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Série : Chicago P.D.
Création : 13.09.2017 à 13h59
Auteur : soaddict
Statut : Terminée
« L'histoire commence après le départ d'Erin Lindsay pour New York, la vie suit son cours mais pour combien de temps ? » soaddict
Cette fanfic compte déjà 131 paragraphes
CHICAGO
Depuis les bureaux du district où l'équipe s'était réunie, Hank entendit des cris provenant du sous-sol. Il leva la tête pour regarder son équipe et avant qu'il ait le temps de parler, Antonio se leva, le visage grave.
- Ruzek ! Putain on a laissé Ruzek en bas ! Cria-t-il
- Et merde... Souffla Hank
Hayley et Jay échangèrent un regard inquiet avant de suivre le reste de l'unité qui se précipitait dans le couloir pour descendre les escaliers quatre à quatre.
A leur arrivée, ils trouvèrent Adam dans la cage avec le suspect. Lincoln avait le visage en sang, penché sur lui et comme prit d'une rage incontrôlable, Ruzek le frappait à grands coups de poing, sans relâche. Hank arriva en courant derrière lui pour le stopper sous le regard de ses hommes complètement abasourdi devant cette scène.
- Arrête bordel ! Tu fais quoi ? Hurla-t-il
A bout de souffle, Adam cessa ses coups, les bras tenu par son sergent il recula jusqu'à sortir complètement de la cage. Lincoln semblait inconscient, sa tête retombait sur son torse couvert du sang qui coulait de son visage.
- Putain c'est pas vrai ! Hurla Hank à nouveau en bousculant Ruzek, qu'est ce qu'il t'a pris sérieusement ?
- Je... il m'a... il a tué Kim ! Bégaya Adam, il m'a provoqué et... j'en sais rien ! J'ai perdu les pédales !
- J'ai un pouls, mais c'est léger... annonça Antonio qui s'était avancé jusqu'à Lincoln
- On fait quoi ? Demanda Upton, j'appelle une ambulance ?
- Laisse moi réfléchir, ordonna Hank
- Réfléchir à quoi ? On a un blessé, on demande de l'aide ! Y a pas à réfléchir ! Répondit la jeune femme visiblement troublée par la situation
- Attends ! Cria Hank, je t'ai dit d'attendre ok ?!
Les hommes autour de Hank échangeaient des regards sans qu'aucun d'eux ose prendre la parole. Hank, les deux mains sur la tête ne quittait pas des yeux le suspect toujours inconscient, il était assis sur le banc retenu uniquement par une menotte accrochée à la grille qui le maintenait dans une position étrange, l'empêchant de tomber au sol.
NEW YORK
Owen avait reculé de quelques pas après avoir violemment attaqué Erin. Elle était toujours recroquevillée sur le sol, elle tenait sa tête de son seul bras libre, les genoux repliés sur son torse. Assis plus loin sur la moquette du salon, Owen, essoufflé, la regardait en frottant ses mains l'une contre l'autre.
- Tu vois ce que tu m'obliges à faire ? Cria-t-il soudainement, tu vois ? C'est de ta faute tout ça !
Elle ne répondit pas. Elle releva la tête légèrement, évitant de croiser son regard et essuyant le coin de sa lèvre d'où un filet de sang s'échappait. Il se remit debout rapidement et, instinctivement, elle se protégea à nouveau. Mais il ne vint pas jusqu'à elle, il lui tourna le dos et repartit vers la cuisine. Elle se leva à son tour, difficilement et en s'appuyant sur un meuble, elle se remit debout, le regard dans le vide elle ne tentait même plus de comprendre ou d'y échapper. Elle se dirigea vers la salle de bain, sans un mot, sans une larme et sans un cri.
Face au miroir, elle préféra baisser les yeux. Le flacon de comprimé, qu'elle avait cherché plus tôt dans la matinée, était là. Posé sur le bord du lavabo, elle l'ouvrit en grimaçant. Son épaule la faisait souffrir, et maintenant la main qui lui avait protégeait le visage lui faisait mal elle aussi. Elle prit deux comprimés dans sa main, la porta à sa bouche et se baissa pour avaler un peu d'eau directement au robinet. L'eau lui brûla la lèvre, ouverte jusqu'au sang, et elle ferma les yeux en fronçant les sourcils, toujours sans lâcher le moindre gémissement.
- Qu'est ce que tu fous ? Lança Owen derrière la porte
- J'arrive... répondit-elle
- Ouvre ! Cria-t-il
Elle obéit immédiatement. Sans réfléchir, elle ouvrit le verrou et tourna la poignée, les yeux baissés, elle resta debout face à lui, sans le regarder. Il s'appuya d'une main sur l'encadrement de la porte.
- C'est pour toi que je fais ça... tu comprends pas ? Je dois te protéger, tu dois me faire confiance, y a rien de bon pour toi dehors... On sera mieux ici, que tous les deux, d'accord ? Dit-il cette fois plus calmement
- Oui... je sais, j'ai compris...
Il avança pour la prendre dans ses bras et elle eut un mouvement de recul. Les mains en avant, elle garda les yeux mi clos, puis elle sentit ses bras autour d'elle. Il la serrait contre son torse, caressant ses cheveux sans rien dire. Il relâcha son étreinte et prit sa main pour l'emmener avec lui dans le salon. Assis sur le canapé, il se servit un verre de whisky et lui en proposa un. Malgré l'heure matinale, et plutôt qu'un petit déjeuner, elle accepta pour ne pas le contrarier. L'alcool brûla sa lèvre avant de descendre doucement dans sa gorge, dans quelques minutes l'effet des médicaments se ferait sentir et elle serait plus calme, apaisée, même plus qu'apaisée elle serait soumise.
CHICAGO
Dans le sous-sol du district, l'équipe attendait les ordres de Voight qui avait prit quelques minutes pour évaluer la situation. Quand il ouvrit enfin la bouche, les directives se mirent à fuser dans tous les sens.
- Ruzek ! Tu montes à l'étage, tu vas te calmer un peu et rincer tes mains ! Lança-t-il dans un premier temps
Ruzek observa ses mains abîmées et tâchées de sang, il acquiesça d'un signe de tête et se dirigea immédiatement vers l'escalier. Hank continua sa distribution.
- Al, tu l'accompagnes et tu ne le lâches pas d'une semelle,
- J'y vais, répondit-il
- Antonio, tu appelles Gabby, qu'elle vienne ici voir ce qu'elle peut faire pour Lincoln,
- Tout de suite Sergent, lança Antonio en s'éloignant avec déjà son téléphone en main
- Hayley et Jay, vous restez ici, surveillez les entrées, personne n'entre ou ne sort d'ici sans ma permission, c'est clair ?
