Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Veronica Mars
Création : 02.08.2008 à 23h51
Auteur : lolia
Statut : Terminée
« Fic individuelle » lolia
Cette fanfic compte déjà 70 paragraphes
Elle allait sortir du NGH, lorsqu’une idée lui traversa la tête... Se dirigeant vers l’accueil, et prenant sa voix la plus langoureuse, elle interpella un des réceptionnistes…
La pénombre Neptunienne était encore plus effroyable qu’une nuit au Simetierre de Stephen King. Les fenêtres de la Le Baron ouvertes, Veronica sentait le vent glacial lui frôler l’échine.
Elle observait avec frayeur le grand bâtiment face à elle.
Kane’s Software lui faisait face tel un colosse prêt à l’écraser.
Kane’s Software, le lieu où Lilly avait vécu ses dernières secondes...
Malgré tous ses efforts pour se distraire, Veronica ne pouvait s’empêcher d’y penser. Comment omettre de son cerveau, que chaque jour elle mettait les pieds en enfer ?…
Reprenant ses esprits, elle sortit de son sac le plan du bâtiment que Mac lui avait trouvé. Elle regarda attentivement le chemin pour arriver jusqu’à l’ « effacé ».
Ce soir, elle allait le trouver. Il était venu, le temps des révélations, l’heure de mettre les cartes sur la table.
Vêtue d’un bonnet noir et d’une tenue de la même teinte, elle serait aussi discrète qu’un félin. Une lumière de phare l’éblouit. C’était Jake Kane et Aaron Echolls qui sortaient du parking. Elle jeta un coup d’œil sur sa montre : 22H30. C’était l’heure.
Sortant de sa voiture avec précipitation, elle se faufila sous le portail automatique qui était en train de se refermer.
Une fois à l’intérieur du bâtiment, elle sortit sa lampe de poche qu’elle alluma.
En suivant le plan à la lettre, elle arriverait près de l’ « effacé » en moins d’un quart d’heure. Elle ne s’appelait pas Scofield mais tout de même !
Collant son dos à la paroi du mur, elle avançait par de grandes enjambées.
Lorsqu’elle arriva au lieu indiqué par une croix rouge sur le plan, elle colla son oreille à la paroi à la recherche d’un quelconque bruit.
Rien… Aucun bruit.
Elle regarda à nouveau le plan et s’aperçut qu’elle se trouvait juste au-dessus des toilettes. Elle se souvint alors de la fois précédente, où, enfermée dans ces dernières, elle avait cru entendre un rat.
Un sourire victorieux s’afficha sur son visage et elle se dirigea hâtivement vers les toilettes.
Arrivée au lieu dit, elle reconnut le même bruit.
Montant sur une cuvette, Veronica se hissa dans la bouche d’aération. Elle ne mit pas longtemps à remarquer le trait de lumière face à elle et en prit la direction.
Au fur et à mesure qu’elle s’en approchait, elle devinait des semblants de voix. Apparemment, « l’effacé » n’était pas seul.
Elle arriva enfin sous une grille.
Elle tressaillit aussitôt : elle avait reconnu sans nul doute les deux voix : Duncan et Logan.
La grille donnait sur une pièce voisine de celle où se trouvaient les deux jeunes hommes. Elle la souleva silencieusement et, portée par ses bras, elle s’introduisit dans la pièce.
C’était une salle de bain très luxueuse. Grand miroir, baignoire sur pieds et gants de toilette brodés : tout y était ! S’approchant de la porte, elle l’entrouvrit afin de pouvoir espionner les deux complices.
Duncan, un polo à carreaux blancs et bleus sur le dos, était installé devant une table en marbre, un verre de vin à la main, tandis que Logan faisait les cent pas dans la pièce.
C’était une petite pièce aménagée d’une cuisinette et d’un coin bureau sur lequel était installé un ordinateur. L’ordinateur…
- Calme-toi Logan. Ton père et ma sœur couchaient ensemble et alors ?
- Et alors ? Il a trompé ma mère je te signale ! Et elle s’est suicidée !
- Et ma sœur a été tuée !
Un moment de silence s’abattit sur les deux garçons. Ils ressemblaient à deux enfants apeurés et vulnérables. Leurs voix étaient chevrotantes et le trouble se lisait sur leurs deux visages.
