HypnoFanfics

TEOTW Alternative Timeline

Série : Roswell
Création : 02.12.2006 à 21h21
Auteur : ethno 
Statut : Abandonnée

« Il s'agit de la réalité alterneative de l'épisode La fin du monde l' univers parrallele d'où revient le Max du futur bref ce qui s'est passé et qui a aboutit 14 ans plus tard  » ethno 

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   DESTINY : Alternative Timeline Act 9   

« Vous voilà arrivé ! »

 

Le jeune guide qui l’a piloté à travers les méandres des Studios Paramount sourit à Alex en lui désignant une porte munie d’un écriteau indiquant l’Imagerie Informatique.

 

« Votre tante vous attend… Bonne journée ! »

 

« Merci ! » dit Alex «  Je suis sûr que, sans vous, je tournerais encore en rond »

 

« Je suis là pour ça » affirme le garçon en faisant demi-tour.

 

Alex le regarde s’éloigner puis frappe doucement à la porte.

 

« Ouais ! » fait une voix forte de l’intérieur.

 

Poussant la porte avec précaution, Alex jette un coup d’œil à l’intérieur.

La pièce est grande mais passablement encombrée.  Les quatre bureaux qui s’y entassent  croulent littéralement sous du matériel informatique.

Cinq opérateurs, très affairés, travaillent sur les écrans.

Une femme entre deux ages se lève en apercevant Alex et vient vers lui, souriante.

 

« Entre, Alex !  Je suis contente que tu ais pu venir. »

 

« Je n’aurais raté ça pour rien au monde. » dit-il en se rapprochant. « C’est génial d’être là. »

 

« Les gars, je vous présente mon neveu, Alex Whitman. » annonce-t-elle à la cantonade.

 

Alex sourit timidement. Tante Betsy lui désigne une par une les personnes présentes qui lui adressent tour à tour un petit signe amical.

 

« Voilà Sam » dit-elle en montrant un grand Noir au crane rasé.

« Julie » une jeune fille brune, coiffée avec des tresses

« Coddy » un drôle de petit bonhomme avec une casquette à carreaux vissée sur la tête

« Et tu connais déjà le pire des tires au flan » soupire-t-elle en donnant une tape amicale à un jeune garçon brun à peine plus âgé qu’Alex.

 

« Ingratitude maternelle ! » se plaint le jeune homme «  Dire que je gaspille mon génie dans son équipe ! »

 

« Hé,  le génie ! » appelle Sam en faisant de grands gestes «  Amène-toi ! »

 

« Qu’est-ce que je disais, cousin Alex ? Je suis absolument indispensable dans ce staff ! »

 

Alex sourit en voyant son cousin éviter de justesse un livre lancé par Julie.

 

« Viens voir ma nouvelle création » l’invite Peter.

 

« TA création ? » s’insurge Coddy tandis que Julie renouvelle sa tentative de bombardement, avec plus de succès cette fois.

 

« Bon ! Notre création… » veut bien admettre Peter en frottant son épaule endolorie.

 

Il montre fièrement un gigantesque loup-garou, tout  en image de synthèse, qui grimace férocement sur l’écran.

 

« Je te présente la vedette du prochain film des Productions Langley » fait Peter, rayonnant

 

Alex considère la créature avec un sourire en coin.

 

« Nous l’appelons  Jo »  ajoute Peter en pianotant sur le clavier

 

Le loup-garou se fend d’un sourire carnassier qui fait renâcler Alex

 

« Jo ? » s’exclame-t-il  « Comment un monstre de cet acabit peut-il s’appeler Jo ? »

 

« C’est juste son petit surnom » le rassure Sam

 

Alex reste dubitatif

 

« Alors, Peter » continue Sam « Comment trouves-tu ses mâchoires à présent ? »

 

Peter grimace en considérant les dernières modifications.

 

« Tu devrais peut être rallonger encore un poil les canines » suggère-t-il

 

« T’en penses quoi, Alex ? » demande Sam

 

« Vous croyez qu’il pourra encore fermer la bouche ? » s’inquiète Alex

………………………………………………………………………………………………

 

Frissonnante sous les rafales de pluie glacée, Sérina active d’un geste la balise-relais.

 

« C’est fait ! » dit-elle en se tournant vers Max, debout à ses cotés.

 

« Allons-y, alors. » fait-il en lui tendant la main pour l’aider à se redresser.

 

Tous deux se hâtent vers la voiture, s’y engouffrent pour échapper aux bourrasques de vent.

 

« Brrr !! » grommelle Max après avoir refermé la portière « Quel temps de chien ! »

 

Il secoue la tête pour chasser la pluie de ses cheveux que Sérina a rallongé cette fois encore, retire promptement sa veste trempée.

Sérina le regarde faire, amusée. Puis, sans aucun commentaire, elle utilise tranquillement ses pouvoirs pour se sécher complètement. Elle lui sourit ensuite, l’air de rien.

Il grimace, se décide à évaporer d’un geste l’eau qui imbibe ses vêtements.

 

« Je sais ce que tu penses » dit-il en haussant les épaules  « Kyle me le dit tous les jours : je n’utilise pas assez mes pouvoirs »

 

« Notre Bouddhiste est un vrai sage ! » commente-t-elle en tendant une main vers lui, effleurant ses cheveux et son visage pour les sécher aussi.

 

Il soupire, passe malgré lui les doigts dans la courte barbe qui complète son « déguisement »

 

«  Max ! » reprend-elle, sérieuse  « Tes pouvoirs font partie de toi… Les négliger revient à nier ce que tu es vraiment »

 

Il se frotte le front avec deux doigts, pensif.

 

« La réception est prévue pour quand ? » demande-t-il pour changer de sujet.

 

« Dans environ 6 heures » dit-elle après avoir consulté un petit appareil alien tiré d’une des poches de son pantalon cargo.

 

Max acquiesce. Elle pose le petit appareil sur le tableau de bord.

 

 « Tu sais » ajoute-t-elle en considérant la pluie qui a redoublé. « On ferait aussi bien d’attendre ici. »

 

« C’est sans danger ? » s’inquiète-t-il.

 

« Les leurres sont activés… L’onde ne devrait pas être détectée » elle désigne le pare-brise, pris sous des trombes d’eau « Et je ne me vois pas conduire jusqu’à un motel par ce « temps de chien », comme tu dis. »

 

Max grimace en  entendant mugir le vent qui fait légèrement tanguer la voiture.

 

« Autant se reposer ici » dit tranquillement Sérina.

 

« D’accord » approuve-t-il..

 

Elle sourit, passe prestement à l’arrière du véhicule pour aller fouiller dans la malle. Elle en extrait une épaisse couverture.

 

« Viens ! » lui dit-elle « Ce sera plus confortable à l’arrière. »

 

Elle sourit de plus belle en lui montrant l’unique couverture. 

Max hésite.

 

 « T’inquiète ! » ajoute-t-elle, rieuse « Je ne vais pas te manger. »

 

Max soupire, se décide à passer à son tour à l’arrière.

Sérina sourit à nouveau en le voyant s’installer contre la portière droite, dans une tentative un peu dérisoire de maintenir ses distances. Elle déploie la couverture sur leurs genoux.

 

« Tu sais » reprend-elle lentement. « Il va falloir s’installer mieux que ça si on ne veut pas geler »

 

Il la considère pensivement.

 

« Puis-je venir contre toi ? » demande-t-elle tranquillement

 

Il fronce les sourcils, dubitatif.

 

 « La température va sacrément baisser cette nuit. » se justifie-t-elle en souriant.

 

Max soupire à nouveau, sourit aussi, se sentant un peu ridicule.

 

« Bien sûr » dit-il

 

Sérina agrandit son sourire, se rapproche avec un plaisir évident.

Max reste un peu crispé tandis qu’elle se pelotonne contre lui, remontant la couverture sur ses épaules. Elle pose la tête sur sa poitrine, ferme les yeux, soupirant d’aise.

Comme l’autre fois, dans la chambre de motel, elle semble s’endormir tout de suite.

Sa respiration devient régulière, son corps se fait plus lourd.

Max reste un instant figé, incertain, puis, peu à peu, il finit par se détendre, laisse aller sa tête contre le rebord de la banquette.

La pluie continue de noyer la voiture, les isolant du reste du monde.

Max soupire, ferme à son tour les yeux.

Sérina entrouvre alors les siens.

Attentive au rythme de sa respiration, elle patiente jusqu’à ce qu’il paraisse être endormi. Avec un grand sourire, elle passe alors doucement une main sous son pull, savourant le contact de sa peau.

Comme il ne bronche pas, elle commence avec volupté à caresser son ventre.

 

« Sérina ! » souffle-t-il d’une voix somnolente « Arrête. »

 

Elle obéit en poussant un profond soupir.

Contrariée, elle se résigne malgré tout à retirer lentement sa main de sous son pull.

Sans même ouvrir les yeux, Max change très légèrement de position, se calant d’avantage contre la portière.

Sérina se mord la lèvre inférieure, soupire encore. Puis elle se blottit d’avantage contre lui, bien décidée à profiter au moins du contact de son corps.

……………………………………………………………………………………………….

 18 avril   Liz EvansC’est à peine si j’arrive à écrire quelques lignes. Mes mains crépitent encore par moment, m’empêchant de tenir un stylo. Le plastique ne résiste pas aux décharges d’énergie.Maria m’a sermonnée parce que j’ai encore laissé Max partir avec Sérina.Mais il faut qu’il sache pour sa fille et je sais que rester sans pouvoir m’approcher doit le rendre fou… parce que ça me rend folle. Courtney dit que tout sera bientôt terminé. Elle  m’a fixé sur le corps plusieurs pastilles translucides qui sont censées drainer l’énergie excédentaire. C’est possible, je me sens un peu mieux aujourd’hui.Il me tarde que Max me revienne. J’ai tellement envie de le serrer dans mes bras. 

On frappe doucement à la porte.

Liz relève la tête, ferme son journal..

 

« Oui ? » dit-elle tout en le glissant derrière un des coussins du canapé.

 

Kyle entrouvre la porte, passe la tête par l’entrebâillement.

Liz lui sourit. Il entre, porteur d’un bouquet de roses blanches.

 

« Comment va ? » demande-t-il en s’approchant.

 

« Mieux… » elle prend les fleurs qu’il lui tend  « Merci. » ajoute-t-elle après en avoir respiré le parfum.

 

Il la considère avec insistance, en quête de quelque manifestation anormale.

 

« Plus d’éclairs verts ? » s'informe-t-il, l’air faussement désappointé.

 

Liz lui montre ses mains, paumes vers le haut. De petites décharges d’énergie y crépitent de temps en temps.

 

« Ça se calme peu à peu » dit-elle

 

Elle remonte une des manches de son pull, montre un des capteurs placés sur son bras.

 

« Grâce à ça. »

 

« Et.. c’est quoi, ÇA ? » interroge Kyle en se penchant pour mieux voir.

 

« Un catalyseur bio-énergétique » énonce Liz en articulant très soigneusement.

 

« Tu m’en diras tant » grimace-t-il

 

« D’après Sérina, ils permettent d'activer le processus de réajustement… Ils agiraient au niveau des mitochondries »

 

  Kyle soupire en levant les yeux au ciel, vient s’asseoir sur le canapé. 

 

« Des nouvelles de Max ? » demande-t-il.

 

« Il a appelé ce matin, mais… »  elle grimace, lui désigne le téléphone sur la déserte prés de la porte. « On n’a pas pu parler  »

 

Kyle écarquille les yeux en constatant que le combiné a littéralement fondu, prenant un aspect des plus bizarres.

 

« Waho ! » fait-il, appréciateur

 

Liz hausse les épaules.

 

« Sérina a rappelé au restaurant. Ils vont récupérer le message demain. »

 

« Donc… » reprend Kyle, l’air de rien. « Il rentre… bientôt ? »

 

« Je pense… » elle lui lance un regard en coin « Des problèmes au garage ? »

 

« Non ! Au contraire ! » il prend un air malicieux. « Sans personne pour brider les aptitudes aliens, tout va beaucoup plus vite…  Courtney fait tout le travail. J’ai regardé plus de matchs en 2 jours que durant les  3 derniers mois. »

 

Liz secoue la tête, amusée.

 

« Non, sans vouloir le dénigrer, en ce qui me concerne, Max est bien là où il est. » il se gratte la tête « Mais, bon… »

 

Liz penche la tête, attendant la suite. Kyle grimace légèrement.

 

 « Ne me dis pas qu’il ne te manque pas ? » fait-il, un peu embarrassé.

 

« Bien sûr que si… Mais ce qu’il fait est important »

 

Elle tique en le voyant grimacer de plus belle

 

« Quoi ? » demande-t-elle en fronçant les sourcils

 

« Je sais pas… Ça ne te gêne pas plus que ça qu’il soit parti avec elle ? »

 

« Toi ! » s’exclame Liz, rieuse. « Tu as parlé avec Maria ! »

 

« Un peu… » reconnaît-il  «  Mais, bon… Liz ! Tu vois bien comment elle est avec lui. »

 

« Je ne suis pas aveugle. » fait remarquer Liz

 

« Et… ? » interroge-t-il

 

« Et quoi ? »

 

« Tu n’es pas un peu méfiante ?  Voir jalouse ? »

 

Liz soupire, le considère gravement.

 

« Kyle » dit-elle après un temps «  Je ne sais pas où tu en es avec Isabel. »

 

Il se gratte à nouveau la tête, grimace un sourire.

 

« A vrai dire… on a du mal à dépasser la case « amitié » »

 

« Et bien, si un jour, elle et toi, vous allez plus loin… J’espère vraiment que ce sera aussi …» elle sourit, un peu rêveuse  « aussi merveilleux… et que tu pourras comprendre ce que je vais te dire »  elle se penche, le regarde au fond des yeux «  C ‘est tout simple, en fait… » elle sourit encore « J’aime Max, et  il m’aime… » 


Kyle  reste silencieux.

Elle se lève lentement pour aller mettre les roses dans un vase.

Il la regarde faire, un rien admiratif.

……………………………………………………………………………………………….

ethno  (20.09.2007 à 15:10)

La pluie a cessé. Les vitres de la voiture sont couvertes de buée. Max dort encore.

Sérina, réveillée depuis un moment, le regarde, songeuse.

Elle ne peut s’empêcher de laisser son imagination s’emballer. Elle se voit s’installer sur ses genoux, passer ses bras autour de son cou, glisser ses doigts dans ses cheveux, l’embrasser avec ferveur.

Revenant à la réalité, elle grimace. Elle devine sans peine sa réaction si elle se permettait quelque chose de ce genre. Elle hésite cependant, grimace de plus belle, incapable de détacher son regard de ses lèvres.

Max ouvre les yeux, tique en la voyant penchée sur lui.

 

« Sérina ? » s’exclame-t-il « Qu’est-ce que tu fais ? »

 

« Rien ! » dit-elle en levant les deux mains  « Je te regarde… c’est tout. »

 

Elle a un sourire un peu penaud.

Il passe une main sur son front, rejetant les cheveux qui lui tombent dans les yeux.

 

« Tu as dormi, au moins ? » demande-t-il en soupirant.

