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Série : Veronica Mars
Création : 25.09.2008 à 08h42
Auteur : estel6317
Statut : Terminée
Librement inspirée du quartier de Dawson, vous pouvez poster ici vos histoires courtes (OS). Les règles sont définies dans le premier paragraphe
Cette fanfic compte déjà 313 paragraphes
Ceci est le premier paragraphe que je publie, je demande donc beaucoup d'indulgence quant à l'écriture ;)
Les voix-off sont en italiques et la personne qui parle est en gras.
***
Veronica ouvrit la porte d'entrée et buta dans un objet non déterminé mais qui se mit à faire de la musique et des bruits d'animaux.
Voix-off Veronica : Super Veronica, il est 23h et tu vas réveiller tout le monde... Enfin peut-être pas tout le monde finalement.
Elle entendit le bruit de la télé provenant de la chambre dont la porte était entrouverte. Elle déposa ses affaires sur le canapé du salon et se dirigea vers la chambre, lorsque les cris d'un bébé retentirent et l'arrêtèrent dans sa lancée.
… : C'est ta faute, à toi d'aller voir, lui lança une voix masculine qui couvrit le son de la télé.
Voix-off Veronica : Toi, tu paies rien pour attendre mon cher et tendre...
Veronica se lança à grande allure dans l'escalier et arriva dans la chambre du bébé. Juste le temps de lui faire un câlin, de lui redonner son doudou et de lui chanter une berceuse et Jamie se rendormit.
Veronica : Alors toi, je vais te manger à la petite cuillère, blagua-t-elle en revenant au rez-de-chaussée et en rentrant dans la chambre.
Il était là, allongé paisiblement sur le lit à regarder une émission aussi ennuyeuse qu'inutile et afficha un grand sourire lorsqu'il vit la jolie blonde rentrer dans la chambre.
… : Je m'en suis déjà occupé toute la soirée et il voulait voir sa maman... Je savais pas que tu devais rentrer aussi tard.
Veronica se blottit dans ses bras et lui déposa un bisou dans le cou.
Veronica : Désolée, le mari de la cliente n'était pas pressé de faire sa petite affaire avec sa maîtresse... J'ai attendu un moment pour avoir des bonnes photos.
… : Hm, j'adore quand tu parles de mari en train de tromper leur femme, ça me ferait presque oublier que tu les as photographiés alors qu'ils étaient nus et en pleine bagatelle, plaisanta-t-il.
Veronica : Tiens, en parlant de bagatelle...
Veronica se redressa et se mit à califourchon sur lui mais soudain son mari sembla mal à l'aise.
… : Je suis pas trop pour tu sais, j'ai peur que ce ne soit pas bien pour le bébé...
Veronica : Tu parles du bébé qui dort tranquillement en haut ? Parce que je t'assure qu'il s'en contrefiche, le rassura-t-elle en déposant des baisers partout sur son visage.
… : Non, je parle de celui qui est dans ton ventre... Tu sais, la raison pour laquelle je pense que tu devrais te reposer et ne pas rentrer aussi tard ?
Veronica : Logan, je ne suis enceinte que de 4 mois et à ce que je sache, je n'exerce pas un métier me mettant en péril à chaque instant. Je ne crains rien.
Veronica déposa un baiser sur les lèvres de Logan mais les pleurs de Jamie les arrêtèrent.
Logan : Qui dort tranquillement, hein ? répliqua-t-il malicieusement.
Veronica se leva, lui jeta un oreiller et sourit.
Logan : Non c'est bon je m'en occupe, repose-toi, lui intima Logan.
Tandis que Logan se dirigea à l'extérieur de la chambre, Veronica en profita pour aller faire un brin de toilette et s'allongea sur le lit. Elle était exténuée, Logan avait raison mais elle ne voulait pas l'inquiéter. Quelques instants plus tard, Logan entra dans la chambre.
Logan : Qu'est-ce que serait sa vie sans sa peluche panda, il se réveille dès qu'il ne l'a plus près de lui, dit-il en s'allongeant sous les draps du lit.
Il se positionna derrière Veronica et la prit dans ses bras, lui déposant des baisers dans le cou.
Veronica : Tu veux dire que je suis ta peluche alors ? Parce que dès que je ne suis plus près de toi, tu fais aussi des crises, blagua-t-elle.
Veronica sentit le sourire de Logan près de son oreille. Ils profitaient de ses moments de calme entre eux, car les prochains mois s'annonçaient mouvementés. Jamie n'avait que deux ans et trois mois, il nécessitait encore beaucoup de surveillance et l'arrivée du bébé dans un peu moins de cinq mois n'allait pas aider.
Logan : On va y arriver, lui murmura-t-il, comme s'il savait à quoi elle pensait. Ça n'a pas été facile avec Jamie mais on y est arrivé. On a des mugs avec écrit dessus « Papa » et « Maman de l'année » dessus, c'est forcément un signe, lâcha-t-il dans un sourire.
Veronica : Oui probablement, mais bizarrement j'ai du mal à faire reposer tout notre avenir et l'éducation de nos enfants sur des mugs que mon père nous a offerts...
Logan : Tu préférerais un garçon ou une fille ?
Veronica sourit de plus belle. Elle adorait voir Logan sous cette nouvelle facette : elle savait que quand Logan aimait, il ne comptait pas, elle en avait fait la (parfois douloureuse) expérience. A la naissance de Jamie, il était devenu un véritable papa poule, se démenant pour ne pas suivre les traces de son père. Elle avait toujours eu du mal à s'imaginer un futur serein avec Logan et si quelqu'un lui avait dit il y a huit ans lors de leur première année de fac qu'ils auraient des enfants, elle aurait probablement répliqué quelque chose de bien senti.
Veronica : Honnêtement ? Tant qu'il est en bonne santé, je serais plus qu'heureuse, lui confia-t-elle. Et toi ?
Logan : On a déjà Jamie, alors peut-être une fille... Mais si c'est un garçon je m'en fiche aussi. Voir une mini marshmallow courir partout, ça pourrait être sympa.
Veronica sentit que le sommeil commençait à la gagner et se laisse aller aux bras de Morphée. Logan écouta pendant un moment sa respiration, enfouissant son nez dans son cou afin de respirer son odeur. Il n'en revenait pas de voir que malgré les années, malgré les enfants et malgré les aléas de la vie, il était toujours autant amoureux d'elle.