- Excuse-moi. Mais je ne sais plus quoi penser…
- Fais comme moi : arrête. Regarde où je vis ? Dans une cage ! Enfermé par mes propres parents.
- Tu sais bien que ça ne va pas durer !
- Qui sait combien de temps ils vont me garder ici ? Je les hais ! Ils ne savent pas à quel point j’ai mal moi aussi. Comme je voudrais retrouver son meurtrier…
Logan s’assit, face à son ami, et se servit à son tour un verre de vin. Il se baissa ensuite, et empoigna un sac qu’il tendit à son ami.
- Tiens, je t’ai apporté quelques victuailles.
Veronica, toujours cachée derrière la porte, saisit l’occasion pour faire son apparition.
- Et je suis invitée ? s’enquit-elle de demander un grand sourire aux lèvres.
Pris d’un sursaut commun, les deux jeunes hommes la regardèrent, choqués et bouches bées.
- Quoi ? Vous croyiez que je ne devinerais jamais votre petit jeu ? Que je ne chercherais pas à savoir qui m’envoie ces mails ? Allez les mecs ! Ne faites pas cette tête ! Maintenant que je suis là on va pouvoir discuter de vis à vis. Oh ! Et je suis passée par les bouches d’aération si ça vous intéresse.
- De quoi elle parle Duncan ? demanda Logan surpris et inquiet.
- Oui, de quoi je parle Duncan ? renchérit la demoiselle portant un regard accusateur sur l’intéressé.
Baissant la tête, Duncan fit signe à Veronica de prendre place à leur table. Puis, ravalant lentement sa salive, il se tourna vers son ami :
- Quand j’ai su que mes parents avaient engagé la fille Mars, j’ai vu là une belle occasion de me venger d’eux. Il fallait que les gens soient au courant de leurs trafics et tout le reste. Je ne pouvais pas en parler à qui que ce soit…
Et, puisque je suis censé rester prostré ici jusqu’à on ne sait quand... Alors j’ai décidé de lui envoyer des mails pour qu’elle trouve seule, mais elle s’est plutôt entêtée à trouver le meurtrier de ma sœur.
- Permets-moi de te couper mais qu’est-ce que tu fiches ici ? l’interrompit Veronica.
- A la mort de Lilly j’ai… comment dire… pété un plomb.
Je souffre de crises épileptiques et de fureurs passagères et j’ai… …commencé à me replier sur moi-même et à agresser tous les gens qui m’approchaient. Mes parents, voulant préserver leur réputation, n’ont pas voulu m’envoyer dans un hôpital et m’ont enfermé ici. Le « temps que je me remette d’aplomb » ont-ils dit ! A croire que je suis arrivé sur terre par erreur…
Bref, je vois un psy régulièrement… Il n’y a que Logan, Clarence et mes parents qui soient au courant.
Sous le choc, Veronica mis quelques instant à réagir. Elle avait face à elle ce garçon, qui, depuis près d’un an, était enfermé dans trois pièces. Comment pouvait-il encore raisonner ? Et comment pouvait-elle lui en vouloir ?
- Et pourquoi moi ? Pourquoi ces mails ?
- Tu es la fille du détective le plus réputé de Neptune et je te connais assez pour savoir que tu es aussi blonde que curieuse… Et puis… Tu étais la seule personne en qui Lilly avait confiance. J’ai pensé que venant de toi, ce serait plus judicieux que venant d’un de mes proches. Et puis ils ont fait fuir ta mère. La haine est un facteur non négligeable.
Logan, choqué, ne disait rien et regardait perplexe cet échange verbal.
- Et que voulais-tu que je trouve ?
- Mon père et ma mère n’ont pas fait fortune sans rien. Ils gagnent la moitié de leurs revenus grâce aux trafics de drogues de Neptune. Le sheriff ferme les yeux et prend sa part. Ta mère avait commencé à trouver des preuves les inculpant et ils lui ont vite fait comprendre que si elle continuait…
- Qui tient ce trafic ?
- Jusqu’à il y a deux ans, c’était Elie Navarro, enfin, Weevil. C’est comme ça qu’il a eu sa place à Kane Software. Mais il s’est repenti après avoir fricoté avec ma sœur… Depuis, les motards et les Irlandais se partagent le terrain.
- Et quel est le rapport avec la mort de Lilly ?
