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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 26.12.2012 à 13h57
Auteur : sentinel
Statut : Terminée
« Traduction de l'Anglais de What Life Has to Offer de Kruemi sur fanfiction.net » sentinel
Cette fanfic compte déjà 214 paragraphes
Ce que la vie a à offrir par Kruemi.
Prologue
Sully faisait les cent pas dans la cour en face de sa ferme. Depuis le jour où sa mère était morte et le laissa seul à l’âge de dix ans, tout ce qu'’il désirait était une famille et maintenant c’était sur le point de se produire. Il était marié depuis cinq ans déjà, bientôt cependant, cette nuit ou demain matin, la famille tant désirée ne serait pas au complet.
Il a entendu les cris de sa femme provenant de la maison ainsi que son beau –père Loren Bray, bientôt couvert par un cri plus fort déchirant leurs oreilles.
Bien que Loren avait désapprouvé le choix de sa fille et ne lui parlait plus depuis leur mariage, aujourd’hui il était là.
A son avis un mineur n’était pas assez bon pour sa fille, mais il ne savait rien de lui, pensait Sully.
Après sa décision de construire sa propre famille un jour, Sully du haut de ses dix ans a quitté New York, a laissé sa vie d’enfant derrière lui et est parti vers l’Ouest. Son ami Daniel Simon qui avait le même âge et qui rêvait de devenir riche s’en alla avec lui.
Peu à peu en s’éloignant de l’Est, ils passaient les saisons chaudes la plupart du temps dans les bois et pendant les hivers ils faisaient des petits boulots dans les villes qu'’ils traversaient.
Quand ils eurent quatorze ans ils ont commencé à travailler dans différentes mines.
Ils ont économisé l’argent dont ils n’avaient pas besoin pour vivre.
Un jour autour de l’âge de seize ans, les hommes des mines ont pensé qu'’il était temps pour eux de faire connaissance avec la gente féminine.
Les dames de petite vertu ont été ravis de s’occuper des deux gamins et ont décidé qu'’il était temps d’en faire des hommes.
Pendant un certain temps ils se délectaient de ces sentiments nouvellement découverts, mais après une gueule de bois terrible d’une de ces soirée, Sully se réveilla et savait que ce n’était pas le bon moyen de construire une famille .Depuis ce jour, il n’a jamais franchi la porte d’un saloon à nouveau, du moins pour se divertir.
A l’âge de vingt ans ils ont atteint Colorado Springs et Sully a rencontré Abigaël Bray âgée de dix-huit ans et il sut dés le départ qu'’elle serait sa femme.
Il avait trouvé Abigaël jeune et belle, douce et pleine de feu en même temps, elle est tombée en amour avec lui tout de suite.
Ils se sont mariés dés qu'’il eu construit la ferme sur la terre que Maude, la mère d’Abigaël, leur avait donné.
Et maintenant ici, il attendait l’arrivée de leur premier enfant.
Les cris venaient plus souvent maintenant et après un hurlement particulièrement horrible, ils ont entendu le cri d’un bébé. Les deux hommes se regardèrent l’un l’autre et attendaient avec impatience pour Maude ou Charlotte Cooper la sage femme de les laisser entrer ou du moins de leur montrer l’enfant, mais rien ne se passait.
Le calme à l’intérieur de la maison semblait pénétrer les murs et a commencé à les étouffer d’angoisse.
Le cœur de Sully battait follement et quand Maude est finalement sortie avec un petit paquet dans ses bras, il pouvait à peine marcher vers elle.
« C’est une fille ! » Pour un court instant le visage de Sully rayonnait puis il demanda avec anxiété
« Abigaël ? »
L’expression de Maude était grave
« Elle saigne abondamment mais Charlotte fait tout ce qu'’elle peut »
« Nonnn ! » Il se précipita vers la porte
« Sully s’il vous plait il n’y a rien que vous puissiez faire ! «
Mais il n’a pas écouté, il a fait irruption dans sa maison mais c’est arrêté brusquement à la vue d’Abigaël qui gisait sur leur lit, blanche comme les draps, immobile.
Partout sur le lit, sur le plancher était du sang.
Charlotte se tourna vers lui
« Vous devez attendre à l’extérieur Sully ! »
« Je veux être avec ma femme ! Au moins je tiens à lui tenir la main ! »
Il s’approcha timidement de sa femme
« Elle est partie Sully ! » Charlotte dit à voix basse en se levant du bord du lit et s’essuya les mains ensanglantées sur une serviette.
