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Série : Veronica Mars
Création : 25.09.2008 à 08h42
Auteur : estel6317
Statut : Terminée
Librement inspirée du quartier de Dawson, vous pouvez poster ici vos histoires courtes (OS). Les règles sont définies dans le premier paragraphe
Cette fanfic compte déjà 313 paragraphes
Une rencontre inattendue
Logan entre deux fous rire : Dick, sérieusement, elle avait quel âge ? 7 ans ? 8 ans ?
Dick l'air penaud, se frotte la joue, son avant-bras couvert de crème mal étalée.
Dick : C'est pas ma faute si sa mère n'a pas d'humour. Mais elle m'a mis de la crème, j'ai gagné, non ?
Dévoilant sa joue sur laquelle on commence déjà à voir la trace des 5 doigts d'une main.
Logan : Désolé Dick, tu connais la règle. Arriver à réaliser le défi le premier ne suffit pas, y'a la manière aussi. Je te répète aussi que c'est celui qui lance le défi qui désigne le gagnant.
Ils se retournent tous alors vers Sean.
Sean : Logan, sans conteste.
Dick : Pfff, ben votre jeu il commence à agacer le Dick. Au moins 5 fois qu'il se fait jeter.
Logan : Prends-en de la graine.
Il se retourne vers 2 jeunes femmes assises sur leur serviette quelques dizaines de mètres plus loin. Il les salue de la main, une des filles lui répond en s'embrassant la main puis souffle dans sa direction, lui envoyant ainsi virtuellement le baiser.
Logan : Le sex appeal, mon gas ! Le sex appeal !
Lucky : Alors Logan, donnes-nous ton défi.
Logan : OK donc votre mission si vous l'acceptez sera de... vous faire embrasser par une des maîtres nageuses. N'importe où, mais n'oubliez pas, la manière !
Sans demander leur reste, 3 des compétiteurs partent en courant, chacun en direction d'une des sauveteuses. Dick reste planter là, il regarde ses pieds l'air absent. Logan lui passe la main devant les yeux.
Logan : y'a-t-il quelqu'un dans ce grand corps malade ?
Sans répondre, un sourire se dessine sur les lèvres de Dick qui s'en va à son tour.
Une fois dans l'eau, il se met à nager. De temps en temps il regarde en direction de la plage, puis continue. Il finit par s'arrêter, satisfait de lui. Mais tout d'un coup, il n'arrive visiblement plus à nager, il se bat pour rester à la surface. Pris de panique, il se met à crier. Sa tête disparaît quelques instants sous l'eau ne laissant apparaître que ses bras.
Sur la plage Logan qui ne l'a pas quitté des yeux, s'avance d'abord en courant vers la mer, mais il semble hésiter, il sourit. Se pourrait-il que Dick ait mis au point une stratégie ? Tout l'arbre généalogique de ses aïeux a dû se regrouper pour lui donner l'inspiration. Il se dirige alors vers le poste de garde.
Logan : quelqu'un est entrain de se noyer !
Une secouriste regarde dans la direction indiquée par le doigt de Logan. Sans réfléchir elle s'élance vers l'eau.
Quelques minutes plus tard, aidée par une de ses coéquipières, elle sort Dick de l'eau. Un attroupement c'est formé autour d'eux. Tous les amis de Dick attirés par le mouvement sont dans le cercle. Les 2 sauveteuses sont à genoux autour de Dick.
Maître nageuse 1 : écartez-vous s'il vous plait ! Il a besoin d'air.
Aucun mouvement ne se fait autour d'eux. Dick est sans connaissance.
Elle se lève en criant plus fort : Ecartez-vous, je vous ai dit !
Sa coéquipière l'aide à créer plus d'espace. Dick est toujours inconscient.
MN1 : Sidney, va chercher le matériel. Dépêche-toi.
Sidney revient quelques instants plus tard avec l'équipement et du renfort.
MN1 : Bien, pendant que je pratique le massage cardiaque, tu t'occupes du bouche à bouche. Je commence. 1, 2, 3, 4...
Intérieurement, Dick jubile. Ils le prennent pour un... un blond, oui c'est ça. Ils vont voir de quel bois il se chauffe ! Il attend impatiemment de sentir les douces et pulpeuses lèvres, comme un trophée à sa victoire. Ne pas sourire ! Ne pas ouvrir les yeux ! Ne pas se laisser aller à ce léger picotement qu'il sent grandir dans son bas-ventre ! Il attend... 1, 2, 3, 4... mais au lieu de sentir la bouche de sa promise, il est chatouillé par... par une moustache ! Sidney s'est transformée en Mitch. Il repousse immédiatement l'homme penché sur lui, se lève en se frottant énergiquement les lèvres.
Les sauveteurs ainsi que l'attroupement restent ébahis par ce qu'il vient de se passer. Mais ils sont trop sous le choc pour réagir de quelque manière que se soit. Seuls, 4 jeunes hommes ne pouvant retenir leur rire, s'écartent du groupe.
Mal à l'aise, Dick s'écarte en reculant lentement, il bafouille.
Dick : je ... je vais bien, ne vous inquiétez pas. J'ai juste cru voir une nageoire de requin, j'ai paniqué. Tout va bien. Je vous remercie de m'avoir sauvé la vie. Le Dick vous en sera toujours reconnaissant.
Il fait volte face pour rejoindre en courant ses amis revenus sur leur campement, tous écroulés de rire.
