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TEOTW Alternative Timeline

Série : Roswell
Création : 02.12.2006 à 21h21
Auteur : ethno 
Statut : Abandonnée

« Il s'agit de la réalité alterneative de l'épisode La fin du monde l' univers parrallele d'où revient le Max du futur bref ce qui s'est passé et qui a aboutit 14 ans plus tard  » ethno 

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ILEANA   :  Alternative Timeline Act 7    Impeccablement vêtu : veston, chemise et cravate, les cheveux plaqués en arrière, Michael parait plus âgé, voire plus sérieux. C’est, en tout cas, l’impression qu’il cherche à donner. L’agent immobilier assis en face de lui, de l’autre coté du bureau, a plutôt l’air d’y croire. Installé dans le siège voisin, Kyle, lui aussi bien habillé, semble légèrement moins convaincu. « Puisque nous sommes à présent d’accord » dit l’agent immobilier en tendant à Michael une liasse de documents. « Il ne vous reste plus qu’à signer... ici... ici... et là »  Michael prend le stylo qu’il lui offre, se fend d’un grand sourire.  « Avec joie. » Kyle se penche aussitôt vers lui. « Tu es sûr de ce que tu fais ? » chuchote-t-il en parlant derrière sa main. Michael hoche vigoureusement la tête en commençant à signer les papiers. « Heu !... T’en as parlé à Max ? » demande encore Kyle. « T’inquiète pas pour Max. » affirme Michael, l’air suffisant. Il continue à signer les documents. « Et… heu !… Isabel ? » chuchote encore Kyle en grimaçant. Michael déglutit difficilement, l’air soudain beaucoup moins sûr de lui. Il affiche néanmoins un sourire qui se veut optimiste en apposant la dernière signature. « Félicitations, M. Brown » dit l’agent en lui tendant la main. « Vous venez de faire une très bonne affaire. » Michael lui serre vigoureusement la main, très content de lui-même.Kyle a pris un air consterné et passablement inquiet. …………………………………………………………………………………………………. Tous sont réunis dans le salon du refuge.Max est assis dans un des fauteuils. Il étudie attentivement un épais dossier immobilier incluant des  plans et des photos. Liz, derrière lui, accoudée au dossier, regarde par-dessus son épaule.Assis juste devant sur la table basse, Michael, visiblement nerveux, épie ses réactions.Kyle est resté prudemment en retrait prés de la cheminée. Isabel et Maria, installées sur le canapé, considèrent Michael, toujours bien habillé, mais désormais sans cravate, avec une certaine perplexité. Maria, en particulier, se demande ce qui se cache derrière ce changement de look, qu’elle apprécie assez, à vrai dire.  Elle jette un regard en coin à Courtney, assise dans un fauteuil. La Skin semble être du même avis. Maria grimace, jette un autre coup d’œil à Sérina, debout prés d’une des portes-fenêtres. Elle ne risque pas, elle, d’avoir remarquer les efforts vestimentaires de Michael. Comme toujours, elle ne regarde que Max.Maria soupire, se promettant d’avoir très bientôt une petite conversation avec les 2 Skins.  « C’est exactement ce qu’il nous faut ! » ne peut s’empêcher de répéter Michael pour la troisième fois en 10 minutes. Max lui jette un regard circonspect puis reprend sa lecture sans rien dire.De plus en plus impatient, Michael se lève, récupère au milieu du dossier des photos qu’il brandit sous le nez de Max. « Le garage est nickel » dit-il en désignant une des photos « Hein, Kyle ? » Kyle grimace, embarrassé. Il se contente de hocher la tête. Max fronce les sourcils en considérant la photo.Michael se fend d’un grand sourire qui se veut engageant N’y tenant plus, Isabel se lève à son tour, vient prendre une photo des mains de Max.Elle écarquille les yeux en voyant ce que Michael qualifie « d’exactement ce qu’il leur faut »C’est un relais routier, composé d’un café-restaurant et d’un garage avec pompe à essence. « C’est une blague ? » fait-elle, sévère. Kyle grimace de plus belle. « Je croyais que tu en avais assez de moisir ici… » commence Michael, sur la défensive. « Bien sûr » l’interrompt-elle aussitôt. « Mais ça, c’est… » « Quoi ? » s’énerve Michael « Où est le problème ? »   Avant qu’elle ait pu dire quoi que ce soit, il se rassoit sur la table basse, choisit une autre photo qu’il montre à Max   « Kyle et toi, vous vous occuperez du garage… Moi du restaurant… » Maria reste confondue devant cette envolée machiste. Il n’a pas pris la peine de mentionner une seule des filles présentes, pas même Isabel à laquelle il tourne ostensiblement le dos.  « C’est exactement ce que tu voulais… » insiste Michael, misant tout sur le ralliement de Max à ses idées  « On reste ensemble ! » Maria ne peut s’empêcher d’admirer la façon dont son cosmonaute est capable de faire appel à l’autorité du Roi… du moment que ça l’arrange.Isabel, elle, fulmine, braquant sur Michael un regard furibond. Par curiosité autant que pour l’empêcher de commettre l’irréparable, Maria se lève à son tour et s’approche d’Isabel. Elle jette un coup d’œil à la photo qu’elle tient, soupire imperceptiblement en voyant le restaurant. « Retour à la case départ » ne peut-elle s’empêcher de songer. « Le coin est tranquille » continue Michael sur sa lancée. « Passant juste ce qu’il faut… »  Il ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil inquiet à Isabel. Comme elle ouvre la bouche pour protester, il rectifie aussitôt le tir, extrayant un plan du dossier pour le lui montrer  « Lawson est à 20 minutes… C’est une petite ville très dynamique… il y a même un théâtre » « Et… comment allons-nous financer ça ? » demande Max calmement. « Max ! » se récrie Isabel, outrée. « L’argent des Dupree » dit aussitôt Michael  « Il y aurait assez ? » demande encore Max, peu au fait des valeurs immobilières. « Pas tout à fait. » admet Michael, évasif. « L’argent n’est pas un problème » intervient Courtney « Il est facile de s’en procurer. » « Légalement ? » demande Max, légèrement inquiet.  Etant donné leur situation précaire, il n’a pas, jusqu’ici, osé poser trop de questions sur les méthodes de financement utilisées par les Skins. Même s’il y a songé à plusieurs reprises.Seulement, cette fois, c’est un plus gros morceau. « Les opérations boursières sont tout à fait légales » dit Sérina. Max la considère pensivement.  « Michael nous a confiés les $50.000 » explique-t-elle tranquillement « Nous les avons fait fructifier, voilà tout. » Max se promet aussitôt de lui demander, en privé, comment exactement elles s’y sont prises.  « Et crois-moi, j’ai joué serré avec le gars de l’agence. » reprend Michael, très fier de lui « Je lui ai fait sérieusement baisser son prix. »  « Attend » s’exclame Max, soudain alarmé « Est-ce que… tu essayes de nous dire que… tu as… acheté ce truc ? » Il agite la photo qu’il tient à la main. « C’était à saisir d’urgence. » se justifie Michael. « Sans nous consulter ? » Max est abasourdi. « Mais c’est exactement ce qu’il nous faut ! » répète encore Michael. En dehors des 2 Skins qui ne bronchent pas et de Kyle qui essaye de prendre un air dégagé, tous le regardent fixement, les visages exprimant des degrés divers d’effarement.Max est resté bouche bée. Il se tourne vers Liz qui se mord les lèvres.Maria secoue la tête, consternée. Isabel s’avance, menaçante « Comment as-tu osé ? » explose-t-elle «  On devait décider tous ensemble ! »  Kyle semble se recroqueviller sur lui-même. « Ça fait des semaines qu’on tergiverse » s’énerve Michael «  J’ai vu une opportunité… Je l’ai saisie, voilà tout ! » Maria lève les mains au ciel dans un geste de désespoir. Isabel regarde Max, prise de court devant un tel aplomb.Max non plus ne sait pas quoi dire. Il regarde à nouveau, désemparé, la photo de leur nouvelle acquisition.Liz, essayant de retenir un fou rire nerveux, lui prend le bras. Il lui adresse un sourire penaud. « Vous pouvez me remercier » continue Michael  sur sa lancée «  Sans moi, on risquait de rester ici pour le restant de nos jours. »  ……………………………………………………………………………………………….. « C’est un cauchemar » répète Isabel pour la nième fois « Je vais me réveiller » Ses ongles égratignent nerveusement le tissu de la banquette arrière du 4/4. « Izy ! » soupire Max en lui jetant un bref regard dans le rétroviseur. Il a en effet fort à faire pour suivre l’autre 4/4, conduit par un Michael de toute évidence impatient de leur montrer leur proche avenir.  « J’arrive pas à croire qu’il ait osé faire une chose pareille. » reprend Isabel. « C’est Michael. » dit Liz, assise à coté de Max sur le siège passager. « Il a voulu… bien faire » risque Max. Isabel secoue la tête, s’en prend à Kyle qui essayait de se faire oublier. « Et toi … tu savais… et tu n’as pas… » « Eh !  J’y suis pour rien, d’accord ? » proteste-t-il aussitôt « Il m’a seulement demandé de vérifier pour le garage…. » « Tu l’as encouragé » accuse Isabel. « Je lui ai juste dit que ça avait l’air Ok »  il se tasse un peu sur son siège devant son air furibond    « Le garage est Ok… » essaye-t-il de se justifier  «  L’équipement est correct. » « Fallais pas l’encourager » continue Isabel, lugubre. « Tu crois qu’il avait besoin d’encouragement ? » intervient Liz « Tu le connais… » « Tu aurais dû l’empêcher » s’obstine Isabel. « Mais j’ai essayé » soutient Kyle, pathétique « Il a pas voulu m’écouter… » « Quelle surprise ! » affirme Liz. « On y est. » annonce Max pour couper court aux récriminations de sa sœur. 

Il gare le 4/4 sur l’aire de repos à coté de celui de Michael, jette un coup d’œil au restaurant à l’aspect un peu vieillot.. « Pete’s Stop »  indique l’enseigne néon, elle aussi d’un autre age.

 « Ce qui est fait est fait…» reprend-il calmement « Essayons de voir ce qu’on peut en tirer. » Il redresse les épaules, ouvre la portière et sort du véhicule, suivi par Liz et Kyle, trop content de s’éloigner un tant soit peu d’Isabel.  « Un cauchemar ! » répète celle-ci en secouant la tête, avant de sortir elle aussi. 

De son coté, Michael a jailli de l’autre 4/4 comme un diable de sa boite, puis s’est immobilisé, un rien pathétique, attendant leur réaction à tous.

Maria le considère avec un mélange d’amusement et de tendresse.

Il danse d’un pied sur l’autre, de la fierté et un soupçon d’appréhension dans le regard.

Il n’a pas arrêté de parler pendant tout le trajet, lui expliquant encore et encore à quel point il a eu de la chance de tomber sur cette occasion unique, comment il a tout de suite vu que c’était exactement ce qu’il leur fallait pour  prendre un nouveau départ

Sans même les avoir encore visité, elle sait tout du garage et du restaurant… enfin de la façon dont lui les voit : en grand écran et technicolor

Elle fronce légèrement le nez en considérant la réalité.

 

« Bienvenue à Michael Dream’s World » souffle-t-elle.

 

Courtney, juste derrière elle, ne peut s’empêcher de sourire. 

Sérina s’est appuyée au capot, attendant la réaction du Roi, bien sûr.

Maria sourit à son tour. Sa Majesté jette des regards inquiets à sa sœur. Il a réussi à tempérer son humeur en proposant cette visite, mais il semble craindre la suite.

Kyle également ne la perd pas des yeux, le fait qu’elle n’ait pas encore explosé ne le rassurant pas… loin de là.

Conscient tout de même lui aussi du risque encouru, Michael s’avance, grimaçant un sourire.

 

« On va changer le nom… Je suis sûr que tu vas trouver quelque chose d’accrocheur »

 

Max se précipite aussitôt, prend sa sœur par le bras.

 

« Allons voir l’intérieur » dit-il en l’entraînant à sa suite

 

Michael les devance, maladroit, ouvre la porte qu’il tient pour les laisser passer.

Maria se mord les lèvres en voyant son regard de grand gosse qui attend, pitoyable, guettant  leur approbation à tous les 2.

Isabel affiche un air encore plus consterné à la vue de la salle de restaurant, franchement démodée et tristounette.

 

« Il y a du boulot pour rénover tout ça » veut bien admettre Michael.

 

« Du boulot ? » s’étouffe presque Isabel « Tout est à refaire. »

 

« Je compte rouvrir dans 8 jours au plus tard. » annonce Michael, toujours optimiste. « C’est vrai que ça paraît problématique… » concède-t-il encore «  Mais si quelqu’un peut y arriver, c’est bien toi »

 

Isabel ouvre la bouche sans pouvoir émettre le moindre son.

Max  lui adresse un sourire un peu crispé. Kyle a un rire nerveux.

 

« Ça » lui souffle Liz «  On a beau dire : il a une haute estime pour tes talents d’organisatrice. »

 

Une lueur tragique traverse le regard d’Isabel. Toute sa colère semble avoir fondue comme neige au soleil devant la façon dont Michael la considère, plein d’espoir et de confiance.

 

« On… on peut… essayer » parvient-elle à articuler.

 

Maria se retient d’applaudir. Une mère recevant avec le sourire le collier de nouilles réalisé par son bambin ne serait pas plus héroïque.

 

« Venez voir le garage » reprend Michael en ressortant, rasséréné.

 

Max passe un bras autour des épaules de sa sœur, la serre un peu contre lui pour la réconforter.

Tous suivent Michael, plus décidé que jamais, pour le reste de la visite guidée.

 

« Et où allons-nous loger ? » demande tout de même Isabel, visiblement inquiète. « Ne me dis pas que nous allons camper dans les environs ? »

 

« Il y a un grand appartement au-dessus du restaurant et un plus petit à coté du garage…  Il y a aussi un mobil home juste derrière »

 

« Hors de question ! » le ton est sans appel.

 

« Et j’ai demandé à Harris, le gars de l’Agence… » ajoute-t-il très vite pour ne pas perdre l’avantage  «  Il y a plusieurs possibilités à Lawson…. Tu vas trouver quelque chose à ton goût. »

 

Sans plus attendre, il fait signe à Max de le suivre dans le garage.

 

« Michael pense à tout » chuchote Maria à Isabel « Dis : merci Michael ! »

 

Isabel grimace. Kyle lui tapote le bras avec un sourire contrit. Elle lui lance un regard pathétique, puis se retourne vers le restaurant, soupire en secouant la tête.

Liz sourit. Telle qu’elle connaît Isabel, elle est sûre qu’elle est déjà en train de calculer, de prévoir, d’organiser.

Contre toute attente, Michael semble avoir gagné la partie.

 

…………………………………………………………………………………………………...

 

ethno  (16.07.2007 à 20:49)

Liz et Max sont endormis.

Max commence à s’agiter. Il se met à bouger la tête, avec des mouvements saccadés, ponctués de gémissements et de sons étranges qu’il marmonne dans son sommeil.

Liz s’éveille, allume la lumière du chevet, le regarde, effrayée.

Il est pâle, les traits tirés.

 

« Max » appelle-t-elle » Qu’est-ce qu’il y a ? »

 

Il continue à bouger la tête et à émettre ces sons étranges, étrangers.

 

Liz le secoue. « Max ! Réveille-toi »

 

Il n’ouvre pas les yeux, ne paraît pas l’entendre.

 

« Max ! » répète-t-elle, suppliante.

 

Il s’immobilise un instant, puis, brusquement, gémit de plus belle. Tout son corps se crispe, pris d’une sorte de convulsion.

Liz le prend par les épaules, essayant d’établir une connexion, en vain.

Il retombe sur le lit, inerte.

Liz essaye à nouveau d’atteindre son esprit. Rien ne se passe.

Elle se lève d’un bond, ouvre la porte de la chambre et crie dans le couloir.

 

« Michael ! Isabel ! Au secours ! »

 

Elle sent son cœur se serrer en se rappelant que Courtney et Sérina sont absentes, restées à Lawson  pour réceptionner du matériel pour le restaurant.

 

« Venez vite ! » crie-t-elle de plus belle.

 

La porte de la chambre voisine s’ouvre d’un coup, laissant passage à un Michael en caleçon, qui se précipite dans le couloir, suivi de prés par Maria, vêtue d’un grand tee-shirt.

Isabel aussi jaillit de sa chambre, en nuisette de satin, passablement affolée.

Kyle, lui aussi en caleçon, les rejoint à l’entrée de la chambre de Max et Liz.

Michael s’est arrêté devant le lit où Max, gît, toujours inconscient.

 

Il s’est remis à gémir et à s’agiter, prononçant par instant des mots étranges..

Liz s’est assise à ses cotés, désemparée.

 

« Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? » demande Michael.

 

« J’en sais rien. » dit Liz « On dirait qu’il rêve »

 

« Réveille-le » fait Isabel qui s’est, elle aussi, immobilisée au pied du lit, incapable d’aller plus loin..

 

« J’y arrive pas » gémit Liz.

 

« C’est quoi exactement ? » demande Kyle en se frottant la tête « Une crise d’épilepsie martienne ? »

 

« Mais qu’est-ce qu’il dit ? » ajoute Maria en tendant l’oreille. « Ça a l’air…   extraterrestre, non ? »

 

« Michael ! » supplie Liz  «  Fais quelque chose »

 

Michael s’assoit sur le lit, empoigne Max qu’il secoue rudement.