 

« Oh, oui ! » elle sourit franchement cette fois  « Merveilleusement bien ! »

 

Il soupire encore, se redresse, repoussant la couverture.

 

« Et toi ? » interroge-t-elle

 

« Bien. » répond-il, laconique.

 

« Tu n’as pas eu froid ? » insiste-t-elle

 

« Non. »

 

Elle sourit de plus belle, ravie.

 

« Quelle heure est-il ? » demande-t-il en repliant la couverture pour se donner une contenance.

 

Elle consulte sa montre.

 

« 7 heures. L’enregistrement doit être prêt… Je vais aller prélever le cristal. »

 

Elle s’étire légèrement, se met à genoux sur la banquette pour attraper le thermos dans la malle.

 

« Il reste un peu de café. » dit-elle après avoir vérifié  « Tu en veux ? »

 

« Oui, merci »

 

Elle verse le reste de café dans la tasse faisant office de couvercle, utilise ses pouvoirs pour la réchauffer avant de la lui tendre.

Max boit une gorgée, lui rend la tasse pour qu’elle puisse boire à son tour.

Elle lui sourit, heureuse de sa prévenance, boit en prenant grand soin de poser ses lèvres là où il a posé les siennes.

Max soupire à nouveau, gêné par son manège.

Elle hausse les épaules, lui tend à nouveau la tasse pour qu’il termine le café.

 

« J’y vais » dit-elle en ouvrant la portière.

 

Il la regarde se diriger vers la balise, un peu perturbé.

…………………………………………………………………………………………………...

 

« Et voilà ! » dit Michael en tendant à Courtney les 2 plateaux repas qu’il vient de préparer.

 

« Merci, Mikey » dit-elle en les prenant avec un sourire charmeur.

 

Elle lui adresse un clin d’œil avant de sortir de la cuisine, retournant porter le tout au garage.

Michael secoue la tête, amusé, avant de revenir à son grill.

Son sourire se fige quand il aperçoit Maria qui le considère, l’air sévère, les bras croisés sur la poitrine.

 

« Quoi ? » fait-il avec un air innocent.

 

« Je te préviens tout de suite que je ne suis pas Liz » annonce-t-elle sur un ton dénué d’amabilité «  Pas question de vous laisser continuer à jouer à ce petit jeu ! »

 

« Quel jeu ? »

 

« Flirt et Compagnie » gronde-t-elle

 

« Elle joue sans moi, alors. » affirme-t-il tranquillement.

 

« Michael… » commence-t-elle en soupirant.

 

Il se rapproche aussitôt, la prend dans ses bras, lui clouant le bec d’un baiser.

D’abord un peu rétive, Maria vacille tandis qu’une série de flashs explosent dans sa tête, des flashs qui lui  rappellent toute l’intensité de leur relation.

Elle ferme les yeux, s'abandonne en ressentant une fois encore ce qu’il ressent : ce besoin intense, poignant, de l’avoir prés de lui, à lui.

Ils échangent un long baiser passionné.

Une petite part de son esprit réalise alors à quel point Liz a raison à propos de Max.

Qu’importe Courtney ! Michael est à elle.

…………………………………………………………………………………………………

 

« Nous avons bien avancé » affirme Coddy en ouvrant la porte de la salle d’Imagerie Informatique devant un Kal Langley à l’air dédaigneux  « Vous allez être content »

 

« On verra… » marmonne le producteur en mâchouillant son cigare.

 

Il entre, parcourt rapidement la pièce du regard.

Ses yeux s’arrêtent une seconde sur Alex et Peter, installés devant un des écrans, occupés à peaufiner Jo.  Son visage se ferme aussitôt, son regard se durcit.

Betsy s’avance à sa rencontre.

 

« Quel plaisir de vous voir, M. Langley » dit-elle en s’efforçant de sourire, un peu décontenancée par son attitude « Nous avons pas mal de choses à vous montrer. » 

 

Elle lui désigne un des bureaux.

Il la suit, prend place dans un fauteuil avec un air franchement contrarié.

Son regard, dénué d’amabilité, revient vers les 2 jeunes gens.

Il tire nerveusement sur son cigare.

Coddy et Betsy échangent un regard un peu inquiet puis s’activent, essayant de le dérider en lui montrant les dernières créations qu’il considère en grimaçant.

 

« Qui est-ce ? » murmure Alex à  voix basse.

 

« Le seul et unique Kal Langley. » chuchote Peter «  Un vrai pro… Ce type a gagné 4 Academy Awards, tu te rends comptes ? »

 

« Quoi d’autre ? » lâche Langley d’un ton sec qui fait pâlir Betsy.

 

« Il a surtout l’air odieux » commente Alex, toujours à voix basse.

 

« Un vrai pro, je te dis. »  philosophe Peter.

 

Il grimace en revenant à son clavier

 

« Les yeux devraient être plus jaunes » reprend-il en tapotant l’écran « Injectés de sang ! »

 

« T’es vraiment dégoûtant ! » sourit Alex

 

« C’est l’idée ! Il doit faire peur. »

 

Alex soupire en secouant la tête.

 

« Crois-moi, Peter… » dit-il lentement « Tu n’as pas idée de ce que c’est que la peur… »

 

« Et c’est quoi pour toi, mon gars ? » l’interpelle Langley en se levant brusquement, laissant Betsy et Coddy en plan.

 

Alex sursaute, reste bouche bée.

 

« M. Langley » s’exclame Peter, très à l’aise « C’est un honneur. »

 

« Oui, oui » élude Langley en leur soufflant sa fumée au visage

 

Il regarde fixement Alex qui n’en mène pas large.

 

« Dis-moi » reprend-il  en pointant un doigt vers lui « Qu’est-ce que la peur ? »

 

« L’inconnu » se lance Alex « Tout ce qu’on ne maîtrise pas… C’est savoir que votre vie ne vous appartient plus. »

 

Langley le regarde encore, pensivement.

Betsy et Coddy ont pris un air consterné. Peter sourit, aux anges.

 

« Crois-tu au Destin, petit ? » finit par demander Langley d’une voix curieusement radoucie.

 

« Il y a un an… j’aurais dit non » répond Alex, un peu surpris par cet échange pour le moins curieux. « Mais aujourd’hui… »

 

« Moi » affirme Langley d’une voix hargneuse « J’ai tout fait pour ne pas y croire. »

 

Il tire encore sur son cigare, braquant sur Alex un regard scrutateur. 

Alex reste comme pétrifié, terriblement mal à l’aise

 

 «  Mais on dirait bien… qu’on ne peut pas y échapper. » conclut Langley dans un soupir

 

Il s’avance, jette un regard à Jo.

 

« Bon travail. » concède-t-il

 

Peter se rengorge.

Langley leur tourne le dos, se dirige vers la porte sous l’œil ébahi de Coddy et Betsy.

Il s’arrête juste avant de sortir, jette un dernier regard indéchiffrable à Alex.

Puis, sans rien ajouter, il sort, traînant les pieds.

Peter  éclate d’un rire nerveux.

Tante Betsy écarte les mains, perplexe.

Alex reste un peu effaré.

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ethno  (20.09.2007 à 15:11)

Max jette un œil par la fenêtre de la chambre du motel où Sérina et lui se sont réfugiés après la collecte des cristaux de communication.

La pluie a repris, toujours aussi froide et violente.

Il se retourne vers la Skin, assise en tailleur sur le lit, occupée à décrypter le message.

Il la regarde avec une impatience grandissante.

Elle finit par relever la tête.

 

« Alors ? » demande-t-il aussitôt, un peu nerveux.

 

« C’est désormais confirmé. » annonce-t-elle  « Iléana est bien l’Héritière légale du Trône d’Antar. »

 

Max soupire à nouveau, soulagé et pourtant étrangement contrarié par la nouvelle.

Consciente de son humeur maussade, Sérina pose le clavier de décryptage sur le lit, se lève et fait un pas vers lui.

 

« Que va-t-il se passer maintenant ? » interroge-t-il d’une voix impersonnelle.

 

« Kivar va tenter de tirer le meilleur parti possible de la nouvelle, évidemment » elle a un sourire glacé  « Dores et déjà, il clame haut et fort qu’il n’a jamais voulu ces luttes fratricides… Il n’aurait agi que par amour… »

 

Elle lève les yeux au ciel, marque un temps puis ajoute posément.

 

« Il parade avec ses Princesses Hybrides, parle de providence, de rédemption… Et, bien sûr, il déplore amèrement la perte des clones de Zan et Rath. »

 

Max fronce les sourcils.

 

« La version officielle est que les Humains vous ont mis en pièces. » précise-t-elle sereinement

 

« Mais… pourquoi annoncer notre mort ? » demande Max, perplexe.

 

« A cause de tes partisans…  Kivar a besoin qu’ils considèrent Iléana comme la seule et unique solution au conflit… Sa valeur n’en est que plus grande. »

 

Max soupire, le cœur lourd.

 

« Que va-t-il faire ? »

 

« Convoquer un Conseil Plénier… Réunir les représentants des 5 mondes sur Antar… Les pourparlers vont reprendre. »

 

« Alors… elle a réussi. » murmure Max.

 

Sérina le regarde sans comprendre ce qu’il veut dire.

 

« Elle a réussi » répète-t-il, en baissant la tête.

 

« De qui parles-tu ? » demande-t-elle en s’approchant.

 

Il lève vers elle des yeux pleins de confusion.

 

« Tess… » souffle-t-il d’une voix blanche  « Elle a ramené la paix. »

 

« On en est loin ! »

 

« Mais… les rebelles vont déposer les armes. »

 

« Je ne vois pas le bien que ça peut apporter… Kivar garde le trône » elle pose une main sur son bras  « Qu’il se cache derrière ta fille n’y change rien ! »

 

Max secoue la tête, soupire.

 

« Toi seul peut apporter la paix » affirme-t-elle, catégorique.

 

« Je ne vois pas comment ! » grimace-t-il.

 

« Tu es le Roi ! » proteste-t-elle

 

« Je ne suis rien ! » s’écrie-t-il, farouche « Depuis toujours, je… je n’ai su que… me cacher… de tout… y compris de moi même. »

 

« Tu n’avais pas le choix. » affirme-t-elle  « Tu devais rester en vie… pour accomplir ton Destin »

 

Max recule, l’air égaré.

 

« Mon Destin ? » il a un rire sinistre « La seule et unique chose que j’ai jamais faite qui ait un quelconque rapport avec mon Destin, c’est de faire un enfant à Tess… » il grimace

«  Et, crois-moi… je ne l’ai pas fait exprès ! »

 

Il passe une main tremblante dans ses cheveux

 

« Je me sens si… irresponsable, si stupide ! »

 

Sérina s’avance à nouveau vers lui. Elle lui prend une main, s’incline pour poser son front sur ses doigts, comme elle l’a fait une fois déjà dans la salle de l’ansible.

 

« Je t’ai dit de ne pas faire ça ! » se récrie-t-il en retirant sa main.

 

« Je dois le faire. » dit-elle tranquillement « Tu es le Roi… mon Roi. »

 

Il soupire, passe une fois encore une main nerveuse dans ses cheveux

 

« Max ! » reprend-elle, grave « Il est grand temps que tu te retrouves. »

 

Il la regarde sans comprendre.

 

« Tout ce fatras politique va occuper Kivar pour un bon moment. Il ne pourra ni ne voudra se soucier de nous… Cela va nous être profitable. »

 

« Comment ça ? »

 

« Cela va te permettre d’être à nouveau toi-même »

 

« De quoi est-ce que tu parles ? »

 

« Max, tu dois retrouver tes souvenirs… ceux de ton autre vie »

 

« Je n’ai aucun souvenir. » tranche-t-il.

 

« Bien sûr que si. » elle tend une main qui vient effleurer son front «  Ils sont en toi, enfouis quelque part… Il faut juste les faire remonter à la surface. »

 

Il la regarde un instant sans rien dire, troublé par ses paroles.

Elle soutient son regard calmement.

Max finit par baisser les yeux.

 

« Je ne suis pas sûr d’en avoir envie » murmure-t-il en reculant légèrement..

 

« Mais tu dois le faire. » affirme-t-elle, catégorique « Tu ne dois plus te cacher de toi-même »

 

Il la regarde à nouveau, perturbé, mal à l’aise.

 

« Je vais t’aider. » dit-elle en lui prenant à nouveau la main. « Viens ! »

 

Elle le tire vers le lit, sourit en le voyant se raidir imperceptiblement..

 

« Nous allons juste nous y asseoir » précise-t-elle tranquillement

 

Elle se réinstalle en tailleur, l’invitant d’un geste à en faire autant.

Il hésite un instant, puis vient s’asseoir  en face d’elle.

 

« Alors ? » demande-t-il « Comment est-ce que…? »

 

Sérina lui tend les mains.

 

« Nous allons établir une connexion entre nos esprits. » elle lui lance un regard appuyé.

« Tu sais comment faire. »

 

Max pâlit légèrement.

 

« Je suis désolé, Sérina » murmure-t-il  « Je n’aurais jamais dû forcer ton esprit. »

 

« Tu étais à bout… » dit-elle en haussant les épaules.

 

Il baisse les yeux. « Je n’en avais pas le droit … »

 

 « Revenons à tes souvenirs » dit-elle en balayant d’un geste la question. « Pour commencer, je vais tenter de te montrer l’un des miens. »

 

Elle se penche vers lui « Tu veux bien essayer ? »

 

Max relève la tête. Elle lui sourit, guettant son approbation.

 

« Tu veux bien ? » insiste-t-elle

 

Il hoche lentement la tête.

…………………………………………………………………………………………………..

 

Michael entre dans le garage, avise Courtney, penchée au-dessus du capot d’un pick-up.

Il s’avance vers elle d’un pas décidé.

Elle lève les yeux en l’entendant approcher, esquisse un sourire qui se fige rapidement devant son air sévère.

 

« Qu’est-ce que j’ai fait ? » soupire-t-elle en se redressant.

 

« Pas grand chose. » concède Michael « Mais… ne le fait plus, d’accord ? »

 

« Mikey ! »

 

« Ecoute, Courtney : Je suis avec Maria… »

 

« Je sais… » l’interrompt-elle  « Tu me l’as déjà dit ! »

 

« Et, justement, Maria… »

 

« Oui, oui ! » l’arrête-t-elle encore « Te fatigue pas. Je sais ça aussi. »

 

« Alors… c’est réglé ! » tranche-t-il.

 

Il se retourne abruptement et s’en va, la plantant là sans autre forme de procès.

 

Courtney reste un instant perdue dans ses pensées, puis pousse un profond soupir.

Elle va pour retourner à sa réparation quand elle remarque Kyle, penché sur une autre voiture, une clef à la main.

Il lui adresse un sourire plutôt embarrassé.

Elle grimace légèrement, s’avance lentement vers lui.

 

« Je suppose que, toi non plus, tu n’es toujours pas intéressé ? » demande-t-elle tranquillement.

 

Kyle en lâche la clef qu’il tenait à la main, peste en constatant qu’elle a disparu sous le moteur dans lequel il fouraillait.

Courtney s’avance encore, jette un rapide coup d’œil au moteur, utilise ses pouvoirs pour récupérer la clef.

