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Série : Veronica Mars
Création : 01.03.2010 à 14h02
Auteur : lolia
Statut : Abandonnée
Suite du 3.20 - Boucler la boucle, boucler ma boucle ...
Cette fanfic compte déjà 103 paragraphes
Garder le contrôle en toute circonstance…
Affalé sur un canapé miteux, il ravale au coup par coup sa haine.
La vengeance est au pas de sa porte, suffit juste un peu de patience.
Le meurtre parfait pour une parfaite salope.
Tout autour de lui, des courriers d’huissiers.
Bientôt, ils ne viendront plus l’emmerder, bientôt il sera riche.
Perdre pied mais garder le sourire. Garder le sourire…
Enfermée dans le bureau, une bouteille à la main, elle fixe LA boîte posée sur la table basse.
Ouvrir, juste l’ouvrir…
Boire, juste boire…
S’oublier encore.
Affronter la réalité, quoi qu’il en coûte.
Valises en mains, un dernier regard sur les photos du comptoir, la vie a tellement changé depuis.
Keith Mars aurait voulu vieillir serein.
Savoir se montrer digne, ne pas flancher.
Assis dans les draps de satin rouge, il fixe la place vide.
Chaque soir, depuis si longtemps, le même rituel.
Mais cette vie, il l’a choisie, et puis Claudia a besoin de lui.
Et surtout, se souvenir des belles choses.
25 août 2027,
Cher journal,
Je m’appelle Claudia Cholles, j’ai 10 ans et je vais te raconter tous mes secrets…
Deuxième partie : L’adversaire
5 ans plus tôt
30 mars – 2022
La pluie s’amoncelle sur son tee-shirt mouillé.
Pas de capuche pour se protéger. Après tout, en a-t-elle vraiment besoin ?
L’eau glacée ruisselle le long de son corps.
Ses pieds moulés dans des talons serrés se noient dans les flaques.
Elle étouffe.
Oui, voilà, elle étouffe dans ce moule, dans cette vie formatée qu’elle a tenté d’apprécier.
Mais maintenant, plus aucune raison d’essayer.
Elle mordille sa lèvre. Fort, de plus en plus fort.
Plus aucune chance de trouver son complice.
Fuir, juste fuir avant qu’il ne s’en prenne à Claudia.
Claudia, 5 ans, un amour de petite fille.
Si douce, douce Claudia.
Soif, elle a soif.
D’un geste automatique, elle pousse la porte d’un bar.
Les regards se tournent vers elle. Toujours le même effet : la petite blonde au milieu des barbus amateurs de mousse.
La fumée lui pique les yeux. Tant mieux, elle adore la fumée.
Assise au bar, elle commande une vodka.
Puis deux.
Le téléphone sonne.
Ryan.
Qu’il laisse un message.
« Veronica, c’est moi chérie. Je viens de voir Stevenson, il m’a dit que tu avais démissionné. Je comprends que se soit difficile. Rappelle moi. S’il te plait. »
« Flash Spécial – 30 mars 2022 - Nous apprenons à l’instant le suicide de Mercer Hayes dans sa cellule. Cet homme de 36 ans était emprisonné depuis 2019 dans la prison de Los Angeles « Twin Towers ».
Il traînait derrière lui, une longue carrière de criminel puisqu’il avait été arrêté pour la première fois en 2007 pour le viol de 13 jeunes femmes, il n’avait alors que 20 ans.
Relâché pour bonne conduite en 2016, il avait de nouveau été arrêté pour le meurtre de… »
Il repose la télécommande sur l’accoudoir.
Mercer a craqué.
Maintenant, il ne parlera plus.
- Dis papa, comment on fait les bébés ?
- Claudia… Tu apprendras ça quand tu seras plus grande. Sache en tout cas, qu’il faut beaucoup d’amour entre le papa et la maman.
- Alors toi et maman, vous vous aimez très fort ?
- Bien sûr ma chérie ! Pourquoi cette question ?
