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Série : NCIS
Création : 29.08.2007 à 18h49
Auteur : dineka38
Statut : Terminée
« Fic' trouvée sur ncis-bluelight. Ecrite par JuliannaAlemara. » dineka38
Cette fanfic compte déjà 120 paragraphes
- Je vais ouvrir !
Sur ce, Sarah se dirigea vers la porte d’entrée, et l’ouvrit sur …
- Aaron ! Mais qu’est-ce que tu fais ici ?
- Est-ce que c’est vrai ? demanda-t-il. Pour Lydia ?
L’intéressée acquiesça, la gorge nouée. Elle ouvrit davantage la porte et s’effaça pour laisser entrer le jeune homme.
- Bonjour Aaron, le salua poliment la directrice.
- Att … c’est vous ? C’est vous qui avez …
- Non, c’est une erreur. Quelqu’un a fait ses propres déductions et ça a mal tourné, c’est tout ! se justifia calmement Jen.
- Tous les criminels disent ça ! rétorqua durement le petit ami de Lydia.
- Tous n’étaient pas enfermés dans leur bureau avec un représentant de la loi, poursuivit Jenny.
Elle sentit qu’elle l’avait légèrement déstabilisé. En effet, Aaron se tournait maintenant vers Sarah.
- Et vous, vous hébergez celle qui a tué Lydia, comme ça ! Comme si c’était une personne comme une autre !
- C’est ma sœur ! Et je sais qu’elle n’aurait jamais fait ça à Lydia ! se défendit l’intéressée.
- Ca suffit ! intervint Jen. Ne vous en prenez pas à elle. C’est ma photo qu’ils ont montrée au journal télévisé, pas la sienne.
Le jeune homme ne répondit pas. Que pouvait-il bien répondre ? Après tout, c’était la vérité ! Sarah n’avait même pas été mentionnée dans le journal. Puis, d’un geste brusque, il sortit un revolver de sa poche, et le braqua sur la directrice Shepard.
- Vous l’avez tuée.
- Je suppose qu’il est inutile que je vous répète une fois de plus que ce n’est qu’une méprise !
- Ouais ! Je n’en crois pas un mot ! répondit l’intéressé.
Ses mains tremblaient. Jen était certaine qu’il n’avait jamais tenu une arme de sa vie, avant de la mettre dans sa poche avec la ferme intention de la retrouver.
- Que vous me croyiez ou non est sans importance, poursuivit-elle avec calme. Les preuves montreront que je suis innocente. Mais, si vous me tuez, vous allez vous rendre coupable de meurtre avec préméditation de la directrice d’une agence fédérale. Vous en prendrez pour dix, peut-être vingt ans. Pensez-vous vraiment que ça en vaille la peine ?
Il sembla vaciller. L’arme passait sans cesse de sa main gauche à la droite et inversement. Il les essuyait en permanence sur son pantalon. Il était nerveux, et ne savait pas se servir de ce qu’il avait entre les mains. De toute évidence, il n’avait pas tué Lydia. Non, ce garçon n’était pas un assassin, elle en aurait mis sa main au feu.
- Taisez-vous ! hurla-t-il.
Sur ce, il s’approcha d’elle et appuya le canon de l’arme contre son chemisier. Jen ne bronchait pas. Il était déjà assez nerveux comme ça, il ne fallait surtout pas qu’elle le panique davantage. Elle avait essayé de le raisonner. Qui sait, peut-être son argumentation allait-elle avoir un effet à retardement, même si elle avait mentie. Bien sûr, d’un point de vue légal, ce qu’elle avait dit était tout à fait vrai, mais si Aaron la tuait, Jethro lui rendrait la pareille, et ça elle le savait parfaitement. Ari avait tué Kate et il était mort. Qui avait tiré ? C’était sans importance ! Jethro avait obtenu ce qu’il estimait qu’Aswari méritait. Et si Aaron la tuait, l’histoire se répèterait.
Soudain, un bruit sourd retentit, faisant trembler les murs de la maison.
