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Série : Veronica Mars
Création : 06.09.2008 à 12h30
Auteur : mulderbuz
Statut : Terminée
« Fic individuelle écrite à plusieurs mains. Merci de nous laisser vos impressions. » mulderbuz
Cette fanfic compte déjà 118 paragraphes
Elle ne la prit pas. Cet excès de douceur avait une fâcheuse tendance à l'amoindrir. Elle le fixa droit dans les yeux.
Veronica : J'ai le choix ?
Logan : Absolument pas. Le sujet est clos.
Veronica : D'accord. A une seule condition. C'est moi qui décide. Aussi absurde que vous paraisse mon plan, aussi dangereux, vous le suivez et sans poser de question. J'ai besoin de votre confiance totale et absolue.
Il acquiessa, et seulement alors, elle posa ses doigts sur sa paume. Dick se releva, massant sa mâchoire endolorie.
Dick : Comme si ça changeait de d'habitude.
Logan s'approcha de lui.
Logan : Je... Ecoute ...
Dick : Laisse tomber les excuses. Ca sert à rien. T'es lobotomisé mon pote ! C'est comme une maladie chez toi. Et on n'en veut pas aux gens en phase terminale. C'est pas politiquement correcte.
Son téléphone interrompit son petit discours blasé.
Dick : Casablancas ?
X : Junior. Comment vas-tu depuis notre dernière rencontre ? Ca cicatrise ?
Dick : Allez vous faire foutre espèce de malade !
X : Tutututu... Que vous êtes nerveux dans votre petit groupe. Moi qui voulait vous aidez... Je crois que je vais raccrocher.
Dick : NON ! Je vous écoute.
X : Bien. Mais je ne vous garde pas longtemps. Le compte à rebours est déjà entamé de 4 minutes. Alors juste une petite précision... Je sens que notre amie commune, Mademoiselle Mars va essayer de trouver une solution à votre petit problème. Alors je vais rajouter un petit indice pour sublimer cette équation. Vous séparer serait comment dire... Une très mauvaise idée, qui pourrait me donner envie de tuer mes trois otages d'un coup! Voire plus! Un conseil Richard... Ne lui faîtes pas confiance...
La pièce ne ressemblait en rien aux volumes où il avait pour habitude d'évoluer. Par la fenêtre à la propreté douteuse, l'éclairage criard d'un corps de femme dénudée illuminait par intermittence la chambre du motel, petite et grise. Pourtant, il ne le voyait pas.
Un coup de fil menaçant lancé sur le ton de la plaisanterie.
Une épée de Damocles qui les laissaient devant un choix inhumain.
Et cette sensation que séparés tout pourrait être pire ...
La couleur que revêtait sa vengeance avait de délicieux reflets.
Un sourire de satisfaction ne quittait plus ses lèvres. Ses mains se frottaient en un large mouvement circulaire comme il l'avait tant de fois vu faire par son père. Il était enfin digne de porter le nom des Sorokin.
La sonnerie d'un téléphone le rappela à l'ordre. Un reflexe peut-être, il ne put s'empêcher de frémir en observant les lettres sur le cadran de l'appareil. Il inspira fortement et déglutit avant de se lancer, surtout ne rien laisser paraître.
- Père.
- C'est terminé.
Comment est-il possible d'être aussi tranchant en trois mots ? Il ne le voyait pas pourtant il imaginait très bien le regard réprobateur, voire réducteur. Il essaya de faire front quand même.
- Je ne comprends pas de quoi...
- Suffit! Je t'ai donné une mission simple que tu as été incapable de mener à bien.
- Mais...
- Je te somme de te taire Igor, de suite. J'avais été clair. Je t'avais demandé une exécution dans les règles.Tu m'as délibérement désobéi.
La voix à l'autre bout monta d'un cran. Il sentit son ventre se nouer.
- Comment as-tu osé? Comment as-tu pu croire un seul instant que tu avais la carrure, l'envergure suffisante pour un tel projet ? Tu t'es pris pour ce que tu n'es pas et ce que tu ne seras jamais. Comment ai-je pu être assez naïf pour te donner une telle responsabilité? Tu n'es pas un meneur; même pas un bon exécutant. Tu rentres à la maison dès que posible.
