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Série : Chicago P.D.
Création : 13.09.2017 à 13h59
Auteur : soaddict
Statut : Terminée
« L'histoire commence après le départ d'Erin Lindsay pour New York, la vie suit son cours mais pour combien de temps ? » soaddict
Cette fanfic compte déjà 131 paragraphes
NEW YORK
Devant son écran, Damon poussa un cri de satisfaction. Sans attendre, il attrapa son téléphone et composa le numéro de Niels. Après une seule sonnerie, son partenaire décrocha rapidement.
- Damon ? Du nouveau ? Demanda-t-il
- Oui ! On a récupéré l'ordinateur d'Owen, il a fait quelques recherches sur différents lieux à Chicago, on pense qu'il se planque peut être quelque part en attendant de pouvoir quitter la ville, répondit Damon
- Super, envoie moi les adresses par sms,
- Je t'envoie ça tout de suite, tiens moi au courant d'accord ?
- Ok, et... merci Damon, dit Niels avant de raccrocher
CHICAGO
Niels venait d'annoncer la nouvelle à Hank qui avait immédiatement demandé à Antonio de faire un rapprochement entre le lieu où avait été retrouvé le véhicule d'Owen et les adresses qu'ils recevaient sur le téléphone de l'agent du FBI. Atwater et Al s'étaient rendus sur les lieux indiqués par la patrouille qui avait localisé la voiture et on attendait de leur nouvelle avec impatience.
Dans le vestiaire, Hailey s'était assise sur le banc, essayant de soulager sa jambe quelque peu endolorie par sa blessure. Jay, près d'elle, attendait que la jeune femme prenne la parole, ce qu'elle fit après quelques minutes.
- J'ai réfléchi à ce que tu as dit tout à l'heure... commença-t-elle
- A propos de quoi ?
- A propos d'Erin et ce qu'elle t'a dit concernant son état, tu sais ces souvenirs qui semblent incomplets ?
- Oui, et alors ? Tu penses à quoi ? Demanda Jay sans comprendre où voulait en venir sa partenaire
- Je pense que revoir Owen risque de faire ressurgir tout ce qu'elle a enfoui au plus fond d'elle-même et...
- Ce serait une bonne chose, coupa Jay, au moins elle arrêtera peut être de se torturer comme elle le fait !
- Justement... je sais pas si c'est une bonne chose...
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Et si elle se laisser envahir par la colère au point de perdre pied ? Toi tu la connais bien, qu'est ce qu'elle pourrait faire selon toi ?
Jay semblait inquiet tout à coup. Effectivement, il la connaissait par cœur, et il savait que son envie de vengeance était souvent plus fort que son raisonnement. Il se leva et prit la main d'Hailey.
- Elle fera rien d'intelligent, c'est certain... viens, dit-il en l'aidant à se relever
Dans la chambre d'hôtel, Erin s'était mise à fouiller frénétiquement l'endroit, à la recherche de quelque chose qui pourrait l'aider à s'enfuir. Elle ne trouvait rien pour tenter de crocheter la serrure, ils étaient au deuxième étage, donc bien trop haut pour essayer de fuir par la fenêtre et rien dans cette pièce ne pourrait lui servir d'arme pour se défendre contre Owen. Elle retourna s'asseoir à la hâte quand elle entendit la clé dans la serrure. Owen entra, tenant dans ses bras un sac en papier rempli de nourriture.
- J'ai pris tout ce que j'ai trouvé ! Lança-t-il fièrement
- Super...
- Mais avant toute chose, on doit fêter nos retrouvailles, annonça-t-il en sortant une bouteille de champagne du sac
Erin esquissa un léger sourire forcé et attendit qu'il pose son sac sur le meuble télé. Il attrapa deux gobelets sur le lavabo de la salle de bain et revint toujours avec le même sourire. Le bouchon de la bouteille sauta dans un bruit de pétard qui fit sursauter Erin. Elle porta ses deux mains à sa tête au même moment. Comme propulser dans le passé, le bruit l'avait ramené à une soirée qu'Owen et elle avait passé dans la maison de Brooklin. Elle se revoyait assise sur le canapé du salon, son bras endolori par la douleur, un hématome sur la joue qui remontait sous son œil et Owen, assis près d'elle et qui la maintenait contre lui en serrant son corps contre sa poitrine.
L'image n'avait envahi son esprit que quelques secondes mais Erin était troublée. Son regard s'était fait plus sombre et sa mâchoire se crispait pendant qu'elle regardait cet homme, souriant, verser du champagne dans des verres sales.
CHICAGO
Sur les lieux où avait été localisée la voiture d'Owen, Al et Kevin étaient en train de faire le tour du véhicule à la recherche d'indices. Il n'y avait rien de significatif, des restes de nourritures, des canettes de soda et un vieux pull à l'arrière. Al s'éloigna un peu pour avertir Hank des dernières avancées qui n'en étaient pas réellement, au vu du peu d'éléments trouvés sur place. A la première sonnerie, le sergent décrocha rapidement.
- Al, du nouveau ? Demanda-t-il
- Non... à part la voiture, y a rien ici, répondit-il, et de votre côté ?
- On a quelques adresses à vérifier, pour l'instant vous restez dans le coin, ils n'ont pas pu aller très loin donc dès qu'on a fait le tour je vous tiens informé,
- Ok, on bouge pas
Al raccrocha et se tourna pour rejoindre son équipier quand il le vit arriver vers lui en courant, le bras levé et tenant dans sa main un téléphone portable.
- C'est à Erin ! Lança Atwater
- T'en es sûr ? Demanda Al en prenant l'appareil
- Oui, regarde ça !
Il alluma l'appareil et fit défiler les dernières photos enregistrées. Des images floues mais qui permettait toutefois de reconnaître le visage d'Owen au volant du véhicule.