 

« Maxwell ! Hé! Maxwell ! Réveille-toi. »

 

Comme Max ne réagit pas, il lui assène 2 claques sonores.

Isabel manque de s’étrangler. Liz pousse un cri étouffé.

Kyle grimace. Maria en reste bouche bée. 

Sans leur prêter attention, Michael continue à secouer Max sans ménagement 

 

« Réveille-toi ! » répète-t-il.

 

Max ouvre enfin des yeux hagards. Il tremble, incapable de parler.

 

Liz  étouffe un sanglot  « Max ! » souffle-t-elle.

 

Max ne dit toujours rien. Il respire difficilement.

 

« Qu’est-ce qui t’arrive, bon sang ? » demande Michael, pressant.

 

« Arrête, Michael » intervient Isabel « Laisse-le respirer »

 

Max regarde autour de lui, l’air complètement désorienté. Lentement, il se redresse, s’assoit dans le lit, chancelant..

Tous le regardent, inquiets.

 

Liz lui prend la main.. « Tu m’as fait peur. » murmure-t-elle.

 

« Qu’est-ce que c’était, Max ? » demande Isabel d’une voix blanche.

 

Max semble revenir sur terre. Il regarde Liz, soupire.

 

« J’ai eu…une vision… » dit-il en guettant sa réaction « Je… j’ai vu… mon enfant »

 

Liz tressaille légèrement en l’entendant. Max a un pauvre sourire.

 

« Quoi ? » s’écrie Isabel.

 

Max se tourne légèrement vers elle « J’ai assisté à sa naissance. » affirme-t-il.

 

Kyle et Maria échangent un regard, un peu effarés. Isabel secoue la tête, refusant d’y croire.

 

« T’as rêvé » tranche Michael en se levant.

 

« Non » dit Max d’une voix lasse. « Je l’ai vu… »

 

Isabel lève les bras au ciel « Max ! » soupire-t-elle.

 

« Je l’ai vu naître…» reprend Max en regardant à nouveau Liz dont il peut sentir tout le désarroi.  « C’est… une fille » 

 

Isabel sent son cœur se serrer. Il a l’air si perdu, si misérable. 

Liz lève lentement une main, lui caresse la joue.

 

 « Une fille » répète-t-il dans un souffle. 

 

Liz continue à caresser sa joue. Il ferme un instant les yeux, savourant sa douceur.

Puis il soupire.

 

«  Elle… elle ressemble… à sa mère » lui avoue-t-il, embarrassé..

 

« Super » murmure Maria en aparté à Kyle « Pour une bonne nouvelle… »

 

Kyle grimace, franchement mal à l’aise.

 

« Mais enfin » se récrie Isabel « Comment est-ce possible ? »

 

« J’en sais rien » reconnaît Max

 

Isabel regarde son frère, troublée. Tout ça lui fait peur.

 

« Mais je sais que c’est bien réel… » reprend Max d’une voix sourde. Il soupire à nouveau « J’ai une fille…Elle…elle s’appelle… Iléana »

 

« Iléana ? » répète Isabel.

 

Max hoche lentement la tête. Liz vient poser sa tête contre son épaule.

 

« Bon ! » fait Michael, froidement « C’est tout ? »

 

« Michael ! » se récrie Maria.

 

« Il est 3 heures du matin. » reprend-il, toujours sec. Il pointe un doigt vers Max. « Te voilà papa ? Très bien… Félicitations, Max ! C’est une grande nouvelle… » Il renifle dédaigneusement  «  A présent, on peut peut-être retourner se coucher ? »

 

Isabel grimace. Maria secoue la tête, abasourdie.

 

« Je vois pas ce qu’on peut y faire. » continue Michael, pragmatique. « Alors, autant se rendormir »

 

« A supposer qu’on y arrive » murmure Kyle.

 

Max ne dit rien. Il a passé un bras autour des épaules de Liz qu’il serre contre lui.

 

« On reparlera de tout ça demain, d’accord ? » conclut Michael en prenant la main de Maria et en l’entraînant à sa suite hors de la chambre.

 

Incapable de dire quoique ce soit, elle le suit avec un geste d’excuse pour Liz et Max.

 

Isabel  vient s’asseoir prés de son frère.

 

« Alors… » dit-elle lentement « Tu as une fille ? »

 

« Oui » souffle-t-il, mi-figue, mi-raisin.

 

Isabel secoue la tête, vient embrasser la joue de son frère, lui sourit un peu tristement.

Elle regarde un instant Liz qui ne dit rien mais se cramponne à lui. Puis elle se lève, sort lentement.

Kyle, qui ne sait trop quelle conduite adopter, se contente de faire un petit signe à Max et Liz avant de la suivre, refermant soigneusement la porte.

 

Michael et Maria ont déjà regagné leur chambre.

Isabel, elle, s’est immobilisée au milieu du couloir, l’air pensif. Kyle s’approche d’elle, incertain.

 

« C’est toujours comme ça, les faire-part de naissance martiens ? » hasarde-t-il, espérant faiblement la faire sourire.

 

« J’aime pas ça » dit-elle d’une voix sourde.

 

« Mais ça ne t’étonne pas plus que ça ? »

 

Elle fronce les sourcils, le regarde de travers

 

« Bon, bon… autant pour moi… » s ‘exclame-t-il  « Tu crois donc vraiment que tout ça est réel ? »

 

Elle le regarde toujours sans rien dire, un peu dédaigneuse. Il grimace.

 

« J’ai besoin d’un verre » dit-il en frissonnant.

 

« Moi aussi » admet-elle.

 

« Plutôt une tisane…vous autres extraterrestres ne tenaient pas l’alcool »

 

« Je ne sais même pas s’il y en a dans cette baraque » soupire-t-elle.

 

« Ça mérite d’être vérifié » conclut-il en se dirigeant vers l’escalier.

 

Isabel hésite à peine, puis lui emboîte le pas.

  

Dans la chambre, Max  tient toujours Liz dans ses bras. Il caresse doucement ses cheveux. Elle pousse enfin un long soupir, s’écarte un peu de lui.

 

« Je suis désolé » dit-il dans un souffle.

 

Elle lui sourit. « Tu m’as fait peur » reconnaît-elle.

 

« Je suis vraiment désolé, Liz… » il la regarde intensément  « Je sais bien que… tout ça… te fait du mal. »

 

Liz soupire à nouveau. « Elle… elle lui ressemble vraiment ? » demande-t-elle d’une toute petite voix.

 

Max hoche lentement la tête. Elle se mord les lèvres, une ombre passe dans ses yeux.

Le regard triste mais déterminé, Max vient tout doucement poser une main un peu tremblante sur la joue de Liz, établissant une connexion.

Liz reçoit un flash : un bébé aux yeux lumineux, aux boucles blondes, presque blanches.

Elle peut ressentir le mélange d’exaltation, de fierté et de peur qu’il ressent. 

Elle discerne aussi autre chose, un sentiment qui supplante tous les autres : le regret.

 

« J’aurais voulu… » murmure-t-il, les yeux noyés de larmes « J’aurais tellement voulu que ce soit… notre enfant… à toi et à moi. »

 

Liz pose 2 doigts sur ses lèvres. « Je t’aime » dit-elle vivement.

 

Elle le prend dans ses bras, un peu possessive, l’embrasse intensément.

Il se serre contre elle, éperdument, laissant couler ses larmes.

 

………………………………………………………………………………………………

  

« Alors, c’est possible ? » demande abruptement Michael, prêt à jaillir du fauteuil dans lequel il a pris place « Il a vraiment vu tout ça ? »

 

« Evidemment.  » répond Courtney.

 

« C’est quand même pas banal » fait Maria, assise comme toujours sur l’accoudoir.

 

« C’est ton enfant » fait Courtney en regardant Max, assis avec Liz sur le canapé «  Vous êtes liés. »

 

« Ou alors… » commence Sérina, pensive.

 

« Quoi ? » demande Isabel debout derrière le canapé.

 

« C’est elle qui a voulu te prévenir »

 

« Tu veux dire… Tess ? » interroge Max, soucieux.

 

« Elle et toi aussi, vous êtes liés, ne l’oublie pas » confirme Sérina.

 

Max grimace, mal à l’aise. Liz lui prend la main.

 

« Pourquoi annoncer la naissance à Max ? » s’étonne Isabel.

 

«  Qu’est-ce qu’elle veut encore ? » ajoute Maria, méfiante.

 

« Peut être… que les choses ne se passent pas exactement comme elle le voulait «  dit Sérina.

 

« Ça veut dire quoi ? » demande Michael.

 

« Que Kivar est sûrement moins facile à manipuler qu’elle l’espérait. » assure Sérina.

 

« Alors, ma fille est en danger ? » s’inquiète Max.

 

« Qu’as-tu ressenti ? » demande Sérina en se penchant vers Max.

 

Max ferme les yeux, se concentre. « Beaucoup de tension… de la peur aussi »

 

« Un accouchement normal, quoi » remarque Kyle, philosophe.

 

Isabel le regarde de travers. Il hausse les épaules.

 

Max secoue la tête. « Je ne sais plus… » bredouille-t-il. «  Je… »

 

Liz lui caresse la main.

 

« Bon sang, Max » dit Michael  « Tess a voulu te narguer. C’est tout...  Elle a eu ce qu’elle voulait… Kivar aussi. »

 

Max grimace, incertain.

 

« Tu dis qu’elle l’a appelée Iléana ? » demande Courtney.

 

« Oui. »

 

« Le choix est habile » affirme Sérina.

 

« Pourquoi ? » demande Max.

 

« C’est le nom de votre mère… Un symbole évident pour tes partisans »

 

Max soupire de plus belle.

 

« Qu’est-ce qu’on va faire, Max ? » demande Liz doucement.

 

« Je ne sais pas » souffle-t-il.

 

« Moi, je sais » affirme Michael, péremptoire. « On ne va rien faire… » Max lui lançant un regard troublé, il écarte les mains dans un geste vague  « Parce qu’on ne peut rien faire. »

 

« Michael ! » soupire Isabel, consciente du désarroi de son frère.

 

«  On ne peut rien faire… » répète-t-il fermement « Alors, on va les laisser à leurs petits jeux … et on va s’occuper de nous. »

 

Max ne dit rien. Le chagrin et la crainte écrasent son cœur. Liz se serre contre lui.

 

…………………………………………………………………………………………….


ethno  (16.07.2007 à 20:51)

Max se dirige lentement vers la grange, y entre et va jusqu’à la dernière stalle.

Il passe sa main devant la paroi de bois, faisant apparaître la marque argentée.

Il y place alors sa main, déclenchant l’ouverture de la porte inter-dimentionnelle.

Il soupire, marque une légère hésitation, puis entre dans la pièce alien.

Sérina est assise devant l’ansible, elle pianote sur le pupitre de contrôle.

 

« Je t’attendais » dit-elle, souriante.

 

Max s’avance vers elle. « As-tu du nouveau ? » demande-t-il d’une voix rauque.

 

« Je vérifiais, mais… non, pas encore »

 

« Mais tu as envoyé le message il y a plus d’un mois… » se plaint-il.

 

« Je sais… Nous devons attendre »

 

« Combien de temps encore ? »

 

« Les renégats doivent jouer serré, Max… Récupérer et interpréter le message n’est pas chose aisée…Y répondre demande encore plus de prudence… »

 

Max a un geste d’impatience. Elle se lève et se rapproche de lui.

 

« Ils vont répondre » affirme-t-elle

 

« Je dois savoir… pour ma fille. »

 

« Je sais. » elle le regarde intensément.

 

« Nous allons bientôt déménager » ajoute-t-il, préoccupé.

 

« J’emporte un relais… Je serais avertie dès que la réponse sera disponible. Je pourrais la récupérer au plus vite, je te le promets. »

 

Elle s’approche encore, vient poser une main sur son bras.

 

« J’ai peur pour elle… » avoue-t-il d’une voix sourde  «  Kivar… »

 

«  Kivar a besoin de cet enfant, Max. » le rassure-t-elle une fois encore.

 

« Je dois savoir » répète-t-il

 

« Je m’en occupe » dit-elle en caressant son bras.

 

Max semble soudain réaliser qu’elle se tient un peu trop prêt de lui. Il recule.

 

« Merci » dit-il, embarrassé.

 

Elle lui sourit un peu tristement.

 

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La sonnette de la cuisine fait entendre son timbre aigrelet.

 

« Chaud devant » s’exclame Michael en posant les 2 assiettes garnies qu’il vient de préparer sur le passe-plat.

 

Maria lui adresse un sourire charmeur en venant les chercher.

Il lui envoie un baiser et retourne à ses fourneaux.

Maria s’empresse de porter leur commande aux 2 routiers de la table 4.

Elle jette au passage un coup d’œil à son reflet dans le miroir qui trône derrière le bar, appréciant une fois encore les tenues dessinées par Isabel.

Le style western, jupette à franges, chemise blanche et gilet noir, bottines, tout cela s’accordant avec la décoration saloon donnée au restaurant, la change et lui convient.

Elle en oublierait presque les extraterrestres… presque…

Elle sourit. Malgré les craintes du début, il semble que son cosmonaute ait eu raison.

Isabel, qui a pourtant dépensé une belle énergie ces dernières semaines, refuse bien sûr de l’admettre, mais c’est un fait. Toute l’agitation de l’installation dans leur nouvelle vie leur a fait du bien.

Pour un temps, ils ont laissé de coté leurs inquiétudes, se concentrant sur le présent.

L’autre monde, le futur incertain n’ont plus été évoqués depuis longtemps.

 

« Et voilà » dit-elle en déposant les assiettes sur la table « Bon appétit »

 

Les 2 hommes la remercient et attaquent leur repas.

Maria regarde autour d’elle, vérifiant que personne ne manque de rien.

Vu l’heure matinale, les clients sont encore peu nombreux. 

Elle soupire imperceptiblement en apercevant Liz qui débarrasse la table 7.

Depuis quelques jours, elle est distraite, un peu mélancolique.  Maria a remarqué que son sourire, très professionnel, a tendance a disparaître dès que personne ne la regarde.

N’y tenant plus, elle la coince dans l’arrière salle.

 

« Si tu me disais ce qu’il y a ? » demande-t-elle, impérieuse.

 

« Comment ça ? » fait Liz, l’air de rien.

 

« Ce qu’il y a. » insiste Maria en accentuant chaque syllabe.

 

« Rien… un peu de fatigue. »

 

« Hé ! C’est moi !  Maria : celle a qui on ne la fait pas. » le ton est ferme.

 

« Je t’assure. » se récrie Liz en cherchant à s’éclipser.

 

Maria lui barre le passage.

 

« Qu’est-ce qui se passe avec ton Tchécoslovaque ? »

 

« Rien. »

 

Maria croise les bras sur la poitrine, attendant visiblement autre chose. Liz soupire.

 

« Presque rien. » dit-elle d’une petite voix.

 

Maria restant plantée devant elle, elle ajoute. « Il est juste… un peu… distant. »

 

« Distant ? » interroge aussitôt Maria en haussant les sourcils.  « Distant à quel point ? »

 

« Beaucoup trop » soupire à nouveau Liz.

 

Maria  la regarde avec des yeux ronds.

 

« Tu veux dire que vous ne… » elle grimace, l’air entendu.

 

Liz secoue la tête. « Il ne me laisse pas lire en lui » corrige-t-elle.

 

Maria prend aussitôt un air soupçonneux.

 

« Qu’est-ce qu’il cache, à ton avis ? » elle grimace de plus belle « Tu crois que ça a quelque chose à voir avec… son fan club ? » elle a un geste vague en direction du garage «  Parce que, moi, je trouve que c’est une très mauvaise idée de les faire travailler ensemble »

 

« Maria ! » gémit Liz « Ça n’a rien à voir avec elle… C’est à cause de… » elle soupire, pointe un doigt vers le ciel.

 

« Tess ? » s’indigne Maria.

 

« Sa fille ! » corrige encore Liz, agacée de ce dialogue de sourds « Il a peur, je le sens… »

 

« Mais il n’en a plus parlé depuis… »

 

« Il ne veut pas m’inquiéter, mais je le connais…   Je sais à quel point il en souffre. »

 

« Qu’est-ce que tu vas faire ? » demande Maria, sincèrement désolée pour son amie.

 

« Attendre » répond Liz avec un sourire triste « Quoi d’autre ? »

 

« Je vais finir par être allergique à ce mot là. » bougonne Maria entre ses dents

 

…………………………………………………………………………………………………..

 

Assise dans le petit bureau attenant au garage, Sérina est en train de taper des factures.

Un petit objet hexagonal posé dans l’angle de son ordinateur de bureau, hors de vue des visiteurs, émet brusquement une unique pulsation blanche dont l’onde se propage largement dans la pièce. L’air se charge d’électricité statique. Les feuillets d’atelier disposés devant elle se soulèvent de quelques centimètres puis retombent lentement.

Sérina s’immobilise, considère pensivement l’objet alien redevenu inerte.

 

Kyle entrebâille la porte du  bureau, passe la tête à l’intérieur.

 

« Comment se fait-il que la Chrysler soit encore sur le pont ? » demande-t-il sur un ton de reproche « Elle devait être prête pour 11 heures… Où est Max ? »

 

 « Il est allé chercher un alternateur » dit Sérina en montrant la porte de derrière, celle qui ouvre sur le terrain où sont entassées quelques épaves, sources de pièces détachées. 

 

« Je dois aller essayer le pick-up de M. Simpson. » l’informe Kyle.

 

« Je vais voir ce qu’il fait » dit Sérina en se levant.

