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Série : Veronica Mars
Création : 06.09.2008 à 12h30
Auteur : mulderbuz
Statut : Terminée
« Fic individuelle écrite à plusieurs mains. Merci de nous laisser vos impressions. » mulderbuz
Cette fanfic compte déjà 118 paragraphes
Pour la seconde fois depuis son arrivée ici, elle fondit en larmes à peine la voiture démarrée. Tout allait beaucoup trop vite pour elle et elle ne pouvait pas flancher, pas maintenant. Elle était tous les jours à la tête de missions bien plus difficiles mais Wallace avait raison c'était incomparable parce que c'était de ses proches dont il s'agissait, de ceux par qui elle s'était construite. Et ce simple détail suffisait à empêcher son cerveau de fonctionner normalement.
C'est pour cela qu'il fallait qu'elle les éloigne... pour cela surtout qu'il fallait qu'elle s'empêche de penser à Logan.
V voff: Laisse le vivre loin de toi... laisse le être heureux...
Elle se gara devant l'aéroport, posa quelques instants sa tête sur le volant, respira un grand coup et partit à la rencontre de Mac.
Au moment où l'avion amorça sa descente elle regretta presque d'avoir refusé que sa mère vienne la chercher. Elle n'avait pas forcément envie de se confronter à sa famille ce soir mais l'idée d'arriver toute seule dans cet aéroport...
C'est pourquoi à l'instant même où elle vit une petite tête blonde émerger de la foule elle sentit son cœur s'emballer.
Mac: Je peux savoir depuis combien de temps les renseignements généraux me pistent pour que tu aies eu connaissance de mon heure d'arrivée ?
Veronica: Depuis la première fois où tu as touché un ordinateur et que le gouvernement y a pressenti un danger !
Les deux amies se sourirent. Heureuses de se revoir. Leurs différentes rencontres au cours des années leur avaient à chaque fois laissé un goût de trop peu. Et même si le lien qui les unissait survivait grâce à Internet, ce n'était pas la même chose.
Mac: Tu n'avais pas besoin de venir me chercher, j'aurai pu...
Veronica: Te débrouiller toute seule je sais. Mais regarde autour de toi deux secondes : tu vois quelqu'un d'autre sur un fauteuil roulant ?
Mac: Non mais...
Veronica: et pourtant des gens sont venus les attendre ! J'avais juste envie de te voir Mac! Et de quelqu'un avec qui manger une glace.
Mac: Wallace n'était pas disponible ?
Veronica: Comment dire ... nos rapports ne sont pas au beau fixe et il tient compagnie à Piz.
Mac: Et dire que c'est moi qui suis classée dans la catégorie des handicapées ! Dommage pour toi que " inapte à assumer ses sentiments " ne soit pas référencé parce que tu aurais le droit à plein d'avantages !
Au moment où elles attachèrent leur ceinture, Veronica se tourna vers son amie.
Veronica: Désolée d'avoir failli à ma promesse... Et que tu aies été obligée de revenir...
Il n'avait pas bougé. A l'instant où il avait voulu descendre de sa voiture, il l'avait aperçue et son cœur s'était arrêté. De toute évidence ils avaient eu la même idée.
Assis dans sa voiture il les regardait s'éloigner. Sa désormais meilleur amie et... A chaque fois qu'il essayait de mettre un mot sur elle il n'y arrivait pas. Ancien amour ? Ancienne amie ? Femme de sa vie ?
L voff: Mauvais délire là...
Une sonnerie lui vrilla la tête. D'un geste brusque il attrapa son téléphone pour répondre à l'appel mais surtout mettre fin à ce bruit lancinant accentuant sa migraine.
Logan: Oui Dick?
Dick: Et mec, tu ne devineras jamais ce que mon avocat vient de me donner comme lettre.
L voff: Oh que si Dick, je devine...
Chapitre 6: THE REASON WHY
Dans une grosse berline noire, un homme sourit en amenant son portable à son oreille.
Homme : Mademoiselle Mackenzie vient juste d'atterrir ! Oui ! Je m'occupe de la livraison ! Je serais là vers 21h !
Les filles se retrouvèrent sur la jetée, leur glace à la main. Un étrange silence régnait. La blonde et la brune s'observaient du coin de l'œil sans savoir par où commencer, alors elles préféraient le silence mais Mac fini par se lancer.