- Entendu, répondit Jay
Hayley, de son côté, observait les hommes de l'unité qui s’organisait au son de la voix de leur Sergent. Atwater, qui n'avait pas reçu d'ordre direct, s'était posté à l'extérieur pour guetter l'arrivée de Gabby. Elle se dirigea vers Jay, qui lui avait rejoint la porte donnant sur le parking.
- Et tout le monde trouve ça normal ? Lança-t-elle a son coéquipier
- Pas maintenant Hayley... on gère ça et on en parle plus tard ok ? Répondit Jay en lui faisant signe de baisser d'un ton
- Jay ! On a un gars roué de coups alors qu'il est menotté dans nos locaux et on « cherche » une solution ?
- Écoute, cette unité fonctionne comme ça..., depuis toujours ! On agit ensemble, on prend les risques ensemble et on payera les conséquences ensemble ! C'est comme ça, y a rien de plus à dire...
- Je suis pas sûre d'adhérer... je vais voir Voight ! Répondit-elle en s'éloignant
Jay voulut la rattraper mais il aperçut au loin une voiture de patrouille qui s'approchait et préféra sortir pour empêcher les officiers de s'arrêter près de l'entrée du sous-sol, afin d'éviter qu'ils ne soient témoins de la scène qui se jouait à l'intérieur. Antonio, sur les conseils de sa sœur, avait allongé le blessé sur le côté après avoir détaché la menotte qui le retenait.
Quelques longues minutes plus tard, une ambulance se gara près de l'entrée. Gabby en sortit, seule, elle attrapa rapidement le sac contenant le nécessaire pour les premiers soins et s'avança rapidement vers Jay qui lui avait fait signe en la voyant arriver.
NEW YORK
Dans le salon, le temps passait lentement. Après avoir avalé quelques verres, Owen avait fini par se lever pour préparer quelque chose à manger. Erin était restée seule, assise sur le canapé, elle fixait l'écran du téléviseur allumé devant elle. Ses yeux regardaient en direction de l'écran, mais son esprit était ailleurs, repliée sur elle-même, elle sentait son corps se relâcher. Les médicaments, puissants, contre la douleur, agissaient doucement, la quantité d'alcool ingéré multipliant les effets, elle lâchait prise. Se laissant bercer par le son provenant de la télé, elle laissait son esprit s'évadait.
Owen ramena deux assiettes, des œufs et du bacon trop cuit, qu'il déposa devant elle. Il l'observa un instant, elle avait le regard vide, elle respirait lentement et ses paupières tombantes donnaient l'impression qu'elle clignait des yeux au ralenti.
- Tu devrais manger un peu, souffla-t-il en s'asseyant près d'elle
- J'ai pas faim...
- Essaye de manger, rien qu'un peu...
- Je dois revoir le médecin cette semaine, j'ai presque plus de comprimés...
- J'irais t'en chercher, coupa-t-il
- Non, j'irais moi ! Reprit-elle en se redressant
- Erin... recommences pas...
Il avait dit cette phrase en lâchant bruyamment la fourchette sur la table. Le bruit l'avait fait sursauter et elle observait ses gestes sans relever la tête.
- Owen...
- J'ai dit non, Erin ! C'est non ! Cria-t-il
- D'accord ! Ok... désolé, s'excusa-t-elle immédiatement
- Mange maintenant, s'il te plaît...
Il s'était radouci aussitôt. Elle prit quelques bouchées dans son assiette avant de la repousser loin d'elle, puis se resservi un verre de whisky qu'elle avala d'un trait. Il la laissa faire sans rien dire, il était toujours le même après ce genre d'épisode malheureux. Il n'osait plus la regarder, comme s'il ne voulait pas voir les traces sur son visage qui l'amenait à culpabiliser. Alors il essayait de redevenir plus doux et plus attentionné. Maladroitement, il posa le bras sur son épaule, l'attirant vers lui délicatement. Elle se laissa faire, et posa sa tête au creux de son épaule en fermant les yeux.
CHICAGO
Gabby avait été choqué en arrivant dans le sous-sol du district. Antonio ne lui en avait que peu dit sur ce qu'il s'était passé et elle lui lança un regard noir de colère en s'approchant de Lincoln. Le jeune homme avait repris connaissance et gémissait maintenant sans cesse. En quelques mots, Jay expliqua la situation, désignant Lincoln comme le tireur qui aurait abattu Kim et justifiant le comportement de Ruzek qui aurait agit sur un coup de nerf.
- Il a perdu connaissance pendant combien de temps ? Demanda Gabby en commençant à l'ausculter
- Quelques minutes... j'en sais trop rien... répondit Jay, on était en haut et on est arrivé après...
- Les plaies sont peu profondes, je peux lui poser quelques pansements, mais il devrait aller à l'hôpital... il faut faire des radios pour s'assurer qu'il n'y a pas de lésions ou de dommages internes
- Non... on peut pas faire ça, intervint Antonio
- Alors il fallait pas m'appeler, Antonio ! Répondit-elle sèchement
Antonio regarda sa sœur en levant les mains pour lui faire comprendre qu'il ne s'agissait pas de sa décision. Elle continua les soins qu'elle avait commencés sans plus dire un mot. Pendant ce temps, à l'étage, Voight s'était enfermé dans son bureau. Il semblait en grande conversation téléphonique quand Hayley frappa à sa porte. Il lui fit signe d'entrer et elle n'entendit que la fin de la conversation de son supérieur.
...Je te tiens au courant... merci, à plus tard, avait-il dit avant de raccrocher
Elle ferma la porte derrière elle.
- Sergent... je ne suis pas d'accord avec ce qu'il est en train de se passer, commença-t-elle
- Je ne me souviens pas avoir demandé ton avis, répondit Hank sur un ton sec
- Cet homme est un suspect ! On ne peut pas...
- Cet homme est coupable ! Coupa-t-il, et maintenant à cause d'un débordement d'émotion on ne peut plus l'inculper ! Voilà ce qu'il se passe quand on laisse les sentiments prendre le dessus !
- Mais Sergent...
- Ça suffit, Upton ! Je ne veux rien entendre ! Si tu ne veux pas faire partie de cette unité alors tu es libre de partir, je signerai moi même ton affectation à une unité bien plus tranquille... mais si tu décides de rester alors tu suivras mes ordres et mon fonctionnement ! Je protège Ruzek en agissant ainsi, essaye de le comprendre bordel !
Elle ne répondit pas. Pendant un instant, elle avait pensé que Voight tentait de couvrir ses arrières par rapport au Commandant qui était venu plus tôt pour le sermonner. Maintenant elle comprenait que Ruzek risquait son poste et que Hank tentait simplement de diminuer l'impact. Elle acquiesça de la tête et sortit du bureau pour rejoindre le reste de l'équipe.
