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Série : Chicago P.D.
Création : 16.08.2017 à 08h19
Auteur : serieserie
Statut : Terminée
« Voici les textes participants au concours d'OS de l'été 2017 » serieserie
Cette fanfic compte déjà 10 paragraphes
Le district 21 d'Hypno vous présente son concours d'écriture!
Pour ce concours, nous vous avons proposés trois thèmes:
Bonne lecture!
« Allez papy, s’il te plait.
- Sophia c’est …
- S’il te plaiiiittt.
- Bon d’accord, t’as gagné.
- Ouaaaiiiissss ! »
Sophia avait grandi, elle venait d’avoir 4 ans. C’était une sublime petite fille, le parfait mélange entre Erin et Jay. Elle était adorable, charmeuse et très gentille à tel point qu’elle savait faire craquer même les plus durs. En effet, les deux amoureux avaient décidé de prendre des vacances bien méritées. Ils avaient proposé à toute l’équipe de venir avec eux. Seul Voight était réticent enfin jusqu’à ce que Sophia le fasse plier. Même Alvin avait accepté de venir, il n’avait presque jamais pris de vacances depuis qu’il travaillait pour les renseignements. D’après une rumeur il aurait seulement pris deux semaines de congé en 30 ans. Ça allait leur faire du bien car ces derniers temps, les affaires étaient dures autant sur le plan moral que l’enquête elle-même.
« Papa, papa, Pappaaa !
- Sophia je suis au téléphone, chuchota Jay.
- Maman, maman !!!
- Qu’est-ce qu’il y a ma chérie ? Répondit la jeune femme en prenant l’enfant sur ses genoux.
- J’ai réussi, papy vient avec nous !
- C’est super mon ange, comment tu as fais pour le convaincre ?
- J’ai dit ; s’il te plaiiiittt, et il a dit oui, rigola la petite »
Le soir, Erin et Jay avaient organisé un souper pour déterminer où ils partiraient. Après un apéro bien arrosé, ils firent un premier vote afin de savoir s’ils partaient au soleil ou au ski. À l’unanimité, le choix fut pour le soleil sauf Sophia qui râlait.
« Moi je voulais aller à la neige pour voir Olaf, bouda la petite fille.
- Olaf ? S’interrogea Jay.
- Oui comme dans la reine des neiges.
- Où tu as vu la reine des neiges ?
- Chez papy Voight »
Tout le monde se retenait de rigoler, ils s’imaginaient Voight en train de regarder la reine des neiges.
Sophia arrêta rapidement de râler quand Erin lui dit qu’elle pourrait mettre son nouveau maillot s’ils allaient au soleil.
Maintenant, ils devaient choisir une destination précise. Ruzek avait un cousin qui avait un gîte au Mans mais ils allaient tomber en plein dans les 24h du Mans. Mais la France avait l’air d’emballer tout le monde. C’est alors qu’Olinski qui n’avait pas encore dit grand-chose proposa un petit gîte loin de tout dans la Drôme provençale.
« C’est deux bons amis qui tiennent ce gîte, ils s’appellent Anne et Benoît. L’endroit est super, il y a une piscine, le cadre est magnifique et il est vraiment à l’écart de tout. Le village le plus proche est à 15 km »
L’endroit était parfait, là au moins ils étaient certains de ne pas être dérangés. La soirée s’acheva tôt dans le matin, tout était réglé, ils partaient dans trois jours. Ils avaient loué deux voitures pour se déplacer sur place.
Le trajet en avion fut long, dix heures, ensuite, il fallait encore arriver au gîte, ce qui signifiait encore deux heures de route.
« C’est quand qu’on arrive ? Demanda Sophia.
- Bientôt ma puce, lui répondit Jay.
- C’est quand bientôt ? »
La petite fille était fatiguée et finit par s’endormir dans la voiture. Une fois arrivé sur place tout le monde alla dormir, la journée fut longue. Le lendemain, la petite fille était levée à l’aube, en effet, elle avait dormi pendant la majeur partie du trajet hier. Hank qui était aussi réveillé, une histoire d’habitude, proposa à la petite fille d’aller déjeuner et ensuite d’aller faire les courses. Ruzek, qui n’avait pas l’habitude de déjeuner arriva.
« Je vais me balader aux alentours, vous voulez m’accompagner ?
- Je peux y aller papy ? Demanda Sophia qui était plus intéressée par une balade que par les courses »
Hank partit donc aux courses tout seul pendant qu’Adam et Sophia allaient se promener. Ils passèrent devant une pâture de moutons dont les agneaux venaient tout juste de naître. La petite fille se précipita vers les bébés et commença à jouer avec, devant les yeux amusés de Ruzek, Sophia était émerveillée. Soudain une petit papillon vint se poser sur le museau de l’agneau qui éternua.
« Regarde, il a fait atchoum, rigola la petite.
- On dit éternuer Sophia, atchoum c’est une onomatopée, répondit Ruzek.
La petite fille regarda Adam et se mit à rigoler.
- Tu dis des drôles de mots, rigola t-elle »
Ils rentrèrent ensuite au gîte.
De son côté Voight avait terminé ses achats et se dirigerait vers le parking quand il vit un homme, l’air désespéré, devant sa voiture.
« Ah saleté !!!
- Tout va bien monsieur ?
- Ma calandre s’est encore décrochée ! Saleté de voiture !
- Je pense que j’ai un tournevis dans la voiture. Vous voulez un coup de main ?
- Ce ne serait pas de refus monsieur ?
- Voight, Hank Voight.
- Jeffrey Patterson »
Les deux hommes finirent de réparer la voiture et discutèrent encore une bonne demi-heure. Jeffrey était guide en montagne, il proposa à Hank de lui faire visiter la région un jour pour le remercier et ils s’échangèrent leurs numéros. Voight retourna au gîte où tout le monde était enfin réveillé. Sophia raconta l’histoire du papillon.
« Adam il a dit que le bébé mouton il avait dit une tonomatopée, rigola la petite. Il connaît des mots bizarres, reprit-elle »
Tout le monde rigola sauf Sophia qui ne comprenait pas ce qui était drôle mais qui finit tout de même par rigoler.
La matinée se terminait et après un bon repas, les hommes commencèrent une partie de pétanque et les filles allèrent au bord de la piscine. Le soir Alvin proposa d’aller visiter Die, un petit village pas trop loin mais Erin et Jay avaient prévu autre chose pour ce soir.
« Ça vous dérange si on ne vient pas ? demanda Erin.
- Non pas de soucis, répondit Alvin.
- Sophia peut venir avec vous ? On aimerais bien être en tête à tête.
- C’est un genre de code, plaisanta Alvin. Bien sûr, on la prend avec nous et bon tête à tête, ajouta-t-il en leur lançant un clin d’œil »
Le lendemain, ils allèrent faire une balade dans la montagne avec Jeffrey.
« Ah vous êtes au Faucon, c’est un endroit vraiment chouette.
- C’est quoi un Faucon, demanda Sophia.
- C’est un oiseau, lui répondit Erin.
- Comme dans Némo ?
- Dans ça chérie ce sont des pélicans. D’ailleurs où tu as vu Némo ?
- Chez papy »
Erin et Jay n’étaient pas très dessins animés mais Erin était étonnée de voir que Hank en regardait avec Sophia. Il avait donc deux facettes, le père adoptif sévère mais juste et le papy gâteau.
Burgess et Ruzek étaient à la traîne, Kim avait la phobie des serpents alors elle regardait à deux fois le sol pour s’assurer qu’aucun de ces reptiles n’arrivait sur son chemin.
Ils firent une pause pour admirer le panorama et Jeff leur proposa de goûter des figues fraîches de sa plantation de figuier. Sophia qui voulait faire comme les autres en goûta une mais le goût était un peu trop exotique pour la petite. Elle fit une grimace qui, une fois de plus fit sourire tout le monde.
Le soir, ils invitèrent Jeff et sa femme Catelyn à venir manger avec eux. Le reste de la semaine se passa extrêmement vite, un jour ils allèrent faire une balade dans la rivière dont l’eau semblait si pure et bleue. Un autre jour ils visitèrent une ville médiévale et firent un tour au marché.
Le dernier jour, ils allèrent dire au revoir à Jeffrey et prirent le chemin de l’aéroport. Cette semaine fut inoubliable, peut-être reviendront-ils l’année prochaine. Jeff leur avait promis de venir leur dire bonjour un jour à Chicago. Une chose était sûre, c’était les meilleurs vacances qu’ils avaient passées.
La journée avait été longue pour les membres du District 21 et s’achevait sur la conclusion d’une affaire qui les tenait en haleine depuis presque un mois. Les enquêtes n’avaient pas été de tout repos, les filatures, les suspicions et les preuves s’étaient succédées et accumulées pendant un long moment avant que la résolution trouble de cette affaire n’apparaisse à leurs yeux. Mais en plus de la charge considérable de travail qu’elle avait amené cette affaire avait été très dure à supporter moralement. C’était une sombre histoire de trafic d’enfants, orphelins et recueillis par un orphelinat qui, sous couvert de leur fournir une éducation et un toit, les envoyait aux quatre coins du globe pour accomplir les basses besognes du cartel. En plus des enfants orphelins, certains pensionnaires de l’orphelinat étaient les enfants de familles ennemis ou redevables du réseau qui avaient été arrachés de force à leurs parents. Et pour ne rien arranger la plupart des enfants étaient orphelins à cause du cartel qui avait tué leurs parents. Mais aujourd’hui après un mois de traque et de collaborations avec d’autres services le trafic avait été démantelé et le chef de l’orphelinat avait été arrêté suite à une intervention sur son lieu de résidence menée par l’équipe de Voight. L’équipe qui avait été mobilisée dans son entièreté, avait été récompensée d’un jour de congé bien mérité, et ils avaient décidé d’aller fêter cette victoire et la fin de cette affaire au Molly’s.
____
-Et bah dure journée ! S’exclama Herrmann, en servant une bière à Jay et Adam qui s’étaient accoudés au comptoir où se trouvaient déjà Kelly Severide, Will Halstead, le frère de Jay, Cruz et Otis.
-C’est sûr que c’est pas notre enquête la plus facile, mais le pire c’est pour les gosses, répondit Ruzek en portant la bouteille à sa bouche.
-Tu aurais vu leur tête quand on leur a dit que tout était fini, renchérit Jay en triturant le goulot de sa bouteille.
-Ouais faut vraiment être un taré pour faire du mal à des gamins, soupira le pompier avant de boire à son tour une gorgée de bière. Allez cadeau de la maison, déclara-t-il en poussant une assiette devant les deux policiers, rillettes du Mans et confiture de figues, qui viennent du figuier que Cindy a planté dans le jardin. Vous en trouverez pas de meilleures dans toute la ville et je vous garantis qu’avec ça vous allez oublier toute cette histoire!
-Tu ne sur estimes pas un peu le pouvoir de tes figues Herrmann, lui demanda Severide avec un petit sourire moqueur.
-Absolument pas Kelly ! Goûte-moi ça ! Se défendit le pompier en faisant glisser une assiette en direction de son ami.
-Hum Herrmann c’est délicieux, s’exclama Adam qui venait d’engloutir une tartine généreusement badigeonnée de rillette et de confiture.
-Ah tu vois Kelly ! Même le petit le dit !!
-Il a raison je m’incline c’est vraiment super bon, répondit le lieutenant en levant les mains en l’air.
-Eh Herrmann pourquoi on n’en a pas nous ! Râla Otis.
-C’est réservé aux clients de marques, lui répondit son collègue le plus sérieusement du monde.
-Je travaille ici !! S’indigna le pompier au nom imprononçable
-Justement tu n’es pas un client, d’ailleurs tu ferais mieux de te remettre au boulot, Brett et Pratt attendent toujours leur commande, le réprimanda le plus vieux.
Alors qu’Otis se levait en marmonnant dans son bouc, il se tourna vers Cruz qui avait assisté à toute la scène un sourire au coin des lèvres.
-Tu pourrais me soutenir toi !
-Euh non merci, j’ai comme qui dirait une sorte de phobie de la confiture, avoua le membre de la Squad 3 en prenant un gorgée d’eau pétillante.
Cette information qui aurait pu passer inaperçue arriva aux oreilles des hommes accoudés au bar qui se tournèrent tous vers Joe un air d’incompréhension profonde sur le visage. Celui-ci dû se rendre compte qu’il était le centre de l’attention car il tenta maladroitement de se rattraper.
-Euh non mais pas vraiment une phobie mais j’aime pas ça quoi, se justifia-t-il d’une voix peu assurée.
-Bref ! S’exclama Herrmann, en ramenant l’attention sur lui au grand bonheur de Cruz qui s’empressa de disparaître derrière son verre, c’est bientôt l’anniversaire de ma fille Annabelle et elle veut absolument que je me déguise en Olaf !
-Laisse-moi deviner, le thème de sa fête c’est princesse Disney ? Avança Ruzek en finissant sa bière, la nièce de Kim a fêté le sien il y a 2 semaines elle voulait qu’on vienne déguiser heureusement c’était mon tour de garde et je n’ai pas pu y aller sinon je n’aurais pas donné cher de ma dignité.
-Elle voulait que tu viennes déguiser en quoi en Bête ? Le provoqua Jay avec un sourire moqueur.
