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Série : Veronica Mars
Création : 06.09.2008 à 12h30
Auteur : mulderbuz
Statut : Terminée
« Fic individuelle écrite à plusieurs mains. Merci de nous laisser vos impressions. » mulderbuz
Cette fanfic compte déjà 118 paragraphes
Chapitre 14: DEATH GARDEN
Elle se sent légère, une douce chaleur envahit son corps, son cœur, tout son être.
Elle se sent comme dans du coton, une sensation d'apaisement, de tendresse et de joie.
Elle n'ouvre pas les yeux, pas encore, envie de profiter de cette chaleur, envie de prolonger au maximum ce moment irréel de bien-être. Même avec les yeux clos, elle sait que le soleil brille et que ses rayons viennent l'envelopper avec amour.
Sans effort aucun, elle se déplace dans les airs. Elle se laisse porter par le courant et ne cherche pas à comprendre. Contrairement à ses habitudes, elle ne se pose aucune question. Pas pour l'instant.
Son corps est attiré par le sol, elle sent l'herbe chatouiller sa voûte plantaire. Le vent délicat, ni trop chaud, ni trop frais, s'engouffre dans sa chevelure blonde. Elle respire, elle hume cet air comme une anesthésie berçante.
Elle se décide à ouvrir les paupières et découvre, avec émerveillement, un jardin luxuriant, fleuri. Elle ne sait plus où regarder tellement le paysage qui s'offre à elle est beau, naturellement magnifique et saisissant.
Telle une petite fille, elle écarte les bras et tourne sur elle-même. Elle referme les yeux, lève la tête vers le ciel et retrouve son insouciance, sa joie de vivre disparues. Elle commence même à rire, elle est si bien, si heureuse ici. Plus aucune contrainte, plus personne, plus de remord, plus de souffrance à enfouir.
De nouveau ce petit air qui vient lui tourner autour et, cette odeur. Ça ne sent ni le bacon, ni la guimauve mais... Mais le nénuphar !
Veronica : Lilly !
Elle crie ce prénom en ouvrant les yeux. Elle espère de tout son cœur ne pas se tromper.
Lilly : Veronica Mars ! A quoi joues-tu ?
Et c'est avec amusement que lui répond une jolie blonde toujours adolescente. V se précipite sur son amie, laisse son émotion s'exprimer , les mots devenant superflus. Elle la prend dans ses bras, la serre contre elle. Le rire laisse place à des larmes, mais des larmes de bonheur.
Veronica : Lilly, je suis si heureuse de te revoir mais...?
Veronica défait son étreinte et observe Lilly. Si belle, si rayonnante, si vivante.
Lilly : Allons Veronica, ce n'est pas la première fois que nous nous retrouvons !
Veronica : Attends ! Lilly, attends.
Alors qu'elle commence à s'éloigner, Lilly stoppe sa marche et se retourne vers Veronica, un sourire faussement angélique accroché à ses lèvres pulpeuses. Elle fait un clin d'œil et reprend son chemin.Veronica court vers elle, lorsqu'elle aperçoit au loin une silhouette masculine. En une fraction de seconde, elle se retrouve face à Lilly et Weevil. Elle ne comprend pas, elle pose sur eux deux un regard empreint d'interrogations.
Weevil : Veronica Mars aurait-elle donné sa langue au chat ?
Veronica : Weevil ! Oh Weevil, je suis désolée.
Veronica prend son ami dans ses bras, les yeux emplis de larmes.
Weevil : Hé, doucement, chica !
Il ne cherche pas à se défaire de cette emprise. Il en a besoin autant qu'elle. Peut-être même plus. Il est sorti d'affaire. Pas elle, et il n'est plus là pour la protéger. Il la regarde avec tendresse et sourit à Lilly. Cette dernière semble s'impatienter.
Lilly : Veronica, tu peux le lâcher ?
Surprise du ton employé par son amie dans lequel pointe un soupçon de jalousie, elle se recule, les dévisage et ose enfin poser une question.
Veronica : Je suis morte ? C'est bien ça ? Ils ont gagné ?
Lilly : Je te reconnais bien là, toujours à voir le pire !
Veronica : Alors pourquoi suis-je là ?
Lilly : Réfléchis !
Le regard bleu de Veronica s'assombrit, elle baisse la tête et poursuit d'une voix emplie de sanglots.
Veronica : Le pardon ! Je n'ai pas pu te sauver Lilly. Et toi Weevil, tu es mort à cause de mon entêtement ! Je ne mérite pas de continuer à vivre, j'ai trop de sang sur les mains.
Weevil : Arrête ton baratin Mars ! Je ne suis mort ni pour toi, ni à cause de toi ! Je savais parfaitement à quoi m'attendre. J'ai eu le choix et j'ai fait celui de vous suivre sur ce coup et d'assumer les conséquences. Moi le premier, je savais que la mort faisait partie du contrat! Même si j'esperais une retraite dorée sous le soleil, je vivais aussi avec cette épée au dessus de ma tête.
J'ai signé! Je suis allé au bout!Tu comprends ? Je suis le seul responsable de mon décès!
Veronica ne lève toujours pas la tête, les yeux fermés, retenant désespérément les larmes.
Lilly : Veronica, vois le bon côté de cette histoire !
