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Série : Roswell
Création : 14.10.2008 à 18h00
Auteur : lamalie
Statut : Terminée
« Cette petite fic est une fin alternative qui se passe dans le futur... » lamalie
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Maria se réveilla de son sommeil agité. Elle ouvrit les yeux et caressa l'emplacement vide à côté d'elle. Le drap était froid. Son estomac se noua et elle ferma les yeux un instant, cherchant à contrôler son angoisse. Lorsqu'elle les rouvrit, son regard se posa sur le réveil : deux heures trente-six. Elle s'enfouît alors sous ses draps et tenta de faire le vide dans son esprit. Mais une fois de plus ces pensées l'entraînèrent vers Michael. Que pouvait-il bien faire en ce moment ? Maria sentit sa gorge se serrer. Elle s'en voulait de penser à lui. Lui qui n'avait que faire d'elle, qui ne pensait surement pas à elle à cet instant. Comprenant qu'elle ne pourrait pas se rendormir si facilement, elle entreprît de descendre à la cuisine se faire une tisane. Elle s'assit sur son lit et remarqua le téléphone sur la table de nuit.
Elle eût envie de téléphoner à Liz, de lui confier ses états d'âme, de pleurer une fois de plus avec elle. Liz avait toujours été là pour elle, même dans les moments les plus difficiles. Elles s'étaient toujours soutenues. Et ce soir, elle aurait aimé que son amie soit là. Elles auraient partagé un pot de glace, emmitouflées sous une couverture, et elles auraient parlé du bon vieux temps, de l'époque du lycée. Elles auraient ri, et elles auraient pleurer, ensemble, en repensant à tout ce qu'il leur était arrivées. Maria saisît le combiné puis se ravisa. Elle avait peur de la réveiller. Liz travaillait beaucoup, elle se raccrochait à ça. Ces dernières années, Liz avait déployé toute son énergie dans ses études et elle avait réussi à réaliser son rêve : elle était devenue biologiste moléculaire. Pourtant, Maria ne retrouvait pas en elle cette joie de vivre qui la caractérisait tant.
Elle se leva, enfila sa robe de chambre, et traversa la pièce. Elle laissait toujours sa porte entre-ouverte pour l'entendre, au cas où... Elle sortit et s'engagea dans le couloir. Elle sembla hésiter, puis se dirigea vers la porte de la chambre en face de la sienne. Celle-ci non plus, n'était pas fermée, et Maria l'écarta légèrement, en prenant bien soin de ne pas faire de bruit. Elle s'appuya contre l'embrasure de la porte, son regard dirigé vers le lit. Il était si paisible ! Elle sourît. Elle le regarda dormir un moment. Il était tellement beau ! Ses cheveux châtains, un peu trop long, retombaient sur son front et ses tempes, formant des accroche-coeurs. Ses paupières clauses dissimulaient des prunelles noisettes particulièrement expressives. Elle remarqua alors le lapin en peluche par terre près du lit et avança à pas feutré. Elle le ramassa et le glissa près de lui, puis remonta la couverture sur ses épaules. Les nuits étaient fraîches à Roswell et elle ne voulait pas qu'il tombe malade. Jamie venait d'avoir quatre ans et ça n'était jamais arrivé encore, mais Maria craignait de ne pas savoir quoi faire le cas échéant. Elle déposa un baiser sur son front et regagna doucement le couloir. Le calendrier accroché au mur près de la porte attira son attention. Les différentes constellations y étaient représentées. Jamie se passionnait pour les étoiles, comme son père, et il rêvait de voyager dans l'espace. Elle l'appelait son « petit cosmonaute ». Maria sourît tristement à cette pensée. Elle effleura la date d'aujourd'hui du bout des doigts, pensive, et sentit ses yeux s'embrumer. Elle se mordît les lèvres pour ne pas se laisser aller, et quitta la pièce.
Assis au bord de l'eau, Max et Michael fixaient le ciel étoilé sans un mot. Michael, mélancolique, prit la parole :
-Il ne se passe pas un jour sans que je me demande ce que je fais là.
-Michael, je sais que...
-Non, Max ! Je sais ce que tu vas me dire, alors s'il te plaît, ne le dis pas. Pas ce soir.
-Très bien. Alors... comment il va?
-Il grandit à une vitesse, wouah ! C'est pas croyable. Et plus ça va, plus il me ressemble.
-J'espère que non !
Ils rirent. Puis Michael baissa les yeux. Il est tard, il faut que je rentre. Elle va se demander ce que je fais.
-Très bien. Bonne nuit Michael.
-Ouai... Bonne nuit Max.