-Hahah très drôle, et bien figure toi que pour elle je ferais un très bon prince charmant, et puis tu devrais savoir qu’à la fin la Bête redevient un magnifique jeune homme comme moi, rétorqua le jeune policier.
A ces mots son collègue ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel alors qu’Adam jetait un regard amoureux à Burgess qui était attablée un peu plus loin avec Matthew Casey, Gabriella, Sylvie Brett et Erin Lindsay. La jeune policière du sentir le regard de son compagnon sur sa nuque puisqu’elle se tourna dans sa direction elle lui envoya un sourire qu’il lui aurait bien rendu si Will en prenant la parole n’avait pas accaparé son attention.
-Quand on était petit Jay avait une obsession pour Robin des Bois, il voulait absolument tous les objets qui pouvait avoir un rapport avec ce film, commença à raconter le médecin sous le regard mi amusé mi- gêné de son frère. Il avait le pyjama Robin des Bois, les draps de lit Robin des Bois, des caleçons Robin des Bois et quand on a fêté Halloween il a tenu à se déguiser en cette espèce de Pélican qu’on voit dans le film.
Cet aveu fit éclater de rire tous les amis du policier qui posa sa bouteille et s’empressa de se défendre.
-Alors déjà je n’avais pas de caleçon Robin des Bois, j’avais un slip de bain Robin des Bois c’est très différent et en plus ça n’est pas en Pélican que je voulais me déguiser mais en Cigogne tu mélanges tout
-Si tu le dis, répondit Will en haussant les épaules, mais tu étais très mignon déguisé en oiseau, ajouta-t-il récoltant par la même occasion un coup de coude bien placé de la part de son frère.
-Et toi Severide en quel personnage de Disney tu te déguisais quand tu étais môme, demanda soudainement Herrmann au lieutenant qui se faisait discret depuis le début de la conversation.
-Attends je sûr qu’on peut le deviner, affirma Adam alors que le pompier allait démentir, je suis sûr qu’il se déguisait en nain de Blanche de Neige, Atchoum peut-être.
-Hum non, Timide plutôt, avança Cruz.
-Perdu c’était Grognon et j’avais un très beau bonnet les interrompit le lieutenant de la Squad 3.
Mais alors que Ruzek allait se plaindre qu’il les avait interrompus trop tôt un homme fit irruption dans le bar faisant taire toutes les conversations. Il portait une capuche qui cachait la moitié de son visage, et ses mains qu’il tenait dans son dos semblait cacher quelque chose. Il était complètement trempé mais n’avait pas l’air de vouloir prendre place dans le bar ni même de vouloir commander quelque chose, se contentant de rester devant la porte d’entrée la tête baissée.
-Monsieur je peux vous aider, lui demanda Herrmann en s’approchant de lui.
-Vous non, lui répondit l’inconnu d’une voix très basse, mais lui oui, ajouta-t-il en pointant Ruzek du doigt.
Alors que tout le monde était concentré sur son visage, l’inconnu enleva les mains de son dos, dévoila une arme de petit calibre et avant que quiconque ait pu agir dans le bar il tira sur Ruzek, qui touché à l’épaule s’écroula. La suite se déroula très rapidement, dans un brouillard d’incompréhension et d’actions. Alors qu’un cri horrifié s’échappait de la bouche de Burgess et que Jay se jetait sur son collègue inanimé, Severide qui était le plus proche du tireur fit un signe de tête à Casey qui acquiesça et d’un même mouvement ils se jetèrent sur le tireur. Mais alors qu’ils le ceinturaient chacun d’un côté l’inconnu se débâtit, faisant tomber sa capuche qui dévoila le visage d’un jeune homme encore adolescent. Alors que les 2 pompiers pensaient l’avoir maîtrisé, il parvint à glisser une main dans sa poche et rapide comme l’éclair il en sortit un couteau qu’il planta dans l’épaule de Severide. Ce dernier submergé par la douleur lâcha prise et tomba en arrière ce qui permit au jeune homme de se dégager un peu plus afin de frapper violemment Casey à la tête avec son arme, le faisant chanceler et chuter à son tour. L’arme au poing le jeune, ruisselant, semblait prêt à s’en servir de nouveau quand une balle tirée par Erin le toucha à la main et lui fit lâcher. Il n’en fallait pas plus à Atwater qui se trouvait à côté de sa collègue, prêt à intervenir pour se jeter sur le jeune homme, le plaquant violemment au sol.
-Non, laissez-moi !!! Hurla le tireur alors que le policier lui passait les menottes, il a emmené mon frère je l’ai vu, il me l’a pris, il doit payer pour ça !!!
Lindsay, ne lui laissa pas le loisir de crier d’avantage puisqu’elle l’assomma d’un coup de crosse sur le crâne.
-Il aura une belle bosse en se réveillant mais au moins il est hors d’état de nuire, Atwater emmène le au fond du restaurant et surveille-le jusqu’à ce qu’il se réveille, ordonna-t-elle à son collègue.
Il acquiesça et empoigna le coupable par le col il s’éloigna du bar en pleine effervescence. A peine était-il tombé que Gabby s’était jetée au chevet de Casey qui se redressait difficilement, une main en appui sur le sol et l’autre se massant le crâne douloureusement. Dans le même temps Burgess, les larmes aux yeux, avait rejoint le comptoir où Cruz, Herrmann, et Jay étaient regroupés autour de Will, qui accroupi à côté de Ruzek, tentait de lui enlever sa veste alors que Brett, suivie de Mouch et Otis, s’était ruée vers Kelly. De son côté Platt était restée un peu à l’écart et appelait les secours ainsi que des renforts pour emmener le tireur.
-Matt !! Ça va ? S’affola l’ambulancière en examinant le crâne de son compagnon.
-T’inquiète pas Gabby, je suis juste un peu sonné, mais j’ai la tête dure, lui assura-t-il en se dégageant de son emprise. Je vais bien, ajouta-t-il devant le regard insistant et inquiet de sa petite-amie va plutôt t’occuper de Severide ou de Ruzek.
La jeune femme hésita un instant mais devant le regard insistant de Casey elle poussa un léger soupir, déposa un rapide baiser sur ses lèvres puis s’éloigna en direction de Severide. En arrivant à sa hauteur elle remarqua que la situation était parfaitement maîtrisée, Brett qui était arrivée la première près du lieutenant avait déjà pris en charge sa blessure, qui n’était pas très profonde et elle ne semblait pas avoir besoin d’aide. Dawson se dirigea donc vers Ruzek autour de qui l’agitation et le stress étaient beaucoup plus palpables. Will accroupit près du policier inanimé avait réussi à le débarrasser de sa veste et compressait du mieux qu’il le pouvait la blessure dont s’échappait une grande quantité de sang. A sa droite Burgess des larmes plein les yeux, regardait impuissante l’homme qu’elle aimait se vider de son sang tandis qu’Herman qui la serrait contre lui faisait de son mieux pour la réconforter. Derrière eux Cruz, complètement perdu, regardait tout autour de lui afin, dans l’espoir de pouvoir apporter son aide à quelqu’un. Il se sentait coupable de ne pas avoir compris la situation plus tôt et de n’avoir rien fait pour aider ses amis et en désespoir de cause il finit par rejoindre Atwater chargé de surveiller le prisonnier.
-Je suis pas flic mais si jamais il se réveille, je pourrais aider à le maîtriser, déclara-t-il au policier en s’asseyant à côté de lui, et puis au moins là je me sens un peu plus utile.
-Un peu d’aide est toujours la bienvenue, lui répondit Atwater en lui faisant plus de place.
____
-Will je peux aider, demanda Gabriella en arrivant derrière le médecin.
-La balle est profondément enfoncée dans son épaule, je crois qu’elle a touché une artère vu la quantité de sang, il faut qu’on fasse quelque chose et vite sinon il va se vider de son sang, lui répondit le jeune en continuant de compresser la plaie avec sa veste.
-Je viens d’appeler les secours, ils seront là dans 15 minutes, leur annonçant le Sergent Platt en s’avançant vers eux.
A ces mots Will se tourna et échangea un regard inquiet avec l’ambulancière qui s’était accroupie à côté de lui.
-Il ne tiendra pas 15 minutes, il faut qu’on trouve la source de l’hémorragie et qu’on la stoppe, lui chuchota-t-il. Il y a une trousse de premier secours ici ? Demanda-t-il plus fort. Il va me falloir, de quoi éponger le sang et de quoi l’ouvrir.
-Par ici aussi on aurait besoin d’un kit de suture, se manifesta Brett, et de bandages !
-Il y en a un dans l’armoire à pharmacie, répondit Herrmann en continuant de serrer Burgess contre lui, elle est juste au-dessus des toilettes. Dites-vous le connaissez ce malade ? ajouta-t-il en désignant le tireur du menton.
-J’y vais, déclara Jay en se levant d’un bond, alors qu’Erin qui jusque-là faisait les 100 pas prenait la parole.
-C’est le frère du chef de l’orphelinat qu’on a arrêté tout à l’heure, il a à peine 17 ans et son frère était la seule famille qui lui restait. C’est Ruzek qui l’a maîtrisé et qui lui a passé les menottes et, caché dans sa maison le gosse à surement assister à toute la scène et il a voulu se venger, expliqua-t-elle rapidement.
Comme Cruz, Jay se sentait vraiment impuissant et coupable ne d’avoir pas réagi alors que son ami se faisait tirer dessus sous ses yeux et l’idée de pouvoir aider ne serait-ce qu’un peu le réconfortait légèrement. Mais en arrivant devant l’armoire à pharmacie sa satisfaction s’envola immédiatement : le meuble qui avait l’air d’avoir subi de nombreux chocs était complètement enfoncé et les battants étaient encastrés l’un dans l’autre. Ne voulant pas se laisser abattre le policier tenta d’ouvrir le meuble en vain.
-Dépêche-toi Jay !!! Lui intima son frère depuis la salle principale.
-J’aimerais bien mais la porte est coincée il faudrait un tournevis pour la débloquer !! répondit-il immédiatement. Putain !!Cria-t-il après un énième essai.
-J’en ai un dans ma boîte à outils, dans ma voiture ! S’exclama Casey qui venait de réussir à se relever. Je vais la chercher tout de suite !
Il fit quelque pas mal-assurées et chancelants, et trébucha juste devant Mouch qui le rattrapa de justesse avant qu’il ne touche le sol.
-Laisse tu es encore trop faible j’y vais, déclara Otis en s’éloignant de Severide.
-Ok mais il y un code sur ma boîte à outils, c’est la date de naissance de Gabby, expliqua Casey en s’asseyant avec l’aide de Mouch. Elle est à l’arrière, tiens attrape les clés !
Le pompier réceptionna le trousseau et alors qu’il arrivait à hauteur de la porte, il hésita un instant et se tourna en direction de son lieutenant.
-Euh, je connais la date de naissance de Dawson, hein y a pas de problèmes mais juste tu pourrais me redire quand c’est histoire que je sois sûr et que je ne perde pas de temps ? marmonna le pompier en se frottant l’arrière du crâne, gêné.
- 29 octobre, répondit le lieutenant en souriant
Le pompier/avocat s’éloigna en courant en direction du parking. La voiture du lieutenant reconnaissable entre mille l’attendait sagement garée à droite du restaurant. Courant le plus vite possible Otis arriva rapidement devant mais alors qu’il en faisait le tour le bas de son gilet se coinça dans la calandre. Pressé il tira un coup sec dessus, ce qui suffit pour le libérer et sans attendre il ouvrit la portière, récupéra la boîte à outils, entra le code et se saisit du tournevis avant de tout refermer et de repartir en courant en direction du bar.
-C’est bon je l’ai !!! cria-t-il en entrant.
Jay qui se tenait prêt couru à sa rencontre, récupéra le tournevis et se rua vers l’armoire à pharmacie qu’il ouvrit en deux secondes à l’aide de l’outil. Comme promis la trousse de secours l’y attendait sagement et sans perdre de temps il s’en saisit récupérant au passage, du désinfectant et des bandages supplémentaires. De retour dans la pièce principale il courut en direction de son frère qui avait enfilé une paire de gant, dénichés derrière le comptoir, et qui se tenait prêt à intervenir.
-Tiens c’est tout ce que j’ai pu trouver !! lui dit-il en posant le sac devant lui.
-Ok donne des bandages et le kit de suture à Brett et laisse le reste ici, Dawson arrête de compresser la plaie et regarde ce qu’il y a dans le sac, ordonna l’urgentiste en prenant la relève. Adam, hey écoute j’ai besoin que tu restes avec moi encore un peu ok ?
Le policier qui avait lentement repris conscience, répondit par une onomatopée que Will interpréta comme un encouragement à continuer.
-Parfait, ça va aller, tu vas t’en sortir, par contre les prochaines minutes risquent d’être très désagréables alors mords là-dedans si tu as besoin, ajouta-t-il en donnant un morceau de chiffon au jeune policier qui le prit difficilement dans sa bouche.