Veronica ne dit mot, n'ouvre pas les paupières. Alors Lilly, n'attendant pas de réponse, enchaîne en relevant la tête de son amie. Elle fixe avec intensité ses yeux bleus devenus amers et lui dit avec malice.
Lilly : Je ne suis plus seule ici ! Weevil est avec moi et tu imagines bien notre passe-temps ?
Veronica laisse échapper ses larmes mais ne peut s'empêcher de sourire à sa meilleure amie. Lilly retourne au bras du motard. Veronica les observe tous les deux. Un sentiment de quiétude et de sérénité les entoure. Ils rayonnent dans leurs habits immaculés.Elle essuie ses larmes et leur sourit comme pour les remercier.
X : Tu sembles enfin comprendre ?
A l'entente de cette voix bien connue, Veronica pivote sur elle-même et, encore une fois, accourt vers cet ami. Elle se jette dans ses bras et, comme précédemment, lui demande pardon.
Veronica : Piz ! Je ne voulais pas ça, je suis désolée.
Elle vient de murmurer ses quelques mots les rendant d'autant plus sincères. Comme une habitude, il tente de dissimuler sa tristesse en lui souriant.
Piz : Veronica, j'aurais très bien pu repartir pour New York. Moi aussi j'avais le choix, tu sais. Je suis resté pour toi, j'ai répondu présent à ton appel pour te prouver que j'existais moi aussi.
Il recule, doucement, aucun mouvement brusque qui risquerait de la faire basculer dans sa réalité, mais toute sa gestuelle trahit ses sentiments.
Un peu gêné, énormément épris de cette blonde, il revient se placer à côté de Lily et de Weevil, sa nouvelle place à présent. Ils forment un trio éclatant et des plus inattendus.
Veronica: Pourquoi? Réponds juste à cette question. Pourquoi tu as fait ça?
Piz: Pourquoi je suis resté à Neptune?
Supris par cette question, il hausse les épaules ne comprenant pas exactement où elle veut en venir.
Veronica : Non Pourquoi tu as pris la place de Mac?
Piz: Bonne question ça. Pourquoi un homme fait-il ce qui ne devrait pas faire? Mais par amour. Tout bêtement.
Veronica: Je n'ai jamais voulu ça.
Ses mots fusent instinctivement, incapable de stopper la vague de culpabilité qui la submerge.
Piz: Je sais. Moi non plus. J'ai eu besoin de m'impliquer. D'agir. Je n'ai pas forcément pensé aux conséquences. Maintenant, je ne le regrette pas.
Il marque un temps. La regarde le plus tendrement possible, revient à ses côtés et lui attrape la main.
Piz: Puis honnêtement, je ne sais pas comment j'aurais fait si Mac était morte. Il y a des jours où je me demande comment vous arrivez tous à vous lever le matin. Autant de violence, ce n'est pas une vie.
Elle ne trouve pas le courage d'affronter son regard si doux.
Veronica: C'est la mienne.
Plus qu'un constat , une vérité amère et indéniable.
Piz: je sais .Maintenant ce qui vient d'arriver est ... arrivé tout simplement.
Veronica: Mourir pour moi?
Elle sort de sa bulle en posant cette question qui lui brule le regard.
Piz: Ma mort n'a rien à voir avec ça. J'ai sauvé Mac. Point. Pas par héroïsme déplacé, mais parce que c'est la seule chose sensée qui m'est passée par l'esprit.
Et dans le but d'apaiser la blonde, il dégaine son humour.
Piz: Et je crois que j'ai eu raison... Maintenant, pour que je puisse profiter de mon "paradis" en tout popularité, on peut laisser courir la rumeur du héros...
Et après une pause, il rajoute.
Piz :Je ne suis pas toi, je ne suis pas lui. Je suis moi. Et ce moi est un type bien. Qui quand il en a l'occasion, sauve les demoiselles en danger.
L'objectif est atteint, il lui arrache un sourire.
Lilly et Weevil reviennent alors se placer à côté d'eux.
La sentant enfin retrouver un certain soulagement, il continue.
Piz : Veronica, je t'ai donné mon cœur, je ne t'ai jamais trahie. Je pensais pouvoir t'apporter le bonheur. J'ai cru qu'en te demandant en mariage, nous recommencerions depuis le début. Une nouvelle chance en quelque sorte.
Il parle avec tendresse, sans amertume, sans rancœur . Juste la vérité .
Piz : Mais je n'étais pas là ce soir-là, avec vous. Je ne suis pas lié à toi, à eux. Vous avez ce secret qui vous unit mais aussi qui vous détruit à petit feu.
Veronica: Piz, cette nuit-là...
Piz : Chut ! Je n'ai jamais su si je devais être heureux ou malheureux de ne pas avoir vécu cette nuit avec vous. J'ai cru tout ce que vous me racontiez, sachant pertinemment que je n'aurais jamais la vérité. Ta preuve d'affection envers moi sans doute...
Weevil : Veronica ! Ne te referme pas, ne cherche pas à les protéger. Ils savent pourquoi vous en êtes là aujourd'hui et chacun est responsable !
Veronica regarde tour à tour le motard et son ex-fiancé. Des centaines de mots se bousculent dans sa tête, mais aucune phrase cohérente ne semble vouloir s'échapper de sa bouche.
Un sourire sincère accroché à ses lèvres pulpeuses,Lilly prend la main de son amie et l'emmène à l'écart. Toujours perdue dans ses pensées, Veronica se laisse guider.
