Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Falling Skies
Création : 02.07.2014 à 00h04
Auteur : DoctorDean
Statut : Terminée
« Histoire fictive du rampant à l''oeil rouge, chef de la résistance rampante. Attention, certains passages peuvent êtres considérés un peu violents. Bonne lecture à tous :) » DoctorDean
Cette fanfic compte déjà 5 paragraphes
Il ouvrit les yeux, du moins son œil valide et se leva du lit, un sourire aux lèvres. Aujourd’hui, tout lui semblait magnifique. Les oiseaux et leur chant majestueux, les deux soleils au loin, illuminant le pont d’argent au-dessus du ruisseau. Il pencha la tête à travers la fenêtre de sa chambre. Dans le jardin, les légumes avaient atteint une taille gigantesque, de toutes les couleurs. Ils pourraient bientôt les récolter. Des fleurs rouges, jaunes et bleues courraient le long du chemin pavé. La brise sucrée vint caresser le visage de celui qui fêtait aujourd’hui ses douze ans et entamait sa vie d’adulte. Aujourd’hui, il commençait le travail.
- Killian ! C’est l’heure. Ton père t’attend ; l’appelait sa mère.
L’enfant couru dans l’escalier prêt et surexcité. Travailler était un grand honneur. En bas, son père, placé dos à la porte, lui tendait son casque et des gants. Ils étaient équipés pour la mine. Le monde lui semblait lumineux, les diamants de la montagne plus brillants qu’hier.
- Bah alors, Œil Rouge, tu as bien l’air content !, plaisantait un de ses amis.
Celui-ci partait au travail depuis déjà trois jours. Patchi aimait le surnommer de cette façon depuis son accident. Plusieurs années auparavant, alors qu’il revenait de l’école, Killian ressenti des secousses près de la vielle usine. Il s’approcha, curieux. Soudain, un bruit sourd retenti de l’aile ouest et l’enfant perdit connaissance. A son réveil, à l’hôpital, quelques jours plus tard, sa mère lui appris qu’il assista à l’explosion de l’usine. Il fut alors chanceux de ne porter comme trace indélébile que son œil de verre, d’un rouge attirant mais courant. Ce rouge faisait désormais partie de lui, indolore. Les trois hommes poursuivirent leur chemin, des sourire bienveillant les accompagnants en route.
En arrivant à la mine, une boule se forma dans son estomac. Il faisait désormais face à tout un groupe, équipé et prêt à descendre dans les profondeurs de la mine. Son père lui tendit son matériel tout neuf et ils se placèrent dans le monte-charge. Une grande journée s’annonçait.
Une grande cloche annonça la fin de la journée et tous remontèrent à l’air libre. Killian trainait son matériel, bien trop lourd après une journée si épuisante. Son père le taquina avec le peu de suie qu’il avait sur le visage et le soulagea de ses outils. Le chemin du retour ressembla en tout point à l’aller. Seuls les visages marqués par la fatigue changeaient. Le sourire lui ne quittait jamais leur expression. Mais comment cela ce pouvait-il ? Me direz-vous. Et je vous répondrais que le peuple des Baclos est le peuple le plus pacifique de l’univers. Habitués à recevoir des visites extraterrestres, ils sont d’excellents commerçants dans tous les domaines sauf les armes qu’ils ne fabriquent simplement pas. A quoi bon ? Personne ne les avait jamais attaqués, aimait dire la mère de Killian.
En arrivant chez eux, les deux hommes de la famille furent accueillis par la mère et le plus jeune des fils. Nolra n’avait qu’un an de moins que son ainé et restait toujours dans les pattes de Killian qui se montrait gêné lorsqu’il s’agissait de l’emmener avec ses amis. Toutefois, jamais il ne faisait aucune réflexion à son petit frère de peur de le blesser. Et puis à quoi bon se mentir, ils passaient quand même d’excellents moments ensemble.
A table, Talian, sa mère, apporta le repas préféré de Killian pour terminer comme il se doit ce grand jour de fête. Tout était parfait.
Mais soudain, le sol se mis à gronder, soulevant du sol les petits cailloux présents dans l’entrée. Nolra perdit son équilibre et fondit en larmes. Killian et son père sortir voir ce qui provoquait de telles perturbations. Ils franchirent la porte et les virent. De gigantesques vaisseaux survolaient le village, cachant les soleils ardents.
