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Ma cabane au Canada

Série : Stargate : Atlantis
Création : 08.04.2012 à 16h14
Auteur : Belmene 
Statut : Terminée

« Petite virée dans le pays natal de notre astrophysicien préféré...Multipairing: McKeller/Romelia/Sheyla. Bonne lecture. » Belmene 

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« MA CABANE AU CANADA »

OoooooooooooooooO

Auteur : Belmène.

Résumé : Petite virée dans le pays natal de notre astrophysicien préféré qui va s’avérer pleine de surprises...  Multipairing: McKeller/Romelia/Sheyla.

Disclaimer : Aucun des personnages principaux ne m'appartient et je ne touche pas d'argent pour écrire.

Rated : certains passages contiennent des allusions à caractère sexuels ou violents qui seront annoncés.

Date d’écriture : septembre 2009

OoooooooooooooooO

 

Chapitre 1 : Une mauvaise nouvelle

« Je vous ai déjà dit cent fois que je ne voulais pas que vous vous lanciez dans des expérimentations hasardeuses sur le générateur à naquadah avant que quelqu’un ne revérifie vos calculs ! »

« Petrov a revérifié ! »

« Non, je voulais parler de moi,  Radeck ! »

Le tchèque soupira. Encore trois heures à passer avec l’insupportable Mc Kay avant d’aller profiter de sa pause déjeuner…

« Cette équation est fausse, regardez… continua Rodney en fourrant son écran tactile sous le nez de Zelenka. Bon sang, il faut que je contrôle tout dans ce labo ! »

Les visages furibonds de Petrov et Leonetti se levèrent en direction de Mc Kay qui se dirigea en râlant vers la console centrale.

« Citronovỳ! » cracha Zelenka une fois son confrère éloigné.

« Je vous ai entendu Radeck! Et j’ai compris ce que ça voulait dire ! Ce que vous pouvez être mesquin ! »

Soudain, l’oreillette de Mc Kay grésilla

« Docteur Mc Kay, vous êtes attendu dans le bureau de Mr Woolsey, c’est urgent ».

Le scientifique maugréa de plus belle.

« Qu’est-ce qu’il y a encore ! Si on ne s’évertue pas à me laisser me concentrer sur mes recherches… »

« Nos recherches… » rectifia timidement Zelenka.

« MES recherches ! Et vous, vous m’assistez ! D’ailleurs je pourrais m’en passer de votre assistance vu les erreurs d’étudiant de premier cycle que vous commettez dans l’expression de ce simple quadrivecteur potentiel! » lança Rodney en quittant la pièce.

« Citronovỳ , citronovỳ, citronovỳ… » grommela le tchèque.

                                                                    OoooooooooooooooooooO

« Alors comme ça, vous repartez déjà Kanaan ? »

John était assis sur le sofa près de Teyla et portait Torren sur ses genoux. Le petit garçon le regardait en souriant et tentait d’attraper son nez de ses petits doigts potelés.

« Oui, mon cousin a besoin de mon aide pour les récoltes. »

« Je vais y retourner aussi John. Torren a trop longtemps été privé de ses deux parents depuis qu’Atlantis est revenue dansla Voie Lactée.Notre peuple a aussi besoin de moi. Ils craignent d’avoir à nouveau affaire aux Wraiths sans la protection dela Cité. »

Kanaan s’était approché de Teyla et lui pris la main. Il s’adressa alors à Sheppard.

« Merci de nous avoir conduit jusqu’ici Torren et moi. Elle commençait à beaucoup nous manquer. »

Il caressa tendrement la joue de sa compagne et déposa un baiser sur ses doigts.

« Merci aussi pour votre hospitalité. Tout le monde s’est bien occupé de nous durant ces 2 mois. »

« Oh ! Mais vous êtes ici chez vous ! »

Torren avait enfin réussi à agripper la joue du lieutenant colonel et était fasciné par la barbe naissante qui la recouvrait.

« Le général Landry m’attends au SGC dans l’après midi. De là, je prendrais leur Porte des Etoiles pour aller sur P3X 412 où est stationné le Dédale. Je profite du fait que cet homme, le docteur Jackson, veuille rencontrer le peuple de la planète Proculis. Je veux partir au plus vite. Teyla me rejoindra dans quelques jours…Apparemment, elle a quelques rapports de mission en retard » fit-il sur un ton moqueur.

Teyla ne riait pas. Elle leva les yeux au ciel et soupira.

« Woolsey… » souffla Sheppard l’air désolé.

L’athosienne acquiesça et récupéra Torren qui tentait à présent de tester la résistance du lobe de l’oreille de son jouet humain.

L’oreillette de John vibra.

« Lieutenant colonel Sheppard, vous êtes attendu dans le bureau de Mr Woolsey, c’est urgent ».

« Tiens, quand on parle du loup…Bon… » fit Sheppard en se levant « …on se voit tout à l’heure au mess. »

                                                                  OoooooooooooooooooO

Ronon observait sans bouger. Il tenait ses deux bâtons dans la main droite tandis que son bras gauche était replié dans son dos.

« Vous allez me vexer Ronon ! Je suis si mauvaise que vous n’avez besoin que d’une seule main pour m’envoyer au tapis ? »

Amelia était en position de défense, face à lui. Elle brandissait ses propres bâtons en les maintenant devant son visage. Elle avait attaché ses cheveux en queue de cheval et son T-shirt fluide mais trop court laissait apparaître la peau hâlée et luisante de son ventre. Les yeux de Ronon furent un instant irrésistiblement attirés par la courbe des hanches de la technicienne. Un instant d’inattention qu’Amelia ne manqua pas. Elle se jeta sur son adversaire et lui administra une volée de coups plus ou moins bien parés par le Satédien. Il réussit toutefois à s’éloigner d’elle pour essayer de retrouver une once de concentration.

« C’est beaucoup mieux Banks » souffla-t-il, visiblement gêné d’avoir pu ainsi faillir à rester maître de lui.

Amélia afficha un sourire malicieux. Elle se mit à alors à tourner autour de lui, prête à frapper encore.

« Vous avez bien progressé en un mois… » ajouta Ronon en pivotant pour la suivre.

La technicienne revint à la charge, mais cette fois, le Satédien la repoussa sans effort. Elle n’était certes pas aussi habile que Teyla, mais elle se débrouillait quand même très bien. Amélia porta un coup au niveau du flanc droit de Ronon qui bloqua le bâton de son adversaire avec son bras. Au même moment, il fit un écart sur le côté qui deséquilibra la jeune femme. Elle tenta de se maintenir debout tout en portant un coup de pied au flanc gauche du Satédien. Paré aussitôt.

Alors, de son bras libre, Ronon saisit la jambe de la technicienne et la fit basculer pour la plaquer au sol, une main sur sa gorge. Ils se retrouvèrent l’un sur l’autre, immobiles. Leurs visages étaient si proches que l’haleine chaude et haletante d’Amelia venait lui caresser les lèvres. Ronon tentait de maîtriser sa respiration.

« Ne pas regarder sa bouche…»

Amélia ne bougeait toujours pas et semblait attendre… Ses prunelles brunes lançaient mille éclairs. Soudain, Ronon se releva, laissant sa partenaire en plan sur le sol.

Il alla ramasser les bâtons et les rangea dans leur étui. La jeune femme se remit sur pieds lentement. Elle avait les joues en feu.

« Desolé si j’y ai été un peu fort, Banks… » lança-t-il de l’autre bout de la pièce.

Il revint avec une serviette et de l’eau. Elle le remercia, s’essuya le visage et bu une gorgée d’eau fraîche. Elle s’était fait violence pour cacher sa déception et avait retrouvé son sourire craquant.

« Je ne suis pas en sucre, Ronon. »

« Je sais…et c’est gentil de vous entraîner avec moi. Teyla est beaucoup moins disponible depuis que Torren est né. »

« Mais elle est sûrement une bien meilleure adversaire! »

« C’est vrai… » avoua Ronon, non sans avoir regretté dans la seconde ses paroles un peu trop franches.

Amélia partit d’un petit rire. Elle aimait son honnêteté. Ça et son côté bourru aussi. Tout le monde n’était apparemment pas de son avis sur la base.

« J’ai encore beaucoup de progrès à faire … »

« Euh…Je ne voulais pas dire… »

« Je sais. » le coupa Amélia en s’esclaffant devant sa mine déconfite.

Ils avaient quitté la salle d’entrainement et  marchaient côte à côte dans le couloir quand ils virent Rodney arriver en face d’eux au pas de course et visiblement très énervé.

« Salut Mc Kay ! Vous êtes pressé on dirait ! » s’exclama Ronon, amusé.

« Mouais…mouais ! » furent les seuls mots que purent entendre le couple lorsque Rodney passa près d’eux telle une fusée et sans un regard.

Amelia n’en fut pas étonnée. La réputation de Rodney McKay était faite depuis longtemps sur Atlantis !

« Vous vous entendez bien tous les deux ? » questionna Amelia

« Quand il commence à trop me taper sur les nerfs, je le regarde dans les yeux et il s’arrête de parler. Donc, entre nous, ça va… »

La technicienne sourit.

Ils arrivèrent enfin devant les quartiers d’Amélia.

« Au fait Ronon, puisque vous n’êtes ni mon supérieur, ni dans l’armée américaine, vous pouvez m’appeler Amy si vous voulez. »

« Amy…OK… »

Ronon n’eut pas le temps d’achever sa phrase que Chuck arrivait en courant dans leur direction. Il s’arrêta net à la vue du Satedien et lui jeta un regard noir. Puis, il se planta volontairement entre lui et sa collègue.

« Salut Amelia euh… Bon, on a fait le planning avec Burns et ta semaine de congé commence après-demain. Voilà, j’ai un peu insisté auprès de Newman qui voulait ce créneau, lui aussi, et il a craqué. C’est moi qui te remplacerait pendant tes vacances et donc il faudrait qu’on se voit au déjeuner pour que tu me dises où tu en es concernant ton programme secondaire pour l’ouverture du hangar Nord. Alors je crois qu’on pourrait se retrouver à 13H au mess. Je te garderai une place.»

Il avait débité son laïus d’une traite sous les regards ahuris de Ronon et d’Amélia qui se demandaient comment il avait pu enchaîner autant de phrases sans reprendre sa respiration. Quand la technicienne eut assimilé le flot d’informations qui venait de lui parvenir, elle afficha son plus beau sourire et posa sa main sur l’épaule de Chuck.

« Merci Chuck, c’est vraiment très gentil de ta part. J’espère que Newman ne m’en veut pas trop mais j’ai vraiment besoin de décompresser un peu hors de la base! »

« Oh…Euh… Mais de rien Amélia…. Ce n’était pas grand-chose… » balbutia Chuck qui venait de virer au rouge pivoine.

« On se retrouve au mess à 13H. »

« Oui, à tout à l’heure Amélia. »

Le technicien s’empressa de disparaître avec un sourire béat illuminant sa figure. Ronon le regarda s’éloigner avec des yeux assassins. La jeune femme le remarqua et jubila intérieurement.

« A plus tard Ronon! » lança-t-elle en entrant dans sa chambre.

« A plus tard » grommela le Satédien.

Ronon se dirigea vers ses quartiers en ayant du mal à contenir son énervement. Il allait devoir surveiller Chuck de très près…

                                                                                                                                                     OooooooooooooooooO

La porte du bureau de Richard Woolsey était ouverte quand Mc Kay déboula comme une furie dans la pièce où Sheppard attendait seul.

« Pourquoi on me dérange tout le temps ! Est-ce qu’on est attaqué ?La Citéva exploser ? Todd nous a encore trahis ? Ah mais non ! Que suis-je bête ! On est à 20 millions d’années-lumière des Wraiths ! »

Rodney avait pris son ton le plus désagréable pour déclamer sa tirade acerbe à l’attention d’un Woolsey apparemment absent. Sheppard soupira à la vue de son ami survolté qui venait d’entrer.

« Qu’est ce qui vous arrive encore Mc Kay… Vous n’avez pas « petit-déjeuné » ce matin? »

« Et en plus il n’est même pas là ! » lança Rodney en ignorant le lieutenant colonel.

Soudain, le dirigeant de la base se présenta sur le seuil. Mc Kay se retourna brusquement et se mit à rugir :

« Ah ! Enfin ! Vous savez que je travaille en ce moment sur… » 

« Taisez-vous Docteur Mc Kay et asseyez-vous à mon bureau. Vous, Sheppard, j’ai à vous parler dans un instant… »

Ce fut un Rodney interloqué et silencieux qui s’exécuta sans broncher. Le scientifique avait pu se rendre compte que quelque chose n’allait pas dans l’attitude de Woolsey. Il savait que son supérieur n’était pas vraiment un bout en train mais apparemment, là, il y  avait un problème, et qui le concernait de surcroit. Il s’installa devant l’ordinateur.

« Il y a une transmission pour vous. C’est votre sœur. »

Cette fois, les mots de Rodney étaient bel et bien coincés dans sa gorge. Sheppard et Woolsey s’étaient mis en retrait et observaient l’écran avec inquiétude. Le scientifique lança la communication et le visage défait de Jeannie apparu devant lui. Elle avait manifestement pleuré.

« Jeannie ? Qu’est-ce qui se passe ? Il t’est arrivé quelque chose ? » questionna un Rodney de plus en plus paniqué à la vue du chagrin évident de sa sœur. Il enchaîna sans lui laisser le temps de répondre.

« C’est Madison ? Bon sang ! Dis-moi ! » avait-il presque crié.

Jeannie finit de se moucher et put enfin articuler.

« Meredith…c’est May. Elle vient d’avoir une crise cardiaque. »

Le visage du scientifique se décomposa subitement.


Belmene  (08.04.2012 à 16:18)

CHAP 2 : Un pour tous et tous pour un

« Vous croyez que ça ira pour lui ?

Woolsey finissait de signer la permission de sortie de la base du scientifique.

« Je n’en sais rien Sheppard. Il avait l’air plutôt secoué. En attendant, comme je vous l’expliquais, le SGC compte sur vous dans deux semaines pour cette réunion avec le général O’Neill et les représentants du C.I.S. Vous allez faire le point avec eux sur les récents évènements pendant que je serai à Washington. »

«  Super…le C.I.S… »

« Ecoutez, je n’ai pas encore digéré leur tentative de m’évincer du poste de dirigeant d’Atlantis, mais nous sommes sous leur autorité et nous devons faire bonne figure devant eux. O’Neill devrait vous prêter main forte… Nous n’allons pas nous laisser faire et les laisser décider du sort d’Atlantis sans nous consulter avant.»

Sheppard regardait son supérieur en souriant. Woolsey s’en aperçut et lui lança d’un air dubitatif

« Qu’y-a-t-il  Sheppard ? Vous croyez que vous ne serez pas à la hauteur? »

« Non ce n’est pas ça Richard, j’ai seulement le plaisir de constater que vous faites vraiment partie des nôtres à présent… »

En sortant du bureau, John fut attiré par le bruit de l’ouverture du vortex dela Portedes étoiles. Kanaan s’apprêtait à rejoindre le SGC. Le militaire comptait aller lui dire au revoir quand un détail troublant le fit changer d’avis. Il demeura alors dans la salle de contrôle  et observa de loin Teyla et son compagnon en grande discussion au pied des marches conduisant à l’anneau. Ils paraissaient tous deux contrariés.

 Dispute …  pensa John tout en suivant la scène.

Kanaan posa ses mains sur les épaules de Teyla qui se dégagea doucement en reculant d’un pas. Elle avait les bras croisés et regardait le sol. Son visage s’était fermé. Alors, Kanaan déposa un baiser rapide sur son front et traversa la porte. Sans un regard vers l’onde bleue qui venait d’avaler son compagnon, l’athosienne tourna les talons et sortit de la salle.

                                                                                                                                      OooooooooooooooO

« Carson, vous êtes sûr que vous n’avez plus besoin de moi ? »

« C’est gentil à vous Jennifer mais vous nous avez déjà été d’un très grand secours. Le nouveau traitement que vous avez mis au point sur Atlantis semble fonctionner et les tumeurs des malades ont diminué de moitié depuis la dernière fois que vous êtes venue leur administrer votre sérothérapie. » 

« Oui mais seuls ceux qui ont été traités à temps montrent des signes de rémission ! Nous n’avons quand même jamais été confrontés à ce genre de cancer auparavant dans Pégase. Qui plus est un cancer qui semble être contagieux ! Vous avez fait des examens sur vous et votre équipe ? »

« Ecoutez Jennifer, cette maladie ne semble toucher que les habitants de cette planète. C’est un des abominables fléaux infligés par les Oris contre les peuples qui refusaient de se soumettre. Vous ne pouvez rien faire de plus à présent. Le docteur Lam du SGC est venue me rejoindre.  Merci encore Jennifer pour votre aide. Vous méritez un peu de répit après tous ces mois de travail acharné. »

« Je peux encore essayer d’améliorer le dosage d’interleukines… »

« Vous devez souffler un peu Jen… »

« N’hésitez pas à rappeler si besoin. »

« Je vous le promets, à bientôt. »

« A bientôt Carson. »

Le docteur Keller venait juste de couper la communication quand Rodney apparut sur le seuil de son bureau, le visage sombre. Jennifer se leva lentement et commença à s’inquiéter de l’attitude immobile du physicien dont le regard semblait perdu dans le vide.

« Qu’est-ce qui se passe Rodney ? »

OoooooooooooO

« May ? Qui est-ce ? » demanda Teyla en reposant son verre d’eau.

« C’est sa tante » répondit John en triturant sa purée avec sa fourchette.

Ils s’étaient tous retrouvés au mess pour le déjeuner. Teyla était arrivée la première rejointe de peu par Ronon. Enfin, Sheppard s’était assis à la table, le visage soucieux. Il leur rapporta la mauvaise nouvelle reçue par Rodney dans la matinée.

« Elle a fait une crise cardiaque dans une épicerie hier. Heureusement, les secours ont été rapides. Jeannie a contacté le SGC qui a relayé le message ce matin àla Cité. Jevous assure que je n’ai jamais vu Mc Kay dans un tel état ! »

« C’est un membre de sa famille John, c’est normal… » ajouta Teyla.

Sheppard demeurait perplexe.

« Bien sûr Teyla mais je vous dis que là, notre Rodney a pris un sacré coup. »

« Elle est tirée d’affaire ? » demanda Ronon en engloutissant d’une bouchée la moitié de son steack.