Lilly : Veronica, toutes les épreuves que la vie t'a infligée ne sont pas justes, mais tu t'es toujours battue pour la vérité ! Pour connaître la vérité ! Grâce à toi, mon meurtrier a été arrêté. Tu es courageuse et tenace, rien ne te résiste.
Lilly décoche ses arguments avec agilité et fait mouche.
La petite blonde prête à tout pour faire éclater la vérité refait surface petit à petit.
Encore dans les méandres de ses souvenirs destructeurs qui ont fait d'elle ce qu'elle est, Veronica se laisse encore conduire par son amie et se retrouve au milieu du trio.
Weevil : S'ils restent auprès de toi, c'est parce qu'ils t'aiment et qu'ils ont confiance en toi !
Piz : Tu ne peux pas vivre avec ce poids sur tes épaules. Le remord et la culpabilité te rongent, et par là même, tu t'interdis le bonheur.
Dans cette dernière phrase pèse un léger désespoir.
Les larmes laissent place à la détermination, elle les regarde s'éloigner, tels des anges descendus du ciel pour lui apporter le pardon et la rédemption.
Veronica : Merci, je ne vous oublierai jamais.
Ce dernier cri leur arrache un doux sourire. Elle se sent s'envoler aussi. Ses pieds quittent le sol et, à nouveau, cette sensation de chaleur qui l'envahit.
Elle n'a plus ce frein, ce poids en elle ! Elle va pouvoir faire face, ne pas chercher la gloire, ni une fin heureuse, mais la vérité. De toute façon, il ne peut pas y avoir de fin heureuse.
Elle referme les yeux comme pour conserver éternellement en mémoire le souvenir de ses amis heureux et aimants.
Puis soudain... Plus de chaleur, plus de tendresse, ni de bien-être. Elle ouvrit les yeux, son cœur battait vite, très vite. Il faisait noir, elle avait froid, elle ne savait plus où elle était. La peur s'empara d'elle et, dans un geste brusque, elle essaya de se lever.
X : Veronica ?
Chapitre 15 DREAMS AREN'T YOUR REALITY
Elle n'était plus en train de rêver, c'était une certitude, au même titre qu'elle identifiait les gens près d'elle. Son père, Alicia, Dick et Logan.
Alors pourquoi ? Pourquoi ce sentiment étrange d'irréalité ?
Elle referma les yeux pour essayer de faire le point. Elle était allongée, apparemment sur les genoux de Logan, à l'arrière d'une voiture qui roulait. Une violente douleur lui étreignait la tête et, en passant sa main sur son crâne, elle perçut comme une bosse.
Conclusion : elle s'était évanouie et sa tête avait percuté le sol. Restait à savoir pour quelle raison. Elle essaya de reconstituer ce qui avait pu se passer.
Mac, la bombe, Wallace, le coup de téléphone... Piz...
Piz est mort.
L'information surgit comme ça... sans préavis. Au milieu d'images de Lilly et Weevil comme sorties de nulle part. Sur fond de phrases et de lumières tamisées qu'elle ne comprenait pas.
Piz est mort.
Combien de temps était-elle restée inconsciente ? Qu'allait-t-il se passer maintenant ? Quelles seraient les prochaines épreuves qu'ils auraient à affronter ?
Piz est mort.
Et Wallace et Mac ? Qu'avaient-ils décidé avant de partir ? Où devaient-ils se rejoindre ?
Piz est mort.
Elle les entendait murmurer autour d'elle. Elle percevait des bribes de conversation. Des questions qui se pressaient déjà sur toutes les lèvres. Elle sentit les bras de Logan se refermer un peu plus sur elle, comme pour la tenir éloignée de tout ça. Sentiment de douce protection. Elle aurait voulu tout pouvoir oublier et s'endormir.
Piz est mort.
Veronica: Ca suffit maintenant ! J'ai compris.
Elle avait hurlé contre elle-même. Contre cette voix lancinante qui lui vrillait la tête. Qui la mettait face à cette ignominie. Sauf que, contrairement à toutes ses autres pensées, celle-ci avait, de toute évidence, été énoncée à haute voix.
Keith: Honey ça va ?
Son père la regarda dans le rétroviseur, inquiet tant par sa phrase que par l'énergie avec laquelle elle l'avait prononcée.
La main de Logan effleura son visage. Douceur, tendresse, nostalgie.
Logan: Qu'est-ce que tu as compris Veronica?
Veronica: Rien... Je... Pardon. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Logan: Tu t'es évanouie quelques minutes. Le choc, je crois. Tu parlais à Wallace et apparemment...
Il hésita à poursuivre. Il ne voulait pas être celui qui lui remémorerait la mort de son futur mari. Il craignait sa réaction face à la nouvelle. Culpabilité, hargne, destruction, froideur... Il connaissait l'étendue de ses émotions quand on touchait à ses proches et le chagrin et l'abattement n'en faisaient que très rarement partie.
De plus, même s'il n'avait jamais été proche, douceur de l'euphémisme, sa mort était loin de le laisser insensible. Une fois de plus? le sang avait coulé prouvant que ce n'était pas un jeu. Et ça aurait pu être n'importe lequel d'entre eux. Ce qu'ils voulaient, c'était détruire.
Le flot de ses pensées fut interrompu par Veronica.
Veronica: Piz... Est... Mort.