L’agent spécial Gibbs peinait à se remettre de cette nouvelle, mais l’heure n’était pas au laisser-aller. Il devait prévenir Jen immédiatement, elle devait savoir ce qu’elle risquait. Néanmoins, une autre pensée tentait de s’infiltrer sournoisement dans son esprit : et si la télévision avait raison ? Et si la directrice du NCIS, Jen Shepard, avait réellement tué sa nièce ? Il aurait aimé avoir de plus amples informations sur cette journaliste, mais il n’attendait pas de Tyler qu’il se souvienne du nom. Il en avait déjà fait tant, et il ne semblait même pas en avoir conscience. Perdu dans ses pensées, Gibbs était toujours agenouillé face au garçon de six ans.
- Agent Gibbs ? appela ce dernier, surpris par le regard absent de l’adulte.
- Tu nous as vraiment été d’un grand secours, Tyler. Merci … merci beaucoup.
Sur ce, il se tourna vers McGee.
- Trouvez-moi le nom de la journaliste qui a fait passer ce message ! ordonna-t-il.
- Euh … tout de suite, patron !
Après un instant, Lara Coleman intervint :
- Qu’est-ce que je suis sensée faire ? demanda-t-elle.
- Vous prenez l’enquête en cours, mais je n’ai pas le temps de tout vous expliquer. Tâchez de vous adapter à la situation.
Puis, il désigna l’écran d’affichage.
- C’est la cassette de vidéosurveillance de la banque. Je veux savoir si cette personne est bien Jen Shepard ou non !
- Entendu. Qui est Jen Shepard ?
Jethro la regarda exaspéré, mais ne daigna pas répondre à sa question. Ce comportement agaça profondément Lara :
- Ecoutez, vous avez débarqué chez moi, et vous m’avez demandé de venir remplacer temporairement Abby. J’ai accepté sans protester ! Mais ayez au moins l’amabilité de me donner les informations qui me permettront de faire correctement le travail que vous attendez de moi ! s’énerva-t-elle.
L’agent la scruta de son regard glacial, comme s’il cherchait à lire au plus profond de son être.
- Tu auras tout ce dont tu as besoin dans les fichiers du NCIS, Lara, intervint alors Abby.
Les autres se retournèrent tous vers elle, stupéfaits.
- Abby ? Mais qu’est-ce que tu fais là enfin ? s’énerva Jethro.
La laborantine pouvait lire dans ses yeux toute l’inquiétude qui l’habitait. Et quand Gibbs était inquiet, il se transformait en bombe à retardement. Après plusieurs années passées à ses côtés, tout le monde savait ça !
- J’en avais marre de rester allongée, et puis, je peux aider, même si je ne suis pas en grande forme ! se défendit Abby.
- Je veux que tu ailles à l’hôpital, pour te faire examiner ! On ne sait jamais ! Et c’est valable pour vous aussi, officier David ! lança l’intéressé, sur un ton assez irrité.
Les deux jeunes femmes savaient que ce n’était pas le moment d’insister. Et puis, il fallait bien dire que dans le rôle de personnes fraîches et dispos, elles n’étaient pas très crédibles. En effet, comme l’avait prédit Ducky, elles avaient toutes les peines du monde à se tenir debout.
A cet instant précis, le téléphone de Di Nozzo sonna. L’agent retourna donc à son bureau, pas mécontent d’avoir une excuse valable pour fuir le regard de ses deux collègues féminines.
- Di Nozzo ! se présenta-t-il machinalement.
- Vous avez enlevé les micros ?
Il fallut un instant à l’agent pour identifier la voix déformée mécaniquement comme étant celle du mystérieux inconnu qui l’avait prévenu pour les micros.
- Oui. D’ailleurs, merci ! Si vous me disiez votre nom, je saurais à qui le NCIS est redevable ! tenta-t-il.
- Non, vous n’avez pas à connaître mon identité. Moira Sanders gît chez elle, dans une mare de sang. Si vous vous dépêchez, vous pouvez encore la sauver.
- Co … comment savez-vous ça ?
Trop tard, son mystérieux interlocuteur avait déjà raccroché. Encore perplexe, Tony expliqua tout à son supérieur et aux autres personnes présentes.
- Ducky, emmène Abby et Ziva à l’hôpital ! Di Nozzo, McGee, on va chez Moira Sanders, il n’y a pas de temps à perdre !