« Elle est en observation à l’hôpital. Apparemment elle est stable. Jeannie est partie la retrouver et souhaitait que Mc Kay les rejoigne au plus vite. »

Inconsciemment, ils jetèrent tous un coup d’œil à la chaise restée vide à côté d’eux. Teyla soupira.

« Où est Rodney à présent ? En train de faire ses bagages ? »

« Non, il est passé à l’infirmerie pour voir Jennifer. Je pense qu’il voudrait qu’elle l’accompagne. » 

« Vous ne trouvez pas que Jennifer a l’air épuisé ces derniers temps ? » questionna Teyla.

« Moi j’ai rien remarqué » répliqua Ronon

« C’est vrai qu’elle est un peu pâlotte… mais bon, pensez qu’elle doit maintenant gérer un Rodney Mc Kay presque 24H/24 ! Et ça, si c’est pas usant ! »

Un groupe de techniciens entra alors dans le mess. Parmi eux se trouvait Amelia et Chuck qui discutaient en riant. Ronon ne les lâcha pas des yeux jusqu’à ce qu’ils aillent s’asseoir à une table plus loin. Teyla et Sheppard échangèrent un regard de connivence en souriant. Le Satédien planta soudain sa fourchette violemment dans le morceau de viande qui lui restait. 

« Ils vont venir déjeuner vous croyez ? » demanda Teyla.

Elle n’eut pas fini de prononcer ses mots que justement  Jennifer et Rodney firent leur apparition au seuil de la salle. Teyla, qui les vit la première, se redressa lentement sur sa chaise. Elle fut frappée par le visage de Rodney. C’était effectivement la première fois qu’il affichait une telle expression d’accablement en dehors des innombrables moments de crise qu’avait connu leur équipe au cours des cinq dernières années.

Le docteur Keller et lui se tenaient la main et les rejoignirent.

« Salut à tous … » marmonna Rodney sur un ton morose.

Il eut droit à une réponse collégiale. Jennifer et lui s’assirent. Ronon nota que Rodney n’avait pas de plateau-repas.

« Mc Kay ! Vous ne mangez pas aujourd’hui ? »

Rodney, perdu dans ces pensées, réagit à peine à la remarque du satédien.

« Pas faim… » répondit-il  sans fioritures.

Sheppard, Teyla et Ronon le dévisagèrent, les yeux exorbités. Alors là, effectivement, Mc Kay allait très mal ! Jennifer posa sa main sur la sienne et la serra.

« Tu devrais quand même manger un peu Rodney, je sais que la mauvaise nouvelle de ce matin a dû te chambouler. Pense à  ton hypoglycémie… »

Pas de lamentations. Pas de réplique tranchante. Il y avait effectivement un gros problème. Sheppard le fixait à présent avec compassion. Mc Kay s’en aperçut. Tout comme il sentit les trois autres paires d’yeux interrogateurs braqués sur lui. Il anticipa les éventuelles questions :

« C’est la sœur de ma mère…. Elle…enfin... »

Il fit une pause. Tous firent silence pour lui laisser le temps.

« Jeannie et moi, on allait souvent la voir à Whistler pendant les vacances scolaires. »

« Whistler? » demanda Ronon

« C’est en Colombie britannique » répondit Mc Kay

« Au Canada » ajouta Sheppard. « Super endroit ! La plus chouette station de ski de tous le nord du continent américain. Les jeux olympiques d’hiver sont prévus là-bas bientôt…et il y a… »

Le lieutenant colonel stoppa net sa phrase. Jennifer Keller venait de lui jeter un regard meurtrier.

« …un super golf aussi, mais…continuez Mc Kay… »

« Elle vit dans un grand chalet en dehors de la ville. Bon, vous me connaissez, je ne suis pas un fanatique de la nature, des bestioles en tous genres et des affres de la vie en plein air… sans compter mes multiples allergies au pollen, aux acariens … »

Ça y est Mc Kay reprenait un peu du poil de la bête…

« Mais, elle m’a toujours soutenu dans tout ce que j’ai entrepris. Elle a payé pour une partie de mes études alors qu’elle ne roulait pas sur l’or. Elle est… »

Silence à nouveau.

« C’est comme si elle avait toujours su  que je ne pouvais pas être comme les autres. Et elle s’en fichait. Je n’avais qu’à être « Rodney » avec elle, ça lui suffisait. »

« Meredith, vous voulez dire… » murmura  Sheppard en avalant un bouchée de pain.

A la surprise générale, Rodney se mit à sourire, ce qui détendit un peu l’atmosphère. Peut-être n’arrivait-il pas à trouver les mots justes mais tous comprirent que cette femme avait énormément d’importance pour lui.

« Je pense que je peux parler au nom de tout le monde ici en vous disant que si vous avez besoin de quoi que ce soit Rodney, vous pouvez compter sur nous. »

Teyla avait joint le geste à la parole en posant doucement sa main sur l’épaule du scientifique.

« Merci c’est gentil. Jennifer et moi partons tout à l’heure pour Whistler. Jeannie m’attend là-bas. On a plein de choses à régler pendant que May est à l’hôpital. D’ailleurs je dois aller faire ma valise.»

A ce moment précis Zelenka s’approcha de leur table, la mine renfrognée.

« Rodney, je vous attends tout à l’heure pour revérifier mes calculs sur le confinement énergétique modulable du réacteur… »

Mc Kay se leva et parut faire un effort mnémonique  intense pour retrouver ce dont Zelenka était en train de lui parler.

« Ah, oui Radek ! Euh… pas la peine… vous vous occuperez de ça très bien. » ajouta-t-il en tapotant le bras du tchèque.

Puis, Mc Kay se dirigea vers la sortie, laissant derrière lui un Zelenka totalement pétrifié. Quand le scientifique eut repris ces esprits, il pivota vers le groupe assis près de lui et articula péniblement un « Il a été lobotomisé ? » avant de quitter le mess à son tour.

Jennifer avait les yeux baissés et jouait distraitement avec la salière. John s’adressa à elle.

« Est-ce que ça ira pour lui ? Il n’est vraiment pas… »

« Dans son état normal » acheva Ronon.

« C’est un mauvais moment à passer » répondit-elle avec un sourire triste. « Il a besoin de nous plus qu’il ne veut l’admettre. Je crois que ce genre de situation le tétanise au plus haut point. Vous savez bien, Rodney … Exprimer ses sentiments… Avouer ses faiblesses …C’est pas vraiment son truc »

Teyla acquiesça d’un signe de tête. Sheppard leva les yeux au ciel et Ronon émit un « grmpfff » affirmatif, la bouche pleine de haricots verts. Jennifer enchaîna.

« A ce que j’ai compris, depuis que la tante de Rodney a perdu son mari voilà deux ans, elle vit seule dans sa grande maison en pleine forêt. Elle n’a jamais eu d’enfants. C’est apparemment une femme avec un caractère bien trempé. Même si  Rodney affirme que ses voisins n’hésitent pas à lui venir en aide, la maison aurait besoin de plusieurs petits travaux d’entretien. Pas vraiment l’idéal pour une femme de 75 ans qui ne veut absolument pas entendre parler de maison de retraite. Et maintenant qu’elle est malade, ça ne va pas s’arranger. Jeannie et Rodney lui ont trouvé un institut vraiment très bien et veulent la convaincre d’y aller. »

« C’est quoi une maison de retraite ? » demanda Ronon la bouche pleine de purée.

« C’est un endroit où vivent les personnes âgées qui ne peuvent pas ou ne veulent pas vivre seules. »

« Oh… » répondit le Satédien.

« Ecoutez, si Rodney est d’accord, on pourrait peut-être se joindre à vous pour vous aider… C’est le calme plat en ce moment sur Atlantis. De nouvelles têtes du SGC furètent partout pour étudier le moindre recoin dela Citéet Woolsey me doit au moins trois semaines de permission. S’il s’agit de seulement quelques jours pour mettre un peu d’ordre chez elle pendant que la tante de Rodney est à l’hôpital, il n’y a pas de souci pour moi. En plus, ça nous fera visiter du pays…»

Sheppard avait émis l’idée en parcourant l’assistance du regard. Ronon avait signifié son accord par un « hummm.. » la bouche pleine de mousse au chocolat.

« Si ma présence ne pose pas de problème, je souhaiterai vous accompagner avec Torren. Sortir d’Atlantis pour découvrir le continent nous fera le plus grand bien. Et puis, surtout j’aimerais aider Rodney. J’attendrais quelques jours pour retourner sur la nouvelle Athos. Kanaan pourra parer au plus pressé en attendant mon arrivée et la présence du Dédale rassurera mes compagnons.»

John n’osa pas la regarder. Apparemment, il avait vu juste pour la querelle d’amoureux.

Le visage de Jennifer s’illumina d’un coup.

« Merci à tous du fond du cœur ! Vous êtes extras ! Je fonce prévenir Rodney ! »

« Eh ! Attendez deux secondes ! S’il préfère gérer ça seul, venez nous le dire doc, OK ? »

« Il n’y aura pas de problèmes. Enfin…si… Rodney va râler, dire qu’il n’a besoin de personne, qu’avec son Q.I supérieur au commun des mortels il peut quand même trouver une solution pour s’occuper de la maison pendant quelques jours …bla…bla..bla… Enfin ! Vous le connaissez ! Mais au fond de lui, il sera ravi, même s’il ne vous le dit pas. »

                                                                                                                      OooooooooooooO

« Bon sang, Jennifer ! Je peux quand même m’occuper de la maison pendant quelques jours le temps que ma tante puisse rentrer chez elle ! »

Rodney parcourait sa chambre de long en large, les bras chargés de vêtements qu’il transportait en boule de sa commode jusqu’à sa gigantesque valise bleue. Jennifer, assise sur le lit, suivait son va-et-vient incessant en souriant.

« Rodney, ce sont tes amis et ils veulent d’aider. Ils ont bien vu que ce qui arrive à ta tante te touche profondément. Et puis, honnêtement, c’est toi qui m’a dit qu’il y a avait quelques réparations à faire ! Je sais que tu es un génie en ce qui concerne la remise en marche d’un générateur Ancien ou celle d’un transporteur Asgard mais, sans t’offenser, as-tu de l’expérience dans la coupe du bois ? La réparation d’un toit ? »

« Tu crois que Sheppard est plus doué que moi ? Pour les travaux, Jeannie a dit qu’il n’y avait pas grand-chose à faire. Bon, si il y a un problème au niveau du toit, c’est sûr, j’ai le vertige alors se sera pas possible pour moi mais on fera venir quelqu’un ! Il y a bien des artisans à Whistler ! C’est quand même pas un trou paumé ! Et pour le bois aussi ! Il est vrai que j’ai des mains très sensibles… »

« RODNEY ! Puisqu’ils te proposent leur aide ! C’est vraiment adorable de leur part. Ils font ça parce qu’ils tiennent beaucoup à toi. »

« De toutes façons, la maison est trop petite et vraiment éloignée de la ville… On ne va pas tous pouvoir dormir là-bas et puis il faut que je demande l’autorisation à tante May… Tu ne la connais pas…Elle peut avoir un caractère de cochon quand elle s’y met. »

Rodney était à présent passé au remplissage méthodique des espaces vacants de sa valise avec de petits boitiers noirs aux façades lisses qu’il avait récupéré sur son bureau.

« Enfin, tu m’as dit tout à l’heure qu’il y avait 4 chambres en plus de celle de ta tante dans la maison ! Et si May est d’accord, Teyla peut en prendre une avec Torren, Jeannie aura la sienne, Ronon et John peuvent en partager une autre et nous… »

Mc Kay stoppa net la tentative de fermeture forcée de sa valise et fixa Jennifer avec un regard radouci.

« Nous… on partage la quatrième… » lança Jennifer sur un ton mutin en rejoignant le scientifique dont les pensées s’étaient mises soudain à vagabonder vers le monde magique du docteur Keller.

Ils n’étaient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre quand Ronon passa sa tête par la porte de la chambre.

« Alors Mc Kay, on part quand ? » lança le satédien, visiblement joyeux.

Voir Ronon sourire de toutes ses dents déstabilisa le scientifique qui manqua se prendre les pieds dans sa trousse de toilette posée au sol.

-« Euh… dans 3H… mais… »

« Dites, ça vous embête si je demande à une personne de plus de nous accompagner ? Il parait que vous allez avoir besoin de monde pour vous aider avec la maison et puis elle fait un café délicieux… »

« Elle ? » Mc Kay et Jennifer se regardèrent d’un air surpris.

OooooooooooooooooO

Amélia sortait du mess toujours escortée par Chuck. A l’arrivée de Ronon, tout le monde s’écarta pour le laisser passer tant sa démarche était assurée. Il stoppa net devant la jeune femme sans un regard pour son collègue masculin.

« Amy…je peux vous parler un instant? »

-« On est pressé là… On a beaucoup de travail à abattre avant qu’Amy ne parte en vacances. » se risqua Chuck, visiblement suicidaire.

Heureusement pour lui, Ronon continua de l’ignorer.

« Euh…bien sûr Ronon…je… Chuck, je te retrouve en salle de contrôle. » avait bafouillé la jeune femme, troublée par les yeux verts  du satédien plongeant dans les siens.

Chuck fit mine de s’en aller mais s’éloigna d’eux le plus lentement qu’il pu afin d’entendre leur conversation.

« Voilà, Rodney a quelques ennuis familiaux en ce moment. Sa tante est malade et il a besoin de personnes volontaires pour l’aider à s’occuper d’une sorte de chalet au Canada. Alors, comme l’autre jour  vous avez parlé de vouloir décompresser loin de la base… eh bien, je me suis dit que…peut-être…Vous voudriez venir avec nous…là-bas…au Canada. »

Il avait fini. Il attendait la réponse. Amélia continuait à le fixer sans bouger. Alors, Ronon cru bon d’ajouter :

« Oh mais, vous savez, si vous aviez prévu autre chose ou plutôt vous reposer…parce qu’apparemment, il y a aura du boulot et puis, c’est sûr, il y aura Mc Kay, sa sœur, Sheppard, Teyla, Torren, Jennifer et… »

« Et vous. » acheva Amélia à sa place.

Ronon reprit sa respiration. Chuck se décomposa sur place.

« En ce moment, au Canada, il fait un froid de canard. Tu sais que tu es fragile des bronches AMY… »

Chuck avait prononcé ce prénom de sa collègue de façon exagérée afin de faire comprendre à Ronon qu’il avait parfaitement saisi le manège du Satédien. Il enchaîna.

« Si tu tombes malade et que tu ne peux pas assurer ton service à ton retour, ça va poser un problème avec tous les congés prévus après toi. Ce programme que tu as commencé est très important et… »

La patience de Ronon avait atteint ses limites. Il se retourna brusquement et n’eut qu’à avancer d’un pas pour se retrouver nez à torse avec le technicien.

« Eh bien vous la remplacerez, CHUCK… » cracha Ronon sur le ton le plus menaçant de son registre.

Le technicien jeta un regard éploré à une Amélia au bord du fou rire, puis, vexé,  s’éclipsa sans demander son reste. Il fallu bien une dizaine de seconde à Ronon pour se calmer.

« Si on veut bien de moi. Ce sera avec plaisir » répondit Amélia, un sourire jusqu’aux oreilles.


Belmene  (08.04.2012 à 16:22)

CHAP 3 : Une vieille dame très perspicace

Le mini-van roulait à vive allure sur l’immense autoroute en ligne droite, bordées de congères grisâtres. La fin de matinée était ensoleillée et le ciel sans nuages. Rodney était en train de maugréer dans le fond, assis à côté de Jennifer.

« Mc Kay ! Arrêtez de bouder ! Déjà que vous avez été insupportable dans l’avion jusqu’à Vancouver ! »

« Je vous signale, Sheppard, que nous allons chez MA tante ! Et c’est moi qui vous ai autorisé à venir avec moi que je sache… Vous n’avez pas le droit de me traiter comme ça ! »

« Je n’aime pas qu’on me prenne la tête pendant que je conduis. Je sais très bien où aller et je n’ai pas besoin que vous me stressiez toutes les 2 minutes avec les limitations de vitesse, votre manie de changer sans arrêt de station de radio ou que vous me répétiez vingt fois que je dois prendre la prochaine sortie à droite qui n’est que dans 10 km. Banks est un copilote beaucoup plus agréable que vous ! »

Teyla se retourna alors vers Keller.

« Vous allez mieux Jennifer? » demanda-t-elle.

« Oui, Teyla…merci… Mon estomac n’a pas vraiment apprécié la dernière série de turbulences dans l’avion. »

Après quelques minutes où tous purent profiter d’un silence bien reposant, le scientifique revint à la charge.

« Vous pourriez quand même monter un peu le chauffage ! J’ai les doigts de pieds gelés! »

« Profitez du paysage, Mc Kay. »

On entendit Rodney rouspéter à voix basse tandis que John augmentait légèrement le volume de la radio. Amélia, à côté de lui, remonta la fermeture éclair de son anorak. Ils avaient tous dû s’équiper de manteaux plus chauds que ceux dont ils avaient l’habitude.

La région connaissait le mois de novembre le plus froid depuis dix ans. Ronon et Teyla, sur la banquette centrale, observaient le paysage avec ravissement. Le long de l’autoroute provinciale 99, ils avaient pu admirer tout d’abord de magnifiques fjords surplombés de hautes montagnes enneigées. La forêt de sapins omniprésente s’était également parée d’un épais manteau blanc, signe que l’hiver s’était déjà bien installé. Puis, après plusieurs montées et descentes successives, au détour d’un versant, apparut une succession de lacs. Des reflets métalliques en irisaient la surface calme. Amélia était aux anges.

« C’est magnifique par ici… » murmura-t-elle.

« De la forêt…J’avais oublié à quel point cet endroit ressemblait à la majorité des planètes de Pégase ! La seule différence peut-être, c’est le froid glacial, la neige, les sapins, les ours et les wapitis….» marmonna Rodney en guise de réponse.

« On peut chasser dans cet endroit? » enchaîna Ronon dorénavant très intéressé.

« Sur Terre, Il faut un permis pour ça. Sauf si vous tombez nez à nez avec un grizzli. Alors là vous pourrez invoquer la légitime défense, je pense » répliqua Sheppard.

