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Série : Dark Angel (USA)
Création : 11.02.2013 à 20h24
Auteur : XP024
Statut : Terminée
« Terminal City est sur le point d'imploser, le monde bascule alors que l'on apprend, avec stupeur et dégoût, l'existence de Manticore et de ses créatures » XP024
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Z marche lentement, sans se presser. La zone semble calme, mais idéale pour un guet-apens. Personne ne semble posté sur les toits des bâtiments délabrés qui entourent la place. Juste les habituels passants. Z les reconnaît tous, ou presque. Il vient là depuis maintenant six semaines.
C'est moi que tu cherches?
La voix douce et féminine le fait grimacer. Il n'est pourtant pas un débutant pour se faire surprendre de cette manière! Cela dit, il n'est pas réellement surpris.
Lentement, Z fait volte-face pour croiser les immenses yeux gris d'une jeune femme.
Toute petite, vêtue d'un jeans très simple et d'un chemisier blanc, elle a un sourire paisible, gentil.. mais elle garde ses distances. Belle comme un ange, elle ne doit pas avoir plus de dix-huit ou dix-neuf ans, et sa chevelure argentée, qui boucle jusqu'au creux de ses reins, a quelque chose d'immatérielle. Une fée.
Des gens nous observent. Des amis à toi j'imagine? Des X5 non? S'intéresse-t-elle.
Z balade tout autour de la place un regard aiguisé.. sans voir l'ombre de quelque visage connu que ce soit. Lequel aurait osé?
On y va. Impose-t-il, renonçant d'office à retracer qui l'a suivi.
Si tu veux, de toute façon j'ai fini mes courses. Accepte-t-elle.
J'attendais que tu finisses. Ment-il, une ombre de sourire au coin de la bouche.
Elle sourie sans rien dire, sans le contrarier, et Z se met en route.
Durant de longues minutes, le duo marche sans dire un mot, elle minuscule et d'aspect fragile, lui grand et baraqué comme un déménageur. Étrange duo, pas surprenant que les gens se retournent sur leur passage sous ce soleil de pomb.
Pourquoi n'es-tu pas avec les autres? Tu n'as pas confiance en la cause? Demande enfin Z.
On m'a fait savoir mon incompétence, on m'a chassée. Raconte-t-elle.
Z ricane tout bas. C'est vrai qu'entre elle et S ça n'a jamais été autrement que chien et chat.
Il attend que tu éteignes l'incendie de Seattle alors? Déduit-il.
Il présente des excuses? S'informe-t-elle.
Pas que je sache. Nie Z.
Alors je ne joue pas les pompiers. Refuse-t-elle dédaigneusement.
Ne fait pas le bébé, des hommes à nous vont mourir si tu t'entêtes. Lui fait-il remarquer.
Pft! C'est lui qui t'envoie ici, pour m'obliger à faire ce qu'il veut, mais sans qu'il doive s'excuser! Se dégoûte-t-elle.
Il y a longtemps que ce devrait être fait, maintenant ça ne peut plus attendre, là-bas, ça tourne au vinaigre! Fait-il valoir.
La jeune femme lui jète un coup d'oeil méprisant avant de grimper sur le pont d'un petit voilier blanc et rose.
Pour la discrétion... on repassera!
Z monte cependant sans protester, ni poser de commentaire.
À terre, il remarque une brune à l'air batailleur qui fait un peu de course à pied.
Cette idiote va tenter le coup à la nage. Soupire-t-il.
Les amarres jetées, le voilier s'éloigne tout doucement, les voiles se gonflent, et l'esquif prend de la vitesse.
L'eau verte semble translucide, chaude et invitante. Z reste sans bouger, pour le plaisir d'observer les bancs de poissons qui s'égaient sous la surface mouvante et cristalline.
L'astre solaire se couche déjà sur l'horizon lorsque Z jète les amarres sur un petit ponton de bois flottant. Le silence entre les deux transgéniques n'est ni lourd, ni gênant. Tous les deux font ce qu'il faut pour assurer la position du voilier rose et blanc, puis, ensemble, ils vont reprendre les paquets jusque-là abandonnés sur le pont par leur propriétaire.
