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Série : Veronica Mars
Création : 25.09.2008 à 08h42
Auteur : estel6317
Statut : Terminée
Librement inspirée du quartier de Dawson, vous pouvez poster ici vos histoires courtes (OS). Les règles sont définies dans le premier paragraphe
Cette fanfic compte déjà 313 paragraphes
Quand on arrive en ville…
Il détestait déménager. Il détestait quitter ses amis, quitter ses habitudes. Il détestait son père et pas que pour sa manie de choisir les contrats qui font voyager. Il rajusta son casque de mp3 pour ne plus les entendre lui expliquer la chance qu’ils avaient de venir en Californie.
L voff : C’est votre chance. C’est pour vos carrières qu’on part toujours. Et moi ? Je suis. Je subis. Toujours.
Résigné, il porta son regard sur le paysage.
L voff : La plage, l’océan….
Il sourit. Un surfeur attendait couché sur sa plage SA vague de la journée.
L voff : Le temps de m’extasier dignement devant la maison et j’arrive…
Il détestait déménager autant qu’il adorait surfer. Il ne souvenait plus de comment cette soudaine envie de glisser sur l’eau lui avait pris. Mais, elle ne l’avait plus quitté depuis le jour où il a essayé. Il s’accrochait à sa passion comme à une bouée. Il faut dire que partout où ses déménagements le menaient il y avait une plage, des vagues. Il perdait tout à chaque départ mais conquérait à chaque nouvelle plage un peu plus de dextérité sur sa planche. Au fil du trajet sa douce amie disparût, laissa la place à des jardins, des maisons pavillonnaires, les maisons du peuple comme disait son père. Il regardait sans voir les adolescents jouer au foot, au basket…
L voff : Ils sont sûrement sympas mais ils n’ont pas notre code postal… A moi, les petits copains friqués et tout guindés qui ont peur de se salir…
Faillit tourner le dos à la route quand une scène retint son attention. Des filles jouaient sur une pelouse au foot. Mais c’était la fille blonde aux cheveux longs, qui se retrouvait le nez dans l’herbe qui attira son attention. Elle s’était.
L voff : Du sang, bientôt les cris, les larmes…
Il n’en fût rien.
L voff : Ah ?!
Petite syllabe déçue, intéressée… Il ne saurait le dire. Elle se releva. Essuya ses genoux et repartit à l’attaque. Reprit le ballon des pieds de l’adversaire et marqua. Elle exulta. Il avait suivi malgré lui toute l’action. Avait laissé le petit frisson qui naissait dans son ventre l’envahir, jusqu’à toucher son cœur. Avait poussé un petit cri satisfait quand elle avait marqué. Se tordit le cou quand le terrain commençait à disparaître à l’horizon. Ouvrit sa fenêtre pour la voir une dernière fois.
L voff : Qui es-tu ?
Elle sautait dans les bras de son père.
Père : Quelle remontée !
Fille : Je lui ai montré de quel bois je me chauffe !
Père : Oui et dans la limite des règles.
Fille : une vraie Mars !
Le père lui ébouriffa les cheveux, tout sourire.
L voff : Mars…
Il passa son buste par la fenêtre pour lui faire signe. Elle ramassait ses affaires avant de rentrer à la maison. Elle allait rejoindre son père quand le radar Mars l’alerta. On l’observait. Elle scruta les alentours. Elle le vit, à demi sorti de son Alfa Roméo.
Fille : Dad’, y a des nouveaux… Mignon, le fils…
Logan dans sa voiture eut du mal à cacher sa surprise.
Keith : Veronica !
L voff : Qui es-tu Veronica Mars pour parler comme ça ?
Veronica : Quoi ?!
Keith soupirant : il faut que je dise à Jake Kane de surveiller le vocabulaire de Lily, elle a une…
Veronica : mauvaise influence sur moi, gna gna gna…
Logan n’en entendit pas plus. Il se fit rappeler à l’ordre. S’en moqua, il avait entendu l’essentiel, avait trouvé quelque chose de positif dans cette ville, et détenait peut-être un moyen de la revoir. Finalement, le déménagement ne serait pas une mauvaise chose.
Logan : Dites, nos voisins s’appellent bien Kane ?
Impression -bizarre- Soleil Levant
48 heures ininterrompues de trombes d’eau avaient perturbé la vie des sud californiens pas vraiment habitués à ce genre de débordement des éléments. Peu de voitures dans les rues, activité pratiquement réduite à néant, les gens bloqués chez eux attendaient que ça passe en gardant un œil sur la TV et ses bulletins météo.