« Mais cela ne peut pas être !nous avons une petite fille, elle a besoin d’elle…j’ai besoin d’elle !elle ne peut pas nous laisser comme ça ! » Il n’était pas prêt à accepter la vérité.
« Sully je suis tellement désolée… »
Il ne l’a pas écouté, il s’agenouilla à côté du lit et prit les mains d’Abigaël dans la sienne.
« Abby tu m’entends ? Tu dois être forte Abby !je te promets je ferai tout ce que tu veux mais s’il te plait s’il te plait ne me laisse pas ! Tu m’entends Abby ! «
Maude ne pouvait retenir ses larmes plus longtemps après avoir entendu la plaidoirie de Sully.
Maude et Loren entrèrent dans la chambre.
« Que ce passe t-il ? « Loren exigé.
Charlotte ne pouvait pas les regarder
« Je suis terriblement désolée Loren, Maude, je ne pouvais pas l’aider, elle a perdu trop de sang »
Maude vacillait et la sage femme se précipita pour atteindre le bébé. Le visage de Loren était pétrifié de terreur, il se tourna vers Sully
« C’est de ta faute. Tu savais parfaitement ce que le médecin de Denver avait dit, son corps n’était pas fait pour porter un enfant ! Elle n’aurait jamais du te marier ! »
Le visage de Sully perdit toute couleur, il lâcha la main de sa femme et se leva lentement
« Je l’aimais…peut être que je ne l’a méritait pas mais elle désirait tellement un enfant je ne pouvais pas lui refuser ça ! «
Sully se dirigea vers Charlotte et lui prit sa petite fille. Il voulait désespérément sentir ce petit bout de son rêve, il avait besoin de la sentir près de lui.
A cet instant l’enfant cria de toutes ses forces, le petit visage était rouge et la bouche grande ouverte pour laisser sortir toute la colère de l’absence d’une voix apaisante ou d’une peau chaude sur laquelle s’appuyer.
Sully maladroitement berçait l’enfant et essayait de la calmer mais sans résultat.
« Peut être qu'’il vaut mieux que Maude ou moi prenions soin d’elle ! » Suggéra provisoirement Charlotte.
Sully fit valoir instantanément son droit
« Non c’est moi son père et je vais l’élever ! «
« Sully personne ne dit que vous ne pouvez pas l’élever !mais savez vous seulement comment prendre soin d’un nouveau-né, nous voulons seulement aider ! « la sage femme a essayé de le raisonner mais le jeune père a insisté »c’est ma fille je vais prendre soin d’elle ! »
« Comme vous avez pris soin de la mienne ! » fit Loren à voix haute sur un ton plein de rancune et ajouta
« Nous savons ce qu'’il faut faire pour cette enfant »
Le ton de Sully était faible
« Je pense qu'’il vaut mieux que vous partiez tous maintenant »
Personne ne bougeait
« Allez…ne comprenez vous pas, je veux être seul avec ma famille ! » ces mots s’étouffaient dans la bouche de Sully.
Charlotte posa sa main sur son épaule
« Nous allons parler à Jake et au révérend afin qu'’ils puissent préparer les funérailles »
Sully n’a pas répondu, il s’assit sur le sol à côté du lit où se trouvait le corps de sa femme, le nouveau-né encore dans ses bras.
Les cris de sa fille et ses sanglots se mêlant.
Deux heures plu tard Jake est venu prendre le corps d’Abigaël, Sully ne fit qu'’une faible tentative pour l’arrêter.
Le révérend a essayé de prier avec le nouveau père désespéré mais il reçut seulement une réponse en colère
« Quel genre de Dieu peut laisser cela se produire, pourquoi devrais je lui parler, vous feriez mieux de partir, laissez moi tranquille ! «
A ce moment l’enfant se remit à pleurer
« Lui avez-vous déjà donné à manger ? » Demanda le révérend
« Quoi ? « Sully l’air un peu choqué par la demande du pasteur qui poursuivit plus loin
« Et vous devriez lui mettre une couche et des habits »
Sully n’avait pas pensé à cela non plus
« Je le ferai »
Après que les deux hommes étaient partis, Sully rechercha pour les vêtements de bébé, il y avait une malle pleine d’entre eux, soigneusement pliés par sa femme, il en eu le souffle coupé et les larmes lui vinrent à nouveau.
