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Série : Chicago P.D.
Création : 29.03.2020 à 10h11
Auteur : Haley07
Statut : Abandonnée
La remplaçante d'Alvin fais son entrée dans l'unité. Sans le vouloir, elle soulève quelques vagues dans l'équipe.
Cette fanfic compte déjà 25 paragraphes
Mon sang ne fit qu’un tour.
- Oh non… soufflai-je en attrapant ma veste à la volée. C’était comme si ma température était descendue à zéro. Sauf ma tête qui semblait chauffer de plus en plus. Je sortis en hâte du district, sans me rendre compte que l’équipe me suivait derrière. Je devais être auprès de mon père, le plus vite possible.
- Monte avec moi je conduis, déclara Voight en me faisant monter dans son 4*4. Hors de moi, je me laissai faire.
- Dépêche-toi alors.
Je ne pensais qu’à mon père…
- C’est lui, dis-je d’une voix sans timbre à mon patron qui, pied appuyé sur l’accélérateur, doubla et se faufila entre les voitures, alarme en route.
Il me regarda un bref instant, silencieux mais avec son air tellement pensif.
- Bonjour je cherche mon père Robert James, il vient d’être admis ici.
J’avais pris d’assaut le comptoir, Hank et les autres sur mes talons, je les ignorais complètement.
- Il est chambre 6…mais madame…
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que j’étais déjà partie en courant, passant au milieu des patients, des familles qui attendaient. Il y avait peu de médecins dans les couloirs.
Chambre 6…j’y suis.
Quatre médecins étaient autour d’un homme allongé, lui cachant son visage. La seule partie que je pouvais voir était sa jambe, toute ensanglantée. Plusieurs mains s’y activaient dessus, essayant de sauver ce qui pouvait l‘être.
- Sa jambe, soupirai-je, la respiration difficile.
Des frissons m’envahirent de partout, j’étais pétrifiée par ce que je voyais. Ce sang, partout sur lui. Son visage, à présent dégagé, portait des contusions entourant son masque à oxygène.
- Sa tension continue de chuter… s’exclama une infirmière.
- On n’a plus le temps, on l’emmène au bloc. Je veux les résultats des radios et scanners au plus vite. Et trouvez-moi des poches de sang vite. On y va maintenant, cria le Dr Halstead.
En passant devant moi, j’aperçus son visage transformé, blessé par ces contusions, le visage d’un blanc laiteux. Instinctivement je m’approchai.
- Papa. Papa tiens bon, je suis là, dis-je en lui prenant la main. Tu vas t’en sortir. Je suis là. Dis-moi qui a fait ça c’est Michael ? Tu l’as vu, c’était lui ? Hein dis-moi…dis-moi…
Son visage me fixait, mais je voyais qu’il n’était pas vraiment là. Le brancard accéléra.
- Lauren laisse, tu ne peux pas aller plus loin. On s’en occupe.
Le docteur me prit par le bras. Je le regardai hébétée dans un état second. Je sentais mon cœur tambouriner dans ma poitrine, encore hantée par le regard de mon père, tellement froid, presque sans vie.
- Qu’est-ce qu’il a ?
- On a localisé deux blessures par balle. Une à l’abdomen et une autre dans le genou.
- Le genou ?!
C’était la même jambe qui avait était touchée auparavant.
- Oui. De plus il a de multiples contusions sur l’ensemble du corps. Il a été violemment frappé après coup.
- Demandez lui qui a fait ça. S’il l’a vu.
- Je suis désolé il faut que j’y aille, dit-il en s’éloignant.
- Attendez, il va s’en sortir ?
- On va faire tout ce qu’on peut je vous le promets.
Il rattrapa le brancard qui s’éloignait de plus en plus.
- Ca veut dire quoi on va faire tout ce qu’on peut ? criai-je hors de moi.
- Lauren calme toi. Assieds-toi, il faut attendre me dit Hank en m’entraînant vers un siège.
- Je…je crois qu’il l’a vu, il a fait un signe de tête je crois, enfin j’en sais rien, je sais plus…
Je réalisai seulement maintenant la présence des autres, de l’équipe qui me regardait de leurs yeux inquiets. J’en avais marre de tous ces regards sur moi. Je sentais mes jambes trembler, mon corps traversé par des courants chauds et froids qui me vidaient.
- Viens t’asseoir tu es toute blanche, me proposa Burgess.
Mes jambes purent souffler, tout à coup plus lourdes que d’habitude. Mais je sentais une douleur bizarre à la poitrine.
- Je vais te chercher à manger…
- Non je n’ai pas faim, dis-je en gesticulant.
Je n’avais pas envie de manger, encore moins dans ces circonstances. Mon estomac était trop noué pour manger quoi que ce soit.
- Elle a raison, il faut que tu manges un morceau.
16 minutes…38 minutes… le temps défilait mené par un tap tap constant et régulier.
1 heure. Subitement mon voisin, Halstead posa sa main sur mon genou. Ce geste me sortit de mon brouillard en regardant sa main puis son visage. A cet instant seulement je compris que c’était moi qui tapais du pied depuis un moment. Sans m’en rendre compte.
- Désolée…
Je soufflai un grand coup.
- Désolée…
Que c’était long d’attendre. Ça n’en finissait pas. Je voyais toutes ces blouses blanches défiler dans les couloirs. Furtivement, j’aperçus le Dr Manning avec une maman enceinte. Mon esprit commença à s’agiter de scènes d’horreur qui auraient pu se passer. L’attente donnait lieu à réfléchir, à cogiter sans cesse sans le vouloir, rendant cette attente encore plus lourde.
Enfin un médecin se dirigea bien vers nous. Le frère de Jay sortait du bloc, l’air fatigué.
A peine arrivé, je lui sautais déjà au cou, soucieuse de savoir.
- Alors comment il va ? Ça va ?
