Le Crashdown café
Fin d’après-midi. Il n’y a pas beaucoup de clients. M. Parker est derrière le comptoir.
Max et Liz entrent, se tenant la main.
Liz : Salut papa.
M. Parker : Bonjour chérie. Salut Max.
Max : M. Parker.
Liz : Papa, on voudrait vous parler à maman et à toi. On a quelque chose d’important à vous dire.
M. Parker : ( curieux, mais souriant ) Bien sûr, venez.
Tous les trois passent dans la pièce attenante.
M. Parker : Nancy ! Tu peux venir une minute ?
Me Parker arrive de l’étage, une panière de linge à la main. Elle sourit à sa fille et à Max.
Me Parker : Salut les enfants, ça va ?
M. Parker : Liz et Max ont quelque chose à nous dire.
Me Parker : Vraiment ?
Un silence. Liz regarde Max. Du coup, M. et Me Parker en font autant.
Max : ( déglutit difficilement, se décide à parler ) Voilà…J’ai demandé à Liz de m’épouser.
Liz : ( se retournant vers ses parents, très fière ) Et j’ai accepté… On va se marier. ( elle montre la bague à sa mère )
Me Parker : Oh, mon Dieu ! ( elle regarde la bague, écarquille les yeux ) Mon Dieu… Jeff !! ( elle a pris la main de Liz et montre la bague )
M. Parker : ( regarde la bague, n’en croit pas ses yeux ) Bon sang, Max, d’où sortez-vous ce… ?
Max : ( réalisant le problème ) Oh, le diamant ? Il appartenait à ma grand-mère Evans. Elle m’a donné cette bague avant de mourir. J’avais 13 ans et je n’en voulais pas. Mais elle m’a dit qu’un jour je l’offrirai à celle que j’épouserai…et c’est ce que j’ai fait.
M. Parker : ( confus ) Désolé, Max.
Max : ( hausse les épaules ) Ce n’est rien. Je crois qu’elle a de la valeur. C’est normal que vous vous demandiez d’où je la tiens, surtout…( il hausse encore les épaules )
M. Parker : Non, ce n’est pas normal. J’avais dit que je vous donnais une autre chance… Recommençons, voulez-vous ? ( il sourit ) Donc, Max, vous voulez épouser ma fille ?
Max : ( regarde Liz tendrement ) Oui.
M. Parker : ( lui tend la main ) C’est une bonne nouvelle. ( il lui serre vigoureusement la main ) Une très bonne nouvelle.
Me Parker prend sa fille dans ses bras et l’embrasse, puis elle embrasse aussi Max.
M.Parker : Vous savez quoi ? Nous allons organiser quelque chose ici, au Crashdown. On va inviter la famille, les amis, et on fêtera dignement vos fiançailles.
Liz : C’est gentil, papa, mais ce n’est pas la peine.
M. Parker : Bien sûr que si. C’est important des fiançailles.
Liz : Non, papa. On ne veut pas se fiancer, on veut se marier.
Me Parker : Bien entendu Liz, mais vous avez le temps. Vous êtes si jeunes.
Liz : Non, maman. Je t’assure. On doit se marier.
Me Parker ( qui s’affole ) Mon Dieu, Liz. Tu…tu es enceinte.
Liz : ( estomaquée ) Quoi ? Mais…non, maman, bien sûr que non.
Max : ( qui ne sait plus où se mettre ) Me Parker, je vous assure que Liz et moi, nous n’avons jamais…
Me Parker : Mais alors, pourquoi dis-tu ?…
Liz : ( très vite ) Je me suis mal exprimée. Je voulais dire que nous voulons nous marier, dès que possible.
M. Parker : ( il sourit de plus belle ) Evidemment ! Vous vous dites que comme ça, vous pourrez être ensemble à l’université.
Liz : ( pince les lèvres ) Non, ce n’est pas ça.
Max : ( fait un pas en avant ) En fait, M. Parker, je n’irais pas à l’université.
M. Parker : Pourquoi ça, Max ? Vous êtes pourtant un bon élève, que je sache.
Max : Je dois rester à Roswell…pour des raisons familiales.
M. Parker : Comment cela ?
Max : C’est…ma mère. A cause de moi, de ce que j’ai fait cette année, elle a fait une grosse dépression. Elle s’en sort à peine. Si je partais à nouveau, je crois qu’elle ne s’en remettrai pas.
M. Parker : Max, vous êtes un bon garçon, mais pensez à votre avenir.
Max : Non, M. Parker. Je lui ai déjà fait trop de mal.
Me Parker : ( s’avance vers Max, pose une main sur son bras ) Vous voulez que j’aille lui parler ? Je suis certaine que…
Max : Non, elle ne sait pas que je suis au courant. J’ai surpris une conversation entre papa et elle…Non, je dois rester à Roswell… Je vais trouver un travail.
M. Parker : ( le regarde pensivement ) Franchement, mes enfants, je ne crois pas que vous marier tout de suite adoucira la séparation, vous devriez…
Liz : Papa, nous n’allons pas être séparés. ( M. Parker la regarde en fronçant les sourcils ) Nous n’allons pas être séparés, parce que je n’irai pas à Harvard.
M. Parker : Non, Liz, ne fais pas ça. ( à Max ) Je vous en prie, mon garçon, ne lui demandez pas…
Liz : Papa, Max ne m’a rien demandé. Enfin, si… il m’a demandé de l’épouser, mais il était prêt à m’attendre.
M. Parker : Ca prouve qu’il est raisonnable. Et tu devrais…
Liz : Non, papa.
Me Parker regarde sa fille, un léger sourire aux lèvres.
M. Parker: Liz ! Liz ! Tu rêves de Harvard depuis que tu es toute petite.
Liz : Oui, c’est vrai.
M. Parker : Liz, je n’arrive pas à croire que tu renonces à tes rêves. Qu’est-ce qui t’arrive ?
Liz : ( lentement ) J’ai grandi, papa. Tu m’as toujours dit que grandir, c’était faire des choix. Alors, voilà. J’ai fait un choix.
M. Parker : ( se tourne vers Max ) Max, il faut que nous parlions tous les deux.
Liz : ( s’interpose ) Ce n’est pas la peine.
M. Parker : ( l’ignorant , à Max ) D’homme à homme.
Liz : ( se plante devant son père ) Je te dis que ce n’est pas la peine…parce que Max sera d’accord avec tout ce que tu diras. C’est moi qui ne veux pas attendre.
M. Parker regarde Max qui baisse les yeux, regarde sa fille.
M. Parker : Liz, ma chérie.
Liz : Papa, je sais ce que je fais. J’ai bien réfléchi. Je ne veux pas d’une brillante carrière à l’autre bout du pays. Je veux vivre ici auprès de ceux que j’aime. ( elle regarde Max et lui sourit ) Et avec l’homme que j’aime.
M. Parker : Liz, écoute-moi…
Liz : ( s’avance vers lui, passe un bras sous le sien et l’entraîne dans l’escalier ) D’accord papa, je vais t’écouter et toi aussi. Viens, nous allons l’avoir cette conversation d’homme à homme. ( à Max ) Ne te sauve pas, je reviens.
Elle monte l’escalier, entraînant toujours son père qui secoue la tête.
Me Parker : ( à Max ) Ne vous inquiétez pas. Jeff adore sa fille et elle en a toujours fait ce qu’elle voulait.
Max : ( avec un léger soupir ) Me Parker.
Me Parker : Nancy !
Max : ( un peu gêné ) Nancy, ce que je veux par-dessus tout, c’est que Liz soit heureuse.
Me Parker : ( avec un sourire) Je sais mon garçon. ( elle reprend sa panière ) Oh, Max : il y a toute une livraison à mettre en réserve. Vous voulez bien ?
Max : ( sourit ) Avec plaisir.
Plus tard, Max est en train de remplir les étagères de différents produits. Liz descend l’escalier, suivie par son père. Elle sourit à Max.
Liz : Maman t’a embauché ?
Max : Autant me rendre utile.
M. Parker : Vous devriez plutôt vous mettre à la recherche d’un emploi. ( il essaye de prendre un air sévère ) Parce qu’il n’y aura pas de mariage tant que ça ne sera pas réglé.
Max : Je vais m’en occuper au plus vite.
M. Parker : Oui. ( il regarde Liz, soupire, puis sourit, secoue la tête et passe coté restaurant )
Max : Ca va ?
Liz : ( elle le prend dans ses bras ) Oui. ( elle rit devant son air soucieux et l’embrasse )
Max : Tu es sûre que ça va ?
Liz l’enlace plus étroitement et l’embrasse passionnément.
Michael et Maria entrent par derrière. Ils viennent d’arriver avec la moto de Michael.
Maria ( apercevant Liz et Max enlacés ) Oups !
Michael : Vous pourriez trouver un endroit plus tranquille. ( à Max ) Tu veux les clefs de mon appartement ?
Maria : ( lui fait les gros yeux ) Michael !
Liz : ( tout sourire à Max ) On leur dit ?
Max acquiesce.
Maria : Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Liz : On va se marier !
Maria : Quoi, tous les deux ?
Liz : Ben, oui.
Maria : Ensemble ?… Enfin, je veux dire… ( elle lève les bras au ciel ) Je ne sais plus ce que je veux dire. ( elle s’avance vers Liz, la prend dans ses bras mi-riant, mi-pleurant ) C’est génial ! (elles s’embrassent, puis Maria embrasse Max ) Génial ! ( on voit qu’elle est partagée, un peu envieuse malgré tout )
Michael : ( qui a remarqué sa réaction ) Ouais, génial !
Liz : Ca vous direz d’être nos témoins ?
Maria : ( pince les lèvres, puis sourit franchement ) Bien sûr ! Alors, c’est pour quand ?
Max : Dès que j’aurai trouvé du travail ! Et, à ce propos, est-ce que je peux garder ta voiture ? Kyle m’en cherche une, mais…
Maria : Pas de problème. Michael me transportera en attendant.
Michael : Ouais.
Max : ( pose un baiser sur le front de Liz ) Alors, j’ai intérêt à commencer à faire les annonces ce soir. Comme ça, demain j’aurai toute la journée pour prospecter… Souhaite-moi bonne chance !
Liz : ( lui sourit, pose un baiser sur ses lèvres et murmure ) Bonne chance !
Max sort. Liz sourit à Maria puis ouvre son casier pour prendre ses affaires.
Maria la regarde, une lueur un peu nostalgique dans le regard. Michael ne la perd pas des yeux. Il a l’air plutôt inquiet.
Dans les rues de Roswell ,le lendemain.
Max roule un peu vite. Une voiture de police se met à le suivre, sirène activée. Max s’arrête en soupirant.
L’officier : ( s’approchant, surpris ) Max ?
Max : ( surpris à son tour ) Shérif Valenti ?
Valenti : Adjoint Valenti ! Quand on recommence à zéro, il ne faut pas être trop gourmand.
Max : ( qui sort de sa voiture ) Je suis content pour vous ! ( il lui serre la main ) Vraiment content !
Valenti : Oui, il était temps, je crois. Ce qui c’est passé ces derniers jours m’a fait réaliser que je serai plus utile à mon ancien poste. Alors, me revoilà….et à ce propos, vous rouliez un peu vite, mon garçon.
Max : ( confus ) Je suis désolé. J’ai passé la journée à aller d’un bout à l’autre de Roswell…Je cherche du travail et j’essaye de faire le maximum d’annonces.
Valenti : Du travail ? Quel genre de travail ?
Max : Oh, ça m’est un peu égal. Quelque chose qui me permette de vivre. ( il baise la tête, légèrement gêné ) En fait, Liz et moi, nous voulons nous marier…( Valenti sourit largement et hoche la tête ) Alors, j’ai besoin de trouver quelque chose…
Valenti : ( tout sourire ) …et vite !
Max : ( encore plus gêné ) Oui.
Valenti : ( riant ) J’en ai entendu des excuses pour excès de vitesse, mais celle là…( il donne une tape sur l’épaule de Max, rit encore puis redevient sérieux ) J’ai peut-être quelque chose qui peut vous intéresser.
Max : Vraiment ?
Valenti : Vous vous y connaissez en télé-vidéo ?
Max : Pas vraiment, mais je peux apprendre.
Valenti : (rit à nouveau) Oui. Quelque chose me dit que vous devez être doué pour le bricolage.
Max hausse les épaules.
Valenti : Connaissez-vous Ben Harper ? Il a un magasin sur Citrus.
Max : Je crois que c’est lui qui a installé le câble à mes parents l’année dernière. Il cherche quelqu’un ?
Valenti : En fait il a eu une attaque il y a 3 mois et il doit réduire puis sans doute cesser son activité. Ca vous intéresse ?
Max : Bien sûr.
Valenti : Alors suivez-moi… Doucement.
Max acquiesce et remonte dans la voiture.
Le magasin de Harper
La voiture de Valenti s’arrête, suivie par celle de Maria. Valenti et Max descendent. Valenti entre dans le magasin, Max attend près de la voiture. Ben Harper est derrière son comptoir en train de bricoler un poste de télé, sa femme est à un bureau perdue dans de la paperasse.
Valenti : Comment vas-tu vieux grigou ? ( à Me Harper) Salut Katy. ( elle lui sourit)
Harper : (souriant) Ca alors, Jim ! Dois-je faire venir mon avocat ?
Valenti : Pas tout de suite. C’est une visite amicale
Harper : Tiens donc.
Valenti : Ben, j’ai peut-être une solution à ton problème.
Harper : Parce que j’ai un problème ?
Katy : Laisse-le donc parler.
Valenti : ( montrant Max) Ce jeune garçon est un ami de mon fils Kyle. Il est intelligent, sérieux… et il cherche du travail.
Harper : (regarde Max) Vraiment ?
Valenti : Oui, et je peux t’assurer qu’il est très motivé. ( il rit) Il a l’intention de se marier et il lui faut absolument un travail.
Harper : (goguenard) Tiens donc.
Valenti : Alors qu’est-ce que tu en penses ? Tu as besoin de quelqu’un, il a besoin de travailler, vous êtes fait pour vous entendre.
Harper : Faut voir ! Tu dis qu’il est sérieux ?
Valenti : Oui. Ecoutes Ben, j’ai beaucoup d’estime pour ce jeune. Il ne te décevra pas.
Katy : Il a l’air gentil.
Valenti : Et il est doué, il apprend vite.
Harper : Ca va, ça va ! Fais le venir.
Valenti sourit, sort de la boutique pour chercher Max.
Max : (entrant, sourire timide) Bonjour.
Harper : Jeune homme, Jim ne tarie pas d’éloge sur vous.
Max : (gêné) Vraiment ?
Harper : Vous vous y connaissez en électronique ?
Max : Pour être honnête, pas vraiment. Mais je vous assure que je suis prêt à apprendre et à travailler.
Harper : Oui, Jim nous a dit que vous étiez très motivé.
Il sourit puis regarde longuement Max essayant de le jauger. Il finit par hocher la tête, satisfait.
Harper : Bon, juste une question.
Max : Oui ?
Harper : Cette fille, elle est jolie ?
Max reste bouche bée.
Katy : (riant) Ben Harper, veux-tu bien le laisser tranquille !! Tu vois bien que ce garçon est un timide.
Harper : Désolé, mais c’est important (à Max) Alors ?
Max : C’est… la plus belle.
Harper : Bonne réponse.( il tend la main à Max) Je crois qu’on va s’entendre, fiston.
Valenti rit franchement.
Le Crashdown
Liz sert les clients, mais elle est distraite. Elle regarde sa bague, souriant rêveusement
Maria la regarde souvent, le cœur partagé.
Michael est en cuisine, il ne perd pas Maria des yeux. On le sent préoccupé.
Liz : (qui termine de servir des clients) Voilà ! Bon appétit.
Elle s’éloigne en direction de la cuisine mais se fige. Elle a senti la présence de Max. Elle se retourne et l’aperçoit derrière la vitre de la porte d’entrée. Il n’entre pas mais la regarde en souriant. Elle va vers lui, sort du restaurant. Il la prend dans ses bras, l’embrasse doucement.
Liz : Alors ?
Max :Mission accomplie.
Liz : Tu as trouvé !
Max : Grâce à Valenti. Je commence demain chez Harper.
Liz : Le réparateur TV ?
Max : Oui. Il doit prendre sa retraite pour raison de santé. Si tout se passe bien, je reprendrais l’affaire dans quelques mois.