La plaque s’échoue sur le bureau de Stevenson.
Comme au ralenti.
Tout est au ralenti.
- C’est terminé. J’arrête.
- Veronica. Je comprends que vous soyez ébranlée. Mais vous ne pouvez pas nous quitter.
- Et pourtant. C’est ce que je fais.
- Vous êtes un de nos meilleurs agents. Avec Ryan, vous formez une équipe solide. Et même si nous avons souvent eu des désaccords…
- Je suis désolée… Vraiment. Mais je ne peux plus.
- Prenez quelques jours de repos.
- Je n’ai plus de force vous comprenez. Plus rien. Et Claudia a besoin de moi.
- Pour Sue. S’il vous plait. Elle ne dort plus depuis.
Comme une envie de vomir.
Sue.
Et elle ? Elle dort depuis ?
- Tout est fini. Je rends les armes.
Il n’a pas le temps de répondre. Elle lui fait déjà dos.
Les talons claquent sur le sol.
Le tailleur lui colle à la peau.
Elle est dans le moule. Un moule trop serré.
Elle court, les talons claquent, plus vite, plus fort.
Dehors le ciel est couvert.
Elle court, la veste de son tailleur l’étouffe, elle s’en débarrasse.
Et elle court…
« Vous avez un message. Reçu aujourd’hui à 17H00 :
Agent Cholles ? Ici le docteur Stevens. Écoutez… Je sais que c’est certainement difficile pour vous. Rappelez-moi, s’il vous plait.
Appuyez sur 1 pour effacer, 2 pour rappeler… »
29 mars – 2022.
La brise fait danser le sable.
La fatigue se lit sur leurs visages.
Les gyrophares des voitures donnent le ton.
Emmitouflée dans son manteau, les bras croisés, elle fixe sans relâche ce trou.
Le trou des égouts.
Ryan ne tient plus en place, il piétine le sable dans de grands mouvements.
Certains policiers ont sorti leurs thermos, et s’octroient quelques pauses.
Pas elle.
Non sûrement pas.
Elle y est. Là, maintenant. Elle va pouvoir mettre fin à ce cauchemar.
Toucher du bout des doigts le repos.
Elle croise le regard de Ryan. Un sourire.
Sourire qu’elle aimerait lui rendre.
S’il savait.
S’il savait tout…
Il ne piétinerait pas le sable.
Il ne lui sourirait pas.
Il ne serait peut-être même plus là.
Elle resserre son étreinte sur elle, un peu plus fort.
Un petite boule rouge s’échappe de la sortie d’égout pour atterrir sous ses pieds.
Son cœur s’accélère, elle se précipite sur le papier enroulé.
Ryan accourt.
« Eclipse de Mars, you loose… »
Immersion d’un sentiment étrange.
La rage dégringole dans ses tripes. L’angoisse balaye ses restes d’envie.
C’est la fin.
Elle hurle, piétine le sable. Elle hurle encore plus fort.
Elle a soif, très soif, trop soif…
Il gratte nerveusement son front.
La musique de l’autoradio s’étouffe sous le ronflement du moteur.
Ses mains s’accrochent au volant, les ressorts du siège s’embourbent dans son dos.
Il tire taf sur taf. Frénétiquement.
Inquiet. Oui, il est inquiet.
Deux jours. Sans nouvelle.
Il a pourtant attendu. Toute une journée, là, à scruter cet espace limité. Ce trou .
Il est resté là. Il a attendu. Et rien.
Pas le moindre bout de toile. Pas le moindre morceau. Rien.
Il s’agite nerveusement sur son siège.
Il espère que cette journée sera plus concluante.
Ses mains s’enlisent dans le volant, son regard se fond dans la route.
Putain, si quelque chose avait foiré !
Si Mercer avait lâché l’affaire !
6H30 du matin. Les chiffres s’affichent à l’horloge électronique.
Il monte le son.