- Il était où ce téléphone ? Demanda Al au jeune détective
- Coincé dans le siège passager, je pense qu'elle a fait ces photos discrètement avant de la mettre là, elle devait savoir qu'il lui prendrait et elle l'a utilisé pour nous alerter...
Al reprit son téléphone pour informer Hank.
- J'allais t'appeler, lui dit Voight en décrochant, on a une adresse à trois rues de l'endroit où vous êtes, l'équipe est en route, vous nous attendez sur place !
- Compris, répondit Al
Il informa rapidement Atwater et ils se mirent en route.
Devant la maison de Leroy, une patrouille de police venait de garer sa voiture. Les deux officiers avaient été chargés par Hank d'aller chercher le jeune homme et de le ramener au District pour qu'on le tienne informer des derniers événements. Ils s’avancèrent vers la porte d'entrée et furent surpris de la trouver entrouverte.
- Monsieur ? Lança l'officier en tapant sur la porte, c'est la police ! Y a quelqu'un ?
D'un signe de tête le deuxième officier ordonna à son partenaire de pénétrer prudemment dans la maison. Ils prirent leurs armes en main, poussèrent la porte et entrèrent sans bruit. Ils avancèrent jusqu'au salon, vérifiant chaque angle de mur et chaque porte, et constatèrent que la maison avait subit quelques dégâts. Puis l'officier en tête repéra les pieds du jeune homme allongé au sol, il se précipita près de lui pour vérifier son état.
- Il est vivant, fais le tour des autres pièces je préviens les secours, ordonna-t-il
- Compris, répondit l'officier
Il prit sa radio et signala au central un homme gravement blessé, il indiqua l'adresse et demanda une assistance médicale d'urgence. Alors qu'il rangeait sa radio, Leroy ouvrit un œil et essaya de parler.
- Er... ils sont..
- Calmez-vous, coupa l'officier, les secours sont en route, ne bougez pas on s'occupe de vous,
Ses yeux se fermèrent à nouveau, il entendait autour de lui la voix des deux officiers qui l'avaient trouvé et, au loin, la sirène de l'ambulance qui approchait. Il aurait voulu faire l'effort de parler pour prévenir la police du danger que courait Erin mais il n'avait plus aucune force, et sa mâchoire, sûrement brisée par les coups, le faisait atrocement souffrir. Quelques minutes plus tard, deux secouristes firent irruption dans la pièce et vinrent au secours du jeune homme pendant que l'officier en charge prévenait le Sergent Platt de ce qu'il venait de se produire.
Dans la chambre d'hôtel, Owen avait tendu un verre à Erin qui, contre toute attente, s'était levée d'un bond, renversant d'un geste violent le verre qu'on lui donnait et fixant Owen d'un regard noir de colère. Tout d'abord surprit, Owen s'était levé face à elle, il sentait monter la colère en lui et tentait de se maîtriser mais elle se jeta sur lui violemment, essayant de le renverser au sol. Comme prise d'une folie passagère, elle s'était mise à le rouer de coups qu'il tentait tant bien que mal de contrer. A son tour, il se mit à frapper mais, elle ne semblait rien sentir, elle encaissait les coups et les rendait les uns après les autres.
CHICAGO
L'unité était arrivée devant le petit hôtel. Sans bruit, ils entrèrent par le hall et se précipitèrent sur l'homme derrière le comptoir qui sursauta en voyant arriver une équipe lourdement armée. Hank montra l'écran de son téléphone qui affichait une photo d'Erin, dans un premier temps l'homme sembla réticent à les renseigner. Jay l'attrapa par le col et le menaça de son arme, il désigna du doigt le numéro de la chambre sur le panneau derrière lui et l'unité monta, toujours en silence, les quelques marches jusqu'à l'étage concerné.
En arrivant sur le palier, Antonio avait pris la tête de la marche et se retrouva devant la porte déjà entrouverte. Il lança un regard d'incompréhension à son Sergent qui lui fit signe d'avancer. Prudemment, il poussa la porte et entra rapidement en pointant son arme devant lui. La chambre était entièrement saccagée, des bris de verre au sol et la lampe de chevet renversée laissaient à penser que quelque chose s'était passé ici. Malgré ça, l'endroit semblait vide, puis, un petit gémissement se fit entendre depuis la salle de bain où Hank se précipita.
- Merde ! Cria-t-il, ici !
L'équipe arriva derrière lui et découvrit Owen, assis sur le carrelage, le visage ensanglanté, une main posée sur sa poitrine qui compressait une blessure par balle.
- J'appelle les secours, lança Al avant de ressortir
Hank s'avança vers le jeune homme au sol.
- Où est-elle ? Demanda-t-il une première fois
Owen toussa en crachant du sang et tenta d'ouvrir la bouche, mais aucun mot ne put en sortir.
- Où est-elle ? Hurla cette fois Hank
- Je... je sais pas... chuchota Owen
Dans la pièce à côté, Jay faisait le tour de la chambre, espérant trouver un indice qui expliquerait ce qu'il s'était passé ici. Il s'approcha du lit et releva les couvertures qui avaient glissé sur le sol, son regard fut attiré par un objet qu'il reconnut immédiatement. A l'aide d'un chiffon il ramassa ce qu'il venait de trouver et l'apporta à Hank qui sortait de la salle de bain.
- Boss... dit-il en lui montrant ce qu'il tenait dans les mains, c'est mon arme... celle qu'on a volée dans mon appartement
- Tu en es sûr ?
- Oui...
- Range ça le temps qu'on comprenne ce qu'il s'est passé, et ne dis rien à personne d'accord ? Souffla-t-il à voix basse
Jay acquiesça et emballa l'arme dans le chiffon avant de le glisser sous sa veste.
- Où est Erin ? Demanda enfin Jay
- J'en sais rien... Owen a perdu connaissance, on obtiendra rien de lui pour l'instant, il est blessé par balle et...
