Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Chicago P.D.
Création : 20.07.2018 à 10h00
Auteur : serieserie
Statut : Terminée
« Retrouvez ici tous les OS réalisés pour le concours » serieserie
Cette fanfic compte déjà 6 paragraphes
Pour ses 3 ans d'ouverture, le district 21 d'Hypno vous présente son second concours d'écriture!
Voici les thèmes proposés pour le concours :
Bonne lecture!
Note de service à l’intention de tous les officiers et agents du district 21.
Bonjour à tous,
Comme vous le savez, ou non, le district 21 fête cette année ses 50 ans de services en tant que poste de la police de Chicago. Plus précisément, c’est ce vendredi qui marquera les cinquante ans de l’inauguration du poste.
Pour cela, plusieurs animations seront mises en place toutes la semaine.
Tous d’abord lundi et mardi, des enfants viendront visiter et passer une journée au poste. Prévoyez des feutres et des feuilles pour les occuper si vous enquêter.
Mercredi, c’est un hommage qui sera rendu à tous les policiers dont le décès est survenu dans l’exercice de leur fonction.
Jeudi, j’en appelle à votre esprit de coalition pour parvenir à bout des épreuves que nous vous avons réserver ! Un prix est a gagner pour la meilleure équipe !
Et pour finir, afin de fêter l’événement comme il se doit, tous les agents sont attendus au bar « L’Entité » à vingt heures ce vendredi.
Cacahuètres, olives, petits fours et amuses bouche seront offerts ainsi que divers boisson servis dans des gobelets estampiller à l’effigie du district 21.
Il est également demander de laisser sa chorophobie à la maison afin de profiter au maximum de la fête !
On fait passer le mot sur le réseau du district et sur tous les câbles !
On compte sur votre participation !
L’organisatrice de cet événement si spécial,
Opale Rodin
Depuis plusieurs jours, le district 21 était en effervescence. Habituellement agité par des affaires peu réjouissantes, il régnait ces temps-ci une ambiance plutôt agréable et joyeuse. Dans le plus grand secret, une fête s'organisait pour l'un des membres de l'unité des renseignements. Un secret difficile à garder quand on connaît celui à qui on doit le cacher. Cette année, Hank Voight fêtait son 55ème anniversaire et toute son équipe lui préparait une fête surprise pour le soir même. Les chuchotements dans son dos s'étaient multipliés, les cachotteries étaient de plus en plus nombreuses et le Sergent commençait à soupçonner quelque chose.
- Trudy ? Lança-t-il ce jour là en arrivant au District
- Hank ! Bonjour ! Répondit-elle en cachant derrière elle une feuille de papier
- Je peux savoir ce qu'il se trame ici depuis plusieurs jours ? Demanda-t-il
- Mais... rien voyons ! Répondit-elle mal à l'aise
- Trudy... mon équipe n'a jamais était aussi dissipée, je surprends sans cesse des regards entre vous et les conversations s'arrêtent dès que je passe une porte ! Je suis parano c'est ça ?
Elle se contenta de hausser les épaules et profita de l'arrivée de Kim pour tenter de changer de sujet.
- Ah Burgess ! J'ai eu un appel pour toi un certain.... Mark Grafitz, lança-t-elle
- Mark ? Enchaîna la jeune femme, je vais le rappeler, merci Sergent Platt, dit-elle en attrapant le papier qu'on lui tendait
Hank s'était tourné vers elle et, quand il fit de nouveau face au comptoir de l'accueil, Trudy en avait profité pour disparaître. Il souffla bruyamment et se dirigea vers la grille pour monter à l'étage des renseignements. Son unité était déjà réunie, chacun à son bureau, ils accueillirent Hank avec un sourire alors que lui, les observait d'un air suspicieux. Antonio se leva en raccrochant son téléphone.
- On a une affaire qui risque de pas te plaire... lança-t-il à son Sergent
- C'est à dire ? Questionna Voight
- Une bande de pickpockets qui s'en prend aux touristes, un vol a mal tourné et on a une jeune française à l'hôpital,
- Je déteste les pickpockets.... grogna Hank
Il fit un signe à l'équipe et tous se mirent en route. Hank et Antonio iraient sur le lieu de l'agression avec Kim. Ruzek et Al iraient interroger la victime pendant que Atwater, Jay et Hailey commenceraient les recherches sur les vidéos surveillance de la ville.
Dans l'un des parcs les plus fréquentés de la ville, les touristes s'amassaient autour d'une statue à l'ombre des arbres. Assis sur des bancs, ils profitaient du calme et de la fraîcheur de l'endroit sans se méfier des inconnus qui tournaient autour d'eux cherchant à voler n'importe quel objet qui pourrait avoir un peu de valeur. Kim était affligée par si peu de prudence.
- Je comprendrais jamais qu'on puisse être aussi peu méfiant... lança-t-elle en suivant son équipe
- Ils sont en vacances, ils profitent et oublient d'être prudent, répondit Antonio
- D'accord mais, regarde les tous autour de cette statue ! C'est pas un Rodin non plus !
Sans plus attendre, elle s'avança vers les touristes face à elle et les alerta sur les différents dangers, les incitant à garder leurs téléphones dans leurs poches et leurs sacs bien fermés. Pendant qu'elle discutait calmement avec deux jeunes australiens, il y eut tout à coup des cris et un mouvement de foule qui arriva droit sur Hank et Antonio qui étaient restés à l'écart. Des dizaines de personnes couraient vers eux sans savoir réellement ce qu'ils fuyaient. Puis on entendit distinctement des coups de feu et la foule se fit plus dense et plus rapide, Hank et Antonio remontaient difficilement, et à contre sens, jusqu'à retrouver Kim qui cherchait du regard autour d'elle, l'arme à la main.
Ils ne trouvèrent rien, aucun signe d'un éventuel tireur. Le calme revint autour d'eux et Hank rangea son arme, il tâtonna ses poches, puis sa ceinture avant de chercher autour de lui.
- Un problème Sergent ? Lança Antonio
- Mon insigne ! J'ai plus mon insigne ! Cria-t-il
Ils se mirent à chercher autour d'eux, sur le sol, il restait quelques objets abandonnés par les touristes lors de leur course folle. Des gobelets par dizaine, des restes de sandwiches et quelques sacs à dos encore posés sur les bancs, mais aucune trace du précieux badge. Hank en conclut que dans la bousculade, on lui avait subtilement dérobé l'insigne fixé habituellement à sa ceinture et c'est dans une colère noire qu'il regagna le district avec son équipe.
