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Série : Chicago P.D.
Création : 08.02.2017 à 21h25
Auteur : Emilie1905
Statut : Terminée
« Et si Erin s'était réfugiée dans les bras de Jay plutôt que dans l'alcool après la mort de Nadia » Emilie1905
Cette fanfic compte déjà 50 paragraphes
Dans la chambre, personne n'avait dit un mot depuis que le petit avait lâché sa bombe. Le regard d’Erin passait de Jay au garçon et plus elle le faisait plus elle pouvait voir Jay en ce petit. Il lui ressemblait tellement, serais-ce possible qu'il ai vraiment un fils et qu'il le lui ai caché ? Des centaines de questions se bousculaient dans sa tête. Elle pensait le connaître depuis toute ses années mais apparemment ce n'était pas le cas. Il avait bien caché son jeu. Elle se leva du lit et s'éloigna rapidement, elle avait besoin de partir le plus loin possible de cette chambre.
Jay n'avais pas bougé, et fixait le jeune homme. La phrase qu'il venait de prononcer résonnait en boucle dans sa tête. Quand il vit Erin commencer à sortir de la chambre, il réagit enfin.
- Erin ! Attend.. supplia-t-il dans un murmure.
La jeune femme ne lui adressa pas un mot ni même un regard et sortit aussi vite qu'elle put en claquant la porte derrière elle. Erin ignora royalement les regards de reproche du personnel et sorti en courant de l'hôpital. Elle n'arrivait pas à croire ce qui arrivait. Elle était hors de contrôle et tellement en colère qu'elle donna un coup de poing sur le premier mur à sa portée. Ce coup aurait pu assommer n'importe quel individu. Mais le résultat ne tarda pas, sa main était en sang et la faisait atrocement souffrir. Les larmes lui montèrent aux yeux. Pour une fois depuis très longtemps, elle se sentait seule et avait l’impression de ne pouvoir compter sur personne.
Will, qui l'avait vu sortir en courant, se rapprocha doucement d 'elle et posa une main sur son épaule.
- Tu devrais faire soigner ça.
- Ce n'est rien du tout. Je vais bien.
- Erin, soit raisonnable !
- Je ne resterais pas une minute de plus dans cet hôpital ! S'emporta-t-elle de nouveau.
- Et si tu me disais ce qui se passe ? Demanda-t-il prudemment, ne voulant pas la brusquer.
- Tu devrais aller voir ton frère, répondit-elle en baissant le regard. Il va bien t'en fais pas, ajouta-t-elle devinant l'inquiétude de son frère.
Elle s'éloigna sans un mot de plus. Elle devait partir loin, pour réfléchir à tout ça.
Le garçon vit toute la tristesse dans les yeux de cette femme, il ne les connaissait pas, mais il venait de briser leur relation en quelques secondes.
- Je devrais partir. Je n'aurais jamais dû venir, désolé.
- Non attend, le retint Jay. Comment tu t'appelles bonhomme ?
Jay s'était mis à la hauteur du garçon. Il devait comprendre toute cette histoire, il avait beau chercher, il ne voyait pas d'où pouvait venir cet enfant. Il devait s'assurer que ce petit disait la vérité sur sa paternité.
- Je m'appelle Julien et j'ai 12 ans, répondit fièrement le petit.
Jay réfléchit très vite, pendant cette période ils étaient déployés avec Mouse. Ce devait sûrement être avant son départ pour l'Afghanistan.
- Et comment s'appelle ta maman ?
- Alors tu ne te souviens vraiment plus de nous hein ?
Il était vraiment perdu, que lui avait dit sa mère pour qu'il réagisse de cette façon ? Ce garçon avait l'air de savoir des choses sur lui, il a sûrement eu une vraie relation avec sa mère.
- Ma mère m'avait prévenu que ça arriverait sûrement, continua-t-il. Elle m'a aussi dit que le jour où je te retrouverai, tu devras te faire aider pour te souvenir de moi.
- Alors d'après ta maman, je savais que j'avais un fils ?
- Bien sûr ! Tu as même vécu quelques mois avec nous mais je ne m'en souviens plus. Je n’étais encore qu’un bébé.
Le garçon semblait vraiment mature pour son jeune âge. Si tout cela était vrai, comment il a pu oublier l'existence de son enfant?
- Peut-être que savoir le nom de ta mère, m'aiderait à me rappeler. Tu ne penses pas ?
Julien hocha tristement la tête tout en jouant avec ses doigts. Jay lui prit les mains pour le rassurer, et lui adressa un sourire réconfortant pour le mettre à l’aise.
- Ma maman est morte, il y a quelques temps. Elle était gravement malade. Elle s'appelle Justine.
Avant que Jay ne puisse réagir, son frère entra dans la chambre, vraiment inquiet.
- Jay qu'est ce qui se passe ? Je viens de croiser Erin, elle était complètement bouleversée. Tu n'as pas fait de connerie j'espère ? Cette nana, c'est la femme de ta vie.
- Will, je te présente Julien le coupa-t-il. Je voudrais que tu lui fasses un test ADN, il dit que je suis son père.
Will avait imaginé une dizaine de scénario en se dirigeant vers la chambre de Jay mais celui là n'en faisait définitivement pas parti.
- Il.. Il quoi ? Demanda-t-il abasourdi.
- Je veux qu'on soit sûr de son histoire avant de prendre une quelconque décision. Mais j'aurais plutôt tendance à le croire.
Les deux frères se regardaient, tous deux autant perdu.
- Tu peux t'occuper de lui ? Il faut que j'appelle Erin.
- Oui bien sûr, vas-y. Je ferais passer le test en prioritaire.
Jay lui adressa un signe de tête reconnaissant avant de sortir de la chambre.
- Jay, c'est ton frère ? Demanda Julien.
- Oui, il est plus jeune que moi. Ce qui fait de moi ton tonton si tu es bien son fils.
- Je le suis, affirma-t-il sûr de lui.
Will discutait calmement avec le garçon pendant qu'il faisait sa prise de sang pour essayer d'en apprendre le plus possible. Mais plus ils discutaient et plus il le trouvait sincère. Ce petit garçon allait complètement chambouler la vie bien rangée de son frère.
Jay, son téléphone à l'oreille, essaya de joindre Erin mais cette dernière de répondit pas. Il ne pouvait pas la laisser dans cette situation, il lui laissa donc un message en espérant qu'elle rappellerait.
- Erin, c'est moi. Écoutes je sais que cette histoire peut paraître folle, elle l'est aussi pour moi, je t'assures. Mais je t'en pris, crois moi quand je te dis que je ne savais pas que j'avais un fils ou du moins je ne m'en souviens pas. On ne sait même pas si il l'est réellement d'ailleurs. Dans tous les cas, ça ne change rien pour nous alors ne fais pas de bêtises s'il te plaît. Rappelles moi.
Il prit quelques minutes pour souffler. Il s'inquiétait pour Erin mais aussi pour ce petit garçon. Il avait perdu sa mère donc s'il était son père, il obtiendrai sa garde. Il n'était pas prêt à être père et encore moins d'un garçon de 12 ans !
Quand il revint dans sa chambre, Julien jouait avec le smartphone de son frère et ce dernier avait les résultats entre ses mains.
- J'ai les résultats, je te laisse les regarder. J'ai aussi sorti son dossier médical si ça t'intéresse.
- Déjà ?! Demanda-t-il surpris de connaître les résultats aussi vite.
- J'ai fais jouer mes relations et tu es parti depuis plus d'une heure !
Il n'avait pas vu le temps passer. Il regarda l'enveloppe sous tous les angles avant de se décider à l'ouvrir. Il parcourra les résultats avant de regarder son frère puis Julien.
Jay s’activait derrière les fourneaux pour préparer à dîner quand on frappa à la porte. Il vit une tornade passer devant la cuisine avant de comprendre que quelqu'un venait de frapper. Depuis qu'il avait rencontré Julien, deux semaines auparavant, il avait découvert la joie de s'occuper d'un enfant comme lui. C'était un garçon qui avait eu une éducation stable et ça se voyait. Il était très bien élevé et leur cohabitation s'était très bien déroulée, de forts liens s'étaient tissés entre eux.
Quand il entendit frapper à la porte, Julien se précipita vers cette dernière avant de regarder qui c’était. Jay lui avait répété plusieurs fois qu’il fallait toujours s’assurer de connaître la personne avant de lui ouvrir.
Julien eut un moment d'hésitation avant de reconnaître la personne derrière la porte.
- Je crois que c'est la femme qui est sortie de ta chambre la première fois que je t'ai rencontré.
Jay lâcha l'assiette qu’il avait dans les mains qui alla s’écraser au sol. Erin. Deux semaines qu'il ne l'avait pas vu, depuis qu'elle avait quitté sa chambre d’hôpital en courant. Le jour où il avait découvert l'existence de Julien, il avait aussi perdu la femme qu'il aime. Il avait bien essayé de l’appeler à de nombreuses reprises mais il tombait directement sur messagerie. Mouse avait aussi voulu tracer son portable mais c'était impossible. Deux semaines sans nouvelles, à la chercher dans tout Chicago et elle était là devant la porte comme si de rien n'était.
- Tu es sûr Julien ?
- Affirmatif !