- Tu penses qu'elle a fait ça ? Je veux dire... elle aurait pu se défendre et utiliser l'arme contre lui ?
- Elle seule pourrait nous le dire...
- Pourquoi s'enfuir alors ? Intervint Antonio
Les hommes se regardaient sans comprendre. Pourquoi Erin aurait-elle pris la fuite, elle avait sûrement agi en état de légitime défense et elle devait savoir qu'elle ne risquait rien. Jay devenait nerveux, quelque chose ne collait pas, il y avait forcément quelque chose de plus compliqué derrière tout ça. Les secours arrivèrent sur les lieux et firent les premiers soins à Owen qui n'avait toujours pas reprit connaissance.
On l'emmena au Chicago Med et l'équipe resta un moment sur place, cherchant une explication à ce scénario plus qu'étrange. Des détails inquiétaient particulièrement Hank, si Owen était l'auteur du cambriolage chez Jay, ça expliquait qu'il soit en possession de l'arme. Si cette arme c'était retrouvée dans les mains d'Erin et qu'elle l'ait utilisé pour tirer sur Owen, pourquoi fuir après ça. Puis un dernier détail lui sauta au yeux, la porte de la chambre semblait avoir été forcée depuis l'extérieur, était-il possible que quelqu'un d'autre soit venu ici ? Erin fuyait-elle avec quelqu'un ou avait-elle été emmenée...
Le téléphone du Sergent émit une sonnerie qui le tira de ses pensées. Au bout du fil, le Sergent Platt lui annonça le transport de Leroy au Chicago Med, après que le jeune homme se soit, apparemment, fait agressé à son domicile.
CHICAGO
Dans une pièce mal éclairée et froide, Erin s'était réveillée, les mains liées autour d'un pilier et un bâillon lui couvrant la bouche. Une douleur lui saisissait la tête et elle avait du mal à voir clairement l'endroit où elle se trouvait. Elle plissa les yeux et tenta de rassembler ses esprits, elle distinguait autour d'elle des tas d'objets entassés sur des étagères, un vieux canapé dans un coin et quelques outils sur le côté. Un escalier semblait monter vers un étage au dessus. L'endroit devait être le sous-sol d'une maison, pensa-t-elle, elle essayait de se souvenir de ce qui était arrivé avant qu'elle ne perde connaissance.
Elle était dans la chambre de l'hôtel avec Owen, elle l'avait attaqué après avoir eu un flash. Les souvenirs étaient remontés brusquement à la surface et elle s'était jeté sur lui, ils s'étaient battus pendant un court instant avant que la porte de la chambre s'ouvre dans un fracas. Un homme s'était interposé et avait relevé Owen pendant qu'un deuxième s'était jeté sur elle. Elle avait tenté de se débattre mais il l'avait frappé violemment à la tête.
C'étaient ses derniers souvenirs avant qu'elle ne se réveille ici. Elle tira sur ses mains pour tenter de défaire les liens, mais ils étaient trop serrés. Qui était ces hommes et pourquoi l'avaient-ils emmené ici, elle ne comprenait pas. Au-dessus de sa tête, elle entendit les pas lourds d'un homme qui semblait être au téléphone. Elle tendit l'oreille pour entendre la conversation, la voix étouffée lui parvenait difficilement.
- C'est bon je te dis... elle est à la planque avec nous, disait-il
- …...
- C'est le gars de l'hôtel qui a prévenu nos gars, tu sais qu'on a des yeux partout dans cette ville ! Je t'avais dis que je la trouverais !
- …...
- Ok, on bouge pas d'ici, j'attends les ordres du boss, finit-il
Plus rien, plus aucun bruit, jusqu'au claquement sec d'un verrou sur la porte qui se trouvait en haut des escaliers. Une lumière vive s'alluma d'une ampoule suspendue au milieu de la pièce et elle dû fermer les yeux. Elle entendit les pas se rapprocher et se força à rouvrir ses paupières. Face à elle, un jeune homme d'une trentaine d'années se tenait debout, la fixant avec un étrange sourire.
Au Chicago Med, Hank et Jay venaient d'entrer et se dirigeaient vers l'accueil. Ils croisèrent Gabby en train de compléter le dossier d'un patient qu'elle venait de déposer. Pendant que Hank demandait des informations sur Leroy, elle s'approcha de Jay qui semblait très nerveux.
- Hey ! Lança-t-elle
- Salut Gabby, répondit Jay
- Qu'est ce qu'il se passe ? Tout va bien ? Demanda-t-elle
- Pas génial non..., c'est toi qui a gérer l'entrée aux urgences d'un certain Leroy ?
- Non, j'ai amené un vieux monsieur qui a fait une mauvaise chute, pourquoi ? C'est qui ce Leroy ?
Jay expliqua la situation à Gabby en quelques minutes avant que Hank ne lui fasse signe. Il s'excusa auprès de Gabby et suivit son Sergent dans les couloirs de l'hôpital, laissant la jeune femme sans plus d'informations. Ils rejoignirent ensemble un médecin qui avait pris en charge Leroy à son arrivée.
- Bonjour Docteur, commença Hank, vous pouvez nous expliquer ?
- On m'a averti de votre arrivée, répondit le jeune médecin, je vous attendais, suivez moi
Hank et Jay échangèrent un regard avant de suivre sans un mot l'homme en blouse blanche. Il les emmena jusqu'à une chambre et ouvrit la porte, à l'intérieur, Leroy était allongé sur un lit, le visage tuméfié et un gros bandage lui couvrait la moitié du crâne.
