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Série : Chicago P.D.
Création : 01.03.2017 à 10h06
Auteur : soaddict
Statut : Terminée
« Je me lance dans cette grande aventure des EV ! L'histoire d'une enquête qui va réveiller de vieux démons, briser des liens et révéler la force de cette unité. N'hésitez pas à commenter » soaddict
Cette fanfic compte déjà 173 paragraphes
Elle allait se lever mais Hank l'en empêcha.
- Non Erin, non ! Tu resteras ici tant que tu ne m'auras pas dis ce que je veux entendre ! Cria-t-il
- Mais je ne sais pas ce que tu veux entendre Hank, je suis fatiguée de tout ça...
- Tu t'es mise dans cette situation toute seule, dis moi au moins... dis moi que tu veux t'en sortir, dis moi juste ça …
Erin avait repliée ses jambes contre elle en les entourant de ses bras, en boule sur la chaise elle posait sa tête sur ses genoux. La mâchoire serrait, le regard dans le vide, elle ne pleurait plus. Elle se renfermait sur elle-même encore une fois.
- Mais parle, putain ! Dis moi quelque chose ! Continua Hank sans la laisser lui échapper
- J'ai été trop loin, je sais... Dit-elle enfin
- Dit moi pourquoi, reprit-il plus calmement
- Pourquoi ? S'étonna-t-elle
- Oui, dit moi pourquoi cette fois tu as été si loin ?
- Mais... J'en sais rien... ! Tu veux me faire dire quoi ?
- Arrête Erin, tu sais qu'il y a quelque chose, je veux t'entendre le dire
- Non, affirma-t-elle, je n'ai rien à te dire …
La conversation dura encore de longues minutes, trop longues pour Erin qui se sentait de plus en plus mal. Hank ne la lâchait pas, il la poussait encore et encore malgré son état.
Une dernière fois, il proposa à Erin de se confier à lui. Devant ses arguments peu convaincants et son regard fuyant, il finit par prendre une décision.
- C'est fini, dit-il, tu vois bien que tu te noies dans tes propres excuses, tu peux plus reculer
Ne voyant toujours aucune réaction de la part d'Erin, il prit ses clés de voiture et lui demanda de se lever.
- Quoi ? S'étonna-t-elle, mais on va où ? Tu fais quoi là ?
- Tu me laisses pas le choix Erin, je suis désolé...
Il l'a prit par le bras, et même si elle se plaignait de l'emprise de Hank, il continuait à la faire avancer vers la voiture sans relâcher la pression. Il l'installa fermement sur le siège avant et monta à son tour sans dire un mot. Il démarra et partit en trombe sous le regard inquiet d'Erin.
Un orage grondait dans le ciel de Chicago. La nuit commençait a tomber et Hank roulait toujours en silence. A ses côtés, Erin ne parlait pas. Elle regardait défiler les rues les unes après les autres sans comprendre.
Au Molly's , Antonio et Ruzek étaient déjà arrivés. Installés au comptoir, ils discutaient avec Gabby.
- Je comprends pas la réaction de Voight, dit Gabby
- Ils ont une relation particulière, lui et Erin, je pense qu'il sait ce qu'il fait, répondit Antonio
- Peu importe leur relation, reprit Ruzek, il compte étouffer ça comment ? Enfin, je veux dire, Erin est dans un sale état, Hank ne vient pas au bureau et Halstead part complètement en vrille... je sais pas comment...
Sa phrase s'arrêta nette par une tape dans le dos.
- Je pars pas en vrille, ne t'en fais pas ! Lui souffla Jay à l'oreille
- Hey mec ! … Désolé, je le pensais pas c'est juste que...
- T'inquiètes, je comprends, répondit Jay avec un clin d'oeil
- Ça va toi ? Questionna Antonio
- J'attends de voir, mais pour l'instant ça va
- Et sinon on est pas venu ici pour papoter non ? Bière pour tout le monde ? Lança Mouse pour couper court à tout ça
Gabby les servit rapidement et ils trinquèrent ensemble une partie de la soirée. Les discussions s'enchaînèrent passant de grave à plus drôle. Jay se forçait à sourire en tentant d'oublier quelque peu sa tristesse. Malgré tout, il n'arrivait pas a penser à autre chose qu'à Erin. Se posant mille questions, à chaque fois que la porte du bar s'ouvrait, il avait l'impression de la voir. Il rêvait de la voir passer la porte, elle lui souriait, s'approchait doucement et se jetait dans ses bras le couvrant de baiser.
Il se ressaisit et reprit la conversation avec le reste de l'équipe. La nuit avançait et il ne voulut pas gâcher la soirée, alors il attendrait le lendemain pour leur annoncer son intention de quitter les renseignements.
La pluie s'était mise a tomber d'abord doucement sur le pare brise de la voiture, mais maintenant c'était un véritable déluge. Les essuies glaces marchaient à plein régime, dans l'habitacle, Erin se redressa alors que Voight venait de prendre un virage pour entrer dans une ruelle.
- Attends … Hank...
- Qu'est ce qu'il se passe ? Tu voudrais me parler maintenant ? Dit-il ironiquement
- Non... ça va … j'ai compris, ramène moi s'il te plaît Hank...
- Je te ramène pas non, pas maintenant...
Erin s'agitait tout à coup, le lieu où Hank venait de stopper la voiture avait cet effet là sur elle. Hank la regardait, il attendait qu'elle parle, mais elle se contentait de fixer ses chaussures sans relever la tête.
Hank attendait toujours, Erin ne semblait pas disposer a parler. Les phares de la voiture éclairait la ruelle sombre où il s'était arrêté. Quelques rues plus haut, des maisons collaient les unes aux autres, parmi elles une maison en particulier. Celle où Erin avait grandi, les ruelles qui entouraient cette maison, elle les connaissait par cœur. Et celle où elle se trouvait maintenant avait une signification toute particulière. C'est ici, il y a 15 ans, que Voight et elle s'étaient rencontrés pour la première fois.
Hank descendit de la voiture, bien décidé à faire céder Erin dans son entêtement a garder ses secrets. La pluie n'avait pas cessé de tomber et il était déjà trempé quand il arriva devant la portière passager. Il ouvrit la porte et prit Erin par la main. Elle descendit sans même essayer de lutter.
- Je sais qu'il y a quelque chose, commença Hank doucement
Il l'amena jusqu'au fond de la ruelle, contre le mur du fond, entre une benne à ordure et des carcasses de motos, Hank balaya de la main la pluie qui s'écoulait sur les briques rouges. A peine lisible, quelques lettres apparurent. Taillés directement dans la pierre, une inscription vieille de 15 ans, un seul mot « SORRY ». Erin tomba à genoux au sol, les larmes se mélangeaient à la pluie et un sanglot profond la plongea dans le passé.
