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Série : Roswell
Création : 02.12.2006 à 21h21
Auteur : ethno
Statut : Abandonnée
« Il s'agit de la réalité alterneative de l'épisode La fin du monde l' univers parrallele d'où revient le Max du futur bref ce qui s'est passé et qui a aboutit 14 ans plus tard » ethno
Cette fanfic compte déjà 84 paragraphes
Vêtu seulement d’un jean, pieds et torse nus, Kyle, tout juste sorti de la douche, utilise
avec d’infinies précautions une serviette pour frictionner ses cheveux mouillés.
Sa tête lui semble en effet prête à exploser.
Il grimace, essayant de déterminer s’il a le courage de commander un petit déjeuner.
Son estomac aussi est sens dessus dessous.
On frappe.
Trois petits coups secs qui résonnent douloureusement dans son crâne.
Il grimace de plus belle, se dirige vers la porte qu’il entrouvre légèrement.
Il reste médusé en apercevant Isabel qui lui adresse un sourire un peu embarrassé.
« Salut ! » dit-elle en dansant d’un pied sur l’autre.
Kyle prend un air contrarié.
« Salut ! » réplique-t-il d’un ton plutôt sec
« Je peux… te parler ? » demande-t-elle d’une petite voix
« Heu !… » fait-il en se grattant la tête
« C’est important. » se justifie-t-elle
« Ecoute… » il referme un peu plus la porte « En réalité…. je… je suis pas tout seul. »
Il a un pauvre sourire. Comme il fait mine de refermer complètement, elle lève une main, utilisant ses pouvoirs pour repousser la porte qui s’ouvre en grand..
Kyle recule malgré lui. Elle entre, un peu altière, regarde autour d’elle sans faire de commentaires. Il grimace à nouveau.
« J’aurais pu… ne pas être seul… » marmonne-t-il en refermant lentement la porte
Elle le regarde pensivement. Il hausse les épaules.
« Comment t’as su où j’étais ? » demande-t-il en fronçant les sourcils
« Courtney. » répond-elle simplement
« Renégate ! » gronde-t-il
Isabel se rapproche, un peu mal à l’aise.
« Il faut que je te parle » répète-t-elle,
« De quoi ? » interroge-t-il en écartant les mains
« Je… j’ai beaucoup réfléchi » commence-t-elle, cherchant manifestement ses mots « Et… j’ai réalisé… que… je n’avais pas été… correcte avec toi. »
« Correcte ? » relève-t-il en haussant les sourcils
« Oui. » elle a un geste vague « Toi… tu es toujours là pour moi. Toujours… »
Il secoue la tête, un peu irrité.
« Quoi qu’il arrive… je peux compter sur toi… » reprend-elle d’une voix un peu rauque « J’en ai… abusé ! »
« N’exagérons rien ! » soupire-t-il
« Si ! » affirme-t-elle, sérieuse « Et… surtout… je… je ne t’ai rien donné… en échange. »
« Tu m’as donné… ton amitié. » fait-il avec un sourire désillusionné.
« Mais toi… tu veux plus… » dit-elle en le regardant au fond des yeux
Il éclate de rire, secoue à nouveau la tête.
« Je te l’ai dit. : Je suis un mec… » il écarte les mains dans un geste fataliste « On veut toujours plus. »
Elle s’approche encore, pose une main sur son bras. Il frissonne malgré lui.
Elle se penche doucement vers lui. Il recule.
« Fais pas ça ! » gronde-t-il en s’écartant
« Kyle ! » proteste-t-elle en s’avançant à nouveau.
Il l’arrête d’un geste.
« Je sais pas pourquoi tu le fais » s’énerve-t-il un peu « Mais… arrête, d’accord ? »
Elle lui adresse un pauvre sourire.
« Pourquoi ? » elle grimace, vient à nouveau poser une main sur son bras « Parce que… Courtney m’a dit des choses… des choses qui m’ont fait réfléchir. »
« Réfléchir ? » relève-t-il encore sans toutefois reculer à nouveau
« J’ai compris à quel point j’ai été bête… trop occupée à me morfondre sur mon sort pour réaliser que… tu es là… bien réel »
Elle laisse glisser sa main le long de son bras. Il reste très raide, un rien frémissant.
« Tu es là pour moi. » reprend-elle d’une voix douce « Tu es gentil, drôle… et tu tiens à moi »
.Il rit à nouveau, un rire sinistre. Elle lui adresse un regard blessé.
« Tu te rends compte de ce que tu dis ? » se récrie-t-il
« Mais… »
« Gentil ? Toujours là ? » il rit encore « C’est quoi ça ? »
Elle reste confuse. Kyle redevient sérieux.
« Je te l’ai déjà dit : je suis pas un ours en peluche »
« Je sais. » souffle-t-elle
« Je suis pas non plus être une roue de secours…» il la regarde gravement « Comme tu l’as dit : je veux plus. »
Il va jusqu’à la porte qu’il ouvre d’un coup, rageur.
« Alors, va-t’en ! » conclut-il, mâchoires crispées.
Elle vient vers lui, penaude. Il évite de la regarder, tenant la porte grande ouverte.
« Kyle.. » commence-t-elle
« Je t’en prie… » l’interrompt-il, tête baissé
Elle s’approche encore malgré tout.
« Est-ce que… c’est à cause… d’elle ? » demande-t-elle d’une toute petite voix.
« Qui ? » s’étonne-t-il en relevant la tête.
« Tess. »
Il prend un air abasourdi.
« Tu… tu es toujours amoureux d’elle ? » murmure-t-elle, pitoyable
Il passe une main lasse sur son visage, laisse retomber sa main.
« Je n’ai jamais été amoureux de Tess » affirme-t-il d’une voix un peu rauque
« Mais… » elle grimace « Vous… »
Il soupire, secoue la tête.
« J’ai été amoureux… d’une petite fille » dit-il lentement « Une petite fille un peu perdue… une petite fille qui n’existait pas »
Elle se mord la lèvre, fait encore un pas vers lui.
« Je ne suis pas une petite fille » reconnaît-elle avec un pauvre sourire « Mais… je suis perdue… sans toi. »
Fermant les yeux, elle vient poser ses lèvres sur les siennes.
Toujours circonspect, il ne peut cependant s’empêcher de répondre à son baiser.
Il s’écarte néanmoins presque aussitôt.
« C’est… vraiment… ce que tu veux ? » demande-t-il dans un souffle.
Elle lève une main, utilise ses pouvoirs pour refermer la porte.
« Je veux vivre » répond-elle en se glissant à nouveau dans ses bras « Je veux que tu fasses de moi une femme… humaine. »
Il referme ses bras autour d’elle, l’embrasse à nouveau, avec plus d’intensité cette fois.
Un flash explose alors dans sa tête: la grotte des incubateurs.
Il la voit, enfant, à peine sortie du cocon, tendant la main à Max.
Il tressaille, la repousse légèrement, le souffle court.
« C’était quoi, ça ? » s’écrie-t-il
« Un flash » dit-elle simplement « Tu n’en as jamais eu avec… »
Incapable de parler, il fait non de la tête.
« Oui… » fait-elle avec un sourire désabusé « Je crois qu’elle n’avait pas intérêt à te montrer ce qu’elle était vraiment. »
Il grimace, songeur.
« Moi… je veux que tu voies qui je suis… » souffle-t-elle « Je sais que tu peux me comprendre… peut être mieux que je ne me comprends moi-même. »
Il la serre dans ses bras, l’embrasse à nouveau.
Des flashs se succèdent, entremêlant leurs souvenirs : la marche dans le désert, les phares de la voiture des Evans / le départ de sa mère, les soirées télé avec son père / Max et Michael, ses seuls jalons dans un monde hostile / les copains de l’équipe de basket
Ils s’embrassent encore, chancelant légèrement sous l’afflux d’images et de sensations qui tourbillonnent dans leurs esprits.
Puis Kyle s’écarte à nouveau, la regarde, résolument émerveillé.
« Waho ! » parvient-il à articuler.
« Waho ? » s’indigne-t-elle « C’est tout ce que tu trouves à dire ? »
« Laisse-moi reprendre mon souffle » implore-t-il
Elle attend un instant en l’observant, amusée.
« Alors ? » interroge-t-elle en l’enlaçant à nouveau
« Waho ! » répète-t-il
« Je t’ai connu plus éloquent » remarque-t-elle.
Il la regarde intensément, caresse sa joue, ses lèvres.
« Que penses-tu de : « Je t’aime » ? » finit-il par demander
« Waho ! » fait-elle à son tour avec un grand sourire qui s’efface aussitôt.
Il a un léger rictus. Elle lui sourit à nouveau, mélancolique.
« J’ai peur, tu sais… » avoue-t-elle « Je… »
« Hé ! » s’exclame-t-il « Arrête avec ça.… »
Elle se mord les lèvres. Il lui sourit tendrement, caresse sa joue
« Je me fiche de ton karma… Je t’aime. »
« Je t’aime aussi » dit-elle dans un soupir « Kyle, je… »
« Chut ! » l'interrompt-il encore « Redis-moi juste ce que tu viens de dire »
Elle hésite. Il la regarde fixement, extrêmement sérieux.
« Je t’aime. » répète-t-elle enfin.
Il la serre contre lui, l’embrasse avec de plus en plus de passion, glissant une main sous son chemisier pour caresser sa peau, si douce.
Vacillante, elle le repousse cependant doucement.
« Kyle ! » dit-elle, un peu confuse.
Le souffle court, il la regarde, interrogateur.
« Il faut… que je voie Max. » souffle-t-elle.
« Max ? » s’étonne-t-il
« Je voudrais… »
« Sa permission ? » s'informe-t-il avec un léger rictus
Elle hoche lentement la tête. Il la regarde encore, pensif.
« Bon… » dit-il en souriant « Allons-y ! »
Il attrape sa chemise de la veille, grimace en la reniflant.
Isabel s’avance, la rafraîchit d’un geste.
Il lui sourit, ravi, dépose un baiser sur sa joue avant de finir de s’habiller.
……………………………………………………………………………………………..
Max et Liz sont installés sur leur canapé.
Il est en train de parcourir un livret alien emprunté à Sérina. Liz le regarde faire, songeuse.
« Alors ? » demande-t-elle finalement.
« C’est incroyable » dit-il en grimaçant « J’arrive à lire ce truc… C’est comme si j’avais toujours su. »
Elle caresse doucement ses cheveux.
« Et… ça parle de quoi ? » fait-elle en souriant
Il soupire.
« Franchement, je n’en sais trop rien. »
« Je croyais que tu comprenais ? »
« Je peux lire les mots…. Mais, de toute évidence, ce n’est pas dans mes cordes… trop technique. »
« Le genre : livre de chevet de Sérina ? » le taquine-t-elle
Il hausse les épaules.
« Je crois qu’il est question du Granilith et de replis spatio-temporels » risque-t-il en tournant quelques pages.
« Tu me traduis ? » demande-t-elle, intéressée.
« Pitié ! » supplie-t-il en refermant le livret
« Juste un peu… » elle dépose un baiser dans son cou « Pour me faire plaisir »
Il pousse un profond soupir, rouvre le livret, résigné
On frappe à la porte.
Max, trop content de l’interruption, se lève et va ouvrir.
Isabel et Kyle se tiennent devant la porte.
« Salut ! » dit Kyle.
« Salut ! » répète Isabel, nerveuse « On peut te parler ? »
Max hausse légèrement les sourcils, mais s’efface sans faire de commentaires pour les laisser entrer.
« Bien sur » dit-il simplement.
« Bonjour » fait Liz en se levant, curieuse.
« Salut ! » redit Kyle avec un petit signe de la main.
« Salut ! » répète encore Isabel avec un sourire crispé.
Un silence embarrassé s’installe.
« Alors ? » finit par demander Max en croisant les bras sur la poitrine.
Isabel a encore un sourire contraint.
Incapable de parler, elle se tourne vers Kyle, le regard un peu implorant.
Il grimace, redresse les épaules.
« Heu ! … Isabel et moi… enfin…» il lui prend une main qu’il serre dans la sienne « Les choses ont pas mal évoluées… »
« C’est merveilleux » intervient Liz, à la rescousse « Je suis contente pour vous deux. »
Isabel regarde son frère, l’air inquiet. Il lui sourit.
« Moi aussi » dit-il gentiment
« C’est vrai ? » s’exclame-t-elle « Tu es d’accord ? »
« J’ai mon mot à dire ? » s’étonne-t-il sincèrement
« J’aimerais…» admet-elle, penaude « J’aimerais… que tu sois d’accord. »
« Je suis d’accord » confirme-t-il « C’est un excellent choix »
Isabel se jette au cou de son frère.
Il l’embrasse puis, s’écartant, il tend en souriant la main à Kyle qui la serre gravement
Liz vient les embrasser l’un après l’autre.
Isabel sourit largement, visiblement soulagée.
Kyle, lui, hésite, se gratte la tête, puis se tourne à nouveau vers Max..
« Il y a autre chose ? » interroge Max, un rien soucieux
« Ben… je me dis que… tu pourrais… » il grimace
« Oui ? » l’encourage Max
« Nous marier. »
Max en reste bouche bée.
Kyle ne regarde plus qu’Isabel. Elle a pris un air troublé.
« Qu’est-ce que tu en penses ? » demande Kyle en écartant les mains
« C’est… vraiment… ce que tu veux ? » demande-t-elle gravement, lui renvoyant ses propres paroles.
« Oui » répond-il, tout aussi sérieux.
Elle le regarde, toujours hésitante. Il grimace.
« Dis quelque chose ! » implore-t-il « Oui, par exemple… »
Elle hoche lentement la tête.
« Excusez-moi… » fait Max, abasourdi « Mais je ne… »
« T’es le Roi, pas vrai ? » l’interrompt Kyle, catégorique « Tu dois bien pouvoir… bénir notre union ou un truc dans ce genre.. »
« Kyle, enfin… je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il faudrait faire pour… »
« Max ! » intervient Isabel d’une voix blanche « S’il te plait : donne-nous ta bénédiction »
« Vous l’avez » affirme Max « …pour ce qu’elle vaut. » il lève les yeux au ciel
« Max ! » supplie-t-elle encore
« Vous ne préférez pas… quelque chose de plus… classique ? » risque-t-il encore
« Oh ! On fera une réception » se récrie aussitôt Isabel
Kyle grimace. Elle s’approche de son frère, pressante.
« Mais Kyle a raison : c’est toi, et toi seul, qui doit nous marier. »
Max se tourne vers Liz qui hausse les épaules avec un petit sourire en coin.