- Merci bonhomme, je vais aller ouvrir. Tu peux retourner jouer dans la chambre.
Jay se dirigea lentement vers la porte avant de vérifier que c'était bien Erin derrière cette dernière. Il ouvrit sans un mot, et détailla la jeune femme. Elle semblait surprise de le trouver là.
- Jay ?
- Ah tu te souviens de moi finalement ? Demanda-t-il plus en colère qu'il ne l'aurait cru.
Erin baissa la tête, elle ne pensait pas devoir l'affronter maintenant.
- Je pensais trouver Will enfaîte.
- Je crèche chez lui, Yates a fait brûler mon apparemment pendant sa vendetta contre toi.
- Je peux entrer ? Je pense qu'il faut qu'on parle.
- Alors maintenant tu veux parler ? Et ces dernières semaines, quand j'avais besoin de parler de tout ça avec toi, tu étais où ? Hein ?
Jay était en colère contre Erin, qui regardait partout sauf en direction de son partenaire. Elle avait eu besoin de temps et apparemment il ne comprenait pas sa décision.
- Jay, il fallait que je réfléchisse. Ce petit a remis en cause toute notre relation !
- Non Erin ! Tu es celle qui a remis en cause notre relation. Julien n'a rien fait du tout ! Tu n'as pas le droit de rejeter la faute sur lui, c'est trop simple. C'est toi qui t'es enfuie lâchement !
Il fallait vraiment que Jay se calme avant qu'il ne prononce des paroles qu'il pourrait regretter plus tard. Quand il se rendit compte que le ton était monté plus qu'il ne le croyait, il invita Erin à rentrer pour continuer plus leur discussion sans que tout le monde ne les entende
Erin regardait autour d'elle, scrutant chaque endroit à la recherche d'un indice qui pourrait lui montrer ce qu'elle avait raté ces dernières semaines. Elle remarqua des petits chaussons vers le canapé ce qui lui fit penser que Jay s'occupait du petit.
- C'est bien ton fils alors ?
Jay ignora délibérément la question de la jeune femme.
- Tu étais où pendant tout ce temps ? Tu n'es même pas allé travailler, l'enquête semblait pourtant t'avoir secoué.
Erin savait qu'elle devait être franche avec Jay si elle voulait se faire pardonner pour son comportement.
- Quand je suis partie de la chambre, j’étais vraiment énervée contre toi.
Jay la regarda perplexe en entendant cette réponse, en colère contre lui ? Elle ne manquait pas d’air pour le coup. Il allait répliquer lorsqu’elle leva un doigt dans sa direction pour lui intimider de se taire.
- Laisses moi finir Jay s’il te plaît.
Jay vit à ce moment que la jeune femme était prête à vraiment se confier pour arranger les choses, ce qu’elle n’avait pas vraiment l’habitude de faire. Il ne l’interrompit donc pas et attendit qu’elle continue.
Erin patienta un instant afin d’être sûre d’avoir toute son attention avant de poursuivre. Quand elle vit dans son regard qu’il était prêt à écouter, elle souffla un coup et continua son récit.
- J’étais tellement en colère contre toi, contre moi, contre le monde entier que j’ai frappé un mur de toutes mes forces. Mais manque de chance c’était mon poignet que j’ai cassé durant l’explosion. Bref dans tous les cas je n’aurais pas pu aller travailler après ça. J’ai marché sans vraiment savoir dans quelle direction j’allais pendant des heures, réfléchissant à ce que j’avais pu louper pour que tu ne me dise pas que tu avais un fils. Pour moi, notre relation était construite sur la confiance, on était là pour couvrir les arrières de l’autre. C’est à ce moment que je me suis dit que tu devais avoir une très bonne raison pour ne jamais en parler et j’ai décidé de retourner te voir à l’hôpital.
-Attend, tu es revenue ?! Je ne t’ai pas vu.
- Bien sûr j’avais besoin de temps, mais je n’avais aucune envie de t’abandonner ! Quand je suis arrivée à l'hôpital, tu étais déjà parti. Je refusais de croire que tu avais choisi ton fils au lieu de moi, on aurait pu être bien tous ensemble, comme une famille.
- Tu ne savais même pas si c'était réellement mon fils Erin ! Et c'est toujours le cas d'ailleurs, on n'en pas reparlé je te signale. Tu as cru un gamin que tu n'avais jamais vu plutôt que de me demander des explications.
Elle ne réagit pas à la remarque de Jay. Si elle s’aventurait dans ce sujet, elle ne pourra jamais finir ce qu'elle avait à dire.
- J'ai quitté l'hôpital et suis allée dans le bar de Bunny et j'ai bu, beaucoup, pour faire disparaître cette douleur. Mais elle ne partait pas. Tous les jours j'y retournais, retombant peu à peu dans mes anciens démons. Je faisais vraiment de la peine à voir.
Erin fit une pause, le temps que Jay assimile ses propos. Elle voyait bien dans ses yeux qu'elle l'avait déçu par son attitude plus que lâche.
- Tu as bu avant de venir ?
- Non je suis sobre. J'ai croisé Mouse il y a deux jours. Il a été très dur avec moi, pour lui je t'avais abandonné à la première complication. Il n'avait pas vraiment tord d'un certain côté. Il a réussi à me remettre les idées en place, j’ai enfin compris que j'avais besoin d’explications que toi seul pouvait me donner.
- Qu'est ce qui me dit que tu ne vas pas te remettre à boire dès que tu partiras d'ici ? En te connaissant, tu n'as sûrement pas consommé que de l'alcool ! Tu sais aussi bien que tes vieux démons ont la vie dure Erin !
Les mots de Jay blessèrent Erin, plus qu'elle ne le pensait mais elle comprenait sa réaction. Sans le savoir, c'est Jay qui l'aidait à tenir contre l'envie de consommer. S'il n'avait plus confiance en elle, qu'est ce qui allait empêcher qu'elle sombre à nouveau ?
Jay ne sembla pas remarquer la peine de la jeune femme et continua.
- Tu ne peux pas revenir comme
- Je sais, l'interrompit-elle ne voulant pas vraiment entendre ce qu'il avait à lui dire. Je ne cherche pas à ce que tu me pardonnes aussi rapidement. Je ne suis pas venue en espérant que tout s'arrange d'un seul coup, je voulais m'expliquer sur les raisons de mon absence. Mon attitude est inacceptable et puérile et j'en ai parfaitement conscience.
Ils se regardaient, ne se quittant plus des yeux. La jeune femme semblait vraiment sincère dans ses propos ce qui réconforta légèrement Jay. Quant au regard de Jay, il s'était adouci au fil du récit d'Erin. La colère avait disparu pour laisser place à un regard plus doux mais rempli de tristesse et de déception.
- Je vais te laisser ou vous n'aurez rien à manger ce soir, dit-elle en regardant l'état de la cuisine. À plus tard Jay.
Cette dernière phrase sonna plus comme une question pour Jay. Avait-elle peur qu'il ne veuille plus la voir ? Erin s'éloignait pour partir quand Jay l'interrompit à mi chemin.
- Est ce que tu veux rencontrer Julien ?
Sa proposition n'était qu'un murmure et il se demanda un instant si elle l'avait entendu. Mais lorsqu'il vit son regard plein d'espoir, il se félicita de l'avoir retenue. Il revoyait ses yeux pétillants des bons jours lorsque son regard se voila de nouveau. Erin posa finalement la question qui la démangeait depuis qu'elle était arrivée.
- Julien est bien ton fils alors ?
- J'ai bien cru que tu ne la poserai jamais cette question, répondit-il avec un léger sourire. Julien tu peux venir s'il te plaît ? Demanda Jay à l'intention du garçon. J'aimerai te présenter quelqu'un.
Il ne fallut pas plus d'un minute à Julien pour arriver vers eux, ayant suivi une partie de leur conversation. Il se plaça entre les deux partenaires et Jay posa sa main sur l'épaule de Julien. Il plongea son regard dans celui de la jeune femme avant de déclarer.
- Erin, je te présente mon fils Julien. Julien voici Erin, tu l'as déjà vu brièvement à l'hôpital.
- Ravie de te rencontrer bonhomme, dit Erin avec un sourire qu'elle voulait chaleureux.
- C'est ta petite-amie ? Demanda Julien à l'adresse de son père.
- Quelque chose comme ça oui.
Jay n'avait pas quitté des yeux son fils en lui répondant mais avait bien remarqué la jeune femme esquisser un sourire sincère. La réponse de Jay ne sembla pas suffire à Julien dont l'attitude changea.
- Quand on aime quelqu'un, on n’est pas censé rester auprès de lui pour le soutenir ? Pas besoin de répondre c'était pas vraiment une question, enchaîna-t-il. Alors pourquoi tu as abandonné mon père quand je suis arrivé ? Il était vraiment triste et c'était dégueulasse de lui faire ça. Alors si tu es là pour le faire souffrir à nouveau, j'aimerai autant que tu partes d'ici.
Les deux adultes étaient bouche bée par les propos durs de Julien. Jay fut le premier à réagir.
- Julien ! Je t'interdis de parler de cette façon, ce sont des histoires de grands et tu n'a pas à te mêler de ça.
- Mais
- Il a raison, intervint Erin. Je vais vous laisser tous les deux , je vous ai fait plus de mal qu'autre chose ces derniers temps.