Il a trouvé un biberon mais il ne savait pas comment en préparer le contenu et pour la première fois il se demanda s’il pourrait effectivement prendre soin de sa fille.
Comme si Charlotte avait entendu ses pensées, elle frappa à la porte et Sully fut soulagé de la voir.
Elle lui a montré ce qui était nécessaire et lui a demandé avant son départ
« Êtes-vous sûr de vouloir faire cela tout seul ? »
« Je suis sûr ! » répondit-il sincèrement.
Avant de partir elle informa le jeune homme
« Les funérailles auront lieu après demain à midi »
Pour les prochaines quarante huit heures Sully se retrouva seul avec son enfant qui restait éveillé et pleurait. Les pleures ne cessaient que lorsqu’il la nourrissait ou que l’épuisement prenait le relais.
Il ne savait plus quoi faire, peut être que sa petite fille essayait de lui faire comprendre qu'’il ne la méritait pas.
A l’enterrement les cris du bébé devinrent encore pires.
Avant de prendre la pelle des mains du révérend, il a remis sa petite fille à Maude et à cet instant pour la première fois l’enfant est devenue calme et ce calme a fait écho dans la tête de Sully et c’était pire que le bruit. C’était comme si le bébé elle aussi le rejetait.
Il a rencontré les yeux larmoyants de la grand mère l’implorant et il a compris
« Son nom est Hannah »
La vieille femme hocha la tête et Sully se tourna vers la tombe une dernière fois et jeta un dernier regard sur le cercueil au sol, se tourna vers les bois et s’en alla.
Il n’avait pas dormi depuis trois jours maintenant, il marchait sans but, simplement s’éloigner du corps sans vie d’Abigaël et des cris de sa fille, s’éloigner de sa douleur.
Après qu'’il ne put plus marcher, il se coucha et ferma les yeux, priant pour que la mort vienne le prendre, il n’avait pas pu garder sa famille donc il ne méritait pas de vivre.
Après la perte de sa famille une autre le trouva mais Sully ne le savait pas encore.
Dans le même temps à Boston dans le Massachusetts, le monde de Michaëla Quinn venait de s’écrouler.
Chapitre 1
Une seule diligence traversait la plaine du Colorado, une jeune femme âgée de 30 ans regardait par la fenêtre, perdue dans ses pensées.
Elle s’appelait Michaëla Quinn et était au milieu de nulle part, essayant de commencer une nouvelle vie.
Les six derniers mois avaient été très douloureux pour elle. Son esprit vagabondait en arrière.
Après avoir passé trois jours à veiller son père, il s’en était allé, elle était seule à présent.
Afin de ne pas s’effondrer devant les yeux de sa mère elle fit ce qu'’elle avait appris à faire, elle garda pour elle ses émotions. Elle savait qu'’elle ne pouvait pas compter sur sa mère qui avait désapprouvé tout ce qu'’elle avait fait dans sa vie entière.
Elle n’avait jamais respecté son souhait de devenir un médecin, avait même appelé cela ridicule et inapproprié.
Après que Michaëla eu terminé ses études de médecine, sa mère lui avait dit qu'’elle ne pouvait travailler comme médecin uniquement parce que son père la gâtait trop et la laissait travailler avec lui.
Après l’enterrement il est devenu évident que sa mère avait eu raison sur ce point.
Elle avait travaillé côte à côte avec son père pendant sept ans et les autres médecins ne la toléraient qu'’à contrecœur par respect pour le Dr Quinn.
Il était évident aujourd’hui qu'’ils avaient fait cela seulement à cause de son père.
Personne ne voulait travailler avec elle maintenant et Elisabeth Quinn avait fermé le cabinet médical de son défunt mari.
A chaque porte à laquelle Michaëla s’était présentée, elle avait été repoussé.
Elle ne subissait que des refus depuis la disparition de la seule personne qui l’avait soutenue depuis toutes ces années.
Enfin elle a trouvé une annonce d’une petite ville de la frontière dans l’Ouest à la recherche d’un médecin. Elle a répondu par mesure de sécurité qu'’elle était une femme et néanmoins ils lui ont dit qu'’elle pouvait venir. Elle espérait non seulement qu'’ils la tolèrent mais aussi qu'’ils apprennent à l’accepter.