Il regarde à nouveau Isabel et Kyle qui braquent sur lui des yeux pleins d’attente.
Il soupire, tend une main vers Isabel.
« Donne-moi ton bracelet » demande-t-il
Elle le détache et le lui donne. Il referme sa main dessus.
De son poing fermé irradie une énergie blanche, une lumière éblouissante qui s’éteint après quelques secondes.
Il rouvre alors sa main, révélant 2 alliances.
« Approchez ! » dit-il doucement
Isabel et Kyle échangent un regard, un sourire, puis s’avancent.
Max passe une des alliances au doigt de sa sœur. D’un geste, il y fait naître un scintillement, comme si une étoile s’y était enchâssée.
« Isabel » dit-il solennellement « Je te souhaite tout le bonheur que tu mérites auprès de l’homme que tu as choisi »
Isabel laisse perler une larme en contemplant l’alliance scintillante.
Max passe l’autre alliance au doigt de Kyle, l’illuminant à son tour.
« Kyle » reprend-il gravement « Je te confie ma sœur… Je sais que tu la chériras et que tu veilleras sur elle, quoiqu’il arrive »
Kyle hoche la tête, plus ému qu’il ne voudrait le paraître.
Max soupire à nouveau, hésite à peine un instant
« En mon nom et en celui d’Antar, je bénis votre union. » dit-il en joignant leurs mains
L’éclat étoilé enchâssé dans les alliances jette alors une lueur irisée qui s’estompe lentement.
Isabel lance à son frère un regard émerveillé. Puis elle se tourne vers Kyle, se jette à son cou. Il l’embrasse avec ravissement.
Max jette un coup d’œil à Liz qui lui sourit tendrement.
Isabel se tourne à nouveau vers son frère, un sourire radieux aux lèvres.
« Merci » souffle-t-elle.
Sans un mot, Max s’incline légèrement vers eux. Liz applaudit joyeusement.
Kyle, qui a gardé la main d’Isabel dans la sienne, lui sourit rêveusement.
« Bon, ben, on va vous laisser » dit-il d’une voix un peu rauque. « A demain. »
« Plutôt à dans quelques jours » rectifie aussitôt Isabel.
Kyle prend un air réjoui. Sans plus attendre, ils sortent main dans la main.
Liz se rapproche de Max qui est resté un peu incertain. Il lui sourit.
« Bon ! Tu veux toujours que je te fasse la lecture ? »
Elle l’enlace, charmeuse.
« Je crois que j’ai une autre idée. » souffle-t-elle
………………………………………………………………………………………………….
Devant l’entrée de leur petit immeuble, Kyle a soulevé Isabel dans ses bras. Malgré ses protestations, il l’a porté pour monter l’escalier.
Arrivé sur le palier, il s’arrête, fronce les sourcils.
« Chez moi ou chez toi ? » demande-t-il, rieur.
« Peu importe » dit-elle simplement
« Essayons ton lit pour changer » suggère-t-il très sérieusement.
Elle sourit, utilise ses pouvoirs pour ouvrir la porte puis la refermer derrière eux.
« On pourrait abattre la cloison » suggère-t-elle
« Ça peut attendre » affirme-t-il tranquillement tout en traversant le salon.
To be continued
GHOST AND MEMORY : Alternative Timeline Act 11
Max et Liz sont endormis, blottis l’un contre l’autre.
Une fois encore, Max est en train de rêver. Sa mémoire, de plus en plus nette, de plus en plus précise, le ramène vers Antar.
La grande salle de réception du palais royal, baignée d’une lumière chatoyante diffusée par les bulles irisées flottant dans les airs, aériennes.
La musique étrange, curieusement dissonante par instant.
La foule bigarrée, composée d’êtres plus ou moins humanoïdes.
Liz ouvre les yeux.
Comme toujours, elle a perçu le changement dans son état de conscience.
Elle se redresse, le regarde avec cette crainte instinctive qui l’envahit à chaque fois.
Lui continue son rêve.
Un personnage s’avance, amical, familier : de petite taille, les cheveux orangés, richement vêtu, un sourire malicieux aux lèvres.
« Zan ! Je voudrais te présenter quelqu’un »
Il s’écarte, révélant une femme d’une beauté étonnante, guère plus grande que lui, fine comme une porcelaine, le teint laiteux, presque bleuté, les cheveux d’un blond pâle, quasiment blanc. Ses yeux immenses, aux iris d’un bleu intense, infiniment lumineux, fixent sur lui un regard manifestement plein d’attente.
« Voici Ava ! Tu voulais la revoir, n’est-ce pas ? » le ton est moqueur
« C’est un honneur, Majesté » dit-elle d’une voix cristalline.
Max s’éveille en sursaut, s’assoit dans le lit, l’air égaré, bousculant Liz au passage.
« Max ! » s’écrie-t-elle en tendant une main vers lui
Il s’écarte vivement, lui tournant le dos, prêt à se lever.
Elle lui lance un regard où l’inquiétude est montée d’un cran.
« Max ! » proteste-t-elle « Qu’y a-t-il ? »
« Rien ! » murmure-t-il en secouant la tête
« Qu’est-ce que tu as vu ? » insiste-t-elle
« Rien ! » répète-t-il sans la regarder
Liz se mord les lèvres, incertaine. Il frissonne de la tête aux pieds.
« C’était juste…» dit- il d’une voix sourde. « Juste un cauchemar. »
Liz fronce les sourcils, soucieuse de le voir ainsi, manifestement effrayé, terriblement tendu. Elle se rapproche de lui, passe ses bras autour de son cou, frémit en réalisant qu’il est glacé.
« Viens ! » souffle-t-elle en le tirant en arrière.
Comme à regret, il se rallonge, la respiration oppressée.
Liz se blottit contre lui, plaque son corps contre le sien pour tenter de le réchauffer.
Sans faire le moindre geste pour la prendre dans ses bras, Max ferme les yeux.
Liz caresse doucement sa poitrine, tente d’entremêler leurs pensées, en vain.
Désemparée, elle réalise qu’il a aussi fermé son esprit.
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Maria dort, sur le dos, cheveux épars sur l’oreiller.
Michael est allongé à ses cotés, les yeux grands ouverts, des yeux considérablement assombris, aveugles à tout ce qui l’entoure.
Entre éveil et rêve, lui aussi se rappelle.
Le péristyle des jardins du palais royal, tout en pierres bleutées, finement sculptées de motifs arachnéens, rayonnant doucement à la lumière du crépuscule.
Ratht, par un froid glacial, emmitouflé dans un long manteau richement brodé.
Énervé, il parle d’un ton sec.
« Je n’écouterais pas un mot de plus… »
« Général, vous êtes pourtant notre seul espoir. » l’interrompt un être longiligne, à la peau bleue typique des Skins
« Il est notre Roi…»
« S’il continue, il ne restera plus rien de notre monde… Vous devez… »
« M’en aller… Je n’ai pas à t’écouter, Ayru. »
« Antar a besoin de vous ! » proteste le Skin
« Antar ? … Ou toi ? »
Le regard encore plus glacial que le soir d’hiver, il commence à s’éloigner.
« Votre fidélité peut vous coûter cher, général... » marmonne Ayru « Jusqu’où serez-vous prêt à aller ? »
Il se retourne, juste un instant.
« Jusqu’au bout... Il est le Roi ! »
Michael prend une grande inspiration douloureuse. Ses yeux retrouvent lentement leur couleur tandis qu’il revient à l’instant présent.
Il grimace, secoue la tête, essayant comme toujours de chasser tout cela de son esprit.
En vain. Chaque souvenir, une fois réveillé, reste obstinément accroché à sa mémoire.
Maria marmonne quelques mots incompréhensibles, s’agite un peu dans son sommeil.
Michael se tourne vers elle.
Il grimace un sourire, se rapproche, encore transi par le soir glacé de son souvenir, vient poser sa tête sur sa poitrine, recherchant sa chaleur.
A demi-endormie, elle referme pourtant ses bras autour de lui.
Il ferme les yeux, respirant avec délice le parfum sucré de sa peau, plus que jamais décidé à ne pas laisser le passé prendre une place qu’il ne veut pas lui accorder.
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Le vieux blouson en cuir, posé négligemment sur la chaise d’une chambre de motel, s’illumine brièvement tandis que le relais alien dissimulé dans une de ses poches émet une unique pulsation quasiment inaudible.
Sérina ouvre aussitôt les yeux, électrisée par le signal.
Elle considère un instant l'humain aux cheveux noirs, couché à ses cotés, un bras passé en travers de sa taille. Elle soupire, maussade, puis se dégage avec une certaine brusquerie, se redresse, le réveillant au passage.
« Qu’est-ce qu’il y a ? » grommelle-t-il d’une voix ensommeillée
Elle se lève sans daigner lui répondre. Lui tournant le dos, elle attrape le relais dans la poche du blouson, grimace en considérant la lettre alien qui s’y affiche.
Intrigué par son manège, l’homme l’observe en fronçant les sourcils.
Sans même lui accorder un regard, elle s’habille rapidement, puis se dirige vers la porte de la chambre de motel.
« Tu vas où ? » demande-t-il encore.
« Ailleurs ! » répond-elle sèchement en sortant.
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Eveillé depuis déjà un bon moment, Kyle, en appui sur un coude, contemple pensivement Isabel, endormie à ses cotés. Il aime la regarder dormir. Le sommeil lui fait perdre cet air un peu hautain qu’elle affiche le reste du temps en guise de cuirasse, rehaussant encore sa beauté.
Il ne se lasse pas de l’admirer.
Et puis… il sait que les premières heures du jour sont celles où sa mémoire résiduelle s’active, restituant les souvenirs de son autre vie.
Elle commence par s’agiter dans son sommeil, gémit, assez souvent, crie quelquefois.
Alors, il a pris l’habitude de s’éveiller très tôt, pour être là, au cas ou…
Si elle semble revivre des choses trop pénibles, il la prend dans ses bras, pour la rassurer… à moins que ce ne soit pour se rassurer lui-même.
Aujourd’hui, toutefois, elle ne paraît pas tourmentée. Ses lèvres esquissent même un sourire, un sourire un peu langoureux. Troublé, Kyle se penche et vient poser un baiser dans son cou.
Elle soupire, accentue son sourire. Il cherche alors ses lèvres et l’embrasse, avec tendresse tout d’abord, puis, comme elle répond à son baiser sans vraiment s’éveiller, avec plus d’intensité. Elle s’abandonne à ses caresses, sensuelle, finit par entrouvrir les yeux, pousse un cri étouffé en le voyant.
« Kyle ? » s’écrie-t-elle d’une voix aiguë
Il prend un air un peu effaré.
« Ben… oui ! » fait-il, mi-figue, mi-raisin
Isabel jette un regard égaré autour d’elle, totalement désorientée.
« Tu t’attendais à qui ? » demande-t-il en grimaçant.
Le visage d’Isabel s’empourpre, elle baisse la tête.
Kyle s’assoit lentement dans le lit, la considère, songeur.
Elle finit par relever la tête, l’air coupable.
« Je…je l’ai revu. » avoue-t-elle d’une voix blanche en s’asseyant à son tour
« Kivar ? » demande-t-il calmement
Elle se mord la lèvre, pousse un profond soupir, à nouveau frissonnante.
« Oui. » souffle-t-elle en baissant à nouveau la tête.
Kyle fronce légèrement les sourcils, se frotte le menton. Isabel garde la tête baissée..
« Isabel ! » appelle-t-il doucement.
Elle lève vers lui un regard plein de confusion.
Il attend patiemment qu’elle se décide à lui en dire plus.
« J’étais… avec lui… » murmure-t-elle enfin « A bord d’un vaisseau… quelque part dans notre système solaire… »
Sa voix se brise, elle grimace, visiblement mal à l’aise. Kyle soupire.
« Je suis désolée. » ajoute-t-elle, les larmes aux yeux.
Il se rapproche, la regarde au fond des yeux.
« Pourquoi ? » demande-t-il simplement
Elle prend un air encore plus penaud. Il tend une main, vient caresser sa joue
« Tu sais…» dit-il flegmatiquement « Valandra et Kivar… C’est une vieille histoire… » il renifle dédaigneusement « Qui a mal fini en plus. »
« Mais… tu… » elle hésite
« Quoi ? »
« Tu n’es pas… » elle grimace « Jaloux ? »
« Pourquoi ça ? » il rit franchement « C’est vrai : Qu’est-ce qu’il a de plus que moi ? »
Il hausse les épaules, un rien désabusé
« Je veux dire : en dehors du trône et de la richesse? »
Elle reste sans voix. Il lui sourit tranquillement
« Isabel » reprend-il plus sérieusement « Peu importe ta vie antérieure… Tu es avec moi à présent… avec moi. »
Il lui prend doucement la main gauche
« Tu es à moi. » dit-il en caressant son alliance
Elle a un pauvre sourire.
« Je t’aime » ajoute-t-il, toujours sérieux
« Je t’aime aussi. » répond-elle d’une petite voix
« Ça tombe bien ! » conclut-il avec un grand sourire.
Il l’attire dans ses bras et l’embrasse avec passion.
……………………………………………………………………………………………….
Assise au volant du 4/4, l’air renfrogné, Sérina attend avec une impatience croissante.
Agacée, elle finit par donner un nouveau coup de klaxon.
La porte du bungalow devant lequel elle est garée s’ouvre enfin. Courtney en sort, finissant de s’habiller à la hâte.
« Ça va ! Ça va ! J’arrive ! » grogne-t-elle en montant dans la voiture.
Sérina démarre sans attendre, conduisant nerveusement et trop vite.
Courtney soupire en considérant son visage fermé.
« Je me demande si tu as bien compris l’esprit de ces petites virées » marmonne-t-elle « Je résume : on y vient pour s’amuser, se détendre, oublier un peu… »
Sérina fait une embardée, évitant de justesse une camionnette.
Courtney peste en se cognant la tête contre la portière.
« Tu sais » grommelle-t-elle « La prochaine fois, tu devrais essayer un blond, pour changer ! »
Sérina lui lance un regard glacial, accélère encore.
« Qu’est-ce qu’il y a de si urgent ? » demande Courtney.
« J’ai reçu un signal. »
« Oh ! » grimace Courtney « Evidemment, s’il y a une balade avec sa Majesté en perspective, nos petites soirées ne font pas le poids. »
« Pas cette fois » soupire Sérina « Cette fois, c’est seulement toi et moi. »
Courtney fronce les sourcils.