Le premier jour et une partie de la première nuit, coincés dans leur suite du NGH, les deux acolytes avaient usé pour ne pas dire abusé, de tous les jeux vidéo à leur disposition.
Au matin du second jour quand un Dick bourré de tics mais déjà prêt à remettre ça s’empara de son joystick, Logan y mis le holà. Pour sauvegarder le solde de santé mentale de son pote et, qui sait, lui ouvrir quelques horizons culturels, il lui concocta un marathon de cinéma nippon.
Dick renâcla pour la forme, mais aidé de quelques bières, il parvint à s’intéresser au Ran de Kurosawa. Pour découvrir Kitano et Oshima tout en restant couleur locale alors qu’il faisait faim, il se commanda un énorme plateau de sushis qu’il dévora sans quitter l’écran des yeux, sous le regard un peu affolé de son coloc. La seconde nuit était bien entamée quand la séance s’acheva. L’Empire des Sens avait-il frappé ?... Le blond arborait un petit sourire étrange. Il se leva et, sans prononcer un mot, partit s’enfermer dans sa chambre.
À l’entame du troisième jour, le ciel s’était refait un ton azur au grand soulagement de Logan qui ne savait plus quoi inventer pour occuper son pote à autre chose qu’aux jeux vidéo.
Pour profiter de ce retour du soleil, il se fit servir le petit-déjeuner sur la terrasse. Tandis qu’il consultait la presse, il soupira d’aise. Ce calme… Non !... Les cheveux en bataille, les yeux pas tout à fait en face des trous, Dick venait de faire son apparition.
- Dude ? Mauvaise nuit ?
- Mmmm
Sur cet unique borborygme, il s’installa à table, se servit un café. Comme un automate, il récupéra un pancake qu’il arrosa de sirop d’érable. Logan qui ne le quittait pas des yeux fut forcé d’intervenir. Le flacon tout entier menaçait d’y passer.
- Hey Mec ! Ça va ?
Un peu surpris, Dick arrêta son geste. Relevant la tête, il afficha un sourire béat.
- Tu m’étonnes que ça va ! Ça va même très bien parce que cette nuit, j’ai rencontré une fille…
- Ben voyons ! Quoi de plus naturel. Des nanas, il y en a plein les placards du NGH. Et elle a un nom ta rencontre nocturne ?
- Mince !... Je lui ai pas demandé et, pour ta gouverne, je l’ai pas trouvée dans ma penderie. Ça s’est passé bien mieux que ça.
- Développe ! Tu m’intéresses.
Alors Dick expliqua.
- Le truc magique ! Dans mon rêve, je feuilletais Play Boy… Comme d’habitude, plein de super nanas, mais à la double page centrale, j’te dis pas…
- …Ben si ! Tu vas me dire. J’en ai peut-être pas l’air, mais je suis pendu à tes lèvres.
- Une fille… Non ! Pas une fille. Une femme appétissante, une à te donner envie de passer le reste de ta vie dans ses bras. Peau de velours et toutes les rondeurs qu’il faut juste là où il faut. Cheveux coiffés en chon mage et shimekomi pour seul vêtement. Une femme qui, de sa page, m’observait. Quand j’ai osé lui dire bonjour, elle en est descendue et a entamé sa danse pour moi… Shiko, chiri-chôzu…
- ...Mais qu’est-ce que tu racontes ?
- Vocabulaire du sumô. Elle m’a appris les mots et m’a félicité pour ma prononciation bien que je ne sois qu’un maezumô. Sa voix… Waouh ! Douce, grave… J’en ai encore des frissons dans le dos.
- Dick ! STOP ! Là, tu me fous vraiment la trouille. Tu es en train de me dire qu’une japonaise sortie d’une revue masculine t’a filé un cours de langue en dansant ? J’ai sûrement déconné quelque part… Trop de films d’un coup, t’as pas pu tout digérer…
- …J’ai pas dit japonaise, j’ai dit femme… Une vraie, une avec un grand F…
- …Laisse tomber ! Reviens aux fondamentaux. On sort les planches ? On va s’offrir un spot ?
- Maintenant ?... On est vraiment obligés ? Parce que, si je veux qu’elle me dise son nom, je dois aller retrouver la femme de ma vie.