- On a pu arrêter l’hémorragie et retirer les balles. Mais il est toujours sous transfusion, il a perdu beaucoup de sang. La radio a montré trois côtes cassées, ainsi que son bras. On l’a mis dans le coma pour soigner son trauma crânien et son genou.
- Comment ça dans le coma ? Il va se réveiller ? Et son genou ?
- On va attendre de voir comment ça évolue, il est trop tôt pour se prononcer.
- Qu’est-ce qui peut se passer ?
- A son réveil, il faudra vérifier les signes d’une paralysie quelconque. Quant à son genou, la question d’une prothèse se pose.
- Oh non…
- Lauren autant que vous le sachiez, les prochaines heures seront cruciales, il n’est pas encore tiré d’affaire.
Je sentais de nouveau mes jambes qui se dérobaient sous moi. Je n’avais pas de preuve mais j’étais sûre que c’était lui. Michael. Cela ne pouvait être personne d’autre. Il était devenu complètement fou. Bien plus qu’avant. Il voulait me faire souffrir le plus possible. Et il savait très bien que ça marchait. J’implorai le grand ciel, le bon dieu, de me venir en aide, d’aider mon père. Me remémorant honteuse, que cela faisait un moment que je n’étais pas allée à l’Eglise.
- Venez avec moi, tous.
Voight en tête, on le suivit dans une salle d’attente plutôt étroite et vide.
- Bon vous savez tous ce qu’il en est. Michael nous a tous pris pour cible. Maintenant il est plus que temps de riposter. Il ne sait pas à qui il a à faire. On va lui tomber dessus sans qu’il s’en aperçoive.
En demi-cercle autour de lui, ces belles paroles nous motivèrent tous, moi beaucoup moins que les autres. Au contraire, je n’étais pas rassurée du tout. Je savais très bien comment ça allait se passer.
- Je veux qu’on mette les bouchées doubles sur cette affaire. La totale. Je vais mettre un garde devant sa chambre. Continuez tous d’être vigilants, veillez les uns sur les autres. On va l’avoir. On ne rentre plus chez soi tant que cette affaire n’est pas pliée et que Michael soit mort ou derrière les barreaux compris.
Cette annonce semblait avoir remotivé l’équipe à fond qui paraissait maintenant confiante. Moi je ne savais plus quoi faire. Je ne voyais qu’un seul espoir, et ce n’était pas eux.
Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit, cogitant sans cesse. J’avais de nouveau presque peur de m’endormir. Au réveil ma tête reflétait bien mon esprit, en accord avec le temps de dehors. Froid et gris. Comme avant, quand j’étais avec lui.
A l’étage, un nouveau briefing s’imposa. Rien de tel pour y voir plus clair et savoir où on en est.
- Bon je veux qu’on concentre nos recherches sur Michael. Trouvez-le-moi, cherchez. Balancez sa photo de partout. Atwater, Burgess cherchez les complices que pourrait avoir recrutés Michael dont Torrell nous a parlé pour ce gros coup. Les autres trouvez-les-moi, vérifiez les appels téléphoniques, les caméras, tout. Réinterrogez Torrell à tour de rôle s’il le faut, mettez-lui la pression je suis certain qu’il n’a pas tout dit. Il est 11h, ça fait plus de 48h que les filles ont disparu, on doit les retrouver aujourd’hui. Au trav….
Il fut interrompu par l’arrivée de mon beau-frère.
- Jake qu’est-ce que tu fais là ? Tu n’es pas à l’hôpital, dis-je en me levant vers lui.
- J’y étais, son état est toujours pareil, pas d’amélioration. J’ai dit à Emmy que je venais vous aider. Elle était un peu remontée contre toi.
- Pourquoi ? demandai-je surprise.
- A cause de Michael. C’est une vieille histoire qui traine…
- Elle m’en veut ? Je la comprends tu sais.
- Arrête, je sais que ce n’est pas ta faute. Ce type est un malade. Je veux vous aider.
- Jake…
- Non…dit-il en se tournant vers Voight. Hank, tu sais que je suis un agent spécial, je suis plus que qualifié pour vous aider. S’il vous plait, il s’agit de ma fille.
- D’accord Lauren va te faire le point des infos qu’on a.
- Merci.
L’horloge tournait. L’enquête n’avançait pas, ce qui rendait Hank à cran, il détestait ça. 13 heures. Michael avait le don de se faire discret, de se rendre invisible. Il jouait avec nous, avec moi. Ça m’irritait encore plus mais lui, il devait savourer tout ça.
14 heures. Ce n’était plus tenable. On travaillait tous sans faire de pause. La reconnaissance faciale n’avait toujours rien donné.
- Bon sang, ton frère ne sait pas se servir d’un téléphone ?? criai-je en cognant mon téléphone sur le bureau.
J’avais tellement parlé fort, les nerfs à vif, que j’avais attiré l’attention de tout le monde. Jake tenta de me rassurer un peu.
- Ca m’énerve, on n’avance pas mais lui…, soupirai-je de plus en plus excédée.
J’avais besoin de faire une pause. Je décidai d’aller prendre l’air, l’air frais et glacé de dehors. Burgess décida de m’accompagner mais après avoir fait un pas, le sergent Platt m’appela. J’avais l’impression d’un air de déjà-vu.
- Lieutenant j’ai un paquet pour vous.
Sûrement un cadeau empoisonné encore. Je le pris avec précaution. Le paquet ne pesait pas lourd.
- Une femme nous l’a amené, c’était dans sa boite aux lettres. Une erreur sans doute.
- Merci.
Le sergent redescendit à l’accueil.
En tâtant l’enveloppe blanche assez épaisse, je reconnu la forme d’un portable et l’ouvris.
- Vous avez vu l’adresse ? L’expéditeur doit être aveugle pour l’avoir mis dans une boite aux lettres, déclara Atwater.