- Ils se dirigent vers la capitale. Rentrons écouter les instructions du Gouverneur., déclara le père.
A suivre…
- Réjouissons-nous, nous allons pouvoir rencontrer de nouveaux alliés. Ne craignez point nos invités.
Killian observait l’écran holographique. Le Gouverneur trônait sur un pupitre bleu, orné du symbole de leur peuple : une colombe d’un blanc éclatant. Le politicien était sérieux mais souriant, les cheveux gris au vent. A ses côtés se trouvait un être gigantesque. Bipède et élancé, tout chez lui était long si bien qu’il dépassait de plusieurs mètres le chef d’Etat. Des yeux observateurs et profonds décoraient un visage ovale, dans des teintes bleues. Un frisson parcouru le corps de Killian.
L'image changea. Désormais, une foule entourait deux êtres tout à fait étranges. Tout d’abord réduits à des masses verdâtres terminées par un nombre surprenant de pattes, la caméra s’en approcha. Et de prêt, ils ne semblaient pas plus attirants. En effet, l’enfant pu compter six pattes. Son regard s’arrêta ensuite sur le visage animal des deux arrivants. Leur visage d’un ovale étrange ne possédait pas de nez mais des yeux d’un noir sombre. Et le mouvement de leur bouche s’articulait par des mandibules. Les civils offraient des couronnes de fleurs aux êtres qui les saisissaient sans émotion apparente. Killian adorait ces moments. Ce n’était que la seconde fois qu’il assistait à l’arrivée de nouveaux alliés bien que toujours à l’écran. Habitant la campagne, il ne rencontrait jamais les diplomates qui se contentaient d’une entrevue avec le Gouverneur, et cette fois ne semblait pas déroger à la règle. Un jour il participera à un tel évènement, s’était-il promis. Je vivrais en ville, je serais gouverneur. Bien sûr il était connu pour son sens diplomate, tolérant et sa capacité de prise de décisions dans son groupe d’ami dont il était le leader bien qu’il en soit le plus jeune mais dans ce monde un mineur restait mineur et il le savait.
La ferveur était telle que le peuple fit la fête jusqu’au lever du jour et ce plusieurs jours durant. Mais très vite, l’ambiance retomba. Le contact fut coupé avec la capitale et les grandes villes. Des rumeurs parvenaient de réfugiés par centaines.
- Ils construisent des lieux pour y enfermer les adultes ; pleurait un adolescent.
- J’ai été séparé de mes filles, nous le sommes tous ; criait une femme.
L’incompréhension se peignait sur les visages puis la peur l’emporta. Mais que se passait-il ? Comment un peuple pouvait-il vouloir s’attaquer à des êtres si pacifiques et accueillants ? Une seule solution s’imposa aux pères de famille : se cacher. Le stricte nécessaire fut placé sur les dos adultes et le village prit la fuite dans les bois adjacents.
Trois jours venaient de s’écouler. Ici bercé par le vent sous l’orée brillante de la nuit, Killian oubliait l’horreur de l’invasion. Avaient-ils eu raison de fuir, d’écouter les rumeurs ? Cette question ne resta pas sans réponse bien longtemps.
Six jours plus tard, Nolra entendit un bruit et en alerta son père. Les trois ainés de la famille se placèrent aux aguets, des bâtons pour seules armes. Des cris brisèrent le silence pesant.
Soudain, deux êtres verdâtres apparurent, puis quatre et bientôt ils furent encerclés. Malgré tous les efforts des parents, la famille fut séparée. Le temps se figea. La respiration de Killian s’intensifia douloureuse et bruyante au rythme des secondes interminables. L’un des monstres désigna les enfants puis les parents du doigt. Un rayon lumineux les toucha et ils s’effondrèrent au sol. Les sanglots de Nolra brisèrent le silence. Enfin, Killian vit son frère s’effondrer à son tour et il l’imita, une douleur intense derrière la nuque apparue.
A suivre…
Il ouvrit les yeux difficilement, une douleur sourde derrière le crâne. Il se massa pour oublier. En se mettant sur ses pieds, un poids léger se fit ressentir dans son dos. Il tâta pour identifier le corps étranger mais ne put dire qu’une chose : c’était visqueux et prenait l’intégralité de sa colonne vertébrale. Lorsque son attention se détacha enfin de l’objet, il s’aperçu qu’il était seul, entouré de quatre murs sombres. Il reconnaissait les lieux, il s’agissait du vieux musée interstellaire. Pourtant, tout lui sembla inconnu. Ce lieu si vivant et harmonieux d’habitude était aujourd’hui synonyme de solitude et de peur. Tout n’était que silence.