Maintenant elle était là, dans le lointain elle pouvait déjà voir une chaîne de montagnes.
Le conducteur de la diligence lui avait dit que cela prendrait encore deux heures depuis ici pour arriver à sa destination finale.
La rue principale de Colorado Springs était inhabituellement bombée. Les membres du conseil de la ville étaient au milieu d’une discussion.
« Je vous dis que nous n’avons pas besoin de médecin et encore moins d’une femme bon sang ! » murmura dans un souffle excédé le barbier Jake Slicker.
« Jake nous avons déjà eu cette discussion, la ville se développe.je ne sais pas ce que nous aurions fait si la grippe nous avait atteint. Savez-vous combien sont morts à Soda Springs ? Ils ont perdu la moitié de la ville ! » Fit remarquer le révérend Timothy Johnson qui était fatigué de ces arguments constants avec Jake.
« Ouais ça suffit jake » fit Loren qui était entré maintenant dans la discussion.
« Tous ce que je veux c’est enfin dormir une nuit entière à nouveau. N’était ce pas vous qui m’avez dit que nous devrions voir un médecin au sujet d’Hannah ? Si le doc peut faire cesser ses pleurs, je ne m’inquiète pas de savoir si c’est une femme ! »
Hank le barman sourit
« Vous voulez savoir ce que je pense ? Ce doit être une femme ‘Hommasse’ si elle fait le travail d’un homme…peut être qu'’elle a même une moustache ! »Il était assez fier de lui de cette plaisanterie.
« La diligence arrive…elle est là ! » cria Brian Cooper âgé de sept ans en courant vers les hommes.
Pour l’heure il y avait près de vingt personnes debout au milieu de la place, tous curieux de voir le nouveau médecin.
La diligence arriva dans un énorme nuage de poussière et stoppa en face du magasin de Bray.
La porte s’ouvrit et soudain toutes les femmes restèrent bouche-bée devant les beaux vêtements de la femme qui émergeait de la porte.
Les hommes étaient également abasourdis, même Hank était sans voix pendant un moment mais il s’est rapidement repris
« Regardez ce que nous avons ici ! Ce pourrait être intéressant ! »
Son sac médical tenu fermement dans sa main gauche, celle de droite sur son chapeau, Michaëla jeta un regard sur la foule, pleinement consciente des regards des citadins sur elle sans penser que c’était à cause de son apparence mais plutôt parce qu'’elle était une femme et un médecin. Alors elle n’y prêta pas attention une seconde de plus.
Son seul problème pour le moment était de savoir comment descendre dans la rue souillée de boue sur plusieurs centimètres sous ses chaussures.
Enfin le révérend a rompu le charme, il s’avança et l’aida à sortir de la voiture.
« Il est agréable de vous rencontrer Miss Quinn ! » il lui serra la main tout d’un court sûr de sa décision.
Michaëla le reprit automatiquement
« C'est Dr Quinn, monsieur, Dr Michaëla Quinn ! »
« Bien sûr bien sûr ! »Le révérend a essayé de se reprendre
« Le conseil de la ville a fait des préparatifs en vue de votre arrivée. Oh pardon j’ai oublié de me présenter, je suis le révérend Timothy Johnson »
Jake n’était pas encore sûr qu'’elle soit réelle, il n’avait jamais vu une si belle créature avant. Il s’avança aussi et lui saisit la main, il put sentir alors qu'’elle n’était pas un rêve
« Hum Slicker jake, madame ! » il ne put s’en empêcher et ajouta
« Je soigne les gens ici ! »
« Un autre médecin ? »Michaëla a été surprise
« Pourquoi m’avoir appelé si il y avait déjà un autre médecin ? »
« Ah jake tu ne peux pas arrêter cela ? »Fit remarquer Loren qui les avait rejoints. Ill se tourna vers Michaëla et a expliqué
« Il est le coiffeur et le barbier ici c’est tout ! »
Il tendit sa main et se présenta
« Loren Bray, je possède le magasin ici et quand vous serez installée à la clinique, j’ai un enfant malade que j’aimerais vous faire voir ! »
Michaëla fut soulagée, il semblait qu'’effectivement ils avaient besoin d’elle.