Il saisit l’enveloppe où était parfaitement noté en clair « Lt James Lauren, unité des renseignements, niveau 2, district 21, 943 rue Maxwell, Chicago ».
- Au contraire, c’était fait exprès, devina Ruzek.
Le portable sonna. Un appel en audio et vidéo. Je le branchai à l’ordinateur pour avoir une meilleure image et décrochai avec le haut-parleur.
- Allo ?
- Lauren ! s’exclama une voix. Lauren ma chérie… quel plaisir de t’entendre à nouveau.
Sa vilaine tête s’afficha sur l’écran et sa voix, faussement mielleuse ne m’avait pas manqué. Il s’était musclé et avait pris de la barbe. Je reconnus entre mille cet éclat dans ses yeux, remplis de folie, toujours le même qu’avant.
- Michael… où sont Brett et Tessa ?
- Pas si vite, pas si vite… on ne s’est pas vu depuis des années on a le temps. Au fait j’ai une question pour toi : qu’est-ce que ça fait de voir son équipe souffrir à cause de toi ? Car après tout, c’est de ta faute tout ça, l’agression de Jay, l’accident de Kim et d’Adam…oh ah oui et ton père, souffla-t-il d’une voix dédaigneuse en énumérant tous ses actes.
Je commençais à bouillir.
- Qu’est-ce que tu veux ?
- Mais voyons tu sais très bien ce que je veux. Et je suis sûr que toi aussi. D’ailleurs ça m‘étonne que tu ne l’aies pas fait encore, mais ça va venir je le sens, continua-t-il en me narguant. Si le sort de ton équipe ne te motive pas assez, ni ton père, peut-être que ta meilleure amie et ta nièce sauront te convaincre.
Il se déplaça pour les faire apparaître. L’air plus mal en point que la première vidéo. Cela me déchirait de voir ça. De les voir comme ça, elles qui n’ont rien demandé.
Des signes de lutte apparaissaient sur leurs visages, les cheveux en bataille, le regard rempli de terreur. L’audio n’était pas excellent mais on pouvait entendre leurs plaintes à travers le scotch et leurs gémissements de douleur. Brett semblait faible et somnolait mais Tessa elle bougeait comme une lionne sur sa chaise.
- Mmm la future policière est en rogne, constata-t-il en se plaçant devant elle, lui caressant les cheveux.
Brett, quant à elle, semblait dans les vaps, les yeux fermés, ne bougeant presque pas.
- Voyons voir par qui je vais commencer, personnellement j’ai un petit faible pour Brett.
Mais avant qu’il se déplace, un incident se produisit en plein direct. La hargne de Tessa avait payé. Elle planta un gros coup de pied, ses deux pieds en plein sur ses parties, ce qui le fit tomber dans un hurlement atroce à terre et elle aussi.
Un sursaut mélangé à un haut le cœur se manifesta en nous et ramena une petite pointe d’espoir. On ne décrochait pas nos yeux de l’écran. Tessa parvint à se dégager pour s’occuper de Brett. Michael ne se laissa pas démonter malgré la douleur qui l’assaillait. Pendant quelques secondes, Tessa avait le dessus mais son inexpérience en combat avait eu raison d’elle. Michael l’agrippa et l’appel fut coupé net. Le noir total.
- Non non, c’est pas vrai.
J’essayais de rappeler le numéro mais en vain. Cette fin brutale nous inquiéta encore plus et nous mis le doute. Je poussai un soupir qui en disait long, épuisée, tombant sur la chaise derrière moi. Jake aussi avait mauvaise mine, mais je voyais son regard changer, devenant comme celui de Voight quand il est énervé. J’avais du mal à reprendre mes esprits. Le temps fila sans que je m’aperçoive de rien, plongée dans un océan de pensées.
- C’est moi qu’il veut. Je vais y aller, décidai-je. Bon sang, j’aurais dû le faire avant ! Quelle idiote !
- On ne sait pas où il est encore, dit simplement Voight.
- Peut-être. Mais quand on le saura j’irai et j’en finirai une bonne fois pour toutes. Je ferai l’appât.
- C’est ce qu’il veut. C’est un piège, annonça-t-il comme une évidence.
- Je m’en fous. Il faut que ça s’arrête. C’est allé beaucoup trop loin. J’ai déjà trop attendu.
Je parlais haut et fort, avec détermination, bien décidée.
- Tu n’iras nulle part. On…
- Tu ne pourras pas m’en empêcher Hank. Je vais y aller c’est la seule solution tu le sais. Ni toi ni personne ne m’en empêchera. Je vais l’envoyer en enfer.
La tension était à son comble à l’étage. Tous sur les nerfs, tous fatigués. Le traçage du portable
n’avait rien donné.
Toute seule au sous-sol en bas, je poussai un soupir d’exclamation, un peu soulagée. Je repassai la
vidéo trois fois pour être sûre et arrêtai sur l’image. Je l’avais enfin trouvé. Je savais où il était. La
réponse était donnée dans la vidéo. Si Tessa ne s’était pas rebellée, je n’aurais jamais remarqué ce
détail. Je le tenais et cette fois, c’est moi qui allais lui faire une surprise.
- Qu’est-ce que tu fais ?
Jay parvint à me faire décrocher mon regard de l’écran de l’ordinateur, mes yeux rougis par la
fatigue. Je devais lui mentir, je n’avais pas le choix. Voight nous disait bien de ne pas mentir à nos
coéquipiers ni à lui, c’était une autre de ses règles mais là c’était nécessaire.
- Je regarde… j’essaye de repérer un indice, quelque chose qui nous permettra de savoir où elles
sont.
- Lauren il est presque 23h, il faut dormir.
- Je vais finir d’abord…
- Combien de fois tu les as regardées ?
Je soupirai, las.
- Je sais plus.
- Faut que tu fasses une pause…
Il interrompit la première vidéo.
