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Série : Veronica Mars
Création : 09.04.2007 à 22h19
Auteur : Bzzbzz
Statut : Terminée
« Episode complet, saison 1, après le 118 » Bzzbzz
Cette fanfic compte déjà 26 paragraphes
En ouvrant la porte de chez elle, une odeur parfumée de lasagnes parvint aussitôt aux narines de Veronica. Elle s’arrêta alors dans le chambranle et jeta un œil circonspect au salon. Son père était assis dans le fauteuil et semblait l’attendre. Elle ne savait trop quoi penser.
- Il fait encore jour ! se justifia-t-elle en fermant la porte derrière elle.
- Je suis au courant.
- Je n’ai donc pas violé le couvre-feu, le prévint-elle par sécurité.
- J’ai fait à manger. Je t’attendais.
- Je vois ça, dit Veronica en fronçant les sourcils.
Keith passa dans la cuisine et sortit le plat du four pour le mettre sur la table. Tout en gardant un œil suspect sur son père, Veronica déposa son sac et sa veste au pied du bar et s’installa au comptoir.
- Qu’est-ce que tu as fait ce matin ? J’ai cru t’entendre partir de bonne heure.
- Je suis allée déjeuner avec Wallace au Java The Hut.
- Il paraît que leurs pancakes sont délicieux.
Veronica s’interrogea. Est-ce que son père essayait réellement de recréer un semblant de communication. C’était sans doute le moment idéal pour lui exposer ses projets.
- Ecoute papa, j’ai bien réfléchi. Je crois que si je continue à travailler avec toi, il y aura toujours une part de toi qui doutera de moi… Alors j’ai pensé qu’il serait mieux pour nous deux que je prenne un autre boulot. Au Java The Hut, ils cherchent une serveuse pour les vacances. Ca pourrait être un bon test, tu ne crois pas ?
- C’est peut-être une bonne idée, dit Keith après réflexion.
Veronica lui sourit tendrement. La boule qu’elle avait au ventre depuis plusieurs jours venait soudainement de s’atténuer.
Ils discutèrent plus ou moins jusqu’au moment où, à la fin du repas, le téléphone les interrompit. Keith décrocha. Et pendant qu’il parlait, Veronica s’occupa de débarrasser la table. Quelques minutes plus tard, il raccrocha.
Elle sentit alors un vent nouveau souffler sur l’appartement.
- C’était Vinnie Van Lowe…
Veronica se retourna doucement et fit face à son père, le regard inquiet.
- Tu peux m’expliquer pourquoi Ace Ventura appelle à la maison et pourquoi il souhaite féliciter ma fille ?
Veronica ferma les yeux et soupira.
Elle se laissa tomber sur un tabouret.
- J’ai rendu service à un ami qui était dans la panade. C’était la dernière fois, je le promets.
- Parce que Weevil est ton ami, maintenant ?! s’interrogea Keith en levant un sourcil.
Veronica l’observa quelques secondes sans rien dire. Il en savait donc plus qu’il ne voulait bien le laisser croire.
- Quelqu’un essayait de lui faire porter le chapeau. Compte tenu de son casier judiciaire, cette affaire lui aurait été fatale si personne n’avait réagi.
- Et tu es tombée sur une affaire plus complexe que prévu…
Veronica fronça les sourcils. C’en était trop !
- Bon qu’est-ce que tu sais exactement ?
- Tout, j’imagine.
Veronica comprit enfin.
- Cliff, soupira-t-elle.
- Tu croyais vraiment qu’il allait te laisser faire sans m’en tenir au courant ? lui demanda-t-il calmement. Il n’est pas idiot Veronica.
- Il ne m’y reprendra plus, marmonna-t-elle.
- Ca c’est sûr ! Puisque tu as décidé d’arrêter d’enquêter, lui rappela-t-il en souriant.
Il s’approcha alors d’elle et l’embrassa sur les cheveux.
- Tu as bien fait, chérie. Weevil avait besoin d’aide. Et c’est comme ça que je t’ai élevée, non ? Je crois que j’y ai été un peu fort ces derniers jours.
- T’étais en colère, répondit Veronica en relativisant.