La journée fut consacrée à cette affaire sans qu'il n'y eût de nouveaux éléments permettant d'avancer clairement dans l'enquête. Hank avait signalé la disparition de son badge et avait été surpris du petit sourire arboré par le Sergent Platt. Elle s'était montrée compatissante mais, son regard était presque moqueur. Il allait remonter à l'étage quand un homme d'une trentaine d'années entra par la grande porte et se dirigea vers l'accueil. Il bouscula Hank au passage qui se tourna vers lui avec un regard noir.
- Oh désolé... vous êtes Hank Voight n'est ce pas ? Lança-t-il sans attendre
- Oui, et vous êtes ? Répondit Hank sèchement
- Mark Grafitz, enchanté ! Dit-il en lui tendant la main
Le sourire du jeune homme était franc et sincère, son regard pétillant avait capté l'attention de Hank et il ne parvenait pas à le quitter des yeux, tenant toujours fermement sa main.
- Votre visage ne m'est pas inconnu... souffla Hank, et votre nom...
- Désolé, je n'ai pas beaucoup de temps, mais nous nous reverrons sûrement ! Annonça-t-il en tournant le dos
Dès qu'il eut fini sa phrase Hank lâcha sa main et ne prêtant plus attention à cet étrange personnage il reprit son chemin et monta les quelques marches jusqu'à la grille. En approchant sa main du système de contrôle d'empreintes, il remarqua que la montre à son poignet avait disparu. Cette même main qu'il venait de garder longuement dans celle de ce Mark Grafitz, il redescendit aussi vite et chercha du regard autour de lui. Ne voyant aucune trace de cet homme il se dirigea vers Platt, occupée à dessiner au feutre d'étranges lignes noires sur une grande feuille de papier.
- Trudy ! Où est-il ? Hurla-t-il
- Qui ça ? Demanda-t-elle
- Le type qui vient d'entrer ! Mark... je sais plus quoi !
- Je n'ai vu personne... tu es sûr que tu vas bien ? Souffla-t-elle avec un regard inquiet
Hank frappa du poing sur le comptoir devant lui et quitta le district sans dire un mot. A l'extérieur il croisa Al qui s'apprêtait à partir. Voyant le regard colérique de son Sergent, il se dirigea vers lui.
- Tout va bien ? Demanda-t-il
- Pas vraiment non ! D'abord mon insigne, maintenant ma montre...
- De quoi tu parles ? S'étonna Al, bon... viens avec moi on va aller boire un verre et tu me raconteras tout ça !
Sans avoir à insister, Hank suivit Al dans un petit bar près du Molly's. Installés au comptoir, ils commandèrent deux bières et Hank se mit à raconter les étranges événements de sa journée. Al l'écoutait sans l'interrompre, se montrant, tant qu'il le put, à l'écoute de son ami. Ne trouvant aucune explication à tout ça, il proposa à Hank de décompresser en commandant une seconde tournée. Il leva la main vers le barman et se leva dans le même temps pour récupérer un petit pot d'olives à l'autre bout du comptoir.
Alors que Hank était seul, le son de la télé se fit plus fort, attirant l'attention du Sergent. Un journaliste évoqué les divers faits politiques qui agitaient Chicago. Une coalition entre les deux parties les plus importants semblaient inquiéter les dirigeants du Pays, Hank fixait l'écran, écoutant sans vraiment y prêter attention. Puis, l'image s'interrompit pendant quelques secondes, laissant place à un visage qui lui était familier. L'homme à l'écran n'était autre que Marc Grafitz et il semblait s'adressait directement à Hank par le biais de la télévision.
- L'heure est bientôt venue de trouver ce que tu cherches, mais si tu ne peux regarder ta montre alors, tu devras suivre le câble qui te mènera au lieu où se trouvent les réponses à tes questions ! Suis le maintenant Hank ! Dit-il avec un clin d'oeil
L'image s'interrompit à nouveau et le journaliste réapparut, laissant Hank sans voix. Il se tourna vers Al qui se réinstallait calmement près de lui.
- T'as vu ça ? Dis moi que tu l'as vu toi aussi ! Cria-t-il
- Vu quoi ? S'étonna Al
Hank se tenait la tête à deux mains, agité et au bord de la crise de nerfs, il ne tenait plus en place. Al lui proposa alors de sortir pour prendre l'air. A l'extérieur, Hank semblait de plus en plus nerveux, il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. Al posa une main rassurante sur son épaule et tenta de l'aider à retrouver son calme.
- Tout va bien, on va marcher un peu ça te fera du bien d'accord ? Souffla-t-il en l'entraînant avec lui
- Al... c'est quoi ça encore ?
- Ça quoi ? Demanda-t-il
- Là ! Ce câble sur le trottoir ! Regarde !
- C'est juste un câble électrique... répondit Al sans comprendre
- Il a dit que je devais suivre le câble ! Viens ! Lança Hank en avançant sans quitter des yeux le précieux morceaux de plastique qui s'étirait sur plusieurs mètres
Ne voulant le contrarier, Al se mit à suivre le Sergent qui marchait d'un pas rapide en suivant la direction du câble posé au sol. Même s'il ne trouvait aucune logique dans ce qu'il se passait, Hank décida de se laisser guider par son intuition et après quelques mètres il fut surpris de découvrir que le long fil électrique finissait sa course à la porte du Molly's. Il jeta un regard interrogateur à Al qui se contenta de hausser les épaules et, bien décidé à avoir le fin mot de l'histoire, il entra précipitamment dans le bar.
A peine avait-il franchit la porte que des cris de joie le firent sursauter. Toute l'équipe du district était réunie, les pompiers de la caserne 51 étaient là eux aussi et de grandes banderoles l’accueillaient. Il reconnut les feuilles blanches sur lesquelles le Sergent Platt dessinait le matin même. Il savait maintenant qu'elle ne se contentait pas de tracer de longues lignes au feutre noir, les lignes formaient des lettres et ces lettres réunies formaient un message qui lui était adressé.
- HAPPY BIRTHDAY HANK -
Il serrait des mains et encaissait les tapes amicales en souriant, soulagé de découvrir un début de réponse. Le calme se fit soudainement, comme si tout avait été répété, la foule s'écarta pour laisser place à un jeune homme que Hank reconnut immédiatement. Mark Grafitz se tenait au milieu de la salle, le fixant de son regard envoûtant. Comme happé, par une attraction qu'il ne contrôlait pas, Hank s'approcha de lui en souriant.
- Je vous avez dit qu'on se reverrait ! Lança le jeune homme en tendant sa main
Hank lui serra la main une nouvelle fois, incapable de parler, il se contenta de l'observer. Il plongea une nouvelle fois ses yeux dans les siens et, sans lâcher sa main, Mark commença un étrange discours.