« Des grizzlis ? » s’étonna Jennifer. « Je croyais qu’ils hibernaient l’hiver. »

Rodney ne perdit pas cette occasion d’étaler son savoir en matière d’ursidés et se lança dans un monologue magistral sur le fait qu’il s’agissait plutôt d’une « pseudo-hibernation, que les grizzlis pouvaient se réveiller et attaquer s’ils étaient dérangés… »

Tandis que Mc Kay étalait sa science et que seule Jennifer l’écoutait vraiment, Torren gigotait joyeusement sur les genoux de sa mère. Il jouait avec la l’écharpe assortie au petit anorak rouge que Sheppard avait choisis pour lui tandis que Ronon n’arrêtait pas de tripoter le col de son pull-over avec agacement.

« Qu’est-ce que vous avez Ronon ? » finit par demander Sheppard.

« C’est ce truc que vous m’avez trouvé ! Je ne comprends pas pourquoi tous vos vêtements ont ces espèces de petites languettes cousues à l’intérieur ! Ça gratte, c’est énervant ! Je préfère de loin ceux que je troque sur P6M 292 ! »

« En peau de buffle! » ironisa Mc Kay qui visiblement avait arrêté son cours de zoologie.

Ronon se retourna vers lui et le fusilla du regard. Mc Kay s’enfonça dans la banquette.

« Oh mais c’est très seyant ! »  bafouilla-t-il. « Un peu…rustique… mais très seyant sur vous! »

Devant eux, apparurent les lignes torturées d’un glacier bleuté, sinuant au milieu de la pente raide de la forêt de conifère. Jennifer se rapprocha de Rodney et posa la tête sur son épaule. Elle ferma les yeux et commença à somnoler en écoutant le bruit de fond des conversations de chacun. Soudain, le téléphone portable de Rodney sonna, la faisant sursauter. Tous se turent. Une ombre passa sur le visage du scientifique qui répondit immédiatement.

-« Jeannie ? Oui… on a passé Brackendale... »

« …

« Tu es à l’hôpital d’accord… et comment va May ? »

« …

Rodney soupira  de soulagement.

« Très bien… c’est plutôt bon signe ! »

« …

« Dis-lui de se reposer, de ne pas s’inquiéter, … On passe dès qu’on arrive. A tout à l’heure ! »

Le visage de Rodney se décrispa.

« Elle va bien… » annonça-t-il à l’assemblée qui était restée silencieuse.

Torren se mit alors à rire aux éclats et au détour d’un virage, tous aperçurent enfin le sommet des toits blancs de Whistler.

OooooooooooooooO

« J’ai envie d’aller marcher je te dis ! »

« Tante May, voyons ! Retourne te coucher ! »

Jeannie Miller tentait vainement de remettre la vieille dame dans son lit quand Rodney entra dans la chambre, suivi de Jennifer.

« Oh mon Dieu Rodney ! Te voilà ! Espèce de sacripan ! Alors comme ça, il faut que je sois à l’article de la mort pour que tu daignes te déplacer !»

May se débarrassa de sa nièce d’un mouvement de bras et à coups de petits pas rapides, elle rejoignit  Mc Kay en entraînant son porte-perfusion.

« Mon Dieu! fit-elle en lui prenant le visage entre les mains. Mais ils ne te nourrissent pas dans l’armée ? Tu es maigre comme un clou ! »

Elle l’entoura alors de ses bras frêles. Rodney accompagna son étreinte et lorsqu’elle le relâcha enfin, elle passa sa main noueuse sur la joue de son neveu et lui sourit.

« C’est gentil d’être venu mon petit… »

Devant cette petite femme aux cheveux d’argent, le scientifique demeura étrangement silencieux. Jennifer, restée en retrait,  le découvrait réellement ému pour la première fois. Les yeux de Meredith Rodney Mc Kay s’humidifièrent légèrement. Il avait à nouveau dix ans…

                                                                                                                      OoooooooooooooooooO

Ronon faisait des allers-retours le long du couloir devant la chambre de May. Sheppard et Teyla le regardaient sans bouger, appuyés contre la cloison. Amélia portait Torren dans ses bras et le petit garçon prenait un malin plaisir à tortiller entre ses doigts une des mèches de cheveux de la jeune femme.

Se sentant dévisagé, Ronon cessa son va et vient et s’adossa au mur à côté d’elle.

« J’aime pas les hôpitaux. » 

« Moi non plus» répondit-elle.

Soudain, la porte de la chambre s’ouvrit et Jennifer apparut sur le seuil.

« Elle voudrait vous voir. » 

« Tous ? » demanda Sheppard. « Elle… euh… Elle a peut-être besoin de repos non ? On ne devrait pas plutôt… »

Le lieutenant colonel n’eut pas le temps d’achever sa phrase qu’une voix fluette mais autoritaire leur parvint depuis l’intérieur.

« Venez tous par ici que je vous regarde un peu ! »

Alors, un par un, ils entrèrent dans la chambre. Ils trouvèrent May allongée sur le lit, Rodney assis à ses côtés. Jeannie était installée un siège près de la fenêtre. Ils la saluèrent du regard. La vieille dame avait les traits tirés même si elle tentait de cacher son état de fatigue derrière un sourire radieux. Ses cheveux gris étaient noués en une longue tresse qui retombait sur son épaule gauche.

« Eh bien ! Présente-moi tes amis Rodney ! Quel malpoli tu fais ! »

Mc Kay s’exécuta. Bien sûr, il passa sur le fait que deux de ses compagnons étaient originaire d’une autre galaxie… Ronon était devenu un agent de liaison qui travaillait avec l’armée américaine pour renforcer les liens de coopération avec la Nouvelle-Zélande (faut dire que Rodney avait eu plus ou moins d’inspiration) et Teyla se retrouvait catapultée au poste d’assistante du scientifique. Jennifer avait déjà eu son moment de gloire et s’était vue qualifiée de « Bien belle jeune fille … et médecin en plus ! » par une tante May enthousiaste.

La vieille dame les détailla tous de la tête aux pieds et s’arrêta enfin sur John.

« Dites donc, tous les lieutenant-colonels sont aussi beaux garçons que vous dans l’armée ? »

« Vous me flattez… » répondit un Sheppard visiblement amusé par le franc-parler de May.

« Je suis surtout veuve depuis deux ans ! »

« Tante May ! » lança le scientifique

« Et je ne suis pas encore aveugle Rodney ! Ce garçon est charmant ! » répliqua la vieille dame.

Le physicien leva les yeux au ciel. Décidément, elle était incorrigible.

« Je suis curieux d’une chose… » ajouta Sheppard. « Depuis que nous sommes là, vous appelez votre neveu, Rodney. Je croyais que son prénom était Meredith ! » lança-t-il en direction de Mc Kay. 

« Vous l’appelez Meredith vous ? Non mais ne faut-il pas que ses parents aient picolé avant de baptiser leur fils de la sorte ? Pourtant  j’adore ma sœur ! Mais mon beau-frère a toujours été un excentrique ! En tous cas, j’espère que vous traitez bien mon neveu et que vous ne l’embêtez pas trop avec ça! Je sais qu’il peut être pénible quelquefois mais quand même… "

Une bonne dizaine de qualificatifs beaucoup plus adaptés vinrent subitement à l’esprit de Sheppard qui décida finalement qu’il serait malvenu de relever. Mc Kay ouvrit la bouche pour protester quand sa tante enchaîna.

« … mais c’est malgré tout un bon garçon ! Jeannie et lui sont comme mes enfants ! Et vous m’avez l’air d’être quelqu’un de bien vous aussi. »

Là, Rodney comptait bien ajouter son grain de sel quand il fut une nouvelle fois interrompu avant d’avoir pu placer son petit commentaire railleur.

« Ce petit a vos yeux! » lança-t-elle en désignant Torren du regard. « Il est adorable ! Vous formez une bien jolie petite famille ! »

Sous le regard attendri de la vieille dame, Teyla et Sheppard restèrent à court de mots un bref instant tandis que le scientifique venait à leur secours.

« Euh…Teyla et John ne sont pas…ensemble... Enfin… Torren n’est pas le fils de John… »

« Oh ! Comme c’est dommage… » répliqua May, apparemment un peu déçue.

Le petit garçon observait la veille dame de ses yeux ronds et rieurs et  tendit soudain les mains vers elle. May, lui offrit son plus beau sourire et supplia Teyla du regard de lui confier l’enfant un moment.

L’athosienne s’exécuta avec plaisir et alors qu’elle accueillait Torren dans ses bras, le visage de May s’illumina. Aussitôt, le petit garçon se mit à gazouiller et à regarder la vieille dame de ses grands yeux bruns.

« Alors vous, vous êtes ensemble? » lança May vers Ronon et Amélia un peu en retrait au coin de la chambre.

Là, Rodney ne se risqua pas à la contredire, lui-même n’étant pas sûr du lien qui unissait des deux concernés. D’ailleurs tous tournèrent la tête vers le couple qui, soudain, se vit acculé par six paires d’yeux interrogateurs.

« Euh…Non…nous ne sommes pas…ensemble non plus… » balbutia Amélia avec un sourire gêné.

« Alors vous attendez quoi mon petit ? » lança-t-elle vers le Satédien.

Un gloussement collectif suivit les dernières paroles de May et c’était bien la première fois que quelqu’un appelait Ronon « mon petit » !

Amélia rougit. Ronon restait sans parole mais souriait discrètement. Il partagea un coup d’œil complice avec la vieille dame.

« Bon, si j’ai bien compris, il n’y a que mon Rodney ici sur le point de se marier ! »

Jennifer manqua de s’étrangler. Rodney leva les yeux au ciel. May comprit que ses remarques semblaient mettre toute la petite troupe mal à l’aise. Ah ! Ces jeunes ! Tout avait l’air d’être si compliqué entre eux ! Les non-dits, les regards langoureux, toute cette frustration !

Jeannie se leva alors et décida d’aborder un nouveau sujet.

« Tante May, à présent que Rodney est là, il faut qu’on parle de la maison de retraite qu’on t’a trouvée à Vancouver. »

Les yeux de la vieille femme se voilèrent. Son visage prit une expression de profonde colère.

« Hors de question ! Je ne quitte pas Whistler ! Je suis très bien ici ! Rodney ! Dis-lui que je peux encore rester chez moi ! » 

« May, tu ne peux plus rester seule dans cette grande maison isolée. Si tu refuse d’aller dans cet institut, réfléchis au moins à la proposition de Sarah qui accepte de te louer dans une de ses chambres. Tu serais en ville, tu aurais de la compagnie et nous, nous serions rassurés. »

« Et la maison ? »

Rodney hésita avant de répondre.

« Tu pourrais… la vendre… »

Le scientifique chercha un peu d’aide en direction de Sheppard qui se dégonfla en reculant contre le mur. Ah ! Devant des Wraiths pas de problème ! Mais devant une vieille dame de 75 ans plus butée qu’un bourrique, il n’y avait plus personne !

« Jamais tu m’entends ! Plutôt m’arracher les deux yeux que de voir ma maison quitter la famille ! »


Belmene  (08.04.2012 à 16:25)

CHAP 4 : La malédiction de l’oiseau-tonnerre

« Mais qu’est-ce que je vais faire bon sang ! Vous l’avez entendue ! »

Ils étaient allés déjeuner dans un petit snack non loin de l’hôpital tandis que Jennifer avait souhaité discuter un instant avec le médecin de May. L’appétit de Mc Kay semblait être revenu même si il continuait à afficher une mine déconfite. Le refus catégorique de sa tante posait un réel problème.

« Vous devriez encore essayer de la convaincre, répondit Sheppard. C’est normal qu’elle ne veuille pas se séparer de l’endroit où elle a passé toute sa vie.

« On peut aussi lui proposer de louer la maison au lieu de la vendre, ajouta Jeannie. Ça lui permettra de payer Sarah pour s’occuper d’elle. Elle refuse de venir habiter avec Caleb et moi … »

« On peut aussi ramener May avec nous sur Atlantis… »

« Quoi ? » faillit s’étrangler le scientifique « Sur Atlantis ? Vous voulez rire Ronon! »

« Ce serait marrant de l’avoir sur la base ! » enchaîna le Satédien.

Jeannie, Amélia, Teyla et John sourirent à cette dernière remarque.

« Alors premièrement il est inenvisageable que le C.I.S donne son accord et deuxièmement vous me voyez la mettre au courant pour les aliens, mon véritable travail et la menace pesant sur la galaxie ! Et puis troisièmement, ma tante peut être terrible quelquefois ! Elle peut passer des journées entières à se plaindre, à vous harceler parce qu’elle a envie d’aller où justement vous n’avez pas envie de vous rendre… Elle est maniaque…bornée…et incroyablement irritante à vous rappeler sans cesse qu’elle a raison… D’ailleurs je plains cette pauvre Sarah ! »

« Tiens ça me rappelle bizarrement quelqu’un… » lança Sheppard en jetant un regard amusé vers ses camarades.

Sur ces mots, Jennifer apparut au bout de la salle et vint les rejoindre.

« Alors? » demanda Mc Kay avec empressement.

« Ils vont la garder encore quelques jours, décréta Keller en s’asseyant près de Rodney. Ensuite, elle souhaite retourner chez elle, le temps de prendre une décision et de nouvelles visites de contrôle chez le cardiologue sont prévues la semaine prochaine. Elle a beaucoup râlé… mais elle est d’accord pour qu’on occupe le chalet le temps qu’il faudra. Elle nous a interdit d’aller à l’hôtel ! »

« Meredith, nous devrions aller à la maison dès que possible pour préparer votre installation… »

« Notre installation ? Vous ne restez pas avec nous Jeannie? » demanda Sheppard.

« Non, je préfère être en ville pour veiller sur May. Une de ses amies, Caroline, m’a proposé de rester chez elle. Je vais vous accompagner cet après-midi mais je redescendrais avant la nuit. Comme ça, demain je vous rapporterais d’autres provisions et éventuellement les choses qui vous manqueront. »

En sortant du restaurant, Rodney s’attarda auprès de Jennifer qui trainait un peu les pieds.

« Jennifer ? Tout va bien ? Je m’excuse de n’être pas trop présent pour toi en ce moment… »

« Ça va Rodney. »

« Je t’ai vu partir avec ce médecin tout à l’heure… »

« Oui, je voulais consulter plus en détail le dossier médical de ta tante et… j’en ai aussi profité pour faire une petite prise de sang. Je crois que je manque de vitamines en ce moment… J’ai peut-être un peu trop travaillé ces derniers temps… »

« Oh… Je suis désolé…Je n’aurais pas dû te demander de m’accompagner… j’ai… »

« Rodney ! Ce n’est rien ! C’est moi qui ai proposé de venir et je suis très contente de l’avoir fait. »

Elle lui prit la main et le scientifique en profita pour passer son bras autour des épaules de la jeune femme.

-« Je suis heureux que tu sois là Jen… ».

OooooooooooooooO

Le pick-up que Jeannie avait loué était suffisamment spacieux pour les accueillir tous. De larges banquettes avaient remplacées les sièges conventionnels et ils avaient aisément parcouru les petites routes de montagne qui conduisaient jusqu’au chalet de May. Ils avaient roulé environ une dizaine de kilomètres sur la route menant à Pemberton puis avaient bifurqué au nord-ouest pour emprunter des chemins plus étroits. En effet, la maison était blottie au cœur de la forêt. Les pneus-neige de la Dodge lacéraient la couche de neige damée du sentier et c’est avec étonnement, qu’au bout d’une dizaine de minutes de route à flan de montagne, l’équipe au complet descendit de la voiture devant leur future villégiature.

« Waow ! » lança Sheppard

« C’est immense ! » ajouta Amelia.

Le chalet s’élevait sur deux étages au milieu d’une petite clairière. Autour du rez-de-chaussée, sous le porche, de vieux bancs délabrés supportaient un monticule de bûches pour le feu. Les volets n’étaient pas fermés, signe que May ne s’attendait pas à devoir passer quelques jours à l’hôpital. Quelques stalactites dégoulinantes s’improvisaient guirlandes miroitantes au dessus de la rambarde de la véranda. Un peu à l’écart, une petite grange servant probablement de garage affichait une toiture en bien mauvais état. Il semblait même y avoir un énorme trou sur le pan gauche. Une bonne couche de neige recouvrait le sol tout autour de la maison et réverbéraient les rayons du soleil d’hiver.

Rodney se dirigea vers la porte d’entrée. La clé tourna difficilement dans la serrure de la porte en bois massif et il dû user de son épaule pour la forcer à s’ouvrir totalement.

Alors, debout sur le seuil, un bouquet d’odeurs familières explosèrent à ses narines… Un parfum de résine, de miel, de fleurs séchées et de vieux livres…

Il s’avança dans la salle humide et froide, suivit par le reste de ses amis.

La pièce à vivre était spacieuse. Dans le salon face à eux, se tenaient deux grands canapés et un fauteuil vert à carreaux que chacun devina appartenir à May. Ils encadraient une imposante cheminée en pierre où ne restait qu’un tas de cendres.

Ronon, qui avait récupéré du bois à l’extérieur, s’attela à y faire une bonne flambée. Une malle en bois de forte taille  faisait office de table basse. La pièce s’étendait vers une petite salle à manger et une cuisine équipée tout confort où Amélia et Jennifer déposèrent les provisions.

« C’est nouveau ça ? » demanda Rodney à sa sœur tout aussi étonnée que lui.

Il avait montré le four dernier cri et la plaque à induction qui avait remplacé le vieux piano de cuisine où il s’était brûlé les doigts étant enfant. Un immense escalier de bois blond grimpait jusqu’au premier étage où les chambres s’alignaient le long d’une mezzanine donnant sur le salon.

 Jennifer leva les yeux vers la gigantesque bibliothèque pleine à craquer qui tapissait tout le mur du fond. Amélia et Sheppard commençèrent à amener les bagages et Jeannie les invita à prendre possession de leurs chambres respectives.

« La chambre de tante May est en bas. Vous vous pouvez occuper celle que vous voulez au premier. La température ne doit pas y être idéale ! Ça fait longtemps qu’elles sont inoccupées. Il va falloir faire tourner la chaudière et les radiateurs à fond ! »

« Oh ça ! C’est pas un problème ! lança un Rodney visiblement fier de lui. Pas besoin de la chaudière ! »

Il descendit en trombe récupérer son sac et en sortit les petits boitiers noirs que Jennifer l’avait vu emporter sur Atlantis. Il ouvrit les six boites cubiques d’environ une dizaine de centimètre de côté et en sortit le même nombre d’appareils miniatures de forme rectangulaire.

« Voilà ! » fit-il en remettant un exemplaire à ses compagnons.

Devant le visage perplexe de chacun, il enchaîna.