- C’est le moins qu’on puisse dire, rit Keith.
Veronica était au bord des larmes, cette semaine avait été horrible à ses yeux et elle pouvait enfin relâcher la pression.
- Tu m’as manqué, conclut-elle en enfouissant son visage dans la chemise de son père.
- Toi aussi, chérie, lui assura-t-il un tendre sourire dans la voix.
Après avoir passé quelques minutes à discuter avec son père de tout ce qu’ils n’avaient pas eu la possibilité d’évoquer avant, Veronica était allée s’allonger un moment dans sa chambre. Sa dernière nuit n’avait pas été réparatrice et elle ressentait un certain coup de fatigue peser sur elle. Très vite, elle entendit la porte s’entrouvrir et Back Up la rejoignit en sautant sur le lit. Allongé à côté d’elle et les pattes sur le buste de la jeune fille, le chien avait sa truffe à seulement quelques centimètres du visage de sa maîtresse.
- C’est un bon chien chien, ça, bêtifia Veronica en prenant la tête de Back Up entre ses mains. Oh oui ! C’est un bon chien chien.
Un peu plus tard dans l’après-midi, Veronica avait reçu un message de Wallace l’invitant à le rejoindre sur la plage. Lorsqu’elle se rendit sur le lieu dit, son meilleur ami était en train d’étrenner sa dernière acquisition. Il y avait des lustres qu’elle ne l’avait pas vu jouer avec un avion télécommandé. Sans doute depuis qu’ils avaient fait connaissance. Il faut dire qu’elle ne lui avait pas laissé beaucoup de répit depuis ce jour.
Veronica s’assit sur le muret en brique qui longeait la plage et observa Wallace avec un amusement certain. Il avait l’air d’avoir dix ans lorsqu’il jouait avec cet engin.
Après qu’il ait effectué un looping, Veronica applaudit et joua les groupies. Wallace, d’abord surpris, remarqua enfin sa présence et la rejoignit.
- Très sexy comme hobbie, se moqua-t-elle en lâchant Back Up pour qu’il gambade.
- Tu crois que ton appareil photo te va mieux ?
Veronica sourit, elle adorait le faire enrager.
- Il y a une raison particulière à ton appel ou bien est-ce que je te manquais simplement ?
- Ce n’est pas ta sympathie qui me manquait en tous cas ! râla-t-il.
Veronica rit davantage.
- Figure-toi que j’ai entendu quelque chose d’assez amusant aux infos tout à l’heure. Tu n’imagines pas mon étonnement quand j’ai entendu ton nom associé à cette histoire phénoménale.
Elle fronça les sourcils. S’il parlait de ce qu’elle pensait, elle ne voyait pas vraiment comment son nom aurait pu être cité. En général, on se gardait bien de divulguer qui avait contribué à la résolution de l’enquête. Surtout quand il s’agissait d’un Mars.
- Ce n’est pas tant le fait que tu y sois liée qui m’a surpris, ça j’aurais pu le jurer sans qu’on me le dise, mais plutôt le fait qu’on t’y associe clairement. Cliff a été interviewé à midi par un journaliste au sujet de l’affaire de Weevil et devine quel nom il a subtilement placé ? J’imagine que ton père ne sera pas ravi lorsqu’il apprendra la nouvelle. Je me demande bien quel mensonge tu vas pouvoir inventer cette fois.
Ce n’était pas vraiment ce qui inquiétait Veronica en réalité.
- De ce coté-là, ça devrait aller. On a discuté et le nuage a l’air de s’être dissipé. La météo s’annonce clémente pour les jours prochains. Tout se passera bien à l’avenir si je garde l’appareil photo qui me rend si sexy loin des enquêtes et des ennuis. Mais cette nouvelle publicité ne va certainement pas m’aider dans ma thérapie.
- Essaie les Détectives Anonymes, se moqua Wallace à son tour.
Soudain, Back Up les tira de leur discussion. A quelques mètres de là, assis dans le sable, le chien montrait les crocs et grognait aux pieds de Dick.
- Qu’est-ce que tu me veux, toi ? aboyait Dick visiblement un peu nerveux.