« Un problème ? » demande-t-elle, alarmée.
« Ayru. » dit Sérina « C’était son signal-code. »
Courtney grimace de plus belle.
Sérina accélère encore.
…………………………………………………………………………………………………
10 juillet Liz Evans
Je n’ai pas pu me rendormir. J’ai gardé Max dans mes bras toute la nuit.
Il n’a pas dormi, lui non plus. Sans cesse, il a maintenu une barrière entre nous, m’empêchant d’atteindre son esprit.
Au matin, enfin, il a tenté de m’expliquer ce qui lui arrive.
Il dit que tout est lié à la mort de Zan.
Elle commence à lui revenir et il a besoin de temps pour l’affronter.
Il me demande d’être patiente.
Pour la toute première fois, je sais bien qu’il me ment.
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Raide, nerveux, Max traverse l’atelier sans même un regard pour Kyle qui, délaissant sa réparation, l’observe en fronçant les sourcils.
Il entre dans le bureau de Sérina, en ressort presque aussitôt, encore plus agité.
« Où est-elle ? » demande-t-il sans préambule
Sans s’offusquer, Kyle hausse les épaules.
« Avec Courtney… Elles ont pris la journée »
« Quoi ? »
« Un truc à faire au Refuge. »
Max soupire, visiblement contrarié. Kyle le considère gravement.
« Moi, je suis là » dit-il calmement
Max lui lance un regard aigu.
« Après tout, on a pas malde choses en commun, toi et moi… » continue Kyle avec un sourire désarmant
Il compte théâtralement sur ses doigts
« Tu es le mari de mon ex petite-amie … et aussi… le frère de ma femme…» » il affiche un air réjoui « Je me demande ce qu’un psy en penserait… »
Max grimace, incapable de sourire.
« Comment va Isabel ? » parvient-il à demander
« Comme toi… » dit tranquillement Kyle « Elle dort mal… Ses souvenirs la rongent … » il soupire « Faudrait que ça s’arrête avant que vous tourniez tous dingues »
« Je voudrais bien. » soupire Max
Il pince les lèvres, mal à l’aise, visiblement peu désireux de se confier.
Kyle hausse à nouveau les épaules.
« C’est quand tu veux ! » soupire-t-il en retournant à sa réparation.
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Betsy Whitman considère avec une attention toute maternelle son neveu Alex, en train de déjeuner. Tout en mangeant ses céréales, il parcourt minutieusement les pages d’un script.
« Vous tournez en extérieur aujourd’hui ? » demande-t-elle en lui servant un verre de jus d’orange
« Oui » Alex sourit largement « Une course poursuite avec un tas de carambolages et d’explosions »
« Et de jolies filles ? » interroge Peter, la bouche pleine
« Peter ! » grommelle Betsy
« Quel intérêt à aller au-dehors pour voir des cascadeurs ? » se justifie Peter, qui, pour sa part, ne sort presque jamais de la salle d’imagerie.
« Ça se passe comment avec M. Langley ? » questionne Betsy
« Bien. » dit Alex
« Il n’est pas trop dur avec toi ? » insiste-t-elle
« Non, non » la rassure Alex « Au contraire, il est très cool. »
« Cool ? » s’étouffe presque Betsy
« Je te garantis qu’il est vraiment sympa… Tiens, il a retardé le tournage pour me permettre… »
« On parle bien du même M. Langley ? » l’interrompt Betsy
« Il aurait pas viré sa cuti ? » demande innocemment Peter
« Peter ! » se récrie encore Betsy
Alex le fusille du regard.
« Ça c’est déjà vu ! » se justifie Peter en se reprenant des toasts
« Ne t’inquiète pas, tante Betsy » reprend Alex « En fait… je commence à apprécier ce job ! »
« Tant mieux » sourit Betsy
Elle considère encore son neveu avec des sentiments mitigés
« Mais pas question que ça se ressente sur tes notes. » ajoute-t-elle en lui faisant les gros yeux
« Pas de soucis » assure Alex « C’est juste un intermède. »
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Installée dans un fauteuil, une canette de bière à la main, Courtney essaye de se détendre un peu après la journée de dingue que lui a imposé Sérina, pressée d’installer les balises et les leurres afin de récupérer le message.
Elle avale une gorgée, jette un coup d’œil à son amie.
Pas question de détente en ce qui la concerne. Assise une fois de plus en tailleur sur le lit de la chambre de motel, elle s’acharne à présent au décryptage
Courtney, quant à elle, n’est vraiment pas impatiente de savoir ce qu’il en est.
Au fond, sa vie à Lawson lui plait.
Etre proche de Michael, même nettement moins qu’elle ne le voudrait, lui convient assez.
Sérina relève enfin la tête.
« Alors ? » demande aussitôt Courtney
« Kivar gagne du terrain. La présence d’Iléana et de Tess lui ont fait marquer des points… Plusieurs factions rebelles ont déjà capitulé. »
« Ayru doit être fou de rage. »
« Il veut Les récupérer. » dit Sérina d’une voix tendue
Courtney lui lance un regard aigu.
« C’est ce qu’on attendait, non ? » risque-t-elle
« Ils ne sont pas prêts » affirme Sérina
« Pas encore. » corrige Courtney
« Et je n’ai pas confiance en Ayru…»
Courtney soupire.
« Qu’est-ce que tu vas faire ? » demande-t-elle, soucieuse
« Le protéger. » dit simplement Sérina en se levant
« Tu penses à autre chose, quelquefois ? » grimace Courtney
Sérina a un léger rictus.
Courtney hausse les épaules.
« Samedi prochain…» grommelle-t-elle « Je t’en trouve un châtain foncé ! »
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« J’y crois pas ! » peste Lonnie pour la nième fois
Nicolas lui lance un regard désabusé. Il en a vraiment marre de ses récriminations.
« Il a pas le droit de me faire un truc pareil » continue-t-elle sur sa lancée
Nicolas referme la porte de la luxueuse suite du Hilton réservée pour la circonstance.
« Je voudrais pas en rajouter » dit-il d’une voix blasée « Mais… c’est Kivar !… Il a tous les droits !! »
Lonnie fulmine, jette rageusement le sac qu’elle portait sur l’épaule au beau milieu de la pièce. Nicolas pose le sien sur le canapé.
« J’arrive pas à croire qu’il ait osé me faire ça » reprend Lonnie, toujours furax « Me renvoyer sur cette planète minable ! »
« Faut dire que tu ne t’es pas rendue particulièrement populaire auprès de nos bons sujets » remarque Nicolas d’un ton sarcastique
« Ces bouseux ? » proteste-t-elle « Tu crois quand même pas que j’allais leur faire des ronds de jambes ? »
Nicolas la considère avec une moue dédaigneuse.
« Ben ! … Valandra n’était déjà pas exactement en odeur de sainteté » soupire-t-il « Mais tous tes petits caprices n’ont pas arrangé les choses… Pas étonnant que Kivar ait décidé de te mettre au vert ! »
« Il me le paiera ! » gronde-t-elle
Nicolas ricane franchement
« Un petit conseil : Joue pas à ce jeu là ! »
Il se dirige vers le mini-bar, y prend un whisky, du soda et des cacahouètes. S’installant sur le canapé, il entreprend de les déguster avec satisfaction.
Lonnie marche de long en large, furibonde.
« Et cette sale petite peste ! » siffle-t-elle
« Ça ! » admet Nicolas, lugubre « Faut reconnaître qu’ELLE, elle est maligne ! Elle sait faire gober ce qu’elle veut à qui elle veut…. »
« Si elle croit que je ne la vois pas venir ! » grogne Lonnie
Elle s’immobilise devant Nicolas, hargneuse.
« Elle veut prendre ma place, cette garce ! »
« A mon avis » annonce Nicolas, très sérieux « Elle prendrait bien celle de Kivar. » il soupire « Mais, comme je le disais, elle est maligne » il lui adresse un sourire froid « La tienne lui suffira… pour l’instant ! »
Lonnie lui lance un regard noir. Il soupire de plus belle.
« Ecoute ! » reprend-il calmement « Plus vite on aura accompli notre petite mission, plus vite on rentrera » il avale une nouvelle gorgée « Retrouvons cette sale petite fouine et faisons-lui cracher le morceau »
Il la regarde avec un petit air narquois
« Tu pourras peut-être rentrer à temps pour sauver les meubles » ajoute-t-il tranquillement en grignotant ses cacahouètes.
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Installé dans le canapé, Max a les yeux rivés sur la télévision.
Liz le regarde, lui, avec toujours cette affreuse et douloureuse sensation d'éloignement.
Il est rentré tard, prétextant un surcroît de travail du à l’absence de Sérina.
Il n’a pas mangé grand chose, silencieux, visiblement fatigué.
Il s’est pourtant ensuite posé devant la télévision, zappant interminablement.
Elle s’est assise à ses cotés, le cœur lourd. Il est resté renfermé, distant.
Liz pousse un profond soupir.
« Il est tard. » dit-elle doucement « Si nous allions nous coucher ? »
Sans quitter l’écran des yeux, il hausse les épaules.
« J’ai pas sommeil »
« Max ! Tu n’en peux plus… Ça se voit ! »
Il se décide enfin à la regarder, soupire mais éteint la télévision.
« Tu as raison. » admet-il à contre-cœur
Liz se lève, lui prend la main. Il se lève aussi, la suit jusqu’à la chambre.
Elle retire son peignoir, prend place dans le lit, le regarde se déshabiller lentement, comme si chaque geste lui coûtait. Elle peut sentir sa tension, palpable. Son silence lui déchire le cœur.
Il la rejoint enfin, s’allonge à ses cotés. Elle le prend dans ses bras, caresse tendrement ses cheveux, effleurant également son esprit dans une nouvelle tentative de connexion.
Il frémit, s’écarte un peu.
« Liz ! » soupire-t-il « Je t’en prie …»
Il a un pauvre sourire
Liz grimace. Il a peur. Elle le voit bien. Nul besoin de connexion pour le sentir.
Mais de quoi exactement a-t-il peur ?
« Ne m’en veux pas » l’implore-t-il « Sérina doit rentrer dans la nuit… Demain, je lui parlerai… » il frissonne à nouveau « Elle pourra sans doute m’aider… »
Sa voix se brise. Il l’attire à lui, la serre dans ses bras, pitoyable.
Liz ne dit rien mais son cœur se serre un peu plus à l’idée qu’il veuille partager avec Sérina ce qu’il lui refuse, à elle.
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Liz a fini par s’endormir. Sa nuit sans sommeil, la fatigue de la journée et la tension de la soirée ont eu raison d’elle.
Max, lui, ne dort toujours pas. Il la regarde, encore et encore. Comme un naufragé se raccroche à une planche de salut, il remplit ses yeux et son cœur de son image familière : son visage à l’ovale délicat, sa peau, lumineuse, ses lèvres si douces, la petite cicatrice au-dessus de son arcade sourcilière, ses cheveux si soyeux…
Un flash déchire sa vision. Une image se superpose à celle de Liz, troublante parce que tout aussi familière : la peau d’un blanc bleuté, les cheveux presque blancs, les yeux immenses.
Fasciné malgré lui, il la contemple, frissonnant. Elle lui sourit, langoureuse, lui tend les bras.
Max pousse un cri étouffé, recule brusquement, se cognant contre la tête du lit.
Liz s’éveille aussitôt, alarmée. Ses yeux s’agrandissent en voyant son air égaré.
« Max ! Qu’est-ce qu’il y a ? » s’écrie-t-elle en se redressant
Il s’écarte, levant une main tremblante pour lui signifier de ne pas l’approcher d’avantage.
« Max ! » gémit-elle en s’approchant malgré tout.
Il s’écarte encore, tendu à craquer, la respiration oppressée.
« Sérina » parvient-il à articuler
Liz lui lance un regard blessé.
« Va… la chercher » implore-t-il, tremblant de tout son corps « Je t’en prie »
Liz se décide, sort par l’escalier de secours, descendant les marches 4 à 4 dans la nuit.
Elle se précipite jusqu’au Mobil-home, soupire de soulagement en voyant le 4/4 garé devant.
Elle entre en trombe, ouvre tout grand la porte de la chambre de Sérina.
Celle-ci se dresse d’un bond, main levée.
« Sérina ! » crie Liz, à bout de souffle « Viens, vite… »
Sérina fronce les sourcils en la voyant ainsi, haletante, en chemise de nuit, pieds nus.
Elle-même ne porte qu’un grand tee-shirt noir.
« Qu’y a-t-il ? » demande-t-elle en laissant retomber sa main
« C ‘est Max ! … Je ne sais pas ce qui se passe, mais…. »
« Où est-il ? » l’interrompt Sérina, alarmée
« Chez nous. » souffle Liz.
Sans attendre, Sérina sort en courant, suivie de prêt par Liz, très décidée à ne pas se laisser distancer. Elles refont en toute hâte le chemin inverse.
Max est allongé sur le lit, recroquevillé sur lui-même, les yeux fermés, le corps parcouru par instants de spasmes douloureux.
Sérina s ‘assoit à ses cotés, pose une main sur son front.
Il ouvre alors les yeux, la regarde, tremblant..
« Je ne peux… plus… rien contrôler… » dit-il d’une voix rauque
Elle l’aide à se redresser, le soutenant pour qu’il s’assoie.
« J’essaye… de les contenir… mais… » il frissonne
Sérina se mord les lèvres. Il lui lance un regard chargé de reproches.
« Tu avais dit… que je pourrais les contrôler. »
Sérina pâlit, baisse la tête.
« J’ai menti. » avoue-t-elle d’une voix sourde
« Quoi ? » se récrie-t-il, effaré
Sérina relève la tête, sans oser toutefois le regarder dans les yeux.
« Une fois… le processus de récognition induit… » dit-elle lentement « Rien ne peut l’arrêter… » elle affronte enfin son regard, piteuse « TOUS tes souvenirs vont reprendre leur place »
« Tu m’as… menti ? »
Max est abasourdi, incapable de croire qu’elle ait pu lui faire ça.
« Je suis désolée » murmure-t-elle, la mort dans l’âme
N’y tenant plus, Liz s’avance.
« Max ! » souffle-t-elle « Qu’est-ce qui te fait si peur ? »
Il baisse à son tour la tête, l’air misérable.
« Ava » dit Sérina en se levant, très raide.
Liz fronce les sourcils. Max lève vers elle un regard tourmenté.