Liz lui sourit. Ils s’embrassent à nouveau.
M.Parker qui les a aperçut sort à son tour et tousse pour attirer leur attention.
Liz : (se retourne vers son père, souriante) Max a trouvé du travail.
Maria et Michael sont sortis à leur tour.
Michael : Ou ça ?
Max : Chez Harper, je commence demain. (à M.Parker) Je sais que ce n’est pas un travail très…
M.Parker : Max, Max, je tiens un fast-food. Ce n’est pas non plus un travail très… mais j’ai toujours pu prendre soin de ma famille.
Max sourit, hoche la tête : (à Liz) On dîne avec mes parents, Jesse et Isabel ce soir. On pourra leur annoncer.
Liz approuve.
Michael : Faudrait peut-être aussi aller chercher les paperasses à la mairie, non ?… Si tu commences demain tu n’auras plus beaucoup de temps. ( il regarde sa montre) J’ai fini en cuisine je t’emmène en moto, on a juste le temps.
Max : (un peu surpris) C’est gentil.
Michael : En route.
Il ôte son tablier, le tend à Maria et s’éloigne pour chercher sa moto.
Max, Maria et Liz se regarde un peu décontenancés, puis Max hausse les épaules et se décide à le suivre.
A la mairie
Max et Michael attendent leur tour à un guichet.
Max : Ca va ?
Michael : Evidemment !
Max : Parce que tu as l’air un peu…bizarre.
Michael : C’est à toi.
Max : Je viens retirer un dossier…pour un mariage.
La secrétaire : ( souriante ) Très bien. ( elle fouille dans ses tiroirs, sort une liasse de documents qu’elle pose devant Max ) Il faut remplir tout ça et le ramener avec les pièces nécessaires : fiche d’état civil, extrait d’acte de naissance et le résultat des analyses de sang.
Max : ( prend les papiers ) Et après, combien de temps faut-il pour…
La secrétaire : ( sourit de plus belle ) Dès que le dossier est complet, vous pouvez fixer la date.
Max : Je vous remercie. ( il commence à s’éloigner, s’aperçoit que Michael n’a pas suivi, se retourne )
Michael : ( hésite puis, à la secrétaire ) Je peux avoir la même chose ?
La secrétaire : ( le regarde, mi-figue, mi-raisin ) Bien sûr. ( elle lui tend les papiers )
Michael les prend, grommelle quelque chose d’indistinct et s’en va, sans un regard pour Max.
Max reste un moment immobile, puis le suit jusqu’à la moto.
Max : Alors tu…tu as l’intention de… ?
Michael : Ouais ! Je crois que j’ai même intérêt.
Max : Pardon ?
Michael : Depuis que vous avez annoncé votre mariage, Maria est…enfin , je sens que ça va encore me retomber dessus.
Max : Michael !
Michael : Non, je t’assure. J’ai bien vu comment elle regarde Liz. ( il secoue la tête ) Je ne veux plus de disputes, alors je préfère prendre les devants… ( Max le regarde sans savoir quoi dire ) Et puis, en plus, si on organise les 2 mariages en même temps, ça devrait réduire les frais.
Max : ( soufflé ) Dis-moi…est-ce que tu en as parlé à Maria ?
Michael : J’attendais d’avoir les papiers.
Max : Michael, tu ne vas quand même pas les lui amener comme ça ?
Michael : ( une idée lui a traversé la tête ) Tu crois qu’elle ne voudra pas ?
Max : Non, je crois qu’il faut y mettre des formes …et surtout, éviter de parler du coté économie.
Michael : Bon sang, comment tu t’y es pris toi, avec Liz ?
Max : ( un peu gêné ) Et bien…j’ai attendu qu’on soit seuls tout les deux….Et puis, je lui ai dit ce que je ressentais pour elle…que je voulais vivre avec elle pour toujours ( petit à petit, ces yeux se perdent dans le vague, il revit ces instants)
Michael a sorti un bout de papier d’une de ses poches et il commence à écrire.
Max : Et puis, je lui ai fait ma demande. ( il s’aperçoit de ce que fait Michael ) Mais enfin, qu’est-ce que tu fais ?
Michael : Je prends des notes.
Max : Michael, tu n’en as pas besoin. Tu dois parler avec ton cœur, c’est tout.
Michael : ( effaré ) Crois-moi… j’ai intérêt à tout noter !
Max : Michael !!
Michael : Si, je t’assure… Enfin, tu me connais Max : je n’ai jamais su dire ce que je ressent.
Max : Fais un effort !
Michael : C’est ce que je fais !…Max, j’ai vraiment besoin que tu m’aides.
Max : Bon…D’accord.
Michael : ( attend, le crayon à la main, prêt à écrire ) Quoi d’autre ?
Max : ( pensif, se frotte le front avec 2 doigts ) Dis-lui…à quel point elle compte pour toi…Oh! Et puis il te faut une bague.
Michael : Une bague ?
Max : Oui.
Michael : C’est obligé ? Parce que, coté budget…
Max : ( hausse les épaules ) La tradition !
Michael hoche la tête puis écrit sur son papier en soupirant.
Max : (sourit devant son air accablé ) T’inquiètes pas. On va se débrouiller.
Michael : ( le regarde, intrigué ) Comment ?
Max : ( hausse les épaules ) Façon extra-terrestre.
Michael : ( ouvre de grands yeux ) Alors, là, tu m’intéresses.
Max secoue la tête en riant.
La maison de Maria
La moto de Michael s’arrête. Maria descend, enlève son casque. Michael fait de même. Il a envie de parler, mais ça ne sort pas.
Maria : Bon, merci de m’avoir raccompagnée. Tu passes me prendre demain ?
Michael : Bien sûr.
Maria : Max devrait avoir sa nouvelle voiture bientôt.
Michael : Bien sûr.
Maria : Ca va, Michael ?
Michael : …Bien sûr.
Maria : Parce que tu as l’air…bizarre.
Michael ouvre la bouche, la referme, puis se décide à descendre de moto. Il pose son casque, ouvre à nouveau la bouche puis se ravise. Il fouille dans ses poches et extirpe le bout de papier sur lequel il a pris ses notes.
Maria : ( le regarde faire, entre amusement et inquiétude ) C’est quoi ça ?
Michael : Des notes. ( il y jette un coup d’œil, respire un grand coup puis se décide ) Il faut que je te parle.
Maria : Et tu as besoin de notes ?
Michael : Oui. ( il déglutit difficilement puis se lance ) Voilà ! Isabel, Max et moi, on est coincé ici.
Maria fronce les sourcils.
Michael : Je veux dire qu’on va rester ici, à Roswell, et vivre comme des humains.
Maria : ( qui cherche à comprendre ) Et ?
Michael : On doit se fondre dans le paysage, ne pas attirer l’attention… Donc, on doit faire ce que font les humains.
Maria : C’est à dire ?
Michael : Travailler…s’installer. Tout ça.
Maria : ( perdue ) Michael, je vois bien que tu essayes de me dire quelque chose, mais je ne comprends rien.
Michael : ( soupire, regarde à nouveau son papier, soupire de plus belle puis se lance à nouveau ) Maria…depuis le tout premier jour, quand j’ai volé ta voiture et que je t’ai kidnappée, j’ai su que tu étais faite pour moi.
Maria reste bouche bée.
Michael : ( nouveau coup d’œil au papier, nouveau soupir ) Alors voilà : je veux vivre avec toi… pas seulement parce que tu es sans doute la seule personne dans l’Univers qui puisse me supporter…mais parce que…j’ai besoin de toi… pour être…presque humain.
Maria : ( les larmes aux yeux ) Michael !
Michael regarde une dernière fois son papier, hoche la tête puis le froisse. Une lumière bleutée irradie de son poing fermé. Il ouvre la main, laisse tomber la poussière brillante qui est tout ce qui reste de ses notes, puis fouille à nouveau dans ses poches. Il en tire une bague qu’il lui tend. C’est un anneau lisse, argenté orné d’un diamant bleu.
Maria : ( ouvre de grands yeux, regarde la bague puis Michael qui ne bouge pas, très raide, regarde à nouveau la bague ) Elle…elle est magnifique.
Michael : Il faut que tu saches que c’est un lot.
Maria : Quoi ?
Michael : La bague…et moi. ( il la regarde, anxieux )
Maria : ( très doucement ) Michael, tu es sûr que c’est ce que tu veux ?
Michael hoche gravement le tête.
Maria lui sourit, tend sa main. Michael lui passe la bague au doigt. Elle se lève sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Michael la serre contre lui et laisse échapper un long soupir.
La maison des Evans
M. et Me Evans, Jesse et Isabel sont assis dans le salon, buvant un verre.
M. Evans : ( à Jesse) Donc, vous n’irez pas à Boston ?
Jesse : Non. Nous avons décidé de rester ici, à Roswell.
M. Evans : Je ne m’en plains pas. Vous êtes un excellent collaborateur. Mais, ne craignez-vous pas de regretter ?
Jesse : Non. ( il regarde Isabel ) On a bien réfléchi.
Isabel : C’est plus sûr. Max, Michael et moi, on doit rester proche au cas où…
Me Evans : Et bien moi, je suis contente de vous garder près de moi. Boston est si loin.
La porte d’entrée s’ouvre. Max et Liz entrent
Me Evans : ( se lève ) Oh, vous voilà les enfants. On va pouvoir passer à table.
Max : Maman, papa, avant…j’ai 2 choses à vous dire.
Me Evans : Vraiment, mon chéri ?
Tout le monde le regarde.
Max : Oui…( il regarde Liz qui lui sourit ) D’abord, j’ai trouvé du travail.
M. Evans : Du travail ?
Max : Oui. Je commence demain chez Harper.
Isabel : Le réparateur TV ?
Max : Oui.
Isabel : Tu t’y connais ?
Max : Non, mais je vais apprendre… et dans quelques mois, je reprendrais l’affaire.
M. Evans : Tu es sérieux, Max ?
Max : Très sérieux.
M. Evans : Dans ce cas, je crois qu’il vaut mieux que je vérifie dans quoi tu te lances.
Max : J’allais te le demander. Merci, papa.
Me Evans : Tu es sûr que ça va te plaire, ce travail, mon chéri ?
Max : C’est parfait. Un travail discret, qui n’attirera pas l’attention sur moi.
Isabel : Un vrai camouflage, quoi ?
Max : C’est ce qu’il me faut. ( il regarde à nouveau Liz qui lui a pris la main )
Me Evans : ( qui regarde Liz ) Et …l’autre chose que tu voulais nous dire ?
Max : ( respire un grand coup ) Liz et moi, nous allons nous marier.
Me Evans : Oh, mon Dieu, Max ! C’est merveilleux ! ( elle embrasse son fils, puis Liz )
M. Evans : ( sourit à Max, hoche la tête puis vient l’embrasser à son tour ) Oui, c’est merveilleux. ( il embrasse aussi Liz )
Isabel s’est levée, tout excitée. Elle embrasse Max à son tour.
Isabel : Oh ! Je suis contente pour vous deux. ( elle embrasse aussi Liz ) Et je sais exactement ce qu’il vous faut !
Liz : Vraiment ?
Isabel : Oui ! Oh! J’ai encore toute la documentation que j’avais réuni pour notre mariage. ( elle regarde brièvement Jesse ) Et il y a un endroit qui m’avait fait pensé à vous deux. ( elle se précipite vers sa chambre ) Je vais chercher le prospectus. ( elle se retourne avec un grand sourire à Max ) Ne t’inquiètes pas, je vais m’occuper de tout. Ce sera parfait ! ( elle sort )
Max qui est resté bouche bée se tourne vers Liz, l’air dépassé.
Jesse : ( embarrassé, s’avance à son tour vers Max, lui serre la main ) Félicitations à vous deux. ( il embrasse Liz )
Isabel : ( revient, les bras chargés de classeurs qu’elle pose sur la table du salon ) C’est là dedans. ( elle commence à fouiller dans ses documents )
Max : ( s’avance timidement vers elle ) Isabel…c’est gentil, mais peut-être…
Isabel : ( qui continue à chercher sans le regarder ) Non, ça ne me dérange pas. Au contraire, je suis contente de vous aider. ( à Liz ) Ca, c’est une boutique de Santa Fé où il y avait des robes qui devraient te plaire.
Max : ( se penche vers elle ) Tu sais… on ne veux rien de compliqué… juste la famille et les amis proches…
Isabel : Oui, je te connais, Max : tout dans la discrétion. ( elle lui sourit de plus belle ) On fera juste un buffet…Bon sang, où est ce prospectus ?
Max se redresse, se tourne vers Liz, l’air complètement dépassé.
Max : ( murmure ) Désolé…
Liz : T’inquiètes pas. Puisqu’elle dit qu’elle va s’occuper de tout !
Max : C’est bien ce qui me fait peur.
Liz : ( riant ) C’est pas grave.
Jesse : ( à voix basse ) De toute façon, je ne vois pas comment l’arrêter.
Isabel : ( relève la tête un instant ) Qu’est-ce que vous dites? ( tout le monde sourit ou regarde ailleurs) Oh, ça y est ! Viens voir, Liz. Tu vas adorer, j’en suis sûre.
Max et Liz se regardent. Max a un sourire d’excuse. Liz va vers Isabel pour regarder le prospectus. Max la suit.
M. et Me Evans échangent un regard mais se gardent bien d’intervenir.
Le Crashdown
Le lendemain, milieu de journée.
Liz est assise sur le canapé dans la pièce attenante au restaurant. Elle se masse les tempes, l’air épuisé.
Maria et Michael arrivent, de très bonne humeur.
Maria : ( aperçoit Liz ) Oh, tu ne devineras jamais… ( elle réalise que quelque chose ne va pas ) Qu’est-ce qu’il y a ?
Liz : ( soupire ) Rien. Je souffle un peu, c’est tout. ( elle se lève, jette un coup d’œil par la vitre de la porte western, soupire à nouveau )
Maria la rejoint, jette aussi un coup d’œil, aperçoit Isabel assise à une table avec une montagne de prospectus et papiers divers devant elle, très affairée, le téléphone à l’oreille.
Maria : Qu’est-ce qu ‘elle fait ?
Michael : Qui ?
Maria : Isabel !
Michael vient aussi jeter un coup d’œil.
Liz : ( soupire ) Elle a pris l’affaire en main.
Michael : Quelle affaire ?
Liz : Le mariage. Elle a décidé de s’occuper de tout !
Michael : Aie, aie, aie !!!
Liz : Tu l’as dit ! Depuis ce matin, elle n’arrête pas d’avoir des idées…Mais, au fait, tu voulais me dire quelque chose.
Maria lui sourit, montre théâtralement sa bague.
Liz : ( n’en croit pas ses yeux, regarde Michael, bouche bée ) Non ?
Maria : ( très fière ) Si !!!
Liz : Mais, alors…ce sera un double mariage !
Isabel : ( qui vient de passer la tête par la porte ) Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ?
Liz : ( très vite ) Maria et Michael se marient aussi.
Isabel : C’est pas vrai ?
Maria : ( montre sa bague ) Mais si !
Isabel : Alors là, c’est génial !! ( elle embrasse Maria, puis Michael ) Génial ! Mais…il faut revoir toute l’organisation !!! ( elle repart vers le restaurant ) Un double mariage, c’est génial !!
Michael : ( à Maria, désabusé ) Tu veux changer d’avis ?
Maria : Tu crois qu’elle me laisserai ?
Liz : Oh ! Arrêtez tous les deux. Ce n’est pas si terrible après tout. On a survécu à son mariage à elle, je vous rappelle.
Max : ( arrive par la porte de derrière, les regarde tous les trois ) Qu’est-ce qui se passe ?
Liz va dans ses bras, le serre fort.
Max : Oh !… Isabel ?
Liz : Je vais craquer !
Isabel : ( repasse la tête par la porte ) Mais qu’est-ce que vous faites ? Venez !… Oh ! Max, ça tombe bien. Papa et maman arrivent dans 10 minutes. ( très fière ) J’ai trouvé l’endroit idéal pour votre lune de miel. ! ( elle passe un bras sous celui de Max et l’entraîne tout en continuant à parler ) Nous allons jeudi à Santa Fé pour les prises de sang. Jesse remplacera Michael. Il faut que tu demandes à Kyle pour toi. On en profitera aussi pour s’occuper des robes et des costumes…
Max se retourne vers les trois autres, leur lance un regard implorant. Ils se décident à le suivre en soupirant.
