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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 10.02.2014 à 15h45
Auteur : fefile
Statut : Terminée
« Ceci est la suite de "Fuir pour vivre ensemble" » fefile
Cette fanfic compte déjà 160 paragraphes
« Je préfère cela. »
« Michaëla, je sais que tu as peur que je fasse quelque chose de mal et que je finisse par aller en prison mais je ne ferai rien d'illégal car, je suis comme toi, je ne peux pas être séparé de toi maintenant que je t'ai trouvée. »
Elle fut rassurée par ses paroles mais elle savait très bien qu'il ne pourrait pas rester sans rien faire pendant que ceux qui l'avaient recueilli se faisaient tuer.
Il déposa un baiser sur sa joue et sur son front, avec l'envie, comme toujours, de la protéger et de la garder dans ses bras pour l'éternité.
Mais une fois de plus, ils furent interrompus par Nuage Dansant qui venait les chercher pour les inviter à partager leur repas.
Sully savait que Michaëla avait du mal à accepter de le faire car elle connaissait les difficultés des Cheyennes pour se nourrir.
« Nous aimerions que vous partagiez notre repas. »
« Nuage Dansant, nous ne pouvons pas accepter de manger avec vous. Nous ne voulons pas vous priver de nourriture pour les jours à venir. »
« Nous avons obtenu le droit de chasser du gibier, de sorte que nous pouvons vous offrir de partager avec nous. »
Nuage Dansant avait su d'emblée qu'elle n'accepterait que dans cette condition-là.
De plus, il ne lui avait pas menti.
Sully fut heureux de voir que Nuage Dansant avait trouvé de quoi encourager sa femme à accepter car il était bien placé pour savoir combien elle était têtue.
Une sorte de table avait été dressée à même le sol.
Michaëla s'assit au sol avant que Sully ne la convainque de s'asseoir un tronc de bois.
Il ne lui avait rien dit quand il l'avait vue faire mais il s'était promis de l'aider à se relever plus tard.
La convivialité des Cheyennes fut ce qui surpris le plus Michaëla, même si elle devait admettre que ce n'était pas la première fois qu'elle s'en apercevait.
Les sourires des personnes formant le peuple réunies autour d'eux leur laissaient penser qu'ils n'avaient aucun souci avec l'Armée, alors que ce n'était pas le cas.
Sully semblait se réjouir de pouvoir partager un tel repas avec ceux qui l'avaient recueilli.
Michaëla savait quels sentiments cela emmenait chez Sully.
Le repas se termina dans la même ambiance qui avait commencé et Sully proposa ensuite à sa femme de rentrer à la maison.
Elle accepta et monta dans le chariot sans aide car elle avait déjà trouvée suffisante son aide pour se relever après le déjeuner.
Il claqua les rênes et fit avancer les chevaux sur le chemin, en espérant se faire pardonner.
Pourquoi n'acceptait-elle jamais de se faire aider ?
Des fois, elle l'énervait au plus haut point quand elle voulait absolument se débrouiller toute seule.
En voyant l'air contrarié de sa femme, il tira sur les rênes et s'arrêta en plein milieu du chemin du retour.
Il était déçu que leur temps ensemble se finisse dans ce silence boudeur qui ne leur ressemblait ni à l'un ni à l'autre.
« Sully, qu'est-ce que tu fais ? »
« Il faut que nous parlions ! »
« Ne pouvons-nous pas finir de rentrer à la maison avant cela ? »
« Non. C'est maintenant qu'il faut parler ! Tu es fâchée depuis que je t'ai aidée à te relever. Tu ne trouves pas normal que je m'inquiète pour toi ? »
« Si bien sûr que si. Mais tu sais comment je suis. J'aime me débrouiller par moi-même et cela ne m'a pas plu. »
« Je suis désolé, Michaëla, mais je tiens à toi et il m'est impossible de ne pas veiller sur toi parce que je t'aime et que je veux que tu ailles bien. »
« Pourquoi j'oublie toujours que tu t'inquiètes pour moi ? »
« Tu n'oublies pas, Michaëla. »
« Des fois, j'ai l'impression de ne penser qu'à moi sans réaliser que cela peut avoir un impact sur toi. »
« Mais non, ma chérie. Je sais à quel point ton métier et tes patients ont de l'importance pour toi et il n'a jamais été question que je te détourne de ça. »
« Seulement, il est temps que je pense aussi à notre bébé. Alors, je vais faire en sorte de me reposer un peu plus et de te consacrer plus de temps. »
Il plaça sa main sur son ventre après l'avoir encouragée à s'asseoir entre ses jambes.
