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Série : Veronica Mars
Création : 01.03.2010 à 14h02
Auteur : lolia
Statut : Abandonnée
Suite du 3.20 - Boucler la boucle, boucler ma boucle ...
Cette fanfic compte déjà 103 paragraphes
8 septembre 2027, et le voilà en possession du précieux.
Jouissance nerveuse lorsqu’il ouvre la mallette.
6 mois d’abstinence pour l’avoir enfin entre ses doigts.
Un Glock 9 millimètres, tout droit sorti du FBI, revendu par un agent en manque de fric.
Un ricanement à l’ombre de la folie s’échappe de ses lèvres.
Sur le lit vétuste se distingue une combinaison noire.
Il ne sait pas trop où il va, mais une chose est sûre : elles vont mourir.
Dans ses bras, elle renaît.
Cette paire de bras tendre et protectrice, si paternelle, lui rendaient la vie.
Le même sang coule dans leurs veines et un regard leur suffit.
C’est pour ça qu’elle baisse les yeux à chaque fois.
Il ne faut pas qu’il voie le spleen qui l’habite.
Quand il l’enlace, il renaît.
Cette étreinte si douce et familière lui redonne la vie.
Le même sang coule dans leurs veines et un regard leur suffit.
C’est pour ça qu’il cherche désespérément son regard.
Mais c’est chose perdue depuis qu’elle s’est scellée dans ses propres murs.
Encore un au revoir. Il déglutit.
Une poignée de main chaleureuse à Ryan, un bisou sur les deux joues de Claudia et là, Veronica, dans ses bras. Comme au premier jour…
Délicatement, il dépose un baiser sur son front, et, surprise, elle lève les yeux.
Un tremblement, l’étreinte se délace.
Un au revoir qui sonne comme un adieu… On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace.
Sa main moite s’écrase sur la poignée.
Haletant, il passe le pas de la porte pour s’écrouler sur le canapé.
Sa sueur s’est imbibée partout dans ses vêtements, et ses cheveux sentent le graillon.
Puanteur, tout autour de lui, la puanteur.
Il regarde les murs qui l’entourent. Un taudis.
Comment a-t-il pu en arriver là ?
C’est de leur faute.
La main farfouillant dans sa poche, il en tire une cigarette qu’il glisse entre ses lèvres desséchées.
Devant lui, la table basse où de nombreuses factures s’amoncèlent. Encore et encore.
Toujours.
Un des journaux affiche la date du jour : 6 septembre 2027.
Il est fauché et c’est de leur putain de faute !
Il a envie de tout exploser, de foutre un grand coup de godasse dans ce bordel latent.
Tout ça à cause de cette nana !
Il ravise sa haine. La vengeance est un plat qui se mange froid.
Et bientôt, ironiquement grâce à elles, il sera riche.
4 septembre 2027.
J’aime quand il est là.
Au moins maman vit. Au moins elle sourit.
Je ne le croyais pas possible…
Il est la présence. Celle dont on a tous besoin…
Il est arrivé hier et le soir, pour la première fois depuis longtemps, maman n’a pas pleuré.
Je les aime tellement.
Oublier un instant ces années de galère.
Se sentir vivante. Un instant, un court instant.
Faire un bond…
Appuyée contre le chambranle de la porte, elle les regarde jouer.
Elle sur ses genoux, riant aux éclats, lui, jouant les marionnettistes.
Un souvenir qui ne manque pas de l’ébranler, échos de cet autrefois, où, elle aussi, elle riait.
Le rire de Claudia est si agréable…
Elle était tellement belle.
Tellement pleine de vie.
Un amour de petite fille…
Oublier.
Les mains de Ryan la font sursauter, glissant le long de ses bras pour s’échouer sur sa taille… Serrer, puis lui glisser un baiser dans le cou.
Oublier.
Un instant, rien qu’un instant.
Pourquoi ?
Pourquoi dès qu’il pose ses mains sur elle, elle étouffe ?
D’un geste qui s’oblige à être tendre elle se défait de l’étreinte de son époux.
Trop dur.
Trop tôt et trop tard.
Oublier.
Impossible.
Soif.
- Tu ne vas pas me tenir le même discours à chaque fois. Je suis fatiguée. Laisse moi s’il te plait.
- Et toi arrête bon sang ! Arrête de te fermer à tout ! A Ryan, à moi et même à Claudia !