- On dirait que Back Up s’est trouvé une nouvelle peluche, rit Veronica en s’adressant à son voisin.
- Il a toujours eu très bon goût dans le choix de ses jouets, répliqua Wallace sur le même ton.
- Il faut dire qu’il a de qui tenir.
- Mais qu’est-ce qu’il a ce clebs ?? s’énerva Dick un peu plus fort.
Il regarda aux alentours à la recherche de son maître et aperçut alors Veronica, une laisse dans les mains.
- Ronnie ! Appelle ton godzilla ! lui cria-t-il.
- Qu’est-ce qu’il y a Casablancas ? demanda-t-elle en se levant et avançant de quelques pas. Tu aurais peur d’un adorable bulldog?
- Je n’ai pas envie qu’il me grimpe sur la jambe, se justifia-t-il. Etre harcelé par un membre de la famille Mars, c’est suffisant.
- Je te rassure, il n’a pas l’air de t’apprécier tant que ça. Il a reçu une certaine éducation. Tout comme sa maîtresse. Tu devais sûrement parler de mon père…
Une fois l’amusement passé, Veronica siffla un coup sec et fort. Elle obtint aussitôt l’attention de Back Up qui galopa et se coucha à ses pieds. Elle raccorda la laisse en fer à son collier et retrouva Wallace sur le muret.
Voyant le chien maîtrisé, Dick en profita pour se rapprocher. Tel Aldo Maccione, il roula des épaules en exposant sa musculature. Le spectacle amusait déjà Veronica.
- On dit que l’inspecteur Clouseau a démasqué le vilain shérif…
- La référence ne m’étonne guère, marmonna-t-elle.
- L’interview aux infos c’est pour quand ?
- Parce que tu regardes les infos, toi ? s’étonna Veronica.
Dick rit.
- Non, mais je me dis qu’une fois que ce sera fait tu auras peut-être envie de partir loin d’ici. Tu sais, quelque chose comme le Tibet... Pour te cacher….
- Si tu allais droit au but Dick. Qu’est-ce que tu veux exactement ?
- Rien. Je venais juste te saluer.
- Que ça ne devienne pas une habitude surtout, conclut-elle avec un sourire forcé.
Wallace et elle regardèrent alors Dick s’éloigner comme il était venu, jetant un oeil à droite à gauche pour vérifier qu’on le regardait bien.
- Je crois que c’était sa façon à lui de te féliciter, rit Wallace, abasourdi.
Quelques minutes plus tard, Veronica et Wallace marchaient côte à côte sur la promenade qui longeait la plage.
- Il y a un truc que je ne saisis pas. Pourquoi Lamb a-t-il fait tout ça ? Quel intérêt avait-il à vouloir coffrer Weevil à tous prix?
- J’imagine qu’il voulait faire oublier son échec dans l’enquête sur le meurtre de Lily Kane. Les élections vont bientôt avoir lieu. S’il voulait être réélu, il avait plutôt intérêt à proposer des statistiques positives, ce qui n’est pas vraiment le cas si l’on en croit les derniers chiffres. Lamb savait à quel point les O9es craignent les PCHers. Faire tomber Weevil était la meilleure façon de s’accorder leur vote. Après, on parle de Lamb, le comprendre me semble tout simplement impossible.
- Mais comment as-tu su que c’était lui ? l’interrogea-t-il avec force.
- Un déclic, rit Veronica. Le coup du match de boxe. J’ai tout basé là-dessus
- Tu veux rire ! dit Wallace déconfit.
- C’était un coup de poker, se marra-t-elle. La présence de Lamb en civil dans le quartier de Weevil m’étonnait un peu. Surtout que je ne l’avas jamais vu en jean ! Et il n’a jamais été du genre à faire du rab. Encore moins en pleine nuit. J’avoue que j’ai eu de la chance. Mais les gens n’ont pas besoin de le savoir.
Tout en continuant de marcher, Wallace attira sa voisine à lui en passant un bras sur ses épaules.
- Je suis fière de toi, Veronica. La Panthère Rose n’a qu’à bien se tenir !