 

« Je plaisantais » dit-elle en la lui rendant « Ça fait un moment que je n’ai plus d’illusion à ce sujet. »

 

« Heu ! » fait Kyle en se frottant le front, y laissant une marque de graisse.

 

Courtney sourit, lève une main et fait disparaître la tache d’un geste.

 

« Merci » dit-il, embarrassé.

 

« De rien ! »  elle agrandit son sourire, un rien moqueuse  «  Alors… comment va la Princesse ? »

 

Kyle hésite un court instant puis hausse les épaules.

 

« Elle fait son trou à Lawson… Beaucoup de bénévolat pour l’école et la mairie. »

 

Courtney grimace.

 

« Si ça te dit » ajoute-t-il le plus sérieusement du monde « Elle cherche des volontaires pour re-décorer la salle des fêtes pour un spectacle de bienfaisance »

 

« Sans façons ! »

 

Kyle hausse les épaules.

 

« Tu sais… » reprend-il, cherchant ses mots «  Je sais pas comment te dire ça, mais… nous… nous avons besoin de vous… » il a un pauvre sourire   « Je veux dire… Max, Michael… nous tous… nous…»

 

« Oh ! » fait-elle, amusée « T’inquiète ! J’appartiens à une espèce très pragmatique… Je ne mélange jamais sexe et politique… » elle sourit de plus belle  « Sauf quand c’est possible, bien sûr… »

 

Elle rit, lui donne une tape sur les fesses et retourne à son pick-up.

Il reste là, passablement déconcerté.

………………………………………………………………………………………………..

 

Sérina a pris les mains de Max dans les siennes. Elle soupire, ferme les yeux.

Max hésite encore un peu puis en fait autant.

La connexion s’établit aussitôt. Sérina lui ouvre alors son esprit.

Max peut y lire la loyauté sans faille, la quasi-adoration qu’elle éprouve à son égard…

son désir aussi, intense.

Il entrouvre les yeux, perturbé, prêt à rompre le contact.

Consciente de son embarras,  Sérina serre un peu plus ses mains dans les siennes.

Se concentrant, elle évoque un paysage qui se dessine lentement dans l’esprit de Max. 

Un lac aux eaux rouges, bordé de rochers ocre-bruns. Deux lunes rousses luisent dans un ciel nocturne aux étoiles singulièrement disposées.

Max sent s’accélérer les battements de son cœur. Les odeurs suaves, le clapotis de l’eau, la sensation du vent sur sa peau, tout éveille en lui des échos, troublants, mais incontestables.

Il ouvre les yeux, le souffle court.

Sérina lui sourit, attendant ses commentaires.

 

« Je... j’ai vu… » il frissonne, les yeux agrandis   « Je connais cet endroit ! »

 

« Damaris » précise-t-elle « Ta famille y avait une résidence d’été… Tu y as séjourné bien souvent »

 

Max lâche les mains de Sérina, semble se recroqueviller sur lui-même.

 

« Qu’y a-t-il ? » demande-t-elle aussitôt.

 

« C’est là que… je… enfin… que… Zan a rencontré… » il se mord les lèvres

 

« Ava. » complète Sérina, souriante « Oui… Tu vois que tu te souviens. »

 

Max se lève, nerveux.

 

« Max ! » appelle Sérina « Il faut continuer. »

 

Il secoue la tête, à nouveau réticent.

 

« Il le faut. » insiste-t-elle  « Tu dois te réunifier..»

 

« Je ne sais pas… » il passe une main dans ses cheveux  « Il y a… certaines choses… » il grimace, mal à l’aise  « dont je ne veux pas me souvenir »

 

 « Quel genre de choses ? » demande-t-elle, intriguée.

 

Max soupire, se frotte le front avec deux doigts.

 

« Zan et Ava… » commence-t-il

 

« Et bien ? » l’encourage-t-elle.

 

« Ils… ils étaient… » il soupire encore.

 

Sérina le regarde, attendant la suite.

 

« Ils étaient mariés… » termine-t-il enfin.

 

« Oui. » convient-elle, cherchant où il veut en venir.

 

« C’est…plutôt… embarrassant »

 

« Embarrassant ? » s’étonne Sérina

 

Max prend un air penaud.

 

« Oh ! » comprend-elle enfin « Tu veux parler de… »

 

Max hoche vivement la tête.

 

« Qu’est-ce que ça a d’embarrassant ? » demande-t-elle, perplexe.

 

« Je sais… que… ce n’est pas vraiment moi… » tente-t-il d’expliquer « Mais, quand… quand ces souvenirs seront dans ma tête… Liz… Liz les verra. »

 

« Et alors ? »

 

« Je ne veux pas qu’elle en souffre. » souffle-t-il.

 

Sérina prend un air consterné. Max baisse à nouveau la tête.

 

« Ce qui s’est passé… avec Tess… »  il soupire « Ça lui a déjà fait trop de mal… »

 

Sérina le regarde, préoccupée par la détresse contenue dans sa voix.

 

« Ce ne sont que …des souvenirs… » risque-t-elle, espérant l’apaiser « Et, comme tu l’as dit, ce n’était pas vraiment toi. » 

 

Il ne dit rien, toujours réticent.

Sérina secoue ses boucles blond-roux, un peu agacée. Elle ne voit décidément pas pourquoi tout ça le tracasse à ce point.

 

« Ecoute. » lui dit-elle «  Le plus simple est d’en parler à Liz, tu ne crois pas ?  Si ça la dérange, nous éviterons de ramener à la surface ce genre de souvenirs. »

 

« C’est possible, ça ? » demande-t-il, incertain.

 

« Bien sûr ! » affirme-t-elle, bien qu’elle ne voit vraiment pas comment.

 

Elle se mord la lèvre. Elle n’aime pas lui mentir, mais ses réticences lui paraissent tellement dérisoires comparées aux enjeux.

Il hésite encore. Elle vient poser à nouveau une main sur son bras.

 

« Max !  S’il te plait » insiste-t-elle. « Laisse-moi raviver un de tes souvenirs… quelque chose d’anodin, comme tout à l’heure… »

 

Il finit par acquiescer. Elle lui reprend la main, le tire à nouveau vers le lit.

 

« Cette fois » déclare-t-elle « Il vaudrait mieux que tu t’allonges. »

 

« Pourquoi ? »

 

« Je vais te plonger dans une transe légère… Ça devrait permettre de libérer ton potentiel récognitif. »

 

Il fronce les sourcils.

 

« Mon quoi ? »

 

« Ton… aptitude à te souvenir…  Comme tout ce qui touche à ta nature alien, tu l’as enfouie profondément et presque oubliée. »

 

Elle lui sourit, l’invite d’un geste à s’allonger sur le lit.

 

« Ai confiance en moi ! » implore-t-elle.

 

Max hoche lentement la tête, vient s’allonger plus lentement encore

Elle s’assoit à ses cotés, pose doucement une main sur sa tempe.

 

« Regarde-moi » dit-elle doucement

 

Max obéit, essayant de se détendre.

Sérina plonge son regard dans le sien, établissant avec aisance la connexion.

Elle peut sentir à quel point il appréhende ce qu’elle va faire.

Elle lui adresse un sourire un peu triste, se penche légèrement vers lui.

Une étincelle dorée s’allume brièvement dans ses yeux.

Elle se reflète, éblouissante, dans ceux de Max. Quand elle s’y éteint, son regard a perdu tout éclat.. Il reste figé, aveugle.

Sérina soupire, caresse doucement sa joue du bout des doigts. Puis, se penchant un peu plus, elle vient poser ses lèvres sur les siennes, s’y attardant un instant.

Perdu dans la transe, Max ne réagit pas.

Sérina se redresse lentement, l’air désabusé. Elle soupire de plus belle,  pose à nouveau une main sur sa tempe, rétablissant la connexion.

Comme la première fois, elle commence par évoquer une scène tirée de sa propre mémoire.

La salle du trône du palais royal, avec ses gigantesques colonnades cristallines et son dôme translucide donnant sur le ciel ocre-roux.

Volontairement cependant, elle se contente d’en esquisser le souvenir, juste assez pour éveiller en lui des échos, des résonances.

Pendant un temps, rien ne se passe. Tout reste brouillé, imprécis.

Puis, lentement, du plus profond de son être, Max laisse émerger des détails qui peu à peu parachèvent le décor.

Les murs aux reflets irisés, opalescents. Le dallage noir, incrusté de gemmes scintillantes dessinant le sceau royal. Les statues représentant la lignée royale, épurées, longilignes, sculptées dans un bois précieux aux reflets rosés, disposées derrière l’estrade supportant le trône Le trône lui-même, imposant, richement ouvragé, au dossier en corolle, véritable résille aux teintes cuivrées.

Les 3 sièges tout aussi finement oeuvrés, installés un peu en retrait de part et d’autre du trône, 2  à sa droite, 1 à sa gauche

Un léger sourire se dessine sur les lèvres de Sérina.

Oui, c’est bien là la salle de trône, telle qu’elle l’a vu, une fois, il y a bien longtemps.

Elle en admire un instant la beauté incomparable.

Puis, faisant de nouveau appel à ses souvenirs, elle place deux silhouettes sur les sièges à la droite du trône : l’une fine et délicate, l’autre plus massive, virile.

Elle sait que Max les reconnaîtra.

Peu à peu, en effet, sa mémoire les restitue : humanoïdes, altiers, richement vêtus.

Les détails se précisent : La beauté singulière de la femme, sa peau diaphane, ses longs cheveux couleur d’or veiné de cuivre, ses yeux étonnants aux pupilles démesurées, d’un noir profond. La haute taille de l’homme, la force peu commune qui en émane, ses cheveux  sombres, barrés d’une mèche blanche, son visage carré, son regard autoritaire

Max gémit sourdement. Des larmes perlent à ses yeux pourtant toujours figés.

Consciente de son trouble, Sérina évoque malgré tout un dernier personnage, debout devant le trône : grand, les cheveux noirs aux reflets bleutés, il se tient très droit, hautain, un diadème métallique incrusté d’une gemme scintillante au front.

Max gémit de nouveau tandis que ses yeux noirs le fixent, impérieux, semblant scruter les tréfonds de  son être. Il se met à trembler.

Sérina ouvre les yeux, retire sa main de sa joue.

 

 « Max ! » appelle-t-elle doucement.

 

Une lueur réapparaît dans les yeux de Max. Il cille à plusieurs reprises, reste encore un instant immobile, l’air complètement désorienté. Puis il s’assoit lentement, frissonnant.

Il la regarde, le souffle court, incapable de parler.

Sérina se mord la lèvre. Elle voudrait tant le serrer dans ses bras, l’embrasser à nouveau. Mais, à présent qu’il est réveillé, elle sait trop qu’il la repousserait.

 

 « C’était nous… n’est-ce pas ? » finit-il par réussir à articuler  « Isabel… Michael…»

 

« Et toi. » complète-t-elle en posant doucement une main sur son bras.

 

Profondément troublé, il essaye d’assimiler ces images qui remplissent encore son esprit.

Elle caresse doucement son bras. Il ne semble même pas le remarquer.

Puis, soudain, il se lève, fébrile.


« Je dois rentrer » annonce-t-il  «  Je dois… » il s’interrompt, l’air égaré, reste là, perdu, le regard vague.

 

Sérina soupire, se lève à son tour, commence à rassembler les affaires.

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ethno  (20.09.2007 à 15:12)

Assis au bord de sa piscine, en peignoir de bain, Kal Langley, un cigare à la bouche, regarde pensivement le ciel.

Bien sûr, le halo qui baigne Los Angeles n’est guère favorable à l’observation. Seule la lune, montante, et quelques rares étoiles parmi les plus brillantes percent dans la nuit.

Il soupire, prend le verre de whisky posé devant lui, avale une gorgée, regrettant une fois de plus l’absence totale de goût. 

Il inspire bruyamment, appréciant l’odeur du chlore, une des rares qu’il perçoive en dehors de celle de ses éternels cigares, soupire de plus belle.

Après toutes ces années, si peu de choses de ce monde lui sont réellement accessibles.

Il peut tout s’offrir ou presque, mais sans jamais en profiter pleinement.

Et pourtant, il aime cette vie, sa vie à lui, loin de son état d'asservissement génétiquement programmé.

Il sait, hélas, que tout est terminé. Bientôt, très bientôt, il va perdre tout ce qu’il a mis tant

de temps à construire.

Il  braque sur le ciel un regard mauvais, plein de rancœur.

Inutile de songer à fuir, cette fois. Grâce aux femelles hybrides, Kivar doit à présent tout savoir du projet de clonage, y compris son propre rôle. 

Bien décidé à en finir, il enverra bientôt ses sbires pour lui arracher des informations concernant les clones survivants.

Après toutes ces années passées à se faire oublier, il lui reste à présent un choix à faire : capituler face à l’ennemi ou accomplir son Destin en protégeant la descendance royale.

Il écrase son cigare, furieux. Son Destin !   Il déteste ce mot.

Il déteste la famille royale et le rôle qu’elle lui a imposé.

Mais, plus que tout peut être, il déteste Kivar et ce qu’il a fait des mondes qu’il tient sous son joug. Quel gâchis !

Langley soupire, prend sur la petite table en fer forgé un épais dossier dont il extrait une série de photos, prises par un détective engagé pour la peine. Des photos d’Alex Whitman,  pauvre humain emporté lui aussi dans la tourmente

Le Destin, grand amateur d’humour douteux, lui offre peut être un atout dans la lutte à venir.

Reprenant son verre, Langley avale pensivement une nouvelle gorgée.

…………………………………………………………………………………………………

 

« T’as fait quoi ? » s’écrie Michael, abasourdi.

 

« J’ai pu me rappeler certaines choses… » répète Max, mal à l’aise. « Des choses… de mon autre vie. »

 

Michael lui lance un regard dénué d’amabilité.

 

« Comme ça… d’un coup ? » relève-t-il en fronçant les sourcils.

 

« Sérina m’y a aidé. » reconnaît Max en s’adossant au comptoir du bar du restaurant, fermé en cette heure tardive.

 

Kyle, installé à sa droite sur un des tabourets, grimace, dubitatif.

 

 « Comment  ? » demande Maria, plutôt méfiante

 

« Elle a exploré ma mémoire… » Max hausse les épaules « Elle a réussi à en extirper des souvenirs et à  … les réveiller. »

 

« Tu veux dire que tu l’as laissé entrer dans ta tête ? » s’insurge Michael

 

« Non ! » se récrie Max  « Enfin… si, en quelque sorte… »

 

« T’es pas bien Maxwell ? » s’énerve Michael « Ça ne t’a pas suffi avec… ? »

 

 « Ça n’a rien à voir ! » affirme Max «  Sérina ne cherche pas à me manipuler. »

 

« T’en est sûr ? » demande Maria en fronçant le nez.

 

« Elle s’y est prise comment? » intervient Kyle, curieux.

 

Max hausse à nouveau les épaules.

 

« Elle a juste… établi… une connexion… »

 

Tous le considèrent, soupçonneux.

 

« Quand tu dis connexion » finit par demander Kyle, goguenard « Tu parles d’un truc purement mental… ou…? »

 

Max fronce les sourcils. Kyle prend un air innocent.

Maria lui donne un coup derrière la tête. Il grimace mais ne dit rien.