Erin sortit de l’appartement en espérant secrètement que Jay la retienne mais il n'en fit rien. Elle l'entendit cependant sermonner son fils sur ce qu'il venait de dire, que ce n’était pas son rôle de parler de la sorte à la jeune femme. Ses éclats de voix résonnaient jusque dans le couloir. Elle s’apprêtait à monter dans l'ascenseur quand elle entendit des pas pressés derrière elle, elle savait qu'il s'agissait de Jay mais ne se retourna pas et s'engouffra dans l'ascenseur. Sans un mot, Jay y rentra aussi et l'arrêta, elle ne pourra pas le fuir bien loin cette fois. Erin évitait par tous les moyens de croiser le regard de Jay.
- Ne t'enfuis pas encore, murmura Jay.
Sa voix était à peine audible et semblait brisée, si Erin avait été quelques centimètres plus loin, elle n'était même pas sure qu'elle l’aurait entendu. Elle n'avait jamais entendu son partenaire comme ça, il ne s'était jamais montré aussi vulnérable. Elle leva la tête dans sa direction et plongea son regard dans celui de Jay. Ils étaient dans une situation qui lui semblait impossible.
- Ton fils ne veut pas me voir, comment ça pourrait marcher ?
- Je parlerai à Julien. Je suis sûr que son comportement changera, il a vécu des moments difficiles ces derniers temps.
- C'est pas le seul Jay. On enchaîne les situations impossibles depuis la mort de Nadia. Et je vois mal comment on va pouvoir se sortir de celle-là.
- On le fera et on en ressortira plus forts encore. Je te le promet.
- Je ne veux pas être un obstacle dans la relation avec ton fils, tu as déjà perdu tellement de temps avec lui. Tu n'a pas vu ton fils grandir, tu as loupé tellement de choses. Je ne veux pas être celle qui va encore te priver de ces moments privilégiés.
- Erin, tu ne vas rien m'enlever du tout. J'ai besoin de toi pour traverser ça. J'ai apparemment vécu des moments forts pendant sa première année et je ne peux m'en souvenir. Je crois que c'est moi qui me suis privé de tous ces moments avec lui.
- Alors tu connaissais son existence ?
- C'est ce que Julien dit en tout cas. D'après lui je vais avoir besoin d'aide pour me souvenir de tous les éléments. Je pensais aller voir le docteur Charles pour voir ce qu'il pense de tout ça. Je déteste l'admettre mais je vais avoir besoin d'aide Erin.
- Et je serais là pour te soutenir. Mais je ne peux pas obliger Julien à accepter ma présence à vos côtés.
- Prenez le temps de vous connaître, c'est un garçon génial, tu va vraiment l'adorer.
- Ça ne peut qu'être quelqu'un de génial c'est ton fils Jay. C'est pas dans ce sens le problème et tu le sais très bien.
- Prends le pendant mon rendez-vous avec le docteur Charles demain. Emmène le quelque part, sois toi même et montre lui qu'il peut avoir confiance en toi comme moi j'ai confiance en toi. Tu es quelqu'un de génial, mais tu lui as fait mauvaise impression dès le départ. Quand il aura confiance tout ira mieux, tu verras.
- Comment tu peux encore avoir confiance en moi après tout ça ?
- Je te connais miss Lindsay, tu réagis impulsivement mais tu ne le fait jamais pour blesser ton entourage. Tu m'as fait mal en partant comme ça mais on passera au dessus de tout ça. D'accord ?
Erin acquiesça avant de s'approcher timidement de Jay. Remarquant qu'elle demandait l'autorisation de venir se réfugier dans ses bras, Jay lui sourit avant de l'enlacer tendrement.
Il débloqua l'ascenseur qui reprit lentement sa descente. Quand les portes s'ouvrirent, il lui piqua un baiser sur le front avant de se détacher d'elle.
- Rendez-vous à 14h, demain, j'espère que tu seras là pour récupérer Julien.
- Je le serais, affirma-t-elle avec un faible sourire.
Jay la regarda s'éloigner de l'immeuble avant de remonter dans l'appartement de son frère. Il avait l'impression d'avoir un peu avancer avec la jeune femme mais il devait encore parler avec Julien.
Revoir Jay après ces deux semaines avait fait le plus grand bien à la jeune femme, elle s'en voulait tellement de l'avoir laissé gérer seul. Mais contre toute attente il ne semblait pas autant énervé qu'elle ne l’aurait pensé. Oui il avait élevé la voix au début la conversation mais qui ne l'aurait pas fait dans sa situation ? Il était même prêt à lui confier son fils pour quelques heures pour arranger les choses entre eux, c'est vraiment quelqu'un d'exceptionnel. Mais elle redoutait un peu l’après-midi du lendemain, et si Julien ne l’acceptait toujours pas ? Elle se refusait de lui obliger sa présence s’il ne le souhaitait pas mais d’un autre côté, elle ne pouvait se résoudre à laisser Jay seul dans cette situation une fois de plus.
Arrivée à sa voiture, Erin décida de se diriger vers le district. Avant de partir elle avait juste laissé un message à Hank avant de poser le reste de ses congés mais ne lui avait pas reparlé depuis. Il n’avait pas vraiment insisté mais elle restait persuadée qu’elle allait devoir lui donner une réelle explication.
Sur la route, elle repensa à l’enquête qu’elle avait laissé, il aurait pu s’agir du fils de Jay sous ce gilet explosif et ça la rendait encore plus malade. En deux semaines, l’enquête devait avoir été classé depuis longtemps. Toujours dans ses pensées lorsqu’elle arriva au district, elle salua brièvement Platt avant de monter vers leurs bureaux.
- Une revenante ! Lança Ruzek en apercevant leur collègue.
- Salut les gars ! Toujours sur l’enquête ? Demanda-t-elle en voyant le tableau blanc toujours rempli.
- On vient de la finir. Tu devrais aller voir Voight avant, suggéra Antonio.
Erin acquiesça sans un mot et se dirigea lentement vers les bureau de celui qu’elle considère comme son père. Elle frappa à sa porte et fut autorisé à y rentrer par Voight sans que ce dernier n’ai levé la tête de ses dossiers.
- Hank
- Il te reste encore deux jours de congés Erin. Quand tu reviendras j’espère que ce sera pour de bon. Sans toi et Jay on est un peu en sous effectif ici.
- Je sais, et je vais tous les utiliser pour revenir en pleine possession de mes moyens. J’avais des choses à gérer mais ça va s’arranger.
- Alors gérer les choses pour toi c’est t’enfuir ? On n ‘a pas la même définition de gérer alors.
- Donc tu as parlé à Jay..
- Il m’a appelé pour voir si je savais où tu étais. Il était réellement inquiet Erin.
- J’ai complètement foiré, avoua-t-elle.
- Je n’ai pas eu tous les détails mais tu n’as pas vraiment assuré. Tout va finir par s’arranger ce gars est vraiment amoureux de toi. Mais les problèmes de la maison restent à la maison. Tu veux un débriefing de l’enquête ? On l’a bouclé pendant ton absence.
- Non c’est bon j’ai d’autres préoccupations pour le moment. Merci Hank.
Jay avait retrouvé Julien dans sa chambre après sa discussion avec la jeune femme. Il jouait tranquillement à la console quand Jay était rentré. Il s’était installé à ses côtés et avait prit une deuxième manette pour jouer avec son fils. Ils jouaient en silence depuis un moment quand Jay se décida à lui parler de l’incident avec Erin.
- Tes paroles envers Erin tout à l’heure étaient vraiment dures. Julien ne quitta pas l’écran des yeux et réfléchit pour faire part à son père de son ressenti. Il ne voulait pas le blesser.
- Tu as l’air d’oublier bien vite ce que tu as enduré ces deux semaines à cause d’elle !
- Ce n’est pas à toi de lui en vouloir Julien. Cette situation est entre elle et moi et tu n’as pas à t’y immiscé. Je sais qu’on t’a donné beaucoup de responsabilité en foyer mais tu as le temps avant d’agir comme un adulte, tu n’es qu’un enfant. Erin est une femme incroyable, elle ne mérite pas qu’on la traite comme tu l’as fait tout à l’heure. J’aimerai que tu apprennes à la connaître avant de la juger.
- Excuse moi Jay, je ne voulais pas vous faire de mal à tous les deux mais c’est pas cool ce qu’elle t’a fait.
- C’est pas grave bonhomme mais fais des efforts la prochaine fois. - Promis
Julien se réfugia dans les bras de son père. Ils restèrent enlacés de longues minutes, Jay pensait que le garçon s’était endormi lorsqu’il l’entendit murmurer.
– Je vais devoir partir d’ici ? Jay ne comprit pas de suite la question de son fils. Il se défit de leur étreinte et s’installa en face de lui et le regarda dans les yeux.
- Julien écoutes-moi. Tu es mon fils et il n’y a nulle part ailleurs où tu devrais être. Peu importe ce qui se passe autour de nous, tu seras toujours avec moi. Ta place est ici. D’accord ?
- Pourtant j’ai fait une bêtise, d’habitude les gens ne veulent plus de moi.
Le raisonnement de son fils lui fit vraiment mal au cœur. Comment on peut se débarrasser d’un gamin comme Julien ?