C'était un soir d'automne, au premier étage de la maison, Erin s'était réfugiée dans sa chambre. Les cris de sa mère et de son nouveau copain, Rick, avaient envahit le salon. La dispute portait comme souvent sur l'argent, pas celui qui servirait à payer un loyer ou de la nourriture, non. Celui qui servirait à payer leur doses à tous les deux, au détriment de tout le reste.
Erin était assise au sol, le dos contre la porte de sa chambre, le seul moyen d'empêcher Rick d'entrer si il venait à monter à l'étage.
Le scénario était malheureusement souvent le même depuis quelques mois déjà. Après la dispute, suivrait sûrement un moment d’accalmie pendant lequel les deux amants noierait leur désespoir dans l'alcool. Et puis Rick viendrait dans la chambre d'Erin, saoul et entreprenant. Il n'avait jamais réussi à obtenir ce qu'il voulait, Erin le repoussait suffisamment pour qu'il finisse par abandonner. Mais elle ne supportait plus tout ça, ses mains sur elle, sa peau poisseuse et l'odeur d'alcool qui émanait de lui.
Les cris venant du salon continuaient sans fin, Erin préféra alors descendre pour tenter de mettre fin à la dispute avant que les voisins n'appelle la police une fois de plus.
Elle descendit l'escalier rapidement et trouva Rick qui tenait sa mère contre un mur, le visage tuméfiée, celle-ci ne semblait même pas se défendre. Alors qu'il levait la main une nouvelle fois sur elle, Erin se jeta sur lui et frappa de toute ses forces. Avant qu'il n'est le temps de se relever, elle attrapa un vase posé sur le meuble de l'entrée et l'écrasa sur sa tête.
L'homme resta au sol, assommé par ce dernier coup.
- Mais qu'est ce que tu fais ? Cria alors Bunny
- Maman …
- Dégage! Sors d'ici, tu ne fais que compliquer les choses !! Hurlait toujours Bunny
- Mais .. maman ? Je...
- Casse toi Erin, bordel ! Dégage !!
Erin, quitta la maison, n'emportant rien avec elle que ce qu'elle portait sur le dos. Elle n'avait pas conscience en claquant la porte ce soir là, qu'elle ne remettrait pas les pieds dans cette maison avant longtemps.
La nuit était tombée depuis quelques heures, et Erin marchait seule dans le froid, perdue dans ses pensées, elle avançait sans réfléchir, et ses pas la menèrent comme souvent dans un parc où elle avait l'habitude de retrouver l'une de ses amies. Kiara, une jeune fille de 15 ans, comme elle, un peu paumée dans cette vie. Il leur arrivait de dormir dehors, dans une voiture laissée ouverte imprudemment par son propriétaire ou dans les vieux abris en béton des parcs de la ville. Depuis quelques mois Erin se réfugiait auprès d'elle ou auprès de James, son petit ami du moment. James était un gars gentil, petit dealer de rue pour un gang, il n'avait pas le profil d'un méchant et il veillait sur elle souvent quand après une énième dispute avec sa mère ou après les assauts de son beau-père elle se consolait dans l'alcool et la drogue.
C'est lui le premier qui lui fît toucher sa première dose de cocaïne, jusque là Erin se contenter de boire ou de fumer un peu. Mais les effets n'étaient pas ceux qu'elle voulait, ça la rendait triste et encore plus en colère. La cocaïne par contre avait un autre effet, elle se sentait plus forte et même si ça la détruisait elle continuait persuadé que sa vie n'avait, de toute façon, aucun sens.
Elle retrouva Kiara assise sur un banc, une bouteille de vodka à la main.
- Hey !
- Putain, tu m'as fais peur, répondit la jeune fille en souriant
- Ça va ? Demanda Erin
- Moi oui... par contre toi, t'as une sale mine, qu'est ce qu'il se passe ?
- Rien de plus que d'habitude, répondit Erin en lui prenant la bouteille des mains
- Ah oui, je vois ça ! Enchaîna Kiara en regardant Erin avaler plusieurs gorgées de la bouteille sous ses yeux
Elles continuèrent à discuter un moment, puis voyant Erin grelottait de froid, Kiara lui proposa d'aller se réchauffer dans un petit café du coin. Le propriétaire les connaissait bien, il les laissait s'asseoir dans le fond de la salle et leur offrait un chocolat chaud pendant les périodes les plus froides.
A l'intérieur, Erin passa un coup de fil à James, lui demandant de venir. Elle ne voulait pas rester seule, pas ce soir.
Depuis des mois elle n'avait plus mis les pieds au lycée, chez elle la situation ne faisait qu'empirer jour après jour, Kiara et elle passait de plus en plus de temps ensemble, la rue, l'alcool, la drogue, tout ça était devenu un quotidien. Mais ce soir là, alors qu'elle pensait avoir déjà touché le fond, elle allait encore vivre une épreuve de plus, celle qui ferait tout basculer.
James arriva presque une heure plus tard. Il rejoignit les filles à l'intérieur du café.
- Alors ma belle, qu'est ce qui se passe ? Demanda-t-il à Erin en l'embrassant
- Je peux pas rentrer chez moi ce soir, et....
- Encore ?
- Ecoute, juste pour ce soir ok ?
- Ce soir c'est compliqué... j'ai une grosse livraison, une soirée avec des gars que je connais pas...
- Laisse moi t'accompagner, je veux pas rester dehors, s'il te plaît...
Son regard le faisait fondre à chaque fois. Il ne pouvait rien lui refuser. La soirée à laquelle il devait se rendre était dans le sud de la ville. Un quantité de drogue importante à livrer pour de jeunes étudiants en mal de sensations fortes. James accepta d'emmener Erin avec lui, et elle insista pour que Kiara ne reste pas seule.
- Kiara ! Viens, on attendra dans la voiture et on ira faire un tour après !
- Non, vraiment je préfère rester là, répondit-elle
- Et tu vas faire quoi ? Il fait froid, t'as plus un seul billet en poche ! Insistait encore Erin
Dans la voiture James s'impatientait.
- Oh les filles vous prenez une décision, faut que je bouge moi !
Erin prit Kiara par le bras et l'entraîna jusqu'à la voiture en riant. Les deux jeunes filles montèrent rapidement et James prit la route. Elles dansaient dans la voiture sur la musique qui hurlait dans les hauts parleurs. Elles riaient, se faisant passer une bouteille qu'elles buvaient à tour de rôle.
James stationna son véhicule dans une rue déserte, devant une maison animée jusqu'à l'extérieur. De jeunes gens dansaient, la musique couvrait leur rires. Erin observait depuis sa place. Elle les enviait, ils avaient l'air heureux.
James sortit rapidement du véhicule, il récupéra un paquet dans le coffre et passa sa tête à la vitre avant.
- Vous ne bougez pas, je dépose ça et on file ok ?