« C’est un mini radiateur de mon invention ! Enfin, pas vraiment de mon invention puisque le principe de base est Ancien. J’ai juste pensé à miniaturiser un de nos générateurs de la Cité qui transforme l’énergie fournie par le naquadah en énergie calorifique… bref, vous l’allumez ici… vous réglez la température là…… vous le posez sur un meuble de votre chambre et en moins de dix minutes, vous vous prélassez sur votre lit dans une atmosphère à23°C. »

« C’est un mini réacteur à naquadah ! » s’étonna Sheppard en tournant et retournant l’objet dans sa main. « Mais quand est ce que vous avez mis au point ce truc ? »

« Et bien, au cours des missions, vous avouerez que les conditions d’accueil par certains peuples ne sont pas…comment dire… optimales. Dans les tentes ou autres grottes où on doit parfois passer la nuit, on ne peut pas dire que ce soit tout confort… Alors, comme je suis d’un naturel frileux… »

« C’est sympa de nous en avoir fait profiter Mc Kay ! » lança Sheppard.

« Euh… et bien… ce n’était pas tout à fait au point encore… J’ai fini de le peaufiner il y a seulement 2 mois… »

« Comment avez-vous pu passer ça à l’aéroport ? »

« Vous rigolez Sheppard ! Les Anciens arrivaient à occulter une cité de la taille d’Atlantis toute entière ! Vous pensez vraiment qu’il m’est difficile de dissimuler aux rayons X six petits appareils tels que ceux-là ? »

« Mc Kay ! Si on les avait découverts, vous auriez expliqué ça comment ! » s’écria John.

« Est-ce que je vous ai dit qu’ils font aussi radioréveil et chronomètre ? »

OoooooooooooooooO

La suite de la journée passa à une vitesse folle. Après avoir évalué les dégâts, la petite troupe se répartit les tâches. Ronon, comme par hasard, avait été affecté à la coupe du bois. Jennifer, Amélia et Teyla avaient décidé de rendre l’intérieur aussi impeccable que possible. Torren avait été déposé sur le tapis du salon et s’amusait avec un petit train en bois dégoté par Rodney au fin fond d’un placard. Sheppard avait ensuite traîné le scientifique dehors pour réparer le toit de la grange.

« J’ai le vertige ! » hurlait le scientifique, les yeux fermés en tendant du bout du bras un marteau vers John. Il était monté sur une échelle et avait réussi à atteindre difficilement le sixième barreau en partant du sol.

« Montez encore Mc Kay ! Je n’arrive pas à l’attraper ! »

John se contorsionnait au dessus du vide, les pieds calés contre le rebord et attaché au faîte du toit par une corde.

« Et ouvrez les yeux  bon sang ! Je suis sur votre gauche ! »

« Cette échelle est instable ! »

« Allons Mc Kay, c’est pas l’Everest quand même ! »

A cet instant, Teyla sortit de la maison pour secouer un vieux plaid. Au spectacle de ces deux amis encore en train de se chamailler elle ne put réprimer un petit rire. Amélia arriva derrière elle.

« Nous avons de quoi faire un bon repas ce soir! Je pense que certains auront très faim ! » fit-elle en jetant un œil vers Ronon, qui, un peu plus loin, maniait la tronçonneuse avec un plaisir non dissimulé.

Soudain, les éclats de rire de Torren leur parvinrent. Il venait de découvrir une petite porte sur le côté d’un wagon.

« Il a beaucoup grandit en deux mois. Vous l’avez sûrement trouvé changé quand Kanaan et lui sont revenus dansla Cité.C’est dommage que son père ait dû  repartir si vite… »

Teyla ne répondit pas. Amélia sentit qu’elle avait peut-être abordé un sujet délicat et voulut s’en excuser.

« Pardonnez-moi, je ne voulais pas… »

« Non Amélia, ce n’est rien… C’est juste qu’avant de partir, Kanaan et moi nous sommes disputés. »

Jennifer s’approcha doucement des deux femmes. Elle avait entendu le début de leur conversation et par sa présence muette, elle demandait l’autorisation d’y prendre part. En la voyant, Teyla lui sourit et lui signifia son accord en poursuivant son récit.

« Nous nous étions mis d’accord à la naissance de Torren pour que je continue de faire partie de l’équipe de John malgré les risques. »

« Il a changé d’avis ? » demanda timidement Keller.

« Il semblerait que oui. J’adore Kanaan. Nous nous connaissons depuis que nous sommes enfants. Des liens très forts nous unissent et notre fils en est la preuve… »

Jennifer et Amélia attendirent silencieusement la suite.

« Je veux être présente pour mon peuple. Mais je ne veux pas quitter l’équipe… »

« Cette équipe » incluait bien sûr Ronon et Mc Kay mais l’athosienne avait porté son regard en direction du toit de la grange. Amélia et Jennifer s’en aperçurent et échangèrent un haussement de sourcils lourd de sous-entendus.

« Ça me parait difficile de concilier les deux… options en ce moment. »

Seule Jennifer sembla se rendre compte que la phrase de la technicienne était à double sens.

« Kanaan m’a pratiquement lancé un ultimatum avant de partir. Je ne peux pas accepter ça. »

Ronon revenait les bras chargés de bûches qu’il alla déposer à l’intérieur.

« Alors mesdames ? Qu’est-ce qu’il y a à manger ce soir ? »

Amélia jeta vers lui le chiffon qu’elle tenait dans la main avec un air de fausse colère. Il l’esquiva en riant et sauta par dessus la rambarde pour rejoindre ses deux compères.

« Vous avez l’air très proches … » murmura Jennifer sur un air taquin.

La technicienne sursauta ce qui eut pour effet de faire sourire ses voisines.

« Vous allez très bien tous les deux. Ronon ou vous n’avez encore rien tenté ? » demanda Teyla, heureuse de changer de sujet.

« Je ne veux rien brusquer…il… et vous Jennifer ? Avec Rodney ? »

La doctoresse vint s’appuyer contre le pilier de la véranda et inspira profondément.

« Tout va bien. »

Teyla ressentit une sorte de réserve dans la voix de Keller. Amélia ne fut pas convaincue, elle non plus. Jennifer savait qu’elle n’allait pas pouvoir s’en sortir aussi facilement qu’avec Rodney. Pas avec des congénères féminines aussi observatrices.

« En fait, depuis environ un mois, j’ai investi toute mon énergie à travailler sur cette maladie Ori avec Carson. Et je suis inquiète pour les patients. Ce nouveau genre de cancer est un véritable fléau… »

« Les personnes atteintes souffrent-elles beaucoup? » questionna Amélia.

« Hélas, oui… ça commence avec de la fatigue, des étourdissements, de l’anémie. Mais déjà, à ce stade-là, des métastases on envahi tout l’organisme… Et la mort survient quelques jours plus tard. De plus, c’est la première fois que nous sommes face à un cancer contagieux. J’ai mis au point un traitement mais je voudrais être sûre qu’il fonctionne à 100%. J’ai passé pas mal de nuits blanches dans mon labo ces dernières semaines… »

« Vous avez besoin de décompresser un peu Jennifer… Vous devez lâcher prise le temps de notre séjour ici et vous reposer… » fit Teyla.

« Rodney a besoin de moi en ce moment »

« Vous avez surtout l’air exténué. Je suis d’accord avec Teyla. »

« Ne vous inquiétez pas les filles…Je vous promets de profiter de cette escapade pour me reposer ici…Par précaution, j’ai quand même demandé une prise de sang à l’hôpital tout à l’heure. Je devrais avoir les résultats demain matin et si c’est nécessaire, je ferais une petite cure de magnésium ! »

Alors que le trio masculin avançait vers elles, Sheppard et Mc Kay étaient encore en grande discussion.

« Vous voyez ! C’est pas insurmontable ! »

« C’est vous qui le dites ! J’ai failli me briser la nuque ! »

« Bon, mission accomplie pour la grange! lança John en arrivant à la hauteur des trois femmes. J’ai aussi vu qu’il y avait une motoneige à l’intérieur. Elle a l’air de fonctionner ! On pourra peut-être aller se balader demain ? »

Il s’était semble-t-il adressé à Teyla, mais, au dernier moment, il avait tourné la tête en direction d’Amélia.

« Banks ? Ça vous dit ? »

Là, se fut Ronon qui, interloqué, fixa Sheppard d’un œil incrédule. La jeune femme, tout aussi surprise, accepta poliment l’invitation.

« Bien ! ajouta Sheppard. Rentrons nous mettre au chaud à présent, la nuit va bientôt tomber. »

Alors que tous le suivirent à l’intérieur, Teyla demeura un instant sous le porche. Elle prit une profonde inspiration et sembla prendre doucement conscience du sentiment nouveau et incompréhensible qu’elle venait tout juste d’éprouver à l’instant : un brin de jalousie.

OoooooooooooooooO

« Une malédiction ? s’esclaffa Sheppard en reposant son verre de vin. Vous délirez Mc Kay ? Vous croyez à ce genre de choses, vous qui vous vantez d’être l’esprit de plus rationnel de l’univers ! »

L’ambiance autour de la table était joviale et festive. Teyla et Amélia avaient préparé un succulent repas et les garçons avaient, comme prévu, mangé comme quatre.

Rodney ne s’aperçut toutefois pas que Jennifer avait à peine touché à son assiette. Amélia était entourée de Ronon et Sheppard, ce dernier n’ayant choisi cette place que parce que Teyla était face à lui. Pressés par ses camarades, Rodney avait dû raconter ses pires souvenirs d’enfance à Whistler.

« Eh bien … J’avais à peu près 13 ans. Ma sœur et moi sommes venus passer nos vacances d’été ici comme tous les ans et puis ce jour-là j’ai rencontré cet horrible gamin… »

Torren dormait bien tranquillement sur le canapé, enveloppé dans une couverture. Rodney avait baissé la voix afin de ne pas le réveiller.

« C’était le neveu d’Ernie Matthews qui possède une petite cabane à environ 3 ou4 kilomètresau nord d’ici. Les Matthews sont des indiens squamish… »

«  Vous aviez quelque chose contre les petits indiens Rodney ? » rétorqua Sheppard.

« Soyez pas ridicule John, ce n’était pas ça le problème… c’est juste qu’un jour il a voulu que je lui donne ma figurine Albert Einstein… »

« Votre quoi ? »

Sheppard faillit s’étrangler avec son morceau de tarte tandis que Jennifer et Amélia déployèrent  un effort surhumain pour ne pas exploser de rire. Rodney se vexa.

« C’était un collector ! Et en échange il voulait me refiler son espèce de couteau à dépecer les marmottes ! »

« Un échange correct » décréta Ronon.

« Et alors ? » demanda Teyla amusée par son histoire

« Alors, comme je lui ai répondu qu’il ne l’aurait pas, il m’a juré que chaque fois que je reviendrai ici, la colère de son oiseau-tonnerre-machin-truc s’abattrait sur moi… Horrible gamin je vous dis… Le pire c’est que l’été suivant je me suis cassé la jambe en dégringolant l’escalier et je me suis fait attaquer par une guêpe grosse comme un pigeon ! J’ai failli mourir terrassé par choc anaphylactique ! »

« Là c’est sûr vous êtes maudit ! » ricana Ronon.

« Et l’été suivant ? » demanda Amélia.

« Ensuite, j’ai pas pu vérifier, mes parents et moi n’avons pas eu l’occasion de revenir. »

« Vous avez pas une photo de vous à cet âge-là ? J’aurais bien aimé voir de quoi vous aviez l’air… »lança Ronon.

« Et il s’appelait comment cet enfant diabolique ? »

 « Bon sang c’était quoi son nom déjà ? Mick…Dick…ou alors Buck…. Non, Tuck…. »

« Donc, si je comprends bien, par votre faute, on risque de prendre le toit sur la tête cette nuit ! Santé ! » lança Sheppard en levant son verre vers le scientifique.

OooooooooooooooooO

« Désolé pour tout à l’heure Ronon…J’ai…enfin, je sais que vous avez des vues sur Amélia… »

« Rodney appelle ça des « intentions »… »

« Oui enfin…Je m’excuse…Vous pourrez aller vous balader avec elle demain et moi j’irai faire un tour en ville… »

Les deux hommes étaient allongés côte à côte dans le grand lit, les yeux rivés au plafond. Dehors, la neige s’était mise à tomber de plus en plus fort. Effectivement, l’appareil de Rodney fonctionnait à merveille et distillait sa douche chaleur dans toute la chambre.

« Qu’est ce qui se passe en ce moment entre vous et Teyla ? » demanda Ronon.

Sheppard mit un certain temps avant de répondre.

« Rien de spécial. » 

« Elle est avec Kanaan à présent et ils ont un fils. »

« Je suis au courant Ronon. »

« Je vous apprécie beaucoup Sheppard et Teyla aussi. Ce serait dommage qu’il y ait un souci au sein de l’équipe. »

Après quelques minutes de profond silence, la voix du lieutenant colonel résonna à nouveau dans la chambre obscure.

« Et Amélia et vous ? C’est sérieux? »

« Mmhhh… »

« Elle est très différente de Jennifer Keller…. »

« Et donc ? »

« Eh bien, peu de temps après mon divorce j’ai commencé à sortir avec une fille très sympa, très jolie mais vraiment à l’opposé de mon ex-femme ! En temps normal, cette fille ne m’aurait jamais intéressée… bref… c’était pas du tout mon type… Elle est tombée amoureuse… pas moi. Alors j’ai réalisé qu’elle n’avait été pour moi qu’une…échappatoire. »

« Une échappatoire… » répéta le satédien de sa voix profonde.

« Quelqu’un de très différent de Nancy comme pour me forcer à passer à autre chose … »

Sheppard laissa délibérément sa phrase en suspens et attendit la réaction de l’ex-runner.

« Amélia n’est pas une échappatoire » finit par déclarer Ronon d’un ton assuré.

« Bien… » murmura John en soupirant.

« Teyla est encore une échappatoire pour vous ? »

« Hein ? Quoi ? Pour… »

« Elisabeth. »

Sheppard ne s’attendait pas à celle-là. Depuis le temps, il pensait connaître Ronon sur le bout des doigts mais le satédien continuait régulièrement à le surprendre. Voilà qu’il s’improvisait psychologue à présent ! On aurait tout vu ! Le militaire prit une profonde inspiration.

« Elisabeth nous a quitté et elle nous manque à tous. Et comme vous le disiez, Teyla, Kanaan et Torren forment à présent une famille. Il n’y a rien à ajouter. Alors, je crois qu’on va arrêter de se la jouer « courrier du cœur » tous les deux. Vous croyez pas ? On devrait dormir … »

« OK. Bonne nuit Sheppard. »


Belmene  (08.04.2012 à 16:29)

CHAP 6 : Poisse ? Vous avez dit poisse ?

« Satané Dick ! » ragea un Rodney Mc Kay en pyjama debout devant la fenêtre du salon.

La journée était déjà bien entamée. Tous avaient fait la grasse matinée. Sheppard descendit l’escalier à moitié réveillé et les cheveux en bataille. Amélia apportait le café dans la salle à manger quand elle bloqua sur le caleçon du militaire : bananes jaunes sur fond bleu marine. Soucieuse de ne pas offenser un supérieur hiérarchique - surtout par le fait de regarder cette partie-là de son anatomie- elle détourna rapidement les yeux en chassant de son esprit plusieurs pensées…incorrectes.

« Qu’est-ce qu’il y a Mc Kay ? »

« Il y a qu’on est coincés ici ! Il a neigé toute la nuit et la route est bloquée ! Impossible d’arriver jusqu’ici en voiture ! Vous voyez ! Ça commence ! »

« Qu’est-ce qui commence ? » fit la voix de Jennifer qui arrivait à son tour dans le salon, habillée et prête à prendre son petit-déjeuner.

« D’après Mc Kay c’est la malédiction. » répondit Amélia en servant du café à tout le monde.

Ronon descendit à son tour l’escalier, arborant le même caleçon que Sheppard. Alors ce furent trois paires d’yeux étonnés qui le dévisagèrent tandis que John avait plongé le nez dans sa tasse. Devant la stupéfaction de ses camarades, le Satédien alla s’asseoir en grommelant.

« C’est à Sheppard. Il a pas voulu que je dorme sans rien à côté de lui. »

Teyla et Torren les rejoignirent enfin et une fois passé l’effet de surprise du caleçon-banane, tous firent le constat amer qu’effectivement, tenter de retourner à Whistler était pour l’instant impossible.

« Mc Kay, le téléphone fonctionne ? » demanda Sheppard.

« Oui, Jeannie a appelé tout à l’heure. Les prévisions météo étaient encore à côté de la plaque ! Bon sang ! C’est pas compliqué quand même de prévoir le temps qu’il fera dans 24H ! Elle ne peut pas venir nous chercher ni apporter des provisions ! Et il reste à peine deux paquets de chips, un morceau de tarte, de quoi faire quelques sandwiches, deux briques de lait et une conserve de chili format familial ! Il faut absolument aller chercher à manger en motoneige ! »

« C’est tout ce qu’il reste des courses de hier ? » s’exclama Teyla

« Ben, c’est ça aussi d’avoir l’habitude d’être servi comme des princes dès qu’on pose les pieds au mess ! Lequel d’entre nous s’est pour la dernière fois occupé de faire les courses dans un supermarché pour sept personnes? »

« Pas la peine de paniquer… »fit Jennifer en réponse à la remarque de John.

« Moi je panique ! Surtout avec lui dans les parages ! » lança-t-il en désignant Ronon.

« Vous croyez que dégager les routes va prendre beaucoup de temps ? » demanda Amélia.

Rodney n’écoutait plus et se voyait déjà en train de mourir de faim.

« Ah oui, j’oubliais le paquet de biscuit de Jen et les petits pots de Torren ! »

« Mc Kay ! »

« En temps de crise, tout le monde doit être solidaire ! »

Sheppard, en bon chef militaire, reprit les commandes de la conversation :

« Bon, Rodney, est-ce que vos mini réacteurs font pouvoir assurer le chauffage si on doit rester ici plus longtemps. »

« Vous rigolez ! On en a pour au minimum deux ou trois ans ! »

« Bien, Teyla ? Ça ira pour Torren ? »

A l’évocation de son prénom, le petit garçon se mit à rire et tendit les bras vers le militaire.

« Aucun problème pour nous John. »

« Amélia, Jennifer pas d’autres projets en vue? »

Les deux femmes signifièrent leur acceptation de la situation en hochant la tête.