Mac: Alors comment va Piz ?
Veronica : Bien !
Mac : Et toi comment vas-tu ?
Veronica : Aussi bien que ça puisse aller !
Mac : OK! Tu sais on pourrait en profiter pour parler de sa demande !
Veronica : Il m'a demandé en mariage ! On vit comme 2 inconnus dans le même appartement, on couche chaque nuit dans le même lit, il ne me connaît pas et il me demande de l'épouser !
Mac : Il ....
Veronica : Il m'aime ! Je ne sais pas si on peut vraiment appeler ça de l'amour!
Mac : Alors pourquoi tu restes avec lui ?
Veronica : Par facilité ! Le plus horrible c'est qu'au fond de moi je sais que cette histoire a toujours été vouée à l'échec !
Mac : Alors qu'est ce que tu vas faire ?
Veronica : Rien ! Je ferais comme je fais toujours; rien ! Il fera comme si tout va bien et moi aussi!
Mac : Tu pourrais appeler...
Veronica : Non ! S'il te plaît ! Je lutte pour ne pas penser à qui tu sais depuis que je suis revenue ! Et c'est mieux pour tout le monde !
Mac : Si tu le dis ! Mais " qui tu sais " est ici !
Veronica : Je m'en doute mais pourquoi ?
Mac : Pour la même raison que nous tous !
Veronica : Non ! Je vais passer récupérer ce que Weevil a laissé chez le notaire et vous rentrerez tous chez vous !
Mac : Je ne crois pas que ce sera si simple V !
Veronica : Évidemment que non ! Ici rien n'est jamais si simple !
A l'autre bout de la ville, installé à la terrasse d'un café Dick Casablancas essayait de baratiner une jolie fille, mais à la vue de son ami il abandonna sa conquête.
Dick : Salut mec !
Wallace : Dick ! Toujours à la recherche de l'amour ?
Dick : Dick ne cherche pas l'amour ! Dick est l'amour ! Et il le fait si bien !
Wallace : Ouais !
L'apparent détachement du surfeur blond avait permis d'oublier une minute, mais la réalité revint brusquement :
Dick : Alors comment les choses se présentent de ton coté ?
Wallace : Pas bien ! Veronica veut se débrouiller toute seule !
Dick : Et ça t'étonne ?
Wallace : Non ! Mais je ne la laisserai pas tomber !
Dick : Si on est tous là, c'est qu'on veut tous la même chose !
Wallace : Tous ?
Dick : Logan est là lui aussi !
Wallace : Tu lui as parlé ?
Dick : Oui on s'est fait quelques vagues et puis voila !
Wallace : OK ! Tu as reçu une lettre toi aussi !
Dick : Comme je te l'ai dis !
Le portable du blond l'interrompit :
Dick : Allo ? Oui ! Je suis avec Wallace justement ! Le café Dolce, oui on t'attend !
Wallace : C'était qui ?
Dick : Du renfort !
Ils discutaient toujours quand une ombre s'approcha. C'était étrange de se retrouver là après tout ce temps, les trois hommes se regardaient, physiquement ils n'avaient pas tellement changé mais dans leurs yeux... Dans leurs yeux se reflétait une ombre, où se mélangeaient les regrets, les déceptions, les mensonges, les peurs et les angoisses profondes qui occupaient encore leurs nuits.
L'invité mystère s'installa bien en face des deux autres.
Wallace : Salut !
Dick : Pourquoi tu voulais nous voir tous les deux?
Logan : Pourquoi nous sommes tous là ?
Wallace : Tu sais pour Weevil ! Donc nous savons tous pourquoi nous sommes là !
Logan : Comment va-t-elle ?
Wallace : Tu la connais !
Logan : Donc elle va bien !
Dick : Arrêtez de faire ces têtes-là, on dirait que quelqu'un est mort !
De lui-même il sut qu'il avait fait une bourde. Weevil était mort, et sa mort allait avoir des conséquences, ils le savaient. Logan reprit en ignorant la gêne de son meilleur ami.
Logan : Elle doit vouloir élucider cette histoire toute seule! Si je suis là c'est parce que je veux être sur qu'aucun d'entre vous n'envisage de la laisser faire ?
Wallace : Bien sûr que non ! La question est de savoir comment peut-on faire pour l'en empêcher ?
Logan : On trouvera ! Mais tiens moi au courant si... Enfin appelle-moi si elle fait quoique ce soit d'accord ?
