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Série : NCIS
Création : 01.11.2011 à 13h14
Auteur : Sudena
Statut : Terminée
« je combine quelques unes de mes passions: vos commentaires seront VRAIMENT les bienvenus... » Sudena
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Tony et Ziva avançaient prudemment dans les sombres couloirs du Panthéon. En cette belle journée de primtemps ils s'étaient accordés quelques heures de détente après une nuit entière pssée dans l'avion. Paris leur faisait décidément toujours un étrang effet: loin du regard de Gibbs et sur les traces de sa romance passée avec Jenny ils se sentaient étrangement puissants et un peu plus libres. Leur mission n'étant pas officielle ils en avaient profité pour passer ensemble quelques heures au jardin du Luxembourg: des enfants y couraient, des étudiants y rêvaient et eux se sentaient indéfinissiblement bien... Mais cependant une étrange sensation les assaillaient. Laquelle? Ils auraient été bien incappables de le dire exactement mais Ziva n'avait pas oublié son entrainement et percevait derrière les ombres joyeuses des regards dirigés sur eux... Non... Sur lui... Et si Tony ressentait le même malaise qu'il cachait en évoquant inlassablement les meilleures adaptations des Misérables, il n'aurait pas pu en-revanche y mettre le moindre mot pour l'expliquer...
A présent qu'ils étaient entrés dans cette grande structure construite sous Louis XIV mais qui rapplait à tous la gloire de la France républicaine, cette sensation devenait oppressante et ils n'osaient plus parler qu'à voix basse.
Arrivés devant le cercueil du maréchal Lannes ils ne virent d'abord rien de particulier. Ils en firent le tour et Tony remarqua soudain, au sol, un tout petit papier soigneusement recouvert de poussière et sommairement collé au mur du fond. Il fit un signe discret à sa partenaire qui le rejoignit après avoir vérifié que personne n'arrivait dans leur direction. Ils décollèrent le papier sans pouvoir éviter de le déchirer ("Super-glue..." murmura Ziva) et lurent un seul nom écrit au crayon à papier: "Ney"... Ils déchirèrent en plusieurs morceaux le post-it, mirent les confetti dans leurs poches et ragagnèrent rapidement la sécurité bigarrée du jardin du Luxembourg.
"Michel Ney. dit Tony; Maréchal de France en 1804. Surnommé le "Brave des braves", il a été décisif à Eylau en 1807 et à La Moskova en 1812. Il a abandonné Napoléon après l'abdication de Fontainebleau en 1814 mais l'a rejoint lors de son retour en 1815. Hélas ses hésitations ont beaucoup pesé sur la défaite de Waterloo la même année... Considéré comme traitre par les Bourbons, il a été fusillé le 7 décembre de la même année. C'est aujourd'hui encore le plus célèbre maréchal d'Empire..."
Ziva le regarda bouche bée pendant quelques secodes.
"Comment tu sais tout ça?
- Avant de partir je me suis fait un cours spécial-Empire avec Mc Gee. il reprit plus sérieusement; Il ne faut pas qu'on communique avec l'agence à part en cas d'extrème-urgence: sinon ils pourront nous repérer à la trace ou même anticiper ce que nous allons faire.."
Ziva approuva silencieusement, les sourcils froncés.
"Où est-il enterré?
- Au Père Lachaise, dans le dix-neuvième arondissement. A mon avis tu devrais y aller seule pendant quede mon côté je vais interroger le conservateur des Invalides...
- Pour brouiller les pistes, je comprends. Mais on se retrouve où et quand?.."
Tony réfléchit quelques instants.
"Devant le château de Malmaison, à Rueil, un peu en dehors de Paris: c'était la demeur de l'impératrice Joséphine (morte d'un refroidissement très opportun en 1814...): si nous devons nous faire expliquer certaines choses nous y trouverons probablement des spécialistes de l'époque..."
Ziva approuva et ils se levèrent. Comment se fit-il qu'ils éprouvèrent alors le même sentiment de peur-panique pour l'autre en se regardant dans les yeux? Ils se prient instinctivement les mains dans une étreinte à se briser les os, ouvrirent grand leurs prunelles, perdirent un intant leur souffle... Puis ce moment d'instinct quasi-animal passa et ils s'éloignèrent l'un de l'autre, quelque-peu honteux mais incommensurablement inquiets...
Le cimetière du Père-Lachaise ressemblait en cette saison à un parc enchanté, une certaine vision du paradis... Ziva avança dans ces allées ombragées un peu rêveuse mais toujours sur ses gardes. Cependant elle devait bien s'avouer qu'elle n'avait plus désormais le sentiment d'être suivie et quoi qu'il en soit ce lieu était extrèmement fréquenté. Machinalement elle suivit le mouvement général qui convergeait vers une seule tombe. Ce fut quand elle la vit qu'elle se rappela sa mission: entourée de cordons de sécurité, diversement décorée, la sépulture de Jim Morrison était décidément l'un des lieux les plus animés de Paris... Des gens divers chantaient a-capella la célèbre chanson "Alabama Song" du groupe mythique, une flasque de whisky circulait... Non! Elle n'était pas là pour ça! Un petit groupe d'aspect plus sérieux se dirigeait vers le contrebas, cerrtains arborant une étrange cocarde tricolore... Elle les interpela et leur demanda où se trouvait la tombe du maréchal Ney. Ils lui indiquèrent une grande allée sur sa gauche:
"Une fois que vous aurez trouvé celle de Kellerman, prenez la première allée à gauche: celle de Ney est là. Vous ne pouvez pas la manquer: elle ressemble à une cour d'exécution..."
Ne parvenant pas à résister elle leur demanda où ils allaient.
"A la tombe d'Eléonore Duplay: nous sommes une association robespierriste et c'est le seul lieu où nous pouvons nous recueillir..."
En se disant que les français étaient vraiment bizarres et contradictoires elle prit le chemin indiqué, et trouva sans peine la tombe du maréchal Ney.
La terre avait manifestement été fraichement retournée au bord de cette mini-cour d'exécution. Vérifiant rapidement que personne ne l'observait elle se mit à la gratter sur plusieurs centimètres... Et, collé en largeur sur le marbre, elledécouvrit un assez imposant dossier qu'elle sortit rapidement avant d'effacer son "méfait". Elle retourna ensuite sur une place centrale fréquentée et ouvrit ce dossier...