NEW YORK
La chaleur de la cheminée avait réchauffé l'intérieur du petit salon. Toujours blottie dans les bras d'Owen, Erin s'était laissée envelopper d'un sentiment de bien être, provoqué par sa trop grande consommation de médicament et d'alcool. Elle se redressa doucement pour tenter d'enlever l'atèle qui lui bloquait toujours le bras. Owen s'avança doucement pour l'aider à détacher les liens à l'arrière de son dos.
- Laisse moi faire, dit-il
- Merci... souffla-t-elle en se tournant
Pendant qu'il ôtait les agrafes, il se mit à l'embrasser dans le cou. Délicatement et tendrement, il posa ses lèvres dans sa nuque et elle baissa la tête pour le laisser faire. Une fois l'atèle enlevée, et malgré une douleur lancinante, elle se tourna vers lui en collant son torse sur le sien. Heureux de cette marque d'attention, il lui sourit, avant de l'embrasser fougueusement. Elle retint un gémissement quand il appuya sa bouche contre la sienne. Sa lèvre portant encore les stigmates des coups qu'elle avait reçus, elle le repoussa doucement.
Sans prêter attention à elle, il la renversa en arrière sur le canapé et s'allongea sur elle de tout son poids. Ses gestes se firent plus durs, comme s'il voulait la posséder toute entière, il entreprit de la déshabiller, mais cette fois sans plus aucune délicatesse. Il arracha une partie de ses vêtements, puis il lui attrapa les bras qu'il bloqua d'une main au dessus de sa tête. Elle ne put retenir un cri de douleur, cette fois, quand elle sentit son épaule craquer dans ce mouvement douloureux, mais rien ne l'arrêtait. Elle sentait le souffle chaud d'Owen dans son oreille, elle entendait le râle grave provenant de sa gorge, elle tourna la tête pour ne plus l'entendre et une larme vint rouler sur sa joue.
Pendant plusieurs minutes, elle tenta de détacher son corps de son esprit, laissant son corps à la merci de cet homme et essayant au mieux de protéger son esprit des sensations qu'elle ressentait. Comme si le monde venait de s'arrêter de tourner, elle était seule dans sa tête, seule dans sa vie, personne ne la sauverait, puisque plus personne n'était là pour elle. Quand elle put enfin se libérer de ses assauts, elle se recroquevilla instantanément sur le coin du canapé. Il se leva en ramassant ses vêtements et se dirigea vers la salle de bain sans un mot, elle attrapa la bouteille de whisky restée sur la table et la porta à sa bouche. Elle avala quelques gorgées directement au goulot de la bouteille, seul remède qu'elle put trouver sur l'instant, pour contrer la douleur indescriptible qui l'avait envahit.
CHICAGO
Lincoln Brolling avait été installé sur une chaise plus confortable. Après une injection d'anti-douleur et après que Gabby ait nettoyé et pansé ses blessures, le jeune homme était maintenant pleinement conscient. Bien qu'il fut encore sonné par le passage à tabac imposé par Ruzek, il avait repris ses esprits et commençait à menacer les hommes face à lui, leur promettant mille et une torture et autres représailles pour ce qu'il venait de subir. Antonio avait remercié Gabby qui, même après avoir compris le coup de nerfs d'Adam, avait quitté les lieux en rappelant à son frère qu'elle ne cautionnait pas ce genre d'action.
Hank avait été prévenu et il arriva quelques minutes plus tard par l'escalier.
- Très bien... on le relâche, annonça-t-il dans l'incompréhension générale
- On... on quoi ? Lança Atwater
- Vous avez tous très bien entendu, les résultats du labo viennent de tomber, on a pas assez de preuves, les empreintes ne sont pas assez claires sur l'arme, impossible d'être sûr à 100%, donc... on le relâche !
Il n'attendit pas d'autres réactions et il tourna le dos pour remonter à l'étage. Al le suivit immédiatement pendant que Jay et Hayley s'occupaient de relâcher le suspect qui souriait, moqueur et provocateur, en quittant les lieux d'une démarche mal assurée. Le reste de l'unité rejoignit les bureaux en silence, complètement sous le choc de la décision prise par leur Sergent. A l'étage, Hank était retourné dans son bureau, occupé à tapoter sur son téléphone, il attendit quelques minutes avant de sortir à nouveau.
- Je sais que vous ne comprenez pas... mais soyez assuré que ce mec ne s'en sortira pas comme ça, je vous demande de me faire confiance sans poser de question, dit-il
- Je suis désolé Boss... intervint Ruzek d'une toute petite voix, c'est ma faute...
- Je ne t'en veux pas... je sais que Kim te manque et elle nous manque à tous, je te le promets ça s'arrête pas là... il payera !
Hayley lança une fois encore un regard vers Jay. Il détourna le regard et attendit patiemment la fin du discours de Voight. Après les avoir informé des éléments du labo concernant les prélèvements d'empreintes, il les autorisa à rentrer chez eux. Ils quittèrent tous les locaux en silence, perturbés par cette journée. Al traîna encore quelques minutes, laissant sortir ses partenaires, avant de se diriger vers le bureau de Voight.
- Tu as prévenu ton gars ? Demanda-t-il en entrant
- Oui... c'est fait, Lincoln n'ira pas loin... mais maintenant j'ai une dette envers lui, et je n'aime pas être redevable...
- T'as fait le bon choix, on pouvait pas le laisser filer... il a tué Burgess, il doit payer ! Et pour les résultats du labo ? Comment t'as fais ?
- Je les ai fait trafiquer, personne ne saura jamais, et quand demain on retrouvera Lincoln avec une balle dans la tête... on pensera à un règlement de comptes entre gangs, répondit Hank
Al secoua la tête en signe d'approbation. Ils seraient les seuls à connaître la vérité concernant cette affaire, et même si chacun d'entre eux aurait voulu que le reste de l'équipe profite du contentement de cette vengeance, il était préférable de les protéger en les laissant dans l'ignorance.
NEW YORK
Erin s'était rhabillée en tremblant, la mâchoire serrée pour ne pas pleurer, elle fixait la porte de la salle de bain. Profitant qu'Owen soit sous la douche, elle avait entrepris de fouiller les poches de sa veste restée accrochée sur le porte manteau de l'entrée. Discrètement, elle s'avança vers le gros blouson fourré et commença à glisser ses mains dans les différentes poches sans savoir ce qu'elle y cherchait. Dans la première, elle trouva un ticket de caisse froissé venant du magasin où il avait fait quelques achats, dans la deuxième un peu de monnaie et enfin dans la troisième elle sentit un objet qu'elle reconnut avant même de le sortir, son téléphone.