- Tu n’as rien fait de mal Julien. Tu as exprimé ton opinion et tu ne seras jamais punis pour ça. Habitues toi à me voir tous les jours parce que tu ne quittera pas ce foyer. Tu m’auras sur le dos encore longtemps.
Julien ne s’était pas senti autant en sécurité depuis un long moment. Il se cala dans le creux de l’épaule de son père.
- Je t’aime papa.
Le cœur de Jay rata un battement, même si depuis le début Julien affirmait être son fils, il ne l’avait jamais appelé comme ça. Jay embrassa Julien sur le haut de la tête.
- Je t’aime aussi mon grand.
Aucun des deux ne voulait rompre cette étreinte mais Jay se souvint de son rendez vous avec le psychiatre du Chicago med.
- Je dois aller à l’hôpital demain pour vérifier que tout va bien, ça t’embêterai de rester avec Erin ?
- Ça dépend ce qu’on fait, si c’est pour rester ici, je peux être tout seul.
- De un tu ne resteras pas seul, de deux tu m’avais promis de faire des efforts. Je suis sûr qu’elle a prévu des trucs cool pour t’occuper.
- D’accord je resterai avec elle. Je suis sûr qu’elle peut être gentille.
- Je t’assure qu’elle est super, vous allez bien vous entendre.
- Si tu le dis
- Montres un peu plus d’entrain mon garçon parce que tu vas la voir bien plus souvent que tu ne le penses.
Jay vit son fils réfléchir un instant, se demandant si ses paroles avaient eu l’effet voulu, il l’observait. Soudain le garçon se mit debout sur le canapé et commença à sauter dessus tel un trampoline. Jay allait le sermonner mais quand il entendit ce que Julien répétait en boucle, il ne put que rigoler.
- On va passer une superbe journée !
Julien avait désormais un énorme sourire aux lèvres. S’il avait dit ça seulement pour faire plaisir à son père au départ, plus il y réfléchissait et plus il pensait ce qu’il disait.
Soulagé que son fils fasse des efforts pour accepter Erin, il lui envoya un message pour lui confirmer leur après-midi tous les deux et pour la rassurer. Jay et Julien se mirent à table dans la bonne humeur, demain sera un autre jour.
Erin venait d’arriver chez elle quand elle reçut le message de Jay. Même si ce dernier se voulait rassurant, elle s’inquiétait de cette après-midi avec Julien. Elle ne savait pas s’il finirait par l’accepter, la seule chose dont elle était sûre en ce moment c’est qu’elle avait besoin de Jay dans sa vie. Mais pour ça il fallait qu’elle se fasse pardonner pour son comportement et cette sortie avec Julien était le point de départ.
Elle posa ses clés dans l’entrée , suspendit sa veste et enleva ses chaussures. Elle se dirigea directement dans sa chambre, elle ne sentait pas très bien. Elle commençait à être en sueur et avoir des tremblements, Erin connaissait très bien ces symptômes. Le manque se faisait ressentir, pourquoi n’était-elle pas assez forte pour résister à cette tentation ? Elle s’allongea et sorti son téléphone, elle y trouva une photo de Jay et d’elle. Ils semblaient si heureux, un grand sourire sur les lèvres et les yeux pétillants d’amour. C’est avec cette vision qu’elle arriva à se calmer et à tomber dans un sommeil agité.
Le lendemain matin, Erin était restée longtemps dans son lit, à réfléchir à une activité qui pourrait plaire à Julien. Elle n’avait aucune idée de ce qu’un gamin d’une dizaine d’année avait envie de faire.
Erin avait finalement décidé de l’emmener au laser-game, elle savait par Jay que ça lui plairait et qu’elle ne faisait pas de faux pas.
Elle était désormais devant son dressing, cherchant désespéramment quoi mettre. Elle n’avait jamais été de celles qui passent des heures devant le miroir mais elle devait faire la meilleure impression possible. Enfin prête, elle se mit en route pour l’appartement de Will. Quand elle arriva, elle se rendit compte qu’elle avait plus d’une demi-heure d’avance. Elle se décida à frapper à la porte après avoir hésité pendant cinq bonnes minutes. Elle fût surprise quand Julien ouvrit la porte avec un grand sourire.
- Erin !
La jeune femme était surprise et ne savait pas comment réagir face à ce garçon qui semblait à présent très excité de la voir alors qu'il lui avait pratiquement dit de ne plus jamais revenir dans la vie de son père.
- Salut Julien !
- Julien ! Je t'ai déjà dit de ne pas ouvrir la porte ! Oh ! Salut !
- Salut !
- Entre ! T'es en avance !
- Tu veux que je revienne plus tard ?
Erin avait vraiment à cœur de respecter les volontés de Jay concernant cet après-midi et Julien.
La voyant si peu sûre d’elle, Jay s’en voulut. Jamais elle n’avait été aussi timide avec lui, ne sachant pas comment agir. Sa réaction quand elle a sonné à la porte la veille en était la raison, il avait été dur et il s’en rendait compte désormais. Il essaya de désamorcer la situation avec son sourire dont lui seul avant le secret.
- Tu rigoles ?! Entres !
Il plaça délicatement une main dans le bas de son dos pour l’inciter à entrer. Il lui proposa un café qu’elle accepta avec un sourire puis ils s’installèrent sur le canapé pour discuter tranquillement.
- Pourquoi tu paniques autant ? Demanda Jay.
Comme toujours, il avait su remarquer la détresse d’Erin sans qu’elle n’est besoin de dire un seul mot. Son attitude suffisait amplement pour comprendre ce qui se passait dans sa tête.
- Tu te mets trop de pression Er. Tu es géniale avec les enfants, tout va bien se passer. Et puis Julien n’est plus un gamin, c’est pas comme si je te confiais un nourrisson.
Cette remarque eut le don de décrocher un faible sourire à la jeune femme qui n’arrivait pas à prononcer un mot.
- Parles moi Erin, s’il te plaît.
Elle leva son regard en direction de celui de Jay et fondit en larmes. Immédiatement il vint la prendre dans ses bras, il ne supportait pas de la voir dans cet état. Peu importe le statut de leur relation, il n’avait jamais aimé la voir aussi vulnérable, surtout quand il ne savait pas pourquoi elle était comme ça.
Jay attendit quelques instants qu’elle se calme, il se contentait d’être présent pour elle. Quand les sanglots diminuèrent il demanda
- Qu’est ce qui te met dans cet état ?
- Le fait de savoir que j’ai tout gâché entre nous, ça me tue, murmura-t-elle toujours contre lui.
Comment elle pouvait imaginé que tout était fini ? Cette femme était la femme de sa vie, elle n’allait pas la laisser s’enfuir. Même s’il ne lui pardonnait pas encore son comportement, il ne pouvait pas la savoir triste à cause de lui.
- Tu n’as pas tout gâché. Alors relèves toi et montre moi que ce n’est pas une erreur de te laisser une seconde chance.
- C’est bien plus que ma seconde chance Jay…
- Alors on oublie tout le reste, cette fois c’est la bonne.
Il l’embrassa tendrement sur le font avant de se décoller. Il allait falloir bouger s’il ne voulait pas être en retard pour son rendez vous avec le docteur Charles.
- Va voir Julien, il se demandait ce que tu avais prévu. Je pense qu’il est aussi angoissé que toi.
Erin se dirigea vers la chambre de Julien en séchant ses larmes pendant que Jay finissais de se préparer. Elle toqua timidement avant de passer la tête par la porte.
- Je peux entrer ?
- Oui bien sûr !
Julien posa sa manette et fit de la place sur le canapé pour qu’Erin puisse s’asseoir. Aucun des deux n’osait engager la conversation.
- Tu joues à quoi ? Demanda-t-elle en faisant un signe de la tête en direction de la télé.
- Un jeu de guerre
- Et ça t’intéresse ?
Jay qui était appuyé contre la porte de la chambre suivait l’échange en silence. C’était leur première vraie discussion et Erin avait su l’envoyer sur un sujet qui plaisait à son fils.
- Oui plutôt, j’ai été baigné dans la guerre depuis tout petit avec papa.
- Alors ça te tente un laser-game cet après-midi ?
- Oh ouii ! Je n’en ai jamais fait mais j’ai toujours voulu essayer !
- Génial, prépare toi on va bientôt y aller.
Quand elle tourna la tête, Jay la regardait tendrement, elle lui rendit son sourire avant de se lever. En passant à côté de lui, elle lui murmura un merci.
- Merci à toi, reprit-il.
Julien, qui n’avait pas encore remarqué son père, sauta partout, surexcité.
- On va faire un laser-game !
- J’ai entendu, répondit-il en rigolant. C’est parti bonhomme, on doit y aller maintenant.
- Je te dépose Jay ? C’est sur notre route, proposa Erin.
- Seulement si je conduis !
- Non mais tu rêves là
Cet échange les fit rire tous les deux, et c’est toujours dans la bonne humeur qu’ils sortirent tous les trois de l’appartement.
Après avoir déposé Jay à l’hôpital, Erin et Julien s’étaient dirigés vers l’endroit où se trouvait le laser-game. Après qu’on leur ai expliqué les consignes de sécurité, ils s’équipèrent. Erin était vraiment dans son élément tandis que Julien jouait avec son pistolet en visant tout et n’importe quoi.