- Il n’y a aucun rapport ! C’est justement là où tu as fait fausse route depuis le début ! Lilly était au courant de tout ça mais ne cherchait pas à en savoir plus. Sa mort n’a rien à voir avec tout ça. Tu as mélangé les deux !
- Pourquoi tu ne m’as rien dit ? le coupa Logan.
- Je ne voulais pas t’impliquer, ton père est trop proche de mes parents… Et puis maintenant, tu as d’autres choses en tête…
- Bien, continua Veronica, et comment tu savais où j’étais ? En permanence et à chaque instant ?
- On m’a installé sur mon ordinateur un système de liaison avec les caméras de surveillance. Au début c’était au cas où je trouve des indices sur le meurtrier de Lilly et puis… Ca m’a permis de t’observer… De vous observer.
- Et pour Lilly, tu as trouvé quelque chose ? Où étais-tu ce soir là ?
- Non. Rien. Pas l’ombre d’un soupçon sur qui que se soit. Et, comme tu le sais, les vidéos du soir même ont toutes été effacées. Quand à ce soir-là… Ce soir-là…
Le regard de Duncan s’assombrit et ses mains, qui jusque-là étaient entrecroisées négligemment sur la table, se raidirent. Ses ongles paraissaient chercher à s’enfoncer dans le marbre. Veronica l’observait prise entre terreur et triste compréhension.
- Ce soir-là j’étais dans un bar avec Logan et Dick. Nous… Nous avions rendez-vous avec trois belles plantes… Mon père m’a appelé mais je n’ai rien entendu. Ce n’est que vers minuit que j’ai vu son message.
Le son de sa voix venait de s’étouffer. Les bouts de ses doigts étaient devenus blancs. Une goutte de sueur dégoulina sur son front.
- J’ai entendu sa voix qui hurlait, pleurait. Je ne comprenais pas ses mots mais j’ai su. J’ai su qu’il était arrivé quelque chose à Lilly.
Ses yeux se rougirent et, se levant, il donna un grand coup de poings dans le mur. Il y colla ensuite sa tête et la cogna violemment. Un bruit sourd se fit entendre. Une tache rouge apparut sur le mur et commença sa longue traversée jusqu’au sol.
Prise de torpeur, Veronica ne pouvait plus bouger.
- Tiens, prends tes médicaments, lui dit calmement Logan.
- Je… Je pourrais peut-être interroger le gardien… songea Veronica à haute voix.
- Ce gros bonhomme passe ses nuits à dormir plutôt que de surveiller l’immeuble ! Il n’est même pas au courant des parties de Poker organisées par le club, articula Duncan, le front ensanglanté.
- Quelles parties ? demanda Logan.
- Le club informatique organise régulièrement des parties de Poker. Ils boivent et dilapident tout leur fric ! C’est le frère de Dick qui organise.
- Et toi Logan qu’est-ce que tu fiches ici ? s’enquit la jeune fille.
- Duncan est mon ami. Je lui rends visite régulièrement.
- Il est ma seule compagnie… J’ai au moins droit à ça.
Plus aucun d’entre eux ne parlait et Logan se resservit un verre de vin. Seul le bruit de l’épais liquide rouge coulant dans le verre était audible. Veronica fit tapoter ses doigts sur la table.
- Je voudrais pas m’avancer, mais je crois que je commence à assembler les pièces du puzzle. Il faudrait juste que je vérifie certaines choses… Écoute, je pense que je peux t’aider mais il va falloir que tu restes ici encore un ou deux jours…
- Tu as un plan ?
- Peut-être. Nous approchons de la fin de la semaine. Voyons… Demain c’est Vendredi, je dirai que d’ici lundi, je m’arrangerai pour que tu sois un homme libre. Mais il faut que tu me promettes de te faire soigner…
Elle l’observait. Il était si mal, si terriblement mal. Ce garçon qui avait tout pour être heureux menait une existence misérable, entre la folie et la raison, coincé dans trois pièces tel un rat en cage.
Reprenant ses esprits et voulant couper court au malaise, elle tapa des deux mains sur la table :
- Bon, les mecs je vais vous, laisser…
Elle se leva prête à rejoindre la salle de bain mais :
- Euh tu peux m’indiquer la porte de sortie ?
- Logan, tu la raccompagnes ?
