20 ans après la disparition de la magie de leur famille, les sœurs Halliwell vivent une vie normale, celle qu’elles ont toujours voulu. Piper vit au manoir avec ses enfants et Léo. Phoebe dans un appartement non loin, et Paige avec son mari dans une maison familiale, dans la même ville. Le jeune homme ferma la porte de sa chambre, et doucement soupira. Puis lentement, ses yeux se levèrent vers les escaliers au fond de la pièce, ceux qui menaient vers le haut, vers le grenier. Détournant le regard, et se dirigeant vers le rez-de-chaussée, il inspira profondément troublé par le poids qui lui oppressait la poitrine…
Lorsque Wyatt sortit de sa chambre, se rendant compte qu’il était en retard et Chris était déjà arrivé en bas des marches, lorsque le jeune homme se précipita vers son lui, puis lorsqu’il fut arrivé à sa hauteur, passa une main dans ses cheveux et les lui secoua.
Wyatt (passant un bras autour de son cou faisant semblant de l’étrangler) : Joyeux anniversaire p’tit frère !
Le sourire sur la bouche du cadet s’agrandit tandis qu’il essayait de se libérer de l’emprise de son aîné.
Wyatt (riant de plus belle) : Alors p’tit frère quand est-ce que tu vas réussir à me battre ?
Il devait faire pas mal de bruit car David, leur frère cadet, qui attendait calmement à l’entrée vint voir ce qu’il se passait.
David (fronçant les sourcils, avec un faible sourire) : Vous en avez jamais marre ?Alors que les deux garçons se calmaient, Piper sortit de la cuisine et se dirigea vers le hall où elle les trouva, en train de rire tous les trois.
Piper : Qu’est-ce que vous faites encore là ? Puis s’adressant aux aînés, Vous êtes peut-être à la fac mais votre frère est au lycée, je ne veux pas qu’ils soient en retard c’est compris et… puis regardant autour d’elle, mais où est votre sœur ?
Soudain, une jeune fille, brune, dévala les escaliers, elle s’arrêta pour faire une bise à sa mère puis passa devant les garçons et se dirigea vers l’entrée. Arrivée sur place, elle attendit quelques secondes et se retourna vers sa famille.
Mélinda (sur un ton impatient) : Bon, vous vous bougez on est déjà suffisamment en retard comme ça !
Chris et Wyatt se regardèrent en haussant un sourcil, décidément cette fille avait besoin d’être corrigée. David qui les regardait se mit à sourire comprenant qu’encore une fois, les deux ainés allaient faire regretter à leur sœur cadette d’être si vive !
Chacun à leur tour les trois garçons embrassèrent leur mère, puis allèrent vers la fille qui les attendait à l’entrée en se recoiffant face à son reflet dans le miroir.
Piper (lorsque Chris lui déposa un baiser) : Bon anniversaire mon chéri ! Quand tous furent près de la porte, Ne rentrez pas trop tard ce soir, vos cousins sont là !
Les garçons firent un bref signe de main pour informer leur mère qu’ils avaient entendus puis se tournèrent vers leur sœur qui voyant leur visage se retourna vivement vers la porte et l’ouvrit pour s’échapper, malheureusement, Chris, Wyatt et David étaient trop rapides pour elle, et la jeune fille se retrouva vite sous leur emprise.
Mélinda (sourire aux lèvres) : Non, les gars j’rigolais vous allez pas faire ça … Riant encore plus, Non !
La porte se referma sur leurs rires. Piper resta adossée au mur quelques instants tandis que Léo la rejoignait, lentement il passa ses bras autour de sa taille, et déposa un baiser dans son cou. La jeune femme ferma les yeux un instant puis sourit…
Générique
Wyatt et Chris déposèrent David et Mélinda devant leur lycée, puis partirent en direction de l’université.
Mélinda frotta une nouvelle fois ses vêtements qui étaient couverts de Terre, et défit totalement sa coiffure qui n’avait plus rien à voir avec celle qu’elle arborait quelques minutes auparavant.
Mélinda (faisant mine d’être en colère) : Ha ! Vous êtes vraiment des gamins!
David (taquin) : Oui ! Mais tu adores ça !
La jeune fille eut un faible rire, puis son regard se posa sur un groupe d’ados non loin de là, elle se tourna une dernière fois vers son frère.