« Je pourrais examiner l’enfant tout de suite, il vous suffit de me conduire auprès d’elle » Michaëla donna un sourire rassurant à Loren.
« Mais ne devriez vous pas en premier… » Fit le révérend donnant son point de vue.
« Tout va bien révérend, nous pouvons prendre soin de mes affaires plu tard ! »Michaëla était déjà en chemin à suivre Loren laissant les villageois étonnés derrière elle.
En entrant dans le magasin, Loren appela très fort sa femme
« Maude, le médecin est là ! »
D’en haut sont venus des petits cris d’un bébé et une voix de femme
« Pourrait-elle venir en haut ? »
En voyant l’enfant Michaëla ne put s’empêcher d’être instantanément alarmée
« Pouvez-vous me dire ce qui s’est passé ? »
« Oh elle pleure tout le temps voilà ce qui se passe » fit Loren perdant patience
« Faite quelque chose, je ne peux en supporter plus ! »
« Pourquoi ne pas allez en bas Loren, je suis sûr qu'’il y a des clients qui attendent ! »suggéra Maude.
Le marchand partit en grommelant.
« Elle doit faire quoi ? » s’écria Loren incrédule quinze minutes plu tard.
« Votre petite fille souffre d’une hernie au niveau du nombril et la seule façon de l’aider est une opération »Michaëla a patiemment expliqué.
« Savez-vous seulement de quoi vous parlez ? Vous n’ouvrirez pas le ventre de ma petite fille ! » Le ton de Loren augmenté.
On en était là à nouveau. Michaëla était sûr que si elle avait été un homme il n’aurait jamais douté de son diagnostic et du mode de traitement.
Elle se redressa, releva le menton et le regarda droit dans les yeux, son ton a été déterminé
« Je suis sûr que vous êtes conscient du fait que l’état de santé de Hannah a considérablement empiré au cours des derniers jours. Vous avez probablement remarqué qu'’elle ne peut garder aucun de ses repas. Elle est entrain de s’affaiblir Mr Bray ! »
Loren avait l’air moins sûr de lui à présent.
Michaëla a continué
« Il y a une déchirure musculaire autour du nombril » elle se tourna vers Maude
« A telle pleuré beaucoup quand elle était plus jeune ? «
Maude fit signe que oui. Le discourt du médecin était à nouveau destiné à Loren
« L’intestin passe dans ce trou. Je dois remettre les entrailles à leur juste place puis recoudre la déchirure. Si je ne le fait pas, la hernie va devenir étranglée, en fait je suis sûr que c’est déjà le cas. Si je n’opère pas pour couper le tissu gangrené, cette petite fille va mourir à coup sûr. Si votre fierté virile pouvait ignorer le fait que je suis une femme juste un moment, je pourrais sauver la vie de votre petite fille.
Et pour votre information je ne suis pas nouvelle dans cette profession. Je suis médecin depuis sept ans déjà, pour ne pas mentionner l’expérience acquise avec mon père après avoir reçu mon diplôme.
La souffrance d’Hannah ne va pas disparaître comme un rhume Mr Bray ! »
Soudain conscient qu'’ils n’étaient pas seuls dans le magasin, Michaëla s’est relevée encore plus droite et Loren a donné finalement son accord à contrecœur.
Dans la soirée une Michaëla épuisée était assise à côté d’un lit où reposait paisiblement la petite Hannah maintenant Les dernières heures se sont accélérées, après la discussion avec Loren, le révérend un peu hésitant lui avait expliqué ce que la ville avait prévu.
Charlotte Cooper ne pouvait pas se permettre de maintenir la pension plus longtemps, de sorte que la ville avait loué le rez-de-chaussée pour le nouveau médecin et Charlotte avait gardé les chambres à l’étage pour elle et ses trois enfants. Bien que le révérend avait douté que la femme accepte ce fait, Michaëla était vraiment très heureuse. La ville avait même préparé l’une des chambres avec une table d’examen faite par le forgeron de la ville Roberty, qui avait été très utile pendant l’opération. L’une des autres pièces était pour elle-même et la troisième chambre deviendrait une salle de réveil.
Jusqu’au jour où elle serait complètement installée, Charlotte l’avait invité à partager les repas avec sa famille. Michaëla lui en était reconnaissante et avait accepté la proposition ce soir là.