Logan lui prend le bras pour l'élever théâtralement.
Logan : And the winner is, The Dick.
Dick : oh c'est bon, hein, je viens de me faire embrasser par un...
Logan : amoureux éconduit ? fantasme inavoué ?
Devant le silence de son ami il finit par ajouter.
Logan : Allez Dick. En tout cas, tu as gagné la palme d'or. Tu es le grand vainqueur de ce défi !
Un peu plus tard dans l'après-midi, l'humeur semble s'être inversée. Dick s'amuse comme un gamin. Ses compagnons sont assis, sans bouger. Ils regardent Dick d'un air désabusé.
Dick : Et le gagnant est : Dick Casablanca !
Logan : Ca fait 3 fois que tu t'auto proclames vainqueur.
Dick : Tu m'as dit, c'est celui qui lance le défi, qui décide. Ce que vous êtes mauvais perdant!
Logan se résigne alors à essayer d'enrayer la logique simpliste mais néanmoins implacable du grand blond. Ca fait longtemps qu'il a compris que son ami vit dans un monde bien à lui, où la couche d'ozone est si épaisse que personne ne peut la percer.
Le groupe ne remarque pas tout de suite les 2 jeunes femmes s'avancer vers eux. C'est Logan qui les voit le premier.
Logan : Madison ! Tu as épuisée toutes les possibilités de la gente masculine pour que tu t'attaques maintenant au beau sexe ?
Madison : Va rôtir chez le diable, Logan ! S'adressant à son amie Je te l'avais dit, aucun intérêt, ce sont des dégénérés !
Logan : on dit aller au diable ou...
Mais Dick ne l'entend pas de cette manière, il n'a d'yeux que pour la belle brune aux formes plantureuses qui accompagne son ex petite amie. Son expression, dans un toon, aurait été symbolisée par des yeux sortant des orbites ainsi qu'une langue élastique pendant jusqu'à ses pieds. Il lui coupe donc la parole.
Dick : Logan tu manques à tous tes devoirs de gentleman. Madison, quel bon vent t'amène ? Tu ne nous présentes pas ta délicieuse amie ?
Mais il n'attend pas la réponse. D'un bras Dick la prend par la taille, l'entraîne faire quelques pas à l'écart.
Dick : Comment s'appelle cette belle sirène ?
Brune : Elisabeth.
Dick : Elisabeth ? Quel prénom original ! Que puis-je faire pour toi, charmante enfant ? Ca te dirait par exemple, que je joue au spéléologue sur ton corps ?
La jeune femme tourne alors la tête vers lui, arque un sourcil, puis illumine son visage d'un grand sourire plein de malice.
Elizabeth : Babou !
Dick : ??
Elle enroule à son tour son bras autour du jeune homme.
Elizabeth : c'est Babou pour les intimes !
Evolution...Révolution...
Un portrait refait façon pointillisme. Logan s'en était donné à cœur joie. Veronica le regarda, comme l'a toujours regardé. Un petit pointe d'admiration, d'envie et d'amour. Un regard que jamais Piz n'avait eu. Piz, un gentil garçon, il voyait cette scène d'un tout autre œil. Il en avait assez de cette situation. Il en avait assez de le voir la détruire.
Logan : Touche là encore, Humilie là une seule nouvelle fois et tu comprendras ce que c'est que de souffrir. Tu feras connaissance avec le fils d'Aaron Echolls.
Gory : ...
Logan appuyant son pied sur l'épaule de son adversaire : T'avise pas de l'ouvrir ou je te garantis que c'est toi qui va finir les tripes à l'air !
Sur ces paroles sentencieuses, Logan s'en alla en mêlant son regard attendri à sa blondinette.
Logan : Piz. Fait il en battant sa tête de ses doigts.
Le bad boy s'en alla dans son SUV jaune.
Trop c'était trop. Il ne pouvait pas le laisser encore la manipuler. Il quitta la cafétéria à sa suite, direction le NGH. Plus il se rapprocha de sa chambre, plus sa colère monte, plus son angoisse monte. La colère de la voir toujours dans la vie de sa copine. L'angoisse de voir cette pièce pleine de leurs souvenirs. Il laissa entrer, prit le temps de se calmer. Frappe à la porte. Se prépara à cracher son venin.
Logan : Piz ?! Qu'est ce que tu veux ? demanda-t-il en allant se servir un verre.
Logan : Tu veux que je te donne un cours de boxe ?
Piz : La ferme, Logan !
Logan : Mais c'est qu'il sort les crocs !
Il but une gorgée de whisky.
Piz : Arrête les frais, Logan ! Laisse la !
Logan posa son verre avec application sur son bar.
Logan : Elle ne t'a jamais dit qu'elle n'aimait pas qu'on se mêle de ses affaires ? Oh, non, c'est vrai qu'elle ne te dit pas grand chose ! Tu es juste là pour lui tenir chaud la nuit.
Le surfeur fit mine de réfléchir.
Logan : Remarque même pas, je suis certain que je tiens plus chaud que toi rien quand la serrant contre moi...
Piz n'en put plus. Il attrapa Logan au col.
Piz : C'est le moment Logan, maintenant, tout de suite. Tu es sorti de SA vie! Pour toujours!
Logan enlevant la main de Piz, le regarda dans le blanc des yeux.
Logan : C'est ce qu'on verra...quand elle saura...
Piz en sortant : Elle ne saura rien puisque tu ne peux plus la voir...