L'eau de la douche cessa de couler, elle replaça l'appareil dans la poche et retourna s'asseoir sur le canapé rapidement. Quelques secondes après, Owen réapparut, les cheveux encore trempés et l'eau ruisselant sur son torse nu. Il tenait son téléphone dans la main.
- Je dois sortir... dit-il en regardant l'écran de son téléphone
- Je t'accompagne, proposa Erin en se levant
- Tu vas arrêter avec ça... je t'ai dit que pour l'instant tu restes à l'intérieur ! Répondit Owen
Elle souffla en se rasseyant.
- Ok... je reste ici...
Il sembla inquiet du ton qu'elle avait pris. Il fit le tour du canapé et se pencha vers elle.
- T'as une idée derrière la tête ? Me prends pas pour un con ! Dit-il sèchement
- Quoi ? Tu ne veux pas que je sorte ? Je sors pas ! C'est bien ce que tu veux non ? S'énerva-t-elle
Il l'attrapa par la mâchoire en serrant ses doigts.
- T'as intérêt à rester tranquille, tu m'entends !
- Lâche moi ! Cria-t-elle en le repoussant
Il la relâcha en la poussant en arrière. Son regard s'était assombri une fois de plus, inquiet qu'elle veuille lui échapper, il la soupçonnait de vouloir profiter de son absence pour quitter la maison. Il tourna le dos et repartit vers la salle de bain où il s'enferma encore pendant quelque temps. Erin n'osait pas quitter sa place, mais elle voulait tenter de récupérer son téléphone.
Ne le voyant pas revenir, elle se leva rapidement et se dirigea vers l'entrée. D'un geste rapide, elle glissa sa main dans la poche de la veste qu'elle avait fouillée un peu plus tôt, en sortit son téléphone et retourna s'asseoir sur le canapé. Quelques minutes plus tard, Owen arriva par le couloir, habillé et prêt à sortir.
CHICAGO
Jay, Hayley et Ruzek s'étaient retrouvés au Molly's pour boire un verre après cette journée compliquée. Accoudé au bar, Ruzek observait ses mains qui portaient encore les marques des coups qu'il avait donné à Lincoln un peu plus tôt dans la journée. Gabby lui servit une bière et engagea la conversation.
- C'était toi ? Ce matin dans le sous-sol... c'est toi qui a massacré ce type ? Demanda-t-elle
- Ouai... je sais pas ce qu'il m'a prit... répondit-il dans un soupir
- Elle te manque beaucoup, j'imagine... Kim... c'était une chouette fille...
- C'était plus que ça... je me sens tellement seul...
- Appuie toi sur tes partenaires, c'est à ça que sert une équipe non ? Dit-elle pour le rassurer
Ruzek tourna les yeux vers Jay et Hayley, assis un peu plus loin, puis il regarda a nouveau Gabby.
- Ces deux là ne semblent pas avoir besoin de ma présence... souffla Ruzek
Gabby fronça les sourcils. Elle se mit alors à observer Jay et Hayley qui discutaient. La jeune femme caressait du bout des doigts la main de Jay, le geste était discret, mais le regard qu'elle lui lançait n'avait pas besoin de mot. Gabby lâcha le chiffon qu'elle tenait dans les mains et fit le tour du comptoir pour les rejoindre. Sans attendre une invitation, elle s'installa sur un tabouret près d'Hayley et intervint dans leur conversation.
- Jay, j'ai besoin de te parler, annonça-t-elle en fixant le jeune homme face à elle
- Euh.. je vais vous laisser, dit Hayley en se levant
- Non pas besoin, tu sais de quoi je veux lui parler... et tu es déjà au courant de toute façon, lança Gabby en la rattrapant par le bras
Jay, qui ne comprenait rien à ce qu'il se passait, fronça les sourcils en regardant tour à tour Gabby et Hayley.
- Je dois te parler d'Erin, commença Gabby, je pense qu'il y a peut être un problème
- C'est à dire ? Demanda Jay
- Erin a rencontré quelqu'un... un mec... et...
Gabby cherchait ses mots, elle voulait alerter Jay mais elle ne voulait pas non plus le faire paniquer. Après tout, elle ne savait pas vraiment si le fait qu'Erin ne réponde plus à ses appels avait un lien avec Owen.
- Écoute, reprit Jay, la vie amoureuse d'Erin... enfin... ça me concerne plus maintenant, je veux pas savoir...
- Tu devrais l'écouter, intervint Hayley
Jay remarqua que sa partenaire avait baissé les yeux, comme si elle était gênée par la situation. C'est à elle qu'il s'adressa.
- Tu sais quelque chose ? Demanda-t-il, Hayley ? Tu sais quelque chose ?
Les deux jeunes femmes échangèrent un regard, puis un signe de tête vint sceller, sans parole, leur accord sur l'intention de révéler à Jay ce qu'elles savaient toutes les deux de la relation tumultueuse d'Erin et Owen.
NEW YORK
Sans dire un mot, Owen venait de claquer la porte en quittant la maison. Il semblait soucieux sans qu'Erin ne sache pourquoi. Elle sortit immédiatement son téléphone qu'elle avait caché derrière le coussin du canapé et l'alluma rapidement. Quelques secondes après qu'il se soit allumé, elle observa l'écran, attendant qu'il affiche des appels, des messages... quelque chose qui prouverait que quelqu'un, loin d'ici, pensait à elle. Mais rien ne se passa, son visage se ferma un peu plus, elle aurait voulu les appeler, Jay, Voight, Gabby... ou même Bunny, n'importe qui se trouvant à Chicago et qui lui rappellerait qu'elle existe en dehors de cet endroit.
Elle s'interrogea un instant, devait-elle envoyer un message, les appeler pour leur demander de l'aide ? Elle ne savait même pas où elle se trouvait, et comment leur expliquer la situation. Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas les bruits de pas derrière elle. Owen, qui s'était aperçu que le téléphone d'Erin n'était plus dans sa poche, était revenu précipitamment et arriva dans son dos. D'un geste brutal, il arracha le téléphone des mains d'Erin en la bousculant violemment.
- Tu te fous de ma gueule ! Hurla-t-il
De sa main tenant l'appareil, il mit un coup à Erin en plein visage, la faisant tomber au sol brutalement. Elle lâcha un cri de douleur, puis se recroquevilla sur elle-même en lui demandant d'arrêter. Il l'attrapa par le col de son pull et la traîna sur le sol jusqu'à la chambre, en cognant au passage ses jambes et ses bras contre les meubles qu'il croisait. Elle criait toujours, complètement paniqué, mais il ne semblait pas entendre. Il la souleva de terre en l'empoignant par le bras, pour l'envoyer sur le sol de la chambre. Couchée sur la moquette, elle ne bougeait plus.