Un peu plus tard, dans la salle de restaurant.
Isabel est assise, face à Max, Liz et Maria Elle leur montre des photos de pavillons de toile blanches, de bouquets, de gâteaux
Liz et Max ont l’air accablé. Ils se regardent de temps en temps pour s’encourager mutuellement.Maria se mord régulièrement les lèvres
Isabel : Bien sûr, il va falloir une estrade plus grande pour que vous puissiez vous tenir tous les quatre face au pasteur ( elle ponctue ses paroles par de grands gestes ) Un couple de chaque coté et légèrement tournés pour qu’on puisse bien vous voir … ( elle réfléchit une seconde ) Il faudrait que vous ayez des robes assorties…non, identiques, mais de couleur différentes. ( à Maria ) Oh oui, je te verrais bien en rouge ou en orangé.
Maria : ( philosophe ) Pourquoi pas ?
Isabel : Liz en blanc, bien sûr…
Michael : ( arrive avec une assiette garnie qu’il pose devant Max ) Bon, comme je suppose que tu étais venu ici pour manger, je t’amène du ravitaillement.
Maria : Mais c’est vrai que tu as commencé ton travail… Alors ? C’était comment ?
Max : Bien.
Liz : Oh, désolée ! J’ai oublié de te demander.
Michael : L’effet Isabel !
Isabel : Quoi ?
Michael repart prudemment en cuisine.
Max : ( commence à manger son hamburger ) Tu disais pour les faire-parts ?
Isabel : ( fronce les sourcils ) Que veut dire Michael ?
Maria : Rien. Tu le connais. Il a horreur des réceptions.
Isabel : Il pourrait faire un effort. Après tout, on ne se marie qu’une fois.
Michael : ( grommelle en cuisine ) Encore heureux !
M. et Me Evans entrent dans le restaurant, aperçoivent le groupe et s’approchent, les yeux légèrement agrandis devant la montagne de papiers sur la table.
M. Evans : Ca va les enfants ?
Liz et Maria ont un sourire légèrement crispé.
Maria : Oh oui !
Liz : Ca avance.
Max fait une grimace et hoche la tête, la bouche pleine.
Me Evans : ( à Isabel ) Tu vas te tuer au travail, ma chérie.
Isabel : Il y a tant à faire, surtout que Michael et Maria se marient aussi.
Me Evans : ( étonnée ) Vraiment ?
Maria sourit, hoche la tête sans rien dire. Me Evans regarde Michael en cuisine. Il hausse les épaules, retourne à son grill.
Me Evans : Donc, ce sera un double mariage ?
Isabel : Oui, et tout doit être parfait.
M. Evans : Isabel !
Isabel : Absolument. Après tout, ce sont mes frères qui se marient… et le même jour…
M. et Me Evans échangent un regard, un peu étonné, mais ne disent rien
Isabel : ( qui n’a rien remarqué ) C’est tellement incroyable ! …Tout doit être parfait !! ( elle regarde Max qui lui sourit )
Michael fait tinter la sonnette de la cuisine. Maria se lève pour aller chercher la commande qu’il vient de préparer, va servir les clients.
M. Evans : Alors, tu disais avoir trouvé pour la lune de miel.
Isabel : Oh oui ! ( à Max et Liz ) Vous allez adorer. C’est un endroit merveilleux. Il y a un lac et les bungalows sont éparpillés dans un parc forestier. ( elle leur montre un prospectus qu’elle déploie sur la table)
Max : C’est très joli, mais je ne sais pas si…
Isabel : Ne t’inquiètes pas pour le coté financier. C’est réglé.
M. Evans : Oui, c’est un petit cadeau que nous voulons vous faire.
Isabel : J’ai appelé pour les réservations. Tout est OK Il ne reste qu’à confirmer les dates.
Me Evans : ( prudemment ) Isabel, peut-être que Max et Liz auraient choisi une autre destination.
Isabel : Mais c’est tout à fait ce qu’il leur faut. Pas trop loin et tranquille… ( elle regarde Max, l’air désappointé )
Max : ( vite ) C’est certainement très bien, mais… papa, maman, nous ne pouvons pas partir ( il regarde Liz, baisse la voix ) alors que Michael et Maria restent ici…ce ne serait pas très…
Isabel : Evidemment ! Comment n’y ai-je pas pensé ! Tu as raison. Je vais rappeler l’hôtel et demander deux réservations de 3 jours au lieu d’une seule d’une semaine. C’est tout simple !
Max : (regarde ses parents ) Vous voudriez ?…
Me Evans : ( souriante ) Mais bien sûr. ( à Isabel ) C’est une très bonne idée ma chérie.
Max : Ca ne vous ennuie pas ?
M. Evans : ( souriant largement ) Après tout, si Michael est votre frère, il est aussi un peu notre fils, non ?
Max sourit à ses parents, visiblement ému.
Maria : ( revient vers la table, l’air désabusé ) J’ai manqué quelque chose ?
Liz : ( lui montre le prospectus ) Voilà pour la lune de miel.
Maria : Oh ! Ca a l’air joli…Vous prendrez des photos ?
Liz : Nous prendrons des photos…tous les quatre.
Maria : Comment ça ?
Isabel : ( triomphante ) Double mariage, double lune de miel !
Maria : Quoi ?
Michael : ( depuis la cuisine ) Quoi ?
Max : ( tout sourire ) On part ensemble.
Maria reste bouche bée. Michael quitte la cuisine pour rejoindre le groupe.
Michael : ( il regarde Max, secoue la tête ) C’est sympa.
Max : Remercie plutôt nos parents. Ce sont eux qui nous offrent le voyage de noces.
Michael regarde M. et Me Evans. Il a du mal à y croire.
Maria : ( elle embrasse M. et Me Evans ) Merci. C’est trop gentil.
Me Evans : Ce n’est rien, voyons.
Michael : (se décide à embrasser Me Evans, serre la main de M. Evans ) Je sais pas quoi dire.
Liz : ( lui souffle ) Essaye : merci !
Michael : Merci.
Me Evans lui sourit gentiment, sourit de plus belle à Max et à Liz.
Isabel : ( qui s’est replongée dans ses papiers ) Voyons, il reste à choisir pour la musique . Je crois que le mieux…
Tout le monde lève les yeux au ciel.
Le mariage
Tout se déroule sur « Here with me » version lente ( piste 12 du CD Roswell pour les initiés )
La scène est muette, on entend juste la chanson.
La noce a lieu dans un jardin. Il y a peu d’invités. M. et Me Evans, M. et Me Parker, Emmy DeLucca, Jesse et Isabel , Kyle et Jim Valenti.
Une estrade tendue de blanc et couverte de fleurs est disposée. Le pasteur attend, Max et Michael sont chacun d’un coté en costume noir et chemise blanche, sans cravate.
Maria et Liz remontent l’allée jonchée de pétales de fleurs, Maria au bras de Jim Valenti, Liz au bras de son père. Elles portent la même tenue ( jupe et haut comme dans Graduation ) Liz est en blanc, Maria en orangé.
Le pasteur leur parle tour à tour, posant les questions du mariage d’abord à Max et Liz, puis à Michael et Maria. Ils échangent les alliances.
Liz et Maria sont radieuses, Max tout sourire, Michael est grave.
Les deux couples s’embrassent en même temps puis descendent de l’estrade sous une pluie de pétales lancés par Kyle et Jesse. Ils se dirigent vers une tonnelle aménagée en piste de danse.
Ils commencent à danser. Max et Liz perdus chacun dans le regard de l’autre, Maria rieuse, Michael très concentré et maladroit.
Kyle filme.
L’Hôtel de la lune de miel
La voiture de Maria arrive à l’entrée du parc, s’arrête devant le bungalow de l’administration. Max est au volant, Liz à ses cotés. Michael est à l’arrière, Maria somnole sur son épaule.
Un homme s’approche de la voiture.
Max : ( qui est descendu de voiture ) Nous avons des réservations aux noms d’Evans et Guérin.
L’homme : Oh! Oui, les jeunes mariés. Nous vous attendions. ( il rentre dans le bungalow, ressort rapidement avec 2 clefs ) Alors, il vous suffit de suivre le chemin, tout est fléché. Vos bungalows sont prés du lac. M. et Me Guérin ont le 17...M. et Me Evans le 29. ( il donne les clefs à Max ) Bon séjour, jeunes gens.
Max : Merci.
Max remonte en voiture, passe une clef à Michael, sourit à Liz en lui passant l’autre. Il redémarre, suit le chemin à travers bois, arrive au 17, s’arrête à nouveau. Michael et Maria descendent. Michael prend leurs sacs dans la malle.
Michael : ( à Max ) Bon, à plus tard.
Max hoche la tête.
Maria : ( à Liz ) On mange ensemble demain soir comme prévu ?
Liz : Bien sûr.
Max redémarre. Maria fait un geste de la main à Liz qui lui répond de même.
La voiture continue jusqu’au 29, s’arrête. Max regarde Liz, se penche vers elle et dépose un baiser sur ses lèvres.
Liz : ( souriante ) Enfin seuls !
Max sourit à son tour, descend de voiture et va prendre leurs sacs dans la malle.
Liz va ouvrir la porte du bungalow. Elle commence à entrer.
Max : Eh! Attend !
Liz s’arrête et le regarde
Max : Isabel m’a rappelé la tradition.
Il pose les sacs, soulève Liz dans ses bras pour lui faire passer le seuil. Elle rit. Il la repose à l’intérieur. Ils s’embrassent doucement.
Max : Je vais chercher les sacs.
Liz fait oui de la tête, il ressort brièvement. Liz regarde autour d’elle. La pièce est agréable. Il y a un coin salon avec une cheminée et une grande baie vitrée et un coin chambre en retrait.
Liz s’approche de la baie pour admirer le paysage qui donne sur le lac. Max la rejoint.
Liz : C’est magnifique !
Max ; ( c’est elle qu’il regarde ) Oui, magnifique.
Liz : ( qui s’est aperçu de ce qu’il faisait ) Je parlais du paysage.
Max : ( la regarde toujours ) Quel paysage ?
Liz : ( en riant, elle pose une main sur sa joue et l’oblige doucement à tourner la tête ) Ce paysage !
Max : ( y jette un bref coup d’œil ) Oh ! ( il se tourne à nouveau vers elle, la regarde intensément ) Oui, vraiment magnifique !
Liz : ( rit encore ) Max !
Max : Désolé, mais je ne vois que toi ;
Liz : ( se blottit dans ses bras ) Vraiment ?
Il se penche et ils s’embrassent longuement, puis Max la soulève à nouveau dans ses bras et l’emporte lentement vers le coin chambre. Il la pose sur le lit tout en continuant à l’embrasser tendrement.
Liz passe ses mains sous le tee–shirt de Max, le lui retire lentement.
Au moment où elle le lui fait passer par dessus tête, Max a un flash : il revoit une scène similaire, celle de sa nuit avec Tess. Il se fige, s’assoit, le visage décomposé.
Liz : Max ! Qu’est-ce qu’il y a ?
Max : ( dans un souffle, les larmes aux yeux ) Je te demande pardon Liz..
Liz : ( elle s’assoit aussi, elle a compris ce qui se passe ) Max, ne me dis pas que dans un moment pareil, tu penses à elle !
Max : J’ai tellement honte ! ( dans un sanglot ) Je t’ai trahi, Liz. J’ai trahi notre amour.
Liz : ( elle a pris son visage dans ses mains ) Non, Max. Regarde-moi, regarde-moi ! ( il relève la tête, les larmes coulent sur son visage Liz les essuie doucement ) Max, nous vivions la pire période de notre histoire. Je te rejetai, tu te rappelles ? Tu croyais même que je t’avais trahi la première.
Max : Ce n’était pas vrai…
Liz : Mais, à force que je te le dises, tu avais fini par le croire…Et puis, la mort d’Alex nous avait tous…écartelés. Nous étions perdus…Même Isabel te rejetai…Tu étais seul, et elle en a profité. Elle t’a manipulé pour t’amener là où elle voulait.
Max : ( ses larmes redoublent ) Non, Liz ! …Elle ne m’a pas manipulé.
Liz : Oh ! …C’est elle qui te l’a dit ?
Max hoche douloureusement la tête.
Liz : Et tu l’as cru ?…Max ! S’il y a une chose dont on peut être sûr à propos de Tess, c’est qu’elle a menti à tout le monde et à propos de tout… Tu sais bien le pouvoir qu’elle avait sur toi.
Max : ( ne dit rien, baisse la tête, accablé, puis rép&egrav
lizevans (04.06.2006 à 20:36)
Max : ( ne dit rien, baisse la tête, accablé, puis répète ) Je te demande pardon Liz.
Liz : Max, crois-tu que je t’aurai épousé si je ne t’avais pas pardonné ? ( elle se rapproche de lui, l’oblige à nouveau à la regarder ) Max, c’est notre lune de miel. Je ne veux pas qu’elle soit entre nous. ( elle lui caresse la joue, essuyant à nouveau ses larmes ) Max, est-ce que tu m’aimes ?
Max : ( tremblant ) Liz !
Liz : Dis-le-moi.
Max : ( dans un souffle ) Je t’aime, Liz.
Liz : ( elle dépose un baiser sur ses lèvres ) Alors, aime-moi, Max…maintenant.
Il la regarde, elle lui sourit puis l’embrasse possessivement.
Lentement, il referme ses bras autour d’elle et répond à ses baisers. On voit une série de flashs qui leur traversent l’esprit, des scènes de leur enfance, entrecoupées des moments forts de leur relation.
Le bungalow 17
Maria regarde le paysage par la baie vitrée.
Michael : Ca va ? Tu as l’air fatiguée.
Maria : ( frissonne ) Oui…
Michael : ( pose une main sur son épaule ) Eh ! Tu es gelée.( il lui prend la main) Viens !
Il l’entraîne dans le coin salon. La cheminée est garnie de bois. Michael utilise ses pouvoirs pour allumer le feu.
Il s’assoie sur le canapé face au foyer et prend Maria sur ses genoux. Elle se blottit contre lui.
Ils restent ainsi un moment.
Maria : ( le regarde tendrement ) Merci, Michael.
Michael : De rien.
Maria : Je suis désolée.
Michael : Pourquoi ?
Maria : ( elle se laisse à nouveau aller contre lui ) Mes yeux se ferment…Ce n’est sans doute pas ce que tu attendais de notre lune de miel.
Michael : Hé ! Aucune importance. Ce qui compte, c’est qu’on est ensembles.
Maria : ( le regarde ) Vraiment ?
Michael : Oui… J’ai repensé à ce qu’a dit ce type.
Maria : Quel type ?
Maria : Celui qui nous a marié.
Maria : Le pasteur ?
Michael : Oui. ( il secoue la tête, regarde son alliance ) Depuis qu’on est ensemble, j’ai toujours eu peur. Peur que ça ne marche pas.. peur de te faire souffrir...peur que tu me quittes…
Maria : ( pose une main sur sa joue ) Michael !
Michael : Non, c’est vrai, tu sais. Ca a toujours été un combat…contre moi-même surtout…Mais, là, j’ai cette sensation bizarre…
Maria : Quelle sensation ?
Michael : Comme si…on était vraiment ensemble.
Maria : ( sérieuse ) Pour le meilleur et pour le pire ?
Michael : C’est ça…Je sais pas pourquoi, mais c’est comme si…( il la regarde ) Je n’ai plus peur.
Maria hoche doucement la tête, se blottit à nouveau contre lui. IL caresse ses cheveux, ferme les yeux.
Le bungalow 29
Max et Liz sont couchés, serrés l’un contre l’autre. Elle a la tête posée sur sa poitrine qu’elle caresse doucement, les yeux fermés. Il a les yeux ouverts, il est perdu dans ses pensées.
Liz ouvre les yeux, se soulève pour le regarder. Il lui sourit tendrement Elle lui sourit aussi, puis une ombre passe dans son regard.
Max : ( inquiet ) Qu’est-ce qu’il y a ?
Liz : ( baisse les yeux un instant puis le regarde à nouveau ) Je suis désolée… Je sais que j’ai dit que je ne voulais pas en parler, mais…
Max : ( il a compris ce qui la tracasse ) Oui ?