- Merde... ça va fiston ? Interrogea Hank en s'approchant
- Il ne peut pas parler pour l'instant, intervint le médecin, il a une fracture de la mâchoire, mais il vous entend, il a une commotion cérébrale et deux côtes cassées, on a fait le nécessaire pour qu'il ne souffre pas trop
- Merci Doc, lança Jay
- Je vous laisse mais ne restez pas trop longtemps, il a besoin de repos, fini-il par dire avant de quitter la pièce
Hank s'installa près de Leroy et posa sa main sur son bras. Le jeune homme semblait souffrir malgré les tranquillisants mais il fit un signe de la main à Jay, lui mimant dans un geste, qu'il souhaitait écrire quelque chose. Jay fronça les sourcils et lui tendit un petit bloc note qu'il avait sur lui avec un stylo. Leroy l'attrapa sans attendre et d'une écriture maladroite griffonna quelques mots, avant de tourner la feuille de papier vers Hank qui lut à voix haute.
- Ils cherchaient Erin...
Le Sergent leva les yeux vers Jay qui avait froncé les sourcils à son tour, les deux hommes n'étaient pas sûrs de comprendre et Leroy les voyant hésiter, reprit le carnet pour noter à nouveau quelque chose. Ils se penchèrent pour lire par dessus son épaule. Il inscrivit cette fois juste quelques lettres.
- John ? -
CHICAGO
Erin attendit que l'homme, debout devant elle, se place dos à la lumière qui l'aveuglait. Elle put enfin découvrir son visage. Il avait une mâchoire carrée, un regard sombre et une cicatrice barrait sa joue gauche. Elle ne le connaissait pas, et cela accentua encore son inquiétude, elle affronta son regard sans cligner des yeux, pour le défier. Il s'accroupit près d'elle et son regard se fit plus doux, il parla à voix basse comme s'il craignait d'être entendu.
- Ça va ? Ta tête ? C'est pas trop douloureux ? Demanda-t-il en tendant la main vers les cheveux de la jeune femme
Elle recula brusquement en tirant sur les liens qui serraient ses poignets.
- Doucement, je vais rien te faire, continua-t-il toujours à voix basse, si tout se passe bien, tu seras dehors rapidement, d'accord ? Juste... tiens toi tranquille ok ? Si John s'énerve... enfin... c'est jamais bon quand il s'énerve tu vois et..
Une voix plus rauque se fit entendre dans l'escalier.
- Alex ! Tu fous quoi ? Cria John
- Rien ! Répondit-il en se relevant rapidement, je vérifiais qu'elle soit bien attachée, je voudrais pas qu'elle file tu vois !
- Ouai... bin arrête ça et remonte maintenant j'ai besoin de toi là-haut !
Il recula de quelques pas et se tourna à nouveau vers la jeune femme. Il lui fit un signe en mettant son doigt devant sa bouche, puis il murmura quelques mots.
- Je t'amène de quoi manger et boire, je reviens...
Elle ne savait plus quoi penser. Elle ne voulait pas rester à rien faire sans tenter de s'en sortir, peu importe ce que disais cet homme, elle ne le connaissait pas et elle n'avait nullement l'intention de se fier à lui. Elle se mit alors à chercher du regard autour d'elle, il fallait qu'elle se libère des liens qui la retenait et elle ne cesserait pas tant qu'elle n'aurait pas au moins essayer.
A l'hôpital, Jay et Hank étaient toujours auprès de Leroy qui continuait à essayer d'expliquer son agression par des mots griffonnés à la hâte et maladroitement sur le bloc note de Jay. Jusque là, ils n'avaient pas beaucoup avancé, Leroy parlait d'un certain John, accompagné d'un autre homme, tous les deux à la recherche d'Erin. Il y avait sûrement un lien avec ce qu'il s'était joué dans la chambre de l'hôtel où Owen avait été blessé, mais les deux hommes n'y voyaient toujours pas plus clair. Quand le médecin leur demanda de quitter la chambre, ils repartirent sans beaucoup plus d'informations.
A peine avaient-ils quitté le Chicago Med, qu'un coup de fil relança l'affaire. Antonio, qui était retourné au district, les informa que de nouvelles infos venaient d'arriver, trop nombreuses et trop complexe pour qu'il les diffuse par téléphone. Hank, contrarié, accéléra un peu pour rejoindre son équipe au plus vite. Jay et lui montèrent les escaliers quatre à quatre et arrivèrent enfin dans les bureaux où Al et Antonio avaient déjà entrepris d'installer sur le tableau blanc les nouveaux éléments.
Al prit la parole le premier, laissant à peine à son Sergent et son partenaire, le temps de reprendre leur souffle.
- Voilà ce que l'on sait, commença-t-il, on a un jeu d'empreintes relevées sur l'arme de Jay, celle qu'on lui a volé lors du cambriolage,
- Celle d'Erin ? Coupa Jay
- Non, celle d'un certain John Gordon, connu pour différentes infractions et aussi pour être un des membres du clan Bellini...
- Bellini ? S'étonna Hank, je croyais qu'on en avait fini avec lui !
- Donc Gordon s'introduit chez moi, vole une arme et repart pour retrouver Erin dans un hôtel miteux du centre ville ? Ça n'a aucun sens... poursuivit Jay
- Comment ont-ils pu savoir où elle se trouvait ? Insista Hank
- Le réceptionniste... souffla Antonio, j'ai envoyé Atwater et une patrouille pour le récupérer, il le ramène ici
- Bien... souffla Hank, visiblement contrarié
La fatigue se lisait sur les visages, les informations semblaient toutes plus incohérentes les unes que les autres. Hailey, qui était resté en retrait, répondit au téléphone qui sonnait sur son bureau. Les regards se tournèrent vers elle puis, dans la même minute, c'est le téléphone de Hank qui émit une sonnerie. Jay et Antonio échangèrent un regard et patientèrent. Moins d'une minute plus tard, les réponses arrivaient, rendant la situation encore plus complexe.
- C'était le Med, annonça Hailey dans un premier temps, Owen n'a pas survécu...
- Hank ? Lança Al en voyant le Sergent dépité
- C'était le Commandant... Bellini s'est évadé durant son transfert de la prison d'Etat... deux officiers morts, un autre en soins intensifs...
