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Série : Veronica Mars
Création : 25.09.2008 à 08h42
Auteur : estel6317
Statut : Terminée
Librement inspirée du quartier de Dawson, vous pouvez poster ici vos histoires courtes (OS). Les règles sont définies dans le premier paragraphe
Cette fanfic compte déjà 313 paragraphes
Défi War Word "Pêche à la truite"
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Neptune, tard le soir. A l’heure où la population s’assoupit, le crime, lui, est à son apogée. Le shérif dort sur ses deux oreilles, corrompu à souhait. Alors quand les malfrats sont de sortie, c’est Mars Investigations qui est sur le coup. Et même si au final, les mauvaises graines de la ville sont toujours relâchées sans être inquiétées, elles en ressortent vexées et font profil bas pendant quelques mois.
Voilà une semaine que Veronica campe chaque soir dans sa voiture devant l’entrepôt numéro 17 de la zone industrielle. Son appareil photo à la main, elle immortalise chaque mouvement de manière instinctive. Etre détective, c’est dans son sang. Et même si Keith a essayé de nombreuses fois de la renvoyer à New York, elle est encore là. Parce que l’océan de crime ne s’assèchera jamais à Neptune et qu’elle a besoin de sa dose d’adrénaline pour survivre.
- Et c’est parti pour la pêche à la truite !
Son compagnon d’infortune sursaute face à son ton si enjoué.
- Pardon ?
- Tous ces malfrats sont aussi bêtes que des poissons. Il suffit d’un appât ridicule, un minuscule asticot au bout d’une ligne, pour qu’ils tombent tous dans le piège.
Justement, sa cible du soir s’approche, méfiante. Le paquet est bien en évidence, personne pour le surveiller. La silhouette regarde brièvement autour d’elle, sort une boite de sa veste et l’échange avec le paquet. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que celui-ci est recouvert d’une poudre invisible légèrement volatile. Une nouveauté dans le monde de la chimie que Mac a découverte et adaptée pour aider Veronica dans ses enquêtes. Cette poudre contient un ADN, par définition unique, c’est celui de Veronica. Au moindre contact, elle ira se déposer sur les vêtements, la peau et les cheveux du coupable et restera collée pendant un mois malgré les lavages. Indétectable sans une lumière spéciale, terriblement efficace pour piéger les adeptes du « c’est pas moi ».
Veronica arme son appareil photo et prend quelques clichés. A côté, d’elle, un soupir. Il est exaspéré par la nonchalance dont fait preuve la silhouette. Lui n’aurait jamais procédé de la sorte. Premièrement, il ne serait pas venu en personne. Et s’il en avait été obligé, il aurait fait un tour préliminaire des lieux pour vérifier qu’il n’y avait aucun piège. Le cabriolet dans lequel ils se trouvaient était aussi repérable qu’une licorne dans un champ de blé. Pourquoi fallait-il qu’il embauche de tels branquignoles ?
Nouveau soupir.
- Je suis une truite.
- Quoi ?
- Nuit après nuit, on est là, à accumuler les noms pour ton dossier. Chaque personne qui tombe dans ton piège te permet de cerner un peu plus ton réel suspect, la tête de l’opération. Et je viens à peine de comprendre pourquoi c’est moi qui t’accompagne chaque soir et non ton pote Wallace ou le fils à papa Echolls. Je suis aussi bête qu’une truite…
- Je devrais me mettre à fumer.
- Pardon ?
Sa réaction le désarçonne. Il s’attendait à un « Je le savais » mais rien n’arrive simplement avec elle.
- Toute cette mise en scène serait bien plus cinématographique si, après ta tirade, j’aspirais une bouffée et prenais le temps de recracher la fumée hors de la voiture par l’interstice de la fenêtre. J’accrocherais un sourire narquois à mon visage et te demanderais ce qui t’a donné le déclic. Il t’a fallu une semaine pour te décider quand même…
- Toujours aussi adepte des mises en scène…
- Ca et les poneys, ce sont les deux moteurs de ma vie. Alors. Pourquoi Weevil ? Tu étais rangé, tu as une famille, … Pourquoi après cinq années sans aucune ligne inscrite dans ton casier, tu as décidé de m’échauffer les nerfs à ce point ? Ca te manquait tant que ça la mise en examen et les heures passées face à Lamb ?
Il prend le temps de l’observer. Elle est énervée, il le voit à son expression. Elle a les lèvres pincées, les mâchoires serrées et le regard dur. Il l’a déçue, il le sait. Mais il n’avait pas le choix.
- C’est justement à cause de Lamb que je suis là. Il veut nous faire tomber les uns après les autres, nous accuser de faux crimes ou de ceux des 09ers mais je lui ai préparé une petite surprise à la sauce Navarro.
Veronica reste bouche bée, vexée que Weevil, son ami, se soit joué d’elle de cette manière mais sans penser une seule seconde que c’est exactement ce qu’elle avait voulu faire.
- Donc tu voulais que je t’arrête ? Tu m’as manipulée ?
- Ca fait quoi de passer de l’autre côté de la ligne, Mars ? Ca fait pas marrer les pélicans, hein !
WW de Marion
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« Go Pirate ! ». C’est ce qu’on pouvait lire sur les banderoles accrochées à la demeure qui recevait la réunion des anciens élèves de Neptune High, promotion 2006.
Elle n’avait aucune envie d’y aller, mais ses amis avaient usé de tous leurs moyens pour parvenir à l’y emmener. Ils n’avaient pas hésité à traverser le pays d’Ouest en Est pour la débusquer au fin fond de Manhattan. Ils l’avaient surprise, un dimanche matin. Ils l’attendaient sur le pas de la porte, croissants en main pour démarrer la journée sur les chapeaux de roues. Elle n’avait d’abord pas trouvé ça louche, ses amis lui réservaient ce genre de fantaisie assez régulièrement. Mais après quelques paroles, elle avait vite compris leur petit manège : la kidnapper pour l’emmener à cette fichue soirée. Après de nombreux arguments tombés à l’eau, elle avait fini par céder. Ses amis avaient gagné. Ses amis … Ils n’étaient pas destinés à se lier d’amitié avec elle, mais le destin en a décidé autrement.
FLASHBACK
Lilly Kane et Cindy Sinclair sont les deux meilleures amies les plus riches de Neptune. Elles ont beau être nées avec une petite cuillère en argent dans la bouche, elles ne ressemblent pas aux autres 09ers. Pas de décapotables avec plaque d’immatriculation à leur effigie, pas de domestiques qui les conduisent au lycée ou qui portent leurs affaires, pas de potiches qui rient de toutes leurs blagues, pas de chihuahua dans le sac à main … elles ne trainent même pas avec les autres 09ers. Cela ne veut pas dire qu’elles n’abusent pas de leurs privilèges, notamment des points pirates, pour se faire livrer le repas du midi au lycée.
Veronica, fille du shérif, ne jouit pas de ses privilèges. A Neptune High, 09ers et populace ne se mélangent pas. Ne craignant pas d’être exclus ou désavantagés, les 09ers passent leur temps à ridiculiser les élèves de la classe moyenne, et ces derniers les envient et les craignent. Triste représentation de la société Neptunienne… Plutôt solitaire que mal entourée, Veronica n’a qu’un seul réel ami : Wallace. Alors qu’ils mangent tranquillement leur plateau repas, Logan Echolls, fils du célèbre acteur Aaron Echolls s’assoit à leur table. Veronica et Wallace arquent un sourcil dans sa direction.
Logan se considère comme le roi du lycée, toutes les filles tombent à ses pieds. Il est bel homme, et il le sait. C’est donc sans humilité aucune qu’il pense pouvoir conquérir toutes les filles du lycée, et qu’il a jeté aujourd’hui son dévolu sur Veronica. Sous le regard de ses disciples, il se lance dans une tirade visant à séduire la belle.