Liz : Il faut que je te demande…( elle secoue la tête, le regarde à nouveau ) Max, ce que nous venons de vivre… ( elle a un pauvre sourire ) c’était.. magique. Je veux dire. J’ai ressenti…tant de choses… et puis ( elle le regarde au fond des yeux ) j’ai aussi ressenti ce que tu ressentais.
Max : ( hoche la tête) Je sais…moi aussi.
Liz : Je suis désolée, mais je dois te poser la question. ( elle baisse la tête ) Est-ce que…avec elle … ( elle ne peut ni terminer sa phrase ni le regarder )
Max : ( il caresse doucement ses cheveux, puis sa joue ) Non.
Liz relève la tête et le regarde.
Max : ( il soupire ) J’ai couché avec Tess, et, sur le plan physique, les choses ont été… plutôt intenses. ( il baisse un instant les yeux, embarrassé, puis la regarde à nouveau ) sans doute parce que nous étions..
Liz : De la même espèce ?
Max : ( dans un souffle ) Oui. ( il lui caresse à nouveau les cheveux ) Mais, Liz… pardonne moi, je ne l’aimais pas… je ressentais juste l’écho de nos autres vies, celle de Zan et Ava… et…elle, elle ne m’aimait pas. ( il soupire à nouveau ) Liz ! Toi et moi, nous appartenons l’un à l’autre…Quand on est ensemble, ce ne sont pas seulement nos corps qui se mêlent…ce sont nos âmes qui se parlent… Je t’aime Liz.. Pardonne-moi.
Liz : ( sourit, les larmes aux yeux ) Je t’aime… Et je suis désolée de t’avoir demandé ...
Max : Non, Liz ! Tu as le droit de savoir.
Liz : ( secoue la tête pour chasser tout ça ) C’est fini ! Cette page est tournée. ( elle se rapproche de lui, ponctuant ses paroles de baisers ) Tu sais…ce que …je voudrais ?
Max secoue la tête.
Liz : je voudrais…que nos âmes…se parlent encore…Tu veux bien ?
Max lui sourit. Ils s’embrassent tendrement.
lizevans (04.06.2006 à 21:07)
hn4ever (22.06.2006 à 14:53)
Le CrashDown Café
Milieu de matinée. Une grande banderole orne la devanture « Bienvenue aux jeunes mariés ».
Les Evans, les Parker et Emmy De Lucca attendent en bavardant.
Isabel est tout agitée, elle va des uns aux autres.
Isabel : Ils ne devraient plus tarder maintenant. Max a dit qu’ils partiraient de bonne heure.
Me Evans : Calme-toi ma chérie.
Isabel : C’est qu’il y a encore beaucoup à faire, surtout que Max reprend le travail demain…
( son portable sonne, elle répond ) Oui ?… Ca y est ? …Parfait !…Non, ils ne sont pas encore là, mais ils ne vont plus tarder…A tout de suite. ( elle raccroche, s’approche de ses parents) Jesse et Kyle arrivent dans une demi-heure. ( elle sourit largement, très fière d’elle-même ) Oh, Max va être content !
M. et Me Evans échangent un bref regard.
Dans la voiture de Maria, sur la route.
Max conduit, Liz à ses cotés. Michael et Maria sont à l’arrière.
Michael : Tu veux dire que tu lui as demandé de te trouver un appartement ?
Max : Pas exactement…En fait, comme je n’avais pas eu vraiment le temps de chercher, elle m’a proposé son aide.
Michael : ( ricane) Ça, vous allez être aidés !
Max : Arrête, Michael ! Isabel va juste..
Michael : Jouer à Isabel. ( à Liz ) J’espère que tu n’avais pas une idée trop personnelle de ton nouvel appart.
Liz : N’exagérons rien. Elle doit juste faire le tri dans les annonces.
Max : Oui, je lui ai donné quelques critères à respecter : prix, surface…
Michael : ( ricane encore ) Alors, là, pas de problème !
Max : Ca suffit, Michael !
Michael se tait, mais ricane de plus belle.
Max jette un coup d’œil à Liz, un peu inquiet.
Liz : ( lui sourit en retour ) Ça va aller.
Max soupire, mal à l’aise.
Maria pince les lèvres. Michael rit dans son coin.
La voiture se gare devant le CrashDown.
Tous les quatre descendent, jette un coup d’œil à la banderole, échangent un regard puis entrent dans le restaurant.
Les parents se lèvent et viennent embrasser leurs enfants.
Me Evans : Oh, vous voilà ! ( à Max et Liz ) Vous avez une mine superbe, mes enfants !
Max : ( embrasse sa mère puis son père ) C’était super. Merci pour tout !
Michael ( serre les mains des Evans ) Oui, merci encore.
Me Evans : Tant mieux si ça vous a plu.
Me Parker ( serre Liz dans ses bras ) Oh, ma chérie !
Liz : Maman, on n’est parti que 3 jours. ( M. Parker l’embrasse à son tour, les yeux humides ) Oh, papa !
M. Parker sourit puis serre la main de Max. Me Parker l’embrasse.
Emmy De Lucca embrasse Maria et Michael, les serre très fort.
Isabel : ( qui a attendu son tour avec impatience serre Max dans ses bras puis le regarde, toute fière) Tu vas être content !
Michael : ( qui s’est rapproché, tout sourire) Alors, tu as trouvé quelque chose ?
Isabel : ( un peu vexée ) Mais bien sûr, quelle question ! ( à Max ) Ça n’a pas été facile, mais j’ai trouvé exactement ce qu’il vous faut. ( à Liz ) Tu va adorer !
Liz a un sourire un peu crispé.
Max : ( hésitant ) Super ! Et…on peut visiter ?
Isabel : ( grand sourire) Tu es drôle !
Michael : ( imite le sourire d’Isabel ) Vraiment drôle !
On entend un klaxon.
Isabel : Oh, voilà Jesse et Kyle avec le camion !
Max : ( inquiet ) Le camion. Quel camion ?
Isabel : Pour les meubles !
Max : ( perdu ) Quels meubles ?
Michael sourit de plus belle.
M. Parker : ( à Liz ) Nous avions gardé les meubles de ta grand-mère. Isabel a pensé que ça te ferait plaisir de les avoir.
Liz et Max se regardent, un peu dépassés par les évènements.
Isabel : Pour commencer, ce sera parfait, n’est-ce pas ?
Liz : ( se fait à l’idée, sourit ) Oui, tu as raison.
Kyle : ( entre et vient embrasser Liz et Maria, serre les mains de Max et Michael.) Alors, on y va ?
Max : Où ça ?
Isabel : Mais…chez vous, bien sûr.
Max jette un regard implorant à ses parents qui lui sourient d’un air encourageant, regarde Liz puis ouvre la bouche pour parler.
Isabel : ( prend Max et Liz chacun par un bras ) Allons, dépêchons. Il y a encore tellement à faire pour que vous soyez installés ce soir.
Elle les entraîne, ils n’osent pas protester.
Michael : On vous aiderait bien, mais nous aussi, on a beaucoup à faire.
Emmy : Oh, pas vraiment. ( à Maria) Nous avons déjà transporter la plupart de tes affaires à votre appartement. Isabel a pensé que ça vous ferait plaisir d’être bien installés.
Michael : ( manque s’étouffer ) Quoi ?
Isabel : ( se retourne un instant ) On n’a pas eu le temps de tout réaménager, mais ça prend forme. ( clin d’œil à Maria ) Tu verras, une petite touche féminine, ça change tout.
( à Michael qui a l’air effaré ) Tu me remercieras plus tard. ( elle entraîne à nouveau Max et Liz )
Max se retourne juste avant de sortir, il fait un grand sourire à Michael qui est resté bouche bée. Maria a pris un air dégagé. Liz ne peut s’empêcher de sourire.
Dans la voiture d’Isabel
M. Evans est à coté d’Isabel qui conduit. Max, Liz et Me Evans sont à l’arrière.
Isabel : ( toujours aussi excitée, parle sans arrêt, fait de grands gestes pour souligner ses paroles ) Sur Atkinson Avenue, c’était beaucoup trop petit et sur Citrus, trop bruyant. C’est vrai, tous les camions passent par là, c’est infernal… Et tu aurais vu les loyers qu’ils osent demander sur Main Street. (Liz et Max se regardent. Max ouvre la bouche pour parler, mais Isabel continue ) Et côté Aspen , alors là, tu n’imagines pas ce que les gens osent louer, c’est indécent…
Me Evans : ( sourit à Liz d’un air encourageant, chuchote ) Ça va aller.
Isabel : Voilà ! On est arrivé.
La voiture se gare devant une grande maison blanche à 2 étages avec des volets bleus.
Isabel se retourne, tout sourire. Max et Liz regardent la maison, les yeux écarquillés.
Isabel : Alors, ça vous plait ?
Max : Mais, c’est immense.
Isabel : Oh, l’appartement n’occupe que le rez-de-chaussée… En fait, les anciens propriétaires l’avaient fait aménager à coté du garage pour loger un couple qui s’occupait d’eux sur leurs vieux jours. Maintenant qu’ils sont décédés, leurs enfants viennent rarement et ils logent au premier. Ils veulent louer pour couvrir les frais et permettre une surveillance de la maison.
M. Evans : Ce sont des clients du cabinet. Je me suis occupé de la succession.
Isabel : C’est comme ça qu’on a pu s’arranger aussi vite..
Elle descend, tous en font autant.
Max : ( lui prend le bras ) Isabel, ce quartier n’est sûrement pas dans nos moyens.
Isabel : Ne t’inquiète pas. Tout est réglé.
Max : Comment ?
M. Evans : Ta mère et moi, nous nous chargeons du loyer la première année... ça devrait vous permettre…
Max : Papa, voyons ! C’est très gentil, mais nous ne pouvons pas accepter.
Me Evans: Max! Bien sur que si.
Max : Mais vous avez déjà tant fait… pour le mariage et la lune de miel.
M. Evans : Max, durant toute l’année, je t’ai compliqué la vie avec mes investigations.
Max : ( soupire ) Papa ! Tu voulais me protéger.
M. Evans : Mais j’ai ajouté à tes soucis. Laisse nous te simplifier un peu la vie maintenant, pour nous faire pardonner.
Max : Mais vous n’avez rien à vous faire pardonner.
Me Evans : Alors, laisse nous te faire, vous faire, ce petit cadeau.
Max sourit à ses parents, très ému puis les embrasse. Liz en fait autant.
Isabel : ( à Jesse et Kyle qui viennent de garer le camion dans l’allée) Commencez à décharger, je fais visiter. ( à Liz ) Pour que vous puissiez bien apprécier, j’ai tout refait en blanc cassé. Vous n’aurez qu’à choisir la couleur pour vous sentir vraiment chez vous. ( elle ouvre la marche, royale )
Liz : ( prend le bras de Max ) Prêt ?
Max : ( se mord la lèvre ) Je suis désolé, je ne pensais pas…
Liz : ( rit encore ) T’inquiète pas. Ça a l’air très bien. ( elle passe un bras sous le sien, l’entraîne pour rejoindre Isabel qui s’est retournée pour voir pourquoi ils ne suivent pas ) Et puis, …nous avons le choix pour la couleur !
Max : ( sourit ) A mon avis, si tu as besoin de suggestion…
Liz : Tais-toi, elle pourrait entendre.
Isabel : Vous venez ?
Liz : On arrive. ( elle tire Max par le bras )
L’appartement de Michael
Maria ouvre la porte et entre. Elle jette un regard circulaire.
Les murs ont été refaits en vert pomme. Le bar a un carrelage assorti. Les étagères de la cuisine ont été repeintes toujours dans les tons de vert. Un rideau de perles comme ceux qu’affectionnent les De Lucca est accroché pour séparer le coin cuisine.
Le canapé aussi a été amélioré. Il est désormais vert bouteille, avec des coussins ton sur ton, un plaid frangé.
Les affiches de Metallica ont été encadrées. Elles alternent avec des posters également encadrés ramenés de chez Maria.
La guitare de Maria est appuyée contre un mur.
Tout est très propre et bien rangé.
Maria : ( se retourne et appelle) Ça va Michael ! Tu peux venir.
Michael : ( dehors, les sacs à la main, danse d’un pied sur l’autre ) Tu es sûre ?
Maria : Pas de danger en vue…Tu sais bien qu’elle est occupée avec Max et Liz. Allez, courage, mon cosmonaute !
Michael respire un grand coup, ferme les yeux pour franchir le seuil.
Maria le prend par la main et le fait avancer un peu pour qu’il soit pratiquement au centre de l’appartement.
Il se décide à ouvrir les yeux qui s’agrandissent tandis qu’il regarde autour de lui.
Maria rit sous cape en l’observant.
Michael : ( déglutit difficilement ) Tu es sûre qu’on s’est pas trompé d’adresse ?
Maria : ( jette un œil malicieux aux affiches de Metallica ) Je ne crois pas, non.
Michael : ( pivote sur lui-même, l’air accablé ) C’est pas croyable !
Maria : Ça, elle n’a pas du chômer… en 3 jours… tout en s’occupant de loger Max et Liz !
Michael : Il faut l’arrêter !
Maria : Quoi ?
Michael : Tu te rends pas compte ! Jusqu’ici, elle se contentait de Noël et des anniversaires…Mais si elle commence comme ça, qui sait de quoi elle est capable !
Maria : Aujourd’hui Roswell… demain le monde…peut-être même l’univers.
Michael : Et tu trouves ça drôle.
Maria : En fait…j’aime assez !
Michael : ( lugubre ) Pourquoi ça ne m’étonne pas ?
Maria rit, puis remarque une enveloppe posée sur la table basse. Elle la prend, la donne à Michael qui l’ouvre. C’est un mot d’Isabel. Maria le lit en même temps que Michael.
J’espère que la couleur ( très tendance ) vous plaira. Sinon, Michael peut la changer. Bienvenue chez vous. Isabel
Maria : Tu vois…elle a l’esprit large.
Michael : ( renifle dédaigneusement ) Bien sûr…Tu veux tenter le coup et lui expliquer ce qui n’allait pas ?
Maria : ( prudente ) Enfin…puisque c’est tendance.
Michael soupire, se laisse tomber sur le canapé, prend un des cousins qu’il regarde accablé.
Maria : ( s’assoit à ses cotés, pose la tête sur son épaule ) Michael ! On est chez nous.
Michael : Tant qu’elle ne lance pas d’Anschluss !
Maria : ( rit, puis l’embrasse ) Pour l’instant, on est tranquille. Elle se concentre sur d’autres victimes.
Michael : C’est bien leur tour !
L’appartement de Max et Liz
L’aménagement bat son plein. Isabel dirige les opérations, menant tout le monde à la baguette. ( tout se déroule sur « Seasons change » d’Anastacia )
L’appartement comporte une grande pièce avec un coin cuisine et un coin salon, une chambre et une salle de bains
Kyle, Jesse, Max et M. Evans transportent les meubles de la grand-mère de Liz : un canapé, une table basse, un bahut, des chaises, une petite table ronde, un lit, etc.…
Liz et M. Evans consultent une palette de couleur pour les peintures.
Isabel est partout à la fois. Elle fait changer plusieurs fois les meubles de place pour aménager l’espace, s’arrête au passage pour montrer des couleurs à Liz. Les hommes soupirent, mais n’osent pas protester.
Liz choisit des teintes chaudes, jaune et orangée. Isabel réquisitionne Max et, sous l’œil admiratif de M. et Me Evans, ils commencent à modifier les murs.
Kyle en profite pour sortir des bières d’une glacière. Jesse et lui boivent en douce pendant qu’Isabel est occupée dans le coin cuisine.
Elle s’en aperçoit et les remet au travail pour amener la cuisinière et le frigo. Elle empêche Max de les aider, lui fait modifier le carrelage de la cuisine. Elle s’occupe elle-même des rideaux du salon, qu’elle modifie plusieurs fois pour faire choisir Liz.
Kyle et Jesse en profitent encore, suivi cette fois par M. Evans Du coup Isabel grimace mais proteste moins vigoureusement. Kyle fait un clin d’œil à Jesse, qui rit discrètement.
Petit à petit tout prend forme.
Plus tard.
Liz et Max sont seuls, assis sur le canapé cote à cote, écroulés sur les coussins. Ils regardent le travail accompli, heureux mais fatigués.
Max : ( se tourne vers Liz ) Ça va ?
Liz : ( sourit ) A vrai dire, je suis bien contente que tout soit fini !