Ni une ni deux, tout le monde se mit en route vers sa tâche respective. Ziva et Abby auraient aimé amadouer le légiste, mais c’était sans espoir. Si Ducky était un homme très agréable et tout à fait charmant, il ne plaisantait pas du point de vue de la santé.
De son côté, alors qu’il se dirigeait vers le véhicule du NCIS, Gibbs tenta d’appeler Jen pour la prévenir que quelqu’un avait appelé à la tuer, au journal télévisé ! Hélas, le téléphone sonna dans le vide. Furieux, il raccrocha, et prit le volant. Plus encore qu’à l’accoutumée, les deux autres agents se demandaient où leur patron avait eu son permis de conduire !
Lara, quant à elle, avait été désemparée de voir tout le monde quitter l’open space en un temps record. Elle s’était retrouvée seule avec son fils, au beau milieu de la pièce.
- Bon ben je suppose que je suis sensée me mettre au travail ! dit-elle pour elle-même.
- Maman ? appela alors Tyler.
- Oui, mon chéri ?
- Pourquoi est-ce que tu as pris l’arme de Papa ? On n’est pas en danger avec eux, ils sont de notre côté.
- Ecoute, tu … je ne peux pas t’expliquer maintenant. Mais fais-moi confiance, s’il te plait ! demanda-t-elle.
Le son de sa voix laissait transparaître de la fatigue, mais aussi de l’angoisse. Son fils le sentait, il fallait qu’elle se calme, à tout prix ! D’ailleurs, il allait bien falloir qu’elle aille la rechercher cette arme ! Elle n’avait pas pu la faire entrer à cause de tous ces portiques de sécurité.
Les trois agents masculins arrivèrent en un temps record chez Moira Sanders. Gibbs et McGee se positionnèrent de chaque côté de la porte d’entrée, tandis que Tony passait par derrière. Par précaution, ils avaient appelé une ambulance en cours de route. Rien n’indiquait que cet homme disait vrai, mais si c’était le cas, il n’y avait pas de temps à perdre. Et après tout, il avait vu juste pour les micros. Tous trois ignoraient comment il savait ça, mais le fait est qu’il avait eu raison !
Après un décompte silencieux, Gibbs toqua à la porte. Aucune réponse ! C’est alors qu’il remarqua que le bois était un peu effrité d’un côté. Il le montra à McGee, avant d’enfoncer la porte. Ils passèrent en revue toutes les pièces du rez-de-chaussée, méthodiquement. Tony, quant à lui, était monté à l’étage.
- Patron, je l’ai trouvée ! appela-t-il.
L’intéressé accourut, suivi de très près par Timothy. En effet, la jeune femme gisait inconsciente dans son sang, ou du moins, c’est ce que les trois compères pensaient. En effet, quand Gibbs souleva sa tête pour la poser sur ses genoux, Moira ouvrit les yeux.
- La … la beau… beauté de … de la … ven … geance ! articula-t-elle péniblement.
Gibbs voulut lui demander des explications, mais elle avait déjà sombré. Il tâta son pouls. Il était très faible et irrégulier, il fallait vraiment faire vite !
Dans un bureau de journalisme tout ce qu’il y a de plus classique, une jeune femme blonde écoutait patiemment un enregistrement. Il ne semblait y avoir que du vide, mais soudain, une voix résonna dans les écouteurs.
- Moira Sanders est conduite à l’hôpital, mais elle est salement amochée. Gibbs veut que vous vous concentriez sur les empreintes de la scène de crime précédente, avant de vous occuper des vidéos…
- Il veut des recoupements, je suppose.
- Oui. On vous envoie les empreintes relevées dans la chambre de Moira Sanders.
- D’accord.
Un sourire victorieux étira les lèvres de la journaliste :
- Andy, organise-moi un flash info dans quinze minutes ! Nos téléspectateurs vont pouvoir suivre cette enquête … en direct !
Le jeune homme était sur le canapé, encore sous le choc de ce qu’il venait de faire. Mais il n’était pas responsable, on le lui avait demandé ! On lui avait dit qu’on le couvrirait pour ça ! Le problème, c’est que maintenant, il doutait de la parole donnée. Aaron n’avait de cesse de passer ses mains dans ses cheveux bruns ébouriffés, poisseux. Il fallait bien avouer que ça faisait près de quinze minutes qu’il était nerveux comme jamais. Ca ne devait pas se passer comme ça, au début, et pourtant … Maintenant, il se sentait coupable. Il avait réellement l’impression d’être sale, d’avoir trahi Lydia.