Logan : Salut toi. Tu vas trouver ça étrange mais je suis un être torturé depuis qu’on m’a brisé le cœur… Il baisse les yeux et marque un silence pour donner du poids aux paroles qu’il vient de prononcer, puis poursuit : Et si je m’en sors aujourd’hui, si je ne m’effondre pas, si j’arrive encore à me lever le matin c’est grâce à l’idée que je pourrais t’apercevoir au détour d’un couloir ou à la pause du midi. Tu es le rayon de soleil de mes journées… depuis des mois déjà alors… voilà je me lance. Il lève les yeux vers les siens, un regard rempli de tendresse, et se rapproche imperceptiblement de la jeune fille. J’imagine qu’entre toi et moi pourrait naitre une relation traversant les années et les continents, qui détruirait des vies, avec du sang et des larmes… Epique ! Il se rapproche encore, écarte une mèche de cheveux de son visage et murmure : Alors, si l’envie t’en dit, on n’a qu’à se retrouver ce soir, après les cours, sur la plage.
Veronica ne l’avait pas interrompu, l’avait même laissé faire lorsqu’il a porté la main sur son visage, et l’avait regardé amoureusement pendant tout son petit monologue, laissant croire à l’autre que l’effet escompté se produisait. Pour paraitre plus simple d’esprit qu’elle ne l’est, elle tournicote une mèche blonde entre ses doigts et affiche un air sceptique sur son visage.
Veronica : Une relation épique ? Avec du sang et des larmes ? Mais c’est terrible !
Logan affiche un petit sourire en coin, comme s’il s’attendait à ce genre de réaction, et s’apprête à balancer une nouvelle déclaration toute faite pour « ferrer le poisson. »
Veronica : Non ! Je t’en supplie, n’ajoute rien. Ça marche vraiment ce que tu viens de me servir là, avec les autres filles ? Tu crois vraiment que c’est avec ce genre de discours que tu vas réussir à me mettre dans ton lit ? Avec la réputation de Don Juan que tu traines, je pensais que tu maniais les mots avec finesse et que tu travaillais davantage ton effet sur mes semblables. Un mythe vient de s’effondrer. Je suis déçue Echolls. Terriblement déçue…
Il entend des éclats de rire. Son regard se durci, mais il est plus surpris qu’en colère. Il ne s’attendait pas à ce que cette fille aussi jolie, petite, menue, et qui sent aussi bon puisse abriter un caractère aussi fort. Il ne trouve rien à répondre. Il reste sur place, à observer le phénomène qui a osé le remettre à sa place, à la limite de l’admiration. « Elle n’a peur de rien. Ils vont lui faire subir l’enfer à cause du râteau qu’elle vient de me mettre » pense-t-il pour lui-même.
Veronica : Tu peux t’en aller. Je n’ai rien à ajouter.
Et voilà. Elle vient de lui appliquer le même traitement qu’il réserve aux personnes de sa classe sociale. Sans un mot il se lève, se tourne et pointe le pouce vers le bas avec une grimace pour ses amis. Les filles se dépêchent autour de lui, pour tenter de le consoler face à cet échec. Lui, sourit en y repensant.
Wallace : Tu ne l’as pas loupé.
Veronica : Il ne l’a pas volé.
Sourires complices. Ils terminent leurs repas en parlant de tout autre chose.
A quelques tables de là, Lilly et Cindy n’ont rien perdu de la scène. Elles ont éclaté de rire quand cette petite blonde a éconduit le plus irrésistible, le plus courtisé mais aussi le plus prétentieux des jeunes héritiers et devant toute sa petite troupe en plus.
Lilly : Elle ne manque pas de culot. J’aime ça …
Cindy : C’est sûr, il fallait oser !
Lilly : Tu crois qu’ils vont se venger pour l’affront qu’elle a fait à leur messie ?
Cindy : C’est certain. Humiliations publiques et réputation d’enfer en vue.
Lilly : Et si on en faisait notre alliée ?
Cindy : Pourquoi pas. Elle a l’air d’avoir la langue bien pendue, et de ne pas se prendre la tête.
Lilly : Allons-y !
Lilly et Cindy s’attablent avec Veronica et Wallace.
Veronica : Encore ? Ou alors c’est déjà le début des répercussions ?
Lilly : En fait, on voulait juste saluer l’artiste.
Les jeunes riches se présentent et bonne et due forme, n’oubliant pas d’omettre leur aversion pour les autres 09ers. Instantanément, le courant semble passer entre eux quatre.
FIN DU FLASHBACK
Elle observait les photos dans le hall décoré aux couleurs du lycée.
Wallace : Maintenant que tu es là tu ne vas pas rester dans le hall, non?
Veronica : Pourquoi pas ? Je suis bien là. Pas trop de bruit, pas trop de monde, des souvenirs en pagaille …
Wallace : Si tu ne bouges pas de là, je les envoie te chercher, et tu peux oublier l’entrée discrète que tu aurais eu à mon bras.
Veronica : Tu n’oserais jamais me faire une chose pareille.
Wallace : Tu crois ça ? Ayant pris les parole de son amie pour un défi. Il fait demi-tour précipitamment et entre dans la salle en criant : CINDY ? LILLY ? J’ai besoin de vous !
Elle se réveille en sursaut.
Son mauvais rêve est de retour...
Logan avec une autre fille, sauf que cette fois le rôle titre n'est plus tenu par cette peste de Madison mais par Parker. Certes cette fois il ne s'agit pas de sa pire ennemie. Non il a eu la "bonté" de choisir une fille qu'elle apprécie, une amie. L'une de ces seules amies. Ça ne rend pas les choses moins douloureuses, bien au contraire.
Elle contemple le plafond et réfléchit, elle essaie de rationnaliser la chose.
Logan et Parker...Parker et Logan... Cette nuit elle n'arrive pas à les chasser de son esprit.
Elle n'est pas en colère, non, elle a mal. Et c'est pire...La colère, elle connait, elle y est préparée, elle sait même la moduler (la preuve, la voiture neuve de cette garce n'a pas fini en cube digne d'un musée d'art contemporain).
Mais cette douleur sourde qui s'est insinuée en elle, elle ne sait pas comment y faire face, comment la contrer. Pourtant c'est elle qui a rompu, elle qui ne lui fait plus confiance. En même temps lui a-t-elle déjà fais confiance un jour... A t elle déjà réellement fait confiance à quelqu'un depuis la mort de Lilly...
Elle revoit la scène...
Quand il lui a demandé s'il pouvait sortir avec Parker, elle a d'abord cru à une hallucination, elle s'est demandé pourquoi il lui posait la question à elle. Elle a espéré un instant qu'il fasse ça pour voir sa réaction mais elle n'a pas su trouver la faille. Elle n'a pas vu dans ses yeux cet éclair qui lui aurait fait comprendre qu'il la testait, qu'il l'attendait. Et son cœur déjà brisé, s'est réduit en des morceaux encore plus petits.
Elle aurait aimé lui faire comprendre à quel point elle a mal mais de quel droit aurait-elle pu faire ça... C'est elle qui n'a pas réussi à lui pardonner pour Madison. Et puis la vie semble plus facile quand ils ne sont pas un couple.
Pourtant elle ne pensait pas qu'il tournerait si vite la page...
Elle le croyait quand il disait que leur relation était épique... et il l'avait blessé... et elle était revenue... et là il recommençait. Elle a eu envie de lui hurler dessus mais elle s'est contenté de dire "bien sur, merci de m'avoir demandé" et a même terminé par "bonne chance".
Et là dans son lit, elle repense à cette scène. Elle s'imagine ce qui ce serait passé si elle avait dit non. Lui aurait-il avoué que c'était un test pour voir si elle tenait encore à lui ? Lui aurait-il demandé des explications ? Aurait-il compris son mal-être ? Ou se serait-il mis en colère ?