- Houla ! C’est pas gagné. Dick, sors de ta quatrième dimension tout de suite. Cette femme «soit disant» de ta vie n’existe pas. Ce n’est qu’un fantasme engendré par un trop-plein de japonaiseries. Y croire ne va te procurer que des déconvenues.
- Un fantasme ? Peut-être, mais il est vachement bon. Et parlons de toi… La Blondie qui hante les rêves de toutes tes nuits, elle est bien vivante si je ne m’abuse. Pourtant, question déconvenue…
- Terrain glissant. Je réclame un temps mort.
- Accordé ! On sort les planches. Dis, j’ai le droit de choisir le spot ?
Private joke. For …’s eyes only.
INSTANT VOLE
Veronica entre dans l’isoloir pour voter, bien évidemment pour son père. Elle ressort et marche sous la pluie.
Elle pleure, trop de pressions, trop de deçeptions, trop de doutes!! Ses larmes se mélangent à la pluie qui ruisselle sur son visage. La pluie réchauffe son visage, comme la main douce d'une mère qui carresse la joue d'une enfant triste. Elle presse le pas, peut être la pensée de sa mère qui rend presque désagréable la sensation de la pluie sur sa peau.
Au coin de la rue, elle rentra en contact avec un homme. Ce contact, cette odeur, cette sensation cette osmose entre son corps et le sien : un bien être. Elle aurait pu comparer cet instant au instant de bonheur pur que certains décrivent ceux qui sont morts quelques minutes. Elle se sent bien, elle voudrait que le temps s'arrète içi, maintenant. La pluie redouble mais elle ne bouge pas. Elle intensifie même cet instant en passant les bras autour de lui comme pour le retenir. Un instant sans cause et sans conséquence. Un instant qui n'appartient qu'à ceux qui le créaient.
Il sort de ce qui lui sert de maison, marche, sous la pluie, elle est si rare. Il est pensif, il repense à ces derniers jours, aux paroles échangées, aux coups qu'il a reçu et donné. Il pense à elle . Et elle pense -t-elle à lui? Surement pas, pas après ce qu'elle lui a dit, pas après ce qu'il a fait ou pas.
Il pense à sa mère, elle aimait la pluie, elle lui manque tellement!! Elle lui avait dit un jour qu'elle aimait la pluie, elle aimait la sensation de la pluie qui chatouillait la peau. Elle est comme les mains de quelqu'un qu'on aime. Il marche, ferme les yeux et léve la tête pour pouvoir mieux sentir la pluie. Il attend d'elle qu'elle lui lave les idées, qu'elle lui fasse oublier ne serait-ce qu'un instant. En plus, elle fait fuir les gens qui ne l'aime pas. Comme lui veut fuir les gens, il la rejoins. La pluie, peut-elle vraiment lui apporter la solution ? Il en doute mais au moins, l'espace d'un instant il oublie!! Il ne pense plus qu'à la pluie.
Au détour, d'une rue, il sent une collision entre son corps et celui de quelqu'un, comme il s'apprète à s'excuser et partir, il sent cette odeur si familière, cette présence si agréable, si paisible. Il reste là sans bouger puis au bout d'un moment il sent ses bras passés autour de sa taille. Pas le temps de penser au passé, pas le temps de penser au futur, juste apprécier le moment présent, sentir son coeur battre contre sa poitrine. Combien de temps, cet instant magique peut elle durer ? Peu importe !! En profiter c'est tout. Il hésite et passes aussi ces bras autour d'elle. Elle est tellement parfaite. Tellement parfaite, peut être même trop parfaite. Pas le moment, pas le moment de penser à ça!! Laisser aller son coeur en direction du sien. Ce moment a été si rare ces derniers temps.
Puis il se met à repenser : quel avenir ? Se cachés pour mieux profiter de ces instants, pour ne pas faire souffrir les autres? Ils ont déjà essayés! Et puis où peut-on se cacher mieux que dans une rue déserte sous une pluie averse?
Elle sent ses bras l'entourés, ca lui fait du bien. Puis, elle semble redescendre sur terre, son instant magique devient trop lourd!! Trop lourd de conséquences, trop lourd de passé, pas lourd de sens interdit et d'impasse!! Elle se hisse sur la pointe des pieds, pose ses lévres furtivement sur les siennes et dit « merci ».