Max : ( grimace ) C’est que…je crois bien l’avoir entendu dire : A demain !
Liz : ( le tape avec un coussin ) Arrête ! C’est un merveilleux cadeau qu’elle nous a fait… Nous sommes chez nous ! ( elle vient s’asseoir à califourchon sur ses genoux ) Chez nous ! Mes rêves se réalisent Max !
Elle l’embrasse intensément.
Max : ( murmure à son oreille ) Et si… on allait se coucher ?
Liz : ( se recule légèrement pour le regarder ) Tu es fatigué ?
Max : Oui et non.
Liz sourit, lève une main, fermant les doubles rideaux. Elle sourit de plus belle, claque des doigts pour éteindre les lampes électriques et allumer des photophores posés ça et là sur les meubles.
Max reste un peu surpris de la voir utiliser ainsi ses pouvoirs. Il la regarde, interrogatif.
Liz : ( rit, commence à défaire un à un les boutons de la chemise de Max ) Alors… il faut respecter la tradition.
Max : Quelle tradition ?
Liz : Quand un couple aménage dans une nouvelle maison, ils doivent faire l’amour dans chacune des pièces.
Max : Qui t’a raconté ça ?
Liz : Isabel !
Max : Où est-elle allé pécher ça ?
Liz hausse les épaules, fait glisser la chemise de Max et l’embrasse dans le cou puis sur les lèvres. Il répond à son baiser puis se recule légèrement.
Max : Dans chaque pièce ?
Liz hoche gravement la tête.
Max : Le même jour ?
Liz : Je ne sais pas. Tu veux que je l’appelle pour lui demander ?
Max grimace, fait non de la tête. Ils s’embrassent encore.
Max : ( regarde autour de lui, réfléchit ) Et…on considère qu’il y a une seule pièce, ou le coin cuisine compte pour une de plus ?
Liz : Ça, je crois que c’est laissé à l’appréciation de chacun.
Max hoche la tête. Liz rit et l’embrasse à nouveau..
Le Lac
Le lendemain matin, peu de temps après le lever du soleil.
Une jeune femme est installée devant un chevalet, en train de peindre une aquarelle du lac. Elle est brune avec des yeux verts, des traits fins, un teint de porcelaine. Elle est très concentrée, avec des écouteurs sur les oreilles. Elle écoute de la musique tout en peignant.
La voiture de Kyle arrive, se gare. Il descend avec son matériel de pêche, la regarde, intrigué. Il se rapproche, fasciné par le dessin qui se forme.
La jeune femme n’a rien entendu, elle continue son travail.
Kyle : (maintenant juste derrière elle) Bonjour.
La jeune femme sursaute, le pinceau fait un trait intempestif.
Kyle : Désolé, je ne voulais pas vous faire peur.
La jeune femme : ( enlève ses écouteurs) Ce n’est rien, quand je peins, j’ai tendance à tout oublier. Je ne vous avais pas entendu venir.
Kyle : ( sincèrement navré) Je ne voulais pas gâcher votre travail.
La jeune femme ; Oh ! Ce n’est pas grave.
Elle prend un chiffon qu’elle imbibe d’eau, dilue l’aquarelle, fait les retouches nécessaires pour effacer le trait.
Kyle : ( admiratif) Je respire. Je m’en serais voulu d’avoir abîmé cette merveille. ( il regarde la toile avec un plaisir évident )
La jeune femme : ( un rien méfiante) Vous aimez ?
Kyle : ( secoue la tête) C’est magnifique.
Elle le regarde, puis esquisse un sourire.
Kyle : Au fait, je m’appelle Kyle Valenti.
La jeune femme : ( hésite ) June Elis.
Kyle : Enchanté. ( il sourit)
June : ( montre la toile) Excusez-moi, mais je dois continuer…la lumière.
Kyle : Bien sûr. Ne faites pas attention à moi.
June : Heu !…c’est que…
Kyle : ( réalise qu’il la gène ) Oh ! Je ne veux pas vous déranger… Je vais aller m’installer pour pêcher. Je ne ferais pas de bruit.
June : ( soulagée) Très bien.
Kyle : ( s’éloigne lentement, se retourne) Ca vous ennuierez de me faire signe quand vous aurez fini ? J’aimerai vraiment le voir terminé…si ça ne vous dérange pas trop.
June : (hésite un moment) Si vous voulez.
Elle remet ses écouteurs, reprend son travail. Kyle va s’installer pour pêcher, mais il ne peut s’empêcher de la regarder peindre. Il est sérieux. Elle semble l’avoir oublié. Il essaye de se concentrer sur sa ligne, mais ses yeux reviennent toujours vers elle.
Au bout d’un moment, il a une touche. Il ferre le poisson, le sort de l’eau. Le bruit a attiré l’attention de June qui le regarde du coin des yeux. Kyle admire le poisson chat puis le remet à l’eau. Elle semble surprise, reste un instant pensive, puis se remet à peindre.
Kyle pose sa ligne
Il se rapproche d’elle, ses yeux allant de la toile à la jeune femme sans qu’il puisse s’en empêcher.
June : ( qui se retournait pour lui faire signe, sursaute en le voyant à nouveau derrière elle) Oh !
Kyle : Désolé…encore… Décidément, je vous fais peur.
June : Ce n’est rien. J’étais encore…
Kyle : Trop concentrée pour faire attention à moi ?
June : Oui.
Kyle : C’est pas grave…en fait, peu de gens font attention à moi. ( elle fronce les sourcils, il rit) Aucune importance. Alors, vous avez terminé ?
Elle hoche lentement la tête. Il lui sourit puis regarde longuement la toile.
Kyle : C’est…la plus belle chose que j’ai jamais vu.
June : Vous devriez sortir plus souvent.
Kyle : Non, je vous assure. Je viens souvent ici et j’aime vraiment cet endroit. Mais là, c’est comme si je le voyais pour la première fois….Peut-être parce que je le vois à travers vos yeux.
Il lui sourit, admiratif. Elle détourne le regard, gênée, jette un œil à sa toile puis brusquement la prend et la lui tend.
June : Puisqu’elle vous plait tant, tenez, prenez-la.
Kyle : ( abasourdi, n’ose pas prendre la toile) Vous plaisantez ?
June : ( la lui met dans les mains ) Pas du tout. Pour une fois que j’ai un admirateur.
Kyle : Je ne peux pas accepter.
June : ( qui range son matériel ) Bien sûr que si.
Kyle : ( regarde un instant la toile, puis June) Vous êtes sérieuse ?
June a plié le chevalet et fermé sa boite de couleurs. Elle hoche gravement la tête puis se dirige vers sa voiture, les bras chargés de matériel.
Kyle reste un moment immobile puis il reprend ses esprits et la rattrape prés de sa voiture.
Kyle : Attendez !
June s’arrête, se retourne.
Kyle : Je voudrais vous inviter à dîner…pour vous remercier.
June : (embarrassée) Ce n’est pas la peine.
Kyle : S’il vous plait. Ca me ferait très plaisir.
June : Ecoutez, je vous remercie, mais…je ne suis pas à l’aise avec les gens, encore moins dans un endroit public. Alors…
Kyle : Oh, je vous comprends… Moi aussi, j’aime mieux la tranquillité. Mais, justement, je connais un endroit qui va vous plaire.
June secoue la tête, ouvre la malle de sa voiture et y dépose son matériel.
Kyle : (se rapproche encore) Je vous en prie, juste un dîner…pour vous remercier d’avoir inondé ma journée de beauté.
June arrête de ranger son matériel, le regarde. Il lui sourit, le regard brillant. Elle hésite.
Kyle : Juste un dîner, dans un endroit calme.
June pince les lèvres.
Kyle : ( suppliant) S’il vous plait !
June hoche la tête, lentement.
Kyle : Je termine mon travail vers 19 heures. Je peux passer vous prendre à 20 heures.
June : Aujourd’hui ?
Kyle : Pourquoi pas ?
Elle semble chercher une raison de dire non.
Kyle : Je passe vous chercher à 20 heures ?
June : Non ! ( elle ajoute plus doucement ) Je serais en ville vers cette heure là. On peut se retrouver quelque part.
Kyle : Si vous voulez… Connaissez-vous le CrashDown Café ? ( June acquiesce) On peut se retrouver devant.
June : Si vous voulez. ( elle ouvre sa portière et monte dans sa voiture )
Kyle : Donc à 20 heures, devant le CrashDown ?
June hoche la tête, referme la portière, démarre la voiture et enclenche la marche arrière.
Kyle : ( frappe à la vitre, un peu anxieux. Elle la baisse) Vous viendrez ?
June : ( marque un temps ) Bien sûr.
Elle recule, fait demi-tour et s’en va. Kyle reste immobile, son tableau à la main, pensif.
L’appartement d’Isabel et Jesse
Isabel est en train de cuisiner. On frappe à la porte de la cuisine. Elle ouvre. Kyle entre, plutôt agité.
Kyle : Isabel, j’ai besoin de ton aide.
Isabel : Bien sûr. Qu’est-ce qu’il y a ?
Kyle : J’ai un rendez-vous…ce soir.
Isabel : ( sourit ) Un rendez-vous ?
Kyle : Oui ! ( il semble le premier étonné )
Isabel: C’est super! Je la connais ?
Kyle : Non. ( il soupire )
Isabel : ( curieuse ) Elle est comment ?
Kyle : ( hésite, réfléchit ) Compliquée, je crois… secrète.
Isabel : Oh !
Kyle : ( perdu dans ses pensées) Mystérieuse… fascinante.
Isabel : ( amusée ) Ca a l’air sérieux.
Kyle : ( revient sur terre ) Elle est plutôt sauvage. Elle n’aime pas voir du monde.
Isabel : Mais elle veut bien sortir avec toi.
Kyle : Je lui ai un peu forcé la main… Je lui ai dit que je connaissais un endroit qui allait lui plaire…seulement, je ne sais pas du tout où je vais l’amener.
Isabel : Pourquoi pas le CrashDown ?
Kyle : Isabel !
Isabel : Je plaisantais !…Voyons, un endroit calme, public mais assez intime.
Kyle : C’est ça !
Isabel : J’ai bien une idée, mais c’est un restaurant plutôt cher.
Kyle : Isabel, ça fait presque 2 ans que je ne suis allé nulle part avec qui que ce soit. J’ai quelques économies !
Isabel : Alors, tout va bien. Attend que je trouve le numéro pour la réservation. ( elle se dirige vers le salon, mais se retourne et lui sourit ) Kyle !… je suis contente pour toi !
Kyle : ( grimace et soupire ) Oui… moi aussi.
L’appartement de Max et Liz
Liz est en train de terminer de dresser une jolie table, avec de la vaisselle colorée et des bougies un peu partout. Elle attend Max, impatiente, un peu fébrile.
On entend un bruit de moto puis la porte s’ouvre. Max entre. Il sourit en voyant l’ambiance romantique de la maison.
Liz : ( va vers lui, souriante ) Ça va ? Tu as passé une bonne journée ?
Max ne dit rien, la prend dans ses bras et l’embrasse doucement. On voit une série de flashs qui leur traverse l’esprit, des scènes de leurs journées respectives.
Max travaille avec Harper / démonte un poste télé, grimace devant les faisceaux de fils / avale un sandwich en feuilletant un gros manuel d’électronique en vidéo / utilise discrètement ses pouvoirs pour réparer un appareil.
Liz et Isabel continuent d’aménager l’appartement / changent la couleur du canapé et des rideaux / Liz et Maria déjeunent au CrashDown / font des courses au supermarché.
Liz : ( recule légèrement, regarde Max, surprise ) Max, qu’est-ce qui se passe ?
Max : ( hausse les épaules ) Je crois…que nous communiquons de mieux en mieux.
Liz : ( sourit, l’œil brillant ) Nos âmes se parlent ?
Max : ( la reprend dans ses bras, très amoureux ) Oui !
Ils s’embrassent à nouveau longuement.
Un klaxon les interrompt.
Liz : Oh! Isabel!
Max : Quoi?
Liz : J’avais oublié! Elle m’a dit qu’elle repasserait en fin d’après-midi avec Kyle et la nouvelle voiture…Elle avait l’air très contente d’elle même.
Max : Ah !
Le klaxon retentit encore.
Liz : ( lui prend la main ) Allez, courage !
Max soupire. Ils sortent.
La voiture d’Isabel est garée devant la maison. Kyle conduit la dépanneuse du garage. Il manœuvre pour déposer derrière la maison une voiture cachée sous une bâche.
Isabel : ( tout sourire ) Ah, vous voilà !
Max : (regarde la dépanneuse, un peu inquiet ) Qu’est-ce que… ?
Isabel : Surprise !
Elle lui prend le bras et l’entraîne. Liz suit, pensive.
Kyle : ( qui détache la voiture de la dépanneuse ) Salut Max ! Liz !
Max : Salut !
Isabel : ( s’est approché de la bâche, pose une main dessus ) Prêt ?
Max : ( grimace, jette un coup d’œil à Kyle qui fait oui de la tête ) Bien sûr.
Isabel utilise ses pouvoirs pour repousser la bâche, découvrant une jeep semblable à celle de Max 1° et 2° saisons.
Max la regarde, un peu étonné, esquisse un sourire.
Isabel : (qui le regardait avidement ) J’étais sûre qu’elle te plairait ! Ca rappelle de bons souvenirs, non ?
Max : Bien sûr, mais…( à Kyle) Pourquoi l’as-tu tractée ?
Isabel : Oh, les pneus sont fichus !
Kyle : ( grimace, chuchote presque ) Et le moteur a serré.
Max : ( soufflé ) Je crois qu’on appelle ça une épave.
Kyle : C’est pour ça que tu l’as eu pour une bouchée de pain ! Isabel a dit que ça ne poserait pas de problème.
Isabel : Evidement ! Je m’occupe des pneus. Vous n’avez qu’à bricoler le moteur.
Elle commence à utiliser ses pouvoirs pour rectifier les pneus qu’elle remodèle un à un .
Kyle : ( à Max en ouvrant le capot ) A toi de jouer !
Max : ( regarde Liz qui lui sourit, va vers Kyle ) Qu’est-ce qu’il a exactement ?
Kyle : ( ouvre le capot, baisse la voix ) Il est foutu…mais elle a beaucoup insisté.( il lève les yeux au ciel )
Max : ( résigné ) Oui, je vois ce que tu veux dire.
Il soupire, examine un instant le moteur. Puis il passe sa main lentement au-dessus des différentes pièces, émettant une lumière rougeâtre. L’usure disparaît, les durites percées se reconstituent, les fissures du radiateur se referment.
Kyle hoche la tête, admiratif.
Isabel fait le tour de la voiture, redressant les impacts sur la carrosserie.
Max : ( qui a fini de s’occuper du moteur, à Kyle ) Tu veux essayer de la démarrer ?
Kyle se met au volant, tourne la clef de contact. Le moteur démarre au quart de tour.
Kyle : ( sourit ) Décidément, chez Toby, on est les meilleurs… Qui aurait cru que ça irait aussi vite ?
Liz lui donne un coup de coude dans les cotes. Il rit de plus belle, puis regarde sa montre.
Kyle : Je dois filer.
Il a un regard complice pour Isabel, sourit à Max et Liz, puis remonte dans la dépanneuse.
Kyle : ( à Max ) Je t’enverrais la note !
Max hoche la tête, regarde la jeep puis Isabel qui attend qu’il dise quelque chose.
Max : Merci Isabel!
Isabel : (tout sourire) Je le savais ! Je le savais que ça te plairait !
Max : ( jette un coup d’œil à Liz qui sourit ) Bien sûr.
Liz : Oui, ça rappelle des tas de souvenirs.
Isabel : Il faut que je me sauve. ( elle prend un air mystérieux ) Un rendez-vous !
Elle embrasse Max et Liz, monte en voiture et démarre.
Max et Liz la regardent s’éloigner, regardent la jeep, puis se sourient.
Liz : Alors, tu as une idée pour la couleur ?
Le CrashDown
Début de soirée. Isabel est assise à une table prés de la fenêtre. Elle sirote un soda en feuilletant un magazine. En réalité, elle surveille Kyle qui attend devant le restaurant, très élégant. Il regarde fréquemment sa montre, on le sent inquiet.
Petit à petit, Maria remarque son manège.
Maria : ( s’est rapproché d’Isabel ) Qu’est-ce que tu surveilles ?