Maintenant c'est trop tard, elle a dit oui et elle est seule dans son lit avec ses pensées.
C'est trop tard...
Il faut qu'elle dépasse la douleur, comme elle l'a fait avec la colère. Le problème, c'est qu'il veut qu'il soit amis... et elle n'est pas sure de pouvoir faire ça...
Elle sait l'aimer, elle sait le détester mais elle n'est pas sure de savoir comment être son amie. La dernière fois qu'ils ont vraiment été amis, il y avait Lilly...
Et puis il y a Parker... Elle ne sait pas comment réagir... Jusqu'à maintenant ses autres histoires ne mettaient pas en scène une de ses amies. Elle n'aimait pas Kendall, elle ne connaissait pas Hannah, elle détestait Madison... mais là c'est Parker et elle l'apprécie. Comment va-t-elle faire ?
Elle continue à fixer le plafond.
Demain est un autre jour...Elle espère que demain lui apportera la réponse qu'elle attend.
Réponse au défi de Marion : Et si la série avait commencé comme ça…
En ce week-end de fin d’été, les lycéens de Neptune High étaient tous réunis pour un car-wash dont les bénéfices serviraient à financer les bus de l’équipe de basket et de leurs pom-pom girls. Les membres des deux équipes s’activaient autour des voitures. Les basketteurs jouaient avec les tuyaux pour prélaver les véhicules. Les pom-pom girls étaient reléguées aux éponges mousseuses et autres chiffons pour lustrer les automobiles. Les élèves de mécanique auto offraient une vérification niveaux à chaque voiture afin de s’assurer une part des bénéfices de l’opération du jour. Les lycéens s’étaient repartis les postes sur le parking. Dans le coin sud, Wallace Fennell, le joueur clé du 5 majeur des Pirates arrosait les SUV et autres berlines. Veronica Mars et Madison Sinclair usaient des éponges savonneuses sur les carrosseries tandis que la plantureuse Lilly Kane était au séchage. Eli Weevil Navarro complétait leur équipe en vérifiant les niveaux. Leur association fonctionnait plutôt bien. Lilly d’ordinaire peu motivée par les travaux manuels semblait adorer sa mission du jour. Elle était d’excellente humeur, c’est-à-dire taquine.
- J’ai un secret… Un super secret, claironna Lilly en faisant claquer son chiffon sur les fesses de Veronica ce qui fit sourire Weevil.
- Raconte… répondit Veronica en chassant le chiffon d’un revers de la main.
- Non. C’est un secret ! Et puis, il y a une voiture qui attend d’être séchée… C’est pas comme si tu allais te ruer dessus…
Veronica regarda la voiture en question.
Veronica voff : Duncan… Non, je n’ai plus aucune raison de me ruer à ses pieds… Plus aucune depuis qu’il m’a jeté comme un mouchoir usagé sans une explication… Qu’il aille au diable !
- La Terre appelle Mars ? dit une jolie brune aux mèches bleutées ce qui ramena Veronica à la réalité.
- Hé ! Madison !
- C’est Mac ! Ne m’appelle plus jamais Madison. Je suis en train d’infiltrer les serveurs de l’Etat civil pour modifier cette erreur commise par mes parents…
Veronica pencha la tête sur le côté. Elle faisait toujours ça quand elle était surprise ou dubitative. Et Madison le savait, elle poursuivit donc son explication. Elle n’était pas la championne de la ligue de débat pour rien.
- Mes parents devaient être sous l’emprise de je ne sais quelle substance très louche à ma naissance. Me coller un prénom pareil ! J’aurais dû grandir comme toi ou Wallace de l’autre côté de la ville… Là, où les parents savent prénommer leurs enfants…
Veronica voff : C’est vrai qu’on s’en tire bien. Grâce à mon shérif de père, je profite de certains privilèges… Wallace, lui, peut remercier les dieux du basket… Sans ça, nous serions classés dans la même catégorie que Weevil : indésirable. Encore que Weevil s’en serait toujours mieux tiré que nous… Chef du gang de motards à 18 ans, ça en impose même chez les 3-9 !
- Peut-être mais dans cette ville, tout ce qu’il te faut, c’est un nom… Le prénom, c’est un accessoire.
- Pitié, Veronica ! Je porte le nom d’une danse en ligne ! Ce n’est ni exotique, ni sexy ! C’est la honte !
L’arrivée d’un SUV jaune pleine de crasse coupa net leur discussion. Logan Echolls et Richard – Dick- Casablancas en descendirent. Ils s’approchèrent des filles laissant Wallace asperger le véhicule.
- Madison, ma belle, ça te dirait d’astiquer ma caisse ?
- Ta caisse ? Dois-je te rappeler que tu es piéton, Richard ?
Veronica et Logan s’éloignèrent pour laisser Madison et Richard se chamailler comme ils le faisaient à chaque fois qu’ils se croisaient.
- Ne m’appelle pas Richard ! C’est Dick ! Et je suis là pour que tu astiques, plaisanta-t-il en roulant du bassin.
- Arrête ! Je t’ai déjà dit que ton numéro de serial fucker ne m’impressionnait pas.
Elle le bouscula pour attraper son seau de mousse. Il s’y était pris encore comme un manche.
- Madison, bafouilla-t-il.
Ce fut le mot de trop. Elle fit volte-face et lui versa au visage son seau d’eau savonneuse en hurlant.
- C’est MAC !
Honteux et très humide, Dick chassa les mèches blondes qui cachaient ses yeux. Il s’approcha d’elle penaud. Il lui lança son regard de chihuahua avant de lui demander les yeux dans les yeux, chose rare chez Dick.
- Tu veux être Mac copine ?
Pour toute réponse, elle se hissa sur la pointe des pieds pour embrasser ses lèvres au goût de savon. Veronica et Logan assistaient à la scène amusés.
Veronica voff : Si seulement ça pouvait m’arriver… Faudrait organiser un car-wash en face du bureau du shérif sous les fenêtres de l’adjoint…
- C’est pas trop tôt… Tu sais où est Lilly, Ronnie ? demanda Logan.
- Pas la moindre idée, mentit Veronica en frottant le SUV.
Flashback : Plus tôt dans la matinée, Lilly confia à Veronica : « Si Logan me cherche, laisse le faire… il serait temps que Echolls me fasse preuve de respect... »
- J’en ai marre de lui courir après !
- Et elle, elle en a peut-être assez que tu te serves d’elle comme d’un paillasson…
Logan regarda Veronica différemment. Elle n’était jamais incisive. Elle était la douceur même, du moins quand elle sortait avec Duncan. C’était peut-être lui qui l’avait calmé, adouci… Célibataire, elle se révélait piquante, ce qui l’amusait beaucoup.
- Toi, tu sais un truc…
- Je sais plein de trucs… des trucs terribles ! Je sais faire un U avec ma langue, je sais toutes les capitales des états d’Amérique. Je connais le code de procédure du comté par cœur.
Elle faillit ajouter : je connais par cœur le numéro du poste de Leo D’Amato. Elle se retint de justesse devant le regard sonné de Logan. Il se massait le crâne. Etait-ce vraiment Veronica Mars qui parlait ainsi ?
- Ok… Je crois que j’ai saisi. Lilly veut plus d’espace… Dis-lui juste que je pourrais me lasser… un peu comme Duncan avec toi. Et puis les relations épiques, trop peu pour moi… Je laisse ça à mon père !
Veronica encaissa la pique sans broncher et laissa Logan remonter dans son SUV rutilant.
Veronica voff : Duncan s’est lassé de moi. Soit. Notre relation n’était pas assez romanesque pour Monsieur. Il serait temps de vivre dans le monde réel, Kane…
Elle plongea son éponge dans un seau et s’avança près de la nouvelle voiture. Elle sourit en reconnaissant la plaque : police du comté.