« Il s’est mis en tête de refouler ses souvenirs » continue Sérina à l’adresse de Liz « Mais… » elle guette du coin de l’œil la réaction de Max « C’est impossible. »
Il lui jette un nouveau regard noir. Elle grimace, mal à l’aise.
Liz s’avance encore, pose doucement une main sur la joue de Max.
Il ferme les yeux, pousse un profond soupir.
« Je la vois … » finit-il par lui avouer « Je NOUS vois, elle et moi… » il ouvre les yeux, parle dans un souffle « Je ne veux pas de ses souvenirs… » il plonge son regard dans le sien « Je ne veux plus… te faire de mal… »
« Dans ce cas… » dit-elle avec un sourire un peu mélancolique. « Ne me ferme plus jamais ton esprit… »
Elle caresse doucement sa joue.
« Te sentir loin de moi… C’est cela qui me fait du mal. »
Max prend un air piteux.
Elle prend son visage dans ses mains, se penche et l’embrasse tendrement..
Sérina, debout prés du lit, la regarde faire avec envie.
Liz s’écarte un peu, sourit encore, amoureusement.
« Je t’aime, Max » dit-elle dans un souffle « Et cette autre vie qui fait partie de toi… je l’ai acceptée… »
Elle l’enlace, l’embrasse encore, mobilisant sa volonté pour passer outre ses réticences.
Peu à peu, Max s’abandonne à sa douce détermination, unissant enfin leurs esprits.
Un flash s’y imprime presque aussitôt : Zan et Ava s’embrassant.
Max frissonne, tente de s’écarter, de refermer son esprit.
Elle ne le laisse pas faire, le serre plus fort, maintenant la connexion.
Tremblant, il la regarde, les yeux noyés de larmes. Elle lui sourit tranquillement.
Il cède à nouveau, la laisse voir les images qui remplissent son esprit : Zan et Ava, encore
… Ava surtout.
Liz ne cille même pas.
« Ce ne sont que des souvenirs… » dit-elle calmement « Les souvenirs d’un autre… »
« Et tu ne peux pas les contenir. » intervient Sérina d’une voix tendue « Ça te rendrait fou. »
Max grimace. Sa tête lui semble en effet prête à exploser.
« Laisse-moi t’aider » implore Sérina en s’approchant.
Max lui lance un regard glacial, terriblement suspicieux
Elle pâlît mais ne recule pas.
« Laisse-moi… te plonger dans une transe… » elle prend un air presque suppliant « Comme l’autre fois… »
Max secoue la tête, rejetant farouchement sa proposition.
Devant son air têtu, Sérina se tourne vers Liz.
« Il doit accepter ses souvenirs … » l’implore-t-elle « Il le faut… »
Liz regarde Max, pensive.
Mâchoires crispées, il a refermé les yeux. Elle sait qu’il continue à repousser les images qui envahissent son esprit. Elle sait aussi que cette lutte contre lui-même l’épuise.
Elle soupire, caresse à nouveau sa joue.
Il rouvre les yeux. Elle lui sourit, le regard calme mais le cœur tourmenté
Il la regarde intensément. Elle hoche lentement la tête. Il soupire à son tour.
Liz laisse sa main glisser sur sa joue, puis s’écarte lentement.
Sérina se rapproche alors. D’un geste un peu tendu, elle l’invite à se rallonger.
Max la regarde encore avec méfiance, mais obtempère malgré tout.
Elle vient s’asseoir à ses cotés, l’air piteux. Elle avance à son tour une main un peu incertaine. Comme il ne bronche pas, elle la pose sur sa joue, le regarde, implorante.
Il la laisse établir la connexion entre leurs 2 esprits.
Elle frémit devant l’amertume qu’il ressent à son égard, mais se penche néanmoins vers lui.
Liz la regarde faire, préoccupée. Elle tressaille lorsque la lueur dorée apparaît dans les yeux de la Skin, illuminant brièvement ceux de Max.
En constatant qu’il s’est figé, le regard terne, elle ne peut s’empêcher de se rapprocher du lit.
Sérina ne lui prête aucune attention. Méthodiquement, elle dessine l’image d’Ava dans l’esprit ouvert de Max, appelant les échos de sa mémoire.
Des flashs innombrables s’enchaînent alors, de plus en plus rapidement.
Liz se mord les lèvres, continue à les observer, le cœur battant à tout rompre.
Sérina finit par se redresser. Avec un pauvre sourire, elle laisse, elle aussi, sa main glisser, caressante, sur la joue de Max, puis se lève.
Tendue, Liz l’interroge du regard.
« La transe a brisé sa résistance… » dit Sérina d’une voix lasse
Liz pousse un profond soupir, regarde Max, toujours immobile, les yeux entrouverts sur cet autre monde qu’il est le seul à percevoir.
« Dis-moi... » dit-elle d’un ton étonnamment froid « Où tout ça va le mener. »
Sérina hésite un instant.
« Il sera enfin lui-même... » finit-elle par dire lentement « Il sera complet… »
« Mais QUI sera-t-il ? » l’interrompt Liz « Max ?…Ou Zan ? » elle frissonne
« Je ne sais pas… » avoue Sérina.
« Sérina ! » gémit Liz, le cœur paralysé par la peur
« Je ne sais pas. » répéte Sérina avec un air un peu misérable « S’il s’agissait d’un clone… je pourrais te répondre… »
Elle passe une main nerveuse dans ses cheveux bouclés
« Chez un clone, le processus de recouvrement mémoriel est exponentiel… Une fois le corps amené à maturité, il ne faut que quelques jours pour que la mémoire résiduelle se reconstitue »
Elle se retourne vers Max, effleure d’une main ses cheveux.
« Mais c’est un hybride » elle grimace, perplexe « Une part de lui n’est pas conforme à l’original… et… il a grandi… élevé en humain »
Elle soupire à nouveau, hausse les épaules.
« Je ne sais pas. » répète-t-elle encore en regardant à nouveau Liz « Je peux seulement te dire qu’il lui faudra encore du temps pour tout assimiler… »
Liz hoche lentement la tête, acceptant une fois encore l’inconcevable.
Lourdement, son cœur s’est remis à battre.
Elle regarde Max, frissonne devant ses yeux aveugles.
« Je n’aime pas le voir ainsi. » murmure-t-elle
« Attend une heure environ… » demande Sérina « Ensuite, ramène-le »
« Comment ? »
« Appelle-le… » elle a un léger rictus « Il te reviendra »
Liz hoche à nouveau la tête.
Calmement, elle vient s’asseoir sur le lit aux cotés de Max, ne regardant plus que lui.
Sérina les considère encore un instant, puis sort sans faire de bruit, le pas lourd.
…………………………………………………………………………………………………...
Kal Langley est assis à son bureau. Son éternel cigare à la bouche, il regarde sans vraiment y prêter attention les pages de scripts étalées devant lui, l’air morose.
Soudain, les portes-fenêtres s’ouvrent tout grand dans une envolée théâtrale des rideaux. Soufflées par cette violente bourrasque, les feuilles disposées sur le bureau se dispersent à travers la pièce.
Langley ne bronche même pas. Il est prêt.
L’air arrogant, le regard froid, Nicolas fait une entrée magistrale.
Juste derrière lui, toute vêtue de cuir, Lonnie affiche une moue suffisante.
« Salut, Kalha ! » susurre Nicolas de sa petite voix désagréable « Tu sais pourquoi on est là ? »
« Je m’en doute un peu… » ironise Langley en soufflant la fumée de son cigare
« Bien… » ricane Nicolas « Alors, et étant donné que tu es quelqu’un d’intelligent… » il renifle dédaigneusement « Ça devrait bien se passer. »
« Je ne demande que ça. » affirme calmement Langley
« Qu’est-ce que je disais ? » fanfaronne Nicolas à l’adresse de Lonnie « Ce bon vieux Kalha ne va pas nous causer d’ennuis… Il a trop à y perdre »
« Où sont-ils ? » interroge Lonnie, le regard dur.
« Je ne sais pas. » dit posément Langley
« A d’autres ! » crache Lonnie
« Je ne m’en suis plus occupé depuis des années » se justifie Langley « J’avais mieux à faire… » il frappe sur le bureau, furieux « J’ai une vie… une vie bien à moi »
Nicolas hausse les sourcils, méprisant.
Lonnie se rapproche, féline, s’assoit sur le bureau. Elle se saisit d’un coupe-papier étincelant qu’elle fait négligemment tourner entre ses doigts au verni carmin.
« Ben… si tu veux la conserver… » avertit-elle froidement « T’as intérêt à pas nous faire perdre notre temps… »
« J’en suis tout à fait conscient » dit lentement Langley
« Vraiment ? » fait Nicolas, sarcastique
Langley tire à nouveau sur son cigare.
« En fait… Vous me rendez un grand service. » » il a un petit rire déplaisant « Pour ma part, je ne PEUX pas leur faire de mal…»
« T’inquiète » dit Lonnie, tout sourire « On s’en occupe ! »
Nicolas s’avance à son tour, pose ses mains sur le bureau, le visage soudain menaçant.
« OU SONT-ILS ? » articule-t-il, autoritaire
« Je ne sais pas… » dit Langley sans se départir de son calme « Mais… je peux le savoir, évidemment… »
« Voilà qui est mieux… » chuchote Lonnie avec un sourire carnassier
« Mais j’ai besoin d’un peu de temps… pour réinitialiser le traceur et les localiser »
Nicolas a un sourire en coin, franchement sceptique.
« Ça fait des années que je n’ai plus utilisé ce truc… » se récrie Langley « Pourquoi diable est-ce que je l’aurai fait ? »
Il écrase son cigare dans le cendrier, se lève, rageur.
« J’ai une vie bien à moi… » répète-t-il, boudeur.
Nicolas le toise un instant, plutôt amusé.
« Tu as 48 heures... » finit-il par prévenir sèchement « Pas une de plus »
Langley grimace, acquiesce lentement.
« Ça suffira… »
« Y’a intérêt ! » marmonne Lonnie
« Et si je vous aide… » continue Langley
« Oh ! Tu vas nous aider, Kalha… » l’interrompt Nicolas, l’air mauvais
« Je veux quelque chose en échange… » termine gravement Langley
Lonnie éclate de rire. Nicolas hausse les sourcils, franchement dédaigneux.
Langley les considère tranquillement.
« Je veux rester ici » annonce-t-il sans façon
« Qui se soucie de toi ? » affirme Nicolas.
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Liz est toujours assise sur le lit aux cotés de Max.
Malgré une envie grandissante de le toucher, de partager ces rêves qui le retiennent loin d’elle, elle a patienté, attentive au moindre changement dans sa respiration, au moindre tressaillement des muscles de son visage.
Elle regarde une fois encore sa montre. L’heure est à présent écoulée.
Elle redresse légèrement les épaules.
« Max ! » appelle-t-elle doucement
Il frémit au son de sa voix, ouvrent des yeux entièrement noirs, étranges, étrangers.
Déterminée, Liz se penche, pose une main sur sa joue
« Max ! » répète-t-elle d’un ton plus insistant
Il frémit à nouveau, cille à plusieurs reprises. Peu à peu, ses yeux retrouvent leur éclat naturel.
Il pose sur elle un regard troublé.
Elle ne dit rien, lui sourit, un peu mélancolique. Il déglutit difficilement
« Ils sont là, à présent… » dit-il d’une voix sourde « Dans ma tête… »
Il referme un instant les yeux, frémit de plus belle.
Elle caresse sa joue. Il la regarde à nouveau avec un pauvre sourire.
« J’ai beau me dire que ce n’est pas moi… Je… je me souviens… » souffle-t-il « Et tout me semble… si…si réel… »
Liz se penche un peu plus.
« Non, Max ! » dit-elle d’un ton sans appel « C’est moi… MOI qui suit la réalité. »
Elle pose ses lèvres sur les siennes pour l’empêcher de répliquer.
Max l’enlace avec une ardeur teintée de désarroi.
Liz approfondit son baiser, mêlant avec ravissement leurs esprits.
Elle tressaille devant les images et les sensations qui la submergent aussitôt, lui donnant l’impression troublante d’être dans les bras d’un autre.
Max se raidit, en pleine confusion. Il relâche son étreinte, tente de se dégager.
Liz le serre plus fort. Possessive, elle déverse à travers la connexion leurs souvenirs les plus intimes, balayant ceux de Zan, méthodiquement. Encore et encore, elle les repousse, jusqu’à ce qu’ils s’estompent, jusqu’à ce que ne reste rien d’autre que leur amour.
Grisé par le désir dont elle inonde son esprit, Max referme à nouveau ses bras autour d’elle, avide de se fondre en elle, corps et âme.
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Installé à une terrasse de café, à l’ombre d’un grand parasol, Alex essaye depuis un bon moment de se concentrer sur son cours de physique.
Il aspire mollement une gorgée de son Milk-Shake, sans pouvoir évidement s’empêcher d’évoquer le Green Martian Shake du CrashDown, de loin le meilleur qu’il ait jamais bu…
Ou serait-ce de la pure nostalgie ?
Il soupire, essaye de se replonger dans son livre… en vain.
C’est encore un de ces jours où tout le ramène à Roswell… à Isabel… à tout ce qui n’existe plus... Il se fend d’un sourire désillusionné, corrige presque aussitôt : à ce qui n’a d’ailleurs jamais vraiment existé…
Maussade, il tourne une page, toujours aussi peu passionné par les quantum d’énergie.
Un taxi s’est arrêté à quelques mètres de la terrasse. Du coin de l’œil, Alex entre-aperçoit la passagère très élégante qui en descend et commence à s’éloigner, gracieuse.
Quelque chose de familier retient aussitôt son attention.
Il se redresse, curieux, regarde mieux. Son cœur s’arrête de battre.
Malgré ses cheveux courts et châtains, malgré les lunettes de soleil qui dissimulent ses yeux, il est certain de la reconnaître.
Il se lève d’un bond, renversant sa chaise, lui emboîte le pas
Elle avance lentement, féline, sa jupe fluide dansant à chaque pas.
Irrésistiblement attiré, mais bien incapable de franchir les quelques mètres qui les séparent, Alex la suit touours, le souffle court, la tête vide.
Tout soudain, elle s'immobilise et se retourne, ombrageuse.
Alex s’arrête aussi, confus.
« Isabel ! » parvient-il quand même à articuler « C’est… c’est bien toi ? »
Elle marque à peine une hésitation puis se fend d’un sourire énigmatique
Alex se rapproche, les yeux brillants.
