C’était un triste après midi d’hiver à Miami. Il faisait froid et la neige ne cessait de tomber. Pourtant, ce mauvais temps n’influençait en aucun cas l’ambiance chaleureuse de chez McNamara/Troy. Assis confortablement dans leurs sièges, Christian Troy et Sean McNamara faisaient face à un patient dont le cas était plus ou moins étrange ...
Christian : M. Spencer, dîtes-moi ce que vous n’aimez pas chez vous ?
M. Spencer : Mon corps tout simplement.
Sean : Soyez plus précis s’il vous plaît.
M. Spencer : Et bien, je suis une erreur de la nature. Cela résume assez bien mon cas.
Sean : Pourquoi dîtes-vous cela ?
M. Spencer : Pourquoi ?
Il rit avant de reprendre :
M. Spencer : Dr. McNamara, savez-vous ce que s’est de ne pas pouvoir se baigner en public ? D’être la risée du lycée ? De subir les moqueries de ses camarades ? De ne pas pouvoir faire partie de l’équipe de football du lycée car l’on ne peut pas prendre sa douche aux vestiaires avec les autres joueurs après le match ?
Sean : Je suis désolé. Sincèrement.
Christian : Mais, on ne peut pas vous plaindre. Ou du moins, ce n’est pas notre rôle. Allez voir un psy plutôt.
M. Spencer : Dr. Troy, je préfère ignorer la remarque blessante que vous venez de faire. Rassurez-vous, je ne vous considères pas comme mes psy.
Christian : Tant mieux car nous n’en sommes pas !
Sean : Christian, voyons un peu de tenu !
Christian : Je suis désolé Sean, mais je n’est pas le temps d’écouter ses niaiseries ! Je n’ai pas de temps à perdre. Or, depuis tout à l’heure, c’est ce que l’on fait au point que j’en viens à me poser cette question : pourquoi cet homme est-il ici ?
M. Spencer : Ne vous inquiétez pas messieurs. Je suis là pour une bonne raison. Je suis né avec le corps d’une femme, le visage d’un homme et je compte bien remédier à la situation ! Et pour cela, j’ai besoin de votre aide. Êtes-vous prêt à m’aider ou bien doit-je envisager d’aller voir ailleurs ?
Sean : Ne vous en faîtes pas M. Spencer ! Le Dr. Troy et moi prenons votre cas très au sérieux et nous allons vous aider à devenir un homme ... à part entière. Néanmoins, une question m’intrigue : pourquoi songez-vous à cette opération maintenant ? Pourquoi ne pas l’avoir fait plutôt ?
M. Spencer : Et bien voyez-vous, il y a quelques temps, j’ai rencontré
Lucy, une talentueuse photographe. Et jusqu’à maintenant, j’étais toujours parvenu à trouver un prétexte pour ne pas faire l’amour avec elle. Mais, il y a quelques jours, Lucy m’a clairement fait comprendre qu’elle voulait avoir des rapports sexuels avec moi. C’est pourquoi je décide de remettre mon corps entre vos mains d’expert.
Christian : Je suis flatté de l’intérêt que vous nous portez M. Spencer. Nous programmons l’intervention pour demain, 14h00. Ça vous va ?
M. Spencer : Parfait ! Et bien, à demain alors !
Sean : À demain !
Après une poignée de mains, Sean raccompagna le patient jusqu’à la porte, qu’il referma avant de dire à Christian sur un ton agacé :
Sean : Écoute Christian, je ne sais pas ce qui t’arrives en ce moment mais tu es désagréable avec tous nos patients. Tu dois changer de comportement et le plus tôt sera le mieux ! Cela ne peut plus durer !
Christian : Sean, un conseil : mêles-toi de tes affaires tu veux ! Je n’ai pas d’ordres à recevoir de toi !
Sean : Sur le plan privé peut-être ! Mais, sur le plan professionnel si ! Ce cabinet m’appartient autant qu’à toi ! Tu as été odieux avec ce patient et je ne veux plus que ça se reproduise !
Christian : Ce n’est quand même pas ma faute si le cas de M. Spencer ne m’intéresse pas plus que cela !
Sean : Ah oui, excuse-moi ! J’oubliais que les seuls interventions que tu pratiques ont un rapport avec le cul ! De toute façon, il n’y a que ça qui t’intéresse !
Christian : Eh, t’es gentil, mais tu la ferme ! Oui, j’aime les nichons, la chatte, et ma queue dans leur cul mais c’est par pour autant que tu vaux mieux que moi !
Sean : Contrairement à toi, moi j’ai une vie de famille ! Je ne m’accroche pas aux rêves des autres Christian !
Christian : Une vie de famille ? Laisse moi rire ! Tu sais quoi Sean ? Tu es jaloux ! Parce que moi je profite de ma vie ! Parce que moi je n’es aucunes responsabilités ! Parce que moi j’ai une vie sexuelle épicée ! Ce que toi tu n’auras jamais ! Tu es bien trop coincé pour ça !
Sean : Et bien tu sais ce qu’il te dit le coincé ? Va te faire foutre !
Christian : Ne t’inquiètes pas pour moi ! Je peux baiser n’importe quelle fille de cette clinique ! Et d’ailleurs, je ne vais pas me gêner pour le faire !
Sur ces mots, Christian quitta la pièce en claquant brutalement la porte. Furieux et en guise de réponse, Sean mit un violent coup de poing sur le bureau.
Soudain, l’ambiance chaleureuse de chez McNamara/Troy venait de s’estomper. Désormais, l’atmosphère était tendue ... et il neigeait toujours dans les rues de Miami.