Une voix sourde, venue de nulle part résonna dans son cerveau et lui ordonna de sortir de sa cellule. Son corps souhaitait obéir mais réclamait l’autorisation de son esprit. L’enfant réfléchi quelques secondes puis laissa le contrôle à son corps.
Ses jambes et bras se mouvaient machinalement comme habitués à cet exercice, opéré parfaitement. Ses bras ouvrirent la porte qu’il confondait jusqu’alors avec un des murs. La lumière l’aveugla. Il se trouvait désormais au garde à vous face à un des êtres à six pattes. Ils ressemblent vraiment à des araignées, pensa l’enfant qui les voyaient de près pour la seconde fois seulement. Il récupéra le contrôle du haut de son corps et observa autour de lui.
A sa droite, se trouvait cinq autres enfants de son âge, dont Patchi. Son ami était le plus près de lui. Il tenta alors de l’appeler discrètement mais aucune réaction ne perça le visage absent de son ami. Se pouvait-il que Killian fut le seul à pouvoir contrôler ses mouvements ? Dans le dos de son meilleur ami se trouvait un objet bien étrange, long telle une sangsue, il s’écoulait dans tout le dos. Dans les teintes jaunes et grises, l’objet brillait comme vivant. Le poids dans le dos de Killian devait être en tous points semblables. Cet objet était-il coupable de l’absence de tous ses enfants ? Sans doute. Comment s’en débarrasser ? Killian se sentait seul et impuissant. En moins de vingt-quatre heures, sa vie était devenue un cauchemar, dans lequel son frère avait disparu et ses parents… Il ne les reverrait plus jamais. L’enfant retint ses larmes pour ne pas attirer l’attention.
Puis il le vit ! Il le reconnaitrait entre milles. L’araignée possédait une longue cicatrice tout le long de son visage. Ce monstre avait, sans remords, donné l’ordre d’exécution de ses parents. Killian serra le point, épris d’une rage incontrôlable. Il s’apprêtait à l’assaillir mais fut devancé. Un autre de ses codétenus s’agrippait rageusement à l’araignée. Killian paralysé mais heureux, observait la scène.
- Encore un capable de résister ! Éliminez-le !
Sans sommation, l’enfant fut exécuté.
- Trouvez les dissidents, qu’il n’en reste aucun avant notre départ !, ordonnait le monstre libéré de son poids.
Killian pouvait entendre les araignées celer le destin des jeunes comme lui. La peur l’emporta et dicta son comportement. Obéir, cacher son habilité à résister et survivre. Bien sûr, cette réaction ne le mènera à rien mais que pouvait-il bien faire d’autre ? Ses parents lui avaient appris qu’à son âge on est adulte mais au fond de lui il connaissait la vérité. Il n’était qu’un enfant apeuré de douze ans prétendant être une grande personne. A la merci des envahisseurs, sans arme ni allié, il n’avait aucune chance sinon en obtempérant. Peut-être qu’on viendrait bientôt le sauver. Il accorda alors tout contrôle à l’intrus qui le possédait, ferma son esprit à tout espoir de liberté et devint un étranger, simple témoin dans son propre corps, conscient chaque seconde de chaque jour.
Parfois, le soir, à l’abri des regards indiscrets, il pleurait. Jaloux. Jaloux, de ses compagnons incapables de ressentir ce vide, cette détresse. Pourquoi, le harnais ne fonctionnait-il pas sur lui ?
Cela faisait des mois qu’il ramassait des ressources, baladé de chantier en chantier, vaincu. Des exécutions de compagnons avaient régulièrement lieux. Ceux-ci étaient accusés de résistance au harnais et cela demeurait toujours une surprise pour l’enfant qui ne les avait jamais repérés. Apparemment, son peuple possédait une habilité à résister supérieure à la moyenne. Les meurtres avaient alors lieu devant tout le monde, pendant le travail, sans sommation. Le désespoir régnait en maitre chez Killian qui restait sur ses gardes chaque seconde.