- Attends ! Tu nous en laisse un peu ? Demanda Erin avec son plus beau sourire
- T'es pas possible ! Répondit-il en souriant à son tour
Il sortit un sachet de sa poche, lui tendit et repartit immédiatement vers la maison. Les deux filles riaient toujours dans la voiture. Loin de la maison, du lycée, de sa mère et de ce cauchemar qu'était devenu sa vie, Erin se sentait bien, tellement plus libre quand elle était avec James. La drogue faisait son effet et elle ne tenait plus en place. James tardait à revenir et elle commençait à s'impatienter quand on tapa à la vitre.
- Salut les filles !
Un jeune homme d'une vingtaine d'année, un verre à la main, un sourire charmeur sur un visage d'ange.
- Vous savez que la fête est bien mieux à l'intérieur ? Pourquoi vous venez pas faire un tour ?
- Non, c'est bon, on allait partir ! Répondit Kiara
- Juste un verre, vous partirez après ! Insista-t-il
- Moi je viens ! Lança Erin en ouvrant la portière
Kiara lui lança un regard noir. Elle ne voulait pas y aller mais elle ne voulait pas laisser Erin toute seule. Et puis qu'est ce que James dirait à son retour... Elle sortit à son tour de la voiture rattrapant Erin par le bras.
- Arrête ! Sérieux je le sens pas !
- Mais t'as peur de quoi ? C'est juste une soirée ! Viens ça va être cool !
Kiara avait cédé, elle savait qu'il faudrait encore affronter la colère de James qui ne supportait pas de voir Erin partir dans tous les sens. Mais pour l'instant elle se contenterait de suivre son amie en pensant veiller sur elle.
A l'intérieur, la soirée était bien avancée, tout le monde s'amusait. Erin avait les yeux brillants de fascination. Elle ne connaissait pas ce monde là. Des gens qui semblent vivre dans l'insouciance la plus totale. Juste heureux d'être là et de profiter de cet instant. James arriva derrière elle, alors qu'elle était entourée de trois gars.
- Tu fais quoi là ?
- Hey James !
- T'étais censé rester dans la voiture, Erin !
- Calme toi, je m'amuse un peu c'est tout …
- On y va ! Dit-il en la prenant par le bras
Il allait la faire sortir quand l'un des trois jeunes garçons l'arrêta.
- Détends toi mon pote, bois un verre et laisse la s'amuser un peu ta copine
Erin en profita pour se dégager des mains de James et alla s'asseoir sur un fauteuil au centre de la pièce. Le mélange de l'alcool et de la drogue lui tournait la tête. James la rejoignit, il la garderait à l’œil en attendant qu'elle redescende un peu, puis il la ferait sortir d'ici.
L'ambiance de la soirée était plutôt sympa, les gens plutôt agréable. James se laissa aller à discuter avec certains d'entre eux. La nuit avança vite et la maison se vidait petit à petit. Erin s'était allongé sur le fauteuil et avait fini par s'endormir. Quand elle ouvrit les yeux, James était dans la cuisine, il ne restait presque plus personne dans la pièce dévastée par les fêtards.
Elle se leva, cherchant du regard Kiara, qu'elle n'avait plus vu depuis qu'elles étaient entrées ici ensemble. Elle avança jusqu'aux escaliers menant à l'étage, elle monta les quelques marches et ouvrit une première porte, une chambre où dormait un gars visiblement dans un sale état.
Derrière la deuxième porte, elle entendit un murmure, comme un gémissement. Elle poussa la porte et tomba nez à nez avec deux jeunes hommes qui tenait son amie plaquait sur le sol, pendant qu'un troisième était couché sur elle. Elle n'eût pas le temps de crier, l'un des garçons l'attrapa et la plaqua sur le mur en étouffant son cri de la main.
Kiara ne bougeait pas, elle regardait Erin, une larme coulant sur sa joue, la suppliant du regard .
Erin ne savait pas depuis combien de temps Kiara était sous l'emprise de ces hommes. Elle tentait de se débattre mais les coups pleuvaient sur elle. Le jeune homme qui l'avait attrapé à son entrée dans la pièce, la maintenait contre le mur, frappant à chaque fois qu'elle se débattait et tentant de lui arracher ses vêtements quand elle arrêtait de bouger.
Elle ne parvenait pas à secourir son amie, elle ne pouvait qu'assister à la scène, impuissante devant ces trois hommes, qui sous l'emprise de la drogue et de l'alcool étaient devenu incontrôlable. Elle cessa de se débattre à bout de force. Après de longues minutes à subir les assauts de l'un d'entre eux, l'enfer prit fin. L'homme relâcha Erin, qui se laissa glisser au sol, sans force et sans plus aucune réaction. La porte s'ouvrit dans un fracas, James était planté devant l'entrée, passant son regard tour à tour d'Erin à Kiara, puis d'un jeune homme à l'autre.
Il se jeta sur le premier, lui assénant un violent coup au visage, puis tout alla très vite. Alerté par le bruit, d'autres montèrent à l'étage en courant. Une bagarre éclata, des coups claquaient dans tous les sens, Erin recroquevillée au sol, restait figée ne pouvant détacher son regard du visage de Kiara. Ses yeux s'étaient fermés, son corps presque nu était couvert de traces de coup, et elle ne bougeait plus.
James se dégagea des mains de l'un des agresseurs et attrapa Erin par le bras.
- Faut qu'on sorte d'ici ! Viens !
Elle se laissa soulever, soutenu par le bras de James, elle s'appuya de tout son poids sur lui pour sortir de la pièce. Elle ne pouvait pas parler, encore sous le choc de ce qu'elle venait de vivre.
A l'extérieur, le soleil se levait doucement sur Chicago, la voiture de James était stationnait au même endroit que la veille. James l'installa sur le siège avant et monta à son tour, avant de démarrer en trombe.
Il fit quelques kilomètres en silence, puis il se mit à hurler en tapant à coup de poings sur son volant. Erin restait murée dans son silence.
- Ca va ?.... Erin ! Dis moi que ça va ! Dit-il sans lâcher la route des yeux
Elle ne répondait pas. James freina brusquement et se gara le long du trottoir. Il voulait la prendre dans ses bras, mais il n'osa pas la toucher. Elle était en boule sur le siège, tenant sa tête entre ses mains, ses bras et son visage couverts de traces de coups.
Sur la route face à eux, des voitures de police prenaient la direction de la maison d'où ils sortaient, elle croisèrent la voiture de James sans s'arrêter. Il redémarra dès qu'elles eurent tourner à l'angle de la rue.
- On peut pas rester ici, faut qu'on bouge, souffla-t-il en repartant
Dans un silence pesant, la voiture repartit en trombe, à son bord Erin n'avait toujours pas dit un mot. Il s'arrêta devant chez lui, et la fit descendre en lui prenant la main. Ce n'est qu'une fois à l'intérieur qu'elle s'effondra en pleurs.
- Kiara...
- Je sais ma belle, je sais...