Veronica voff : Papa n’a pas pu résister. Il a voulu vérifier que tout se passait bien…
Elle allait lancer une petite remarque cinglante à la Mars quand elle reconnut l’homme qui descendait de la voiture. Elle ne pensait pas qu’il viendrait. Elle s’approcha davantage le cœur fébrile.
- Bonjour Leo, minauda-t-elle.
- Veronica, je ne pensais pas te voir ici…
- Oh ! Il m’avait pourtant semblé avoir évoqué devant toi le car-wash l’autre soir au bureau… J’ai dû rêver…
- Tu rêves de moi ? s’étonna Leo en lui offrant son plus beau sourire.
Veronica vira au cramoisi.
- Je ne viens pas pour la voiture… Hélas… Ton père m’envoie chercher Eli Weevil Navarro. Tu connais ?
Veronica opina du chef et commença à chercher du regard Eli. Elle l’aperçut en compagnie de Lilly derrière une benne à ordures.
- Tu le trouveras là-bas…
Leo remercia et fila chercher Eli. Quand il remonta dans sa voiture avec l’adolescent, il eut un dernier mot pour elle.
- Je répète avec mon groupe ce soir, si tu veux venir…
- Tes potes, ils ont une voiture à laver ?
- Non.
- Ça marche. Envoie-moi l’adresse. A ce soir, Leo.
Veronica le laissa filer. Elle avait rencard avec le plus sexy des jeunes adjoints de son père. Elle souriait tellement qu’elle allait s’en claquer les zygomatiques.
- Qu’est-ce qu’il t’arrive, Mars ?
- Dick et Mac sortent enfin ensemble !
Veronica raconta toute la scène à sa meilleure amie. Elle ne lui parla pas de Logan, ni de Leo et encore moins de son entrevue avec Weevil.
Veronica voff : Si tu as tes secrets, j’aurai les miens. Que faisais-tu avec Weevil dans ce recoin sombre ? Quel est le super secret dont tu ne peux pas me parler ? Pourquoi tu fais mariner Logan ainsi ? Je ne tarderai pas à découvrir les réponses à toutes mes questions. Après tout, je suis Veronica Mars : une guimauve qui adore mettre son nez partout…
WW de moi (;-p)
Le bouchon de la bouteille de champagne cogna le plafond de la limousine dans un bruit sourd. Lilly éclata de rire sous le regard amusé de Veronica et Logan. Wallace se protégea lorsqu’il vit la bouteille pencher vers lui.
WALLACE – Lilly ! Princesse ! Voudrais-tu éviter d’en mettre partout ?
LILLY – Oh mon choux tu as peur pour ton costume ? Mais si tu veux belle maman t’en offrira un tout neuf pour Noël !
Veronica éclata de rire encore une fois.
VERONICA – Tu devrais voir ta tête Papa ours ! Je crois bien que tu préfèrerais être attaché au mat du lycée une seconde fois plutôt que passer Noël chez les Kane !
LOGAN – Ne m’en parlez pas c’est pire que l’horreur. Dit-il en faisant semblant de se caresser la moustache !
LILLY – Bon, Bon c’est vrai je n’ai pas les parents les moins louches de la ville ! Mon frère tire la tronche depuis que son ex… Elle s’interrompit et pointa Veronica du doigt avec un air choqué. Et mon ex… elle désigna cette fois Logan outrée. Se font les yeux doux !
VERONICA – Tu es dure avec lui quand même Lilly ! Le pauvre…
LOGAN – En plus toi ça va, il t’adresse encore la parole, mais moi je me suis pris une droite et c’est le silence radio depuis…
LILLY – Oui enfin bon vous n’êtes pas blancs comme neige non plus ! Et puis V ma chérie, arrête de lui trouver toutes les excuses du monde. Mon frère est un idiot, il t’a laissé tomber pour une lubie complétement dingue ! D’ailleurs je n’ai toujours pas compris pourquoi !
VERONICA – Oui et bien si tu trouves la raison, tiens moi au courant, j’aurais bien aimé être informée !
LILLY – Et puis après ce n’est pas comme s’il était à plaindre, il file le parfait amour avec miss Manning alors je ne vois pas pourquoi il en fait tout un plat ! Est-ce que j’en veux à Logan moi ? Et bien non !
LOGAN – Lilly et les hommes ! Une vraie histoire sans fin !
WALLACE – Hé ! Vous êtes au courant que je suis dans la voiture avec vous ?
LILLY – Ce n’est plus pareil j’ai muri ! La preuve cette année je ne suis sortie qu’avec un seul homme et c’est toi !
WALLACE – Ma chérie tu es formidable !
LILLY – Tout ça pour dire que tu es bien trop gentille !
LOGAN – Mais de tout façon notre histoire est épique mon petit Lynx, Duncan ne peut pas lutter face à cela !
VERONICA – Ah quel homme tu fais ! Si tu penses que c’est comme cela que tu vas me séduire…
LILLY – Plus besoin elle, est déjà complètement dingue de toi ! Lâcha-t-elle en souriant.
VERONICA – Lilly !!!
LILLY – Oops c’est vrai j’avais promis…
WALLACE – Comment oses-tu encore promettre de garder des choses secrètes ?
LILLY – Si je ne le faisais pas, tu ne me trouverais pas aussi attirante et surtout tu ne voudrais plus de moi, je serais si ennuyeuse au lit !
Wallace rougit à cette attention. Elle l’embrassa à pleine bouche puis se redressa dans la limousine pour passer la tête hors de la longue voiture.
LILLY – Bon Sinclair et Casablanca vous fabriquez quoi ? On vous attend là !
Elle criait en direction de la villa devant laquelle la limousine était parquée depuis plus de 5 minutes. Devant l’entrée, Dick attendait que Madison finisse de se préparer. La jolie brune sortit de la maison avec un grand sourire pour son cavalier.
MADISON – Bonsoir jeune homme.
DICK – Salut ma belle. Tu es ravissante ! Une vraie bombe, encore une fois le Dick aura la plus jolie fille de l’assemblée à son bras !
MADISON – Tais-toi idiot ! Rejoignons les autres je crois que Lilly s’impatiente !
DICK – Tu crois qu’elle a déjà fini la bouteille ?
MADISON – La première ? Pour sûr… mais ne t’inquiètes pas, Logan et Veronica ont prévu le coup pour ce soir.
Lilly les aperçut dans l’allée et descendit aussitôt sur le siège de la limousine pour ouvrir la porte de leur côté.
LILLY – Heeelloooo les amoureux ! Vous avez ENCORE essayé de faire un bébé ? C’est pour cela que vous étiez si long ?
Logan éclata de rire en se poussant pour laisser Madison et Dick s’installer à côté de lui. Tout le monde s’installa sur la banquette et Lilly se dandina à nouveau pour récupérer des coupes pour le champagne. Elle en remplit deux et les tendit aux nouveaux venus.
MADISON – Tu en es a combien ma chère ? Demanda-t-elle en entrechoquant son verre avec celui de l’espiègle petite blonde.
LILLY – Hum… elle compta sur ses doigts avec une moue. 3 ? Oui 3 !
VERONICA – Menteuse ! S’exclama-t-elle.
WALLACE – Tu as bu une bouteille à toi toute seule ! Heureusement que Logan a planqué le reste sinon il ne nous resterait rien !
LILLY – Vous êtes jaloux !
Dick trinqua avec la petite blonde plus qu’agitée et lui sourit.
DICK – Ce n’est pas grave, le Dick te comprend !
LOGAN – Ah ben venant de l’homme qui a porté un cochon remplit de bière sur son épaule à ma dernière fête ça ne m’étonne pas !
DICK – Jaloux tu disais ? Dit-il en faisant un clin d’œil à Lilly.