Veronica sourit et se laissa aller à la tendresse du moment. Elle l’avait bien mérité après tout.
Le lendemain matin, après avoir passé la soirée « père-fille » idéale, installés devant un film dont ils connaissaient tous deux les répliques par cœur, une énorme coupe de glace en guise de dîner sur les genoux, Veronica s’apprêtait à aller à confesse. Devant la porte depuis quelques secondes déjà, elle se décida enfin à sonner. Le Ding Dong carillonnant digne des maisons les plus huppées lui rappela le quartier dans lequel elle se trouvait.
Lorsque la porte s’entrouvrit, la musique de Breathe In de Frou Frou s’échappa de la maison. (Ecouter)
Logan se frottait la tête, l’air mécontent qu’on le dérange un dimanche matin. Mais il n’eut guère le temps de s’étonner de la présence de Veronica sur son palier car elle se hissa aussitôt sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Surpris, il ne répondit pas à son baiser et ses bras lui en tombèrent. Lorsqu’elle se décolla alors de lui, face au moment de solitude qu’elle venait de vivre, elle le regarda avec inquiétude. Elle avait l’impression d’avoir fait une énorme erreur en venant. Elle lui adressa alors difficilement un petit sourire d’excuse et lui tourna le dos pour rejoindre sa voiture au plus vite.
- Hey, doucement Inspecteur Harry ! Où tu vas comme ça ? lança Logan, perplexe.
Veronica s’arrêta malgré tout et prit une profonde respiration avant de lui faire à nouveau face.
- Tu imagines que ça aurait pu être mon père derrière cette porte ?
- En fait… (Elle marqua une pause)… c’est lui que je venais voir, répondit-elle en masquant sa gène.Logan haussa les sourcils puis fit un pas en arrière. Il se tourna enfin vers le salon pour crier.
- Papa ! C’est…
Veronica se précipita alors dans sa direction et lui attrapa le bras pour l’arrêter.
- Ok, c’est bon. Tu as gagné. Je venais te voir et je suis mal à l’aise.
- Il n’était pas là de toutes façons, sourit-il content de lui.
Veronica ferma les yeux une fraction de seconde et soupira.
- Est-ce que j’ai un droit de réponse ?
Perdue, elle fronça les sourcils. De quoi parlait-il ?
- Je vais le prendre quand même, dit-il en passant sa main gauche dans les cheveux de Veronica.
Il l’entraîna alors contre le chambranle de la porte et l’embrassa sans attendre son assentiment. Contrairement à Logan quelques minutes plus tôt, Veronica se remit vite de sa surprise et ne resta pas inactive. S’agrippant à son cou, elle approfondit leur baiser jusqu’à ce que Logan se décolle de l’étreinte.
- Tu veux entrer ? demanda-t-il en tentant de retrouver son calme.
Veronica souffla un coup puis se mordit la lèvre inférieure tout en poussant Logan à l’intérieur. Elle referma enfin la porte à l’aide de son pied.
Tout en ne se quittant pas des lèvres, ils se dirigèrent jusqu’au divan. Une fois qu’ils furent tombés dessus, Veronica se ressaisit et colla son front contre celui de Logan. A bout de souffle, elle ferma les yeux et tenta de prendre le control sur sa respiration.
- Je savais que si on s’asseyait tu allais reprendre tes esprits … murmura Logan.
- Il faut que je te dise quelque chose.
Le ton qu’elle avait employé n’augurait rien de bon. Logan se redressa alors et attendit qu’elle parle. Elle replaça sa mèche sur le coté pour dégager ses yeux et baissa la tête.
- Je crois que…
- Tu m’as déjà servi l’excuse de Lily une fois.
- Ca ne te fait rien ? s’étonna-t-elle.
- Si. Bien sûr... Mais elle n’est plus là. Et ça va faire un an…
Veronica balança sa tête sur le dossier du canapé et regarda le plafond.
- Elle me manque.
- Je sais, dit Logan en l’attirant à lui et calant sa tête contre son menton. Mais tu crois sincèrement qu’elle serait contente de voir qu’on a cessé de vivre ?
- Probablement que non, réfléchit-elle.