Logan, seul, dans le salon termina son verre avec application, puis il parla à voix haute.
Logan : Dick ! Tu as entendu ?
Dick sortit de sa chambre en petite tenue : Chut, elle dort encore...Oui, j'ai entendu. Qu'est ce que tu comptes faire ?
Logan : Tu me donnes des conseils maintenant ? Tu me laisses voir Veronica sans me dire de me méfier ?
Dick : Tu es maso mon pote, je m'y suis fait. et puis, tu l'aimes... Je crois comprendre ce que c'est...
Logan : Le Dick amoureux ?
Dick : Possible...Alors qu'est ce que tu comptes faire ?
Logan : Pas moi. Toi, mon pote. N'oublie, le Pizounet ! Je ne peux pas l'approcher. Alors, tu vas aller le dire à Veronica...
Dick s'habilla.
Dick : Tu ne fais pas de connerie avec ma...
Logan : Promis, je m'approche pas de ta chambre...
A Hearst.
Veronica et Piz sont dans le parc. Ils discutaient de la scène de midi.
Veronica : C'est Logan tout craché ça ! Il n'a pas pu s'empêcher de faire parler ses poings. Il n'a pas pu s'empêcher de s'exposer au danger...Il faudrait que je le prévienne. Il faut qu'il sache contre qui il doit se protéger...
Piz semblait excéder. Il prenait au maximum sur lui, mais il ne put se retenir.
Piz : Laisse le, il est assez grand non ? Et puis, il ne viendra plus te voir. Il ne viendra plus t'emmerder.
Veronica resta bouche bée. Venait elle d'entendre ça de la bouche de Piz ?
Veronica : Tu veux dire quoi ?
Piz : Je suis allé lui dire de sortir de ta vie ! Ca nous permettra de s'aimer tranquillement...
Veronica : Tu es allé le voir ?!
Piz : J'ai fait ça pour nous...
Veronica : Pour nous ?! Mais Piz, il n'y a plus de nous ! Comment tu as pu me faire ça ? Comment tu as pu vouloir diriger ma vie ? Comment tu as pu croire que j'allais renoncer à voir Logan ? Comment ?!
Ils étaient debout dans le parc. Tout le monde les regardait.
Piz : Veronica ne te donne pas en spectacle...
Veronica : Ne te donne pas en spectacle ? Alors que nos ébats tournent en boucle sur la toile et que tu n'as même pas semblé t'offusquer...Tu veux que je reste calme ! Tu veux que je t'aime alors que tu me sépares de mon...
Piz : De ton quoi ? Vas y dit le ! Ca te soulagera !
Piz semblait de plus en plus menaçant. Il s'approchait dangereusement de Veronica une lueur sournoise dans les yeux, quand quelqu'un lui prit l'épaule puissamment.
Dick : Tu vas aller te calmer plus loin, mon gars. Qu'est ce que tu dirais de la cote est ? Hein ? Et pour reprendre tes mots, sors de SA vie, de NOS vies pour toujours !
Piz voulut répliquer mais les regards de la foule l'en dissuadèrent. Il avait déjà perdu cette bataille depuis trop longtemps. Il devait s'incliner.
Piz : Pourvu qu'il te rende heureuse...
Dick : Ca, il sait faire !
Piz s'éloigna et son histoire n'est plus notre histoire.
Dick : Vero, ça va ?
Veronica : Oui, oui...Merci Dick...Tu...
Dick : Garde tes mots pour lui. Il en a besoin. J'ai cru comprendre qu'il s'était pas attaqué à un poisson d'aquarium...
Veronica : Ouaip...
Un duo plutôt inattendu quitta le campus d'Hearst. Le portable de Dick sonna.
Dick : Le Dick ? Oui, bébé, j'arrive. Oui, elle est avec moi. Rassure le...
Veronica : Elle ? Dick serait amoureux ?
Dick le regarda d'un air surpris : possible et tu l'as connais...Bien. Très bien...
Veronica : Mène moi à ta dulcinée, que je retrouve le mien...
Dick hallucinait. Veronica lui ouvrait son cœur. Veronica n'en croyait pas. Dick était amoureux de sa meilleure amie...
Le monde change, c'était aussi leur tour...
222
Ou Le 666 Neptunien
Non, on ne peut pas dire que la vie est de tout repos. Elle peut tantôt nous offrir des mets délicieux, et tantôt des crapauds à pustules purulentes.
Et elle en avait encore fait les frais.
Encore...
On ne peut oublier le sentiment de haine qui s'empare du corps dans ces moments là.
Il était là, en face d'elle et elle était impuissante.
Il l'avait violé, il avait tué ces innocents et Meg en avait fait les frais : l'équation n'était pas très compliquée, il devait payer.
Mais au lieu de se soustraire à elle, il l'avait achevée d'un coup dans le dos.
Toucher à ce qui fait le plus mal, détruire une forteresse dûment construite, faire éclater les cratères : tuer l'être le plus cher.
A partir de là, la haine prend une toute autre dimension. Et... A tord, on se déchire petit à petit.
Elle avait sentie son cou se serrer jusqu'à l'en étouffer. Le désespoir et l'impuissance s'emparaient peu à peu de son corps, le liquéfiant de bout en bout.
On souffre et on se laisse ronger par le mal. Sans prendre vraiment conscience...
Comment ne pas braquer l'arme sur lui? Comment contenir toute folie qui s'amoncelait en elle? Impossible.