Le plus délicatement possible, Will souleva la veste qui lui servait à compresser la blessure et d’un geste rapide et précis il enfonça ses doigts dans la plaie. Ruzek qui jusque-là était resté calme sursauta et bien que son hurlement soit atténué par le chiffon il résonna dans toute la pièce. Sans se laisser déconcentrer le médecin enfonça un peu plus les doigts jusqu’à ce qu’ils rencontrent quelque chose de métallique, alors que Dawson faisait de son mieux pour maintenir le pauvre policier en place.
-Ok je sens son artère subclavière sous mon doigt apparemment la balle l’a touchée déclara Will à l’intention de Gabriella, attendez, c’est bon j’ai mon doigt sur le trou !
La douleur se répandit dans son épaule avec une telle violence que Ruzek s’évanouit de nouveau, redoublant l’inquiétude de Kim qui avait l’impression qu’elle allait mourir de stress. Le flux de sang s’était tari et seul un mince filet coulait désormais le long du corps du policier, mais l’inquiétude n’avait pas quitté les traits de Will.
-Il ne devrait plus se vider de son sang maintenant mais si jamais je bouge l’hémorragie va reprendre, c’est tout ce que je peux faire avec ce qu’on a ici, je suis désolé.
-Il faut l’évacuer d’urgence mais il va survivre, traduit l’ambulancière à Kim qui était devenue encore plus blafarde que son Adam, toujours inconscient.
Rassurée, Burgess se détacha de l’emprise d’Herrmann et s’accroupit à côté de son fiancé dont elle serra la main le plus fort qu’elle put, caressant délicatement son visage de son autre main.
-Les secours sont là, déclara Platt et les renforts aussi !
La suite se déroula beaucoup plus calmement. Les ambulanciers entrèrent et se dirigèrent immédiatement vers Ruzek qu’ils transportèrent jusqu’à l’ambulance tout en veillant à maintenir le doigt de Will sur son artère. Une secouriste examina rapidement Severide, que Brett avait brillamment recousu, et Casey et embarqua les deux à l’hôpital, malgré leurs protestations afin de vérifier leur état. Les policiers, quant à eux, récupérèrent le tireur qui avait repris connaissance et partirent accompagnés de Jay et Atwater en direction du poste. Quand ils sortirent le silence se fit dans le bar tout le monde ayant encore du mal à réaliser ce qui venait de se passer.
-Bon les jeunes, s’exclama Herrmann, rompant le silence, allez voir comment ils vont, je vais faire le ménage.
-On va t’aider ajouta Mouch, soutenu par Platt.
-Vous êtes sûrs que vous ne voulez pas un coup de main, proposa Dawson en tentant vaguement de nettoyer le sang qu’elle avait sur le t-shirt.
-Mais non Juliette file voir Roméo, et dis lui d’ouvrir les yeux la prochaine fois ! Aller du balai, répondit Platt en chassant les protestations d’un revers de la main.
Lindsay ,Otis, Gabby, Brett, Cruz, Burgess leur adressèrent une vague de remerciements et se ruèrent hors du restaurant, pressés de rejoindre leurs amis à l’hôpital. Alors qu’il passait la porte, Gabriella stoppa Otis d’une main posée sur son bras.
-Alors comme ça tu ne connais pas ma date de naissance ? Le confronta-t-elle malicieusement.
-Mais bien sûr que si je la connais mais avec le stress et l’agitation j’ai eu un trou de mémoire, se défendit le pauvre Otis.
-C’est bon je te taquine ! Allez viens les autres vous nous attendre ! Conclut Dawson en s’éloignant.
Soulagé, le pompier se gratta le crâne avant de courir à la suite de l’ambulancière.
-Et bah, soupira Herrmann, après leur départ, on était parti pour une soirée tranquille mais on a plutôt eu droit à une nuit agitée.
Week-end : ce mot si rare pour eux. Jay et Erin avait réussi à avoir un week-end ensemble. Ils avaient décidé de partir à New-York, rejoindre des amis à eux, et pourquoi pas rendre visite à leur collègue de l’unité spéciale d’Olivia. Ils auraient préféré aller voir les 24h du Mans, mais ils avaient seulement 3 jours de libre, trop court pour faire un aller/retour en France.
Mais avant ça, ils avaient décidé de faire une grasse mat’. Jay était le premier à se réveiller vers 10h. Il prit Erin dans ses bras et profita d’elle et de ce moment de bonheur. Après plusieurs minutes à la regarder dormir, il se décida à aller acheter le petit-déjeuner. Il s’habilla rapidement et descendit à la boulangerie du coin. Il profita d’être réveillé pour aller à la banque retirer un peu d’argent.
Au même moment, à l’appartement, Erin se réveilla tout doucement et trouva un petit mot à la place de Jay. Elle sourit en voyant la note car Jay avait dessiné une petite calandre. Il dessinait toujours des oiseaux, c’était un peu sa passion alors qu’Erin avait un peu la phobie des animaux volant. Elle se leva doucement et alla dans le salon regarder la télévision, en attendant le retour de son cher et tendre.
Jay de son côté, arriva à la banque. Il envoya un Snap à Erin devant un figuier, un de ses arbres préférés et lui indiquant qu’il allait à la banque et qu’il serait là dans 15 minutes maximum.
Devant lui, un couple avec un enfant. Il remarqua que celui-ci jouait avec une peluche en forme de pélican. Il se mit à la hauteur de l’enfant et commença à faire une onomatopée. L’enfant se mit à sourire et à rigoler et cette image lui donna envie d’avoir des enfants avec Erin. C’était son tour quand tout à coup, un mouvement de panique et des coups de feu retentirent. Il ne pouvait pas le croire, un braquage était en cours pendant son jour de repos. Aussitôt, son instinct de flic reprit le dessus et il ordonna à tout le monde de se mettre à terre et de garder leur calme. Les braqueurs se dirigèrent vers le guichet où il était et ils menacèrent la banquière pour qu’elle leur donne l’argent.
Au même moment, un vigile essaya de stopper les braqueurs mais Jay comprit dans la seconde que ça allait mal se passer. Un des braqueurs réagit de suite et tira sur le vigile qui s’écroula au sol. Jay ignora le danger et se précipita auprès de l’homme blessé mais les truands le menacèrent. Il leur expliqua qu’il ne pouvait pas laisser mourir un homme car il était sûr qu’ils n’étaient pas des meurtriers. Il mentit, il avait vu dans les yeux des deux braqueurs qu’ils seraient prêts à tout mais Jay devait tenter de le sauver. Les deux voyous échangèrent un code entre eux et continuèrent à récupérer de l’argent.
A la maison, Erin trouvait le temps long, Jay était parti depuis plus d’une heure et elle n’avait pas de nouvelle de lui malgré plusieurs textos. Elle décida de sortir Atchoum, le chien que sa voisine lui avait confié pour la semaine. En se baladant, elle se rendit compte que quelque chose n’allait pas dans le centre-ville et elle demanda aux passants ce qu’il se passait. Ils lui indiquèrent tous une prise d’otages dans une banque. Elle commença à paniquer et à appeler Voight. Elle lui raconta tout et lui dit qu’elle était persuadée que Jay était un otage. L’équipe arriva rapidement sur place pour gérer la situation.
A l’intérieur de la banque, Jay cherchait une solution. Il savait que les braqueurs étaient encerclés et qu’ils ne pourraient pas sortir. Il savait aussi qu’ils étaient prêts à tout, même à tuer plusieurs otages. Il prit le téléphone du vigile pour appeler Erin. Elle pouvait maintenant entendre tout ce qu’il se passait. Il essayait de lui communiquer le plus d’informations possible et essaya de la rassurer. Erin de son côté le supplia de ne rien faire et d’attendre l’intervention de l’équipe. Elle savait au fond d’elle qu’il en serait incapable mais elle avait peur de ce qui pourrait lui arriver.
A l’intérieur de la banque, les esprits étaient en train de s’échauffer. Jay en profita pour s’éclipser à l’arrière de la banque où il essaya d’ouvrir la porte de secours avec un tournevis. Après quelques secondes d’effort, il réussit à l’ouvrir mais il fit tomber un carton, ce qui alerta les braqueurs. Un des deux arriva et Jay réussit à le maîtriser après un échange de coup de feu. Il devait maintenant faire vite avant que l’autre criminel ne fasse usage de son pistolet.
A l’extérieur, le bruit des coups de feu fit tressaillir tout le monde, en particulier Erin qui était persuadée que Jay était mêlé à ces échanges de tirs. Elle essaya de communiquer avec lui avec le téléphone du vigile mais il ne répondait plus.
Jay réfléchit et décida d’enfiler la combinaison de l’homme qu’il venait de tuer, en espérant réussir à tromper son collègue. Il arriva dans la pièce et s’approcha de l’autre homme. En un regard, ils comprirent. Jay cria à tout le monde de se cacher et des échanges de feu retentirent de nouveau. A ce moment-là, l’équipe de Voight entra dans la banque et Jay s’écroula au sol.
Erin se précipita vers lui et Gabby et Sylvie arrivèrent à son chevet. Il perdait beaucoup de sang, il fallait faire vite. Ils partirent tous les quatre en direction de l’hôpital.
Au Chicago Med, Will attendait son frère de pied ferme, il avait été prévenu par Erin un peu plus tôt dans la matinée. Tout le monde s’occupa de lui et le monta au bloc. Après plusieurs heures, Connor annonça à Erin, Will et toute l’équipe des renseignements que l’opération s’était bien passée mais qu’il aurait besoin de beaucoup de repos.
Erin était à son chevet, il se réveilla tout doucement. La première chose qu’il fit, c’est de s’excuser pour leur weekend. Mais Erin le coupa en l’embrassant. Tout ce qui comptait pour elle était qu’il soit en vie. Dans l’après-midi, une petite fille arriva avec sa mère. C’était la femme et la fille du vigile blessé durant le braquage. Grâce à Jay, il avait pu survivre à ses blessures elles voulaient donc le remercier. La petite fille s’approcha du lit et donna à Jay sa peluche préférée : Olaf. Jay était très ému et la remercia.
Erin avait assisté à toute la scène et elle était aussi très émue. En se rapprochant de Jay, il lui posa une simple question : veux-tu m’épouser et avoir des enfants avec moi ?
14 septembre 2015,
Elle était flic depuis près d'un an, lorsqu'on lui a annoncé qu'elle allait intégrer l'unité des renseignements. Elle n'en revenait pas de grimper les échelons si vite. Tout ce qu'on lui avait dit, c'était qu'une place s'était libérée récemment, elle n'en savait pas plus.
District 21,
Toute l'équipe était là sans y être vraiment, ils étaient tous anéanti de l'avoir perdu. Plus rien ne sera pareil sans elle. Alors apprendre que la remplaçante était sur le point d'arriver n'était pas pour leurs plaire.
Voight n'avait rien demandé, personne ne devait venir, prendre la place d'Erin. Et pourtant, il n'avait pas eu le choix. On lui imposait donc une jeune recrue fraîchement sorti de l'école de police.
Malgré tout, il n'était clairement pas décidé à lui faire une place au sein de son équipe. Elle est jeune et finira bien par craquer sous la pression. Avec Alvin, Antonio, Jay, Adam, Kevin et Kim dans son unité, il n'a pas besoin d'une petite arriviste.
Elle est arrivée un peu avant l'heure, souriante, un air confiant vissé sur son visage. Il était déjà énervé de la voir là, mais il se confortait en se promettant de faire disparaitre ce sourire rapidement.
Trudy, deux pas derrière elle, tirait une tête de 10 pieds de long, pas enchanté non plus par la venue de la demoiselle.
Tous les autres étaient à leurs bureaux, plongés dans leurs dossiers, ils l'ont sciemment ignoré. Seul Antonio et Alvin se sont contenté de la gratifier d'un léger signe de tête.
La jeune fille fût surprise quelques instants par la froideur qui régnait dans cette pièce, elle s'est retournée pour constater que Platt, l'agent qui l'avait accompagné, avait déjà fait demi-tour.
Elle s'est dirigé d'un pas décidé vers le bureau du chef, n'hésitant pas une seconde avant de frapper.
Il lui permit d'entrer d'une voix rauque et clairement énervé. Ce qu'elle fît sans attendre. Peu importe ce qui se passait ici, elle n'était pas la responsable.
- Bonjour, je suis Stella...
- Renner, ouais je sais. L'a-t-il coupé brusquement.
Comme, il n'a pas pris sa main tendue et ne semblait n'avoir rien a ajouté, elle s'est installée sur la chaise en face.
- Sergent, je suis ici parce qu'on m'y a affecté. J'ai comme la sensation que ma présence dérange. Je me trompe ?
- Il y a un bureau dans le fond, fais ton boulot, c'est tout. Dit-il sans répondre à sa question.
- Voilà ta plaque et ton arme. A-t-il ajouté en les posant sur le bureau d'un air résigné.
- Pas de problème. A-t-elle assuré en se levant.
- Hey, ici c'est l'unité des renseignements, un seul faux pas et tu dégages, c'est bien compris.
Il l'avait regardé droit dans les yeux en débitant cette menace. Elle avait bien compris qu'elle n'était pas la bienvenue.
- Compris Sergent. A-t-elle répondu avant de sortir de la pièce.
S'il comptait sur elle pour craquer au bout d'une semaine, il pouvait bien aller se faire voir. Aucuns d'entre eux ne la connaissait ici, elle voulait s'intégrer, mais n'allait certainement pas leur cirer les bottes.
