HypnoFanfics

IrReVeRsIbLe

Série : Veronica Mars
Création : 01.03.2010 à 14h02
Auteur : lolia 
Statut : Abandonnée

Suite du 3.20 - Boucler la boucle, boucler ma boucle ...

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Stevenson a l’habitude de balbutier lorsqu’il est en colère.

Il gratte nerveusement son oreille et son regard divague à travers tous les coins de la pièce.

 

Elle déteste qu’on la réprimande.

Elle déteste la place qu’il a pris dans sa vie.

 

Georges Stevenson.

Le chef de son unité, devenu par la force des choses son supérieur mais aussi son ami.

Etrange de voir les gens s’intégrer à votre entourage sans que vous ne puissiez rien contrôler. Un homme qui, dès le départ, a su être là pour elle, a su l’écouter et petit à petit à fait naître une complicité loin de ce en quoi elle voulait s’engager.

Bienveillant, il la protège sans cesse tout en la mettant à l’épreuve.

Petit à petit, force de conseils et d’écoutes réciproques s’est installé entre eux le rapport d’un père à une fille.

 

Il n’a jamais dépassé les limites de sa pudeur, a toujours su garder une distance nécessaire et pourtant, leur relation s’est construite dans cette voie sans qu’elle ne puisse dire stop.

 

Oui, elle aime beaucoup cet homme.

Intelligent, aimant, qui ne s’abaisse jamais à l’humiliation et garde avec lui toutes ses convictions sans jamais empatir sur la vie de ses subordonnés.

 

 

-         Veronica. Je ne sais pas quoi vous dire. Vous le savez, vous êtes l’un de mes meilleurs agents mais je ne peux pas accepter ça. Comprenez, lorsque vous avez été affectée à l’unité de San Diego vous sortiez de cette affaire très difficile. Nous avions été clairs là-dessus et il me semble que vous et moi étions d’accord : un entretien régulier avec la psychologue du service, madame Nelian vous était obligatoire.

-         Monsieur, si vous permettez et avec tout le respect que je vous dois, je ne pense pas cela nécessaire. Je m’en sors très bien comme ça et pour preuve : tous les dossiers que j’ai traités ont été menés à termes.

-         Il ne s’agit pas de cela Veronica. C’était votre mère !

 

Ces mots lui cisaillent le crâne. Un mal qui tend à ne jamais s’extirper et se relance chaque fois qu’elle se retrouve en face de cette accablante réalité.

Une réalité qu’elle tente chaque jour d’exclure de ses pensées.

 

Sa mère.

 

-         Je ne vois pas en quoi cela m’empêche de bien faire mon travail. De plus j’ai résolu cette affaire.

-         Oui en vous retrouvant dans l’obligation de tirer sur… Elle.

 

Les coups de feu résonnent encore. Explosifs.

 

-         C’était une question de survie et vous le savez.

-         Croyez-moi, nous n’avons jamais douté qu’il était pour vous impossible de faire autrement et si vous ne l’aviez pas fait vous seriez morte. Mais toutes les missions d’infiltration détruisent des esprits que nous tâchons ensuite de reconstruire.

-         J’étais volontaire.

-         Sans savoir dans quoi vous vous engagiez.

-         Je savais que ce n’était pas sans risques.

-         Veronica… … Je me fais de soucis pour vous. Il vous arrive de sentir l’alcool et ce, de plus, régulièrement.

-         Je ne bois jamais au travail. Pour le reste cela ne regarde que moi.

 

Elle a tort, elle le sait. Mais qu’est-ce qu’elle y peut.
Se noyer dans un verre de scotch est le seul remède qu’elle a trouvé pour garder la tête froide.

Elle déteste se savoir dépendante de ce qu’elle a combattu si longtemps. Mais la réalité est là.

 

C’est devenu une nécessité si elle doit continuer à vivre.