Mélinda (s’éloignant) : A ce soir !
David la regarda partir, puis alla dans la direction opposée vers une bande au nombre plus réduit.
Wyatt gara la voiture face à l’établissement, puis arrêtant le contact, attrapa son sac et sortit de la voiture, Chris fit de même, et bientôt tous deux marchèrent en direction de leurs bâtiments respectifs.
Chris (partant dans la direction opposée à celle de Wyatt) : A tout à l’heure !
Wyatt acquiesça puis lui faisant un signe de la main, s’éloigna pour rejoindre son cours.
Chris avait 22 ans aujourd’hui, et cela faisait maintenant trois ans qu’il avait commencé ses études d’architecte, car depuis qu’il était enfant il avait toujours réalisé des constructions avec toutes sortes de matériaux et il avait toujours su qu’il était fait pour ça. Wyatt, lui qui avait presque 24 ans, n’avait pas encore choisi sa voie, cela faisait maintenant quatre ans qu’il état en fac de sciences mais ne semblait pas avoir grand intérêt pour les maths, et plus le temps passait, plus il pensait qu’il n’était pas fait pour les études, mais il ne disait rien craignant de décevoir sa mère s’il lui avouait qu’il ne savait pas quoi faire de sa vie.
Alors que le jeune homme marchait en direction de sa salle, il sentit une main venir dans la sienne, il sourit sachant que Bianca venait de le rejoindre. Il s’arrêta puis lentement, se tourna vers elle, et l’enlaçant, il l’embrassa. Lorsque la jeune fille ouvrit les yeux, elle tomba sur le visage souriant d’un Chris l’observant tendrement.
Chris (posant la tête contre le front de la jeune fille) : Alors, tu t’es décidée ? Tu viens ce soir ?
Bianca détourna les yeux en haussant les épaules.
Bianca (s’écartant de lui) : Je ne sais pas. Je ne me sens pas à l’aise lorsqu’il y a toute ta famille. J’ai l’impression d’être un intrus.
Chris : Mais si tu ne viens jamais comment veux-tu être plus à l’aise avec eux ?
Bianca : Chris, c’est ta famille, pas la mienne. Je viendrais lorsque je serai plus sure de moi d’accord ?
Le jeune homme acquiesça, puis après lui avoir déposé un léger baiser sur les lèvres, il l’emmena vers leur amphi d’où après deux heures ils sortirent.
Quand la pause déjeuner arriva, Chris accompagné de Bianca, se dirigea vers le restaurant universitaire, où il savait que son frère l’attendait.
Arrivés sur place, Wyatt accueilli son cadet avec un grand sourire mais qui s’effaça lentement quand ses yeux se posèrent sur la jeune fille à ses côtés mais avant que la jeune fille n’ait pu voir sa mine sombre, celui-ci fit monter à ses lèvres un sourire crispé qui ne laissa rien paraître de son attitude précédente.
Lorsque tous les trois furent installés à une table, et que quelques minutes passèrent, deux mains se posèrent sur les épaules de Wyatt, puis une bouche se colla sur sa joue pour y laisser un long baiser.
La bouche du garçon s’agrandit en un immense sourire tandis que sa tête se tournait vers la jeune fille qui venait d’arriver.
Wyatt (lui indiquant une place près de lui) : Ha ! Anyah, ma p’tite sœur préférée !
Anyah (riant) : Wyatt, ta véritable sœur serait là, elle t’arracherai les yeux si elle t’entendait.
Wyatt : J’ai vécu 20 ans avec toi, avec elle j’en ai vécu 16, je crois que j’ai bien le droit de dire ça non ?
Anyah (le regardant en signe de reproche) : Tu sais très bien de quoi je parle.
Wyatt : Tu viens ce soir ?
Anyah : Bien évidemment, Prue sera là en plus, je ne vais pas manquer une occasion de la voir. Et puis comme ça je t’aurais toute à moi, je pourrais t’embêter !
Wyatt fit une grimace que la jeune fille lui rendit en souriant. Mais lorsqu’il la regarda, il vit au fond de ses yeux, une lueur de tristesse, mais il remarqua également, que son regard ne dérivait pas une seule fois vers Chris, pas une seule fois durant tout le repas, elle ne posa les yeux sur le jeune homme en face d’elle…
La journée s’acheva pour eux à 15h 30, leurs cours s’étant terminés.
