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Série : Veronica Mars
Création : 25.12.2008 à 23h48
Auteur : SixOfNine
Statut : Terminée
« Un grand bond en avant dans le temps et de nouveaux personnages... J'espère qu'ils ne vous dérouteront pas trop. Bonne lecture !... Enfin je croise les doigts, c'est ma première fic. » SixOfNine
Cette fanfic compte déjà 57 paragraphes
Moins de deux heures plus tard, Mac se manifestait.
- Encore une boîte postale, mais à Hollister Ranch. Elle ne vit pas n’importe où ta Dana Westcliff. Je ne me serais jamais doutée qu’écrire un bouquin pouvait rapporter autant ! lança Mac feignant l’admiration.
- Hollister ? Waouh ! Elle a les moyens, c’est sûr. Ça va pas être simple d’y entrer, je te raconte pas leur sécurité… C’est impressionnant.
Veronica tirait déjà des plans sur la comète pour pouvoir s’introduire dans la propriété.
- Oh ! Veronica, je suis encore là… Tu peux peut-être attendre cinq minutes pour te lancer à l’assaut de la forteresse lui dit Mac d’un ton moqueur. Je suppose que tu es contente de ce que j’ai trouvé, que tu n’as plus besoin de mes services parce qu’à compter de… Top ! Maintenant… Je suis aux abonnés absents.
- Quoi ? fut le seul mot que prononça une Veronica stupéfaite.
- Oui ! Tu as bien entendu. J’ai une vie en dehors du boulot… MOI ! Pas comme certaine que je ne nommerai pas. Bien que le boulot de la certaine… Enfin, tu sais ce que j’en pense.
- Mac ? Des cachotteries ?... Y’a quelqu’un et tu ne disais rien… Pas sérieux tout ça ! Raconte à ta copine qui veut tout savoir et qui connaît tous les moyens existants pour te faire parler rigola Veronica en faisant abstraction de la sortie de Mac.
- C’est… Enfin, je le connais depuis un certain temps. C’est un spécialiste de protection informatique. À force de se rencontrer dans des… Veronica, arrête !... Je t’entends penser.
- Pourquoi tu me dis ça ? demanda-t-elle faussement naïve.
- Je te connais Veronica ! Tu entends protection informatique et, tout de suite, tu imagines hacker capable d’entrer dans n’importe quel système donc type intéressant. Moi je dis qu’il n’en est pas question. Je ne lui parlerai jamais de tes petites manies. Alors oublie !
- Mac ! Ce que tu peux être rabat-joie. Mince alors ! On a bien le droit de rêver. Bon ! Revenons à nos moutons…. À force de vous rencontrer ?...
- Dans des conférences, on a sympathisé et un petit peu plus. Il est… Waouh ! Il me fait craquer.
Pour prononcer ces derniers mots Mac prit un ton rêveur puis, se rendant compte de ce qu’elle venait de dire, elle éclata de rire.
- Je vois ! Tes pare-feux n’y ont pas résisté. Mais encore… continua Veronica qui ne voulait pas la lâcher comme ça.
- Il est venu à San José pour le boulot, il m’a téléphoné. On se voit tout à l’heure… Je suis… Je ne peux pas décrire ce que je ressens.
- Contente ?... Heureuse ?... Excitée ?... Affolée ?... Tout en même temps ?... Fonce ma grande ! Si tu penses que c’est lui le bon, ne le laisse pas filer…
Le lendemain matin, elle laissa un message sur le portable de son père :
- Papa, je m’absente quelques jours. Un truc qui me tracasse et que je dois élucider. Ne t’inquiète pas… Je continue à réfléchir à mon avenir, je peux t’assurer qu’à mon retour, je saurai enfin où j’en suis. Au fait ! Une chose que je ne t’avais pas dite depuis longtemps… Sais-tu que tu es toujours mon héros ?
Aussitôt après avoir raccroché, elle prit la route du nord. Dès son arrivée à Gaviota, elle réserva une chambre dans un motel discret qui lui servirait de base de repli.