Quelques minutes après Voight est sortit de son bureau avec précipitation.
- On a une affaire, on bouge !
Les équipes étaient répartis ainsi : Voight et Antonio, Alvin et Ruzek, Jay et Stella, Kim et Kevin.
Dans la voiture, la jeune femme supportait le silence aussi pesant soit-il avec une facilité déconcertante. Jay eut soudain quelques remords, elle n'était pas responsable de la mort d'Erin et il ne la connaissait pas. Cependant, il ne fît rien pour engager la conversation.
Sur place, la victime était une jeune femme dont l'identité était encore inconnue. Entre 20 et 30 ans, on lui avait tiré une balle en plein cœur, sa mort datait d'environ 48 heures. Les nombreuses écritures sur le mur, avait stupéfiés les agents. Seul un téléphone mobile avait été retrouvé près d'elle. En revanche, un suspect avait été identifié, il s'agît d'une personnalité bien connue dans le monde du sport. Mais apparemment un témoin affirme avoir reconnu sa voiture partir en trombe à la tombée de la nuit dernière. Soit une journée après la mort.
Pour Voight ce n'était facile de l'apréhender sans autre preuve tangible que la voiture néanmoins, il en avait assez pour procéder à une perquisition en règle. Peter Stone le procureur l'avait bien prévenu de faire attention avec cette affaire, aucun droit à l'erreur n'est permis au risque de foutre en l'air la carrière du pilote. Voight s'en fichait un peu et était déterminé a retrouvé le tueur de cette jeune femme.
Et malheureusement, pendant la perquisition du sang a été retrouvé sur la calandre de la voiture du suspect. Il n'en fallu pas plus au Sergent pour l'embarquer.
Il était sur le point de le mettre dans la cage lorsque le procureur Stone a débarqué dans son bureau.
- Voight qu'est-ce que vous faites, vous allez foutre sa vie en l'air !
- Du sang a été retrouvé sur sa voiture et pas qu'un peu, je l'interroge. Star ou pas, il est suspect dans une affaire de meurtre.
- Très bien mais je vous préviens vous avez intérêt à avoir des preuves en béton et à ce que cette histoire ne sorte pas d'ici.
- Sinon quoi ?
- Vous risquez de briser la vie d'un homme sans être sûr qu'il est vraiment le responsable. Vous pouvez vivre avec ça ?
- Je sais faire mon job, s'il n'a rien fait, il n'a pas à s'inquiéter.
A son bureau la jeune femme n'en revenait pas et n'y croyait pas, impossible pour elle que ce soit lui. Naturellement, elle s'était bien gardée de dire qu'elle était une grande fan du pilote en question. Et puis, elle avait quelque chose en sa faveur.
Lorsque Voight est réapparu en compagnie du procureur, elle a décidé que c'était le bon moment.
- Concernant le suspect, il se trouvait le week dernier au Mans ; puisqu'il est l'un des meilleurs pilotes du championnat du monde de vitesse MotoGp, dans la catégorie supérieure. Quelques 100 000 personnes peuvent témoigner de sa présence et nous sommes mardi.
- Et alors, ça veut rien dire ! Clama Voight agacé
- Et bien si elle est morte depuis 48 heures, c'est à dire dimanche ; ça ne peut pas être lui, c'est le jour de la course et c'était en France.
- Merci de le préciser ! Coupa Voight d'un regard noir.
Le procureur est partit après ça un peu rassuré qu'une personne cherche ailleurs. Il n'avait rien pour le pilote en question, mais il détestait ces affaires avec des personnes aussi connus.
Kim et Atwater se trouvaient à la morgue avec le légiste, d'après lui, la jeune femme n'était pas d'ici. Ou alors, c'est-ce qu'on veut faire croire.
- J'ai retrouvé sous ses chaussures des morceaux de figue alors quand on sait que les figuiers poussent dans les zones chaudes... . Ajouta le médecin légiste en laissant sa phrase en suspens.
Il était clair que Chicago n'est pas une ville faite pour ce genre de plantation.
- De plus, il semblerait que cet arbre soit d'origine du Sud de la France, à la frontière avec l'Italie. A-t-il spécifié aux jeunes gens.
La cause de la mort était par balle comme constaté aux premiers abords. Pas de relations sexuelles non consentis non plus.
Au district, Ruzek et Alvin revenaient avec le téléphone, ils avaient enfin réussi à en avoir le contenu.
- Notre victime était Ornithologue et ses derniers travaux consistaient à étudier les pélicans. Déclara Alvin.
- J'ai trouvé le code de son téléphone et devinez qui l'a appelé en dernier. Continua Ruzek.
- Notre suspect. Affirma le sergent.
Pour ne rien arranger Kim et Atwater sont revenus en précisant que la jeune femme était probablement originaire du Sud de la France, très proche du pays natal du suspect. Ce que confirma Adam en précisant qu'elle se nommait Linda Barat.
- Les mots suivants ont été retrouvés écrit au-dessus du corps de la victime avec son sang : Aaaaaah, Paf, Pan, Plaf, Fsshh, Oups, Snif, Atchoum, Vroum vroum, Tic Tac. Dans cet ordre là.
- Ce sont des onomatopées ! Intervint Antonio pour se moquer gentiment de son collègue.
- Quoi tu veux qu'on s'explique à l'extérieur. Renchérit Jay sur le même ton.
- Il se pourrait qu'il décrive la façon dont ça s'est passé. Repris Stella sérieusement.
- Ah bon et bien explique nous. Lui dit Voight froidement.
Sans se démonter elle commença son récit.
- D'abord elle est effrayée, ensuite il l'a frappe avec le Tournevis retrouvé près d'elle. Peut-être qu'elle se débat et il tire, elle tombe au sol, saigne abondamment. Il réagi légèrement comme d'une simple maladresse puis réalise et se sent triste, il éternue et s'en va en voiture probablement. La fin signifie sans doute qu'il va recommencer et que le temps est imparti pour nous avant de découvrir un nouveau cadavre.
- Et bien non, puisqu'il est en détention chez nous. Cette fille était française et il était en France quelques jours plus tôt. Et il est le dernier à l'avoir contacté. Constata Ruzek, pour qui l'affaire semblait résolue.
- Est-ce que le corps a été déplacé ? Questionna Stella en direction de Kim et Kevin.
- Non. Répondit celle-ci froidement.
- Alors comment a- t-il fait pour être en France et en même temps la tuer à Chicago ? S'est-elle obstiné malgré tout.
- En effet, ça ne colle pas. Affirma Jay.
- Sauf que on ne sait pas s'il était vraiment là-bas. Contra Voight.
- De ce que j'ai lu, il a gagné la course et est arrivé ici tard le lundi après les séances d'essais du matin sur le circuit Bugatti. Dit-elle en sachant très bien que ça ne suffirait pas.
- Qui peut voir à travers un casque toi peut-être ! Clama le chef avec ironie.
- Non mais tout son staff technique est derrière lui en permanence, s'il avait laissé sa place à une tierce personne, quelqu'un l'aurait forcément remarqué. S'est-elle défendu.
- Ou peut-être qu'il a payé cette fameuse personne et a moins que tu veuilles faire un séjour là-bas à tes frais pour prouver le contraire, ce mec est en détention à partir de maintenant. A-t-il fermement décidé avant de retourner dans son bureau.
La jeune femme n'en revenait pas que ça se termine ainsi, ou elle n'avait pas la même conception d'une enquête criminelle. Ils n'ont même pas établi de profil ; tous ces écrits sur les murs venaient forcément d'une personne dérangée mentalement. Rien à voir avec l'homme qui allait être transféré en prison dans peu de temps. Ou alors, elle l'avait trop défendu et comme Voight ne l'aimait, il avait choisi d'aller à l'encontre de son avis. C'était totalement stupide, pourtant elle était persuadée, qu'il venait de bâcler cette affaire.
Plus tard dans la soirée, Jay avait accepté de l'aider. Il était le seul à avoir été d'accord avec elle face à Voight. Elle ne pouvait pas dire qu'il était sympa, mais il semblait avoir à cœur à ne pas mettre un innocent en prison. Aussi lorsqu'elle lui a proposé de se rendre chez le suspect, pour fouiller une nouvelle fois, il a accepté.
Le pilote renommé ne venait pas là très souvent, mais avait acheté cet appartement au quatrième étage quelques années auparavant. Les deux détectives sont entrés dans le Hall d'immeuble, lorsque la jeune femme a brisé le silence.
- On peut prendre les marches plutôt ? Demanda-t-elle
- Pourquoi, tu as la phobie des ascenseurs ! S'est-il gentiment moqué.
Bon d'accord, il se foutait d'elle mais c'était la réaction la plus agréable qu'il avait eu à son égard depuis son arrivée. Ils sont montés en silence et furent déçu de ne rien trouvé qui permettent d'innocenter le propriétaire. Une fois de retour au rez-de-chaussée, la jeune fille s'est immédiatement dirigée vers les boîtes aux lettres.
- C'est notre dernière chance. Dit-elle en crochetant la serrure.
Et en effet, il y avait là des tonnes de lettres de la fameuse Linda ; les meilleures étant les dix dernières.
Ils étaient sortis ensemble et il avait rompu, elle n'avait pas supporté. Lorsqu'elle a commencé a envoyé des lettres anonymes, il a vite compris. Dans les dernières, elle s'excuse de son comportement et de celui d'un certain George De Souza. Enfin une autre personne qui était proche de la victime. De retour au bureau, Jay et Stella se sont mis au travail et ça n'a pas été long de découvrir le déséquilibre mental du jeune homme.
Une heure après eux une partie de l'équipe (Voight, Dawson et Olinsky) était sur place, étonnés de les voir déjà là.
- Que se passe-t-il ? Demanda Jay.
- Une autre victime, même mode opératoire, et vous ? Rétorqua Voight suspicieux.
- Un certain George De Souza connaissait la première victime et envoyait des lettres anonymes à notre suspect, on a découvert qu'il est psychologiquement instable. Répondit le jeune homme
Ils se sont tous mis en route en direction du domicile de De Souza. L'interpellation a été rapide et sans heurts.
Dans la salle d'interrogatoire,
- Pourquoi ? Demanda simplement le sergent.
- J'aimais vraiment Linda mais elle ne voyait que par son pilote. Et même après leur séparation mais au moins, je pouvais l'aider.
- Les lettres anonymes, c'était votre idée ?
- Oui et puis elle m'a dit qu'il fallait arrêter, qu'il avait tout compris ; mais non moi, je ne pouvais pas.
- Vous aviez trop besoin de détruire la vie de l'homme qui vous empêchait d'avoir la femme tant convoitée.
- C'est ça en plus ce pilote, je l'aime pas, et puis ça permettait à mon favori d'être champion si lui allait en prison. C'était si facile de le faire accuser, il n'est jamais ici à Chicago, ne s'est même pas rendu compte de la disparition de sa voiture.
- Une pierre deux coups. Et l'autre femme pourquoi l'avoir tué ?
- Je sais pas quand j'ai tué Linda ça m'a rendu triste et puis après c'était bien quoi. Et cette fille lui ressemblait tellement. Mais vous ne pouvez pas dire le contraire, je vous avais prévenu ! A-t-il terminé avec un rire pervers.
Le docteur Charles qui a assisté à la scène derrière la vitre sans teint a affirmé que malgré les nombreuses défaillances psychologiques de cet homme, il était conscient de ses actes lors des faits. Le procureur Stone a donc décidé qu'ils iraient jusqu'au procès, il ne sera pas difficile de faire condamner George De Souza.
Stella de son côté a annoncé la bonne nouvelle au sportif qui voyait toute sa vie se briser d'heure en heure, elle lui a expliqué brièvement avant de le laisser partir. Une très longue journée dont il se souviendrait longtemps venait de s'écouler mais au moins son anonymat avait été respecté.
- T'es sous le charme ou quoi ? Questionna Jay.
- Complètement. Dit-elle juste avant de tourner les talons et de remonter à l'étage.
Il était tard, la jeune détective s'empressa de commencer l'écriture de son rapport.
- T'as fait du bon boulot aujourd'hui. Dit Voight en se postant soudainement devant elle. Tout le monde rentre, le rapport peut attendre demain. A-t-il ajouté sans un regard en arrière.
Elle a rapidement pris ses affaires, Dawson et Olinsky discutaient ensemble.
- A demain. Dit-elle en passant, tellement vite qu'elle n'entendit pas leur réponse.
A l'extérieur l'air frais lui faisait le plus grand bien. Elle avait déjà vécu ça, se retrouver en milieu hostile. Elle n'avait jamais flanchée et ne commencerait pas aujourd'hui.
- Hey Stella attend ! S'écria Jay.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien, je voulais juste m'excuser pour mon comportement. Et tu es un bon flic.
- Tu dis ça parce que c'est moi qui suis censé veiller sur tes arrières ?
- Non, je suis sincère. Recommençons depuis le début ; Jay Halstead ! S'exclama-t-il en lui tendant la main.
- Ok ! Dit elle en serrant sa main avec un léger sourire aux lèvres.
- Je sais que Voight est dure et ça n'a rien à voir avec toi, tu dois le savoir.
- Ouais enfin, comme dirait ma nièce, même Olaf est moins glacial que lui !