- Ne vises personne directement quelqu’un comme ça Julien.
-Mais pourquoi ? Rechigna-t-il. C’est une fausse ! Elle ne ferait pas de mal à une mouche !
Erin se mit à sa hauteur pour lui expliquer calmement
- Toi tu le sais mais celui que tu vises ne le sais pas. Imagines qu’il se sente menacé, qu’il sorte une arme, une vraie arme et qu’il l’utilise contre toi. On fait quoi après?
Julien semblait réfléchir à cette situation qui peut devenir réelle plus rapidement que ce qu’on pourrait imaginer. Pour toute réponse, il rangea le pistolet dans son emplacement et attendit patiemment qu’on les fasse entrer. Il n’y avait pas beaucoup de monde ce sera eux deux contre un autre groupe de quatre personnes, mais Erin ne s’en faisait pas. Par contre elle remarqua que Julien était quelque peu tendu, elle espérait que ce soit seulement cette activité qu’il n’avait encore jamais pratiqué plutôt que sa présence.
- Tu appréhendes ?
- Un peu oui, avoua Julien.
- Tu veux annuler ? On peut encore trouver autre chose à faire si tu veux.
- Oh non c’est parfait ! C’est juste que j’aime pas perdre et on est deux contre quatre.
Erin reconnaissait bien Jay dans son commentaire ce qui la fit sourire. Qu’est ce qu’il pouvait être mauvais joueur parfois !
- Qui te dit qu’on va perdre parce qu’on est que deux ?! Tu as oublié avec qui tu es jeune homme !
- C’est vrai, dit-il en riant. Tu as un plan d’action ?
- C’est toi le chef aujourd’hui, tu proposes quoi ?
- On évolue ensemble et on élimine tous les ennemis un par un.
Ce petit avait ça dans le sang ou alors il jouait trop à la console, Erin était incapable de le dire. Dans tous les cas, sa stratégie lui paraissait pas mal. Elle rentra dans son jeu et répondit.
- Bien partenaire ! On couvre nos arrières et personne ne nous touchera.
Ils furent invité à rentrer dans le parcours de laser-game, Erin et Julien étaient l’équipe bleue. Ils firent deux parties de 20 minutes et gagnèrent les deux haut la main. Même si durant la première, on les toucha plusieurs fois chacun, l’équipe rouge ne pouvait rien contre eux. Ils évoluaient en silence comme un seul homme et prirent leurs différents adversaires par surprise. Ils étaient touchés sans même sans rendre compte alors que le duo partait déjà à la traque de quelqu’un d’autre. Durant la deuxième partie ils réussissent l’exploit de ne pas être touché une seule fois. À plusieurs reprises, Erin avait touché quelqu’un juste avant qu’il ne tire sur Julien. Il avait lui aussi éliminé un ennemi in extremis, protégeant Erin de justesse.
Ils étaient en train d’enlever leurs équipements, Julien avait un énorme sourire plaqué aux lèvres. Erin était soulagée que cette activité se soit bien passée, elle avait l’impression d’avoir créer des liens avec lui. Rien de tel qu’une activité comme le laser-game pour lui faire prendre conscience qu’il pouvait avoir confiance en elle.
Un des encadrant revint avec leurs feuilles de score, il semblait plutôt impressionné.
- C’est du jamais vu comme score, dit-il en tendant une feuille à Erin. Et toi pour ton âge, tu t’es plutôt bien débrouillé. Ce n’est pas la première fois que vous venez si ?
- Moi j’en avais jamais fait, dit fièrement Julien. Et on n’a pas été touché une seule fois pendant la deuxième partie.
- Oui j’ai vu ça !
- C’est la première fois pour nous deux, monsieur. Mais je fais partie de la police, et le père de ce petit aussi.
- Tout s’explique alors ! Votre fils est vraiment doué, ça doit être dans ses gènes ! Bonne journée à vous, et merci pour ce que vous faîtes pour cette ville.
Il s’éloigna aussi rapidement qu’il était arrivé, ne laissant pas le temps à Erin de répliquer. Elle n’avait pas imaginer un seul instant être considérée comme la mère de Julien et ne le souhaitait pas vraiment. Julien avait eu une maman géniale, elle en était persuadée et elle ne voulait surtout pas prendre sa place. Et même si ça venait à être fait, l’initiative ne viendrai certainement pas d’Erin. Toujours perturbée par la réplique de cet homme, Erin se tourna vers Julien pour voir sa réaction. Il avait l’air plutôt calme et lui souriait gentiment.
- C’est pas de ta faute tu sais ?
- Pardon ? Demanda Erin surprise.
- Tu allais t’excuser pour son comportement mais tu n’y es pour rien.
Erin le remercia silencieusement, il venait de la sortir d’une situation délicate sans même s’en apercevoir.
- Tu veux faire quoi maintenant que tu as écrabouillé tout le monde ici ?
- On ne doit pas aller récupérer mon père à l’hôpital ?
- Non, il m’a envoyé un message tout à l’heure disant qu’il rentrait seul pour nous laisser un peu plus de temps tous les deux. Mais si tu veux rentrer directement il n’y a pas de problèmes !
- Non non j’aimerai bien rester un peu avec toi ! Je mangerai bien une gaufre si tu veux bien, ça donne faim le laser-game !
- Bien sûr ! Viens on y va !
Le trajet se fit en silence, mais un silence apaisant. Julien gardera de très bons souvenirs de cette après-midi passée avec Erin. Elle s’arrêta dans un petit café tranquille, Julien commanda une gaufre au nutella et elle se prit un simple café. En attendant leur commande, c’est Erin qui engagea la conversation.
- Alors cette journée ? Tu aimerais en faire d’autres comme celles-ci ?
- J’ai passé un très bon moment Erin, et je suis désolé pour ce que je t’ai dis hier. Je n’aurais pas du te juger alors que je ne te connaissais pas encore.
Julien semblait désormais mal à l’aise mais Erin ne voulait pas qu’ils rentrent avec ce froid entre eux alors que tout s’était bien passé.
- J’aurais agi de la même manière si ça m’était arrivé
- Vraiment ?
- Bien sûr, tu es arrivé dans un endroit que tu ne connaissais pas et la première chose que tu as vu c’est la petite amie de ton père s’enfuir en te voyant. Évidemment que j’aurai mal vécu qu’elle revienne comme une fleur et je lui aurait fait payé. Je peux comprendre tout ça. Mais après la journée qu’on vient de passer, j’aimerai que tu réfléchisse si ma présence à vos côtés te dérange toujours. Je ne vais pas t’éloigner de ton père Julien, tu as assez souffert comme ça. Mais je ne peux pas non plus m’éloigner de lui, tu comprends ? Jay a besoin de nous deux dans sa vie mais je ne veux pas être un obstacle pour votre relation.
Julien descendit de son tabouret avant de se placer en face de celui d’Erin. Il lui prit la main pour qu’elle se mette à sa hauteur et se réfugia dans ses bras.
- Je suis désolé Erin. Restes avec nous s’il te plaît. Je ne veux pas que tu t’en ailles.
Les larmes montèrent aux yeux d’Erin. Mais est ce qu’elle va s’arrêter de pleurer un jour ?
- Je ne vais nulle part Julien. Je ne m’enfuirai plus comme j’ai pu le faire ces dernières semaines. Je t’en fais la promesse.
- Je suis désolé d’avoir été si méchant avec toi. Je t’ai jugé trop vite et je m’en veux. Mais quand j’ai vu mon père si malheureux je ne pouvais pas m’empêcher de t’en vouloir.
Erin se détacha doucement de Julien et l’obligea à la regarder dans les yeux.
- Écoutes moi bien parce qu’après on n’en reparlera plus. D’accord ?
Julien hocha la tête, signe qu’il avait toute son attention. Il s’en voulait de son attitude et il ne comprenait pas pourquoi Erin faisait comme si rien ne s’était passé.
- Oublies un peu ce qui s’est passé jusqu’à présent Julien. Je t’assure que je ne t’en veux pas et que je comprends. Alors maintenant on reprend à zéro. Tout ce dont tu te souviendra de nous commencera par ce qu’on a fait aujourd’hui. Ça te va ?
Julien fit semblant de réfléchir un instant, cet air était vraiment craquant. Il tendit finalement sa main en direction d’Erin.
- Deal
Elle serra à son tour la main de Julien en rigolant. Ce petit était vraiment plein de surprise.
- Aller finis ta gaufre jeune homme ! Séances émotions terminée.
Julien remonta sur son tabouret le sourire aux lèvres. Erin le regarda manger silencieusement, il ressemblait tellement à Jay par moment...
- Julien ?
Le petit garçon releva la tête, le visage plein de nutella et la bouche pleine.
- Quand tu étais petit, il était avec vous Jay ?
- Oui mais j’étais vraiment jeune.
- Et il était comment ?
- Je ne m'en souviens pas enfaîte…
Le visage de Julien changea radicalement d'expression. Erin laissa alors tomber cette question, le petit garçon souffrait déjà probablement assez de la situation et ils venaient tout juste de trouver un terrain d'entente.