« Satané Mick ! » bougonna Rodney Mc Kay en mordant avec rage dans sa tartine.

OooooooooooooooO

En début d’après-midi, May avait téléphoné et leur avait demandé de se rendre chez le fameux voisin squamish afin de vérifier si tout allait bien. Elle savait que son vieil ami devait se rendre prochainement chez son fils à Lilooet mais elle craignait qu’il n’ait pas eu le temps de le faire et qu’il soit resté bloqué lui aussi par la neige. Ronon s’était porté volontaire. Sheppard, en militaire expérimenté, avait hésité à donner son accord pour un périple en pleine forêt canadienne, sans moyen de communication ni moyen de défense. Bon enfin, Ronon en avait vu d’autres ! Et puis après tout, ils n’étaient pas si loin de la ville !

Rodney, pour tenter d’échapper à cette ballade forcée, prétexta de multiples réglages à réaliser sur les mini-réacteurs. Le satédien avait alors sauté sur l’occasion pour demander à Amélia de l’accompagner. C’est ainsi qu’ils étaient partis sur la motoneige vrombissante, blottis l’un contre l’autre et emmitouflés dans des vêtements chauds dans la direction indiquée par Rodney.

Tandis que Teyla s’amusait avec Torren sur le canapé, et que Mc Kay et Sheppard vérifiaient que les réparations de la veille avaient bien tenu après la chute importante de neige de la nuit, Jennifer en profita pour appeler l’hôpital.

« Bonjour docteur Callahan…….. C’est le docteur Keller. Je vous appelle de la maison de May Jenkins……. Oui…….. Nous sommes bloqués par la neige. Comment va May aujourd’hui ?..........Bien. Pouvez-vous lui dire que nous passerons dès que possible….. D’accord….Oh ! Vous avez mes résultats! Dites moi….. Je vous entends très mal tout à coup…… Mon taux de quoi ? ...... Docteur ? ...... Docteur ?..... »

Soudain, la communication fut coupée.

« Tout va bien Jennifer ? demanda Teyla depuis le salon.

« Un problème avec le téléphone ? » renchérit Sheppard qui venait juste d’entrer avec Rodney.

« Plus de ligne ! » répondit Jennifer le visage inquiet.

« Quoi ! » hurla presque le physicien. « Et en plus ici, on capte rien avec les téléphones portables ! Manquait plus que ça ! Satané Buck… »

Jennifer reposa le combiné et monta sans un mot dans sa chambre. Teyla confia Torren à Sheppard et partit la rejoindre. Elle trouva la doctoresse assise sur le lit, les yeux dans le vague.

« Je peux ? »

Keller tenta de se composer un air détaché quand elle invita l’athosienne à entrer. Teyla s’installa à côté d’elle et attendit en silence que son amie veuille bien se lancer.

« Apparemment quelque chose dans mes analyses de sang. Il y avait trop de friture sur la ligne je n’ai compris que des bribes… »

« Vous avez mal quelque part ? »

« Non, je suis juste fatiguée. »

« Vous devriez en parler à Rodney. »

« Ce n’est peut-être pas le bon moment là… »

« Jennifer… »

« Ok, je le ferais… ce soir… »

OoooooooooooooooooO

La neige s’était mise à tomber plus fort. La visibilité devenait assez mauvaise. Amélia se serrait contre Ronon tandis que la motoneige traçait sa route au milieu des sapins. Le ciel s’était subitement chargé de nuages gris annonciateurs de futur mauvais temps. Ils avaient pensé un moment revenir sur leurs traces mais ils étaient presque arrivés et pensaient attendre une accalmie chez le vieil indien.

Arrivés en haut d’une butte, ils aperçurent en contrebas, un petit lac gelé et une petite maison de bois sur la rive. Tous les volets étaient clos. Ronon engagea le scooter des neiges dans la descente et s’arrêta près de la porte d’entrée. Ils se débarrassèrent tous deux de la neige collant à leurs vêtements et le satédien frappa à la porte.

« On dirait que notre homme a eut le temps de quitter les lieux…et ce n’est pas moi qui le lui reprocherait d’ailleurs. » lança Amélia en soufflant dans ses mains gantées.

 Ronon fit le tour de la maison et repéra une petite lucarne vitrée. Un rapide coup d’œil à l’intérieur lui signala que la maison, qui ne comptait que deux pièces, était bien vide. Pas de feu dans l’âtre mais une superbe winchester accrochée au dessus de la cheminée.

Quand il revint vers l’avant du chalet, il constata qu’Amélia était en train d’admirer la vue, une cinquantaine de mètres plus loin. Le vent s’était maintenant levé. Un vent glacial et sec qui transperçait les os. Ronon la rejoignit. Il se retrouva près de la jeune femme, sur une avancée rocheuse, véritable plongeoir naturel surplombant le lac. La glace en recouvrait entièrement la surface et Amélia affichait un sourire ravi.

« J’aurais du amener mes patins… »

OoooooooooooooooooooO

« Ça va Rodney ? »

« C’est ma cheville ! Je crois qu’elle est cassée ! »

Le scientifique s’étalait de tout son long devant les marches de l’entrée. Sheppard et Teyla vinrent le relever et constatèrent qu’effectivement il pouvait à peine se tenir debout.

« Quelle poisse ! Satané… »

« Ok Rodney on a compris…Mais votre copain Tuck n’y est pour rien sur ce coup-là, vous avez glissé sur cette plaque de verglas. Allez, on rentre à moins que vous ne vouliez geler sur place ! »

Une fois  à l’intérieur, ils installèrent Mc Kay sur le canapé. Jennifer s’empressa de venir examiner le physicien.

« Qu’est-ce qui t’est encore arrivé Rodney…et cesse de faire allusion à cette fichue malédiction ! »

« Tu avoueras qu’en peu de temps on les a accumulées quand même ! Je voulais aller chercher d’autres bûches pour la cheminée dehors et j’ai dérapé dans l’escalier ! Ça fait un mal de chien ! J’ai au moins une fracture ouverte ! »

Jennifer enleva sa chaussure et palpa la cheville enflée du physicien.

« Ouille ! »

« Ce n’est pas cassé. Tout au plus une légère entorse Rodney ! Cesse de faire l’enfant ! Je vais te faire un bandage et on va mettre un peu de glace dessus. »

Sheppard n’était pas superstitieux mais il est vrai que là, ça commençait à faire beaucoup. Et lui qui pensait passer un séjour reposant !


Belmene  (08.04.2012 à 16:34)

CHAP 7 : Rencontre du troisième type…

« On dirait que ça empire ! s’exclama Jennifer en regardant par la fenêtre de la cuisine. Et Ronon et Amélia qui sont dans la forêt! »

Sheppard tournait en rond dans le salon depuis un moment déjà. Il savait qu’il n’aurait pas dû les laisser partir sans équipement approprié. Teyla vint soudain près de lui et posa sa main sur le bras du militaire.

« John, c’est Ronon… Amélia et lui sont des soldats. Ronon prendra soin d’elle et de lui. Ils doivent déjà être bien au chaud chez ce vieil homme et peut-être sont-ils en train de boire un bon café… »

Teyla avait toujours su trouver les mots pour l’apaiser. Depuis qu’il la connaissait, il avait toujours pu compter sur elle. Elle était un élément primordial de son équipe. Son amie. Alors pourquoi depuis quelques temps la voyait-il autrement ? Le contact de la jeune femme lui procura une sensation de chaleur bienfaisante.

« Je sais mais n’empêche…je n’aurais pas dû… »

« Sheppard ! Je peux les localiser ! » lança soudain Rodney qui, allongé sur le canapé, s’acharnait depuis une demi-heure sur son ordinateur portable.

« Comment ça ? »

« Eh bien c’est à dire que je m’ennuyais le mois dernier dans mon labo en attendant que Zelenka daigne m’apporter les dernières modifications du transmetteur de… »

« Bon sang Rodney, venez-en au fait ! »

« J’ ai incorporé sur ma tablette un scanner comme celui que nous utilisons en mission. Aussi, on peut suivre sur l’écran les signatures énergétiques de tout être vivant sur 4 km ! »

Le physicien pianota sur la machine et une carte du secteur apparut à l’écran.

« Les voilà ! »

Deux minuscules points verts très proches apparaissaient en haut de la fenêtre. Un troisième signal de même taille clignotait à quelques centimètres.

« Comment vous pouvez affirmer que ce sont eux ? »

« La direction correspond. De plus, j’ai calibré le scanner pour qu’il combine la détection des signes vitaux avec la présence de leur balise de téléportation. Ronon et Amélia sont en vert… »

« Alors qu’est-ce que c’est que cet autre point rouge qui se dirige  vers eux ? »

OoooooooooooooooO

Le vent était devenu de plus en plus violent. La petite chute de neige avait laissé place à un véritable blizzard. Ronon et Amélia avaient décidé de forcer la porte pour aller s’abriter à l’intérieur. Comment le temps avait-il pu se gâter aussi vite ?

« Restez ici Amy je vais aller mettre la motoneige à l’abri sous le auvent derrière. »

« Je ne reste pas ici sans rien faire, je vais voir ce qu’il y a dans la petite cabane là-bas dehors. Ce stock de bois n’est pas bien gros. » fit-elle en montrant les deux bûches posées près de la cheminée. 

Ils rabattirent tous deux leurs capuches et s’élancèrent dans la tempête.

OoooooooooooooO

Ils étaient tous rassemblés au chaud dans le salon et Jennifer avait fait un peu de café. Soudain la vitre de la cuisine vola en éclat et tous bondirent sur leurs sièges. Un vent glacé accompagné d’un tourbillon de neige s’engouffra dans la pièce. Une branche d’arbre venait de traverser l’ouverture.

« Il faut fermer tous les volets ! » s’écria Rodney

« J’ai essayé hier, on a beaucoup de mal à les fermer de l’intérieur » ajouta la doctoresse. 

« Alors on va faire un tour dehors ! Jennifer… »

« Ok John, Je m’occupe de ceux de l’étage. »

Sheppard fonça enfiler son anorak. Teyla confia Torren à Mc Kay et imita le militaire.

« Soyez prudents ! »

Les paroles de Mc Kay se perdirent dans le vacarme de la tempête qui sévissait au dehors tandis que John et Teyla ouvraient la porte d’entrée. Ils avaient du mal à avancer et le vent trop fort les déséquilibrait sans cesse. Teyla s’attaqua aux fenêtres du séjour et de la chambre du bas tandis que John se dirigeait vers celle de la cuisine. Le militaire avait réussi à rabattre complètement les deux battants récalcitrants quand soudain, au moment de retourner vers la porte, une violente rafale détacha plusieurs stalactites du toit et les projeta dans sa direction.

John eut juste le temps de parer ses yeux avec son bras quand un des cônes de glace le heurta violemment à la tête.

Teyla, qui avait vu la scène depuis la porte, se précipita vers lui et le découvrit inanimé sur le sol du porche.

« John! Répondez-moi ! John ! »

Un filet de sang chaud se mit à couler le long de sa tempe.

OoooooooooooooooO

Il  y  avait un bric à brac impressionnant dans la petite cabane. Des outils, une vieille tronçonneuse, un établi couvert de pots en verre contenant diverses substances non identifiées… Dans un coin, un tas de bûches attira l’attention de la jeune femme. Elle se pencha pour en ramasser quelques unes quand elle entendit un grognement sourd derrière elle. La porte s’ouvrit en grinçant et elle se retourna lentement. Un nouveau grognement s’éleva au milieu du bruit du vent déchaîné.

Elle bloqua sa respiration et se figea instantanément sur place. Elle resserra instinctivement sa prise sur la bûche qu’elle tenait dans sa main gauche et fixa la gueule ouverte du grizzli qui se tenait à quatre pattes devant elle.

L’animal huma l’air dans sa direction et commença à entrer dans la cabane. Tentant de ne pas céder à la panique, elle jeta un rapide coup d’œil autour d’elle. La tronçonneuse, suspendue derrière la porte, était hors d’atteinte. Il n’y avait pas d’autre issue et sa seule arme contre un ours d’environ 300kg était une petite bûchette de quarante centimètres. Elle recula contre le mur et tenta de garder son sang froid. Ronon n’était pas loin. Il devait déjà être rentré dans la maison. Avec un peu de chance, l’animal était juste curieux et allait la laisser tranquille.

Elle eut quand même du mal à s’en convaincre quand elle aperçut la taille des dents de l’énorme grizzli face à elle.

OoooooooooooooooooO

« John ! Réveillez-vous ! » hurlait presque l’athosienne penchée au dessus du militaire allongé sur le sol au centre du salon.

« Laissez-moi voir Teyla ! » lança Jennifer en repoussant doucement son amie.

« Qu’est-ce qui c’est passé ? » fit Rodney en boitillant jusqu’à eux.

« Un morceau de glace a heurté sa tête… »

Jennifer pris son pouls et vérifia ses pupilles. Elle examina ensuite la blessure.

« Il est sonné pour l’instant. On va l’installer dans la chambre de May. Rodney ! Retourne t’asseoir ! Vous m’aidez Teyla ? »

« Bien sûr… Mais c’est grave ? »

« Il faut attendre qu’il se réveille. C’est peut-être simplement une commotion. On va devoir le surveiller. Ce qui m’embête c’est d’être coincée ici. Je savais que j’aurais dû amener mon scanner médical ! »

Alors, tandis que les deux femmes conduisaient John jusqu’à la chambre, Mc Kay se prit la tête entre les mains. Ce séjour virait au cauchemar !

OoooooooooooooooO

Tout en fixant les mâchoires de l’animal, le trajet en voiture de la veille lui revint soudain en mémoire. Qu’avait bien pu raconter Rodney à ce moment là sur les ours ? Hibernation…Enragé… Cherchent de la nourriture…Elle s’en voulait de n’avoir pas été plus attentive…

Crier ? Non, sûrement une mauvaise idée, ça ne ferait sûrement que l’encourager à lui bondir dessus.

Elle pouvait maintenant presque sentir l’haleine rauque et fumante du grizzli qui continuait à avancer la bave aux lèvres.

Soudain, un énorme caillou frappa violemment l’arrière de la tête de l’animal et un cri déchirant retentit au dehors.

Un peu déstabilisé, l’ours fit volte face avant de ressortir de la cabane et Amélia, sans perdre une seconde, se précipita pour en fermer la porte.

« Ronon… » pensa-t-elle, mi-soulagée, mi-terrorisée.

Elle tenta de calmer sa respiration et entendit à nouveau le râle terrifiant de la bête qui s’éloignait.

OoooooooooooooooO

« Je vais vous remplacer Jennifer. »

Teyla venait de coucher Torren à l’étage et avait rejoint la doctoresse qui veillait toujours sur Sheppard, inconscient depuis maintenant presque une heure.

« Vous devriez aller voir ce que fait Rodney. Il essaye de faire à manger et à ce que j’ai pu voir, faire la cuisine est loin d’être son domaine de prédilection ! »

« D’accord, j’y vais. Prévenez-moi s’il se réveille ou n’importe quoi d’autre. »

La doctoresse se leva lentement et s’apprêtait à quitter la pièce quand l’athosienne la retint par le bras.

« Et Jennifer, essayez de manger un peu. »

Keller lui répondit par un sourire avant de s’éclipser. Teyla alla s’asseoir sur le lit où était allongé John. Jennifer avait pu lui faire un bandage avec ce qu’elle avait trouvé dans l’armoire à pharmacie de May. La respiration du militaire était régulière. Il semblait dormir paisiblement. Elle l’avait vu dans des états pires que celui-là au cours de leurs nombreuses missions. Elle s’était toujours inquiétée pour lui mais aussi pour Ronon, pour Rodney… à chaque attaque, à chaque embuscade…

Doucement, elle passa sa main dans les cheveux de John et finit par caresser sa joue. Le contact de sa peau l’électrisa. Qu’est-ce qui lui arrivait ?

OooooooooooooooooooO

Il se maudit d’avoir été aussi stupide. Il s’était fait acculer au bord de la rive, précisément à l’endroit où Amélia et lui avaient surplombé le lac quelques minutes auparavant. L’animal semblait à présent plus que furieux et s’avançait vers lui sans doute prêt à le réduire en bouillie.

Il avait sorti le couteau de chasse qu’il avait trouvé dans la grange de May et le pointait en direction du grizzli en guise de maigre moyen de défense. La neige le faisait trébucher à mesure qu’il reculait vers le piton rocheux. Il avait vu Amélia s’enfermer dans la cabane. Au moins aurait-elle le temps de rejoindre la maison. Jamais il n’avait eu à lutter contre un animal de cette taille. Et malgré sa réputation de guerrier implacable, cette fois-ci, il n’en menait pas large…Les rafales de neige troublaient sa vision.

L’ours géant fit un bond vers lui, repoussa le satédien vers l’extrémité du promontoire glacé. Le lac gelé s’étendait trois ou quatre mètres en contrebas. C’était sa seule chance…

Puis, dans un grognement de rage, le grizzli se dressa sur ses pattes postérieures et lui donna un coup de griffe qui lacéra son  bras droit. La douleur se fit cuisante quand soudain, Ronon sentit le sol se dérober sous ses pieds. L’extrémité du piton rocheux, fragilisé par le gel,  était en train de céder sous leurs poids. L’animal recula rapidement et évita la chute. Le pégasien plongea en direction de la glace.

Il percuta lourdement de l’épaule la surface froide. L’épaisseur de ses vêtements avait un peu amorti l’impact. Il aperçut, au dessus de lui, l’imposante silhouette de l’ours qui grognait de plus belle de voir son repas lui échapper ainsi. L’animal avait déjà fait demi-tour, sans doute pour atteindre à son tour le bord du lac.

Ronon reprit rapidement ses esprits. Tous ses membres étaient en feu et lorsqu’il tenta de se relever, il entendit un faible craquement qui continua à se propager depuis ses pieds jusqu’à sa tête. La glace sur laquelle il avait atterri qui était en train de céder.

OooooooooooooooooooooO

« Toujours pas réveillé ? » demanda Rodney d’une voix morose.

« Non…J’espère que ce choc à la tête n’a pas entraîné d’œdème. Torren dort au premier et Teyla est avec John. »

Le scientifique s’évertuait à confectionner plusieurs sandwiches en empilant frénétiquement tout ce qu’il pouvait rester de comestible dans le frigo.