Mais encore une fois, au lieu de se plier aux règles et d'assumer le pêcher il avait tout maîtrisé.
Les pieds jonchés sur le petit rebord, perdant peu à peu l'équilibre, il s'était laissé glisser du bulding, emportant avec lui son nom si souvent effacé.
Pour ne pas tomber et fléchir, on appuie sur pause.
On se laisse porter par le rêve.
Elle avait rêvé cette nuit-là.
Sous le soleil de printemps, dans un air aux odeurs de pêchers, fraisiers et autres arbres fruitiers, l'être disparu était là.
Comme venu de nulle part il paraissait la protéger.
On se réveille et ce n'est qu'un rêve. Malheureux sentiment d'angoisse...
L'odeur des Pancakes l'avait attirée près de la cuisine, rendant l'improbable évident.
Mais rien... La plaie s'était ré-ouverte un peu plus.
Ne jamais perdre espoir... Un intitulé de contes pour enfants ?
Et pourtant, derrière le pas de porte, ses cheveux dignement absents et son sourire bien présent, il semblait être tout droit sortit d'un rêve...
Une immense joie, indescriptible sentiment de soulagement, de calme et d'apaisement s'était emparé d'elle.
Il est temps de panser les plaies.
Un pas pour avancer.
Une fois la malle remplie et bouclée, elle était prête pour le grand pas.
Prête pour le monde citadin, pour des vacances bien méritées vers la grosse pomme, elle pourrait enfin se laisser aller.
Relâcher, relâcher toujours plus... Et grandir, s'élever, prendre en main son destin.
Non, on ne peut pas dire que la vie est de tout repos... Mais quelle saveur aurait-elle sinon?
Surtout ne pas craquer, ne pas lui arracher les yeux. Ne pas lui faire ce plaisir là.
Inspirer, expirer, inspirer, expirer, …
Je sors de la boutique, finalement je n’ai rien acheté. Et dire que j’étais prête à mettre de la soie, de la dentelle pour qu’il me regarde comme…. Comme il regardait Lily peut être je ne sais pas.
Je manque de perdre l’équilibre, comme si mon sang n’alimentait plus mes membres normalement. Je la hais, vraiment. Je nourris pour elle les mêmes sentiments que pour toutes ces personnes qui m’ont détruit un peu plus.
Non, reprend toi Veronica. Attends, ne tire pas de conclusions hâtives. Parler à Logan, voilà ce que je dois faire. Ne pas l’accuser comme je l’ai fait 2 ans plus tôt, ne pas se braquer mais lui laisser la possibilité de s’expliquer, simplement.
Sur mon canapé, les images défilent sous mes paupières. Je la vois triomphante, me jetant à la figure sa victoire et son mépris. La jalousie me ronge. Je déteste ce sentiment. Je refuse de dépendre de quelqu’un de cette façon. Après tout, j’ai survécu sans Logan après la mort de Lily, je peux encore le faire.
Ca y est le moment est venu. Il me regarde dans les yeux et je connais la réponse à ma question. Faites qu’il démente, s’il y a quelqu’un là haut, il me doit vraiment quelques services, alors pour une fois, s’il vous plaît… Il essaye de m’expliquer, de se justifier. Je vois ses lèvres bougées et il me semble distinguer quelques mots, mais je ne suis déjà plus là. Cette fois, le cratère entre nous est trop profond.
L’équation est simple, comme deux plus deux font quatre. Cette trahison plus son mensonge implique la fin de notre histoire. Je dois partir, tout de suite, quitter cet endroit et ne plus jamais y revenir.
Je sors aussi vite que je le peux. De toute façon je ne crois pas qu’il m’ait suivi. Une fois dans la rue, la peur m’assaille. Alors ça y est, c’est la fin ? Tout ça pour en arriver là ? Je suis tentée de faire demi-tour mais il faut te faire une raison Veronica, plus rien ne t’attend là-bas… Se mêler à la foule des citadins, n’être qu’une parmi tant d’autres. Ensuite, le moment sera venu de redevenir moi-même ou presque…
Never say die
En équilibre constant, toujours un pied devant l'autre. Ne jamais regarder le sol. Et avancer. Droite. Gauche. Droite, attention ça penche. Gauche. Droite.
Voilà ma vie. Une corde tendue trente mètres au-dessus d'un cratère sans fond. Toujours, toujours rester concentrer. Sinon c'est la chute. Un regard vers le bas, et c'est un retour définitif à la case départ. Ne jamais se retourner, ne jamais baisser les yeux, regarde droit devant-toi et avance. Never say die, little girl, never say die.
Voilà ma vie. On ne dirait pas comme ça, regardez-moi. Jeune citadine de la côte ouest, plutôt jolie à ce que l'on dit, plutôt débrouillarde et la langue bien pendue. Qui penserait que je jongle avec le vide ? Qui penserait que je ne suis pas celle du premier coup d'œil ? Observez cette jeune fille là-bas. Elle a l'air si calme, si sereine, si heureuse. Ca pourrait être moi. Peut-être est-ce moi ? Peut-être était-ce moi ? Les gens changent vous savez. Et puis non, comment le sauriez vous ?
Observez-la bien, elle respire le bonheur. Vous vous dites, l'équation n'est pas bien compliquée : jeune, jolie, souriante, à vingt ans le monde appartient à qui sait tendre sa main. A vingt ans, tout vous sourit, rien ne vous résiste.