- Vous avez mille questions, je le sais, et les réponses viendront... souffla-t-il, maintenant, pouvez vous me dire l'heure qu'il est ?
Hank fronça les sourcils, il pencha la tête sur le côté et sentit sa main se relâchait. Quand enfin il baissa les yeux vers son poignet, sa montre était là, comme si elle ne l'avait jamais quitté. Il eut un petit sourire et regarda les aiguilles avant de répondre sans se poser de questions.
- Il est minuit... dit-il, minuit pile
- Alors c'est l'heure des retrouvailles, souffla Mark en faisant un pas sur le côté
Derrière lui et, comme si elle était apparue comme par magie, Erin se tenait debout face à Hank. Elle souriait et ses yeux brillaient d'émotion. Ils ne s'étaient pas revu de plusieurs mois et il ne tarda pas à ouvrir ses bras pour qu'elle vienne s'y réfugier. Sous les applaudissements de toute la salle, ils restèrent ainsi de longues minutes avant qu'elle ne se sépare de lui pour lui tendre une petite boîte qu'elle avait gardé dans sa main.
- Joyeux anniversaire Hank... souffla-t-elle
Il se saisit de l'objet et ouvrit calmement l'emballage sous le regard de toute son équipe. A l'intérieur, emballé sous un film de papier fin, il trouva son badge de Sergent. Pas un nouveau, mais le sien qui comportait une petite modification. Sous l'étoile de la plaque, une petite pierre avait été ajoutée. Elle brillait de mille éclats, reflétant les lumières du bar. Devant l'incompréhension de Hank, Erin s'expliqua.
- Après le décès de Camille... tu m'as offert une bague, la sienne... un petit anneau surmonté d'une opale... je sais que ça signifiait beaucoup pour toi et après toutes ces années je me suis dit qu'elle te revenait, alors je l'ai fait posé sur ton badge pour qu'elle t'accompagne tous les jours et qu'elle veille sur toi comme elle le faisait quand elle était avec nous...
Une petite larme vint s'écraser sur le coin de ses lèvres pendant qu'elle finissait sa phrase et la même larme roula sur la joue de Hank. Les explications arrivèrent rapidement. On lui présenta Mark Grafitz, le nouveau compagnon d'Erin qui était consultant pour le FBI et aussi un mentaliste adepte de l'hypnose reconnu pour ses talents. Tout avait été préparé, la fausse affaire de pickpockets, le vol du badge et de la montre, sans le savoir Hank avait été préparé mentalement depuis plusieurs jours.
- Tu te souviens d'avoir entendu son nom au District ? Puis de l'avoir rencontré un peu plus tard dans la journée ? Demanda Trudy
- Oui... maintenant que tu le dis... je me souviens, répondit Hank
- Et tu l'as aussi croisé près du stand de hot-dog dans le parc ce matin, depuis plusieurs jours tu as été soumis à ce qu'on appelle des suggestions, pour que tu finisses par t'habituer à son regard et qu'il puisse agir pour te contrôler sous hypnose,
- Moi ? Sous hypnose ? S'étonna Hank
- Et oui ! Toi ! Le grand Hank Voight sous hypnose ! Lança Erin en riant
- Et les coups de feu dans le parc ? Demanda-t-il
- De simples pétards....
La salle s'emplit d'un rire général et on leva les verres en l'honneur du Sergent. Il profita de la soirée pour passer du temps avec Erin et pour questionner Mark sur cet incroyable don. Le jeune homme expliqua que chez chacun, il existe deux entités bien distinctes, une qui se charge de vivre le quotidien et une inconsciente qui se laisse mener par les directives que lui donne la première. Il suffit alors de prendre le contrôle de l'inconscient pour diriger des actes dans le quotidien.
Hank semblait épaté par ce garçon qu'Erin regardait avec des yeux remplit d'amour. Près d'eux Jay n'avait pas le même regard, un peu méfiant depuis le début de cette mise en scène, il avait préféré garder ses distances. Assise à ses côtés, Hailey observait la salle entière qui s'était mise à danser au son d'une musique électrisante. Mark s'approcha d'eux et s'adressa à Hailey.
- Tu ne danses pas ? Interrogea-t-il
- Non... je souffre de chorophobie, répondit Hailey
- De quoi ? S'exclama Jay en riant
- C'est la peur de danser, intervint Mark en prenant la main de la jeune femme
Il lui chuchota quelques mots à l'oreille et, à la grande surprise de Jay, elle se leva pour rejoindre le reste du groupe. Toujours en tenant la main de Mark, elle se mit à danser et à tourner sur elle même en riant. Jay les observait en serrant les dents quand Adam s'approcha de lui.
- T'en fais une tête, ça va pas ? Demanda-t-il
- Ce Mark machin... magicien à deux balles, je le sens pas... lança Jay sèchement
- Oh ça mon pote, c'est de la jalousie non ?!
- Pourquoi je serais jaloux ? Reprit Jay avec un air détaché
- Parce qu'il est avec Erin tiens !
- Justement ! Avec ses tours de passe-passe... je me demande comment il a réussi à l'avoir !
- C'est ce que je dis ! T'es jaloux, et c'est tout !
Jay lança un regard noir à son partenaire avant de se radoucir en voyant Erin venir vers lui. Elle semblait parfaitement heureuse et, même si elle n'avait donné aucune nouvelle depuis plusieurs mois, elle avait réintégré le groupe facilement et elle semblait avoir réellement changée. Elle passa quelques minutes à discuter avec ses anciens partenaires avant de retourner près de Mark. Elle quittait la table et se tourna une dernière fois vers Jay.
- Il m'avait prévenu que tu serais méfiant... mais t'as pas de souci à te faire, on va bien, tous les deux, et on s'en sort sans toi, souffla-t-elle
- Tous les deux ? Qui ça tous les deux ? Demanda Jay
- Ton fils et moi, on s'en sort très bien alors arrête de faire cette tête ! Lança-t-elle
Jay était sous le choc, il ne comprenait rien à ce qu'il venait de se passer. Il la laissa partir sans réussir à lui dire un mot, était-il lui aussi sous l'effet de l'hypnose ou avait-il mal compris ? Et si elle disait la vérité...
Des uniformes, des têtes hautes, des regards fiers, des sourires, des poignées de mains et des accolades. Devant le District 21, tous les policiers, les inspecteurs, les détectives formaient une seule entité en ce jour si particulier. Les anniversaires étaient toujours des spectacles particuliers que les habitants adoraient aller observer, de plus ou moins loin. On pouvait voir des personnes écrivant des petits mots au feutre sur une belle carte. Ils le faisaient dans le but de leur montrer à tel points ils étaient reconnaissants de les voir veiller sur tout Chicago comme les agents le faisaient. D’autres serraient des représentants de l’ordre dans leur bras.