Sans dire un mot, il claqua la porte et elle entendit le bruit d'un verrou qui se ferme. Le calme revint tout à coup, elle sanglotait en tenant sa tête, comme figée sur place, elle n'osait plus bouger, ni même ouvrir les yeux. Quand enfin, après de longues minutes, elle releva la tête, il n'y avait plus aucun bruit. La chambre plongée dans le noir n'était éclairée que par le mince filet de lumière provenant du couloir, et qui remontait le long de la porte verrouillée. Il était parti. Pour combien de temps, et dans quel état rentrerait-il... trop de questions se bousculait dans sa tête, une seule revenait sans cesse. Comment allait-elle se sortir de là ?
CHICAGO
Toujours attablé face à Hayley et Gabby, Jay attendait une explication. Les mots semblaient difficiles à venir pour les deux jeunes femmes. Gabby prit une ample respiration et tenta de résumer l'histoire que lui avait confié Erin.
- Elle voulait pas que j'en parle, mais... je suis inquiète Jay, ça fait trop longtemps maintenant et je n'ai toujours pas de nouvelle, commença-t-elle
- Ok... parle maintenant tu m'inquiètes, lança Jay
- J'ai appelé son bureau... elle n'y est pas, personne n'a voulu me donner plus de détail mais je sais qu'elle n'y est pas depuis un long moment déjà
- Comment ça elle n'y est pas ? Ça veut dire quoi ? Elle est où alors ? Demanda Jay de plus en plus inquiet
- J'en sais rien... peut être avec ce type qu'elle voit depuis plusieurs mois... c'est de ça dont je voulais te parler, mais tu dois me promettre de...
- Je promets rien du tout ! Arrête Gabby, explique moi !
Hayley était de plus en plus mal, consciente que Jay lui en voudrait ne pas lui avoir révéler cette partie de l'histoire. Elle ne levait pas les yeux, laissant Gabby continuer son récit sans intervenir.
- Elle a rencontré ce mec, Owen, il y a quelques mois... ils bossent ensemble je crois, j'en sais pas beaucoup plus sur lui, mais...
- Mais quoi ? Insista Jay qui ne supportait plus ce suspens
- Il l'a frappé... les marques sur son visage quand elle est venue a Chicago, c'était lui... et ce n'est pas arrivé qu'une fois...
Jay était resté sans voix. Tout se bousculait dans sa tête, il commençait à faire le lien. Sa visite à New York quand Erin avait prétendu avoir participé à une formation au combat, ce moment d’inquiétude quand elle était arrivée chez elle avec Jay après leur sortie, et enfin le fait qu'elle se soit enfermé chez elle le jour suivant, sans vouloir se montrer. Puis il reprit ses esprits et secoua la tête.
- Non, pas Erin, elle ne se laisserait jamais faire comme ça... enfin je veux dire...
- J'étais là, intervint enfin Hayley, quand elle a raconté son histoire... j'étais là, Jay,, elle était bouleversée et... quand Voight lui a demandé de partir... ça n'a rien arrangé
- Et toi, tu savais ? Dit-il en fixant Hayley d'un regard noir, depuis le début tu le savais ?
- Jay...
Il n'écouta plus et attrapa sa veste avant de sortir précipitamment du bar sous les yeux de Ruzek qui ne comprenait pas l'attitude soudaine de son partenaire.
NEW YORK
Dans un silence complet, Erin, toujours enfermée dans la chambre, attendait le retour d'Owen. Elle avait pleuré longtemps, laissant sortir toute la douleur qu'elle avait gardée au fond d'elle. A la douleur physique, s'ajoutait maintenant une torture psychologique qui commençait à s'installer et prendre place dans son esprit. Elle doutait d'elle-même, se demandant si elle n'avait pas provoqué ces mauvais traitements, si elle ne les avaient pas mérités.
Elle se sentait complètement épuisée, sans force. Elle n'avait plus aucune notion du temps et elle resta assise sur le sol, le dos appuyé contre le rebord du lit sans bouger pendant de longues minutes. Son regard se porta soudain sur le placard face à elle. Sa valise était toujours posée là, à l'intérieur, l'enveloppe laissée par Niels et qu'elle n'avait jamais ouverte. Elle se leva rapidement et attrapa la valise qu'elle tira jusqu'à elle avant de l'ouvrir pour retrouver le document. Elle alluma la petite lampe qui se trouvait sur la table de chevet, sorti quelques feuilles de l'enveloppe et se mit à lire.
Les premières pages reprenaient quelques éléments sur la carrière d'Owen. Ses états de service étaient peu gratifiants, beaucoup de mises à pied, quelques sanctions, la plupart du temps pour des faits de violence. Les pages suivantes étaient quant à elle dédiées à une affaire le concernant directement. La disparition inexpliquée de sa femme, quelques années plus tôt. Une affaire qui avait visiblement fait beaucoup parler de lui dans l’État de New York.
Elle lisait vite, de peur d'être surprise, elle tournait les pages une à une en cherchant à comprendre. Elle trouva le rapport d'un psychiatre qui décrivait Owen comme quelqu'un souffrant d'un dédoublement de personnalité, paranoïaque et instable, il n'avait cependant pas été inquiété après la disparition étrange de celle qui partageait sa vie. Son père, un haut gradé au sein du FBI avait joué de ses relations et avait même réussi à faire entrer son fils dans une unité spéciale, presque créée pour lui. On ne retrouva jamais aucune trace de cette femme, aucun corps.... aucune preuve, et l'affaire fut classée quelques mois plus tard.
Elle releva la tête en entendant claquer la porte d'entrée. Elle jeta les documents dans l'enveloppe et remit le tout au fond de la valise qu'elle balança dans le bas du placard. Des bruits de pas, puis Owen tapa doucement contre la porte. Elle fixait la poignée, attendant de la voir tourner, sa respiration s’accélérait de plus en plus et tout son corps tremblait à nouveau.
CHICAGO
Jay avait roulé un moment sans but précis. Il tournait et retournait encore dans sa tête le récit de Gabby sans arriver à y croire. Pourtant, tout lui semblait cohérent maintenant, les traces de coups, le comportement étrange d'Erin, tout se tenait parfaitement. Il pensa à Hayley, il lui en voulait de ne pas avoir parlé, mais il lui en voulait encore plus d'avoir entamé une relation avec lui en sachant dans quelle situation se trouvait Erin. Après de longues minutes, il braqua le volant de sa voiture et prit la direction du domicile de Hank, il fallait qu'il fasse quelque chose et ça ne pouvait pas attendre le lendemain, il devait lui dire, maintenant.