 

« Bon ! Et alors? » fait Michael en s’avançant vers Max, la mine sévère « Tu te souviens de quoi ? »

 

« C’est encore assez vague… » soupire Max en se frottant le front avec deux doigts «  J’ai revu des lieux, des personnes… » Il a un sourire confus  « Je t’ai revu, Michael… et … j’ai vu Isabel, et… »

 

« Tess ? » demande sèchement Maria.

 

« Non. » affirme Max en baissant la tête.

 

Michael lui lance un regard aigu. Maria soupire

 

« Et Liz ? » ajoute-t-elle, soucieuse « Qu’est-ce que tu vas lui dire ? »

 

Max reste tête baissée, incertain.

 

« Tu crois qu’elle appréciera ? » renchérit Michael.

 

« Elle comprendra que c’est nécessaire » dit Max en relevant lentement la tête

 

« Parce que ça l’est ? » interroge Michael, sec.

 

« Ça ne m’enchante pas plus que toi… » reconnaît Max  « Mais… je crois que… que je n’ai pas le choix »

 

« Encore ton Destin ? » ironise Michael.

 

« Notre Destin, Michael ! » fait Max, l’air sombre.

 

Michael secoue la tête, hargneux. Maria lui prend le bras, pose la tête sur son épaule.

 

« En tout cas… » soupire Kyle, désabusé  « J’en connais une qui ne va pas être emballée. »

 

Le silence retombe tandis que chacun reste perdu dans ses pensées.

 

Sérina pousse la porte western de l’office.

Max s’avance aussitôt à sa rencontre.

 

« Comment va-telle ? » demande-t-il d’une voix anxieuse.

 

« Bien » sourit-elle « Sa balance énergétique est rétablie. »

 

« Je peux la voir ? » implore-t-il

 

« Elle t’attend » dit-elle simplement.

 

Max, fébrile mais pourtant hésitant, regarde tour à tour Michael qui a gardé un air contrarié, Kyle, qui le considère, amusé et Maria qui lui sourit gentiment.

 

« Vas-y » l’encourage-t-elle.

 

Max se décide d’un coup, se précipite dans l’escalier menant à son appartement.

Sérina reste à regarder la porte western qui bat un instant avant de se refermer.

Puis elle soupire, se retourne, se retrouvant nez à nez avec Michael qui la considère avec un mélange de méfiance et de rancœur.

 

« Qu’est-ce que t’as fait à Max ? » demande-t-il, sévère.

 

Elle soutient calmement son regard.

 

« Je ne lui ai rien fait » dit-elle.

 

« Tu lui as mis des trucs dans la tête » l’accuse-t-il

 

« Je l’ai seulement aidé à se rappeler qui il est vraiment. » corrige-t-elle

 

Michael grimace, mécontent.

 

« Je peux t’aider toi aussi » précise-t-elle tranquillement.

 

« Pourquoi je ferais ça ? » s'irrite-t-il

 

« Pour être enfin toi-même »

 

Il lui lance un regard mauvais.

 

« Il le faut, Michael. » insiste-t-elle « Vous devez vous réveiller. Antar a besoin de vous. »

 

« Foutaises ! » tranche-t-il  « Cette guerre est fini… » ses yeux se font plus sombres  « Et nous l’avons perdue. »

 

« Nous sommes toujours en guerre. » affirme calmement Sérina  « Une guerre que nous devons gagner »

 

Exaspéré, Michael lui tourne le dos, et sort du restaurant d’un pas rageur.

Maria hésite à peine et le suit, avec un petit sourire d’excuse pour Kyle

 

« Michael ! » crie-t-elle en courant pour le rattraper « Attend »

 

Il s’arrête prés des pompes à essences, se retourne avec cet air pathétique qu’il a quand il ne sait pas comment exprimer ce qu’il ressent. Elle le rejoint, essoufflée, pose une main sur son bras.

 

« Max est cinglé… » dit-il d’une voix hargneuse  « Il  n’a pas la moindre idée de ce que ça peut donner… C’est vrai qui nous dit que… »

 

Il lui lance un regard tourmenté. Elle lui sourit. Elle sait bien ce qui le tracasse tant.

 

« Ça va pour moi, Michael ! » dit-elle doucement « Rien de ce que tu es… rien de ce que tu as vécu ne changera quoi que ce soit. »

 

Il la regarde, ému, n’osant y croire vraiment. Elle le prend dans ses bras.

 

« Je t’aime, mon cosmonaute » dit-elle à voix basse.

 

Elle se soulève sur la pointe des pieds, vient poser un tendre baiser sur ses lèvres.

Il ferme les yeux, la serre contre lui, possessif.

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Max entre dans le salon, nerveux. Il s’immobilise en apercevant Liz qui l’attend, n’osant franchir les quelques pas qui les séparent encore.

Liz lui sourit, lui ouvre les bras sans rien dire.

Comme il hésite encore, elle s’avance, gracieuse.

Le cœur serré, incapable de bouger, Max guette l’apparition des éclairs verts qu’il redoute tant, prêt à reculer à la moindre alerte.

Rien ne se passe.

Liz se rapproche, un léger sourire aux lèvres. Elle tend une main, vient effleurer doucement son bras, avec pour seule conséquence de le faire frémir, lui, de la tête aux pieds.

Elle se rapproche encore, vient poser avec délice la tête sur sa poitrine.

Rempli de crainte, mais incapable de s’en empêcher, Max referme lentement ses bras autour d’elle, sans oser toutefois la serrer contre lui.

Liz éclate alors d’un rire nerveux, plaque son corps contre le sien, l’enlace avec avidité.

Max pose sa tête dans son cou, passe ses doigts dans ses cheveux, ivre de bonheur et de soulagement.

 

« Oh, Max ! » murmure-t-elle « C’est si bon d’être à nouveau dans tes bras. »

 

Il la garde un instant contre lui puis la repousse doucement, le cœur battant à tout rompre.

 

« C’est fini ? » s’inquiète-t-il  « Tu n’as plus rien ? »

 

Elle lève une main, paume vers le haut.

 

« Plus d’éclairs verts ! Regarde…» elle pose ses mains sur sa poitrine « Je peux te toucher… te caresser. » 

 

Elle laisse courir ses mains sur son corps, le sentant frémir, de crainte autant que de désir.

 

« Liz ! » souffle-t-il.

 

Elle vient poser ses lèvres sur les siennes. Leurs esprits se connectent aussitôt.

Ils s’embrassent avec passion, leurs pensées s’entremêlant avec une intensité redoublée

Les flashs se succèdent, kaléidoscope coloré des moments vécus par chacun.

Max peut ainsi vivre ses journées telles qu’elle les a vécus, interminables.

Il voit Maria, Kyle et même Isabel la sermonner à propos de Sérina.

Il perçoit la fatigue accablante, la douleur diffuse, la peur aussi et, par-dessus tout, l’affreuse sensation de manque, le besoin grandissant de le retrouver

Liz  assiste à la récupération des cristaux, sourit de le voir repousser une fois de plus les avances de Sérina, ressent ses inquiétudes face aux dernières nouvelles d’Antar..

En contemplant les lunes dans le ciel de Damaris, elle s’émerveille.

Sans hésiter, elle accepte la réapparition des souvenirs de son autre vie.

Elle aussi verse des larmes en voyant Rath, Valandra et Zan.

Emportés dans ce tourbillon vertigineux,  accrochés l’un à l’autre, Max et Liz, enivrés,  laissent avec ravissement leurs âmes fusionner toujours plus pleinement.

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ethno  (20.09.2007 à 15:13)
 

Malgré la pluie qui tombe à verse, Sérina, insensible au froid, est assise sur une chaise sous l’auvent du Mobil home. Une canette de bière à la main, elle reste là, maussade.

Irrésistiblement, son regard revient vers la fenêtre de la chambre de Max et Liz. 

A travers les volets entrouverts filtre une lumière douce, sans doute celle des bougies que Liz aime tant.  Sérina soupire. Ambiance romantique assurée, évidemment.

Elle baisse la tête, avale une gorgée, soupire de plus belle.

Silencieuse, Courtney a ouvert la porte du Mobil-home. Adossée à l’encadrement, elle considère pensivement son amie.

En la voyant regarder une fois encore vers l’appartement, elle s’avance d’un pas décidé.

 

« Bon ! Cette fois, ça suffit. » tranche-t-elle

 

« Quoi ? » fait Sérina en sursautant, renversant un peu de bière sur son tee-shirt .

 

« Y’en a marre ! » déclare Courtney « On bouge ! »

 

Sérina la regarde de travers, utilise calmement ses pouvoirs pour se sécher.

 

« C’est samedi soir. » ajoute Courtney  « On a droit à un peu de détente, non ? Alors, on y va ! »

 

« Où ça ? » marmonne Sérina

 

« Quelque part où on va s’amuser, toi et moi… comme au bon vieux temps ! »

 

Sérina ne peut s’empêcher de jeter un nouveau coup d’œil à la fenêtre de l’appartement.

Elle soupire.

 

« Je ne crois pas que… »

 

« Hé ! » l’interrompt Courtney « Tout est bien qui finit bien… Mission accomplie : Notre petit couple est à nouveau réuni. »

 

Sérina grimace, regarde encore la fenêtre éclairée.

 

« Si tu continues comme ça » annonce Courtney, lugubre. « Tu vas devenir dingue. » elle se penche vers son amie « Ecoute le Docteur Courtney. Je sais exactement ce qu’il te faut pour pouvoir continuer à servir son Altesse sans rien avoir en retour. »

 

Sérina hausse les épaules.

 

« Et… qu’est-ce qu’il me faut ? » demande-t-elle lentement

 

« De la musique… de l’alcool…. et du sexe » affirme Courtney.

 

Sérina soupire de plus belle.

 

« Qu’est-ce que tu crois qu’IL fait en ce moment ? » signale Courtney, implacable, en désignant la fenêtre.

 

Sérina avale une autre gorgée, grimaçante.

Courtney lui prend le bras, la tire pour l’obliger à se lever.

 

« Fais-moi confiance ! » dit-elle, catégorique.

 

Sérina se lève, réticente, la suit en traînant les pieds

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Liz est allongée sur le dos, cheveux épars sur l’oreiller, le souffle court, les yeux encore pleins d’étoiles, le corps vibrant. Elle serre Max dans ses bras.

Il est blotti contre elle, la tête posée sur sa poitrine, les yeux fermés, légèrement tremblant.

Lui aussi a l’impression que chaque cellule de son corps est électrisée.

Les flashs qui se sont succédés dans sa tête lui ont laissé une sensation de vertige, exaltante, singulière. Son cœur bat lourdement dans sa poitrine.

Liz caresse doucement ses cheveux qu’il n’a pas pris le temps de raccourcir.

Il ouvre les yeux, se soulève sur un coude, plongeant son regard dans le sien.

Ils n’ont pas besoin de parler pour  exprimer tout l’émerveillement qu’ils ressentent.

Plus que jamais, ils appartiennent l’un à l’autre.

 

« Comment est-ce possible, Max ? » souffle Liz

 

Il lui sourit tendrement.

 

« Ce que nous venons de ressentir » continue-t-elle d’une voix un peu vacillante « C’est si… incroyable… Je veux dire… plus que jamais tu étais… en moi… » elle rit, troublée. « dans ma tête, dans mon âme… »

 

Max  caresse rêveusement son épaule, son cou, incapable de parler.

Elle le regarde gravement.

 

« Est-ce que tu crois que c’est… parce que… nous avons été séparés tout ce temps » elle grimace, soucieuse « Ou parce que… je suis maintenant… presque… une des vôtre ? »

 

« Je ne sais pas… » murmure-t-il.

 

Il caresse tendrement sa joue, effleure ses cheveux. Puis il grimace à son tour

 

« Et je ne demanderais pas à Sérina… »  ajoute-t-il, riant doucement.

 

Liz sourit aussi, hoche la tête, songeuse.

Max se penche vers elle, dépose un baiser dans son cou. Elle le serre contre elle, ferme les yeux, le simple contact de sa peau contre la sienne enflammant à nouveau tout son être.

Néanmoins, soudain, son cœur se serre, elle rouvre des yeux tourmentés.

Max recule légèrement, préoccupé. Il a senti son esprit se brouiller, se refermer.

Elle hésite un peu, grimace.

 

« Je suis désolée. »  commence-t-elle d’une voix sourde « Mais… je dois… te demander… »

 

Max se mord les lèvres. Il sait bien ce qui la tracasse.

 

« Quand…»  reprend-elle, pâle, mais décidée. « Quand tu étais… avec… elle… » 

 

« Liz ! » souffle-t-il, mal à l’aise.

 

« J’ai besoin de savoir. »  insiste-t-elle  « De savoir si… »  elle le regarde au fond des yeux, grave «  Si c’était… aussi fort… »

 

Max soupire à nouveau.

 

« Je veux dire…» elle grimace à nouveau « Vous êtes de la même espèce, elle et toi… alors… » elle le regarde avec insistance « Dis-moi… je t’en prie. Dis-moi… comment c’était… »

 

« J’en sais rien » dit-il simplement

 

Elle fronce les sourcils. Il soupire de plus belle.

 

« Liz ! Je sais bien que c’est à elle que j’ai fait un enfant, cette nuit là, mais… » il secoue la tête  « Pour moi, je… j’étais avec toi. »

 

Son regard se perd dans le vague. Elle le regarde, troublée.

 

« Tout ce dont je me souviens… » reprend-il lentement, le cœur lourd  « C’est d’avoir revécu cette autre nuit, dans ta chambre… la première fois où nous avons fait l’amour. »

 

Il la regarde intensément, les yeux pleins de larmes 

 

« J’étais avec toi, Liz… avec toi ! Jusqu’à ce que… je me réveille… à ses cotés »

 

Emue par sa détresse, Liz vient poser une main sur sa joue. Il frémit.

 

« Je te demande pardon » balbutie-t-il « Je… »

 

Elle pose deux doigts sur ses lèvres.

 

« Non, Max ! C’est moi qui te demande pardon » elle a un pauvre sourire « Je ne sais même pas comment j’ai osé te demander ça ! »

 

Il ne dit rien, baisse les yeux, pitoyable.

Elle l’attire à elle, inondant son esprit de cet amour si absolu, si fort qu’elle ressent.

Il pose à nouveau ses lèvres dans son cou, avide de se fondre encore et toujours en elle.

………………………………………………………………………………………………

 

Assise en tailleur sur la scène de la salle des fêtes, Isabel considère, maussade, les costumes disposés devant elle. Tutus, collants et bonnets en forme de pétales de fleurs ont déjà changé plusieurs fois de teintes, sans parvenir à la satisfaire.

Elle tient tant à ce que tout soit parfait.

Petits et grands ont répété avec tellement de bonne volonté. Les fonds récoltés lors du gala seront destinés à ce projet d’aide aux enfants défavorisés qui lui tient tant à cœur.

Pas question que quoi que ce soit cloche.

 

Son téléphone sonne.

Elle jette un œil à l’écran d’affichage, paraît agréablement surprise et décroche aussitôt.