Il contenait des copies de plusieurs documents d'archives, certains en français, d'autres en anglais. Sortant son carnet de note elle entreprit de les résumer afin d'avoir les idées plus claires. Et presque à son insu elle se plongea dans les dernières années de l'Empereur Napoléon et fut fascinée par cette période méconnue...et si étrange de la vie de cet homme hors du commun et mystérieux jusqu'au boût. Quand elle eut fini elle relut ses notes:
Napoléon, vaincu à Waterloo, abdique pour la seconde fois et demande l'asile à l'Angleterre. Ce droit est violé et il est considéré comm prisonnier de guerre. Il arrive à Sainte-Hélène fin 1815. Ceux qui l'accompagnent sont principelement: son ami d'enfance et maître espion Cipriani, le mameluk Ali, le maréchal Bertrand, les généraux Montholon et Gourgaud (le premier est un intrigant, le deuxième un idiot qui l'adore), et le marquis de Las Cases. Assigné à Longwood, ancienne grange à bestiaux, il y fait respecter la même étiquette qu'aus Tuilleries, avec Bertrand comme Grand Maréchal du Palais, Ali comme gardien de sa chambre et Cipriani comme seul vrai confident. Soucieux de sa légende il dicte ses mémoires à Las Cases qui s'en va avec le "Mémorial" l'année suivante. Le médecin qui lui est assigné est le docteur O'Meara qui lui diagnotique une excellente santée, très résistante. En 1816 un nouveau gouverneur arrive (Hudson Lowe) qui tente de le briser et le surveille jour et nuit par un système de fortifications appelé cyniquement "Fort Lowe". Napoléon refuse de répondre à ceux qui l'appellent "général", Lowe lui refuse le titre d'empereur. En 1818 Cipriani meurt d'une appendicite aigüe mais son nom n'apparrait pas aujourd'hui sur le registe des décès. Peu après O'Meara est renvoyé sur ordre de Lowe (Napoléon lui lègue par testament cent mille francs). La même année Gourgaud est renvoyé et peu après, alors qu'on célèbre l'anniversaire de Lowe à Plantation House, des corsaires tentent d'enlever l'Empereur qui fait prévenir le gouverneur à temps. Derrière ses amis anglais les Balcombe et la moitié du personnel sont renvoyés. Napoléon fait planter de l'eucalyptus autour de Longwood. Il refuse toutes les audiences: ses gardiens ne lui parlent plus et il ne voit plus de médecin. Il meurt d'un ulcère à l'estomac le 5 mai 1821. En 1840, Bertrand et Gourgaud le font exumer et ramener aux Invalides. Ils tentent ausi de ramener Cipriani mais il n'est pas dans le cimetière. Mme Bertrand réalise le masque funèbre de Napoléon.
Après avoir relu ces notes Ziva fut prise d'un étrange sentiment: quelque-chose n'allait pas... Mais quoi? Les rumeurs d'empoisonnement bien sûr mais pas seulement... C'est alors qu'elle se souvint de l'heure! Malmaison était à l'autre boût de Paris et Tony allait sans-doute s'inquiéter!.. Metant le dossier dans son sac, son carnet dans sa poche, elle saua dans le primer métro.
La gare de Rueil était située à plus de deux kilomètres du château de Malmaison. Ele fit à pieds le chemin en pestant. Les abords bucoliques du grand manoir impérial, la brise légère qui lui caressait le visage et les odeurs délicates qui lui chatouillaient le nez la détendirent quelque peu bien qu'elle priât pour que son ami n'ait pas rencontré une joile jeune fille aux alentours.... Mais son enthousiasme retomba aussi vite lors'elle arriva en vue du manoir: tout était silencieux, lugubre même... Elle s'avança vers la grande guérite qui faisait office de boutique et y entra. Trois employés s'y trouvaient, tous étaient en état de choc. Pressantant un malheur elle questionna sans ménagement:
"Que se passe-t-il? Vous avez vu quoi?!.
- Il... Il a été enlevé... bredouilla la vendeuse.
- Qui?!! cria-t-elle presque, prise de panique.
- Un homme... Grand, accent anglais, cheveux courts et blonds, les yeux clairs, plutôt beau..."
Ziva se sentit défaillir: ainsi ils les avaient suivis, et maintenant Tony était entre leurs mains!.. Elle tenta de retrouver son calme.
"Par qui? demanda-t-elle
-Ils étaient quatre. répondit le gardien; Ils lui ont sauté dessus, ils lui ont arraché son téléphone qu'ils ont fracassé au sol. il désigna le téléphone brisé; Et comme il n'avait pas d'arme il n'a pas pu se défendre.
-Quelle nationalité?!
-Ils parlaient en anglais mais deux sur quatre avaient un étrange accent...
-Oui. renchérit la vendeuse; Ils parlaient un peu comme Mike Brant..."
Ziva contint difficilement un éclat de rire: ces français étaient décidement bizarres: Mike Brant! Et puis qui encore?.. Mais elle retrouva très vite son sérieux et analysa rapidement la situation: Tony avait été enlevé et comme il l'avait prévu les services secrets anglais s'étaient lliés au Mossad; elle n'avait pas le début d'une piste pour le retrouver, sa mission étant secrète elle ne pouvait absolument demander l'aides des autorités, et elle redouter d'appeler Gibbs, Abby ou à plus forte raison Mc Gee... Et puis au fond d'elle elle se sentait investie d'une mission: Tony était en danger, son père avait remporté une manche: elle devait mener cette enquête seule: son honneur...et la vie de Tony étaient en jeu...
"Vous avez prévenu la police? demanda Ziva
-Oui naturellement mais...
-Bon! Laissez-moi votre ordinateur!.."
Impressionnés par l'autorité naturelle qu'elle dégageait, les employés de la résidence la laissèrent agir à sa guise.
Ziva dirigea ses recherches sur les petits avions décollant de Roissy ou d'Orly. Elle s'aperçut que trois jets privés prenaient le ciel dans l'heure mais seul un avait une identité fabriquée (ni antécédents, ni relevés de compte: aucune vie jusqu'alors: un travail visiblement fait à la va-vite ce qui la rassura quelque peu: ses ennemis n'étaient pas omniscients...). il partait de l'aéroport d'Orly et se dirigeait vers la caserne militaire de Mourmelon...
"Mourmelon: l'affaire des disparus... Ils n'agissent décidément pas au hasard..." se dit-elle
"Voulez-vous m'aider? demanda-t-elle à brûle-pourpoint au gardien.
-Vous aider? Mais...
-Je tente de résoudr une énigme portant sur l'Empereur. un homme est mort et mon...mon coéquipier a été enlevé: c'est une quête pour la vérité: votre Empereur détient un secret que certains ne veulent à aucun prix ébruiter, mais je VEUX au moins le découvrir!..
-Il n'y a pas d'autre raison...plus personnelles?.." demanda malicieusement le gardien.
Ziva le plaqua contre le mur: sa peur lui donnait plus de hargne et elle ne supportait pas qu'un misérable larbin qui n'avait pas été capable de se défendre puisse jouer au plus fin...
"Vous allez me prêter votre voiture..."
Affolé le brave homme lui donna ses clefs: il n'avait pas pensé qu'évoquer des sentiments agréables puisse autant mettre en colère... Ziva lui adressa un sourire indiquant qu'elle n'éprouvait pas de rancune.