- C'est ma faute, elle voulait pas venir,... je l'ai forcée...
- On pouvait rien faire pour elle, je suis désolé, vraiment, je suis désolé... dit-il en la serrant contre lui
Ils restèrent l'un contre l'autre pendant de longues minutes. Puis Erin se leva, elle s'enferma un long moment dans la salle de bain, James entendait l'eau couler sans fin. Quand il ouvrit la porte, elle était assise dans le fond de la baignoire, encore habillée, l'eau coulait sur son visage en se mêlant à ses larmes. Il coupa le robinet et la fît sortir. Après l'avoir aidé à se sécher et se changer, il la ramena sur le canapé.
Il sortit deux verres, une bouteille de whisky et quelques grammes de poudre blanche qu'il déposa sur la table. Seule réponse qu'il put lui amener pour soulager sa souffrance.
Pendant plusieurs jours, Erin n'était plus sortit, elle restait cloîtrée chez James, elle dormait peu, ne mangeait presque rien et continuait à se détruire à petit feu.
Puis il y eut cette soirée où James rentra chez lui après avoir fait quelques courses. Il pensait la trouver dans l'appartement comme à son habitude, mais elle n'y était pas. Il avait fouillé à la hâte toutes les pièces craignant le pire, mais elle avait juste disparue, n'emmenant rien avec elle.
Une partie de la nuit il avait fait le tour du quartier en voiture, espérant la voir quelque part, sur un banc dans le parc ou devant la maison de sa mère. Il était allé dans le petit café où elle se réfugiait parfois avec Kiara. Elle restait introuvable. Puis il entendit les sirènes de police et il vit le gyrophare d'une ambulance qui se dirigeait vers les ruelles près de chez elle. Il resta à distance et observa la scène.
Une ambulancière s'occupait de quelqu'un à terre dans le fond de la ruelle. D'où il était, James ne pouvait pas voir son visage, il s'approcha un peu plus. De la voiture de police était descendu un homme qui se dirigeait, lui aussi, près du blessé.
- Hank Voight , CPD, s'annonça-t-il, Qu'est ce qu'on a ?
- Jeune fille, inconsciente, elle a était rouée de coup j'ai l'impression, j'ai trouvé ça à côté d'elle, répondit l'ambulancière en tendant un sachet de poudre presque vide
- Merde... quel âge elle a cette gamine ? 14, peut être 15 ans ?
- A peu près oui, répondit elle
- Je peux lui parler ?
- Elle reprend conscience, mais on doit l'emmener...
- Laissez moi juste deux minutes, insista Voight
- Ok, je vais chercher le brancard,
Hank se mit à genoux près d'elle, son regard noir et froid lui brisa le cœur. Comment pouvait-on en arriver là à son âge pensa-t-il.
- Écoute, lui dit-il doucement, on va t'emmener à l'hôpital et je te rejoins là bas, tu n'es pas seule d'accord ?
Elle ne répondit pas. Le brancard arriva derrière Hank et on lui intima l'ordre de laisser l'équipe médical faire son travail. Pendant qu'il l'emmenait, Hank remarqua l'inscription encore fraîche sur le mur. Un mot gravé dans la brique à l'aide d'une pointe en métal « SORRY ». Il regarda la jeune fille maintenant allongée sur le brancard, il ne la quittait pas des yeux. Elle était si jeune, et déjà tellement désœuvrée. Il monta dans sa voiture et suivit l'ambulance jusqu'au Chicago Med.
Après quelques heures de soins, Erin avait été installé dans un box en attendant les services sociaux de la ville. Elle ne voulait pas donner son identité et le personnel médical avait juger utile de les alerter. Voight qui attendait dans le couloir, demanda à la voir. L'infirmière autorisa une visite de courte durée pour laisser le temps à sa patiente de se remettre.
Quand il entra dans la pièce, Erin était déjà en train de retirer les perfusions sur son avant bras. Elle le fixa une seconde, puis se remit à tirer doucement sur le pansement qui tenait l'aiguille. Hank la regardait faire sans l'en empêcher. Elle se leva du lit et récupéra ses vêtements posés sur une chaise. Après avoir enfilé son jean, elle se tourna vers lui.
- Vous allez vraiment rester là, comme ça ? Lança-t-elle
- A toi de me le dire, répondit-il doucement
- Vous avez l'intention de m'arrêter ?
- Pourquoi ? Tu as quelque chose à te reprocher ?
Erin le provoquait, mais il restait impassible. Il lui tourna le dos pour qu'elle finisse de se changer. Elle enfila rapidement son haut et attrapa ses chaussures au pied du lit. Elle grimaça de douleur en s'asseyant pour les enfiler. Voight continua.
- Tu peux en sortir tu sais ?
- Sortir d'ici ? Ouai c'est ce que je fais, merci !
- Non, sortir de cet enfer dans lequel t'as décidé de vivre,
Elle lui jeta un regard noir de colère.
- Décidé ? Sérieusement ? J'ai décidé ?
Hank avait réussi ce qu'il essayait de faire. La faire réagir, qu'elle se mette en colère s'était déjà pour lui un moyen de communication.
- Si t'es prête, je te ramène, lui dit-il
- Je crois pas, non...
- Tu sais bien que tu ne sortiras pas facilement d'ici sans moi...
Il avait raison. Erin secoua la tête et fît mine d'accepter en imaginant déjà comment elle pourrait lui échapper une fois à l'extérieur. L'infirmière les rattrapa a l'entrée.
- Vous ne pouvez pas l'emmener Monsieur !
- Police de Chicago, je dois l'emmener pour une déposition, je vous signe une décharge si vous le souhaitez mais laissez moi faire mon boulot, répondit-il sèchement
- Mais les services sociaux sont...
- Je me charge des services sociaux, ne vous en faites pas, dit-il en signant un document sur le comptoir de l'accueil
Elle n'eût pas le temps d'insister qu'il était déjà sorti, tenant Erin par le bras. Il l'installa dans sa voiture sans qu'elle n'ai réussi à lui faire lâcher son emprise. Une fois au volant, il prit la route sans dire un mot.
Erin regardait les rues défiler sans savoir où il l'emmenait. Elle patienta jusqu'à ce qu'il se gare devant une petite maison plongée dans le noir.
- On est où ? Demanda-t-elle
- Chez moi, répondit-il
- C'est une blague ?
- Je te laisse le choix, c'est ici ou au poste, à toi de voir …
Erin était complètement déstabilisé par le comportement de cet homme. Il ne posait pas de question, il ne jugeait pas, elle n'arrivait pas à comprendre. Fatiguée et affaiblie elle le suivit à l'intérieur. Il l'installa dans une chambre, lui proposa de quoi manger et, devant son refus, la laissa dormir quelques heures.
A son réveil, l'odeur du café avait envahit la maison. Erin se leva, tremblante, avec un mal de tête terrible. En bas, l'attendait Hank, une tasse de café dans une main, et le journal du jour dans l'autre.