 

« Kyle ? » dit-elle, souriante 

 

 « Toujours sur la brèche ? » fait-il d’une voix un peu tendue

 

« On a pris du retard pour les costumes. » reconnaît-elle  « Et j’ai promis que tout serait prêt pour lundi. »

 

« Je peux te voir ? »

 

« Où es-tu ? »

 

« Devant la sortie de secours… Tu veux bien m’ouvrir ? »

 

« Bien sûr. »

 

Elle se lève, un peu intriguée, se dirige vers la petite porte, appuie sur la barre de sécurité.

Kyle entre en grimaçant un sourire. Il se dirige vers la scène, essayant d’afficher un air serein.

Isabel le considère en fronçant les sourcils.

 

« C’est joli. » dit-il en désignant les tenues alignées.

 

« Si tu me disais ce qu’il y a ? » fait-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

 

Kyle soupire, se gratte la tête.

 

« Max est rentré…. » se lance-t-il.

 

« Les nouvelles sont mauvaises ? » demande-t-elle aussitôt, alarmée par son comportement.

 

« Non… » la rassure-t-il  « La petite a été  ‘certifiée conforme’ par Kivar et sa clique. »

 

« C’est Liz, alors ? » s’inquiète-t-elle encore « Son état a empiré ? »

 

« Non… » dit-il encore  « Sérina dit qu’elle est stabilisée… »

 

Il se fend d’un sourire canaille 

 

«  Je crois qu’elle et Max vont devoir renouer avec la méthode classique pour faire des étincelles. » 

 

Isabel lève les yeux au ciel.

Kyle se mord la lèvre inférieure. De nouveau hésitant, il fait mine de s’intéresser  encore aux costumes. Isabel se rapproche.

 

« Valenti ! » l’avertit-elle, quasi-menaçante « Si tu ne me dis pas ce qui t’amène, je crois que je vais t'affubler d’un de ces tutus »

 

« Tu n’oserais pas ? »

 

Elle le regarde sans ciller. Il prend un air alarmé.

 

« Ok ! Ok ! On se calme. »

 

Il fait un pas vers elle, respire un grand coup 

 

« Max a fait quelque chose… » commence-t-il prudemment  « Quelque chose qu’il croit nécessaire… mais qui ne va sûrement pas te plaire. »

 

« Quoi ? » demande-t-elle, sévère.

 

« Ça concerne… vos autres vies »

 

Le regard d’Isabel se durcit. Kyle soupire, se gratte la tête.

 

« Max dit qu’il commence à retrouver la mémoire. »

 

« Comment ? » le ton est sec

 

« Sérina » dit-il simplement.

 

« Evidemment ! » peste Isabel.

 

« Elle a ranimé ses souvenirs… et… elle propose d’en faire autant pour Michael… et… pour toi »

 

« Non! » s’écrie-t-elle, farouche

 

Il la regarde sans rien dire, visiblement préoccupé. Elle secoue la tête, blême.

 

« Je ne veux pas. » reprend-elle d’une voix blanche

 

« Je sais. » dit-il en s’approchant

 

 « Elle ne touchera pas à mon esprit. » 

 

Ses yeux se remplissent de larmes. Elle se met à trembler, avec un air soudain terriblement vulnérable.

 

« Je suis… Je suis Isabel… » gémit-elle  «  Je ne suis pas… » sa voix se brise

 

« Je sais… » répète t il calmement.

 

Elle éclate en sanglots. Il la prend dans ses bras. Elle s’accroche à lui,  pleure à chaudes larmes tandis qu’il caresse doucement ses cheveux.

………………………………………………………………………………………………

 

Assise au bar de la boite de nuit, un verre à la main, Sérina regarde pensivement autour d’elle. Elle se sent bizarrement isolée au milieu de tous ces gens qui s’amusent bruyamment.

La musique est trop forte,  les effets lumineux agressifs,  la fumée omniprésente.

Mais rien de tout ça ne l’atteint vraiment.

Même l’alcool qu’elle ingurgite consciencieusement depuis un bon moment pour suivre l’ordonnance du « Docteur Courtney » ne lui fait pas réellement d’effet.

Elle soupire, boit une autre gorgée.

 

Un grand sourire aux lèvres, Courtney vient s’asseoir sur le tabouret à sa gauche.

 

« J’ai trouvé ce qu’il te faut ! » annonce-t-elle, triomphante.

 

« J’ai déjà ce qu’il me faut » dit Sérina en levant son verre et en buvant à nouveau.

 

« Crois-moi » assure Courtney, réjouie « J’ai mieux ! »

 

Sérina soupire.

 

« Regarde par-là » insiste Courtney en lui désignant le coin à droite de la piste de danse.

 

Plusieurs gars de type baraqué y sont installés à une table, buvant de la bière et riant.

 

« C’est le type avec qui tu dansais tout à l’heure, non ? » demande Sérina en avisant un grand gaillard aux cheveux roux.

 

« Il s’appelle Gary » précise Courtney « Il est bûcheron… Lui et ses gars travaillent sur un chantier d’abattage dans les collines… » elle sourit, gourmande « Ils ne sont pas descendus depuis 2 semaines ! C’est dire… »

 

« Tant mieux pour toi… » souffle Sérina en buvant encore une gorgée.

 

« T’occupe pas de Gary… J’en fais mon affaire. » affirme Courtney « Pour toi, il y a… Jake ! »

 

Sérina secoue la tête, désabusée.

 

« Juste à coté de celui qui a une barbe… » insiste Courtney 

 

Sérina soupire encore, mais regarde dans la direction indiquée par son amie.

Elle tressaille légèrement en apercevant  ‘Jake’.

Comme tous ses copains, il est grand et bien bâti, porteur du même genre de chemise de flanelle à carreaux.  Mais lui a des cheveux noirs, des yeux clairs, un air un peu timide.

Sérina adresse à son amie un regard chargé de reproche.

 

« A quoi tu joues ? » siffle-t-elle.

 

« A quoi TU joues ? » dit Courtney « On est venu ici pour s’amuser et tu fais la tête depuis le début… » elle pointe vers Sérina un doigt accusateur  « Tu ne danses pas. Tu envoies balader les gars qui t’approchent. » 

 

Sérina hausse les épaules.

Courtney se penche vers elle.

 

« Tu ne fonctionnes qu’au beau ténébreux ? » elle désigne à nouveau le jeune homme «  Jake est ce que j’ai trouvé de plus approchant. »

 

Sérina lui jette malgré elle un nouveau coup d’œil.

 

« Il n’est pas de descendance royale, mais il te trouve à son goût, LUI… Alors, tu peux rester assise à broyer du noir…ou lui faire signe… C’est comme tu veux ! »

 

Elle se lève, désabusée.

 

« Moi, je vais retrouver Gary… » elle sourit  «  Il a promis de me montrer ses tatouages ! »

 

Elle se penche encore vers son amie.

 

« Tu sais » lui souffle-t-elle à l’oreille « Avec un éclairage tamisé… tu n’y verras que du feu. »

 

Sérina la regarde s’éloigner et rejoindre la bande de bûcherons.

Gary s’exclame bruyamment en la voyant arriver. Rieur, il la prend par la taille.

Sérina tourne rageusement le dos à la piste de danse, commande un autre whisky, recommence à boire méthodiquement.

 

« Salut ! » dit une voix un peu tendue.

 

Sérina se retourne. Jake se tient devant elle, souriant de manière un peu gauche.

 

« Ta copine… a dit que… tu voulais danser » ajoute-t-il, incertain.

 

« Elle a dit ça ? » fait-elle d’un ton un peu sec.

 

« Elle voulait sans doute me faire marcher. » s’excuse-t-il aussitôt « Désolé de t’avoir dérangée »

 

Il commence à s’éloigner, penaud.

 

« Attend ! » lui dit-elle.

 

Il s’arrête, une lueur d’espoir dans le regard. Elle soupire, pose son verre.

 

« Allons-y » fait-elle en grimaçant

 

Il sourit, lui tend la main. Elle la prend, le suit jusqu’à la piste de danse.

Au moment où ils l’atteignent, la musique rythmée s’interrompt d’un coup avec un léger couac, cédant la place à un slow.

Sérina jette un coup d’œil en coin à Courtney.

Celle-ci lui fait un clin d’œil avant de se concentrer à nouveau sur Gary.

Sérina secoue la tête, pousse un profond soupir.

Maladroitement, Jake la prend dans ses bras.

Elle se laisse aller contre lui au rythme lent de la musique, essayant, suivant les conseils de Courtney, de profiter du faible éclairage pour entretenir l’illusion. 

Elle apprécie le contact de son corps musclé (un peu trop grand, un peu plus lourd )  son odeur fraîche d’eau de toilette ( sans ce parfum d’épices si caractéristique).

Après un temps, Jake s’enhardit, passe une main ( un peu trop calleuse) le long de son dos.

Sérina soupire à nouveau, agacée par toutes ces comparaisons qui lui viennent à l’esprit, interférant avec l’instant présent.

Jake s’écarte légèrement.

 

« Ça va ? » demande-t-il, un peu soucieux.

 

« Pourquoi ça n’irait pas ? » réplique-t-elle, encore un peu sèche.

 

« Ta copine… a dit… que tu …tu avais… des soucis » bredouille-t-il.

 

« Elle parle trop. » tranche-t-elle.

 

« Elle s’inquiète pour toi, je crois. » risque-t-il gentiment.

 

Sérina soupire de plus belle.

Jake a un sourire penaud.

 

« Il s’en mordra les doigts, c’est sûr » affirme-t-il catégoriquement.

 

« Qui ? » fait-elle,  étonnée.

 

« Le gars qui… » il grimace, embarrassé «  Enfin… celui… à qui tu penses encore »

 

« Tu lis dans mes pensées ? »  raille-t-elle.

 

« Non ! Bien sûr que non… mais.. »

 

« Tu sais quoi ? » l’interrompt-elle calmement  « Toi aussi… tu parles trop ! »

 

Elle passe ses bras autour de son cou, l’attire à elle et l’embrasse avec application.

Il la serre contre lui, surpris mais ravi.

   

To be continued


ethno  (20.09.2007 à 15:15)
PRINCESS’BRIDE : Alternative Timeline Act 10 

   28 avril    Liz EvansJ’ai toujours considéré le temps comme un paramètre aisément quantifiable. A présent, cependant, j’ai compris qu’il n’en est rien.Ainsi, les  3 jours passés sans Max m’ont semblé une éternité, alors que, depuis son retour, j’ai du mal à croire que plus d’une semaine s’est écoulée.Dès qu’il est prés de moi, le temps s’enfuit, n’existe quasiment plus.Je ne me lasse pas de le toucher, de frôler sa main, son bras. Plus encore, j’en ai besoin.Et, à chaque fois, mon esprit et mon corps chavirent.

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Debout prés de la fenêtre du  salon de Max et Liz, en retrait comme à son habitude, Kyle, un peu renfrogné, considère Isabel avec une certaine appréhension.

Très remontée contre son frère et Michael, elle affiche son air des grands jours : hautain, quasi-méprisant.

 

« Vous êtes dingues, tous les deux ! » s’exclame-t-elle en les fusillant du regard « Vous le savez, ça ? »

 

« Izy ! » soupire Max assis prés de Liz sur son canapé.

 

Isabel l’ignore, fait un pas vers Michael, installé dans le fauteuil.

Il grimace, mal à l’aise sous son regard furibond.

Maria, assise comme toujours sur l’accoudoir, essaye de se faire toute petite.

Bien qu’au fond, l’humeur explosive d’Isabel lui importe nettement moins que l’attitude de Liz : assise tout contre Max, une main posée sur son bras, celle-ci a une fois encore l ‘air résolument ailleurs.

 

« Toi, au moins »  continue Isabel en braquant un doigt accusateur vers Michael  « J’aurais cru que tu ferais preuve d’un peu de bon sens, et que tu empêcherais mon frère de… » elle a un rire déplaisant  «  Se prendre pour le Roi ! »

 

« Il est le Roi. » affirme Sérina, appuyée nonchalamment contre le mur.

 

Isabel se tourne aussitôt vers elle, l’œil noir.

 

« Oh ! Toi ! Ça suffit ! » siffle-t-elle

 

« Izy » répète Max, embarrassé « Calme-toi. »

 

Isabel l’ignore encore, s’avance vers Sérina, mauvaise.

 

« Si tu crois que je n’y vois pas clair dans ton jeu ! » gronde-t-elle

 

« Quel jeu ? » interroge Sérina, très calme.

 

« Tu prétends être de notre coté. Tu te rends indispensable… Mais, MOI, au moins, je sais exactement ce que tu veux ! »

 

« Et qu’est-ce que je veux ? » demande encore Sérina.

 

« Mon frère ! » crache Isabel «  Tu n’auras de cesse que de l’avoir dans ton lit ! »

 

Max manque de s’étouffer.

Il jette un regard confus à Sérina qui, elle, ne semble pas le moins du monde perturbée.

Il se tourne ensuite vers Liz qui lui sourit amoureusement

Maria se tortille sur l’accoudoir, se demandant si son amie à vraiment entendu ce qu’Isabel vient de dire. Elle grimace. Pour sa part, en tout cas, elle ne peut s’empêcher d’être d’accord avec elle sur ce point là.

 

« Arrête, Isabel ! » intervient Michael en se penchant en avant « Sérina est notre alliée. »

 

« Notre alliée ? » se récrie Isabel « Tu crois ça ? »

 

Avant qu’il ait pu lui répondre, elle interpelle sèchement Liz.

 

« Et toi ? Tu y crois aussi ? »

 

« Oui. » dit tranquillement Liz, un peu revenue sur terre.

 

Isabel paraît légèrement désarçonnée.

Kyle en profite pour s’avancer et poser une main sur son bras.

Elle se tourne vers lui, l’air mauvais.

Sans un mot, il soutient calmement son regard, secoue lentement la tête, désapprobateur.

Elle semble alors réaliser toute la férocité de ses paroles. Ses yeux se brouillent.

Kyle soupire, laisse retomber sa main.

Lentement, Isabel se retourne vers son frère, le visage défait..

 

« Je comprends que tout ça te bouleverse. » dit calmement Max  en se levant « Tu sais… Tu n’es pas la seule à avoir peur… Moi aussi. »

 

« Et moi, donc ! » renchérit Michael

 

« L’idée de laisser quelqu’un d’autre… même… un autre moi-même... partager mon esprit… ça me terrifie » avoue Max

 

« Mais alors… pourquoi ? » demande Isabel d’une toute petite voix.

 

« Parce que… c’est… ce que je suis… » dit lentement Max  « Je ne peux plus le nier. »

 

Il jette un regard triste à Liz qui se lève à son tour, s’approche et vient poser à nouveau une main sur son  bras.

 

« J’ai été Zan, souverain d’un autre monde » reprend-il en ne regardant qu’elle.

 

Elle lui sourit tendrement. Il soupire.

 

« Et, apparemment… » continue-t-il, sombre mais en redressant les épaules « Je dois le redevenir un jour… »

 

Sérina le considère avec ferveur. Liz pose la tête sur son épaule. Il soupire à nouveau.

 

« Je dois l’accepter. » ajoute-t-il, à regret.

 

Il se tourne vers sa sœur, le regard grave.

 

 « Je suis Zan… » dit-il  avec un soupçon d’amertume  «  Et… tu es… Valandra »

 

« Non ! » supplie-t-elle

 

Max ne dit rien mais continue à la dévisager, un peu tristement.