En garant sa voiture à proximité de la maison, Jay aperçut Hank à l'extérieur. Appuyé contre une voiture, il tendit un petit paquet à un homme assis sur le siège passager d'un véhicule. La conversation ne sembla pas durer longtemps et la voiture repartit rapidement, tout feux éteints. Jay sortit alors pour aller à la rencontre de son Sergent qui sembla surprit et inquiet de le voir arriver chez lui si tard dans la nuit.
- Halstead ? Dit-il quand il fut à proximité
- Hank... j'ai de nouvelles infos, je dois te parler de quelque chose... tout de suite ! Répondit Jay avec une voix tremblante
- Suis moi, répondit Hank en lui faisant un signe de la main pour désigner la maison
Une fois à l'intérieur, et après avoir refusé la bière que lui proposait Hank, Jay se mit à parler. Dans un élan encouragé par l'angoisse, il déballa toute l'histoire. Sa visite à New York, les marques sur le visage d'Erin, son nouveau petit ami, son absence des bureaux du FBI, tout y passa sans qu'il n'oublie aucuns détails. Hank l'avait écouté sans l'interrompre, les yeux rivés sur lui, il acquiesçait de la tête à chaque phrase. Puis enfin, il ouvrit la bouche à son tour.
- Je vais aller la chercher, dit-il simplement, je vais y aller ne t'en fais pas, d'accord ?
- Pourquoi elle ne répond plus au téléphone selon toi ? C'est à cause de nous ? On lui a demandé de partir sans lui donner aucune raison ! C'est forcément ça qui la pousse à nous en vouloir et à nous ignorer non ? J'aurais dû être plus clair... je l'ai repoussé, j'aurais pas dû...
- Calme toi Jay ! Ça sert à rien de t'agiter dans tous les sens, et tu n'aurais pas pu lui donner plus d'explication... moi je peux, ajouta Hank
- Qu'est ce que tu veux dire ?
Hank s'installa face à Jay. Il devait lui donner les pièces manquantes, lui dire la vérité sur David Evans et sur son lien avec Erin. Et après ça, il irait la chercher. Il retournerait tout New York s'il le fallait mais il ramènerait celle qu'il considérait comme sa fille, auprès de sa famille.
NEW YORK
Owen avait tapé délicatement sur la porte de la chambre. Sans réponse, il s'était appuyé contre le mur et s'était laissé glisser jusqu'au sol. Erin, de l'autre coté de la porte, s'était approchée en l'entendant gémir. Elle approcha son oreille pour écouter, assise sur la moquette, elle attendit qu'il se calme. Il se passa quelques minutes pendant lesquelles aucun d'eux ne prit la parole, puis enfin, Owen articula une première phrase.
- Erin... je suis désolé, je voulais pas je te jure...
Il avait posé sa main contre la porte, comme si c'était elle qu'il touchait. Elle entendait au son de sa voix qu'il était en train de pleurer. Elle ne répondit pas tout de suite et il reprit.
- Je te demande pardon, j'ai tellement peur de te perdre... ça me rend fou et je fais n'importe quoi mais c'est pas moi ! Toi tu sais que je ne suis pas comme ça... Je t'aime tellement...
- Owen...
En entendant sa voix, il avait souri. Elle lui parlait, et elle lui parlait d'une voix douce et calme, alors, pour lui, tout était possible. Il s'approcha encore de la porte pour mieux l'entendre.
- Owen, reprit-elle, ouvre... ouvre la porte, s'il te plaît...
- Tu promets de rester avec moi ? Tu promets ? Demanda-t-il dans un sanglot
- Oui... c'est promis, ouvre moi maintenant, dit-elle calmement
Elle se releva en entendant le verrou claquer. La porte s'entrouvrit doucement, il se tenait là, les bras ballants et les yeux baissés. Il tendit la main vers elle et elle s'avança prudemment, jusqu'à se retrouver à quelques centimètres de lui. Il leva la main et frôla délicatement son visage tuméfié, un sanglot vint le secouer encore une fois et il la prit dans ses bras.
La tête posait sur sa poitrine, Erin sentait battre le cœur d'Owen. Il battait vite, trop vite, et elle pouvait sentir toute sa détresse et son angoisse. Il se détacha d'elle doucement et prit sa main pour l'emmener jusqu'au salon. Sur la table, un bouquet fleurs et une bouteille de champagne. Il installa Erin sur le canapé et alla chercher des coupes qu'il remplit en silence. Il lui tendit son verre et sans dire un mot, il s'assit à côté d'elle, timidement et dans un geste lent, il posa son bras sur son épaule et l'attira contre lui. Malgré une certaine réticence, elle se laissa glisser contre lui, tremblante, fatiguée et complètement perdue, elle posa la tête contre son torse et il posa un doux baiser sur le haut de son crâne.
CHICAGO
Au Molly's, Gabby et Hayley étaient restées assises l'une à côté de l'autre après le départ précipité de Jay. Hayley triturait nerveusement ses doigts, silencieuse et visiblement contrariée. Gabby l'avait observé un instant avant d'engager la conversation avec elle.
- Je devais lui dire... souffla Gabby,
- Je sais... tu as bien fait, Erin ne mérite pas d'être abandonné dans les griffes de ce malade ! Répondit Hayley
- Il se passe un truc entre vous deux ? Toi et Jay... y a quelque chose ? Demanda Gabby en connaissant déjà la réponse
Hayley releva la tête, les yeux brillants, elle répondit sincèrement.
- Il y avait quelque chose oui... mais je pense que ça va s'arrêter là... et c'est mieux comme ça, pour lui comme pour moi, dit-elle
- Tu sais... Jay et Erin, ça a toujours était compliqué... même plus que compliqué, mais ils ont un truc particulier
- Je le sais , t'en fais pas, je n'interférerai pas dans leur histoire, j'ai compris la leçon !
- Non... Hayley, je disais pas ça pour toi...
Hayley quitta la table en laissant quelques billets pour payer les consommations de la soirée. Sans que Gabby ne puisse la retenir, elle se dirigea vers la porte et disparue en quelques secondes. Ruzek, toujours au bar, continuait à regarder la scène de loin, sans comprendre.
Chez Hank, Jay était resté sans voix. Il découvrait les vraies raisons du comportement étrange de son Sergent depuis le début de cette histoire. Il découvrait le lien de parenté entre Hank et Erin, l'existence du père qu'Erin avait toujours cherché, la quantité d'informations lui semblait impossible à enregistrer. Il regardait Hank avec des yeux ronds, sans savoir quoi dire à cet homme qu'il redécouvrait.
