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Série : The Tudors
Création : 04.03.2011 à 19h38
Auteur : maxcool
Statut : Terminée
« Encore un vieux texte sorti de nul de part, que j'ai rapidement relu avant de vous le présenté :) Il est un peu poussiéreux, mais j'espèere que vous aimerez! » maxcool
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Nous sommes la forêt, le vent, les rochers. Nous sommes la terre, le ciel, la vie. Nous sommes la mémoire. Nous, nous nous souvenons. Les années passent, les hommes naissent et meurent, puis il en nait d'autres. Les siècles passent, les hommes oublient. Ils oublient leur histoire perdant peu à peu un patrimoine des plus merveilleux. Pour combler les pages manquantes, ils inventent, modifie, n'évoquent plus. Mais nous sommes là pour retenir chaque détail de leur souvenir, de leur passé, de la vérité.
Nous nous souvenons de son arrivée à la cour. Le visage voilé, Katherine d'Aragon avait attisé la curiosité de tous. Tous les regards étaient tournés vers elle. Elle bouleversa le coeur de trois hommes ce jour-là : Arthur et Henry Tudor, prince d'Angleterre et leur père, le roi Henry VII. Fiancé à Arthur depuis son plus jeune âge, Katherine l'épousa. Sa mort qui suivit très rapidement causa l'énorme dilemme : qui du père ou fils allait épouser la jeune veuve? Nous nous souvenons, les débats, les discussions, les complots que cette question a causés. Les nobles autant anglais qu'espagnols avaient leur point de vue. Le fils remporta la victoire. Il épousa la belle d'Aragon, et jura de l'aimer pour l'éternité. Tous y crurent. Sauf nous.
Nous nous souvenons de son arrivée à la cour. De rien, elle deviendrait reine. Habillée à la française, elle devint dame d'honneur de Sa Majesté la reine d'Angleterre. Elle avait une mission : séduire le roi; attiré son attention si longtemps, encore plus que sa soeur, pour permettre à la famille Boleyn de s'élever parmi les nobles. Longuement, elle retint le roi à ses côtés pendant près de sept étés, sept automnes, sept hivers, sept printemps.
Henry l'aimait. Elle avait réussi, non plus sa mission, mais ce que jamais aucune femme n'avait réussi avant elle : convaincre Henry de renoncer à Katherine. Il lui avait promis qu'il l'épouserait et ferait d'elle la reine en échange d'un fils. Les Boleyns devinrent la famille la plus noble, la plus puissante, et la plus jalousée de toute l'Angleterre.
Le pape refusait d'accorder le divorce. Nous nous souvenons la colère d'Henry, tant de procès, tant d'études, tant de temps pour rien n'obtenir. Nous nous souvenons de ce jour. Le jour où Henry détruisit la foi. Il déclara son mariage nul incapable d'attendre plus longtemps. Nous nous souvenons alors la facilité avec laquelle Anne donna son corps à Henry après une si longue abstinence. Là parmi nous, sous nos feuilles, ils donnèrent vie à leur passion. Créant l'enfant tant recherché. L'ultime héritier.
Nous nous souvenons du glorieux jour qu'elle fut sacrée reine. Là parmi nous, nos pierres ornant son diadème, elle fut couronnée avec émotion. Personne n'osa parler pendant cet instant magique. « L'Apogé de la Gloire Boleyn" comme nous aimons l'appeler. Jamais une femme ne fut aussi puissante en Angleterre avant elle.
Nous nous souvenons de la colère d'Henry. Là parmi nous, notre vent frappant son visage, il rageait la naissance de cette petite fille. Anne ne valait pas mieux que Katherine. Elle n'avait pas respecté l'entente. Un fils pour un trône. Une fille pour la mort.
Nous nous souvenons des multiples fausses couches d'Anne. Là parmi nous, retournant à notre terre, ces petites vies perdues augmentèrent la rage du souverain et par le fait même, la disgrâce d'Anne.
Nous nous souvenons de son arrivée à la cour. Doux et calme, personne n'aurait pu croire qu'elle remplacerait la reine dans le coeur du roi. La menace pesait sur Anne. Cette jeune Jane Seymour allait tout gâcher. Et les ennemis de la reine allaient s'en assurer.
Nous nous souvenons du complot. Là parmi nous, demandant l'aide de notre ciel, les fervents catholiques organisèrent tout. Des aveux aux mensonges, ils avaient tout prévu.
Nous nous souvenons du sombre jour où elle allait mourir. Là parmi nous, perdant la vie à la tour de Londres. Elle avait beau garder la tête haute, ne jamais s'apitoyer sur son sort et plaisanter sur la finesse de son cou, nous nous souvenons de sa peine, de sa peur, de son incertitude. Nous nous souvenons du moment fatidique où le bourreau de Calais prit son épée et passa à l'acte, tuant la reine, la femme, la puissance qu'était Anne Boleyn.
Nous nous souvenons de ce triste jour comme si c'était hier.
Les hommes pourront le réécrire comme ils le voudront, le censurer de long en large, en effacer de grande partie, nous nous serons là pour rappeler la vérité aux hommes de demain.
Anne fut une grande reine.
Henry, un homme pitoyable.
Et nous, nous nous souvenons.