 « C’est ça ! » grogne Kyle  « Dis bien à sa Majesté que je n’ai pas l’intention de louper le début du match de hockey et qu’il n’est donc pas question que je me tape son boulot » 

Sérina traverse l’atelier, soudain un peu soucieuse de savoir ce qui se passe.

Ça fait bien 20 minutes que Max est sorti. Elle a supposé qu’il ne trouvai pas tout de suite ce qu’il cherchait, avec cette sale habitude de ne presque jamais utiliser ses pouvoirs.

Kyle, partisan du moindre effort, l’y encourage pourtant vigoureusement.

Elle sort et jette un rapide coup d’œil. Pas trace de Max.

A présent vraiment inquiète, Sérina tend l’oreille, tous ses sens en éveil.

Un léger bruit attire son attention. Elle se dirige aussitôt vers sa provenance, main levée, contournant avec précaution les épaves.

Elle découvre Max entre 2 rangées d’épaves, effondré sur le sol, recroquevillé sur lui-même.

Il tremble, livide, les yeux mi-clos. Sa respiration est oppressée. Il gémit faiblement.

Elle se précipite, s’agenouille à ses cotés,  pose ses doigts sur son front, laissant une énergie blanche en irradier.

Max ouvre des yeux hagards.

Sérina passe un bras autour de ses épaules, l’aide à s’asseoir.

Elle le regarde un moment, sans rien dire. Il tremble toujours.

 

« Tu as eu une autre vision ? » finit-elle par demander doucement.

 

Il hoche lentement la tête.

 

« Ta fille ? » demande-t-elle encore en le regardant intensément

 

Il hoche à nouveau la tête, ferme un instant les yeux.

 

« En fait » avoue-t-il dans un souffle « Depuis… sa naissance, je n’arrête pas d’avoir… des flashs. »

il respire encore difficilement

 

Sérina grimace.

 

« Je la vois… » continue-t-il  « Elle est si fragile. »

 

Sérina se renfrogne. « Max ! … » commence-t-elle.

 

« Elle m’appelle » l’interrompt-il aussitôt «  Chaque jour… et de plus en plus fort… Les visions s’amplifient. »

 

Sérina secoue la tête. Il lui prend le bras,  plonge son regard dans le sien

 

« Je dois aller la chercher. » dit-il,  impérieux. 

 

« Tu ne te rends pas compte de ce que tu dis ! »

 

 « Je ne peux pas l’abandonner à Kivar… »  affirme-t-il.

 

« Sa mère… »

 

« Se sert d’elle » l’interrompt-il encore, cassant.

 

« Sans aucun doute » admet-elle gravement « Y compris… pour te manipuler, une fois encore. »

 

Il secoue la tête, irrité. .

 

« Réfléchis, Max » insiste-t-elle « Tu verras que j’ai raison. » 

 

 Il frémit de la tête au pied « Je ne sais pas » souffle-t-il.

 

« Max ! »

 

« Je ne dors presque plus… » reprend-il, profondément troublé « J’ai l’impression… de devenir fou… »

 

« Calme-toi » lui dit-elle en posant une main sur son visage. « Ecoute : j’ai reçu un signal. »

 

Il tressaille  « Quand ? »

 

« A l’instant… »

 

« Il faut aller au refuge » fait-il en essayant de se lever.

 

Sérina le retient par le bras. « Non »

 

Il lui lance un regard chargé d’incompréhension « Comment ça, non ?… »

 

 « On ne peut pas récupérer le message là-bas, Max… C’est trop risqué. »

 

« Je croyais que l’onde pouvait être camouflée… »

 

« A l’émission, oui… si elle coïncide avec des radiations naturelles … Mais la réception est plus problématique… S’il la captait directement, l’ansible serait repéré…et détruit. »

 

« Que doit-on faire, alors ? » demande-t-il lentement.

 

 « Le message va être fractionné et nous allons utiliser des antennes relais et des leurres. »

 

« Quoi ? »

 

« C’est la méthode la plus sûre… Nous l’utilisons depuis toujours. »

 

Max la regarde, un peu perdu.

 

«  La fragmentation permet d’obtenir des séquences trop courtes pour être détectées… » tente-t-elle d’expliquer.  « Les leurres, eux, attirent l’attention ailleurs…  En principe, ça évite tout repérage. »

 

« En principe ? » relève-t-il.

 

Elle hausse les épaules « Courtney va aller disposer les leurres… » dit-elle simplement  « Je m’occupe des balises-relais » 

 

« Je viens avec toi »

 

Elle sourit, tentée d’accepter. Elle secoue néanmoins la tête.

 

« Il vaut mieux que j’y aille seule… »

 

« Pourquoi ? »

 

« L’onde ne peut passer totalement inaperçue qu’en présence d’interférences. »

 

« Ça veut dire quoi ? »

 

 « Qu’il faut que les balises soient à proximité de générateurs aliens… Leur fonctionnement masquera l’énergie résiduelle. »

 

« Et où est-ce que…? »

 

« Copper Summit » dit-elle simplement.

 

« Dans la gueule du loup. »

 

« Pas tout à fait… il suffit de s’en approcher. » elle lui sourit de plus belle « T’inquiètes pas. Ce n’est pas la première fois que… »

 

« Pas question de vous laisser prendre tous les risques. » l’interrompt-il  « Je vais avec toi… Michael ira avec Courtney. » son ton est sans appel.

 

Sérina incline docilement la tête. En réalité, elle est ravie à l’idée de partir avec lui

 

……………………………………………………………………………………………………..


ethno  (16.07.2007 à 20:52)

Chargée d’un plateau de vaisselle sale, Liz pousse la porte western qui sépare la salle de restaurant de la zone réservée au personnel.

Elle sursaute en apercevant Max qui l’attend, le regard grave.

 

« Qu’y a-t-il ? » demande-t-elle aussitôt en s’approchant de lui, inquiète. Il est si pâle.

 

« Il faut que je te dise quelque chose… » commence-t-il.

 

« Enfin ! » soupire-t-elle.

 

Il la regarde, surpris.

 

« Tu ne croyais tout de même pas que tu pouvais totalement me cacher ta peur ou ta tristesse ? » dit-elle en l’enlaçant.

 

Il soupire, la serre un instant dans ses bras sans toutefois lui ouvrir totalement son esprit.

 

« Alors ? » demande-t-elle, un peu déçue qu’il garde encore ses distances.

 

« Je n’arrête pas d’avoir des visions de ma fille » lui avoue-t-il.

 

Elle acquiesce. Elle s’en doutait, bien sûr.

 

« J’ai des flashs » continue-t-il «  Ça peut arriver n’importe où, n’importe quand »

 

« Qu’est-ce que tu vois ? » demande-t-elle en essayant de calmer les battements de son cœur.

 

« Je la vois…  Elle m’appelle… » il a un sourire triste   « Elle a besoin de moi »

 

« Max ! »

 

« C’est vrai, Liz »

 

« Max, tu sais bien de quoi Tess est capable. Qui te dit que ce n’est pas… ? »

 

« Rien » reconnaît-il  «  Mais je n’arrive plus… à penser à autre chose… »

 

« Rappelle-toi la façon dont elle t’a manipulé à New York » insiste-t-elle, angoissée

 

« Je sais, je sais… Sérina aussi me l’a dit. » il passe une main tremblante sur son visage « Mais… c’est ma fille… je dois faire quelque chose »

 

Elle le regarde, une sensation douloureuse dans la poitrine. Pas besoin d’établir une connexion pour ressentir ce qu’il ressent : peur, remords, culpabilité.

 

« Qu’est-ce que tu veux faire ? » demande-t-elle lentement.

 

« Sérina a reçu un signal… La réponse que nous attendions… Nous devons la récupérer. »

 

« Au refuge… »

 

« Ce n’est pas si simple… »

 

« A cause des Skins ? «  

 

Il hoche gravement la tête « Il faut faire en sorte de les attirer ailleurs pendant qu’on récupère les données… Sérina sait comment faire. »

 

Liz hoche gravement la tête « Quand est-ce qu’on y va ? »

 

« Je pars ce soir. » dit-il en la regardant calmement.

 

Liz pose une main sur son bras. « Je viens avec toi. » dit-elle catégorique.

 

« Pas question. » son ton est sans appel  « C’est dangereux »

 

« Tu ne peux pas y aller seul. » s'alarme-t-elle

 

« Je ne serais pas seul… Michael et Courtney vont se charger des leurres… Je vais avec Sérina pour récupérer le message. »

 

Liz lui lance un regard blessé. « Tu veux y aller… avec elle ? »

 

« C’est un guerrier, Liz. Elle sait ce qui doit être fait et comment. »

 

« Mais… on a toujours tout affronté ensemble. »

 

« Je préfère te savoir en sécurité… J’ai besoin de te savoir en sécurité. »

 

Il la prend dans ses bras, cherche ses lèvres, lui ouvrant enfin son esprit.

Elle ressent son amour, sa peur, toute la détresse qui le ronge, tout le trouble que les appels au secours de sa fille ont implanté en lui. Par-dessus tout, elle ressent le besoin irrépressible qu’il éprouve de la protéger de tout, y compris de lui-même, de cette espèce de folie qui le consume.

Elle s’accroche à lui, effrayée par l’intensité de ses craintes, mais avide de se fondre en lui.

 

………………………………………………………………………………………………….

 

Sérina et Courtney sont en train de préparer chacune un sac de voyage, y entassant du matériel alien. On frappe à la porte du mobil-home.

 

« Oui ? » fait Courtney.

 

Liz ouvre la porte. « Je peux te parler un instant, Sérina ? » demande-t-elle, un peu hésitante.

 

« Bien sûr. » répond la Skin. Elle lance un regard appuyé à Courtney.

 

« Je vais jeter un œil aux 4/4 » fait aussitôt celle-ci en sortant.

 

Liz la laisse passer, puis entre dans le mobil-home, tendue, visiblement mal à l’aise.

Sérina attend tranquillement qu’elle se décide à parler.

 

« Je voulais… te demander… »  elle pousse un profond soupir  «  de veiller sur lui. »

 

« Bien sûr » répond posément Sérina.

 

Liz grimace un sourire.

 

« Tout ça me fait peur «  reprend-elle en se tordant les mains  « Il est… si obsédé par ses visions »

 

Sérina approuve gravement.

 

« Je le connais bien, tu sais » continue Liz «  Il peut tout sacrifier s’il croit qu’il le faut. »

 

« C’est un grand Roi » dit simplement Sérina.

 

« Prend soin de lui, d’accord ? »  supplie Liz, les larmes aux yeux.

 

« Je donnerais ma vie pour lui, tu le sais bien » 

 

« Je n’en demande pas tant. » soupire encore Liz « En fait, je veux surtout… » elle passe une main nerveuse sur son visage « Ramène-le moi, d’accord ? » demande-t-elle d’une petite voix.

 

« Je ferais tout mon possible » répond gravement Sérina  « Je te le promets »

 

« Merci, Sérina. »

 

La Skin hausse les épaules. Liz lui lance un regard passablement troublé puis ressort lentement du mobil-home.

Sérina reste un instant pensive puis continue à remplir son sac. ……………………………………………………………………………………………….

 

Kyle et Courtney sont dans le garage, en train de vérifier les niveaux des 4/4.

Maria arrive, l’air décidé, fait signe à Courtney qui soupire mais la suit dans un coin de l’atelier.

 

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demande-t-elle, désabusée.

 

« Juste une petite recommandation  » commence Maria, la mine sévère  «  Ne t’avise pas d’essayer d’emballer ce grand nigaud. »

 

« Ecoute, Maria…. »

 

« Non, toi, tu m’écoutes » l’interrompt aussitôt Maria «  Si tu joues à ce petit jeu, Alien ou non, super-pouvoirs ou pas… je te garantis que je t’explose, c’est clair ? »

 

« Ne t’énerve pas » fait Courtney grimaçant un sourire.

 

« Je ne suis pas énervée… pas encore. » continue Maria, très remontée « C’est un avertissement amical : pas touche à mon cosmonaute !!! »

 

« Je ne prends que ce qu’on me donne » affirme tranquillement Courtney.

 

« Et bien : Michael est à moi… et pas question que je te le donne…ou même, que je te le prête… » elle la considère froidement  « Vu ? »

 

« Vu. » soupire Courtney.

 

« Et fait passer le mot à ta copine… Max n’est pas non plus sur le marché. »

 

Courtney hausse les épaules.

Penché sur le moteur du 4/4, Kyle rigole in petto. Voir la petite Maria défier une Alien qui pourrait la réduire en miettes en fronçant le nez le console presque d’avoir louper le match… presque.

 

« Et puis » reprend Maria, radoucie « Ne le laisse pas prendre trop de risques, OK ? »

 

Courtney soupire à nouveau « On sera prudent » promet-elle.

 

Maria hoche gravement la tête.

 

……………………………………………………………………………………………………

 

Courtney considère pensivement Michael, occupé à conduire le petit bolide qu’elle a « réquisitionné » au sortir de l’aéroport.

Elle a choisi ce modèle pour lui faire plaisir. Elle sait qu’il aime la vitesse.

Elle aimerait qu’il se déride un peu. Depuis leur départ, il s’est montré taciturne, renfrogné, ne lui adressant quasiment pas la parole.

Elle a respecté son silence, attendant que son humeur s’améliore. Elle attend encore.

Elle effleure son bras, lui désigne la pancarte annonçant la prochaine aire de repos.

 

« Ici » dit-elle « Ce sera bien. »

 

Michael hoche la tête, s’arrête sur l’aire déserte à cette heure de la nuit.

Courtney récupère son sac à l’arrière, sort du véhicule.

Il la suit tandis qu’elle escalade le talus attenant à l’aire, s’éloignant à la lueur de la grosse lampe torche qu’elle tient à la main.

Arrivée hors de vue de la route, elle s’arrête, sort de son sac à dos un cône bleuté d’une vingtaine de centimètres de haut. Utilisant ses pouvoirs, elle aplanit un cercle d’environ 1 mètre de diamètre, y supprimant toute végétation. Elle installe soigneusement la balise au centre, l’active en passant sa main sur le sommet qui laisse alors filtrer une lumière froide.

 

« C’est bon » dit-elle enfin « J’ai réglé le déclenchement pour dans 20 heures. Ça devrait être suffisant pour que Max et Sérina aient fini d’installer les balises… On peut passer au suivant. »

 

« On en place combien ? »

 

« 2 autres suffiront, mais il faut les espacer d’une centaine de kilomètres… Ça les fera courir »

 

« OK « fait-il en faisant mine de repartir.

 

« Michael ! »

 

« Quoi ? » grogne-t-il.

 

« C’est sympa de sortir du train-train quotidien, tu ne trouves pas ? »

 

« T’aime pas bosser au restaurant ? »

 

« C’est pas ça, mais là… on est tous les 2…»

 

« Ecoute, Courtney : je suis là pour aider Max, un point c’est tout. »

 

« Je sais » soupire-t-elle

 

« Même si je me demande de qui peut sortir de bon de tout ça »

 

« Notre monde… »

 

« Arrête avec ça, tu veux ? Je ne suis pas Max… Je vis ici et maintenant. »

 

« Pourtant… »

 

« Ouais ! Ouais !… Mais j’ai pas envie d’y penser pour l’instant. »

 

« Très bien » Elle se rapproche un peu « En tout cas, j’aime t’avoir un peu pour moi toute seule »

 

Il la regarde froidement. « Courtney, je suis avec Maria »

 

« Oui, oui... Elle me l’a rappelé avant notre départ, t’inquiète. »

 

Michael fait la grimace. Courtney hausse les épaules, se rapproche encore.

 

« Mais… elle n’est pas là » Elle passe ses bras autour du coup de Michael  « Et on est pas obligé de lui dire quoi que ce soit »

 

Michael recule, secoue la tête.

 

« Je veux finir tout ça au plus vite. » dit-il d’un ton sec « Et rentrer chez moi. »

 

Courtney soupire, visiblement déçue.

 

…………………………………………………………………………………………………

 

ethno  (16.07.2007 à 20:53)

Max finit de faire le plein de la grosse Harley « empruntée » le matin à la frontière de l’Arizona.

Tout en payant le gérant, il repousse une mèche qui lui tombe sur les yeux. Il a décidément du mal à s’habituer à ses cheveux longs. Il passe machinalement une main sur son visage. Sa barbe de 3 jours aussi lui semble bizarre. Mais il doit reconnaître que Sérina a eu raison de modifier son apparence. Il est méconnaissable.

Elle le rejoint prés de la moto, une clef à la main. « C’est bon » lui dit-elle « J’ai pu avoir une chambre… mais le restaurant est fermé à cette heure. »

 

« Peu importe » lui dit-il.

 

Il enfourche la moto. Sérina prend place derrière lui. Ils se dirigent vers le petit motel attenant à la station. Max gare la moto devant la chambre qu’elle lui indique. Sérina descend et va ouvrir. Max la rejoint, portant le sac contenant leurs affaires. Ils entrent.

La chambre est plutôt miteuse mais assez propre. Le papier peint des murs a des teintes délavés. L’édredon qui recouvre le lit est tout aussi fané.

 

Max avise un fauteuil dans un coin de la pièce. « Tu n’as qu’à prendre le lit » dit-il à la Skin en fouillant dans le sac pour chercher sa trousse de toilette.

 

« Ce lit est assez grand pour 2, tu sais  » répond-elle tranquillement.

 

Max grimace un sourire. « Ce fauteuil a l’air très confortable… Tu veux utiliser la salle de bains en premier ? »

 

« Non, vas-y…  Je vais appeler Courtney pour synchroniser les séquences de réception. »

 

Max acquiesce, passe dans la salle de bains. Elle le suit des yeux, pensive.