Veronica et Logan échangèrent un regard tendre et reprirent chacun une gorgée de champagne. Lilly avait décidé d’animer la soirée à sa façon et cela risquait de durer jusqu’au petit matin. Ils formaient le groupe le plus improbable qui soit au lycée de Neptune. Logan Echolls, fils du riche et célèbre Aaron Echolls, plus connu récemment pour le meurtre de sa femme. Veronica Mars, fille du Shérif de la ville, connu pour la résolution de l’enquête sur les bébés échangés à la naissance et l’arrestation d’Aaron Echolls. Lilly Kane, fille de la famille Kane, grande puissance financière de la ville. Wallace Fenel, fils d’une simple employée de Kane Software, mère célibataire. Dick Casablanca, fils de riches milliardaires et Madison Sinclair, le bébé le plus connu de la ville pour avoir été échangé et restitué à sa famille. A Neptune les classes sociales ne se mélangent pas. Tous le savent. Mais eux s’en moquent. Ce soir c’est le bal de promo et peu importe les remarques, ils sont amis avant tout !
LILLY – Ce soir je serai reine ! Et tu seras mon roi ! S’exclama-t-elle en descendant de la limousine devant le lycée.
WALLACE – Vos désirs sont des ordres Madame !
VERONICA – Hum qui sait ? Peut-être que cette année je te battrais ! Il parait que j’ai l’homme le plus convoité à mon bras !
MADISON – Justement tout le monde va te haïr ! Personne ne votera pour toi alors que moi, je suis la plus intelligente !
DICK – Lilly, refile leur un peu de champagne je crois que ça n’a pas suffi !
LOGAN – Pour moi tu seras toujours la plus belle ! S’exclama-t-il en attrapant Veronica et la serrant dans ses bras.
VERONICA – Oui mais toi tu n’es pas très objectif mon cher !
LOGAN – Au moins je suis attentionné, moi !
Veronica fit la moue et lui susurra a l’oreille.
LOGAN – Tout ce que tu voudras mon ange !
LILLY – Elle vient de lui faire une proposition très indécente là ! Il faudra vous tenir à carreaux bande de cochons ! Maintenant c’est l’heure de la fête !
MADISON – J’espère que les gosses de riches n’ont pas ramené leur chihuahua ! Tu te souviens de la blonde l’année dernière ?
VERONICA – Oh oui celle qui courait après Logan !
LILLY – Terrible ! Je ne me souviens plus de son nom mais quelle gourde !
DICK – Dites, on est en train de critiquer notre classe sociale là, non ?
LOGAN – Laisse tomber Dick. Les femmes adorent refaire le monde !
Lilly, Veronica et Madison se prirent la main et se dirigèrent vers l’entrée.
WALLACE – Je ne sais pas vous, mais je sens le traquenard arriver ! Dit-il en désignant les filles qui s’élançaient en courant vers la grande salle.
LOGAN – Oh non pas encore !
WALLACE – Plus de champagne la prochaine fois Wallace ! Lilly tu es privée de champagne ! S’écria-t-il sans que les filles ne l’entendent.
DICK – On a plus que deux solutions, 1 on les rattrape ? 2 on les laisse faire !
Les trois hommes se regardèrent en souriant. D’un pas décidé, ils se frayèrent un chemin dans la foule pour retrouver les trois amies.
Et elle a dit oui ...
Il reste un moment sans bouger puis passe la main derrière sa nuque en regardant la porte derrière laquelle la petite blonde a disparu. Il semble perdu, il est perdu. Ses yeux trahissent son désarrois.
Elle a dit oui...
Il doute, il hésite...
Et il reste là... Avec ce vide au fond de lui. Ce vide qu'elle est la seule à pouvoir combler et il le sait.
Certes, il apprécie la belle et blonde Parker. Elle est drôle et attachante. Quand il est avec elle, tout est simple, ils passent de bons moments, sans complications, sans doutes. Elle lui rappelle Hannah, la douce Hannah. Celle qu'il a manipulée avant de finir par s'attacher. Pourtant jamais Hannah n'a pu prendre la place de la petite blonde.
Et là aujourd'hui il sent qu'avec Parker ce sera pareil. Une relation tranquille, sans soupçons, sans cris, sans larmes... Mais aussi sans passion... et c'est ça qui le trouble.
Est-il seulement fait pour ce type de relation ?
Il réfléchit. Quand il y repense il sait qu'elles ne sont que deux à avoir vraiment comptées.
D'abord il y a eu Lilly, la belle, la voluptueuse Lilly. Tout le contraire d'une relation tranquille. Des soupçons, de la jalousie, des cris mais aussi des rires, des joies, de la passion. Et le vide quand elle est morte...
Le vide jusqu'à ce qu'une petite blonde l'embrasse et le réveille, lui redonne vie. Puis la blonde est partie.
Alors il y a eu Kendall, il y a eu Hannah, mais elles n'ont jamais suffit à combler le vide.
Mais il a retrouvé sa petite blonde au parfum de promesses et de marshmallow. Et il s'est de nouveau senti vivant.
Et le tourbillon a repris "je t'aime, je te hais", "je pleure, je ris", "j'ai besoin de toi comme tu as besoin de moi".
Et encore une fois la rupture. Trop d'attentes, de pression. Pas assez de confiance. Et il a commis l'irréparable, il s'est perdu dans l'alcool et dans les bras de l'ennemie. Et même s'ils étaient séparés à ce moment là, il sait que la blessure est profonde, il n'est pas sûr qu'elle se referme un jour.
Et le vide est de nouveau là.
Il a essayé de se persuader que s'il demandait "son autorisation" à Veronica c'était pour faire les choses bien, reprendre sa vie en main, tourner la page.
Mais maintenant il sait, il sait qu'il espérait qu'elle dise non. Il aurait presque voulu qu'elle s'énerve, qu'elle lui crie dessus, qu'elle lui fasse comprendre qu'elle ne veut pas passer à autre chose, qu'elle a juste besoin de temps.
Il voulait qu'elle dise non...Pour avoir un espoir, un espoir qu'elle ne ferme pas complètement la porte à leur histoire.
D'ailleurs il a cru un instant en voyant le regard de la jeune détective, qu'elle allait lui dire non. Il a cru déceler une hésitation dans ses yeux.
Mais elle a dit oui... Elle a fermé la porte... Emportant avec elle les promesses...
écrit dans le cadre d'un concours
10 ans après, un changement étonnant : Dick
Dick avait toujours eu le rêve secret de devenir un surfeur de renommée internationale. Il s'était vu dompter les vagues, sa combinaison moulant un corps parfait et les cheveux aux vents. Il avait imaginé les filles se jeter sur lui par dizaines. Pourquoi aurait-il eu une autre ambition ? Jeune, il n'avait pas eu besoin d'étudier, ni de travailler. Mais il voulait au moins accomplir une chose dans sa vie dont il soit fier et qui lui plaisait. Même si c'était éphémère.
Cependant, avec le temps, il avait bien fini par comprendre que son rêve était irréalisable. Il avait fallut qu'il regarde les choses en face. Le surf resterait au mieux un hobby, mais il n'avait rien d'un professionnel. Même Logan, qui avait pourtant d'autres ambitions, le battait à plate couture. Alors il avait tourné en rond, encore et encore dans sa chambre à la recherche de l'idée du siècle. Il devait trouver ce pour quoi il était doué. Cela lui avait pris du temps, mais finalement, il avait réussi à dénicher le job parfait ! Et ça n'avait pas été une mince affaire ! Ce n'était pas comme s'il avait pris la première chose qui était venue. Ça n'avait pas été une formalité, ça avait été un réel défi ! Il avait dû travailler pendant des mois pour en arriver là où il était. Il avait dû se dépasser, et affronter les difficultés et ses craintes les plus profondes.