Dans cette foule de costumes, l’équipe des Renseignements parlait tranquillement.
- Je n’en reviens pas que le district a déjà 50 ans ! Fit Adam.
- Et oui tu n’étais pas né à cette époque, se moqua Jay.
- En même temps qui était ….
Adam se coupa immédiatement en se rendant compte de ce qu’il était en train de dire.
- Sergent ! Se rattrapa-t-il. Vous qui êtes un des doyens de ce district…
- C’est ça essaie de te rattraper Ruzek !
Antonio qui était derrière Voight faisait silencieusement des gestes montrant que le jeune détective s’enfonçait.
- En même temps vu ta grosse chorophobie c’est pas étonnant que tu aies peur du chef, se moqua ouvertement Burgess.
Adam lança un regard noir à sa compagne.
- Attend ! Quoi ?! Comment on pouvait ignorer une chose pareil ! Ruzek, parle !
- Je ne suis plus là, fit le concerné en essayant de s’éloigner discrètement du petit groupe.
- Tu veux qu’on parle de ton admiration devant ces pierres dont tu parles tout le temps pendant qu’on y est ? continua Burgess en réfléchissant. Ah oui ! Les opales ! Ou alors de ton amour… indescriptible pour les olives aussi !
- Stop ! Arrête ça Kim par pitié ! Tu vas finir par dormir sur le canapé toi !
Toute l’équipe rigola de bon cœur face à la situation. Cela représentait très bien l’état d’esprit de ce District : l’amitié, la bonne humeur, la dérision, la coalition et avant tout le devoir de servir.
Alors que plusieurs petits groupes parlaient entre eux et rigolaient, le commandant Rodin monta sur l’estrade pour prendre la parole. Tout le monde se tut pour écouter ce qu’il avait à dire.
- Je voudrais juste vous adresser quelques mots à l’occasion de l’anniversaire de ce magnifique district. J’essaierai de ne pas être long, des verres vous attendent à l’intérieur. Ou plutôt des gobelets on n’avait pas le courage de tout nettoyer mais peu importe !
On pouvait entendre quelques rires dans l’assemblée.
- Le District 21 a été créé il y a 50 ans. Durant ces quelques années on compte beaucoup d’arrestations évidemment, des crimes résolus, des patrouilles encore plus présentes dans nos rues qu’auparavant. Cependant, comme vous le savez on compte beaucoup trop de décès. Nous avons perdu des hommes, des femmes, des enfants pour certains et aujourd’hui je voudrais leur rendre encore une fois hommage.
Le commandent continua son discours alors qu’à l’écart de la foule, deux hommes s’impatientaient.
- Bon il a bientôt fini le vieux, je vais finir péter un câble moi !
- Calme toi Hugo. Il faut patienter encore un peu et on pourra savourer le spectacle.
- Je croyais qu’on devait tout faire sauter pendant la cérémonie, c’était pas le plan de les laisser faire la fête sans rien faire. Ces connards l’ont buté Pierre ils l’ont buté ! Ils avaient pas le droit !
- Je sais mais on ne peut pas faire notre loi comme ça. Des règles sont à respecter, si ça ne te convient pas, va voir ailleurs.
- Que j’aille voir ailleurs ? Je vais surtout faire à ma manière et toi et tes potes auront rien à dire.
Le dénommé Hugo sorti une arme qu’il avait caché à proximité du District.
- Non non non fais pas le con je déconne pas ! On doit attendre !
- Attendre, il faut toujours attendre ! J’en ai marre moi d’attendre ! Fit Hugo en élevant la voix.
Les deux hommes commençaient à attirer les regards des agents sur eux.
- C’est quoi leur soucis aux deux types là-bas ? Fit Jay à ses coéquipiers.
- Ils paraissent louches, accorda Voight.
- Approche habituelle ?
- Allez y mais faites attention, il y a beaucoup de monde et je ne veux pas de débordement.
- Entendu chef.
Les membres des Renseignements se firent signe discrètement et chacun s’approcha des deux hommes doucement et depuis une direction différente. Tandis qu’Hugo s’apprêtait à tirer sur la foule, il se fit plaquer au sol devant le regard surpris de Pierre. Les deux hommes se firent embarquer rapidement et mis dans une cellule. Ils ne seront interrogés que le lendemain, quand le District aura terminé les festivités.
- Bon qu’est ce que vous dites de passer directement à la boisson ? Reprit le commandant après quelques minutes de flottement.
Les convives acquiescèrent avant d’applaudir les agents qui avaient encore une fois assuré leur sécurité. La fête continua plus tranquillement toute la soirée avant de se terminer dans leur bar préféré : le Molly’s.
C’était une journée calme pour l’unité des Renseignements du District 21 de la Police de Chicago. Leur enquête étant terminée, tous les membres de l’équipe étaient dans l’obligation de rédiger des rapports sur tout ce qui c’était passé durant leurs investigations. Personne n’avait réellement envie de terminer sa tâche : la paperasse, c’était vraiment le mauvais côté du métier d’Inspecteur. C’était pourtant nécessaire : toutes les indications données dans leurs rapports auraient de l’importance le jour du procès.
Hailey avait presque terminé : juste une relecture devrait suffire. Il y a quelques mois, elle avait accepté le poste que lui avait proposé son nouveau patron, le Sergent Hank Voight. Avant, elle travaillait aux Vols et Homicides, son travail était très intéressant, et très important pour elle. Mais surtout, à cette époque, elle travaillait en solo. Si on lui avait dit qu’elle se retrouverait au sein d’une équipe de plusieurs personnes, elle ne l’aurait pas cru ! La dernière fois qu’elle avait travaillé en équipe, c’était à ses débuts, en tant qu’officier de patrouille. Et ce n’était pas forcément une bonne expérience… Tous les policiers démarrent de la même façon, directement sur le terrain. Ce n’était pas chose facile, surtout si vous vous retrouviez à gérer la circulation. Pour Hailey, tout ceci était juste un lointain souvenir.
Au cours d’une enquête, elle avait dû travailler en coalition avec l’équipe des Renseignements. Autant dire que cela l’avait beaucoup contrariée. Et pourtant, quelques jours seulement ont suffi pour qu’Hailey prenne un grand tournant dans sa carrière. Car désormais, elle travaillait dans une unité d’élite, avec des policiers de divers horizons, de différents âges, mais surtout des personnes à qui on pouvait faire confiance pour surveiller ses arrières. Le métier de policier est vraiment très dangereux, et en particulier à Chicago ! Elle était tellement heureuse de pouvoir travailler au côté de personnes si compétentes et si loyales.