Après avoir passé une porte secrète à l’image de celle des Contes de la crypte, Veronica et Logan arpentaient les murs de la forteresse. Aucun des deux n’avait ouvert la bouche depuis leur départ de la pièce secrète.
Un lourd silence régnait dans les couloirs vides…
L’un comme l’autre avait été très chamboulés par les révélations de Duncan.
Lorsqu’ils arrivèrent au parking, Logan sortit de sa poche une petite télécommande sur laquelle il appuya. Le portail commença à s’ouvrir lentement.
Veronica esquissa un sourire en signe d’au revoir et lui tourna le dos pour partir mais il l’empoigna par le bras d’un geste brusque et, dans le même élan, il déposa un rapide baiser sur ses lèvres.
Aussitôt, la jeune femme se rétracta pour lui faire face. Ils se dévisagèrent un instant, la lumière des lampadaires de la rue prenant peu à peu place sur leurs visages.
Sans savoir pourquoi, elle s’approcha de lui…
Elle sentit son souffle chaud et saccadé sur sa peau.
Son regard était troublant. Ce regard profondément blessé, fort, sombre et en même temps si clair.
Ils étaient à présent à quelques centimètres l’un de l’autre…
…Le tourbillon. Encore…
- Je… Je dois y aller, balbutia-t-elle.
Se retournant vivement, elle courut jusqu’à la sortie sans se retourner, entendant derrière elle le portail se refermer.
Une fois assise dans sa voiture, elle sentit son cœur battre à la chamade.
Elle posa ses deux mains sur le volant, son visage se crispa et, comme un cri de désespoir, elle se mit à pleurer.
Pleurer, pleurer et pleurer encore toutes les larmes de son corps.
Dans sa tête, défilaient une multitude d’images.
Lilly, Lynn, Lianne, Keith, Lilly, Duncan, Piz, Logan, Lilly, Lilly, Lilly…
Mettant le contact, elle démarra et partit comme elle était venue.
Flash-back
« - Dis Lilly ? Tu as déjà été amoureuse toi ?
- Pourquoi ? Ne me dis pas que tu as trouvé le bon Vero ! Pas si jeune ! Pitié ! fait Lilly théâtralement.
- Je sais pas.
Lilly et Veronica, sont dans leur appartement. Elles sont allongées sur le lit de l’une d’elles, les yeux fixés au plafond.
Lilly se redresse :
- Raconte !
- Raconte quoi ?
- Veronica ! Ne me la fais pas à moi ! Tu as rencontré quelqu’un ?
- Tu sais Piz. Le garçon du cours de géologie sous marine… Et bien, hier, on s’est abrité sous le porche car il pleuvait et… …il m’a embrassée.
- Enfin ! C’est pas trop tôt ! Je commençais à croire que ce type était croisé avec un mollusque !
- Tu le savais ? s’indigne Veronica en se redressant.
- Il ne fallait pas être sorti de la cuisse de Jupiter pour s’en rendre compte Mars !
- Très drôle Lilly, dit-elle en se laissant tomber sur le lit.
Lilly se recouche à côté d’elle.
- Tu sais Vero, le jour où tu seras amoureuse tu le sauras. Tu le sentiras partout crier en toi. Comme une explosion. Tu auras envie de le dire au monde entier.
- Tu as déjà été amoureuse ?
- Non ! Mais le jour où ça arrivera, il faudra que je fasse une annonce pour dire que mon corps de rêve n’est plus sur le marché !
Les deux jeunes filles éclatent de rire. Puis Lilly se redresse à nouveau, et levant la main droite elle regarde Veronica :
- À la vie à la mort Veronica ?
L’autre blonde fait de même, joignant sa main à la sienne elle répète :
- À la vie à la mort Lilly. »
Fin du Flash Back.
Veronica, dans la salle de bain de Mac, regardait le miroir face à elle, une main posée contre celui-ci.
Son visage était blême, et son corps ne la portait quasiment plus. Elle était épuisée. Ses yeux étaient rougis et gonflés. Elle se tourna vers la douche, et faisant couler l’eau brûlante, elle regarda son image disparaître peu à peu du miroir, enseveli sous la buée.
« La vie n’est qu’une succession de joie et de très forte peine. Et je m’étouffe dans le souffle de la vie.»