Un peu moins de cinq mois plus tard, une nouvelle petite marshmallow est née.
WW de fin d'année scolaire
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- "Calculer la superficie de ce polygone. " Mais je ne sais même pas ce que c'est un polygone ! S'agace une jeune et jolie blonde assise face à ses bouquins ouverts sur une des tables en métal jaune de l’aire de pique-nique de Neptune High.
- T'es sérieuse ? Ricane alors sa copine brune. Toi, tu ne sais pas ça alors que tu es l’incarnation de l'équivalent au féminin ? Elle poursuit avec un sourire supérieur en voyant la mine dubitative de son amie. Un polygone, c'est un homme qui à plusieurs femmes voyons !
- Ah bon ? Tu es sûre ? Mais ... Qu'est-ce que ça vient faire dans un problème de trigonométrie ?
Un jeune homme arrivé de nulle part les interrompt en s’installant entre les deux créatures.
- Alors les filles, l'épreuve de philo de ce matin vous a-t-elle ouvert l'esprit ? Vous faites quoi ce soir ? Dit-il en entourant leurs épaules de ses bras, l’air charmeur.
- Même pas en rêve ! Lâche l'une d'elle en repoussant sa main.
- Peux-tu essayer d'être sérieux un instant ? Nous jouons notre avenir en ce moment ! Répond l’autre en faisant de même.
- Jouer son avenir sur "Pourquoi chercher à se connaître soi-même ?". Je suis curieux de savoir comment tu t'en es sortie.
La blondinette dégage une mèche de cheveux derrière son oreille et affiche un sourire victorieux :
- Ce n'était pas si évident mais je pense m'en être pas trop mal sortie. Se vante-t-elle. En fait, c'est comme si on vous demande votre nom et que vous ne savez pas. Ça risque de mal finir et de vous conduire au poste. Conclusion : il vaut mieux savoir qui on est. Achève-t-elle fière d'elle.
- C'est pas idiot du tout. Dénoterais-tu avec la réputation de la couleur de tes cheveux ? Taquine-t-il.
Pour toute réponse, elle lui adresse une moue grimaçante témoignant de son agacement. Son amie enchaine donc.
- Et toi qui te vante d'être Aware, comment as-tu répondu au sujet ?
Il balaie ses mèches d'une main et bombe le torse pour répondre :
- Pourquoi chercher à se connaître soi-même ? Je dirais que des fois cela peut être dangereux si on découvre qu'on est débile. Les filles gloussent. Il perd de son assurance avant de poursuivre. Je ne parle pas de moi hein ! Elles rient maintenant.
- Avant que tu nous interrompes, nous étions en train de réviser les maths. Alors, soit tu révises avec nous, soit tu t’en vas, et loin de préférence !
- Les maths ? Moi ce qui m'inquiète, c'est l'histoire-géo plutôt. Renchérit-il, refusant de les laisser tranquilles.
- Tu crois toujours que la capitale de la Suède c'est Ikea ? Se moque la brune.
- Haha ! Très drôle. S'agace-t-il. Je sens que cette année ça tombera sur la première guerre mondiale. Les poilus, Pétain et compagnie ... Enfin, il me semble ...
- C'est pendant cette guerre qu'a été instauré le régime de Vichy ? Demande la brune soudain inquiète quant à ses connaissances sur le sujet.
- Oui je crois. A ce qu'il paraît, il est très bon pour la santé. Lui confirme son amie sur le ton de la confidence. La brune semble perplexe.
- Pas sûr. Je ne sais même plus en quelle année il est apparu …
- Sais-tu seulement en quelle année a eu lieu la première guerre mondiale ? Défie la blonde.
- En 1418 ?! Répond le jeune homme, pas certain de sa réponse.
- Non ! Corrige-t-elle fièrement. C'était bien avant !
S'en fut trop pour Veronica, assise à la table juste derrière, qui laisse enfin éclater le rire qui lui chatouillait la gorge. Elle rassemble ses affaires tout en essuyant les larmes de son fou rire. En se levant, elle croise leurs regards remplis d'incompréhension et manque de s'étrangler de rire à nouveau.
- Vous êtes des jeunes gens très prometteurs ! Heureusement pour vous que Papa et Maman vous assurent un avenir doré ! Je ne peux pas réviser à proximité de vous. Trop de stupidité. Pas envie d'être contaminée. Alors ... Elle ponctue sa phrase par un signe de la main montrant qu'elle s'en va ailleurs, un grand sourire aux lèvres.
- Pffff quelle pimbêche. Toujours à se croire plus maligne que les autres. On verra bien qui s'en sortira le mieux. Lâche Madison quand Veronica est assez loin pour ne pas entendre, un tantinet agacée.
Veronica, à la recherche d’un nouvel endroit pour réviser, se retrouve dans les couloirs de Neptune High. Elle croise Logan.
- Alors ? Tu as assisté à un procès intéressant ces derniers temps ?
Logan, pas très loquace pour une fois, ne relève pas. La situation est des plus difficiles et la tentative d’humour de Veronica n’a pas produit l’effet escompté. Elle ajoute :
- J’ai la solution pour te remonter le moral. Tu n’as qu’à demander aux génies que représentent Madison et Dick où se trouvent les pyramides de Malpighi. Leur réponse pourrait bien te surprendre !
La voir aussi rayonnante et avenante lui réchauffe le cœur, plus que son sous-entendu sur l’incapacité de ses amis à répondre à la question. Il sourit. Elle lui renvoie avec un regard chargé de tendresse avant de poursuivre sa route. Il va mieux.
Paragraphe complet mais "hors sujet" de BIAD
FLASHBACK : Juin 2005
Veronica était installée dans sa LeBaron occupée à prendre des photos sur un parking lorsque son téléphone sonna. Elle posa son appareil et décrocha.
VERONICA : Hello Mr Echolls, que me vaut cet honneur?
LOGAN : Salut V. Ecoute, je voulais juste m'excuser pour tout à l'heure. Ce n'était pas à toi que j'en voulais, voir Lilly avec ce type m'a fait sortir de mes gonds et tu t'es trouvée dans le champ de tir. Je ne voulais pas m'en prendre à toi.