 

-         Veronica…

-         Ecoutez, si mes méthodes de travail vous posent problème alors renvoyez-moi. En attendant je crois que ma vie privée ne regarde que moi et uniquement moi.

-         La psychologue…

-         Qu’elle aille s’occuper de gens qui ont vraiment envie d’être aidé. Pour ma part il y a bien longtemps que j’ai cessé d’espérer une main tendue de qui que se soit.

-         Je sais…

-         Non vous ne savez pas. Vous ne pouvez pas savoir et je pense que c’est tant mieux.

 

Elle sait qu’elle dépasse les limites, qu’elle rejette à nouveau une personne qui s’évertuerait à la sauver, mais elle ne peut pas.
Plus fort qu’elle, ou peut-être est-ce elle qui est trop faible ?

 

Chasser les mains tendues.

Une  lapalissade déconcertante dans la vie de Veronica Mars.

C’est pour ça qu’elle a fuit…

 

C’est pour ça qu’elle l’a fuit.

 

Il voulait la sauver.

Et il le pouvait…

Maintenant il est trop tard. Bien trop tard. Tournez la page et garder la tête haute.

 

Bien haute.

Soif.


lolia  (29.01.2011 à 11:54)

20 juin 2013 – Quelques mois lus tard.

 

Le sable caresse ses pieds.

La chaleur brûlante est atténuée par une brise légère.

Les mouvements des vagues  l’apaisent.

 

La mer lui inspire cette liberté qu’il s’est chargé d’obtenir.

 

-         Logan tu viens ?

 

La main chaude de son vieil ami sur son épaule.

Un sourire qui s’esquisse sur ses lèvres.

Les cheveux peroxydés et des grains de sables aux coins des sourcils, il a gardé cet air d’éternel adolescent.


Leur complicité le rassure.

La seule chose qui ait perduré de son adolescence à lui.

Une amitié que certains aurait pensé fébrile, frivole, engluée dans les parties de culbutes et beuveries sans lendemain.

 

Et pourtant le résultat est là.
Deux amis solidaires qui ont bâti l’un envers l’autre une confiance solide.

 

Absorbés par les vagues, ils aiment glisser conjointement, un sourire taquin aux coins des lèvres, signe de leur connivence.

 

-         La mer est belle aujourd’hui tu ne trouves pas ?

-         Elle est… Bonne ! De bonnes vagues bien chaudes qui n’attendent que nous oui !

-         Non mais... Je veux dire. Tu ne la trouves pas… Paisible. Nouvelle. Comme si elle était là pour nous guider.

-         C’est une question de dissertation ? Parce qu’en avoir fini les études a été ma libération tu vois. Rebondir sur une nouvelle approche scolaire me donne un peu envie de vomir.

-         Non Dick. Tu ne vois pas ? Là où nous en sommes aujourd’hui. On a … Survécus. Survécus à toutes ces choses.

-         Décapsule-toi mec ! On dirait que tu prononces les paroles d’un grabataire.

-         T’es con.

-         Va te faire voir !

 

Une chamaillerie bordée de rire qui les entraîne vers l’étendue marine.

 

Glisser sur l’eau.

Les gouttes fraîches qui éclaboussent le visage.

 

Effectivement, la mer est belle aujourd’hui.


lolia  (12.02.2011 à 19:45)

- Pourquoi tu ne me rejoins pas ?

 

Le ton est donné. La discussion va s’avérer, une fois de plus, laborieuse.

Autrefois, leurs discussions étaient simples.

Autrefois ils se comprenaient.

En un regard il savait quoi dire à sa fille, et en un sourire, elle savait le rassurer.

Mais tout ça n’est plus.

Eteint.

 

-         Papa, on en a déjà parlé mille fois. Mon avenir est au F.B.I maintenant.

 

C’est vrai, cette discussion ils l’ont déjà abordée sous tous les angles et ni l’un ni l’autre ne démords de ses positions.