"Vous retrouverez votre voiture à Mourmelon."
Et elle partit.
En chemin elle fut perturbée par des manifestations.
"Ces français!.." pensa-t-elle avant de se souvenir que la fête du travail était commune à beaucoup de pays...
Elle arriva tard dans la soirée à la caserne de Mourmelon où elle s'entendit dire que le responsable était absent. Epuisée par toutes ces émotions elle dormit quelques heures au volant et fut réveillée très tôt...par ses propres ronflements ("Mince!.. Tony avait donc raison?.." s'inquiéta-t-elle)...
Elle se rendit aussitôt au poste de commandement et découvrit qu'un avion militaire avait été volé sous le nez des gardiens dans des conditions ne laissant aucun doute sur le professionalisme des voleurs. La radio et son système GPS avaient été dérèglés mais l'avion ayant décollé en urgence une certaine destination avait déjà été dessinée...
De toute évidence l'avion se dirigeait vers le sud-ouest. Plusieurs destinations étaient posibles mais Ziva sentait que dans cette affaire le hasard n'avait pas sa place. Elle réfléchit. 2 mai, le sud-ouest, un avion militaire... La réponse lui sauta aux yeux! Dans trois jours ce serait l'anniversaire de la mort de Napoéon! Tony, enlevé illégalement par des militaires, allait être mené en lieu sîr, loin des regards mais sur un territoire ni nglais ni Israëlien pour détourner les soupçons au cas où on trouverait son... Non! Elle ne voulait pas y penser! Elle savait désormais et elle était décidée...
Oui! Dans trois jours, quitte à y laisser sa vie, elle sauverait son Tony, elle tuerait ces mercenaires au service du mensonge et elle découvrirait la vérité!..
Une phrase de l'Empereur lui revint soudain en mémoire, qui lui sembla une étrange clef de la vérité:
"L'Histoire est un mensonge que personne ne conteste."
"Vous voulez que votre caserne soit de nouveau associée à une affaire qui porterait atteinte à votre dignité et vous couvrirait de ridicule?!. Vous n'en avez pas eu assez d'une seule aussi sanglante que les meutres impunis de Chanal?!!"
Les militaires blêmirent. Bien qu'aucun d'eux n'ait été présents au moment des disparitions ou même de l'ultime pied de nez à la justice de Pierre Chanal, ils connaissaient tous cette histoire et cette tare pesait sur leur caserne de façon indélébile. Une autre les tuerait pour de bon...
"Que voulez-vous?.. demanda timidement le commandant.
- Parachutez-moi sur l'un de vos croiseurs et laissez-moi rejoindre le territoire français de Longwood!
- Vous parachuter ne sera pas un problème mais...
- Je me débrouillerait pour ne pas vous compromettre, quitte à voler un zodiac, mais faites-le TOUT DE SUITE!"
Sa terreur se transformait en colère dès qu'elle ouvrait la bouche. Humiliés et redoutant les conséquences d'une plainte ou d'une médiatisation, les militaires frannçais accédèrent à sa requête et l'embarquèrent dans un avion vers les eaux territoriales du territoire de Longwood.
Mc Gee était inquiet. Depuis trois jours Tony ne lui avait donné aucune nouvelle. Lors de leur conversation juste avant son départ il lui avait très clairement signifié qu'il ne devrait pas l'appeler mais en même temps il avait juré de le tenir au courant. Mc Gee ne savait que trop les blagues dont son ami était capable mais il le connaissait assez pour savoir quand il était sincèrement inquiet, or là c'était le cas: il lui avait laissé entendre que son inquiétude tenait en grande partie au fait que Ziva se trouve une nouvelle fois confrontée au Mossad ce qui l'avait fait sourire ("Tu peux bien te cacher de toi-même Tony. lui avait-il dit; Mais tu ne me la feras pas à moi: je sais de quoi tu es capable quand tu te mets à raisonner avec ton coeur..."), mais sa promesse de le tenir au courant était réelle et s'il ne l'avait pas tenue c'était parce qu'il en avait été empêché...
"Patron, pas de nouvelle de Tony et Ziva?
-Aucune. répondit Gibbs, impassible; Pourquoi?
-C'est juste que Tony m'avait dit...
-Vous avait dit quoi?..
-Oh rien... C'est pas important..."
Voyant l'air suspiscieux de son patron il avait déduit que celui-ci n'était pa dans la confidence et avait battu prudemment en retraite pour éviter une crise de mauvaise humeur. Cependant en lui le sentiment était de plus en plus pesant qu'il se passait quelque chose d'inquiétant...
Ziva avait agi en professionnelle aguérie. En ce début de soirée du 4 mai, elle avait neutralisé la vigie et avait volé silencieusement un zodiac qu'elle dirigea vers Sainte-Hélène. Armée de deux pistolets et de plusieurs couteaux elle était sûre de réussir. Elle avait mûrement réfléchi: la meilleure cachette était certainement la résidence même de Longwood, restée telle quelle et somme toutes peu visitée. C'était là qu'ils retenaient Tony s'ils ne l'avaient pas déjà... Non! Elle refusait de tout son être cette pensée!..
C'en était trop à la fois pour Mc Gee et pour Abby! Le silence de Gibbs, l'indifférence de Vance, les doutes de Ducky: tout ça était de trop pour eux! Tony et ziva ne POUVAIENT pas les avoir laissé tout ce temps sans nouvelles, ou tout du moins Ziva ne le pouvait pas pour Abby et Tony avait promis à Timmy: quelque-chose allait mal et il fallait à tout prix les retrouver. Revenus en douce au labo ils avaient unis leurs mains pour se donner du courage (ils avaient aussi peur l'un que l'autre et le savaient...). Ils tentèrent de leur téléphoner en les pistant via leur portable.
Dans le château de Malmaison, le gardien entendit sonner le téléphone qu'il avait retrouvé le veille dans le vide-poche de sa voiture qu'il était allé chercher à Mourmelon. Un mot y avait été laissé: "Ne répondez pas". Pour ne pas succomber à la tentation, le brave homme l'éteignit dès qu'il eut fini de sonner. il avait été pris de sympathie pour cet étrange couple et s'en voulait d'avoir été sidéré lorsque l'homme s'était fait enlever. Il espérait que la jeune femme arriverait à le sauver... Quel lien avec l'Empereur? Il l'ignorait mais dans cette maison hantée par un crime masqué aux yeux de l'Histoire il voulait croire encore au pouvoir constructeur de cet homme hors du commun...
"Le téléphone a été coupé. dit Abby; Tu as pu le localiser?
- Oui. répondit Mc Mais ça ne nous dit pas si elle est là: son téléphone se trouve aux environs du château de Malmaison, à l'ouest de Paris et au nord de Versailles. Résidence de l'impératrice Joséphine...
- Ouf! interrompit la laborantine; Bon maintenant appelle Tony..."