VERONICA : Des excuses du Grand Logan Echolls! Mon Dieu, ce jour est à marquer d'une pierre blanche !
LOGAN : Ecoute, je sais que je ne t'ai pas vraiment remerciée pour ton soutien ces dernières semaines. Je n'aurai pas tenu le coup si tu n'avais pas été là. Donc mon pétage de plomb tout à l'heure, tu ne méritais vraiment pas ça.
VERONICA : Ne t'inquiète pas, c'est déjà oublié. Les amis sont là pour ça pas vrai? Allez, je te vois demain.
LOGAN : Tu as fini ton article sur ce passionnant sujet que sont les exercices incendie de notre bon vieux Neptune High?
VERONICA : Eh bien figure toi que justement, je crois que je suis tombée sur quelque chose d'un peu plus compliqué que ça. Je vais certainement laisser la main à mon père sur …
La portière de la voiture s'ouvrit brusquement et un jeune homme vêtu d'une veste de treillis s'engouffra sur le siège passager, une arme à la main. De frayeur, Veronica lâcha son téléphone qui tomba dans la voiture.
A l'autre bout du fil, Logan ne put qu’entendre :
VERONICA : Oh mon Dieu, je peux savoir ce que tu fais?
X : Démarre, on va faire un tour.
Veronica démarra la voiture et dirigea la LeBaron vers la sortie du parking.
BEN: Au stop, tu tournes à gauche.
VERONICA : Où est-ce qu'on va?
BEN : Tu devrais le savoir, tu m'as sûrement suivi là-bas...
VERONICA : Le Camelot?
BEN : Qu'est-ce qui t'a pris, Veronica de te mettre à jouer les détectives comme ça? Hein? Tu vas tout faire foirer!
VERONICA : Je ne sais absolument rien, …
BEN : Tais-toi, Il faut que je réfléchisse...
Arrivés sur le parking du motel, le jeune homme força Veronica hors de la voiture et lui fit monter les escaliers en l'agrippant par le coude.
VERONICA : Tu ne le sais peut-être pas, mais le shérif, c'est mon père. S'il n'a pas de nouvelles de moi rapidement tous les flics du conté vont être à ma recherche.
BEN : Arrête de te prendre pour Fantomette. C'est plus grave que tu ne le crois! J'ai quelque chose à te montrer…
Tout en disant cela, il commença à sortir quelque chose de sa poche arrière. Il ne put cependant pas finir son geste, un violent coup de poing vint l'envoyer à terre.
Surgi de nulle part, Logan se rua sur lui et lui assena plusieurs coups afin de le neutraliser.
Dans le même temps Veronica ramassa l'objet qui était tombé à terre. C'était un portefeuille.
VERONICA : Logan arrête !
Elle lui montra le contenu du portefeuille, dans lequel on pouvait voir un badge officiel.
VERONICA : C'est un agent fédéral!
Quelques instants plus tard, dans la chambre de Ben, Veronica lui tendait une serviette humide pour tamponner son visage tuméfié, tandis que Logan détendait ses articulations, autant pour essayer d'ignorer la douleur que pour se retenir de flanquer quelques pains supplémentaires au FBI en culottes courtes.
VERONICA : Alors tu es, quoi, undercover à Neptune High?
BEN : Ecoute, toi, je dois bien te mettre en partie au courant. Mais lui, dit-il en désignant Logan, il attend dehors.
LOGAN : Dans tes rêves, Jump Street! Je vais pas te laisser seul avec elle.
VERONICA : Ça m'a tout l'air d'être une vraie plaque, Logan. S'il a quelque chose à me dire, je voudrais bien l'entendre. Et tu seras juste dehors n'est-ce pas?
LOGAN : D'accord, mais ne ferme pas complètement la porte.
Il se dirigea vers le palier.
LOGAN : Je suis juste à côté.
Il sortit sur la galerie et attendit à côté de la porte que l'ersatz de Jonny Depp donne des explications à Veronica.
Il avait beau essayer de se calmer, il bouillait encore. Son sang n'avait fait qu'un tour quand il avait entendu qu'elle était menacée et il n'avait même pas réfléchi lorsqu'il s'était précipité au Camelot pour jouer les héros. Son cœur battait encore la chamade. Il essayait de se raisonner en se disant qu'aussi bouffon qu'il paraissait, le type avec qui elle était ne lui voulait pas de mal. Il ne s'était pas rendu compte à quel point la petite blonde avait pris une place importante dans sa vie ces derniers mois. Ils s'étaient épaulés l'un l'autre lorsque Lilly l'avait laissé tomber, encore une fois, qui semblait définitive celle-là, quelques semaines après que Duncan ait quitté Veronica sans raison. Cherchant des réponses à leur abandon auprès des amis respectifs de leurs ex, ils avaient fini par devenir d'excellentes diversions mutuelles, s'envoyer des piques continuellement s'étant révélé leur moyen à tous deux pour se changer les idées.
Et ces dernières semaines, après le suicide de sa mère, Logan avait eu plus que jamais besoin de se réfugier dans cette bulle. Veronica avait su le détourner de son envie latente de suivre sa mère derrière le parapet du Coronado Bridge. Et elle avait également su l'écouter lorsqu'il avait eu besoin de se confier, la plupart du temps dans un état assez alcoolisé.
Après une dizaine de minutes, qui avaient permis à Logan de retrouver un rythme cardiaque stable, Veronica sortit de la chambre et s'avança vers lui calmement. Elle paraissait tout de même encore un peu secouée.
LOGAN : Ça va?
Veronica acquiesça doucement de la tête. Elle semblait commencer à se détendre.
Elle s'approcha de lui et tout naturellement, déposa ses lèvres sur les siennes. Un mélange de remerciement et de soulagement.
Le contact ne dura que quelques secondes, mais il déclencha en lui une vague d'émotions contradictoires : la surprise se mélangeait avec le sentiment d'une évidence qui venait de s'ouvrir à lui. A voir son regard, la petite blonde avait été elle-même surprise par ce baiser qui lui était pourtant venu si spontanément. Elle sembla d'un coup prendre conscience de son geste.
Alors qu'elle se détournait, les yeux plein d'incrédulité, Logan la retint par le bras et l'attira vers lui, plaquant à son tour ses lèvres sur les siennes.