- Je m’en veux tellement…
- Arrête c’est pas ta faute, me murmura-t-il.
- Si c’est à cause de moi que Michael a enlevé Brett et Tessa, qu’il s’en prend à vous tous, qu’il a mis
mon père dans le coma… C’est moi qu’il veut. Ma sœur a raison de m’en vouloir. Je n’aurais jamais
dû partir.
- Tu n’étais pas en état de le combattre à ce moment-là.
Mon partenaire essaya tant bien que mal de me réconforter, mais c’était inutile.
- Ce qui s’est passé l’autre fois chez moi, ta… réaction, c’était à cause de lui ?
Cette soirée me revint en mémoire, je me souviens d’avoir été effrayée par son geste. Je le regardai
de nouveau avec crainte, luttant contre ce nouveau sentiment grandissant mais tellement dangereux
et imprévisible.
- Ouais, dis-je d’une petite voix.
- Lauren je ne suis pas Michael. Tu sais bien que je ne te ferai jamais de mal.
- Je sais bien oui mais… son souvenir me hante toujours. C’était mon premier amour et toi… J’étais
sûre que je ne pourrais plus aimer personne et même maintenant j’en doute encore. Je suis terrifiée.
- Faut y aller doucement.
- Ces sentiments me perturbent beaucoup. Et depuis il y a ce mur en béton autour de moi qui résiste
à tout.
Il y eut un moment de silence et Jay reprit.
- Il existe toujours un passage. Je le trouverai.
Touchée par sa foi, je le regardai de nouveau.
- J’espère…
- On a le temps. Je serai toujours là, c’est une promesse dit-il en me saisissant la main.
Je le regardai, mes yeux remplis de larmes face à ce sentiment tenace pourtant interdit et cette
amitié plus que profonde qui nous liait.
- Merci Jay.
- Allez viens je te ramène.
Déclinant son offre, j’insistai pour prendre ma voiture, prétextant que je voulais être seule.
J’avais tout ce dont j’avais besoin sur moi : mon arme et mon couteau. Et histoire de tenir plus
longtemps, j’avais emporté mon gilet par balles et fonçai jusqu'à la vieille pension située à l’autre
bout de la ville. Là où étaient retenues les filles. Au début où on était ensemble cette pension avait
beaucoup intéressé Michael. Il avait projeté d’en faire un bel hôtel luxuriant, la banque le suivait tout
était prêt puis il y a eu la mort de son frère. Je rentre, je m’occupe de son cas et je repars avec les
filles point. Ça devrait être vite réglé. C’était le seul moyen d’arrêter tout ça. Ce lieu était interdit au
public, la structure n’était pas stable et avait mal vieilli avec le temps.
Je n’hésitai même pas. Il était 00h23. Je laissai mon téléphone là et sortis. L’endroit était sombre, les
ampoules des réverbères fonctionnaient mal. Derrière, il y avait un petit cours d’eau.
Je pénétrai d’abord au rez-de-chaussée, pas mal de détritus et de gravas jonchaient le sol. Je les
enjambai en silence, prudente, mes mains tenant à la fois mon arme et ma lampe torche devant moi.
Il y avait de nombreuses pièces qui s’étalaient sur deux étages. Il pouvait être n’importe où, mais
l’environnement dans la vidéo laissait deviner un grand espace avec des fenêtres. Tout était noir à
l’intérieur, et ce silence était lourd et pesant. Je sentais des palpitations dans mon corps, retenant
ma respiration. Suivant mon intuition, je montai tout en haut, prudemment, toujours en joue. Le
premier étage ne donnait rien. Ce bâtiment n’était pas très rassurant, toute la structure était
partiellement endommagée. Pas un son ne résonnait. Arrivée au dernier étage, l’air était plus chaud
et sombre. A présent j’étais dans un couloir qui prenait à gauche. Je sentais une nouvelle fois mon
cœur tambouriner dans ma poitrine et cette sensation au creux de mon estomac, d’un danger
imminent.
Le silence et l’effet de surprise était mon meilleur atout. J’avançais sans aucun bruit en terrain
hostile, dans un milieu inconnu, mais avec l’envie farouche d’en finir. J’avais beau être concentrée à
100% dans ma progression, une ombre me prit de vitesse. Je le sentais derrière moi. Mais avant que
je puisse réagir, une douleur fulgurante s’abattit sur ma tête, me mettant ko.
En me réveillant, groggy, il me fallut un moment pour refaire surface. Ma tête me faisait atrocement
mal, je ressentais encore la douleur du point de contact. Je basculai la tête légèrement en grimaçant
pour chasser la douleur, pour me masser le crâne mais mes mains ne bougeaient pas. Je pris
conscience que j’étais attachée, assisse sur une chaise. Je poussai un gémissement quand un léger
murmure se fit entendre.
- Lauren…
Une légère voix résonnait de plus en plus fort. Sur ma droite, j’aperçus Tessa, dans la même posture
que moi, plus affaiblie qu’avant. Ce fut comme un déclenchement dans ma tête, une alarme. Tout se
reconnecta.
- Tessa… Tessa est-ce que ça va ?
- Ça pourrait aller mieux. Tu es venue me chercher ?
- Evidemment tiens. Je vais te sortir de là. Où est Brett ? demandai-je à présent à nouveau moi-
même.
- Je ne sais pas, un homme l’a emmenée.
- On va vite sortir de là je te le promets.
Je commençais déjà à essayer de défaire mes liens.
- Où sont les autres ? me demanda-t-elle.
- Ils ne sont pas là.
- Quoi tu es venue seule ?
- Oui.
- Mais enfin…
- Ecoute Tessa, l’école, les manuels, c’est une chose. Mais sur le terrain tu comprendras très vite qu’il
ne faut pas toujours suivre ce qui est dit dans le manuel.
Elle faisait allusion à ne jamais se déplacer seule.