Une pièce sombre et paradoxalement chaleureuse. Ces vieilles maisons de Bâton Rouge conservaient un cachet indéniable malgré le temps qui passait. Pourtant, le feu qui brûlait dans l'âtre de cette bibliothèque ne réchauffait pas encore son cœur de femme à jamais meurtrie. Ses yeux, loin d'afficher une quelconque tristesse étaient emplis d'une résolution sans faille et elle irait jusqu'au bout de son plan machiavélique, quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse.
Assis derrière son bureau, un homme la regardait en souriant.
Homme: Je vous trouve bien cruelle tout de même pour avoir continué à les faire souffrir ainsi.
Femme: Ma vengeance n'a pas de limite mon cher ami, et ce fut un vrai plaisir que de les voir enfin à ma merci. Nous sommes ainsi tous pratiquement arrivés à nos fins. Vous vouliez découvrir où se trouvait le corps de votre fils, et moi je voulais qu'ils endurent ce que j'ai pu endurer.
Homme: Me penserez-vous indiscret si je vous demande ce qu'ils vous ont fait ?
Femme: Tout vient de cette petite fouineuse, Veronica Mars. A cause d'elle ma famille a volé en éclat ; et maintenant mon mari, qui n'est plus qu'un simple d'esprit depuis cette attaque ! La hantise d'être découvert et que son édifice s'écroule le rendait si anxieux que son cœur n'a pas tenu. Elle a tout détruit autour de moi. Elle doit payer, et de la même manière que moi. En perdant ceux qui lui sont chers.
Céleste Kane se passa une main nerveuse dans les cheveux. Stan Sorokin reprenait désormais les rênes de sa vengeance. Ses méthodes lui semblaient bien trop radicales, pas assez cruelles.
Elle prendrait soin que tout ce passe comme elle l'avait prévu.
Son tailleur haute couture et ses talons vertigineux en faisaient toujours une femme des plus élégantes de la société New-Yorkaise, mais elle entendait les chuchotements lorsqu'elle se déplaçait à un gala de charité, elle voyait les regards posés sur elle, lourds de sous-entendus.
Elle était devenue une paria dans son propre monde.
Veronica: Piz... Est... Mort.
Elle avait détaché les mots un à un. Il pencha son visage vers elle pour essayer d'en décrypter l'expression. Entendre la vérité de sa bouche était encore plus perturbant. Elle secoua la tête comme pour chasser la noirceur des idées qui lui venaient. Elle se releva lentement et s'assit. Il fallait qu'elle réfléchisse et elle était trop près de Logan pour que cela s'avère possible. Pour une raison étrange, son esprit ne fonctionnait pas normalement quand elle était avec lui. Et, pour l'instant, elle ne pouvait se permettre de marcher à l'affect. Mentalement, elle dressa la liste de toutes les choses qu'il faudrait qu'elle fasse.
V voff : Agir n'est-il pas le meilleur des remèdes pour ne pas penser ?
Elle récupéra son téléphone et tenta de rappeler Wallace. Le déclenchement du répondeur instantané la ramena brusquement à la réalité. Ce n'était pas normal.
Alicia fut la première à réagir.
Alicia: Qu'est-ce qui se passe ? Veronica, réponds-moi ! Qu'est-ce qui se passe ?
Elle n'avait jamais compris l'intérêt des crises d'hystérie. Sans doute pour cela que les gens la considéraient comme froide et insensible. Seulement, elle savait que ça ne servait à rien, que ce n'était pas en hurlant qu'on résolvait les choses.
Veronica: Je tombe directement sur la messagerie. Je ne comprends pas pourquoi.
Dick: Parking ? Tunnel ? Téléphone de Wallace qui plante une fois de plus ? Ne me regardez pas comme ça ! Il y a des possibilités autres que " il a été trucidé par les psychopathes qui nous courent après " !
Keith: Veronica ? Qui sont ces gens ?
Veronica: Plus tard tu veux bien ? Pour l'instant je voudrais juste m'assurer qu'une des théories de Dick est valide.
Taire la colère qui la submergeait. Elle était toujours plongée dans les quelques mots qu'on venait de lui transmettre. Alors qu'elle parlait encore avec Stan Sorokin, la sonnerie de son portable les avait interrompus.
Aucun mort ! Un plan ficelé comme du papier à musique, un plan qui avait échoué. Keith était toujours vivant. Les deux autres aussi.
Elle avait dû faire preuve d'une grande maitrise d'elle-même pour ne pas lui lancer à la figure de manière crûe ce qu'elle pensait de son fils. Elle ne traiterait plus avec cet incapable.
Puis elle l'entendit lui dire à mots cachés que la jeunesse de son fils avait un peu exalté les méthodes employées. Qu'il irait jusqu'au bout, mais à sa manière.
Foutaises. Elle méritait de porter le coup final autant que lui. Un empire réduit en miettes, un fils disparu à l'autre bout du monde. SON fils. Celui par qui l'empire Kane aurait dû prospérer. Elle lui avait volé sa vie. Telle mère, telle fille. Les proverbes avaient parfois du bon.
Restait juste à sauver les apparences une fois encore. Les laisser croire qu'ils étaient désormais seuls maîtres du jeu, qu'elle avait mis un point final à ses conspirations avec le désormais unique héritier Sorokin. Là-dessus, elle avait été honnête.
Elle le regarda partir toute fébrilité contenue ; visage compréhensif de circonstance. C'est votre fils. Votre vengeance. Bien sur que je comprends.