 

Plus tard.

Max s’agite dans le fauteuil. La couverture dans laquelle il s’était enroulé a glissé à terre.

Il est pale, en sueur.

Sérina s’éveille, se lève et le regarde, soucieuse. Il s’agite de plus en plus, commence à gémir. Elle met les mains sur ses épaules, le secoue. 

 

« Max ! Max ! Réveille-toi »

 

Comme il continue sans paraître l’entendre, elle le secoue plus fort.

Il ouvre enfin les yeux, la regarde, le souffle court.

 

« Encore une vision ? » demande-t-elle

 

Max passe une main moite sur son visage. « Oui » souffle-t-il. Il se lève, un peu chancelant. « Les appels sont de plus en plus pressants…Il faut… » Il vacille.

 

Sérina le soutient, le fait asseoir sur le rebord du lit. Elle va lui chercher un verre d’eau.

Il le prend, en boit une gorgée.

Sérina  passe derrière lui, se met à genoux sur le lit, commence à lui masser les épaules.


« Qu’est-ce que tu fais ? » demande-t-il, mal à l’aise.

 

« Tu es tout noué » dit-elle sans s’arrêter.

 

Il essaye de se lever. Elle l’en empêche. « Max ! J’ai promis à Liz de prendre soin de toi. »

 

« Mais… »

 

« Ses visions t’épuisent…  Tu as besoin de dormir… Mais si tu ne te détends pas, tu ne vas pas y arriver... Laisse moi faire. »

 

Elle continue à lui masser les épaules, le dos. Il la laisse faire, toujours embarrassé.

 

« Alors ? » fait Sérina après un moment.

 

« Ça fait du bien » reconnaît-il

 

« Tu vois. »

 

« Merci. » fait-il en essayant à nouveau de se lever.

 

Elle l’en empêche encore. « Pas si vite ! La séance n’est  pas encore finie. » Elle se met à masser son cou, la base de son crane.

 

Max ferme les yeux. Sérina continue à masser en silence, un léger sourire aux lèvres, sourire qui s’accentue peu à peu quand elle sent ses muscles se détendre sous ses doigts

 

« Et voilà » dit-elle en se levant. Avant que Max ait pu réagir, elle se glisse sur ses genoux, et tente de l’embrasser.

 

Il se dégage aussitôt. « Sérina, qu’est-ce que… ? »

 

« Fais-moi confiance » dit-elle en  souriant «  Il n’y a pas mieux pour se détendre » elle cherche encore ses lèvres.

 

Il se lève, la repousse fermement. « Non, Sérina. »

 

« Max ! »

 

« J’aime Liz » dit-il simplement en la regardant au fond des yeux.

 

«  Je sais »

 

Max reste décontenancé devant son air tranquille.

Sérina sourit de plus belle, se rapproche à nouveau, pose ses mains sur sa poitrine.

 

 « Max ! » fait-elle «  Je lui ai promis de m’occuper de toi. »

 

« Je ne pense pas qu’elle avait ce genre de choses en tête quand elle te l’a demandé » dit-il en grimaçant légèrement.

 

Sérina pince les lèvres. Max secoue la tête, recule doucement.

 

« Sérina » dit-il d’une voix sourde « Je suis sincèrement désolé si j’ai dit ou fait quoi que ce soit qui ait pu te laisser croire que…  enfin… » il baisse la tête.

 

Sérina le regarde un instant, désappointée, puis soupire.

 

« Bon ! » dit-elle enfin. « Essaye de dormir, alors… Nous aurons pas mal de travail demain pour collecter les données » elle ramasse la couverture, « Tu n’as qu’à prendre le lit, cette fois. » elle s’installe dans le fauteuil avant qu’il puisse protester.

 

Max hésite, puis s’allonge lentement sur le lit.

 

« Max » appelle-t-elle doucement.

 

Il se tourne vers elle, un peu incertain.

 

« Si jamais tu changes d’avis… Fais moi signe. »

 

« Je ne changerais pas d’avis. » répond-il, sérieux.

 

Sérina hausse les épaules avec philosophie, s’enroule dans la couverture et ferme les yeux.

Max reste un instant songeur puis lui jette un coup d’œil. Elle semble s’être déjà endormie. Il soupire, se glisse sous l’édredon, essayant de se détendre.

Sérina respire paisiblement

 

……………………………………………………………………………………………..

 

Sérina passe sa main au-dessus de la balise-relais disposée prés d’une ferme abandonnée à 20 kilomètres au sud de Copper Summit.

Le sommet de l’objet alien, sorte de pyramide gris-argenté, s’ouvre en corolle. Elle prélève avec précaution le cristal de forme ovale logé en son centre

Max la regarde faire, tendu.

Elle se retourne vers lui, appréciant une fois encore son apparence, cheveux longs et cuir râpé, bien loin du petit garçon sage de tous les jours. Elle s’inquiète cependant de la pâleur de son visage, accentuée par ses cheveux si noirs.

 

« C’était le dernier » lui dit-elle. « J’ai à présent toutes les données… Il ne reste plus qu’à les décrypter. »

 

Il la regarde gravement. « Combien de temps cela prendra-t-il ? »

 

« Pas longtemps. » Elle vient poser une main sur son bras. « Ça y est presque » dit-elle doucement.

 

Il hoche lentement la tête.

 

Plus tard.

Assise sur le lit de la chambre d’hôtel, Sérina s’affaire sur une sorte de clavier translucide. Elle y a inséré les cristaux de communication récupérés sur les balises. Ses doigts fins pianotent, rapides, sur les taches colorées qui apparaissent brièvement, suivant un schéma compliqué, au centre de l’appareillage.

Impuissant, se sentant inutile, Max attend debout prés du lit, la tête lourde.

Des flashs traversent par instant son champ de vision, se superposant à l’instant présent.

L’appel au secours de sa fille retentit encore et encore, pressant, obsédant.

Il a l’impression de n’être plus qu’une coquille creuse. Il lui semble que, très bientôt, son esprit va voler en éclat, se désagréger sous la pression de la peur et du désespoir qu’il capte et qui l’imprègnent un peu plus à chaque instant.

Il a envie de hurler pour relâcher la tension, mais il serre les lèvres et les dents, retenant son angoisse grandissante.

Sérina a besoin de calme et de silence. Sa concentration est évidente.

Finalement, elle relève la tête, passe une main lasse sur son visage, repoussant une boucle blond-roux. Elle le regarde, tressaille en voyant sa mine défaite.

 

« As-tu fini ? » demande-t-il d’une voix rauque

 

Elle hésite un instant à lui répondre. Il a un regard si égaré.

Elle se demande comment il tient encore debout. Il mange à peine, ne dort presque plus.

 

« Sérina ! » implore-t-il.

 

« Oui. » reconnaît-elle.

 

Il la regarde intensément, tendu à craquer.

 

« Que dit-il ? »

 

« Il confirme ce que tu sais déjà : tu as une fille. »

 

Max  a un pauvre sourire. « Quoi d’autre ? » demande-t-il .

 

« La nouvelle a fait grand bruit dans tout notre système… Kivar se rengorge. »

 

Max grimace. Sérina se lève et se rapproche de lui.

 

« Il a demandé à tes partisans de déposer les armes… leur promettant une amnistie totale en l’honneur de son mariage avec la Princesse Valandra. »

 

« Il épouse Lonnie ? » s’étonne Max.

 

« Oui. » fait-elle avec un rire sans joie  « Grand bien lui fasse ! »

 

Max secoue la tête, écartant cette question. « Ma fille est-elle en danger ? » demande-t-il d’une voix tendue.

 

« Pas nécessairement » répond-elle, évasive.

 

Il fait un pas vers elle, le visage fermé. « Est-elle en danger ? » répète-t-il sur un ton autoritaire.

 

« Tout va dépendre de l’Evaluation. » avoue-t-elle à contrecœur.

 

« De quoi parles-tu ? »

 

« Max, cet enfant n’a de valeur réelle que si elle est bien ta fille. »

 

« Mais… elle l’est. »

 

« Evidemment, mais ce qui importe à Kivar, c’est qu’elle soit celle de Zan »

 

Une fois encore, Max la regarde sans comprendre ce qu’elle veut dire. Elle soupire.

 

« Max, Tess et toi, vous êtes des Hybrides… la moitié de votre ADN est humain, l’autre moitié est alien. » Il hoche lentement la tête. « Les lois de la génétique font que votre enfant peut être ou hybride,   ou humain… »

 

« Ou alien. » complète-t-il, se rappelant ses cours de biologie.

 

« Non. Il ne peut pas être alien. »

 

Max fronce les sourcils « Pourquoi ça ? »

 

« Physiologiquement, vous êtes presque entièrement humains. L’organisme de la mère rejetterait un enfant alien… Trop différent »

 

« Mais il peut être humain ? » s’étonne-t-il.

 

« Oui. »

 

« Et alors, Kivar n’en voudra pas ? »

 

« De même que s’il est hybride, mais porteur de l’ADN alien d’Ava… » elle grimace  « Ce sont TES gènes aliens qui l’intéressent »

 

Max la regarde, sombre. « Quelles sont les chances pour que ma fille en ait hérité  ? »

 

« Une sur quatre »

 

« Donc, si je comprends bien, dans 3 cas sur 4, elle risque d’être éliminée ? »

 

« Je ne crois pas qu’il la détruira. » corrige-t-elle «  Même si elle n’est pas tout à fait conforme à ses desiderata, elle reste un atout dans son jeu. »

 

« Je ne peux pas prendre un tel risque… » il redresse les épaules «  Je dois aller la chercher. »

 

« Max ! »

 

« Il me faut un vaisseau » Il la regarde, impérieux.

 

« Je n’ai pas de vaisseau spatial, Max… » dit-elle en soutenant son regard 

 

 Il se rembrunit, elle hausse les épaules « Il n’y en avait qu’un à Copper Summit… Nicolas a du l’utiliser pour regagner Antar…  et de toutes façons, on ne risquait pas de pouvoir s’en approcher.»

 

« Il y a sûrement un moyen. » insiste-t-il.

 

Elle écarte les mains dans un geste d’impuissance.

Il se met à marcher de long en large comme un fauve en cage. Elle le regarde en se mordant les lèvres, soucieuse.

 

« Je me rappelle avoir vu un rapport au Centre des OVNIS, à Roswell » dit-il  après un moment «  Il parlait de notre vaisseau. »

 

« Celui du crash ? » fait-elle, étonnée.

 

« Oui…L’armée l’aurait récupéré et ré-assemblé…. Il serait stocké quelque part. »

 

Elle secoue la tête, lève les yeux au ciel.

 

« Il faut le retrouver. » affirme-t-il

 

« Max ! Même si c’était vrai, ce dont je doute, ce vaisseau n’est plus qu’une épave. » 

 

« Je dois aller chercher ma fille » répète-t-il obstinément.

 

« C’est une erreur. » dit-elle froidement

 

« Je dois la récupérer » son ton est dur, son regard glacial.

 

« Je ne peux pas fabriquer un vaisseau spatial, Max. » réplique-t-elle, agacée.

 

Il continue à la fixer, exigeant l’impossible.

 

«  Il y a sûrement un moyen… » répète-t-il.

 

Sérina baisse les yeux, évitant pour une fois de le regarder. Il s’approche à nouveau d’elle.

 

« Sérina ? »

 

Elle secoue la tête, évitant toujours de le regarder.

 

« Sérina ? » insiste-t-il, conscient qu’elle lui cache quelque chose.

 

Comme elle ne dit toujours rien, il s’avance encore, presque menaçant, mets sa main sous son menton, lui relevant la tête.

 

« Y a-t-il un moyen ? » demande-t-il durement, cherchant son regard

 

Elle secoue encore la tête, essaye de s’écarter de lui.

Il l’en empêche, place son autre main sur sa joue, établissant de force une connexion entre leurs 2 esprits. Elle tente de résister mais il parvient à lui arracher une image : celle du Granilith.

Il la lâche, recule légèrement.

 

« Qu’est-ce que… ? »

 

Sérina lui tourne le dos, furieuse, surtout contre elle-même.

 

« J’ai vu… le Granilith » dit-il d’une voix rauque.

 

Elle ne lui répond pas. Il s’approche à nouveau, penaud, sans essayer de la toucher cette fois, attendant qu’elle veuille bien lui répondre.

Elle se retourne enfin, affronte son regard.

 

« Le Granilith est-il un vaisseau spatial ? » demande-t-il d’une voix radoucie.

 

« Oui » admet-elle  « Il a été conçu pour une seule mission : ramener le Roi sur Antar »

 

« Alors nous pouvons… »

 

« Non, il ne faut pas Max »

 

Il balaye ses paroles d’un geste « Je dois le faire. »

 

« De toutes façons, tu ne pourras pas l’activer » dit-elle d’une voix ferme.

 

« Pourquoi ? Je l’ai déjà fait. »

 

« Il faut une clef » affirme-t-elle.

 

Il la regarde, à nouveau dur. « Quel genre de clef ? »

 

Elle hausse à nouveau les épaules. Il s’approche encore.

 

« Sérina ! »

 

« Je ne te la donnerais pas, Max » dit-elle calmement. « Et je ne te laisserais pas lire en moi »

 

Il la regarde, impérieux. « Je t’ordonne de le faire. »

 

« Je n’ai pas à t’obéir. » s’énerve-t-elle.

 

Il grimace.

 

« Si je t’ai aidé » continue-t-elle  « C’est uniquement parce que je le voulais »

 

Il s’avance encore, le regard grave. « Alors… je te le demande : veux-tu m’aider encore ? »

 

« T’aider à quoi, Max ? » se récrie-t-elle « A te suicider ? »

 

« Je dois sauver ma fille. »

 

Sérina soupire, secoue encore la tête. Max pose une main sur son bras, une main un peu tremblante, plonge son regard dans le sien.

 

« Je t’en supplie » murmure-t-il « Aide-moi, Sérina ! »

 

Sérina se perd dans son regard, pousse un profond soupir.

 

« D ‘accord » cède-t-elle « Je vais t’aider. »

 

« Merci. » dit-il simplement.

 

« Ne me remercie pas » fait-elle aussitôt « Je t’aide… mais je veux quelque chose en échange »

 

Il la dévisage, surpris.

 

« Que veux-tu ? » demande-t-il, hésitant.

 

« Tu sais bien ce que je veux » lui dit-elle avec un léger sourire.

 

Comme il semble décontenancé, elle sourit de plus belle, vient passer ses bras autour de sa taille.

 

« C’est toi que je veux, Max ! »  murmure-t-elle en effleurant ses lèvres.

 

Il se raidit, essaye de reculer.

 

« Sérina ! » proteste-t-il.

 

« Tu veux partir ? » interroge-t-elle en le serrant un peu plus.

 

« Oui. » dit-il dans un souffle.

 

« Alors, donne-moi ce que je veux…et je t’aiderai. »

 

Il secoue la tête. « Je ne peux pas »

 

« Pourquoi ? » s’étonne-t-elle « A cause de Liz ? »

 

« Oui » il la regarde au fond des yeux «  Je l’aime »

 

« Vraiment ? » se moque-t-elle «  Tu t’apprêtes à l’abandonner. »

 

« Non ! » s’écrit-il en se dégageant.

 

« Tu pars. » dit-elle tranquillement

 

« Je vais chercher ma fille »

 

« Tu pars… » répète-t-elle « Et tu ne reviendras pas »

 

« Je… »

 

« Même si tu survis à cette expédition ridicule, tu ne reviendras pas «  dit-elle froidement  « Tes partisans t’en empêcheront »

 

Max baisse la tête, accablé.

 

« C’est un aller simple, Max » continue Sérina, implacable « Alors… quelle importance ? Liz t’a déjà perdu.. »

 

Elle passe ses bras autour de son cou, pose à nouveau ses lèvres sur les siennes.

Il la laisse faire, sans répondre cependant à son baiser.

Elle soupire, lui prend la main et le tire doucement, l’entraînant vers le lit. Il la suit, raide.

Elle l’enlace à nouveau, passant ses mains sous son tee-shirt pour le lui ôter.

 

Il recule. « Je ne peux pas » dit-il simplement.

Elle sourit, pose à nouveau ses mains sur sa poitrine. « Moi, je peux » souffle-t-elle en l’effleurant du bout des doigts, caressante.

 

Max secoue la tête. « Je ne veux que Liz  » dit-il gravement.

 

Sérina le regarde fixement

 

« Mais tu vas la quitter ? »

 

« Non… » il soupire, le cœur lourd mais la tête étrangement claire «  En réalité, je ne peux pas. »

 

« Je te demande pardon ? » relève-t-elle

 

« Tu as raison…. Je ne peux pas partir comme ça et la laisser »

 

Sérina pousse un profond soupir « Tu l’as enfin compris ? »

 

« Oui… » fait-il, frissonnant.

 

Elle lui sourit. Il frissonne à nouveau, passe une main tremblante sur son visage.

 

 « Ma fille… » commence-t-il

 

« Nous la sauverons, Max… mais sans te sacrifier. »

 

Il lui adresse un pauvre sourire « Merci, Sérina. »

 

« Pourquoi ? »

 

« D’avoir fait… tout ça… pour m’aider à comprendre. »

 

« Oh ! … De rien » elle s’approche à nouveau « J’avais fait une promesse à Liz… et puis… »  elle pose encore une main sur sa poitrine  « Il y avait une chance… infime, mais… » elle grimace un sourire «  Tu aurais pu accepter mon offre » ajoute-t-elle, rêveuse.