En fait de destination, il s'agit d'un petit îlot recouvert d'une végétation si dense qu'il semble impossible de voir au travers. Mais il y a aussi une plage de sable fin qui étreint ce joyaux de verdure chatoyante.
"À mon avis il a déjà prévu intervenir." Déclare finalement Z.
'Je sais.' Admet-elle.
'Tu sais?!' Rigole-t-il, un peu choqué.
'Bien sûr oui, et puis je ne suis pas le seul Jocker de S. Croire ça serait bien arrogant!' Acquiesce-t-elle.
Z se positionne de manière à barrer le chemin à la jeune transgénique, question de l'obliger à s'expliquer.
"Oh t'es pas gentil! Si j'avais accepté tout de suite je serais ici toute seule, sans personne pour dîner avec moi!" Râle-t-elle.
Z soupire, puis renonce à se battre.
"Alors tu vas intervenir." Insiste-t-il quand même.
"Z, ne doute jamais de mon à-propos, et encore moins de mes compétences." Proteste-t-elle, vexée.
Z soupire, puis se remet en chemin.
"Et puis d'ailleurs S est trop logique pour être difficile à deviner. Il compte attendre au dernier moment, et si je n'interviens pas, il enverra les hommes se battre et déclenchera la guerre." Décrit-elle.
De fait, pour peu qu'il soit au courant, S avait plutôt prévu de prendre en otage les représentants de l'ONU et de faire « pression »... Cela dit, une approche encore plus subtile n'est pas à dédaigner.
"Alors que ton plan à toi...?" Demande-t-il, curieux.
"Ne gâche pas la surprise!" Souffle-t-elle, facétieuse.
"La guerre c'est sérieux, ce n'est pas le moment de rire." Défend Z, irrité.
"Laisse la guerre à S et parle-moi plutôt du voyage. Tu aimes cet endroit? Moi j'adore le soleil! Je ne vivrai plus jamais ailleurs!" Babille-t-elle.
Un étroit sentier s'ouvre au travers des arbres imposants et des fougères humides. Z souffle fort, puis retire son t-shirt question de ne pas suffoquer.
"Si j'enlève le mien, ça te fera de l'effet?" Ronronne la jeune femme.
Z se sent rougir, lui à qui la chose n'était plus arrivée depuis belle lurette.
Il n'a pourtant plus rien d'un écolier pour réagir aussi stupidement!
"Fait toi plaisir." Rétorque-t-il, mimant assurance et indifférence.
Elle rigole, pas dupe un seul instant, mais heureusement, elle garde son chemisier.
"Y'a quoi dans tes paquets, au fait?" S'intéresse-t-il.
"Quelques menus objets... rien d'important." Assure-t-elle.
Z arque un sourcil, et plonge une main dans le plus grand des trois sacs de papier.... pour en tirer un os.
"Mais qu'est-ce que...?! "Souffle-t-il.
"Je te dirai bien de quelle espèce vient ce bel os, mais je doute que tu saurais de quoi je te parle. Tu as faim? J'ai des homards, des huitres..".
"Tu cuisines, toi?!" S'étonne Z.
"Non, mais je sais faire brûler de l'eau. Toi par contre tu sais le faire." Soutient-elle avec bonne humeur.
Z secoue un peu la tête en souriant.
"Va pour les homards." Cède-t-il.
"Oh, j'ai dit que j'ai un gardien ici?" S'arrête-t-elle.
"Non, mais je m'en serais douté." Souligne Z
Mal à l'aise maintenant, la jeune femme hésite, semble chercher comment dire la chose...
"C'est un vieil ami à toi. Ton coeur est solide? Les nano ont bien réparé les tissus? " S'inquiète-t-elle.
"Ben." Déduit-il d'une voix blanche.
"Bonsoir Zack." Le salue un jeune homme.
Z regarde à droite et aperçoit Ben, son frère, qui est appuyé contre un arbre au tronc tordu. Torse nu, bronzé, ses cheveux blondit par le soleil, Ben ne sourit pas, il semble cependant en pleine possession de tous ses moyens, ce qui serait une première...
"Je doute que tu sois en sécurité avec lui." Se durcit Z.