Il la sent enfin bouger, peut être le moment d'ouvrir les yeux? Non, il sent ses lévres se poser délicatement sur les siennes. Il n'ose pas bouger de peur de la faire fuir. Puis il entend « merci » et sent son corps se détachait du sien, ses bras le libérés et il a envie de crier NON mais il n'en a pas le temps.Elle est partie.
Elle se détache brusquement de lui, elle n'a pas le droit. Son coeur appartient à un autre. Elle part.
Il attend les yeux fermés qu'elle revienne vers lui comme elle l'a souvent fait.
Elle s'en va d'un pas décidé, sachant que c'est sans espoir.
Au bout d'un moment, il entend la voiture démarrer.
Elle monte dans sa voiture, démarre, hésite un instant.
Il ouvre les yeux, se retourne court.
Elle passe la première et s'en va.
Il court, plus vite, voit la voiture partir et s'arrète.
Tous deux pensent à cet instant qu'ils noublieront jamais, un instant volé au présent. Un instant qui doit rester unique et n'appartenir qu'à eux.
Allongé sur son lit, les yeux fixés au plafond, il pense à sa vie. Toute sa vie se résume en un mot : à revoir.
Famille : la relation qu'il a avec sa demi soeur est loin d'être une relation fraternelle;
Amis : la plupart de ses amis sont ceux de Véronica à part ce bon vieux Dick;
Amour : catastrophe mais il ne doit s'en prendre qu'à lui même;
Maison : pas très personnelle.
Est ce que rater sa vie est héréditaire? En tout cas, une chose est sûre, l'argent ne fait pas le bonheur!!
Et si la solution était de changer tout simplement?
Changer sa relation avec sa soeur, changer ses connaissances en de vrais amis, changer de maison ou plutôt acheter un appartement où il se sentirait enfin chez lui.
Pour les amours, ce sera un peu plus compliqué car il savait que pour être heureux il ne pouvait pas se passer d'elle mais comment la faire revenir? Comment lui faire comprendre qu'il est prêt à changer pour qu'ils soit enfin heureux ensemble? Ce sera la dernière chose à faire. Peut être qu'en voyant ces changements, il lui prouvera qu'il a changé!!
Mais pour le moment dormir et demain tourner la page!!
Il trouva rapidement un appartement. Il y voyait les soirées entre amis et les diners de famille avec sa soeur et bien sûr sa petite blonde préférée vivre à ses côtés.
Le début d'une nouvelle vie. Il lui restait juste à écrire la suite. Peut être le début du bonheur?
Entrée en matière
Quatre garçons, deux filles et une certaine fébrilité dans l’air.
Dans la salle de réunion, face au tableau électronique sur lequel défilaient en boucle les visages de tous les instructeurs qu’ils auraient à côtoyer, ils patientaient. De moins en moins calmement au fur et à mesure que les portraits réapparaissaient.
- Yeah ! GI’Joe is back. Vous ne le trouvez pas un peu… Heu !... Brut ?
- Non ! Pas brut… Burt, préparateur physique. C’est ce qui est écrit dessus.
- Ils ont dû nous kidnapper Burt chez les Marines. À voir la tête qu’il fait, il ne s’en est pas encore remis.
- Vous croyez qu’il applique encore la devise « Semper Fidelis » ?
- Sûrement, mais en y rajoutant « Blood, sweet and Tears » par esprit de vengeance.
Etc… Etc… Une ambiance de rentrée des classes s’était peu à peu installée. Coups d’œil et sourires adressés aux voisins, boutades lancées à la cantonade avaient détendu l’atmosphère, tout du moins pour cinq des six jeunes gens.
Weller avait tout observé, mais n’avait pas participé. Tandis que les autres faisaient plus ample connaissance, après avoir tiré cahier et crayon d’un cartable plutôt incongru en ce lieu, l’entité six du groupe prenait fébrilement des notes. De temps à autre, une bribe de conversation la tirait de son travail. L’air pensif, elle écoutait un instant avant de replonger. Mais qu’avait donc Weller de si important à écrire ?
**********
En débarquant la veille, elle avait dû franchir deux check points et, à chaque fois, montrer patte blanche aux cerbères qui protégeaient l’accès au sanctuaire. Examen à la loupe de sa convocation. Contrôle d’identité. Recherche de son nom sur la liste des entrants de la journée. Il avait fallu plus d’une heure pour qu’elle voie la dernière barrière se lever.
- Suivez les panneaux centre de formation. Garez-vous sur le parking 2B et présentez-vous à l’accueil dans moins de 10 minutes. Nous les informons de votre arrivée.