Il lui servit une tasse de café qu'elle prit sans un mot, ne sachant quoi dire à cet homme qu'elle ne connaissait pas.
- Je dois aller bosser, lui dit-il, tu peux rester là si tu veux
- Pourquoi vous faîtes ça ? Demanda-t-elle
Il la regarda longuement. Elle était tellement triste, ses yeux semblaient éteints, son teint était pâle et ses mains tremblantes ne laissait que peu d'espoir sur son avenir. Il finit par lui tendre une carte de visite à son nom.
- Si tu décides de ne pas rester, je veux que tu m'appelles la prochaine fois que tu auras envie de faire ...ce genre de chose...
- Je n'ai pas voulu... enfin... je...
Erin tentait de se défendre, mais elle savait au fond d'elle que son geste de la veille n'était pas anodin. La douleur avait été si forte qu'elle avait lâché prise. Même James n'avait pas pu l'en empêcher. Hank lui sourit, elle le regarda se lever puis quitter la maison. Des larmes coulaient sur ses joues sans qu'elle ne puisse les contrôler. Elle prit la carte qu'elle rangea dans sa poche puis sortit à son tour, refermant la porte derrière elle et regrettant déjà cette décision.
Pendant les mois qui suivirent, Erin fût arrêter plusieurs fois. Des contrôles de police qui tournaient mal devant son agressivité toujours plus importante. Des situations où elle se trouvait souvent au mauvais endroit au mauvais moment. Hank l'avait croisé plus d'une fois dans les couloirs du district. Elle le narguait d'un regard provocateur.
Elle vivait chez James la plupart du temps, elle avait tenté de retourner chez sa mère une seule fois. La fois de trop, elle l'avait trouvé gisant sur le canapé, une aiguille dans le bras à demi-consciente. Elle était resté juste le temps de s'assurer qu'elle se réveillerait, puis elle était repartit sans même lui parler. Sa vie maintenant ne ressemblait plus à rien. James la couvrait dans sa consommation excessive de drogue, l'empêchant souvent d'aller trop loin, la regardant s'enfoncer sans pouvoir agir.
Leur relation n'était plus la même. Il était fou amoureux d'elle mais quelque chose s'était brisé le soir de cette fête, elle n'était plus la jeune fille blessée et rebelle. Elle était anéantie, brisée et en colère contre la terre entière. Elle le provoquait souvent, le bousculait physiquement, cherchant les coups. Il ne l'avait jamais frappé, alors elle agissait comme ça avec d'autre, n'importe qui, et elle encaissait les coups toujours plus violents. Une punition qu'elle s'infligeait à elle même.
A chaque nouvelle arrestation, Hank voyait son état se dégrader, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Il la laissait repartir à chaque fois en échange d'informations, la plupart du temps sans importance, il voulait juste continuer a garder ce lien, en espérant qu'un jour elle se réveillerait de cet horrible cauchemar. Le scénario était toujours le même, des officiers l'amenaient au district, menottée, provocatrice, violente. Ils l'installaient en cellule, puis Hank passait la voir.
- Encore là ? Disait-il
- On dirait, oui...
- Comment ça se passe dehors pour toi ?
- Bin... c'est Chicago quoi …
Il souriait devant ses réponses toujours plus provocantes les unes que les autres. Son sourire à elle était forcé et triste, mais au moins elle souriait. Et Hank posait toujours la même question avant de la laisser filer.
- Erin, qu'est ce que tu veux ?
Et sa réponse, à elle aussi, était toujours la même.
- Sortir d'ici...
Alors il la laissait partir, parfois même en lui donnant un billet pour qu'elle mange quelque chose dans la journée. Puis il retournait à sa vie de flic, elle à la sienne, une vie sans but.
Il aura fallut plusieurs mois avant qu'elle ne lui fasse confiance, qu'elle se livre un peu à chacun de ses passages. Hank ne lui disait pas, mais il savait presque tout d'elle, il avait épluché son dossier plus d'une fois. Il savait pour son père en prison, pour sa mère junkie, fauchée et inconsciente d'avoir une fille. Il savait pour le lycée qu'elle avait abandonné, il savait pour James. Il n'avait d'ailleurs jamais rien fait contre lui parce qu'il était tout ce qui restait à Erin.
Et puis un soir, James avait été arrêté par les stups, malgré ses connaissances, sa volonté et son insistance, Voight n'avait rien pu faire. Erin se retrouvait seule, une fois de plus, comme si la vie s'acharnait à la laisser sur le bord de la route. Pendant plusieurs jours Voight avait surveillé de loin la maison de James. Erin y était toujours, des gars entraient et sortaient à toute heure du jour et de la nuit. Elle, par contre, sortait peu. Il l'apercevait parfois, de grosses lunettes cachant ses yeux, elle allait s'approvisionner en drogue ou en alcool quelques rues plus loin.
Il ne baissait pas les bras pour autant mais il ne pouvait pas choisir à sa place. Et puis il y eût cette nuit, celle qu'il attendait depuis tout ce temps.
Deux officiers arrivèrent au district. L'un d'entre eux tenait Erin par le bras. Il la soutenait presque tellement son état ne lui permettait pas de tenir debout. Il s'adressa à Hank qui avait été prévenu de leur arrivée.
- Vous voulez faire quoi d'elle ?
- Mettez là en cellule en bas … je m'en occupe
- Bien Monsieur, avait répondu l'officier
Il la laissa attendre plusieurs heures cette fois-ci. Quand il arriva dans le couloirs où s'alignait toute les cellules, il la vit assise dans le fond d'une pièce. Elle ne le regardait pas. Elle n'essayait pas de le narguer ou de le provoquer comme elle le faisait souvent. La tête baissée, elle se contentait d'attendre. Il entra et s'assit à côté d'elle.
- Encore ? Hein ?
Elle ne répondit pas. Son corps tout entier tremblait, son visage était marqué d'un cocard lui couvrant une partie de l’œil et elle semblait à bout de force. Épuisée par cette vie, par ses bagarres quotidiennes, par ses abus de drogue, d'alcool. Hank reposa son éternelle question.
- Erin.... qu'est ce que tu veux ?
Il y eût un silence. Puis elle leva la tête, les yeux plein de larmes, et répondit.
- Je veux que ça s'arrête....
Hank avait le cœur brisé devant l'image de cette jeune fille. Tant de détresse dans son regard ce soir là, tant de souffrance. Il la ramena chez lui quelques heures plus tard. Il soigna quelques blessures, celles qui étaient visibles. Pour les autres, celles qui marquaient son cœur, ça prendrait plus de temps et il faudrait plus qu'un pansement pour les soigner, il le savait.