Mc Gee s'exécuta...et le résultat leur fit monter une bouffée de panique intense...
"Aucun signal! Son portable a été détruit!!.
- Mais alors ça signifie que...
- Ca signifie que c'est vraiment grave Abby! Son portable est détruit et il ne m'a jamais contacté ne serait-ce que pour me dire de ne pas m'en faire au cas où je ferais des recherches!..
- Mc Gee: ils sont censés nous prévenir en cas d'extrème urgence et Ziva...
- Ziva se l'ai peut-être fait voler ou on l'a menacée pour qu'elle le lâche: quoi qu'il en soit on ne pux pas les retrouver...
- Mc Gee! Tu crois qu'on devrait en parler à Gibbs?..
- Il nous a parlé de quoi, lui?!"
Sans Tony, Mc Gee se sentait orphelin, privé d'une partie de lui-même, et il en perdait même son sang froid d'autant que, là il se sentait impuissant... Abby apela Ziva une nouvelle fois: elle tomba sur sa boite vocale.
"Elle a éteint son portable ou...
- Ou on lui a éteint son portable... répondit Timmy, redevenu calme pa fatalisme.
- Oh Mc Gee..."
Etroitement calée dans les bras de son ami à qui elle tenait chaud, sur le sol de ce labo qui ne comptait même plus pour elle en cet instant, folle d'inquiétude et pressentant un pire auquel elle n'avait jusque là pas voulu croire, Abby sa laissa aller aux pleurs et aux sanglots. Pendant ce temps-là, dans la nuit froide lde l'océan Atlantique, d'autres larmes lui répondaient...
Allongé dans la résidence de Longwood, ce cachot aménagé d'où on le sortait chaque jour pour le planquer au bas de la crique de Sandy Bay, Tony avait retrouvé ses esprits et mesurait l'abïme où il était tombé et d'où il ne pouvait plus sortir désormais... Car c'était à présent une certitude: il avait vu le tableau de ses propres yeux et cette vision d'horreur l'avait tenu presque deux jours dans un état catatonique, au-delà de tout sentiment, comme si son âme avait été arrachée en même temps... Il avait vu cette gorge si fine et si frêle transformée en geyser de sang; il avait contemplé une dernière fois ce visage angélique dont les yeux, ces yeux qu'il avait tant de fois croisé et dans lesquels il avait tant de fois puisé répartie, tendresse, humour, malice et courage, fermés à-jamais. Tout ça était de SA faute! Oui, entièrement de SA faute!.. Ce sentiment le submergea totalement: vivre n'était plus possible pour lui désormais: il allait seulement faloir en tuer le plus possible avant de succomber... Se mordant le poignet jusqu'au sang pour étoffer le bruit et ne pas donner d'ultime joie à ses geôliers, il pleura son désespoir sans retenue: de fierté il n'était plus question: tout s'effaçait devant cette simple vérité: Ziva est morte à cause de moi...
Ses gardins arrivèrent une heure plus tard:
"Vous voulez un corps? Désormais vous en aurez un, vous autres les grands justiciers irraisonés...
- Vous voulez me tuer? Très bien, volontiers.." répondit-il en partant d'un petit rire carnassier.
Ziva, arme au poing, avançait prudemment dans l'ancienne grange à bestiaux: ils étaient tout proches: ele en était sûre... Soudain une fusillade éclatta à quelques mètres devan elle.
'NOOOOOOOOOOON!" hurla-t-elle avant de foncer droit devant.
Elle en descendit deux en une seconde et se précipita dans la pièce. Son coeur fit alors un bond: Tony était vivant! A en juger par sa position il avait sauté sur son agresseur et lui avait volé son arme avant de faire bouclier avec son corps. Il tirait à tout va, avec une énergie folle, Ziva aussi soit pour les toucher soit pour les achever. Quand il tourna la tête vers elle il parrut éberlué.
"Ziva??!"
Elle lui sourit mais il tira soudain droit sur elle. Elle eut un frisson de terreur...mais elle comprit rapidement en entendant la chute du dernier agresseur caché jusqu'alors derrière la porte et qui avait pointé son arme sur son dos. Ils se précipitèrent l'un vers l'autre et Tony lui toucha précipitemment les épaules, les bras, le visage, pour vérifier qu'elle était bien là...
"Tony... Tu as pleuré??.
- Je croyais que tu étais... Ils m'avaient montré une photo...
- Tu croyais que j'étais morte?..
- Quand tu as crié tout à l'heure...
- Je croyais que j'arrivais trop tard..."
Ziva ne put contenir plus longtemps les deux grosses larmes qui perlaient à ses paupières. Au milieu de ce charnier qu'ils savaient instinctiement avoir été la chambre le l'Empereur des français, dans cette nuit profonde où ils venaient de renaître après avoir cru mourir, loin de toute contrainte et de toute hypocrisiesur cette île au boût du monde, ne voyant plus que le visage de l'autre de plus en plus près, sentant leurs souffles saccadés où la sanglot chaque fois pointait, leurs mains s'accrochèrent à leurs bras, puis à leurs dos, pour finir dans leurs cheveux; leurs lèvres s'entr'ouvrirent dans un unisson parfait; leurs jambes se dérobèrent sur le lit impérial; leurs langues enfin se croisèrent et leur paupières se fermirent... Rien d'autre ne comptait plus à leurs yeux que le goût de l'autre, que la vie qu'ils s'insufflaient, que leurs corps qui s'enlaçaient...
Nuit profonde et hors du temps, sur cet îlot, ce lit de camp... Le sang souillait le sol mais leur radeau était le plus beau... Ils étaient revenus au XIXème siècle, dans ce lieu de secrets, de non-dits, d'affrontements vicieux et cachés: loin, très loin de la réalité. La joie de s'être retrouvés, l'amour qu'ils s'étaient enfin avoués quand ils avaient cru avoir perdu l'autre et qu'ils avaient décidés de le rejoindre, lignorance de ce qui pourrait se passer le lendemain: vivre! Ils VIVAIENT enfin pleinement... Mais leurs passions assouvies laissèrent place au retour de la peur: ruisselants de sueur, les mains et le matelat noircis de poudre, leurs vêtements jetés à la hâte trempés de sang, ils n'allaient pas pouvoir cacher leur présence...ni leur "faute". Leur terreur allait en augmentant: ils s'étaient conduits vraiment comme des enfants en pleine mission secrète et pourtant...d'où venaient ce soulagement et cette totale absence de culpabilité qu'ils ressentaient?.. Tony réagit le premier:
"La fiole!"
- Quelle fiole?
- Le conservateur des Invalides m'a remis une fiole contenant des cheveux: il m'a dit que le sergent O'Meara la lui avait remise lors de sa dernière rencontre. Quand ils m'ont kidnappé, ils m'ont fouillé mais je sais qu'ils ont conservé cette fiole.