- Ne me juge pas Jay... j'ai dû faire des choix, je les ai faits c'est tout, lança Hank
- Ah non mais moi je ne te juge pas ! Erin le fera ! Comment... enfin... garder le silence pendant si longtemps, c'est complètement..., répondit Jay
- C'est complètement fou ? Tu penses vraiment ? C'est complètement fou de vouloir protéger sa famille ? D'être prêt à tout pour qu'Erin ait une vie convenable ? J'ai fait ce que je devais faire Jay !
- J'en sais rien... je suis un peu... j'ai besoin de prendre l'air ! Dit-il en se levant
- Jay ! Interpella Hank avant de le laisser sortir
Jay s'arrêta sans se retourner, il tenait la poignée de la porte et tendit l'oreille.
- Je te demande de garder ça pour toi, je vais aller à New York pour récupérer Erin, je la ramènerais et seulement à ce moment là on pourra en parler, d'accord ?
Il acquiesça de la tête et sortit rapidement. Une fois dans sa voiture, il prit son téléphone et composa le numéro d'Erin. Il était trop inquiet, il devait essayer de lui parler, peut être que cette fois, elle répondrait. Il insista, plusieurs appels, plusieurs texto, mais toujours aucune réponse. Il repartit encore plus angoissé, la tête bourdonnant de ces trop nombreuses découvertes.
NEW YORK
Dans le salon, la télé passait un vieux film en noir et blanc, que ni Owen, ni Erin, ne semblait vraiment regarder. La dernière coupe de champagne était posé sur la table basse, Erin tendit la main pour l'attraper et Owen remarqua, quand elle porta le verre à sa bouche, que ses mains tremblaient.
- Erin ? Tes mains... souffla Owen en se redressant, tu trembles...
- Je sais... c'est rien, répondit-elle en vidant son verre
- C'est à cause de moi... je suis désolé...
- C'est pas toi Owen, c'est juste... c'est les médicaments... ça passera, ajouta-t-elle
- Les médicaments ?
Il ne semblait pas comprendre. Erin replia ses jambes contre son torse en les entourant de ses bras. La tête posée sur ses genoux, elle expliqua à Owen. Elle avoua avoir pris bien trop de comprimés, bien trop rapidement, la prescription qui devait durer un mois n'avait tenu qu'une semaine et personne ne lui prescrirait à nouveau ce genre d'anti-douleur. Son corps réagissait à l'absence de substance, elle devrait y faire face mais ne semblait pas inquiète. Elle enchaînait les verres, champagne, whisky, bière... elle compensait simplement pour calmer la douleur, pour calmer le manque et pour ne plus avoir peur.
Elle ne l'avouerait pas, mais elle était terrorisée par Owen, elle ressentait un mélange étrange de sentiments. Elle souffrait de le voir souffrir, elle lui en voulait, puis elle avait peur, et enfin, elle avait envie de le prendre dans ses bras, et tout se mélangeait, elle ne parvenait plus à réfléchir. Après de longues minutes, elle sentit enfin son corps s'alourdir et se relâcher, elle se laissa glisser sur le coussin près d'elle, y posa la tête et s'endormit en quelques minutes. Owen déposa délicatement une couverture sur elle, l'embrassa sur le front et quitta la maison sans bruit.
CHICAGO
Hayley était arrivée tôt ce matin là au district, espérant croiser Jay et avoir une conversation avec lui. Elle le trouva au sous-sol, les traits tirés et le visage pâle, il était concentré sur le nettoyage de son arme. Elle arriva doucement près de lui, et sans dire un mot, elle s'assit à la table qu'il occupait.
- On peut se parler ? Demanda-t-elle
- Je t'écoute... répondit-il sans lever les yeux
- Jay...
Elle posa sa main sur les siennes, l'obligeant à arrêter ses gestes et à relever la tête. Il la fixa un instant, il semblait perdu mais son regard ne dégageait aucune colère, il semblait juste préoccupé.
- Quoi Hayley ? Tu veux parler de quoi ? Dit-il sèchement
- Écoute... je suis désolé de ne rien t'avoir dit pour Erin... je me suis retrouvé dans la confidence sans le vouloir et...
- Et t'as pensé que c'était pas important ! Tu t'es dit, tiens autant essayer de consoler ce pauvre Jay !
- Arrête ! Tu sais bien que ça ne s'est pas passé comme ça ! Je t'ai rien promis Jay... et je ne t'ai rien demandé non plus !
- Très bien ! Alors tu sais quoi ? Continue comme ça ! Ne me demande rien ! Cria-t-il
Elle se leva en faisant basculer sa chaise qui s'écrasa au sol. Elle lui adressa un regard noir de colère et sans plus rien ajouter, elle remonta à l'étage pour retrouver le reste de l'équipe qui ne tarderait pas à arriver. Il monta à son tour, quelques minutes plus tard et salua les membres de l'unité sans adresser un seul regard à sa partenaire. Hank arriva dans une ambiance plus que tendue, il prit quelques minutes avant de s'adresser à son équipe.
- On a du nouveau, commença-t-il, et il semblerait que les nouvelles soient mauvaises, très mauvaises...
L'équipe sembla tout à coup très inquiète, que voulait-il dire. Al s'approcha de Hank, il était le seul à ne pas paraître inquiet, signe qu'il savait déjà ce qu'allait leur annoncer leur supérieur.
NEW YORK
Erin s'était réveillée sur le canapé du salon. Une odeur de bacon provenait de la cuisine et Owen, déjà debout, siffloter en préparant le petit déjeuner. Il lâcha sa préparation en la voyant se redresser et se dirigea vers elle.
- Salut toi, dit-il en l'embrassant sur le front
- Hey...
- Comment tu te sens ? Demanda-t-il
- J'ai un mal de tête...
- Ouai... t'as peut être un peu abusé hier soir, dit-il en désignant les bouteilles vides devant elle
Elle se releva en tenant sa tête d'une main. Owen retourna à la cuisine en annonçant que le repas serait bientôt prêt. Erin avait l'impression d'avoir rêvé, la maison était presque rangée, Owen semblait en pleine forme et à part cette horrible douleur à la tête, elle peinait à se remémorer la soirée de la veille. Elle se leva en titubant pour rejoindre la salle de bain.
Face au miroir, elle ne pouvait plus douter que ses souvenirs, mêmes vagues, étaient réels. Son visage portait encore les stigmates de la colère d'Owen . Une marque violacée sous son œil gauche, sa lèvre légèrement gonflée. Elle se passa de l'eau sur le visage et porta la main à son épaule. La douleur se réveillait encore une fois, moins forte que les jours précèdent mais suffisamment pour la faire grimacer. Elle entendit Owen l'appeler depuis l'autre pièce et le rejoignit à table.