Michael donna une accolade à son ami avant de tourner les talons. Il marcha longuement, son regard toujours tourné vers le ciel. Il se demandait laquelle de ces étoiles était la sienne. Ses pensées tournées vers ce monde lointain, irréel. Ce monde devenu inaccessible. Michael sentit une boule se former dans sa gorge. Il ferma les yeux et déglutit bruyamment. Lorsqu'il les rouvrit, il s'aperçut qu'il était arrivé devant chez lui. Il prit une grande inspiration et ouvrit délicatement la porte, puis la referma sans bruit. La maison était silencieuse. Tout le monde dormait sans doute depuis bien longtemps. Il soupira, soulagé. Il se dirigea alors vers la cuisine et se servit à boire. Il s'affala ensuite sur le canapé, perdu dans ses pensées. Michael avait tout pour être heureux. Il avait une femme magnifique, un petit garçon en bonne santé, une belle maison, et il occupait un poste important. Chaque jour, il jouait son rôle. Chaque matin, il embrassait sa femme et partait travailler. Il prenait même son travail très au sérieux. Mais il n'était pas heureux. Il étouffait. Il aurait voulu être à des années lumières d'ici. Un léger craquement à l'étage le sortit de sa rêverie. Il leva les yeux en direction de l'escalier et remarqua la jeune femme blonde qui l'observait.
-Tu ne dors pas ? Demanda-t-il, surpris.
-Le petit s'était réveillé pour son biberon. Il s'est rendormi là, je viens de le recoucher.
-Très bien.
-Tu rentres tard !Déclara-t-elle d'un ton réprobateur.
-J'étais avec Max. On...discutait.
-Ah ! Tu ne montes pas ?
-Si, je viens tout à l'heure.
-Tu penses encore à elle n'est-ce pas ?
Michael préféra éluder la question, sachant qu'il la peinerait quoiqu'il dise. Il détourna le regard.
Elle poursuivit :
-Alors, bonne nuit Michael.
-Bonne nuit Isabel.
La jeune femme disparût dans le couloir et Michael entendit une porte se refermer. Il se mordit la lèvre inférieure, se sentant coupable de la peine qu'il lui causait. Mais ce soir, il avait envie d'être seul. Ce soir, il voulait laisser libre court à sa tristesse.
Cela faisait aujourd'hui cinq années terrestres que Max, Tess, Isabel et lui avaient quitté la Terre à bord du granilith. Cinq années qu'il avait quitté Maria après une nuit d'amour inoubliable. Et aujourd'hui encore, il regrettait de ne pas être resté avec elle.
A leur arrivée sur Antar, il avait été contraint de jouer son rôle de soldat, il avait été contraint de se battre pour sa vie. Il avait même fini par se convaincre que c'était sa place. Puis Khivar avait été vaincu et Max avait récupéré son trône. Leur mission accomplie, ils avaient cherché un moyen de repartir sur Terre, mais Khivar avait détruit tout ce qui se rapportait aux moyens de transport inter-galactique avant de tomber aux mains de l'ennemi. Ils n'avaient plus aucun espoir de retour. Cette nouvelle les avaient tous beaucoup affectés. Ce monde était tellement différent de ce qu'ils avaient connu ! Ils étaient les seuls à avoir l'apparence humaine et c'est naturellement qu'Isabel et lui avaient fini par se rapprocher. Puis elle était tombée enceinte et ils s'étaient mariés. Max n'avait jamais pardonné à Tess sa trahison. Et bien qu'il la laissât vivre au palais pour le bien de leur fils, il ne lui adressait jamais la parole. Michael savait que son ami souffrait aussi. Ils souffraient tous. Leurs coeurs étaient restés sur Terre. Finalement, le destin avait eu raison d'eux.
Son verre à la main, Michael s'avança vers la fenêtre. Les trois lunes éclairaient la citée presque comme en plein jour. Observant les étoiles, il se demandait ce que Maria était devenue, si elle pensait encore à lui après tout ce temps, si elle attendait son retour, si elle avait refait sa vie. Il sentit son coeur se serrer. Il avait parfois cette impression étrange qu'une vie l'attendait, là-bas, sur Terre... Il secoua la tête, chassant ses pensées et se dirigea vers l'escalier.
Depuis la fenêtre de sa chambre, Maria aussi, observait le ciel. Elle se demandait s'il reviendrait un jour. Cet espoir ne l'avait pas quitté depuis cinq ans, bien que ces amis l'encourageaient vivement à tourner la page. Elle aurait tellement voulu que Jamie connaisse son père. Il lui ressemblait tant ! Michael aurait été très fier. Une larme coula le long de sa joue. Elle l'essuya du revers de la main et prit une autre gorgée de tisane. Elle soupira. Elle posa sa tasse sur la table de nuit et tira le rideau.
FIN