« Notre bébé, Michaëla. »
« Notre bébé », répéta-t-elle.
Sully avait enfin compris que Michaëla tiendrait sa promesse de réduire ses heures de travail et ils reprirent le chemin de la maison. Le reste du trajet se passa dans le silence complet car ils n'avaient plus besoin de se parler pour se comprendre.
Les enfants furent à nouveau heureux de les revoir, d'autant plus que Colleen avait préparé leurs tartes favorites pour le dîner.
En sentant cette odeur délicieuse, Michaëla eut tout de suite l'eau à la bouche.
Sully comprit en la regardant qu'elle était en train de développer par les mêmes goûts que lui pour les tartes et cela n'était pas pour lui déplaire.
Elle était en train de se diriger vers la cuisine quand Colleen l'arrêta en insistant pour continuer à s'occuper toute seule du repas.
Cela leur laissait un aperçu de la grossesse de Michaëla. Les enfants feraient tout pour qu'elle se repose.
Encore une chose qui n'était pas pour déplaire à Sully !
Michaëla le regarda quand elle s'installa autour de la table et elle put apercevoir une lueur de satisfaction dans ses yeux.
Elle lui sourit pour essayer de cacher sa contrariété mais il ne fut pas dupe.
Le soir se passa ainsi.
Matthew fut aussi heureux de leur annoncer l'arrivée du Docteur Bernard le lendemain.
Michaëla fut un peu anxieuse de le rencontrer car elle se rappelait quel désastre avait emmené le Docteur Williams.
Ne connaissait-elle pas assez le Docteur Bernard pour ne pas penser à ça ?
Sully était à deux doigts d'intervenir pour la rassurer.
D'ailleurs, quand il vit que Colleen s'occupait de la vaisselle, il entraîna sa femme, après leur avoir fait dire au-revoir aux enfants.
Quand ils atteignirent la chambre, il la fit entrer et referma la porte derrière lui.
« Sully... »
« Je ne veux pas que tu recommences à t'inquiéter à cause d'un docteur. Tu le connais, il ne te fera aucun mal. »
« Ce n'est pas ce qui m'inquiète, Sully. Je doute simplement qu'il veuille travailler avec une femme. Horace n'avait aucune raison de cacher ton prénom. »
Michaëla ne fut pas convaincue mais ne lui en fit pas part car elle savait ce qu'il dirait.
Le lendemain, ils se rendirent à la clinique ensemble.
Michaëla fut accueillie par ses amis qui l'attendaient avec impatience, comme s'ils s'étaient tous du souci pour elle.
Elle en fut bouleversée même si elle essayait de le cacher.
Le Docteur Bernard venait d'arriver par le train qui avait de l'avance et il fut surpris de voir que sa consœur comptait autant d'amis dans cette petite ville.
Il en avait entendu parler par son associé, le Docteur Cassidy, qui n'avait pas une bonne opinion des femmes médecins.
Son associé lui avait fait part de la pauvre clientèle de Michaëla, en ajoutant qu’elle avait très peu d'amis en ville.
Il avait tout simplement menti car il ne supportait pas qu'une femme médecin soit meilleure que lui.
« Bonjour, Docteur Quinn. »
« Docteur Bernard. Nous étions en retard ce matin, je vous prie de m'excuser. »
« Non, mon train avait de l'avance. Ne vous excusez pas. Puis-je entrer avec vous dans la clinique ? »
« Si vous le permettez, j'aimerai rentrer avec vous et parler avec vous. »
« Vous êtes son mari, je suppose ? Alors, vous êtes le bienvenu. »
Sully sourit face à l'attitude peu habituelle du médecin qui contrastait réellement avec le précédent remplaçant de sa femme.
Avec celui-là, il savait avec certitude que tout se passerait bien.
Asseyez-vous pour que nous parlions un peu de vos horaires pour les mois à venir. » Proposa-t-il à Michaëla.
Elle le remercia en hochant la tête.