Il ne s'était pas trompé : la chaleur qui envahit tout son corps à cet instant, ce sentiment de plénitude lorsqu'il enlaça la jeune femme, jamais il n'avait ressenti cela auparavant. Il se sentit à la fois électrisé de le la tête au pied et exactement là où il était sensé être. Il serra son corps un peu plus contre le sien s'abandonnant complètement dans cette étreinte.
Leurs corps se séparèrent lorsqu'ils reprirent leur souffle et leurs regards se croisèrent : ils y lurent pendant un instant la même sensation d'évidence, avant que la réalité ne revienne les heurter de plein fouet.
La douceur dans les yeux de la jeune femme fut remplacée par le doute et elle s'éloigna de lui.
VERONICA : C'est... On oublie ça, tu veux? Un instant d'égarement...dit elle sur un ton qu'elle voulut léger, alors que sa voix tremblait pourtant.
Elle dévala l'escalier et grimpa dans sa voiture en lui lançant un dernier regard empli de perplexité.
Logan ne put détourner les yeux que lorsque la voiture eut quitté le parking et fut hors de vue. Là seulement il réussit à reprendre ses esprits et à réaliser ce qui venait de se passer. Il reprit pied avec la réalité, pensa à Lilly, pensa à Duncan, et la phrase de Veronica raisonna dans son esprit : "un instant d’égarement".
Fin Flashback
Flashback : Avril 2006 Gymnase de Neptune High
Veronica entra dans la salle décorée pour l'occasion. Elle n'avait pas spécialement envie d'assister à cette soirée. Lilly avait dores et déjà prévu de s'éclipser au bout de quelques minutes avec sa dernière conquête et elle n'avait pas particulièrement envie de se retrouver avec Duncan et Meg. Elle avait mis du temps à se remettre de sa rupture avec Duncan et le voir avec Meg avait été difficilement supportable au début. Puis la douleur était passée et seule une très forte amitié subsistait désormais entre elle et Duncan. Si elle appréciait également beaucoup Meg et s'était finalement réjouie de constater que leur couple durait depuis plus d'un an maintenant, elle n'avait pas pour autant envie de tenir la chandelle toute la soirée. Mais elle avait été désignée volontaire comme photographe officielle pour le journal de l'école et dut donc se résigner à prendre part à la fête.
A un bout de la salle, elle entr'aperçut Logan et Gia à la table des entrées et décida de commencer son reportage par l'autre bout de la pièce.
Après leur baiser volé au Camelot, Logan et elle s'étaient totalement évités pendant quelques semaines. Puis ils avaient récupéré un rythme à peu près normal : moins proches qu'avant, ils avaient peu à peu repris leurs joutes verbales. Mais celles-ci étaient devenues plus acides et plus cyniques. Logan l'avait blessée à plusieurs reprises et elle ne pouvait que se féliciter de ne pas avoir risqué de mettre son amitié avec Lilly et Duncan en péril pour "un instant d'égarement". D'autant que Logan avait multiplié les conquêtes depuis lors, toutes plus superficielles les unes que les autres.
La batterie de son appareil commençant à donner des signes de faiblesse, Veronica se dirigea vers la table des entrées afin de la remettre en charge. Logan semblait subir le flot de paroles incessant de celle-ci Gia.
GIA : … je pense que tu te montres agressif et sarcastique pour empêcher les gens de s'approcher de toi.
LOGAN : C'est vrai, tu as raison... Mais ça ne marche pas tout le temps!
GIA : Dis-moi ce que tu penses de moi, franchement. Prends pas de gants, hein, d'accord?
Logan prit une grande inspiration et s'apprêtait à balancer ses quatre vérités à Gia, mais Veronica intervint à temps :
VERONICA : Danse avec moi.
Elle le prit par la main et l'entraina sur la piste de danse avant qu'il ait eu le temps de dire quoi que ce soit.
LOGAN : Chaque fois que je rêvais de ce moment, je l'imaginais plutôt avec "The time of my life" comme musique de fond, dit-il d'un ton sarcastique. Mais bon, j'y peux rien.
Veronica passa ses bras autour du cou de Logan et celui-ci posa ses mains sur sa taille. A ce contact, elle ne put que se rappeler leur échange un an plus tôt. Le visage de Logan quant à lui avait perdu toute son arrogance et il semblait ébranlé par le contact de la petite blonde. Elle remarqua son trouble et ne put soutenir son regard. Son cœur se mit à battre de plus en plus vite. Ne voulant pas rester dans cet état plus longtemps, elle préféra rompre le silence pour alléger l'atmosphère chargée de tension qui s'était développée entre eux.
VERONICA : Alors, pas de bimbo accrochée à ton bras ce soir?
Logan la regarda avec un regard indéchiffrable et mit quelques instants avant de répondre.
LOGAN : Je suis un peu étonné Veronica, en tant que fine observatrice de la condition humaine, je pensais que tu analysais les gens mieux que ça.
Veronica le regarda sans comprendre.
LOGAN : Les bimbos, tu sais bien que je ne suis pas vraiment comme ça...
VERONICA : Ah? Alors tu es comment, vraiment?
LOGAN : Tu sais, je suis un être torturé....
VERONICA : Oh ! J'avais pourtant l'impression que tu avais fini par dépasser tout ça avec Lilly.
LOGAN : Allez Veronica, je ne parle pas de Lilly...
Logan la fixa dans les yeux et son regard la traversa de part en part. Veronica sentit une boule se former dans son estomac et son cœur remonter dans sa poitrine
VERONICA : Logan, je...
Son réflexe fut de s'éloigner de lui, mais il la rattrapa par le bras.
LOGAN : Je sais, on devait oublier! Mais comment veux tu que j'oublie? Ne me dis pas que tu n'as pas ressenti la même chose que moi!
VERONICA : Là n'est pas la question!, Lilly est ma meilleure amie. Et Duncan est ton meilleur ami!
LOGAN : Oui, c'est vrai et c'est-ce que je n'arrête pas de me répéter depuis près d'un an chaque fois que je veux te prendre dans mes bras. Mais tu sais quoi ? C'est Lilly qui m'a plaqué et elle semble n'avoir eu aucun mal à me remplacer définitivement. Et c'est Duncan, qui je ne sais pour quelle raison, a mis un terme à votre relation. Et il est avec Meg maintenant. Alors dis-moi pourquoi on ne pourrait pas nous aussi aller de l'avant?