Wallace : D'accord ! Mais tu vas faire quoi ?
Logan : Rien ! Pour le moment il n'y a rien à faire, juste attendre ! Celui ou ceux qui nous cherchent viendront d'eux-mêmes !
Le jeune homme se leva sans un mot de plus.
Wallace : Il a l'air en forme !
Dick : Ouais ! Il est ... tendu ! Tu le connais dès qu'il s'agit d'elle !
Wallace : Ouais !
En rentrant chez lui Wallace trouva Veronica dans les bras de Piz, allongés sur le canapé :
Wallace : Salut la compagnie !
Piz : Hey mais t'étais où ?
Wallace : De vieux amis à voir !
Veronica : Je voudrais te parler Wallace !
La jeune femme tira son ami par le bras dans la cuisine.
Wallace : Qu'est ce qu'il y a ?
Veronica : Dick est en ville ?
Wallace : Oui ! Tout le monde est là !
Veronica : Nous avons tous rendez-vous chez le notaire demain à 15H !
Elle retourna sur le canapé abandonnant Wallace perplexe.
Veronica avait à peine lâché 3 mots pendant leur soirée en famille, Wallace à l'idée de revoir Mac n'avait pas été plus bavard, Piz essayait de garder le moral mais l'ambiance n'y aidait pas.
Le lendemain le soleil brillait fort, Veronica avait embarqué Wallace sous le prétexte d'une sortie ciné entre amis; Piz n'avait pas cherché à protester comme à son habitude.
Dans la voiture aucun mot n'avait été prononcé. Devant l'immeuble du rendez-vous Veronica s'était assise sur le capot de sa voiture pour attendre les autres.
Mac avait loué une voiture pour pouvoir garder sa précieuse indépendance. En l'attendant, Wallace faisait les cent pas.
Veronica : Elle ne t'en veut pas tu sais !
Wallace : Elle te l'a dit ?
Veronica : Oui ! Tu devrais lui parler une bonne fois pour toute !
Wallace : Je ne saurais pas par où commencer !
Veronica : Hé bien décide-toi la voilà !
La jolie brune se présenta le sourire aux lèvres.
Mac : Sommes-nous au complet Miss Bond ?
Veronica : Il en manque encore deux Miss Q !
Le ton léger des jeunes femmes avait surpris Wallace, il fixait le fauteuil roulant sans pouvoir s'en empêcher, la main de Mac se secouant devant son nez l'obligea à croiser son regard.
Mac : Tu ne dis plus bonjour aux amis maintenant ?
Wallace : Si ! Bonjour Mac !
Elle lui ouvrit les bras comme s'ils s'étaient vus la veille et que les 4 dernières années n'avaient pas été un long très long chemin de croix. Le jeune homme se pencha pour la serrer contre son cœur.
Mac : tu m'as manqué Wally !
Wallace : Wally ?
Mac : Oui j'ai envie de te rebaptiser ! Et aujourd'hui tu as une bonne tête de Wally !
Veronica : Bon si on y allait ?
Nos trois amis pénétrèrent dans le bâtiment austère, à l'accueil une femme d'une cinquantaine d'année les fit s'installer dans un bureau sinistre.
V voff: Tout a fait de circonstance !
Femme : Maître Charleston va vous recevoir dans quelques minutes ! Mais je crois qu'il manque deux personnes ?
Wallace : Oui ! Ils arrivent ! Merci !
Le jeune homme avait parlé rapidement, l'évocation des deux absents troublait la jolie blonde. Dans le bureau on entendait juste le bruit lugubre d'une vieille horloge, les minutes paraissaient interminables. Des éclats de voix provenant de l'accueil firent sourire Mac.
Mac : Dick ne changera donc jamais !
Veronica : Tu sais ce qu'on dit ! Dick is Dick !
Le surfeur blond avait fait l'effort de se parer d'un costume sombre une note colorée donnée par une cravate fantaisie verte pomme marquée d'un palmier.
Dick : Salut la compagnie !
Veronica : Bonjour !
Mac : Dick ! Comment vas-tu ?
Dick : Bien !
Wallace : Tu es seul ?
Dick : Oui ! ... Il devait passer chercher je sais pas quoi ! Il va venir !
Veronica : Il a intérêt !