Le petit Brian ne pouvait détacher ses yeux de la belle dame et Colleen âgée de douze ans était une jeune fille blonde qui était en admiration devant cette femme accomplie.
« Vous êtes un vrai médecin ? Vous êtes allée au collège et tout ? »
« Et tout ! » lui répondit Michaëla avec un large sourire.
Seul Matthew, le fils aîné de seize ans, semblait un peu gêné par sa présence.
Michaëla avait apprécié le repas avec la petite famille mais ses pensées revenaient sur l’opération qui s’était bien passée.
Charlotte l’avait aidé avec le chloroforme et la lumière.
Et maintenant tout ce qu'’elle avait à faire était de surveiller le processus de guérison.
Bie qu'’il ai hésité, Loren avait finalement convenu que Hannah devait rester avec le médecin à la clinique.
Donc ici elle attendait les défis de la vie dans cette ville qui serait son quotidien.
Chapitre 2
Le village cheyenne qui était installé dans une clairière prés de Willow Creek dormait encore.
Comme l’aube approchait de légers mouvements pouvaient être détectés dans l’un des tipis, ils étaient observés de loin par des yeux attentifs.
Nuage Dansant, l’homme médecine de la tribu parlait à voix basse avec son épouse Oiseau Blanc, de temps à autre mettant l’accent sur ses mots avec des gestes.
Maintenant Nuage Dansant laissa errer son regard sur son ami encore endormi, qu’’il considérait comme un frère déjà. Depuis le jour où il l’avait trouvé plus près de la mort que de la vie, il prenait profondément soin de lui.
Finalement l’homme s’agita, il ouvrit lentement les yeux d’un bleu océan et rencontrèrent ceux bruns foncés de son frère.
« Bonjour mon ami » dit l’homme médecine.
Sully se leva lentement en position assise et prit une profonde inspiration, il est resté silencieux alors qu'’il écoutait son ami
« Ce sera une journée difficile pour vous, votre corps est guéri depuis longtemps maintenant mais votre esprit ne l’est pas » l’homme blanc a baissé les yeux reconnaissant la vérité dans les mots de l’indien.
Nuage Dansant a continué « les esprits m’ont parlé, vous devez aller sur une quête de vision pour trouver votre chemin à nouveau. Vous irez dans les Black Hills… »
Sully releva la tête »Pourquoi si loin ? »
« Les esprits ne me l’ont pas dit. Ils m’ont montré l’endroit dans un rêve. Ils ont dit que c’est là que vous deviez aller » L’indien posa ses mains sur les épaules du jeune homme
« Quand vous reviendrez, vous saurez quoi faire ! »
Deux heures plu tard Sully était prêt pour son départ, il se tenait près de son cheval échangeant les derniers mots avec son ami.
Il saisit le bras de Nuage Dansant à la manière cheyenne pour se saluer. Il était sur le point de monter à cheval quand une jeune femme indienne a atteint son bras avant qu'’il ne puisse monter sur sa monture
« Attendez » dit-elle doucement, ses yeux presque noirs regardant dans les siens
« Je veux que vous le preniez avec vous » elle lui donna un petit talisman en forme de cercle qui avait été habilement noué et décoré avec des perles et des tresses
« Il va éloigner vos mauvais rêves »Elle sourit soudain nerveuse car il est devenu évident que la tension déjà palpable de Sully a augmenté, il a cherché de ses doigts instables autour de son cou où il portait des colliers, enfin il en saisit un et l’enleva
« Vous avez été une bonne compagnie pour moi, je vous en remercie »Il lui accrocha autour du cou. Il ne pouvait pas donner de promesses en ce moment, il monta sur son cheval
« Je vais vous revoir bientôt » a-t-il dit sincèrement regardant vers le bas le groupe d’indiens qui étaient venus lui dire au revoir.
Il baissa la tête de façon presque imperceptible et s’éloigna.
Oiseau Blanc avait regardé tout cela avec un léger sourire sur son visage et a été surprise quand son mari a réagi sévèrement
« Soleil volant !je vous l’ai déjà dit, il est encore perdu et maintenant tu lui donnes de la tristesse en plus sur son chemin et ce n’est pas lui faire du bien »
Oiseau Blanc a essayé de servir de médiateur
« C’est bien s’il sait que quelqu’un est en attente pour lui ! »
Nuage dansant se mit en colère cette fois
« Non ce n’est pas cette pression qui l’aidera, il a encore beaucoup à faire, il n’a pas besoin d’une femme qui attende pour lui et qui ai des attentes de sa part…son destin est ailleurs… »Avec cela il s’éloigna.