VERONICA : Et tu te vois tenir ce discours à Duncan ? Parce que pour ma part, il est hors de question que je mette mon amitié avec Lilly en péril.
LOGAN : Personne ne fait de chanson sur les histoires où tout semble facile.
Reprenant la jeune femme par la taille, il remit une mèche de ses cheveux derrière son oreille et lui caressa la joue du bout des doigts. Il sentit son corps se détendre et cesser de lutter pour s'échapper. Il rapprocha doucement son visage du sien et sentit son souffle sur ses lèvres. Il se rapprocha encore et sentit la jeune femme se tendre vers lui.
VERONICA : Il faut que j'y aille! Veronica repris ses esprits brusquement. Il faut que j'y aille.
Elle se dégagea et quitta la salle précipitamment.
Arrivée à la porte du gymnase, elle sentit une main lui attraper le poignet.
LILLY : Veronica! Qu'est-ce qu'il t'arrive? Qu'est-ce qui se passe avec Logan?
BIAD : paragraphe "hors sujet" suite au para du 15/08
Lilly savait bien que son frère avait encore des sentiments pour Veronica. Elle n'avait jamais vraiment compris pourquoi Duncan l'avait plaquée alors qu'il était manifestement toujours amoureux d'elle. Mais la réaction de son frère lorsqu'elle lui avait posé la question à l'époque l'avait dissuadée de chercher à en savoir plus. Même si elle n'arrivait manifestement pas à lui faire complètement oublier Veronica, il était heureux avec Meg depuis maintenant plus d'un an et il était temps que Veronica passe à autre chose, même si c'était avec Logan.
Et Duncan ne pouvait en vouloir ni à l'un, ni à l'autre pour cela. Elle avait bien vu qu'il avait souffert d'entendre que Veronica avait des sentiments pour Logan mais elle avait réussi à lui faire comprendre qu'il ne devait pas leur en tenir rigueur et que leur amitié était plus précieuse que n'importe quoi d'autre.
Duncan était encore sonné par sa discussion avec sa sœur alors qu'il se dirigeait vers les tables qui tenaient lieu de bar. Pour Lilly, la situation était simple : c'était lui qui avait rompu avec Veronica, il ne pouvait donc qu'en assumer les conséquences. Mais pour lui, c'était bien plus compliqué que cela : Il ne pouvait pas être avec Veronica.
Chaque jour depuis leur rupture il avait dû lutter contre ses sentiments, qui ne voulaient pas disparaître. Même depuis qu'il était avec Meg, il avait un pincement au cœur chaque fois qu'il voyait la petite blonde. Il avait souffert de devoir garder tout cela pour lui.
Evidemment qu'elle devait pouvoir être heureuse... Mais avec Logan? Pourquoi fallait-il que ce soit avec Logan? Et pourquoi Logan ne lui en avait-il pas parlé? Depuis quand son ami refoulait-il lui aussi ses sentiments pour ne pas le blesser?
Aujourd'hui plus que jamais, Duncan avait besoin de se confier... Et la personne à qui il avait le plus besoin de parler, c'était Logan...
Le visage fermé, il s'avança vers le bar où Logan était en train d'agrémenter son punch.
DUNCAN : Logan, il faut qu'on parle toi et moi.
Logan s'apprêtait à accueillir son ami avec une blague et une accolade, mais lorsqu'il vit son regard, son sourire se figea.
En voyant la tête que Logan faisait en discutant avec son frère, Lilly eut soudain l’impression que leur conversation ne prenait pas la tournure attendue. Cela faisait maintenant un bon quart d’heure que Duncan avait été retrouver Logan et l’air abattu de ce dernier ne lui disait rien qui vaille. Elle essaya de s’approcher d’eux discrètement afin de s’assurer qu’elle avait bien convaincu Duncan de ne pas mettre de bâtons dans les roues de Logan et Veronica.
Elle fit mine de se servir du punch et se plaça directement derrière Duncan. Elle arrivait malheureusement à la fin de la conversation et ne put que l’entendre dire « Prends bien soin d’elle, d’accord ?» avant qu’il ne s’éloigne retrouver Meg.
Jubilant de l’efficacité de son intervention, Lilly se retourna un grand sourire aux lèvres et s’apprêtât à taquiner Logan au sujet de Veronica, mais elle eu juste le temps de voir le jeune homme vider son verre d’une traite et lui dire « je rentre », le visage fermé, avant de quitter la salle.
Lilly resta perplexe, se demandant ce qui avait bien pu se passer. Elle regarda autour d’elle et constata que Duncan et Meg étaient partis aussi. Elle qui avait prévu de quitter la soirée en charmante compagnie avant tout le monde se retrouvait à partir en dernier et seule par-dessus le marché ! Ça lui apprendrait à vouloir jouer les cupidons…
Afin de ne pas avoir ruiné sa soirée pour rien, elle sortit son téléphone pour achever sa mission.
de : Lilly
à : Veronica
Où t'es passée? Je bosse pour toi et toi tu disparais! Maintenant que je me suis mise en quatre, tu as intérêt à assurer! Et rassure-toi, pour la famille Kane, tout baigne!
***
Veronica ouvrit les yeux et regarda son réveil : 6h30.
La dernière fois qu’elle avait vérifié, il était 5 h15. Une heure quinze minutes de sommeil, c’est tout ce qu’elle avait pu récupérer cette nuit.
Après le message de Lilly, elle n’avait réussi qu’à se tourner et se retourner dans son lit, ne sachant pas comment elle devait réagir face à cette nouvelle situation.
Il était impossible qu’elle puisse se rendormir. Elle sauta hors de son lit, enfila un short et des baskets et sauta dans sa voiture. Trois minutes plus tard, elle garait sa LeBaron sur le parking de Dog Beach et s’élançait pour courir le long de la plage.
L’air frais du matin lui fit un bien fou, effaçant doucement la fatigue de sa courte nuit. Elle laissa son regard se perdre sur les vagues, où quelques surfeurs profitaient de l’océan et des premières lueurs de l’aube.
Quelques mètres plus loin, elle aperçut une silhouette familière, assise sur le sable face à l’océan.
Elle dévia sa course et se dirigea vers elle, puis ralentit le pas et vint s’asseoir doucement à ses côtés.