En levant la tête de son écran d’ordinateur, Hailey se dit qu’il était temps pour certains de ses collègues de partir et de décompresser. Depuis une bonne vingtaine de minutes, Kevin et Adam étaient en pleine confrontation. Tout avait commencé le matin même, avec du jargon informatique, Hailey n’ayant même pas pris la peine de comprendre. Ils n’étaient pas d’accord et s’étaient chamaillés gentiment à propos de «dump », de « firmware », d’«entité », autant de mots totalement incompréhensible pour Hailey ! N’ayant pas réussi à trouver un terrain d’entente, ses deux collègues ont donc tout simplement décidé de faire des jeux pour savoir lequel avait raison… Kevin ayant perdu ce matin à « celui qui ferait tourner le plus de fois son feutre sur ses doigts sans le faire tomber », il avait l’air bien décidé à prendre sa revanche dès maintenant ! Le nouveau défi, pas très original, était de mettre une petite boulette de papier dans un gobelet placé sur un bureau un peu plus loin. Le suspens était à son comble, ils étaient tous les deux ex-æquo dans cette partie endiablée… Hailey fit une petite boulette, sans se faire remarquer, et d’un coup la lança vers le gobelet. Ses deux collègues, surpris, la regardèrent en ricanant.
« Manqué ! » s’écria Adam.
Il avait parlé tellement fort que tous se retournèrent. Elle était surprise de voir que Hank Voight, contemplait la scène tout sourire depuis son bureau. Quelques fois elle avait un peu de mal à le cerner. Il pouvait se montrer tantôt rigide et intraitable, tantôt doux et chaleureux. Il avait perdu son fils il y a quelque temps. Un décès dans une famille, c’est toujours compliqué, mais son propre enfant… Tout ce qu’elle savait, c’est que, malgré tout ce qu’elle avait pu découvrir sur lui, Hailey était sûre qu’elle pouvait lui faire confiance, et que jamais il ne la trahirait. Ce genre d’Hommes était devenu rare au sein de la Police, les chefs ne faisant plus que de la politique.
Elle vit Kim se lever et prendre sa veste. Elle s’approcha du bureau d’Hailey.
« Tu as bientôt fini ? dit Kim. Je meurs de faim, tu viens manger avec moi ? Il y a un petit restaurant qui fait des brunchs à tomber… »
Cela faisait un moment que le ventre d’Hailey criait famine.
« Je n’en ai plus pour longtemps, tu m’attends aux vestiaires ? » demanda Hailey.
« Ça marche ! » répondit Kim en dévalant les escaliers.
« Ben… Et moi alors ? J’ai super faim ! » C’était Jay, le binôme d’Hailey. Il la regardait avec un petit air, moitié désespéré, moitié moqueur.
« C’est un rendez-vous strictement privé, entre filles ! En plus, je suis certaine que tu n’as pas fini ton boulot ! Et puis d’abord, tu es plutôt steak que brunch, je me trompe ? » fit Hailey.
Jay leva les yeux au ciel et la montra du doigt. « Mais comment tu sais ça ? »
« Je suis flic, tu te souviens ? » pouffa Hailey.
« Ah ah, très drôle… » dit Jay tout sourire. « On se voit ce soir au Molly’s, ou ça aussi c’est strictement entre filles ? »
« Mais non, vous pouvez tous venir ce soir, je crois que ça fera du bien à certains de se détendre ! » dit-elle en appuyant son regard vers Adam et Kevin.
Elle prit ses affaires, joviale. Tout le monde riait de bon cœur, et ça faisait du bien !
Elle passa un bon moment avec Kim. Elles avaient parlé, de tout et de rien, des banalités surtout, mais aussi des choses un peu plus intime, Kim étant revenu sur sa relation passée avec Adam. Hailey se dit que leur histoire n’était pas tout à fait finie. Elle n’aurait pas voulu être à sa place en tout cas ! Une histoire avec un coéquipier, Hailey avait déjà donné, et ça ne s’était pas bien fini du tout. Beaucoup de souffrance et de peine. Elle se fit violence pour se sortir cette histoire de la tête et penser à du positif. C’était son anniversaire aujourd’hui. Personne ne lui avait souhaité, mais elle s’en moquait. Cela ne faisait pas longtemps qu’elle faisait partie de l’équipe ; de plus, elle ne connaissait pas non plus la date d’anniversaire de ses coéquipiers ! Imaginez sa surprise quand Kim, au moment de l’addition, insista pour payer, que ce serait son cadeau d’anniversaire ! Hailey était vraiment étonnée qu’elle connaisse sa date de naissance. C’était tellement plaisant de voir qu’une collègue avait fait en sorte de manigancer une petite sortie. Du coup, elle se demanda si d’autres collègues étaient au courant.
Après avoir passé du temps chez elle, Hailey arriva au Molly’s. C’était un bar géré par des pompiers que ses collègues connaissaient. Tout le monde avait l’habitude de s’y retrouver pour boire un verre et faire la fête.
Hailey entra et vit un des gérants du bar, Christopher Hermann. Au comptoir, tout en essuyant un verre, il regardait quelque chose qui avait l’air de ne pas lui plaire du tout. En effet, Otis, accroupit tout près de la télévision, avait l’air de ne pas s’avoir quoi faire de tous ces câbles… Il finit par se relever, et mit un petit coup sur la fameuse télé.
« Hey !!! s’écria Christopher. Ce n’est pas en tapant dessus que l’on va pouvoir voir le match ! »
Otis haussa les épaules, et se remit derrière le comptoir. Apparemment il venait d’abandonner sa mission qui consistait à remettre la télévision en marche. Gaby mit une olive dans un verre à cocktail et s’écria « Je m’en occupe ! ».
« S’il n’y a pas de télévision, c’est pas super grave quand même… On pourrait faire du Molly’s un bar dansant ?! Ça serait génial comme idée, non ? » s’écria Sylvie.
Les autres personnes présentes la regardèrent, bouche bée. « Seraient-ils tous atteints de chorophobie ? » pensa Hailey, hilare. Elle avait envie de donner son avis sur le sujet, mais elle n’osa pas.
Alors que Hank et Al étaient au bar, en pleine discussion, elle s’avança vers la table où se trouvait déjà tout le reste de ses collègues. Quand elle vit Kevin donner un petit coup de coude à Antonio, tout en la regardant, elle se dit que quelque chose se tramait. Auraient-ils pensé à son anniversaire, tout comme Kim ? Ou alors c’est cette dernière qui aurait vendu la mèche ?
