldats… A la recherche d’hommes tels que lui… ». Elle fit un signe de tête en direction de la porte. « S’il y a le moindre problème… » S’interrompit-elle.
« Nous serons très prudents » répondit immédiatement Michaela.
« Je pense qu’il est préférable que vous laissiez tout le temps cette porte verrouillée ! » Conseilla Julia en s’adressant à Michaela. « Mon père… »
« Je sais… Et je vous remercie » répondit Michaela en s’emparant de la main de la jeune fille et en la serrant avec gratitude.
« Oui, merci », ajouta Sully, pas aussi confiant que sa femme.
Julia jeta de nouveau un regard en direction de la porte close, puis tournant les talons, elle redescendit le long couloir en direction de la loge.
« Maman ? » Demanda Jamie, tout en léchant ses lèvres maculées de confiture.
« Oui, mon cœur ? » Répondit Anna en buvant son café à petits gorgées.
« Qu’est-ce que c’est, le bal des amoureux ? »
Elle lui tendit une serviette pour qu’il s’essuie le menton et répondit. « Cela doit être très amusant… chacun vient avec son amoureux, il y a de la musique pour danser et Grace apporte de la limonade fraîche et du cidre… »
« Mais qu’est-ce que c’est… Un amoureux ? »
« Bien… C’est une personne que l’on aime beaucoup… Avec qui on aime passer du temps… Et avec qui on aime danser… »
« Alors, tu vas danser… Mais tu n’as pas d’amoureux… ? »
« Non… Je ne crois pas… Mais Hank Lawson m’a demandé d’assister à ce bal avec lui… »
« Alors, M. Lawson va devenir ton amoureux ? »
Assise à côté du petit garçon, sa tante Lucie affichait un sourire affecté et regardait sa belle-sœur avec désapprobation. L’expression sur son visage tourna définitivement à la consternation lorsqu’elle entendit la réponse d’Anna à la question de son fils. « Et bien… C’est difficile à dire… Mais je crois que je risque bien de danser avec lui… »
« Anna ! » s’exclama la vielle femme, « tu n’es pas sérieuse ? »
Anna haussa les épaules sans paraître embarrassée le moins du monde. « Nous commençons une nouvelle vie ici, Lucille » rétorqua Anna avec détermination, « et j’espère bien assister à ce bal. »
« Tout ce que j’en dis, c’est que tu ne devrais pas laisser cet homme se mettre de fausses idées en tête… » Argumenta-t-elle, « après tout, il s’occupe d’un saloon et de tout ce qui va avec… »
« Je le sais bien… Ses occupations sont bien loin de celles auxquelles j’ai l’habitude d’être associée… Mais il y a des choses que tu ne sais pas à propos de cet homme… »
Lucille, les lèvres pincées, lui rappela d’une voix sourde. « A ton avis, qu’en penserait mon frère ? »
« James nous a quitté, Lucille… Chaque jour qui passe, je voudrais qu’il soit là… Mais non… A présent, je dois me bâtir une nouvelle vie, poursuivre ma carrière de médecin… Et Michaela Quinn m’a donnée l’opportunité de le faire… »
« Oui, et bien… J’ai également des doutes sur ses « exploits »… Il y a une rumeur qui court disant qu’elle serait avec les Indiens dans les territoires du Nord… »
« Et tu as quelque chose à y redire ? » Demanda Anna sur le ton de la dérision. « Il n’y a pas si longtemps de cela, les Nègres dans le Sud auraient considérés Michaela comme une héroïne. »
Lucille eut le bon ton de se mettre à rougir. « Oui… Bien… » Bredouilla-t-elle.
Un silence pesant régna de longues minutes sur la pièce jusqu’à ce qu’une petite voix s’élève pour demander innocemment : « Et toi, tante Lucille… Est-ce que tu vas aller au bal des amoureux ? »
« Je pense que nous devrions commencer à élaborer un plan ! » Expliqua Michaela avec appréhension.
« Un plan ? » Répondit-il en se penchant par-dessus la balustrade du porche de la pension de famille afin de jeter un coup d’œil sur la rue. Des bourrasques de vent y soulevaient des nuées de poussières qui rendaient fade et trouble la lumière de cette fin d'après-midi.
« Nous ne pouvons pas rester ici indéfiniment… »
« Indéfiniment ? Je pense que Dorothy… »
« Cela fait trop longtemps à présent… A moins qu’elle ne reprenne conscience très rapidement… »
Elle se tut et ses yeux s’embuèrent de larmes.
Elle finit par se ressaisir et murmura d’une voix à peine audible. « Elle va mourir à force de ne plus s’alimenter… »
« Alors, il n’y a eu aucun changement aujourd’hui ? »
Elle secoua la tête négativement tout en luttant pour contrôler ses émotions. « Elle doit déjà avoir subi des dommages irréversibles… »
« Qu’est-ce que tu entends par là ? »
« Réfléchis, Sully… Elle est allongée là depuis des jours, sans aucune nourriture dans le corps avec uniquement le peu de liquide que nous parvenons avec peine à lui faire absorber… Cela fait simplement trop longtemps… »
Elle s’interrompit et soupira.