- Parfois sur le terrain, faut improviser la plupart du temps. Ils ne savent pas où je suis.
- Super…
Un rire lointain vint troubler l’air.
- Tu sous-estimes l’importance que tu as pour ton équipe Lauren…
Je remarquai une silhouette. Michael sortit de l’ombre du fond de la pièce.
- C’est parfait, constata-t-il en frappant dans ses mains en nous fixant du regard. Tout est prêt pour
ma petite fête. Il était temps.
- Où est Brett ? demandai-je avec colère.
- Quelque part, dans ce labyrinthe de pièces, seule, dans le noir.
D’un côté il n’avait pas changé. Il était toujours aussi fou. Mais je constate que ça avait empiré depuis
des années. Je me demandais ce qu’il pouvait bien penser, pourquoi il faisait tout ça. Son frère avait
été l’élément déclencheur mais depuis tout ce temps... il avait perdu la raison.
- Libère-les c’est moi que tu veux.
- Je sais et tu es enfin là. Je t’avoue j’ai perdu mon pari avec Gordon, je pensais que tu allais venir
plus tôt ici dans cette pension. Je ne pensais pas que tu laisserais ton équipe endurer tout ça. Ça
aurait pu se terminer plus vite.
- Ca va se finir, maintenant, répondis-je, plus déterminée que jamais.
- Pour une fois nous sommes d’accord. Mais tous les invités ne sont pas encore là.
- Qu’est-ce que tu prépares ?
- Oh une petite sauterie rien de plus. Mais parlons un peu de toi. C’était bien l’armée ?
- Génial. Maintenant j’ai plein d’alternatives pour te butter.
Il éclata de rire face à mes paroles, ce qui attisa encore plus ma colère. Mes cordes autour de mon
poignet semblaient se détendre.
- Oh mais oui, parce que tu sais te battre ça ta redonné confiance. Tu te sens forte. Mais dis-moi, à
quoi tu penses quand tu me vois ?
- A ta place dans le cimetière, dis-je sans ciller des yeux.
Il avait du mal à reprendre son sérieux mais sembla réfléchir.
- Dis-moi, à quoi tu penses dans ta nouvelle cuisine ? Sous la douche et quand tu dors ?
Je voyais là où il voulait en venir. C’était dans la cuisine que j’avais failli y passer, la plus dangereuse
fois où il m’avait agressée. Puis sous la douche quand il m’a agrippé le cou. Ça rendait les nuits
impossibles.
Il avait sorti mon pistolet et mon couteau qu’il avait posés sur une table. Toujours sans rien relâcher,
j’étais sur le point de me libérer grâce à mon couteau caché dans ma manche. Une autre règle : avoir
un couteau qu’on puisse trouver et un autre qu’on puisse garder.
- Être soldat ne t’aidera pas face à moi !
Je sentis un regain de motivation en moi.
- Au contraire, dis-je en lui montrant mes mains détachées.
Pour la première fois, je lus la surprise sur son visage. Sans plus attendre je lui sautai dessus, ignorant
les quelques chaises et tables de fortune qui valdinguèrent sous nous. Je l’avais surpris, j’étais maitre
de la situation. Une fois sur lui je commençais à déchainer mon poing droit sur lui, tenant le rythme,
libérant enfin ma colère. Ne lâchant rien.
- Où est Brett ? Où elle est ?
Pour la première fois en plus d’un an, je pouvais enfin lui mettre des coups. Michael dégageait la
force d’un lion, il s’était musclé depuis la dernière fois, sa carrure avait changé. Je sentais que je
perdais le rythme, ma main souffrait mais je ne m’arrêtai pas, ignorant cette douleur, déversant ma
colère sur lui.
- Où elle est ?
J’étais tellement obsédée par mon envie de lui faire du mal que je ne le voyais pas bouger. Quelque
chose me piqua dans le bas ventre. Comme une pointe qui s’enfonçait dans ma chair à travers le
gilet. Je me figeai sur place, mon poing glissa, croisant les yeux exorbités de Michael, dans un face à
face visuel. Un rictus de satisfaction se lut sur son visage. Je poussai un gémissement quand je sentis
la lame s’extraire brutalement de mon abdomen. Je m’effondrai sur lui presque, dominée par cette
douleur qui avait pris désormais le contrôle. Il me poussa sur le côté pour se relever. Moi j’en étais
incapable. Toujours à terre, je passai mes mains sur mon ventre déjà en sang, juste en bas du gilet.
- Je ne voulais pas faire ça mais tu ne m’as pas laissé le choix, dit-il en essuyant sa lame pleine de
sang sur la jambe de Tessa. Pauvre petite, elle va voir sa tante agoniser. Alors que ça devait être
l’inverse. Mais… ce n’est pas trop tard.
Je ne devais pas le laisser gagner. Pas encore une fois. L’espoir revint, dans un effort de me bouger,
quand ma main frôla mon arme, tombée par terre pendant notre altercation. J’attendais qu’il soit en
face de moi, un peu à l’écart de Tessa et tira.
Une nouvelle surprise s’afficha sur son visage. Il s’effondra, mais la balle effleura juste l’épaule,
marquant une brève plaie. Je jurai pour moi-même. Je m’approchai de lui en rampant. Je saisis le
couteau que je lui plantai dans la cuisse.
- Où est Brett ? Où elle est ?
La douleur me rendait encore plus mauvaise. Je n’aspirais qu’à lui faire du mal.
Je lui plantai un nouveau coup sur l’autre en remontant.
- Où elle est ?
Face à lui, je lui collai mon flingue sur son front.
Il continuait ses provocations tout en riant.
- Quelque part…
- Réponds !
- Arrête, je sais que tu ne tireras pas. Pas devant ta nièce.
- Ah oui tu crois ça.
Je pointai maintenant l’arme sur sa poitrine. Son cœur.