Un jour, un nouveau groupe les rejoignit travailler. Une lueur d’espoir traversa son regard. Son frère était en vie et faisait partie des nouveaux arrivants. Si je suis capable de résister, peut être que Nolra aussi, rêva l’enfant. Il s’approcha alors discrètement de son frère et l’interpella. Aucune réaction. Il insista, mais rien. Son frère restait absent, concentré sur sa tâche. Il le secoua mais le cadet le regarda comme si il était invisible et repris son travail comme s’il n’avait jamais arrêté. Son frère l’abandonnait, totalement acquis à la cause. Killian n’était plus qu’un orphelin, dernier survivant de son espèce mais pour combien de temps ?
Son dos commençait à durcir là où le harnais entrait en contact avec sa peau et son visage portait désormais comme une seconde peau verdâtre. Il ne savait comment mais le harnais le transformait. Plusieurs de ses codétenus disposaient désormais de bras semblables aux araignées, leurs six doigts collés pour n’être plus que trois. L’un d’eux avait même une troisième main apparu de nulle part. Bientôt, tout ce qui faisait son identité, le peu qui lui restait sera effacé et remplacé par un déguisement monstrueux.
A suivre...
Cela faisait désormais vingt ans que Killian obéissait aveuglément. Ce comportement lui était difficile mais au moins il était vivant et pouvait veiller sur Nolra. Il ne se reconnaissait plus depuis qu’il était devenu semblable aux envahisseurs en tout point. Les yeux noirs, les mandibules au niveau de la bouche, les six pattes. La transformation était complète et rien ne permettait de savoir qu’il avait été un jour membre de cette planète. Il semblait même peu probable qu’il reste un bipède sur le sol Baclos, détruit. Seul son œil de verre, toujours rouge le rappelait à son passé heureux. Une journée habituelle venait de se dérouler mais quelque chose modifia le protocole du soir.
Tout le monde fut placé au garde à vous. Un des grands chefs venait d’apparaitre et divisait ses forces en deux rangées. Killian et Nolra furent séparés et envoyés dans deux grands vaisseaux différents. Killian ne comprenait pas.
- Nous partons pour une autre planète. Dès notre arrivée, vous suivrez le protocole et commencerez la récolte. ; venait de préciser le Chef Suprême.
Mais où était Nolra ? Pourquoi les avaient-ils séparés s’ils se rendaient au même endroit ? Killian avait de plus en plus de mal à garder son calme. Son frère était tout ce qu’il avait, ce qui le faisait tenir, accepter cette situation intenable et maintenant ils étaient séparés. L’esclave se força au calme. Il pouvait sentir les regards intrigués de deux des cadres du groupe. Cette sensation ne le quitta plus, comme s’il était épié chaque seconde à la recherche d’un faux pas.
Trois jours plus tard, les deux cadres s’approchèrent de lui, isolé, l’immobilisèrent et l’emportèrent dans une salle excentrée du vaisseau. Une cinquantaine d’envahisseurs l’y attendaient, silencieux.
- Nous savons que tu contrôle ton harnais !; sentencia une voix forte.
Six pattes sortirent de l’ombre. Killian nia, la peur au ventre. Mais de toute évidence, aucune question n’avait été posée. Le prisonnier sentait sa fin venir.
- Nous aussi ; rajouta le même.
L’incompréhension se mêla au soulagement sur le visage défait de Killian.
- Tout comme toi, nous sommes capables de contrôler notre corps, de résister aux ordres. Mais nous nous faisons rare, traqués par les Esphenis. Rejoins le combat. Rejoins notre groupe de résistance ! Ensemble nous pouvons faire une différence, permettre à d’autre d’éviter le sort qui nous fut réservé, à toi, à nous, à nos peuples.
Killian était convaincu et rejoignit les rangs de ses frères.
- Où les autres ont-ils été envoyés ?; demanda-t-il finalement.
L’orateur, présenté comme le chef, demanda à un de ses compagnons qui expliqua.
- Il semblerait qu’ils aient été réquisitionnés pour participer à l’effort de guerre contre l’ennemi Volm sur un des planètes déjà colonisées. Pourquoi ?
- J’ai été séparé de mon frère.
- Peut-il résister ?
- Non, mais il est tout ce que j’ai.
Un autre membre de la résistance s’approcha du chef et lui murmura quelque chose à l’oreille.
- Saldo a été réquisitionné par le Chef Suprême pour prendre des nouvelles des combats, il cherchera ton frère ; rapporta le chef résistant.