Une fois installée, elle déplia sa carte et commença à étudier les itinéraires pour rejoindre Hollister. Il y en avait plusieurs, elle devait trouver l’entrée par laquelle passait Dana Westcliff et surtout, le plus important, découvrir quelle tête elle avait. Ensuite, elle improviserait.
Avant de se lancer à l’attaque, elle partit faire un tour dans la ville afin de repérer ce qui serait utile à sa survie. Elle localisa plusieurs restaurants, trois coffee shop et un drugstore ouvert la nuit. Dans ses pérégrinations, elle passa devant le bureau de poste.
« Veronica Mars ! Tu perds la main, idiote ! Le courrier… C’est ça... Si tu trouves où il est déposé, tu trouveras aussi les boîtes postales … Dana Westcliff sera bien obligée d’y passer à un moment quelconque ».
Soulagée d’avoir une solution à son problème, elle chercha à savoir à quel moment de la journée la tournée du postier passait par Hollister.
Après avoir glissé son badge dans la poche intérieure de sa veste, il fallait bien que le FBI serve à quelque chose, elle entra dans le bâtiment. Trois préposés se tenaient derrière leur guichet, plusieurs clients attendaient leur tour.
Elle s’arrêta le temps de trouver la personne la plus susceptible d’avaler l’histoire qu’elle venait d’imaginer. Au guichet 3, un jeune homme à l’allure timide vendait des timbres à une dame âgée. Elle se mit derrière elle et attendit patiemment son tour. Quand enfin la vieille dame partit, elle s’avança un sourire professionnel aux lèvres.
- FBI ! Enquête de routine. J’ai une simple question dit-elle très calmement en présentant son badge. Pouvez-vous me dire à quel moment le courrier pour Hollister Ranch est distribué ?
- Heu… La camionnette part du bureau tous les matins de la semaine à 9h00. Elle arrive là-bas un quart d’heure plus tard. Pourquoi ? Il y a un problème ? Le jeune homme rougissant lui avait répondu d’une voix un peu tremblante, sans demander son reste.
- Ne vous inquiétez pas ! Vous savez ce que c’est la routine… Juste la vérification d’éléments déjà en notre possession. Non, il n’y a pas de problème, vous pouvez être rassuré. Je vous remercie de votre aide.
Elle le salua d’un signe de tête et sortit.
« Même pas drôle ! Si je ne peux même plus prouver que j’ai de l’imagination » pensa-t-elle assez contente d’elle en s’éloignant. Elle avait quartier libre pour le reste de la journée.
Le lendemain matin, un peu avant l’heure dite, elle patientait devant la sortie des véhicules. Lorsque la camionnette fit son apparition, elle démarra, se glissa lentement dans son sillage et la suivit à distance pour éviter se faire remarquer.
Lorsqu’il arriva à Hollister, le postier n’eut même pas besoin de pénétrer dans la propriété. Il se gara devant une jolie bâtisse de bois qui servait de poste de garde, tira de la camionnette un sac de toile lourdement chargé et entra dans le local. Au bout d’une quinzaine de minutes, il ressortit en compagnie d’un vigile avec lequel il discutait. Après avoir salué ce dernier, il jeta le sac vide dans son véhicule et repartit.
Pour avoir confirmation, le lendemain à la même heure, elle refit le même voyage derrière le facteur. Il s’arrêta au même endroit, mit le même temps pour livrer le courrier et ressortit en discutant avec le même vigile. Maintenant, c’était à elle de jouer.
« Comment entrer ? Les boîtes postales ne sont qu’à quelques mètres, je ne vais pas renoncer maintenant. Solution la plus simple ?... Se faire un ami dans la place ».
Planquée dans sa voiture, elle s’empara de son appareil photo et fit le point sur le vigile. C’était un latino d’environ vingt-cinq ans, plutôt beau gosse.
Pendant deux jours, elle le suivit pour se faire une idée du personnage. Il prenait son service à Hollister, le matin à 8h00 et finissait le soir à 17h00. À Gaviota, il connaissait tout le monde, avait ses habitudes au coffee shop de Main Street et, intéressant pour elle, il ne semblait pas avoir de petite amie.