Il a souri, et elle s'est éloignée vers sa voiture.
Une fois chez lui, Jay s'est mis sur le canapé avec une bière, feuilletant le courrier qu'il avait négligé depuis quelques jours. Une lettre attira son attention ; serait-elle encore en vie ? Il n'en revenait pas mais il avait besoin d'être sûr.
Après une bonne soirée au Molly’s où tout le monde s’était amusé, Halstead avait quitté la soirée avant les autres, prétextant une course urgente à faire pour le lendemain. Une heure après, Lindsay arriva chez elle et trouva une lettre posée sur la table.
Erin,
Je sais que tu t’attendais à me trouver chez toi en rentrant mais je ne pouvais pas affronter ton regard. J’ai lâchement préféré te laisser cette lettre et rentrer chez moi en espérant qu’une fois que tu l’auras lu, tu m’appelleras ou que tu viendras me voir.
Depuis deux semaines maintenant, je ne trouve pas le bon moment pour te parler et cela devient trop lourd à supporter pour moi de garder le secret, j’ai envie qu’on partage ça ensemble.
Il y a deux semaines, je venais chez toi pour te voir un samedi matin après avoir passé la soirée avec Will, je sais je ne suis jamais venu chez toi ce jour-là, je suis désolé. J’étais à deux pas quand je me suis retrouvé face à face avec une femme que j’ai connu à la Fac. Oui j’ai été à l’université mais seulement une année avant de m’enrôler dans l’armée, ça ne compte pas ou plutôt ça ne comptait pas. On a discuté tous les deux dans la rue tranquillement quand elle a reçu un appel, j’ai voulu partir mais elle m’en a empêché et c’est là qu’elle m’a demandé de venir chez elle. J’ai refusé mais elle a fini par me convaincre. Je l’ai suivie. Quand on est arrivé, elle m’a offert un café et on a continué à parler de ce qu’on devenait l’un comme l’autre et du bon vieux temps de l’université qui paraissait être à des années lumières d’aujourd’hui. On discuta un peu de la brève histoire qu’on avait eu tous les deux, comment son côté timide et renfermé m’avait fait craquer pour elle, je parlais et elle ne répondait qu’avec des onomatopées.
Je ne t’ai jamais parlé d’elle parce que même si on a été ensemble quelques mois, il n’y a jamais rien eu de très sérieux entre nous, on sortait, on s’amusait, elle révisait et moi je m’entraînais pour être prêt physiquement quand j’arriverai à ma session de test d’aptitude physique pour entrer dans l’armée. On était un couple mais sans sentiments, enfin, officiellement parce que j’en ai eu et elle aussi !
Cette fille que j’avais connu à l’époque et la femme que j’avais en face de moi, c’était comme deux personnes différentes. La jeune fille timide qui éternuait sans cesse quand nous étions à l’université au point où je l’avais affectueusement surnommé Atchoum et la femme que j’avais là... Elle éternuait toujours autant mais elle semblait plus... apaisée que timide mais en même temps elle semblait anxieuse.
Tout d’un coup tout est devenu clair. J’ai tourné la tête, la télévision venait de s’allumer et j’ai compris. Plongée dans la course automobile qu’elle regardait à la télévision, une adolescente sur le canapé n’avait même pas remarqué ma présence. Quand elle se présenta à moi je compris. Cette gamine, elle a quinze ans. Et si je te dis tout ça aujourd'hui, c’est parce que c’est ma fille...
Je suis le père d’une adolescente de 15 ans et je ne l’ai pas su. Flora a quitté l’université en même temps que moi finalement pour prendre des cours du soir et s’occuper de son bébé, de notre bébé. Si je l’avais su, je ne sais pas comment serait ma vie aujourd'hui mais elle serait différente. Je n’ai pas les codes pour m’occuper d’une adolescente mais je veux faire partie de sa vie.
On a discuté tous les deux ce jour-là même si elle était plus préoccupée par la calandre des voitures qu’elle suivait avec passion sur l’écran que par le fait que j’étais son père. J’ai cru qu’elle ne voulait pas de moi dans sa vie, après tout je débarquais quinze ans après sa naissance, sa mère avait abandonné l’idée d’aller à l’université à cause de moi pour prendre un job et s’occuper d’elle. Je suis resté un peu à parler avec elles mais j’ai préféré partir c’était beaucoup à admettre pour moi aussi. Et finalement c’est elle qui m’a demandé de rester un peu pour qu’on parle un peu, qu’on apprenne à se connaître tranquillement même si elle était aussi perturbée par le fait de rencontrer son père comme ça, de manière imprévue alors qu’elle ne voulait qu’une chose : suivre les vingt-quatre heures du Mans du début à la fin. La course avait commencé deux heures avant, elle m’a expliqué tous les rouages de la course, elle est vraiment passionnée par l’automobile et la mécanique, Flora dit qu’elle est née avec un tournevis dans les mains.
Je l’ai revue après, ma fille, dans la semaine. Elle m’attendait devant le poste un jour. Elle lisait... moi qui n’ai jamais aimé lire j’ai une fille qui lit des livres... On a parlé de ce qu’elle lisait et elle m’a fait comprendre que je ne devais m’intéresser à elles que parce que sa maman a hérité d’une petite fortune. Elle m’a dit de ne pas être un homme aussi intéressé que le comte Olaf dans un livre qu’elle avait lu et qu’on s’entendrait bien tous les deux. On a parlé de sa passion pour l’automobile, et de sa phobie pour les pélicans depuis qu’elle est petite lorsqu’un pélican échappé de son enclos lui avait fait peur en se trouvant derrière elle. On a été se promener dans le parc où elle jouait étant petite, son grand-père avait fait une donation et elle a un arbre à son nom dans ce parc, un figuier, l’arbre de force et de générosité, comme elle. Elle parlait et je ne disais rien, je ne parvenais pas à faire une phrase...
Je sais que c’est beaucoup à encaisser, que tu ne voudras pas me parler pendant un temps... Je veux faire partie de la vie de ma fille, je veux que tu en fasses partie aussi.
Ne me demande pas de choisir entre elle et toi parce que j’ai beau t’aimer plus que tout, il y a bien une chose qui passera avant tout, même avant toi et moi, c’est ma fille.
Je suis désolé de ne pas avoir eu le courage de te le dire en face, c’était trop dur, jamais le bon moment, il y avait toujours autre chose.
À toi de voir, partenaire.
Je t’aime.
Jay
Jay était chez lui, devant la télévision, sa fille l’avait rejoint à l’improviste pour regarder une course de voiture avec lui. Lorsqu’on frappa à la porte, il était sous la douche, l’adolescente ouvrit la porte, sans un mot. Jay sortit de la salle de bain torse nu en pantalon de jogging pour voir. Un grand sourire illumina son visage quand il la vit devant sa porte et son cœur explosa quand Erin posa une simple question : « Comment tu t’appelles ? » à l’adolescente.
La semaine avait été éprouvante pour l’équipe des renseignements. Le corps d’un enfant en bas âge avait été retrouvé sous un figuier, dans le Lincoln Park. A chaque fois que ces affaires arrivaient, la tension était palpable dans l’équipe et la motivation pour retrouver le coupable décuplée.
Mais en ce vendredi soir, l’esprit était à la décompression et à la fête, après que le meurtrier, un champion des 24h du Mans ait été arrêté. Ils avaient décidé de tous se rendre au Molly’s, le seul endroit où ils se sentaient chez eux et en sécurité. La soirée se déroulait tranquillement, les détectives et les pompiers se racontaient des blagues et buvaient des verres. Antonio s’était mis à l’écart pour parler avec Sylvie pendant que Mouch et Platt planifiaient leurs prochaines vacances.
Tout d’un coup, Casey et Gabby prirent la parole, ils avaient quelque chose à annoncer à leur « famille ». Casey commença à toucher le ventre de Gabby et tout le monde comprit. Ils allaient avoir un bébé ! Antonio sauta dans les bras de sa sœur et rigola sur le fait qu’elle avait intérêt à mieux s’occuper de son bébé que d’Atchoum, leur chien quand ils étaient enfant. Ils rigolèrent avant que tout le monde ne vienne prendre la future maman dans ses bras.
Quelques minutes plus tard, des coups de feu et une explosion retentirent. L’équipe des renseignements et les pompiers sortirent tous en courant pour voir ce qu’il se passait. Un feu avait commencé à prendre dans une habitation à côté du bar mais au même moment des échanges de coup de feu retentirent de nouveau.
Jay et Antonio commencèrent à sécuriser le périmètre et à essayer de trouver le tireur. Rapidement, Jay remarqua un snipper sur le toit, il fit signe à Ruzek et Atwater de monter sur le toit d’un bâtiment. Arrivés sur le toit, le tireur avait disparu, mais ils trouvèrent une figurine en forme de Pélican. Ils donnèrent l’objet à la scientifique pour essayer de retrouver des empreintes, même si l’équipe était persuadée d’avoir à faire à un ou des professionnels.
Tout le monde redescendit en bas et l’agitation commença à se calmer et l’adrénaline commença à descendre. C’est à ce moment-là que Gabby s’écroula. Casey, Antonio et Sylvie se précipitèrent vers elle. Elle avait été touchée par une balle mais elle ne s’en était pas rendu compte. Elle avait perdu beaucoup de sang, une ambulance arriva rapidement pour la conduire au Chicago Med, sous escorte policière. Sur les lieux, ils étaient tous sonnés de ce qu’il venait de se passer et ils priaient tous pour que Gabby et le bébé s’en sortent. Antonio était inconsolable et même les bras de Sylvie n’arrivaient pas à le rassurer.
Les renseignements commencèrent leur enquête et se mirent à faire du porte à porte. Il ne fallait pas perdre une seconde pour arrêter le coupable. Casey envoya un message à tout le monde pour prévenir que Gabby était au bloc et qu’il n’aurait pas de nouvelle de suite.
Le lendemain matin, Antonio se rendit à l’hôpital pour aller voir sa sœur, il trouva Casey endormi sur le fauteuil. L’opération de Gabby s’était bien passée et elle n’avait pas perdu le bébé mais les prochaines 48h pouvaient être critiques. Ils n’étaient pas encore sortis d’affaire. Après avoir discuté avec Matt, Antonio commença à partir quand des bips résonnèrent dans la chambre, Gabby était en train de faire un arrêt cardiaque, elle était en code bleu. Will et Natalie se précipitèrent dans la chambre et réussirent à faire repartir son cœur.
Aux renseignements, l’enquête n’avançait pas vite, ils avaient peu d’éléments pour le moment. Vers le coups des 21h, une alerte signalant un incendie et une fusillade arriva sur le PC de Mouse. L’équipe s’équipa et partit le plus rapidement possible sur les lieux. Mais c’était trop tard, le tireur était déjà parti en laissant derrière lui une calandre.
Le suspect devait définitivement avoir une passion pour les oiseaux, ce qui angoissait Jay qui avait la phobie de tout ce qui vole. Tout le monde commençait à s’inquiéter. Les cibles n’avaient rien en commun. Cette fois, il n’avait touché personne, seulement des batîments. Ruzek supposa, naïvement qu’il ait pu manquer son coup ce qui fit partir Jay au quart de tour, il était impossible qu’un sniper manque autant sa cible.
Alors qu’ils étaient tous concentrés à trouver des liens possibles, rien n’avait de sens. Une autre fusillade éclata, cette fois, devant un foyer pour enfants mais heureusement aucun d’entre eux n’avaient été touché mais un petit garçon manquait à l’appel. Voight commença par demander ce qu’avait cette fois, laissé le snipper, une figurine en forme de bonhomme de neige un « Olaf » d’après Atwater. Mouse reçu alors un appel d’un autre district, ils venaient de trouver une figurine et des douilles à un endroit où des tirs avaient été entendu la veille en journée. Un oiseau, encore un oiseau mais cette fois il s’agissait de trouver l’espèce exacte pour peut-être comprendre. Erin faisait des recherches elle comparait les oiseaux avec la figurine avant de pouvoir enfin annoncer qu’il s’agissait d’un Agami trompette. Tout le monde marqua un temps d’arrêt. Olinsky reprit en levant doucement la main sans lever la tête. Il demanda le prénom du petit garçon qui manquait toujours à l’appel au foyer.
Paco. Ce petit garçon de 5 ans qui avait disparu s’appelait Paco. Pélican, Agami, Calandre et Olaf. Voight enchaîna en demandant à Mouse de trouver tout ce qu’il pouvait sur ce petit garçon. Sa mère était décédée dans un accident de voiture et il n’avait aucune autre famille, s’en était trop tout de même pour être une coïncidence.
Alors que la nuit tombait sur Chicago, ils ne savaient plus où donner de la tête. Ils n’avaient aucune information. Paco était probablement le lien entre les fusillades. Personne n’était blessé, uniquement Gabby qui d’après les rapports de la scientifique avait été touchée par un ricochet, elle n’était pas visée. Le snipper ne cherchait pas à tuer, peut-être cherchait-il seulement à récupérer le petit Paco et avait décidé de faire passer ça pour un simple enfant perdu lors d’une fusillade, le temps que la police comprenne, ils seraient déjà loin. Il n’avait juste pas prévu que l’unité des Renseignements serait sur l’affaire.