 

-         Non, ton avenir était au F.B.I., maintenant tu n’aspires plus à rien et tu le sais. Tu as besoin de quelqu’un pour toi, qui te connaisse et puisse t’écouter.

 

Mais le problème est là. Il ne la connaît plus.

Elle ne sait plus trop comment ni pourquoi leur relation s’est dégradée.

 

-         Je ne suis pas seule, j’ai Ryan, des collègues et un supérieur qui m’entourent.

 

En fait si, elle le sait.

Tout a changé il y a deux ans.
Sa mission d’infiltration… Des mois à hiberner dans la peau d’une autre, à se confondre en elle et à se déshabiter complètement.

 

-         Mais enfin Veronica ! Regarde autour de toi ! Tu es seule. Tristement seule ! Et tu conduis ton navire sans leur laisser la place de l’injonction.

 

De Veronica elle est devenue Harmonie, cette consommatrice accrue des drogues fortes, capable de tout et n’importe quoi pour rencontrer la ponte, le grand chef, la genèse du trafic.

 

-         J’ai toujours été seule papa. Même quand tu étais là. Tu m’as toujours laissé le choix d’être seule.

 

Et puis elle l’a rencontré.

Da Vilgo. Tout sourire, tout complaisant, à vomir.

Et elle a aussi rencontré sa femme.

 

-         Je ne peux pas te laisser dire ça. Je t’ai laissé faire tes choix. Je t’ai laissé libre de ton destin mais je suis toujours resté à tes côtés contrairement à …

 

Sa mère.

Oui, c’était elle la femme de Da Vilgo. Sa mère.

 

-         Ecoute papa, je dois te laisser. On m’appelle pour une mission. On continuera cette discussion plus tard. Je t’embrasse.

 


lolia  (15.02.2011 à 18:25)

« Allez, ce n’est qu’un coup de téléphone ça ne devrait pas être si dur !
Après tout, c’est ton frère, il devrait être capable d’être là quand tu en as besoin.

Et puis merde, il est pété de tunes de toute façon ! Quelques dollars de plus ou de moins ne vont pas lui changer le cours de sa vie bordel !

Allez courage… La dernière fois ça s’est plutôt bien passé…

 

Ca sonne…

Merde ! Répondeur !

 

- Euh, salut frangin… Logan… C’est Charlie. Comment tu vas ? En fait je me demandais si… tu pouvais me rendre un petit service. Tu sais comme la dernière fois. Oh, pas grand-chose tu sais… 1000 ou 2000 quoi. »

 

 


lolia  (01.03.2011 à 13:20)

1 novembre 2014

 

 

« Oui, Carl, c’est aujourd’hui qu’à lieu l’inauguration des nouveaux locaux de la célèbre société de production « Echolls Production ».

Son dirigeant Logan Echolls, peut-être fier du parcours accompli tout au long de ces dernières années. Il est devenu l’un des grands décideurs de notre Etat en matière de cinéma.

De nombreuses stars sont présentes au rendez-vous, un palmarès digne de la cérémonie des Oscars. Scarlette Johanson, le couple Jolie-Pitt, Sean Penn, ou encore Georges Clooney sont là pour célébrer la gloire de ce jeune entrepreneur, fils du célèbre feu-Aaron Echolls.

Pour l’occasion, un immense tapis rouge a été dressé sur les marches de ce nouveau bâtiment luxueux, construit par la société Hilton.

Dans quelques minutes, l’immense ruban rouge sera coupé par Logan Echolls lui-même avec des ciseaux d’or.

On note la présence de son frère à ses côtés. Frère que nous avions aperçu subversivement lors d’une des dernières interviews de celui-ci. »

 

 

Les flashs des photographes et les bruits de la foule l’assaillissent.

Il n’est pas enclin à la grandiloquence ni à tout acte mégalomane du genre. Au contraire, il savoure.

Peut-on quantifier ou mesurer nos jouissances, comme on prend la température ?