La colère envahie soudainement le sergent qui frappa violemment son poing sur une table avant de s'enfermer dans son bureau en claquant la porte. L'unité était à bout de force, incapable de démêler les trop nombreuses complications auxquelles ils devaient faire face. Tout se mélangeait sans qu'ils n'arrivent à trouver un sens à tout ça.
CHICAGO
Au district, personne n'avait encore osé entrer dans le bureau de Voight. Depuis l'extérieur, on l'entendait hurler des injures qu'il n'adressait à personne, il extériorisait sa colère et sa rage. Les regards se tournèrent vers Al, seul capable d'intervenir auprès de Hank. L'homme secoua la tête puis finit par s'avancer vers la porte toujours fermée et, sans frapper ni même s'annoncer, il entra doucement et referma derrière lui.
- Hank... souffla-t-il
- On se fait mener en bateau, Al ! Depuis le début, on se fait mener en bateau ! Il s'est foutu de moi, cet enfoiré de Bellini se fout de ma gueule depuis tout ce temps et j'ai rien vu venir ! Rien ! Hurla-t-il
- Je sais... personne n'a rien vu, d'accord ? T'es pas le seul responsable dans tout ça, faut te reprendre maintenant, on doit encore trouver Erin, répondit Al calmement
- C'est inutile... Ça sert plus à rien de chercher maintenant, lança Hank en sortant du bureau
Al encaissa le choc et suivit son Sergent dans la pièce à côté. Les mains sur les hanches et le visage fermé, il s'adressa à toute l'équipe qui le regardait d'un air inquiet.
- On arrête les recherches, lança-t-il sérieusement
- On... quoi ? Intervint Jay en se levant
- On arrête ! Cria-t-il à l'attention du jeune homme
Les hommes se dévisageaient sans comprendre. Comment pouvait-il prendre une décision pareille, ils ne pouvaient pas abandonner, pas comme ça. Antonio se leva à son tour pour prendre la parole.
- C'est quoi ton plan ? Demanda-t-il à Hank
- On attend... on peut rien faire d'autre, si c'est Bellini qui tient Erin... c'est lui qui viendra vers nous, répondit-il
Il s'assit sur la chaise du bureau de Hailey, il croisa les bras et respira profondément avant d'ouvrir la bouche une nouvelle fois.
- Bellini avait prévu son coup depuis le début, dit-il, quand tout a commencé à mal tourner, il a jouer la comédie, prétendant qu'il se faisait trop vieux pour tout ça... J'ai bêtement cédé à sa demande pour le faire transférer et j'ai fais moi-même la demande, dès qu'il l'a su, il a envoyé ses hommes à la recherche d'Erin, la seule qu'il puisse utiliser pour faire pression sur moi, quand ils l'ont cherché chez Leroy et qu'ils ne l'ont pas trouvé, ils ont perdu leur calme parce qu'ils savaient que Bellini serait transféré et s'évaderait dans la nuit, ils ont alertés tout leur réseaux et ont finit par la localiser à l'hôtel avec Owen...
- Donc Owen était juste au mauvais endroit au mauvais moment ? Tenta Hailey
- Il a interféré dans leur plan, il n'en faisait clairement pas parti, répondit Hank
Atwater arriva par l'escalier, surprit de voir les mines dépitées de ses partenaires, il passa son regard d'un visage à l'autre. N'obtenant en retour que des regards vides, il prit la parole.
- Le réceptionniste est en bas Boss, je l'ai fait installer dans la cage et...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Hank était déjà debout et fonçait tête baissée vers le couloir qui mène au sous-sol.
Erin s'était abîmé les poignets à force de tirer sur ses liens. Sa peau brûlée et rougit commençait à saigner sans qu'elle ne se décide à abandonner. Elle tirait toujours plus fort, essayant de faire bouger le lourd pilier autour duquel ses mains étaient attachées. Elle arrêta subitement quand elle entendit à nouveau la porte du sous-sol s'ouvrir. Des pas rapides se firent entendre dans l'escalier et Alex réapparut. Il portait un sac de provision et tenait dans sa main une petite bouteille d'eau.
Il s'avança jusqu'à elle rapidement et posa un genou à terre.
- Je vais t'enlever ton bâillon, souffla-t-il, tu dois me promettre de ne pas crier, d'accord ?
Elle acquiesça de la tête. Dès qu'il approcha les mains de son visage, sa respiration se fit plus rapide et ses yeux se plissèrent. Il glissa délicatement le tissu sur son cou et reprit la parole toujours à voix basse.
- Je suis désolé pour ça... je t'ai amené de quoi manger, dit-il
- Vous êtes qui ? Osa la jeune femme
- Ça n'a pas d'importance... mange d'accord ?
- Je veux savoir ce que je fais là ! Insista-t-elle
- Chut ! Faut pas que tu cries... si John s'énerve, il va...
Il stoppa sa phrase en entendant les pas lourds de John dans l'escalier. L'homme arriva en bas avec un regard méprisant pour Alex qu'il bouscula en passant près de lui. Il renversa au passage le sac de provision d'un coup de pied violent et s'approcha d'Erin.
CHICAGO
Dans la cage où il avait été installé, le réceptionniste semblait inquiet. C'était un homme d'un certain âge et qui visiblement n'avait rien d'un grand voyou. Hank arriva précipitamment dans la pièce et ouvrit la grille, faisant sursauter l'homme à l'intérieur, qui se plaqua dos au mur. Hank se pencha au dessus de lui, son regard était noir de colère et il serrait les poings comme s'il retenait ses coups.
- J'y suis pour rien ! Lança le réceptionniste avant même qu'on ne lui pose une question
- Explique moi, reprit Hank plus calmement, explique moi qui est venu chercher cette jeune femme,
Hank montrait une nouvelle fois la photo d'Erin, comme il l'avait fait en arrivant dans l'hôtel. L'homme était tremblant, il essuya son front en sueur et prit la parole en bégayant d'angoisse.