Veronica semblait de plus en plus tendue, ses compagnons n'osaient pas ouvrir la bouche. Maître Charleston arriva avec un carton sous le bras.
Maître Charleston : Il me semble qu'il manque encore une personne ?
Logan : Je suis là ! Désolé !
Il était là, dans l'embrasure de la porte, son costume noir taillé sur mesure tombant impeccablement, le cœur de Veronica s'emballa immédiatement, elle ne voyait rien autour à part lui. Logan avait accroché son regard, il avait l'avantage de l'avoir revue la veille et il s'était préparé, son visage ne trahit pas son trouble il se glissa dans la pièce comme un chat et s'installa à coté de Mac. La jeune femme lui prit la main, Logan lui chuchota quelques mots, la blonde laissa un soupçon de jalousie lui prendre le cœur.
Le notaire se racla la gorge pour attirer l'attention de tous.
Maître Charleston : Comme je l'ai expliqué à Mademoiselle Mars hier, Monsieur Eli Navaro m'avait donné pour consigne de vous remettre un certain nombre de documents ! Il avait précisé que ce que je vais vous remettre le soit en la présence de Monsieur Wallace Fennel, Mademoiselle Cindy Mackenzie, Monsieur Richard Casablancas, Monsieur Logan Echolls et Mademoiselle Veronica Mars ! Votre présence à tous m'autorise donc à vous remettre cette boite, je dois également vous donner lecture de ce qui suit :
"Nous n'avons jamais vraiment été des amis, mais un lien a toujours existé entre nous, amitié ou pas. Si vous êtes tous là aujourd'hui c'est que moi je ne le suis plus ! Ne me pleurez pas, ou pas trop longtemps, j'ai vécu et c'est déjà beaucoup ! Veronica ne m'en veux pas de ne pas te laisser régler ça toute seule mais nous savons tous que seule tu ne pourras rien faire. N'agis pas par vengeance pour moi mais pour te libérer, vous libérer tous. Nous avons survécu à notre façon, mais il est temps de vivre, j'espère que mes petits cadeaux t'aideront à retrouver la lumière. Aucun d'entre nous n'est fait pour vivre dans les ténèbres ! Bonne chance à vous tous !"
Voilà !
Veronica : C'est tout ?
Maître Charleston : Oui !
L'homme lui tendit le carton et s'en alla comme il était venu. La blonde fixait la boite en cherchant ses mots, sans relever la tête.
Veronica : Je vous remercie tous d'être venu mais vous pouvez rentrer maintenant.
Logan souffla et lui arracha la boite des mains.
Logan : Venez on va à mon hôtel !
Le petit groupe lui emboîta le pas, Veronica restée derrière suivit le mouvement à contre cœur.
Une demi heure plus tard les bouches étaient toujours closes. Assis les uns à coté des autres, ils fixaient le carton sans oser l'ouvrir. Mac prit son courage à deux mains.
Mac : Bon je l'ouvre !
Veronica : Pourquoi vous ne voulez pas me laisser régler ça toute seule !
Logan : Il n'en n'est pas question ! On est tous dans la même galère ! Tu crois que ceux qui ont fait ça à Weevil vont nous laisser vivre nos petites vies parce Veronica Mars veut régler ses histoires toute seule ?
A bout de nerfs la jeune femme se leva.
Veronica : Je sais que tout est de ma faute ! Je le sais !
Sa voix s'était brisée par l'émotion. Elle prit la fuite sans que personne ne put l'en empêcher. Après quelques minutes, Logan la suivit.
Logan : Attendez-nous je vais la chercher !
Veronica s'était dirigée comme un robot vers la plage. La vue brouillée par les larmes elle se laissa tomber sur le sable.
V voff : C'est ma faute ! Pourquoi je les ai laissés me suivre dans cette histoire ! Pourquoi, pourquoi!
Logan la retrouva sans mal et s'installa à coté d'elle.
Logan : Je suis désolé ! Je n'aurai pas dû te parler sur ce ton !
Veronica : Laisse-moi tranquille !
Logan : Je ne peux pas ! Crois moi si je le pouvais je repartirais par le prochain vol ! Mais je t'ai promis un jour que je serai toujours là pour toi ! Et je tiendrai cette promesse ! Même contre ta volonté !
Veronica : J'ai créé cette situation ! Je dois nous en sortir seule !
Logan : Non ! Et ne discute plus! Allez, viens, les autre nous attendent !