Dick lissa les pans de sa chemise blanche. Il fixait le miroir en face de lui sans réellement voir son reflet. Il avait beau ne pas être un débutant, comme chaque fois il était stressé. Chaque soir était un challenge, une véritable confrontation avec lui-même. Il savait qu'il ne pouvait pas flancher, il devait toujours être au top du top.
Un peu plus d'une heure et demie plus tard, Dick était en sueur et fatigué, mais il était satisfait. Tout s'était passé exactement comme il l'avait prévu. Pas d'anicroches. Tout le monde avait été conquis.
Alors qu'il allait rentrer dans sa loge, une voix familière l'interpella.
- Hey, la star ! Le salua-t-on.
- Hey Dude ! Répondit Dick, surpris.
Un sourire s'étira sur ses lèvres. Ça faisait un petit moment qu'il n'avait pas vu son meilleur ami et il lui manquait ! Mais ils étaient rarement au même endroit au même moment, ils devaient faire avec...
- Qu'est-ce que tu fais là ? Tu étais là pendant tout le spectacle ? Pourquoi tu ne m'as pas prévenu ? J'aurais fait en sorte de t'envoyer des places !
- Je voulais te faire la surprise ! Répondit joyeusement Logan en lui donnant une tape amicale dans le dos.
- C'est super sympa, entre, fit Dick en lui montrant du bras l'entrée de la loge.
Ils s'installèrent confortablement sur des fauteuils à l'intérieur et fermèrent la porte pour avoir un peu plus d'intimité. Logan sortit de sa poche un journal qu'il déplia pour montrer la une au blond.
- Comment ça va alors « l'un des humoristes les plus prometteurs du moment » ? demanda Logan, citant ouvertement le titre de l'article concernant son ami.
Dick éclata de rire. Évidemment il était fier de recevoir de tels compliments, mais en même temps, il ne pouvait pas prendre ça complètement au sérieux. Il avait du mal à réaliser qu'on parlait de lui en ces termes, qu'on reconnaissait son talent et qu'on suivait sa carrière avec passion.
- Ils exagèrent tous ces journalistes !
- Pas tant que ça. Tu fais salle comble à chaque fois.
- Oui, je m'en tire plutôt bien...
- Si on m'avait dit que un jour le Grand Dick deviendrait modeste ! Plaisanta Logan.
- Tout finit par arriver ! Et comment ça va toi, monsieur l'homme d'affaires sérieux ? le taquina le blond.
- Ça va. J'ai eu le temps de faire un peu de tourisme pendant mon dernier voyage à Tokyo pour le boulot, c'était sympa. Et maintenant je me détends devant un spectacle de qualité, je ne pourrais pas rêver de mieux.
- Arrête, tu vas me faire rougir, gloussa le blond.
Logan secoua la tête, amusé. Jamais il n'avait vu les joues de son ami s'empourprer. Et il était certain que ce n'était pas près d'arriver !
- Et ta vie sentimentale, t'en es où ? S'enquit Logan.
- Toujours un célibataire endurci.
- Même pas de bimbos ?
- Tu sais très bien que les bimbos et moi c'est fini. Je n'ai pas encore rencontré quelqu'un qui me plaisait vraiment assez pour entamer une relation. Et honnêtement, je n'ai pas beaucoup de temps à accorder à une femme en ce moment. Je verrai ça plus tard, expliqua-t-il en haussant les épaules. Et toi, toujours en train de poursuivre ta blonde ?
- Tu sais bien que Veronica est un peu volatile, elle va, elle vient, mais je m'accroche.
- C'est bien. Je suis sûr que vous parviendrez à vous poser tous les deux un de ces quatre.
- J'espère bien, fit Logan en poussant un soupir. J'aimerais bien fonder une famille un jour. Ce serait bien de ne pas trop tarder pour ça, avoua-t-il.
- Parle-lui-en ! Je suis sûr que sous ses allures de mur de brique, elle a un cœur de marshmallow et elle va être touchée. Vous allez pouvoir commencer à former plein de projets.
- Ouais, j'espère bien Dude ! Je vais essayer de lui parler, mais tu sais bien comment elle est, têtue comme une mule ! Peut-être que je devrais prendre les devants et lui demander directement sa main pour accélérer les choses.
Dick fit une petite grimace. Il n'était pas certain que la blonde allait apprécier ce genre de demande. Elle était un peu comme un animal sauvage, il fallait l'approcher en douceur si on souhaitait un jour l'apprivoiser. La "méthode" de Logan était le meilleur moyen pour la faire se refermer comme une huître. Et généralement, Veronica n'était pas "l'huître" la plus sympathique. Si Dick parvenait maintenant à la supporter, il ne la trouvait pour autant pas moins cruelle par moments.
- Fais quand même attention à ton pauvre petit cœur. Je ne sais pas comment tu le prendrais si tu devais essuyer un rejet.
- T'inquiète pas pour moi. Je ne le prendrais pas mal. Je sais à quoi je peux m'attendre, c'est juste qu'il faut que je tente le tout pour le tout sinon je crois que je n'obtiendrai jamais rien. J'ai patienté suffisamment longtemps comme ça, je ne peux pas prendre des gants et essayer de ne pas la brusquer toute ma vie. Il faut bien que notre relation se stabilise un jour ou l'autre.
Dick hocha lentement la tête. Il savait que c'était ce qu'il y avait à faire. Mais il n'était pas aussi persuadé que Logan que celui-ci soit capable d'encaisser tous les chocs quand ça se rapportait à Veronica.
- Dans tous les cas, tiens moi au courant ! Je vais prendre une douche, et si tu veux juste après on va se prendre un verre au bar.
- Pas de soucis Dude ! On a du temps à rattraper tous les deux !
Défi WW de Marion
La banderole à l'entrée annonce "Welcome to Winter Carnaval".
Debout à son stand une jolie brune propose des sirops givrés aux passants tandis que sur le stand situé en face deux blondes vendent des tartes. L'une des blondes interpelle la brune par dessus l'allée.
X : Hey Madison, Madison tu m'entends ?
Madison : Mais oui Lilly, pas la peine de crier comme ça, je suis sûre qu'on t'entend même à l'autre bout de Neptune.
Lilly : Oui bon, pas la peine d'en rajouter. Je me demandais si tu dois rester encore longtemps au stand des "Futurs dirigeant " ? Quelle idée tu as eu de t'inscrire à ce cours d'ailleurs. Tu aurais dû faire comme nous.
Madison : Désolée si je n'ai pas l'âme du cheerleader. Et puis si je veux monter ma propre entreprise d'informatique et ruiner ton père un jour il va bien falloir que j'ai les bases dans la gestion de l'entreprise. La fortune de mes parents ne suffira pas.
Lilly riant : Ruiner mon père, c'est ça ton objectif. T'es trop mignonne. Enfin bref maintenant que mes parents sont passés, on aimerait bien bouger Veronica et moi. Surtout que nos remplaçantes sont arrivées.
Veronica avec une petite moue : C'est quand même fort que tes parents paient des tartes pour qu'on les vendent et qu'ils viennent ensuite nous en acheter une.
Tout en disant ça, elle quitte le stand avec son amie et se rapproche du stand de Madison.
Lilly: Ce n'est pourtant pas difficile à comprendre. Les caméras ma chère, les caméras. Sinon Madison, on peut y aller ou pas ?
Madison : Non, je suis coincée là ! Logan et Dick sont censés venir nous relayer mais pour l'instant ils n'ont pas donné signe de vie ! Ils m'énervent !
Lilly s'adressant au garçon qui tient le stand avec Madison : Tu n'as pas des nouvelles de ton frère, Beaver ?
Madison et Veronica : Il s'appelle Cassidy.
Cassidy gêné leur jette un regard reconnaissant.
Lilly haussant les épaules : Ouais si vous voulez, alors tu as des nouvelles de Dick ou pas ?
Cassidy : Je ne l'ai pas vu depuis qu'on est arrivé. Mais si tu veux Madison, tu peux aller avec elles. Ils ne devraient pas tarder et en attendant je devrais réussir à me débrouiller.