- Si tu me tues tu ne la retrouveras pas…
- Je la retrouverai avec ou sans toi.
- Qui te dit qu’elle est là ?
- Et qui a dit que j’allais te tuer ?
Je descendis mon arme un peu plus bas.
- Tu la veux où, dans le genou ? Oui pourquoi pas c’est une bonne idée non…
- Ne fais pas de bêtise, regarde ta nièce, tu la fais pleurer…
Tactique de diversion, mais ça ne marchera pas sur moi.
- Ne t’occupe pas d’elle. Dis-moi où est Brett tu as trente secondes.
Je plongeai mes yeux dans son regard rempli de noirceurs ténébreuses. Je forçais de plus en plus sur
son genou.
- Tu as trente secondes !
- Lauren non !
Je reconnus à peine la voix de Voight derrière, surprise de l’entendre ici. Mais je ne bougeai pas d’un millimètre. Au contraire, mon attention ne se détourna pas de cet être abject devant moi, sous mon emprise.
- Lauren fais pas ça ! Ce n’est pas la meilleure solution.
Je ne voulais pas bouger. Je pensais qu’à une chose. Mon doigt était sur la détente, je le sentais qui forçait. Ça le démangeait lui aussi. Mes yeux fixaient les siens, à seulement quelques centimètres. Les miens reflétaient la colère et la haine. Une haine féroce. Je transformais ma douleur que je ne sentais presque plus en haine. Je crus devenir comme lui.
Les mains de Voight m’agrippèrent pour me dégager de Michael. En me détaillant du regard, il s’aperçut de ma blessure mais avant qu’il ne puisse parler Michael se releva péniblement, une main sur sa cuisse, braqué par Voight.
- Il a pas dit où était Brett, dis-je en essayant de comprimer ma plaie. Elle n’était pas très grande mais la douleur reprit sa place.
Des multiples coups de feu qui provenaient d’en bas résonnèrent dans la pièce, et qui ne s’arrêtaient pas.
- Ah enfin, on est tous au complet, lança Michael en sortant sa radio pour communiquer un ordre. Rakes, vas-y allume le feu d’artifice.
- A vos ordres patron.
Les coups de feu résonnèrent par la radio. S’ensuivit alors une déflagration qui se produisit au-dessus de nos têtes. Par instinct, on se baissa. La charpente était piégée par du C4 semble-t-il ainsi qu’une partie du mur, rendant l’édifice encore plus instable et menaçant, avec le toit qui s’affaissait sur nous.
- Lauren, sors avec Tessa, je m’occupe de lui, ordonna Voight, pressé par le temps.
- Pas question.
- Lauren tu fais…
- Occupe-toi d’eux je vais chercher Brett.
- Lauren !
J’étais déjà partie dans le couloir, un peu ralentie par ma blessure tout en m’assurant que mon arme soit chargée. Dans la cage d‘escalier je tombai sur Burgess et Atwater qui progressaient côté nord.
- James !
- Prête-moi ta radio, dis-je sans préambule tout essoufflée à Burgess.
- Quoi ?
- File-moi ta radio. Les gars, dis-je en appuyant sur le commutateur, il faut retrouver Brett. Elle doit être enfermée dans une pièce quelque part. Faut la trouver. Trouvez Brett. Elle n’est pas en haut et le bâtiment s’effondre.
Burgess me fila un pansement compressif dans une poche de son gilet.
- Et Tessa ? demanda Atwater.
- Ca va elle est avec Voight et Michael. Mais il faut aller l’aider.
J’avais peur que Michael ne s’échappe une nouvelle fois et je ne voulais pas laisser le patron seul avec eux.
- J’y vais, déclara Atwater. Il y a plusieurs tireurs partout faites gaffe. Ils ont des armes lourdes, tient prends…
Il me donna son fusil d’assaut, bien plus pratique et plus chargé que mon petit flingue.
- Merci Kev. Vous êtes tous là ?
- Oui l’équipe et quatre agents supplémentaires, expliqua Burgess en rechargeant son arme avant de se remettre en avant.
Je criai dans chaque pièce que je visitais. J’en avais déjà fait une dizaine. On tomba sur Halstead et Jake dans un couloir après qu’ils eurent fait le ménage. Burgess se sépara de nous pour rejoindre un agent qui soutenait son partenaire blessé. Un bruit sourd de charpente et de bois grondait au-dessus de nous. On pouvait sentir les vibrations descendre jusque dans les murs.
- Tu es blessée ? demanda mon beau-frère toujours sur le qui-vive, l’air tellement naturel.
- Ca va c’est rien.
Je passai furtivement ma main par-dessus. La douleur me semblait secondaire à présent, seul un picotement m’accompagnait.
- Les hommes de Rakes sont tous là, enchaina Halstead. On en a eu 4 déjà. Ils nous attendaient.
- Il savait que vous alliez venir aussi, concluais-je. Il avait tout prévu depuis le début. Mais comment vous m’avez trouvée ?
Il me regarda, révélant son secret qu’il savait depuis quelques heures.
- Voight a mis un traceur sur ta voiture.
- Evidemment, j’aurais dû m’en douter.
Finalement cela ne me surprenait pas tant que ça. Mais tout le monde avait foncé dans la gueule du loup. On avança en trottinant, ouvrant chaque porte de ce dédale, Halstead en premier, Jake au milieu et moi surveillant l’arrière.
- Les gars on l’a retrouvée, hurla Ruzek dans la radio. Mais ça se complique pour sortir. On est coincé !
On convergea sur eux, au sous-sol, éliminant petit à petit les hommes de Rakes. Celui-ci était engagé avec son cousin sur Ruzek et Upton, les empêchant de fuir.
Pendant quelques minutes, il y eut que des échanges de tir, Rakes et son cousin étaient pris en sandwich, d’un côté par Jake, Halstead et moi, puis de l’autre par Ruzek et Upton. Enfin, un étrange silence s’installa, presque comme anormal, à défaut des balles. Nos oreilles en bourdonnaient encore.