Une fois la gaufre terminée, Julien était prêt à rentrer. Il prit la main d'Erin jusqu'à la voiture. Tout le long du chemin, Erin le laissa choisir la radio et ils chantaient tous les deux en riant. Ils riaient encore en passant le pas de la porte de l'appartement où les attendait Jay qui ne s'attendait vraiment pas à une telle scène entre les deux personnes les plus importantes de sa vie.
- Je demande pas comment ça s’est passé, dit-il avec un énorme sourire.
- C’était génial ! s’exclama Julien. Tu viendras avec nous la prochaine fois papa ?
Jay regarda Erin pour voir ce qu’elle pensait de tout ça. Quand il vit qu’elle regardait tendrement Julien avec ce sourire qui le faisait craqué à tous les coups il ne put s’empêcher de lui sourire.
- Bien sûr, on fera des activités tous les trois à partir de maintenant si tout le monde est partant.
- Cool, répondit-il Julien plein d’enthousiasme.
- Ça marche pour moi aussi.
Jay regardait son fils puis Erin, il était soulagé que leur après midi ce soit aussi bien passé. Honnêtement il ne pensait pas qu’autant de liens ce serait créés en si peu de temps même s’il était persuadé que tout s’arrangerait. Il fut sorti de sa contemplation par Julien.
- Tu peux aller me faire couler mon bain papa s'il te plaît ?
- Oui oui j'arrive.
Jay se tourna vers Erin, il la supplia du regard de l'attendre pour qu'ils puissent discuter tranquillement. La jeune femme lui sourit tendrement avant de faire un signe de tête en direction de Julien, lui incitant silencieusement d'y aller.
Erin s'installa sur le canapé en attendant Jay, elle pouvait entendre Julien lui raconter sa journée et les rires des deux garçons. Ça la soulagea, l'après midi de Jay ne devait pas avoir le même goût que leur sortie au laser-game. Dès qu'elle avait passé la porte de l'appartement de Will, Erin avait remarqué les traits tirés de Jay. Il avait tenté de caché son mal être par son sourire charmeur mais ce n'était pas passé à côté d'Erin. Le Docteur Charles avait du remué de vieux souvenirs. À présent elle devait être présente pour Jay, comme il l'avait été pour elle après la mort de Nadia. C'est une main posée sur son épaule qui la sortit de ses songes, elle releva la tête en direction de Jay.
- Ça ne va pas ? Demanda ce dernier inquiet.
- Si si j'ai passé une super journée, merci de m'avoir laissé Julien. Toi ça va ?
Le regard de Jay se voila immédiatement, il s'éloigna vers la cuisine. Erin eu peur qu'il ne s'éloigne d'elle mais elle le vit revenir avec deux bières. Il en tendit une à Erin et posa la sienne sur la table basse. Erin voyait bien qu'il n'osait pas vraiment en parler, sûrement parce qu'il n'avait plus confiance en elle. Elle mit sa main dans la sienne.
- Tu peux me parler Jay, peu importe ce que tu as à dire, fais le sortir. Je suis encore une fois désolée pour mon attitude mais tu peux me faire confiance. Tu le sais ça hein ?
- Ce n'est pas un problème de confiance, j'ai confiance en toi. Je ne sais pas comment t'en parler, j'ai peur de te blesser.
- Ne gardes pas ça pour toi, je suis là pour toi. Peu importe ce que c'est, je peux le gérer.
Elle fit une pause pour qu'il assimile ses propos, il fallait qu'il se rende compte qu'il n'était pas seul dans cette histoire.
- Comment s'est passé ton rendez vous ? Demanda-t-elle pour l'inciter à se confier.
Jay souffla et plongea ses yeux dans ceux d'Erin. Ils avaient toujours eu le don de l’apaiser en temps de crise et c'est exactement ce dont il avait besoin à ce moment.
- Ça ne s'est pas passé exactement comme je l'avais imaginer.
- Rien ne se passe jamais comme on l'avait imaginer, ajouta-t-elle. Après Nadia je pensais qu'on pourrait survivre à tout mais regardes nous maintenant.
- On y survivras Er, mais laisse moi finir s'il te plaît. C'est déjà pas facile de t'en parler…
- Excuse moi.
Elle était vraiment la dernière des connes ! Il essayait de se confier sur son passé, un passé douloureux et elle elle revenait sur ses caprices. Où avait-elle la tête ? Erin reprit la main de Jay dans la sienne et replongea son regard dans celui de son partenaire. Il avait désormais toute son attention.
- En allant voir le docteur Charles, j’espérai qu'il me dise que c'était impossible d'oublier l'existence de son enfant. J'aurais préféré qu'il me le dise, je me sens suffisamment mal de ne pas me souvenir des premières fois de Julien. Mais ce n'est pas du tout ce qu'il pense. D'après lui, dans certaines circonstances il est probable d'oublier, même si c'est plutôt rare.
- Mais il faudrait un événement vraiment horrible pour oublier l'existence de son fils.. Je veux dire.. On a vécu des trucs moches aux renseignements mais ça ne peut pas être ça.
- J'ai vécu beaucoup de choses avant d'arriver ici. J'ai vu beaucoup de choses sur le terrain. C'est la guerre qui m'a fait oublier mon bébé.
- Comment ça la guerre t'a fait oublié ton bébé ? Demanda Erin maintenant inquiète.
- Il pense que j'ai voulu oublier un moment traumatisant qui s'est passé au front mais que j'ai aussi oublié un pan de ma vie. Mais le docteur Charles n'est pas spécialisé dans ce genre de traumas donc il m'a conseillé d'aller voir son collègue le docteur Tobias Blake qui travaille avec les anciens soldats.
- Tu comptes faire quoi ?
- Je ne sais pas vraiment, toute cette histoire me paraît folle.
- S'il préfère que tu vois quelqu'un d'autre je pense que tu devrais y aller. Ça te permettrai de comprendre tout ça et de continuer à vivre ta vie.
- J'ai peur de ce qu'il va déterrer Erin, c'était vraiment moche là bas.
Erin ne pouvait pas supporter un instant de plus la vision qu'elle avait devant elle. Elle ne pouvait pas voir l'homme qu'elle aimait plus que tout aussi effondré et aussi inquiet, ce n'était tellement pas son genre. Elle le prit dans ses bras avec force, lui montrant tout son soutien.
Contre la jeune femme, Jay se laissa aller et craqua enfin. Il avait tellement peur, il pensait que toute cette période était derrière lui et tout allait lui revenir en pleine face. Il n'était pas prêt à gérer ça maintenant et surtout pas devant Julien. Jay desserra légèrement leur étreinte avant de poser sa tête sur les genoux d'Erin. Elle passa immédiatement sa main dans ses cheveux et commença à jouer avec, Jay ne tarda pas à s'endormir sous ses caresses qui l'apaisaient.
L’appartement était calme depuis quelques minutes lorsque Julien arriva en demandant.
- Papa ! On peut manger s’il te plaît ? Je meurs de faim !
Erin fit signe à Julien de baisser d’un ton et quand ce dernier vit que son père s’était endormi, il sourit à cette vision.
- Ton papa dors et il en a vraiment besoin. Je n’ai pas vraiment envie de le réveiller mais il m’a prit pour son oreiller, sourit-elle.
- Vous êtes beaux tous les deux. Je vais aller voir en cuisine si y a quelque chose de prêt. Si c’est le cas je le réchauffe et je peux manger ici ?
- Oui bien sûr, fais attention. Si y a un soucis appelles moi, je viendrais t’aider.
Julien acquiesça avant de se diriger vers le frigo. Ce petit garçon était vraiment mignon et la faisait littéralement craquer. Elle le vit revenir avec deux assiettes et les couverts qu’il posa sur la table basse où se trouvait toujours les deux bières qui n’avaient pas été touchées.
- J’ai supposé que tu avais faim aussi.
Erin regarda Jay qui était toujours profondément endormi, elle ne savait pas quand il allait se réveiller et devait avouer qu’elle avait faim elle aussi.
- Merci Julien. Tu as trouvé quelque chose ?
- Oui oui il reste des lasagnes d’hier, elles sont en train de chauffer.
Ils mangèrent tous les deux dans la bonne humeur en faisant attention à ne pas réveiller la belle au bois dormant se trouvant à leur côté. Ils discutèrent tous les deux de tout et de rien n’abordant aucun sujet qui fâche. Erin racontait des anecdotes de Jay qui faisait rire le petit pendant que ce dernier lui faisait part de ce qu’il rêvait. Il avait plein de projets en tête et elle pouvait voir clairement que son papa était son héros. Il avait conscience que Jay avait servi son pays et que c’était plus important que d’être tous les soirs avec son fils. Julien avait déjà un sens du devoir important et voulait rejoindre la police, comme son papa.
C’est quand elle vit que le garçon baillait qu’elle regarda l’heure. Il était déjà 22h, elle n’avait aucune idée si il avait pour habitude de rester si tard mais aujourd’hui il tombait littéralement de sommeil.
- Tu devrais aller te coucher, on dirait un zombie, plaisanta-t-elle.
- Est ce que papa va venir avant que je dorme ? Il vient toujours me coucher.
- Va te préparer, je suis sûre qu’il ne va pas tarder à se réveiller.