Les femmes se tenaient là en silence pendant un moment mais quand elles se regardèrent les unes les autres, elles souriaient, les hommes ne comprenaient rien pensèrent elles.
Ce même jour au début du printemps seulement à quelques milles de là, Michaëla sortait de la clinique, la petite Hannah tenue fermement sur sa hanche, elles clignèrent des yeux quand le soleil encore faible du matin à frappé leurs yeux. Elles ont pris une grande bouffée d’air frais.
Aujourd’hui était un grand jour pour la petite fille, elle ne le savait pas encore, c’était son premier anniversaire, Michaëla lui sourit
« Pourquoi ne pas aller voir Grand-père et grand-mère ? » Hannah hocha la tête avec empressement et lui sourit en retour tenant son pouce dans sa bouche.
Soudain une voix profonde et en légère difficulté est venue de la rue
« Rappelez vous que ce n’est pas bon d’avoir un enfant sans mari, Michaëla je pourrais me servir de mon entreprise pour vous en trouver un ! » Hank lui dit avec un sourire moqueur, il ne pouvait pas résister à taquiner la doctoresse chaque fois qu'’il la voyait.
« Le bonjour à vous Hank et je vous remercie mais non, je suis parfaitement bien comme je suis ! »
Elle se tourna vers le magasin. C’était une partie de sa routine matinale depuis quelques semaines maintenant. D’abord elle apporterait Hannah à ses grands parents et puis elle commencerait sa journée à la clinique.
Au cours du dernier semestre elle avait remis quelques os brisés, recousu plusieurs coupures et guéri certaines toux et maux d’estomac.
Le seul véritable défi c’est Maude qui le lui avait donné il y a trois mois.
Ils l’avaient appelé dans le milieu de la nuit, quand la grand-mère d’Hannah avait subi une crise cardiaque.
Michaëla avait offert de prendre la jeune fille avec elle cette nuit là et ils avaient accepté avec reconnaissance.
Depuis lors, c’était devenu une habitude que la petite couche avec elle dans la petite chambre qu'’elle appelait maintenant sa maison. Bien que c’était un peu serré pour toutes les deux, Michaëla n’avait pas hésité, pour être honnête elle devait admettre qu'’elle avait déjà ouvert son cœur à la petite Hannah.
Dans l’après midi ils se sont tous retrouvés au café de Grâce, Horace l’opérateur du télégraphe, Charlotte et ses enfants, Roberty Loren et Maude et même Jake et Michaëla bien sûr avec l’invité d’honneur sur ses genoux.
Ils étaient tous installés autour d’une grande table. Ils avaient déjà chanté Happy Birthday et maintenant il était temps pour le gâteau, Grâce l’apporta et le plaça en face de la jeune fille.
Colleen a aidé avec la bougie et bientôt seuls les bruits des cuillères ont été entendus.
Personne n’aperçut Maude et Loren qui échangeaient un regard nerveux.
Maude se racla la gorge
« Docteur Mike ? »
Michaëla la regarda, remarquant la teinte grise de sa peau, elle demanda inquiète
« Est-ce que ça va Maude ? »
La vieille femme hocha la tête
« Pas besoin de vous inquiétez…il est…Loren et moi avons parlé…eh bien…nous voulions vous demandez … »sa voix s’estompa.
« Ha ! Juste lui dire Maude ! » Loren dit avec impatience à Maude qui essayait de se calmer.
« Nous voulons vous demandez si vous pouviez prendre soin d’Hannah ! » Elle laissa échapper un soupir qu'’elle avait retenu tout le temps avant de se déclarer.
Michaëla était trop abasourdie pour parler, enfin elle éclaircit sa gorge
« Je ne sais pas quoi dire, je suis honorée mais je pense qu'’il ne serait pas juste »
« Pourquoi pas ? » Loren ne comprenait pas.
« Elle vit pratiquement déjà avec vous. Bien sûr nous la prendrons aussi souvent que nous le pourrons mais Maude ne s’est pas sentie bien ces dernières semaines… » Son regard inquiet errait à sa femme.