VERONICA : Salut.
LOGAN : Salut.
VERONICA : Tu es bien matinal pour quelqu’un qui s’est certainement couché il y a peu.
LOGAN : Je te retourne le compliment.
VERONICA : Le sommeil n’a pas vraiment été mon ami cette nuit.
LOGAN : Problème identique… En fait je ne me suis pas réellement couché.
VERONICA : Oh!… Elle essaya de garder un ton léger, mais sentit une boule grossir au fond de sa gorge.
VERONICA : Une rencontre intéressante hier soir?
Logan esquissa un demi- sourire, le regard toujours fixé sur l’océan.
LOGAN : Je dirais plutôt une discussion intéressante… Avec Duncan…
Veronica sentit son cœur se serrer. Son esprit s’emballa : Que s’étaient-ils dit? Pourquoi Logan semblait-il si distant? Alors qu’elle se demandait comment formuler ses interrogations, Logan la devança:
LOGAN : Il nous a en quelque sorte donné sa bénédiction…
Son ton sonnait presque désabusé et un brin ironique. Veronica ne sut pas vraiment comment interpréter son attitude.
Elle glissa doucement sa main dans la sienne mais Logan ne réagit pas.
LOGAN : Il m’a également donné la raison de votre rupture.
Veronica n’avait aucune idée de ce dont Logan pouvait être en train de parler.
Qu’est-ce que sa rupture avec Duncan pouvait avoir comme importance maintenant?
Logan retira sa main de celle de Veronica et posa ses avants-bras sur ses genoux. Il prit une profonde inspiration, regardant toujours droit devant lui.
LOGAN : Tu es toujours amoureuse de lui, n’est-ce pas?
La question prit Veronica totalement au dépourvu. Dans son esprit fusèrent une dizaine d’interrogations simultanément :
Que ressentait-elle encore pour Duncan? Pourquoi Logan lui posait-il cette question? Pourquoi Duncan avait-il rompu deux ans auparavant? En quoi cela pouvait-il perturber Logan à ce point? Logan avait-il les mêmes craintes à propos d’elle et Duncan qu’elle-même avait eu au sujet de Logan et Lilly?
Elle fit le tri dans sa tête et essaya de trouver la réponse à sa question: Que ressentait-elle encore pour Duncan ?
Elle exprima à voix haute et le plus honnêtement possible ce qu’elle éprouvait réellement :
VERONICA : Lorsque Duncan a rompu avec moi, j’ai eu l’impression de perdre une partie de moi-même… Je ne comprenais pas ce qui se passait, je me suis sentie vide.
Au fur et à mesure des paroles de Veronica, le visage de Logan se défit encore un peu plus.
VERONICA : Puis, avec le temps, je me suis faite à notre séparation. Je me suis faite à sa relation avec Meg. Principalement grâce à ton soutien d’ailleurs. Je ne sais toujours pas pourquoi il a rompu avec moi, mais quelle importance? Le fait est que nous ne sommes plus ensemble.
Veronica reprit la main de Logan dans la sienne.
Veronica : Mais surtout, ce n'est plus avec lui que j'ai envie d'être aujourd'hui... Non, Logan, je ne suis plus amoureuse de Duncan.
Elle prit délicatement sa tête entre ses mains et le força à la regarder.
VERONICA : C'est avec toi que je veux être …
Logan releva enfin la tête et vint planter son regard dans celui de la petite blonde. Il lui sourit, hésitant, puis dégagea une mèche de ses cheveux du bout des doigts et posa doucement les lèvres sur les siennes.
FIN FLASHBACK
WW de Soph :
voici le défi à relever :
- texte à poster où vous voulez, SS ou tout autre topic.
- il faut réussir à égarer le lecteur : on doit croire que vous parlez d'un certain sujet, mais en fait, il s'agit dun autre. (je m'inspire de ma dernière lecture jeunesse " ses griffes et ses crocs" )
- placer les termes "chronophage", "epitaphe", "lessive" et "manucure"
***
Il a toujours trouvé cette activité particulièrement chronophage et il n'a jamais été un grande fan de la grande lessive en famille.
Alors, là c'est certain.
Il rechigne.
Il reporte.
Il esquive.
Il procrastine.
C'est tellement inhabituel chez lui qu'on ne dit rien. On le laisse faire, pour le moment.
Mais il devra s'y mettre...
Repousser l'obstacle ne le fera pas disparaitre.
Et cette fois-ci, il ne pourra pas gagner du temps en se chamaillant avec elle.
Il ne pourra pas leur dire qu'il a un devoir à terminer.
Elle ne pourra pas leur rétorquer qu'elle a sa manucure à reprendre.
Il ne l'entendra plus rétorquer quoi que ce soit.
Et c'est ça le plus dur.
Oui, ils n'étaient pas le frère et la soeur fusionnels que sa mère aurait voulu. Mais ils avaient été proches, très proches. Ils passaient tout leur temps libre de lycéens ensemble. Ils fréquentaient les mêmes personnes.
Elle était celle qui le poussait à sortir de sa coquille. Il est celui qui pousse à la tempérance.
Il est alors qu'elle était...
Voilà, il l'a dit.
Il a enfin réussi à employer ce fichu imparfait pour parler d'elle. Sa thérapeute est tellement rassurée de voir le processus de deuil s'enclencher qu'elle en applaudirait presque, cependant en bonne profesionnelle, elle se contient. On ne peut pas en dire autant de Jake et Celeste qui opinent du chef d'un air rassuré. Ils ont eu si peur que leur fils sombre dans la dépression. L'entendre parler d'elle les rassure. Il a cessé de nier les faits. Toutefois la psychologue tempère leurs joies. Elle sait que son patient aura encore besoin de temps pour aller de l'avant. Pour l'aider dans sa démarche, elle lui propose un exercice complexe et éprouvant qui, elle en est certaine, sera salutaire pour le jeune homme.
"Vous devriez écrire son épitaphe, Duncan..."
Les parents s'agitent sur leur divan. Ils ne voyaient pas l'adieu à Lilly de cette manière mais si cela sauve le fils prodigue.