Vous êtes bien naïf mon ami. Approchez-vous, regardez donc ses yeux. Voyez-vous sa pupille rester dure derrière le sourire narquois ? Sentez-vous cette angoisse qui transpire du moindre de ses gestes ? Elle vous semble insouciante, mais elle a déjà compris que la vie vous attend à chaque coin de rue avec un revolver à vous braquer sur la tempe. Elle semble aussi pure qu'une petite souris blanche, mais elle ne croit déjà plus en la pureté.
Regardez-la. Regardez ce poids accablant sur ses épaules, voyez cette croix trop lourde pour elle qui se profile dans l'ombre de son regard. Regardez-moi bon sang ! Regardez ma souffrance, regardez mon malaise, regardez ma solitude !
Je m'appelle Veronica Mars, je n'ai pas encore vingt ans et je lutte pour ne pas tomber.
Ne jamais regarder le sol. Gauche. Droite. Gauche...
COMPRENDREZ VOUS ou pas ? --> "Explication" à la fin ^^
J’étais beau comme tout
Beau avec une blonde à mon cou
J’étais tout beau tout court
Puis elle est arrivée
Bye bye Petite Blonde adorée
Et oui il l’a jetée
Une Petite Fée est apparue
La Petite Blonde a disparue
Ah que je suis bien vêtu
Devant la télé, une Brune
Elle perd sa perruque,
Surprise … J’hurle
Petite blonde te revoilà
Petite fée par-dessus la voie
Des flammes et le voilà
Je suis beau comme tout
Un parfum doux
De nouveau la blonde à mon cou
La Blonde dans mes bras
Des cris,
Et elle repartit
Des cris, elle est là
Petite Fée envolée
Premier amour évincé
Lilly en sécurité
Je suis beau tout beau
Je suis dans un placard
Puis un canular
Me voilà au chaud
La blonde est là
Mais pour une fois
Pas dans mes bras
L’amiral l’a reconquise
Voici la marquise
Et la banquise
L’amiral craque
Petite Blonde en frak
Marshmallow te voilà
La Marquise est bannie
L’Amiral puni
La Blonde dans mon lit
Une vidéo
Du sang sur la peau
Des regrets à gogo
Une bagarre …
Un regard …
Petite Blonde au revoir …
Alors ? Qui suis-je ?
Pour comprendre l’histoire …
- le narrateur n’est autre que le polo bleu qui a d’abord appartenu à Duncan, puis à Logan et enfin à Piz lorsqu’il a perdu ses affaires
- « La Petite Fée » est Meg (Test de Pureté «Je pourrais croire que ce sont des fées qui t'ont coiffée ce matin »)
- « La Brune », c’est Véronica avec sa perruque lorsqu’elle s’introduit chez les Kane.
- « Surprise » est a double sens : 1.V n’est pas la sœur de Duncan | 2. C’est Aaron le tueur
- « Petite Fée par-dessus la voie » : crash du bus avec Meg dedans - « Des Flammes et le voilà » : incendie de la maison de Logan qui emménage par la suite chez Duncan
- « La Blonde dans mes bras/des cris/elle repartit » : V en voyant le polo va dans les bras de Logan puis elle se dégage de ses bras.
- « Des cris, elle est là » : Lilly junior est née (un bébé pleure donc pousse des cris XD) - « La Blonde est là /Mais pour une fois/ Pas dans mes bras » polo porté par Piz au tout début, donc V pas avec lui (« L : Nice Shirt »)
- "Marquise" = Madison - Banquise = Véronica, qui ne lui pardonnera pas et qui est plutôt froide avec Logan
- "Amiral" = Logan car Gory l'appelle l'Amiral plein aux As
L'automne
Il aura suffit d'un regard pour la sortir de sa rêverie...
Attablée à la terrasse d'un café parisien, son esprit vagabondait.
La brise fraîche qui lui caressait le coup ne la laissait pas insensible.
Comment savourer pleinement ce délicieux moment?
Il en revient à chacun d'adopter la méthode qu'il lui convient.
La sienne consistait à fermer les yeux, relâcher ses bras et inspirer.
Inspirer et sentir les odeurs se confondre dans ses narines.
Elle les laissait pénétrer en elle, s'installer. Elle pouvait alors les palper complètement.
Qu'est-ce qui est de plus puissant qu'une odeur, un son, ou une image?
En ce matin d'automne, elle pouvait deviner les odeurs de cafés chauds qui se mélangeaient aux odeurs corporelles des passants.
L'odeur de la brise matinale qui portait avec elle les goûteux parfums de la boulangerie.
Chocolatine, croissant, chausson aux pommes...
Et voilà que les yeux fermés, elle salivait...
Mais le pus fort restait cette odeur unique, qu'elle ne pouvait sentir que quelques mois par an. L'odeur de l'automne.
Oui l'automne, comme l'hiver ou le printemps avait une odeur.
Et quelle odeur.
Elle la rendait chaque fois nostalgique.
Partageant son état d'être, entre mélancolie et fine dégustation.
Mélancolie et délivrance.
L'automne, la saison du commencement, la saison de la fin.
Tout fini en automne et tout y commence.
L'automne... La saison qu'elle préférait.
Sortir les petites laines, se fondre dans un parfum sucrer et chaud, sentir les odeurs, regarder le monde se transformer...
Regarder.
Le regard était tellement subjectif pensait-elle.
Certains se contentent de voir paisiblement.
D'autre aménagent ce qu'ils voient pour le dissoudre avec leurs rêves.