Michaëla en fut inquiète immédiatement
« Pourquoi ne m’avoir rien dit ? » elle a scruté le visage de la femme âgée avec vigilance.
Maude se sentit mal ç l’aise sous le regard du médecin sur elle
« Ce n’est rien Dr Mike mais cela nous aiderait beaucoup si je n’avais pas la responsabilité entière en ce qui concerne Hannah. Bien sûr je l’aime et je veux l’avoir autour de moi autant que possible mais… »
Encore une fois sa voix s’éteignit.
« Je comprends »a déclaré Michaëla
« J’aimerais aider…c’est que… » Elle prit une profonde inspiration
« Ma chambre est déjà trop petite pour moi alors pour y vivre avec une enfant… »
« Oh nous avons déjà pris soin de tout cela »fit Loren
« En fait les femmes sont allées à la ferme où vivait notre fille, elles ont nettoyé un peu de sorte qu'’elle est prête pour vous »
Michaëla jeta un œil perplexe à Charlotte
« Vous saviez à ce sujet ? »Charlotte hocha la tête
« Ne vous fâchez pas Dr Mike mais nous savons tous que cette petite fille a besoin d’un endroit qu'’elle connaît, c’est-à-dire être à la maison »
Elle se pencha et caressa la chevelure blonde de la jeune fille.
« Elle a besoin d’un point fixe dans sa vie et nous pensons tous que vous l’avez été depuis un certain temps déjà ! »
Maintenant Colleen ne pouvait plus attendre plus longtemps
« Ce serait formidable Dr Mike…je pourrais venir là-bas et vous aider si vous voulez, je serais ravie de le faire ! »
Elle regarda avec impatience la femme qu'’elle admirait depuis le premier jour où elle l’avait rencontré.
Michaëla était encore incertaine
« Qu'’en est il de son père ?c’est sa maison n’est ce pas ? »
Avant que tout le monde ne puisse répondre, loren intervint encore
« Je ne me souviens pas l’avoir vu ici depuis l’année dernière…il est parti et j’espère ne plus jamais revoir son visage ! »Sa voix s’éleva en disant ces mots.
« Loren s’il te plait…il était tellement confus et désespéré… »Maude a essayé de calmer son mari mais sans résultat
« Et nous nous ne l’étions pas ? Nous avons perdu notre seul enfant ! » Le vieil homme criait maintenant.
Hannah apeurée par la voix en colère de son grand-père a commencé à pleurer.
Le visage de Maude pâlit et elle a couvert sa poitrine avec sa main.
Michaëla a réagi rapidement, elle a remis Hannah à Charlotte puis atteint sa trousse médicale, se leva de sa chaise et se précipita aux côtés de Maude.
Elle saisit son poignet pour prendre son pouls et rassura sa patiente
« Chut…chut…vous devez vous calmer Maude, je vais vous donner quelque chose »
Dans le même temps tout le monde s’était levé autour d’eux, le médecin demanda
« S’il vous plait vous devriez tous vous rasseoir, heureusement ce n’est pas si grave qu'’il n’y paraît, elle a besoin seulement d’un verre d’eau »
Ses yeux cherchaient Grâce mais la femme noire l’avait déjà apporté.
Michaëla mélangea une poudre à l’eau et la fit boire à Maude.
« Tout va bien Loren ! » lui a telle assuré.
« Mais vous n’avez pas encore répondu Dr Mike ! » alors Maude se tourna vers elle.
« Eh bien je pense que… »
« Allez Dr Mike ce serait amusant »
Colleen déclara à nouveau
« Pourquoi ne voyez vous pas de cette façon ? C’est la maison d’Hannah et vous vivez avec elle » attendant sa réponse la jeune fille regardait le visage de Michaëla.
« Bon je vais le faire ! »Elle a remarqué un soupir de soulagement collectif.
Il était évident maintenant qu'’elle était la seule personne qui ne savait pas au sujet du plan des grands-parents.
Elle reprit Hannah sur ses genoux et l’embrassa comme Charlotte au sommet de la tête de la petite fille, puis elle murmura à son oreille
« Toi et moi chérie, nous le ferons ! »Elle leva la tête de nouveau et regarda autour d’elle toutes les personnes rassemblées à la table et ne put réprimer un grand sourire plus longtemps
« Je vais le faire ! »
Trois moi plus tard Sully était de retour de sa quête.