Isabel jette un regard pathétique à Kyle qui lui prend une main

 

« Je ne veux pas » dit-elle en secouant la tête.

 

Elle s’agrippe à Kyle, enfonçant sans s’en rendre compte ses ongles dans la paume de sa main. Frissonnante, elle se tourne à nouveau vers son frère. 

 

« Elle… elle vous a tués. » gémit-elle, pitoyable 

 

« Isabel ! » intervient Michael en se levant à son tour  « Ce n’était pas toi. »

 

Isabel lâche la main de Kyle, semble se recroqueviller sur elle-même.

 

« C’était moi » souffle-t-elle  « Puisque je… je suis Valandra… »

 

« Ecoute-moi bien » l’interrompt fermement Michael « Valandra a permis à Kivar d’entrer dans le palais… mais il lui avait promis qu’il ne ferait de mal à personne »

 

« Quoi ? » s’exclame Isabel, troublée.

 

Max regarde intensément Michael, le cœur battant.

 

« Il lui a menti. » dit calmement Michael « Elle l’aimait…. Il l’a trompée. »

 

« Comment le sais-tu ? » demande Max, plein d’espoir.

 

Il sait trop à quel point cette histoire la ronge… à quel point Valandra reste entre eux comme une déchirure, une plaie qui ne se referme pas

 

« Elle me l’a dit… » Michael grimace, un peu perdu  «  Enfin,  elle l’a dit à Rath… juste avant de mourir en essayant de le sauver »

 

Son regard se trouble un instant, puis il se secoue.

 

 « C’est une des premières choses dont je me suis rappelé. » ajoute-t-il gravement.

 

« Tu en es sûr ? » demande Isabel d’une toute petite voix

 

« Certain ! »

 

Il lui tend la main.

 

« Je peux te montrer si tu veux. »

 

Isabel lance à Kyle un regard incertain, tourmenté.

Il lui sourit, l’encourage d’un signe de tête. Elle n’ose cependant pas bouger.

Max s’approche alors, rassurant, la prend par la main.

Ensemble, ils s’avancent vers Michael, lui saisissent chacun une main. Debout au milieu de la pièce, tous 3 forment un cercle. Fermant les yeux, ils établissent une connexion. 

Une série de flashs s’imprime dans leurs esprits, des images de fureur et de feu : les souvenirs de Rath.

 

Kyle s’est rapproché de Sérina avec un pauvre sourire.

 

« Tu sais » dit-il en se penchant à son oreille « Elle a peur, c’est tout… Elle ne pensait pas vraiment ce qu’elle a dit. »

 

« C’est sans importance » fait-elle en haussant légèrement les épaules 

 

Maria la considère pensivement.

 

« D’autant plus… » ajoute Sérina en jetant à Max un regard sans équivoque. « Qu’elle n’a pas tout à fait tord. »

 

Kyle grimace, affiche un sourire un peu contraint.

Maria se renfrogne.

Liz, elle, ne réagit pas. Elle aussi a les yeux fixés sur Max. Elle semble mourir d’envie de se rapprocher de lui.

…………………………………………………………………………………………………

ethno  (01.11.2007 à 08:25)

« Et voilà ! » dit Maria en finissant de servir un couple entre 2 ages « Bon appétit ! »

 

Tandis que les clients attaquent leur repas, elle se dirige vers la table voisine pour débarrasser les assiettes sales. Tout en les entassant sur son plateau, elle cherche Liz des yeux.

Elle la repère en train d’apporter son café à un routier à la carrure impressionnante.

L’homme, tout sourire, essaye manifestement d’entamer la conversation.

Liz se contente de lui sourire en retour, l’air un peu absent, puis se dirige vers le bar.

Maria jette un coup d’œil à la pendule : 9 heures 55.

Elle soupire, va jusqu’au passe plat.

 

« C’est parti ! » chuchote-t-elle à l’adresse de Michael.

 

Celui-ci quitte son grill pour se rapprocher.

 

« Quoi ? » demande-t-il en fronçant les sourcils.

 

« Elle va refaire son petit numéro » chuchote encore Maria en désignant Liz du doigt.

 

Michael se penche par-dessus le passe plat pour mieux voir.

Maria, elle, s’y adosse, l’air désabusé.

Sans prêter attention aux regards braqués sur elle, Liz s’affaire à préparer un plateau qu’elle garnit de 3 muffins au chocolat et de 3 cafés. Elle y ajoute 3 serviettes en papier

Puis, sans un mot, elle se dirige vers la sortie, gracieuse.

 

« Elle va porter ça au garage » dit Maria  d’un ton accusateur.

 

 « Et alors ? » demande Michael.

 

« Elle fait ça à 10 heures tous les jours. » renchérit Maria.

 

« Et alors ? » répète Michael d’un ton sec

 

« Les 2 autres cafés sont un prétexte » insiste Maria, véhémente « C’est Max qu’elle va voir. »

 

« ET ALORS ? » s’énerve Michael

 

« Kyle dit qu’ils font des trucs bizarres » affirme-t-elle en faisant les gros yeux.

 

« Quels genres de trucs ? » demande-t-il dans un soupir.

 

Il connaît bien Maria. Inutile d’essayer d’ignorer la question, même si lui ne s’en soucie guère

 

« Viens ! » s’écrie-t-elle brusquement « On va en avoir le cœur net. »

 

« Tu rigoles ? » s’indigne Michael.

 

« Viens, je te dis ! » insiste-t-elle en le tirant par la manche.

 

Résigné, Michael fait signe à Courtney pour lui signifier qu’il sort un instant.

Maria, très décidée, l’entraîne à la suite de Liz.

Celle-ci, portant avec précaution son plateau, ne semble pas remarquer leur filature pas particulièrement discrète. Elle entre dans le garage.

Kyle, qui bricolait une boite de vitesse, se redresse et lui sourit.

 

« Salut ! » dit-il en s’essuyant les mains

 

« Salut » répond-elle en regardant autour d’elle, cherchant visiblement quelqu’un.

 

Kyle ne dit rien mais lui désigne tranquillement le coin de l’atelier où se trouve Max, occupé à vidanger une vieille Chrysler.

Liz sourit à son tour, lui tend le plateau. Il le prend sans faire de commentaire.

Elle y prélève une tasse de café et un muffin et se dirige vers Max.

Kyle la suit des yeux, l’air réjoui.

Maria, qui guettait derrière la porte, rentre précautionneusement, suivie par un Michael renfrogné et traînant les pieds.

Kyle leur adresse un clin d’œil. Il pose le plateau sur le capot de la voiture voisine de celle qu’il réparait et s’y adosse, apparemment résolu  à profiter du spectacle.

Maria le rejoint, les yeux rivés sur Liz. Michael reste un peu en retrait, réprobateur.

 

Liz est arrivé prés de Max qui, ayant perçu sa présence, a laissé tomber sa réparation.

Ses mains s’illuminent un court instant tandis qu’il utilise ses pouvoirs pour en faire disparaître les traces d’huile.

Liz pose la tasse et le muffin sur un établi, s’approche encore.

Ils se sourient amoureusement.

Max lève une main, effleure lentement ses cheveux, dans un geste empli de tendresse. 

Liz ferme les yeux, visiblement grisée par ce simple contact.

Maria fronce les sourcils, jette un coup d’œil à Kyle qui prend un air entendu.

Elle reporte son attention sur le couple.

Sans même la toucher, Max suit avec sa main le contour de la joue de Liz, puis celui de son épaule, de son bras. Une étincelle colorée accompagne son geste, illuminant la peau de Liz

Maria en reste bouche bée. 

 

« On devrait leur dire qu’il y a des chambres pour ça ! » commente Kyle, goguenard.

 

« Chut ! » fait Maria.

 

« Tu rigoles ? » dit Kyle « Tu crois qu’ils voient ou entendent quoi que ce soit ? »

 

Maria se mord la lèvre en contemplant le couple.

Max s’est penché légèrement, posant son front sur celui de Liz.

Les yeux fermés, ils semblent tous deux tellement loin, comme dans une bulle.

En y regardant mieux, Maria constate d’ailleurs qu’un léger halo lumineux paraît auréoler leurs deux silhouettes. Elle secoue la tête, visiblement contrariée

Michael, qui la considère, elle, pensivement, a pris un air tracassé.

Maria se tourne à nouveau vers Kyle.

 

« C’est tous les jours comme ça ? »

 

Il acquiesce gravement.

 

« Depuis une semaine. » confirme-t-il

 

« Depuis qu’il est revenu » commente Maria

 

« Bon » fait Michael, crispé « On fait quoi ? »

 

« On pourrait leur jeter un seau d’eau » suggère Kyle en pouffant

 

« Allons voir Sérina ! » décide Maria en se dirigeant illico vers le bureau.

 

Michael soupire mais lui emboîte le pas, suivi par Kyle, toujours rieur.

Tous trois entrent dans le petit bureau où Sérina est en train de taper des factures.

Elle leur adresse un regard un peu surpris.

 

« Que se passe-t-il ? » demande-t-elle, vaguement alarmée.

 

« On aimerait que tu nous le dises » fait Maria, l’air irrité

 

Sérina hausse les sourcils. Maria lui fait signe de s’approcher.

Elle se lève, la rejoint prés de la porte restée ouverte.

Maria lui désigne Max et Liz, toujours immobiles dans le coin de l’atelier, nimbés d’une douce lumière. Sérina leur jette un coup d’œil, a un léger rictus.

Maria la tire par le bras pour la faire rentrer dans le bureau dont elle referme soigneusement  la porte.

 

« Tu as une explication ? » lui demande-t-elle

 

« Compréhensible ? » ajoute Kyle, pratique

 

« Ç’est juste un problème de balance énergétique. » dit tranquillement Sérina.

 

« Je croyais que tout ça, c’était réglé. » soupire Michael

 

« Le réajustement génique est terminé. » précise Sérina « Mais, de toute évidence, le niveau de résonance de Liz est encore un peu trop haut »

 

Kyle se fend d’un sourire gourmand. Michael soupire de plus belle.

 

« Son niveau de résonance ? » se récrie Maria

 

« Liz ne contrôle pas encore son potentiel énergétique. » tente d’expliquer Sérina « Tout est encore… trop instable… malmené au gré de ses émotions…  Elle est encore trop  réactive à l’énergie interne de Max... ce qui crée des interférences. »

 

 « Des interférences ? » grimace Maria  « Tu veux dire… comme quand il y avait ces éclairs verts ? »

 

« Sauf que là, ça ne crépite plus » intervient Kyle  « Ça explose carrément ! »

 

Sérina hausse les épaules.

 

« C’est temporaire » annonce-t-elle « Bientôt la balance sera rétablie »

 

« Et elle ne sera plus électrisée au moindre contact ? » demande Maria

 

« Le niveau de résonance va s'ajuster » concède Sérina « Ceci dit, vous connaissez tous les effets de la sexualité extraterrestre »

 

Kyle toussote avec un sourire un peu embarrassé.

Maria fronce les sourcils. Michael se frotte le front avec 2 doigts.

 

« Ils sont essentiellement dus à cette énergie interne qui crée une sur-excitation neuronale.» continue Sérina sans se démonter.

 

« Dit comme ça » commente Kyle « Ça manque un peu de romantisme. »

 

« Ce que je veux dire… » commence Sérina.

 

« Laisse tomber » interrompt sèchement Michael, peu disposé à subir un cours d’éducation sexuelle alien ponctué de mots incompréhensibles.

 

« Mais tout ça est provisoire ? » insiste Maria, apparemment tracassée «  Entre eux, tout va bientôt redevenir… comme avant ? »

 

« Oui et non » dit  Sérina

 

« Comment ça ? » s'énerve Maria.

 

« Désormais, tous deux disposeront du même potentiel énergétique » annonce tranquillement Sérina

 

Kyle grimace, songeur. Puis, soudain, son regard s’éclaire.

 

« C’est aussi prometteur que ça en a l’air ? » demande-t-il, très intéressé.

 

Sérina a un petit sourire en coin.  Kyle prend un air réjoui.

Michael les fusille du regard en constatant que Maria s’est à nouveau rembruni.

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Le pas lourd, l’air désabusé, Kyle monte les marches menant à son appartement.

Des journées comme celle qu’il vient de passer lui font systématiquement regretter d’être son propre patron. Impossible en effet de demander une augmentation ou de se faire payer en heures supplémentaires.

Il soupire. Encore heureux que Sérina, et même Max, une fois  redescendu sur terre, lui aient donné un coup de main extraterrestre. Il serait encore en train de s’échiner sur le nième dépannage urgent de la journée.

Il n’a même pas le courage de passer taquiner Isabel.  Elle risque de vouloir l’embaucher une fois de plus.  Il grimace. Préparer un quelconque spectacle, voire une exposition culturelle, ne correspond décidément pas sa conception de la soirée idéale.

Bien décidé  à s’installer devant un match, avec une bière et un plat de pop corn pour toute compagnie, il passe sans s’arrêter devant la porte de l’appartement de son adorable voisine.

Après avoir mis le pop corn au micro-ondes, il se décide quand même à sortir quelques minutes sur le balcon pour sa séance de méditation quotidienne.

Encore que, pour cette fois, il entende bien écourter son tête à tête avec lui même.

En s’approchant de la rambarde, il ne peut pas tout de même pas s’empêcher de jeter un coup d’œil au balcon voisin. De la lumière filtre en effet du salon d’Isabel. 

Il se penche, un brin curieux, histoire de voir ce qu’elle peut bien faire de sa soirée.

Il tique en l’apercevant, assise par terre devant son canapé, recroquevillée sur elle-même, les bras passés autour de ses genoux.

Agrippant la rambarde, il passe aussitôt sur son balcon, se précipite dans le salon, s’agenouille à ses cotés.

 

« Isabel ! » s’écrie-t-il en la prenant par les épaules « Qu’est-ce qu’il y a ? »

 

Elle lève vers lui des yeux baignés de larmes.

Il caresse sa joue, repoussant les cheveux qui lui tombent dans les yeux.

 

« Dis-moi. » implore-t-il

 

« Ils sont morts » gémit-elle « Ils sont tous morts… et… c’est… ma faute »

 

« Quoi ? »

 

« Le palais est rempli de fureur… de bruit… » bredouille-t-elle, les yeux hagards « La fumée… les cris… tous ces morts… »

 

Elle sanglote de plus belle. Il la prend dans ses bras pour essayer de la réconforter.

 

« Ce n’est qu’un cauchemar » dit-il, rassurant.

 

« Non ! » s’écrie-t-elle en le repoussant  « C’est bien réel… » elle frissonne  « Chaque fois que je ferme les yeux… je vois… je vois ce que j’ai fait ! »

 

Elle passe une main tremblante dans ses cheveux.

 

« Je savais qu’il ne fallait pas ouvrir la porte de ma mémoire… » gémit-elle  « Je… je ne peux plus la refermer… »

 

« Calme-toi » dit-il en lui prenant les mains

 

Elle le regarde, pathétique

 

« Zan… Rath… Ava… » dit-elle d’une voix sourde « Je les ai tous sacrifiés »

 

Kyle se mord les lèvres, bouleversé par sa détresse

 

« Je les ai tués, tu entends ! » crie-t-elle brusquement

 

« Hé ! » proteste-t-il «  Michael a dit… »

 

« Je sais ce qu’il a dit… » l’interrompt-elle aussitôt  « Mais  c’est ma faute… J’ai fait entrer Kivar. »

 

Elle ferme les yeux, laissant couler ses larmes 

 

« J’ai trahi mon frère, mon peuple… »

 

« Arrête ! » ordonne-t-il.