Elle entama ses travaux d’approche au matin du troisième jour. À 7h00 lorsqu’elle entra au coffee shop, il était déjà installé dans un coin, sirotant son café en lisant le journal. Elle passa sa commande et, son plateau dans les mains, vint s’asseoir dans son secteur.
Pendant qu’elle prenait son petit-déjeuner, elle l’observa discrètement. Il relevait souvent la tête, vérifiait l’heure à sa montre puis replongeait dans sa lecture. Quand il replia son journal et releva la tête une nouvelle fois, elle tenta d’accrocher son regard. N’y parvenant pas, elle lui adressa un petit signe. Il la fixa l’air interrogateur. Elle se leva alors et s’approcha.
Au moment où elle allait lui adresser la parole, quelqu’un s’installa en face à lui. Ça la perturba un peu, mais comme le vigile la fixait toujours une question dans le regard, elle lui demanda si elle pouvait prendre son journal. Il le lui tendit, elle regagna sa place. « Raté ma fille ! ».
Elle ouvrit le quotidien et, tout en faisant mine de lire, s’intéressa à celui qui lui avait fait manquer son coup. Elle constata, surprise, que c’était le postier d’Hollister. Elle observa mieux les deux hommes. Ils parlaient à voix basse sans se quitter des yeux, de temps en temps, comme par inadvertance, leurs mains se frôlaient. « Ouais ! Ma fille, c’est vraiment raté. Ton charme naturel tu sais où tu peux le mettre ? T’as intérêt à trouver autre chose ». Elle quitta le coffee shop, un brin dépitée.
Elle regagna le motel et se jeta sur le lit. Les yeux au plafond, elle réfléchissait «Comment accéder à ces fichues boîtes postales ? ». À l’instant où elle tourna la tête, ses yeux tombèrent sur le livre qu’elle avait posé sur la table de chevet le jour de son arrivée et n’avait pas ouvert depuis.
Elle s’assit et saisit le bouquin. Une idée venait de germer, lentement elle la laissa pousser. Quand elle réalisa que c’était enfin la bonne, elle se leva et poussa un petit cri libérateur :
- Oui !
Elle allait y aller franchement avec le vigile. « La fan attitude, de temps en temps, ça a peut-être du bon… ».
Elle le prit en chasse, le soir même, dès qu’il quitta Hollister. Il rentra chez lui et, au bout d’une heure en ressortit, en vêtements civils. Il la conduisit jusqu’à un restaurant coquet devant lequel le postier l’attendait. Dès qu’ils furent installés, elle les rejoignit et posa le livre bien en évidence sur leur table. Les deux levèrent la tête vers elle, plutôt surpris.
- Bonsoir ! Je suis Veronica et j’ai vraiment besoin de votre aide... commença-t-elle d’un ton exagérément suppliant.
- Quoi ? s’étonna le vigile en la dévisageant. Hé ! Mais vous êtes la fille du journal au coffee shop… Veronica c’est ça ?... Et vous avez besoin de notre aide pourquoi ?… Heu… Au fait ! Moi, c’est Jaime... Lui, c’est Peter…
Ce dernier lui adressa un petit signe de la tête et, montrant le livre sur la table, lui déclara :
- Bon bouquin, je l’ai lu d’une seule traite !
- Oh ! C’est comme moi, je l’ai adoré ! C’est devenu mon livre de chevet, je ne peux plus m’en séparer… insista-t-elle d’un ton de fan éperdue. Et c’est pour ça que je vous supplie de m’aider.
- Si nous pouvons faire quelque chose… lui dit Jaime, plutôt amusé par son comportement.
- Oh ! Merci. Alors voilà… Un ami m’a affirmé que Dana Westcliff vit à Hollister et j’aimerais tant qu’elle me dédicace son livre. Comme vous travaillez là-bas, je me suis dit que grâce à vous, je pourrais la rencontrer… répondit-elle feignant d’être gênée de son audace.