Wyatt se dirigea rapidement vers sa voiture, tandis que Chris et Bianca se disaient au revoir. Ils ne voyaient pas les yeux de Wyatt qui montaient au ciel en signe d’impatience.
Lorsque enfin son cadet le rejoignit dans la voiture, Wyatt soupira fortement, il voulait avoir une discussion avec son frère à propos de cette fille mais Chris ne semblait pas vouloir de cette conversation et demeura impassible face à l’impatience de son frère.
Ce ne fut qu’au bout d’un court instant, quand le silence tomba dans le véhicule, que Chris se mit à parler.
Chris : Tu aurais pu faire attention ce midi. Comment veux-tu que Bianca se sente bien dans la famille si tu lui fais comprendre qu’elle n’est pas la bienvenue pour toi ?
Wyatt : Elle n’a rien remarqué. Et puis je ne peux pas m’en empêcher, je n’aime pas cette fille.
Chris : Ca je le sais mais tu ne peux pas essayer de faire plus attention. C’est ma petite amie, quand même.
Wyatt : Je ferai attention avec ta petite amie lorsque tu feras attention à tes amis.
Chris (ne comprenant pas où son frère voulait en venir) : Quoi ?
Wyatt : Je te parle d’Anyah !
Chris détourna la tête en fermant les yeux, il avait toujours craint que son aîné se mette à parler de ce sujet et voilà qu’il le faisait le jour de son anniversaire.
Chris : Ecoute, si Anyah veut me parler, elle n’a que le faire, elle n’a pas besoin de toi comme intermédiaire.
Wyatt (comme pour lui-même) : hum…encore faudrait-il qu’elle puisse venir te parler.
Chris (qui avait entendu) : Qu’est-ce que tu racontes ?
Wyatt (se tournant vers lui) : Je parle de ta petite amie qui avale mal le fait qu’Anyah et toi vous êtes aussi proches.
Chris (baissant la tête pour cacher son trouble) : De quoi tu parles ?
Wyatt : Chris, cesse de te voiler la face. Anyah et toi avait toujours eu une relation privilégiée, même moi je n’ai jamais pu entrer dans votre bulle. Et ça fait plus d’un an maintenant, que vous ne vous voyez plus quand Bianca est dans les parages.
Quand la voiture s’arrêta devant le lycée, Chris se tourna une nouvelle fois vers la fenêtre, et demeura silencieux tandis que David et Mélinda montaient dans le véhicule.
Chris (tout bas, pour lui-même) : C’est elle qui a décidé ça.
Le visage de Wyatt se troubla comme s’il avait entendu ces paroles, mais le jeune homme ne dit rien, puis redémarrant, il prit le chemin du manoir.
Une fois arrivés devant la maison, Wyatt stoppa la voiture le long du trottoir, et arrêtant le contact, sortit, suivi de ses frères et de sa sœur. Les deux cadets s’éloignèrent rapidement du véhicule, en direction du manoir.
Wyatt attendit que leurs cadets soient rentrés dans la maison, pour rejoindre son frère dont le regard s’était fixé sur la demeure en face de la leur.
Wyatt (à l’oreille de son frère) : Il n’y en a qu’un de nous qui a toujours considéré Anyah comme sa petite sœur, et ce n’est pas toi.
Puis le garçon s’éloigna de son frère, qui avait baissé les yeux sentant son cœur s’enflammer à ses paroles.
Quand il se retrouva seul, Chris inspira profondément et releva la tête, c’est alors qu’il la vit, la jeune fille qui rentrait chez elle, celle qui avait toujours été à ses côtés à chaque période de sa vie, celle avec qui il avait grandi, sans jamais la considérer comme sa sœur mais comme un des êtres les plus précieux de son existence.
Anyah ne l’aperçut pas, et entra chez elle, sans un regard en arrière. Chris observa sa nuque alors qu’elle pénétrait dans la maison, puis se détournant de cette vue, prenant la direction de sa propre maison, essayant d’atténuer la douleur qui lui pesait dans le ventre.
Une heure plus tard, alors que tous les enfants de Piper et de Léo étaient en train de décorer la salle principale du manoir, quelqu’un sonna à l’entrée. Mélinda qui était la plus vive de tous se précipita à la porte pour ouvrir à sa famille.