 

Max  grimace, à nouveau terriblement embarrassé.  Elle hausse les épaules.

 

« Enfin ! » soupire-t-elle « Tant pis. » elle s’écarte «  Si on rentrait ? »

 

Max hoche lentement la tête.

  To be continued. 

ethno  (16.07.2007 à 20:55)
CH..CH..CHANGE  Alternative TimeLine Act. 8              15 mars   Je m’appelle Liz Evans.Aujourd’hui, je ne sais trop pourquoi, j’écris les premières lignes de mon nouveau journal.L’ancien, celui que j’avais commencé, il y a ce qui me semble une éternité, juste après la fusillade du CrashDown, je l’ai annoté, complété de mon mieux, et nous l’avons expédié à Roswell. Nous y avons joint une cassette vidéo, un petit film plein de larmes et d’émotion. Le Shérif Valenti a bien voulu se charger de les faire parvenir à nos parents.  Il s’est également engagé à  répondre à toutes leurs questions. Je sais qu’il essayera d’apaiser leurs craintes, même s’il les partage. C’est un ami précieux.Il a aussi promis à Max de veiller à ce que le journal et la cassette soient détruits. C’est plus sûr, à cause du FBI, évidemment… mais surtout à cause des Skins. Depuis, je n’avais plus rien écrit. Je me suis contenté de vivre chaque jour, intensément...      Avec Max. Je l’aime tant, plus que je ne peux l’exprimer avec de pauvres mots. Mais j’ai peur, peur de le perdre, peur que son destin le rattrape et l’arrache à moi…Certes, depuis 1 mois déjà, depuis le jour où il a failli me quitter, il n’a plus eu de visions.La vie a repris son cours.Je sais pourtant, nous savons tous, que ce n’est qu’une trêve.Raison de plus pour apprécier le quotidien.Vivre au-dessus du restaurant ne me change pas vraiment.Maria et Michael se chamaillent à coté. Nous les entendons parfois d’ici.Isabel a trouvé son bonheur à Lawson, un joli studio dans un petit immeuble. Max, toujours protecteur, a demandé à Kyle de s’installer prés d’elle. Inutile de dire qu’il en a été ravi.Ces 2 là se rapprochent, doucement. L’apprivoisement sera long je crois, mais Kyle a tant de patienceEt nous avons le temps.Nous devons attendre…Nous ne pouvons qu’attendre.  ...................................................................................................................................................................... 

De sa démarche traînante, les épaules un peu plus voûtées qu’auparavant, Alex Whitman traverse la salle de restaurant du CrashDown, pousse la porte western.

Il considère un instant, morose, l’escalier menant à l’appartement des Parker.

Il l’a monté bien des fois, les années passées. Il l’emprunte encore régulièrement.

Pourtant, depuis quelque temps, il lui semble… plus raide. 

Il secoue la tête. Plus rien n’est comme avant.

Ses meilleurs amis ont quitté la ville pour toujours.

Peut être même ont-ils quitté la planète, comment savoir ?

Il se sent seul, égaré au milieu de tous ces gens qui ne savent rien de la Famille Royale d’Antar ni de ses ennemis.

Il soupire. Quelquefois, il aimerait être comme eux.

 

Jeff Parker apparaît au sommet de l’escalier.

Alex grimace en constatant que lui aussi paraît s’être un peu voûté.

 

« Le poids du secret. » estime-t-il en soupirant de plus belle.

 

Le regard de M. Parker s’éclaire en l’apercevant.

 

« Oh ! Bonjour Alex » dit-il vivement « Monte ! Nancy va être ravie de te voir »

 

Alex acquiesce, emprunte gauchement  l’escalier, passe dans le salon des Parker.

Nancy Parker est assise sur le canapé, en train de plier du linge. Elle sourit un peu en le voyant.

 

« C’est gentil de passer nous voir... » dit-elle avec ce petit air mélancolique qui est désormais le sien.

 

« En fait » soupire Alex  «Je viens vous dire au revoir »

 

« Tu quittes Roswell ? » s’inquiète Jeff Parker.

 

« Provisoirement » le rassure Alex. «  Je vais à Los Angeles, chez ma tante Betsy… Mon père pense que j’ai besoin de me changer les idées après… tout ce qui est arrivé »

 

« Oui » reconnaît Nancy Parker «  Il n’a pas tord. »

 

« Et puis, comme ça, le Shérif Hanson arrêtera de venir me poser des questions… Il est persuadé que Liz et Maria m’ont contacté depuis leur… fugue »

 

« Pauvre Hanson ! Toutes ces disparitions, ça fait beaucoup pour lui » approuve Jeff Parker

 

……………………………………………………………………………………………….

 

« Ce Guérin » affirme Hanson, trônant, pensif, derrière son bureau « C’était un jeune plutôt louche et la petite DeLucca était…disons un peu trop délurée… »

 

lI  grimace, soudain vaguement mal à l’aise

 

« Sans vouloir vous offenser Jim » ajoute-t-il à l’adresse de Valenti, assis en face de lui.

 

Il vient en effet de se rappeler l’avoir souvent vu ces derniers temps  avec la mère de la « petite DeLucca »

Valenti lui adresse un sourire désabusé.

 

« Mais qui aurait cru que Liz Parker et Max Evans, 2 enfants sérieux et posés, bons élèves et tout et tout… pourraient s’enfuir comme ça » continue le Shérif de Roswell en se grattant la tête.

 

« Que voulez-vous ? » soupire Valenti  « Les jeunes sont durs à cet age. Un rien les fait basculer… »

 

 « Si vous saviez tout ce que nous pouvons voir au FBI. » confirme l’agent Suzanne Duff, installée dans l’autre fauteuil  « Et puis, chez ces adolescents, l’amour fait faire bien des sottises ! » 

 

« Et les mauvaises fréquentations » renchérit Hanson, sentencieux « Ces quatre là traînaient toujours ensemble, pas vrai ? »

 

« Exact » affirme Duff « Et l’exemple du jeune M. Guérin était loin d’être le meilleur. Alcool, ce qui n’est guère étonnant si on considère ses antécédents familiaux, et petit banditisme…»

 

« La petite Parker était pourtant une jeune fille sage » insiste Hanson.

 

« Mais, apparemment, le jeune Evans ne tournait pas rond » soupire Duff, s’en tenant à la version sur laquelle tous se sont mis d’accord « Les enfants adoptés ont souvent une très mauvaise passe à cet âge… Max s’était mis à sécher les cours et avait commencé à boire avec son ami… Bien sûr, les parents étaient les derniers au courant. »

 

Elle échange un bref regard avec Valenti, se demandant une fois de plus comment elle a bien pu accepter de l’aider à camoufler la disparition de ces jeunes, falsifiant pour la peine une enquête fédérale. Elle soupire.

 

« Ajoutez à ça le départ de sa sœur aînée, partie poursuivre ses études en Europe … » continue-t-elle malgré tout « On se retrouve avec un cocktail détonnant... »

 

« Jeff Parker avait bien remarqué un changement chez Liz » intervient Valenti, conscient de son embarras « Surtout une baisse dans son travail scolaire. C’est pour ça qu’il n’approuvait pas sa relation avec Max…Il envisageait d’envoyer Liz dans un pensionnat pour l’éloigner de lui »

 

« C’est peut-être, hélas, ce qui a précipité les choses… » reprend Duff.

 

« Les amenant à s’enfuir. » conclut Hanson, solennel.

 

« Le style Roméo et Juliette, avec un soupçon de Bonnie and Clyde » soupire encore Duff « C’est malheureusement très à la mode chez les jeunes, même chez les enfants de bonnes familles »

 

« Et donc » demande Hanson, pas vraiment mécontent de l’inefficacité de ses collègues fédéraux « Après tout ce temps, le FBI n’a pas la moindre piste ? »

 

« Nous en avons au contraire de toutes sortes… mais aucune qui mène quelque part »

 

« Tout de même…. Ils ne se sont pas volatilisés. »

 

« Le plus gros problème avec les disparitions, c’est quand les principaux intéressés ne veulent pas être retrouvés «  affirme l’agent Duff en haussant les épaules « Ils sont jeunes et malins, persuadés qu’on les séparerait définitivement si on les retrouvait… »

 

« Vous abandonnez le dossier ? »

 

« Jamais… » assure Duff «  Mais, pour être franche, les chances de réussite s’amenuisent avec le temps… Et de nouveau cas se présentent chaque jour. »

 

« Cessez de vous tracasser, Hanson »  dit Valenti, rassurant « Nous avons fait tout notre possible. Certaines affaires restent non résolues. Il vous faudra l’apprendre ou vous deviendrez dingue. »

 

Hanson grimace, se gratte la tête.

 

« Et puis, il s’agit de fugue, pas d’enlèvement. » renchérit Valenti  « Peut-être reviendront-ils simplement au bercail quand ils auront compris leur erreur ? »

 

« Merci de votre aide, en tout cas, Jim » dit Hanson, pas convaincu

 

« Oui » confirme Duff avec un sourire en coin « Sans vous, cette enquête aurait été… tout autre. »

 

« C’était la moindre des choses. » Valenti lui sourit en retour «  Mon fils Kyle connaissait tous ces jeunes… »

 

« Comment va-t-il, au fait ? » demande Hanson

 

« Bien, je vous remercie. » il soupire «  Je n’aurais jamais cru qu’il choisirait de partir vivre avec sa mère après tout ce temps, mais… enfin, je crois qu’il n’a pas supporté de me voir perdre pied après ma destitution. »

 

« Désolé, Jim » bredouille Hanson.

 

« C’est la vie !   Et puis l’occasion de poursuivre ses études à Los Angeles… surtout pour un fan des Dodgers… » il soupire à nouveau.

 

« Puis-je vous demander un dernier coup de main ? » demande Duff en se levant « Je  me reste à rendre encore une visite aux familles… et j’avoue que ça me m’enchante guère. »

 

« Je vous accompagne »

 

Ils sortent avec un dernier signe à Hanson qui, cherchant peut être à impressionner son ancien chef, fait mine de se replonger aussitôt dans les dossiers posés sur son bureau.

Valenti suit l’agent Duff jusqu’à sa voiture, monte avec elle.

 

« Vous êtes sûr de ce que nous faisons ? » interroge-t-elle en bouclant sa ceinture de sécurité.

 

« Certain. » répond-il tranquillement

 

« Vous savez que j’ai confiance en vous, Valenti. » soupire-t-elle « Mais, étant donné que je risque ma carrière, j’aimerai en savoir un peu plus. »

 

« Je vous l’ai déjà dit : moins vous en savez, plus vous êtes en sécurité »

 

Elle secoue la tête, agacée.

 

« Mes chefs… »

 

« Ce ne sont pas eux le problème. Croyez-moi, le risque vient d’ailleurs. »

 

Elle lui lance un regard circonspect..

 

« J’espère au moins avoir sauvé le monde. » soupire-t-elle de plus belle.

 

« Je l’espère aussi » répond-il sérieusement.

 

…………………………………………………………………………………………………..


ethno  (19.08.2007 à 16:29)
       20 mars   Liz EvansMa famille me manque. Heureusement, grâce à Isabel, nous pouvons quand même garder un peu de contact. Elle a en effet accepté de nous permettre de les rejoindre dans leurs rêves. Rarement, trop rarement, mais leur sécurité est à ce prix.J’aurais tant voulu que mes parents connaissent vraiment Max, qu’ils sachent à quel point il me rend heureuse. Car je suis heureuse… Mes rêves sont devenus réalité. Je dors dans ses bras. Je me réveille à ses cotés. Nous sommes de plus en plus proches, de plus en plus liés. Quand nous faisons l’amour, nos esprits s’unissent plus encore que nos corps. Quoi que nous réserve le futur, ces instants sont miens… pour l’éternité.  

………………………………………………………………………………………………..

 

Installée sur le canapé du salon de l’appartement d’Isabel, Maria soupire, regardant une fois encore sa montre. Elle attend avec une certaine nervosité l’heure où sa mère sera endormie.

 

« Rien ne t’oblige à le faire. » finit par dire Isabel, agacée de la voir se tourner et se retourner sur les coussins.

 

« Oh !…. J’en ai envie » assure Maria sur un ton peu probant.

 

« Tu en es sûre ? » demande Isabel.

 

« Absolument ! » elle soupire « J’espère seulement ne pas retomber dans un de ses rêves baba-cool… C’est trop nul.  La dernière fois, tout le monde était en robe à fleur et  tunique indienne. »

 

« Qu’est-ce que je devrais dire ? » se plaint à son tour Kyle, venu assisté en voisin à la petite visite nocturne « Mon père donnait un concert à Nashville »

 

« La fois d’avant » annonce gravement Maria « Ma mère rêvait de ton père » 

 

« Elle était là au concert. » signale Kyle avec un sourire en coin.

 

« Qu’est-ce que JE devrais dire » dit Isabel « Ce ne sont même pas mes parents ! »

 

Kyle agrandit son sourire.

 

« On devrait peut-être y aller ensemble ? » propose-t-il, l’air franchement réjoui « Après tout, toi et moi, on a l’air d’être partis pour former une grande et belle famille. »

 

Maria le considère, pensive. « T’as peut-être raison … » elle fronce le nez.  « On devrait peut-être leur donner notre bénédiction… »

 

« Parce que tu crois qu’ils en ont besoin ? » fait Kyle, goguenard.

 

« Je pense que ce serait mieux » dit solennellement Maria.

 

« Allons-y » soupire Isabel en leur tendant à chacun une main.

 

………………………………………………………………………………………………….

 

Debout sur le balcon de son appartement, Kyle contemple le ciel nocturne.

C’est devenu pour lui une habitude, une sorte de rituel privé. 

Dès son arrivée à Lawson, il a demandé à Isabel de lui apprendre à repérer Aries, la constellation identifiant le système stellaire d’Antar.

Et depuis, chaque soir, résolument, il essaye de méditer sur ce qu’elle représente dans sa vie.

Toutes ses interrogations, toutes ses craintes, il tente de les affronter… afin d’être prêt.

Il soupire, secoue la tête. Le résultat ne lui semble pas à la hauteur de ses efforts.

Il n’a aucune réponse et il est toujours mort de peur.

Il s’étire légèrement, soupire de plus belle, jette un coup d’œil à sa montre. Une fois de plus, il est plus de minuit.

Haussant les épaules, il se prépare à rentrer, jetant tout de même au passage un coup d’œil vers le balcon voisin, celui de l’appartement d’Isabel.

De la lumière filtre du salon. La princesse alien semble souffrir d’insomnie, elle aussi.

Un peu curieux, Kyle se penche par-dessus la rambarde en fer forgé.

Isabel est assise sur son canapé, un livre ouvert sur les genoux. Elle se tient très droite, comme toujours, mais son visage a perdu toute sa superbe. Elle a l’air perdu, misérable..

Kyle reste un instant partagé, ne sachant que faire. Finalement, il secoue la tête, puis, s’agrippant à la rambarde, il enjambe le muret de séparation.

Isabel ne semble pas l’entendre atterrir sur son balcon.

Il pousse la porte-fenêtre entrouverte, s’approche du canapé, s’accroupit face à elle.

Elle tourne vers lui des yeux égarés.

Il jette un coup d’œil au livre ouvert sur ses genoux, reconnaît l’almanach du lycée de Roswell.  Sa main droite est posée non loin de la photo d’Alex Whitman.

 

« Comment va-t-il ? » demande doucement Kyle.

 

« J’en sais rien » souffle-t-elle

 

Kyle fronce les sourcils. Elle baisse la tête.

 

« Tu n’es pas allé voir ? »

 

« Non… » elle secoue la tête « J’en avais envie… mais je ne l’ai pas fait. »

 

« Pourquoi ? »

 

Elle passe une main lasse dans ses cheveux, soupire.

 

« Je suis sûr qu’il serait heureux d’avoir de tes nouvelles » insiste Kyle.

 

Elle secoue lentement  la tête.

 

« Je ne dois pas le faire, Kyle. » dit-elle  tristement. « Ce serait injuste. » elle écarte sa main de la photo  « J’aime beaucoup Alex et… il me manque… » elle soupire à nouveau « Il a été mon meilleur ami… mon seul ami en fait. »

 

Kyle grimace un sourire, dubitatif..

 

« Je ne pouvais pas lui permettre d’être autre chose. » ajoute-t-elle d’une voix un peu plus froide.

 

« Pourquoi ? » demande-t-il simplement.

 

« Parce que… je suis… ce que je suis. » répond-elle, lugubre. »

 

Il grimace à nouveau, perplexe.

 

« Je suis maudite, Kyle. » avoue-t-elle.

 

« De quoi est-ce que tu parles ? »

 

Elle baisse la tête, pousse un profond soupir, incapable de trouver le courage d’en dire plus.

Kyle  reste là à la regarder, pensif. Il ne dit rien. Il attend simplement qu’elle veuille bien lui confier ce qui la ronge.

Elle finit par relever la tête, le considère un instant. Il a beaucoup changé ces derniers temps. Il semble plus mûr, plus solide. Il ressemble de plus en plus à son père.

Il l’encourage gentiment du regard.

 

« Ce qui est arrivé à notre monde » commence-t-elle lentement « La guerre…  la mort de tous les membres de la famille royale … tout ça… c’est… c’est à cause de moi »

 

Il fronce les sourcils, sceptique.