- Dana Westcliff ? Vous êtes sûre ?... Aucune de nos résidentes ne porte ce nom-là. Vous avez dû vous tromper d’adresse… dit Jaime qui sembla contrarié quand il remarqua l’air déçu qu’afficha Veronica en entendant de sa réponse.
Elle fit mine de réfléchir et, comme si tout à coup une idée lui venait :
- Oh ! Mais oui, je suis bête. Dana Westcliff c’est son nom de plume. Dans la vie, elle doit s’appeler autrement.
Elle leur décocha un petit sourire satisfait en disant ça.
- C’est possible, mais comment savoir qui c’est ? Nous avons plus de cent résidents à Hollister.
- Je… Je connais son numéro de boîte postale annonça-t-elle timidement.
- Alors vous avez de la chance que je sois un type curieux lui répondit Jaime. Passez me voir demain, on regardera la liste des propriétaires.
Sans quitter son rôle de fan transie, elle le remercia avec effusion, reprit le livre sur la table et, sans demander son reste, sortit du restaurant.
Le lendemain, en route pour Hollister, Veronica repassa dans sa tête, toutes les questions qu’elle allait lui poser. Elle n’avait aucun doute, Dana Westcliff ou quel que soit son nom lui révèlerait ses sources.
Jaime, un listing à la main, guettait son arrivée derrière la fenêtre du poste de garde. Il attira son attention en frappant rapidement sur la vitre et lui fit signe d’entrer. Avant de franchir la porte, elle se composa cette fan attitude ridicule qui lui avait si bien réussi jusqu’à présent.
- Bonjour Jaime ! Je suis si contente attaqua-t-elle dans un gloussement ravi dès qu'elle eut franchi le seuil. Pas pu fermer l’œil de la nuit tellement j’avais hâte !
- Entre Veronica ! Heu… Je peux te tutoyer ?... Si on m’avait dit qu’un bouquin pouvait provoquer une telle réaction, je l’aurais jamais cru… Une pop star, un acteur à la rigueur mais ça… se moqua-t-il franchement.
- OK ! On peut se tutoyer. J’ai l’air si gourde que ça ? l’interrogea-t-elle en reprenant un ton normal.
- Ouais ! On ne peut rien te cacher. Alors ?.. Ce numéro ?... dit-il en agitant le papier qu’il tenait à la main. Peter a livré le courrier, les résidents ne vont pas tarder à venir le récupérer.
- 56
Il vérifia sur sa liste et, lui faisant signe de le suivre, pénétra dans le local des boîtes postales.
- Le 56… David et Lena Epstein. C’est celle-là. En disant ça, il montra un casier de bois fermé.
- Epstein ?... Ça me dit quelque chose…
- Normal ! David Epstein… Le peintre ! Tout le monde se bat pour acheter ses tableaux. Il a une côte d’enfer.
- Ah ! Oui c’est ça… Et elle… Lena ?... Elle fait quoi ?
- Je sais pas trop… Je crois avoir entendu dire qu’elle a un gros poste dans l’édition à L.A, mais ce qu’elle fait exactement ?... lui répondit Jaime pas vraiment sûr de son information.
Tout à coup, ils se regardèrent. Ils avaient eu la même idée en même temps. Veronica fut la plus rapide.
- Édition ?... Livres ?... Plus de doute. Dana Westcliff ! C’est elle.
Une voiture qui arrivait lentement fit se retourner Jaime.
- Tiens ! Quand on parle du loup… Lena Epstein vient récupérer son courrier annonça-t-il à Veronica. Tu as de la chance !... Tu veux que je te la présente ?
- Tu pourrais faire ça ?... s’exclama-t-elle.
- Oui ! Mais seulement si tu te comportes normalement. Une folle dingue, pas sûr qu’elle apprécie.
- Hé ! Arrête. Je sais me tenir lui répondit-elle sérieusement. J’ai vraiment besoin de lui parler, c’est important pour moi.
- Bonjour Jaime ! Peter est passé ? lança joyeusement Lena en pénétrant dans le local par la porte réservée aux résidents.