Elle avait failli hurler « Yes Chef ! Oui Chef ! » mais s’était retenue, se contentant de leur adresser un sourire faussement confus avant de démarrer.
Académie de police fédérale, Quantico, Virginie. Ce stage d’été, elle en avait rêvé. Maintenant, elle y était. Ce premier contact un peu abrupt attestait d’une chose : le FBI n’avait rien du club de vacances. L’attitude de l’agent en charge des stagiaires le lui avait confirmé.
Sans lui laisser le temps de souffler, de poser des questions, il l’avait entraînée derrière lui. À l’anthropométrie : tirage de portrait, relevé d’empreintes et de mensurations. Super ! On venait de la ficher sans qu’elle puisse protester. À l’économat, remise de « l’uniforme » : short beige, chemisette bleu nuit au marquage FBI pas très discret. Avaient-ils peur de la perdre ?
Toujours au pas de charge, il l’avait ramenée dans l’entrée, lui demandant de ne pas bouger de l’accueil avant de s’éloigner. Ne pas bouger, OK ! Mais il ne le lui avait pas interdit d’utiliser ses yeux. Alors, elle s’y était employée. La curiosité tue peut-être les chats. Par chance, elle n’était pas de cette race-là.
Il était revenu un quart d’heure plus tard. Remise de son laissez-passer et d’une clef. Le tout assorti d’instructions précises.
- Badge autour du cou et port de l’uniforme impératifs pour tous vos déplacements dans le centre. Vous êtes chambre 312, troisième étage, ascenseur gauche. Installez-vous, changez-vous. Retour ici dans une heure.
Elle avait acquiescé en bouillant intérieurement. Les ordres n’avaient jamais été son truc, mais pour sa paix intérieure, elle avait décidé de la jouer zen.
Chambre 308… 310… 312. Un bristol punaisé sur la porte. Deux noms : Mars, Weller. Mince ! Une co-turne. Alors elle avait frappé. Pas de réponse. Elle était entrée et, avant de s’installer, avait fait le tour du propriétaire. Grande pièce claire, confort spartiate : deux lits, deux armoires, deux bureaux.
Weller avait déjà pris possession de la moitié des lieux. Radio-réveil sur l’un des chevets, piles de bouquins sur l’une des tables. Comment faire connaissance avec cette Weller absente ? En jetant un coup d’œil sur sa lecture.
Hypnotisme et suggestion. La science et la vérité. De nos antécédents. Freud et Lacan. La fille faisait dans le sérieux, mais de toute évidence, elle n’avait pas encore choisi sa chapelle. Affaire à suivre.
Elle avait passé sa tenue FBI et finissait de ranger ses affaires quand sa collègue de chambrée s’était pointée. Une grande brune à la beauté austère qui s’était présentée de façon lapidaire.
- Weller, Boston.
Pas de prénom ? OK ! Elle avait répondu de la même manière.
- Mars, Neptune. Je ne fais pas dans l’astrologie, plutôt dans les enquêtes et la criminologie.
- Je vois. Futur agent de terrain ?
- Je m’y emploie. Et toi, c’est quoi ton futur ?
- Intégrer le bureau d’analyse du comportement dès que j’aurai soutenu ma thèse.
- Ton sujet ?
- Attitudes de l’individu et du groupe face à l’autorité.
**********
Ils se calmèrent tous quand trois personnages firent leur entrée. Numéro un très digne, coiffure stricte et costard sombre. Numéro deux tout en muscles, crâne rasé et survêtement. Numéro trois dégingandé, tignasse ébourifféé et pull informe. Pas très couleur locale, Monsieur Trois ! Pourquoi lui fut-il immédiatement sympathique ?
Monsieur Un, le Directeur Jones, leur adressa un petit speech de bienvenue. Ils suivraient le cursus des agents en formation et seraient à la hauteur, il en était persuadé. Après avoir répondu à leurs questions, il laissa sa place à Monsieur Deux qui fut plus que succinct dans son exposé.
Présentation : Major Burt, l’appeler par son titre. Désignant Monsieur Trois : Dès que le Professeur Ryan en aurait fini avec eux, il les prendrait en main. Visite médicale et tests d’aptitude physique. C’est tout ce qu’il avait à leur dire. Intérieurement, elle cria « Rompez ! ».
Jones et Burt sortirent. La porte à peine refermée, Ryan déplia sa grande carcasse et le show commença.