Veronica : Je sais que vous m'en voulez tous ! Et vous avez raison ! Je le sais!
Logan : Rien n'est ta faute V ! On le sait tous ! Et puis tu sais, personne ne nous a obligé à faire ce que nous avons fait !
Veronica : Mais...
Logan : Pas de mais ! Tête de mule !
Une bourrasque de vent les couvrit de sable, Logan épousseta son beau costume.
Logan : Un costard à 5000 dollars ! Merci Mars !
Veronica : Désolée !
Le jeune homme recrachait le sable qu'il avait dans la bouche en ronchonnant. En le voyant enfin être lui-même et pas le robot sans âme qu'il semblait être devenu, Veronica ne put se retenir de rire nerveusement. La fatigue et le stress accumulés s'envolèrent brusquement, son compagnon souriait de la voir se libérer, son instinct lui fit tendre la main vers sa joue mais au dernier moment il s'arrêta. Le jolie blonde s'arrêta de rire perdue dans les yeux de Logan, sans réfléchir elle l'embrassa. Au début hésitant le baiser se fit plus passionné, Logan la rapprocha de son corps, lui rendant un baiser infiniment tendre. Pendant un instant ils avaient oublié où ils étaient, qui ils étaient, mais à bout de souffle ils s'éloignèrent l'un de l'autre en même temps.
Veronica- Logan: Je suis désolé !
Le homme reprit son masque froid.
Logan : N'en parlons plus ! Allez les autres nous attendent !
Elle approuva d'un signe de tête et prit la direction du palace.
Depuis le parking Piz essuya rageusement une larme, il avait suivi sa petite amie possible fiancée, ne supportant plus d'être mis à l'écart. La vérité qu'il voulait cacher venait de lui donner une gifle, même si il avait eu le corps de Veronica pendant tout ce temps, Logan Echolls avait conservé son cœur et un bout de son âme...
De retour dans la suite présidentielle Wallace fut désigné d'office pour ouvrir la boite, il en sortit une grosse enveloppe kraft et plusieurs DVD. Veronica inséra le premier dans le lecteur.
La chambre de Piz et Wallace à Hearst apparut sur l'écran et elle entendit sa voix murmurant dans un téléphone. Elle stoppa immédiatement la diffusion.
Veronica : Je crois que celui-ci tout le monde l'a déjà vu.
Dick : Merde Ronnie, ça allait devenir intéressant ! Tu sais que ce jour là je me suis dit que toi et moi pourrions être amis.
Une claque derrière la tête le fit taire.
Dick : Eh mec ! T'es malade !
Wallace : C'est de ma sœur dont tu parles je te rappele.
Dick se frotta le crâne pendant que Logan passait le deuxième, puis le troisième disque.
Sur l'écran apparurent, les copies des enregistrements du château. Ainsi que divers enregistrements de surveillance montrant les Sorokin en triste posture. Trafic de drogue, racket, braquage, les activités de la famille ne semblaient pas avoir de limite.
A l'intérieur de l'enveloppe Veronica trouva une nouvelle lettre de Weevil ainsi que la liste des membres du château.
« Je ne vais pas me perdre dans les civilités V, je te rends toutes les preuves que tu m'avais confiées ainsi que quelques pierres supplémentaires au cas où vous devriez un jour vous défendre devant la justice ; même si je doute qu'ils vous laisseront le choix.
Pardonne-moi d'avoir rapatrié tout le monde mais je ne te fais pas confiance pour demander de l'aide toute seule.
Prends soin de toi chica !
Echolls je sais que tu lis par-dessus son épaule. Rends-toi utile pour une fois. Démerde-toi pour qu'elle s'en sorte vivante ! »
V voff : Et c'est reparti pour un tour.
Des coups provenant de la porte firent retomber la tension, Logan alla ouvrir, un groom lui tendit une enveloppe blanche.
Logan : Qu'est-ce que c'est ?
Groom : On l'a déposée à l'accueil pour vous !
Logan : Merci !
Il tendit un billet et le jeune employé disparut, Logan claqua la porte et ouvrit presque aussitôt le message: "Vous nous avez pris une personne précieuse! Nous vous prendrons la même chose! Chacun votre tour vous paierez!"
Logan : Les vrais problèmes commencent !
Depuis une terrasse d'un immeuble voisin au même moment un homme observait à travers un télescope. Le visage de Logan changea brusquement de couleur.