Une nouvelle énergie s’était emparée de Killian qui possédait désormais une raison de vivre. Son sacrifice ne serait plus vain. Désormais, il serait soldat au service de la liberté. Les ordres étaient simples. La résistance restera discrète, inactive jusqu’à leur arrivée sur la prochaine planète. Une fois sur place, ils partiraient à la recherche de jeunes comme eux, de poches résistantes locales et alors, seulement alors, ils passeraient à l’attaque. En attendant, leurs forces seraient divisées en quatre.
- Au moment du débarquement, les quatre Chefs Suprêmes se sépareront en quatre secteurs et emporteront leurs armées. Nous le serons aussi de façon équitable. De cette façon, plusieurs fronts seront organisés. ; expliqua un de ses nouveaux collègues à Killian.
- Mais comment ?
- Palboran est chargé de répartir les troupes ; le chef désignait un autre résistant ; Il s’arrangera pour que nous soyons assignés au bon endroit.
Le vaisseau pénétra dans l’atmosphère d’une grande planète bleue. De loin, on discernait des grands bouts de roches, de toutes tailles et formes, séparer le grand ensemble azur. Le cœur de Killian se serra. Allaient-ils réellement détruire cette planète, magnifique ? Bien sûr, la beauté du décor n’avait jamais empêché la destruction de son monde. Une fois de plus, l’invasion aurait lieu. Il se souvenait cependant de la terreur, le désespoir qu’il avait alors ressenti. Comment pourrait-il accepter qu’un autre peuple ne vive cela ? Le chef de la résistance entra dans la salle d’observation. Ils étaient désormais seuls.
- Je connais ce regard. J’avais le même la première fois. ; commença-t-il. Nous ne pouvons malheureusement rien faire pour le moment. Si nous étions plus nombreux, nous pourrions tout empêcher. Nous sommes forcés à la patience. Dans cette guerre, les petites victoires primeront sur les grandes.
- Je comprends mais c’est difficile…
Le chef baissa la tête.
- Je n’ai jamais dit le contraire… Les assignations viennent d’arrivées, tu seras avec moi dans le secteur ouest qui semble clé pour les Esphenis. Tu seras dans la garde personnelle du Chef Suprême.
- Pourquoi moi ?
Tu as prouvé ta capacité à garder ton calme, à rester indétectable. Afin d’obtenir les informations indispensable à notre victoire, nous auront besoin de n’éveiller aucun soupçon. Tu es l’homme de la situation !
A suivre...
Des petites secousses massèrent les pattes de Killian. C’était l’heure tant redoutée. Il se plaça à son poste, complétant un rectangle parfait composé d’une centaine d’envahisseurs. Ils patienteraient ici, immobiles, quelques heures, le temps que les humains avalent le mensonge de la visite pacifique…
Les portes s’ouvrirent. Le plan était chamboulé, accéléré.
- Les habitants de cette planète ont déjà sortis les armes et ouvert le feu. Lancez les bombes électromagnétiques. La récolte commence dès à présent !; ordonna le chef d’unité.
Les envahisseurs procédèrent donc en rythme, toujours en formation. Tout autour d’eux, des hommes et femmes hurlaient et fuyaient. A sa gauche, un enfant trébucha. Lorsque sa mère s’en aperçu il était trop tard. Déjà, l’araignée placée derrière le résistant brisait les rangs, en quête de l’enfant. Le monstre se saisit du petit à quelques centimètres seulement de la mère, paniquée. Celle-ci tenta d’arracher son fils des mains verdâtres. L’extraterrestre soutint son regard et tira. L’humaine s’effondra devant les yeux de son bébé désormais en larmes. Le tueur assomma finalement l’enfant et reprit sa place dans la formation, un poids supplémentaire dans les bras.
Bientôt, ils dépassèrent un panneau sur lequel trônait le mot Boston en lettres capitales.
Lorsqu’ils atteignirent enfin le grand espace qui deviendrait leur QG, plus de la moitié de sa formation portait des enfants. Killian aurait dû en avoir un aussi. Quelques kilomètres plus tôt, il avait aperçu deux silhouettes cachées derrière une montagne de sable, un ballon abandonné à leurs pieds. Les enfants devaient être en train de jouer lorsque tout avait commencé. Killian avait alors profité que personne ne les ai vu pour passer son chemin, soulagé.