 

Elle rouvre les yeux, un peu surprise par son ton autoritaire

 

« Tu ne comprends pas… » souffle-t-elle

 

« Je comprends que ça ne sert à rien de te fustiger comme ça » la coupe-t-il d’une voix paisible

 

Il la regarde au fond des yeux, très calme.

 

« Valandra a fait une erreur… une erreur tragique, il est vrai… mais une erreur. »

 

Elle secoue la tête, accablée.

 

« Elle aussi en est morte, ne l’oublie pas. » insiste-t-il « Et, surtout… n’oublie pas qu’on t’a donné une autre chance »

 

Elle le regarde, un peu surprise.

 

« Tu as une autre vie » continue-t-il posément  « Ici et maintenant… avec la possibilité de corriger les erreurs du passé. »

 

« Mais… »

 

« Tu vas les corriger. » l’interrompt-il encore, catégorique  « Max, Michael et toi, vous allez inverser la fatalité… C’est pour ça que vous vous êtes réincarnés »

 

« Réincarnés ? » se récrie-t-elle

 

« T’appelle ça comment ? »

 

Elle ne trouve rien à répliquer. Il grimace, écarte les mains 

 

« Bon,  c’est  la variante extraterrestre…plus technologique »

 

Il se fend d’un grand sourire.

 

« Mais le principe reste le même : une autre vie, une autre chance. »

 

Elle le regarde fixement.

Elle ne croit pas un mot de ce salmigondis pseudo-bouddhiste, mais… il a peut être raison, après tout. En tout cas, une fois encore, il est là pour elle.

Elle lui sourit affectueusement.

 

« T’as mangé quelque chose ? » demande-t-il à brûle pourpoint

 

« N…Non » admet-elle.

 

« Alors… cette fois, c’est moi qui t’invite »

 

« Je n’ai pas…  vraiment faim »

 

« Je ne pensais pas à de la vraie nourriture » se justifie-t-il aussitôt « Plutôt à quelque chose de typiquement américain, défiant le plus élémentaire bon sens : pop corn / soda / ice-cream… le tout… devant… un match de hockey. »

 

Elle hésite à peine.

 

« D’accord ! »

 

« D’accord ? » s’alarme-t-il en fronçant les sourcils  « Holà ! C’est plus grave que je ne le croyais. »

 

Elle sourit à nouveau malgré elle devant son air exagérément soucieux.

 

« Bon ! » fait-il en se levant « Je vais chercher le ravitaillement... Installe-toi et fais chauffer la télécommande ! »

 

Elle se lève aussi, le regarde sortir. Un peu songeuse, elle va s’asseoir sur le canapé, attrape un des cousins qu’elle serre contre elle en attendant qu’il revienne.

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ethno  (01.11.2007 à 08:26)

Michael se réveille, considère pensivement la place vide à ses cotés.

Il s’assoit dans le lit, vaguement inquiet, tend l’oreille, puis se lève à son tour.

Il passe la tête par l’entrebâillement de la porte de la chambre à coucher, jette un coup d’œil au salon. Personne. Il s’avance alors jusqu’à la cuisine.

Maria, en nuisette de coton, l’air très affairé, est en train de préparer une de ses sauces « à l’Italienne »

Michael grimace, se gratte la tête, puis se décide à la rejoindre.

 

« Ça va ? » demande-t-il maladroitement.

 

Elle sursaute un peu en l’entendant, mais se remets presque aussitôt à  touiller sa sauce.

 

« Il est 3 heures du matin » signale-t-il en s’approchant.

 

« J’avais pas sommeil » dit-elle simplement en ajoutant un bol d’olives concassées au mélange.

 

Il hésite un instant, s’approche encore.

 

« C’est à cause de Liz ? » se décide-t-il à demander

 

Elle hausse les épaules, visiblement au bord des larmes. 

Il soupire, vient lui prendre la cuillère des mains, goutte la sauce, faisant claquer sa langue d’un air appréciateur.

Maria ne dit toujours rien, mâchoires crispées.

Il repose la cuillère, plonge son regard dans le sien.

 

« C’est quoi le problème ? » interroge-t-il, grave.

 

« Je crois… que… je suis jalouse » avoue-t-elle dans un rictus.

 

« Jalouse ? » répète-t-il, perdu. « De Liz ? »

 

« Je l’ai toujours enviée… enfin, depuis que… que  Max l’a sauvée, je…. » elle soupire « Tu sais… ces histoires de flashs… leur façon de lire chacun dans l’âme de l’autre… » elle soupire encore «  J’aurais tellement voulu…»

 

Il prend un air penaud.

 

« Je suis désolé » dit-il en baissant la tête  « Je… je ne pouvais pas… » 

 

« Michael ! » murmure-t-elle en réalisant à quel point il s’en veut 

 

Elle vient caresser sa joue, tendrement. Il l’attire contre lui, la serre fiévreusement.

 

« Je suis désolé »  redit-il dans un souffle « J’avais… trop peur… »

 

« Ça n’a plus d’importance. » dit-elle dans un sourire.

 

« On dirait pas » constate-t-il, un rien amer.

 

« Tu ne comprends pas… » soupire-t-elle

 

Il la regarde, attendant qu’elle s’explique. Elle secoue la tête.

 

« Michael, c’est… si merveilleux quand nos esprits se connectent… quand tu m’offres tout ton être… et que ce ne sont pas seulement nos corps qui s’unissent »

 

Il a un pauvre sourire. Les yeux de Maria se brouillent de larmes..

 

« Maria ! » implore-t-il, désemparé devant sa détresse.

 

« Maintenant qu’elle est…  presque… une des vôtres… » reprend-elle d’une voix rauque « Ils vont être… encore plus proches, n’est-ce pas ? »

 

« J’en sais rien. » élude-t-il, mal à l’aise.

 

Elle grimace, secoue la tête.

 

« Je veux vivre ce qu’elle va vivre » murmure-t-elle, véhémente  « Je veux… te donner… ce qu’elle va lui donner. »

 

« Maria ! » s’exclame-t-il en lui prenant les mains « Tu me donnes tout ce que je désire. »

 

Elle le regarde, pitoyable.

 

« Je ne veux rien d’autre. »  affirme-t-il, catégorique

 

Il pose un baiser sur ses lèvres. Elle n’y répond pas, encore visiblement tracassée.

Il hausse alors les épaules.

 

« Ceci dit… » ajoute-t-il en grimaçant «  Si tu y tiens vraiment… c’est tout simple… » il renifle dédaigneusement  «  On va faire en sorte qu’on te tire dessus… et… Max… te ramènera. »

 

Elle semble considérer la question. Il éclate de rire.

 

« Hé ! » fait-il en caressant sa joue  « Pas besoin de ça »

 

« Tu en es sur ? » demande-t-elle d’une toute petite voix.

 

« Certain » dit-il en l’attirant contre lui.

 

Il la soulève dans ses bras pour l’embrasser avec passion,

Elle s’accroche à lui, enroulant ses jambes autour de sa taille.

Tout en continuant à l’embrasser, il l’emporte jusqu’au salon..

 

« Je vais te montrer pourquoi. » ajoute-t-il en la posant sur le canapé.

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Kyle ouvre les yeux, reste un instant désorienté avant de réaliser qu’il est toujours sur le canapé d’Isabel, et que la dite Isabel dort encore, pelotonnée contre lui.

En fait, elle s’est endormie à la moitié du match, la tête posée sur son épaule.

Pour ne pas la déranger, il a alors baissé le son au maximum, suivant d’un œil distrait le reste de la compétition qui lui a de toute façon parue soudain nettement moins intéressante. 

Il est d’ailleurs bien en peine de dire quelle équipe a gagné.

Le match fini, il a zappé pendant un moment, passant d’une émission à l’autre sans regarder vraiment, cherchant seulement à éviter de se focaliser sur le corps doux et tiède blotti contre le sien… Sans grand succès.

Pour calmer les battements de son cœur et empêcher son imagination de trop s’emballer, il s’est ensuite appliqué à respirer profondément, lentement.

Finalement, il a lui aussi fermé les yeux, recherchant la sérénité dans le sommeil.

 

A présent pleinement réveillé, Kyle effleure doucement les cheveux d’Isabel, respirant avec délice le parfum subtil qui en émane.  Il pousse un profond soupir,  tente de se redresser sans la bousculer.

Elle entrouvre les yeux, ne semble même pas surprise de s’éveiller à ses cotés.

 

« Salut ! » fait-elle simplement.

 

« Tu… tu t ‘es endormie. » dit-il avec un air penaud.

 

« On dirait » approuve-t-elle en souriant.

 

Elle se redresse, s‘étire, féline.

Kyle déglutit difficilement en considérant ses formes parfaites.

Elle lui sourit à nouveau, encore un peu ensommeillée.

 

« Merci, Kyle » reprend-elle d’une voix douce « Merci pour tout… Tu es vraiment… »

 

« Un ami ! » complète-t-il en se levant, un peu amer « Je sais… »

 

Elle reste un peu décontenancée.

Il secoue la tête, lui sourit gentiment.

 

« Petit déjeuner ? » demande-t-il pour passer à autre chose.

 

Elle acquiesce lentement.

Il se dirige vers le coin cuisine, farfouille dans le frigo et les placards, prépare la table, mets en route la cafetière.

Elle s’approche pendant qu’il s’affaire.

 

« Kyle…  »

 

« Oui ? »

 

« Tu ne diras rien à Max, n’est-ce pas ? » elle grimace « Pour… les cauchemars et… le reste »

 

« Quel reste ? » s’étonne-t-il

 

Elle se mord la lèvre.

 

« Oh ! Tu veux parler de… notre nuit de folie ? » il rit doucement  « Pas de soucis ! J’ai une réputation… Pas question de te laisser la compromettre. »

 

Elle lève les yeux au ciel.

 

« Tu veux des toasts ? » enchaîne-t-il flegmatiquement.

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 1 mai    Liz Evans Max a commencé à rêver… chaque nuit ou presque. Des rêves qui sont autant de souvenirs. Peu à peu, fragment par fragment, comme Sérina nous l’avait annoncé,  Antar et son autre vie se reconstituent… C’est quand son sommeil est le plus profond qu’ils ressurgissent. Je le sens. Je m’éveille et je le regarde à la lueur des bougies parfumées que je laisse toujours allumées. Il s’agite, tremble, gémit quelquefois.Cela ne dure jamais très longtemps. Puis il ouvre les yeux, des yeux qui ne voient rien, des yeux considérablement assombris, si semblables à ceux de Zan.Alors, je pose mes mains sur sa poitrine, et, pour le ramener à moi, je l’embrasse, comme dans les contes de fées. Ses yeux retrouvent leur éclat.  Toujours, je sens ses craintes, ses doutes, ses regrets. Toujours, je les balaye. Je le serre contre moi et  l’embrasse, encore et encore, laissant nos esprits s’entremêler.

Il m’ouvre alors sa mémoire et me montre ce qui lui est revenu : des lieux, des instants, désormais bien réels… pour lui comme pour moi.

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ethno  (01.11.2007 à 08:26)

Isabel est allongée sur son lit, en pyjama de satin, les yeux grands ouverts.

Elle reste là depuis des heures, incapable de trouver le sommeil.

Elle regarde pour la nième fois le radio réveil sur sa table de chevet : 3 heures 30.

Malgré la fatigue, elle sait qu’elle ne parviendra pas à s’endormir.

Elle a trop peur de rêver.

 

Brusquement, elle se lève. Pieds nus, elle sort de son appartement, traverse le couloir, va jusqu’à la porte de celui de Kyle.

Elle hésite à peine un instant, puis elle utilise ses pouvoirs pour l’ouvrir.

Elle entre alors sans faire de bruit, referme soigneusement.

Faisant apparaître une minuscule boule de lumière au creux de sa main, elle s’avance doucement jusqu’à la chambre.

Kyle est couché sur le dos. Il dort profondément.

Isabel s’approche du lit, reste un instant à le regarder, pensive.

Puis elle referme lentement sa main, faisant disparaître la lumière. Avec précaution, elle soulève le drap, se glisse à ses cotés. Il grogne un peu mais n’ouvre pas les yeux.

Elle pose la tête sur son épaule, écoute un instant le bruit apaisant de sa respiration.

Enfin, elle pousse un profond soupir, ferme les yeux, se laisse aller dans le sommeil.

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Kyle se réveille, prend un air effaré en réalisant qu’Isabel est blottie contre lui.

Il grimace, atrocement perplexe, essayant de se remémorer les événements de la veille.

Encore qu’il ne voit vraiment pas comment il aurait pu oublier si elle et lui…

Afin d’en avoir le cœur net, il soulève néanmoins le drap, soupire légèrement, à la fois soulagé et un peu déçu de constater qu’elle porte un pyjama bien sage et que lui même a conservé son tee-shirt et son caleçon.

Il grimace de plus belle, cherchant le fin mot de l’histoire, avec tout de même pas mal de difficultés à rester concentré sur le problème. En effet, et bien qu’il s’efforce de les contrôler, ses mains, comme animées d’une vie propre, ont tendance à se faire caressantes.

N’y tenant plus, il pose une main sur l’épaule d’Isabel, la secoue doucement.

Elle entrouvre les yeux, esquisse un sourire

 

« Je peux… savoir… ce que… tu fais là ? » parvient-il à articuler.

 

Elle prend un air penaud.

 

« J’arrivais pas à dormir… » avoue-t-elle d’une toute petite voix

 

Kyle en reste bouche bée.

 

« Je ne voulais pas te déranger.  » ajoute-t-elle en grimaçant

 

« Tu ne me déranges pas » dit-il lentement  « Mais, bon… ça fait… drôle… de te voir là… dans mon lit !  »

 

« Désolée. » s’excuse-t-elle en se redressant, l’air piteux.

 

Il soupire, s’assoit à son tour

 

« Bon ! T’as dormi, au moins ? » demande-t-il en se grattant la tête.

 

« Oui » souffle-telle

 

« Tant mieux ! » soupire-t-il.

 

« Tu es fâché ? » s’inquiète-t-elle

 

« Non ! » s’exclame-t-il, peut être un peu trop vite

 

Il se fend d’un grand sourire.

 

« Ça va pour cette fois…mais… il ne faudrait pas que ça devienne une habitude… » il lui fait les gros yeux  « Pense à ma réputation. »

 

Elle a un pauvre sourire. Il se lève, un rien nerveux

 

« Je.. je vais aller… prendre une douche » dit-il en  tirant sur son tee-shirt pour le réajuster.

 

Elle acquiesce.

 

 « Froide » marmonne-t-il in petto en se dirigeant vers la salle de bains.

 

« Je vais préparer le petit déjeuner. » annonce Isabel en se levant à son tour.