Homme : La première phase est terminée !
Chapitre 7: THESE THINKS YOU WILL NEVER UNDERSTAND
Au pied d'un hotel.
Trois hommes deux femmes. Mélange de genre.
Vu de l'extérieur, ça aurait presque pu prêter à sourire cette image. Réunion d'anciens étudiants pas encore adultes. Jeunes, beaux, riches à en juger par le costume du beau brun et la voiture de location du blond. Un melting-pot répondant à pas mal des quotas.
Pourtant de l'intérieur scénario totalement différent.
D'ailleurs ils n'étaient pas restés à partager leurs souvenirs ! Non ils s'étaient séparés quasiment de suite. Du temps et de l'espace. Voilà de quoi ils avaient besoin pour intégrer. Intégrer le fait de s'être retrouvés. Le fait d'être de nouveau à Neptune. Le fait que tout allait peut être recommencer. Encore.
On dit souvent que l'on s'habitue à la douleur mais il n'y a rien de plus faux.
C'est exactement ce a quoi elle avait pensé en détaillant leurs visages inquiets avant de les voir s'échapper sans pouvoir les retenir. Sans chercher à le faire d'ailleurs. Les années avaient fait du bon boulot. Quoi qu'il pourrait se passer désormais, ils ne retrouveraient jamais leur complicité, leur insouciance passée. Et rien ne pourrait changer cela. Ni même les surnoms de Mac, ni même un baiser échangé sur la plage. Par habitude ?
Veronica se retrouva rapidement devant la maison de son père et d'Alicia et marqua un temps d'arrêt avant de s'engouffrer dans l'allée. Malgré son extrême fatigue, elle n'avait aucune envie de faire face à Piz. Wallace lui avait bien proposé de venir boire un verre avec Dick mais lui aussi avait ses propres problèmes à régler. Elle espérait qu'en le laissant seul avec Mac, ils pourraient enfin s'expliquer et mettre fin à la culpabilité qui rongeait le cœur de son meilleur ami depuis ce fameux soir.
V voff : Que quelque chose de positif au moins sorte de tout cela.
Elle laissa s'égrener une bonne dizaine de minutes, la musique sortant du poste agissant comme un calmant.
V voff : Juste le temps de retrouver une contenance et après je rentre. Ou juste le temps que tout le monde dorme jeune fille. Tu recommences à te mentir ?
Comme pour donner tort à sa voix intérieure elle sortit de la voiture et pénétra dans la maison, non sans essayer de se faire la plus discrète possible. Elle sursauta en le voyant assis sur le canapé du salon. Dans le noir.
Piz: Tu avais oublié que j'habitais aussi ici ?
Son ton avait une tonalité qu'elle ne lui connaissait que rarement. A la fois lasse et énervée. Triste et révoltée.
Elle détourna la tête et pris la direction de la chambre.
Veronica: Désolée je suis juste fatiguée...
Piz: Fatiguée d'avoir passé ton temps à embrasser Logan ?
Elle s'arrêta net.
Veronica : Pardon ?
Piz: je vous ai vus sur cette plage...
Sa phrase se perdit dans un murmure. Il l'avait suivie et il n'était pas fier. Surtout il craignait sa réaction. Sa vie privée était une des choses les plus importantes pour elle et les domaines concernés avaient tendance à connaître un élargissement considérable dès qu'ils passaient le panneau de cette ville.
Il anticipa donc la question qui allait suivre
Piz: Je m'inquiétais pour toi. A tort apparemment.
Elle était lasse. Sans aucune envie de continuer dans ce chemin. Se maudissant elle-même de ce qu'elle était en train de lui faire subir.
V voff : Pourquoi tu ne me quittes pas. Pourquoi ne te rends-tu pas compte que je ne rendrais jamais personne heureux.
Elle s'approcha de lui. Presque imperceptiblement mais suffisamment pour essayer de le rassurer.
V voff : Et tu comptes t'y prendre comment ? Parce que là une simple pirouette ne va pas suffire.
Veronica : Je suis désolée que tu aies vu ce baiser. Il ne voulait rien dire. Du moins pas ce que toi tu en as déduit. C'est juste que... Il se passe des choses. Relatives à notre passé. Des choses que je devrais t'expliquer. Mais pas maintenant. Je ne te demande pas de l'accepter, ni même de me comprendre, mais ne porte pas de jugement. Ceci est bien au delà d'une simple triangulaire.