- J'ai une surprise pour toi ! Annonça-t-il
- Ah oui ? dit-elle en commençant à manger
Il mit la main dans sa poche et en sortir un petit étui en plastique qui contenait une dizaine de pilules.
- C'est pour toi, dit-il avec un sourire
- C'est quoi ? interrogea-t-elle en fixant le petit paquet devant elle
- Je sais que tu ne pourras pas avoir d'autre prescription pour ton épaule, alors je me suis débrouillé, c'est pas exactement la même chose mais...
- Non... merci mais, non...
Elle avait repoussé l'étui contenant les comprimés jusqu'à Owen. Sans explication, elle préféra continuer son repas sans rien dire. Elle sentait son regard peser sur elle et elle ne relevait plus la tête. Elle avala d'un trait son verre de jus d'orange et attendit quelques minutes. Après un long moment pendant lequel un silence pesant s'était installé, elle prit sur elle de tenter une conversation.
- Owen... c'est très gentil de ta part de vouloir m'aider mais... je préfère pas prendre ce genre de truc, surtout sans savoir ce que c'est et...
- Tu viens de le faire..., coupa-t-il
- Quoi ?
- Dans ton jus de fruit... je suis désolé... je pensais bien faire..., dit-il en lui prenant la main
- Owen... mais...
Elle sentit sa tête tourner tout à coup, elle ferma les yeux. Son cœur battait vite, une chaleur vive se déplaçait de son torse à sa tête, agréable et rassurante. Elle sentit la main d'Owen sur son visage et elle rouvrit les yeux, il souriait et elle lui sourit à son tour.
CHICAGO
Au District, l'équipe attendait les explications de Voight. Contre toute attente, c'est Al qui prit la parole. Il expliqua à l'unité sa rencontre avec l'un de ses indics dont il garda le nom secret. Cet homme, membre depuis longtemps du clan Bellini, lui avait fait des révélations troublantes. La femme et le fils d'Emilio Bellini avaient, selon lui, été tués par un membre de leur propre gang. Pire encore que cette nouvelle que personne n'attendait, l'homme avait révélé que le tueur avait agi sur l'ordre de son boss, Bellini lui-même.
- Je comprends rien ! Lança Ruzek, Bellini aurait fait assassiner sa femme et son fils ? Mais pour quelle raison ?
- Bellini a appris que sa femme entretenait une liaison avec un homme depuis plusieurs mois, il a demandé à l'un de ses hommes de main de les éliminer, tous les deux, le jeune garçon était présent et il n'a eu d'autre choix que de le tuer pour qu'il ne parle pas... expliqua Al
- Mais alors... pourquoi a-t-il lancé cette vendetta, puisqu'il a lui même envoyé l'un de ses hommes ? Demanda Hayley
- Parce qu'il s'est servi de cette histoire pour provoquer une guerre des gangs, reprit Hank, en me mêlant à cette affaire, et en y ajoutant mon frère, il s'assurait de ma participation entière au démantèlement du gang rival...
- Et ça lui permet ainsi de mettre la main sur la totalité de la ville ! S'écria Antonio
- Exactement, il prend le contrôle de tous les points de deal, de toutes les plate-formes de ventes d'armes, il contrôle tout et tout seul, il devient le parrain de tout Chicago, confirma Al
L'équipe était sous le choc. Chacun se sentant manipulé, exploité et trompé. Dans tous les esprits, la mort de Kim Burgess revenait tout à coup. Elle était morte sans raison, donnant sa vie pour qu'un homme comme Bellini puisse régner, depuis sa cellule, sur leur ville. Ils ne savaient plus quoi penser, quoi faire pour contrer ce manipulateur qui les avait mener par le bout du nez pendant des semaines. Alors qu'Al allait reprendre la parole, le Sergent Platt arriva par l'escalier. Derrière elle, le Commandant la suivait, avec son air des mauvais jours.
- Sergent Voight, je viens vous notifier votre mise à pied à compter de cet instant, déclara-t-il solennellement
- Pardon ? Répondit Hank surprit
- Vous avez très bien entendu, je vous demande de bien vouloir remettre votre plaque et votre arme au Sergent Platt, vous êtes suspendu jusqu'à nouvel ordre et cela prend effet immédiatement
NEW YORK
Erin était sous l'effet d'une drogue administrée par Owen à son insu. Elle tentait de lutter mais la sensation était plus forte, elle se sentait apaisée, son esprit flottait dans une espèce de bien-être ambiant, les douleurs n'existaient plus, elle ne réfléchissait pas, elle vivait l'instant présent, ancrée dans une réalité faussée mais tellement confortable.
Owen, satisfait de son cadeau, l'avait entraîné à l'extérieur. Elle le suivait, à peine couverte par un blouson mal fermé, elle ne semblait pas avoir froid. Elle souriait, calme et détendu, au bras d'Owen qui la regardait en souriant. Ils descendirent la rue, il lui parlait de son enfance dans ses ruelles, il lui dévoila enfin la vérité. Cette maison n'appartenait pas à l'un de ses amis parti à l'étranger, cette maison, c'était celle de son père, la maison où il avait passait des vacances inoubliables pendant son enfance, avant que le quartier ne soit dévasté par la violence et le trafic de drogue, et que les habitants ne fuient cet endroit autrefois idyllique pour les familles.
Erin écoutait sans vraiment prêter attention. Elle était émerveillée par les couleurs, les bruits et les odeurs. Les rayons du soleil donnaient des reflets roses orangés à la neige encore présente en bandes fines sur les trottoirs. L'odeur du béton mouillé lui rappela les hivers de Chicago, quand avec Jay elle se rendait à la patinoire du parc. Son esprit s'embrouilla légèrement, elle regardait Owen mais voyait le visage de Jay. Elle le prit dans ses bras et l'embrassa fougueusement au milieu de la rue.
- T'as l'air de se sentir mieux, je suis content de te voir comme ça, dit-il en la serrant contre lui
- Je t'aime tellement... ramène moi à la maison maintenant, répondit elle
- Tout ce que tu veux ma belle, viens !
Ils firent le chemin du retour serrés l'un contre l'autre. Erin enleva son blouson en entrant dans la maison et se précipita près de la cheminée pour se réchauffer. Il la rejoignit quelques minutes après et la prit dans ses bras. Ils s'embrassèrent longuement avant de se laisser glisser sur le tapis du salon pour une étreinte plus intime. Comme si plus rien n'existait autour d'elle, Erin profita encore de cet instant précieux où son esprit ne lui appartenait plus. Les effets de la drogue s'estomperaient dans quelques heures et elle reprendrait conscience du piège dans lequel elle s'enfermait un peu plus.