« Hey ! Ça va ? Je vois que vous êtes déjà tous là ! » dit Hailey.
« Ben ouais, on n'allait pas rater un événement exceptionnel aujourd’hui… » fit remarquer Kevin, un petit sourire au coin des lèvres. Il lui tendit un verre, Hailey le saisit.
« C’est-à-dire ? » dit Hailey.
Al et Hank s’approchèrent, leur verre à la main. Hailey espérait fortement qu’elle ne rougissait pas. Elle tenta la respiration ventrale, mais bizarrement ça ne fonctionnait pas très bien. Et, comme elle s’y attendait, tout le monde cria « Bon anniversaire !!! », tellement fort que tout le quartier devait avoir entendu.
Elle jeta un œil vers Kim, qui leva les mains en signe de rédemption. « Tout le monde est déjà au courant depuis longtemps, je n’ai rien fait du tout ! »
« On fête toujours les anniversaires dans cette équipe, c’est purement et simplement obligatoire ! » lança Hank. Les autres pouffèrent, ne sachant pas vraiment si cette réflexion était sur le ton de la plaisanterie ou si c’était un ordre.
« Merci, c’est gentil ! » dit Hailey.
« Attends, on ne t’a même pas donné ton cadeau ! » remarqua Jay.
« Un cadeau ? » Alors là, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder de la vase. D’un point de vue émotionnel, Hailey n’était pas du genre à se laisser aller ou à pleurer facilement. Mais dans ce cas précis, elle allait perdre ses moyens si elle ne faisait pas attention. Jay sortit un petit sac de sous son siège. Il souriait bêtement. Elle pensa qu’il se moquait d’elle, mais finalement il était peut-être aussi un peu gêné. Elle avait de la chance de l’avoir comme partenaire. Entre eux, il n’y avait aucune ambigüité, ils étaient collègues, mais surtout, ils étaient devenus amis. Ils pouvaient tout se dire, et ils faisaient tout pour se protéger l’un l’autre.
Il tendit le paquet, en ajoutant « C’est de la part de toute l’équipe ! ». Hailey remercia tout le monde, et ouvrit le petit sac. Il venait d’un bijoutier de Chicago, elle se demanda ce qu’elle allait pouvoir y trouver ! Il y avait un écrin à l’intérieur, elle l’ouvrit et vit un joli bracelet en argent, ornée d’une petite opale bleue. C’était magnifique. Elle resta un instant prostré devant ce joli bijou. Elle était surtout ébahie devant tant d’attention, ça faisait si peu de temps qu’elle faisait partie de cette équipe !
« Ça ne lui plait pas » souffla Adam au reste de la table.
« Je t’avais bien dit que Madame préférait l’art ! Une sculpture de Rodin aurait été préférable ! » enchaina Antonio, hilare.
L’équipe se mit à rire, Hailey y comprit. « Ah non, je préfère ça, largement ! C’est tellement gentil, je ne sais pas quoi dire, à part merci, bien sûr ! »
Kim aida Hailey à mettre le bracelet à son poignée. Elle se demanda qui avait eu l’idée du bijou et qui avait fait ce choix précis. Elle vit Gaby et Sylvie, sur la table de derrière se tordre le cou pour voir le cadeau. Elle tendit le bras pour leur montrer.
« Joli ! » dit Gaby.
« Je me demande bien qui a aussi bon goût, c’est un excellent choix ! » ajouta Sylvie.
En voyant les filles, réjouies de leurs commentaires, Hailey comprit immédiatement qu’elles étaient elles aussi au courant de tout. Antonio leva légèrement les bras, et dit : « Ok, peut-être qu’on m’a un peu aidé à faire un choix ? » Cela fit rire tout le monde, et tous trinquèrent à l’anniversaire d’Hailey. Cette dernière prit du temps pour remercier vivement chaque personne présente, c’était la moindre des choses, vu la bonne surprise qu’elle venait d’avoir droit aujourd’hui !
De retour chez elle, après une bonne douche, Hailey se coucha. Il était déjà tard, car ils étaient tous restés un bon moment au Molly's. Elle repensa à cette merveilleuse journée, et à toute l’attention qu’elle avait reçu de la part de ses collègues. « J’ai de la chance » se dit-elle avant de s’endormir…
Jay,
Aujourd’hui, nous sommes le mercredi 4 juillet. C’est la fête nationale… Ma dernière fête nationale, l’an prochain ça sera sans moi je le sais, il n’y a rien qui puisse être fait pour que je vive une prochaine fête nationale avec toi, avec vous.
Je ne pourrais pas profiter une nouvelle fois de me moquer ouvertement de toi quand tu ne veux pas danser. Et oui ta chronophobie spéciale du 4 juillet me faisait bien rire je l’avoue et depuis deux ans, ça m’a manqué et aujourd’hui, ça me manque encore plus quand je me dis que je ne revivrais plus jamais ça.
J’étais à Washington depuis des semaines, mon entité, enfin mon équipe, et moi, on a été envoyé en mission. Oui tu l’ignorais sûrement, j’avais changé d’affectation depuis un an. On a été envoyé pour infiltrer une coalition mais la mission a vraiment mal tournée, vraiment vraiment mal. Nos couvertures n’ont pas tenue plus d’une heure, on avait une taupe parmi nous mais nous ne l’avons su qu’aujourd’hui, en arrivant à l’hôpital.
Je m’excuse d’avance pour les larmes qui pourront avoir fait baver le feutre de ma lettre, j’essaye de rester concentrer mais je ne peux rien te promettre.
Si tu as reçu cette lettre Jay, c’est que la nouvelle de mon décès est arrivée jusqu’à toi. Prends soin de notre fille. Elle s’appelle Opale Rodin Lindsay. C’était ma vie. Maintenant c’est la tienne.
Je m’excuse de ne t’avoir rien dit depuis deux ans. Je compte sur toi pour expliquer à notre fille, à Opale, que sa maman l’aimait plus que tout et que tout ce qu’elle a fait, c’était pour la protéger, quelle qu’en soit les conséquences.
Mon travail était risqué et je le réalise aujourd’hui, vraiment, quand le médecin m’a annoncé qu’il ne pouvait rien faire pour moi à part me soulager. J’ai été empoisonnée. Je n’ai pas réalisé à temps que le goût d’olive dans ce gobelet n’était pas lié à la boisson en elle-même mais bien. La coalition qu’on essayait d’arrêter nous a eu. On a commencé à réaliser qu’il y avait un vrai problème quand mon collègue, Sioux, le parrain d’Opale, a trébuché sur des câbles qu’il était le seul à voir.