- Mais ce n'est pas terminé! J'ai mis en route quelque chose qui ...
- Tu n'as rien du tout!. Je me charge de la suite. Proprement.
Il reposa son téléphone en tremblant. Heureux d'être le seul témoin de sa déconfiture. Inutile d'essayer d'argumenter avec plus personne au bout du fil. Du plus loin qu'il se souvenait, il avait vécu dans l'ombre d'un frère ainé charismatique.
Dire qu'il avait innocemment cru que rendre à son père le corps de son héritier, lui permettrait d'obtenir enfin les faveurs paternelles. Erreur de jugement. Erreur de sensiblerie.
Tandis qu'il croyait que la roue tournait enfin en sa faveur, elle venait de faire une volte face de 360°, et finalement de revenir à son point de départ.
On frappa à la porte. Un des hommes qu'il avait engagé sur cette affaire se posta à l'entrée de la chambre pour faire son rapport.
- Tout est prêt. On n'attend plus qu'ils se décident à quitter l'hotel. Qu'est ce qu'on fait maintenant?
Un sourire mauvais étira les lèvres d'Igor Sorokin. Il tenait sa revanche, et cette fois-ci, elle était familiale.
- Rien, on ne fait rien. On applique les consignes de mon père. A la lettre. Rapatrie les autres, on rentre.
- On s'en va? Mais les bombes?
- Je ne dois plus rien faire? Alors on laisse tout en l'état.
Il récupéra sa valise abandonnée sur le lit et sortit définitivement de la chambre du Camelot, sous le regard surpris de son homme de main. Celui-ci saist son téléphone et rappela ses troupes.
CHAPITRE 14: TIC TAC BOUM
9. 8. 7.
Les minutes s'égrainent.
Les secondes défilent.
Les chiffres arrachent angoisse et peur de leur cachette.
6. 5. 4.
Leur signification brûle l'âme.
Leur succession désarme.
Les chiffres rougeoyants jouent une macabre pièce de théâtre.
3. 2. 1.
Les esprits se brouillent.
Les souffles se coupent.
Les chiffres bousculent les sens à un moment inopportun.
0.
Intuition.
Réaction.
Les chiffres ne sont plus, remplacés par le chaos.
M-35
Dick vient de raccrocher. Livide.
Le regard de Veronica glisse du blond vers Logan. Ensemble... Ce mot résonne dans sa tête. Elle sait au fond d'elle qu'elle a besoin d'eux... Elle ne pourra pas sauver Mac, Keith et Alicia seule...
Elle essaie de réfléchir le plus vite possible. Trouver et vite. Prendre des risques encore, mais ne pas faire de choix... C'est la seule chose qu'elle s'interdit.
De loin, elle jette un nouveau coup d'œil sur les photos. Le plan qui se dessine dans son esprit est risqué, mais le jeu cruel auquel ils sont soumis n'est pas infaillible.
Ils n'ont pas de temps pour les disputes.
Ils n'ont pas de temps pour le choix.
Il faut agir vite.
Elle ne permettra pas qu'une autre vie soit perdue par sa faute.
TIC TAC
Tous peuvent lire sa détermination sur son visage.
Veronica: On va faire ça ensemble ! J'ai un plan... Dangereux, mais il a le mérite d'exister. Venez voir les photos.
Elle prend celle qui représente Mac.
Veronica : On voit un reflet dans le métal derrière elle, celui qui a pris la photo est seul. Étant donné que la bombe doit exploser dans... 33 minutes, si gardien elle a, il partira au moins 5 minutes avant l'explosion.
Logan : Comment sais-tu qu'il n'y a qu'une seule personne pour la surveiller ?
Veronica : Mac est handicapée ! Son fauteuil est ici, elle n'ira pas loin seule...
Wallace baisse alors la tête. Handicapée, ce terme lui déchire les entrailles comme la lame d'un couteau à chaque fois. Mais Veronica enchaîne et saisit la seconde photo.