Isabel : Chut, Maria ! Il pourrait entendre.
Maria : ( regarde par la fenêtre, puis chuchote ) Mais c’est Kyle !
Isabel : Oui.
Maria : Il attend quelqu’un ?
Isabel : ( tout sourire ) Oui !
Maria : ( s’assoit, intéressée ) Raconte !
Isabel : ( triomphale ) Il a un rendez-vous !
Maria : Avec qui ?
Isabel : Une mystérieuse jeune femme.
Maria : Et tu es là pour voir ?
Isabel hoche la tête en souriant.
Maria : ( regarde Kyle un moment) Il a l’air nerveux.
Isabel : ( sérieuse ) Je crois qu’il tient beaucoup à elle.
Maria : Il la connaît depuis quand ?
Isabel : Ce matin.
Maria : Et ben dis donc !
Isabel sourit de plus belle, approuve de la tête. Toutes les deux observent Kyle de concert.
Kyle regarde encore une fois sa montre, soupire. Il scrute la rue à droite et à gauche du restaurant. Finalement, June arrive lentement.
Kyle : ( respire profondément ) Vous voilà !
June : Je suis un peu en retard, désolée.
Kyle : ( vite ) Ca ne fait rien…L’essentiel, c’est que vous soyez là.
June : Alors ? Où allons-nous ?
Kyle sourit, l’air mystérieux, lui fait signe de le suivre jusqu’à sa voiture. Il lui ouvre la portière. Elle monte et il referme la portière, toujours souriant. Kyle monte à son tour, démarre.
Isabel a pris quelques photos avec son portable.
Maria : Fais voir !
Isabel utilise ses pouvoirs pour agrandir la photo. Toutes les deux regardent la jeune femme.
Maria : Plutôt jolie !
Isabel : ( pensive ) Oui.
Le restaurant
Les tables sont dressées dans un jardin, chacune sous une tonnelle en fer forgé couverte de rosiers grimpants. La végétation fait écran, isolant les dîneurs. Le tout est éclairé par des lanternes et des photophores.
Kyle et June sont installés face à face. Elle regarde autour d’elle, un peu surprise par le cadre superbe. Il la regarde avidement, guettant sa réaction.
Kyle : ( se décide à parler) Alors ?
June : C’est très joli…et très calme, vous aviez raison.
Kyle ; Je suis heureux que ça vous plaise. ( il la regarde rêveusement, puis se force à regarder le menu ) Et il paraît que leurs grillades de poisson valent le détour.
June : Vous mangez du poisson ?
Kyle : Oui. Pourquoi ?
June : Je croyais que vous vous contentiez d’admirer les spécimens que vous tirez de l’eau…avant de les y remettre.
Kyle : Oh, vous m’avez vu !
June hoche lentement la tête.
Kyle : C’est une des nombreuses contradictions de mon existence… Voyez-vous, la pèche est une tradition familiale chez les Valenti. Mon grand-père et mon père m’ont transmis le virus quand j’étais tout petit. J’aime pêcher…mais, depuis que je suis devenu bouddhiste, je ne peux me résoudre à manger le poisson que j’attrape. Alors, je le remets à l’eau pour respecter le grand cycle de la vie…( il rit de lui-même) Mais ici, au restaurant, je peux manger du poisson, puisque ce n’est pas moi qui l’ai péché.
June : ( pensive ) Et comment êtes-vous devenu bouddhiste ?
Kyle : C’est une longue histoire ( il sourit ) Il vaut mieux commander avant.
June hoche à nouveau la tête.
Plus tard, ils parlent en mangeant.
June : Alors, cette histoire ?
Kyle : L’histoire de ma vie ? ( il soupire ) Il faut que vous sachiez que j’étais un adorable bébé...( il rit devant son air décontenancé ) Mais j’ai grandi, et je suis devenu un spécimen assez banal de jeune mâle de province, assez populaire et un rien imbu de lui même. Je jouais au basket dans l’équipe du lycée. J’espérais même passer chez les professionnels…puis tout a basculé.
June : Qu’est-ce qui c’est passé ?
Kyle : J’ai pris une balle de 9 mm.
June : (sérieuse ) Comment ?
Kyle : Oh ! J’étais au mauvais endroit au mauvais moment. J’ai reçu une balle perdue lors d’une bagarre. Je serais mort si un ami n’avait pas fait ce qu’il faut pour me maintenir en vie. En fait, j’aurai du mourir…mais je suis là !
June : C’est arrivé quand ?
Kyle : Il y a 2 ans…et rien n’a plus été comme avant…Je ne sais pas comment l’expliquer. Je vais bien. Je n’ai pas de séquelles, mais c’est comme si je n’arrivais plus vraiment…
June : ( doucement ) A vivre.
Kyle : ( la regarde, surpris mais heureux qu’elle comprenne ) C’est ça ! On dirait que tout c’est arrêté.
June : ( les yeux dans le vague ) Non, tout continue comme avant. Mais on est là, immobile comme…dans l’œil du cyclone.
Kyle : ( pensif ) Qu’est-ce qui VOUS est arrivé ?
June : ( hausse les épaules ) C’est sans importance.
Kyle : Au contraire, dites-moi.
June secoue la tête, évite son regard.
Kyle : ( très doucement ) Une autre fois peut-être.
Elle ne dit rien, ne le regarde toujours pas, feint de s’intéresser à son assiette.
Kyle : Quoiqu’il en soit, pendant ma convalescence, je suis tombé sur un livre « Bouddha, amène-moi au loin » Il a été le compagnon de mes insomnies, et voilà…( il la regarde un instant puis, à voix basse ) Et vous ? Qu’est-ce qui vous aide à continuer ?
June : Je peins.
Kyle : ( sourit ) Oui, j’ai pu admirer. ( il la regarde, rêveur )
June : ( gênée ) Alors, qu’avez-vous fait du tableau ?
Kyle : Je l’ai accroché dans ma chambre, en face de mon lit.
June : Vraiment ?
Kyle : Comme ça, c’est la première chose que je verrais en ouvrant les yeux… et c’est la dernière chose que je contemplerais avant de m’endormir.
June : Vous allez vous en lasser.
Kyle : Non, sûrement pas. ( il sourit encore ) Merci !…Pas seulement pour le tableau. Merci pour ce dîner. C’est la première fois depuis bien longtemps que je passe une aussi agréable soirée.
June baisse les yeux.
Kyle : On pourrait recommencer, disons…jeudi ?
June : ( sans lever les yeux ) Non.
Kyle : Alors, en fin de semaine ?
June : Non.
Kyle : La semaine prochaine ?
June : ( lève enfin les yeux ) Non.
Kyle : C’est juste une impression ou vous ne voulez vraiment pas dîner avec moi ?
June : ( lentement ) Je vous remercie pour ce soir, mais nous devons en rester là.
Kyle : Pourquoi ? J’ai fait quelque chose qui vous a déplu ?
June : Non, ce n’est pas vous…c’est moi. Je n’aurai même pas du accepter votre invitation.
Kyle : Je ne comprends pas.
June : ( se lève) Je dois rentrer.
Kyle : ( se lève aussi ) Je vais vous raccompagner.
June : Non, je vais prendre un taxi.
Kyle : Voyons, c’est…
June : ( l’arrête d’un geste ) Je préfère. Bonsoir… et encore merci pour cette agréable parenthèse.
Kyle : ( avec un sourire forcé ) Merci à vous.
June : (commence à s’éloigner, se retourne au bout de quelque pas ) Un conseil d’amie : recommencez à vivre. ( elle s’en va pour de bon )
Kyle : ( dans un murmure ) Je viens d’essayer.
Il la regarde demander un taxi à la réception du restaurant, sortir pour l’attendre. Il reste là, triste et immobile.
L’appartement d’Isabel
Jesse vient juste de finir de déjeuner. Il embrasse Isabel, prend son attaché case et sort.
Jesse : A ce soir.
Isabel : Bonne journée.
Elle retourne dans la cuisine. On frappe à la porte. Elle ouvre. Kyle entre, les traits tirés. IL porte toujours les mêmes vêtements. Il n’a pas dormi.
Kyle : Salut.
Isabel : Qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne devrais pas être au travail ?
Kyle : J’en ai marre de ce boulot.
Isabel : Oh ! Ca c’est si mal passé que ça, ta soirée ?
Kyle : Non, c’était une soirée merveilleuse… Le cadre était superbe, la cuisine délicieuse. On a parlé, enfin… j’ai parlé et elle m’a écouté, vraiment écouté. En tout cas, j’y ai cru.
Isabel : Et ?
Kyle : Je lui ai demandé si elle voulait qu’on se revoie. Elle a dit non.
Isabel : Comment ça ?
Kyle : Elle a dit non. Juste non. ( tragique ) Elle a appelé un taxi et elle est parti.
Isabel : Pourquoi ?
Kyle : J’en sais rien… Je crois qu’elle a peur.
Isabel : De toi ?
Kyle : Mais non ! Oh, je ne sais pas…
Isabel : ( désolée ) Tu veux un café ?
Kyle : Un double, alors.
Isabel : D’accord !
Elle le fait asseoir, le sert dans une grande tasse. Il soupire.
Isabel : Ecoute, tout n’est pas perdu.
Kyle : Elle est partie sans se retourner.
Isabel : Et alors ?
Kyle : Je ne sais même pas où elle habite.
Isabel : Roswell n’est pas si grand. On va la retrouver.
Kyle : ( soupire) C’est gentil, Isabel. Mais je crois que c’est peine perdue.
Isabel : Hé ! Si c’est la fille de tes rêves, tu ne vas pas renoncer, non ?
Kyle : J’en sais rien.
Isabel : Toi, tu as besoin de dormir. Allez viens, je te prête un coin du canapé.
Kyle : Il faut que j’aille travailler.
Isabel : Je vais te faire un mot d’excuse. Allez, va t’allonger !
Kyle : ( se lève, essaye de sourire) Merci, Isabel.
Isabel : Nous autres, semi-humains et assimilés, on doit s’entraider, pas vrai ?
Kyle : ( se laisse tomber sur le canapé ) Oui.
Isabel éteint les lumières, retourne dans la cuisine. Elle prend le téléphone d’un air décidé.
To be continued
lizevans (25.07.2006 à 16:29)
(Re) Commencements
L’appartement d’Isabel
Plus tard. Kyle est endormi sur le canapé. Isabel le prend par l’épaule et le secoue.
Isabel: Debout, Kyle! Allez, dépêche-toi
Kyle: ( se redresse, un peu hagard ) Quoi ?
Isabel : Un dépannage urgent. Tu dois passer au garage chercher la camionnette et tu files sur Sunset Avenue. Tiens, voilà l’adresse exacte !
Kyle : ( se frotte les yeux ) Toby a appelé ?
Isabel : Oui…Non, c’est moi qui l’ai appelé pour dire que tu étais souffrant.
Kyle : Et il veut que j’aille faire un dépannage ?
Isabel : ( l’air scandalisé ) Oui, c’est pas croyable ! Mais il n’a personne d’autre à envoyer et c’est juste un petit truc….( elle lève les mains au ciel ) Il a beaucoup insisté, alors j’ai dit que c’était d’accord pour m’en débarrasser. ( catégorique ) Tu dois y aller !
Kyle : ( se lève, résigné ) OK ! OK ! J’y vais.
Isabel : Attend ! ( elle passe la main devant son visage, remettant de l’ordre dans ses cheveux, effaçant les poches de fatigue sous ses yeux ) C’est mieux comme ça.. Voilà, fonce !
Kyle : ( un peu étonné par son enthousiasme ) Merci.
Isabel : ( grand sourire ) De rien.
Kyle secoue la tête et sort, un peu perplexe. Isabel sourit de plus belle.
128 Sunset Avenue
La camionnette du garage se gare. Kyle descend, vérifie l’adresse sur son papier puis sonne à la porte.
June ouvre. Ils se regardent, aussi surpris l’un que l’autre.
June : Kyle ? Mais, comment… ?
Kyle : ( très vite ) Je viens pour le dépannage…la voiture…( il montre le logo sur sa salopette) Le garage.
June : ( se ressaisit ) Oh ! Bien sûr…J’ignorais que vous y travailliez.
Kyle : Vous vous êtes enfuie avant de connaître tous les détails de ma triste vie, vous vous rappelez ?
June baisse les yeux, embarrassée.
Kyle : Bon ! Où est la voiture ?
June : Dans le garage. Je n’ai pas pu la démarrer ce matin.
Kyle : Je vais y jeter un œil.
Il va vers le garage. Elle reste là, indécise, puis rentre dans la maison.
Kyle : ( a pris son téléphone, fait rageusement un numéro ) C’est quoi ce cirque ? Comment tu as fait ?
Isabel : ( très calme ) J’ai appelé ton père pour qu’il la localise.
Kyle : Comment ?
Isabel : Tu m’as dit qu’elle avait pris un taxi depuis le restaurant..
Kyle : Mais qu’est-ce que tu as dit à mon père ?
Isabel : Rien d’important. Je lui ai juste demandé un coup de main pour retrouver quelqu’un.
Kyle : ( soupire ) Et ensuite ?
Isabel : Pendant que tu dormais, je suis venue voir. Et je me suis occupé de la voiture.
Kyle : Qu’est-ce que tu as fait ?
Isabel : Oh ! J’ai juste bousillé la batterie, c’est tout.
Kyle : C’est tout ? Isa !
Isabel : J’ai aussi intercepté son appel au garage.
Kyle : Comment ?
Isabel : Tu veux vraiment connaître tous les détails ?
Kyle : Non !… Bon sang, comment as-tu osé ?
Isabel : Tu avais besoin d’aide ! Ecoute, Kyle, c’est juste…un petit coup de pouce du destin.
Kyle : Tu aurais du voir sa tête. Elle ne savait plus où se mettre.
Isabel : Bah !
Kyle : Isabel, hier soir, elle est presque partie en courant.
Isabel : Possible, mais elle rêve de toi.
Kyle : Qu’est-ce que tu dis ?
Isabel : Avant de lancer mon opération de secours, j’ai fait ma petite enquête.
Kyle : Tu as fait quoi exactement ?
Isabel : Une petite visite à son subconscient…Tu avais raison : elle a peur. Elle rêve qu’on la poursuit. Tout est très noir, sauf quelques images : le lac, le lever du soleil… et toi.
Kyle : Isabel !
Isabel : Ecoute, Kyle. Si cette fille ne compte pas pour toi, termine ta réparation et file. Sinon…
Kyle : Sinon ?
Isabel : Fonce, idiot !
Kyle : ( rit nerveusement ) Foncer ?
Isabel : Enfin, Kyle, tu as déjà eu affaire à des filles, pas vrai ? Même si ça date un peu, tu dois quand même te rappeler comment t’y prendre ?
Kyle : C’est différent !
Isabel : Raison de plus, non ?
Kyle : ( soupire ) D ‘accord !
Il raccroche, remet le téléphone dans sa poche, reste un moment pensif, incapable de bouger. Puis il se décide, ouvre le capot de la voiture d’un geste rageur.
Il va pour prendre la batterie. Un arc électrique verdâtre se forme entre ses mains et les plots électriques. Il recule, effrayé, regarde ses mains, réalisant ce qui se passe.
Il déglutit difficilement, approche sa main droite de la batterie. Un nouvel arc se forme.
Kyle ; Manquait plus que ça !
Il serre les poings, de petits éclairs verts crépitent tout autour. Il respire profondément, essayant de se calmer, ouvre lentement ses mains. Les éclairs disparaissent peu à peu.
Il prend une grande inspiration, se dirige vers la porte d’entrée et sonne.
June : ( ouvre ) Alors, quel est le verdict ?
Kyle : ( essaye de ne pas montrer ses mains ) Il y a eu un court-circuit. Quelques fusibles ont grillé et la batterie est fichue. Il faut que j’aille en chercher une nouvelle. J’en ai pour une demi-heure au maximum, et je reviens vous la poser.
June : Très bien.
Kyle : Bon, à tout à l’heure.
Il s’en va ; les mains dans les poches de sa salopette. Elle le regarde, pensive.
Le garage de June
Plus tard. Kyle est en train de finir de changer la batterie. Il referme le capot de la voiture et se dirige vers la maison, prenant au passage un bouquet de fleurs posé prés de sa boite à outils.
Il va pour sonner, un nouvel éclair vert se forme au bout de ses doigts.