S’étirant de bout en bout et tentant d’écarquiller les yeux, Veronica essayait d’attraper, tant bien que mal, son téléphone qui ne cessait de sonner.
Elle réussit à ouvrir les yeux et regarda ses appels : Son père et Piz.
Son père !
Comment pouvait-elle lui faire subir tout ça.
La boule au ventre, elle se leva et rejoignit Mac dans la cuisine qui était en train de leur servir les cafés…
« Papa, je vais bien, ne t’en fais pas… » Songea-t-elle.
Cela faisait trois jours qu’elle ne lui avait pas donné de nouvelles. Plus de nouvelle à son plus fidèle ami, la chair de sa chair… Son père, cet éternel héros, celui sans qui elle n’aurait pu continuer à vivre.
La boule d’angoisse qui la traversait quotidiennement prit une ampleur qu’elle n’aurait jamais soupçonnée… Il fallait qu’elle lui parle.
Tout d’un coup. Là. Elle avait besoin de lui. Elle avait besoin d’être près de lui. Lui qu’elle ne faisait que fuir.
Attrapant précipitamment son sac, elle fit une bise à son amie et, sans comprendre ni pourquoi ni comment, elle se précipita dans sa voiture et s’en alla au bureau de son géniteur.
Sur la route, son téléphone se mit à sonner. ….Piz…
Pourquoi tout était si compliqué ?
Son père, Piz, et maintenant Logan!
Lorsqu’elle poussa la lourde porte du bureau elle ne mit pas longtemps à comprendre qu’il était déjà parti : une tasse de café vide était posée près du frigo et un demi-croissant traînait sur le comptoir de la kitchenette.
D’un geste brutal, elle le jeta par terre et s’effondra, à genoux.
Elle n’en pouvait plus. Elle sentit les sanglots au creux de sa gorge, il fallait qu’elle les maintienne, elle était forte.
La tête entre ses jambes, elle fut surprise par une truffe humide qui vint lui caresser le bras.
Elle releva la tête et se trouva nez à nez avec celle de Back up, la langue rose sortant de ses babines.
- Veronica ?
Elle leva la tête et l’aperçut, il était là.
-Papa… Papa je… Je…
- Je sais.
Sortant un mouchoir en soie de sa poche, Keith s’approcha et lui essuya tendrement le visage. Et, telle une enfant, il la souleva et la porta jusqu’au divan. Dans les bras l’un de l’autre, père et fille ne disaient rien. Pas un mot. De toute façon les mots n’étaient pas nécessaires…
Alors que la brume matinale commençait à se dissiper dans la ville de Neptune, au coin d’une sombre ruelle, dans un petit cabinet de détective privé, deux âmes, unies par des liens indestructibles, s’étaient retrouvées.
« Paire de rois : les jeux ne sont pas encore faits. »
La journée de travail touchait à sa fin. Veronica regardant avec impatience sa montre rangeait hâtivement ses affaires avant de partir en Week-end.
Le Week-end ? Pas encore ! Ce soir c’était Poker pour la demoiselle.
Un sourire s’affichait sur son visage, le même sourire qui y était collé depuis le matin.
- Tu es prête ?
C’était Wallace.
- Et il monta en haut de la plus haute marche de la plus haute tour : l’homme que j’attendais ! Oh mais si c’est lui ! fit-elle ironique.
- Désolé, dit-il en faisant la moue. Y a du monde sur la route ce soir.
- Le grand départ, fit-elle avec toujours le même sourire.
- Tu as l’air bien gaie toi !
- Wallace, Wallace, quand comprendras-tu que je ne suis qu’une enfant pourrie gâtée par la vie !
- Qu’est-ce que tu racontes ?
- Bon, on y va ?
Le programme de la soirée s’annonçait chargé : Ils avaient prévu d’aller boire un café. Après elle rejoindrait Mac et elles iraient ensemble à la fameuse partie. Le lendemain, elle retournerait chez son père. Et puis…
« Et un carré d’As pourquoi pas ? »
Lorsqu’elles entrèrent dans la salle d’informatique, les jeux avaient déjà commencé.
Cassidy les invita à prendre place tandis que les autres les regardaient d’un air dédaigneux.
- Alors, c’est ici que se jouent les plus grandes parties de Neptune ? J’ai hâte de voir ça ! s’exclama-t-elle.