Le jour se lève à peine. Le ciel est gris.
Il freine brutalement. Au loin, les gyrophares… Ils y sont.
Arrivés avant lui !
Bleu, rouge, bleu, rouge…
Merde ! Les flics ! Qu’est-ce qu’ils foutent là ?
Mercer ! Ils l’ont piégé!
Jumelles en mains, il distingue les silhouettes.
Veronica Mars ! …
Une idée… Vite, il doit trouver une idée…
Quelques heures et boutiques plus tard…
Aux abords d’une bouche d’égout, camouflé dans sa carriole, il ajoute avec contentement la dernière couche de peinture. La boule rouge glisse de ses doigts pour s’écraser dans la bouche…
24 Heures plus tôt
- Nous savons que Mercer Hayes communiquait avec son partenaire… de jeu. Ce que nous cherchons c’est qui, et comment. Maintenant qu’il est mort, nous n’avons plus aucune chance de l’apprendre de sa bouche.
C’est donc les agents Cholles qui vont diriger la suite des opérations. Vous êtes priés de suivre leurs ordres. Je leur laisse la parole. Ryan.
- Bon. Ces derniers jours ont été concluants. Nous avons enfin trouvé comment « Aigle Noir », c’est ainsi que nous appelons son partenaire, lui faisait parvenir ses courriers. Après une enquête menée par l’agent Cholles et moi, nous nous sommes aperçus que sa mère, elle-même, était la passeuse. Qu’est-ce qu’une mère ne ferait pas pour son fils n’est-ce pas ?
« Aigle Noir » avait pour habitude de mettre, par période irrégulière, ses courriers dans la boîte de Madame Hayes. Celle-ci les transmettait pendant les heures de parloir à son fils. Ce qui nous intéresse...
La pression qu’il ressent sur son bras l’oblige à s’interrompre. Il se retourne vers sa femme, qui s’avance tout en prenant les devants.
- Hum… Tu permets Ryan ?
- Tu ne me laisse pas trop le choix.
- Donc, nous savons comment… …l’autre, appelez le comme vous voulez, communiquait avec Mercer. Or il nous est actuellement impossible de retrouver sa trace. Reste à savoir comment Mercer lui-même transmettait à son tour son courrier. Ce n’est pas sa mère donc…
Elle lève le bras et brandit un feuillet.
- J’ai en mains, une autorisation de fouiller sa cellule. Passez tout au peigne fin, chaque parcelle, chaque millimètre. Rien ne doit nous échapper. Au boulot !
Elle tourne en rond tandis qu’autour d’elle, experts du pinceau et de l’empreinte cherchent une quelconque esquisse d’usurpation.
De nombreux dessins de femmes nues habillent les murs carcéraux.
Dessins de Mercer.
Malaise d’images qui décryptent une âme amochée, asservie par des désirs malsains.
Un…
Un la terrifie.
Il s’agit d’une toile. On y distingue une femme nue, de dos, pieds et mains liés.
Dans l’ombre on distingue un autre corps.
Passer outre.
Mettre un point final, c’est tout ce qui compte.
Les images mitraillent sont cerveau, faire suffire.
- Ryan. Rappelle - moi. Depuis combien de temps Mercer avait-il droit aux activités de l’atelier peinture ?
- Presque depuis qu’il était enfermé. Sa psy a fait la demande illico, qualifiant l’activité comme défouloir. Pourquoi ?
Les mains de part et d’autres, elle soulève la toile.
- Regarde. Des bouts de toile ont été découpés. Ne touchez à rien ! Les tubes de peintures ! Passez-les-moi !
Le tube dans les mains, l’excitation les prend aux tripes.
- Incroyable… De la peinture collante. Mais ? Pourquoi ?
- C’est plutôt simple ! J’écris un mot sur la toile, je forme une boule, je l’imbibe de peinture collante pour la rendre hermétique… Et puis… Je la jette par… La chasse d’eau ! Où les égouts se déversent-ils ?