Les jours qui suivirent furent compliqués, Erin ne sortait pas de son état. Le manque la faisait atrocement souffrir, elle refusait tous les soins que pouvait lui proposer Hank. Elle subissait jour après jour, les tremblements, les vomissements, les maux de tête et l'envie plus forte que tout de replonger pour se débarrasser enfin de ses douleurs. Un placement en centre de désintoxication était impossible, elle aurait été placé immédiatement en détention ou en famille d'accueil juste après. Elle le savait, et Hank le savait aussi. Ils avaient décider tous les deux, qu'elle resterait sous la surveillance de Voight pendant cette période difficile.
Un matin en entrant dans la chambre d'Erin, il la trouva assise sur le sol, au pied de son lit.
- Hey, ça va ma belle ?
- Je crois... répondit-elle
- On en est où ?
- Toujours mal au crâne, mais ça commence à passer …
- T'as passé le plus dur....., je suis fière de toi tu sais ?
Ces simples mots l'avaient fait fondre en larme. Dans les bras de Hank, un sanglot sans fin dans la gorge, elle se sentait en sécurité pour la première fois depuis longtemps. Tout était si différent depuis qu''elle avait posé les pieds dans cette maison. Les choses avaient une autre couleur, une autre saveur. Pas de violence, pas de cris, pas de drame. A la place, seulement des sourires, des encouragements, du soutien et de l'amour.
Hank était très présent et elle avait été accueilli à bras ouvert par Camille, sa femme. Une femme qui ne ressemblait en rien à Bunny, douce, courageuse et souriante. Malgré tout l'amour et l'attention qu'ils lui portaient tout les deux, Erin ne révélerait jamais son lourd secret. Pendant les premiers jours, Hank avait exposé ses règles de vie. Pas de mensonges, pas de secrets, la vérité uniquement, peu importe les choses mauvaises, douloureuses ou illégales. Alors Erin avait parlé, beaucoup parlé mais jamais de cette soirée, jamais non plus de ce qu'il lui était arrivé.
Dans les mois qui suivirent, l'état d'Erin s'était largement amélioré, elle avait repris les cours dans un établissement privé. Toujours sous la surveillance de Voight, elle faisait des efforts pour s'en sortir et tenir ses promesses, consciente qu'il lui avait sauvé la vie. Hank de son côté avait chassé les mauvaises personnes qui entouraient Erin, en commençant par Bunny, puis les personnes de son ancienne vie, dealers, profiteurs et autre soi-disant « amis ». Il ne pourrait pas chasser ses démons, s'était à elle de le faire, et elle s'en sortait bien.
Il y aurait encore, dans les années qui suivraient, des provocations, des engueulades, des différents entre eux. Mais le regard parfois dur, parfois doux et toujours bienveillant de Hank calmerai toutes les situations. Elle voyait en lui le père qu'elle n'avait jamais eu, un soutien éternel et débordant d'amour. A les voir ensemble, nul n'aurait douté de regarder un père et sa fille. Se taquinant, se chamaillant, se connaissant par cœur ou presque.
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La pluie avait cessée, les larmes d'Erin, par contre, coulaient toujours sans qu'elle ne puisse les arrêter. A genoux à côté d'elle, Hank tenait sa main, ne sachant que faire pour la calmer. L'endroit était désert, seuls au fond de la ruelle, trempés, ils restaient là sans bouger.
Erin avait seulement prononcée son nom, elle ne l'avait plus fait depuis de nombreuses années.
- Kiara...
- Tu dois laisser sortir tout ça, ma belle, maintenant... chuchota Voight à son oreille.
Puis il la prit dans ses bras, la serrant fort contre lui. Il l'avait confronté à ce qu'elle cachait depuis longtemps, elle ne pourrait plus reculer maintenant. Il la releva doucement, la soutenant jusqu'à la voiture. Une fois installée à l'intérieur, Erin appuya sa tête sur la vitre et laissa couler encore et encore toutes les larmes qu'elle retenaient depuis des années. Hank reprit la route, il roula doucement, sans parler pour lui laisser le temps. Ils rentrèrent tous les deux, toujours sans un mot, Erin s'installa sur le canapé, son corps était secoué par le froid de ses vêtements trempés et par la sensation de manque depuis qu'elle avait enlevé les perfusions à l'hôpital.
Alors tout reprit comme 15 ans plus tôt, et Hank, s'approchant d'elle, reprit les mêmes mots :
- Erin,... qu'est ce que tu veux ? Demanda-t-il
Ces quelques mots, anodins, qui voulait tant dire pour eux. Elle ne lui répondit pas, se contentant de secouer la tête, puis elle s'accrocha à son cou, l'entourant de ses bras et le serrant fort contre elle.
Elle avait lâché prise, enfin, Hank souriait. Les jours à venir seraient douloureux, mais elle connaissait le chemin pour l'avoir déjà parcouru. Alors tout irait bien, il en était sûr, elle ressortirait de cette épreuve encore plus forte.
Hank avait passé la nuit à veiller sur Erin. Elle avait peu dormi, se débattant contre son propre corps qui lui faisait payer ses dernières semaines. Ils avaient parlé une partie de la nuit, et Erin s'était confié à lui. Sans vraiment entrer dans les détails qu'elle jugeait inutile, elle avait raconté son histoire et celle de Kiara. Hank l'avait écouté , presque sans intervenir, juste pour sécher ses larmes quand il la sentait sur le point de craquer.
Toute la nuit il lui avait amené des tisanes, du chocolat chaud et du café. Les boissons chaudes calmaient quelque peu ses douleurs et elle ne pouvait rien avaler d'autre pour l'instant.
Au petit matin, Hank s'était endormi sur le canapé. Quand il ouvrit les yeux, il aperçut Erin qui sortait de la salle de bain après sa douche.
Vêtue uniquement d'un T-shirt trop grand pour elle, il pût apercevoir l'étendu des marques sur son corps. Elle était couverte d'ecchymoses, ses jambes, ses bras..., pas une seule partie de son corps n'avait été épargné. Elle vît son regard et retourna sur le canapé en se couvrant les jambes avec une couverture. Cette partie là de l'histoire restait à expliquer, que s'était-il passé entre elle et Kendrick. Hank patienterai un peu avant de poser plus de question.
On frappa à la porte. Ils échangèrent un regard inquiet et Hank prit son arme avant d'aller ouvrir prudemment.
- Voight ? C'est Gabby ! Entendit-il derrière la porte
Il rangea son arme et ouvrit rapidement.
- Bonjour... je sais qu'il est tôt, mais j'ai pas dormi de la nuit et....
Il lui sourit, comprenant qu'elle était juste très inquiète depuis leur départ de l'hôpital la veille.
- Entre Gabby, je t'en prie,
- Merci, répondit-elle en souriant
Sur le canapé, Erin était en proie à d'horrible douleurs. Son estomac semblait se retourner à l'intérieur, elle était plié en deux, serrant ses bras contre son ventre.