Sarah l’observait de la cuisine. Elle avait de la peine pour lui. Certes, ce garçon avait amené une arme dans sa maison et s’en était servi, mais elle connaissait Aaron. Sa relation avec Lydia était parfois tendue, mais c’était un garçon tout à fait charmant. Il était tellement droit, c’était bien souvent ses valeurs morales qui déclenchaient des disputes entre lui et Lydia, parce qu’elle n’avait pas cette droiture d’esprit … oh ça non ! Une partie d’elle espérait sincèrement qu’Aaron s’en sortirait, même si l’autre souhaitait qu’il paye, autant pour ce qu’il avait fait que pour ce qu’il avait failli faire.
A peine une heure plus tôt, il s’était approché de Jen et avait appuyait le canon de l’arme contre son chemisier. Sa sœur n’avait pas bronché, et pour être honnête, ça ne l’avait surpris qu’à moitié. Elle avait toujours fait preuve d’un sang froid remarquable. Sans doute pensait-elle que son argumentation allait forcément convaincre Aaron de baisser son arme. Cela dit, si Jen en était certaine, tant mieux pour elle, mais elle, en revanche, en doutait. Elle ne pensait pas Aaron capable de tuer quelqu’un de sang froid, pas plus que Jenny ne semblait le croire. Mais combien de fois des personnes qu’elle pensait connaître l’avaient-elles trahies ? Et, dans tous les cas, c’était toujours Jen qui l’avait réconfortée … mais cette fois-ci, elle risquait de payer cette confiance mal placée de sa vie, et ça, elle ne pouvait l’accepter.
Des larmes avaient commencé à rouler sur ses joues, sans qu’elle n’en ait réellement conscience. Jen était toujours plaquée contre le mur, le canon de l’arme sur la poitrine. Néanmoins, pour une raison qui demeurait toujours aussi mystérieuse à Sarah, elle avait tourné la tête vers elle. A cet instant précis, l’expression que reflétaient les yeux de sa sœur l’avait profondément choquée, cette expression qui semblait dire « Tu sais, ce n’est pas grave, ce n’est pas de ta faute ». Toujours est-il que ce mouvement avait également poussé Aaron à tourner la tête. Sans doute celui-ci avait-il eu peur qu’elles ne complotent silencieusement ! Il avait vu ses larmes, peut-être ce moment avait-il été décisif, ou peut-être était-ce ce qu’elle lui avait dit ensuite.
- Aaron, je t’en prie ! l’avait-elle supplié.
L’intéressé avait encore hésité quelques instants, puis il avait baissé son arme. Il s’était effondré sur le sol, sanglotant. Jen s’était imperceptiblement détendue. Il lui avait fallu quelques minutes pour vraiment redevenir elle-même, mais la crise était passée, Jen l’avait senti aussitôt … bien avant elle, sa petite sœur minable qui n’avait jamais su régler ses problèmes toute seule.
Jenny s’était agenouillée près d’Aaron, et l’avait serré contre elle. Contre toute attente, le jeune homme s’était laissé faire.
- Je suis désolé … je suis désolé !
Jen n’avait pu s’empêcher de sourire, sans que Sarah ne comprenne vraiment pourquoi.
- Permettez-vous que je vous donne un conseil, Aaron ? avait-elle demandé avec une douceur qui était assez inhabituelle chez elle.
L’intéressé avait hoché la tête, en conséquence de quoi sa sœur lui avait donné ce conseil étrange :
- Ne vous excusez jamais, c’est un signe de faiblesse.
Sarah avait trouvé cette règle stupide sur le moment, et s’était demandée où Jen avait été la chercher. Mais sa sœur avait semblé lire dans ses pensées.
- Crois-moi, lui avait-elle dit, ces règles peuvent sauver la vie de bien des personnes en de nombreuses circonstances.