Veronica: Wallace, on va la sortir de là ! Écoute la suite. Sur celle de mon père et d'Alicia, on voit les reflets des gardes dans les fenêtres. Je pense qu'on peut distinguer un visage dans le miroir si on agrandit, mais nous n'avons pas le temps. Maintenant, regardez les adresses, Mac près du Camelot et mon père et Alicia dans les beaux quartiers. Nous n'avons pas le temps de faire les deux ensemble.
Dick : Se séparer est une mauvaise idée. Depuis le début, il arrive un drame dès qu'on se sépare. Si tu veux qu'on fasse deux groupes, je m'y oppose tout de suite !
Veronica : Ecoute-moi jusqu'à la fin s'il te plaît.
Le ton est doux mais ferme mais Dick ne peut s'empêcher de bougonner.
Dick : Je ne vois pas en quoi tout ça nous aide... On perd du temps !
Veronica : Tu vas comprendre. Je ne vais sûrement pas faire l'unanimité, mais laissez-moi vous exposer le tout avant de me traiter d'inconsciente.
En disant ces mots, son regard s'arrête sur Logan. Elle sait qu'il n'approuvera pas, mais recherche tout de même son soutien en glissant à nouveau sa main dans la sienne.
Veronica : Logan ? Fais-moi confiance, je donnerais ma vie pour eux !
Logan : C'est justement ce qui me fait peur...
Veronica : On restera ensemble jusqu'au bout.
Logan : D'accord. Vas-y. Comment on s'organise ?
TIC TAC
Elle compose un premier numéro, et soudain tous découvrent une inconnue devant eux. Sa voix a changé, mécanique, autoritaire. Le présent les rattrape et la réalité de ces quatre années passées loin les uns des autres prend forme sous les traits d'un agent du FBI, exempt de sentiment et professionnel.
Veronica : Mon matricule : 159892LKL ... J'ai besoin d'une ligne sécurisée dans les plus brefs délais. Oui, j'attends ...
Après quelques instants, son visage se détend légèrement, ses intonations redeviennent familières.
Elle compose un second numéro et pendant que la sonnerie retentit, elle met le haut-parleur.
... : Allo ?
Au son de cette voix, la main de Logan se resserre. Veronica grimace mais ne dit rien. C'est la seule solution qu'elle peut envisager dans cet état de précipitation...
Veronica : Piz ? Tu es toujours à Neptune ?
M-20
Les deux voitures se séparent au feu dans un crissement de pneu. Rien d'anormal après l'altercation qui vient d'animer la rue. Wallace, dans l'une d'elles, sent son cœur battre dans sa poitrine, il lui semble même qu'il va exploser. Il a fait son choix, mais maintenant, il se demande si c'est le bon.
Choisir entre deux femmes qui ont marqué sa vie... Les ravisseurs savent que ce choix ne toucherait pas seulement Veronica. Vont-ils jouer, tour à tour, avec chacun d'eux ? Veulent-ils concentrer leurs actes autour de Veronica ? A-t-elle compris leur but ? Est-ce pour cela qu'elle avait voulu l'envoyer lui, et garder les autres près d'elle ?
Les questions valsent dans son esprit jusqu'à lui donner le tournis. Un écart de la voiture le ramène à la réalité, il lance un regard mauvais au conducteur.
Il n'a pas pu se résigner à le laisser partir seul. Il a confiance en Piz, mais est-ce suffisant pour lui laisser la responsabilité de la vie de sa meilleure amie? Il doute de l'altruisme de celui-ci envers une cause qu'il ne connaît pas et devant laquelle on l'a toujours tenu à l'écart.
Après les derniers évènements, le doute s'est insinué.
Il a répondu trop vite présent.
Il a frappé trop vite à la porte de la suite.
Wallace le soupçonne de suivre Veronica, mais il n'en a pas fait état.
Ce n'est pas l'objet.
TIC TAC
Pas le temps. Chaque minute compte. Il regarde sa montre : 21 minutes restantes.