Des heures durant, Mouse et l’équipe continuèrent à essayer de retrouver les proches du petit Paco et de sa maman. Des heures pendant lesquelles le petit garçon et son kidnappeur s’éloignaient de plus en plus de Chicago s’ils le voulaient.
Un appel au 911 les envoya dans une maison du centre-ville, une maison bourgeoise. On pouvait entendre des cris depuis la rue. Les Renseignements se mirent en position et pénétrèrent dans la maison. Une femme avec une arme à la main en menaçait une autre, tournevis à la main, qui avait derrière elle le petit Paco. Après plusieurs minutes de négociation, tout le monde baissa son arme. Les explications allaient pouvoir être données.
La jeune femme avec le tournevis était la petite-amie de la mère de Paco ou plutôt son ex-petite-amie, elle ne savait pas que son ex était décédée deux semaines plus tôt et ignorait que Paco était en foyer jusqu’à ce que sa sœur, une snipper de l’armée arrive avec Paco. Elle avait provoqué l’accident de la mère de Paco pour que sa sœur récupère la garde de leur fils sur lequel elle n’avait aucun droit. Elle n’avait jamais eu l’intention de blesser quelqu’un à part la mère de Paco.
Les Renseignements arrêtèrent la snipper et conduisirent Paco et sa deuxième maman aux services sociaux où la jeune femme devrait prouver avoir élevé le petit garçon pendant plus de quatre ans et n’avoir pas eu connaissance du décès de son ex-compagne. L’histoire finissait bien pour eux.
À l’hôpital, Gabby se réveillait, ses yeux papillonnaient, quelques onomatopées sortaient de sa bouche mais pas de mots. Casey la rassura, le bébé était fort, vraiment fort et il s’accrochait, ils iraient bien tous les deux. Il n’en fallait pas plus à tout le monde que la sortie de l’hôpital de la future maman une semaine plus tard pour célébrer dignement cette grossesse au Molly’s.
Lindsay et Voight étaient à l’entrée d’une fête foraine. Quelques heures auparavant, cet endroit était bondé de monde, mais il suffisait d’un drame pour faire fuir tous les gens qui étaient seulement venus s’amuser… ou du moins pour la plupart, car l’un d’entre eux était entré avec un seul but : kidnapper une petite fille, ce qui est sans doute la plus grande phobie des parents. Des policiers faisaient des allers et venues, essayant de trouver le moindre petit indice possible car dans le cas d’un kidnapping d’enfant, les premières heures sont les plus cruciales. 44% des enfants kidnappés sont tués la première heure, 75% sont tués dans les trois heures après l’enlèvement et presque la totalité des victimes meurent dans les vingt-quatre heures. Dans cette nouvelle affaire, une demi-heure s’était écoulée, il fallait donc faire vite.
- « Emily ! Emily ! » pouvait-on entendre dans les allées.
Lindsay et Voight s’approchèrent de la jeune femme qui criait ce prénom. C’était la maman de l’enfant, Amy Le Mans. Voight prit la parole en premier.
- « Madame Le Mans, bonjour, Hank Voight et Erin Lindsay, nous travaillons pour l’unité des renseignements et nous nous chargeons de retrouver votre fille. Pouvez-vous nous dire ce qu’il s’est passé ?
- Bonjour, je… Emily s’est approchée du stand de bonbons et elle m’en a réclamé. Elle a choisi ce qu’elle voulait et au moment de payer, j’ai fait tomber une pièce de monnaie. Je me suis baissé pour la ramasser, et en me relevant, Emily n’était plus à mes côtés. J’ai crié son nom, mais personne ne m’a répondu. J’ai commencé à la chercher et plus loin, j’ai retrouvé sa peluche Olaf par terre. Elle ne la quitte jamais, je sais qu’il lui est arrivé quelque chose, je vous en prie, retrouvez-là !
- Madame, je sais que ça va être difficile de vous en séparer tout de suite, mais nous avons besoin de la peluche. Les chiens renifleurs pourraient la retrouver grâce à ça. » dit Lindsay d’une voix douce.
La jeune maman regarda la peluche, hésita quelques instants et la donna à Erin.
- « On vous la rendra, je vous le promets. »
Hank et Erin partirent vers les policiers qui tenaient les chiens en laisse. Dès que les chiens eurent senti la peluche, ils foncèrent d’allées en allées pour finir sur une place de parking.
- « Ce n’est pas bon signe ! » s’inquiéta Lindsay.
Voight sortit son téléphone et composa un numéro. Il attendit quelques secondes que la personne décroche et donna ses ordres :
- « Mouse, trouve-moi toutes les caméras de surveillance donnant sur le parking de la fête foraine. On a perdu la trace de la petite, il nous faut une piste et au plus vite ! »
Lindsay et Voight retournèrent au commissariat et se dirigèrent directement vers le bureau de Mouse. Jay était également présent.
- « Mouse, dis-nous que tu as quelque chose !
- Oui, en partie, j’ai réussi à obtenir les images de la caméra de surveillance en face du parking de la fête foraine, et j’ai réussi à localiser Emily avec son ravisseur. »
Mouse montra les images à ses deux collègues et mit sur pause quand il trouva une image d’Emily.
- « On peut voir qu’elle est dans les bras de quelqu’un, mais jamais on ne voit son visage. On voit également un bout de sa voiture, la calandre arrière et les deux derniers chiffres de son immatriculation. J’ai déjà lancé des recherches, mais ça ne donne rien pour le moment.
- Bon travail Mouse, on continue les recherches ! »
Alvin et Ruzek étaient chez le père de la petite Emily. Les parents de l’enfant n’étaient pas restés ensemble, ils avaient eu Emily très jeune, et à ses trois ans, après de nombreuses disputes, ils avaient jugé qu’il était mieux pour eux de se séparer. Désormais, depuis deux ans, la petite fille restait chez sa mère et allait chez son père un week-end sur deux. Le père, Louis Francis, avait refait sa vie, il avait une nouvelle copine et ils avaient eu un garçon ensemble. Le petit n’a qu’un an et n’arrivant pas encore à parler, ses seules paroles étaient des onomatopées incompréhensibles.
- « Vous vous entendez bien avec la mère de votre fille ?
- Je ne vous cache pas que des fois c’est encore tendu, mais oui, on le fait surtout pour Emily.
- Vous voyez quelqu’un qui pourrait vous en vouloir au point de kidnapper votre fille ?
- Je suis videur dans une boite de nuit, j’imagine que certains peuvent m’en vouloir de ne pas les laisser entrer, mais de là à kidnapper ma fille, non.
- Vous avez eu une altercation avec une personne que vous n’aviez pas laissé entrer dernièrement ?
- Oui, il y a bien ce type… euh, Connor… Connor Shaw je crois. Il sentait l’alcool à trois kilomètres, j’ai refusé qu’il rentre lui et son copain et il a foncé sur moi, mais je lui ai mis une bonne raclée. Il a dit qu’il se vengerait. Vous croyez vraiment que ça peut être ce pauvre type ?
- On n’est encore sûr de rien, mais tout ce que vous nous dites nous est très utile. »
Alvin et Adam posèrent encore quelques questions, inspectèrent la chambre où dormait Emily quand elle venait chez son père et repartirent.
Atwater et Dawson étaient dans la maison de Madame Le Mans. Ils avaient installé un dispositif au cas où le ravisseur appelait chez la jeune maman pour demander une rançon. En attendant un quelconque appel, Dawson se rendit dans la chambre d’Emily. La chambre était peinte en rose, avec des images de princesses collées sur les murs. Antonio trouva un livre sur les animaux encore ouvert sur son lit, il le feuilleta délicatement : éléphant, panda, lion, pélican… Il se déplaça et trouva sur une petite table un dessin du dessin animé Blanche-Neige. Seul Atchoum était coloré et la petite fille avait seulement commencé à colorier la belle robe de la princesse. Atwater entra dans la pièce.
- « Je n’arriverais jamais à comprendre comment on peut s’en prendre à des enfants.
- Moi non plus, et tu verras, ce sentiment est encore pire lorsqu’on devient père.
Ils entendirent une voiture s’arrêter devant l’entrée et sortirent de la chambre. Kim Burgess ramenait Madame Le Mans chez elle et l’accompagna jusqu’à l’intérieur.
- « Nous allons rester avec vous, si le ravisseur vous appelle, on sera en mesure de le localiser et de nous rendre chez lui pour aller récupérer votre fille. Maintenant, il faut juste patienter… »
« On a quelque chose » cria Jay à Lindsay et Voight qui accoururent sur le champ.
- « La voiture est une Ford Expedition datant d’un mois seulement immatriculée BMR876. Le nom de l’acheteur ne donne rien, c’est un John Smith, mais j’ai le nom du garage où il a acheté le véhicule. »
Dans la salle d’interrogatoire, Alvin et Adam étaient en train d’interroger Connor Shaw. Alvin était assez en face du jeune homme et Adam se trouvait derrière lui.
- « Alors Connor, après les agressions, tu te mets aux enlèvements d’enfants maintenant ?
- Eh, cette agression ne devait pas se retrouver sur mon casier judiciaire normalement, c’était seulement pour rire.
- Pour rire hein, ton copain a quand même eu 12 points de suture à cause de tes conneries. » lança Ruzek.
- « Bon passons aux choses sérieuses, où est Emily Le Mans ? Si tu me dis où elle est, on passe un accord avec le juge pour que ta peine soit moins importante.
- C’est qui celle-là ?
- Un peu de respect ! dit Ruzek en lui tapant l’épaule. Ne fais pas l’innocent, Emily Le Mans est la petite fille de cinq ans que tu as enlevé.
- Quoi ? Mais j’ai jamais enlevé personne moi !
- Tu n’avais pas dit à son père que tu allais te venger, tu sais, le videur de la boîte de nuit.
- Parce que c’est son père ? Bon ok les mecs, j’avoue, il m’a bien chauffé, j’avais envie de m’éclater cette nuit-là et il m’en a empêché mais j’étais bourré. J’ai dit ça sous le coup de la colère mais je n’allais jamais rien lui faire.
Alvin reçu un appel sur son téléphone, répondit et rangea son portable avant de reprendre l’interrogatoire :
- « Une Ford Expedition, ça ne te dit rien ?
- Si, c’est ma caisse, pourquoi ?
- On a ta voiture sur les images de la caméra de surveillance, et devine où elle était ? Sur le parking de la fête foraine, là où Emily a été enlevée.
- Ok, ok, ok, attendez, je n’y suis pour rien, on m’a volé ma caisse il y a une semaine. Ce taré est ensuite allé kidnapper une fille.
- On voit une personne avec la petite, j’imagine que c’est toi.
Alvin lui montra les images de la caméra de surveillance.
- « Je veux un avocat !
- Choisis-en un bon, tu en auras besoin… »
Alvin et Adam sortirent de la salle d’interrogatoire et Adam soumis ses doutes à son collègue.
- « C’est étrange, il avait l’air sincère, je n’avais pas l’impression qu’il savait de quoi on parlait quand on a commencé à parler d’Emily.
- J’ai ce sentiment aussi. »
La sonnerie du téléphone retentit. Amy Le Mans était terrifiée, elle avait peur d’une mauvaise nouvelle. Quand elle eut l’accord d’Atwater, elle décrocha :
- « Allô ?
- J’ai votre fille, si vous voulez la revoir, suivez mes instructions. Pas de police, venez seule au Lincoln Park et apportez trois millions de dollars à sept heures ce soir.
- Mais je n’ai pas autant d’argent…
- Débrouillez-vous.
- Je… Je peux parler à ma fille ?
- Ne soyez pas en retard ! »
Le ravisseur raccrocha. Il avait utilisé un appareil pour déformer sa voix et malheureusement, il n’avait pas parlé pendant assez de temps, la localisation n’avait pas abouti. Dawson essaya de la rassurer :
- « Il vous a contacté, c’est bon signe, votre fille est toujours en vie. Maintenant, il faut aller au lieu de rendez-vous et on l’interceptera là-bas. »
Tout le monde s’était réuni au commissariat pour la marche à suivre, seule Burgess était restée auprès de Madame Le Mans qui devait remettre la rançon. Voight donna les ordres.
- « Le ravisseur ne veut pas de police donc tout le monde en civil. Dawson et Lindsay, restez dans la voiture, si ça tourne mal, vous le poursuivez. Pour les autres, tout le monde sera dans le parc.
A dix-neuf heures, Madame Le Mans était au lieu de rendez-vous avec la rançon. Quelques vrais billets étaient dissimulés dans le sac de rançon, mais pour la plupart, c’était des faux qui provenaient du commissariat. Halstead qui était assis sur un banc non loin de la jeune femme alertait l’équipe :
- « Un homme en visuel, près du figuier, qui se dirige tout droit vers Madame Le Mans. »
L’homme passa à côté de Madame Le Mans, mais poursuivit son chemin, fausse alerte. Soudain, une personne cagoulée sortant de nulle part agrippa le sac de rançon de Madame Le Mans, mais cette dernière le tenait de toutes ses forces.