Erin regarda Julien s’éloigner vers sa chambre et reposa son attention sur Jay qui n’avait pas bougé. Elle recommença ses caresses pour le réveiller en douceur.
- Suis réveillé, murmura-t-il.
- Ça fait longtemps ?
- Suffisamment, je ne voulais pas vous déranger. Et je dois avouer que j’étais tellement bien installé, l’oreiller était ferme comme je les aime.
Erin rigola et frappa gentiment l’épaule de Jay.
- T’es bête ! Aller va voir ton fils, il t’attend.
Jay se redressa péniblement et s’éloigna lentement. Il se retourna avant de sortir de la pièce et lança son plus beau sourire à Erin.
- Toi tu restes là !
- Je ne vais pas tarder Jay, il commence à se faire tard.
- Je reviens, ne bouges pas.
Erin entreprit de ranger un peu en attendant Jay, ce dernier revint quelques minutes plus tard.
- Alors dans ne bouges pas toi tu entend et si je rangeais tout l’appartement ?
- Je ne suis pas vraiment du genre à attendre patiemment sur le canapé que mon homme rentre.
Jay sourit comme un bienheureux à cette phrase, elle envisageait un futur avec lui. Erin Lindsay la fille la plus indépendante qu’il connaissait envisageait un avenir tous les deux. Bon elle l’attendra pas sur le canapé à rien faire mais elle sera là et c’est tout ce qui lui importait.
Erin ne comprit pas tout de suite la réaction de Jay. Elle rejoua la scène dans sa tête et se mordit intérieurement la lèvre quand elle réalisa ce qu’elle venait d’avouer.
Cette simple réaction fit craquer Jay qui s’avança vers la jeune femme. Il prit son visage en coupe et l’embrassa tendrement, amoureusement. Elle ne mit pas longtemps à répondre à ce baiser qui devint très vite passionné. Ils se séparèrent quand l’air vint à leur manquer, leurs front restèrent collés et ils se regardèrent en souriant. Erin posa une main sur son torse et se recula légèrement sans briser ce contact visuel.
- Je devrais y aller, il se fait tard.
- Tu peux rester, tu sais. Et comme tu viens de le dire il se fait tard, je préférerais autant que tu ne rentres pas toute seule.
- Jay…
- Alors je vais le dire autrement. Restes ici ce soir, j’en ai besoin, s’il te plaît.
Sans un mot de plus, Jay lui tendit la main. Le regard d’Erin passa de sa main à son visage mais elle ne mit pas longtemps à glisser sa main dans celle de Jay. Il l’attira alors doucement dans sa chambre.
- Tu sais que je n’ai pas pris d’affaires ?
- Je te prête un t-shirt à moi si ça te convient.
Bien sûre que ça lui convenait, dormir avec l’odeur de Jay elle le faisait tous les soirs. Il avait laissé un t-shirt dans son appartement et elle ne pouvait dormir sans depuis qu’ils étaient en froid. Son odeur commençait à s’estomper donc elle était plus que ravie qu’il lui en prête un autre.
- C’est parfait Jay.
Chacun se préparèrent à aller se coucher, l’un comme l’autre était fatigué de leur journée. Erin se glissa sous les couvertures en restant de son côté du lit. C’est Jay qui prit l’initiative de se coller à elle et de la prendre dans ses bras.
- Merci d’être là. Bonne nuit Erin.
- Bonne nuit Jay.
Le sommeil les gagna bien vite avec des pensées positives, ils commençaient à trouver un équilibre dans leur nouvelle vie à trois.
Marks, Mochito, Saeno et Dovers jouaient tranquillement aux cartes sur le lit de ce dernier. La chaleur était étouffante et ils avaient tous préféré se réfugier dans leur logement de fortune.
- Hey Halstead ! Tu viens jouer avec nous ou tu lorgnes sur ta copine ? Lança Marks pour rigoler.
Jay s’était isolé sur son lit et tenait une photo dans ses mains. Cette photo ne l’avait pas quitté une seule minute depuis qu’il avait été déployé. Elle avait été prise l’un des jours les plus importants de sa vie et cette photo commençait à montrer des signes d’usures tellement Jay la regardait souvent.
- Je suis papa les gars et c’est ma seule raison de rentrer à la maison en un seul morceau.
- Attends tu es en train de dire que ça fait bientôt quatre mois qu’on sert notre pays tous ensemble et qu’on sait seulement aujourd’hui que tu as un môme au pays ?
- Félicitations mon pote ! s’exclama Dovers en se levant pour aller prendre dans ses bras pour une accolade fraternelle. Être papa c’est la meilleure sensation au monde tu verras.
-Toi aussi tu es un papa gaga Dovers ? Mais c’est quoi votre problème de faire des gamins avant de partir au front ?
- Mochito ferme la, répliquèrent en cœur Marks et Seano.
- Non ! Je ne comprend pas le but d’avoir des enfants et de les laisser sans leur père ! Y a des chances pour qu’on ne rentre jamais et vous vous laissez des enfants derrière vous !
- Arrêtez les gars ! Lança Dovers. On rentrera tous à la maison ! Et comme a dit Halstead, le fait d’avoir quelqu’un qui nous attend, ça permet de tenir ici. Vous avez tous au moins quelqu’un qui vous attend et pour qui vous feriez tout pour rentrer entier. Halstead et moi, ce sont nos enfants, toi Mochito ton chien, peu importe. Il faut absolument qu’on arrive à se respecter pour qu’on puisse veiller les uns sur les autres. Il va falloir être solidaire si vous voulez rentrer au pays les gars. Vous savez aussi bien que moi qu’il arrive des choses moches ici, si vous ne faites pas confiance en vos camarades par rapport aux choix qu’il a fait au pays alors on sera incapable de se garder en vie. On doit absolument se serrer les coudes et se soutenir entre nous, ça ne marchera pas sinon.
Ils avaient finalement tous l’air d’être d’accord avec les paroles de Dovers. S’ils avaient bien tous un point commun c’est qu’ils voulaient tous rentrer auprès de leurs proches. Ils vinrent tous serrer la main à Jay en le félicitant avant que chacun ne reparte à ses occupations. Dovers lui, resta vers Halstead, ils avaient bien plus en commun qu’ils ne l’avaient imaginé.
- Tu me le montres ce ptit bout de chou au lieu de maltraiter cette photo ?
Jay tendit la photo à son frère d’arme avec un sourire.
- Je te présente Julien Halstead, ma plus grande fierté. La photo a été prise juste avant que je parte, il avait à peu près un an.
- Elle est belle ta petite famille Halstead. Tu en as de la chance.
- Je sais mec. Je sais. Ils sont toute ma vie !
- C’est sérieux avec la maman ? s’enquit Dovers.
- Justine ! Oui c’est sérieux, même si Julien n’était pas vraiment prévu, c’est très sérieux. J’avais prévu de faire ma demande avant que je sois rappelé au front.
- Félicitations !
- Attend c’est pas fait, dit Jay en rigolant. Je ne sais pas si je serais en état de la faire en rentrant.
- Hey un peu de positivisme ici ! Si tu l’aimes, bien sûr que tu vas faire ta demande et vu la photo que tu viens de me montrer je ne doute pas une seule seconde quant à sa réponse.
Une explosion a proximité de la base mit tout le monde en alerte. Jay rangea la photo dans sa poche, près de son cœur, non sans avoir embrassé son fils d’abord. C’était son ange gardien. Les différents bataillons sortaient des baraquements pour voir ce qui se passait à l’extérieur. Une seconde explosion, encore plus près cette fois-ci, se fit entendre. Le groupe de Jay se regroupa et ils s’équipèrent en silence, ils savaient ce qu’ils avaient à faire en cas d’attaque. On pouvait entendre les différents chefs d’unité hurler des ordres à leurs troupes. Les soldats évacuèrent les tentes dans lesquels ils rigolaient quelques instants plus tôt pour se mettre en position, ils devaient défendre leur base de l’attaque qu’elle était en train de subir. Le son caractéristique des kalachnikov commençait à se faire entendre, les assaillants étaient bien mieux équipés que ce qu’ils avaient pu imaginer. Mais l’armée américaine était certainement mieux entraînée que ceux qui les attaquaient. Elle s’en sortira certainement mieux qu’eux, avec bien moins de perte humaine.
Dans l’unité de Jay, ils étaient tous prêts à faire face à la situation. Ce n’était pas leur première mission, pour aucun d’entre eux. Ils avaient tous vu pire dans leurs précédents déploiements.
- On reste groupé les gars et on élimine ces ordures les uns après les autres. Il est hors de question qu’on en reste ici, affirma Marks pour motiver ses camarades. On a encore plein de choses à raconter et à apprendre à notre entourage et aux enfants pour certains.
Ils avancèrent comme un seul homme, ne faisant aucun bruit. On entendait à peine leurs pas, marchant en rythme et communiquant par gestes et signes. Ils éliminèrent certains assaillants sans embauches mais essuyèrent quelques rafales de tirs de la part d’autres. Les explosions se succédèrent aux quatre coins de la base. Halstead et ses camarades patrouillaient dans un endroit plutôt calme, ou alors c’était leur expérience sur le terrain qui leur faisait croire cela. Tous surveillaient les arrières des autres, utilisant leurs armes si nécessaire pour sauver la peau d’un copain. Pour leur équipe il n’y avait pas eu de débordement et ils en étaient tous soulagés. Aucun d’eux ne fut blessé même si ce n’était sûrement pas le cas pour tous les bataillons, c’était une bonne chose. Ils avançaient tranquillement et plus que concentrés entre les différents logements, c’était devenu plus calme. Beaucoup moins de coup de feux retentissaient et les explosions avaient cessées, ils devaient avoir éliminer le plus gros des ennemis.