D’un geste un peu théâtral, elle retire ses lunettes de soleil.
« Salut ! » dit-elle simplement
« Je… j’arrive pas à y croire ! » s’écrit-il en faisant encore un pas « Mon Dieu ! C’est bien toi… »
« Et oui ! » s'exclame-t-elle en accentuant son sourire « C’est moi ! »
« Mais… qu’est-ce…qu’est-ce que tu fais à Los Angeles ? »
« Je pourrais te poser la même question. » fait-elle remarquer tranquillement
« Après… après tout ce qui s’était passé… à Roswell… les…disparitions… tout ça… » bredouille-t-il « Mon père… a préféré… que je termine mes études… chez ma tante… ma tante Betsy… Il a pensé que j’avais… besoin… de changer d’air, tu comprends… »
Elle acquiesce gravement. Il lui adresse un regard admiratif.
« Tu as l’air… en forme… » dit-il d’une voix un peu rauque
Elle penche un peu la tête, le considère pensivement.
« Toi aussi. » dit-elle simplement
Il rosit un peu. Elle continue à le dévisager. Il secoue la tête.
« Je… je croyais… ne plus… jamais te revoir » avoue-t-il dans un souffle
Elle esquisse un nouveau sourire qui fait bondir son cœur dans sa poitrine.
« Alors ? » demande-t-il pour se donner une contenance « Où sont les autres ?… Max et Liz ? … Michael et Maria ? » il hésite un peu avant d’ajouter « … Kyle ? »
Elle hausse légèrement les épaules.
« Pour l’instant, on est chacun de notre coté… » elle baisse un peu la voix « Pour des raisons de sécurité, tu vois… »
« Tu veux dire que… tu es… toute seule à Los Angeles ? » s’étonne Alex
« Plus maintenant… » fait-elle en effleurant son bras du bout des doigts
Il en frémit légèrement. Elle se rapproche encore.
« Puisque tu es là … » chuchote-t-elle en l’enlaçant et en l’embrassant.
Alex en reste un instant interloqué. Puis, le cœur battant à tout rompre, il se décide à la serrer dans ses bras et à répondre à son baiser sous l’œil goguenard des passants.
Totalement à cet instant magique, Alex ne leur prête aucune attention.
La sonnerie d’un téléphone portable retentit hélas, le ramenant à la réalité.
Isabel grimace, recule légèrement. Elle tire le portable de son sac, le décroche d’un geste irrité.
« Quoi ? » fait-elle d’un ton dénué d’amabilité
Brusquement conscient qu’ils bloquent en partie le passage, Alex prend un air franchement embarrassé, surtout que les gens continuent de les dévisager en les contournant.
Isabel écoute un instant son interlocuteur
« Ça va… j’arrive » gronde-t-elle enfin, visiblement contrariée
Elle referme le portable, le glisse à nouveau dans son sac
« Désolée » dit-elle en grimaçant « Mais je dois y aller »
« C’était qui ? »
« Je peux pas te le dire… » fait-elle en prenant un air contrit
Alex se renfrogne légèrement.
« Pour l’instant… » ajoute-t-elle aussitôt
Alex pousse un grand soupir, résigné.
« Ecoute, je dois vraiment y aller… » elle lui sourit encore, charmeuse « Mais… on pourrait se voir… ce soir »
« Oui » fait-il très vite « Bien sur »
« Chez toi ? » suggère-t-elle
« Ma tante… » bredouille-t-il « Elle… elle a vu ta photo… et elle sait que… tu es censée être… en Europe »
« Alors, chez moi… » tranche-t-elle « Je suis descendue au Hilton… Suite 502…» elle vient poser un rapide baiser sur ses lèvres « Appelle-moi quand tu seras dans le hall »
Elle commence à s’éloigner. Il reste là, les bras ballants, incapable de bouger. Elle se retourne
« A 8 heures » précise-t-elle en lui faisant un petit signe d’adieu
Alex lève maladroitement une main, complètement dépassé par les événements.
…………………………………………………………………………………………………...
Visiblement mal à l’aise, Sérina attend à l’entrée de l’atelier.
Kyle, qui farfouille sans enthousiasme dans une boite de vitesse posée devant lui sur l’établi, la considère du coin de l’œil, pensif
Elle se tient immobile, mâchoires crispées, les yeux rivés sur la porte entrebâillée.
Inutile de lui demander ce qu’elle attend… ou plus exactement QUI elle attend.
Reste à savoir pourquoi elle semble tracassée à ce point.
La porte s’ouvre en grand. Max apparaît, s'immobilise en l’apercevant.
Elle ne dit rien mais se raidit perceptiblement. Il lui adresse un regard froid.
Kyle grimace, essaye de se faire tout petit.
Tête baissée, épaules voûtées, Sérina s’avance malgré tout vers Max, pitoyable.
Il reste immobile, très droit, visiblement contrarié.
Elle s’arrête tout prêt de lui, tremblante.
« Tu m’as menti. » dit-il après un temps
Sérina semble se recroqueviller un peu plus sur elle-même.
Kyle grimace de plus belle.
« Je te demande pardon » souffle-t-elle sans oser relever la tête
Max la considère encore, l’air hautain.
Kyle se gratte la tête, perplexe.
« M’as-tu menti pour autre chose ? » demande Max d’une voix dure
« Jamais ! » se récrie-t-elle
Elle lève enfin les yeux vers lui, des yeux noyés de larmes.
« Ce que j’ai fait… » murmure-t-elle « Je ne l’ai fait… que pour t’aider.. »
« M’aider ? » relève-t-il, sarcastique
Elle hoche lentement la tête, une lueur d’adoration dans le regard
« Tu es le Roi » dit-elle avec ferveur « Tu dois être toi-même… pour pouvoir reprendre ta vie là où elle s’est arrêtée… »
Elle fait encore un pas vers lui.
« Pour Antar… » insiste-t-elle « Pour nos 2 peuples… »
Max la considère gravement. Son regard s’adoucit.
D’un geste rempli de respect et d’un soupçon de crainte, Sérina lui prend la main droite. Elle la soulève légèrement, s’inclinant pour poser son front sur ses doigts.
Max la laisse faire, altier.
Kyle écarquille les yeux devant leur manège.
Sérina se redresse lentement, dans l’expectative.
Max retire sa main
« Ne me ment plus jamais ! » ordonne-t-il, impérieux.
Sérina grimace, hoche gravement la tête.
Max lui lance un regard appuyé puis fait mine de se remettre en mouvement.
D’un geste preste, elle lui reprend la main, vient poser un baiser sur sa paume. Puis elle se retourne et se précipite dans le bureau.
Max reste un instant interdit. Puis il se retourne et remarque alors Kyle qui l’observe toujours avec un air mi-figue mi-raisin
« Salut ! » fait celui-ci en faisant un petit signe de la main.
Max prend un air de gamin pris en faute.
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Debout prés de la portière arrière du tram, Alex compte les arrêts, plutôt contrarié par l’appel intempestif d’un Langley on ne peut moins cool, exigeant sa présence immédiate.
Il jette un énième coup d’œil à sa montre. A condition de ne pas laisser le petit bonhomme le monopoliser trop longtemps, il devrait quand même avoir le temps de passer acheter une nouvelle chemise, histoire de se montrer sous un jour favorable.
Il soupire, mécontent qu’un quelconque changement de plan de tournage menace de compromettre cette soirée… ce rendez-vous inespéré.
Son cœur s’emballe à nouveau tandis qu’il songe à cette merveilleuse et incroyable rencontre.
Jamais Isabel ne lui a paru plus belle. Il la revoit, féline, sure d’elle, et si… directe.
Tout à sa rêverie, il en manque presque son arrêt, descend en toute hâte en maugréant.
Il franchit en courant le reste du trajet jusqu’à la superbe villa du producteur.
Il sonne vigoureusement à la porte, le souffle court, attend en dansant d’un pied sur l’autre, plus que jamais décidé à écourter la rencontre.
Kal Langley en personne vient ouvrir la porte, en peignoir, son éternel cigare à la bouche.
« Ah, te voilà ! » s’exclame-t-il, l’air maussade.
« J’ai fait au plus vite » se récrie Alex, un peu vexé
« Entre ! » ordonne sèchement Langley
Sans plus attendre, il prend le chemin de son bureau.
Alex le suit en traînant les pieds, grognant in petto.
Avec un air accablé, Langley se laisse tomber dans le gigantesque fauteuil en cuir qui trône derrière son non-moins gigantesque bureau de style.
Bien décidé à ne pas s’attarder plus longtemps que nécessaire, Alex choisit de rester debout.
Langley le considère longuement en tirant pensivement sur son cigare.
« Alors ? » finit par demander Alex, un peu agacé « Qu’est-ce qui se passe ? »
« J’ai besoin de toi… » dit simplement Langley
« C’est quoi le problème ? »
« Une question de vie ou de mort. » affirme théâtralement Langley
Alex lève les yeux au ciel, irrité par le ton mélo-dramatique pris par le producteur.
Quel que soit le problème, il est bien certain que tout n’est pas aussi catastrophique qu’il veut bien le laisser croire.
Il ne peut s’empêcher de jeter un nouveau coup d’œil à sa montre.
« Et je suis désolé, petit… » reprend Langley avec un sourire affecté « Mais, tu vas devoir faire une croix sur ce rendez-vous. »
Alex fronce les sourcils.
« De quoi parlez-vous ? » demande-t-il, abasourdi
« Ton rendez-vous » répète Langley « Celui de ce soir… » il secoue la tête, faussement navré « Tu ne pourras pas y aller. »
« C’est quoi ce délire ? » s’énerve Alex en se raidissant « Et d’ailleurs… comment… comment diable savez-vous que j’ai un rendez-vous ? »
« C’est mon rôle de savoir » affirme calmement Langley en soufflant la fumée de son cigare.
« Vous voulez dire… que… que vous m’espionnez ? » s’indigne Alex
Langley a un léger rictus.
Très remonté, Alex fait un pas vers le bureau.
« Non, mais ça va pas ? » s’écrie-t-il d’une voix blanche « Vous êtes malade ? »
« Calme-toi, petit » intervient Langley
« Je travaille peut-être pour vous mais… » continue Alex, très remonté « Je… j’ai droit à ma vie privée… »
« C’est un luxe que tu n’as plus…» l’interrompt à nouveau Langley
« Non, mais… pour QUI est-ce que vous vous prenez ? » fulmine Alex
Langley pousse un profond soupir.
« Elle n’est PAS celle que tu crois ! » dit-il d’un ton sans appel
Alex en reste bouche bée. Son cœur a fait un bond dans sa poitrine.
« De quoi est-ce que vous parlez ? » murmure-t-il enfin
Langley le regarde un instant fixement, faisant croître son malaise.
Puis il saisit un dossier posé sur son bureau, en tire une série de photos de la petite visite de Lonnie et Nicolas, les lui tend..
« Ce n’est pas ton Isabel…» dit-il d’une voix lasse « Seulement… une mauvaise copie. »
Alex considère les photos, le regard mauvais de la jeune femme, son allure méprisante.
Bien qu’il ne l’ait jamais vue, il n’a aucun mal à identifier le double d’Isabel.
Certains détails troublants de sa « merveilleuse » rencontre prennent alors tout leur sens.
Il relève la tête, regarde avec méfiance le producteur.
« Qui êtes-VOUS ? » demande-t-il d’une voix blanche
Langley soupire, se lève avec raideur.
Sa silhouette se modifie, prenant une apparence franchement extraterrestre : celle d’une créature de petite taille, à la tête oblongue, aux yeux immenses.
Alex a un mouvement de recul.
« J’ai dit : du calme » dit Langley en reprenant son apparence humaine « Si j’avais voulu te tuer, j’en aurai déjà eu l’occasion, tu ne crois pas ? »
Alex déglutit difficilement, redresse les épaules sous le regard appréciateur du petit homme.
« Qui êtes-vous ? » répète-t-il d’une voix un peu vacillante
« Un simple pion sur l’échiquier… comme toi ! »
« Que voulez-vous ? »
« Une vie bien à moi… » soupire Langley « Mais… on en est plus là ! »
Il hausse les épaules, passe devant Alex en lui faisant signe de le suivre.
« Viens, petit, je dois te montrer quelque chose »
Sans attendre de réponse, il se dirige vers l’escalier montant à l’étage.
Alex le suit mais bloque devant la première marche, incapable de se décider à aller plus loin.
Langley s’arrête au bout de quelques marches.
« Allons, mon garçon. » dit-il sans même se retourner « Je sais que tu veux savoir. »
Alex peste mais commence à monter.
Langley se fend d’un sourire sinistre et reprend sa progression.
Alex le suit, le pas lourd, pâle mais décidé.
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Les bras croisés sur la poitrine, l’air blasé, Nicolas observe pensivement Lonnie, installée sur le luxueux canapé en cuir de la suite.
Bien calée sur les cousins, les yeux fermés, elle se livre à une de ses activités favorites : une promenade illicite dans le subconscient d’un dormeur sans défense.
Encore que celui-ci lui donne du fil à retordre.
Nicolas grimace en considérant la photo qu’elle tient entre les mains : celle de Rath, qui leur échappe avec obstination.
Lonnie finit par ouvrir les yeux. Elle s’étire, laissant glisser sur le sol la photo de sa proie.
« Alors ? » demande Nicolas d’un ton dénué d’amabilité
« Rien à faire ! » grogne-t-elle « J’arrive pas à le localiser. »
Il lui lance un regard soupçonneux.
« Tu n’essayerais pas de le protéger, par hasard ? » suggère-t-il d’un ton franchement désagréable
« Pourquoi ? » se récrie-t-elle aussitôt en levant les yeux au ciel
« Un soupçon de nostalgie, qui sait ? » avance-t-il avec un sourire sinistre
Elle ricane, se lève et vient se planter devant lui.
« Tu veux mon avis ? » dit-elle d’une voix suave « Ce gars est tellement obtus que ce qui lui sert de cerveau forme un écran naturel. »
Nicolas considère pensivement l’allure déjantée de Rath, hausse les épaules.
« Faudrait quand même arriver à le coincer » remarque-t-il
« A quoi bon ? » objecte Lonnie « Langley va bientôt nous livrer la fournée de Roswell…. Kivar aura son général, non ? »
Nicolas se fend d’un sourire mauvais.