A ce moment-là, l'adolescent relève la tête. On peut voir dans ses yeux l'idée faire son chemin. Tout à coup, un sourire apparait sur son visage. C'est le premier depuis sa mort. Il y a un zeste de Lilly dans ce sourire et cela lui réchauffe le coeur. Elle n'est plus mais il la sent là près de lui. Alors il doit bien reconnaitre que laver son linge sale en famille n'est pas toujours une vaste fumisterie.
WarWord
Enfin ! La lessive et toutes les tâches ménagères chronophages étaient désormais terminées. Elle y avait certes laissé sa manucure et son épitaphe ne porterait certainement pas la mention « femme d’intérieur exceptionnelle », mais peu importait !
Elle avait désormais tout le temps qu’elle souhaitait pour profiter pleinement de la magnifique étendue scintillante qui s’étendait à perte de vue devant ses yeux. La réverbération du soleil l’éblouissait quelque peu, mais elle prit le temps de le laisser dorer sa peau avant de se lancer dans cet océan glacé. Cela ne lui avait pris qu’un instant pour se changer et elle se réserva encore quelques petites minutes d’attente afin d’augmenter encore un peu sa soif d’effort. Elle anticipait déjà les mouvements de son corps face à cette abîme.
Enfin, elle ajusta son masque, et s’élança.
Just wanna say bye...
Après un rapide coup d’œil sur son smartphone, elle rangea l’appareil dans la poche arrière de son jean avant de traverser la cour de l’université. Elle regarda autour d’elle et pressa le pas. Elle n’aimait pas trainer dans le noir trop longtemps et surtout pas seule. Elle était ravie de quitter les lieux à la fin de l’année. Stanford avait accepté de la prendre en deuxième année de criminologie à la rentrée prochaine. Après les derniers évènements, elle avait voulu changer d’air, changer de vie. Bien sûr elle savait que les adieux seraient difficiles et douloureux mais c’était pour le meilleur. Le pire était derrière elle et si elle avait pu mettre les voiles encore plus rapidement que prévu, elle serait déjà en route pour Stanford. Un craquement se fit entendre derrière elle. Elle plongea la main dans sa besace, tournant une fois sur elle-même tout en continuant sa route. Sa chevelure blonde virevolta avant de retomber sur ses épaules. Elle accéléra à nouveau le pas, resserrant le taser dans sa main. Elle avait assez donné, cette fois-ci elle ne se ferait pas avoir comme une débutante. Elle traversa la pelouse, descendit les escaliers le cœur battant. Le sang cognait dans ses tempes. Elle se retourna une dernière fois en arrivant près de sa voiture et lorsqu’elle tourna les yeux c’était trop tard. Elle percuta quelqu’un de plein fouet. Surprise, elle trébucha, entraînant l’inconnu dans sa chute et ils tombèrent tel un sac sur le macadam. Alors qu’elle fermait les yeux, crispés pour prévenir le coup, la douleur de la chute, elle sentit des bras l’enserrer, l’attirer contre ce corps. Au moment où les mains se posèrent sur elle, où elle toucha le torse, elle comprit qu’il ne lui était pas inconnu. L’effluve du parfum confirmait sa théorie. Son estomac se noua, la chute dura une éternité. Lorsque leurs corps touchèrent le sol, le jeune homme émit un gémissement de douleur. Elle se reprit rapidement et se redressa sur ses avant-bras en râlant un peu. Leurs regards se croisèrent. Son cœur s’accéléra à nouveau, mais pour d’autres raisons cette fois. Sa chevelure blonde effleurait le visage du jeune homme allongé sous elle. Elle posa un genou à terre, le libérant de son emprise, partiellement. Il la regarda avec une douceur infinie, comme il en avait l’habitude. Elle se sentit fragile et forte à la fois. Elle se sentit aimée et désirée en quelques secondes. Elle sourit faiblement. Comment arrivait-il à lui procurer cette sensation avec un simple regard ? Pourquoi était-elle si sensible à cet homme alors qu’elle tentait l’impensable pour l’oublier ?
Il avait prévu un beau discours, des belles phrases pour l’impressionner et en cours de route il avait tout jeté aux oubliettes. De toute façon, elle n’écouterait rien de ce qu’il avait à dire, son meilleur atout c’était son sarcasme. Il ne l’avait pas vue venir, il ne l’avait pas vue piétiner rapidement le gazon en direction de sa voiture. Elle l’avait percuté de plein fouet, l’emportant dans sa chute. La seule chose à laquelle il avait pensé c’était la rattraper, inconscient du fait que lui aussi tomberait. Il n’avait pensé qu’à l’attirer vers lui, lui couvrir le visage de son bras et la serrer contre lui. Elle n’avait pas résisté, il avait compris de suite. Elle savait que c’était lui. Cette sensation étrange de reconnaitre l’autre peu importe le moment. Il n’avait pas prévu la chute. Et lorsque son corps s’écrasa avec force avec le poids de la jeune femme au sol, il ne put s’empêcher de lâcher un gémissement. Lorsque leurs regards se croisèrent, son cœur s’arrêta un instant. Elle s’était redressée en grimaçant un peu, le faisant sourire instantanément. Ses cheveux blonds encadraient parfaitement son visage. Elle répondit à son sourire, les papillons se réveillèrent dans son bas ventre. Elle lui manquait terriblement. Et malgré ses excuses, elle avait mis un point donneur à l’éviter depuis plusieurs semaines. L’année touchait à sa fin et il savait qu’elle ne restait pas. Il savait aussi qu’elle ne lui dirait pas au revoir. Alors il avait pris les devants. Au prix de représailles, il était prêt à encaisser les coups si elle ne voulait pas le voir. Mais apparemment elle avait le sourire.
Elle hésita en voyant son sourire. Une partie d’elle lui intimait de se relever et de s’en aller sans un mot et une autre la retenait fermement de quitter les lieux. La chute l’avait perturbée, elle n’avait pas prévu de le croiser. Elle chercha une réponse dans ses yeux et comprit qu’il n’était certainement pas là par hasard. Qu’il avait certainement tenté de la voir depuis qu’il avait appris la nouvelle. Son cœur se serra, il tenait à elle. Alors pourquoi tout ça, pourquoi tout était toujours aussi douloureux entre eux s’ils s’aimaient tellement ? Elle se redressa un peu plus, voulant se relever, il fallait qu’elle s’éloigne de lui au plus vite, mais il la retint.