Madison : C'est vrai ?! Tu es trop gentil Cassidy ! Si je les vois, je te les envoie pour que tu puisses t'amuser toi aussi.
Lilly : Tant qu'on est là on va prendre 3 sirops, ceux qui font la langue bleue. Comme ça on pourra tirer la langue aux gens avec classe.
Veronica : Pourquoi veux-tu qu'on ait besoin de faire ça Lilly ?
Lilly : Tu verras... J'aurai raison...Une fois de plus.
Pendant que ses amies échangent un regard entendu et hochent la tête, elle s'éloigne du stand en riant, son sirop à la main. Elle se retourne.
Lilly : Alors les filles, je vous attends. Au fait, Madison, je crois que Beaver a un faible pour toi. Et ça vaut ce que ça vaut mais moi je le trouve un peu louche le frère de Dick. Je trouve Dick moins effrayant pourtant c'est Dick ! Alors fais attention à toi, ok ?
Avant que Madison ait pu dire quoique ce soit Veronica leur indique un stand du doigt. Elle a repéré les deux déserteurs. Sans même avoir besoin de se concerter elles décident de les rejoindre. Dick est en train de s'essayer à un jeu d'adresse tandis que Logan le regarde en mangeant.
Logan : Encore raté Dick ! C'est la cinquième fois. Ce n'est pourtant pas compliqué, il faut juste faire sauter la grenouille sur le nénuphar.
Dick va pour protester quand il remarque les filles qui arrivent derrière Logan. En un éclair la barbe à papa qui était dans les mains de ce dernier se retrouve dans celle de Veronica. Les 3 filles lui tirent la langue et commencent à piocher dans la sucrerie sous les yeux d'un Logan médusé.
Lilly : Tu vois Veronica, j'avais raison.
Et elle éclate de rire bientôt rejointe par ses deux amis. Logan les regarde sans comprendre.
Logan : Les filles vous êtes charmantes avec vos langues bleues mais par contre faites attention parce que le colorant a l'air d'attaquer le cerveau aussi. Ronnie, j'aimerai bien récupérer mon bien.
Veronica : Non, non. Maintenant que tu as les mains libres, tu vas pouvoir nous montrer de quoi tu es capable Echolls.
Logan : Je ne te savais pas voyeuse, Mars. J'aimerai bien te montrer ce que je sais faire mais je te rappelle que Lilly et moi on a rompu et puis faire ce genre de choses en public ça n'a jamais été dans nos habitude. A moins que tu veuilles tester directement mais alors il va tout de même nous falloir trouver un coin plus tranquille.
Veronica : Tu sais très bien que je ne parle pas de ça, je parle d'un domaine dans lequel tu pourrais assurer.
Lilly : Je t'assure qu'il se débrouillait plutôt bien, il était même terrible à l'époque.
Logan : A t'entendre on dirait qu'on a rompu il y a des siècles.
Lilly : 3 mois à notre âge c'est déjà une autre époque.
Les filles du stand se regardent, elles sont médusées par cet échange auquel elles ne comprennent pas grand chose. Dick et les 3 autres regardent maintenant Logan, ils attendent qu'il se décide. Il finit par se tourner vers le stand avec un sourire charmeur.
Logan : Mademoiselle...
Demoiselle (avec un grand sourire) : Je m'appelle Hannah.
Logan : Super! je vais tenter ma chance Hannah.
Hannah semble troublée par Logan qui s'amuse de la situation.
Lilly regardant Hannah : Désolée mais il parle du jeu, pas de toi.
Veronica : Lilly, ce n'est pas très gentil ça, tu ...
Lilly : Peut-être mais tu as vu le regard de chihuahua qu'elle a posé sur lui.
Puis s'adressant à Hannah : ne le prend pas mal, tu as l'air gentille mais à mon avis tu es trop gentille pour lui. Il va te manger toute crue.
Hannah les regarde tour à tour sans comprendre. Elle veut dire quelque chose puis se ravise et finit par tendre une grenouille à Logan qui préfère abandonner et s'éloigner. Une fois à bonne distance du stand, il se tourne vers Lilly.
Logan : Je te rappelle qu'on n'est plus ensemble. TU as voulu rompre. Ce n'est pas le moment d'être jalouse. Je drague qui je veux, je sors avec qui je veux.
Lilly : Mon pauvre Logan, ce n'est pas de la jalousie, c'est de la lucidité. Tu risquerais de la blesser. Il te faut autre chose, quelque chose de plus épique, si tu vois ce que je veux dire.
En disant cela elle jette un regard vers Veronica, regard que Logan est le seul à le remarquer. Il se passe la main sur la nuque.
Logan : Lilly...
Lilly avec un clin d'œil : Tu me remercieras plus tard.
Dick regardant Madison : Euh le Dick est perdu, ils sont bien séparés non ? alors pourquoi elle l'empêche de draguer. Et puis qu'est ce qu'elle entend par épique ?
Madison : Laisse tomber Dick, même moi je ne suis pas sûre d'avoir tout compris. Alors c'est loin d'être de ton niveau.
Dick avec un grand sourire : Mais peut-être que tu pourrais m'aider à élever mon niveau si tu vois ce que je veux dire.
Madison lui donnant une grosse claque derrière la tête : Tu rêves Dick.
Lilly profitant de l'intervention de Dick pour changer de sujet : Tu as un soucis Madison, il va falloir que tu choisisses Dick ou Beaver, Beaver ou Dick.
Madison : Cassidy !!!
Lilly : Oui bon Cassidy...
Dick d'une voix triste : Tu préfères mon frère.
Madison : Mais non ce n'est pas ça...On l'a complètement oublié, il vous attend au stand pour la relève.
Dick : ça veut dire que...
Madison : ça veut dire que si vous ne vous dépêchez pas de le rejoindre, je vous fais un shampoing au sirop givré on verra si le bleu tient aussi bien sur les cheveux que sur la langue.
Les garçons la jaugent un instant du regard mais devant son air déterminé, ils préfèrent battre en retraite et se dirigent d'un pas nonchalant vers leur stand.
Veronica : Bien joué Madison, tu as évité les ennuis pour cette fois. Mais Lilly n'a pas tort. Tu vas devoir choisir.
Your photograph
Veronica prit une autre coupe de champagne.
Tous ces gens qui l'entouraient étaient là pour elle. Mais tout ce qu'elle voyait c'était un groupe d'inconnus habillés dans des vêtements de luxe et faisant des discours grandiloquent.
- Vraiment très joli, superbe, les entendait-elle commenter.
Parfois quelqu'un venait la féliciter, elle hochait la tête d'un air absent, les remerciait et s'éloignait en claquant des talons sur le parquet.
Elle se sentait boudinée dans sa robe, la chaleur lui paraissait étouffante. Elle avait hâte de partir. Et pourtant cela faisait tellement longtemps qu'elle espérait être exposée à cette galerie d'art. C'était une telle réussite qu'elle aurait du être heureuse mais même en essayant elle n'y parvenait pas.
Les photos qui l'entouraient lui paraissaient avoir été faites par une étrangère. Elle ne ressentait aucune des émotions qui en ressortaient. A ses yeux, tout ce qu'elle avait cherché à capturer semblait avoir disparu.
Elle poussa un soupir avant de s'approcher d'une de ses photos pour la contempler.
Un surfeur qui domptait une vague. On voyait le soleil qui se reflétait sur l'eau. On voyait la concentration dans les yeux du surfeur, une lueur de détermination et de joie. La joie d'être là, seul sur sa vague, d'oublier qu'il y avait autre chose que l'océan, la sensation de tout contrôler pendant quelques minutes, d'être dans son élément tout simplement. Cette photo avait été prise en Australie, elle en avait pris des tonnes durant la compétition mais il avait fallut qu'elle attende la fin de celle-ci, un jour où le jeune homme surfait seul, pour pouvoir prendre ce cliché miracle.