Wallace : Tu veux bien accélérer un peu ! La bombe n'attendra pas qu'on arrive. C'est le paramètre le moins sûr ! On se doit d'y être en même temps qu'eux.
Piz ne répond pas, trop préoccupé par les paroles de Veronica.
FLASH BACK
Veronica : Je t'ai demandé de partir mais nous avons besoin de toi.
Piz lance un regard narquois à Logan, réponse à leur dernière entrevue où sa maladresse l'avait renvoyé à New York, du moins dans leurs esprits.
Piz : Qu'est-ce qu'il a encore fait ?
Veronica : Logan n'a rien à voir, tout a débuté par ma faute. Nous sommes plongés jusqu'au cou dans une affaire qui te dépasse et dont je ne te raconterai pas les détails. Regarde ces photos. Mac d'un côté, mon père et Alicia de l'autre, tu saisis l'ampleur du problème ? Nous devons les sauver, sinon, dans 25 minutes, ils vont tous mourir. Je n'ai qu'une question... Es-tu prêt à nous aider ?
Piz : Je ne comprends pas en quoi je peux aider.
Logan lui renvoie son sourire narquois. Il y a des haches que l'on n'enterre pas. Par habitude plus que par vraie haine.
Veronica : Tu vas aller à cette adresse et sortir Mac de là avant que la bombe n'explose. Mais tu ne dois pas y aller trop tôt, il y a sûrement quelqu'un pour la surveiller. Tu vas devoir respecter, à la minute près, ce que je vais t'expliquer. Compris ?
FIN FLASH BACK
Il repense à ce petit bout de femme qu'il aime mais qui, en retour, ne lui donne qu'une légère amitié. Il lui en a voulu quelques temps, mais il s'en est contenté jusqu'à présent. Il y a quelque chose chez elle qui le pousse à rester à ses côtés. Il a failli partir de Neptune, mais avant il a voulu voir ce qui était en train de se passer. Au final, sa curiosité l'a entraîné en plein cœur de l'action.
Il jette un coup d'œil à Wallace qui ne cesse de regarder les minutes défiler sur sa montre. Le silence règne dans l'habitacle. Aucun d'eux ne le brise, ils n'ont rien à dire, trop occupés par leurs pensées.
La route est dégagée, cela n'empêche pas Piz de faire des écarts à mesure que son stress augmente.
TIC TAC
Wallace : 11 minutes, il va falloir que j'appelle Veronica.
Piz : D'accord. On ne devrait plus être loin, je vois l'enseigne du Camelot.
M-10
La sonnerie retentit dans le véhicule, les faisant tous tressaillir. Aucun mot n'a été échangé depuis le départ, chacun anticipant ce qui va se passer, chacun élaborant son scénario.
Logan ne peut s'empêcher de voir la confiance que Veronica a placée en Piz. Une confiance désespérée, certes, mais confiance tout de même. Elle a laissé la vie de Mac entre ses mains. Il remercie intérieurement Wallace d'avoir insisté pour l'accompagner.
FLASH BACK
Veronica : On se tient au courant par téléphone à l'arrivée sur les lieux, soit 10 minutes avant échéance, et au moment d'intervenir, 5 minutes plus tard. Il te reste de la batterie ?
Piz : Oui, ne t'inquiète pas, je vais m'en sortir.
Veronica: Si, je m'inquiète, tu ne saisis pas la portée de tout ça !
Wallace : Je vais avec lui.
Tous les regards se braquent sur lui en un dixième de seconde. Il n'attend pas que Veronica s'oppose.
Wallace : Je ne la laisserai pas une seconde fois. Tu voulais connaître notre niveau de confiance en toi, Veronica ? Voilà le mien... J'ai entièrement confiance en toi, je sais que tu trouveras le moyen de sortir ma mère et ton père de là. Laisse-moi juste essayer de me racheter une conduite auprès de Mac.