Et les autres acceptent juste ce qu'ils observent et se laisse embarquer. Embarquer sur ce bâteau bancal... Cette nuit là.
Regardez la mer par exemple. Si souvent, peinte, si souvent imagée par un son, si souvent imaginée...
La mer.
Elle est vraiment unique la sensation que l'on éprouve face à l'immensité que nous offre ce bleu profond. Oui unique.
Il suffit juste de glisser ses pieds aux creux des grains mouillés et d'attendre que l'écume vienne les balayer...
Après l'avoir sentie, elle l'avait regardé, elle s'abandonnait à lui : l'automne.
S'abandonner comme elle ne l'avait jamais fait. S'abandonner pour ne plus jamais regretter.
Autour d'elle s'acheminaient, couples, célibataires enfants, tous un objectif en tête.
Un vrai délice d'aborder une journée en automne, alors que le monde s'agite peu à peu, prenant futur rythme hivernal.
Un vrai supplice d'aborder une journée en automne, alors que le monde s'agîte peu à peu, prenant futur rythme hivernal.
Il aura suffit d'un regard pour la sortir de sa rêverie.
Finalement, un seul regard. Le regard absent.
Ce regard, qui, à chaque moment lui clouait les pieds sur terre, pour la ramener à la réalité.
Et même si toutes les odeurs Parisienne fleurissaient autour d'elle, l'odeur du sang et des larmes de Neptune ne la quittait pas.
Fini de penser à la vie, à ce qu'elle est pour certains ou pour d'autres.
Fini de rêver Veronica.
Plus de place pour le rêve quand on est déjà en pleine évasion.
Juste de la concentration.
De toute façon, depuis bien longtemps, le rêve s'est effacé.
Il a complètement était absorbé cette nuit de pleine lune d'automne.
La dernière fois qu'elle revoyait la mer de Californie, la dernière fois qu'elle les voyait.
Un a un dans ses bras, tour à tour les odeurs se mélangeant.
Puis l'odeur de l'au revoir, la paume de la main qui se lève, les têtes qui se baissent, les larmes, un bateau à la mer.
Un tour du monde pour y échapper.
Elle ferma les yeux.
Relâcher, encore un peu, encore un peu. S'il vous plait.
Sacks : Veronica Mars, je vous arrête pour violation de domicile. Tout ce que vous diriez pourra et sera retenu contre vous devant une cour de justice...
La sanction venait de tomber. Elle était de nouveau la paria. Celle qu'on montrait du doigt. Celle dont on parlait sous cape. Celle qui permettait de se sentir mieux. Les poignets menottés, Veronica traversa son amphi tête haute sous le regard de Wallace, plus loin dans le couloir, elle aperçut le visage ravi de Sorokin. Puis celui de Logan pétri de tristesse et d'inquiétude. Sur le parking, elle reconnut la silhouette de Piz qui ne la regarda même pas. L'abattement frappa les épaules de Veronica. Son monde s'écroulait. Elle était enfermée, attachée, muselée. Son père ne pouvait rien pour elle. Il ne pouvait même pas enquêter sur le dossier. Son petit ami, le terme était il encore approprié ? Soit son petit ami, lui tournait le dos. Son manque d'action, son absence valaient plus qu'un mot.
Veronica : SACKS ! SACKS !
La petite blonde hurlait accrochée aux barreaux de sa cellule.
Sacks : Quoi ?!
Veronica : Si je me souviens de mon cours de droit, j'ai droit à un coup de fil !
Sacks : Tiens et fais vite !
Veronica attrapa le téléphone, regarda Sacks.
Veronica : Retourne toi ! C'est personnel !
Sacks s'éloigna. La détective composa le numéro. Hésita sur les deux derniers chiffres. Encore une preuve qu'elle ne tenait pas vraiment à lui. Plus vite elle couperait ses dernières amarres, plus vite elle pourrait se défendre et anticiper sa détention qu'elle savait inévitable.
Veronica : Piz, c'est moi. Je te quitte. Oui, c'est à cause de Logan. Oui, c'est à cause de l'incident de la cafétéria. Adieu Piz.
Elle ne le laissa pas finir sa diatribe. Elle raccrocha et héla Sacks.
Veronica : Fini Sacks !
Elle se coucha sur son banc. Elle avait de la chance, la cellule était à elle seule. Le sommeil commençait à la gagner quand elle entendit des éclats de voix.
Veronica V off : Wallace !
Sacks : Mars, tu as de la visite.
Il les laissa seuls.
Wallace : V, qu'est ce qu'on fait ? que dois faire ton père ?
Veronica : Rien. Vous ne faites rien. Tu pars en Ouganda. Mac file faire son stage chez Apple, et mon père part avec la tienne à Seattle. Laissez moi régler ça dans la plus stricte légalité.
Wallace : C'est ça que tu veux ?!
Veronica : On ne peut pas les battre. Partez le temps que ça se tasse. En cage, je ne risque rien.
Wallace scruta le regard de son amie.
Wallace : Soit.
Wallace s'éloigna.
Veronica : Papa ours, ne faites rien !
Deux heures plus tard, Sacks annonça une autre visite.
Sacks : Mars ! Visite !
L'homme prit les barreaux entre ses mains. Il la regarda. Elle était resplendissante même là.
Veronica : Vous allez tous défiler ? C'est Mac, puis Weevil et Dick qui vont passer après toi ?