- Pourquoi?..
- Je pense qu'ils avaient l'intention de me tuer et d'enterrer mon corps ici, sur cette île: auquel cas ils auraient remplacés les cheveux contenus par les miens pour rendre l'analyse ADN impossible...et ils l'auraient ensuite discrètement ramenée aux Invalides..."
Tony se leva et fouilla les cadavres et poussa peu après une exclamation de triomphe:
"La voilà!"
Ziva, elle, ne s'était pas levée: la nuit leur laissait encore quelques heures d'intimité et ele VOULAIT en profiter... Tony la rejoignit, brandissant la petite fiole:
"Le sergent O'Meara était un homme doté d'une intelligence et d'une pugnacité peu communes: cette fiole nous en apprendra je pense bien plus que ce que ces idiots escomptaient...
- Le conservateur ne t'as rien dit d'autre? demanda Ziva, les deux s'étaient remis à respirer bruyamment et ne parvenaient pas à déourner leurs yeux des prunelles de l'autre...
- Il m'a donné plusieurs morceaux de papier calque sur lesquels, parfois quelques mots avaient été inscrite en diagonale, qui ressemblaient aux commentaires d'un dossier...
- J'ai récupéré un dossier au Père Lachaise!" s'exclama Ziva en lui prenant violemment le bras.
Tony fronça les sourcils: les pièces du puzzle commençaient petit à petit à se révéler...
"Où est ce dossier?..
- Je l'ai laissé sur le croiseur français... Mais j'ai pris des notes sur mon carnet et chaque phrase résumait un chapitre, ni plus ni moins... il lui prit le visage à deux mains.
- T'es un génie Ziva!
- Et où sont ces calques?
- Déchirés en mille morceaux, mais j'avais pris mes dispositions..."
Il fouilla rapidement ses chaussures et ses chaussettes et en tira des petits carnets de post-it multicolores.
"J'ai copié tous les calques, écrits ou non, et je les ai ordonnés avec un code-couleur correspondant aux couleurs de l'arc-en-ciel en commançant par le rouge et en remontant au fur et à mesure: comme ils sont très fins ils ne les ont pas détectés quand ils m'ont fouillé...
-Tony!.."
Fous de désir ils se jetèrent de nouveau l'un sur l'autre et recommencèrent leurs jeux interdits... Ce n'est que quelques heures plus tard, en pleine nuit, qu'un appel anonyme retentit et réveilla en sursaut Mc Gee...
"Allo?
- Mc Gee? Réveile-toi tout de suite et écoute-moi bien: c'est une question de vie ou de mort!..
- Tony?! Mais t'es où? Ca fait cinq jours que tu es parti et que t'as pas donné signe de vie!..
- Tony!!? s'exclama Abby, réveillée en sursaut; Tu vas bien, Ziva est avec toi?..
- Oui, elle va bien: elle est occupée à ramasser de la terrre à deux endroits distincts du cimetière.
- Quel cimetière??
- J'ai pas le temps de vous expliquer mais il faut que vous nous aidiez et vite!"
Le ton d'urgence qu'ils percevaient dans sa voix ne les rassurait pas du tout, aussi furent-ils très attentifs à la suite...
"J'ai été enlevé par le MI5 et le Mossad et emmené sur l'île de Sainte-Hélène, c'est là que Ziva m'a retrouvé et m'a sauvé: on a descendu tous nos ennemis mais notre seule possibilité de repli est un croiseur français au large de Longwood: il FAUT que vous veniez nous y chercher avant que l'Angleterre ou Israël ne s'en charge: nous tenons entre nos mains des informations je pense extraordinaires, beaucoup trop pour nous deux... En-revanche nos ennemis ont commis une erreur: ils se sont rendus coupables de plusieurs actes répréhensibles sur le territoire français: si vous faites jouer la diplomatie tout d suite vous pouvez les devancer...
- Mais s'ils ont capté votre appel...
- Nous utilisons un téléphone satellite que nous leur avons volé: ils ne peuvent pas nous détecter et ils ignorent encore que nous sommes vivants...
- Ok Tony... Bon vous serez sur le croiseur français au large de Longwood...
- C'est ça le bleu: préviens Gibbs et venez nous chercher, mais vite!..
- Et qu'est ce que je lui dis?
- La vérité. En tout cas tout ce que tu sais...
- Au fait, comment ça se fait que tu me préviennes en premier?..
- Je t'avais fait une promesse et au moins je ne dois pas tout t'expliquer en détail pour que tu agisses: je sais que t'es un lion..."
Mc Gee sourit, fier et étrangement ému par ce que venait de lui dire son ami; Abby lui rendit son sourire. Mais il était parallèlement assez intrigué...
"Pourquoi tu me dis ça maintenant? son ami resta silencieux; Tony, qu'est ce qui s'est passé?..
- Plus tard le bleu: fais ce que je t'ai demandé! Et au fait, c'est comment le labo la nuit, à deux?.."
Mc Gee s'étrangla mais Tony raccrocha dans la foulée.
"Vite Abby, va prévenir Gibbs: j'afrète un hélicoptère et on part tout de suite!
- Tu afrète un hélicoptère??. Mais Mc Gee seul Vance a l'autorité pour...
- On n'a pas le temps Abby: Tony et Ziva sont en danger et chaque minute peut compter!.."
Abby ne se la fit pas répèter: elle adressa un sourire espiègle à son ami et se précipita chez Gibss.
Mc Gee, de son côté, entrprit sa mission de piratage sans remors: la vie de ses amis était décidément plus importante à ses yeux que sa carrière...
Tony et Ziva avaient, eux, repris le zodiac, inquiets quand à l'accueil que les français leur réservait... Le croiseur avait avancé et se tenait à présent à-peine hors de vue de l'île: ils s'échangèrent un regard intrigué mais leur surprise augmenta quand ils arrivèrent à bord: le commandant les attendait en personne et leur offrit sa cabine pour se retirer en leur disant simplement:
"Nous sommes au courant..."
Les émotions de la nuit avaient été telles qu'il leur fallut quelques minutes pour comprendre...
"Ils savent donc que...
- Oui, forcément: la vendeuse de Malmaison m'a dit que tes ravisseurs avaient l'accent de Mike Brant, tu te rends compte?.. dit-elle en riant.
- Ah, que veux-tu?.. Le corps d'éphèbe, la voix d'or, la jeunesse éternelle, le destin tragique: comment une petite vendeuse coincée et rêveuse peut-elle rester insensible au charme irrésistible de ce demi-dieu?..
- Tu sais que sa tombe est l'un des plus grands lieux de recyclage de préservatifs en Israël?"
Ilr rirent de bon coeur, quelque peu rassurés par la tournure des événements: si Mc Gee et Abby se dépéchaient et prenaient certaines libertés avec le règlement ils auraient peut-être une vraie chance de s'en sortir vivants. Ils se surprirent à penser qu'ils n'avaient plus été aussi optimistes depuis leur visite du Panthéon... Ils s'échangèrent un regard, fronçant légèrement le sourcils.