Elle ne dit rien et vient se blottir dans ses bras. Il croit sentir un sanglot parcourir le corps de la petite blonde mais elle s'écarte aussi vite qu'elle est venue et ne laisse rien paraître. Cette étreinte le touche profondément, mais dénote avec l'espoir de tous les sortir en vie et il se sert de ça pour détourner son attention et ne pas céder à la pression.
Comme à chaque fois qu'ils s'égarent, il y a toujours une voix qui éclate pour les ramener dans le vif du sujet.
Dick : Je viens aussi.
Logan : NON !
Dick, Logan, deux cris du cœur qui se succèdent. Des réactions spontanées, masquant des intentions beaucoup plus profondes.
Dick dévisage son ami.
Wallace : Il a raison Dick. Plus on se disperse, plus il y a des risques qu'ils se doutent de quelque chose.
Logan : Et moi j'ai besoin de toi avec moi. S'il te plait.
La voix est presque suppliante. Il s'en moque. D'accord ils se sont perdus de vue. Mais ça ne change rien. Il ne peut pas savoir ses deux meilleurs amis en danger loin de lui.
Veronica reprends ses réflexes, disparaît une minute puis lance un sweat de Logan à Piz.
Veronica : Ouvre tes oreilles. Tu sors en premier. Tu restes dans ta voiture le temps qu'il nous visualisent tous les quatre ensemble rejoignant notre voiture. Tu démarres après nous. A la sortie du parking, tu rentres dans la voiture de Logan. Tu sors énervé. Débrouille-toi pour qu'on ne voit pas ton visage, ils doivent penser que tu n'es qu'un inconnu sans importance. L'esclandre doit durer à peine une minute. Juste le temps de détourner l'attention pour que Wallace se glisse à tes côtés.
C'est comme ça que Wallace se retrouve à passer en toute discrétion de la voiture de Logan à celle de Piz, les vitre teintées masquant cet échange au maximum. Ils se savent surveillés et, même si ce n'est pas précisé, ils savent que les ravisseurs les veulent tous au même endroit.
Est il seulement possible de les leurrer ?
FIN FLASH BACK
Veronica : Allo ? ... D'accord, nous aussi on y arrive. Soyez prudents surtout. Vérifiez qui la surveille... Tu vas y arriver Wallace, j'ai confiance. Fais attention à toi !
Elle raccroche et répète à Dick et Logan ce que Wallace vient de lui dire. Au même moment, Logan se gare à une centaine de mètres de la maison recherchée, à la sortie du quartier des trois 9.
TIC TAC
Devant eux, une grande bâtisse aux murs grisâtres. Majestueuse mais froide. Veronica ne peut s'empêcher de frissonner en la regardant. Face à l'entrée, une voiture semble monter la garde. A l'intérieur, des silhouettes passent devant les fenêtres.
Dick : 7 minutes. Vous êtes sûrs qu'on peut y arriver ? Vous flippez pas ?
V voff : Bien sûr que si, on a peur. On n'est pas sûrs d'y arriver, mais on ne peut pas rester sans rien faire. Je suis rassurée finalement que Wallace soit allé avec Piz, à deux, ils ont une vraie chance de la sauver. Mais à nous trois, pourrons-nous détourner assez l'attention pour sauver Papa et Alicia ?
Logan : Dick, tais-toi ! On va les sauver ! Tous !
Bien que la remarque de Dick lui ait fait froid dans le dos, il a dit ça avec tant de conviction que cela regonfle leur courage.
Pendant ce temps, deux hommes sortent de la maison et se dirigent vers la voiture. En chemin, l'un d'eux tourne la tête vers eux et il leur semble voir un sourire malsain se dessiner sur son visage. Mais rien ne se passe, la voiture s'éloigne comme s'il n'étaient pas repérés. A son bord, les quatre hommes qui surveillaient la maison.
Ils ne bougent pas, observent.
Plus aucun mouvement ne provient de celle-ci depuis quelques minutes.
V voff: C'est trop facile... Comme s'ils savaient qui on allait choisir... Il faut que je prévienne Wallace du danger...
TIC TAC
Plus que 5 minutes, il est temps. Veronica décroche son téléphone.