Se trouvait sur le pas de la porte ses deux cousines, Prudence, 20 ans et Eve, 14 ans, les deux filles de Phoebe qui elle-même se tenait derrière elles aux côtés de son mari, Dex. Les deux parents s’étaient connus au journal de Phoebe, et avaient tout de suite craqué l’un pour l’autre. Peu de temps après ils avaient concrétisé leur amour, en se mariant et en ayant une petite fille que Phoebe avait baptisé Prudence en l’honneur de sa sœur défunte. Et ce coup de foudre n’avait pas fait précipité les choses, puisqu’ils étaient toujours heureux ensemble, et que cinq ans après la naissance de leur premier enfant, la jeune femme s’était retrouvée à nouveau enceinte et n’avait alors manifesté que du bonheur.
Ce fut, ainsi, en souriant et en la prenant dans leur bras, qu’ils saluèrent leur nièce qui après quelques embrassades, fut comme projetée en arrière sous le poids de sa cousine Eve venant de lui sauter au cou, folle heureuse de la voir. Prue qui assistait au spectacle en première loge, arqua un sourcil face à l’enthousiasme de sa sœur, mais quand son regard se posa sur ses cousins restés en retrait, son sourire s’agrandit et agit quasiment comme sa cadette l’avait fait.
Ce fut Chris qui la reçut d’abord, Prue était une jeune fille énergique, qui ne s’avouait jamais vaincu et surtout pas face à un garçon, Chris et Wyatt avait grandi avec elle et jamais ne s’était ennuyé en sa compagnie.
Après un instant, Chris se défit des bras de sa cousine qui se dirigea vers les deux autres pour leur faire subir le même sort. Le garçon sourit voyant la jeune fille prendre Wyatt dans ses bras, mais ne s’y arrêta pas plus longtemps et se tourna vers sa tante qui regardait la scène.
Phoebe (d’un ton ironique) : Je ne sais pas si j’ai bien fait de l’appeler Prue ! Ouvrant ses bras à son neveu, Joyeux anniversaire, mon neveu ! Après s’être décroché de lui, regardant autour d’elle , Où est ma sœur que j’aille l’embrasser ?
Chris indiqua la cuisine, puis après avoir saluer Dex s’en alla vers la porte d’entrée où quelqu’un venait de sonner à nouveau.
Mais, lorsqu’il ouvrit la porte, il ne tomba pas sur sa tante et sa famille, comme il s’y attendait, mais sur Anyah qui portait une longue boite dans sa main.
Le jeune homme eut un très faible mouvement de recul lorsque ses yeux rencontrèrent ceux de la jeune fille, et comme s’il voulait cacher quelque chose qui pouvait s’y lire, il les détourna rapidement et s’écarta pour laisse la fille rentrer.
Anyah (doucement, en entrant dans la maison) : Merci ...
Le ventre du jeune homme se serra quand il entendit sa voix, comme il l’avait fait le midi même. Anyah était l’une des personnes les plus chères à son cœur, et depuis plus d’un an maintenant, la jeune fille avait décidé de s’effacer de plus en plus pour qu’il puisse être heureux en amour. La fille lui avait dit que jamais il ne pourrait être avec une femme si leur relation restait identique, alors elle avait cessé de venir le voir chaque jour, elle avait arrêté de le faire rire, elle n’allait plus le voir pour juste être en sa compagnie. Mais ce qui lui faisait mal, c’était l’idée qu’après plus d’un an de se sacrifice, il n’arrivait toujours pas à vivre sans qu’elle soit là.
Chris inspira profondément puis se tourna vers la fille qui n’osait pas non plus le regarder.
Que faire maintenant ? Ici, dans cette demeure ils pouvaient agir comme avant, ils pouvaient être dans les bras l’un de l’autre sans que quelqu’un ne dise qu’ils trompaient leurs petits amis respectifs. Ici, où ils avaient grandi, ils pouvaient se parler pendant des heures sans que personne ne se sente exclu.
Mais ils ne firent rien de tout cela, et ce fut en silence qu’ils se dirigèrent vers la salle principale. Ils ne virent pas que Wyatt et Prue se redressaient vivement, eux qui quelques secondes auparavant s’étaient dissimulés derrière un pan de mur pour les observer, et pour écouter ce qu’ils se disaient. Les deux cousins, se regardèrent alors que Chris et Anyah venaient vers eux, et haussèrent les épaules.