- Claudia... Je suis sa mère…
- Et moi je suis ton père, et je n’en peux plus de te voir te détruire ! Tu te laisses faire, tu ne te bats même plus. L’alcool est devenu ton maître on dirait ta…
- Ne parle pas d’elle ! Elle n’existe plus et depuis bien longtemps. De toute façon, plus rien n’existe depuis trop longtemps…
- Et c’est ça ? C’est tout ce que tu trouves à faire, laisser aller. Mais reprends toi bon sang !
- Il est un peu tard pour me donner des leçons de morale tu ne crois pas ?
- Mais avance bordel ! tonitrue le conducteur du tacot.
Le visage fripé et le regard virulent, ce vieil homme a certainement des années de pratique derrière lui.
À l’arrière, son passager ne peut s’empêcher de regarder sa montre. Plus qu’une demi-heure et il sera en retard.
- Vous êtes sûr que nous arriverons avant 15 heures ?
- Ecoutez m’sieur, j’ai 40 ans de vécu dans les embouteillages de Los Angeles, alors quand je vous dis que vous serez là à l’heure c’est que vous serez à l’heure, vu ?
- Vu.
Il acquiesce mais reste sur ses réserves.
Regardant à nouveau sa montre, il sent l’angoisse le reprendre.
Peu importe, il ne doit pas se montrer faible, ce n’est pas le moment, surtout devant elle.
Comme pour cacher son mal, il coiffe les quatre cheveux qui bataillent de part et d’autre de son crâne.
Il est inquiet.
Sa voix au téléphone était éteinte, encore pire que la fois précédente.
Sa gorge se noue.
Elle a tellement changé au cours de ces vingt dernières années, comme anéantie par la vie.
Il aurait tellement voulu l’épauler… Mais elle l’a rejetée, s’enfermant sous sa carapace encore et encore.
Elle se meurt à petit feu et lui, son propre père, est incapable de lui venir en aide...
Il se souvient de sa dernière visite. Il avait réussi à lui décrocher un sourire.
Et derrière sa mine avinée et son corps défait il avait cru voir un instant cette étincelle qui l’animait autrefois.
Il s’en veut de l’avoir laissé lui échapper.
Il s’en veut d’avoir cru qu’une fois l’affaire réglée, elle irait mieux.
Il s’en veut de l’avoir laissé garder Claudia.
Claudia… Le rayon de soleil de Veronica.
Et pourtant elle a même baissé les bras pour sa propre fille.
Les freins du tacot grincent et il bascule en avant.
- 14 H 55. Vous voyez ! Qu’est-ce que je vous avais dit !
Sans même lui répondre, il sort deux billets de sa poche et les lui tend.
Le taxi s’éloigne, le laissant seul, devant l’immense grille.
Un pressentiment l’envahit.
Peur.
Il est terrorisé.
Peur de la retrouver. Encore plus mal que la dernière fois.
Et même si elle ne veut pas lui avouer, elle a plus que tout besoin de lui.
Son doigt sur la sonnette, il entend des petits pas courir jusqu’à l’entrée.
D’un coup la porte s’ouvre, laissant apparaître une petite blondinette, en robe de tulle rose, un sourire d’ange et de profonds yeux noisettes.
Claudia.
- Joyeux anniversaire princesse.
- Papi !
Il n’a pas plutôt posé les paquets qui l’encombrent que l’enfant est déjà blottie dans ses bras le couvrant de baisers.
A l’autre de bout de la maison on entend des cris d’enfants.
- La fête bat à son plein on dirait !
- Oui, c’est maman et moi qui l’avons organisées, et on a fait le gâteau.
- Laisse moi deviner… Chocolat ?
- Comment t’as deviné ?
- Papi n’est pas détective pour rien trésor. Allez file t’amuser moi je vais rejoindre ta maman.
Comme elle est apparue, elle disparaît, mêlant sa voix fluette à celle des autres enfants.
Cette grande bâtisse n’a pas changé. L’éternel même paradoxe paralyse ses murs.
Le mélange de cette chaleur apaisante, le soleil s’introduisant à travers les persiennes, et le silence, reflets des secrets, unique socle de cette famille.
Il inspire un grand coup, pour, courage en mains, avancer jusqu’à la terrasse.
Dans le jardin, il aperçoit Claudia qui coure et joue avec d’autres enfants.