C’était une petite femme à l’allure dynamique. On ne pouvait pas lui donner d’âge. Elle avait un physique d’adolescente, mais quelques fils d’argent dans ses cheveux très courts et les petites pattes-d’oie qui soulignaient son regard vif indiquaient une certaine maturité.
- Bonne journée Madame Epstein. Oui ! c’est fait lui répondit Jaime.
Pendant que Lena vidait sa boîte postale, il jeta un coup d’œil à Veronica qui se tenait en retrait puis lança, un peu gêné :
- Hum !... Madame, je voudrais vous présenter une… une amie qui a lu le livre de Dana Westcliff.
En entendant ça, Lena redressa la tête et le regarda surprise et plutôt amusée.
- Jaime !… Une amie ?... Et qui est cette amie ?...
- Elle s’appelle Veronica répondit-il en faisant signe à cette dernière de s’avancer. Elle voudrait vous parler de…
Un klaxon impatient lui coupa la parole. Il s’excusa et quitta la pièce pour ouvrir au chauffeur énervé.
- Bonjour Madame ! C’est de moi dont Jaime vient de parler. Comme il n’a pas pu finir, je me risque à me présenter seule… Veronica Mars ! Enchantée de vous rencontrer enfin dit-elle en s’avançant vers elle.
Lena, sans prononcer un mot, une petite lueur indescriptible dans le regard, la laissa venir. Quand Veronica, surprise par son silence, commença à perdre contenance et s’arrêta, elle lui dit :
- Donc vous êtes Veronica Mars !... Et que puis-je faire pour vous Veronica Mars ?
- J’ai… Comment dire… Je me pose des questions au sujet du livre de Dana Westcliff. Si vous vouliez bien m’aider à trouver les réponses…
- Les réponses ?... Vraiment ?... Vous me flattez ! Mais qu’est-ce qui vous fait penser que je pourrais vous aider ? répondit-elle malicieusement puis, après avoir jeté un coup d’œil à sa montre. Finalement pourquoi pas ! Mais pas tout de suite… Là je suis attendue, un rendez-vous que je ne peux pas remettre.
Elle réfléchit un instant puis, semblant avoir trouvé une solution au problème qu’elle se posait, lui dit :
- Mon mari et moi recevons quelques amis en fin d’après-midi. Si ça vous dit, vous êtes la bienvenue. Nous en parlerons à ce moment. Qu’en pensez-vous ?...
- Ça me va ! Je vous remercie, j’accepte avec plaisir.
- Alors à tout à l’heure Veronica ! 17h30-18h00. Je laisserai des consignes au poste de garde pour qu’ils ne vous fassent pas de difficultés dit-elle en la quittant.
Avant de regagner Gaviota, la petite blonde s’attarda un moment pour papoter avec Jaime. Quand elle le remercia pour son aide, il s’exclama en rigolant :
- Je me demande si j’ai bien fait. Parce que si Lena Epstein se met à filer des rendez-vous à tous ses lecteurs, je pense que d’ici quelques jours, on va avoir la cohue au poste de garde. Je parlerai de toi à Andy, le collègue qui me remplace le soir. Tu verras, il est sympa !
Quand elle se présenta à l’entrée, elle constata que Lena et Jaime avaient bien fait leur office. Après les vérifications d’usage, le vigile la laissa pénétrer dans Hollister sans aucun souci. Il lui indiqua, avec force détails, le chemin à suivre pour gagner le bungalow Epstein. Quand elle redémarra Andy, un grand sourire aux lèvres, lui adressa un petit signe de la main.
« Bungalow ! Ils emploient de ces termes » pensa-t-elle en garant sa voiture. En lieu et place du pied-à-terre qu’elle s’était imaginé trouver, il y avait une résidence de bois certes, mais du genre grand luxe. Bien que la maison soit partiellement masquée sous la verdure, impossible de ne pas remarquer qu’elle était immense.