Un silence s’installa. Puis Veronica sourit.
- Je l’imagine rire et me traiter d’idiote en me voyant penser à elle.
- C’est tout à fait elle, sourit Logan.
Veronica se leva d’un bond.- J’ai encore une petite chose à faire.
Elle se baissa pour déposer un rapide baiser sur les lèvres de Logan et ramassa son sac qui gisait sur le sol avant de quitter la villa.
- D’accord, répondit Logan impuissant après le départ de la jeune fille.
Dubitatif, il resta assis sur le canapé, les bras allongés sur le dossier.
- Salut…
- La femme du moment ! lança Leo en se levant de son fauteuil.
Veronica sourit mais baissa aussitôt la tête, la situation était délicate.
- Quel accueil. …On peut aller discuter quelque part ?
Leo rit.
- Au cas où tu aurais raté ces quelques dernières heures, Neptune n’a plus de shérif. Je ne peux malheureusement pas bouger de là.
- C’est vrai, se rappela-t-elle avec amusement.
Il l’attira dans un recoin du bureau et lui sourit. Veronica eut du mal à se lancer.
- Qu’est-ce que tu nous fais, là ? s’inquiéta-t-il devant son air préoccupé.
- J’essaie d’être une fille bien, répondit-elle en tentant de se convaincre.
- C’est marrant, je croyais justement que tu l’étais, marmonna-t-il en réprimant un rictus.
- Leo…, soupira-t-elle.
- Ca va, Veronica. J’ai compris ne t’en fais pas, se força-t-il à dire en souriant.
- Je suis désolée, s’excusa-t-elle en voyant le mal qu’elle lui causait.
- Moi aussi, conclut-il après avoir pris une profonde inspiration.
Leo lui adressa un dernier sourire contrit et fit mine de porter un dossier à un collègue pour échapper à cet instant peu jovial. Veronica, elle, l’observa quelques secondes, sincèrement peinée.
Le lundi, une semaine de cours recommençait. Arrivée en avance pour avoir le temps de remettre à jour ce qu’elle avait un peu délaissé ces derniers temps du fait de son enquête, Veronica se tenait devant son casier qui, une fois n’était pas coutume, n’était pas vide. Désormais, elle n’aurait plus besoin de le garder vide au cas où le shérif déciderait un beau matin de procéder à une fouille générale. Elle avait alors remis ses livres à leur place et ajouter quelques photos de son cru sur l’intérieur de la porte en ferraille. C’était le début d’une nouvelle vie qui commençait. Elle le sentait !
Soudain elle perçut un souffle chaud derrière son oreille.
- Je t’ai attendue hier… lui murmura Logan dans son dos pour que personne n’entende avant de s’adosser au casier en fer.
Alors qu’il lui faisait maintenant face, le pied droit appuyé contre le casier du bas et ce sourire dont il avait le secret sur les lèvres, elle le regarda avec une surprise feinte.
- On n’avait pourtant rien convenu.
- Je te ferai remarquer que rien n’était convenu depuis le début, rétorqua-t-il amusé. .
- J’avais…
- …quelque chose à régler, la coupa-t-il. Oui je l’avais compris.
- Il va falloir t’habituer, sourit-elle.
- J’en ai bien peur, répliqua-t-il en haussant les sourcils.
- Est-ce que je rêve ou tu es bel et bien en avance sur ton horaire habituel ? réalisa Veronica.
- Certaines choses ont changé, non ?
- J’en ai bien peur, l’imita-t-elle.
Ils échangèrent un sourire en silence. Puis Logan observa les alentours pour détourner le regard.
- Je pensais voir les toilettes hors service en arrivant ce matin.
- Surprenant, n’est-ce pas ? s’amusa-t-elle. Clemmons les a enfin faites réparer…
Logan sourit à nouveau quand la sonnerie les interrompit. Une cohue se précipita dans le couloir. Veronica ferma son casier d’un coup de main expert.
- J’ai cours d’anglais, lui expliqua-t-elle.
- Maths, grimaça Logan. On se voit après ?
- Qui vivra verra, sourit Veronica en haussant les épaules avant de partir devant.