- Ils sont entrés dans le hall et ils m'ont montré une photo, comme vous ! Je leur ai donné le numéro de la chambre, ils sont montés et...
- Et quoi ?
- J'ai entendu un coup de feu, ils sont redescendus et il tenait la jeune femme... elle était inconsciente je crois.... Après ça, vous êtes arrivés très vite et j'ai eu peur... alors je vous ai rien dit !
- Qui sont ces hommes ? Demanda Hank en voyant que le réceptionniste semblait plutôt enclin à les aider
- Je peux pas... ils me tueront ! Répondit-il avec les larmes aux yeux
- Le gang Bellini c'est ça ? Est ce que tu reconnais ce gars ?
Hank montrait cette fois le portrait de John Gordon et l'homme acquiesça de la tête. Il ne donnerait plus d'autres informations. Il était sûrement sous l'emprise du gang, comme beaucoup de gens dans le quartier, par crainte des représailles il préféra ne plus rien dire. Hank remonta sans nouvelles pistes et retrouva son équipe dans les bureaux qui semblait encore plus abattus qu'avant son départ.
Alors qu'il régnait un silence lourd et pesant, Niels arriva par l'escalier, accompagné du Sergent Platt. Il tenait un document dans la main et il le tendit à Hank qui l'observa un instant avant de relever les yeux.
- Un mandat d'arrêt ? S'étonna Hank
- Oui, un mandat d'arrêt pour Emilio Bellini et qui concerne tout le territoire américain, peu importe ce qu'il vous demandera en échange d'Erin... vous lui accordez, le FBI se charge du reste, annonça-t-il
Dans le sous-sol de la maison où elle était enfermée, Erin fixait l'homme qui fonçait sur elle. Alex avait été écarté sans ménagement et John arrivait droit sur elle sans qu'elle ne puisse bouger. Il l'attrapa par les cheveux sur l'arrière du crâne, l'obligeant à relever la tête vers lui.
- T'as l'habitude qu'on te traite comme une princesse pas vrai... Cet imbécile d'Alex se fait avoir à chaque fois !
Il la relâcha quelques secondes pour se tourner vers son partenaire.
- Tu peux pas t'en empêcher hein ? Dès que tu vois une belle petite nana, faut que tu joues les jolis cœurs... lança-t-il
- John... on nous a dit de la surveiller, c'est pas utile de la laisser crever de faim... répondit Alex en baissant les yeux
John se tourna à nouveau vers Erin. Il sortit une arme de l'arrière de son pantalon et posa le canon froid sur le front de la jeune femme.
- Et toi qu'est ce que t'en dis ? T'as faim ? Hein ? Insista-t-il en appuyant plus fort
- Non... souffla-t-elle en fermant les yeux
- Et bin tu vois ! Elle a pas faim ! Remonte là-haut et garde un œil ouvert, les autres vont plus tarder, ordonna-t-il à Alex
- Tu viens pas ? Demanda le jeune homme
- Non, je vais tenir compagnie à ta nouvelle amie, je voudrais pas qu'elle s'ennuie !
Il avait terminé sa phrase dans un rire gras, volontairement forcé et laissant deviner à Alex ces intentions. N'osant le contredire, Alex quitta le sous-sol sans lever les yeux sur Erin qui le suppliait du regard.
CHICAGO
Au district, il était déjà tard cette nuit-là et malgré la fatigue, les hommes ne s'étaient pas décidés à quitter les locaux. Même le Sergent Platt était resté dans les bureaux avec l'équipe des renseignements, Jay et Hailey s'étaient isolés quelques minutes dans la salle de pause, elle tenta alors d'aborder un sujet délicat.
- Je sais que le moment est sûrement mal choisi, mais... j'ai besoin de te dire quelque chose, commença-t-elle
Jay releva la tête, à la fois intrigué et inquiet. Il fronça légèrement les sourcils et planta son regard dans celui de sa partenaire.
- Je t'écoute, dit-il
- Voilà... avec les derniers événements, enfin... tu vois ce que je veux dire... le retour d'Erin, son mal-être, son enlèvement, ses difficultés... et les miennes... j'ai pas mal réfléchi et...
- Ne finis pas cette phrase... s'il te plaît Hailey..., coupa-t-il
- Jay j'ai besoin de te le dire, je sais que tu ne veux pas l'entendre et je peux le comprendre mais... j'en ai besoin,
Il souffla doucement, résigné à entendre ce qu'il savait déjà. Et il n'eut aucune surprise quand Hailey lui annonça vouloir mettre leur relation en suspens pendant quelque temps. Elle craignait une concurrence qui n'existait que pour elle et avait choisit délibérément de se mettre à l'écart pour ne pas souffrir. Il tenta de la raisonner, en sachant parfaitement que ses mots n'auraient que peu de poids.
- Hailey... on est fatigué, à bout de nerfs et angoissé... j'aurais préféré qu'on prenne le temps d'en parler plus longuement parce que... peu importe ce que tu sembles redouter, je t'aime Hailey, je t'aime vraiment ! Et rien ne changera ça...
- Rien... jusqu'à maintenant oui, mais demain et après demain ? Et les jours qui suivront... elle est revenue Jay, elle est revenue et c'est à toi qu'elle a demandé de l'aide...
- A qui voulais-tu qu'elle demande ? S'énerva le jeune homme
- A Hank ! A Gabby, à Al ou même à moi... mais c'est toi qu'elle a appelé... et c'est dans tes yeux que je vois le plus d'angoisse à l'instant, souffla-t-elle
- C'est bien normal que je sois angoissé par cette situation non ? Se défendit-il
- Oui... mais tu n'es pas seulement inquiet comme nous le sommes tous, tu sais très bien que j'ai raison...