 

« J’étais… Valandra » continue-t-elle, les larmes aux yeux « Pour Kivar, j’ai trahi ma planète, ma famille … J’ai sacrifié tous ceux qui m’aimaient »

 

« Attend… »

 « Je les ai trahis, tu comprends ? » crie-t-elle, pathétique  « Je les ai livrés à leur ennemi… Ils sont tous morts à cause de moi » 

Kyle veut poser une main sur son bras, elle le repousse, faisant tomber l’almanach au passage.

 

« C’est pour ça que je ne peux  laisser personne m’approcher… » crie-t-elle encore, farouche « Je ne veux plus que qui que ce soit meure à cause de moi. »

 

« Isabel, écoute-moi, écoute-moi… » dit-il en levant les mains  « Je ne sais pas ce qui s’est passé exactement, mais… c’était il y a bien longtemps et, surtout… ce n’était pas toi »

 

« Bien sûr que si… Je suis Valandra. »

 

« Tu es Isabel ! Et Isabel ne trahira jamais ceux qui l’aiment »

 

Elle a un rire sans joie. « On croirait entendre Max. »

 

« Vraiment ? »

 

Elle soupire, secoue la tête.

 

« Tu devrais l’écouter, alors. » Kyle se fend d’un grand sourire  « Il lui arrive de dire des trucs censés »

 

Elle grimace.

 

« Max a raison. » reprend-il, sérieux  « Tu n’es pas maudite »

.

« Je voudrais pouvoir y croire, mais… » elle frissonne «  Regarde ce qui est arrivé à Sorensen.. »

 

« Tu n’y es pour rien. » fait-il, catégorique  « C’est ce truc extraterrestre qui l’a tué. »

 

Elle éclate en sanglots, le prenant de court. Il se relève, vient s ‘asseoir à ses cotés, lui prend les mains qu’il serre dans les siennes

 

« Isabel ! »

 

« Comment oser prendre le risque ? » souffle-t-elle « J’ai peur, tu comprends ?  Si peur de ce qui peut arriver… » elle laisse couler ses larmes.

 

« Moi » dit-il avec un sourire charmeur « Je veux bien le prendre, ce risque. »

 

Elle le regarde avec une certaine tendresse.

 

« Je ne suis pas prête » dit-elle simplement.

 

« J’attendrais, alors » dit-il en haussant les épaules.

 

Elle reste un instant immobile, à le regarder gravement. Puis, lentement, elle ferme les yeux, laisse aller sa tête sur son épaule. Sans rien dire, Kyle pose une main sur ses cheveux qu’il caresse doucement.

 

……………………………………………………………………………………………….

 

ethno  (19.08.2007 à 16:30)
  14 avril   Liz ParkerDepuis quelques jours, je me suis mise à ressentir une sorte de… vide, un trouble profond.

Je ne sais pas de quoi il s’agit… mais quelque chose est en train de changer en moi…

Et ça me fait peur. ……………………………………………………………………………………………. 

Liz s’éveille avec un sentiment étrange : une peur viscérale, primaire, grandissant en elle.

Elle se tourne aussitôt vers Max, endormi à ses cotés.

A la lumière un peu blafarde de la lune qui filtre par les volets entrouverts, elle regarde longuement son visage, si paisible dans le sommeil. Elle admire la courbe de ses lèvres, la fossette qui marque son menton, les mèches noires qui retombent sur son front.

Son cœur cogne douloureusement dans sa poitrine. Elle tend une main un peu tremblante, vient effleurer son cou, son épaule.

Max frémit à son contact, ouvre les yeux, des yeux qui se voilent aussitôt d’inquiétude.

Il a senti sa peur.

Paniquée à l’idée de devoir lui parler de ce vide étrange qu’elle ressent, Liz laisse remonter à la surface cette autre peur, plus banale : la peur de le voir s’éloigner d’elle.

Max l’attire à lui, refermant ses bras autour d’elle, inondant son esprit de son amour.

Sans un mot, il lui dit une fois encore qu’il est là pour elle, à tout jamais.

Liz se laisse aller contre sa poitrine, y dépose un baiser.

Comme la sensation de vide s’accentue encore, elle gémit, refusant de laisser filtrer son angoisse. Elle s’accroche à Max, l’embrasse avec passion.

Le désir qui les embrase balaye alors tout le reste, les emportant bien loin de la peur ou du doute.

 

L’ampoule de la lampe de chevet explose silencieusement.

Le radio réveil se met à crépiter d’éclairs verts.

Bien trop occupés l’un par l’autre, Max et Liz, enlacés, ne se rendent compte de rien.

 

 ……………………………………………………………………………………………….

 

La lumière du jour passe à flots à travers les volets.

Max ouvre les yeux, sourit en regardant Liz, blottie tout contre lui, sourit de plus belle en se remémorant les évènements de la nuit, oh combien agitée.

Il tique cependant en réalisant qu’il fait grand jour. Il jette un coup d’œil au radio réveil sur la table de chevet. L’écran d’affichage est vide.

Avec précaution, Max lève une main, utilisant ses pouvoirs pour réactiver l’appareil. L’affichage se remet en marche. Max grimace en voyant l’heure.

 

« Liz ! » appelle-t-il doucement en caressant ses cheveux.

 

Elle entrouvre à peine les yeux, sourit, se serre davantage contre lui..

 

« Non, non, non ! » fait Max en essayant de se redresser . « Il faut se lever. »

 

« J’ai… sommeil. » proteste-t-elle d’une voix pâteuse.

 

« Ne crois pas que je me plaigne. » souffle-t-il à son oreille « Mais… c’est la nuit qu’il faut dormir… »


Elle se contente de se pelotonner dans ses bras

 

« Il est plus de 8 heures. » annonce-t-il gravement.

 

« Quoi ? » s’étonne-t-elle mollement.

 

« Le réveil a choisi le mauvais moment pour nous lâcher » commente-t-il en caressant rêveusement son épaule.

 

Liz  se laisse à nouveau aller contre lui, langoureuse. Max rit mais la repousse doucement.

 

« Il faut que j’y aille. » s’excuse-t-il « Kyle va me tuer… On a pas mal de travail aujourd’hui.»

 

Il se lève en grimaçant, attrape des vêtements et passe dans la salle de bains

Liz le regarde faire, sentant malgré elle ses yeux se refermer, inexorablement

 

« Tu ne devrais pas te préparer, toi aussi ? » dit-il en s’habillant.

 

« Je commence à 10 heures » bougonne-t-elle.

 

Max utilise ses pouvoirs pour une toilette sommaire, faisant disparaître d’un geste sa barbe naissante.

Comme il regagne la chambre, il s’aperçoit que Liz s’est rendormi.

Il la regarde un instant, sourit tendrement, puis sort sans faire de bruit.

 

………………………………………………………………………………………………

 

Liz est allongée sur le ventre. Elle dort à poings fermés.

On tambourine à la porte.

 

« Liz ! » appelle la voix aiguë de Maria tandis que les coups redoublent.

 

Liz finit par ouvrir un œil, grogne, mécontente, sans faire mine de bouger.

Maria frappant et appelant de plus belle, Liz finit par se résigner à se lever, enroulant le drap autour de son corps pour aller ouvrir la porte d’entrée.

Maria reste bouche bée en la voyant se tenir devant elle, encore somnolente, cheveux ébouriffés, nue sous le drap à fleurs.

 

« Je peux savoir ce que tu fais ? » finit-elle par demander en fronçant le nez..

 

« Je dormais, figure-toi ! » réplique Liz en baillant..

 

« Tu sais l’heure qu’il est ? »

 

Liz soupire, retourne d’un pas traînant vers la chambre, se laisse tomber lourdement sur le lit.

Elle jette un œil maussade au réveil, tique en réalisant qu’il est plus de 11 heures.

 

« Ça alors ! » s’exclame-t-elle, baillant à nouveau « J’ai du me rendormir »

 

Maria a une moue calculatrice en la dévisageant.

 

« Sacré nuit, on dirait ? » dit-elle en considérant une nuisette et un caleçon jetés pèle mêle au pied du lit.

 

« Maria ! » se récrie Liz en suivant son regard

 

« Ça fait plus d’une heure que je t’attends et que j’assure ton service » se justifie Maria «  Ça mérite une explication, non ? »

 

« Je suis désolée » dit Liz, penaude « Je n’avais pas l’intention de te laisser tout le travail »

 

« T’inquiètes » élude Maria, plus curieuse que fâchée «  Donc… cette nuit a été particulièrement… volcanique ? »

 

« Un peu » reconnaît Liz en rosissant « mais…. »

 

« Mais quoi ? » s’enquière Maria, gourmande.

 

« Ça fait des jours que je me traîne. » reconnaît Liz. « Je sais pas ce qu’il y a… Je suis HS »

 

« T’en as parlé à Max ? » demande Maria, soudain inquiète

 

« Je ne veux pas l’ennuyer avec ça… c’est sûrement pas grand chose… »

 

« Tu serais pas enceinte ? » interroge Maria.

 

« Non ! » se récrie aussitôt Liz.

 

« T’en es sûre? » dit Maria en  haussant les sourcils.

 

 « Certaine… Max est très vigilant à ce propos. »

 

« Dommage qu’il ne l’ait pas toujours été ! » soupire Maria.

 

« Je te remercie de me rappeler ce détail » fait Liz d’un air pincé.

 

« Quoi ? » s’exclame Maria, suffisamment jalouse pour deux «  J’ai pas raison ? »

 

 « Cette nuit là » dit Liz d’une voix lasse « Il ne savait pas ce qu’il faisait »

 

« Je ne te le fais pas dire ! » approuve Maria.

 

Liz soupire à son tour, agacée, passe dans la salle de bains, histoire de mettre un terme à cette conversation. Elle enfile à la hâte des sous-vêtements, attrape un gant de toilette pour se débarbouiller.

 

« C’est vrai… » commence Maria qui l’a bien entendu suivie.

 

« Tu veux bien arrêter avec ça ! » s’énerve Liz en commençant à enfiler sa tenue de travail.

 

« J’arrive pas à comprendre comment tu peux prendre toute cette histoire avec autant de… désinvolture ! » insiste Maria.

 

« Max n’a rien fait de mal… » gronde Liz.

 

« Il a couché avec elle, tout de même ! » signale Maria.

 

Les spots de la salle de bains explosent dans une gerbe d’étincelles colorées.

 

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » s’écrie Maria, effarée.

 

Liz frissonne. Elle hésite un instant, jette un regard anxieux à Maria qui n’en mène pas large. Puis elle lève une main tremblante qu’elle approche d’une des ampoules éclatées.

De petits arcs électriques verts se forment au bout de ses doigts. Bien qu’effrayée par le phénomène, Liz avance encore un peu sa main. L’ampoule brisée s’illumine brièvement.

Liz replie lentement ses doigts.

 

« Liz ! C’est toi qui… ? » bredouille Maria en ouvrant des yeux ronds.

 

« On dirait » répond Liz d’une voix sourde en laissant retomber sa main

 

« Je vais chercher Max ! »  dit aussitôt Maria, oubliant d’un coup tous ses griefs contre le jeune Alien.

 

« Non !» ordonne Liz en lui prenant le bras. « Attend ! »

 

« Que j’attende ? » s’écrie Maria. « Il faut le dire à Max ! »

 

« Bien sûr » bredouille Liz  « Mais… il a… beaucoup de travail aujourd’hui »

 

« Du travail ? » explose Maria « Liz ! Je crève de trouille ! »

 

« Et moi donc ! » souffle Liz en regardant fixement les ampoules brisées. « Ecoute, je lui parlerai tout à l’heure, promis. »

 

« Mais… »

 

« J’ai besoin d’un peu de temps… pour trouver comment lui annoncer ce qui se passe » soupire Liz.

 

« Et tu peux me dire ce qui se passe exactement ? » demande Maria, tourmentée.

 

« Je suis en train de changer » dit lentement Liz, étrangement calme. « Sérina nous avait prévenus, tu t’en souviens ? »

 

Maria lui lance un regard angoissé. Liz pousse un grand soupir.

 

………………………………………………………………………………………………

 

Le front plissé, l’air sévère, Michael se tient derrière le passe-plat. Il observe depuis un moment la salle de restaurant, intrigué par le manège de Maria et de Liz.

Arrivée en retard pour la toute première fois, Liz avance en traînant les pieds, servant sans enthousiasme les clients heureusement peu nombreux. Elle donne l’impression d’être complètement exténuée.

Maria, au contraire, semble passablement excitée. Elle s’agite, rit nerveusement, fait de grands gestes, mais son service n’est pas beaucoup plus efficace que celui de Liz.

Elle passe en effet plus de temps à surveiller son amie que les commandes. Elle la suit comme son ombre à travers le restaurant, la regarde sans cesse d’un air anxieux.

On dirait qu’elle a peur de la voir exploser d’un moment à l’autre.

Liz débarrasse mollement la table 5, passe en soupirant coté office pour aller déposer la vaisselle sale.

Maria la suit illico, ignorant un couple qui essaye d’attirer son attention.

Bien décidé à avoir le fin mot de l’histoire, Michael se rapproche de la porte de la cuisine entrouverte sur l’office.

 

« Bon, ça suffit » dit Maria « Tu DOIS le dire à Max. »

 

« Maria ! » proteste Liz d’une voix fatiguée « Ça peut attendre. »

 

« Tu rigoles ? » s’énerve Maria.

 

« Il n’a même pas eu le temps de venir déjeuner » objecte Liz, irritée par son insistance « Kyle est venu chercher des sandwichs »

 

« Tu dois le lui dire ! » répète Maria.

 

« Lui dire quoi ? » intervient Michael en entrant dans la pièce.

 

« Rien » dit Liz d’un ton sec en fusillant Maria du regard.

 

« Qu’est-ce que Max devrait savoir ? » demande encore Michael, soupçonneux.

 

Maria se mord les lèvres, terriblement mal à l’aise, coincée entre un Michael inquisiteur et une Liz particulièrement entêtée.

 

« Liz ? » interroge Michael en s’avançant, quasi-menaçant.

 

 Comme elle soutient son regard avec un air de défi, il se tourne vers Maria qui préfère regarder ailleurs, tiraillée dans sa loyauté.

 

« Très bien ! » s’exclame-t-il  d’un ton sec « Je vais chercher Max ! »

 

« Non ! » crie Liz en serrant les poings.

 

L’étagère de rangement des réserves de sauces se met à trembler violemment, éjectant pèle mêle bouteilles de ketchup, de mayonnaise et de Tabasco qui se brisent sur le carrelage.

Michael ouvre de grands yeux. Maria pousse de petits cris, effrayée, tandis que le phénomène s’amplifie jusqu’à ce que l’étagère elle-même se renverse.

Liz reste un instant tétanisée, les poings toujours serrés, les yeux agrandis.

Puis, d’un coup, elle pâlit et s’évanouit, glissant sur le sol. 

Maria crie de plus belle. Michael se précipite, rattrapant de justesse la jeune femme avant qu’elle s’effondre.

 

« J’ai rien fait ! »  affirme-t-il aussitôt, l’air perdu .

 

« C’est pas toi… » le rassure Maria « C’est elle. »

 

« Quoi ? »

 

« Depuis tout à l’heure, elle fait tout exploser » dit Maria qui s’est  rapprochée de Liz que Michael tient toujours gauchement.

 

« C’est ça qu’elle voulait pas dire à Max ? » demande-t-il, abasourdi.

 

« Oui. » dit Maria en désignant nerveusement les mains de Liz, striées par instant d’éclairs verts « Elle a peur de sa réaction, je crois. »

 

« Tu m’étonnes… » souffle Michael, sidéré.

 

« Je vais le chercher » dit Maria, soudain très décidée « Monte-la dans sa chambre… Il ne faut pas qu’on la voit comme ça »

 

Michael approuve, soulève doucement Liz dans ses bras.

 

« Tu ferais bien de prévenir aussi Sérina » dit-il avant de monter à l’étage.

 

ethno  (19.08.2007 à 16:32)

…………………………………………………………………………………………………

 

Maria entre en trombe dans le garage, jetant des regards affolés autour d’elle.

Elle avise Kyle, occupé à changer les pneus d’un  coupé sport.

 

« Où est Max ? » lui crie-t-elle en l’empoignant par le bras et en le secouant.

 

« Par-là.  » répond-il, circonspect, en lui désignant une paire de jambes qui dépassent de sous un  pick-up rouge . « Qu’est-ce qui se passe ? » essaye-t-il de savoir.

 

Maria l’ignore, fonce vers Max, agrippe le chariot sur lequel il est allongé, le tire sans ménagement, manquant l’assommer au passage.

 

« Maria ? »  s’étonne Max.

 

« Il faut que tu viennes, vite ! » supplie-t-elle « Liz est malade. »

 

« Malade ? »  Max s’est redressé d’un bond.

 

« Enfin, pas vraiment malade… » bredouille Maria. « Mais c’est tout comme… Michael l’a ramené à l’appartement…Dépêche-toi ! » insiste-t-elle.

 

Laissant tout en plan, Max se précipite hors de l’atelier.

 

« Où est Sérina ? » demande Maria à Kyle qui s’est rapproché, visiblement soucieux.

 

« A Lawson. Elle est allée expédier des factures… » Maria grimace, contrariée  « Qu’est-ce qui arrive à Liz ? » s’inquiète-t-il

 

 « Un truc extra terrestre… » dit Maria en se tordant les mains 

 

Kyle écarquille les yeux, encore plus inquiet. « Quel genre de truc ? »

 

« Elle dit qu’elle est en train de changer …et… elle a commencé à faire des choses… vraiment bizarres. »

 

Kyle frissonne, sentant une main glacée lui écraser la poitrine

Maria le regarde, réalisant brusquement à quel point la nouvelle le touche de prêt. Elle ouvre la bouche sans parvenir à trouver quoi dire, écarte les mains dans un geste d’impuissance.