« Oui ! Mais… il n’est pas le seul a en vouloir un exemplaire. »
« Tiens donc ! » fait-elle en haussant les sourcils « Tu roules pour Ayru, maintenant ? »
« Ça te pose un problème ? » s'informe-t-il d’une voix nonchalante
« Tu rigoles ? » raille-t-elle « Vu la façon dont il m’a traitée, jouer un mauvais tour à Kivar n’est pas pour me déplaire. »
« D’autant qu’Ayru saura se montrer généreux » complète Nicolas
« Et que lui au moins n’est pas sous le charme de la Reine-mère » siffle Lonnie
Nicolas ricane franchement.
« Faudra quand même jouer serré… » ajoute Lonnie en grimaçant
« Evidemment ! » concède Nicolas, l’air suffisant
Ils échangent un regard entendu, le même sourire narquois aux lèvres.
Puis Lonnie fait un grand geste autoritaire.
« Bon ! » dit-elle d’un ton sans appel « Maintenant, tu dégages ! »
« De quoi ? » s’indigne Nicolas
Lonnie se fend d’un grand sourire.
« Tu prends tes cliques et tes claques… et tu vas faire un tour » elle prend un air gourmand « J’attends quelqu’un ! »
Nicolas la considère, plutôt vexé.
« Qui ? » demande-t-il d’un air pincé
« Un de la bande de Roswell… » fait-elle en attrapant un épais dossier rempli de photos « Le petit brun raide dingue de mon alter ego »
Elle farfouille un instant, finit par trouver une photo d’Isabel et Alex qu’elle brandit sous le nez de Nicolas
« C’était quoi son nom, d’ailleurs ? » demande-t-elle en grimaçant
« Alex Whitman ! » soupire Nicolas
« Ah, oui ! » s’exclame Lonnie « Le petit Alex ! »
« D’où tu le sors ? » interroge Nicolas, visiblement mécontent
« Je suis tombée sur lui par hasard tout à l’heure. » susurre Lonnie « Alors, je l’ai invité ! »
« Tu perds ton temps » prévient Nicolas « Il ne sait rien. On a vérifié… Ton charmant duplicata l’a plaqué en quittant Roswell »
« Je sais ! » dit-elle tranquillement « Je lis les mémos de nos indics, figure-toi ! »
« Tu ne pourras pas en tirer la moindre information utile. » renchérit Nicolas
Elle éclate d’un rire haut perché.
« Je ne cherche PAS de renseignements » précise-t-elle « Je veux juste m’amuser un peu »
Elle le toise avec dédain.
« J’en ai marre de glander ici… et j’en ai marre de toi. »
« Merci bien ! » grimace-t-il
« Ce gamin tombe à pic. » continue-t-elle, souriante « Rien de tel qu’un amoureux transi pour vous remonter le moral. »
« A mon avis… » commence Nicolas
« Je me fous pas mal de ton avis » l’interrompt-elle aussitôt
Son visage se ferme, son regard se fait mauvais.
« Dégage ! » ordonne-t-elle à nouveau
« Comme tu veux… » marmonne Nicolas en se dirigeant vers sa chambre.
Il se retourne juste avant de sortir
« Mais je parie qu’il t’ennuiera rapidement… » ricane-t-il
« On verra bien ! » dit-elle avec un sourire mauvais
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D’un pas un peu raide, sans un regard en arrière, Langley est allé jusqu’à sa chambre
Pas vraiment rassuré mais résolu à ne pas flancher, Alex l’a suivi à l’intérieur.
La pièce est immense, décorée et meublée dans un style résolument moderne, tout dans des nuances de gris et argent.
Langley lève une main impérieuse, fait coulisser d’un geste sec les portes-miroirs situées à gauche du lit, dévoilant un dressing à peine plus petit que la chambre elle-même.
Une impressionnante collection y est impeccablement alignée : chemises, costumes et chaussures… sans oublier les chapeaux.
D’un autre geste, Langley repousse une rangée de vêtements.
Il passe alors sa main sur le mur nu, faisant apparaître une empreinte argentée. Il y pose sa paume, déclenchant l’ouverture d’une porte jusque là invisible.
Sans même se donner la peine de vérifier si Alex suit toujours, il entre dans la salle ainsi révélée.
Alex hésite un instant, puis redresse à nouveau les épaules, prend une grande inspiration avant d’avancer comme on se jette à l’eau.
La pièce est nettement plus petite, hexagonale, baignée d’une lumière diffuse. Les murs semblent faits d’un métal aux reflets bleutés.
Au centre trône un siège translucide placé devant un immense panneau opalescent légèrement incurvé en demi-lune.
« C’est quoi ça ? » demande Alex en tentant d’ignorer la crainte qui lui tord le ventre
« Ce qu’ils veulent. » dit laconiquement Langley
« Mais encore ? » insiste Alex
Langley se laisse tomber dans le siège, lève une main qui émet une lumière intense, activant le panneau qui prend une teinte laiteuse. Des zones colorées marquées de symboles aliens apparaissent sur un coté.
Alex se rapproche, la curiosité l’emportant sur la peur.
Langley effleure les marques colorées. Une image de la Terre se forme sur le panneau, se précise lentement.
« Je t’ai dit que c’est mon rôle de savoir » dit Langley en continuant son pianotage.
S’en suit un zoom avant : une plongée vertigineuse en direction de la planète.
Alex sent son estomac se contracter tandis que le continent américain en vient rapidement à remplir tout l’écran.
« Ceci est un traceur syntonisé sur les xéno énergies » déclare placidement Langley
« Traduction, s’il vous plait ! » marmonne Alex en grimaçant
Langley hausse les épaules.
« Il est focalisé sur nos Hybrides… pour me permettre de les localiser… »
Alex se mord les lèvres, considère pensivement l’image qui s’est centrée sur les USA.
Des taches d’un bleu lumineux apparaissent en différents endroits du pays.
Trois dans ce qui lui paraît la région du Dakota ou du Minnesota.
Une en Californie, indubitablement à Los Angeles.
Une autre en Floride, probablement à Miami
Langley soupire. Il désigne du doigt Los Angeles avec un air désenchanté.
« Celle-là n’est pas la bonne, petit. » affirme-t-il « C’est juste une imitation »
« Lonnie » fait Alex d’une voix blanche
« Exact. » Langley montre les trois taches « Celle qui t’intéresse est là… Lawson, Dakota du Nord. »
Alex contemple les 3 taches lumineuses, singulièrement ému.
« Est-ce que… est-ce qu’ils vont bien ? » parvient-il à demander d’une voix rauque.
Langley le considère un instant, évaluateur. Puis il pianote à nouveau sur les touches colorées. Une portion de l’écran se modifie. Des photos s’y affichent tour à tour : le garage et le restaurant à l’enseigne « Lonely Star »
Alex regarde intensément, avide d'apercevoir ses amis.
Les photos lui montrent tour à tour Courtney, Maria et Liz dans leurs costumes de serveuses « western », Michael devant son grill, Kyle occupé à une vidange, Max, penché sur le moteur d’un Pick-up, Sérina toujours attentive à ses moindres gestes, enfin Isabel, plus blonde que jamais…
Alex se rapproche de l’écran, un léger sourire aux lèvres, sourire qui se fige devant la dernière photo, les montrant tous réunis, très élégants. En particulier Isabel, éblouissante dans sa robe blanche… au bras d’un Kyle radieux.
« Ils sont mariés depuis deux mois » annonce Langley, lugubre
Alex reste un moment silencieux, incapable de détacher son regard du couple souriant.
Il pousse finalement un profond soupir.
« Vous avez dit… que vous avez besoin de moi… » dit-il en tournant résolument le dos à l’écran
Langley désigne la pièce d’un geste circulaire
« Kivar veut ce traceur. »
« Vous n’allez pas… ? » s’indigne Alex
« Non ! » soupire Langley comme à regret « Mais Nicolas n’est pas du genre à tolérer un refus…» grimace le producteur « Et… je ne suis pas de taille à l’empêcher de se servir… »
« Alors, il faut le détruire.. » affirme Alex
« Je ne peux pas » soupire encore Langley
« Mais… »
« Vois-tu : j’ai été programmé pour cette tache… »
« Programmé ? » s’étonne Alex
« Peu importe… » élude Langley « Je ne PEUX pas détruire le traceur qui me relie à eux… Je DOIS toujours savoir où se trouve la descendance royale… pour veiller sur elle… »
« Pour autant que je sache… » grommelle Alex « Vous ne vous êtes pas trop foulé... »
« Tu ne sais rien… » grogne Langley
« Je sais qu’ils auraient bien eu besoin de vous… » gronde Alex, passant sa frustration sur le producteur « Face à l’Unité Spéciale du FBI ou aux Skins… Où étiez-vous ? »
« Pas loin. »
Alex renifle dédaigneusement.
« Et j’ai toujours suivi leur parcours. » précise Langley
Alex secoue la tête, clairement sceptique.
« Oui, je déteste être un esclave génétiquement programmé. » grogne Langley « Et j’aime avoir ma propre vie… » il soupire « Mais ce que j’ai fait… Je l’ai fait aussi pour les protéger… »
« Vraiment ? »
« Vraiment ! »
Langley se lève, nerveux
« Tu n’as pas idée du panier de crabe qu’est devenu notre pauvre système… Kivar est une gangrène… » affirme-t-il, désabusé « Le projet de clonage a été noyauté depuis le début… »
Alex le regarde, perplexe.
« Kivar a tout corrompu, à tous les étages…
Langley a un sourire sans joie.
« Toi, je t’observe depuis un bon moment…. Je crois que tu es probablement assez bête… pour être un vaillant défenseur de la Lignée Royale »
« Merci du compliment » grimace Alex
Ils se regardent un instant sans rien dire.
« C’est pour ça que vous m’avez engagé en réalité ? » reprend Alex
« Oui. »
« Si je comprends bien, vous comptez sur moi pour détruire tout ça ? »
« Oui. » répète Langley « Mais bien sur… il faudra d’abord que je sois mort. »
Alex en reste bouche bée.
To be continued.
SACRIFICE : Alternative Timeline Act 12
“ C’est une blague? ” murmure Alex en braquant sur Langley un regard effaré
« J’ai bien peur que non ! » soupire ce dernier, lugubre
« Mais… enfin… » balbutie Alex « Qu’est-ce… qu’est-ce que ça veut dire … ? »
« Tant que je suis vivant… » affirme gravement Langley « Je ne peux ni détruire, ni laisser détruire ce traceur. »
Il braque sur Alex un regard qui lui fait froid dans le dos.
« Si tu tentais quelque chose maintenant… ça n’aurait rien de personnel, mais… je serais obligé de te tuer. »
« P… pourquoi ? » parvient à articuler Alex, passablement mal à l’aise
« Mon rôle de protecteur… » explique Langley avec un soupçon de rancœur « Il est inscrit dans mes gènes… »
« Pourtant… » se risque à objecter Alex « Vous les avez abandonnés…»
Langley pousse un profond soupir.
« Je te l’ai dit, petit : Kivar avait infiltré le projet… »
Alex lui lance un regard dubitatif.
Langley se contente de hausser les épaules, maussade.
Alex soupire à son tour.
« C’est lui qui a provoqué le Crash ? » demande-t-il, essayant de démêler le vrai du faux
« Possible… » grommelle Langley
« Vous n’en êtes pas sûr ? » s’étonne Alex.
« Je n’étais pas à bord du vaisseau… » se justifie Langley « L’accident nous a pris de court... L’Armée a très vite isolé le secteur et s’est emparée des 2 survivants… Nous avons tout juste pu récupérer les pods d’incubation… »
« Nous ? » relève Alex
« Mon frère Xeneth et moi…»
« Alors, c’est vous qui les avez placés dans la grotte ? »
Langley renifle dédaigneusement.
« Nous l’avions aménagée pour ça… » fait-il en tirant un étui à cigare d’une de ses poches
« Nous y avons transporté les pods et nous les avons installés dans leurs habitacles de maturation… »
Il ouvre l’étui, y prend un cigare qu’il porte à sa bouche, puis le remet en poche.
D’un geste machinal, il fait apparaître une flamme au bout de son pouce.
Alex écarquille les yeux mais ne dit rien.
« Par chance, ils n’avaient pas été trop endommagés… » continue Langley en allumant son cigare
Il en aspire lentement la fumée
« Bien sûr, nous n’étions plus que 2 …Et nous devions être prudents, très prudents… Le FBI avait constitué une Unité Spéciale tout de suite après le Crash… Et Kivar nous a très vite gratifiés d’un contingent de Skins… »
Il tire un peu sur son cigare, les yeux dans le vague.
« Mais, ils ne vous ont pas trouvé… » hasarde Alex
« Non ! » soupire Langley « La partie de cache-cache s’est prolongée… jusqu’à ce que… un des prisonniers réussisse à s’échapper.»
« Nasedo. » murmure Alex
« C’est comme ça qu’il aimait être appelé, en effet… Il nous a rejoints et … nous avons cru que les choses en seraient facilitées… » il a un rire sans joie
« Que s’est-il passé ? » demande Alex
« Kivar a fait ce qu’il sait faire de mieux » dit Langley « Diviser pour régner … »
Il pince les lèvres. Ses yeux se font plus durs.
Alex frissonne malgré lui.
…………………………………………………………………………………………………
Max referme en soupirant le capot d’une berline grise dont il vient tout juste de terminer la réparation. Il se redresse, commence à s’étirer, s’interrompt en voyant arriver Michael, porteur d’un plateau garni d’un copieux sandwich, d’un Cherry coke et d’une part de tarte aux pommes du Lonely Star.
« Déjeuner ! » annonce Michael, laconique
« C’est sympa… » grimace Max « Mais… je dois encore aller remorquer le vieux Jenkins… »
« Ça peut attendre. » affirme Michael en lui tendant le plateau
Max le prend, reste un temps embarrassé, visiblement peu désireux de manger.
Michael lui lance un regard aigu.
« Kyle dit que tu as besoin de parler. » dit-il abruptement « Mais que ça ne passe pas avec lui. »
Il renifle, écarte les mains, un rien désabusé
« Tu veux essayer avec moi ? »
Max se mord les lèvres, soupire puis pose lentement le plateau sur le capot de la berline.
Il se retourne ensuite vers Michael, pousse un nouveau soupir.
« Comment fais-tu ? » se lance-t-il
« Comment je fais quoi ? » rétorque Michael
« Tes souvenirs… ceux… de ton autre vie… » bredouille Max « Comment fais-tu pour… ? »
Michael fronce les sourcils.
Perdu dans ses pensées, Max ne remarque même pas son air sévère
« Les flashs… » reprend-il en se frottant le front avec 2 doigts « L’impression constante… de décalage…Tout ça… »
Il soupire à nouveau, lève vers Michael des yeux troublés.