Prends soin d’Opale, je n’ai plus la force d’écrire...
Erin
PS : Si un jour elle te demande pourquoi elle s’appelle Opale Rodin, répond lui simplement que l’Opale est sa pierre de naissance, le mois d’octobre, le 14. Et Rodin parce que j’étais devant une œuvre de Rodin quand j’ai appris que je l’attendais. C’était le plus beau jour de m
Alors qu’Herrmann et Otis sont dans l’arrière salle pour vérifier qu’il ne manque rien, Jay, Adam, Kevin et Kim sont en train de finir de tout installer pour la fête d’anniversaire surprise de leur collègue et amie Hailey. Kim et Kevin terminent d’accrocher les ballons tandis qu’Adam met les gobelets sur le bar.
Gabby entre et voit Herrmann et Otis en train d’ajuster une banderole et de se disputer.
- C’est pas droit.
- Quoi ?
- C’est pas droit, la banderole n’est pas droite.
- Si, elle l’est.
- Je vous dis que non. Plus haut à droite ou baissez à gauche mais elle peut pas rester comme ça.
Les deux pompiers descendent de leur escabeau et s’approchent de Gabby.
- Vous voyez, c’est pas droit. Ça penche…
- On va régler ça.
- J’espère.
Otis et Herrmann retournent à leur banderole.
- Vous êtes sûr que tout sera prêt avant 20 heures ? Demande Gabby sérieuse.
- Oui, pourquoi ?
- Parce qu’on dirait que rien n’est prêt.
- Mais si Dawson, relaxe.
Les policiers approchent.
- Le plus gros est fait. En revanche, il faudrait trouver quelque chose pour cacher les câbles qui traîne par terre.
- Je m’en occupe.
- Merci Otis. Lance Kim.
- Hailey n’est pas au courant ? Demande Jay.
- Absolument pas. Répond Cruz nerveusement.
- Normalement non.
- Tant mieux.
- Dis-moi Jay, Hailey croit beaucoup à la réincarnation et tous ces trucs ?
- Pas du tout.
- Oh merde, il va falloir que je trouve autre chose.
- C’est quoi ton cadeau ?
- Un livre sur les entités spirituelles.
- Elle va surtout trouver ça très drôle et amusant. Offre-lui.
- Okay, je vais suivre ton conseil.
Tout le monde sourit.
- S’il existait pas, faudrait l’inventer.
- Sacrée Otis.
Tout le monde se dépêche de finir de décorer le bar. La soirée approche à grand pas et quelques personnes commencent à arriver au Molly’s. Hailey est chez elle, elle finit de se préparer, Jay lui a dit qu’il l’invitait à dîner au restaurant. Jay est, quant à lui, chez son frère.
- Jay, t’es trop nerveux, calme-toi.
- J’essaye mais j’y arrive pas.
- T’as toujours l’intention de la faire ce soir ?
- Oui. Ça fait quatre ans qu’on est ensemble et je me dis que c’est le bon moment.
- Mon petit frère va enfin demander la femme qu’il aime en mariage.
- J’espère qu’elle dira oui.
- Pourquoi voudrais-tu qu’elle refuse ?
- On sait jamais.
Jay regarde l’heure.
- Il faut que j’y aille. Hailey est en train de m’attendre.
- Okay. À tout à l’heure.
- Reste zen…
Jay fait une accolade à son frère et sort de l’appartement, il va directement chez Hailey pour la ramener pour son anniversaire surprise.
Le Molly’s continue d’accueillir les invités.
- C’est quoi ? Demande Gabby.
- Quoi ?
- Ça ? Ces choses vertes ?
- Ça se voit, c’est des olives. Répond Otis tout content.
- On peut pas mettre ça.
- Pourquoi ?
- Pas pour une fête comme celle-là.
- Gabby, c’est un anniversaire, pas un dîner dans un restaurant cinq étoiles.
- Approche.
Gabby murmure quelque chose à l’oreille d’Otis.
- Non, ici ?
- Oui. Répond Gabby toute contente. C’est pour ça que tu vas aller me mettre ces choses ailleurs, s’il te plait.
- C’est une bonne idée.
Otis débarrasse le comptoir des olives qu’il a mis quelques instants plutôt.
- C’est bon, tout est prêt, la reine de la soirée peut arriver. Lance Gabby à elle-même.
Les minutes défilent et tout le monde est arrivé, c’est le moment que choisis Jay et Hailey pour franchir la porte du Molly’s.
- Surprise !!!! Crie tout le monde.
- Vous auriez pu m’attendre. Annonce Adam avec un grand paquet dans les bras.
- C’est quoi ? Demande Kevin.
- Une surprise pour notre amie qui a un an de plus aujourd’hui.
- Merci Adam. Merci à tous.
Hailey fait un petit discours aux personnes présentes et va les saluer une par une. Elle va voir Jay assis à une table avec Cruz, elle embrasse Jay et s’assoit à ses côtés.
- Merci d’avoir joué le jeu.
- La prochaine fois, évite de me le dire et je serai vraiment surprise.
- Ça m’a échappé.
- Quoi ? T’étais au courant ? Demande Jay étonné.
- Oui mais c’est pas grave, ça peut arriver.
- Et moi qui est demandé à tout le monde de rien dire.
- Tu vas pas en faire un drame !!! Lance-t-elle souriante.
Adam approche.
- Tiens, c’est pour toi.
- Merci.
- Je reviens. Annonce Jay.
Il s’éclipse et prend Gabby à part pour lui parler un instant. Hailey prend le paquet et l’ouvre.
- Wouah, merci beaucoup Adam, c’est super beau. Qu’est-ce que ça représente ?
- Toi et Jay avec le paysage de la Côte d'Opale derrière.
Elle regarde le tableau avec beaucoup attention.
- C’est toi qui l’a fait ?
- Oui.
- T’as beaucoup de talent.
- Merci.
- Non, merci à toi.
Elle pose le tableau et prend Adam dans ses bras. La soirée se passe dans la bonne humeur.
- Jay, viens danser avec moi s’il te plait ?
- Je préfère te regarder danser.
Hailey approche de sa moitié.
- Viens, s’il te plait.
- Hailey…
- Attend, ne me dit pas que tu es devenu chorophobique ?
- Non, mais je sais pas danser.
- Tout le monde s’est danser. Aller, viens…
Hailey prend la main de Jay et l’emmène avec elle pour danser. Alors que tout le monde danse, Herrmann et Otis s’occupent du gâteau.
- Il est superbe ce gâteau.
- J’espère qu’il est aussi beau que bon.