Sarah avait continué d’en douter. Et il y avait fort à parier qu’elle en douterait jusqu’à ce que cette histoire soit terminée. Tout dépendait de comment les choses allaient se dérouler.
Aaron avait remercié Jen pour son conseil, même s’il avait semblé aussi sceptique qu’elle. Sa sœur avait laissé le temps au jeune homme de se calmer, puis elle avait recommencé à parler :
- Pourriez-vous me rendre un petit service, Aaron ? avait-elle demandé.
Il avait acquiescé. Bien sûr, à cet instant, il ignorait encore ce que Jen s’apprêtait à lui demandé, et le pauvre avait bien vite déchanté par la suite. Néanmoins, il avait accepté, au grand soulagement de Jenny, semblait-il. Elle avait donc expliqué à Sarah et à Aaron en quoi consistait son plan. Puis, elle s’était mise à la tâche.
- Sarah, passe-moi un couteau, tu veux ? lui avait-elle demandé.
Cette requête étrange l’avait surprise, mais le sourire rassurant de Jen l’avait convaincue de s’exécuter. Elle lui avait donc tendu un couteau de cuisine, sans trop comprendre ce que sa sœur avait l’intention d’en faire. Elle s’était aussitôt maudite d’avoir obéi, quand elle avait vu que Jen s’entaillait la main avec ce couteau.
- Ne t’inquiète pas, cette entaille est peu profonde, un pansement et dans quelques jours il n’y paraîtra plus.
Sur ce, elle avait laissé un peu de sang s’écouler de sa blessure, ça et là, dans la cuisine. Puis, elle avait renversé quelques petites choses, un peu partout dans la pièce.
- Sarah, tu veux bien prendre ta voiture, et aller faire un tour s’il te plait ? Reviens dans … disons une dizaine de minutes.
Elle l’avait fait. Mais, à la minute précise où sa voiture avait repris sa place dans l’allée, elle avait entendue un coup de feu. Blême, elle avait accouru dans la maison Et elle avait trouvé Aaron, là, assis dans le canapé du salon.
- Aaron … où … où est Jen ?
- Elle … elle est partie par derrière, avait-il bredouillé.
- Votre sœur a dit ce qu’elle attendait de nous avant de s’en aller !
Ces mots tirèrent Sarah de ses pensées, ou plutôt de ses souvenirs. Elle posa son regard sur Aaron, l’encourageant silencieusement à continuer.
- Elle veut que l’on dise qu’on a retrouvé la maison dans cet état. Elle dit qu’ils penseront aussitôt à quelqu’un qui aurait obéi au journal.
Il avait un peu honte de dire ça. Après tout, lui avait failli vraiment le faire. Et le combles est que maintenant, même s’il ne l’avouerait à personne, il regrettait de ne pas l’avoir fait pour de vrai. Si Jen Shepard était réellement la meurtrière de Lydia ? Cette question l’obsédait, il n’y pouvait rien, c’était plus fort que lui.
- Et les traces de sang ainsi que le désordre seront là pour corroborer nos dires, acheva Sarah.
Le jeune homme acquiesça.
- Elle dit que nous devons être précis dans ce que nous dirons à l’agent du NCIS, et que nous ne devrons pas hésiter à le regarder droit dans les yeux, que sinon il saura que nous mentons.
- Autre chose ? demanda Sarah, toujours un peu perplexe.
- Oui, si le NCIS découvre la vérité, elle ne veut pas qu’on la couvre, elle préfère qu’on dise tout. Elle dit que le temps qu’ils fassent toutes les analyses, elle aura largement eu le temps de faire ce qu’elle a à faire.
- Je vois.
Sarah était désemparée, mais elle allait faire ce que demandait Jen. Après tout, que pouvait-elle faire d’autre ? Néanmoins, devoir affronter une nouvelle fois cet agent du NCIS lui glaçait le sang ! Elle n’aimait pas cet homme, il était tellement froid, tellement implacable. Non, elle ne pouvait pas supporter ce type !
- Puis-je avoir une chambre pour la semaine ? demanda Jen à un réceptionniste d’hôtel.
- Vous avez de la chance, il m’en reste quelques unes. La 304, ça vous ira ?
- Très bien, merci !
- Votre nom ?
- Eva … Eva Stone, mentit l’intéressée.