Puis elle décrocha son téléphone. Appuya sur le rappel automatique.
Celeste Kane: Tuez le basketteur. Laissez-la espérer quelle peut encore une fois se jouer de nous, mais tuez-le !
La réponse ne se fit pas attendre.
X: J'ai de nouveau mes hommes dessus.
Elle ne rajouta rien, posa le combiné. Elle n'aurait jamais dû déléguer.
Elle hésitait à y croire. Peut-être avait-il raison après tout. Peut-être qu'il y avait une explication rationnelle à tout ça. Pourtant elle était sûre que quelque chose ne tournait pas rond et elle le percevait dans la voix du surfeur blond. Il avait beau avoir tenté de dédramatiser la situation, elle avait vu ses mains se crisper, son visage se fermer, son corps se tendre. Il était inquiet.
Depuis qu'il vivait à Seattle, Wallace était la personne la plus proche de lui. Qui sait de quoi il serait capable s'il lui arrivait quelque chose ?
Le reste du voyage s'effectua dans un silence pesant. Elle s'était remise en mode de réflexion, prête à l'action. Elle avait balayé au loin toutes les pensées concernant Piz, toutes les interrogations, toute l'angoisse des autres.
En descendant de la voiture, son regard fut attiré par une tâche sombre excentrée, une forme de toute évidence sans vie. Elle ne put s'empêcher de retenir un haut-le-cœur. Elle courut à toute vitesse et ses pires craintes devinrent réalité. Mac était là, bâillonnée, une lettre scotchée sur la poitrine. Vivante certes, mais sans Wallace.
Elle agit calmement. Unique moyen de ne pas sombrer. Elle défit, le plus délicatement possible, les liens qui immobilisaient son amie, enleva sa veste pour la couvrir, la confia à Logan et, seulement après, se décida à ouvrir la lettre.
A l'écart, pour ne plus entendre les hurlements d'Alicia, les questions de son père. Pour fuir le regard noir de Dick.
Elle les laissa monter Mac dans la chambre, le temps de parcourir les mots posés sur le papier devant elle. Si son sang avait encore eu la capacité de se glacer, elle l'aurait senti se figer dans ses veines. Mais elle était désormais beaucoup trop loin de tout ça.
Elle laissa peu à peu une rage sourde s'insinuer en elle. Elle ne lâcherait pas prise avant de les avoir mis à terre un à un. Ils avaient poussé cette histoire bien trop loin et ils ne l'auraient plus en jouant sur son sentiment de culpabilité. A présent, c'était entre elle et eux et elle ne perdrait pas.
Quand elle ouvrit la porte de la suite, le silence s'abattit aussitôt. Mélange de tension et d'angoisse. Elle les ignora tous et se dirigea vers Mac, recroquevillée sur le canapé, en état de choc. Elle tenta de se saisir de la main de la jeune fille, mais celle-ci se dégagea brusquement. Elle écarquilla les yeux sous la violence du geste.
Mac: Ne me touche pas... J'ai réussi à griffer mon agresseur et il doit y avoir un peu de son ADN sous mes ongles.
Ses propos la stupéfièrent. Sa meilleure amie venait de vivre des heures noires et malgré tout, l'instinct de survie, la volonté de savoir qui se cachait derrière tout ça, avaient pris le dessus sur la peur.
V voff: Mon dieu !... Comment en est-on arrivé là ?
Elle ouvrit son sac, en extirpa un kit de prélèvement, enfila des gants et, précautionneusement, retira de sous les ongles de la jeune informaticienne toutes les particules susceptibles de leur ouvrir les yeux sur l'identité de leur persécuteur. Elle scella le tout, décrocha son téléphone, s'éloigna quelques instants, revint vers eux. Elle retrouvait ses réflexes et son cerveau se reformatait lui aussi. C'était une enquête. Rien de plus. Rien de moins. Ça, elle savait gérer.
Elle se rassit à côté de Mac, la fixa droit dans les yeux. L'autre détourna la tête.
Veronica: Je sais que tu es certainement très fatiguée mais je veux que tu me racontes, le plus précisément possible, ce qui s'est passé. A partir du moment où tu es allée prendre ta douche.
Alicia: On ne peut pas voir ça plus tard Veronica ? Qu'y avait-il dans la lettre ? Où est mon fils Mac ?
Veronica: Je vais avoir besoin que tu me fasses confiance dans la façon de mener cette enquête Alicia.
Elle sentit dans le regard de sa belle-mère que c'était à contrecœur qu'elle la laissait poursuivre. Mais pour l'instant, elle s'en moquait. Tout ce qu'elle voulait, c'était entendre le récit de ce qui venait de se dérouler.
FLASH BACK
Elle vient de quitter le salon pour se rendre dans la salle de bain. Besoin d'une douche. La sensation de l'eau coulant sur sa peau, elle remercie intérieurement les hôtels de luxe d'être équipés automatiquement pour que son handicap n'en soit plus un. Elle entend au loin Dick commander, la porte se refermer sur Wallace.
" Je vais juste passer un coup de téléphone, je reviens "
Elle n'a pas le temps de percevoir un présence étrangère à peine sent-elle comme une odeur de souffre avant que tout ne devienne noir ...
FIN FLASH BACK
Mac: Je sais que c'est ridicule Veronica, mais je crois que ça fait partie de la mise en scène.