Il la regardait sans savoir comment réagir. Il aurait voulu lui en vouloir. De toute son âme, de tout son être. Mais elle était là devant lui, si pâle, si fatiguée. Pourquoi ne pouvait-il jamais rien pour elle ? Pourquoi refusait elle systématiquement l'aide qui voulait lui apporter ?
Elle posa sa main contre sa joue en une caresse réconfortante avant de réamorcer son départ vers la chambre.
Et contre toute attente il sentit une colère sourde monter en lui. Voilà tout ce à quoi il avait le droit ? Même pas une vraie explication ? Un geste d'affection presque maternelle ?
Elle se jetait dans les bras de l'autre dans une étreinte passionnée et lui, avait le droit le droit à .. ça ?!
Et bien non pas cette fois ! Il en avait plus qu'assez d'être la roue de secours dans leur magnifique histoire.
Oh bien sûr il n'avait pas leur passif ! Bien sûr il n'avait pas vécu Neptune High ! Bien sûr il ne connaissait presque pas Weevil ! Mais était-ce une raison pour toujours le tenir à l'écart ? Pour être celui qui se contente d'attendre toujours ? Que représentait-il après toutes ces années? Quelqu'un ne méritant même pas qu'on se justifie quand on embrassait un autre que lui?
Certes elle souhaitait clore la discussion mais pas lui. Et pour une fois il voulait que ça se passe selon ses règles. Il essaya de la rattraper. D'établir un contact physique avec elle. Sans le vouloir sa main agrippa un peu trop fortement le bras de la jeune fille. En voulant se dégager elle tomba et heurta une des marches, imprimant sur sa joue une marque.
Il la regarda terrorisé. Il lui avait fait mal. Il l'avait blessée. Inconcevable. Il se pencha vers elle pour s'excuser. Tout ceci n'était qu'un malheureux concours de circonstances. Un simple accident.
Elle se releva, surprise, meurtrie. Quand elle leva les yeux vers lui l'éclat qu'il y perçut lui fit presque peur. Continuant à bredouiller qu'il était désolé, il recula jusqu'à la porte.
Sortir. Prendre l'air. Il détestait cette ville.
Heureux concours de circonstances pensa non loin de là, un homme dans une voiture noire. Le départ du jeune homme tombait à pic. Il sourit et sortit son portable.
X: Je crois que le destin joue en notre faveur. On met en route le processus.
Il raccrocha puis sortit ses jumelles pour suivre les faits et gestes de la jeune femme blonde.
Veronica resta quelques minutes assise en bas de l'escalier encore abasourdie par ce qui venait de se passer. Quand elle parvint à reprendre ses esprits, elle se dirigea vers la salle de bain pour se soigner. Elle savait qu'il n'avait pas agi consciemment. Que jamais il n'aurait voulu la blesser. Mais sa violence avait été aussi réelle que la marque sur sa joue. Et sans préavis, elle vit de nouveau le visage ensanglanté de sa meilleure amie au bord de la piscine. La rage peut avoir des conséquences irréversibles. Elle secoua la tête et commença à désinfecter la plaie. Sentir la brûlure de l'alcool, laisser couler les larmes et se persuader que ce n'est que physique.
V voff : Peut-être devrais je te remercier. Au moins maintenant j'ai une excuse pour pleurer. J'ai mal et mon couple prend l'eau... Décidément cette ville ne me réussit pas !
Ses propres pensées furent interrompues par un message venant de son téléphone.
V voff : pas certaine d'être prête pour les excuses.
Mais le contenu était bien différent..
" Un petit cadeau t'attend devant la porte, ma chère Veronica. Je suis sûre que tu apprécieras ! "
Elle se précipita et sur le paillasson trouva une enveloppe. Fébrilement elle en sortir un CD qu'elle se dépêcha d'insérer dans son ordinateur. Les premières images la figèrent sur place. Sans attendre que la vidéo aille au bout elle attrapa le tout et fit démarrer sa voiture à toute vitesse.
Dans la même voiture noire, l'homme reprit son portable.
X: C'est fait ! Elle était complètement affolée. Mais où va-t-elle aller ?
L'homme attendit que son patron lui réponde. Un sourire carnassier élargit sa bouche et c'est avec satisfaction qu'il raccrocha.