- Hey Erin, ça va ? Demanda Gabby inquiète devant le visage fermé de son amie
- Pas génial.... répondit elle dans un soupir
Gabby lança un regard à Voight qui lui fît signe de la tête lui demandant de le rejoindre. Dans la cuisine, où Erin ne pourrait pas les entendre, il se confia à elle.
- Les crises n'ont pas cessées de la nuit … dit-il , je sais pas si elle tiendra...
- J'ai mon matériel dans la voiture, si tu veux je peux lui faire une injection pour la détendre un peu ?
- Je suis pas sûr qu'elle accepte... tu la connais...
- Je t'avoue qu'elle me surprend un peu plus chaque jour en ce moment !
Il lui sourit, et d'une tape sur l'épaule la ramena vers Erin. Elle s'assit auprès de son amie. La voir souffrir autant la rendait mal à l'aise même si Erin faisait de son mieux pour ne rien laisser paraître.
- Faut que tu t'accroches, d'accord ? Finit par dire Gabby
- Je sais, t'en fais pas... ça ira, répondit Erin en esquissant un sourire
- Ecoute... je pourrais peut être te donner quelque chose pour soulager la douleur, juste de quoi....
- Non ! La coupa Erin, je veux rien, je veux plus jamais rien !
- Ok, ok comme tu veux, on fait comme tu veux, dit Gabby pour la calmer
Hank haussa les épaules en souriant. Il la connaissait trop bien. Elle lutterait seule, comme elle l'avait toujours fait dans sa vie. Gabby resta près d'elle pendant près d'une heure, Erin ne lui confia que peu de chose, évitant les sujets douloureux. Devant la fatigue qui l'envahit tout à coup, Erin s'allongea sur le canapé. Gabby passa sa main sur son visage, arrangea une mèche de cheveux et la laissa s'endormir. Elle salua Hank, lui faisant promettre de l'appeler en cas de besoin, puis reprit la route pour se rendre à la caserne où son équipe l'attendait.
Pendant ce temps, au district, Antonio, Al, Ruzek et Mouse était installés à leur bureau. Le sergent Platt leur avait confié une nouvelle affaire. Un gang de braqueur qui s'attaquait aux bijouteries de la région. L'enquête démarrait doucement, chacun essayant de rassembler ses esprits pour se remettre au travail après ces semaines difficiles. Jay arriva un peu plus tard.
- Hey ! Lança Mouse le premier
- Salut les gars, répondit Jay
- On a commencé sans toi, annonça Antonio
- Vous avez bien fait, dit Jay, Voight n'est pas là ?
- Non, dit Al, il devrait plus tarder
- Un problème Jay ? questionna Ruzek
- Rien d'important...dit il en entrant dans le bureau de son Sergent
Il déposa un document au centre du bureau, en s'assurant que Voight le trouverait en arrivant. Puis il retourna auprès de son équipe pour reprendre le travail. Assis à son bureau, il ne cessait d'observer le bureau d'Erin, fasse au sien. Cela faisait longtemps qu'il était vide et qu'il n'avait pas vu sa partenaire se tenir sur cette chaise face à lui, pourtant il ne s'y faisait pas, son absence lui serrait le cœur et l'empêchait d'avancer.
Il chassa tout ça de son esprit et tenta de se concentrer sur le dossier qu'il avait entre les mains. La vie reprenait son cours, lentement, mais il fallait continuer, avancer et ne plus regarder en arrière.
Hank se prépara rapidement, puis quitta la maison pour rejoindre le district. Erin ne risquait rien chez lui, et elle ne quitterait pas la maison, il en était sûr cette fois. A son arrivée au bureau, l'équipe était déjà en plein boulot sur la nouvelle affaire. Il salua tout le monde, rassura le Sergent Platt sur l'état d'Erin, donna de ses nouvelles à chacun et prit les infos sur le dossier des braqueurs de bijouterie.
On en savait peu, des hommes cagoulés et armés qui s'attaquaient de façon méthodique à de petites boutiques. Sans violence, ils déverrouillaient les systèmes de sécurité et repartaient quelques minutes plus tard avec des milliers de dollars de bijoux, laissant les propriétaires sur place, ligotés et bâillonnés. Sur les vidéos surveillance, peu d'indice pouvant permettre une identification. Al et Ruzel firent envoyés dans la dernière bijouterie pour rencontrer les victimes, le reste de l'équipe restait sur place.
Voight entra dans son bureau et s'assit sur son siège en regardant du coin de l'oeil le document posé au centre de la table. Il prit la feuille dans ses mains, prit le temps d'en lire les quelques lignes, puis retourna dans la pièce principale.
- Halstead ! Dans mon bureau !
Antonio et Mouse échangèrent un regard surprit, pendant que Jay se dirigeait d'un pas sûr vers le bureau de Voight. Il entra et ferma la porte derrière lui. Debout, les mains croisés dans le dos, le jeune homme adoptait une position très militaire. Il avait prévu la réaction de Voight et savait qu'il allait devoir l'affronter.
- C'est quoi cette histoire ? Demanda Hank en secouant la feuille dans sa main
- Sergent, je sais que j'aurais dû en parler plus tôt... mais avec les événements de ces derniers jours... enfin, je sais que c'est la bonne décision
- C'est une décision sur un coup de tête, ça ne peut pas être la bonne Halstead !
- Ce n'est pas un coup de tête, j'ai bien réfléchi et c'est ce que je veux
- Donc tu veux quitter mon unité ?
- Oui Sergent
Hank posa le document devant lui. Il prit une longue inspiration puis s'assit calmement, faisant signe à Jay de l'imiter. Une fois assit l'un face à l'autre, Hank reprit la conversation plus posément.
- L'anti gang , hein ?
- Oui... mais juste pour être clair, boss, j'adore mon job ici et j'aime cette équipe, c'est juste que....
- C'est juste Erin c'est ça ?
- Je peux plus rester, je peux plus la regarder sans savoir si je vais la perdre aujourd'hui ou demain, sans savoir ce qu'elle a dans la tête, trop de questions sont restées sans réponse....
- Écoute, je te propose une chose, on lui laisse une semaine, puis tu iras la voir, et si après ça tu veux toujours partir alors je signerai cette feuille immédiatement
- Non, Sergent, je suis désolé mais.... je ne changerai pas d'avis, je voudrais que tu signes ça maintenant,
Jay semblait sûr de lui. Il regardait fixement Voight et lui tendit un stylo. Sans plus un mot entre les deux hommes, Hank prit le stylo, signa le bas de la page et remit la feuille entre les mains de Jay qui le remercia d'un signe de tête.
Ils sortirent ensemble, annoncer la nouvelle à Mouse et Antonio. Après une brève explication, Jay fît part de se décision. Antonio, dans un premier temps surpris, félicita le jeune homme pour sa prise de position, et l'encouragea à s'accrocher dans la suite de sa carrière. Mouse lui était plus réservé, il en voulait à Jay d'abandonner l'unité dans laquelle il avait trouvé sa place.