Il jure entre ses dents, laisse retomber sa main, se force à respirer calmement. Il vérifie sa main, soupire à nouveau, puis frappe à la porte.
June vient ouvrir, regarde les fleurs, visiblement mal à l’aise.
Kyle : C’est pour m’excuser.
June : D’être venu me dépanner ?
Kyle : Attendez de voir nos tarifs !
June sourit malgré elle.
Kyle : Je suis désolé de vous avoir embarrassée tout à l’heure.
June : ( hausse les épaules ) Le hasard joue parfois des tours.
Kyle : A moins que ce ne soit le destin.
June : Je n’y crois pas.
Kyle : Pourtant…( il sourit ) Je suis vraiment heureux de vous revoir.
Il s’avance, lui tend les fleurs. Elle les prend à contrecœur, ne sachant trop quoi en faire.
Kyle : A vrai dire, depuis hier, je n’ai pas cessé de penser à vous.
June : Je vous en prie ! Vous ne me connaissez même pas.
Kyle : Pas encore…Pas assez… Mais je sais une chose : quand je suis prés de vous, je me sens bien… je me sens vivant.
June : ( effarée ) Vivant ? ( elle rit nerveusement )
Kyle : ( fait encore un pas vers elle ) June ! De quoi avez-vous si peur ?
June : ( soupire ) Je vais vous le dire…et après vous partirez, d’accord ?
Kyle pince les lèvres.
June secoue la tête, regarde le bouquet, se décide à en faire quelque chose. Elle va vers un meuble, prend un vase et y place les fleurs.
Kyle l’a suivi dans le salon, toujours silencieux.
June : ( soupire encore, se lance ) Il y a un contrat sur ma tête.
Kyle : Quoi ?
June : Un tueur lancé à mes trousses.
Kyle : Pourquoi ?
June : Parce que…je me suis trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Un trafiquant de drogue a éliminé un de ses concurrents… J’ai tout vu et j’ai accepté de témoigner…Alors il a engagé un tueur pour m’en empêcher… C’est comme ça que ma vie a basculé.
Kyle serre les poings, provoquant des grésillements. Il croise les bras pour cacher ses mains.
June est allé prés de son chevalet, elle regarde la toile sans la voir, ne remarque rien.
Kyle : Vous avez été blessée ?
June : Non !…C’est un des agents chargés de ma protection qui a été touché. Il est mort juste à coté de moi.
Kyle : Je suis désolé.
June : ( lui jette un bref coup d’œil puis se tourne à nouveau vers son chevalet ) J’ai témoigné. J’ai fait le nécessaire pour envoyer cette ordure en prison. Et j’ai bénéficié du programme de protection des témoins…J’ai du déménager, changer d’identité, de vie.
Kyle : Ca a du être dur.
June : J’ai essayé…J’ai vraiment essayé de continuer. Mais ce n’était pas fini. Le tueur m’a retrouvé. Cette fois, c’est une de mes voisines, une fille avec qui j’avais sympathisé, qui a été tuée… Il l’avait prise pour moi !
Kyle : June !
June : On m’a redonné une nouvelle identité et j’ai re-déménagé ici, à Roswell… Mais je sais que ce n’est qu’une question de temps. Il va encore me retrouver, je le sens. ( elle le regarde, les larmes aux yeux ) En fait, je suis déjà morte.
Kyle : ( s’approche d’elle) June !
June : ( recule, regarde par la baie vitrée ) Je veux que vous partiez…Sinon, c’est peut-être vous qui recevrez la balle qui m’est destinée.
Kyle : Je ne peux pas.
June : ( se retourne, rageuse ) Bien sûr que si ! Kyle, vous avez eu beaucoup de chance, ce jour-là. Ne tentez pas le sort. Allez-vous en et restez en vie.
Kyle : ( grimace, titubant légèrement, laisse retomber ses mains maintenant couvertes d’éclairs verts ) Je ne peux vraiment pas !
June : ( ouvre de grands yeux devant le phénomène ) Oh, mon Dieu ! Qu’est-ce que c’est ?
Kyle : ( a un pauvre sourire, lève lentement ses mains qui crépitent de plus belle ) Disons que vous n’êtes pas la seule à avoir un lourd secret.
June s’approche lentement, sans pouvoir détacher son regard des mains de Kyle.
Kyle : Mais je sais que vous pouvez comprendre.
June : ( dubitative ) Vous croyez ?
Kyle : J’en suis sûr !
Il frémit, chancelle. Elle s’avance et le soutient, l’aide à s’asseoir sur le canapé.
June : J’appelle un médecin.
Kyle : Surtout pas ! Si vous faites ça, j’aurai droit à une cellule d’isolation et on me transformera en rat de laboratoire.
June : ( s’est accroupie pour lui parler ) Kyle, de quoi est-ce que vous parlez ?
Kyle : ( soupire ) Je vous ai dit que j’avais pris une balle perdue et qu’un ami m’avait sauvé la vie. C’était vrai… Seulement, je ne vous ai pas tout dit…Et surtout, j’ai menti en disant qu’il n’y avait pas de séquelles. ( il montre ses mains )
June : Je ne comprends pas. ( elle avance une main vers les siennes, n’osant pas les toucher ) Ce… phénomène serait la conséquence du traitement que vous avez reçu ?
Kyle : Oui, on peut dire ça. ( il soupire encore ) C’est compliqué… et je ne sais pas par où commencer…. Hé ! Peut-être que je peux vous montrer.
June : Me montrer quoi ?
Kyle : Ce qui c’est passé !
June : Comment ?
Kyle : Ça peut marcher. Asseyez-vous là, à coté de moi… Donnez-moi vos mains.
June s’assoit, mais hésite en regardant les éclairs verts.
Kyle : Oh ! Attendez !
Il se redresse, respire profondément, lentement. Le phénomène s’apaise.
Il sourit, lui tend les mains. June se décide à les prendre.
Kyle : N’ayez pas peur…Regardez-moi.
Il se concentre, plonge son regard dans le sien, essayant de toutes ses forces d’y arriver.
Un flash : June perçoit un flot d’images : la scène de la fusillade au Centre des OVNI vue par les yeux de Kyle. Pierce fait feu. Valenti réplique. Kyle est touché par une balle perdue. Il s’effondre. Valenti le découvre, appelle au secours. Max intervient, pose sa main sur Kyle, le guérit..
June : ( lâche les mains de Kyle, surprise et effrayée ) J’ai vu…Je vous ai vu…
Kyle : Ça a marché, alors.
June : Comment est-ce possible ? C’était comme si je voyais par vos yeux…et puis… j’ai aussi ressenti ce que vous avez ressenti : la peur… la douleur…Et je l’ai vu vous soigner…Qui est-ce ?
Kyle : C’est…Max.
June : Comment…comment a-t-il fait ?
Kyle : Il est… différent.
June : J’ai senti la plaie se refermer, la douleur disparaître…Qui est-il ? Qu’est-il exactement ?
Kyle : Et bien… on est à Roswell, Nouveau Mexique, pas vrai ?
June : ( le regarde un moment avant de comprendre à quoi il fait allusion ) Vous voulez dire que…c’est… un… ?? ( elle rit nerveusement )
Kyle : Un extraterrestre ? Oui !
June secoue la tête, perdue.
Kyle : C’est une longue histoire… Mais, oui, il y a bien eu un crash à Roswell en 47...Et il y a eu des survivants.
June : Des ?
Kyle : June, je promets de tout vous raconter, mais ça risque de prendre pas mal de temps. Pour l’instant, disons que Max est un extra-terrestre, qu’il a des pouvoirs, et qu’il m’a sauvé la vie ce jour-là.
June : C’est insensé.
Kyle : Ca m’a pas mal pris la tête à moi aussi…mais c’est la vérité. Croyez-moi. ( ses mains recommencent à grésiller )
June : ( les regarde, soupire ) Kyle, qu’est-ce qui vous arrive ?
Kyle : Effets secondaires. En me soignant, Max m’a changé.
June : En extra terrestre ?
Kyle : Non, je reste humain… Mais il semble que je vais développer des pouvoirs semblables aux siens. En tout cas, c’est ce qui est arrivé à Liz.
June : Liz ?
Kyle : C’est la femme de Max. Il l’a sauvé un an avant moi…avec les mêmes conséquences.
Ecoutez, tout ça doit vous paraître complètement dingue… Moi-même, au début ça m’a fait vraiment flipper, et il m’a fallu pas mal de temps pour tout assimiler.
June : Oui, je vous crois.
Kyle : June, je veux vraiment tout vous raconter… Mais, d’abord, j’ai besoin de votre aide. ( il la regarde, implorant ) Je dois appeler une amie, mais je n’ose pas toucher à mon portable… je vais le bousiller. ( il lui montre sa poche poitrine ) Vous voulez bien m’aider ?
June : ( se secoue, prend le portable ) Une amie ?
Kyle : Isabel. C’est la sœur de Max.
June : Oh ! Et…elle aussi ?
Kyle : Oui.
June : ( déglutit, hoche la tête ) Très bien. Que faut-il lui dire ?
Kyle : En fait, si vous tenez le portable, je dois pouvoir lui parler.
June : D’accord. ( elle cherche le numéro dans l’index, appelle, tient le téléphone prés de l’oreille de Kyle )
Isabel : ( décroche son téléphone ) Kyle ? Alors, raconte !
Kyle : Isabel, j’ai besoin de ton aide
Isabel : C’est pas vrai ! Tu l’as encore fait fuir ?
Kyle : Non, et pourtant, cette fois, elle aurait de bonnes raisons.
Isabel : De quoi tu parles ?
Kyle : Isabel, je grésille comme du bacon au micro-onde.
Isabel : Quoi ?
Kyle : Ca a commencé… Mes mains sont couvertes d’éclairs verts.
Isabel : Où es-tu ?
Kyle : Chez June.
Isabel : Et qu’est-ce qu’elle en dit ?
Kyle : ( jette un œil à June ) Elle tient le coup.
Isabel : Bon ! Ne bouge pas. J’arrive. ( elle raccroche, sort précipitamment )
Kyle : ( sourit à June ) Merci.
June : ( raccroche ) Alors ?
Kyle : Elle arrive.
June : Bon…Attendez,..elle sait où j’habite ?
Kyle : ( embarrassé ) En fait, c’est elle qui a organisé notre rencontre de ce matin. ( June fronce les sourcils, il ajoute très vite ) Je n’étais pas au courant… Je lui avais juste parlé de vous, et elle a voulu m’aider à vous revoir.
June : Comment a-t-elle fait ?
Kyle : Elle est très inventive. ( il soupire ) June, je suis content qu’elle vous ai retrouvé. ( ses mains crépitent de plus belle, il grimace )
June : Ca fait mal ?
Kyle : Par moment seulement. Mais, surtout, j’ai l’impression d’être vidé.
June : Reposez-vous. Votre amie va arriver. Elle pourra vous amener en lieu sûr.
Kyle : Je n’ai pas dit que j’allais partir.
June : Kyle, même si je n’ai eu que la version courte, je crois que votre vie est déjà assez compliquée… Inutile d’en rajouter.
Kyle : ( soupire, la regarde puis lui tend à nouveau les mains ) Je voudrais vous montrer encore quelque chose.
June vérifie qu’il n’y a pas d’éclairs verts puis lui donne ses mains.
Kyle lui sourit, la regarde intensément.
Un flash. On voit le lac : la réverbération presque aveuglante du soleil levant, le frémissement de la ligne, le poisson-chat aux écailles brillantes.
Kyle : ( soupire ) Je voulais vous le faire voir à travers mes yeux. ( il se laisse retomber sur le canapé, ferme les yeux.)
June reste à le regarder, pensive.
Un peu plus tard.
On sonne à la porte.
June se lève, va ouvrir.
Isabel : Je suis Isabel… Où est-il ?
June : Dans le salon. Entrez.
Isabel s’approche du canapé. Kyle se redresse. Des éclairs se reforment aussitôt, parcourant ses mains et son visage. Il grimace.
Isabel : ( recule ) Zut et zut ! C’est vrai, j’oubliais !
June : Qu’est-ce qui ce passe ?
Isabel : Pendant quelque temps, nous ne pourrons pas l’approcher.
June : J’y arrive, moi.
Isabel : ( la regarde ) Quand je dis nous…c’est nous.
June: Oh! D’accord.
Isabel: ( sourit à Kyle ) Elle a l’air de prendre ça plutôt bien.
Kyle : On dirait…Tu as appelé Max ?
Isabel : Non, mais de toute façon, il ne pourra rien faire. Lui non plus ne pourra pas t’approcher.
Kyle : C’est pas pour moi. C’est pour June.
Isabel : Qu’est-ce qu’il y a ?
Kyle : Elle a besoin d’aide. Appelle Max et Liz. C’est urgent !
Isabel : ( les regarde un après l’autre ) D’accord.
Elle prend son portable, va dans l’entrée pour appeler.
June : Kyle, que voulez-vous… ?
Kyle : Faites-moi confiance.
June : ( soucieuse ) Mais…
Kyle : ( lui sourit l’air encourageant ) Nous pouvons vous aider.
June baisse la tête, soupire.
Isabel : ( revient ) Ils étaient au CrashDown pour déjeuner. Ils seront là dans 5 minutes.
Kyle : Appelle aussi mon père. Nous aurons besoin de lui.
Isabel : Tu ne veux pas Michael tant que tu y es ?
Kyle : Pas pour le moment… Isabel, c’est important !
Isabel: OK! OK ! ( elle repart dans l’entrée )
Kyle : ( à June qui est toujours soucieuse ) Mon père est shérif adjoint.
June : Kyle, il ne faut pas…
Kyle : Nous avons l’habitude des situations de crise, croyez-moi !
June le regarde, dubitative.
Kyle : ( sourit ) Croyez-moi, June !
Isabel : Ton père arrive.
Kyle : Merci.
Isabel : Ca va, toi ?
Kyle : Oui. Je sais déjà que tout c’est bien passé pour Liz… Donc, j’ai seulement besoin de patience.
Isabel : Oui ! ( elle regarde June ) Et vous, ça va ?
June : ( elle regarde Kyle qui lui sourit, penaud ) Je crois…qu’il va me falloir du temps pour tout assimiler… Sauf si je me réveille, bien sûr.
On sonne à la porte. Isabel va ouvrir, fait entrer Max et Liz.
Liz : ( s’avance vers Kyle ) Est-ce que ça va ? ( elle s’arrête car Kyle crépite de plus belle ) Oh, désolée !
Max s’est figé en voyant June qui le regarde fixement.
Isabel : Tout va bien, Max. June est une amie de Kyle.
Max : Et…elle sait ?
Kyle : Etant donné que j’ai commencé à jouer les guirlandes de Noël dans son salon, on a du lui expliquer certaines choses, oui !
Max : Kyle, c’est…
Kyle : ( s’énerve, des éclairs verts viennent crépiter sur son visage ) J’ai confiance en elle, Max…comme tu as eu confiance en Liz.
Max ne dit rien, regarde June, indécis.
Liz : ( sourit devant l’air décidé de Kyle, s’avance vers June ) Je suis Liz. Contente de vous connaître June. Les amis de Kyle sont nos amis. ( elle se tourne vers Max ) N’est-ce pas ?
Max : ( regarde Kyle, puis opine ) Bien sûr. Mais savoir vous met en danger.
Kyle : Elle est déjà en danger. C’est pour ça que je vous ai fait venir : elle a besoin de nous.
Max : Comment ça ?
Kyle : June est un témoin protégé par le gouvernement.
Isabel : Kyle ! C’est le FBI qui…
Kyle : C’est pas ça le problème ! Le type contre qui elle a témoigné lui a collé un tueur sur le dos. Elle est certaine qu’il va la retrouver bientôt et l’éliminer… Liz, il faut que tu vérifies !
June les regarde tour à tour, essayant de comprendre de quoi ils parlent.
Liz : D’accord. ( elle s’avance vers June ) Donnez-moi vos mains.
Kyle : ( à June qui hésite ) Liz peut voir l’avenir. Laissez-la faire.
June hésite encore puis tend ses mains à Liz.
Liz les prend. Elle a un flash. Elle voit June à son chevalet. Elle esquisse une nouvelle toile, un sous-bois. Soudain la baie vitrée vole en éclats. June est abattue par un tireur embusqué.
Liz : ( gémit, lâche les mains de June ) Oui, vous allez être tuée. Ici, dans ce salon.