Ruzek nous fit signe, puis Halstead le lui rendit. On s’avança l’un vers l’autre, vérifiant chaque pièce par sécurité.
- Brett, lançai-je en me lançant dans ses bras, tellement soulagée, tout aussi meurtrie qu’elle par ma blessure qui s’ouvrait encore plus.
- Brett ça va, tu n’as rien ?
- Ca va…
Je la voyais très fatiguée.
- J’étais si inquiète. Je suis désolée pour tout…
- James faut qu’on sorte, me lança Ruzek.
Il attacha avec l’aide de Jake les deux cousins, blessés pendant la fusillade. Upton ouvra la marche, tandis qu’Halstead la fermait. J’aidais Brett qui avait du mal à marcher. La poussière obscurcissait tout.
Une fois à l’air libre, on pouvait respirer à nouveau au contact de ce froid. Une partie du toit avait pris feu mais malgré les charges explosives, les murs des étages inférieurs tenaient encore. Burgess arrivait par l’entrée suivie par des agents qui tenaient fermement plusieurs prisonniers. Puis enfin ce fut au tour d’Atwater, qui continuait de malmener Michael, échappant à la fumée. J’attendais les autres qui devaient être derrière lui, mais pas de Hank ni de Tessa.
- Kev où ils sont ?
- Ils étaient derrière moi, s’exclama-t-il en regardant lui aussi. Il m’a dit de sortir.
Je lançai un regard d’inquiétude au bâtiment, même pas troublée par une ambulance et des camions de pompiers qui arrivaient, colorant l’espace de leurs gyrophares puissants.
- Hank répond ! Où tu es ?
Seuls des grésillements me répondaient.
Je ne pouvais rester là sans rien faire. Je lançai un regard à mon beau-frère, plein de doutes.
- Bon j’entre ! décida Jake.
- C’est pas une bonne idée regarde l’entrée, annonça Halstead en le retenant.
- On y va, ordonna le Lieutenant Severide à ses hommes qui avaient pris les reines devant le camion des secours tout en s’équipant de son masque. Cruz avec moi, les autres attendez, Hermann les lances sont prêtes ?
- Oui y a plus qu’à arroser, annonça celui-ci près de l’engin pompes.
- Attends mon signal. Cruz on y va.
On les voyait pénétrer par l’entrée, instable.
Herman positionna ses hommes devant le bâtiment avec les lances, prêts à intervenir. On scrutait tous le bâtiment, priant pour qu’ils les retrouvent vite. C’était anormal, ils devraient être sortis depuis le temps.
- Ils vont s’en sortir, me murmura Upton en s’approchant de moi pour me prendre la main. On faisait face à ce brasier qui contrôlait tout. Une voix forte fendit l’air.
- Belle fin tu ne trouves pas ?
Derrière moi, Michael, toujours menotté et maintenu par Atwater me regardait toujours avec ce même regard, cette même étincelle. On aurait pu croire que ses yeux luisaient avec les flammes. Sentant la colère et la haine m’envahir de nouveau, mon bras droit se leva machinalement, sans le commander, sans prendre garde aux protestations de mes coéquipiers et tira deux fois.
La chaine de prisonniers grandissait de plus en plus le long des voitures de patrouilles, surveillés par les agents tous là.
Trois minutes s’étaient écoulées depuis que Severide était entré. Je commençais à fatiguer de plus en plus à force de rester debout. Brett était au petit soin dans l’ambulance, avec une couverture bien chaude sur elle.
- 50-21 Henry à centrale. Il nous faut deux autres ambulances supplémentaires, annonça Upton en regardant un des suspects à terre.
- Là-bas regardez ! cria soudain Burgess.
On suivit tous du regard la direction qu’elle nous indiquait. A l’arrière du bâtiment, côté Nord, quatre silhouettes s’avançaient de plus en plus vers nous.
- Tessa !
Très vite, Jake ne la laissa pas arriver et l’enferma dans ses grands bras avec force et soulagement.
- Tessa ma chérie, oh mon dieu. Ça va tu n’as rien ?
Je n’entendis pas sa réponse, émue par la voix bouleversée de mon beau-frère.
- Hermann envoie la sauce ! ordonna Severide après avoir ôté son masque.
Les jets d’eau aspergèrent le bâtiment, étouffant ainsi les flammes.
Enfin je pus étreindre ma nièce à mon tour, tellement soulagée de la sentir près de moi saine et sauve.
Jake l’emmena près de l’ambulance, ne la lâchant plus, puis Voight, le visage noirci par les flammes se planta devant moi entre deux quintes de toux. Il regarda sur le bas-côté puis à nouveau sur moi. Je l’affrontai du regard d’un air parfaitement serein.
Le décor environnant avait changé. Mes yeux s’ouvrirent dans une pièce aérée par deux grandes fenêtres d’où on pouvait commencer à voir poindre le soleil à l’horizon. Mes bras s’étirèrent, sentant le contact d’une couverture moelleuse et confortable. Pleinement éveillée, je regardai tour à tour ces personnes familières qui semblaient dormir autour de moi.
- Les gars… murmurai-je d’une voix un peu rauque en passant une main sur Hailey qui était à côté de moi. J’avais un mal de tête atroce.
Hailey passa le mot à tout le monde et l’équipe me dévisageait encore du regard.
- Tout va bien ? demandai-je en me massant le crâne. Dites-moi une bonne nouvelle changer…
- Tout va bien. Tu étais tellement épuisée que tu t’es évanouie dans l’ambulance au bout de quelques secondes, raconta le patron, le docteur t’a soigné, tu as de jolis points de suture.
- J’ai un bon mal de crâne avec aussi.
- Ces cachets ça assomme, confirma Burgess.