Sully se rapprocha d’elle et saisit sa main qui reposait sur la balustrade.
« Nous devons y croire ! » Dit-il en essayant de faire disparaître toute trace d’hésitation dans le ton de sa voix.
« Tu me connais, Sully… J’essaye toujours d’y croire jusqu’au bout… »
« C’est une des raisons qui fait que je t’aime… »
Elle retourna la paume de sa main contre la sienne.
« Mais cette fois-ci… Après un si long coma… »
Elle marqua de nouveau une pause, « il nous faut commencer à penser à l’avenir… »
« Nous ne pouvons pas abandonner Dorothy et Nuage-Dansant ici, comme cela…»
Elle soupira : « Je sais… C’est un énorme dilemme… Je ne veux pas plus que toi les laisser comme ça… Oh ! Je ne sais plus ce qu’il faut faire… » Gémit-elle avec désespoir.
« Ils font partie de la famille… »
« Je sais qu’ils font partie de la famille… Mais nous avons également une famille à Colorado Springs… Une famille à laquelle nous devons manquer autant qu’elle me manque… Les enfants me manquent… » Sa voix s’étrangla et les larmes perlèrent de nouveau à ses paupières.
« Alors tu dois rentrer à la maison… Et je resterai ici !» Proposa Sully
Elle se retourna pour le regarder dans les yeux. « Tu sais que je ne peux pas faire ça… Je ne peux pas laisser Dorothy sans soin… Je ne peux pas partir sans savoir ce qui va arriver… Et je ne parle pas que de Dorothy… Je me sens si impuissante et inutile… »
« C’est juste de la frustration… Tout le monde déteste attendre sans rien pouvoir faire… »
« Je sais, J’ai l’impression de ne pas arrêter de gémir et de me plaindre. Sully… Je suis désolée. C’est juste que je ne supporte pas l’idée que… »
« Alors arrête d’y penser… » La coupa Sully. « Comme je te l’ai dit… Nous devons y croire… »
Michaela soupira de nouveau et se laissa aller amoureusement contre l’épaule de son mari.
Ils n’échangèrent plus aucun mot durant un long moment, préoccupés tous deux par ce futur incertain qui se présentait à eux et les décisions immédiates et à venir qu’ils allaient devoir prendre.
Tout autour d’eux, les habitants de Woodville vaquaient à leurs occupations.
Une mélodie jouée au piano se faisait entendre, en provenance d’un saloon situé un peu plus bas dans la rue.
Plus haut, l’écho d’un marteau frappant une enclume raisonnait de la boutique du forgeron et deux femmes grimpaient quatre à quatre les marches de l’épicerie avant la fermeture du magasin afin d’y procéder à quelques achats de dernière minute.
Michaela finit par se redresser et fit remarquer avec lassitude. « C’est bientôt l’heure de souper… Je ferais mieux de rentrer pour être auprès de Nuage-Dansant lorsque Julia apportera le repas… ».
Ils échangèrent un regard complice et Sully acquiesça.
Ils allaient atteindre la porte de la pension de famille lorsqu’une bruyante cavalcade se fit entendre dans le lointain.
A peine quelques secondes plus tard, une diligence bringuebalante et poussiéreuse franchissait le coin de la rue à toute allure, pour s’immobiliser sur la place centrale de la ville aussi rapidement qu’elle était apparue.
Profitant de l’occasion qui leur était donnée d’échapper, pour quelques instants encore, à la réalité angoissante qui les attendait à l’intérieur, Michaela et Sully, hésitants, observèrent avec un vague intérêt, les passagers malmenés qui s’extirpaient avec peine du véhicule.
Quel ne fut pas leur surprise lorsqu’il leur sembla reconnaître l’identité du dernier d’entre eux, qui trébuchant à sa sortie, faillit tomber à genoux en bas de la diligence.
Prompt à réagir, Sully fut le premier à bondir en bas des marches du perron de la pension de famille et se précipita jusqu’à la diligence. « Loren, vous allez bien ? » Demanda-t-il avec sollicitude en saisissant le bras du vieil homme d’une main et le soulageant du poids de son sac de voyage de l’autre.
Loren, essayant de retrouver bonne figure et sa fierté mise à mal, dégagea rapidement son bras de l’étreinte de Sully.
« Evidemment que je vais bien, Sully » répondit-t-il, grognon, « je suis arrivé à bon port, n’est-ce pas ? »
Oubliant que Sully portait toujours ses bagages, il prit un peu de temps pour resserrer son nœud de cravate et essayer de remettre un peu d’ordre dans ses vêtement.
Lorsqu’il releva la tête, Michaela les avait rejoints tous les deux.
Elle passa son bras sous le sien et l’entraîna ostensiblement en direction de la pension de famille, le guidant et le soutenant, sans y paraître, de la rue jusqu’en haut des marches du porche de la maison.
Une fois arrivé là, il s’accrocha volontairement à son bras et lui demanda d’une voix tremblante : « Dr Mike… Dorothy ? Est-ce qu’elle est… Est-elle ? » Il se tut et plongea, sans faillir, son regard dans le sien.
Elle fronça les sourcils en cherchant quels mots elle allait bien pouvoir employer pour lui répondre.