- Ave jeunes gens ! Merci de ne pas me répondre morituri te salutant car mon domaine n’a jamais tué personne, bien au contraire. L’instruction criminelle réclame vivacité d’esprit et réflexion approfondie. Je vous soumettrai des cas que vous résoudrez en activant des neurones dont, pour l’instant, vous n’avez même pas idée qu’ils existent. Prêts pour le jus de crâne ?
Ils acquiescèrent comme un seul homme.
- Je sais que certains d’entre vous étudient déjà la criminologie, mais reprendre tout à zéro n’est jamais inutile. Redde Caesari quae sunt Caesaris et à Quintilien ce qui lui appartient. À savoir : Quis, quid, ubi, quibus auxiliis, cur, quomodo, quando ? Ces 8 mots prononcés 2000 ans avant notre ère sont la base de toute instruction criminelle… Hey ! Je vous sens perturbés. Un petit blocage avec le latin ?... Traduction en langage usuel : Quel est le coupable ? quel est le crime ? où l’a-t-on commis ? par quel moyens ou avec quels complices ? pourquoi ? comment ? quand ? Waouh ! J’aime voir vos visages s’éclairer quand vous comprenez. Ces 8 questions + les 8 réponses qui collent = affaire bouclée + satisfaction de l’enquêteur et de sa hiérarchie. Gardez cette équation en tête, elle vous servira toujours. Avant de continuer, il me semble qu’un ban pour Quintilien s’impose. Debout jeunes gens !
La suite fut à l’avenant. Ryan savait tenir son auditoire, le faire réfléchir et exprimer clairement ses idées. Quand il leva la séance, il s’attira un « Déjà ? » unanime et surpris.
- Loi de Ryan : Quand matière grise commence à sentir le brûlé, Ryan arrêter l’électricité. Dura lex, sed lex. Maintenant, filez ! Le corps médical va s’impatienter.
Ses cinq collègues gagnèrent le dispensaire en commentant ce qu’ils venaient de vivre tandis que, s’interrogeant sur son devenir, elle traînait en arrière. Les bénéfices tirés de l’enseignement de gens compétents comme Ryan compenseraient-ils les effets néfastes d’ordres l’incitant à tout plaquer ? Ben oui ! C’était une évidence. Elle ferait le poing dans sa poche. Personne n’aurait sa peau. Rassérénée, elle pressa le pas pour rattraper les autres.
Défi War Word...
Campus de Hearst lundi après-midi.
- Hey, Miss Mars, c'est la rentrée. Tu as sorti ton nouveau cartable et tes beaux crayons?
- Très drôle Mister Navarro!
- Non, sérieusement, tu vas bien? Ton été n'a pas été trop rempli d' histoires de détective et de crime et châtiment...?
- Wow, Eli, c'est très impressionnant. Tu as révisé tes classiques pendant les vacances. Mais bon c'est pas trop la classe les références littéraires pour ta réputation de Bad Boy.
- Les gens changent, Sherlock Holms, les gens changent.
- Je vois le tableau d'ici: l'ex Bad Boy repenti qui travaille maintenant au service de la communauté. On pourrait en faire un film.
- Moque toi Mars, vas-y! Quand je vois ce qui sors de cette fac, je me dis que je suis bien où je suis.
- Tu t'es transformé en Little Bouddha pendant cet été!
- Ha, ha, ha, Mars, très drôle!
- La littérature, les langues étrangères, tu es prêt pour le doctorat, Weevil!
- Les sarcasmes, l'humour noir et le nez prêt à fouiner les moindres recoins, tu es prête pour une nouvelle année de mystères, Miss détective!
Défi WW de Calypso septembre 2010
Le tic tac silencieux de son réveil décomptait péniblement chaque minute qui s'écoulait. Les chiffres s'égrenaient au gré du temps éclairant un peu plus le plafond et ce changement de luminiosité l'agacait encore plus que la trotteuse de son vieux réveil mécanique qu'elle avait jeté à la fin de l'année dernière pour fêter la délivrance des vacances d'été.
Elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Demain, un nouveau jour ... Demain une rentrée comme les autres surtout. Paumée au milieu des bourgeois de Neptune High, tout droit sortis du Diable s'habille en Prada. Sac à dos noir discret en guise de cartable, elle allait essayer de se fondre dans la masse jusqu'au radiateur du fond de la classe, invisible petite souris ... Ou Rat ?