- Je sais que je suis sexy mais tout de même, ça devient gênant de te voir me reluquer comme ça… chuchota une voix à son oreille.
Veronica ne prit pas la peine de se tourner vers lui, fixant toujours la photo.
- J'avoue que grâce à mon talent j'ai réussi à te rendre regardable mais bon ce n'est toujours pas ça.
- Outch, tu me vexes V. Mais dans ce cas pourquoi est-ce que tu n'as pas pris une photo d'un autre surfeur, il y en avait plein là bas, des nettement plus sexy et talentueux que moi d'ailleurs.
- Oui, j'aurais au moins pu prendre le gagnant.
- Ce crétin avec une tête plus grosse qu'une pastèque… bougonna-t-il.
Veronica sourit, toujours sans le regarder.
Il poussa un soupir. Il avait espéré qu'elle lui accorde un peu plus d'attention mais à quoi est-ce qu'il s'attendait ? C'était Veronica Mars et c'était son jour de gloire, pourquoi se soucierait-elle de lui ?
Il l'avait vu sourire mais comment aurait-il pu savoir que c'était son premier sourire sincère de la soirée ?
- Bien, j'étais juste venu te féliciter pour… tout ça. Je dois prendre un avion pour Los Angeles tôt demain matin alors… Je te souhaite le meilleur Veronica. On se reverra peut-être un jour.
Il tourna les talons et s'éloigna.
C'est seulement à ce moment là qu'elle se retourna pour le regarder partir. Elle sentit son cœur se serrer. S'était-elle trompée de voie ? Elle aimait la photographie, elle aimait sa vie de célibataire libre et indépendante mais il lui manquait quelque chose. Il y avait un vide qu'elle ne parvenait pas à combler.
Elle regarda à nouveau la photo, s'approcha et la détacha du mur. Non, elle était à elle cette photo, il n'était pas question qu'elle la partage avec le reste du moment. C'était son moment à elle. C'était personnel. Elle garda la photo encadrée contre elle et tenta de quitter la salle discrètement. Ce n'était pas du vol puisque c'était à elle, si ?
Arrivée chez elle, elle retira ses chaussures qui lui faisaient mal, sa barrette qui retenaient ses cheveux dans une coiffure compliquée et sa robe qui la compressait. Elle retira la photo de son cadre, pris une boîte et en sortit d'autres photos. Elle s'allongea sur son lit et regarda ses photos une à une. Elle avait regroupé celles qui lui paraissaient être ses meilleures, ou dans tous les cas ses préférées.
Au final la pile n'était pas bien épaisse.
Toujours ce surfeur sur sa planche.
C'était intriguant, auparavant elle prenait tout en photo, tout ce qui lui passait par la tête, des paysages à couper le souffle, des moments de vie. Mais maintenant, elle ne s'intéressait plus qu'aux compétitions de surf, elle allait à un maximum d'entre elles et elle prenait ces hommes et ces femmes qui domptaient l'océan. Ils la fascinaient.
Elle rangea les photos avec précaution et délicatesse dans sa boîte et retourna s'allonger. Mais elle n'avait pas vraiment la tête à dormir…
Le lendemain, Veronica était dans le hall de l'aéroport. Elle n'avait pas fermé l’œil de la nuit, se relevant pour chercher son ticket vers le bonheur. Et elle était arrivée si tôt ce matin… Elle avait une sale mine mais aucun bâillement n'aurait pu témoigner de son état de fatigue. Elle était bien trop fébrile pour ça. Elle avait réussi à trouver un billet et elle le retournait à présent nerveusement entre ses mains.
Elle prit finalement la direction de l'embarquement pour Los Angeles.
Devant elle, un jeune homme aux cheveux châtains.
Son surfeur.
- Logan, murmura-t-elle.
L'action se passe dans le courant de la saison 3.
Spoilers : C'est un GROS délire !
Cafétéria de Hearst, Piz déjeune en compagnie de Mac.
- Mais qu’est-ce qu’elle peut bien lui trouver ? Qu’est-ce qu’elles lui trouvent toutes ? Il les a toutes, Veronica, Parker. Il pourrait t’avoir s’il le voulait !
- Je ne crois pas… tempéra Mac.
- Ah bon, pourquoi ?
- Je ne suis pas blonde…
- Alors tout ça se résume à une couleur de cheveux ?
- Il faut croire qu’il est irrésistiblement attiré par le blond… Regarde avec moi, le courant n’est jamais vraiment passé… Lilly, blonde. Veronica, blonde. Madison, blonde. Hannah, blonde. Dick, blond…
L’idée semblait faire son chemin dans l’esprit de Piz. Ainsi pour attirer l’attention de Logan, il fallait être blond. Sans plus d’explication, il planta Mac à la cafétéria et prit rendez-vous chez un coiffeur. Il avait une théorie à vérifier.
Plus tard dans la journée, Piz croisa Logan au détour d’un couloir du dortoir. Instant de vérité.
- Salut… Tu as quelque chose de différent, aujourd’hui ? Tu as changé quelque chose ?
Piz sourit. Même le ton n’était pas amical, Logan lui avait adressé la parole. Chose qu’il n’avait quasiment jamais fait avant, jamais de sa propre initiative. Ainsi la théorie se vérifie.
- Juste la couleur…
Logan releva les yeux et réalisa le changement. Piz s’était teint les cheveux. Il les avait maintenant d’un joli blond californien. Cette nouvelle coupe était surréaliste aux yeux de Logan.
Logan vx off : On dirait que quelqu’un à jouer aux playmobils avec Dick et Piz mais qu’il n’a pas remis les morceaux au bon endroit !
Le trouble de Logan permit à Piz de s’approcher, de beaucoup s’approcher. Piz devait vérifier sa théorie jusqu’au bout. Est-ce que Logan faisait succomber tous les blonds et toutes les blondes ?
Le souffle de Piz se mêlait à celui de Logan. D’un rapide mouvement, Piz embrassa Logan sur la bouche. La réponse fut immédiate. Logan bouscula Piz. Ce dernier se retrouva affalé sur le sol.
- T’es complètement malade ! Celui qui a joué aux playmobils avec tes cheveux, il t’a aussi enlevé le cerveau ma parole ! On peut savoir ce qu’il t’a pris ?
- Je voulais savoir ce que ça faisait…
- Ce que quoi faisait ?
Piz porta une main à ses lèvres.
- Tu voulais savoir ce que ça faisait d’embrasser un mec ? Et c’est moi que tu choisis ? Tu n’as pas un nerd comme toi qui pouvait satisfaire ta curiosité ?
- Non… Je voulais savoir ce que ça faisait de t’embrasser toi… Je voulais savoir quel pouvoir magique tu exerces sur les blondes et les blonds.
Logan secoua la tête.
- T’es vraiment trop bizarre. Ne recommence plus jamais. Et pitié, retourne échanger de cheveux avec l’autre playmobil !
Logan s’éloigna en laissant un Piz dubitatif. Il l’avait embrassé. Il n’avait rien ressenti. Il n’avait rien compris. Et en plus, il s’était fait traiter de playmobil.
Bad day.
Logan vx off : Mais qu’est-ce qui lui a pris à cet abruti ! Je voulais voir ce que ça faisait ! Et dire qu’elle m’a remplacé par ça !
Il porta la main à sa bouche, se la frotta vigoureusement. Il en avait embrassé des bouches mais celle-ci, il aurait préféré l’éviter. Il fouilla ses poches pour y trouver un chewing-gum.
Logan vx off : Que je me débarrasse au moins du goût qu’il m’a laissé sur les lèvres.
Il n’avait aucune gomme à mâcher dans ses poches, pas un centime pour en acheter.
Bad day.