M-5
A peine le téléphone raccroché qu'il sait qu'ils sont maintenant seuls. L'homme qui surveillait Mac vient de partir et ne les a pas vus. Ils sortent de la voiture et se dirigent en courant vers le local. Wallace n'a pas répété à Piz les mises en garde de Veronica, mais il ne les oublie pas. Peu importe que ce soit un piège, il sortira Mac de là.
Ils ouvrent la porte prudemment, personne à l'intérieur. Alors que Piz reste à l'entrée, Wallace fait le tour de la pièce.
Ils se demandent si Mac n'est pas ailleurs, si ce n'était pas ça le piège. Une porte intrigue Wallace.
Wallace : L'arrière-boutique !
Tous les deux se dirigent vers la petite pièce qui fait office de réserve. Elle est remplie de cartons, l'accès est difficile.
Piz : Je ne vois rien...
Ils écartent les obstacles les uns après les autres quand soudain, un gémissement se fait entendre.
Wallace : Chut ! Tu as entendu ? Ça venait du fond.
Il traverse la pièce en bousculant tous les cartons. Plus que le temps, son angoisse le pousse à agir au plus vite pour se rassurer.
TIC TAC
Il scrute les recoins pour enfin l'apercevoir. Épuisée, fragile, en larmes, elle est là, couchée par terre, pieds et poings liés. Il s'approche d'elle et, dans un mouvement brusque, lui arrache le sparadrap qu'elle a sur la bouche. Elle retient une grimace et le laisse défaire ses liens sans un mot. Au moment où il veut la prendre dans ses bras, elle a un mouvement de recul qu'il interprète mal.
Wallace : Laisse-moi t'aider, ravale ta fierté pour l'instant, tu ne pourras pas aller loin seule.
Mac : Il y a un système pour que, dès que je ne suis plus dessus, ça saute ! Une histoire de poids... C'est un piège, il faut que vous partiez !
Wallace : C'est hors de question ! Je ne pars pas sans toi Mac !
Mac : Si cette plaque se relève d'un seul millimètre, on va mourir tous les trois ! Partez !
M-2
Piz : Je vais prendre ta place sur la plaque et je vais mettre des cartons à ma place après.
Tout en parlant, il s'assoit contre elle pour maintenir la plaque collée au sol. Wallace ne réfléchit pas aux conséquences de l'acte de Piz et prend Mac dans ses bras avant de se reculer doucement.
TIC TAC
Le mécanisme n'a pas sauté. Du pied, il ramène des cartons vers Piz, mais ceux-ci semblent trop légers. Le danger est présent mais Piz ne veut pas laisser Wallace réfléchir. Mac est leur priorité. Veronica l'a précisé plus d'une fois, elle le tuerait si il ne sortait pas la jeune fille de là.
Piz : Sortez ! Ça sert à rien qu'on soit tous les trois en danger.
Après hésitation, Wallace sort Mac du local et la dépose dans la voiture. Il monte à son tour, met le contact et fait demi-tour pour aller attendre Piz devant la porte. L'angoisse est à son comble, ni Mac ni Wallace n'osent prononcer un mot. Mac pose sa main sur celle de Wallace et la serre. Une pression qui veut dire beaucoup : merci, pardon, ...
A l'intérieur de la réserve, au milieu du silence ambiant, un déclic se fait entendre.
M
Veronica, Dick et Logan entrent dans la maison. Keith et Alicia sont là, attachés au milieu d'un grand salon vide. Aucun piège, aucune bombe, trop beau pour être vrai. En pleurs, elle se précipite sur son père et lui retire son bâillon pendant que Logan s'occupe des liens qui les retiennent sur les chaises.
Veronica: Papa, je suis désolée, je suis tellement désolée...
Keith : Honey, du calme, on va bien... Merci d'être venus nous sortir de là.
Alicia: Où est Wallace ?
Alicia panique, mais personne ne lui répond, chacun regardant par terre.
Alicia : Où est Wallace ? Dites-le moi !
Veronica: Il est parti sauver Mac avec Piz... C'était elle ou vous, on n'a pas pu choisir...