« Est-ce que… ça… ne t’empêche pas… » sa voix se brise « de vivre… ? »
Michael hausse les épaules.
« Ça m’empêche de dormir autant que je voudrais » dit-il en reniflant dédaigneusement
« Et… c’est tout ? » s’étonne Max
« Ben, oui ! »
Max a pris un air abasourdi.
Michael soupire à son tour, désigne d’un geste accusateur le bureau de Sérina.
« Je t’avais prévenu de ne pas LA laisser trifouiller dans ta tête » dit-il sentencieusement
« Sérina n’est pas notre ennemie » grommelle Max
« Sérina se fiche pas mal de bousiller ta vie…» corrige Michael « Tout ce qu’elle veut, c’est un Roi pour Antar. »
« Je suis le Roi » dit Max, lugubre
« Tout ça, c’est du passé. » dit Michael, catégorique
Le visage de Max se ferme, il secoue la tête, accablé.
« Tu penses à Liz ? » s’énerve Michael
Max baisse la tête, mâchoires crispées.
« A ton avis, ça lui fait quoi de te voir jouer les Morts-vivants ? » continue Michael, histoire de bien enfoncer le clou
Un peu mal à l’aise, Max regarde brièvement vers le bureau.
« Sérina a dit… que je pourrais… bientôt… tout assimiler » souffle-t-il
« Elle avait dit aussi que tu pourrais tout contrôler » fait remarquer Michael, sarcastique
« Elle dit vrai cette fois » affirme Max d’une voix qui se veut ferme
« Tu ESPERES qu’elle dit vrai » corrige aussitôt Michael
« Oui… » reconnaît Max en grimaçant un sourire
« Et si elle ment à nouveau ? » insiste Michael, implacable
Max se mord les lèvres.
« Je dois… en prendre le risque. » murmure-t-il
« Pourquoi ? » se récrie Michael
Max ne dit rien mais ses yeux se brouillent de larmes. Confus, il détourne le regard.
Michael le fixe un instant, puis pousse un profond soupir
« C’est à cause de… la petite. » grogne-t-il, l’air bougon « C’est ça ? »
Toujours sans le regarder, Max hoche lentement la tête.
« Je peux mettre de coté le destin de notre monde… » dit-il d’une voix sourde « Tout ça me semble… si lointain… si démesuré … » il a un pauvre sourire. « Je ne me sens pas Roi. »
Il soupire à nouveau, secoue la tête.
« Mais j’ai une fille… et ÇA, je ne peux pas l’oublier »
Michael marmonne quelque chose d’indistinct.
« Je suis responsable d’elle. » continue Max, comme pour lui-même « Elle est… ma famille... Alors, je dois continuer… pour elle »
Il redresse les épaules.
« Je continuerais seul s’il le faut » dit-il lentement
Michael écarte les mains en grimaçant.
« Qui a dit que tu serais seul ? » fait-il d’un ton sec
« Mais… » bredouille Max, troublé « Tu… tu disais…. »
« J’aime pas ça…. Et je persiste à dire que c’est une très mauvaise idée de jouer avec le passé » il hausse à nouveau les épaules « Mais je ne peux pas nier ce que je suis. »
Max fronce les sourcils, un peu perdu.
« Je suis ta famille, moi aussi. » dit simplement Michael
Max le regarde longuement, incapable de parler, les yeux à nouveau noyés de larmes.
Toujours aussi mal à l’aise face aux sentiments d’autrui, Michael préfère regarder ailleurs.
Il désigne le plateau-repas d’un geste sec.
« Tu dois manger ! » conclut-il abruptement
……………………………………………………………………………………………..« Que s’est-il passé ? » redemande Alex
« Pendant quelques années, pas grand-chose… Nous sommes restés tous les 3 aux alentours de Roswell, nous relayant pour surveiller la maturation. » dit Langley d’un ton blasé « Et puis, Xeneth a tenu à séparer les lots, comme c’était prévu avant le Crash… Il a gardé les originaux à Roswell. J’ai emmené les leurres à New York. »
« Les leurres ? » s’étonne Alex « Oh ! Vous parlez des Doubles ? »
« Des copies » grommelle Langley, soudain amer « Conçues pour détourner l’attention… au cas où… »
Il soupire, considère d’un air maussade son cigare qui s’est éteint.
« Iléana était prudente. » ajoute-t-il en utilisant à nouveau ses pouvoirs pour le rallumer
« Iléana ? » relève Alex
« La Reine Mère … » précise Langley en tirant sur son cigare « Elle avait vu le désastre à venir et elle a tout fait pour déjouer la fatalité. »
Alex fronce les sourcils, un peu perdu
« Mais même ELLE ne pouvait tout prévoir » ajoute Langley, acerbe « Le Destin a sa propre volonté… »
Il a un sourire sinistre.
« Que s’est-il passé ? » demande une fois encore Alex
Langley souffle lentement un rond de fumée
« Nasedo a passé un accord avec l’ennemi » finit-il par dire d’une voix un peu rauque
« Quel genre d’accord ? »
Langley hausse les épaules.
« Je n’en ai jamais connu les termes exacts. » il a un rictus « Je ne sais que ce qu’il a bien voulu me dire,… »
« Il vous a dit qu’il s’apprêtait à trahir? » s’étonne Alex
« Oui. » dit placidement Langley « Il m’a même conseillé d’en faire autant… ou au moins de ne pas m’en mêler… »
« Qu’avez-vous fait ? » demande Alex d’une voix sourde
« Rien. » admet Langley dans un nouveau rictus
Il tire un instant sur son cigare, l’air absent.
« J’ai laissé faire. » ajoute-t-il finalement
« Pourquoi ? » se récrie Alex
« J’étais furieux contre Xeneth. » soupire Langley
Alex lui lance un regard perplexe.
« J’étais encore jeune et… stupide… » marmonne Langley « Il n’avait pas hésité à me reléguer à New York avec ces… déchets. »
Il a un geste rageur
« Et puis, après tout, j’étais assez d’accord avec Nasedo… Je voulais ma liberté… »
« Votre liberté ? » s’étonne Alex
« Sais-tu ce que c’est que d’être un esclave ? » s’énerve brusquement Langley
Alex reste muet, pris de court par la colère soudaine du petit homme.
Langley le fusille du regard.
« On nous a programmés pour ce rôle de protecteur… » gronde-t-il « On ne nous a pas laissé le choix. »
Son regard exprime quelque chose d’indéfinissable, entre hargne et dégoût.
Alex déglutit difficilement.
« Mais alors… comment… ? » ne peut-il s’empêcher de demander
« On peut toujours contourner un conditionnement » dit Langley, apparemment peu désireux de s‘étendre sur la question
Alex grimace mais ne dit rien
« Xeneth a compris ce qui se tramait » continue Langley d’une voix lasse « Mais, bien sur, il ne pouvait pas tuer un autre protecteur… »
Il secoue la tête, clairement furieux des limites imposées par son conditionnement.
« Alors, il a fait ce qu’il a pu : il a avancé l’éclosion, puis il s’est enfui »
« Pourquoi ? » demande Alex, perplexe
« Pour faire croire qu’il les avait emmenés avec lui… Nasedo aurait du trouver la chambre d’incubation complètement vide…»
Il hausse à nouveau les épaules, fataliste
« Mais une fois de plus, les choses ne se sont pas passées comme prévu… »
Alex grimace de plus belle en pensant à Tess. Un court instant il se demande ce qui se serait passé si elle n’était pas née juste un peu trop tard. Il secoue cependant la tête, chassant ces vaines spéculations.
« Et vous… » se risque-t-il à demander d’un ton un peu sec « Qu’avez-vous fait ? »
« Rien… » répond le producteur, lugubre
Alex se renfrogne.
Langley fume un temps en silence, le visage fermé.
« Xeneth a fui pendant plusieurs années » reprend-il enfin « Bougeant sans cesse, mais laissant tout de même quelques traces, juste assez pour entraîner l’ennemi à sa suite… »
Il se tait, visiblement contrarié
« Et ensuite ? » risque Alex
Langley hausse une fois de plus les épaules.
« Je sais seulement qu’il a été rejoint… et tué. » grommelle-t-il
« Les Skins ? »
« Sans doute… »
Alex le considère avec un air désapprobateur.
« Je ne pouvais pas intervenir…» se justifie Langley « Mes ordres étaient très clairs : je devais rester à New York… quoiqu’il arrive. »
« Alors, que faites-vous à Los Angeles ? » ironise Alex
« Ils n’avaient plus besoin de moi. » affirme Langley
Il hausse une fois encore les épaules.
« Je les ai laissé voler de leurs propres ailes… » ajoute-t-il d’une voix un peu plus rauque
« C’était… ce qu’ils voulaient... »
Alex secoue la tête.
« De toute façon… » marmonne Langley « Ce n’était que des leurres ! »
« Mais pourquoi … ? » commence Alex
« Si j’étais revenu à Roswell » l’interrompt Langley, anticipant sa question « Ça aurait aussitôt attiré l’attention… Je ne devais PAS m’en approcher »
Alex le fixe sans rien dire, franchement sceptique.
« Bon ! D’accord ! » admet Langley à contrecœur, « C’est vrai que j’avais pris goût à cette vie … MA vie ! » il prend un air de défi « Et après tout, pourquoi pas ? Pouvoir choisir… être libre…» il soupire « Enfin, presque libre… parce… »
Il jette un regard noir aux taches lumineuses qui scintillent toujours sur l’écran du traceur.
« Pendant toutes ces années, malgré tout, je suis venu consulter le traceur à intervalles réguliers… » il secoue la tête, accablé « Je devais savoir… »
« Mais vous ne les avez pas aidés. » constate Alex, acerbe
« Aider à quoi ? » il soupire encore, irrité « Kivar a tout noyauté, je te dis… tout. »
« Mais… » commence Alex
« Tout ! » répète Langley, accablé « En disparaissant, je leur ai au moins… laissé une chance… »
Il considère un instant pensivement l’écran du traceur, soupire puis se tourne vers Alex.
« Crois-tu au Destin, petit ? » demande-t-il à brûle-pourpoint
« Vous m’avez déjà posé la question. » élude Alex, mal à l’aise sous le regard scrutateur du petit homme
« C’est vrai… » il a un nouveau sourire sinistre « Tu n’étais pas très sûr de ta réponse »
« Vous, vous disiez… qu’on ne peut pas y échapper. » dit Alex, déconcerté
Langley fait la moue, jette encore un coup d’œil au traceur, dubitatif.
« Vous n’allez pas… ? » s’inquiète Alex
« Non. » dit Langley, d’un ton chagrin « Le Destin m’a rattrapé … »
Il hausse les épaules, fataliste.
« Je vais devoir mourir pour eux, finalement.. » soupire-t-il sans aucun enthousiasme
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Lentement, avec un plaisir évident, Kyle termine un épais steak grillé accompagné de pommes au four. Relevant la tête, il croise une fois de plus le regard de Liz.
Il soupire, lui fait signe d’approcher, bien décidé à savoir pourquoi elle ne l’a pas quitté des yeux pendant tout le repas.
« Tu veux quelque chose ? » demande-t-elle d’une voix un peu tendue
« Juste un café. » dit-il en souriant
Elle hoche la tête en grimaçant légèrement.
« Et toi ? » ajoute-t-il en la regardant fixement « Qu’est-ce que tu veux ? »
Elle hésite mais se contente de débarrasser son assiette sans rien dire.
Kyle attend patiemment qu’elle revienne avec son café.
Comme elle pose la tasse devant lui, il tapote la banquette à ses cotés.
« Assied-toi ! » ordonne-t-il tranquillement
Elle hésite encore.
« Ça va ! » la rassure-t-il « Il n’y a pas grand monde »
Liz jette un regard circulaire. L’heure de pointe est effectivement passée.
Seuls quelques dîneurs isolés et un couple avec une petite fille terminent de déjeuner.
« Et puis, je connais le patron » renchérit Kyle en désignant Michael, revenu dans sa cuisine
« C’est un gars très cool ! »
Liz grimace de plus belle. Kyle la tire par la manche. Elle se laisse tomber sur la banquette.
« Dis-moi ce qui te tracasse. » l’encourage-t-il gentiment
Elle a un rictus.
« C’est à cause…de Sérina ?… » suggère-t-il
« Ce n’est pas… » se hérisse-t-elle aussitôt
« Je les ai vu parler, l’autre jour. » l’interrompt-il fermement « Max n’avait pas l’air content, et elle n’en menait pas large, tu peux me croire… »
Liz se mord les lèvres.
« Qu’est-ce qu’elle a fait exactement ? » insiste Kyle
Liz hausse les épaules.
« Elle a… totalement… ouvert sa mémoire »
« Nous y voilà ! » soupire-t-il « Ces fameux souvenirs d’outre-tombe ! »
Il grimace, prend un air mélodramatique.
« Ils doivent être complets » fait-il en imitant le ton solennel de Sérina
Il soupire à nouveau
« Résultat : Isabel n’est plus que l’ombre d’elle-même… »
Il se penche vers Liz, manifestement préoccupé.
« Elle ne dort plus, elle mange à peine, et … elle a même… des moments… d’absence… » chuchote-t-il
Liz se mord la lèvre
« C’est pareil pour Max ? » demande Kyle
« Parfois… » admet Liz « Il se fige… Je le sens loin… si loin. »
« Je déteste la voir ainsi, les yeux dans le vague… » marmonne-t-il
« L’instant d’après » continue Liz « Il est de nouveau lui-même, comme si rien ne c’était passé… »
« Je suis même pas sur qu’elle s’en rende vraiment compte… » renchérit Kyle
Ils poussent en même temps un gros soupir, grimacent de concert un pauvre sourire, rient franchement de leurs réactions parfaitement synchrones.
« Enfin ! » grogne Kyle « On peut pas dire qu’on était pas prévenus… On savait depuis le début que ce serait une relation « du 3e type » «
Il lui lance un regard appuyé.
« Tu regrettes ? » demande-t-il, un rien taquin
« Non ! » le ton est net
« Moi non plus » affirme-t-il sereinement « J’aime chaque jour » il se fend d’un grand sourire gourmand. « Et… chaque nuit ! »
Liz semble encore hésiter à dire quelque chose.