- « Tournevis ! »
C’était le nom de code que Voight avait donné à Madame Le Mans au cas où la situation dégénérerait. Jay qui était le plus près de la jeune femme courut dans sa direction et menotta la personne avant de lui retirer la cagoule. A son grand étonnement, la personne sous la cagoule était une femme. Ruzek et Olinsky savaient de qui il s’agissait : c’était la nouvelle copine de Louis Francis, le père de la petite Emily.
Après avoir récolté des indices, Erin et Jay se chargeaient de l’interrogatoire. Erin prit la parole :
- « Fini de jouer, on a retrouvé des images de vous volant la voiture de Connor Shaw, des empreintes appartenant à Emily et on a aussi récupéré un appareil permettant de modifier la voix. On a toutes les preuves pour vous faire inculper pour l’enlèvement de la petite. Si vous nous dites tout, on essaiera… de faire un effort pour réduire votre peine. »
Carol, la petite amie de Louis Francis regardait Lindsay mais était complètement impassible. Jay en remit une couche pour la convaincre de parler.
- « Vous savez, peu importe que vous soyez une femme, les prisonniers détestent qu’on s’en prenne aux enfants. J’imagine tout ce qu’ils pourraient vous faire : vous casser les dents… vous tordre les doigts… vous briser les genoux… vous…
- Stop, arrêtez, je vous en prie ! D’accord, d’accord, ce… ce n’était pas mon idée. Louis voulait récupérer la garde de sa fille, qu’on soit une famille tous les quatre. Il pensait que si Emily se faisait enlever alors qu’elle était sous la responsabilité de son ex, il pourrait plus facilement obtenir sa garde. Il y a plusieurs mois de cela, il lui avait déjà parlé qu’il voulait voir davantage sa fille, mais son ex a refusé de revoir l’accord. Il a élaboré ce plan, il a su que son ex et Emily devaient aller à la fête foraine, et à la première occasion, je devais l’emmener avec moi. Ensuite pendant l’enquête, on devait vous mettre sur la piste de ce Connor Shaw. La dernière étape, c’était d’emmener Emily chez Shaw où sa mère aurait pu la retrouver là-bas. On ne lui a pas fait de mal, Emily est avec Louis, ils sont dans l’ancienne maison de ma mère, au 2121 N Kingsbury Street. »
Voight et Dawson se rendirent à l’adresse indiquée par Carol. Voight fracassa la porte et entra suivi d’Antonio. Louis Francis se trouvait dans le salon en train de jouer avec Emily qui avait l’air d’aller bien. Voight s’approcha, fit se tourner Francis et sortit les menottes.
- « S’il vous plaît, ne me menottez pas devant ma fille… »
Antonio s’occupait d’Emily, la petite fille lui sourit et après quelques paroles échangées, elle accepta de se laisser porter dans les bras de Dawson. Il passa à côté de Francis et s’arrêta devant lui, le temps qu’il dise au revoir à sa fille. Le père de famille lui donna un baiser sur son front et Antonio sortit de la maison avec Emily. S’assurant que la petite fille ne pouvait pas les voir, Voight menotta Louis Francis et le fit sortir à son tour en lui dictant ses droits tout en l’emmenant dans la voiture de police.
Au commissariat, Amy Le Mans se trouvait avec Kim Burgess et Trudy Platt à l’accueil. Platt avait prévenu la jeune maman que Voight avait récupéré sa fille et qu’ils étaient en chemin pour qu’elle puisse enfin la récupérer. En attendant, Burgess avait expliqué à Madame Le Mans que c’était le père de la petite qui avait manigancé son enlèvement. Arrivée à la fin de son explication, Trudy les interrompit :
- « Je crois qu’il y a une petite fille qui a hâte de retrouver sa maman. » dit-elle en apercevant Emily entrant dans la pièce.
- « Maman ! Maman ! » s’écria la petite fille tout en s’avançant vers elle.
La jeune maman la prit dans ses bras et l’enlaça tendrement, heureuse que sa fille soit saine et sauve.
Burgess et Trudy les laissèrent fêter leurs retrouvailles et s’éloignèrent un peu.
- « J’aime vraiment mon métier quand je vois que tout se termine bien. » lança Kim toute souriante de voir une affaire qui finissait bien.
- « Ne t’y habitue pas de trop ! Tu vas retourner patrouiller tout à l’heure. Ne me remercie pas.
- Vous avez vraiment le don pour démoraliser les troupes ! »
Quelques heures plus tard, après avoir terminé de remplir des papiers et des dépositions, Amy Le Mans pouvait enfin ramener sa fille chez elle après cette journée éprouvante. Trudy les regarda s’éloigner, s’avouant intérieurement qu’elle aussi, elle aimait les affaires de ce genre qui se terminaient bien.
L'été arrivait doucement à Chicago, les températures plus douces et le soleil plus présent réchauffaient les cœurs et les esprits. L'ambiance au District 21 était plutôt bonne. Cette année, Erin et Jay avaient organisé pour les vacances, une petite escapade en France pour assister à une course automobile bien connue, les 24H du Mans. Ils avaient invité à se joindre à eux, Gabby et Casey qui à leur tour avaient proposé le voyage à Cruz et Otis, passionnés de sport automobile.
Le petit groupe avait pris l'avion pour se rendre à Paris, ils voulaient visiter la capitale avant de rejoindre, par la route, la belle ville qui accueillait cette célèbre course. Après une journée dans la ville lumière, et après une nuit de repos bien méritée, Jay récupéra un mini-van loué pour l'occasion et qui les mènerait à destination.
- En route ! Lança-t-il pendant que ses amis chargeaient les valises à l'arrière
- Erin t'as laissé conduire ? Plaisanta Casey
- C'est sûrement parce qu'elle ne connaît pas le code de la route français ! Ajouta Gabby
Le groupe prit la route dans la bonne humeur, les plaisanteries fusaient dans tous les sens et ils riaient de bon cœur. Sur un chemin de campagne, après avoir quitté l'autoroute, Jay, absorbé par le GPS qu'il ne comprenait pas, percuta de plein fouet quelque chose qui se trouvait sur la route. Il arrêta immédiatement le véhicule sur le bas côté.
- Wow ! Tout le monde va bien ? Demanda-t-il inquiet
- Je crois oui, répondit Cruz en se frottant la tête
- C'était quoi ? Lança Gabby
- Un pélican ! Répondit Otis
- Un pélican ? Non mais n'importe quoi..., souffla Casey en descendant
- Quoi ? J'ai lu dans un bouquin qu'il y en avait beaucoup dans la région...
Derrière la voiture et toujours au milieu de la route, une énorme branche d'arbre était en travers du chemin. Casey et Cruz enlevèrent immédiatement l'objet, craignant qu'une autre voiture ne se fasse piéger à son tour. Pendant ce temps Jay inspectait l'avant du véhicule qui avait pris un sacré choc.
- La calandre est enfoncée, dit-il
- Super... on fait quoi ? Demanda Erin
- Il suffirait de redresser un peu ici... et... non j'en sais rien ! Le moteur fume je pense que le radiateur a pris un coup, répondit-il
- Ok... quelqu'un a un tournevis ? Demanda Cruz
- Oui bien sûr ! J'en ai toujours un dans mon sac à main avec ma perceuse ! Lança Gabby moqueuse
- J'appelle une dépanneuse, annonça Casey
Près d'une demi heure plus tard, un petit camion arriva sur place. Il dépassa le groupe et plaça son véhicule devant le leur avant d'actionner le plateau qui servirait à remorquer le mini-van. Alors que tout le monde observait la manœuvre, un homme descendit pour les rejoindre. Dès qu'il le vit, Otis se cacha derrière Cruz en étouffant un cri.
- Oh c'est pas vrai... ! Lâcha-t-il en s'agrippant à son ami
- Quoi ? Qu'est ce qu'il t'arrive ?
- Mec c'est... enfin c'est un nain !
- Et alors ? Qu'est ce que ça peut faire ? S'étonna Cruz devant l'attitude d'Otis
- J'ai peur des nains ! Je sais pas c'est... comme une phobie !
- Arrête un peu ! Souffla-t-il
- Quoi ? J'y peux rien si j'ai peur ! En plus écoute il parle avec des onomatopées on comprend rien !
- Non... il parle français c'est tout ! Répondit Cruz en s'éloignant
Le véhicule fut remorqué et l'homme leur assura qu'il enverrait quelqu'un pour les récupérer rapidement. En attendant, tout le monde s'était assis sur le bord de la route déserte, attendant patiemment qu'on vienne les chercher. Otis s'était éloigné un peu et fut surprit à son retour de ne pas voir les véhicules.
- Oh ! Il est parti Atchoum ? Demanda-t-il
- Ne l'appelle pas comme ça ! Lui répondit Erin
- Et oui il est parti ! Ajouta Casey
- Et on fait quoi nous maintenant ? On s'assoit à l'ombre d'un figuier et on attend ?
- Un figuier ? Où t'as vu... non laisse tomber je veux pas savoir ! Lança Cruz,
- J'ai lu dans un bouquin qu'il y avait beaucoup de figuiers dans la région ! Ajouta Otis pour se justifier
L'attitude du jeune homme fit rire le reste du groupe. Le temps passé à attendre fut plus court que prévu et ils arrivèrent enfin à destination. Agglutinés dans la foule, ils assistèrent à l'une des plus belles courses de la saison. Ces vacances étaient vraiment réussies et tout le monde regrettait déjà de devoir rentrer si vite pour retrouver le quotidien.
Le soir venu, ils dînèrent tous ensemble dans un restaurant traditionnel français. Les discussions allaient et venaient quand Casey s'aperçut de la petite mine de son ami.
- Ça ne va pas Otis ? Demanda-t-il
- Si, tout va bien ! Je suis juste un peu déçu qu'on n’ait pas vu de neige... répondit-il
- De la neige ? Au mois de Juin ? S'étonna Erin
- Tu croyais peut être aussi qu'on allait rencontrer Olaf ! Lança Cruz de l'autre bout de la table
- Laisse moi deviner... tu l'as lu dans ton bouquin ça aussi ! Ajouta Jay
- Je ne sais pas d'où il vient ce livre mais je dois le lire ! Dit Casey à son tour
Le groupe se mit à rire de bon cœur. Ils se promirent une chose, l'année prochaine ils repartiraient ensemble. Une autre destination sûrement mais une chose était sûre, avant leur départ, ils liraient tous « Le livre d'Otis ».
Ça faisait déjà 3 semaines qu'un serial-killer traînait dans les rues du Mans. Les habitants de cette ville étaient très inquiets. Surtout que le meurtrier nommé Tournevis laissait peu voire pas d'indices à part un tournevis près de ses victimes d'où son surnom.
Les victimes n'avaient aucune concordance entre elles : grand, petit, blond, brun, homme, femme,... Le seul lien était que toutes les victimes travaillaient avec des insectes, soit en tant qu'entomologiste, apiculteur,...
Les experts en criminalité avait donc supposé que l'individu avait une phobie des insectes et qu'il ne supportait pas d'une manière paranoïaque toute personne travaillant au contact de ses bêtes à six pattes.
La police française n'avançait pas sur cette affaire, ce qui présageait que les victimes allaient se multiplier. Cependant, ce tueur en série en rappelait un autre qui avait sévit outre-Atlantique, à Chicago pour être exact. C'est donc ainsi qu'Erin Lindsay et Jay Halstead furent contactés par Interpol. Et après accord entre eux et Hank Voight, responsable du district 21, les deux lieutenants prirent l'avion direction Paris, puis ensuite Le Mans.
Arrivés au poste de police de la ville, Erin et Jay demandèrent directement un topo de l'affaire et son dossier pour le lire scrupuleusement. Il y avait peu d'indice, en effet... Mais les deux flics français les informèrent qu'ils étaient sûrs qu'il y avait un témoin d'au moins un meurtre. Mais ce témoin n'était nul autre qu'un dealer de drogue connu dans la région sous le nom de Pélican. Cet homme se faisait appeler ainsi pour sa grande bouche (c'était un beau parleur) et pour ses poches toujours pleines de nourriture. Il n'avait pas la réputation d'être dangereux mais plutôt celle d'un homme un peu simplet. D'où la difficulté de récupérer son témoignage tant il était peu cohérent : ses phrases étaient plus remplies d'onomatopées que de mots.
Nos deux policiers américains tentèrent quand même leur chance avec leur individu. Après une course poursuite dans la rue, ils appréhendèrent le dealer chétif et l'amenèrent au poste pour un interrogatoire. Comme l'avaient dit les policiers français, le Pélican n'était pas clair dans ses propos, balbutiant toutes les 30 secondes, sa description ne donna pas grand chose.
Les journées passèrent et rien ne bougeaient... Erin pensait qu'ils étaient passés à côté de quelque chose, comme si la réponse leur avait été donnée mais qu'il ne l'avait pas comprise! La frustration la gagnant, elle décida avec Jay d'aller au bar du coin "La Calandre" qui tenait son nom à cause de sa décoration rustique faite de cylindres, de réservoirs en métal. L'atmosphère y était sympa. Avec en fond la musique de Bob Marley et une carte de bières impressionnante, nos deux acolytes pouvaient se détendre comme ils le souhaitaient et donc la pression de l'enquête retombait.