- Et les autres ?
- Tessa et Brett vont bien, elles sont déshydratées mais ça va, continua Upton.
- Et nos douze suspects sont derrière les barreaux et… les médecins ont pu retirer les deux balles à Michael. Les nerfs de son bras gauche ont été sectionnés, enchaina Atwater.
- Ah…
Je levai mes yeux sur mon patron.
- Et il va aller en prison pour très très longtemps.
J’étais rassurée mais au fond de moi j’étais déçue qu’il ne soit pas mort. Il l’aurait bien mérité après tout. Certains sont tellement malveillants qu’ils ne méritent pas de marcher sur cette terre. Certains actes sont impardonnables, exécutés par des esprits dérangés. Le droit de vivre ou mourir, c’était une grande question, comme la peine de mort. Dommage qu’elle n’y soit plus dans l’Illinois.
- Tant mieux, tant mieux, dis-je en soufflant pour chasser ces maux de tête qui me tapaient sur les nerfs.
- On a une petite surprise pour toi, déclara Ruzek en sortant de la chambre.
- Fallait pas les gars, c’est pas si grave. Vous avez tous dormi là ?
- Nous aussi on était épuisé, répondit Halstead, appuyé contre le bas du lit.
- D’ailleurs…, commença Voight.
- Voilà c’est prêt tiens, coupa Ruzek en me tendant une tablette.
Je regardai l’écran, surprise une nouvelle fois, mais de bonheur.
- Papa !
- Bonjour ma chérie…
J’en avais les frissons partout de le voir réveillé, de le voir parler. Il était encore dans son lit, bandé de pansements, son visage paraissait fatigué.
- Papa, tu es réveillé ?
- Oui. Ils m’ont dit que je me suis réveillé au moment où tu es arrivée.
J’étais tellement soulagée de le voir en vie, bien vivant.
- Tu vas bien ?
- Je suis beaucoup fatigué encore. Les médecins vont me faire d’autres examens bientôt mais j’en ai pour un bout de temps encore ici.
- Ca va aller maintenant, et ton genou ?
- Ils ont dû mettre une prothèse.
- Oh…
- Ils disent que ça ira mieux après. J’aurais moins de douleurs, enfin sauf quand ça sera humide.
- Je suis contente de te voir papa.
- Et toi ça va ?
- Ca va mais je suis fatiguée aussi, je sens plus mes jambes.
- Repose-toi maintenant. Il faut que je te laisse. Je t’embrasse.
- Moi aussi. Bisous.
La connexion se coupa.
- Merci Adam, c’était sympa.
- De rien.
- En parlant de repos, commença Voight en se décalant un peu pour mieux voir tout le monde. On va tous prendre quelques jours de repos, je crois qu’on l’a pas volé alors réservez votre week end prochain je vous invite. On l’a bien mérité.
Tout le monde en fut surpris, il nous invitait rarement fallait le dire.
- Où ça patron ? demanda Atwater curieux.
- Creek Lake.
- C’est dans le Wisconsin ça chef. Il y a quoi là-bas ? demanda Ruzek.
- Mon chalet.
On était tous surpris. Jamais il n’avait parlé de ça, c’était nouveau.
- Vous avez un chalet dans le Wisconsin ? questionna Halstead.
- Ca fait depuis quelques années maintenant. Depuis…depuis la mort de Justin. Je roulais, sans trop savoir où j’allais et j’ai atterrit là. Ça m’a rappelé nos premières vacances avec Camille et Justin. Depuis je l’ai acheté.
C’était sans doute là qu’il devait passer ces quelques jours de congés.
- Si vous êtes libres on décolle à 6h, annonça-t-il avant de partir.
- Sympa la proposition, constata Upton.
- Tu m’étonnes, finalement il nous aime bien, déclara Adam.
Burgess avait ramené quelques encas à grignoter. Moi, je devais garder le lit jusqu’au soir.
Dans l’après-midi, toute la famille passa nous voir avec mon père. Brett était venue me voir aussi, amenant café et cookies. Elle avait bien récupéré et avait retrouvé des couleurs.
- Ca va tu t’ennuies pas trop ?
En zappant devant la télé, Voight se trouvait sur le pas de la porte.
- Si, heureusement je sors dans une heure. Qu’est-ce qui se passe ?
Je ne lui avouai pas que c’est Halstead qui allait me prendre.
- Je vais escorter les véhicules qui conduisent Michael à Statesville, et j’irai lui rendre une petite visite, dit-il en s’approchant.
- Ah d’accord, répondis-je sans grande éloquence.
- Comment tu te sens ?
- Soulagée. Un poids en moins, avouai-je. J’ai même pu dormir un peu.
- Je sais ce que tu voulais faire. C’était pas la meilleure solution. Il va pourrir en prison pendant longtemps. Il va avoir la vie dure crois moi. Il n’aura pas un moment de répit.
- J’espère.
- Je vais y veiller rassure toi.
Je savais ce que cela vous dire.
- J’allais vraiment le faire tu sais, avouai-je à demi-mots.
- Je sais.
- Tu sais même sans l’intervention de Tessa dans la vidéo, il était sûr que je viendrais à lui. La pension, si cher pour lui. Je m’en souviens maintenant. Il savait que j’allais deviner. Ça lui a pris du temps pour planifier tout ça.
- Et on a réussi à l’avoir tu vois.
- Et tu as deviné que j’allais y aller ? Le traceur tout ça…
- Bien sûr je le savais. J’allais pas te laisser y aller seule.
- C’était un gros risque, après tout ce qui s’est passé…
- C’est ça une équipe. Tous ensemble on est plus fort.
- Merci c’est agréable de pouvoir compter sur ses amis.
Il me montra son poing pour que je lui tape dedans.
- Je vais passer rendre visite à ton père. Toi, repose-toi c’est un ordre.
- A vos ordres patron.