Mac de son côté, restait muette. Veronica ne manqua pas de remarquer les regards qu’elle et Cassidy s’échangeaient. Mac la timide et Cassidy l’ancien looser… Elle lui tendit la liasse de billets, il les rentra dans une mini-caisse et marqua son nom sur l’ordinateur de contrôle.
- Quelle organisation ! remarqua-t-elle.
- Les bons comptes font les bons amis Veronica, lui sourit-il.
L’alcool coulait à flot. Chacun, des joueurs avait apporté leur propre bouteille.
Au bout de quelques jeux, voilà que Veronica raflait toutes les mises.
Les regards dédaigneux s’étaient transformés en regard haineux.
Cassidy, comme deux autres de ses acolytes, était complètement saoul et regardait béatement le jeu.
En tant que maître du jeu, il disait ne pas devoir jouer, ce qui amusait beaucoup Veronica. C’était le vilain petit canard qui s’était transformé en cygne.
La partie touchait à sa fin avec une Veronica riche comme crésus.
Mac de son côté, regardait perplexe le petit tas de jetons qu’il lui restait. Les autres avaient jeté l’encre.
Veronica lui fit un clin d’œil, et d’un carré d’as, lui récupéra le triste reste de son pécule.
Elles se levèrent et saluèrent brièvement l’ensemble du « club ».
Veronica tenait à remercier Cassidy pour cette amusante soirée tandis que Mac anxieuse, se tenait derrière elle. Mais d’après les dires de ses collègues, il reposait paisiblement sur une cuvette des toilettes.
Elles s’en dispensèrent et retournèrent à leur simple vie, des billets plein les poches.
Le vent caressait le visage de Veronica. Le soleil commençait à se lever. Elle se tenait là, debout, devant la tombe de Lilly, un bouquet de lys blanc et une lettre entre ses doigts. Elle regardait le marbre noir qui commençait à briller sous les rayons de Phébus.
Elle s’accroupit et caressa le marbre. Elle y déposa le bouquet, puis la lettre.
« 13 février
Ce matin, je me suis levée.
Je me suis levée tôt. Pour toi.
Car aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres Lilly.
Un an. Un an que tu es partie. Un an depuis, que, chaque jour je me demande pourquoi je suis ici et pas toi.
Si la vie n’est qu’une continuité de choses pourquoi font-elles si mal ?
Si on m’avait demandé qui j’étais, il y a quelques jours, j’aurais dit que je ne le savais pas. Enfin… Plus. Sans toi…
Un jour, ma meilleure amie m’a dit « Tout ce qui ne te tue pas te rend plus fort… »
Serait-ce pour cette raison que mon cœur est si froid ?
Toi et moi c’était plus fort que tout. Et on nous l’a enlevé. On t’a enlevée à moi, à Lui, à tous.
Je l’ai cherché Lilly, sans relâche.
Tu es tellement pour moi. Tu me manques tellement…
Sommes-nous destinés à avancer sans regarder en arrière ? Qui tient compte de ses erreurs ne vit-il pas plus mal ? J’ai mal Lilly. Terriblement mal.
J’aurais tendance à te dire ne me regarde pas à cet instant…
Mais tu n’es pas là. Plus là.
Parfois je t’entends rire. Mais ce n’est que mirage…
Mais lorsque le monde s’ouvre sous tes pieds, il faut que tu choisisses : soit tu plonges, soit tu résistes. J’ai choisi de résister.
Demain, c’est le jour de la saint Valentin, et cette pensée me tiraille… Tu as connu l’amour. Si peu. Si tu savais comme je m’en veux.
La route de la vie est un chemin bordé de roses, mais il faut se rendre à l’évidence, les roses, ici, sont épineuses.
Je l’ai trouvé Lilly. Celui qui t’as fait ça. Je l’ai trouvé. Il a, depuis ta mort, été ma seule raison de vivre.
Je voulais le retrouver. Et ça y est. Cet après-midi, il sera en face de moi et il paiera.
Je te le promets. Il paiera. Et tu reposeras en paix.
Jamais je ne t’oublierai. Jamais.
Lilly, Mon Amie, Ma sœur, Mon Ame sœur. »
Le soleil s’était levé et il illuminait le visage de Veronica. Posant sa main sur le marbre froid, dans un souffle, elle murmura :
- À la vie à la mort Lilly.
Lilly....
Je suis un anda mania.