Le lendemain, toute la police fut vite rattrapée par l'affaire. En effet, un nouveau kidnapping avait eu lieu dans la nuit, autour de 3 heures du matin. Tous le savaient, le temps était compté pour cette nouvelle victime. Celle-ci se prénommait Sophie, âgée de 32 ans, elle était apicultrice à l' "Arche de la nature", un espace naturel à 10 minutes du centre-ville du Mans. Il n'y avait donc aucun doute possible que ça avait un rapport avec l'enquête qui avait amenée Erin et Jay en France. Erin décida de revoir tout une nouvelle fois, sentant qu'une chose lui échappait... Relisant le dossier une énième fois, regardant les différentes pièces à conviction,... Revisionnant encore et encore la vidéo du témoignage du Pélican...
Quand soudain! En accélérant la vidéo, elle comprit! En effet, le Pélican avait fait un nombre incalculable d'éternuements dans son témoignage, qui a vitesse normale ne montrait qu'un homme enrhumé mais en vitesse rapide avec ces onomatopées, on pouvait y deviner un code! En prenant, les "atchoum" du témoin comme espace et en prenant seulement les onomatopées on pouvait comprendre : "ABBAYE ROYALE DE L'EPAU".
Jay, Erin ainsi que des membres d'Interpol décidèrent de se rendre directement sur les lieux. Si ce meurtrier prenait exemple sur le tueur en série de Chicago, alors Erin pensait qu'il fallait chercher vers les caveaux de l'abbaye.
La nuit était tombée quand les forces de l'ordre arrivèrent sur les lieux. Elles s'étaient organisées pour fouiller tout endroit qui était en sous-sol, chaque membre étant avec une arme et une torche.
C'est au bout d'une demi-heure, qu'un agent trouva Sophie Olaf, l'apicultrice, bâillonnée dans une impasse d'un des couloirs sous terre de l'Abbaye. A priori, à part le traumatisme de l'enlèvement, celle-ci n'avait pas subi de sévices corporels. Alors que les deux remontaient à la surface, une ombre jaillit sur le jeune policier qui tomba à terre. La grande ombre agrippa Sophie Olaf et la tira de force vers un figuier qui trônait au milieu des hectares de jardin. Mais lorsque l'ombre leva un tournevis pour le rentrer tout droit dans le crâne de sa victime, un coup retentit! L'ombre chuta à terre... Le tir venait de Jay qui avait le tueur dans son champ de vision et qui avait eu le feu vert d'Interpol pour agir. Erin, quant à elle, s'était précipitée sur Mlle Olaf et la laissa pleurer dans ses bras.
Quelques jours plus tard, nos deux flics de Chicago étaient sur le point de prendre leur avion pour rentrer aux États-Unis, l'affaire était classée et le tueur identifié : il s'agissait d'un jeune homme du nom de Mathieu Stab, étudiant à l'Université du Maine et connu pour des troubles de l'humeur, compulsif en particulier si un insecte était présent dans sa salle de cours... Une fois dans l'avion, nos deux acolytes épuisés s'endormirent aussitôt.
C'était une matinée comme les autres. Seule différence, ils croulaient sous la chaleur étouffante. De plus, cela faisait plusieurs jours qu'ils n'avaient pas eu d'enquête. Ils commençaient donc à s'ennuyer. Les Gars faisaient un concours de lancement de papiers dans la corbeille tandis qu'Erin laissait son regard vagabonder un peu partout dans la pièce. Finalement ses yeux se posèrent sur Hank, dans son bureau. À sa mine, elle sut que le repos était fini. Voight se leva, et comme elle le pensait, ouvrit sa porte. Tous les regards se tournèrent vers lui.
- On a une affaire, dit-il d'une voix grave. Une petite fille de 8 ans, Hayley, a été enlevée cette nuit dans le Michigan. C'est sa mère, Vanessa Hight, qui a constaté sa disparition. Ruzek et Atwater, allez questionner le voisinage pour voir s'ils savent quelque chose. Mouse, trouve moi toutes les images que tu peux de cette nuit ! Antonio, tu restes avec lui, tu pourrais voir des choses qu'il ne voit pas. Jay, Erin, Al et moi nous allons sur les lieux. On va tout faire pour ramener cette petite à ses parents !
Personne ne répondit, pas besoin de le faire. Ils savaient tous que dans ce genre d'affaire ne pas perdre de temps était primordial. Ils se levèrent donc rapidement et chaque binôme prit sa voiture.
En arrivant sur les lieux, plusieurs policiers entouraient déjà la maison. Jay prit les devants et s'avança. La porte était équipée d'un système d'alarme et la serrure n'avait pas été forcée. Erin et Jay furent les premiers à pénétrer dans l'habitat, suivis de près par Hank et Al. En entrant dans le salon, ils aperçurent une femme, sûrement la mère, entourée de policiers. Elle semblait abattue et pourtant forte en même temps, et la culpabilité se lisait sur son visage. Voight s'approcha d'elle et lui demanda de leur raconter ce qu'il s'était passé.
- Ce que je sais c'est que hier ma petite fille s'est couchée le sourire aux lèvres et que ce matin, en allant dans sa chambre pour faire notre petit rituel, je n'ai trouvé que des draps vides.
Elle prit une pause puis dit une phrase qui interpella les agents.
- Je pense que son kidnappeur la connaît très bien.
Erin intervint :
- Qu'est- ce qui vous fait penser ça madame Hight ?
- Depuis qu'elle est bébé, sans sa peluche d'Olaf, Hayley n'arrive pas à dormir. J'ai remarqué que c'est la seule peluche qui a disparu. Celui qui a fait ça doit forcément le savoir.
Erin prenait des notes. Voight, quant à lui posa encore quelques questions.
- Est ce que vous avez des ennemis ?
- J'en ai sûrement mais je n'en vois aucun faire ça ! À moins que... Mon ex-mari ! Il s'appelle Samuel Moussa. Quand Hayley était encore bébé, je me suis enfuie avec elle. Il était du genre violent et je ne voulais pas exposer ma fille à ça. Il croyait vraiment être son père.
- Et qui est le père biologique d'Hayley ? demanda soudainement Al
- Il est mort dans un accident de voiture avant sa naissance, dit-elle tristement, les larmes lui montant aux yeux.
Voyant que cela commençait à faire beaucoup pour elle, ils décidèrent d'arrêter un peu pour le moment. Hank demanda à Vanessa de faire sa déposition au District. C'est Burgess qui l'emmena, eux regagnèrent leurs véhicules.
Il était midi quand ils rentrèrent , ils trouvèrent Atwater et Ruzek. Apparemment les voisins n'avaient pas été très bavards. Ils se dirigèrent vers Mouse et Antonio. Peut-être qu'eux avaient trouvé des informations intéressantes.
- On peut voir le kidnappeur sur la caméra de surveillance en face de la maison. Il ne montre jamais son visage à la caméra et on ne le voit pas sortir avec la petite. Par contre, Antonio et moi avons remarqué une voiture qui pourrait bien être la sienne. C'est une BMW de couleur noire. Malheureusement on ne voit jamais le visage du conducteur.
- Nous avons réussi à avoir une image assez nette de la plaque d'immatriculation. On ne trouve plus sa trace. Mais elle a été volée hier soir. Le propriétaire nous a donné sa description. La voiture n'a pas de calandre. Et un pélican est dessiné sur la portière avant gauche.
- D'accord, donnez le signalement à toutes les patrouilles, répondit Hank. Je veux que tout le monde soit à la recherche de cette voiture. Oh, et une dernière chose Mouse, j'aimerai que tu me fasses des recherches sur Samuel Moussa.
- Okay, je vous fais ça tout de suite... il n'est pas fiché dans notre base.
Et c'est ainsi que Voight décida qu'il fallait réinterroger Vanessa qui attendait dans la salle de pause. Il chargea Erin et Jay d'effectuer l'interrogatoire pendant que les autres retournaient à leurs bureaux. Ils entrèrent dans la salle et la trouvèrent pensive. Erin commença.
- Madame Hight, désolée de vous déranger encore mais pouvez-vous nous dire ce que vous savez de votre ex-mari ?
- Je ne connais pas grand chose de lui et je suis sûre que la plupart ne sont que des mensonges. Il m'a dit qu'il était originaire de France, plus précisément du Mans si je me rappelle bien. Il avait soi-disant besoin d'un nouveau départ car ses parents étaient plutôt strictes avec lui. Fuir était la meilleure chose à faire pour lui, et c'est ainsi qu'il s'était retrouvé à Chicago.
Ils la remercièrent pour ces informations et partirent les transmettre à Mouse. Celui-ci chercha, officieusement, dans la base des criminels français. Samuel Moussa était recherché en France pour possession de stupéfiants et coups et blessures. Il avait été suspecté du meurtre de ses parents mais avait été relâché faute de preuves.
Soudain, un bruit attira leur attention. C'était Mme Hight qui frappait doucement sur la table pour les appeler. Ils la rejoignirent tous. Le kidnappeur parlait avec elle. Elle avait reconnu sa voix. Lentement, elle prit une feuille et écrivit discrètement : C'EST LUI. Il voulait qu'elle vienne au 23 rue Wells Street dans la journée. Vanessa demanda cependant une preuve que sa fille était vivante. Soudain, une image apparue. Tout était noir. Vanessa demanda à Samuel d'éclairer un peu plus la pièce car sa fille avait la phobie du noir. Soudain, le visage de sa fille apparut à l'écran.
- Tu vas bien ? demanda Vanessa.
La petite fille ne répondit qu'un seul mot : ONOMATOPÉE. La vidéo coupa à ce moment.
- Elle va bien pour l'instant, déclara madame Hight.
- Comment le savez-vous ? demanda Ruzek.
- C'est un code entre nous. Je lui ai toujours dit que si je lui demande si elle va bien, onomatopée ça veut dire oui. Atchoum ça veut dire non.
Quelques minutes plus tard, Hank demanda à Mouse d'étudier cette petite vidéo. C'est ainsi qu'ils remarquèrent une petite fenêtre dans la pièce où était retenue la jeune fille. Ils agrandirent l'image, et on put apercevoir à travers cette fenêtre un jardin. Ils montrèrent la photo à Vanessa. Celle-ci remarqua immédiatement le figuier qui était dans ce jardin. Elle s'en rappelait.
- C'est notre ancienne maison déclara-t-elle.
Hank envoya Antonio et Al vérifier cette maison. Burgess devait, quant à elle, ramener Vanessa chez elle et la surveiller pour ne pas qu'elle aille au rendez-vous imposé par Samuel même si elle avait semblé ne pas s'en préoccuper.
En arrivant, Al et Antonio ne virent pas le suspect. Ils inspectèrent toutes les pièces et 'ils trouvèrent la petite Hayley qui semblait morte de peur. Elle leur sauta dans les bras. Ils retournèrent au District. Tout le monde était heureux d'avoir sauvé cette mignonne petite fille ! Seulement une question restait toujours en suspens... Où était parti Samuel Moussa ?
C'est une phrase de l'impatiente Hayley qui leur fit comprendre.
- Je veux ma maman !
- Ce qu'il veut depuis le début c'est.... son ex-femme, s'exclama Jay.
Voight demanda d'envoyer une patrouille et une ambulance chez Vanessa Hight. Ils gagnèrent leurs véhicules.
Chez elle, Vanessa ne s'attendait pas du tout à ce qui allait se passer. Elle avait trouvé d'anciennes affaires de Samuel dans son placard. Des tableaux. Elle avait donc pris la première chose qui lui tomba sous la main, un tournevis, et elle s'était mis à déchiqueter ces oeuvres. Elle n'éprouvait rien d'autre que de la haine pour cet homme.
La sonnerie de son téléphone fixe retentit. Elle posa le tournevis sur le comptoir de la cuisine. C'était Burgess. Elle lui apprit que sa fille venait d'être retrouvée et qu'elle l'attendait au District. Folle de joie, elle s'apprêtait à partir quand elle entendit une voix.
- Franchement Vanessa, tu pensais vraiment que tu pourrais m'échapper ? Se moqua Samuel.
Plus un mot n'arrivait à sortir de sa bouche. Elle était comme figée, tous les mauvais souvenirs réapparurent, et lui continuait d'avancer. Brusquement, elle reprit ses esprits, se rappela du tournevis et recula jusqu'au comptoir. Elle attrapa l'objet et menaça Samuel avec. Il avança tout de même, sans peur. Vanessa essaya de l'attaquer mais il l'attrapa. S'ensuivit une lutte acharnée. Cependant, ils s'écroulèrent tous les deux sur le sol. C'est ainsi que les Renseignements et les ambulanciers les trouvèrent. Ils s'approchèrent. Vanessa avait les yeux écarquillés, comme choquée. En effet dans la lutte, elle l'avait finalement poignardé... au coeur ! Antonio prit le pouls de Samuel. Mort, rien d'autre à dire !
Madame Hight se reprit et plus rien d'autre ne lui importait à part sa fille. Contre l'avis des ambulanciers, elle décida de la rejoindre au poste. Elle pensa tout de même à se changer pour ne pas effrayer sa fille. Hank chargea une patrouille de la ramener, tandis que toute l'équipe les suivait.
Et c'est un spectacle émouvant qui les attendait au poste. Vanessa et Hayley serrées l'une contre l'autre... le lien mère-fille était évident.
C'est sur cette image que l'équipe décida de partir, pour fêter cette victoire au Molly's.