 

« Préviens Sérina, d’accord ? » dit-elle d’une voix mal assurée avant de se retourner et de ressortir aussi vite qu’elle était entrée.

 

Kyle reste un instant, sa clef à la main, pathétique. Puis il se secoue, attrape son téléphone

 

Max a franchi en courant la distance séparant le garage du restaurant.

Le visage tendu, il monte 4 à 4 les marches de l’escalier extérieur menant à son appartement. Juste avant de l’atteindre, sans même y penser, il utilise ses pouvoirs pour ouvrir tout grand la porte d’entrée par laquelle il s’engouffre.

 

« Liz ! » appelle-t-il d’une voix chargée d’inquiétude

 

« Par ici » répond Michael depuis la chambre.

 

Max entre en trombe dans la pièce, s’immobilise, soudain incapable de faire un pas de plus en apercevant Liz, allongée sur le lit, inconsciente.

Michael se tient debout à ses cotés, bras ballants.

Il l’a installée de son mieux et est resté là, ne sachant que faire.

Le cœur cognant douloureusement dans la poitrine, Max se décide à avancer. Il s’agenouille lentement prés de Liz.

 

« Que s’est-il passé ? » demande-t-il d’une voix sans expression, les yeux fixés sur son visage, si pâle.

 

« J’en sais rien. » dit Michael en écartant les mains « C’est vrai, j’étais là… mais… je comprends pas comment elle a fait »

 

« Fait quoi ? » dit Max en se tournant vers lui.

 

« Tout tremblait… »  bredouille Michael  « Les bouteilles se fracassaient par terre »

 

« De quoi est-ce que tu parles ? »

 

« Elle a tout fait valdinguer, Max… comme moi, à l’époque où je ne maîtrisais pas mes pouvoirs » il déglutit difficilement, fait un geste vague « Ensuite... elle est tombée dans les pommes »

 

Max le regarde, effaré.

Maria entre à son tour dans la chambre, essoufflée.

 

« C’est vrai, Max. » confirme-t-elle.

 

Max les regarde tour à tour, incrédule.

 

« Ce matin aussi » continue Maria en se rapprochant du lit « Elle s’est énervée… et les ampoules de la salle de bains ont volé en éclats. » 

 

« Mais… comment est-ce possible ? » interroge Max, désarçonné.

 

Maria secoue la tête « Elle a dit… qu’elle était en train… de changer. »

 

Max blêmit légèrement, se tourne à nouveau vers Liz, profondément troublé.

Michael pose une main sur le bras de Maria.

 

« Où est Sérina ? » demande-t-il d’un ton sec

 

« Elle va venir… » assure Maria. « Kyle s’en occupe. »

 

Le visage grave, le regard sombre, Max avance vers Liz une main légèrement tremblante. Terriblement désemparé, il effleure doucement ses cheveux.

De petits éclairs verts se mettent aussitôt à crépiter sous ses doigts.

Il retire sa main, surpris, lance à Michael un regard angoissé.

 

« Je sais pas ce que c’est ! » dit aussitôt celui-ci «  Mais ses mains en étaient couvertes tout à l’heure »

 

« Max ! » s’écrie Maria, morte d’inquiétude « Fais quelque chose ! »

 

Malgré la peur qui lui glace le sang, Max avance à nouveau sa main, la pose doucement  sur la joue de Liz. Sa peur redouble quand il réalise qu’il ne peut pas établir de connexion.

Les éclairs verts se reforment sous ses doigts, picotant désagréablement la paume de sa main.

 

« Liz ! » appelle-t-il, le cœur battant lourdement..

 

Elle gémit un peu mais ne bouge pas. 

Incapable d’atteindre son esprit, paniqué, Max vient placer son autre main sur sa poitrine

Là aussi se forment des éclairs verts. Les picotements s’intensifient, laissant peu à peu la place à une sensation de brûlure

Liz ouvre les yeux, repousse la main de Max.

 

 « Ça fait mal. » gémit-elle

 

« Ça va aller » assure-t-il, ivre de soulagement de la voir revenir à elle « Laisse-moi faire »

 

« Non… Je t’en prie. » supplie-t-elle d’une petite voix .

 

Michael fait un pas vers Max, partagé, incapable de savoir s’il doit intervenir ou non.

 

Bien que sa main lui semble en feu, Max la replace résolument au-dessus de la poitrine de Liz, évitant seulement de la toucher. Les éclairs verts se reforment néanmoins, semblent se rassembler, formant une sorte d’arc électrique éblouissant.

Liz gémit de plus belle.

 

« Encore un instant. »  insiste Max dont le visage ruisselle à présent de transpiration «  Je dois absorber toute cette énergie. »

 

Maria étouffe un cri en voyant le corps de Liz se soulever lentement dans les airs et se mettre à flotter à quelques centimètres au-dessus du lit.

Les éclairs, qui crépitent de plus belle, virent peu à peu au rouge intense.

Liz gémit à nouveau, se débat.

 

 « Arrête,  Max ! » crie Maria, affolée « Tu ne vois pas que tu lui fais mal ? »

 

Max grimace mais s’obstine malgré la douleur qui remonte à présent le long de son bras.

Un bruit de tonnerre retentit brusquement. Un éclair aveuglant illumine la pièce.

Max est projeté violemment en arrière.

Liz retombe sur le lit, porte les mains à sa poitrine. Elle se recroqueville sur elle-même pour tenter d’atténuer la douleur qui lui vrille le corps.

 

« Liz ! » crie Maria en se précipitant vers son amie.

 

« C’était quoi, ça ? » demande Michael d’une voix sourde.

 

« J’en sais rien » dit Max en se relevant, un peu sonné.

 

Il fait un pas vers le lit. Liz se réfugie dans les bras de Maria, tremblante.

 

« Liz… » souffle-t-il, pathétique, en tendant à nouveau sa main vers elle.

 

Sérina fait irruption dans la pièce.

 

« Non, Max »  s’écrie-t-elle en lui saisissant le bras « Ne la touche pas ! »

 

Max prend un air têtu  « Je dois… »

 

« Tu dois sortir de cette pièce. » dit Sérina en le tirant en arrière

 

« Pourquoi ? » s’insurge-t-il.

 

« Ton énergie interne perturbe la sienne, l’empêchant de se réajuster. »

 

« Quoi ? » fait-il, perdu, en regardant Liz que Maria serre toujours contre elle.

 

« Tu crées des interférences. » tente-t-elle d’expliquer. « Il faut que tu restes éloigné d’elle. »

 

« Non ! » dit-il en faisant mine de s’approcher du lit.

 

Les éclairs verts qui s’étaient apaisés recommencent à crépiter, arrachant un nouveau gémissement à Liz.

 

« Va-t-en, Max ! » crie Maria, paniquée « Tu vas la tuer. »

 

Max jette un regard pathétique à Liz qui s’accroche à Maria, haletante.

Sérina le tirant encore par le bras, il se décide à la suivre, pitoyable.

Juste avant de quitter la chambre, il s’arrête malgré tout, se retourne.

Liz a posé la tête sur les genoux de Maria. Elle a fermé les yeux.

 

« Ça va aller… » murmure Maria en lui caressant les cheveux. « Il est parti. »

 

Max baisse la tête, accablé, referme la porte.

 

« Qu’est-ce qui lui arrive ? » demande Michael qui les a suivi dans le salon.

 

« Ce sont les dernières phases du réajustement de son équilibre interne » affirme Sérina.

 

« Et ça veut dire quoi, ça ? » s’énerve Michael, à deux doigts d’exploser.

 

Sérina hésite un instant, cherchant ses mots.

 

« Son énergie vitale se modifie… » tente-t-elle d’expliquer.

 

« A cause de moi… » intervient Max, lugubre. « De ce que j’ai fait...  il y a 2 ans, au CrashDown. »

 

« Hé ! Ho ! » s’écrie Michael, mécontent« Ce jour-là… tu lui as sauvé la vie, OK ? »

 

« Je ne sais même pas ce que j’ai fait ! » crie Max, paniqué « Tout ce que je sais c’est qu’aujourd’hui, elle souffre… et que c’est ma faute. »

 

Sérina vient poser une main sur son bras.

 

« Calme-toi ! » dit-elle d’une voix apaisante « C’est moins grave que ça en a l’air. » 

 

« Mais… » il la regarde, bouleversé « Je…je lui fais du mal. »

 

« C’est temporaire » la rassure-t-elle.

 

Max recule, passe une main tremblante sur son visage.

 

« Dis-moi ce qui se passe ! » l’implore-t-il.

 

« Simplement, si possible. » ajoute Michael, abrupt.

 

Sérina soupire 

 

« Quand tu l’as soignée » dit-elle à Max « Tu n’as pas seulement détruit la balle et réparé les dégâts qu ‘elle avait causé… Tu as induit des changements au niveau de la structure de son ADN. »

 

« Comment ça ? » demande Max,  tandis que Michael lève les yeux aux ciel.

 

« La blessure était mortelle, Max. » tente d’expliquer Sérina « Pour pouvoir sauver Liz, tu as dû établir une connexion particulièrement profonde… D’instinct, tu as utilisé l’énergie issue de ton propre corps… C’est cette formidable quantité d’énergie qui a laissé des traces. »

 

« Comme… une irradiation ? »  balbutie-t-il.

 

« Si tu veux. Ça y ressemble en quelque sorte… On peut dire que tu as provoqué un genre de réaction en chaîne. »

 

Max jette un regard anxieux vers la porte de la chambre.

 

« Petit à petit, cette énergie a modifié les séquences ADN »  continue Sérina  « L’agencement de son code génétique s’est réaligné sur le tien »

 

 « C’est impossible ! » se récrie Max. « Liz est humaine ! »

 

« Nous aussi ! »  intervient Michael  « Enfin, à peu près… Nasedo disait que nous avons  juste  quelques milliers d’années  d’avance sur les autres. »

 

« C’est exact. » confirme Sérina « Vous avez été conçu de façon à mieux gérer votre potentiel, voilà tout. »

 

Max et Michael échangent un regard troublé.

 

« Pourquoi est-ce que je ne peux pas la toucher ? » finit par demander Max d’une voix brisée..

 

« Je te l’ai dit. Pour le moment, ton énergie interne crée des interférences. »

 

« Qu’est-ce que… qu’est-ce que je dois faire? »

 

« Rien. » dit calmement Sérina. « Juste rester à distance pour ne pas perturber le processus »

 

« Mais… »

 

« Elle ne risque rien, Max. Tout ce qu’il lui faut, c’est du temps et du repos.»

 

Max regarde à nouveau la porte de la chambre, déchiré entre son désir d’être près de Liz et sa peur de la faire souffrir.

 

« Faut que je retourne bosser » remarque Michael en regardant sa montre « Toi aussi, tu devrais…. »

 

« Non. » se récrie Max.

 

« Max, je vais m’occuper d’elle » dit Sérina.

 

Max lui lance un regard plein de désarroi.

 

« Tu ne dois pas rester ici. Tu vas vouloir l’approcher et il ne faut pas »

 

Max secoue la tête. « Je ne peux pas… la laisser ainsi. »

 

« Je vais aller l’examiner… Retourne au garage. Kyle a besoin de toi là-bas. Et… travailler va te permettre de ne pas craquer… Je vous rejoins dès que possible.» 

 

Michael l’encourage du regard. Max finit par hocher la tête, le suit dans l’escalier, s’arrête au bout de quelques marches, se retourne vers Sérina.

 

« Dis-lui… » commence-t-il.

 

« Elle sait. » l‘interrompt-elle tranquillement.

 

Max baisse la tête, recommence à descendre d’un pas lourd.

 

Sérina soupire, retourne dans la chambre.

Liz a toujours la tête posée sur les genoux de Maria.

 

« Elle s’est endormie, je crois » chuchote celle-ci.

 

« C’est aussi bien » dit Sérina en s’approchant. « Elle a besoin de repos. »

 

« Il ne va pas revenir la faire souffrir, au moins ? » demande Maria en regardant nerveusement vers le salon.

 

« Tu parles de Max ? » la voix de Sérina s’est légèrement refroidie.

 

« Tu as bien vu ce qu’il lui a fait tout à l’heure » continue Maria, oubliant qu’elle-même lui avait demandé de « faire quelque chose »

 

« Il essayait de l’aider » dit calmement Sérina.

 

« Ce n’est pas la première fois qu’il la fait souffrir » continue Maria, tourneboulée par tout ce qui arrive à son amie.

 

« Vraiment ? »

 

« Cette histoire avec Tess… » poursuit Maria en caressant à nouveau les cheveux de Liz  « Elle ne dit rien, mais je sais que ça lui a fait du mal… Et quand il vient lui parler de sa fille… » elle soupire de plus belle. « Je me demande comment elle peut… »

 

« On ferait mieux de l’installer confortablement. » l’interrompt Sérina, irritée.

 

Elle sait bien que Maria est seulement morte d’inquiétude pour son amie, mais elle n ‘apprécie pas du tout de l’entendre parler ainsi de Max.

 

« Aide-moi » ordonne Sérina pour couper court à tout ça.

 

Toutes deux entreprennent d’allonger Liz un peu mieux, lui retirant son uniforme de serveuse et la glissant sous le drap.

Sérina s’assoit à ses cotés, pose une main sur son front, jaugeant du bout des doigts les caractéristiques de son énergie interne.

 

« Elle va bien ? » interroge Maria, anxieuse.

 

« Aussi bien que possible. Les réajustements l’affaiblissent considérablement. »

 

« Mais… elle ne va pas… mourir ? »

 

« Bien sûr que non ! »

 

Maria grimace en regardant son amie. Elle n’a pas le courage de demander plus de détails à Sérina.  Elle sait bien, de toutes façons, qu’elle ne comprendra pas grand chose à ses explications.

 

« Qu’est-ce que je peux faire ? » demande-t-elle.

 

« Tu peux rester avec elle pendant que je vais chercher de quoi mieux évaluer la progression des modifications énergétiques. »

 

« D’accord » dit Maria en tirant une chaise pour être près du lit.

 

Sérina se retourne juste avant de sortir.

 

« Quoi que tu en penses » dit-elle posément «  Max ne lui a fait aucun mal.  Il lui a sauvé la vie, et… il a tout risqué pour ça. »

 

« Je le sais bien » dit Maria, radoucie « Il aurait pu être identifié… en fait, c’est bien ce qui est arrivé, en fin de compte. » 

 

 « Il aurait aussi pu détruire son propre équilibre énergétique »

 

Maria frissonne en se souvenant de ce qu’un tel bouleversement avait provoqué sur Michael.

 

« Il n’a pas hésité » insiste Sérina « Comme la fois où il a tenté de sauver Courtney »

 

Maria se mord les lèvres, la regarde pensivement sortir de la pièce

Puis elle soupire, grimace en se demandant s’il y a lieu d’admirer ou de frémir devant la loyauté sans faille de la Skin.

 

……………………………………………………………………………………………….

 

ethno  (19.08.2007 à 16:33)

Kyle est en train de farfouiller, l’air maussade, dans le moteur d’un 4/4, l’esprit ailleurs. Quelle que soit l’origine de la panne, il est certain de ne pas arriver à la localiser…

Et, à vrai dire, il s’en moque.

Le peu que lui a dit Maria a réveillé en lui une peur qui ne cesse de grandir.

 

Max arrive, traînant les pieds, tout aussi tourmenté.

 

« Comment va-t-elle ? » demande aussitôt Kyle en laissant tout en plan.

 

Max hésitant à répondre, Kyle sent sa poitrine se serrer encore d’avantage.

L’air complètement retourné du jeune Alien ne lui dit qui vaille.

 

« Max ! » insiste-t-il « Qu’est-ce qui se passe avec Liz ? »

 

Max soupire. « Elle est en train… de changer. »

 

 « Elle change ! » s’énerve Kyle, agacé d’entendre encore le même leitmotiv  « OK ! » il grimace, se gratte la tête. « Et… qu’est-ce qu’elle va devenir ? »

 

« J’en sais rien. » répond Max d’une voix sourde.

 

Kyle soupire. Sa peur est encore montée d’un cran..

 

« Qu’a dit Sérina ? » parvient-il à demander après un temps.

 

« Que c’est moi qui ait provoqué tout ça… en la soignant … » il a un pauvre sourire.

 

« Oui, bon… mais…ça va aller ? » s'alarme Kyle

 

Max hoche la tête, pas tout à fait convaincu. « Sérina affirme que oui. »

 

« Est-ce… qu’elle souffre ? » demande encore Kyle.

 

« Je ne crois pas… sauf quand … » il se frotte le front avec deux doigts  « quand je suis là. »

 

« Quoi ? » se récrie Kyle

 

« Dès que je l’approche, je crée ce que Sérina appelle des interférences. »

 

« C’est à dire ? »

 

« Il y a des espèces de décharges d’énergie, des éclairs verts qui parcourent tout son corps… Ça lui fait mal…  JE lui fais mal »

 

Kyle lui lance un regard préoccupé.

 

« Je ne peux plus l’approcher » gémit Max.

 

« C’est… provisoire, non ? »

 

Max hoche encore la tête, l’air pitoyable. Kyle soupire.

 

« Et… ça va durer longtemps… ? » parvient-il encore à  demander

 

« J’en sais rien. » dit Max, l’air totalement désemparé

 

Kyle soupire de plus belle. Il essaye de calmer les battements de son cœur, sans grand résultat.