Pour seule réponse, il se leva en secouant la tête et quitta la pièce en claquant la porte derrière lui. Hailey écrasa une larme qui pointait dans le coin de son œil et rejoignit le reste de son unité. Il semblait y avoir du nouveau et le bureau était en effervescence.
Dans le sous-sol avec Erin, John s'était agenouillé près d'elle après le départ d'Alex. Il la regardait avec un sourire que la jeune femme trouvait écœurant. Il passa sa main sur sa joue et glissa doucement dans son cou jusqu'à arriver au dessus de sa poitrine. Elle essayait de reculer mais ses mains liées ne lui laissaient que peu d'espace et elle ne pouvait pas fuir. Il ouvrit le premier bouton du chemisier de la jeune femme pendant qu'une larme vint rouler sur sa joue.
A l'étage, Alex tournait en rond nerveusement. Il connaissait bien John et il savait qu'il était capable de tout. Les ordres du chef étaient de garder Erin jusqu'à l'arrivée de Bellini, il devait la garder en vie et se contenter de la surveiller. Il ne cessait de penser que si la jeune femme se défendait contre les assauts de John, il se mettrait en colère et il s'en prendrait à elle sûrement. Des images lui tournaient dans la tête pendant qu'il entendait les cris étouffés d'Erin à travers la porte du sous-sol.
Ne pouvant se résoudre à rester sans rien faire, il se précipita vers la porte et descendit les escaliers quatre à quatre. Il arriva en bas et trouva John, la chemise ouverte qui tentait maladroitement de maintenir de force Erin plaquée au sol. Il avait détaché les poignets de la jeune femme et, malgré cela, elle peinait à se sortir de l'emprise de l'homme trop lourd qui s'était couché sur elle. Alex fonça sans réfléchir sur son partenaire et le renversa sur le côté.
- Putain tu fais quoi là ? Hurla John en se redressant
- Fous lui la paix bordel ! Cria Alex à son tour
- Mais de quoi tu te mêles pauvre abruti ! On t'a rien demandé !
- Laisse la tranquille d'accord... elle est flic putain ! Tu sais ce qu'on risque juste pour l'avoir enlevé ? Je veux pas....
Il ne put finir sa phrase avant que John ne lui assène un énorme coup de poing. Il tituba et glissa au sol, il rouvrit les yeux péniblement et se saisit d'un manche de pioche qui traînait dans le coin de la pièce. Quand il se releva, John époussetait son pantalon poussiéreux d'avoir été traîné sur le béton brut du sous-sol. Il leva le bras très haut et abattit son arme improvisée sur le crâne de son partenaire qui s'effondra dans un silence pesant. Essoufflé, il tourna sur lui même et fut pris de panique quand il s'aperçut que la jeune femme n'était plus là.
CHICAGO
Erin avait couru dans l'escalier et était sortie par la porte du sous-sol pour se retrouver dans une immense maison quasiment vide. Elle eut juste le temps d'apercevoir ce qui ressemblait à la porte d'entrée quand elle fut plaquée lourdement au sol par Alex.
- Fais pas ça ! Dit-il, je peux pas te laisser partir... je suis désolé
Elle se débattait tant qu'elle pouvait mais il était bien plus fort qu'elle. Il avait passé ses bras autour de son corps et la maintenait fermement contre lui. Elle sentait malgré tout qu'il faisait des efforts pour ne pas la blesser. Épuisée, elle arrêta de remuer et se laissa lentement glisser dans les bras d'Alex qui relâcha doucement sa prise. Elle reprenait doucement son souffle, la fatigue mêlée au stress lui fit monter les larmes aux yeux et elle éclata en sanglots.
- Chut... calmes-toi, souffla-t-il à son oreille, je te promets que tu seras libre bientôt... personne ne te fera de mal
- Mais vous voulez quoi ? Lança-t-elle entre deux sanglots
- Je vais t'expliquer... mais je suis obligé de te garder ici...
Appuyé dos au mur, il tenait Erin dans ses bras en retenant ses poignets dans ses mains. Il commença son explication et dès qu'il eut prononcé le nom d'Emilio Bellini, elle comprit de quoi il s'agissait. Elle le laissa finir, ses larmes ne coulaient plus et elle relâcha ses muscles pour laisser retomber ses jambes sur le sol. Il l'aida à se relever et l'entraîna dans la pièce la plus proche où il l'installa sur un fauteuil et s'excusa en liant une fine cordelette autour de ses mains.
Il s'assit en face d'elle et n'ouvrit plus la bouche. Il l'observait avec un regard de compassion, comme si cette situation lui était imposée à lui aussi. C'est elle qui reprit la parole.
- Comment t'as atterri là-dedans ? Demanda-t-elle
- Sûrement une suite de mauvais choix... répondit-il
- Je connais ça... les mauvais choix...
- Mais toi tu t'en sortiras, alors que moi... quand le boss va découvrir ce que j'ai fais à John... j'aurais de la chance si je garde la tête fixée sur le reste de mon corps...
- Alors, on a qu'à partir ! J'expliquerai que tu m'as aidé, ta peine sera réduite et tu pourrais changer de vie après ça, lança-t-elle avec l'intention de le convaincre
Il lui sourit mais il savait qu'il était condamné à cette vie là, et les promesses d'Erin, même si son attention l'avait touché, ne le convaincrai pas. Il allait lui répondre quand la porte d'entrée s'ouvrit laissant apparaître deux hommes qui en encadraient un troisième. Erin reconnu le visage de Bellini pour avoir vu sa photo sur le tableau blanc du bureau des renseignements. Alex se leva, son regard s'était assombri à nouveau et il se préparait à faire face à la colère de son patron.
Dans les bureaux du District, les hommes s'étaient rassemblés autour de Voight. De nouvelles informations étaient arrivées et ils avaient une localisation possible de l'endroit où Erin avait put être emmenée. Les différentes planques de John Gordon avaient été passées au crible et deux adresses semblaient être possibles. L'équipe s'organisait pour deux assauts à deux endroits différents. Jay se proposa pour diriger la deuxième équipe.