Le réceptionniste lui tendit sa clé, elle régla ce qu’elle devait pour une semaine, remercia, et monta dans sa chambre. Son téléphone sonna. L’écran affichait « Jethro », ce qui constituait pour elle une raison suffisante pour rejeter l’appel sur le champ. Ca faisait trois fois qu’il essayait depuis ce matin, mais si elle décrochait, elle se trahissait. Désormais, elle allait pouvoir faire ce qu’elle avait à faire, sans que Gibbs se mette en travers de son chemin. Enfin !
Ziva et Abby patientaient dans le couloir de l’hôpital, en compagnie du Dr Mallard. Toute trace d’état de manque ayant physiquement disparue, la réceptionniste avait estimé que les deux jeunes femmes n’étaient pas un cas particulièrement urgent.
Si, au début, tout allait bien, un silence gêné s’était rapidement installé entre elles. Ducky ne se l’expliquait pas. Pourtant, elles avaient plutôt bien pris les choses jusqu’alors. Cette expérience avait même semblé les rapprocher, et là, plus rien. Peut-être étaient-elles simplement fatiguées. Après tout, lutter contre cet état de manque n’avait pas du être chose facile, même si elles n’en avaient rien montré.
Mais autre chose obsédait le vieux légiste. Le visage de Lydia s’imposait à son esprit. C’était une image fugace, mais il savait qu’il devait y voir quelque chose. Un élément lui avait échappé, il en était certain. Dans sa bouche, il avait trouvé ce qu’Abby avait identifié comme étant de la poudre résultant d’un tir … mais il n’y avait aucun orifice d’entrée ni même de sortie ! Tout cela n’avait pas de sens ! La pièce manquante était juste sous ses yeux, il en était intimement persuadé : restait à la trouver !
- Mesdemoiselles ! appela une infirmière.
Cet appel tira Ducky de ses pensées. Avec la permission de la jeune femme, il emboîta le pas à ses deux amies, et pénétra dans une petite salle. S’il y faisait beaucoup moins froid que dans une salle d’autopsie classique, il se révéla également que les patients étaient beaucoup plus indisciplinés.
- Je vais très bien ! grogna Ziva, tandis qu’on lui faisait une prise de sang. Tout ça n’est vraiment pas utile.
- Ca suffit ! De toute façon, nous savons toutes les deux que Gibbs ne nous laissera pas reprendre le travail le temps qu’on ne se sera pas soumises à tous ces tests ! rétorqua son amie.
A cet instant précis, un téléphone mobile se mit à sonner. Sur le moment, nul ne réagit ! Puis, une chamaillerie absurde commença :
- Qu’est-ce que tu attends pour décrocher ? pesta Abby à l’intention de l’israélienne.
- Quoi ? Mais ce n’est pas le mien ! se défendit l’intéressée avec véhémence.
En effet, la laborantine ne put qu’admettre que c’était son propre portable qui sonnait. Honteuse, elle quitta la pièce pour décrocher, bredouillant quelques paroles inintelligibles.
- Abby ? demanda une voix d’enfant, à travers le téléphone.
- Tyler ? s’étonna la jeune femme. Qu’est-ce qui se passe ?
- Est-ce que la directrice Shepard a un tatouage sur l’avant-bras gauche ?
La jeune femme resta interdite un instant. Pourquoi ? Pourquoi un enfant de six ans lui demandait-il si la directrice du NCIS avait un tatouage sur l’avant-bras gauche ?
- Pas que je sache, répondit-elle enfin. Mais Gibbs serait plus à même de répondre à cette question, si tu veux mon avis.
Aussitôt, Abby se mordit la lèvre inférieure. Elle n’en revenait pas ! Elle venait de sous-entendre à un enfant de six ans que l’agent Gibbs _ que son neveu semblait apprécier particulièrement, elle ne pouvait le nier _ avait couché avec Jen Shepard ! Oh là là ! Si Gibbs apprenait ça, il allait la massacrer.
- Pourquoi ? demanda l’enfant de cette voix innocente qui lui était coutumière.
- Euh … pour rien. C’est, il la connaît depuis plus longtemps, c’est tout, bredouilla-t-elle, confuse.
- Je vois.