Logan se décolla alors de la rangée de casiers pour la regarder se diriger vers sa salle de cours d’un pas franc et sûr.
Un peu plus tard, durant cette même heure de cours, un élève entra dans la salle de maths et tendit un papier rose au professeur. La classe se réveilla alors et Logan sortit de sa léthargie lorsqu’on énonça son nom à voix haute.
- Le principal veut te voir.
Surpris, Logan se leva de sa chaise et attrapa le papier qu’on lui tendait avant de quitter la classe. Qu’est-ce qu’on pouvait encore bien lui vouloir ?
D’un pas tranquille, les mains dans les poches, il parcourut les couloirs jusqu’au moment où, avant d’apercevoir le bureau de Clemmons, une inscription attira son regard. Un sourire fendit alors son visage. Sur la porte des toilettes des garçons, le message ‘ Out Of Order ‘ était à nouveau affiché. Il comprit aussitôt que Clemmons n’était en rien à l’origine de cet appel.
Amusé par le stratagème, Logan poussa la porte des toilettes et la referma derrière lui…
Quelques semaines plus tard, alors que les adjoints du shérif avaient assuré l’intérim en l’absence prolongée de leur supérieur, Neptune allait enfin se décider à élire un nouveau représentant de la loi. Chez les Mars, on attendait impatiemment les résultats qui ne devaient plus tarder à se faire connaître.
Assis dans le fauteuil rayé du salon, Veronica guettait l’annonce finale sur son petit écran. Keith s’approcha d’elle et l’embrassa sur les cheveux.
- Tu vas t’abrutir à rester là. Tu ne devais pas voir Logan ?
- Il n’est pas fou ! Il sait que ce n’est pas le jour. C’est un moment exclusivement père-fille. Je soutiens mon « héros » dans son combat contre le crime.
- Tu me stresses plus qu’autre chose, rigola-t-il à demi-mot en s’asseyant sur le canapé.
Keith reprit doucement son sérieux.
- Tu sais, j’ai réfléchi ces jours-ci. Je sais que tu as fait des d’efforts pour t’éloigner des enquêtes comme je te l’avais demandé mais j’ai réalisé quelque chose. Je crois que… Je crois que tu as un vrai don pour ça. Alors même si je suis inquiet pour toi, je ne veux pas t’empêcher de t’accomplir dans ce que tu fais de mieux.
- Moi qui croyais que c’était les crêpes, sourit-elle.
- Mais promets-moi une seule chose, reprit Keith après avoir ri. Promets-moi de toujours me tenir au courant de ce que tu fais et d’être prudente.
- Tu sais que je le ferai, répondit Veronica, penaude et reconnaissante.
On frappa alors à la porte et Keith se leva.
- Et ne demande plus à Wallace de te couvrir lorsque tu découches, lança-t-il pour conclure avant d’atteindre l’entrée.
Veronica le regarda, hébétée et bouche bée. Il savait décidément toujours tout de ce qu’elle faisait sans même qu’elle ne s’en rende compte. Comment diable faisait-il ?!
Keith ouvrit la porte et s’adressa à sa fille en découvrant le visiteur.
- Tu disais ? demanda-t-il en faisant allusion au laïus qu’elle avait fait quelques minutes plus tôt.
Veronica rit et haussa les épaules. Logan salua le maître de maison avec prudence et se dirigea vers la jeune fille.
- Où est-ce que ça en est ? demanda-t-il en se glissant à côté de Veronica et en l’embrassant sur la tempe.
- Ils vont annoncer les résultats, répondit-elle sans quitter la télévision des yeux.
En effet, le présentateur leva le suspens.
« Keith Mars, avec 68% des voix, est réélu après une absence de quelques mois. Il pourra enfin reprendre son poste au bureau du shérif dès la semaine prochaine.»
Veronica sourit en silence et laissa tomber sa tête contre Logan. Elle pouvait enfin relâcher la pression qui avait contracté tous ses muscles durant ces dernières heures. Puis elle se leva pour serrer son père dans ses bras en laissant exploser sa joie. Justice était rendue !
- Félicitations Mr Mars, lança Logan en lui serrant la main.