Max lui jette un regard aigu, soudain conscient de son trouble.

 

« Et toi, ça va ? » demande-t-il, embarrassé.

 

« Pour l’instant… mais, tu m’as soigné presque un an après elle, alors… » il hausse les épaules. « Mon temps n’est pas encore arrivé … »

 

Max baisse la tête, penaud.

 

Kyle ne peut s’empêcher de sourire  « Et j’ai comme l’impression que… ce sera moins dur pour toi de ne pas pouvoir m’approcher, moi, le moment venu…. »

 

« Je suis désolé » soupire Max

 

« De m’avoir sauvé la vie ? »

 

« De ne pas avoir su… ce que je faisais exactement. »

 

« Tu sais… » dit Kyle « Pour autant que je me rappelle… j’étais là… à me vider de mon sang » il sourit, donne une tape sur le bras de Max « Au fond, je suis content que n’ai pas pris le temps de trop réfléchir… J’y serais sûrement resté »

 

Max a un pauvre sourire.

 

« Ecoute » reprend Kyle «  Le mieux, ce serait de s’occuper la tête… Y’a tout ce boulot à finir… Autant joindre l’utile au désagréable, non ?

 

« C’est ce qu’a dit Sérina »

 

« Pour une fois qu’on comprend ce qu’elle dit, elle n’a pas tord. » remarque Kyle.

 

Il retourne vers sa réparation, se retourne, plein d’espoir..

 

« Au fait, si tu veux en finir au plus vite… »  Il prend un air malicieux  « Tu sais ce qui te reste à faire ? »

 

……………………………………………………………………………………………..

 

Sérina fronce les sourcils en constatant que la porte de l’atelier est fermée à clef. Elle pose une main sur la serrure, utilise ses pouvoirs pour ouvrir, referme derrière elle.

Max et Kyle sont en plein travail. Enfin, Max utilise ses pouvoirs pour rattraper le retard pendant que Kyle, installé sur le capot d’un 4/4, se contente de faire des commentaires

Sérina comprend mieux pourquoi ils ont soigneusement fermé les portes.

Elle sourit en appréciant la puissance dégagée par Max. Lui qui utilise si rarement ses pouvoirs les maîtrise en réalité remarquablement bien.

Main levée, il libère une énergie blanche qui enveloppe la carrosserie défoncée d’une Chevrolet, remodelant la tôle éventrée, défroissant les parties endommagées par un impact apparemment violent.

 

Elle le laisse terminer avant de s’approcher.

La tension de son visage change de nature dès qu’il l’aperçoit.

 

 « Comment va-t-elle ? » demande-t-il aussitôt.

 

« Elle est très affaiblie… Mais c’est normal à ce stade du réajustement. »

 

« Je peux la voir ? »

 

« Toujours pas »  dit tranquillement Sérina. « Ne t’inquiète pas. Elle dort, et le sommeil va permettre que tout se passe mieux, et sans doute plus vite »

 

Max prend un air penaud.

 

« Mais… »

 

« Max ! » intervient Kyle « La patience est une vertu »

 

Max soupire. Il passe une main lasse sur son visage.

 

« J’y ai jamais pensé » fait Kyle en lui jetant un regard en coin « Mais…utiliser tes pouvoirs, ça doit pomper pas mal d’énergie, non ? »

 

Max hausse les épaules

 

« Bien sûr » dit Sérina « Même si nous utilisons mieux notre énergie interne que ne le font les humains, elle n’est pas inépuisable. C’est de la physiologie alien, Kyle, pas de la magie. »

 

« Dans ce cas, t’as intérêt à te reposer. J’te trouve un peu palot…. »

 

Max grimace. Sérina l’examine aussitôt plus attentivement.

 

« Viens » dit-elle en le prenant par le bras. « Il a raison : tu dois te reposer » elle le tire par le bras « Salut, Kyle. A demain » fait-elle en entraînant doucement Max hors de l’atelier.

 

« Salut » fait Kyle, regrettant un peu de n’avoir personne pour le materner ainsi, encore que l’intérêt de la  Skin lui paraisse tout sauf maternel.


Il hausse les épaules, s’étire à nouveau. La journée a été longue. La nuit risque de l’être aussi. Ses vieux cauchemars lui semblent tout prêt à ressurgir.    

 

Max a suivi Sérina. Il s’arrête en réalisant qu’elle le conduit vers le Mobil-home.

Elle le regarde en souriant.

 

« Tu ne dois pas rentrer chez toi » dit-elle posément  « Il faut bien que tu dormes quelque part. » comme il fronce les sourcils, elle ajoute en souriant de plus belle « Courtney est toujours au refuge pour renouveler les sécurités… Et moi, je vais m’installer chez toi pour veiller à ce que tout se passe bien pour Liz. »

 

Max soupire. Elle pose une main sur son bras.

 

« Tout va bien se passer, Max, je t’assure »

 

« J’ai peur pour elle. » avoue-t-il

 

« Je sais. » elle le tire à nouveau  pour le faire entrer « Je vais te faire quelque chose à manger » dit-elle en se dirigeant vers le coin cuisine.

 

« Je n’ai pas faim »

 

« Tu dois manger »

 

Il secoue la tête. Il se sent incapable d’avaler quoique ce soit.

Elle soupire, lui désigne une des chambres.

 

« Alors, au lit ! Il faut te reposer »

 

« Je n’ai pas sommeil. »

 

« Max, je comprends que tu sois inquiet » dit-elle en croisant les bras sur la poitrine «  Mais te rendre malade n’aidera pas Liz, crois-moi »

 

« Je le sais bien… mais ça me rend fou de la savoir comme ça… par ma faute. »

 

« Tu lui as sauvé la vie, Max »

 

« Mais… »

 

« Pas de mais…Tu n’es pas en état de penser sainement. » elle le pousse vers la chambre « Tu dois te reposer »

 

Il entre, l’air morose. « Je ne crois pas que j’arriverai à dormir » soupire-t-il encore.

 

« Bien sûr que si. » dit-elle en posant une main sur sa joue.

 

Elle lui sourit, fait glisser sa main vers son front. Une énergie blanche irradie de ses doigts. Max vacille, sombre dans l’inconscience.

Sérina le reçoit dans ses bras, l'emmène jusqu’au lit. D’un geste de la main, elle fait glisser la couverture au pied du lit. Elle y laisse alors tomber Max, le maintenant en position assise le temps de défaire la fermeture éclair de son bleu de travail et d’en dégager le haut.

Elle l’allonge alors, lui retire ses chaussures.

Un léger sourire aux lèvres, elle finit de le déshabiller, le laissant en tee-shirt et caleçon.

Son sourire s’accentue. Elle avance une main, repousse doucement les mèches qui lui tombent dans les yeux. Elle caresse rêveusement sa joue, son cou, frissonnante.

Puis elle soupire, attrape la couverture dont elle le recouvre à regret.

Elle le regarde encore un moment, puis se décide à sortir.

 

………………………………………………………………………………………………….

 

Liz entrouvre les yeux, aperçoit Sérina assise à ses cotés, vigilante.

 

« Comment te sens-tu ? » demande-t-elle doucement.

 

« J’ai mal partout… » souffle Liz  « Mes bras et mes jambes… sont en plomb. »

 

« Des difficultés  à respirer ? »

 

« Un peu… Qu’est-ce qui m’arrive Sérina ? »

 

« Toutes les cellules de ton corps sont affectées par le bouleversement de la structure de ton ADN… N’ai pas peur. Tous ces symptômes ne vont pas tarder à disparaître »

 

« Et… après ? »

 

« Tu seras différente… Il faudra réapprendre certaines choses. »

 

Liz ferme un instant les yeux, soupire.

 

« Tout ira bien » reprend Sérina, rassurante.

 

« Tu en es sûre ? »

 

« Certaine. »

 

Liz hoche lentement la tête, trop fatiguée pour arriver à formuler d’autres questions

 

« Tu l’as dit à Max ? » demande-t-elle malgré tout

 

« Oui, mais… il est… plus difficile à convaincre. »

 

« Où est-il ? »

 

« Dans mon lit. »

 

Liz lui lance un regard circonspect. Elle se reprend aussitôt.

 

« Je veux dire que je l’ai installé dans le Mobil-home… » elle se mord la lèvre  « Moi, je vais rester ici… avec toi. »

 

« D’accord. » dit simplement Liz.

 

Sérina grimace un sourire.

 

« Tu sais » ajoute-t-elle « Je n’essayerai pas de te le prendre… Je sais bien que c’est impossible »

 

Liz ne dit rien, la considère pensivement.

 

« J’aimerais seulement… » Sérina se mord encore la lèvre puis hausse les épaules « Mais, bon… lui ne veut pas »

 

Liz hoche encore la tête.

 

« Tu devrais te rendormir » conseille Sérina.

 

« Merci, Sérina... Merci de prendre soin de nous tous. »

 

Elle hausse encore les épaules « Je le fais pour notre monde… et pour lui. »

 

« Je sais. »

 

Elles se sourient, étrangement complices

 

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Debout sur son balcon, face au ciel étoilé, Kyle s’applique à respirer lentement, profondément, essayant d’apaiser son corps, son esprit, de faire refluer la peur qui menace de l’engloutir.

Penchée par-dessus la rambarde, Isabel l’observe silencieusement depuis quelques minutes.

Elle considère, soucieuse, la ride d’expression qui lui barre le front, le muscle qui tressaille par moment sur sa joue. Elle peut sentir à quel point il est troublé.

 

« Salut ! » finit-elle par dire doucement.

 

Surpris, Kyle sursaute vivement en étouffant un cri.

 

 « Désolée » ajoute-t-elle comme il grimace, poussant un gros soupir « Je ne voulais pas te faire peur. »

 

«Au point où j’en suis ! » marmonne-t-il en passant une main dans ses cheveux.

 

« Je peux venir ? » demande-t-elle en souriant.

 

Il hausse les épaules. Elle lui tend la main. Il la prend, l’aide à enjamber la rambarde et à passer sur son balcon.

 

« Maria a téléphoné. Elle m’a dit… à propos de Liz. »

 

Il baisse la tête.

 

« Je me suis dit que tu aimerais peut-être parler… à quelqu’un d’autre que Bouddha »

 

Il la regarde de travers. Elle lui fait un grand sourire innocent.

 

« Comment va Liz ? » demande-t-il

 

« Maria dit que ça va… aussi bien que possible »

 

Kyle soupire.

 

« Et toi ? » reprend-elle  « Comment te sens-tu ? »

 

Il lève les mains. « On ne risque pas encore de me repérer dans le noir. » dit-il dans un rictus.

 

« Tu as peur ? » souffle-t-elle

 

« Je crève de trouille, tu veux dire. »

 

« Mais… Sérina assure que tout ira bien pour Liz »

 

« Qu’est-ce qu’elle en sait, au fond ? » maugrée-t-il

 

« Hé bien… elle a l’air très sûre de ce qu’elle dit. » risque Isabel

 

« On ne comprend rien à ce qu’elle dit, de toutes façons ! » s’énerve-t-il

 

« C’est assez vrai, la plupart du temps… mais… »

 

« Quoi ? Tu trouves ça logique, ses histoires de gènes qui s’activent et d’ADN qui se réaligne ? »

 

« Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Je ne comprends même pas comment je peux exister ! » elle a un rire sans joie « C’est vrai, comment ont-ils réussi à faire ça ?  Tu te rends compte : moitié humaine, moitié alien… Melle Hardy dirait que c’est impossible. Et pourtant… je suis là »

 

Il la regarde, sourit malgré lui en considérant ses formes parfaites.

 

« Pas de doute » reconnaît-il, appréciateur « Tu es là… et bien là »

 

 Elle rit, rentre dans son jeu, tend une main, effleurant les muscles de son bras.

 

« Toi aussi, tu es là » murmure-t-elle.

 

Il frissonne, électrisé par le contact de ses doigts, se rapproche.

 

« Et je suis contente que tu sois là. »  continue-t-elle.

 

Kyle se penche peu à peu vers elle, irrésistiblement attiré par ses lèvres.

Elle lâche son bras, recule, embarrassée

Il se reprend aussitôt, grimace, passe une main dans ses cheveux, l’air penaud.

 

« Tu as dîné ? » demande-t-elle, soucieuse de changer de sujet.

 

« Non. J’avais pas vraiment faim. »

 

« Il est tard, mais… que dirais-tu… d’une énorme coupe de glace au chocolat ? Avec des cookies et de la chantilly ? »

 

« Et du Tabasco ? » demande-t-il, sérieux.

 

Elle fronce les sourcils.

 

« Faut bien que je m’habitue, non ? » dit-il en écartant les mains

 

« Tu crois vraiment qu’il y a un gène pour ça ? »

 

«  Faudra demander à Sérina… »

 

………………………………………………………………………………………………

 

Sérina pousse doucement la porte de sa chambre, jette un regard à l’intérieur.

Elle sourit en voyant Max, toujours endormi. Elle s’approche, s’assoit sur le lit, un peu rêveuse, tend une main pour caresser ses cheveux.

Il s’éveille à ce contact, ouvre des yeux pleins de confusion.

 

« Bonjour. » dit-elle en laissant retomber sa main.

 

Il regarde autour de lui, un peu perdu.

 

« Tu vois bien que tu as dormi ! » sourit-elle.

 

« Tu… » fait-il comme la mémoire lui revient « Tu m’as… assommé… »

 

« Tu avais besoin de repos » dit-elle en haussant les épaules.

 

Il se redresse, réalise qu’il est simplement vêtu.

 

« C ‘est toi qui… ? » demande-t-il, gêné.

 

« Oui » elle a un large sourire « J’ai adoré ça.»

 

Il prend un air embarrassé. Elle le considère, rieuse.

 

« Comment va Liz ? » demande-t-il, pour mettre un terme à la question.

 

« La nuit a été tranquille…. Juste quelques poussées énergétiques »

 

Avant qu’il ait eu le temps de demander ce qu’elle entend par là, elle se lève.

 

« Je t’ai amené des vêtements propres et un petit déjeuner » elle prend un air sévère « Pas question que tu ne manges pas cette fois. Je vais te surveiller »

 

Il sourit malgré lui devant son air déterminé.

 

« Tu devrais aller prendre une douche » ajoute-t-elle « Je t’attends à la cuisine… à moins que… »

 

« Quoi ? » demande-t-il.

 

« Que tu veuilles que je te frotte le dos » propose-t-elle avec un sourire innocent.

 

« Ça ira » répond-il lentement « Merci »

 

Elle hausse les épaules avec philosophie.

 

………………………………………………………………………………………………..

 

Max sort de la salle de  bains, les cheveux encore mouillés, habillé d’un jean et d’un pull.

Sérina a ouvert une cache située dans le plancher du Mobil-home. Assise par terre, elle en extrait une série de balises relais qu’elle place avec soin dans un sac de voyage.

 

« Qu’est-ce que… ? » interroge Max

 

« Un signal est arrivé, il y a 2 heures environ » annonce-t-elle en continuant de préparer le matériel.

 

Max se mord la lèvre inférieure, perturbé par la nouvelle.

 

« Toi et moi, nous allons aller récupérer le message » annonce-t-elle en souriant.

 

Max se renfrogne. Sérina referme la cache, se relève.

 

« C’est ce que tu attendais » dit-elle calmement  «  Le résultat de l’Evaluation d’Iléana »

 

« Mais… Liz… »

 

« Isabel est auprès d’elle. » Max grimace, réticent « J’ai rappelé Courtney. Elle est rentrée dans la nuit. Elle aidera Kyle au garage… Et Michael va embaucher 2 serveuses supplémentaires… Tout ira bien. »

 

« Je ne sais pas si… »

 

« Max ! Tu ne peux rien faire ici… à part tourner en rond et te ronger les sangs. »

 

Il soupire,  secoue la tête

 

« Viens avec moi. » insiste-t-elle  « C’est l’affaire de 2 jours tout au plus. »

 

Il hésite, déchiré entre son désir de savoir et celui, plus intense encore, d’être prés de Liz.

 

« Liz est d’accord » précise Sérina « Elle dit que ça te fera du bien… Tiens, elle a écrit ça pour toi »

 

Elle lui tend une lettre. Il la prend, grave, l’ouvre avec précaution, le cœur battant de reconnaître l’écriture de Liz.

      Max, mon amour,Je sais que tu dois être terrifié par ce qui m’arrive, et que tu dois te tourmenter encore et encore, parce que tu te sens responsable.Il ne faut pas.  Sérina assure que tout se passera bien, et je la crois.Mon corps et mon esprit sont brisés. J’ai peur, et pourtant une part de moi est heureuse car ces changements me rapprochent encore de toi.Le plus difficile, c’est de ne pas pouvoir me réfugier dans tes bras. Mais tu es là, avec moi, dans mes rêves, bien sûr ( et je dors beaucoup…) mais aussi à chaque instant. Tu fais partie de moi, et rien ne peut nous séparer.Je t’aime. Ta Liz                        PS : Va avec Sérina. Tu as besoin de savoir pour ta fille.Part et reviens-moi… vite.     

Un très léger sourire aux lèvres, Max lit et relit ces mots, caressant l’écriture du bout des doigts.

Sérina attend patiemment, le laissant à sa rêverie.

Finalement il soupire, replie soigneusement la lettre qu’il glisse dans sa poche.

 

« Tu dois manger » dit Sérina en lui désignant le plateau-déjeuner qui attend toujours. « Ensuite, nous partirons »

 

Il hoche lentement la tête. Sérina lui sourit, satisfaite.

 To be continued…

ethno  (19.08.2007 à 16:34)

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