Ce n’est que lorsqu’ Anyah arriva à hauteur de Prue que les deux jeunes filles se prirent dans les bras, en souriant.
Prue : Tu m’as manqué !
Pour toute réponse, Anyah lui sourit, elle lui faisait comprendre par cela qu’à, elle aussi, son absence avait paru bien longue. Ensuite, les deux amies se séparèrent des garçons et allèrent à la cuisine afin de donner un coup de main si besoin il y avait.
Wyatt se rapprocha de Chris, lui tendant un verre de champagne qu’il venait d’ouvrir, David ne fut pas long à les rejoindre.
Plus tard dans la soirée, alors que tout le monde possédait un verre à la main, la sonnerie de l’entrée retentit à nouveau. Et cette fois-ci, ce fut Paige, son mari, Anthony et leurs deux enfants, Sam et Charlie qui se tenaient devant la porte.
La cadette des trois sœurs Halliwell avait rencontré son futur mari, dans l’un de ses petits boulots, ils étaient rapidement devenus amis puis au fil des années, ils étaient tombés amoureux. Ils eurent d’abord Sam, un jeune garçon qui avait 15 ans à présent, puis trois ans plus tard, Paige avait mis au monde une petite fille qu’ils avaient nommé Charlie.
Contrairement à Phoebe qui avait décidé de ne pas trop s’éloigner de Piper, Paige était parti dans une autre ville, à quelques centaines de kilomètres de là, ce qui faisait que les trois sœurs ne se voyaient plus souvent au complet, mais cela ne semblait pas déranger la cadette qui aimait sa vie telle qu’elle était.
Comme sa sœur avant elle, Paige prit Chris dans ses bras pour lui souhaiter un bon anniversaire, puis ce fut au tour de ses autres neveux, quand enfin elle ne fut plus à les câliner, la jeune femme se mit à la recherche de ses sœurs qui se trouvaient devant elle bras ouverts.
Phoebe (lui intimant de venir dans ses bras) : Paige.
Piper (une fois que la cadette se tenait dans leurs bras) : Tu nous a manqué !
Paige (en s’écartant sourire aux lèvres) : Vous aussi.
Ce fut à ce moment là que Prue et Anyah sortirent de la cuisine, plats en mains afin de les poser sur la table, aussitôt que cela fut fait, elles repartirent, toujours en discutant et en riant.Le regard de Paige dériva quelques instants sur les deux jeunes filles qui disparurent par la suite dans la salle d’à côté.
Paige (désignant la cuisine) : Prue te ressemble de plus en plus Phoebe, j’espère seulement qu’elle n’aura pas ton caractère.
Phoebe (faisant de grands yeux, en souriant) : Je crois que c’est trop tard.
Piper (faisant signe que non, moqueuse) : Tu n’as pas si mauvais caractère que ça, t’es juste un peu têtue.
Les sœurs se mirent à rire, puis lorsque Anyah et Prue réapparurent, allant vers les garçons, le regard de Paige dériva une nouvelle fois vers les deux jeunes filles, et cette fois-ci se troubla quelques peu.
Paige (désignant la jeune fille discrètement) : Vous avez remarqué comme Anyah ressemble de plus en plus à celle de, cherchant ce qu’elle pouvait dire,…d’il y a vingt ans.
Phoebe (après une gorgée de champagne) : Oui, ça me paraissait étrange au début, mais j’ai fini par m’y habituer.
Paige (faisant une supposition) : Une vie antérieure ?
Piper (haussant les épaules) : Ca me paraît possible, après tout ce qu’on a vu en sept ans, je ne serais pas étonnée.
Paige : Vous croyez qu’elle a conscience de ça ?
Phoebe : Comment le pourrait-elle ?
Paige : Ba, Anyah était un démon très puissant, c’était la source du mal, alors je me dis que peut-être…
Piper (l’interrompant) : Non, je vois où tu veux en venir mais ne t’en fais pas, je vis avec elle depuis quasiment 20 ans et jamais rien ne s’est produit. Et puis, il y a 20 ans, Anyah nous a sauvé la vie.