- Et tu pars quand alors ? Demanda Mouse presque en colère
- Fin de semaine, si j'ai l'accord du Sergent en charge à l'anti-gang
- Super ! Répondit Mouse sarcastique
Jay lui adressa un petit sourire complice, lui montrant qu'il ne lui en voulait. Il serait bien temps d'avoir cette conversation un peu plus tard, et surtout en tête à tête avec lui.
Chez Voight, toujours allongé sur le canapé, Erin s'était réveillée en sursaut, en proie à d'horribles cauchemars. Les douleurs l'empêchaient de dormir, et quand elle y arrivait enfin, c'était les cauchemars qui la réveillait. Elle était épuisé par son état, elle se battait pourtant de toute ses forces, mais malgré tout, son corps réclamait encore et toujours sa dose. L'envie était forte, plus forte que tout et plus forte qu'elle.
Elle se leva, chercha dans les tiroirs de l'entrée les clés de la porte. Un fois trouvé, elle déverrouilla les trois verrous et sortit de la maison.
La journée s'était déroulée tranquillement au district, presque normalement, au vu des derniers événements. Al et Ruzek étaient rentrés après avoir interrogés le bijoutier et tout l'équipe était réuni dans les bureaux se concentrant sur l'affaire qui les occuperaient encore quelques jours. En début de soirée, Voight décida de stopper leur recherche pour reprendre le lendemain. L'unité avait bien méritée un peu de repos, et même sans le dire directement, il était pressé de rentrer pour voir si Erin allait mieux.
Jay proposa à Mouse de le rejoindre au Molly's pour boire un verre et discuter ensemble de la décision que ce dernier semblait si mal accepter. Mouse accepta et suivit son ami vers la sortie. Antonio en profita pour faire valider son idée auprès de Ruzek, Al et Voight. Il voulait organiser une soirée pour fêter tous ensemble la nouvelle vie de Jay. Les hommes acquiescèrent rapidement avant de quitter à leur tour le bureau.
Dans sa voiture Voight traversait les quartiers un à un, roulant vite pour rejoindre son domicile. Son instinct le trompait peut être mais, plus il approchait de chez lui, et plus un sentiment d'inquiétude l'envahissait sans qu'il ne sache réellement pourquoi. Il accéléra encore.
Au Molly's, Mouse et Jay venait d'entrer. Après avoir saluer l'équipe de la caserne 51, ils s'installèrent sur une table au fond de la salle. Une bière à la main, Jay parla le premier.
- Tu m'en veux, je le sais, et je le comprends, mais toi et moi on sera toujours là l'un pour l'autre tu le sais ça ? Commença Jay
- Oui... mais ce sera différent, enfin je veux dire... c'est toi qui m'a sorti de mes galères en me faisant entrer dans cette unité, et j'ai jamais pensé que tu la quitterais... répondit Mouse
- J'avais jamais pensé non plus traverser ce que je viens de traverser...
- J'imagine... je suis désolé, j'ai mal réagi tout à l'heure...
- Je t'en veux pas, dans d'autre circonstance j'aurais sûrement fait les choses différemment...
Mouse allait poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu'ils étaient arrivés mais c'est Gabby qui s'en chargea en arrivant près d'eux.
- Salut les gars ! Alors des nouvelles d'Erin ?
Les regards des deux hommes se croisèrent dans un certain inconfort. Mouse prit la parole avant son ami.
- D'après Voight ça a l'air d'aller, dit-il
- D'après Voight.... répéta Gabby, donc ça veut dire que tu ne l'as pas vu ? Demanda-t-elle en se tournant vers Jay
- Non, je ne l'ai pas vu … répondit-il
Gabby semblait surprise, Jay avait beau être en colère, il ne pouvait pas éviter cette confrontation avec sa partenaire. Elle s'assit près de lui pour lui parler.
- Je pense que tu devrais la voir, dit-elle, et je pense qu'elle en a besoin aussi...
- Pour lui dire quoi ? S'énerva tout à coup Jay, Hein Gabby ? Tu veux qu'elle entende quoi ? Que je ne supporte plus ses mensonges, son passé trop lourd à porter, tu veux que je lui dise que la voir dans cet état me mets dans un colère impossible, ou peut être que je devrais lui dire que le monde ne tourne pas autour d'elle ! Et qu'elle n'est pas la seule à souffrir ?
Gabby et Mouse étaient choqués par les propos de Jay. Ils savaient bien qu'il était en colère et c'était tout à fait compréhensible, mais ses dernières paroles laissaient entendre que ses sentiments pour Erin avaient été réduits à néant. Aucun des deux ne voulait le croire. Mouse tenta de raisonner son ami.
- Attends, Jay, je comprends ce que tu peux ressentir mais....
- Tu comprends ? Je pense qu'aucun de vous ne peut comprendre, non !
- Ok, je comprends pas... mais je peux imaginer et...
- Laisse tomber Mouse, vraiment..., tu ne peux même pas imaginer...., je l'ai cru morte...,est-ce que tu sais ce que sais d'aimer quelqu'un qui veut mourir ?
Mouse n'avait plus de mot, il aurait voulu trouver une réponse, mais rien ne lui venait devant le désespoir du jeune homme. Jay finit par se lever.
- Désolé....., je vais rentrer, on se voit demain, annonça-t-il avant de quitter précipitamment la table
Restés seul, Mouse et Gabby se regardaient sans comprendre.
- J'aurais pas dû le pousser, c'est ma faute... dit Gabby
- Non, t'y es pour rien ne t'en fais pas, il a encaisser pas mal ces derniers temps, répondit Mouse
- C'est peu dire... je voudrais tellement qu'il la voit pour comprendre que tout ira mieux
- Comment tu peux en être sûre ? Demanda Mouse
Gabby raconta alors son passage chez Voight le matin même. Elle expliqua la volonté d'Erin à se sortir de ce mauvais pas, malgré les douleurs et les difficultés. Et elle se confia sur la résistance de la jeune femme, et ajouta qu'elle risquerait de faillir sans le soutien de Jay. Ils discutèrent encore un moment avant que Gabby ne rejoigne le bar, laissant Mouse en compagnie de Severide qui venait d'arriver.
Voight tourna la poignée de la porte de chez lui. La maison était plongée dans le noir. Il alla doucement dans le salon, pensant trouver Erin sur le canapé, elle n'y était pas. Il inspecta rapidement le reste des pièces en l'appelant. Il n'eut aucune réponse. Assis à la table de la cuisine, il mit sa tête entre ses mains avant de lâcher un cri de colère qui résonna dans la pièce. Son poing vint s'abattre lourdement sur la table, la colère faisait place à l'inquiétude. Il refusait de croire qu'il s'était trompé, seul dans l'obscurité de sa cuisine, il laissa échapper une larme qui vint s'écraser sur le bord de sa lèvre.