Logan : Non. Juste moi. Rien que moi. Tu sais qu'ils n'écouteront pas ce que tu leur diras et tu sais qu'ils m'écouteront moi.
Veronica : Logan Echolls le saint homme...
Logan : Ne sois pas sarcastique...Tu sais ce que je veux dire...
Leurs regards se mêlèrent. Instant suspendu.
Logan : Veronica...
Elle s'approcha des barreaux, mit ses mains sur celles de Logan, approcha son visage. Logan s'approcha aussi. Leurs lèvres se frôlèrent dans un ultime baiser de liberté.
Veronica : Logan, empêche les d'intervenir.
Logan : Promis.
Ils avaient des larmes plein les yeux. Veronica se pencha comme pour lui offrir à nouveau ses lèvres, mais elle lui susurra à l'oreille.
Veronica : Fouille ma chambre, prends le dossier Licorne envoie le à Jack Mallone FBI New York. Promets le moi...
Logan l'embrassant : Promis.
Avant de partir, il lui demanda une dernière chose.
Logan : Tu sortiras quand ?
Veronica : six mois, un an...
Logan s'éloigna.
Veronica : Logan...Je t'aime...
Logan se retourna brusquement et se colla aux barreaux. Prit le visage de la blonde dans ses mains.
Logan : Je t'aime. Garde ses mots en mémoire pendant tout ce temps. Je t'attendrais. Je t'aime.
Neuf mois plus tard. L'affaire Licorne avait explosé au niveau national. L'agent Mallone avait démantelé le réseau du Castle. Toute la bande avait obéi. Toute la bande était venue la voir au parloir. Mais aujourd'hui, il était seul. Seul à attendre sa princesse. Seul devant cette grande porte. Ils s'embrassèrent, s'étreignirent sur le parking. Roulèrent en silence en se tenant la main. Besoin de reprendre pied avec le réel. La prison avait terminé de transformer Veronica. Elle avait perdu ce qui lui restait d'innocence, avait gagné en force. Elle n'était plus naïve mais elle avait envie d'aimer, de croire en lui. La voiture fit quelques kilomètres, s'immobilisa sur un terrain vague. Ils allaient devoir parler.
Homme : Tu es libre. Tu es enfin sortie. Si tu savais...
Veronica : Si je savais quoi...
Homme : Si tu savais comme tu m'as manqué, comme tu nous as manqué...
Veronica : Justement, pourquoi s'arrêter là ?
Homme : Parce que je ne pouvais plus tenir ! Parce que ça faisait neuf mois que je ne rêve que de te serrer contre moi. Parce que je ne pourrais plus me retenir à Neptune. Parce que j'ai besoin de respirer ce parfum de promesses. Parce que j'ai besoin de pouvoir faire ça...
Logan attrapa la nuque de Veronica, l'embrassa à pleine bouche. Sa main froide glissa sous le polo de sa belle. Elle frissonna. Le désir, l'envie. La liberté de se sentir être, vivre, aimer. La liberté. Elle était libre et prisonnière de son désir. Elle s'attaqua à son ceinturon. Elle le délestait et elle se libérait de son désir brulant en elle depuis des années.
Veronica lui mordillant l'oreille : On va être en retard...
Logan l'embrassant goulument : Tant pis...
War Word me voila
Me voici au fond du cratère: L'impression de ne plus pouvoir respirer se fait de plus en plus intense. Mais qu'ai- je fait pour en arriver là?
Ne pas perdre l'équilibre, surtout ne pas vaciller. C'est juste une cible comme les autres, V. Rien de plus. Je sens mes mains devenir moites sur cette arme. Je tremble. J'ai le coeur qui bat si fort, que j'ai du mal à entendre le reste. Sans un mot, j'essaie, en vain, de chercher une explication. Comment en est-on arrivés là? Comment expliquer cette peur?
Mon arme braquée sur toi! L'équation est simple : toi, le suspect, moi, le flic.
Et, dans tes yeux, cette tristesse. Toujours. Tu essayes de m'avoir, mais tes mots n'y changeront rien. Et cette tristesse, ce sentiment d'incompréhension m'énervent. Mon coeur a déjà tant de maux à porter ! Je t'en prie, ne rends pas les choses encore plus difficiles ! Ne t'approche pas.
V - Ne bouge pas! Ne serait-ce qu'un peu...
Ma voix se brise. Mes yeux me brûlent. Je n'ai pas envie de faire ça... Ai- je le choix?
Il s'approche suffisamment, jusqu'a toucher le bout de mon arme. Une lueur pétille dans ses yeux. Une lueur que je connais trop bien. Je ne peux pas!
Doucement, je sens sa main sur la mienne. Je ne résiste pas lorsqu'il l'abaisse. Pourquoi est -ce si compliqué? Je veux retourner dans ce monde citadin, loin de toi. Là où les douleurs paraissent moins réelles. Là où mes voeux sont exaucés. Là où tu n'es pas. Je ne veux plus te céder. Cet amour, lentement, me consume. Mais lorsque ta main se pose sur ma joue, j'oublie. J'aime m'abandonner.
... - Je suis désolé.
Sa voix résonne dans ma tête, son souffle caresse mon cou. Je frissonne.
Tendrement, il dépose un doux baiser sur mes lèvres.
Parfois, il reste des choses que je ne contrôle pas. Comme toi. Je ne te contrôle pas , Logan. Je reste là. Mon arme à la main, et tu pars... Je ne t'ai pas eu.