Phoebe : Oui, et depuis cette époque plus de magie. Tu te rappelles Paige, plus de démons…
Paige (se remémorant des souvenirs) : Quand j’y pense c’est vrai que cette période remonte à un certain temps.
Phoebe observa la jeune fille qui attirait leur attention, et fronça les sourcils.
Phoebe (se tournant vers sa sœur aînée) : Piper ? Je ne sais pas si je me trompe, mais j’ai l’impression que quelque chose a changée dans le comportement de ces deux-là, elle désigna Chris et Anyah.
Piper (fronçant les yeux) : Oui…C’est étrange d’ailleurs, mais ils n’ont rien voulu me dire. Ils ne sont plus des ados, ils n’ont plus vraiment besoin de moi en cas de problème de cœur.
Phoebe (surprise de cette révélation) : De cœur ?
Piper : Que veux-tu que ce soit d’autre ? Chris a une petite amie maintenant, il s’est peut-être dit qu’il fallait qu’il s’éloigne d’Anyah.
Phoebe : Non, je ne crois pas. Chris n’aurait pas abandonné sa meilleure amie pour être avec une fille, c’est idiot.
Paige (intervenant dans la conversation) : L’amour rend aveugle.
Piper (soutenant la réponse de sa cadette) : Exactement, et puis ce sont leurs problèmes, ils sont assez grands pour résoudre ce genre de choses. S’ils ont besoin de moi, ils savent où me trouver. Changeant de sujet, bon, on va passer à table vous venez ?
La jeune fille monta la dernière marche et arriva enfin au premier étage.
Elle connaissait cette maison par cœur, chaque odeur, chaque objet, chaque détail. Rien ne lui échappait car durant toute sa vie, cette demeure avait été comme la sienne.
Elle y avait passé plus de temps que dans sa propre maison, mais chaque fois cela l’avait rendu plus heureuse encore.
Le regard d’Anyah se porta sur la porte du fond, celle qui donnait sur la chambre où elle avait passé toutes ses soirées. Celle où Wyatt, Chris Prue et elle se rendaient pour se raconter des histoires terrifiantes.
La jeune fille sourit, elle avait toujours gagné à ce jeu, elle racontait des histoires que personne ne connaissait, et que elle-même ne se souvenait pas avoir entendu. Elle n’avait jamais cherché à savoir pourquoi elle pouvait donné tant de détails alors qu’elle n’était qu’une enfant et qu’elle n’avait pas vécu ces aventures.
Aujourd’hui encore, l’important n’était pas là.
Anyah avança lentement, toute la famille Halliwell se trouvait au rez-de-chaussée et bientôt, elle allait les rejoindre mais d’abord, elle avait quelque chose à faire, et ce quelque chose se trouvait dans sa main. La jeune femme tenait dans sa paume, une longue boite noire entourée d’un ruban rouge sombre. C’était son cadeau pour Chris, mais elle ne lui avait pas donné en main propre, préférant qu’il l’ouvre seul, et qu’il le découvre lorsqu’elle serait partie.
Arrivée à la chambre du jeune homme, Anyah ouvrit la porte et s’y engouffra. L’odeur du garçon y régnait et lui emplit, aussitôt, les narines. Elle ferma les yeux, et se laissa aller aux souvenirs, mais tous n’étaient pas si heureux, et elle le savait.
La jeune fille continua d’avancer dans la chambre pour s’approcher du lit et y déposer le cadeau qu’elle tenait à la main, quand cela fut fait, elle se retourna afin de partir dans la direction opposée.
Mais, lorsqu’elle leva les yeux, elle rencontra ceux de Chris qui la fixait, impassible.
Anyah sursauta quand elle le découvrit, mais se calma rapidement, diminuant le rythme des battements de son cœur.
Chris (d’un ton neutre) : Ca fait longtemps que tu n’es pas venu dans cette chambre.
Anyah (acquiesçant) : J’ai l’impression que cela fait une éternité.
Chris (se dirigeant vers le lit, le regard triste) : Oui, moi aussi.
Anyah (après un temps, pour détendre l’atmosphère) : Il faudra se refaire une soirée horreur, je te prouverai que je suis toujours la meilleure à ce jeu là.
Chris (réfléchissant puis souriant) : J’ai déjà réussi à te battre !