FLASH BACK
Elle reprend connaissance dans le local. Immobilisée et avec cette... bombe attachée à côté d'elle... Personne ne vient lui parler. Juste une visite rapide, dans le noir. Toujours impossible de distinguer qui que ce soit. Et toujours cette odeur d'enfer. Un flash l'aveugle, et les minutes s'égrennent
FIN FLASH BACK
Mac: J'ai vraiment cru que j'allais mourir Veronica. L'espace d'un instant, j'ai même croisé les doigts pour que ce soit vrai. Pour que tout s'arrête.
Ensuite Wallace et Piz étaient arrivés. Wallace l'avait emmenée loin et Piz avait pris sa place pour empêcher que le mécanisme... Piz... Elle leva les yeux vers son amie. Comment lui expliquer ce qui s'était passé, pourquoi ils s'étaient enfuis...
Veronica: Wallace m'a raconté. Continue.
Contrairement aux autres, elle ne tira pas de conclusions hâtives concernant son apparent manque de réaction. Elle savait que, plus l'intérieur est en train de se briser, plus il est important de sauver l'extérieur. Elle fonctionnait exactement de la même manière depuis son accident.
Ils avaient démarré brusquement quand la maison avait explosé roulant en direction du Neptune Grand Hotel. Mais moins de cinq minutes plus tard, une camionnette leur avait barré la route. Tout s'était passé tellement vite qu'elle n'avait rien pu faire.
Mac: Ils m'ont abandonnée là... quelques instants à peine avant que vous n'arriviez... Je...
Maintenant que son discours était fini, elle ne savait plus comment retenir ses larmes. Elle aurait tellement voulu dormir. Elle vit Logan s'approcher et s'accroupir devant elle. Elle s'accrocha à ses yeux. Elle ne savait pas à quel moment il était devenu son meilleur ami, mais le savoir à proximité la rassurait.
Logan: Je crois que tu as épuisé tes ressources, miss Mackenzie. Alors maintenant, la seule chose à faire est d'aller te reposer.
Mac: Non ça va aller, je t'assure.
Logan: Ce n'était pas une question.
Mac: Ne me surprotège Logan. Je ne suis pas plus fragile que n'importe qui d'autre.
Logan: Commence pas ton numéro de « handicapée qui veut pas qu'on la plaigne ». C'est quand tu fais ça que tu joues les martyres, Mac.
Son ton était cinglant, choquant. Ils le dévisagèrent tous à l'exception de la jeune fille.
Logan: Tu viens de subir plus d'épreuves aujourd'hui que n'importe qui, alors ne me force pas à user de mes muscles pour t'envoyer au lit !
Il lui ouvrit les bras, elle s'y posa sans faire la moindre remarque et, alors qu'il la soulevait pour l'emmener vers la chambre, elle osa enfin affronter les yeux de Veronica...
Mac: Je suis désolée tu sais, tellement désolée.
Veronica: Ce n'est pas de ta faute Mac. Ne pense jamais le contraire.
Alors qu'il s'éloignait avec elle vers la chambre, des bruits d'affrontement lui parvinrent du salon dans lequel il se dépêcha de revenir. Qu'elle le veuille ou non, il ferait front avec elle. Envers et contre tous.
Quand il pénétra de nouveau dans la pièce, les hostilités faisaient rage. Alicia, la première, avait ouvert le feu...
Alicia: Comment as-tu pu mêler Wallace à tout ceci ?
Et Dick s'était engouffré dans la brèche.
Dick: Une chose est vraie Veronica, ça ne sera jamais la faute de Mac. Pour la simple et unique raison que c'est et que ça ne sera jamais que TA responsabilité !
Les reproches fusaient dans tous les coins et il la vit encaisser sans rien dire. Keith essaya de s'interposer, en vain.
Alicia: Arrête de la défendre systématiquement. Ouvre les yeux ! Tous les problèmes arrivent par elle, à chaque fois. Depuis le début, elle entraîne Wallace dans des histoires pas possible que tu cautionnes ! Et pour quelle reconnaissance derrière ? Où étais-tu Veronica quand ton père a été élu shérif ? Où étais-tu quand on a annoncé nos fiançailles ? Ou étais-tu quand tout s'est écroulé après ton départ précipité pour je ne sais quelle raison ! J'ai passé des nuits à me demander s'il ne fallait pas que je t'appelle pour te demander de venir... Et maintenant que tu es là, je sais à quel point c'est une mauvaise idée. Il y a des moments où je comprends ta mère, Veronica.
Elle avait beau savoir que c'étaient la douleur et l'angoisse qui stimulaient son discours, elle prit chacune de ces phrases comme une flèche en plein cœur. Elle n'entendit même pas ce que dit son père, elle n'entendait plus rien à vrai dire. Elle les voyait juste s'agiter face à face. Keith/Alicia... Dick/Logan. Mac avait raison tout à l'heure... Si seulement tout pouvait s'arrêter.
Elle prononça juste quelques mots...