Son regard se fit plus intense, il savait qu’elle cherchait des réponses. Il avait apprit à lire entre les lignes, il la connaissait bien avec le temps. Il la sentit hésiter, chercher dans ses yeux. Et alors qu’elle se redressait, lui n’hésita pas. Il attrapa son bras avec une certaine fermeté et s’avança vers elle pour poser ses lèvres sur les siennes.
Elle fut d’abord surprise, il lui fallut un moment pour percuter. Un frisson lui parcourut l’échine, son cœur manqua d’éclater dans sa poitrine. Et lorsqu’elle sentit sa chaleur, elle lui rendit son baiser, inconsciemment, passionnément.
Le sang cognait dans ses tempes et lorsqu’elle répondit à son baiser, la chaleur s’empara de lui. Il la serra contre lui et savoura l’étreinte. Puis, aussi rapidement qu’elle avait répondu à son baiser, elle se sépara de lui, se redressa et sauta sur ses jambes. Il ne put réprimer un sourire, il se redressa à son tour et lui jeta un regard surpris.
Elle avait tous les sens en éveil. La colère, la gêne et l’envie étaient mélangées en elle et ça la rendait encore plus furieuse. Et le voir sourire en coin lui donnait envie de l’attacher à un poteau. Elle réfléchit un instant à ce qu’elle aurait pu dire et finalement, sans un mot, monta dans sa voiture et le laissa planté sur le bas-côté. Dans le rétroviseur, elle put voir son regard qui la suivait des yeux. Un regard blessé qui lui brisa le cœur.
Sur le siège passager son téléphone vibra et le nom de Piz s’afficha sur l’écran. Elle appuya sur le frein et attrapa le téléphone.
Elle ouvrit les yeux avant de se redresser péniblement dans son lit. Elle se frotta le visage en repensant à son rêve et inspira profondément. Depuis qu’elle avait pris la décision de partir à Stanford, quitter Neptune et Piz, elle avait du mal à trouver le sommeil. Et les rêves sur Logan s’accumulaient au fur et à mesure à chaque fois qu’elle fermait les yeux. Elle l’avait soigneusement évité depuis quelques semaines au même titre que Piz. Elle avait eu une discussion avec lui sur Logan et ça n’avait pas abouti à ce qu’elle avait espéré. Après qu’elle ait eu la lettre de Stanford, elle avait fini par décider qu’il était plus sage de ne pas l’intégrer dans son futur non plus. Elle se leva et regarda son réveil, celui-ci affichait 4 :20 du matin. Elle bailla, s’étira et tourna en rond quelques minutes. Peut-être que si elle lui parlait, les rêves s’arrêteraient ? Elle attrapa sa besace et en vida le contenu sur son bureau à la recherche d’une carte bien particulière. Elle hésita puis enfila un pull, attrapa ses clés, son portefeuille et la carte avant de sortir de l’appartement.
Lorsque la lumière s’alluma brutalement dans sa chambre, il mit quelques instants à ouvrir les yeux et à s’adapter à la lumière vive. Lorsqu’il distingua enfin quelque chose, il aperçut la petite blonde adossée au mur de l’entrée de sa chambre. Elle faisait la moue, portait son pyjama et le regardait fixement. Il fronça les sourcils et jeta un œil à son réveil pour se rendre compte qu’il était encore très tôt. Relevant les yeux vers elle, il s’installa confortablement et la regarda avec un sourire.
LOGAN – Ce n’est clairement pas un rendez-vous galant vu ta tenue. Et je suis le premier à dire que nos ébats étaient inoubliables donc il est impossible que j’ai raté un quelconque rendez-vous avec toi. Tu n’as pas l’air de m’en vouloir pour quelques raisons que ce soit, ce qui est assez exceptionnel du fait que tu me fuis comme la peste depuis plus de trois semaines. Donc… A moins d’avoir vraiment raté quelque chose, que me vaut le plaisir de ta visite, à 4h52 du matin ?
Pendant son long discours elle se souvint pourquoi elle l’aimait tant, pourquoi même dans les pires situations, c’était lui qu’elle choisissait. Parce que comme dans son rêve, le simple fait de sentir son regard sur elle lui faisait du bien, parce que le simple fait d’entendre le son de sa voix pleine de sarcasmes lui donnait envie de rire. Que le fait de se trouver à quelques mètres lui, le sachant à moitié nu lui donnait des idées. Il aperçut son sourire et sourit à son tour.
VERONICA – Pourquoi ? Pourquoi est-ce que c’est toujours comme ça…
LOGAN – Je crois que j’ai déjà répondu à cette question un jour.
VERONICA – Je m’en vais Logan. J’ai eu la lettre de Stanford et je peux reprendre à partir de la rentrée prochaine. Et je ne veux pas que quelqu’un d’autre te l’apprenne. Je quitte Neptune à la fin de l’année. J’ai besoin d’un nouveau départ.
Logan encaissa le coup, tenta de lire en elle pour comprendre pourquoi elle se tenait là devant lui au beau milieu de la nuit. Elle s’avança vers lui.
VERONICA – Je vais faire quelque chose que je ne ferais pas d’habitude. Et je vais partir.
Logan fronça les sourcils lorsqu’elle posa une main sur le lit, la sentant se rapprocher dangereusement de lui. A ce moment précis, il ne pensait plus clairement, son cœur battait la chamade, son pouls s’emballait. Pourtant il ne put s’empêcher de souffler :
LOGAN – Finalement, ça ressemble à un rendez-vous galant…
VERONICA – Tu ne pourrais pas juste la fermer ! Lâcha-t-elle avant de glisser un genou sur le lit et de déposer ses lèvres sur celle de Logan.
La chaleur l’envahit instantanément lorsque leurs lèvres se retrouvèrent, ses reins étaient en feu. Elle le laissa l’attirer à lui et lui rendre son baiser avec douceur. Il glissa ses doigts dans ses cheveux, elle frissonna. Elle posa ses mains sur le torse nu de Logan, il frémit. Pendant quelques secondes, ils savourèrent leur étreinte et puis elle mit fin à ce moment. Elle se redressa et tourna les talons avant de se diriger vers la sortie.
Et pour la énième fois, le cœur de Logan se serra dans une douleur insupportable alors qu’il la regardait partir. Lorsque la porte claqua derrière elle, il resta un moment sans bouger.