- Fais moi confiance Hank... souffla-t-il en voyant l'air inquiet de son supérieur
- Ok... Antonio tu l'accompagne avec Ruzek, dit-il en s'adressant fermement à Antonio, et les autres avec moi
- Je peux rien faire pour vous aider ? Demanda Hailey d'une petite voix
- Tu peux tenter de coordonner les opérations d'ici, Niels restera avec toi, vous serez le relais entre les deux équipes, répondit Voight
Après quelques derniers réglages, ils descendirent ensemble pour s'équiper dans le sous-sol. Hailey intercepta Jay avant qu'il ne disparaisse dans le couloir.
- Jay... fais attention à toi, d'accord ? Dit-elle d'une voix douce
- Tu devrais pas t'inquiéter autant pour moi, je te rappelle qu'on est plus ensemble, répondit-il sèchement
- Jay...
Il la laissa seule dans le couloir et descendit les quelques marches sans se retourner. Il essayait de se concentrer sur son opération, si tout fonctionnait comme prévu, il retrouverait Erin avant le lever du jour et plus rien ne comptait plus que ça maintenant. Il serait temps de régler ses différends avec Hailey une fois que tout le monde serait en sécurité. Il enfila son gilet par-balles et monta dans la voiture aux côtés d'Antonio.
CHICAGO
Emilio avait envoyé ses hommes dans le sous-sol après qu'Alex ait hésité à répondre lorsqu'il lui avait demandé où se trouvait John. Les deux hommes remontèrent précipitamment en annonçant la nouvelle à leur patron. John gisait au sol dans son propre sang avec une plaie béante à l'arrière du crâne. Bellini fronça les sourcils et se tourna vers Alex qui se tenait debout au centre de la pièce.
- C'est quoi ce bordel Alex ? Hurla-t-il
- Je vais vous expliquer Monsieur Bellini... souffla-t-il d'une voix timide
- Expliquer quoi ? Il s'est passé quoi ? Parle bordel ! Cria-t-il à nouveau
Alex était nerveux, il serrait ses mains l'une contre l'autre, cherchant ses mots. L'attente dura quelques minutes avant qu'Emilio n'attrape une arme à la ceinture de l'homme qui se tenait à ses côtés. Il arma le pistolet et s'approcha d'Alex en le menaçant.
- Parle ! Je te le demanderai pas une fois de plus... dit-il en appuyant l'arme sur le front du jeune homme
Alex s'était mis à transpirer, il tenta de balbutier quelques mots mais aucun son ne sortait de sa bouche. Le regard d'Emilio s'était fait brillant de colère, il respirait vite et son souffle rauque accentuait encore la nervosité du jeune homme. Puis, une voix s'éleva derrière lui.
- C'est moi, lança Erin
Sans enlever l'arme de la tête d'Alex, Emilio se pencha pour observer Erin.
- Quoi ? S'étonna-t-il
- C'est moi qui l'ai tué ! Dit-elle plus fort en plantant son regard dans celui d'Emilio
Il baissa son bras, laissant retomber sa main tenant l'arme et s'approcha plus près d'elle.
- Toi ? C'est toi qui as tué l'un de mes meilleurs hommes ? Souri-t-il
- Il a... commença Erin sans parvenir à finir sa phrase
- Ferme là ! Hurla Emilio en faisant sursauter la jeune femme
Il s'était mis à tourner autour d'elle, comme fou de rage. Erin le voyait tenter de reprendre son souffle mais il n'y parvenait pas. Puis, sans un mot, il passa devant elle et lui asséna un coup en plein visage. Alex eut un mouvement vers elle mais il se contrôla pour ne pas intervenir, persuadé qu'il ferait lui aussi les frais de la colère de son patron. Erin encaissa presque sans un bruit, à peine un petit gémissement quand elle releva la tête.
Il l'attrapa par la mâchoire en serrant ses doigts et plongea son regard dans celui de la jeune femme dont les yeux s'étaient mis à briller.
- Tu paieras pour ça... souffla-t-il
- Et tu paieras aussi... répondit-elle pour le défier
Il se mit à rire d'une grosse voix. Il se redressa en la relâchant et reprit la parole sans la quitter des yeux.
- T'es bien la fille de ton père toi ! Lança-t-il
Cette phrase eut l'effet d'un électro-choc sur la jeune femme. Alors qu'elle commençait à perdre espoir, qu'elle était presque prête à mourir ici, dans cette pièce sale aux murs délabrés, une étincelle venait de faire briller son envie de se battre. Elle pensait à son père, elle ne pouvait pas mourir sans l'avoir rencontré, elle ne pouvait pas faire ça non plus à Hank ou à Jay. Elle savait que Bellini avait besoin d'elle, elle était sa monnaie d'échange et il ne lui ferait rien, alors elle en profita pour le provoquer un peu plus.
- Tu t'en sortiras pas ! Lança-t-elle avec un sourire
- Ferme là ! Cria-t-il en levant la main une fois de plus
- Vas-y... tu peux frapper tant que tu veux, j'ai connu pire... dit-elle calmement
- Putain mais tu vas la boucler oui ! Laisse moi réfléchir ! S'énerva-t-il
Il tournait en rond dans la pièce sous le regard d'Alex et des deux hommes qui n'avaient quasiment pas ouvert la bouche depuis leur arrivée. Alex se tourna doucement vers Erin et la remercia d'un signe de tête discret, elle lui adressa à son tour un petit sourire. Bellini avait prévu de négocier sa sortie du territoire Américain avec Voight contre la libération d'Erin. Il n'était qu'à quelques heures de route du Canada, de là il fuirait vers la France et serait enfin libre. Son plan avait mal tourné avec la mort de John qui devait s'occuper de ses différents transferts, il lui fallait maintenant corriger le tir.