Veronica : Les ravisseurs doivent me contacter ce soir. C'est ce qu'indiquait la lettre. D'ici là, je vous conseille à tous de faire comme Mac. La suite risque d'être des plus éprouvantes et on a tous cruellement besoin de repos. Alicia, Dick, je suis en tout point d'accord avec vous, mais je ne crois pas que ce soit le meilleur moment pour en débattre. Papa, je vais avoir besoin de toi, mais pour cela il va falloir que je t'explique tout depuis le début. Laisse-moi juste une heure et je te retrouve au bureau. Je suppose qu'on t'y attend. Deux explosions passent rarement inaperçues, même à Neptune. Logan ? Si tu as quelques instants, je voudrais discuter avec toi, je t'attends en bas.
Une fois la porte refermée, elle avança dans le couloir droit devant elle. L'ascenseur, l'accueil, la voiture.
Il ne tarda pas à la rejoindre, s'installa sans un mot. Elle démarra. Sillonna au travers des rues. S'arrêta devant un labo. Descendit de la voiture. Y remonta à peine quelques minutes plus tard.
Il posa sur elle un regard plein d'interrogations.
- Tu as prévenu tes supérieurs ?
- Non. Je ne tiens pas vraiment à voir le FBI mêler à tout ça.
- Alors explique-moi comment tu arrives à obtenir de faire une recherche ADN prioritaire dans un labo d'une ville où tu n'as pas remis les pieds depuis 4 ans ?
Pourquoi fallait il toujours qu'il soit aussi perspicace !
- Une ancienne connaissance. Une source fiable de Mars Investigation.
- Tes connections m'épateront toujours !
- Je sais entretenir de bonnes relations avec les gens, même à distance.
- Oh ! Ravi de l'apprendre.
Sa réponse fusa et il la vit se mordre les lèvres. Elle remit le contact et pris la direction de la plage.
Elle descendit sans avoir réouvert la bouche et s'assit sur le sable. Il se posa à côté d'elle, respectant une distance relative pour ne pas l'effrayer.
Elle avait les yeux plantés dans l'océan et, quand elle commença à parler, elle ne se tourna à aucun moment vers lui.
Veronica: Je pourrais compter sur les doigts de la main les rares fois où j'ai pu fermer les yeux sans replonger au cœur de cette nuit-là, sans entendre les hurlements de Mac, sans sentir le sang de Sorokin dégouliner sur moi, sans revoir ta chair s'ouvrir sous le couteau qui m'était destiné. Tout est ancré dans ma tête dans les moindres détails. Alors je me demande combien il me faudra de vies pour pouvoir tirer un trait sur ce qu'on est en train de vivre...
Elle ferma les yeux quelques instants avant de poursuivre. Il resta là, immobile, enfonçant ses mains dans le sable pour s'empêcher de bondir et de la serrer dans ses bras.
Veronica: Je crois qu'il est temps que j'explique certaines choses à mon père. Je vous impliquerai le moins possible, fais-moi confiance, mais il va falloir que les autorités prennent tout cela en charge, il va falloir justifier la disparition de Piz.
Sa voix menaçait de se briser et lui était de plus en plus perdu.
Logan: Ronnie, je...
Veronica: J'avais dit non.
Il la regarda. Pas certain de comprendre.
Veronica: A sa demande en mariage. J'avais dit non. Je voulais que tu le saches. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m'a paru important de te le dire.
Avant qu'il puisse dire quoi que ce soit, elle avait déjà repris.
Veronica: Ça ne rend pas sa mort moins douloureuse. Au contraire même. Nos derniers moments n'ont pas été les plus joyeux et, malgré tout... je l'aimais. Différemment peut être mais...
Elle sembla se perdre à nouveau dans ses souvenirs. Que devait-il faire ? Que pouvait-il faire pour la ramener vers lui ?
Veronica: J'ai passé mon temps à éluder mes problèmes en fonçant tête baissée dans les enquêtes et aujourd'hui, alors que je voudrais du temps, je n'ai pas le choix. Le destin est joueur n'est-ce pas ?
Nouveau silence. Il se rapprocha tout de même un peu. Elle semblait tellement fragile.
Veronica: Je veux que tu me rendes un service Logan, il est indispensable que...
Logan: Je t'arrête tout de suite. La réponse est NON ! Une bonne fois pour toutes Veronica, il est hors de question que je fasse ce que tu attends de moi, que je me plie à cette obsession récurrente que tu as. Regarde moi bien, je ne bougerai pas d'un centimètre. JE NE PARTIRAI PAS, alors change de disque.
Elle le regarda en souriant à moitié.
Veronica: J'avais cru assimiler l'information, mais merci pour ce rappel. En fait, ce n'est pas ça que j'allais dire.
Logan: Ne me dit pas que ta phrase était " il est indispensable que l'on passe une folle nuit ensemble " parce que sinon, je demande à changer ma réponse.
Elle éclata de rire avant de rougir devant l'indécence de la situation. La voyant se renfrogner, il lui sourit, l'air contrit.
Logan: Excuse-moi. C'était déplacé. Vas-y je t'écoute.
Veronica: Je vais avoir besoin de toi. Je me doute que la famille de Gory est derrière tout ça, mais je ne pense pas que les analyses le confirment. Ils sont assez influents pour pouvoir faire appel à des petites mains. Je ne peux pas passer par mes réseaux habituels et aussi efficaces que soient mes contacts officieux une recherche d'ADN prend du temps. Et c'est justement ce qui nous fait défaut. Je ne sais pas quand il se décideront à frapper de nouveau et je veux que l'on ait le maximum de chance de notre côté. Pour ça j'ai besoin que toi aussi tu fasses appel à tes propres ressources.