"Détend toi, ce n'était pas sa faute si le généticien qui l'a conçu a...!" Défend vigoureusement la jeune femme.
"Laisse." Intervient Ben.
Elle soupire, renonce à justifier l'injustifiable, puis part toute seule.
Z la regarde disparaître au travers de la végétation qui se referme derrière elle comme un rideau, puis de nouveau c'est 493 qu'il observe.
Que fait-il là? Comment peut-il être encore en vie? Max, un autre cas celle-là, ne lui a-t-elle pas dit lui avoir brisé la nuque?!
Quelle incompétente!
"Lydecker était trop proche, il m'a branché à une machine qui a fait fonctionner mon coeur jusqu'à ce que ses médecins, les cellules souches, et les nanocythes, aient réparé ma nuque brisée." Raconte Ben.
Évidemment. Lydecker n'a jamais supporté de laisser mourir l'un d'entre eux. Il s'est toujours battu comme un chien enragé... Il avait au moins ce bon côté.
"Et où en est ta carrière?" Raille Z.
"Je ne tue personne, j'ai toute ma tête, merci. De ça aussi je suppose que je peux remercier Lydecker. Maintenant j'ai toute ma lucidité pour vivre avec mes fantômes. Par-là." Désigne-t-il.
Z fronce les sourcils, mais emboîte quand même le pas à son camarade. Quoi qu'il soit arrivé par le passé Ben demeurera à jamais un frère. Un frère fêlé dont il a honte et dont il est essentiel de suivre tous les agissements, mais un frère tout de même.
"Je t'empêcherai de lui faire du mal." Le prévient Z.
"Quelle bonne idée, du coup tu auras une excuse pour la garder à l'oeil. Mais même si elle était à Manticore, tu n'as jamais coupé le contacte avec elle je crois ah? Pas comme avec nous." Cogite Ben.
"Quoi, t'es jaloux?" S'amuse Z.
Le voir se prendre un peu les pieds dans une racine fait plaisir à Z qui ne cache pas son amusement face à cette maladresse.
"Non, je constate." Nie le bel X5.
"Ah ha!" Rigole Z.
"Par contre, laisse moi te dire que S te coupera les testicules avec les dents si tu fais juste mine de lui faire du plat. Évite." Recommande Ben.
"N'importe quoi!"
Borné, Z franchi un épais borsquet dont le parfum lourd et chargé de musc lui donne un peu mal à la tête. Mais de l'autre côté se dresse une superbe maison dont les murs semblent entièrement composés de verre. Sous le porche, dort un animal.
Immédiatement Z réagit, dégaine une arme, et tend le bras gauche pour forcer son frère à rester derrière.
"Ça c'est Dino, un gros chat paresseux. Évite de lui tirer dessus, elle serait inconsolable." Souffle Ben.
En fait de chat, c'est un grand tigre blanc à l'épaisse fourrure rayée de noir.
"Tu te moques de moi?!" Espère Z.
"Non, et évite de t'emporter, il n'est pas seul, la plupart sont des amoureux très protecteurs." Acquiesce laconiquement Ben.
"Nom de...?!" Jure Z.
Au diable!
"Occupe toi de préparer le dîner, je vais parler à cette...gamine écervelée!" Siffle Z.
"Des homards je crois." Opine Ben.
Z fonce. Assez perdu de temps, il est temps de passer à l'action. De préférence avant que ceux de Terminal City ne se fassent tous descendre!
C'est dans la serre, derrière la maison, que Z retrouve la trace de celle qui l'a conduit sur cette île perdue loin de toute civilisation. Juchée sur un haut tabouret, apparemment indifférente à l'effroyable chaleur qui lui colle les vêtements à la peau, elle ne semble plus s'intéresser à rien d'autre qu'à son microscope électronique. Le plan de travail est long, il longe les quatre murs de ce bâtiment. Il y a des ordinateurs, et un tas d'appareils dont Z ne cherche même pas une vague ressemblance avec quelque chose de connu. Z est un soldat, ce genre de truc, ce n'est pas sa tasse de thé.
« Tu pourrais au moins m'offrir du thé glacé. » Songe-t-il.