"On le fait maintenant?..
- Tu veux dire quoi? Qu'on découvre le mystère?..
- Ce serait le minimum: Longwood est après tout la dernière conquête de Napoléon, pourquoi n'aurait-ce pas été également le lieu de sa plus sensationelle victoire?..
- Et nous pourrions lui rendre hommage sur son sol, enfin sur sa mer. D'accord avec toi Tony: allons-y!.."
Et ils se plongèrent dans leurs notes et copies. Au fil de leur lecture, et bien qu'ils s'attendissent au résultat, ils ne purent empêcher une extraordinaire sensation d'euphorie de s'emparer d'eux, pas plus qu'ils ne retinrent leurs mains unies dans une étreinte à se briser l'une l'autre...
"Gibbs! Gibbs!!"
Abby tambourinait à la porte de son patron comme une démente. Lui ne dormait pas: l'absence de nouvelles de ses agents, l'inquiétude que ne parvenait pas à cacher Mc Gee, la nervosité de sa laborantine, le silence soucieux de Ducky, tout cela nourissait sa peur (bien réelle, quoiqu'il s'efforçât d'adopter une attitude froide en public)
Napoléon, vaincu à Waterloo, abdique pour la seconde fois et demande l'asile à l'Angleterre. Ce droit est violé et il est considéré comm prisonnier de guerre. Il arrive à Sainte-Hélène fin 1815. Ceux qui l'accompagnent sont principelement: son ami d'enfance et maître espion Cipriani, le mameluk Ali, le maréchal Bertrand, les généraux Montholon et Gourgaud (le premier est un intrigant, le deuxième un idiot qui l'adore), et le marquis de Las Cases. Assigné à Longwood, ancienne grange à bestiaux, il y fait respecter la même étiquette qu'aus Tuilleries, avec Bertrand comme Grand Maréchal du Palais, Ali comme gardien de sa chambre et Cipriani comme seul vrai confident. Soucieux de sa légende il dicte ses mémoires à Las Cases qui s'en va avec le "Mémorial" l'année suivante. Le médecin qui lui est assigné est le docteur O'Meara qui lui diagnotique une excellente santée, très résistante. En 1816 un nouveau gouverneur arrive (Hudson Lowe) qui tente de le briser et le surveille jour et nuit par un système de fortifications appelé cyniquement "Fort Lowe". Napoléon refuse de répondre à ceux qui l'appellent "général", Lowe lui refuse le titre d'empereur. En 1818 Cipriani meurt d'une appendicite aigüe mais son nom n'apparrait pas aujourd'hui sur le registe des décès. Peu après O'Meara est renvoyé sur ordre de Lowe (Napoléon lui lègue par testament cent mille francs). La même année Gourgaud est renvoyé et peu après, alors qu'on célèbre l'anniversaire de Lowe à Plantation House, des corsaires tentent d'enlever l'Empereur qui fait prévenir le gouverneur à temps. Derrière ses amis anglais les Balcombe et la moitié du personnel sont renvoyés. Napoléon fait planter de l'eucalyptus autour de Longwood. Il refuse toutes les audiences: ses gardiens ne lui parlent plus et il ne voit plus de médecin. Il meurt d'un ulcère à l'estomac le 5 mai 1821. En 1840, Bertrand et Gourgaud le font exumer et ramener aux Invalides. Ils tentent ausi de ramener Cipriani mais il n'est pas dans le cimetière. Mme Bertrand réalise le masque funèbre de Napoléon.
TRES GROSSE ERREUR DE MA PART!!! LA FIN DU DERNIER PARAGRAPHE (que je ne peux pas effacer) N'EXISTE PAS DANS LA REALITE: JE REPRENDS DONC AVANT LES ITALIQUES...
"Gibbs! Gibbs!!"
Abby tambourinait à la porte de son patron comme une démente. Lui ne dormait pas: l'absence de nouvelles de ses agents, l'inquiétude que ne parvenait pas à cacher Mc Gee, la nervosité de sa laborantine, le silence soucieux de Ducky, tout cela nourissait sa peur (bien réelle, quoiqu'il s'efforçât d'adopter une attitude froide en public). Aussi fut-il peu surpris et somme toute assez soulagé de l'arrivée impromptue de sa gothique. Il lui ouvrit la porte.
"Qu'est-ce qui se passe Abby?
- Ah Gibbs... Tu es déjà habillé??. Oui, pardon, ça te regarde... Il faut que tu embarques illico pour aller chercher Tony et Ziva sur un croiseur français au large de Sainte-Hélène...
- Attends, attends Abby, qu'est-ce que tu me dis?..
- Ils sont vivants Gibbs! Mais ils sont en danger de mort: d'après ce que j'ai compris Tony a été enlevé parle Mossad et le MI5 car lui et Ziva étaient sur le point de faire une découverte sensationnelle sur Napoléon. Ziva est allé le sauver directement à Sainte-Hélène, ils ont tué tous leurs ravisseurs ce qui va créer des problèmes diplomatiques entre la France, Israël et l'Angleterre car c'était sur le territoire français de Longwood, où les services secrets de ces deux pays n'ont rien à faire. Mais il faut que tu prennes l'hélico maintenant et que tu nous ramène Tony et Ziva en vie! Mc Gee est en train de traficoter dans le bureau de Vance pour t'obtenir l'autorisation mais on ne peut vraiment pas se permettre de perdre une minute!.."
A ce moment une voiture arriva à toute vitesse et s'arrêta devant eux. A son bord Abby et Gibbs eurent la surprise de voir Mc Gee...et le directeur Vance habillé de frais et souriant ironiquement.
"Votre autorisation est signée agent Gibbs, je vous accompagne à l'héliport: partez vite et ramenez-nous les agents David et DiNozzo vivants...avec les preuves si possible. Mademoiselle Sciuto! Abby leva les yeux, inquiète; Nous reparlerons de cette nuit et de cette tentative d'effraction en temps et en heure..."
A chaque chapitre du dossier, le sergent O'Meara avait écrit un commentaire, parfois laconique, parfois très explicite...
"Napoléon, vaincu à Waterloo, abdique pour la seconde fois et demande l'asile à l'Angleterre.
Naïf: les anglais n'ont jamais été des adversaires loyaux.
Ce droit est violé et il est considéré comm prisonnier de guerre.
Evidemment: vingt ans de ruine et d'humiliations ça crée des inimitiés...
Il arrive à Sainte-Hélène fin 1815.
La bataille commence.
Ceux qui l'accompagnent sont principelement: son ami d'enfance et maître espion Cipriani, le mameluk Ali, le maréchal Bertrand, les généraux Montholon et Gourgaud (le premier est un intrigant, le deuxième un idiot qui l'adore), et le marquis de Las Cases.