« Rodney, il faudrait peut-être rationner un peu pour l’instant… »

« Euh…oui…tu as raison…pardonne-moi… mais quand je me sens coupable, j’ai tendance à avaler tout ce que je peux trouver… »

« Rodney, tu n’y es pour rien… »

« Tu veux rire ! C’est moi qui vous ai entraîné ici ! Et maintenant Sheppard gît sur le lit de ma tante le crâne fracassé, Ronon et Banks sont probablement morts congelés dans le blizzard et je suis en train d’enlever le pain de la bouche d’un pauvre enfant et de deux femmes en détresse ! »

Jennifer passa ses bras autour du coup du scientifique et déposa un long baiser sur ses lèvres.

« Tais-toi… Ronon et Amélia sont vivants puisque ton appareil les détecte. John va se réveiller bientôt et il nous reste la boite familiale de chili, tu as oublié ? Et puis je te signale que c’est moi qui ai insisté pour que tous viennent avec nous. »

« Là, tu n’as pas tort… » lança Rodney en serrant affectueusement Jennifer dans ses bras.

Le scientifique prit le visage de la jeune femme entre ses mains et caressa tendrement ses joues avant de l’embrasser à nouveau.

« Je t’aime Jennifer Keller… »

OooooooooooooooooooO

Le poids de ses vêtements l’entraînait vers le fond. Il tenta de s’agripper à la couche de glace qui se brisait dès qu’il s’y appuyait. Tous ses membres s’engourdissaient progressivement au contact de l’eau gelée. Le bord n’était qu’à quelques mètres. Il devait essayer de nager. L’adrénaline courant encore dans ses veines lui donnerait un moment de répit. Soudain, il ne sentit plus ses jambes et se vit déjà couler dans les profondeurs sombres du lac.


Belmene  (08.04.2012 à 16:39)

CHAP 7 : Et Dieu créa la femme…

  Sheppard ouvrit enfin les yeux. Il porta la main à sa tête qui semblait vouloir exploser. Sa vision devint plus nette et il aperçut Teyla assise près de lui, le visage inquiet mais souriant.

« John, ça va ? »

Le lieutenant colonel mit un temps avant de réagir et tenta de se redresser doucement. L’athosienne l’aida et cala un gros oreiller dans son dos afin qu’il puisse s’asseoir face à elle.

« Mis à part la centaine de marteaux-piqueurs qui transpercent mon cerveau en ce moment,  tout baigne… »

« Je vais aller chercher Jennifer. »

« Attendez ! » fit Sheppard en saisissant son bras pour l’empêcher de partir.

Teyla reprit lentement sa place sur le lit.

« Pendant que j’étais inconscient, tout un tas de pensées diverses m’ont traversé l’esprit…comme des rêves… »

« Oh… »

La main de Sheppard se posa alors sur celle de la jeune femme qui se figea soudain.

« J’ai rêvé de vous… »

Silence.

« Enfin, voilà, je crois que ce n’est pas très facile avec Kanaan en ce moment et que vous tenez beaucoup à lui, alors… Et avec Torren d’ailleurs… Enfin, c’est normal c’est votre fils… Et Ronon qui m’a dit que l’entente au sein de l’équipe était primordiale… »

Teyla avait cessé d’écouter le discours alambiqué de Sheppard qui semblait ne pas pouvoir achever une seule phrase. Le militaire avait le visage grave et tentait apparemment de lui faire passer un message très important.

L’athosienne avait soudain compris.

Elle avait fermé les yeux un instant et mesuré toute la portée de ce qu’elle s’apprêtait à faire.  Alors, délicatement, tandis que Sheppard continuait à se débattre avec ses explications maladroites, elle prit le visage de John entre ses mains.

Au contact des doigts fins de Teyla, Sheppard cessa brusquement de parler et plongea ses yeux dans ceux de l’athosienne.

Elle approcha lentement son visage et posa ses lèvres sur la bouche entrouverte de John. Leurs langues se mêlèrent ainsi que leurs souffles. John ne put alors se retenir de la prendre dans ses bras et de caresser sa nuque. Il avait si souvent imaginé ce moment depuis quelques temps que la repousser à présent était un déchirement. Pourtant c’est ce qu’il fit.

« Ecoutez Teyla…Je crois que vous en voulez à Kanaan en ce moment, je vous ai vu vous disputer devant la porte des étoiles l’autre jour. Vos sentiments sont certainement un peu faussés…Alors on devrait arrêter ça, vraiment…Et puis pensez à Torren, je ne veux pas… »

Elle se recula légèrement et baissa les yeux. Puis elle s’en voulut. Elle s’en voulut de ne plus penser à Kanaan comme elle le faisait avant. Elle s’en voulut de ne plus voir en lui qu’un homme avec qui elle partageait son lit. De ne voir en lui que le père de son fils au lieu de l’amour de sa vie…

Depuis quelques mois, elle avait senti que quelque chose en elle changeait. Quelque chose qu’elle croyait avoir toujours été de l’admiration, de l’amitié, de la tendresse envers le chef de son équipe se transformait peu à peu en un sentiment qu’elle n’avait jamais imaginé auparavant. Depuis qu’Elisabeth les avait quittés, elle avait tenté de l’aider, persuadée qu’il avait perdu la seule femme qui comptait vraiment  pour lui. Alors qu’à présent c’est ce qu’elle désirait devenir à ses yeux… C’était ridicule…

« Je suis désolée John… Elisabeth est… Enfin… Je suis… »

De longues secondes s’écoulèrent dans un silence pesant. Alors, à son tour, Sheppard sut tout simplement qu’ils se fourvoyaient tous les deux… Il ne s’agissait pas de Kanaan. Il ne s’agissait pas d’Elisabeth. Il se rendit compte qu’il n’avait toujours pas retiré sa main de la joue de Teyla qui demeurait immobile, le regard perdu.

Alors, happé par une tempête cent fois plus violente que celle qui grondait à l’extérieur, il donna à la jeune femme le baiser le plus passionné qu’elle ait jamais reçu.

OoooooooooooooooO

« Je vais chercher Teyla » fit Jennifer en déposant les assiettes de sandwiches concoctés par Rodney sur la table de la salle à manger.

Elle se dirigea vers la chambre à coucher quand soudain la pièce sembla tourner à une vitesse folle. Elle plaqua la main sur son front en tentant de calmer le manège incessant des murs en pleine rotation autour d’elle et sentit sa peau recouverte de sueur.

« Jennifer ? » lança Rodney qui l’avait vue s’arrêter net et attendre sans bouger à la sortie de la cuisine.

La voix du scientifique lui apparut si lointaine qu’elle eut du mal à reconnaître son propre prénom… Elle sentait que ses jambes ne la portaient plus, que son cerveau allait la lâcher et soudain, ce fut le noir total.

OooooooooooooooooooO

******    ATTENTION scène à caractère sexuel  *************************************

Une douleur lancinante dans son bras…des picotements dans ses orteils…

Au dehors, le hurlement du vent accompagnait le bruit sourd des branches qui griffaient la surface des volets clos. Il était enveloppé d’une douce chaleur et les souvenirs émergèrent lentement à la surface de son esprit.

 le grizzli… l’attaque… sa chute dans le lac… l’eau glacée qui le paralysait peu à peu…la corde que lui avait jetée la jeune femme et son effort surhumain pour le tirer jusqu’à la rive alors qu’il était aspiré vers le fond…Amélia qui le traînait jusqu’à la cabane et qui pansait son bras lacéré avec un morceau d’étoffe…

C’est à ce moment-là qu’il avait senti son cœur ralentir et avait sombré dans l’inconscience.

Il inspira profondément, les yeux encore fermés. Un effluve fleuri le tira de sa torpeur. Alors, il se rendit compte qu’il n’était pas seul dans ce lit, mais n’osa faire aucun mouvement. Il se décida enfin à ouvrir les paupières. La tête de la jeune femme était posée sur son épaule, le front appuyé contre sa joue. Ce parfum doux était celui de ses cheveux. Elle avait la main posée sur son torse et il constata avec stupeur qu’il ne portait aucun vêtement. Délicatement, il souleva de son bras libre un pan de la couverture qui les recouvrait tous deux. Amélia avait, quand à elle,  gardé ses dessous.

Toujours avec précaution, il lança un rapide coup d’œil dans la pièce. Un feu avait été allumé dans la petite cheminée et les issues barricadées. Il semblait toutefois qu’il fît encore nuit. Le lit avait été tiré au centre de la pièce, tout près de l’âtre. La tempête avait pourtant faiblit et il aperçut le fusil posé sur la table.

Les coups de feu… un grognement sourd et un bruit de fuite…

La respiration de la jeune femme, régulière et paisible, venait caresser son cou. Elle remonta soudain sa jambe le long de la cuisse du satédien en soupirant. La faible lueur des flammes coloraient son épaule nue de reflets dorés. Alors, mû par un désir soudain, Ronon effleura du bout des doigts la joue d’Amélia. Sa peau était veloutée et tiède. Il en frissonna.

C’est à cet instant, qu’à son tour, la jeune femme ouvrit les yeux. Après un bref moment où elle reprit peu à peu ses esprits, elle dégagea sa tête et plaça son visage face à celui du satédien. Sa main n’avait pas quitté la poitrine puissante de son compagnon. Elle réalisa soudain que Ronon devait peut-être se demander ce qu’il faisait entièrement nu dans un lit avec elle…

«Je suis désolée Ronon…J’ai dû enlever tous vos vêtements. Ils sont en train de sécher près du feu. Vous étiez en hypothermie et j’ai dû trouver un moyen pour vous réchauffer rapidement. J’ai réussi ensuite à faire du feu…et… je crois que je me suis endormie…

« Merci pour m’avoir évité de finir au fond du lac… »

« Merci de m’avoir évité de finir dans l’estomac de cet ours… »

Amélia fut rattrapée par une gêne soudaine qui la poussa à se dégager doucement du corps de Ronon.

Le satédien n’avait pas détaché ses yeux de ceux de la jeune femme. Elle fut alors emportée vers des profondeurs bien plus abyssales que celle du lac au dehors.

Sa respiration se fit plus rapide quand elle sentit la main de Ronon se poser sur sa taille. Puis, le satédien attendit, le visage étrangement serein. Au bout de quelques instants où Amélia laissa glisser ses doigts sur la peau  délicieusement douce de l’ex-runner, Ronon l’attira à lui se mit à l’embrasser tendrement. C’était si doux… si chaud…Elle savoura ce moment de pur abandon avant de lui rendre son baiser avec ferveur. Elle resserra son étreinte sur le corps brûlant de Ronon tandis qu’il dégraffait son soutien-gorge.


Belmene  (08.04.2012 à 16:41)

CHAP 8 : Le chalet de l’angoisse…

Jennifer Keller ouvrit enfin les yeux et c’est avec surprise qu’elle aperçut le visage du lieutenant colonel Sheppard penché au-dessus d’elle.

« Mc Kay ! Elle revient à elle ! »

« Jennifer est-ce que ça va ? Tu m’as fait une de ces peurs ! Mon Dieu ! Tu es livide ! » s’écria le physicien en bousculant le lieutenant colonel.

La jeune femme déglutit péniblement et demanda un verre d’eau.

« Je … oui… Je crois que j’ai eu un malaise… John ? Vous allez bien ? »

« Elle est incroyable ! lança Rodney en levant les bras au ciel .Tu t’es carrément écroulée dans le salon et tu t’inquiètes de la bosse à la tête de Sheppard ? »

« Eh Rodney ! » protesta le militaire

« Oh ça va vous ! Vous vous portez comme un charme, pas de fracture du crâne et votre humour plus que contestable est toujours là ! Tiens, rendez-vous utile et allez lui chercher de l’eau !»

Teyla posa sa main sur le bras de Sheppard pour lui intimer de ne pas relever. Rodney semblait vraiment très inquiet. Le militaire sortit de la chambre.

« Jennifer, Teyla m’a raconté… »

La jeune femme jeta un regard désespéré vers l’athosienne qui lui fit sentir qu’elle n’avait pas eu d’autre choix. Sheppard revint avec son verre d’eau et Jennifer en but quelques gorgées.

« Ta fatigue continuelle, la prise de sang à l’hôpital, tes repas à peine entamés, et maintenant ce malaise ! Ce que j’ai pu être aveugle ! »

« Rodney… » supplia Jennifer

Sheppard et Teyla préférèrent s’éclipser pour les laisser discuter en privé. Il était tard et la fatigue commençait vraiment à se faire sentir. Au dehors, l’intensité du vent semblait avoir redoublé. Tous deux montèrent au premier et se retrouvèrent  soudain à court de mots, debout sur le palier. Ils se regardèrent un long moment puis Sheppard prit la main de Teyla dans la sienne et embrassa doucement sa paume, s’imprégnant du parfum subtil de sa peau. L’athosienne fit alors un pas vers lui et effleura sa bouche du bout des doigts.

Les pleurs d’un bébé retentirent depuis le bout de l’étage. John baissa les yeux en guise de résignation avant d’ouvrir la porte de sa chambre.

« Je crois que sa mère lui manque… »

Il jeta un dernier regard enflammé vers Teyla avant de disparaître. L’athosienne, au bord du vide, inspira profondément en fixant la porte close. Puis elle partit rejoindre son fils.

OooooooooooooooO

Rodney, assis sur le lit, avait le regard vide. Il mit quelques minutes à intégrer ce que Jennifer venait de lui révéler.

« Donc, si j’ai bien compris, ça a commencé au moment où tu es rentrée de P4M 575.

« Aucun membre de l’équipe de Carson n’a été contaminé Rodney, et ils y sont depuis deux mois ! Ils ont pris toutes les précautions nécessaires avec les combinaisons étanches ! Je n’y suis restée que quelques jours et j’ai été suivie et scannée à mon retour ! »

« Oui mais tu n’avais pas de combinaison toi ! »

« Je suis restée à 2 km du village Rodney ! De plus, ce virus Ori a été spécialement crée pour contaminer les cellules des habitants de cette planète via une protéine de surface  spécifique semble-t-il à cette population. »

Rodney était loin d’être convaincu.

«  Oui mais imagine que cette saleté puisse se répandre dans l’air et qu’elle ait muté ! »

Il faut dire que les arguments de Mc Kay s’enchaînaient avec une logique implacable afin de prouver qu’elle était peut-être atteinte du mal Ori.

« Rodney… Tu ne m’aides pas là… »

Le scientifique sembla enfin s’apercevoir qu’il ne faisait qu’aggraver la situation. Il prit un air contrit et s’assit à côté de la jeune femme.

« Mon Dieu Jennifer, je suis un abruti ! Excuse-moi s’il te plaît… Je…me fais tant de souci pour toi… »  murmura-t-il en l’enlaçant.

« Surtout que si c’est çà, je suis probablement contagieuse… » ajouta Jennifer avec un sourire forcé.

Rodney resserra son étreinte et se mit à caresser sa joue. Alors la jeune femme sut. Il ne pouvait pas en faire plus pour lui montrer à quel point il tenait à elle.

« Je t’assure que tu fais fausse route Rodney, je suis juste un peu surmenée… Carson a régulièrement surveillé une éventuelle adaptation du virus à notre organisme. Il n’a constaté aucune mutation pour l’instant. Toute son équipe va bien et le traitement fonctionne… » ajouta-t-elle comme pour se rassurer elle-même.

Elle avait toutefois omis de préciser que sa sérothérapie n’était efficace que si elle était administrée à temps et qu’une fois lancé, le processus tumoral était vraiment très agressif. Elle eut soudain un moment de doute. « Avoir été contaminée était chose impossible… »

« Ecoute ! On ne va pas paniquer… »

« C’est toi qui panique Rodney… »

« Tu vas essayer de dormir un peu. Demain matin, la tempête aura cessé, Ronon et Amélia seront de retour et nous irons en ville pour contacter Atlantis et s’il le faut on rentrera tous sur la base. On verra bien que tu n’as rien, que tu as juste besoin d’un « énorme câlin spécial Mc Kay », d’une bonne semaine de repos et le tour est joué ! »

Jennifer prit la main de Rodney et lui sourit. D’habitude, le scientifique avait tenté de prononcer ses derniers mots sur un ton léger et détaché. Mais tout dans la voix de Mc Kay laissait voir sa profonde inquiétude pour elle.

Il embrassa Jennifer sur le front avant se quitter la chambre. Elle resta seule à ressasser chaque phrase de cette conversation. Un flot de doutes l’assaillit alors. Avait-elle vraiment été contaminée ? Aurait-elle été négligente à ce point ? Et ses amis ? Et tous les gens qu’elle avait côtoyés depuis son retour de mission ? L’hôpital… May… Il fallait absolument contacter Atlantis au plus vite…

Jennifer entendait Rodney s’agiter dans la pièce à côté quand soudain une montée d’angoisse la submergea. Elle enfonça son visage dans son oreiller afin d’étouffer les sanglots qui montaient dans sa gorge.

OoooooooooooooO

Ronon était allé s’asseoir près du feu. Sa blessure l’élançait de plus en plus. Il avait trouvé une petite armoire à pharmacie dans la salle de bain et avait tenté de refaire lui-même son pansement.

Il jeta un coup d’œil vers le lit derrière lui.

Amélia dormait paisiblement. Dans un soupir elle changea de position et se retrouva face à lui. Il la contempla longuement avant de reporter son regard sur les flammes dansant dans la cheminée.

Puis, il dégagea l’anneau accroché à une de ces mèches et le fit rouler entre ses doigts. Cela faisait maintenant plusieurs années qu’il n’avait pas relu l’inscription en satédien gravée à l’intérieur.

« A Ronon, mon amour éternel… Melena».

OooooooooooooooooooooO

« Rodney vous devriez aller dormir un peu, qu’est-ce que vous trafiquez encore ? »

« C’est vous Sheppard… euh… un truc très important pour Jennifer… Je dois recalibrer le détecteur… »

Rodney avait répondu tel un robot en levant à peine les yeux vers le militaire tant il était absorbé à taper sur sa tablette à la vitesse de la lumière. Sheppard, la mine renfrognée et son pansement à moitié défait, demeura debout à côté de lui. Soudain, le physicien sembla se rendre compte de sa présence…

« Et vous, vous ne dormez pas ? Un souci avec votre bosse ?»

John ôta complètement le bandage entourant sa tête et s’assit finalement à la table de la salle à manger face à Rodney. Il se massa doucement le front.