- J’ai demandé à un de mes amis de le faire.
Il s’éloigne un pour aller chercher un objet et revient.
- Regarde ce que j’ai trouvé.
- Qu’est-ce que c’est que ce truc moche ?
- C’est pas moche, c’est original.
- Un plateau de rodin en feutre. T’as raison, c’est pas moche, c’est horrible, on va pas prendre ça.
- Si, de toute façon, on en a pas d’autre.
- Je reviens, touche à rien.
Il part et revient avec Gabby.
- C’est de ça dont je te parlais.
- Herrmann à raison Otis, c’est immonde. J’ai ramené ce qu’il faut, regarde derrière toi.
- Je trouvais que c’était bien de mettre un peu d’originalité.
- C’est sur mais pas aujourd’hui, on l’utilisera pour ton anniversaire.
- Génial. Lance Otis fou de joie.
Les trois amis continuent de parler. De son côté, Hailey déballe la suite de ses cadeaux sans se douter que Jay lui réserve une surprise de taille. Cruz va dans l’arrière salle.
- Otis, c’est bon.
- Super, venez voir ça.
- Quoi encore ?
Otis demande à toute les personnes présentent d’arrêter de parler.
- Tout d’abord, merci d’être venue et pour marquer le coup des tren… Enfin je veux dire pour l’anniversaire d’Hailey, j’ai décidé que ce serait génial si on gardait tous un petit souvenir de cette soirée même si Hailey risque pas de l’oublier de sitôt avec ce que Jay lui…
Gabby lui donne un petit coup pour qu’il évite d’en dire trop.
- … Et grâce à cet objet qui se trouve derrière moi…
On peut voir un grand drap qui recouvre quelque chose.
- On va pouvoir taper la pose.
Otis tire sur le drap.
- On non, il a pas osé.
- Si…
- Désolée Hailey, je leur avais dit de pas faire ça…
- Pourquoi ? Je trouve que c’est une idée génial.
Otis et Cruz approche de la jeune femme.
- Comment tu trouves ? Demande Otis et Cruz en même temps.
- C’est génial, j’adore l’idée.
- On voulait une idée originale. On a d’abord pensé à l’idée du permis de conduire mais c’était trop commun par contre, personne aurait pensé à ça.
- « Permis de décès » !!! Non, les gars, sérieusement ?
- Je suis comme Hailey, je trouve ça génial.
- Qui trouve ça compétemment débile et nul ?
Seuls Gabby et Jay lève la main.
- Comme tu es la reine de la soirée, à toi de passer la première Hailey.
- Je te suis.
Chacun leur tour, les invités passent derrière l’objectif pour une photo souvenir. La gâteau arrive, Hailey se pose en face.
- N’oublie pas de faire un vœu. Lance Jay.
- Ça risque pas, ça fait des années que je fais le même. Répond Hailey avec un clin d’œil en direction de Jay.
Tout le monde se rassemble pour faire une coalition autour d’Hailey, cette dernière ferme les yeux quelques secondes et les ouvre à nouveau, elle souffle sur ses bougies et tout le monde applaudit.
- Détente-toi. Lance Will.
- C’est peut-être pas une bonne idée de faire ça ce soir.
- Trop tard, tu peux plus reculer. Gabby a déjà tout préparé, ça va bien se passer.
Jay ne répond pas.
- Est-ce que tu aimes Hailey ?
- Bien sûr que oui, je l’aime comme un fou. J’aime son rire, son sourire, la façon qu’elle a de jouer avec ses cheveux quand elle veut me demander quelque chose, sa manie de prend mes frites dans mon assiette. J’aime aussi la façon qu’elle a de voir la vie, toujours de manière positive, j’aime tout chez elle, même les choses qui m’énerve, je les aime.
- T’as la réponse à la question que tu te poses depuis que t’es rentré au Molly’s.
Jay sourit à son frère pour lui répondre. Il prend Will dans ses bras.
- Merci Will.
- De rien, les grands frères sont là pour ça.
La reine de la soirée continue d’ouvrir le reste de ses cadeaux.
- Merci à tous d’être venu et aussi pour les cadeaux qui me font très plaisir.
- C’est vrai même le mien ? Demande Otis.
- Oui même si je m’attendais pas à avoir un livre pareil.
- Je suis content. Lance le pompier en prenant Hailey dans ses bras.
Tout le monde rigole et Jay approche.
- Je tourne dos quelques minutes et je te retrouve déjà dans les bras d’un autre ?!
- Que veux-tu, j’ai du succès auprès des hommes.
Les deux amoureux se sourient et s’embrassent. Jay fait un signe de tête à Gabby qui lui dire de lancer la musique. La chanson « Can't help falling in love » commence à se faire entendre dans le bar.
- Jay, c’est notre chanson ?!
- Tu t’en souviens encore ?
- Bien sûr.
Jay prend la main d’Hailey et font quelques pas. Les invités forment un cercle autour du couple. Jay prend les deux mains de la jeune femme et met un genou à terre.
- Hailey, tu sais à quel point je t’aime, je t’aime tellement. J’aurai jamais cru que je vivrai un bonheur comme celui et qu’on vit tous les deux depuis des années, l’amour que je te porte est de plus en plus fort chaque jour et je veux que le monde entier sache à quel point toi et moi c’est pour toujours.
Il met sa main dans sa poche et y en sort une petite boîte qu’il ouvre.
- Hailey Avery Lauren Upton, est-ce que tu veux m’épouser ?
Hailey est tellement ému qu’elle a dû mal à trouver ses mots.
- Oui, oui Jay. Répond-t-elle en larme.
Jay lui passe la bague au doigt et l’embrasse avec passion. Tous les invités applaudissent au bonheur du couple.
- Je t’aime Jay.
- Je t’aime aussi Hailey.
Ils se prennent dans les bras. La soirée touche à sa fin et les invité commence à quitter le bar, ils passent un par un dire au revoir à Hailey et féliciter les amoureux pour leur nouvel engagement. Jay et Hailey sont sur la route pour rentrer chez eux.
- Quel était ton vœu ?
- Tu sais qu’on doit pas le dire si on veut qu’il se réalise ?
- Je sais mais j’aimerai bien le savoir, surtout après ce que tu as dit.
- Il vient de se réaliser et ça grâce à toi.
- Tu veux dire que…
- Oui, mon vœu était que tu me demandes en mariage.
- J’ai choisi le bon moment pour la faire.
- Oui. Répond Hailey en regardant Jay amoureusement.
Le couple entre dans leur maison le sourire aux lèvres, heureux et amoureux comme jamais, avec un avenir plein d’espoir.