Anyah (faisant mine de réfléchir à son tour, et sur le même ton) : C’est bizarre, je ne m’en souviens pas. Ha ! si, je sais pourquoi, ça n’est jamais arrivé Chris, ne rêve pas !
Chris (croisant les bras, d’un air supérieur) : Je t’ai battu, je le sais !
Anyah (attrapant un coussin, et lui lançant) : Mauvais perdant !
Malheureusement, à peine se turent-ils, que la tension revint aussi vite qu’Anyah l’avait faite partir en évoquant ce souvenir.
Les deux amis détournèrent les yeux, ceux d’Anyah se dirigèrent vers le sol, mais ceux de Chris vers son lit où il vit la petite boite noire se trouvant entre deux coussins.
Chris (d’un ton naturel) : Je suppose que si tu ne me l’as pas donné en main propre et devant tout le monde, je dois attendre que tu sois parti et être seul pour l’ouvrir.
Anyah : Bonne déduction !
Chris : Je te connais toujours aussi bien.
Le cœur de la jeune fille se serra dans sa poitrine.
Pourquoi cela lui faisait-il si mal de se retrouver dans cette chambre, avec lui comme auparavant ? La réponse était évidente : rien n’était comme avant.
Alors que la jeune fille s’apprêtait à quitter la pièce, Chris fit un pas vers elle, mais se rendant compte qu’il était stupide, il s’arrêta.
Chris (pour qu’elle s’arrête) : Anyah !
Celle-ci ne se retourna pas mais stoppa son élan.
Chris (cherchant ses mots, troublé) : Tu… tu me manques !
Anyah releva la tête, sentant les larmes lui venir aux yeux, mais elle ne lui montra pas, elle ne se retourna pas et inspira profondément.
Elle avait choisi de s’éloigner pour qu’il soit heureux, elle n’allait tout de même pas flancher maintenant.
Et ce fut sur une brûlure intense lui montant à la gorge qu’elle s’éloigna sans un regard vers l’arrière, et qu’elle descendit les escaliers.
Il la regarda partir, puis lorsqu’elle eut disparu, il se tourna vers l’objet posé sur ses coussins, souriant et soupirant à la fois, il s’en approcha puis le prit dans ses mains. Un instant, il l’observa, le pesa afin de découvrir ce qui pouvait bien si cacher, mais n’y tenant plus, il défit le ruban, puis lentement, il ouvrit l’écrin.
A l’intérieur, coincé dans de la mousse, se tenait une sorte de parchemin enroulé dans une bague.
Chris regarda le contenu de la boite quelques secondes puis, doucement, prit les objets dans sa main. Il connaissait la bague, il l’avait déjà vu accrochée à la chaîne d’Anyah. Le bijou avait toujours été trop grand pour elle, et du coup elle l’avait toujours porté autour du cou, c’était un héritage de son père défunt.
Le jeune homme retira le papier du bijou, et le déroula. Il reconnut immédiatement l’écriture de la jeune fille, et ne put s’empêcher de sourire se remémorant les fois où elle lui avait réservé des chasses aux trésors qui ne se finissaient jamais.
Secouant la tête pour oublier ce souvenir, Chris parcourut la feuille des yeux. Sur la première était écrit :
Joyeux anniversaire Chris.
Voici la bague de mon père, celle que tu as toujours voulu,
aujourd’hui elle est à toi, et voici un poème,
celui que tu m’avais demandé il y a longtemps,
à présent je crois qu’il est temps…
Je veux que tu sois heureux.
Tu me manques…
Anyah.
Le jeune homme s’arrêta sur les derniers mots de cette première page, sur ses lèvres apparut alors un faible sourire qui s’accordait avec la lueur triste de son regard.
Puis fermant les yeux afin de chasser la brûlure qui lui montait dans la gorge, il prit la deuxième feuille pour la lire.
Chris (inspirant profondément puis lisant à haute voix le poème) :
Oyez maintenant les paroles des sorciers !
Les secrets sont cachés dans la nuit,
Les dieux anciens sont invoqués ici,
Afin que soit révélé l’art de la magie.
En cette nuit et en cette heure,
J’invoque le pouvoir supérieur.
Transmettez vos pouvoirs aux enfants des trois sœurs.
Nous voulons le pouvoir,
Donnez nous le pouvoir.