Kyle la regarde fixement
« Il y a un problème ? » demande-t-il
« Et bien… » elle se tortille sur la banquette « Enfin… depuis que sa mémoire résiduelle s’est reconstituée… » elle baisse la tête
« Oui ? » l’encourage-t-il
Elle passe une main un peu nerveuse dans ses cheveux
« C’est troublant… J’ai parfois la sensation…. d’être… avec…euh… »
« Quelqu’un d’autre ? » fait Kyle tranquillement
« Par moment, il est… différent, tu comprends ? » elle grimace à nouveau « Même dans des moments… particulièrement… intimes…»
Kyle hoche gravement la tête.
« Ça t’arrive aussi ? » demande Liz fébrilement
« Oui » reconnaît-il
« Et… comment… est-ce que… tu… ? »
« En fait » dit-il avec un sourire désarmant « J’apprécie assez. »
« Kyle ! » se récrie-t-elle
« Quoi ? » fait-il avec son air le plus innocent « Un peu de dépaysement sans avoir à chercher ailleurs…. Quelle aubaine, non ? »
Liz en reste bouche bée. Kyle redevient sérieux.
« Liz : Valandra fait partie d’Isabel… C’est un fait…. Je l’ai accepté. »
Il hausse les épaules.
« J’ai accepté que sa vie antérieure déboule dans notre vie et qu’elle devienne même… franchement envahissante. » il soupire « J’accepte ses sautes d’humeur, ses crises de larmes, les réapparitions inopinées de son autoritarisme intergalactique… lequel ne contribue pas vraiment à améliorer son caractère, il faut bien le reconnaître ! »
Il a un nouveau sourire désarmant.
« Alors, je ne vois vraiment pas pourquoi je me ferais un cas de conscience à propos du coté, disons… plus agréable de la chose ! »
Il hausse à nouveau les épaules avec philosophie.
« C’est toujours Isabel… Quelques flashs « exotiques » n’y changent rien… » il sourit de nouveau de toutes ses dents « Ça pimente juste un peu notre relation. »
Liz en reste plutôt décontenancée.
Maria, qui les observait depuis un moment, vient se planter devant le box.
« Vous parlez de quoi depuis tout à l’heure ? » demande-t-elle avec un air de franche curiosité
« Je peux savoir ? »
« Bien sûr ! » affirme Kyle « Après tout, on est embarqué sur la même soucoupe ! »
« Très drôle, Valenti ! » grommelle Maria
« Non, c’est vrai » assure Kyle « Réfléchissez : Tous les 3 » fait-il avec un geste circulaire « Nous ne sommes ni plus ni moins que les Consorts de la Famille Royale d’Antar »
Il prend un air très satisfait.
« Génial ! » soupire Maria « On devrait former un Club ! »
Kyle approuve gravement.
Liz remarque que les occupants de la table 7 leur font signe.
« Je vais voir s’ils veulent un dessert » dit-elle en se levant « Je reviens »
« Alors ? » insiste Maria « Vous parliez de quoi? »
Kyle prend un air entendu.
« De sexe ? » s’étonne Maria
« Dans un esprit d’assistance psychologique mutuel ! » précise Kyle
Maria s’assoit, intéressée.
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« Vous pourriez fuir… » suggère Alex d’une voix mal assurée
« Pas cette fois ! » soupire Langley, morose
« Pourquoi ? »
« Réfléchis, petit ! Comment cette petite gouape de Nicolas a-t-elle bien pu me retrouver ?... Voilà des années que je me tiens soigneusement à l’écart des 4 de Sang Royal. »
Alex grimace, perplexe.
Langley a un geste rageur.
« Figure-toi que je porte en moi une empreinte … une sorte… d’implant… »
Il désigne le traceur avec son cigare qui s’est encore éteint.
« Il permet à des systèmes tel que celui-ci de m’identifier et m’autorise l’accès aux données… »
Son visage se durcit.
« Il permet aussi à mes Maîtres de me repérer. » gronde-t-il
Alex fronce les sourcils.
« Comprends-tu ce que ça signifie ? » demande le petit homme en le dévisageant avec insistance
Alex hésite, mal à l’aise.
« Ça signifie que Kivar a infiltré le camp des Loyalistes… » affirme posément Langley
« Seul un proche de la Reine a pu lui donner cette information »
« Mais alors…. » murmure Alex, atterré
« Tout juste ! » approuve Langley « La gangrène s’est étendue…»
Il serre le poing sur son cigare. Une lumière blanche filtre à travers ses doigts.
Il rouvre alors sa main. Une fine poussière s’en échappe.
Alex la regarde retomber lentement sur le sol métallique.
« Il faut détruire ce traceur. » déclare abruptement Langley
Alex jette un coup d’œil à l’écran trônant au centre de la pièce, soupire.
« Mais vous ne pouvez pas… » dit-il lentement
« Non, je ne peux pas… » confirme Langley
Il se fend d’un rictus on ne peut moins rassurant.
« Toi, en revanche… »
Il dévisage à nouveau Alex qui n’en mène pas large.
« Tu peux... » reprend-il lentement
Il marque une pause théâtrale.
« Mais, il y a un hic…» ajoute-t-il d’une voix soudain plus sourde
« Pourquoi je le sens mal ? » marmonne Alex pour lui même
Langley a un sourire sinistre.
« A ma mort, cette pièce se verrouillera… hermétiquement ! » il écarte les 2 mains, désenchanté « Impossible alors de la faire sauter de l’extérieur… La structure est impénétrable…. »
« Dans ce cas, pourquoi la détruire ? » remarque Alex, trop content de trouver une faille dans le raisonnement du petit homme « Pourquoi ne pas la laisser tout simplement fermée ? »
« Parce que ça n’existe pas, les structures impénétrables. »
Le petit homme a un rire sans joie.
« Nicolas est… plein de ressources. D’une manière ou d’une autre, il finira par y avoir accès… »
Il secoue la tête puis ajoute, péremptoire.
« Non ! Il faut tout détruire… »
« Comment ? » demande Alex d’une voix qui se veut ferme
Langley lui lance un regard aigu.
« Une simple mine à effondrement gravifique. » annonce-t-il calmement
Devant l’air perplexe d’Alex, il ajoute aussitôt.
« La pièce implosera en quelque sorte... La maison sera probablement soufflée… mais ça n’ira pas plus loin. »
Il ricane, l’air méprisant
« La plupart de mes voisins sont de sales snobinards, mais … ils ne méritent pas d’être atomisés pour autant. »
Alex hoche gravement la tête
« On l’installe… maintenant ? » dit-il d’une voix incertaine
« Tu écoutes quand je parle ? » s’énerve à nouveau Langley « Je ne peux pas le faire… et je ne peux pas te laisser faire… »
Sa colère retombe aussi vite qu’elle est venue.
« Tu vas devoir attendre que je sois mort… » reprend-il d’un ton détaché, comme s’il expliquait un quelconque plan de tournage.
« Mais vous venez de dire que tout se verrouillera … » objecte Alex
« Oui. » dit simplement le petit homme
« Comment je vais faire pour entrer ? » demande Alex
« Tu ne pourras pas… » tranche Langley
Alex prend un air perdu.
« Je vais devoir te laisser à l’intérieur. » dit Langley dans un nouveau rictus
Alex déglutit difficilement, encore plus mal à l’aise.
« Le verrouillage paralysera temporairement le système » continue Langley d’une voix toujours aussi neutre « Tout passera en veille... Alors, et seulement alors, tu pourras déclencher l’effondrement gravifique. »
Le cœur d’Alex se met à cogner plus fort dans sa poitrine.
« Combien de temps ça me laissera pour sortir ? » demande-t-il dans un souffle
Langley lui lance un regard appuyé.
« Tu ne pourras pas sortir. » annonce-t-il d’une voix dépourvue de chaleur
Alex prend un air effaré.
« Vous voulez dire… ? » parvient-il à articuler
« Oui » dit simplement Langley
Alex pâlit. Son sang lui semble s’être figé dans ses veines.
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Liz a achevé de prendre la commande du jeune couple de touristes.
Leur petite fille, une mignonne petite brunette, s’agite sur sa chaise haute, faisant tomber sa poupée de chiffon. Liz se baisse pour la ramasser et la lui rendre.
Au moment où elle touche la menotte de la fillette, un flash explose dans sa tête :
Une route battue par la pluie. Une voiture écrasée par un camion. Les tôles éventrées.Les traces d’huile et d’essence répandues sur l’asphalte.Les débris de verre, innombrables.La poupée déchirée gisant sur la chaussée, tachée de sangLiz pâlit, les yeux agrandis de peur.
Si le couple ne remarque pas son trouble, Maria, qui guettait son retour, est tout de suite sur le qui vive.
« Y’a quelque chose qui cloche ! » dit-elle à Kyle
« De quoi ? » fait celui-ci en suivant son regard
Tremblante, Liz commence à s’éloigner à reculons de la table. Puis, visiblement bouleversée, elle se retourne et se précipite à l’office.
Maria se lève aussitôt et la rejoint, suivi de prés par Kyle.
« Liz ! Qu’est-ce qu’il y a ? » demande Maria
« Mon Dieu ! » souffle Liz d’une voix brisée « Je… j’ai vu… »
« Quoi ? » fait Maria, paniquée par l’air hagard de son amie
« Ils vont mourir ! » murmure encore Liz
« Qui ? » crie presque Maria
Liz se mord les lèvres, avance jusqu’à la porte western qu’elle entrebâille légèrement.
« Cette famille ! » dit-elle en désignant la table 7
Maria et Kyle échangent un regard incertain avant de s’approcher.
Liz recule, grave, pour les laisser jeter un coup d’œil dans la salle de restaurant.
« Je sais que ça a l’air insensé » dit-elle d’une voix blanche tandis qu’ils regardent tour à tour « Mais leur voiture… va être percutée par un camion… Je l’ai vu…. »
Maria reste bouche bée, complètement dépassée par les événements.
« Attends ! » s’exclame Kyle « Tu es en train de parler de quelque chose qui n’est pas encore arrivé… c’est bien ça ? »
Liz hoche gravement la tête. Maria et Kyle échangent un regard troublé.
« Je les ai vus » affirme Liz « La voiture n’était plus qu’un tas de ferraille… et il y avait… du sang sur… la poupée… »
« Tu veux dire que… tu vois l’avenir ? » dit Maria d’une voix suraiguë « Comme…. comme Me Vivian ? »
Liz prend un air effaré.
« Est-ce que tu pourrais me dire… ? » continue Maria, très enthousiaste
« Maria ! » interrompt Liz « Ne commence pas, tu veux ! »
« Quand même… » fait Maria en roulant de gros yeux
Liz lui lance un regard excédé. Maria en reste coite.
« Ne nous emballons pas. » intervient Kyle, décidé à calmer le jeu. « Essayons de comprendre ce qui se passe. »
« Ils vont mourir ! » répète Liz « Je l’ai vu. »
Elle se redresse, pâle mais décidée.
« On doit empêcher ça ! » dit-elle d’une voix résolue
« Comment ? » se récrie Maria, encore plus effarée
« Il faut les empêcher de partir… les retarder en tout cas. »
« Tu es sure de… » commence Kyle
« Je te dis que je l’ai vu ! » s’énerve Liz
« Ok ! Ok ! » fait Kyle, apaisant, en levant les mains « Est-ce que tu sais QUAND l’accident doit arriver ? »
« Dans pas longtemps, je le sens… » murmure Liz, frissonnante « Je t’en prie Kyle, il faut me croire ! »
« Je te crois. » dit-il simplement
« Moi aussi ! » affirme aussitôt Maria
« Merci » souffle Liz avec un pauvre sourire
« Comment on fait pour les arrêter ? » demande Maria, décidée
« Le plus simple » fait Kyle en grimaçant « C’est d’immobiliser leur voiture »
«Comment ? » répète Maria
« Il suffit de crever les pneus….. » il regarde Liz « Tu pourrais utiliser tes pouvoirs. »
« Je ne les contrôle pas… » avoue Liz, penaude
« Michael ! » s’écrie Maria en se dirigeant aussitôt vers la cuisine
« Qu’il en bousille au moins 2 ! » lui précise Kyle avant qu’elle sorte
Il se retourne vers Liz qui se tord nerveusement les mains.
« Tu me crois vraiment ? » demande-t-elle d’une toute petite voix
« Oui. »
Il se fend d’un grand sourire.
« Il y a bien longtemps que plus rien ne m’étonne, tu sais. »
« J’ai vraiment vu cet accident » affirme-t-elle, crispée
« OK ! » fait-il simplement
Liz grimace un sourire.
« Et puis …» ajoute-t-il en haussant les épaules « Si tu te trompes… Ça nous fera toujours un peu de travail… »
« T’es monstrueux ! » se récrie-t-elle avec un rire nerveux
« On dit : pratique. » corrige-t-il imperturbablement
Liz secoue la tête, effarée.
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Alex ouvre la bouche sans pourtant parvenir à émettre le moindre son.
Sa langue lui semble épaisse, lourde, inextricablement collée à son palais.
Langley l’observe sans faire de commentaires.
« Je suis leur Protecteur. » finit-il par déclarer « Le dernier… » il hausse les épaules.
« J’accomplis mon Destin… »
Il grimace, toujours aussi peu enthousiaste
« Et j’ai eu une vie... » continue-t-il dans un rictus « Même si ça m’a paru fameusement court… C’est plus que je ne pouvais espérer. »
Il considère à nouveau Alex, gravement
« Mais toi… » reprend-il d’une voix inhabituellement douce « C’est une autre histoire… Tu n’es encore qu’un gamin… Et rien ne t’oblige à y laisser ta peau ! »
Alex s’est recroquevillé sur lui-même.
Langley fixe sur lui un regard aigu.
« Alors la question est la suivante : le feras-tu ? »
Il désigne la photo qui s’affiche encore sur l’écran du traceur.
« Est-ce qu’ils en valent la peine ?.... Est-ce qu’ELLE en vaut la peine ?... Après tout, elle t’a laissé tomber. »
Alex considère à son tour Isabel, souriante au bras de Kyle,
« Je crois… qu’elle voulait surtout… me protéger. » soupire-t-il, le cœur lourd.
« Elle est avec un autre. » souligne Langley avec un sourire froid
Alex soupire de plus belle.
« Kyle est un type bien » grommelle-t-il
« Tu ne lui en veux donc pas ? » ricane Langley
Alex a un sourire en coin.
« Je lui casserai volontiers la figure » reconnaît-il en fixant la photo d’un air mauvais
« Je crois bien qu’il est plus costaud » fait remarquer Langley
« Toute l’histoire de ma vie ! » soupire Alex
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