« J'aimerai travailler que le matin. »
« D'accord, cela me va parfaitement. Étant un spécialiste des femmes, j'aimerai beaucoup m'occuper de votre cas. »
« Nous serions plus que rassurés si vous le faisiez. Je suis rassuré de savoir comment vont mon enfant et ma femme. »
« Je le sais, Sully. Si jamais vous avez besoin d'aide pour la matinée, je ne serai jamais loin. »
« Merci, docteur. »
« Ce matin, par exemple, j'aimerai vous observer, qu'en pensez-vous ? »
« D'accord. »
Sully se sentit de trop et décida de se rendre à la forge, car il voulait rester près de sa femme, et déjeune avec elle.
RobertE l'accueillit avec plaisir.
« Comment ça va ? »
« Ça peut aller. Michaëla a repris le travail aujourd'hui en compagnie du Docteur Bernard. »
« Elle va bien? »
« Aussi bien que possible ! J'avoue être rassuré que ce docteur soit plus gentil que l'autre ! S'il voit qu'elle est fatiguée, il va la faire arrêter de travailler. »
« C'est bien. Elle n'est pas trop choquée ? »
« Elle l'a été mais j'ai trouvé un moyen pour lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas tout abandonner à cause d'un imbécile. »
« Je vois que tu as réussi à la convaincre. Et toi, comment tu as réagi face à ce médecin ? »
« Moi ? »
« Oui, toi ! Tu as bien ressenti quelque chose face à cette agression ? »
« L'essentiel est que Michaëla s'en soit remise, même si je pensais que ce serait difficile de la sortir de ces pensées-là. »
« Ce n'est pas ce que je te demande, Sully. Je te demande ce que toi, tu as ressenti. »
« J'ai été déçu de voir que les hommes n'avaient pas changé d'avis sur les femmes médecins, et qu'un homme que Michaëla a toujours détesté puisse croire qu'il peut la séduire, rien qu'en lui accordant de l'attention. »
« Tu as toujours eu peu de ne pas être à la hauteur de ta femme, de ne pas avoir quoique ce soit d'autre que ton amour à lui offrir. Quand cesseras-tu de penser à ça ? Ta femme t'aime pour ce que tu es. Ça se voit dans son regard. »
« Tu as raison. »
Le reste de la matinée se passa dans le silence, comme si les deux hommes étaient tous les perdus dans leurs pensées.
Michaëla fut heureuse de retrouver son mari pour un déjeuner en amoureux avec lui, car il lui avait manqué durant la matinée.
Sully put s'en apercevoir quand elle l'accueillit en se jetant dans ses bras.
Il déposa un baiser discret sur son front, un peu surpris qu'elle se comporte ainsi en public, car il était clair que les habitants les avaient vus.
Sur le moment, cela n'avait aucune importance aux yeux de Michaëla.
Mais, quand elle se rendit compte de ce qu'elle avait fait, elle se mordit la lèvre d'embarras.
Sully la fit asseoir à la table qu'il avait choisi, un peu à l'écart des autres et fit immédiatement signe à Grace, afin qu'elle vienne prendre leur commande.
« Bonjour. Le plat du jour ? » Dit-elle tout sourire.
« Oui, Grace. Merci. » Lui répondit Sully.
Michaëla n'était pas intervenue, encore embarrassée de s'être comportée ainsi avec son mari.
En voyant l'air un peu contrariée de son amie, Grace prit sur elle de s'asseoir à côté d'elle et de lui prendre la main afin de la rassurer.
« Vous ne devez pas avoir honte de ce que vous avez ainsi. C'est beau de voir un couple se comporter ainsi. La plupart de vos amis est heureuse de voir que vous êtes si bien entourée ! »
« Je n'ai pas été élevée comme cela. »
« Pour une fois, docteur Mike, oubliez-la car vous êtes beaucoup plus libérée sans. »
Grace osait dire tout haut ce que Sully pensait tout bas.
Il avait eu presque envie de le dire à sa femme et il se sentait soulagé que quelqu'un d'autre le lui dise.
« Elle a raison, Michaëla. Je sais que tu n'aimes pas t'exposer mais personne ne peut t'en vouloir de te conduire de cette façon. Quand tu es arrivée ici, tu ne pensais même pas à te marier. Certains ne pensaient même pas que tu allais rester et te battre pour être reconnue en tant que médecin. »
Michaëla baissa la tête, toujours honteuse de son comportement. Rien ne pourrait la changer d'avis.