Adverbes: en italique
Homophones: en gras
mots: souligné
les sentiments: peur / tristesse / amour
Im what I'm
L’avion décolle et il sent son estomac se contracter.
Il revoit sa petite main s’agiter au moment où il a franchi la dernière ligne le séparant de la salle d’embarquement. Contre toute attente, elle est venue l’amener à l’aéroport. Souriante derrière le volant de sa voiture. Lâchement son cœur s’est emballé et sa tête a arrêté de fonctionner normalement quand elle a effleuré ses lèvres.
La fin est inéluctable. Il le sait. Mais pour l’instant il s’en moque
Juste être heureux.
Quelques temps encore.
Il est amoureux d’elle depuis la toute première fois où il l’a vu. Coup de foudre contre lequel il a essayé de lutter. En vain. Il y a des combats dans lesquels on part perdant mais qu’il est tout de même nécessaire de mener. Fuir n'aurait servi à rien. Elle l’aimante.
Il sait qu’il n’en resortira pas indemne. Qu’il a déjà perdu des bouts de lui-même dans toute cette histoire. Un peu de sa confiance, un peu de sa légèreté, quelques centilitres de sang aussi. Sous les poings vengeurs de Monsieur son ex copain.
Jamais On ne lui a tapé dessus avec autant d’acharnement. Pourtant, la douleur ne vient qu’en troisième position. L’étonnement d’abord, La peur en second. La violence des coups, la déformation des traits de son visage .La haine qui s’y peint.
Que s’est il passé pour qu’il réagisse ainsi. Pour qu’il sombre à ce point dans une folie implacable ? Evidement il essaye de rétorquer. Maladroitement. Pas vraiment habitué à ce genre de situation. N’a pas un passif aussi chargé qui veut.
Famille unie, aimante, milieu tranquille, lui a grandi sereinement. Pas d’ex petite amie assassinée. Pas de père assassin non plus. La vie a été bien plus clémente. Par conséquent il est moins bien armé. Rat des champs perdu au milieu des citadins ! Alors il encaisse. L’explication viendra plus tard.
La faille commence a apparaître.
La voir jouer les infirmières ? Un vrai bonheur. Teinté de doutes quand même. Pendant qu’elle soigne ses maux il l’écoute lui expliquer les fameuses motivations de LOGAN et il se mord les lèvres pour ne pas lui dire qu’il comprend la réaction épidermique du jeune homme.
Il ne va pas jusqu’à approuver bien sur ! C’est tout de même absurde de l’avoir soupçonné ! Ne peut il pas admettre le fait qu’il n’est pas le seul à vouloir la protéger en permanence ?
Bien sur que non ! Il sait que dans la tête du jeune ECHOLLS personne d’autre que lui-même ne peut faire office de bouclier entre Veronica et le reste du monde ! Du moins selon son code de conduite.
La colère froide de sa petite amie envers son principal ennemi devrait le rassurer. Mais non. Il sait que l’équation est bien plus compliquée. Que les mots qu’elle a jeté à la figure de LOGAN sont trop extrêmes pour être inoffensifs.
La faille devient gouffre.
Toujours cette différence d’éducation sûrement, mais lui reste persuadé que répondre à la provocation n’est pas la solution. Qu’il vaut mieux qu’elle s’éloigne. Qu’elle arrête de combattre le mal par le mal. Ce n’est pas une manière saine de conserver l’équilibre. Elle, ne l’entend pas forcément de cette oreille. L’ombre d’ECHOLLS n’a jamais autant été présente que depuis qu’il est censé avoir disparu du paysage
Savent ils seulement à quel point ils se ressemblent tous les deux? Mademoiselle Mars a aussi sa propre façon de considérer le monde. Pas toujours facile d’en comprendre les règles du jeu.
L’autre en face à de l’entraînement il le sent.
La scène de la cafétéria… Un grand moment. Un de ceux dont on vous reparle des années plus tard alors que vous vous évertuez à le rayer de votre mémoire.
Les coups s’abattent à nouveau. Le visage tuméfié de GORY semble faire écho au sien. Pourtant les similitudes s’arrêtent là. Il n’a rien en commun avec ce type. Il est quelqu’un de bien lui. Le regard que s’échangent les anciens amants le rend nauséeux. D’un coup il regrette de ne pas avoir abondé dans leur sens. Pas pour donner l’illusion d’être comme LOGAN. Mais parce qu’il ressent un soulagement à voir ce salop à terre.
Veronica prend conscience de sa présence. Se mordille la lèvre, les yeux encore plein d’un excès de sentiments.
Le gouffre devient cratère.
Il ne fait aucune réflexion. Ne pas la braquer surtout. Il attend. Patiemment qu’elle lui échape. Bien sur il pourrait tout aussi bien mettre le point final à leur belle histoire lui-même Prononcer en premier le « Je te quitte ». Mais il en a pas envie.
On peut appeler ça de la lâcheté. Lui préfère considérer ça comme un morceau de bonheur volé. Si elle reste alors tant mieux. Quoi qu’on en dise elle n’est pas malheureuse avec lui. Il n’est pas rangé dans la même case que l’autre. Un peu moins passionnelle peut être comme catégorie.
Mais c’est parfois usant non à la longue non ? Ce besoin de sensations fortes?
Il sait que les deux mois à venir risque d’être décisifs. Il avisera au moment donné.
Juste gardé cette vision idyllique…
Juste être heureux quelques temps encore.