« Non, non, ma tête est solide… Mais j’arrive pas à fermer l’œil. Je pense à Ronon et à Banks et à tout un tas d’autres choses… Jennifer va mieux ? »

« Ne vous inquiétez pas pour Ronon. Amélia et lui clignotaient toujours il y a cinq minutes. Pour ce qui est de Jen… »

Rodney ne put faire autrement que lui exposer clairement la situation. Les traits de Sheppard se crispèrent.

« Pour en avoir le cœur net, je vais modifier le programme du détecteur de signes vitaux de mon portable afin de l’adapter à la physiologie d’un corps humain… Je veux essayer de faire une sorte de scanner médical. »

Sheppard prit un air perplexe.

« Les deux systèmes ne sont pas si différents. Ce sont des émetteurs à plus ou moins longue portée qui nécessitent seulement un calibrage adapté. Le scanner de l’infirmerie fournit par contre une image beaucoup plus nette car il a été conçu pour analyser les caractéristiques précises des cellules constituant les principaux tissus de notre corps. On l’utilise sur le patient et le signal reçu est donc de meilleure qualité. On obtient une image identique à une IRM. Les nôtres ne sont programmés que pour la détection de cellules vivantes à longue distance. Mais je vais arranger ça... »

« Et vous dites que ce virus provoque… »

« Des tumeurs, Sheppard… »

Le scientifique inspira profondément. Ce mot seul lui était insupportable.

« Et vous voulez essayer de détecter d’éventuelles cellules cancéreuses parmi les cellules saines de Jennifer ? »

« C’est exact. Ce sont des cellules dont l’ADN a été « parasité » par celui du virus Ori. Du coup, elles n’ont plus du tout de système de contrôle et se multiplient très vite et de façon anarchique. Elles ont donc non seulement un ADN différent mais aussi un métabolisme énergétique plus actif … Tout ces paramètres donneraient un signal visible à l’écran. »

« Mais sur Atlantis ils n’ont pas détecté la présence du virus dans son organisme et je croyais qu’elle avait subi la «  quarantaine » réglementaire après son retour. »

« Pas si le virus s’est intégré rapidement dans ses cellules avant l’action du système immunitaire. Mais si je calibre l’appareil sur son corps avec comme point de référence le scan d’une de ses cellules saines, mon émetteur pourra détecter la présence d’une tumeur. »

« Si j’ai bien compris elle est potentiellement en danger et nous aussi ? »

« Potentiellement est le mot exact. Il faut vérifier et c’est ce que je m’emploie à faire en mettant au point ce scanner. »

Rodney passa ses mains sur son visage pour chasser la fatigue qui commençait à s’accumuler.

« L’équipe de Carson n’a rien et ils sont toujours là-bas. Ce serait vraiment pas de veine que justement, Jen se fasse infecter alors qu’elle n’a même pas approché un malade et revienne sur Atlantis pour contaminer toute la Cité ! » lança-t-il.

« On doit contacter Atlantis et surtout Carson, où est votre transmetteur ? »

« Alors vous manquez de m’arracher la tête quand vous apprenez que j’ai transporté des mini-réacteurs à naquadah dans ma valise, et maintenant vous exigez mon transmetteur Ancien ? Et pourquoi pas un E2PZ tant que vous y êtes ? »

« Quoi ? Vous ne l’avez pas pris ? Je pensais que vous ne pouviez pas vous passer du contenu complet de votre labo moins de 24H ! »

« Ben faut croire que je peux ! Et vous, où est le vôtre ? »

« Je ne pensais pas en avoir besoin ! On est en vacances loin d’Atlantis, je pensais que si ILS avaient besoin de nous ils nous contacteraient ou au pire ils nous téléporteraient vite fait au SGC! Pas que NOUS aurions besoin d’eux ! Donc pas de transmetteur, pas d’internet, pas de possibilité de joindre qui que ce soit !»

Sheppard et Rodney se fixèrent alors un instant. Là vraiment c’était le pompom !

« Mc Kay, si vous prononcez encore une fois le mot malédiction, je vous arrache la langue ! »

« Ah ! C’est pas moi qui l’ai dit ! »


Belmene  (08.04.2012 à 16:43)

Chap 9 : Diagnostic

Teyla s’éveilla doucement dans la chaleur réconfortante de la chambre. Elle s’étira lentement et écouta les bruits du dehors. Le vacarme de la tempête avait cessé. A côté d’elle, Torren, assis sur le lit, jouait avec son ours en peluche. Encore un cadeau de John.

John…

Bien qu’exténuée, elle avait mis beaucoup de temps à s’endormir tant elle n’arrivait pas à l’effacer de son esprit. Lui et leur baiser…

Torren gazouillait en mordillant son jouet et pointa son petit doigt potelé vers sa mère.

« Tu as faim mon bébé ? »

Torren lui répondit par une risette.

Elle se leva, s’habilla et prépara son fils pour rejoindre le rez-de-chaussée. Elle était en train de lui enfiler ses chaussures quand on frappa à la porte.

« Teyla ? Vous êtes réveillée ? »

La voix du militaire la fit instinctivement sourire.

« Oui John, Torren et moi allons descendre. »

« OK, le petit déjeuner est prêt. »

L’athosienne se dirigea ensuite vers la fenêtre et ouvrit les volets. Le ciel s’était miraculeusement dégagé et le soleil brillait à nouveau. La chute de neige de la nuit était toutefois impressionnante et le chemin menant à la maison avait totalement disparu sous une épaisse couche de poudreuse.

Elle inspira une grande goulée d’air frais et profita un bref instant de la chaleur solaire. Car dans quelques secondes, en bas, elle allait devoir à nouveau faire semblant… Semblant, devant les autres,  de ne ressentir que de l’amitié pour John Sheppard.

OooooooooooooooO

Amélia avait repoussé le lit contre le mur et rassemblait leurs dernières affaires. C’était stupide, mais elle ne pouvait s’arrêter de sourire bêtement. Cela faisait une éternité qu’elle ne s’était pas sentie aussi bien… Cette nuit avait été magique. Sa peau, sa bouche, ses mains…

Il faut dire qu’elle avait craqué pour Ronon dès la première fois où elle l’avait croisé dans les couloirs d’Atlantis alors que Chuck lui faisait visiter la cité. Elle avait tout de suite demandé à son collègue qui il était et s’était vu répondre sur un ton moqueur :

« Ah, lui ! C’est Ronon Dex… Il est de Sateda. On l’a récupéré sur P3M736 après qu’il ait fait prisonniers Sheppard, Teyla et Mc Kay…Entre nous autres, techniciens, on l’appelle Capitaine Castagne, il ne pense qu’à arracher la tête de tous les Wraiths qu’il rencontre. Remarque, on ne peut pas lui en vouloir ! Kavanaugh l’appelle Conan des fois… C’est vrai qu’il est plutôt du genre bourru…Quand à Sheppard, il le surnomme Chewie… Sûrement à cause des… » Chuck mima l’imposante chevelure du satédien avec exagération.

« Alors il est un… »

« C’est par définition un extra-terrestre, oui. Humain, bien sur. Teyla Emmagan aussi d’ailleurs, quoique elle....»

Laissant Chuck continuer son petit laïus, la technicienne avait regardé s’éloigner Ronon vers la salle d’entraînement et s’était surprise à penser que son séjour ici allait devenir beaucoup plus qu’intéressant.

« Kavanaugh… C’est  l’abruti fini qui a fait le voyage avec moi ? » avait soudain demandé Amélia.

Chuck avait été surpris qu’une nouvelle venue se montre aussi directe et cassante dès le premier jour mais il était clair que les réactions suscitées par Kavanaugh étaient toutes irrémédiablement négatives. Ce type était une plaie…

Amélia, perdue dans ses souvenirs, sursauta soudain quand Ronon entra dans la maison en entraînant avec lui des monticules de neige.

« Bonjour, je ne t’ai pas entendu sortir. »

« Je ne voulais pas te réveiller. » fit-il en se dirigeant vers elle.

Il déposa un baiser chaste sur son front. Amélia demeura un instant interdite puis elle se força à finir de ranger son sac. Non pas qu’elle s’attende à ce qu’il lui saute dessus pour lui arracher ses vêtements – et elle n’y aurait probablement pas vu d’inconvénients- mais au moins avait-elle espéré recevoir plus qu’un simple bisou presqu’amical. Quoi qu’il en soit, Ronon était peu démonstratif, elle le savait.

« J’ai dégagé la motoneige, on peut partir dès maintenant si tu es prête. Les autres doivent être inquiets. »

« Oui…euh… C’est bon… j’ai tout remis en place » balbutia-t-elle, de plus en plus troublée.

Ronon s’aperçut de sa maladresse et saisit doucement son bras afin de la faire pivoter face à lui.

« Désolé » souffla-t-il. « Je ne suis pas très… » commença-t-il en caressant sa joue.

Amélia soupira en le regardant droit dans les yeux, puis elle lui sourit.

« Ronon, je sais qu’on est allé un peu vite… On a carrément zappé le premier rendez-vous, le dîner aux chandelles, le premier baiser devant la porte de ma chambre… »

Devant le visage circonspect du satédien, la technicienne explosa de rire.

« Là, c’est moi qui suis désolée ! Disons que je m’étais imaginé la scène un certain nombre de fois avant hier soir… »

« Tu aurais aimé que nous fassions tout cela ? Je ne suis pas très familier avec les coutumes terriennes à ce niveau-là. Et puis ça fait très longtemps que… »

Amélia l’empêcha de continuer en couvrant sa bouche de ses lèvres, en équilibre sur la pointe des pieds. Puis elle le regarda longuement. Elle passa sa main dans ses mèches et dessina du bout des doigts les contours de l’anneau d’argent accroché à l’une d’elle. Ronon la fixa alors avec appréhension mais Amélia lui sourit avec bienveillance et douceur.

« Je comprends… » fit-elle alors.

OooooooooooooooooO

Rodney s’était endormi dans le sofa. Il avait presque terminé les réglages du scanner quand la fatigue et l’accablement avait eu raison de lui. Teyla posa doucement une main sur son épaule pour le réveiller et promena délicatement une tasse de café chaud sous ses narines.

Le scientifique émergea lentement et s’exclama à la vue des rayons de soleil qui filtraient à travers les vitres embuées :

«  ça y est ! Le blizzard a cessé ! Bon sang, j’ai dormi longtemps ? »

« Vous en aviez besoin Mc Kay, répliqua Sheppard assis face à lui et qui dégustait déjà le breuvage brûlant. Vous avez passé la moitié de la nuit à bricoler votre engin… »

« Jennifer est réveillée ? »

« Oui, Rodney et je me sens beaucoup mieux. »

La doctoresse descendait l’escalier pour rejoindre le reste du groupe. Elle avait en effet meilleure mine et vint s’asseoir près de Mc Kay. Teyla lui apporta une tasse de thé.

« Merci Teyla, des nouvelles de Ronon et Amélia ? »

Rodney se saisit de sa tablette.

« Oui, toujours de ce monde, lança-t-il. Et le téléphone ? »

« Toujours rien, répliqua Sheppard. Je pense que cette tempête aura causé pas mal de soucis dans le coin. Il va falloir du temps…Ne serait-ce que pour dégager les routes alors les lignes téléphoniques… Vous avez vu toute cette neige ? »

« Bon OK, Jennifer, j’ai terminé d’adapter le programme de scan. On peut essayer si tu veux. »

« Tu as fait quoi ? »

Le scientifique réitéra ses explications de la veille pour Teyla et Jennifer.

« Très bien, Rodney, je suis prête… »

« Parfait, euh… tu veux qu’on monte ? »

« Si je suis contaminée, je vous ai peut-être transmis également le virus. Je pense que vous êtes tous concernés alors faisons ça tout de suite et ici. »

Jennifer avait parlé avec fermeté en tentant de dissimuler la pointe d’angoisse qu’elle sentait percer dans sa voix. Sheppard et Teyla prirent place face à eux sur le deuxième canapé.

« Tout ira bien Jennifer, j’en suis persuadée. » murmura l’athosienne pour tenter de décontracter son amie.

« Je ne sais plus si j’ai vraiment envie de savoir tout à coup… Allez…. Qu’est-ce que je dois faire ? »

« Toi, rien, Jen, je dois juste calibrer l’appareil sur une zone de ton corps dont l’ADN n’a pas été susceptible d’être modifié par le virus. »

« Alors essaie ça. »

Jennifer arracha un de ses cheveux et le tendit au physicien.

« Bien » fit Rodney.

Il approcha le bulbe près de l’appareil tandis qu’une lumière verte vint le parcourir et qu’un son lancinant et synthétique signifiait que le scan était en train d’être réalisé. Au bout de quelques secondes seulement, Rodney observa son écran et valida la saisie.

« C’est bon, l’initialisation est faite. On peut commencer le scan complet… »

Alors, lentement, Jennifer se leva sous le regard grave de ses trois compagnons.

OooooooooooooooO

« Que fait-on par rapport aux autres ? » lança Amélia vers Ronon qui s’apprêtait à ouvrir la porte pour sortir.

« Comment ça ? »

« Eh bien, vu qu’on est surtout venu pour aider Rodney et par rapport au fait que nous sommes ses invités, dans le chalet de sa tante, avec tous les autres, avec Sheppard, qui est mon supérieur… »

« Tu veux qu’on reste discrets jusqu’à la fin du séjour. »

C’était plus un constat qu’une question. Ronon avait sorti sa phrase le plus simplement du monde et Amélia éprouva un soulagement non feint en constatant que le satédien n’avait pas mal pris sa suggestion. Elle se voyait mal faire des papouilles à son nouvel amant devant son lieutenant colonel et cela même s’ils étaient en permission.

« Je pense que ce serait plus… sage. »

« Aucun problème » lança-t-il sur un ton calme. 

 « Bon sang ! Espèce d’idiote ! Mais qu’est-ce qui te prends ! Tu rêves de ce mec jour et nuit depuis si longtemps et tu lui demandes maintenant de faire comme s’il ne s’était rien passé ? Pauvre fille !!! »

Elle continua de se maudire en silence mais elle savait bien qu’au fond d’elle-même une petite alarme rouge et clignotante s’était déclenché … Cette peur viscérale qui revenait chaque fois qu’elle s’attachait un peu trop… Cette peur de perdre encore quelqu’un à qui elle tenait… Elle avait aussi ressenti cette sorte de retenue chez le satédien, depuis le jour où il l’avait invitée à s’entrainer avec lui. Un sentiment de malaise qu’il tentait de cacher très habilement d’ailleurs. Mais Amélia n’était pas dupe.

« Melena… »

Ce prénom résonna dans sa tête. Ils avaient chacun leurs fantômes…Elle balaya cette pensée et préféra changer rapidement de sujet.

« Il faut que Jennifer voie ta blessure, tu auras peut-être besoin de points de suture. »

« Ce n’est rien… »

Amélia n’avait jamais vu Ronon pressé de se faire soigner. Au cours de ces nombreuses missions, il était quelquefois revenu dans des états bien pires et avait toujours rechigné à aller à l’infirmerie prétextant de simples égratignures.

« Mais bien sûr, monsieur dur-à-cuire, allons-y ! » lança-t-elle avant de se diriger vers la sortie.

Elle n’eut pas le temps de poser la main sur la poignée que la porte s’ouvrit avec fracas et elle se retrouva le nez face au canon d’un fusil de chasse. Immédiatement, Ronon s’interposa, sa main droite cherchant instinctivement son blaster resté malheureusement pour lui sur Atlantis. Debout sur le seuil, un homme camouflé dans un anorak noir les tenait en joue.

« Qui êtes-vous et qu’est-ce que vous faites chez moi ? »

OooooooooooooooO

Rodney passa lentement la tablette devant le visage de Jennifer puis descendit vers le reste de son corps.

Soudain, le scientifique se figea. Il devint blême et ses doigts se crispèrent sur l’appareil.

Jennifer, qui lui faisait face, se mit à dévisager Teyla et Sheppard qui fixaient attentivement l’écran qu’elle ne pouvait pas voir. Le lieutenant-colonel passa la main dans ses cheveux, la mine déconfite. Teyla ne bougeait plus. Il sembla au docteur qu’elle avait même cessé de respirer.

«  Quoi ! » lâcha alors Jennifer, tétanisée.

Mc Kay ne pouvait plus parler.

« Bloque l’image Rodney… »

Alors comme le scientifique n’avait pas de réaction, elle haussa la voix.

« RODNEY ! Bloque l’image et montre-moi ! »

Le scientifique sursauta, émergeant subitement de sa torpeur et s’exécuta. Il tendit la tablette vers Jennifer qui s’en saisit avec brusquerie.

Les mains tremblantes, la jeune femme fixa enfin l’écran. Une vue complète de son thorax était affichée. De multiples tâches rouges en constellaient la totalité de la surface : son cou, ses bras, sa poitrine…

Rodney s’affaissa sur le fauteuil tandis que le visage de Jennifer restait impénétrable.

Au bout d’un certain temps qui parut à Sheppard une éternité, ce dernier décida de briser le silence :

« Devons-nous contacter Atlantis maintenant ? » demanda-t-il sur le ton le plus neutre qu’il pu prendre.

Jennifer s’assit à son tour sur le canapé, l’écran devant les yeux, sans aucune réaction. Sheppard se tourna alors vers Rodney qui, à son tour, chercha une sorte de réconfort dans le visage calme de Teyla. L’athosienne sentit l’appel au secours implicite de ses deux acolytes et alla s’agenouiller face à la doctoresse.

« Jennifer… »

La jeune femme la regarda droit dans les yeux. Des larmes vinrent perler au coin de ses cils. Sa stupeur faisait à présent place à de l’incrédulité.

« Ce n’est pas possible… ».


Belmene  (08.04.2012 à 16:46)

Chap 10 : Révélations

« Du calme ! Ecoutez ! Nous sommes des amis de Rodney Mc Kay ! » s’écria Amélia en repassant devant Ronon, les mains bien en vue face à elle.

« Connais pas ! »

« C’est le neveu de May Jenkins ! »

« Quoi ? La crevette ? Il est ici ? »

« Au chalet de May, oui… Je m’appelle Amélia Banks et voici Ronon Dex. Nous logeons chez elle  en ce moment et elle nous a demandé de passer voir si tout allait bien pour vous… Mais la tempête nous a surpris alors nous avons été obligé de nous abriter ici. »

Amélia s’était approchée doucement de l’homme et alors qu’elle frôla le canon de son fusil avec son bras, ce dernier eut un geste étrange. Il abaissa son arme avant de plaquer brusquement sa main libre contre sa poitrine. Amélia n’avait toujours pas baissé les mains. Enfin, il rabattit sa capuche en affichant un visage étrangement intrigué. Il correspondait bien à la description qu’en avait faite Rodney. Le teint mat, les cheveux gris et courts.