« Demande à 493, sans lui je serais morte de faim. » Murmure-t-elle, préoccupée.
« C'est ton jeu de pompier? » S'informe Z.
« Hein? » Cille-t-elle, perplexe.
De toute évidence elle n'a rien compris à l'allusion. Enfin bref! Peu importe.
Z observe un peu les appareils, ou il fait semblant, ce qui revient assez au même.
« C'est avec ça que tu comptes sauver ceux de Seattle? » Précise-t-il.
« Oh! Non, ça c'est.. Ouvre la télé, là... »
Z obéi sans protester et va mettre la télé... mais il semble impossible de capter les infos autre que locales. Il allait éteindre lorsque le présentateur disparaît de l'image et qu'il peux voir Seattle. La garde nationale est parkée devant un Terminal City qui ressemble maintenant à une prison. Des gens ont mis des barbelés, d'autres ont lancés des bouteilles de bière... et un étrange drapeau flotte toujours sur l'un des immeubles. Un oiseau blanc semble y avoir été peint. Une colombe sans doute, symbole de liberté.
« Tu penses possible que nous puissions être libre? » Doute-t-il.
« Absolument impossible dans l'état actuel des choses. « Nie-t-elle.
Tu as dit croire en notre cause. Lui rappelle Z, surpris par sa réponse.
« Et j'y crois, mais pas sous ces paramètres. » Convient-elle.
Et Z ne tarde pas à comprendre de quels paramètres elle parle.
En effet, le caméraman semble faire un zoom sur les soldats. Des humains qui dans un combat rapproché serait totalement désarmés face aux transgéniques.
Les hommes semblent à peine capable de garder les yeux ouverts. Visiblement ils sont malade.
« Ils vont être malade longtemps? C'est pour laisser les nôtres sortir? » Questionne Z.
« Ils ne seront pas malade longtemps, mais d'après Ben les égouts sont probablement murés, et les gens ne lâcheront pas le morceau. » Nie-t-elle.
« Alors? » S'étonne Z.
Mais il a compris déjà. Les gens vont mourir. C'est un virus sa solution, un virus mortel.
« Tous les soldats de Seattle. » Devine le colosse.
« Eux, et environs 85% de la population humaine. » Opine-t-elle.
« 85% de...?! »
« Oui, peut-être 90. » Opine-t-elle.
Z ferme les yeux. Il est trop tard pour empêcher le pire, et puis le désire-t-il vraiment?
Z inspire lentement, profondément, et admet l'impossibilité de toutes autre solution.
La coexistence avec les humains ne leur a jamais réussie. Actuellement sur la scène internationale ils ne sont qu'une arme hyper sophistiquée dont les USA ont perdu le contrôle et que les autres puissances convoitent. Non seulement leur gouvernement va se battre pour les récupérer, mais devra aussi se battre pour empêcher les autres de venir voler l'arme...
Quelle poisse!
« Comment comptes-tu vivre avec la mort de tous ces civiles? » Doute Z.
« Quelqu'un doit toujours appuyer sur le bouton. » Rappelle-t-elle.
Z s'assoit par terre et il regarde l'écran en silence.
Il aurait préféré être celui qui doit vivre avec ça sur la conscience. Autant de sang et de mort... c'est lourd à porter. Mais 024 est la seule transgénique qui, à la connaissance de Z, ait les connaissances nécessaires.
Ben fini par arriver alors que les premier cadavres commencent à s'accumuler. Il pose une assiette près de la jeune femme, qui ne réagit pas, puis en offre une à Z qui l'accepte avec un grognement sourd en guise de remerciement.
Les deux X5 restent assit sans toucher à leur repas alors qu'ils regardent l'espèce humaine agoniser.
« S à la tête d'une société transgénique, tu as envisagé cette idée? » Demande Ben au bout d'un moment.
La caméra tourne toujours, mais l'image est de travers, le caméraman est mort depuis un moment, et en studio ce ne doit pas être plus rose car personne ne tente de présenter d'autres images ou d'autres informations.
Une société majoritairement Transgénique... Peut-être Z devrait-il préparer un coup d'état?
TERMINÉ