Cipriani était corse et l'avait très utilement servi à Elbe, de plus il était on confident personnel et nul ne le connaissait mieux dans le privé. Les mameluks lui ont toujours été très fidèles et Ali l'a gardé jusqu'aux Invalides en 1840: nul ne pouvait passer sans son autorisation. Bertrand lui aussi était un fidèle parmi les fidèles: il l'accompagnait depuis 1796 et la campagne d'Italie. Montholon était un redoutable menteur. Gourgaud lui avait sauvé la vie à Moscou et à Brienne: il obéissait scrupuleusement aux ordres. Las Cases avait le rôle politique d'écrire le "Mémorial". Les acteurs sont en place...
Assigné à Longwood, ancienne grange à bestiaux, il y fait respecter la même étiquette qu'aus Tuilleries, avec Bertrand comme Grand Maréchal du Palais, Ali comme gardien de sa chambre et Cipriani comme seul vrai confident.
Curieux de s'isoler autant, à moins que ce ne soit précisément pour être vu le moins possible: tactique de la feinte employée merveilleusement à Austerlitz et à Wagram.
Soucieux de sa légende il dicte ses mémoires à Las Cases qui s'en va avec le "Mémorial" l'année suivante.
Premier départ: le début d'une longue série...
Le médecin qui lui est assigné est le docteur O'Meara qui lui diagnotique une excellente santée, très résistante.
Tiens donc! Et malgré ça on dit qu'il était déjà à-moitié mourant: ptremière énormité!
En 1816 un nouveau gouverneur arrive (Hudson Lowe) qui tente de le briser et le surveille jour et nuit par un système de fortifications appelé cyniquement "Fort Lowe".
Savoir se servir des atouts de son adversaire pour le piéger: répétition du plan d'Austerlitz à une échelle privée: avec son système de fortifications, Lowe n'est parvnu qu'à s'isoler un peu plus de son prisonnier qui comptait manifestement beaucoup là-dessus.
Napoléon refuse de répondre à ceux qui l'appellent "général", Lowe lui refuse le titre d'empereur.
Et donc peu de visites et premier avantage psychologique pris.
En 1818 Cipriani meurt d'une appendicite aigüe mais son nom n'apparrait pas aujourd'hui sur le registe des décès.
Et pourquoi donc?! Les morts d'une bataille ont plus d'importance que ça normalement. A moins que...
Peu après O'Meara est renvoyé sur ordre de Lowe (Napoléon lui lègue par testament cent mille francs).
Mon ancêtre a rendu comme seul service spécial à l'Empereur le fait d'avoir constaté le décès de son maître-espion: cela valait-il cent mille francs?..
La même année Gourgaud est renvoyé et peu après, alors qu'on célèbre l'anniversaire de Lowe à Plantation House, des corsaires tentent d'enlever l'Empereur qui fait prévenir le gouverneur à temps.
Il est évident que Gourgaud avait pour mission d'alerter les corsaires, et certainement Napoléon lui avait donné des ordres: des coïncidences aussi énormes ne peuvent pas en être (probablement se sont-ils rencontrés sur l'île de l'Ascenscion: les dates correspondraient parfaitement). La vrai question est: pourquoi Napoléon a-t-il fait échouer cette évasion? Pour y répondre, regardons le conséquences: les anglais lui ont fichu la paix...et Gourgaud est parti.
Derrière ses amis anglais les Balcombe et la moitié du personnel sont renvoyés.
Beaucoup de départs pou la seule année 1818...
Napoléon fait planter de l'eucalyptus autour de Longwood.
Même avec le système de surveillance, on ne peut plus le voir de l'extérieur...
Il refuse toutes les audiences: ses gardiens ne lui parlent plus et il ne voit plus de médecin.
Curieux pour un malade... Mais le fait demeure que ses gardiens n'ont pu que déduire sa présence: ils ne l'ont jamais réellement revu...
Il meurt d'un ulcère à l'estomac le 5 mai 1821.
Et de quoi est mort le corse (tiens donc!..) Cipriani? D'une appendicite aigüe! Ca se ressemble quand-même un peu, non?..
En 1840, Bertrand et Gourgaud le font exumer et ramener aux Invalides.
Bertrand et Gourgaud: deux fidèles qui avaient toutes les raisons de le servir jusqu'au boût.
Ils tentent ausi de ramener Cipriani mais il n'est pas dans le cimetière.
Il n'est pas dans le cimetière, il ne figure pas au registre des décèe... Où est-il?! Et s'il n'était pas mort en 1818?.. Ca justifierait les départs de tous les témoins gênants cette même année, la somme colossale laissée à mon ancêtre, l'échec programmé du débarquement et l'isolement progressif pendant tout ce temps: si c'était lui le mort des Invalides?..
Mme Bertrand réalise le masque funèbre de Napoléon.
Et ce masque n'a précisément pas les traits de l'Empereur Napoléon mais beaucoup plus ceux du Premier Consul Bonaparte: l'homme est infiniment plus jeune qu'il ne le devrait!.."
Tony et Ziva se regardèrent, les yeux brillants d'émerveillement, les mains toujours étroitement liées.
"Ainsi donc Napoléon... commença Ziva.
- N'est pas mort à Sainte-Hélène!.."
Les deux agents n'en croyaient toujours pas leurs yeux... Ils relurent leurs notes atentivement, essayant d'y trouver une invraissemblance, mais ils n'y parvinrent pas. Ils relurent le dossier, réexaminèrent la photo du masque mortuaire mais cela ne leur fit changer d'avis, bien au-contraire: le manque de précisions concernant la fin de la vie de l'Empereur était flagrant; le rapport d'autopsie était particulièrement flou, ce qui ne les avait dans un premier temps pas étonnés étant donné les soupçons d'empoisonnement, mais vu sous cet angle-là il s'expliquait encore mieux... Peu à peu ils prirent conscience que trop d'invraissemblances avaient été avancées pour expliquer l'épisode de Sainte-Hélène et avalées telles quelles. Ils décidèrent de les récapituler oralement (Napoléon était assez populaire dans la communauté juive en raison de ses lois sur la liberté religieuses directement héritées de la Révolution [de plu, sous son règne, la loge du Grand Orient s'était ouverte aux non-catholiques: preuve du changement profond dans les moeurs françaises]; Tony, de son côté, s'était passionné par cet homme contradictoire et avait etenu sans soucis les leçons de son bleu préféré):
"Napoléon était censé être malade depuis longtemps...
- Pourtant il a mis six ans à mourir, et les premiers rapports médicaux font état d'une excellente santée.
- Il avait perdu une grande partie de sa lucidité ce qui explique qu'il soit devenu maniaque...