« Vous êtes Ernest Matthews, je présume…

L’indien d’une soixantaine d’année fixa Ronon d’un air méfiant avant de revenir sur le visage doux d’Amélia. Il bloqua encore quelques secondes sur la jeune femme avant de paraître se ressaisir.

« Oui, désolé pour ça, fit-il en désignant son fusil, mais un grizzli traîne dans les parages. Il a été vu ce matin de l’autre côté du lac. »

Il avait reposé sa main sur son torse et semblait palper quelque chose à travers son anorak fermé.

« Nous savons, il nous a attaqué hier soir » répliqua Ronon, un brin agacé par le regard insistant du nouveau venu sur Amélia.

Le vieil homme détourna enfin le regard pour lancer un coup d’œil vers la winchester qu’Amélia avait remis en place au dessus de la cheminée.

« Elle vous a été utile ? »

« Et comment ! » fit Amélia en souriant.

« Vous l’avez… ? »

« Disons juste effrayé. Le seul blessé ici, c’est lui » répliqua la jeune femme en désignant Ronon. « Il a pris un coup de griffe… »

« Ça ira gamin ? » demanda Ernest en levant les yeux vers le satédien. « Vous avez eu de la chance… »

Ronon répondit par l’affirmative d’un air amusé. La dernière fois que quelqu’un l’avait appelé comme ça, c’était son grand-père et il avait sept ans. L’ex-runner s’élança dehors en souriant. Amélia se retrouva seule avec le vieil homme.

« Par contre, Mr Matthews, je suis désolée pour la fenêtre de votre salle de bain, j’ai dû la forcer pour pouvoir entrer » s’excusa Amélia.

« Pas grave ! J’ai vu votre motoneige dehors. Je suis venu avec la mienne juste pour voir si tout était OK. J’ai prévenu mon ami Sam qui va venir déblayer les routes. Si vous voulez je vous accompagne jusqu’au chalet. »

Le vieil homme s’apprêtait à s’engager dans les pas de Ronon quand il fit brusquement demi-tour.

« Je suis quand même curieux de savoir d’où vous venez jeune fille, j’ai l’impression que vous et moi avons quelques…ancêtres en commun… »

« Je suis née à San Diego en Californie. Et il parait que mon arrière grand-mère maternelle était Cherokee… »

« Tiens donc…et, c’est votre…petit ami ce grand gaillard là-dehors ? »

« Bonne question… » répliqua Amélia en enfilant ses gants.

OooooooooooooooooO

La doctoresse tenta de se ressaisir en effectuant un autre scan. A présent, une nouvelle image de son corps entier s’afficha où une multitude de points rouges apparaissaient sur le fond gris-vert du reste de son anatomie.

« Mc Kay, il faut contacter Atlantis » décréta Sheppard en saisissant l’épaule du scientifique afin de le forcer à réagir.

« Attendez ! » lança alors Jennifer, qui se leva brusquement pour faire face à Mc Kay. « A quel point tes réglages sont-ils sensibles Rodney ? »

Mc Kay demeurait désespérément figé, les yeux rivés sur sa compagne.

« Rodney ! » hurla presque Jennifer qui tremblait toujours.

« Euh… quoi… Je… Je ne sais pas… J’ai essayé de rendre la sensibilité maximale… »

« Donc, une infime quantité d’ADN étranger dans mon sang serait immédiatement détectée ? »

« Oui… Je suppose… »

Teyla s’approcha de la jeune femme et regarda l’écran par-dessus son épaule.

« Jennifer… Il  y  en a partout, et on dirait beaucoup plus dans cette zone-là » fit Teyla en désignant un point de l’écran.

« Je sais. Et c’est normal. »

John et Rodney se mirent à la dévisager, l’air circonspect. Jennifer leva enfin les yeux de l’appareil.

«  Je ne suis pas contaminée… Je suis enceinte. »

Rodney sentit soudain ses jambes flancher et il se laissa tomber sur le canapé.

« Mais comment c’est possible… » balbutia-t-il.

Une réponse toute prête resta bloquée dans la gorge de Sheppard. Non, là, vraiment, ce n’était peut-être pas le moment de charrier McKay qui avait l’air d’un zombie momifié. Tout le monde était un peu abasourdi. John et Teyla ne savaient pas trop quelle attitude adopter devant cette annonce inattendue. Alors Sheppard tenta quand même la question qui lui trottait dans la tête …

 « Euh… Excusez-moi, mais je crois que j’ai raté un épisode, là » balbutia Sheppard en dévisageant tour à tour Jennifer, Rodney et enfin Teyla. « Pardonnez-moi si je n’ai pas tout saisi, mais je croyais que cet appareil ne détectait que les cancers… »

« Les tumeurs provoquées par le virus Ori sont extrêmement virulentes mais ont un profil très différent de celui-là. Et seules certaines zones seraient affectées, pas la totalité de ma circulation sanguine. Ce qui apparait ici, si je ne me trompe pas, semble être l’ADN fœtal circulant dans mon sang. Et puis… Je commence à comprendre certaines choses…Comment j’ai pu passer à côté de ça ! Tu parles d’un médecin… »

« Je croyais que rien ne traversait le placenta maternel » lança Sheppard un brin fier d’étaler le peu de connaissances scientifiques qu’il possédait sur la grossesse.

« On ne sait pas pourquoi, mais on retrouve toujours une infime quantité d’ADN du fœtus  et des cellules fœtales dans le sang maternel tout au long de la grossesse. On s’en sert d’ailleurs pour détecter certaines maladies génétiques sans passer par des méthodes trop invasives pour la mère comme l’amniocentèse. L’ADN des cellules de l’embryon est une combinaison nouvelle de celui de Rodney et du mien. Si j’ai bien compris les réglages qu’a effectués Rodney, l’appareil est capable de détecter ces infimes quantités d’ADN étranger dans mon sang. C’est pour cela qu’un signal apparait au niveau de mon corps entier. Je ne vois que cette solution… Car si il s’agissait du virus Ori, vu le résultat de ce scan, je serais déjà morte… »

« Et si c’est pas indiscret, de quand daterait cette… » ajouta John en omettant volontairement de finir sa phrase.

« Je crois que j’ai une petite idée sur date de conception, fit Jennifer en jetant un regard en biais vers Rodney. Je pense être enceinte d’environ six semaines. Ça explique ma fatigue, ma perte d’appétit, mon malaise, mon estomac barbouillé… » souffla Jennifer les yeux soudain dans le vague. « Et moi qui ai mis ça sur le compte de mes nuits blanches passées à mettre au point la sérothérapie pour les patients de Carson ! »

« Mais pour…vous savez…euh…le truc…féminin….tous les mois…Enfin, je ne suis pas spécialiste mais bon… Vous auriez pas pu avoir la puce à l’oreille ? » lança John qui se demanda dans la seconde pourquoi il avait abordé un tel sujet.

« Il n’y a pas si longtemps, j’échappais  à la mort par hypothermie et ma conscience a été transféré dans le corps d’une pilleuse de tombe avant de finalement regagner le mien, vous savez quel effet peuvent avoir ce genre de choses sur les cycles menstruels d’une femme ? »

« OK ! OK ! Je vous fais confiance là-dessus, désolé d’avoir abordé le sujet, on passe !» Sheppard avait levé les mains en signe de reddition.

« Rodney et vous n’aviez apparemment pas prévu cet évènement ? » osa Teyla.

Jennifer, qui avait retrouvé son visage calme et réfléchi, regarda le scientifique l’air hésitant.

« Je crains que non. » répondit-elle en se mordant la lèvre.

L’athosienne prit la main de son amie dans les siennes et lui adressa un sourire radieux.

« En tous cas, Jen, vous n’êtes pas contaminée ! C’est une excellente nouvelle ! ».

Malgré les efforts de Teyla pour détendre l’atmosphère, tous commençaient à se sentir très mal à l’aise devant la catatonie persistante de McKay. Alors, doucement, Jennifer s’approcha de Rodney, assis telle une statue au bord du canapé. Elle s’installa près de lui et posa les mains sur ses genoux. Ce n’est qu’à cet instant qu’il parut enfin réagir. Il la regarda dans les yeux avant de la serrer soudainement dans ses bras. Jennifer put alors sentir le cœur de Rodney qui battait à tout rompre.

« J’ai cru que tu…Que tu avais… Que tu allais… »

« Je vais bien Rodney… Je vais bien… Il faut juste que j’aille à l’hôpital faire des examens le plus vite possible. »

« On doit retourner sur Atlantis. Carson doit t’examiner. »

« Rodney, ce n’est pas la peine… Je peux très bien aller tout d’abord à l’hôpital de Whistler et ensuite on verra…»

Le scientifique relâcha un peu son étreinte et se mit à caresser doucement les cheveux blonds de la jeune femme. Jennifer se dégagea lentement et prit le visage de Rodney entre ses mains.

« Et puis je pense qu’après ça, nous devrons discuter tous les deux … » fit-elle en plongeant ses yeux dans ceux  de Mc Kay.

  OooooooooooooooO

Le soleil du matin venait caresser le visage de Teyla. Elle avait fermé les yeux et savourait cet instant de calme où les esprits s’apaisaient doucement. Assise sur le banc de la véranda, face à la fenêtre du salon, elle en avait profité pour jeter un œil sur Torren quelques instants auparavant. Il s’amusait à quatre patte sur le tapis devant la cheminée, emprisonné dans un « parc » improvisé composé d’un côté par le canapé et de l’autre par des chaises et de gros coussins chamarrés. Le petit train de bois le fascinait apparemment toujours autant. Peut-être que May accepterait de le lui laisser emporter sur Atlantis.

Elle ouvrit soudain les yeux. John était debout devant elle, immobile.

« Je peux m’asseoir ? » fit-il en désignant la place libre à côté d’elle.

« Bien sûr. »

Teyla sentait son cœur qui commençait à s’emballer. Leurs bras se touchaient. Leurs jambes aussi. John regardait l’horizon enneigé mais elle savait qu’il s’apprêtait à aborder le sujet qu’elle redoutait tant. Alors elle décida de prendre les devants.

« Ce que je ressens pour vous est sincère John. »

Sheppard fut coupé dans son élan. Il se força à fixer la forêt qui s’étendait devant eux et décida finalement de la laisser poursuivre sans répondre.

« Depuis quelques temps, Kanaan et moi ne sommes plus aussi proches qu’autrefois. Mes sentiments envers lui ont changé et ce que je ressens pour vous aussi. Je ne sais pas comment s’est arrivé. J’en suis la première surprise. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour vous et beaucoup d’amitié aussi mais… Enfin… voilà, je crois que suis à présent… »

« Amoureux de vous. »

Ça y est, il l’avait dit…Teyla put apercevoir un léger sourire sur son visage tandis qu’il continuait de regarder au loin. L’athosienne  se tut alors. Sheppard enchaîna.

« Je n’y comprends rien moi non plus Teyla. Moi aussi j’ai toujours eu beaucoup de respect pour vous, vous êtes forte, vous avez toujours été là, solide, apaisante, magnifique… »

Le militaire soupira. Exprimer ses sentiments n’avait jamais été sa tasse de thé. Fanfaronner, se moquer de Rodney ou lancer deux trois réparties rigolotes…ça c’était lui… Mais là, il avait l’impression que son estomac remontait jusque dans sa gorge. « Bon sang ce qu’elle était belle… Comment avait-il pu la côtoyer tous les jours sans succomber si longtemps… ». Ils se sentaient un peu gauches tous les deux. Ils avaient enfin ouvert les yeux et l’évidence leur faisait à présent peur. Après quelques secondes de silence, John se lança à nouveau.

« Quand je vous ai vue, dans la salle de contrôle avec Michael, quand j’ai cru qu’il allait vous emmener encore une fois, j’ai réellement pris conscience que je tenais à vous beaucoup plus que je ne l’aurais cru… ».

Délicatement, Teyla posa sa main sur sa joue et l’amena à la regarder.

« Je ne sais pas ce qui va se passer après, John… Comment nous allons…gérer cela. Mais ce que je sais, c’est que je dois tout d’abord parler avec Kanaan. Il est le père de mon fils. Je lui dois cela avant tout. Lui aussi je crois a pris conscience que quelque chose s’est brisé entre nous. C’est quelqu’un de bien et d’honorable. Je ne pourrais pas commencer quoi que ce soit tant que tout ne sera pas réglé entre lui et moi. »

Kanaan… Soudain John eut l’impression d’être le pire individu quela Terreait porté. C’est vrai que l’athosien était un type bien. Un type qui avait eu le bonheur de vivre une histoire avec Teyla, de lui faire un enfant. Il avait l’impression d’être un voleur de bonheur…

Teyla perçut le trouble dans le regard de Sheppard et resserra ses doigts sur le visage du militaire.

« Kanaan et moi, c’est fini depuis déjà un bon moment. C’est juste que tous les deux, nous ne voulions pas nous l’avouer, c’est tout. Alors pas de remords ou de culpabilité inutile ! »

Elle lisait dans ses pensées.

« Je ne l’aime plus. Je vous… »

Le choc d’un lourd sac à dos jeté à terre à leur pied les fit sursauter. Instinctivement, ils s’éloignèrent l’un de l’autre, chacun à un bout du banc. Ronon se tenait debout à quelques pas d’eux et leur jetait un regard noir.

« Ronon ! Bon sang ! C’est vous ! Ah, je savais bien qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter ! On ne vous a même pas entendu arriver ! » fit Sheppard en bondissant sur ses pieds. « Tout va bien ? Amélia et vous… »

Le satédien continuait à les fixer à tour de rôle sans parler. Sheppard détourna les yeux et chercha une aide silencieuse auprès de la jeune femme. Il les avait certainement vus, peut-être les avait-il entendus aussi… Il connaissait l’avis de Ronon sur une éventuelle relation entre lui et Teyla. Et là, bizarrement, il se sentait comme un enfant pris en flagrant délit, la main dans un bocal de bonbons…

« Amélia va bien Ronon ? » lança Teyla en soutenant sans brocher le regard inquisiteur de l’ex-runner.

Devant l’aplomb de l’athosienne et son air de dire « mêle-toi de tes affaires… », Ronon capitula.

« Tout est OK. On ramène même du monde… » grommela-t-il en se dirigeant vers l’entrée.

Tous se retrouvèrent dans le salon. Teyla et Jennifer saluèrent le retour d’Amélia en la serrant affectueusement dans leurs bras.

« Ernest ? Ernest Matthews ? » lança Rodney en dévisageant l’indien.

« La crevette ! Dis donc, tu as bien grandi depuis la dernière fois que je t’ai vu ! » fit Ernest en encerclant avec enthousiasme les épaules du scientifique.

Une fois libre, Rodney pointa instantanément un index menaçant en direction de John.

« Taisez-vous Sheppard ! »

« Mais j’ai rien dit ! »

« Oui mais vous alliez le faire ! »

« Enfin, MEREDITH, vous voyez le mal partout… C’est juste un petit surnom affectueux… D’ailleurs il me plait bien, je pense que je vais le garder en mémoire pour les jours où vous deviendrez vraiment trop insupportable. »

Face à l’état d’exaspération avancé de Rodney, Sheppard vint se présenter lui-même au vieil homme. Ils se donnèrent une poignée de main.

« Lieutenant colonel John Sheppard, ravi de vous rencontrer. »

« Enchanté. »

 Bizarrement, quand le militaire voulut mettre fin à l’échange, il sentit alors que l’étreinte du vieil homme tardait à se relâcher. Il plongea ses yeux dans les prunelles noires du squamish qui semblaient vouloir scruter le moindre recoin de son cerveau. Un sentiment de malaise le gagna alors. Puis, devant le silence gêné qui s’était installé, Ernest lâcha enfin prise en posant sa main sur sa poitrine comme l’avait déjà vu faire Amélia dans la cabane.

« Etrange ce type… » pensa John qui se pressa d’enchaîner

« Oui…euh… Mr Matthews… Bon, alors… Vous connaissez déjà Mc Kay, Ronon et Amélia et donc voici Teyla Emmagan et Jennifer Keller. »

Ernest leur adressa un signe amical de la tête quand un bruit de klaxon résonna à l’extérieur. Teyla alla ouvrir la porte et tous la suivirent à nouveau sur le perron. Un énorme chasse-neige vrombissant stoppa devant la maison. Derrière lui, Jeannie apparut au volant du pick up.

« Salut à tous ! » lança-t-elle sur un air joyeux. « J’apporte les vivres ! Et voici Sam qui m’a gentiment ouvert le chemin ! »

L’homme les salua d’un signe de la main à travers la vitre de la cabine avant d’entamer un demi-tour pour repartir sur le sentier à présent dégagé.

« Oh ! Ernest comment vas-tu ! » s’écria-t-elle en venant serrer le vieil homme dans ses bras.

« Jeannie ! Dis donc mais tu es une femme à présent ! Le temps passe vraiment trop vite ! Déjà enfant tu étais jolie comme un cœur, mais là, tu es carrément splendide ma belle ! »

« Espèce de flatteur ! Pas de souci chez toi ? »

« Eh bien, tes amis ont semble-t-il veillé au grain » fit-il en désignant Amélia et Ronon. « J’étais descendu la veille de la tempête chez mon fils Davis à Whistler. »

« Le téléphone devrait être rétabli dans deux ou trois heures ! » fit la jeune femme en allant décharger deux gros sacs de provisions que Ronon s’empressa de lui prendre des mains. « Tout va bien ici ? Pas de bêtises en mon absence ? »

Des regards furtifs furent échangés…

« On parlera de tout ça au déjeuner si tu veux bien… » marmonna Rodney.

« Je vais vous laisser, ajouta Ernest. J’ai été ravi de vous revoir… »

« Non Ernest ! Vous allez rester déjeuner avec nous ! » lança Jeannie en le poussant vers l’intérieur. « Comme ça, nous pourrons reparler un petit peu des étés fabuleux que nous avons passé ici ! »

« Oui, Ernest, vous allez nous raconter quelques petites anecdotes sympas sur notre cher Meredith… » ajouta Sheppard sur un air railleur en leur emboitant le pas.

 

Quand tous furent rentrés, Rodney demeura un instant seul debout sur le perron. Alors il ne put s’empêcher de penser que la journée allait être incroyablement longue…


Belmene  (08.04.2012 à 16:49)

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