Grace les laissa pour aller s'occuper des autres clients.
Ce fut au tout de Dorothy de venir s'installer avec eux.
Volontairement, elle s'était installée proche d'eux et avait espionné la conversation entre Grace et eux.
Si elle pouvait faire comprendre à sa meilleure amie qu'elle devait être elle-même et qu'elle ne devait pas se soucier de l’opinion des autres.
Comme il s'y avait eu un accord entre eux, Loren fit immédiatement signe à Sully.
Le jeune homme se leva et alla rejoindre celui qu'il considérait comme son père.
« Grace a raison, Michaëla. »
« Vous avez tout entendu. »
« Oui. Je sais que j'ai un peu trop le don de m'occuper de ce qui ne me regarde pas, mais il faut que je vous le dise ...
… Sully est triste de vous voir réagir comme ça dès que vous vous sentez coupable de vous montrer amoureux. Pourquoi ne pas lui montrer que vous êtes très amoureuse de lui ? »
« Je l'ai déjà fait en passant ces derniers jours avec lui. »
« Cela ne suffit pas, Michaëla et vous le savez ! Regardez-le ! »
Michaëla posa son regard assis à côté de Loren, sans discuter avec lui et occupé à l'observer.
Dans le regard qu'il lui adressait, elle pouvait clairement lire son manque et son envie de la voir se libérer.
« Ma mère ne serait pas contente de me voir agir comme cela. »
« Oubliez votre mère, elle n'est pas là pour vous surveiller en permanence. Et puis, je me rappelle, elle était heureuse de vous voir si épanouie avec Sully. Elle souhaite votre bonheur, ne l'oubliez pas ! »
« Il est vrai qu'elle n'a pas fait de remarques sur Sully quand il me prenait dans ses bras. »
« Vous voyez, j'ai raison. »
« Oui. Mais cela ne m'empêche pas de me sentir honteuse quand je me comporte ainsi avec mon mari. »
Dorothy secoua la tête.
« Non. Vous n'en avez aucune raison. Tous les habitants savent que vous êtes enceinte et que ce bébé ne s'est pas fait en vous regardant l'un l'autre dans le blanc des yeux. »
« Dorothy ! »
« Ne soyez pas choquée ! Tout le monde sait comment on fait un enfant et cela depuis la nuit des temps ! »
Sully regardait encore Michaëla et vit que son visage était rouge, peut-être un peu honteuse de ce que sa meilleure amie lui avait dit.
Sully voulait retrouver sa femme et l'emmener à la maison, et ainsi l'embrasser comme tous les deux le souhaitaient.
Mais Loren retint encore Sully.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu es toujours en train de regarder ton épouse. »
Sully ne répondit pas. Il ne voulait pas que Loren croit qu'il surveillait les moindres faits et gestes de sa femme. Mais celui-ci avait tout compris.
« Arrête de t'inquiéter tout le temps ! Ce que tu as vécu une fois ne se reproduira pas ! »
« Pourquoi vous ?! »
Loren abordait un sujet dont Sully ne voulait et ne croyait pas qu'il lui parle de ça. Lui aussi avait souffert du décès d'Abigail. Justement, Loren pensait être le mieux placé pour lui en faire part et surtout pour le rassurer.
Par le passé, il avait assez accablé de reproches, alors qu'il n'avait aucune raison de le faire.
Aujourd'hui, il devait lui faire comprendre qu'il n'était en rien responsable de cela.
« Sully, tu ne dois pas penser au passé. »
« Et c'est vous qui me dites ça ? »
« Oui, je sais. Je l'ai fait moi aussi ! Mais je me suis aperçu que ça ne servait à rien. Vivre dans le passé ou avoir peur que certaines choses se reproduisent n'est pas une bonne solution. Tourne-toi vers le futur et l'avenir qui t'es offert avec le Docteur Mike. Elle t'aime et elle veut ton bonheur. »
Sully baissa les yeux devant son ex-beau-père qui comprenait si bien ce qu'il pouvait ressentir.
N'était-il pas temps qu'il dévoile un peu de ses craintes à sa femme ? Mais fallait-il vraiment qu'il lui dise ?
Il devait bien se l'avouer.
Il avait peur de lui dire, mais, en même temps, il devait bien reconnaître qu'il ressentait des sentiments qu'il n'avait jamais eu pour Michaëla.