Alicia: Quoi ? Vous l'avez laissé partir seul ? Il est seul en danger pendant que vous êtes à trois ici ?
Veronica: Il n'est pas seul, il est avec Piz !
Alicia : Pourquoi n'avez-vous pas fait l'inverse ? Pourquoi n'êtes-vous pas partis chercher Mac et Wallace serait venu ici !
Veronica : On ne savait pas à quoi s'attendre ici... Mais on connaissait le danger là-bas.
Alicia : C'est comme s'il était seul ! Veronica réalises-tu que Piz n'a pas la carrure pour supporter quelque chose de ce genre ?
Veronica : On n'avait pas le choix ! On ne pouvait pas se résoudre à perdre quelqu'un ! On a tenté de tous vous sauver ! On était surveillés, il fallait qu'on parte ensemble au même endroit. On a réussi à donner le change pour Wallace, mais deux personnes en moins, c'était pas évident... Ca nous a paru le plus logique. Même si ça sent le coup fourré à plein nez.
Cette dernière phrase ne reste audible que pour elle-même. Elle doute encore d'avoir sauvé le couple, elle doute de leur sécurité actuelle dans cet endroit.
Alicia se réfugie dans les bras de Keith pendant que Veronica se laisse glisser au sol en pleurs laissant évacuer la tension de cette dernière heure.
Dick, lui, assiste à la scène sans réagir mais se rappelle tout à coup d'un détail qui lui redonne espoir.
Dick : Wallace va téléphoner, j'en suis sûr. Dès qu'il a Mac, il doit téléphoner !
Et, comme si quelqu'un entendait sa prière, le téléphone se met à sonner.
Veronica : Wallace !
Ce déclic... Pas d'explosion après...
Piz regarde avec appréhension le compteur rouge figé sur 00:00:00. Le mécanisme semble s'être enrayé. Doucement, il se lève et sort de la plate-forme... Toujours rien. La bombe n'a pas fonctionné, peut-être l'a-t-il désactivée sans faire exprès, peut-être les ravisseurs voyant Mac sortir ont décidé de ne pas gâcher de l'explosif...
Il décide de ne pas attendre plus pour le savoir et se retourne pour sortir.
Un bruit assourdissant. Les vitres de la voiture explosent. Instinctivement, Wallace fait basculer Mac et se couche sur elle pour la protéger. La déflagration fait trembler la voiture toute entière. Ils n'osent plus bouger, ils n'osent plus respirer. Le temps s'est suspendu.
Au loin, une sirène hurle déjà. Ce son le sort de son état léthargique mais les gestes restent mécaniques. Il met le contact et s'éloigne du local.
Dans les rues, les gens sortent de chez eux. Les trottoirs se noircissent de monde.
Dans le rétroviseur, il voit la fumée former un champignon noir au-dessus de l'endroit où ils étaient quelques minutes auparavant. Il saisit son portable et le tend à Mac.
Wallace : Appelle Veronica pour voir si tout va bien de leur côté.
Ce furent les seuls mots qu'ils échangèrent sur le chemin du NGH.
Veronica raccroche, tétanisée. Tous attendent qu'elle leur dise ce qu'il se passe. Ils n'arrivent pas à décoder son expression. Elle semble à la fois soulagée et sous le choc.
Veronica : C'était Mac...
Les visages de détendent automatiquement.
Veronica : Wallace les ramène au Neptune Grand Hotel, on doit les rejoindre.
Alicia : Dieu merci, il s'en est sorti !
Veronica : Mais...
Les larmes coulent sur ses joues, pourtant elle garde son air déterminé. Logan sent son malaise et se rapproche d'elle pour lui apporter son soutien. Personne n'a entendu son dernier mot. Tous parlent entre eux, se félicitant d'être toujours en vie.
Seul Dick s'interroge, il y a toujours un " mais " sur la planète Mars, il l'a apprit il y a bien longtemps déjà.
Dick : Mais quoi ?
D'un coup, les bruits s'arrêtent. Les regards se tournent à nouveau vers elle.