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Un peu perdu au milieu de tous les gens qui se pressent dans les jardins de la villa de Kal Langley, Alex, en smoking et nœud papillon, s’efforce de ne pas perdre son cousin Peter, un peu moins élégant mais beaucoup plus à l’aise.

Une coupe de champagne à la main, un toast dans l’autre, Peter semble vraiment dans son élément. Il passe d’un groupe d’invités à un autre, admirant avec un plaisir évident  toutes les jolies filles présentes.

 

« Où est tante Betsy ? » demande Alex

 

« Quelle importance ? » rétorque Peter en mordant dans son toast  « Relax, cousin ! Profite de cette soirée. »

 

« Qui sont tous ces gens ? »

 

« Le gratin du show-biz : starlettes, réalisateurs, jeunes loups des studios… que du beau linge ! »

 

« Et qu’est-ce que JE fais ici ? » s’inquiète Alex

 

« Tu es là parce que M. Langley t’a invité. » dit Peter en haussant les épaules

 

« Pourquoi ? »

 

« Va savoir ! » soupire Peter

 

Il saisit une autre coupe de champagne sur le plateau d’un serveur et la tend solennellement à Alex

 

«  Mais tu devrais en profiter… juste au cas où il s’apercevrait qu’il a fait une erreur »

 

Alex soupire à son tour, prend la coupe et boit une gorgée en regardant encore autour de lui, cherchant un visage connu.

Sam, dépassant d’une bonne tête la plupart des invités, lui fait un petit signe de la main avant de se retourner vers la très jolie brune à ses cotés.

 

« M. Whitman ! » dit une voix sarcastique dans son dos  « Content que vous ayez pu venir ! » 

 

Alex sursaute, renversant un peu de champagne, se retourne pour se retrouver nez à nez avec Kal Langley, son éternel cigare à la bouche.

 

« Très belle fête… » bredouille Alex

 

« Le champagne est fantastique » approuve Peter.

 

« Viens par ici, fiston »  dit Langley en prenant Alex par le bras  « Je vais te présenter quelqu’un »

 

Il l’entraîne, plantant là Peter qui, très pragmatique, se rabat sur un nouveau plateau de toasts. Alex, un peu circonspect, se laisse guider jusqu’à la piscine.

Un petit groupe y est installé autour d’une table en fer forgé, plus occupé à parler travail qu’à faire la fête.


« Jerry ! » appelle Langley en avisant un gars assez râblé aux cheveux clairsemés.« Je te présente Alex Whitman, un jeune homme très prometteur. »

 

« Vraiment ? » marmonne Jerry d’un air assez peu convaincu

 

« Tellement prometteur » continue Langley sans se démonter « Que tu vas faire le nécessaire pour lui trouver une place dans ton staff. »

 

Jerry grimace. Alex prend un air ébahi.

 

« Je tiens absolument à l’avoir avec moi sur notre nouveau projet. » conclut Langley sans leur laisser le temps à l’un ou à l’autre de dire quoique ce soit.

 

« Mais… on est au complet » proteste Jerry avec un air pincé

 

« Sans importance ! » tranche Langley   « Trouve-lui une place… Tu peux lui laisser la tienne à la rigueur » ajoute-t-il avec un sourire carnassier

 

Jerry déglutit difficilement. Les autres échangent des regards incertains.

 

« M. Langley » intervient Alex, franchement mal à l’aise « C’est très gentil… mais je ne crois pas…. »

 

« Tu vas me servir d’assistant » l’interrompt Langley d’un ton sans appel « Tu as toutes les qualités pour ça… Je l’ai vu tout de suite J’ai du flair pour ça »

 

« Mais je n’y connais rien » proteste Alex

 

« Tu apprendras. »

 

« Je ne suis même pas sur de vouloir faire carrière dans le show-biz… » renchérit Alex sur un ton d’excuse  «  Et, de toutes façons, je dois d’abord terminer mes études »

 

« Ça, c’était bon… il y a un an.  »  affirme Langley avec un regard appuyé   « Mais maintenant… »

 

Alex fronce les sourcils, se demandant où ce petit bonhomme veut en venir.

 

« Les choses ne sont plus tout à fait les mêmes, n’est-ce pas ? » insiste Langley

 

Alex ne peut s’empêcher de hocher la tête.

 

« Prends ça comme un bonus,  une sorte de stage de pré détermination… un moyen de retrouver le contrôle des événements »

 

« Pourquoi moi ? » parvient à demander Alex, perturbé

 

Langley sourit de plus belle.

 

 « J’ai besoin de toi pour apporter de l’authenticité à ma nouvelle série de science-fiction… Figure-toi qu’elle se passe à Roswell, après le Crash de 1947. »

 

Langley tire sur son cigare, souffle la fumée avec un air extrêmement sérieux.

 

 « Une unité secrète du gouvernement y traque les extra terrestres survivants, dissimulés au sein de la population… »

 

Alex prend un air effaré.

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Kyle est couché sur son lit, les yeux grands ouverts.

Toute la journée, il a fait de son mieux pour rester concentré sur son travail, écartant résolument  toute pensée qui l’aurait ramené à ce petit matin si particulier.

A présent cependant, dans la pénombre, il ne peut s’empêcher de laisser son esprit revenir sur les récents événements.

Il doit bien s’avouer que son adorable voisine a pris de plus en place dans sa vie… et jusque dans son lit.  Il grimace. Hélas, pas de la façon dont il aurait pu l’espérer.

Il passe une main nerveuse dans ses cheveux, jette un œil à son radio réveil : 0 h 10.

 

« Et alors ? » marmonne-t-il à voix basse « Tu t’attendais à quoi ? »

 

Préférant ne pas répondre à cette question purement rhétorique, il se glisse sous le drap, se cale sur l’oreiller, s’appliquant à respirer calmement, profondément.

Une fois de plus, le sommeil lui apparaît comme la seule alternative acceptable.

A supposer qu’il arrive à dormir.

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ethno  (01.11.2007 à 08:27)

Kyle s’est assoupi. Il ronfle très légèrement.

Isabel rentre dans la chambre, avançant à pas feutrés à la lueur de la boule d’énergie contenue dans sa main.

Elle se mord la lèvre en le regardant. Elle se rappelle assurément ce qu’il lui a dit ce matin. Elle sait bien que sa présence l’a perturbé. Mais elle tourne depuis des heures dans son lit, sans parvenir à trouver le sommeil. Et elle se sent si fatiguée.

Elle se décide enfin à venir s ‘allonger à ses cotés.

Il se réveille en sursaut en la sentant se blottir contre lui.

 

« Qu’est-ce que… ? » bredouille-t-il

 

Elle se redresse, avec un air de gamine prise en faute.

Il s’assoit aussi, la regarde d’un air qui se veut sévère.

 

« Heu !… Je croyais qu’on était d’accord. » dit-il en soupirant  « Tu ne devais plus… venir comme ça ! »

 

« J’arrive pas à dormir » souffle-t-elle

 

« Isabel ! » soupire-t-il à nouveau

 

« J’y arrive pas… » répète-t-elle, pitoyable  « Sauf… quand je suis prés de toi. »

 

Il se gratte la tête, passablement perturbé.

 

« Ecoute, je sais pas comment te dire ça, mais… » il soupire encore  «  Je suis pas un ours en peluche… » il plonge son regard dans le sien  « Je suis un mec ! »

 

Elle grimace légèrement.

 

« Te sentir contre moi… » reprend-il pour bien enfoncer le clou « Disons que… ça me fait de l’effet… si tu vois ce que je veux dire »

 

« Mais… » bredouille-t-elle

 

« Ça peut pas continuer comme ça » l’interrompt-il, catégorique

 

Elle baisse la tête.  Il a un rire nerveux

 

«  J’ai du mal à croire que je te puisse te dire ça » reprend-il d’une voix sourde «  Mais… ne viens plus passer la nuit dans mon lit, d’accord ? »

 

Il se lève, irrité, enfile son pantalon, son sweat et ses chaussures.

Elle le regarde faire, un peu perdue.

Il prend les clefs de sa voiture sur la table de nuit.

 

« Où vas-tu ? » demande-t-elle d’une voix blanche

 

« Au garage. » répond-il laconiquement.

 

« Il est 4 heures du matin » fait-elle remarquer dans un souffle

 

Il hausse les épaules, sort sans rien ajouter.

Elle reste là, désemparée.

…………………………………………………………………………………………………

 

Pensive, Sérina observe depuis un moment Kyle, en train de farfouiller, l’air maussade, dans le circuit électrique d’une berline grise.

Contrairement à ses habitudes, il n’a pas dit grand chose aujourd’hui. Il a travaillé sans relâche, sans même essayer de convaincre Max d’utiliser ses pouvoirs pour faire avancer les choses.

En le voyant  s’attaquer si tard à cette ultime corvée, elle lui a carrément  proposé son aide, mais il a refusé, préférant se démener pour isoler le circuit déficient.

Elle soupire, s’avance vers lui..

 

« J’ai fini de saisir les données de la journée » annonce-t-elle

 

Il se contente d’approuver sans même relever la tête.

 

« Max est allé dépanner M. Bennett. »  ajoute-t-elle « Son pick-up est encore resté en rade. »

 

 Il continue à trifouiller dans son circuit.

 

« Tu veux un coup de main avant que je m’en aille ? » demande-t-elle encore.

 

« Non, merci… J’ai presque fini. »

 

Elle jette un regard dubitatif au fatras de câbles étalés devant lui.

 

« T’es sûr ? «  interroge-t-elle « Tu sais, Courtney peut attendre un peu. »

 

Il se redresse enfin, la regarde en grimaçant.

 

« Vous partez en virée ? » s'informe-t-il

 

« C’est samedi soir » fait-elle en haussant les épaules.

 

« Vous allez où ? » demande-t-il machinalement

 

« Je sais pas trop… C’est Courtney qui s’occupe de l’organisation. Je me contente de suivre. Mais, bon… c’est toujours un peu pareil : un endroit où on peut danser, boire… » elle grimace un sourire « Etc. … »

 

« Amusez-vous bien, alors. » fait-il en se remettant à sa réparation.

 

« On va essayer »

 

Elle le regarde encore un instant, puis se décide à s’en aller.

Il se redresse à nouveau.

 

« Sérina ! » appelle-t-il

 

Elle se retourne, un peu étonnée

 

« Je peux venir avec vous ? » demande-t-il lentement.

 

« T’es sérieux ? »

 

« Pourquoi pas ? »

 

« Ben… je sais pas si… ça va te plaire. »

 

« Tu as bien dis : danser, boire… »

 

« Etc. » complète-t-elle avec un sourire en coin

 

« Ça me va ! » affirme-t-il

 

« Dans ce cas… » fait-elle en haussant les épaules

 

Il jette un œil découragé aux fils épars.

 

« Tu veux bien… ? » demande-t-il encore.

 

« Je m’en occupe » dit-elle en s’approchant.

…………………………………………………………………………………………………

 

« Je suppose que c’est encore à moi de prospecter ? » interroge Courtney en haussant légèrement la voix pour se faire entendre par-dessus la musique.

 

Sérina lui adresse un demi-sourire tout en se resservant à boire.

 

« Ok ! » soupire Courtney «  Tu cherches la même chose que d’habitude, ou tu veux te lâcher un peu ? »

 

Comme son amie ne dit toujours rien, se contentant d’avaler une gorgée, elle soupire à nouveau.

 

« Très bien ! Alors : encore un beau ténébreux ! »  elle grimace en se levant « C’est parti ! »

 

Elle se tourne vers Kyle, assis de l’autre coté du box de la boite de nuit, l’air sinistre.

 

« Et toi ? » demande-t-elle avec un sourire charmeur

 

« Laisse-le. » grommelle Sérina

 

Kyle avale d’un trait le contenu de son verre

 

« Tu devrais arrêter »  dit Courtney en le voyant se resservir à son tour.

 

« Contrairement aux Hybrides »  l’informe-t-il d’une voix un peu pâteuse « Nous autres humains tenons assez bien l’alcool. »

 

« Possible » concède  Courtney« Mais je pense que tu manques d’entraînement. »

 

Il hausse les épaules.

 

« Et réfléchit à ce qu’en penserait Bouddha ! » ajoute Sérina en lui prenant la bouteille

 

« Hé ! » proteste-t-il en essayant de la reprendre

 

« Vaut mieux que tu arrêtes ! » insiste Courtney

 

« Je vais bien » indique-t-il

 

« C’est pas l’impression que tu donnes » réplique Sérina

 

« Vraiment ? » ironise-t-il en buvant calmement

 

« Tu devrais te regarder dans une glace. » renchérit Courtney

 

« Le meilleur des miroirs ne reflète pas l’autre coté des choses » cite-t-il solennellement

 

« Si tu veux » accorde Sérina « Mais je crois quand même que tu devrais arrêter. »

 

Kyle, un peu agacé, fait mine de se lever.  Il se met aussitôt à tituber dangereusement sous l’œil un peu moqueur de Sérina.

Il se laisse retomber lourdement sur son siège, l’air un peu piteux.

 

« Bon ! » soupire Courtney « Je crois que j’ai intérêt à te ramener au motel. »

 

Kyle grimace. Sérina se ressert tranquillement à boire.

…………………………………………………………………………………………………

 

Courtney pousse la porte de la chambre de motel, entre en soutenant Kyle qui avance laborieusement, un bras passé autour de ses épaules.

Elle l’amène jusqu’au lit où il se laisse tomber lourdement.

Elle se redresse, le considère gravement.

Il reste assis, maussade, la tête lourde.

 

« Ça va aller ? » s’inquiète-t-elle

 

« Je suis désolé » dit-il d’une voix rauque « Je ne voulais pas… gâcher votre soirée. »

 

« La soirée n’est pas finie. » le rassure-t-elle « Je vais retourner au bar et trouver de quoi l’animer. »

 

Elle s’approche, souriante, vient caresser doucement son épaule.

 

« Ou alors… » souffle-t-elle en se glissant sur ses genoux.

 

Elle sourit de plus belle, passe ses bras autour de son cou, le sollicitant du regard.

Il l’enlace et se met à l’embrasser avec application

Elle le pousse sur le lit, s’allonge sur lui tout en continuant à l’embrasser, le caresser.

Il répond à ses avances avec une ardeur légèrement teintée de hargne.

Petit à petit, cependant, elle le sent se crisper.

Il finit par laisser retomber ses mains, détourne la tête.

Elle se redresse, désabusée.

 

« Je suis désolé » répète-t-il sans la regarder.

 

« T’inquiète ! » fait-elle tranquillement  « Je te l’ai dit : je vais trouver de quoi occuper ma soirée. »

 

Il lève vers elle un regard plein de confusion.

Elle se lève, rajuste sa tenue.

 

« Tu ferais mieux de dormir. » dit-elle avec un sourire en coin

 

Il passe une main lasse sur son visage.

Elle se dirige lentement vers la porte, lui adressant un petit signe de la main.

Il se recroqueville sur le lit, ferme les yeux, le visage défait.

 

Dans le couloir du motel, Courtney, l’air sévère, ouvre son téléphone portable.

Elle compose soigneusement un numéro.

 

« Isabel ? » dit-elle d’une voix dépourvue d’amabilité « J’ai deux mots à te dire… »

………………………………………………………………………………………………

ethno  (01.11.2007 à 08:28)

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