Une table banquet a été dressée, fourmillant de gâteaux, bonbons et autres gourmandises.
Il distingue sa silhouette sur sa droite et pendant un court instant son souffle se coupe.
Il tourne la tête et se trouva face à sa fille, plus blême et plus affaiblie que la dernière fois.
Ravalant sa déception, il esquisse un sourire et tend les bras vers elle.
- Veronica.
- Bonjour papa.
Il ne sait pas trop comment décrire leur relation. Après tout ce temps, il n’arrive toujours pas à se positionner dans sa vie.
Est-il le frère, l’ami, l’étranger? Les trois peut-être ?
Au cours de ces 20 dernières années ils étaient restés proches, mais la proximité peut souvent faire état d’écran de fumée devant la réalité des liens.
Elle n’est plus ce qu’elle était et … Lui non plus.
20 ans…
20 années passées à vitesse TGV.
Il avait gravi les marches pas à pas pour arriver en haut de l’échelle. Pendant qu’il devenait Wallace Fennel, l’ingénieur de renom et père de trois enfants, elle prenait des coups de bâtons dans les roues.
Impliqué dans de nombreuses œuvres caritatives, il s’était bâti une vie solide, entouré des gens qu’il aimait. Tous, sauf elle.
Sauf elle depuis le jour où tout s’était écroulé.
Il s’étonnait toujours du contraste qu’elle affichait, ce corps abîmé et ces mains tremblantes face à ses tics et manies d’adulescentes.
Elle n’a pas vieilli… Grandit trop vite oui, vieillit non.
Et c’est ce qui fait d’elle ce mythe étrange.
- Je ne comprends pas pourquoi tu te mets dans un tel état Veronica, ce n’est que Dick.
- Mais enfin Wallace tu ne comprends pas ! Il a jeté un tel regard sur Claudia ! Et son regard accusateur… Il a tout compris…
- Et alors, de toute façon…
- Arrête de minimiser ! Tout ça je l’ai fait pour Claudia tu comprends. Ca fait 10 ans que je la protège… 10 ans que chaque matin je me lève pour elle, pour qu’elle puisse avoir la vie qu’elle mérite.
- Toi aussi tu as droit de vivre, ce n’est pas en te voyant te détruire comme ça que Claudia s’élèvera… Tu sais les gènes…
Il s’arrête. Il sait qu’il a franchi les limites. Que s’il continue elle va se braquer.
Il baisse les yeux, gêné, et pose le regard sur le journal.
29 Aout 2027.
- Je vais y aller, Micky et les enfants doivent m’attendre.
- Oui.
- Vous n’avez qu’à venir manger Ryan, Claudia et toi un de ces quatre.
- Oui… Un de ces quatre.
Maintenant c’est lui qui renonce. Il n’a plus envie d’essayer.
Il ne sait pas trop comment décrire leur relation. Après tout ce temps, il n’arrive pas à se positionner dans sa vie. Ami, étranger…
- Wallace.
- …
- J’ai peur.
28 août 2027.
La vie est très bizarre.
Maman est très bizarre.
Et aujourd’hui encore plus.
C’est bientôt mon anniversaire et maman m’a emmenée en ville pour me trouver un cadeau.
Mais avec maman, rien n’est jamais normal.
Elle est toujours pressée, comme si le danger nous attendait à chaque coin de rue. Et hier je crois qu’elle eu vraiment très peur.
C’était en sortant de la banque.
A cause de lui.
Lui, un grand monsieur, blond et barbu, habillé en costume trois pièces. Maman le connaissait. Dès qu’il s’est approché j’ai senti la main de maman faire pression sur la mienne.
Il avait l’air surpris… Et puis il m’a regardé.
Surpris, effrayé, crispé, intrigué, furieux… J’ai ressenti tellement de choses dans ses yeux. Et puis il a murmuré un truc aux oreilles de maman.
Dick Casablancas. C’est comme ça qu’il s’est présenté.
Tirée expressément par maman, nous l’avons fui.
Maman n’a rien dit à papa et je ne dois rien lui dire.
J’ai promis à maman.
La vie est vraiment très bizarre.
« Ben alors Bristow ! On tente de passer incognito ? C’est marrant comme ta progéniture ne ressemble pas à son papa !
Comment va ce cher Ryan?
Le temps te va mal, tu sais Mars ! »