Veronica : C'est Piz... La bombe a explosé à retardement... Il n'était pas sorti... Il est mort !
Elle repousse Logan et se met à hurler.
Veronica: Je te l'avais dit qu'il fallait que je sois seule. Si vous étiez tous repartis, ils ne vous auraient rien fait !
Logan : Et c'est toi qui serais morte ! Veronica, ta vie vaut autant que celles de nous tous. On a autant le droit de te protéger que toi tu veux le faire avec nous !
Veronica : Au moins ça serait terminé ! C'est à moi qu'ils veulent faire du mal, tant que je suis en vie, ils ne cesseront pas !
Logan : Rappelle-toi, on est tous sur leur liste ! On finira par trouver le moyen de les arrêter. Tu n'es pas coupable de ce qui se passe !
Veronica : Comment peux-tu dire ça ? C'est moi qui ai appelé Piz ! C'est moi qui l'ai envoyé là-bas alors qu'il n'y était pour rien dans tout ça ! Je savais qu'il y avait un piège et je l'y ai envoyé !
Logan : Tu ne pouvais être sûre de rien ! On a fait le maximum qu'on a pu et on a sauvé Mac.
Veronica : Et encore une fois ça n'a pas suffit. Une vie sauvé, une vie donnée...
Elle se prend la tête entre les mains, cherchant à comprendre le cheminement de tout ce qui leur arrive. La logique n'est pas de mise et leurs hypothèses n'amènent à rien.
Elle est à présent seule avec ses réflexions dans cette pièce. Elle les regarde tous et tente une nouvelle fois de trouver la clé de la situation. Aucun retour, chacun est trop préoccupé par ses derniers mots.
Mais lorsqu'un déclic se fait entendre, c'est vers elle que tous les regards se tournent. Tous ont cerné la situation et plus personne n'ose bouger.
Dick : Heu... On fait quoi là ?
Veronica ne met pas longtemps à réagir, l'agent du FBI reprend le dessus sur la femme fragilisée par les évènements.
Veronica : ON COURT !!!
Tous se dirigent vers la porte, tels des pantins inconscients. Veronica tire les ficelles, plus rien d'autre que leur sécurité ne compte. Ils se pensaient sauvés, mais tout est une nouvelle fois remit en cause.
Elle passe la porte en premier, suivie par Logan et Dick.
Keith et Alicia ont mis plus de temps à réagir. L'ancien Sherif tire Alicia vers la sortie. Tétanisée par la peur, elle se déplace lentement malgré l'urgence de la situation.
Un second déclic se fait entendre au moment où ils passent la porte à leur tour. La voix de Dick parvient jusqu'à Veronica
Dick: Logan? T'as attrapé le chat?
Veronica: Quoi?
Dick: Le chat ! Quand il y a une bombe qui explose, il faut toujours quelqu'un pour attraper le chat! Personne n'a vu l'Arme Fatale ici ?
Veronica: Tu as de la chance que je ne puisse pas courir et te frapper en même temps!
Ils ont juste le temps de faire quelques mètres avant que la déflagration ne les projette sur la pelouse.
Veronica change une nouvelle fois d'attitude. Voir son père si près de se faire tuer la fait redevenir adolescente. Les relents de la nuit où elle a cru son père mort dans l'explosion de l'avion de Woodie sont plus présents que jamais.
V voff : Les méchants n'ont donc aucune imagination pour vouloir toujours tout faire exploser ?
Elle se relève et regarde autour d'elle. Son père et Alicia s'éloignent du mur de feu, Dick et Logan sont à ses côtés. Tout le monde est sauf, mais pour combien de temps ?
Dick : Note positive, on n'est pas encore trop vieux pour se genre de conneries !
Devant le manque de réaction de ses camarades d'infortune, il rajoute.
Dick: Alors dès que tout ça se finit, je vous convie à une nuit cinéma ! C'est pas possible ce manque de référence !
La remarque de Dick n'a pas le temps de la faire sourire.
Elle s'effondre brusquement par terre.