Maintenant arrivés, les jeunes prisonniers seront implantés par leurs kidnappeurs. Ceux-ci seront récompensés et assignés à la récolte des ressources, à la tête de groupe d’enfants, loin des combats. Killian et un groupe resserré furent envoyés, comme prévu, dans le QG. Ils seront chargés de la construction de la superstructure et de la protection du Chef Suprême. Quant aux autres, ils poursuivront l’invasion et la récolte.
- Maitre, les humains se sont regroupés en dehors de la ville. Il semblerait que des poches de résistance naissent un peu partout.
- Placez des soldats dans les réserves de nourriture. Cela devrait suffire. Poursuivez comme planifié. Cette résistance ne durera pas ; ordonna, sûr de lui, le Chef Suprême.
Killian répéta tout à son chef Rebel qui voyait enfin une autre alternative à cette guerre interminable.
- Nous ne sommes pas assez puissant pour agir mais protégeons les humains autant que possible.
Quelques jours plus tard, Killian revint avec une mauvaise nouvelle. Une attaque était prévu contre un groupe de résistants particulièrement engagés, ayant élu domicile dans une école. L’attaque aura lieu lorsque les forces de feu nécessaires seront revenues du front de Chicago. Une mission spéciale fut donc organisée par la rébellion afin de l’empêcher. Le chef résistant s’en chargerai lui-même. Killian s’inquiéta des risques encourus par son ami.
- Je suis prêt à mourir pour ma cause, Killian. Nous le sommes tous. S’il m’arrivait quelque chose, tu devras tout faire pour que le combat se poursuive. Cette guerre est plus grande que toi, que moi… Et elle doit cesser !
Killian se trouvait à son poste dans la salle de contrôle, une boule au ventre. L’attaque avait lieu en ce moment même. Soudain surgit un de ses geôliers.
- Maitre, le convoi en provenance de Chicago vient d’être attaqué. Nous avons perdu les armes.
Killian retint difficilement sa joie qui s’affaissa dans les secondes suivantes.
- Voici le coupable, Maitre, un dissident.
Deux autres rampants, comme les appelaient les humains, tenaient un chef résistant blessé.
- Annulez l’attaque. Ces humains ne sont pas assez une menace pour y envoyer plus de ressources. Vous trois ; le Maitre englobait Killian ; emportez le traitre dehors pour son exécution !
Killian suivit le mouvement, la nausée pour compagne. Les deux autres rampants tenaient le résistant en joug. Killian compris. Il était le bourreau désigné. Il étudia ses possibilités bien pauvres pour être honnête. Exécuter son ami ou révéler l’existence de la rébellion en refusant les ordres… Son chef lui fit signe de la tête. Il comprit le message. Je suis prêt à mourir pour ma cause. Les mots du Rebel résonnaient désormais dans son crâne. Killian inspira une grande bouffée d’air, ferma les yeux et pressa la détente. Un bruit sourd se fit entendre.
Lorsqu’il rouvrit les yeux, son ami gisait sur le sol, un sourire fier sur le visage. Il laissa le résistant aux nettoyeurs et se promis que ce sacrifice ne serait pas vain.
- Tu as fait ce qu’il fallait, Killian…
La voix de son collègue sonnait irréelle. Les résistants de son unité s’étaient réunis afin de faire le point et honorer la mémoire de celui qui venait de donner sa vie. Un des cadres se plaça face aux autres.
- Jinto était le plus courageux des soldats avec lequel j’ai eu l’honneur de servir. Il était aussi un grand chef, loyal et engagé de tout son être dans ce combat pour la liberté. Et croyez-moi, il en était loin lorsque nous étions enfants, toujours à chercher la bagarre, il me laissait me débrouiller, caché. La guerre l’a changé, en bien et il s’est montré à la hauteur de la confiance que nous plaçâmes en lui. A seulement huit ans, il fut pris mais déjà il combattait le harnais, nous sauvait du désespoir. S’il nous quitte aujourd’hui, ce n’est pas en vain, ni en victime mais en héro, combattant de la liberté. Aujourd’hui, nous perdons un camarade, un leader, un frère… Jinto, tu seras regretté.
C’était la première fois que Killian entendait le nom du chef résistant, vestige d’un passé oublié. Il comprenait...
Son nom lui était parfois un poids bien trop lourd. Killian était l’enfant joyeux et souriant, entouré de sa famille aimante sous l’orée du soleil resplendissant mais il était mort le jour où le harnais s’était connecté. A partir de maintenant, Killian ne serait plus. Le Rampant à l’œil Rouge venait de naitre !
FIN