- Pourtant le plan de la campagne de 1815 avait été remarquable et Waterloo n'est dû, et cela a été dit et redit par des historiens militaires français tout comme anglais, qu'à une suite d'erreurs individuelles invraissemblables, ce qui est très différent d'une erreur de stratégie globale!..
- Sans parler de son "Mémorial": preuve d'une très grande lucidité et d'un non-moins grand sens de la propagande...
- Pris dans ce sens, ses manifestations flagrantes de maladie en 1817 et 1818 peuvent parfaitement être considérées comme des simulations pour donner le change...
- Et qu'il ait fait lui-même échouer le débarquement de Sandy Bay va dans ce sens: on lui a fichu la paix pendant toute la fin de sa captivité...
- Et le sergent O'Meara a mis en avant le parallèle entre ça et les feintes de ses plus grandes victoires: la faiblesse à Austerlitz, l'isolement à Friedland, l'endroit de l'attaque à Wagram.
- Trop faible pour s'évader...
- Ca c'est Austerlitz.
- Isolé de tout soutient en refusant de lire sa corespondance...
- Ca c'est Friedland.
- Il ne s'évade pas quand il en a l'occasion...
- Comme il n'attaque pas là où les autrichiens l'attendaient à Wagram. Et comme après chaque bataille il récompense son meilleur maréchal...
- En l'occurence le docteur O'Meara qui s'était "occuppé" de Cipriani...
- Comme il avait récompensé Lannes à Montebello, Davout à Auerstaedt, Ney à La Moskova... Ziva! Qu'allons-nous faire de ces informations maintenant que nous..."
Mais il s'interrompit aussitôt et força sa partenaire à se baisser. Immédiatement après une balle perça la vitre et l'atteignit à l'épaule. Il se précipita à l'extérieur, Ziva sur ses talons.
L'équipage avait également entendu le coup de feu et le branle-bas de combat avait été décrété. Faisant fi des questions inquiètes quand à leur santée, les deux agents foncèrent vers l'endroit d'où était parti le coup de feu. Ils en évitèrent deux autres de justesse et se dissimulèrent dans l'ombre; le tueur était disimulé sur le pont extérieur et le temps que l'équipage puisse réagir efficacement était trop long pour Tony et Ziva: ils avaient le temps de se faire tuer dix fois avant que leur ennemi soit capturé...à condition qu'il le soit... Un regard leur suffit une nouvelle fois: plus grand et perdant son sang, Tony ne pouvait pas passer inaperçu et Ziva était de plus habituée à ces opérations commando... Ce fut elle qui prit les chemins de traverse. Tony la couvrit quelques secondes puis attendit. Dans le noir, il distinguait néanmoins les yeux de son adversaire: ils lui étaient familiers... Et soudain il comprit!
Un autre élément d'inquiétude venait de la distance que devait parcourir sa partenaire sans possibilité de retraite: près de vingt mètres à découvert... Anxieux, l'oreille aux aguets il la vit s'avancer lenteent. Mais ce qui devait arriver arriva: le matériel craqua légèrement sous le poids de l'israëlienne. Instinctivement il se découvrit et se mit à tirer. Il reçut une balle dans la cuisse, une autre dans la jambe, mais il atteignit son adversaire au ventre...et un peu plus bas. Ziva, couverte par cette diversion et par le corps du tireur, se jeta sur ce-dernier et le neutralisa en quelques instants. Puisant dans l'adrénaline la force de se déplacer, Tony vint lui prêter main-forte et lui attacha les poignets dans le dos.
"Amiral Julian Paterson, je crains que vous ne vous soyiez trompé de bateau... dit-il, ironique; Vous êtes ici en territoire français et je crains que la tentative de meurtre dont vous venez de vous rendre coupable ne plaise ni à nos alliés...ni à vos employeurs..."
L'amiral, fou de douleur, lui lança un regard assassin mais Tony n'en avait cure et il reprit:
"Le sergent O'Meara n'avait qu'un seul défaut: il faisait trop confiance à ses amis et n'a pas vu en vous le traitre qui informait régulièrement le Mossad et le MI5 de son enquête. Comment procédiez-vous au fait?..
- Je ne savais rien: O'Meara était mon ami je vous le jure...
- Un ami que vous avez fait tuer! s'exclama Ziva
- Je ne savais rien de ce qui allait se passer: je faisais ce qu'il me demandait et je n'aurais jamais pensé que son pressentiment était aussi fondé qu'il le disait...
- Menteur! interrompit Tony, le regard brillant d'une colère froide; C'est vous qui informiez le caporal Anderlan de ses moindres recherches! C'est vous qui avez conduit ce bateau de pêche à l'endroit où vous saviez que le sergent O'Meara se trouverait (car vous étiez au-courant en parllèle de ses plans et de ceux de ses ennemis) afin que votre complice le tue! C'est vous qui avez empoisonné de la façon la plus perverse qui soit votre complice...
- On m'avait fourni ces champignons: je vous jure que je ne savais pas qu'ils étaient toxiques! Je n'aime pas les champignons...
- Mais vous avez obéi scrupuleuement aux ordres donnés par vos supérieurs: c'est un meurtre avec préméditation, d'autant plus atroce que quand vous avez su qu'il mourrait vous n'avez pas réagi ni dit ce que vous saviez! s'exclama Ziva
- Patrick m'avait dit que le Mossad était certainement impliqué et j'ai eu peur... Je ne travaille pas pour eux, moi!
- Non, vous c'est le MI5 je m'en doute... répondit Tony; Mais reprenons: c'est vous qui avez prévenu des endroits où nous irions forcément: les Invalides en l'occurence..."
Ziva questiona son ami du regard.
"Le Mossad savait que nous irions à Paris mais c'est moi qu'ils ont filé jusqu'à Malmaison: s'ils n'avaient pas su exactement où commencer la filature, leurs hommes de mains ne m'auraient pas cueilli aussi vite: il leur aurait fallu quelques heures pour s'organiser. derrière, un de vos contacts à Mourmelon avait sans-doute pour tâche de détourner l'attention..."
Les lumières s'allumèrent et l'équipage français prit enfin les choses en mains: l'amiral Paterson fut amené, sous bonne garde, à l'infirmerie, soigneusement désarmé. Ses plaies furent jugées sérieuses mais non mortelles: il ne pourrait en-revanche plus jamais enfanter...
Ce fut une fois leur ennemi embarqué que DiNozzo s'effondra sans connaissance. Amené en urgence à l'infirmerie, il fut opéré aussitôt et Ziva apprit, soulagée, que ses plaies étaient superficielles et que les balles avaient pu être extraites sans problème. Elle insista pour demeurer auprès de lui. Les mots étaient désormais superflus: ils s'échangèrent un sourire radieux, se prirent la main et s'écroulèrent, enfin vaincus par la fatigue, alors que l'aube pointait sur l'Atlantique.
Ce fut dans cette position que Gibbs et Mc Gee les découvirent, le lendemain soir...