Cette pensée la fit sourire. Et si elle était plutôt un Pettigrow, brandissant son crayon en guise de baguette magique ? Incantant des sortilèges .. Furunculus ! Dentesaugmento ! Evanesco ... et hop plus de Madison avec ses furoncles et ses longues dents !
Malheureusement elle n'était pas un rongeur et encore moins une rousse flamboyante figurant au tableau d'honneur de Hogwarts, fidèle amie de Harry Potter à l'école des sorciers !
Non elle était juste une pomme, même pas une petite manzana alcoolisée pour dérider les jours tristes .. juste une pomme, le symbole perdu sur un clavier pour tous les novices de la marque fruitée.
Sur ce délire ente chien et loup , entre conscience et rêve, Mac s'endormit ...
Aujourd'hui c'est la rentrée. Une rentrée un peu particulière car à la fac., pas de nouveau cartable, pas de nouveaux crayons qui sentent bons le neuf. Juste un sac à dos, un bloc de papier et un crayon de papier ou un ordinateur portable.
Elle passa devant un tableau d'information où elle vit sa photo. Elle seule s'était arrêtée mais qui se souciait de la disparition de l'agent d'entretien, celui qu'on croise sans le voir? Pourtant, tout au long de la journée, elle s'attendait à le voir au détour d'un couloir, en train de réparer une prise ou de changer une serrure en lui lançant :
« holà, gringa ! Como estas? Et tes vacances, bien passées? Nouvelles chaussures, la classe!»
Oui, Eli, OU ES-TU?
Lui, si différent du Eli Navarro, chef du gang des motard, BIEN CONNU DES SERVICES DE POLICE. Serais-tu retourné vers tes VIEUX DÉMONS. Une rumeur courrait dans son ancien quartier comme quoi un ancien membre du gang, fraîchement sorti de prison, se serait vengé car Eli l'aurait dénoncé et aurait jeté son corps dans la mer. Elle avait du mal à l'imaginer mort. ET SI C'ÉTAIT VRAI?...
Nécessité d'accepter
Un verre, juste un petit verre (le troisième...) pour se mettre dans l'ambiance. Juste pour tenir la cadence. Juste pour rire au bon moment, pour ne pas être à contre temps.
A contre temps. 3 mots qu'elle ne veut plus connaitre. Ces 3 mots qu'elle ne veut plus utiliser comme les autres déjà bannis depuis ce jour.
Elle termine son verre. Glisse une mèche rebelle de ses cheveux coupés si courts derrière son oreille percée d'une multitude de boucles. Rajuste son top Lynx à paillettes si court et incongru sur son ventre trop plat. File onduler sur le tempo. Elle ferme les yeux. Se laisse guider par les oreilles. Elle se déhanche, tourne virvolte.
Sa danse aveugle s'arrête quand une main chaude, puissante se cale au creux de ses reins. Elle sourit. Elle ne rentra pas seule ce soir. Elle pourra réaliser tous ses fantasmes avec celui-ci bien vivant et présent.
Elle se retourne pour lui sourire.
Il n'a droit qu'à un rictus.
- Veronica, tu devrais rentrer...
Elle se détache de sa main. Elle ne veut pas le voir, pas ce soir, ni jamais. Elle fait signe à Dario de remettre la même chose. L'homme insiste.
- Tu as bien assez bu...
- J'ai soif. dit-elle en descendant sa vodka.
- Ronnie...
Elle se mord les lèvres, il n'aurait pas dû aller par là. Elle reprend la même chose. S'éloigne vers les baffles pour ne plus l'entendre et pour descendre son anesthésique calmement. Mais le DJ en a décidé autrement.
Sway envahit l'air.
L'homme secoue la tête, peiné. Le verre tombe au sol. Bris de verre. Débris de cœur.
La main possessive se fait tendre et amicale. La voix se pare de ce ton réservé aux grands blessés.
- Veronica, il est temps...
Elle se retourne soudainement, brusquement. Elle le heurte. Elle se blottit contre lui. L'enserre de ses petits bras aujourd'hui amaigris. Une caresse contre quelques larmes qui daignent enfin sortir trois mois plus tard. Elle relève le menton, s'il ose une remarque, elle ne répond de rien. Il se contente de lui caresser la joue émaciée, d'effacer ce trop plein de blush qui n'a pas réussi à le bluffer.
- Tu as trop bu. Je te ramène.