Un homme aux yeux d’un bleu incroyable vint lui ouvrir. Il l’accueillit d’un ton teinté d’humour :
- Laissez-moi deviner… Vous êtes… Veronica ! dit-il en lui tendant la main. Moi, c’est David. Il la détailla d’un œil approbateur et continua… Aucun doute possible, la description qu’on m’a faite de vous n’avait rien d’un mensonge.
« Qu’est-ce que Lena lui a raconté ? » s’interrogea Veronica, surprise par cette entrée en matière. Elle n’eut pas le temps de se poser plus longtemps la question.
- Veronica ! Soyez la bienvenue. Vous êtes la première, nos autres convives ne vont pas tarder.
Lena la guida jusqu’à un vaste salon. À vue de nez, son appartement aurait pu y tenir quatre fois. Elle lui proposa un fauteuil confortable et, après lui avoir offert un verre, s’installa sur un canapé en face d’elle, David à son côté. Ils entamèrent une discussion animée sur les mérites comparés de la peinture et de la photographie, Veronica attendait le moment propice pour lui parler du livre.
- Ne vous dérangez pas ! On connaît le chemin… s’exclama depuis l’entrée une voix féminine.
- Ah ! Nos autres invités sont là annonça Lena à l’attention de Veronica tandis que David allait à leur rencontre.
Veronica se penchait pour les apercevoir quand elle entendit cette voix qui lui coupa le souffle. Pas de doute possible, elle l’aurait reconnue entre mille. Le cœur battant la chamade, elle jeta un coup d’œil dans sa direction. Il s’avançait l’air heureux, un bras protecteur passé autour des épaules d’une jeune femme souriante et visiblement enceinte.
À cette vision, intérieurement elle s’effondra. Surtout, ne rien laisser paraître. Elle se leva, récupéra rapidement ses affaires et lança à une Lena incrédule qui n’eut même pas le temps de faire un geste pour la retenir :
- Excusez-moi, mais là je dois vraiment y aller.
Sans demander son reste, elle s’échappa par la porte ouvrant sur la terrasse.
L’esprit en ébullition, elle courut jusqu’à sa voiture et démarra sur les chapeaux de roues. S’éloigner, vite… Très vite… Il n’y avait plus que ça qui comptait et surtout ne pas craquer, ne pas pleurer. Une fois le poste de garde franchi, elle accéléra… Partir loin…
Elle roula quelques kilomètres… Surtout ne pas penser. Lorsque les larmes qu’elle tentait tant bien que mal de retenir furent les plus fortes, elle stoppa sur le bas-côté. Le front posé sur le volant, elle éclata en sanglots.
Quand, après un long moment, ses larmes se tarirent, elle se laissa aller à des pensées amères « Veronica ! Que tu peux être bête. Quelle fille va croire qu’un amour de jeunesse peut l’attendre ?... Toi ?... Tu es bien la seule pauvre idiote ! Mets toi bien ça dans la tête… La page est tournée et, pour lui, depuis longtemps ».
Petit à petit, elle retrouva sa force. D’un revers de main rageur, elle essuya les dernières gouttes qui roulaient sur ses joues.
« Rhys-Davis, soyez heureux ! Sans même vous en rendre compte, vous venez de ferrer le poisson. Moins de deux minutes pour vous offrir un nouvel aspirant profileur, qu’auriez-vous pu rêver de mieux ? Et puis toi ma fille… Avoue-le !… L’Uniforme FBI… Tu ne le portes franchement pas si mal ! ».
L’ironie de la situation lui arracha un éclat de rire nerveux. En secouant la tête, elle redémarra.
Arrivée au motel, elle régla sa note, fit rapidement ses bagages et partit en claquant la porte derrière elle. Elle avait laissé le livre sur le lit.
Avant de regagner L.A, appuyée contre le capot de sa voiture, elle composa un numéro sur son portable.
- C’est moi ! Ça y est… J’ai suivi ton conseil. Cette fois l’histoire est vraiment terminée. Mais si tu savais comme ça fait mal, si tu savais comme je me sens seule…
- Non ! Veronica. Moi je suis là….
FIN