Les gars s’arrêtèrent un instant pour contrôler les environs.
- Je crois qu’on aura survécu à cette attaque, murmura Saeno.
- Oui on dirait que l’attaque prend fin, enchaîna Mochito.
- Restez concentrés ! Vous savez aussi bien que moi que
Marks n’eut même pas le temps de finir sa phrase qu’une explosion les projeta tous les cinq violemment au sol.
Jay était le plus loin du groupe et fut le moins touché par l’explosion. Il essaya d’ouvrir les yeux mais il ne voyait pas vraiment ce qui se passait autour de lui. Il n’entendait qu’en partie les cris de douleurs de ses partenaires. Il fallait que ce bourdonnement dans ses oreilles cesse, sa tête allait exploser. Quand ces yeux se furent réhabitué à la réelle luminosité extérieure, il essaya de se lever. Il se releva principalement avec la force des bras, ses jambes avaient venues s’écraser fortement contre un véhicule militaire. Chaque mouvement était douloureux mais c’était certainement le moins touché parmi les cinq soldats, il se devait de leur venir en aide. Quand il fut enfin debout il se tourna sur lui même lentement pour voir l’étendue des dégâts qu’avait causé l’explosion et chercha ses camarades du regard. La vue qui s’offrait à lui lui glaça le sang. Ils étaient tous brûlés à différents degrés et beaucoup de sang s’échappait de leur différentes plaies. D’après ce qu’il pouvait voir il était le seul capable d’aider ses frères d’armes.
Il se rapprocha de Dovers qui était le plus proche de lui. Arrivé à sa hauteur, il vit qu’il était conscient mais salement amoché quand même.
- Hey Dovers ! Tiens bon mon pote, je vais te sortir de là.
- Les autres ? Demanda-t-il faiblement.
- Je ne sais pas encore, je te met à l’abri et je vais voir.
- Je peux attendre Halstead..
- Non tu ne peux pas, personne ne peut. Il est hors de question que je vous perde tous, tu es peut être le seul qui peut être sauvé. On était les plus loin de l’explosion tous les deux. Je te met à l’abri et je reviens vers toi.
- Halstead…
- Tiens bon, je reviens et tu as intérêt d’être toujours en vie.
Jay avait été habitué à cacher ses émotions sur le terrain mais voir toute son équipe au sol, il ne pouvait pas y être insensible. Ils parlaient bébé et mariage une demi heure auparavant et là il devait sauver son camarade mais aussi ami. S’il avait déjà vécu des choses dures au combat, c’était bien la première fois que toute son équipe était touché de la sorte.
Jay tira Dovers par le col sur plusieurs mètres afin de le protéger d’éventuels tirs ennemis. Personne ne pouvait voir qu’il y avait un homme à terre, il se trouvait en sécurité pour l’instant. Il jeta un dernier regard à son ami avant de s’éloigner vers les autres. Il se dirigea ensuite vers Marks, un seul regard dans sa direction avait suffit à Halstead pour dire qu’il ne s’en était pas sorti. L’explosion l’avait certainement tué sur le coup mais ce n’était peut être pas plus mal, au moins il ne souffrait plus comme Dovers.
- Je suis désolé mon pote, souffla-t-il en le déplaçant lui aussi.
Il ne pouvait pas le laisser comme ça, au milieu de la route. Il le tira alors où il avait déposé Dovers quelques minutes plus tôt. Dovers demanda d’un regard le verdict et Halstead secoua la tête négativement. Ils n’avaient pas besoin de paroles pour se comprendre dans ces circonstances. Dovers était toujours conscient ce qui le rassura légèrement, il pu repartir aider les autres un peu plus sereinement. Mais sa confiance retomba bien vite quand il s’approcha de Saeno, un débris lui avait perforé la poitrine. Il se vidait peut à peu de son sang mais était apparemment conscient, Halstead s’en voulu de ne pas avoir vu qu’il avait plus besoin d’aide que Marks… Il se précipita et tomba à genoux à ses côtés, il n’aurait pas le temps de le déplacer en sécurité. Il comprima sa plaie de ses mains mais du sang continuait de s’écouler entre ses doigts.
- Tiens bon Saeno !
- C’est trop tard Halstead…
- Non non je t’interdis d’y rester !
- Laisse moi partir… Per… Personne ne m’attend au pays. Prends soin de toi et de ton fils Halstead. Tu es quelqu’un de bien, ne laisse pas la guerre te changer.
C’est sur ces dernières paroles que Saeno ferma les yeux définitivement. Les larmes commençaient à monter aux yeux de Jay mais il ne devait pas craquer, pas encore. On avait encore besoin de lui, ses camarades avaient besoin de lui, sa famille avait besoin de lui, son pays avait besoin de lui. Il avait fait un serment en s’engageant et il se devait de le respecter.
Il passa doucement une main sur le visage de son camarade pour lui fermer les yeux avant de le tirer, comme il l’avait fait pour Marks, afin de le mettre à l’abri. Quand Dovers aperçu le visage fermé de celui qui se démenait pour les sauver, il comprit qu’il était trop tard pour Saeno. Il tourna la tête pour ne pas regarder les corps sans vie de ses deux camarades. Il était persuadé que seul Halstead survivrais à cet incident, lui même avait de plus en plus de mal à respirer et à rester éveillé. Mais il tiendrais encore quelques minutes, il avait promis à Halstead de rester en vie le temps qu’il mette tout le monde à l’abri.
Halstead reparti vers le lieu de l’explosion, il ne restait que Mochito. Arrivé à sa hauteur, il ne savait dire s’il était toujours en vie ou non. Aucune grosse blessure n’était visible mais il avait quand même un mauvais pressentiment. Il pris alors son poux mais ne sentit rien. Encore un camarade perdu aujourd’hui. Il mit Mochito au même endroit que les trois autres et pis un instant au dessus des corps avant de se rapprocher de Dovers.
- Toi tu as intérêt à t’en sortir ! Je n’y survivrais pas si je perd toute mon équipe aujourd’hui, souffla Jay qui commençait à relâcher les émotions qu’il retenait prisonnières.
Dovers avait de moins en moins de force et tout ce qu’il faisait lui réclamait un effort immense.
- So… souffla-t-il.
- Garde tes forces Dovers, tu m’en parleras quand on sera sorti d’ici !
- Non Halstead tu comprends pas…
- Si je comprend malheureusement mais je ne le veux pas ! C’est pas juste que je sois le dernier à sortir d’ici !
- Sonia, parvint-il à prononcer dans un souffle.
- Qui est Sonia ? Ta copine ? Tu lui diras que tu l’aimes toi même Dovers. Je refuse de le faire pour toi !
- Mon bébé…
- Sonia c’est ta fille ?
Dovers acquiesça difficilement, il avait de plus en plus de mal à parler. Mais il devait finir de ce qu’il avait à dire, il devait demander quelque chose à Halstead pour pouvoir partir en paix.
- Occupes toi d’elle pour moi…
- Je te promets de veiller sur elle ! Tu peux partir Dovers, je m’occupe de Sonia. Je m’occupe de ta famille à mon retour, je t’en fais la promesse.
Dovers esquissa un sourire avant que son visage ne se détente. Il avait enfin lâché prise, toutes ses souffrances disparaissaient de son visage. Il semblait désormais étrangement serein.
Jay s’autorisa enfin à craquer, au dessus du corps de son ami. Il pleurait à chaudes larmes ne se souciant pas de ce qu’il se passait autour de lui. Il n’avait aucune idée de l’état de leur base et s’en fichait à ce moment. Il venait de perdre quatre frères d’armes, quatre amis. Il s’accrochait au corps sans vie de Dovers comme si sa vie à lui aussi en dépendait.
Un bras puissant vint le tirer en arrière par la gorge. Même si à ce moment il était dévasté par les pertes subies, son instinct de survie reprit très vite le dessus. Se servant de son poids plutôt avantageux il redressa son adversaire, il s’agissait certainement d’un des assaillants ayant attaqué la base. Mais ce dernier apparemment aussi bien entraîné que Jay ne se laissa pas faire. Ils combattirent corps à corps pendant quelques minutes avant que Jay ne réussisse à prendre l’ascendant. Désormais au dessus de lui de ton son corps, il avait les deux mains serrées autour de la gorge de son adversaire.
Erin se réveilla, Jay au dessus d’elle, l’étranglant comme si sa vie en dépendait. Il était en sueur et ne semblait définitivement pas dans son état normal. Elle passa une main sur son visage pour tenter de le faire venir à lui mais il referma un peu plus sa prise à ce geste.
- Jay… Lâche moi tu me fais mal, parvint-elle à souffler.
Elle le suppliait de reprendre ses esprits lui assurant que ça irait, que ce n’était qu’elle. Elle était en larme, impuissante fasse à un Jay que rien ne semblait pouvoir arrêter.