June : Il faut que vous partiez ! Tous les quatre !
Kyle : Pas question !
June : ( à Max ) Vous parliez de danger… Mais, là, c’est moi qui vous mets en danger…Je vous en prie. Deux personnes sont déjà mortes à cause de moi.
Max : ( hésite, regarde Kyle qui a pris un air suppliant ) On ne vous laissera pas tomber, June.
Liz : Bien sûr que non !
June : Mais puisque vous l’avez vu…
Max : Nous savons ce qui passera si on ne fait rien. Mais, justement, nous pouvons intervenir.
Kyle : On l’a déjà fait, June. On peut modifier l’avenir.
Liz : Mais pour ça, on doit en savoir plus. Redonnez-moi vos mains.
On sonne. June étouffe un cri. Isabel va ouvrir.
Valenti : Où est-il ? ( il entre, aperçoit Kyle, va vers lui sans même saluer les autres ) Kyle ! Est-ce que ça va ?
Kyle : Oui, papa, je vais bien.
Valenti : ( regarde les mains de Kyle qui grésillent faiblement ) Tu as mal ?
Kyle : Presque pas.
Valenti : ( à Max ) Vous pouvez faire quelque chose ?
Liz : Ca va aller shérif… Mais, pour le moment, aucun de nous ne peut l’approcher sous peine d’accentuer le phénomène… C’est ce qui s’est passé pour moi.
Valenti : Pourquoi ?
Max : Désolé, je ne sais pas. On dirait que notre présence accroît le trop plein d’énergie qui provoque ses grésillements.
Kyle : Papa ! Ça va, je t’assure que ça va.
Valenti : ( à Liz ) Et ça va durer combien de temps ?
Liz : Quelques jours seulement, puis ça disparaîtra.
Valenti : ( à Max ) Mais il développera des pouvoirs comme les vôtres ?
Max : Oui, c’est ce qui arrivé à Liz…
Valenti : Et qui risque de m’arriver à moi aussi, si je comprends bien.
Max : Je suis désolé.
Valenti : ( pose une main sur l’épaule de Max, grimace un sourire ) Ne dites pas ça, Max. Sans vous, nous serions morts à l’heure qu’il est.
Valenti regarde enfin autour de lui, aperçoit June. Il interroge Kyle du regard.
Kyle : Papa, je te présente June. Elle a des ennuis. Il faut l’aider.
Valenti : Quel genre d’ennuis ?
Liz : Elle est la cible d’un tueur à gages. Il va l’abattre.
Valenti : Vous voulez dire… ?
Liz : Oui… je l’ai vu.
Valenti : ( à June ) Pourquoi veut-on vous tuer ?
Kyle : Parce qu’elle a envoyé un criminel en prison et qu’il veut se venger.
Valenti ; Vous n’avez pas bénéficié du programme de protection des témoins ?
June : Si, mais ça ne l’a pas empêché de me retrouver une fois déjà. ( elle regarde Liz ) Et apparemment, il va encore y arriver.
Valenti : ( à Liz ) Quand ?
Liz : ( montre le chevalet ) Tout ce que je sais, c’est que June avait commencé une nouvelle toile : une forêt.
Valenti : ( à June ) Ca vous dit quelque chose ?
June : ( va vers son matériel, prend un dossier contenant des photos, sort quelques photos de Frasier Wood ) Je les ai prises avant-hier…Je comptais travailler dessus dans 2 ou 3 jours.
Valenti : Donc, nous avons au moins 48 heures devant nous. ( à Liz ) Vous avez vu le tueur ?
Liz : Non. J’allais essayer quand vous êtes arrivé.
Valenti ; Allez-y, alors.
Liz s’avance vers June, lui sourit et lui prend les mains. Nouveau flash : Liz revoit June s’écrouler sous les balles. Elle voit le tueur se rapprocher pour vérifier que, cette fois, il a bien touché la bonne personne.
Liz : ( lâche les mains de June, se tourne vers Valenti ) Je l’ai vu. Je pense que je pourrais l’identifier.
Valenti : Il faudrait faire un portrait robot. Vous allez venir avec moi au bureau du Shérif.
Max : Attendez ! ( il s’avance vers Liz ) Montre-moi.
Liz acquiesce, pose une main sur sa joue. Ils se regardent.
Max trésaille en recevant le flash, ferme les yeux un instant, puis il se dirige vers le matériel de peinture de June, prend son carnet à esquisse. Il détache une feuille, passe sa main au-dessus. Le visage du tueur se dessine.
Max montre le portrait à Liz.
Liz : C’est bien ça.
Max tend le portrait à Valenti.
June est restée bouche bée.
Valenti : ( lui montre le portrait ) Vous le connaissez ?
June : ( tremblante ) Non, je ne l’ai jamais vu.
Valenti : Je file au bureau du Shérif. ( à Max ) En attendant, vous feriez mieux de transférer June dans un lieu plus sûr.
Kyle : Elle va venir chez nous.
June : Mais…
Liz : Kyle a raison. Vous ne pouvez pas rester ici. C’est trop dangereux.
June : Je ne sais pas si…
Kyle : ( catégorique ) Vous allez venir chez nous, et je veillerai sur vous. ( il sourit ) Et vous… vous veillerez sur moi. ( Tous le regardent ) Hé ! Aucun de vous ne peut m’approcher et mon état est sérieux…J’ai besoin qu’on me soutienne, au moins psychologiquement.
Liz et Isabel éclatent de rire. Max esquisse un sourire.
Valenti : ( rit aussi, donne une tape sur l’épaule de son fils ) D’accord, on fait comme ça ! ( à June ) Ne vous inquiétez pas, on va arrêter ce tueur.
Isabel : Je viens avec vous. Je peux vous aider à le localiser.
Valenti : Parfait. Allons-y.
Ils sortent.
Max : ( regarde sa montre ) Je dois reprendre le travail. Ca va aller pour vous deux ?
Kyle : Bien sûr. ( à June ) Préparez quelques affaires et en route.
June : ( hésite encore ) Je ne voudrais pas…
Kyle : ( serre les poings, déclenchant de nouveaux grésillements ) Je ne pars pas sans vous.
Liz : D’autant qu’il vaut mieux qu’il ne conduise pas. Le volant n’y résisterait pas.
Kyle : Il ne faut pas rester là, June.
June hoche la tête, passe dans sa chambre pour préparer ses affaires.
Max : Ne sortez pas de chez toi, ni l’un ni l’autre, jusqu’à ce que tout soit réglé, d’accord ?
Kyle : ( se veut sérieux ) C’est bien mon intention.
Liz : ( moqueuse) Quel esprit de sacrifice ! Et dans ton état !…C’est héroïque !
Max la regarde, fronce les sourcils.
Kyle : ( souriant ) Que veux-tu, nous autres, super-héros, nous sommes comme ça.
Liz : C’est sûr.
Max : Bon, c’est fini tous les deux ? ( à Kyle ) Sois très prudent, d’accord ?
Kyle approuve gravement.
Max : On y va. ( il sort, entraînant Liz qui rit toujours )
June : ( revient avec un sac ) Vous êtes sûr que ça ne vous ennuie pas de m’héberger ?
Kyle : Vous voulez rire ? Je vais vous avoir tout à moi…Enfin, je veux dire que nous allons avoir le temps de faire vraiment connaissance, vous comprenez ?
June : ( pensive ) Oui.
Kyle : On y va ?
June : Est-ce que je peux amener mon matériel de peinture ?
Kyle : J’allais vous le demander.
Ils se sourient.
La maison des Valenti
June et Kyle entrent. Elle porte son matériel de peinture. Kyle porte son sac et le chevalet pliable.
Kyle : Ne faites pas attention au désordre. C’est une maison de célibataires.
June parcourt la pièce du regard, un peu embarrassée.
Kyle : Vous allez prendre ma chambre.
June : Mais non, voyons !
Kyle : C’est à dire qu’il n’y a pas de chambre d’amis, alors…
June : Mais…et vous ?
Kyle : Je vais prendre le canapé. J’ai l’habitude !
June : Kyle, je ne veux pas…
Kyle : Ce n’est rien, June…Je vous demande juste quelques instants. Le temps de débarrasser ce qui doit traîner ça et là…. Et vous pourrez aménager.
June : Mais…
Kyle : Vous devriez installer votre chevalet en attendant.
Il ne lui laisse pas le temps de protester encore. Il va vers sa chambre, entre et referme la porte. Il contemple un instant le bazar qui y règne, attrape un sac de sport dans la penderie et y fourre pêle-mêle tout ce qui traîne : chaussette et sweats, papiers épars.
Il pense soudain à sa collection de magazines « masculins » cachée sous le lit. Il se met à 4 pattes pour les attraper, les fourre au fur et à mesure dans le sac. Il s’énerve parce qu’il n’arrive pas à les atteindre tous, se contorsionne pour y parvenir. Il finit par extirper les derniers, jette un coup d’œil aux couvertures voyantes, grimace. Les magazines qu’il tient à la main s’enflamment. Il les lâche, tape dessus avec le pied pour éteindre les flammes.
June : ( depuis le salon ) Ça va ?
Kyle : Pas de problème. Ça y est presque !
Il grimace encore en regardant les magazines noircis, les fourre avec le reste dans le sac de sport, jette un dernier coup d’œil puis sort, le sac à la main.
Kyle : Voilà ! Vous pouvez y aller.
June : Ça m’ennuie de vous chasser de votre chambre.
Kyle : Bah ! C’est provisoire. ( il lui tient la porte )
Elle entre, son sac à la main, le pose sur le lit et parcourt la pièce du regard. Elle sourit en voyant l’aquarelle accrochée en face du lit.
Kyle : C’est la seule chose qui va vraiment me manquer…Vous allez devoir m’en faire une autre.
June : Avec plaisir.
Kyle : ( embarrassé par son sac ) Je vais mettre tout ça dans le garage. Installez-vous.
Il sort en refermant la porte. Elle pousse un léger soupir, regarde encore autour d’elle puis va vers son sac pour sortir quelques affaires.
Plus tard.
June et Kyle sont dans la cuisine. Ils finissent de manger.
Kyle : ( gourmant ) Et vous avez fait ça avec ce qu’il y avait dans le frigo ?
June : ( sourit ) Oui.
Kyle : Dire que j’aurais sûrement réchauffé une barquette de surgelé ! Décidément, j’ai bien fait de vous kidnapper.
June : Contente que ça vous ai plu.
Kyle : Une raison de plus de vous garder ici. ( il la regarde admiratif )
June se lève, gênée, commence à débarrasser.
Kyle : Hé ! Laissez-ça. Je m’en occupe. ( il se lève aussi, entasse la vaisselle dans l’évier ) Allez vous installer au salon. Je vous amène le dessert.
June va s’asseoir sur le canapé. Il la rejoint avec un gros pot de glace et 2 cuillères.
Kyle : Une spécialité Valenti. ( il lui tend une cuillère, commence à piocher dans le pot )
June : ( hésite un instant puis en fait autant ) Alors ?
Kyle : Quoi ?
June : Vous m’avez promis de me dire…
Kyle : ( lève une main ) Toute la vérité... rien que la vérité ?
June : ( sourit ) Oui.
Kyle : OK !… ( il prend encore une cuillerée de glace ) Alors… Tout a commencé il y a très longtemps, dans une galaxie lointaine…très lointaine.
June rit.
Kyle : J’adore vous entendre rire.
June pince les lèvres.
Kyle : Qu’est-ce qu’il y a ?
June : Ça fait drôle…je crois… que j’avais perdu l’habitude.
Kyle : ( pose une main sur sa joue ) Ça va aller, June.
June : ( hoche la tête ) Et mon histoire ?
Kyle : ( ( caresse un instant sa joue, puis feint de se re-concentrer sur le pot de glace ) Je disais donc..
Le lendemain matin.
Kyle est couché sur le canapé. Il se réveille, s’assoit, s’étire.
Il avise le chevalet de June installé prés de la baie vitrée, s’en approche, ouvre le rideau pour pouvoir contempler l’aquarelle presque achevée, un sourire aux lèvres.
Ses yeux glissent irrésistiblement vers la porte de sa chambre. Il fait la moue puis se décide à s’approcher. Il hésite puis entrouvre la porte, entre précautionneusement.
June dort paisiblement. Kyle s’avance en silence, la regarde un long moment, sans bouger.
Puis il se secoue, ressort le plus silencieusement possible.
Il referme doucement la porte, essayant de ne pas faire de bruit.
Il se retourne et réalise que son père est dans la cuisine, et le regarde sourcils levés, l’air interrogatif.
Kyle : ( très vite ) C’est pas ce que tu crois ?
Valenti : Vraiment ?
Kyle : J’ai juste eu envie de la voir.
Valenti : Et… elle va bien ?
Kyle : Elle dort.
Valenti boit lentement le café qu’il tient à la main.
Kyle : J’avais besoin de la voir, c’est tout !
Valenti : D’accord !
Kyle : Elle compte beaucoup pour moi.
Valenti : ( sourit ) Je l’ai compris, fils.
Kyle : Vraiment beaucoup.
Valenti hoche gravement la tête.
Kyle va se servir une tasse de café, s’assoit à la table de la cuisine.
Kyle : Tu es rentré tard.
Valenti : On a pas mal bossé.
Kyle : Et ?
Valenti : Nous avons identifié le tueur. Il est fiché et dangereux.
Kyle crispe ses mains sur la tasse. Une lueur blanche en émane, la tasse commence à fondre. Il la lâche en pestant, mettant du café partout.
Valenti le regarde sans faire de commentaires.
Kyle : ( va chercher une éponge pour nettoyer ) Super-pouvoirs…tu parles. Tu crois que ça arrivait à Superman ?
Valenti : Ne t’inquiètes pas, Kyle. On va le coincer.
Kyle : OK ! ( il continue à éponger les dégâts )
La maison de June
Isabel est dans le salon, hors de vue de la baie vitrée.
Un mannequin de devanture se trouve devant elle, revêtu des vêtements de June.
Isabel se concentre puis, avec des gestes de marionnettiste, elle anime le mannequin qui glisse jusqu’au chevalet, le dos tourné à la baie.
Isabel lui fait faire des mouvements lents, comme s’il était en train de peindre.
La maison d’en face
Le tueur est embusqué sur le toit du garage, un fusil à lunettes équipé d’un silencieux en mains. Il regarde par le viseur, guettant l’apparition de June. Il aperçoit la silhouette prés de la baie vitrée, vise soigneusement puis fait feu.
La vitre vole en éclat. Le mannequin s’écroule, criblé de balles.
Le tueur relève son arme, se laisse glisser le long du toit, descend par une échelle posée contre un des murs du garage.
Valenti : ( au moment où il touche terre, avance l’arme au poing ) Pas un geste.
Le tueur jure entre ses dents, s’immobilise.
Valenti : Tu poses ton arme, doucement. Pas de gestes brusques.
Le tueur : ( s’exécute, pose son fusil contre le mur ) Ça va, ça va.
Valenti : Mains derrière le dos.
Le tueur soupire, obéit.
Valenti s’approche, sort ses menottes. Il va pour les passer aux poignets du tueur, mais celui-ci, rapide, le frappe du coude au creux de l’estomac.
Un éclair blanc vient frapper le tueur, le projetant contre le mur du garage. Il s’écroule, assommé.
Michael s’avance, aide Valenti à se relever sans rien dire, mais en levant 3 doigts.
Valenti : ( reprenant son souffle ) Oui, vous avez raison. Ça devient une très mauvaise habitude. Peut-être que je deviens trop vieux pour ce job.
Michael : Je crois surtout que Max n’a pas tord : à cause de nous, vous prenez trop de risques.
Valenti : Comment ça ?
Michael : D’ordinaire, vous n’auriez pas procédé à cette arrestation tout seul. Mais, pour protéger notre anonymat, vous vous y êtes risqué.
Isabel : ( arrive de chez June ) Tout va bien ?
Valenti : Maintenant, oui.
Isabel : ( regarde le tueur assommé ) C’est fini, alors ?
Valenti : Pas encore.
Michael : Mais…on le tient, non ?
Valenti : Peut-être…reste à savoir comment il a fait pour la retrouver à chaque fois.
Isabel : Je viens avec vous. Je peux vous aider.
Michael lève les yeux au ciel.
FIN
lizevans (22.10.2006 à 19:33)