Il la dévisagea, l'invitant à poursuivre.
Veronica: Ne te méprends pas Logan, je ne sous-entends pas que tu trempes dans des affaires louches, mais le milieu du jeu est un regroupement de racaille sans aucun scrupule. Je suis donc intimement persuadée qu'en mélangeant nos cercles d'influence, nos recherches aboutiront deux fois plus vite. Reste à savoir si tu penses pouvoir accéder à certaines personnes et surtout si tu veux le faire. Ce n'est absolument pas exempt de risques et je ne peux garantir que tes affaires n'en pâtiront pas.
Au son de sa voix, il sentit qu'elle paniquait. Qu'elle avait peur qu'il se méprenne sur le sens de ses paroles, que le fait de l'impliquer aussi clairement la tétanisait. Il se leva pour se rasseoir juste derrière elle. Il inclina sa tête contre son torse et, enserrant sa taille de ses bras, il chuchota à son oreille.
Logan: Tu es certaine de ne pas vouloir me proposer une folle nuit d'insouciance à la place ? Parce que ça serait nettement plus drôle !
Il perçut le relâchement de son corps sous la plaisanterie. Il ne lui en voulait pas et ça suffit à la rassurer.
Logan: Bien sûr que je vais t'aider. Bien sûr que je suis prêt à plonger, tête la première, au milieu des pires raclures de Vegas si ça peut nous permettre d'avancer, mais avant je veux que tu m'écoutes Veronica. Dick n'a pas raison et Alicia non plus. Si quelqu'un est responsable de toute cette merde, c'est Gory, lui et uniquement lui. Tu n'es qu'une victime, rien d'autre. Je ne dis pas que ça justifie tout ce qui s'est passé cette nuit-là. Mais on est tous responsables. Tu ne nous as pas forcés. On savait ce qu'on faisait.
Veronica: Tu parles comme Weevil...
Logan: C'est censé être un compliment ?
Une nouvelle fois, elle sentit ce sentiment de protection totale dans ses bras . « Quoi qu'il arrive je serais là ». Une phrase lancée des années auparavant. Une promesse qu'il avait toujours tenue. Malgré elle.
Faisant fi de la bienséance et de toutes les voix hurlant à l'indécence, au manque de respect envers le corps à peine froid de celui qui avait partagé sa vie pendant cinq ans, elle éprouva comme une urgence. Comme un besoin viscéral de se confier. Les dernières vingt-quatre heures lui avaient montré à quel point leur espérance de vie pouvait se réduire rapidement. Elle se blottit contre lui, resserrant ses bras autour d'elle.
Veronica: Je pourrais aussi compter sur les doigts de la main les rares fois où tu ne m'as pas manqué... J'ai besoin de toi Logan.
Chapitre 16 : THE NAKED TRUTH
Un instant volé juste pour eux, sur cette plage ...
V ne bougeait plus, la tête posée sur son épaule, savourant la douceur de l'étreinte.
Logan ne parlait plus, se prenant à rêver d'un ailleurs, où la mort ne roderait pas, où rien ni personne ne pourrait les atteindre.
Mais la réalité ne tient pas compte de ce genre de considération. Et d'un statut de futur ex, son ancien rival se voyait soudain auréolé d'un premier rôle de martyr.
Il savait que ce n'était pas opportun. Il était conscient que la décence ne permettait pas de telles considérations.
Il aurait dû le regretter, tout au moins, être attristé.
Pourtant il l'enviait. D'une certaine façon, il avait fini en beauté, ressortant plus grand qu'il ne l'avait jamais été de cette tragique explosion. Le héros avait changé de masque.
Et cette mort aurait des répercussions; sur elle, et par conséquent sur lui ... peut-être même sur le quelque chose qui se profilait entre eux.
Mais pour le moment il fallait faire face, se refuser à mettre des mots sur ce qu'il ressentait depuis qu'il avait mis les pieds à Neptune.
Se refuser à penser plus avant. Ou même ressentir. S'il survivait à tout ça, alors peut-être ...
Au bout d'une longue minute, elle se redressa et grimaça tristement.
Veronica: Si nous nous en sortons tous les deux, je te promets une nuit dont tu rougiras encore lorsque tu seras un vieux monsieur !
Alors que, la veille, il pouvait lire la peur et la culpabilité dans son regard, désormais il n'y voyait que détermination et envie de vaincre.
Il s'apprêtait à répondre, quand la jeune femme s'échappa pour se remettre sur ses pieds. Il en fit de même en époussetant ses vêtements et continua sur ce même ton badin qu'ils affectionnaient tant.
Logan : Je prends note ... Une folle nuit avec Mars. Je voudrais juste être certain qu'il y aura du sexe...
Veronica : Il y en aura ! Mais avant, on ira à la fête foraine pour que tu me gagnes mon ours en peluche !
Logan : Et quand tout à coup tu verras passer un troupeau de poneys roses, je commencerai à me réveiller!
Légèreté et décalage. Ils voulaient profiter encore un peu de ce moment d'insouciance. Les ravisseurs de Wallace n'allaient plus tarder à donner leurs instructions.
Les portières de la voiture claquées, ils reprirent leur sérieux. Les prochaines heures allaient être pénibles.
Logan saisit son téléphone et appela ses contacts à Vegas. Il se contenta de deux coups de fil, à son bras droit et au chef de la sécurité de son casino. Il ne restait qu'à attendre.