Il la couvre de son cuir. Elle le suit. S'il lui offrait sa main, elle la prendrait sans hésiter. Mais il n'est pas encore disposé à lui faciliter la tâche. L'acceptation se fait seule. Fidèle à son principe, il se tait, laisse l'auto-radio muet. Il attend. Il aperçoit les croix du cimetière quand sa voix cristalline rompt le silence.
- Arrête-toi. J'en ai pas pour longtemps...
Il la laisse faire, attend. Il sait l'instant primordial. Une minute, puis 5, puis 10. S'apprête à franchir la grille quand elle reparait les bras nus croisés sur son torse dévêtu ; exit le top Lynx à paillettes.
Elle a abandonné son surnom et sa tenue préférée sur sa tombe. Elle a accepté de ne plus se comporter en autel à sa mémoire. Elle a accepté de continuer la partie sans lui. Elle marche droit, les épaule droites, ose un sourire et même une pique.
- Casablancas, arrête de mater et file moi ton cuir !
Il obéit et reprennent la route silencieux. Un mot à peine soufflé effleure le lien qui se tisse entre eux.
- Merci.
Dick préfère se taire. Avec lui, il n’était pas du genre à verser dans la guimauve. Il ne va pas commencer maintenant qu’il n’est plus là.
Quoique…
Elle est mignonne avec ses cheveux ras et ébouriffés…
Il n’est plus. Et commence à le comprendre enfin.
Chasse une larme et maudit l’insécurité des rues de Tijuana… Il la maudit mais il doit l’accepter. Pour avancer. Parce qu’il le faut pour lui et pour l’aider elle à faire de même.
SUR LA PLAGE ABANDONNEE
Encore une fois, il était là. Toujours fidèle à ces appels à l'aide.
-Fonces ! Lui ordonna-t-elle.
Le ton sur lequel elle avait dit ça, lui souffla qu'elle avait besoin d'air. Il démarra et partit.
Il roula 3 heures quand il s'aperçut qu'elle s'était endormie contre lui. Il s'arrêta le long d'une plage proche de la frontière mexicaine. Il resta immobile pendant une bonne demi-heure attendant qu'elle se réveille.
Elle descendit vers la plage déserte. Il la suivit.
- Bon, qu'est ce qu'il t'arrive, Aurore?
-Un peu perdue, comme toujours!
-Comme ça, on est deux
-Tu sais ce que ça fait de décevoir tout le monde et d'avoir l'impression de te retrouver toute seule?
-Trop bien!
Elle commençait à pleurer mais était trop fière pour lui montrer ! Elle se tourna vers la mer.
-Tu sais, c'est pas en fuyant que tu vas résoudre tes problèmes !
-Je sais mais la pression est trop forte.
Elle se tourna vers lui et s'écroula en larmes dans ses bras. Lui, un peu surpris, mis sa main sur son dos. Elle se détacha de lui et partit marcher.
Quelques instants plus tard, il se décida à la rattraper. Il marchèrent l'un à côté de l'autre en silence quand soudain leurs mains s'entrechoquèrent et s'agrippèrent.
Ils se regardèrent un peu surpris puis se rapprochèrent et finirent par
s 'embrasser.
Jamais ils n'avaient envisagés cette situation qui pourtant paraissait plus que rationnel puisqu'elle était la princesse qui appelait au secours et toujours le même beau prince venait la sauver.
Peut-être le début d'une relation simple, enfin ! Ou un nouveau élément à l'équation sentimentale de Véronica ?
Ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre bercés par les flots des vagues. Un instant paisible pour Véronica, loin de l'agitation de Neptune. Elle ne savait pas où elle se trouvait exactement mais elle s'y sentait bien.
Eli, lui savait exactement où ils étaient mais trouvaient cette situation à la fois étrange et excitante, il l'avait toujours considéré comme une amie mais son nouveau statut ne le dérangeait pas.
Au petit matin, ils se réveillèrent un peu déboussolés. Ils ne savaient pas où ils allaient mais ils étaient heureux et avaient envie d'en profiter.
Ils marchèrent une bonne partie de la journée, silencieux mais sans se lâcher les mains, comme deux jeunes enfants timides qui découvrent l'amour.
-On rentre, princesse?
-Avant dis-moi où nous sommes.
-Au paradis, dit-il en lui faisant un clin d'œil.
Elle lui répondit par un sourire. Le sourire d'une Véronica heureuse.
-Merci. Lancelot, on rentre.