Etre heureux, sentir une étincelle qui embrase le corps, les membres qui s’engourdissent doucereusement, sont naturellement des signes de joie.

Mais peut-on comparer les différentes émulsions du bonheur ? Peut-on mesurer un degré de jubilation ?

 

S’il devait représenter son état actuel, sans doute le comparerait-il au plus bel orgasme de toute sa vie.

 

Mais il ne souhaite pas l’exprimer. Il est comme ça.Tout se passe à l’intérieur.

L’euphorie est intime et elle doit le rester pour ne pas être entachée.

Alors il sourit, simplement, juste un sourire.

Sûrement que ses impressions débordent à travers son regard, mais sa posture, son calme apparent, la neutralité de ses gestes, tout le préserve de toute exposition.

 

A ses côtés, Sue.

Elle, au contraire est exaltée.

Elle sert un sourire lumineux aux photographes et, par ses petits gestes nerveux montre, une fois de plus, l’admiration qu’elle lui porte.

Sue est comme ça, spontanée.

Elle ne tente jamais de cacher quoi que se soit, se montre toujours telle qu’elle est. C’est une petit animal qui s’expose sans limite aux tempêtes de la vie.

 

De l’autre côté, quelqu’un qui n’a pas toujours fait parti de sa vie mais qui est pourtant, aujourd’hui, de sa plus proche famille.

Trina étant installé depuis bientôt dix ans en Inde où elle espère, un jour, crever l’écran grâce à Bollywood, Charlie Stone est son seul proche.

 

Il est dur de se faire une opinion sur Charlie.

Alors que lui a travaillé d’arrache pied, chaque jour, pour se calfeutrer de ses démons, Charlie, au contraire a décidé de communier avec les siens.

Une descente aux enfers qu’il a observé, impuissant.

Une stupide addiction aux jeux de casino lui a peu à peu ronger la cervelle pour le transformer en prédateur avide d’argent… …qu’il n’a jamais su lui refuser.

Mais il sait. Oui, il sait qu’en l’aidant il ne fait qu’alimenter son autodestruction.

Alors il s’est promis, la prochaine fois, il refuse.

Maintenant qu’il va bien, ne serait-ce pas légitime que d’aider les autres ?

 

 

On lui tend une grande paire de ciseaux. Le moment a enfin sonné.

 

-         Dis Logan… Je sais que ce n’est pas le moment… Mais…

La voix sussurrante de Charlie agit sur lui comme une décharge électrique. Non, pas maintenant !

-         … Je me disais… Si tu pouvais me faire une dernière petite avance…

-         Merde Charlie tu vois pas que c’est pas le moment !

-         S’il te plait une dernière…

-         C’est toujours la dernière !

-         Oui mais là, je peux t’assurer que je vais pas merder. Je vais me faire un paquet de fric c’est sur, et je pourrais même te rembourser !

-         Non. C’est non. C’est non parce que c’est pas le moment, c’est non parce cet argent bouffe ta vie, c’est non parce qu’il est en train de te vider de toute humanité…

-         Une dernièr…

-         Non ! Crois moi, c’est pour ton bien.

-         Putain mais je suis en chien Logan.

-         Débat clos. Allez, viens couper le ruban avec moi.

 

Les flashs crépitent de plus belle.

Charlie sous son bras, accolade fraternelle qu’il espère, sera le début d’une reconstruction.

«  Une photo a encadré et à mettre dans les anales. »

 


lolia  (02.05.2011 à 19:59)

« Gala Annuel », c’est comme ça que Stevenson leur a présenté.

Un gala, qui comme son nom l’indique se déroule chaque année et où les Stevenson invitent leurs  plus proches connaissances et au cours duquel bla bla bla…

 

Elle sait ce qui l’attend, une soirée guindée, du champagne à flot avec un orchestre qui temporise l’atmosphère.

Vêtue d’une robe de velours noir elle esquisse la dernière touche de maquillage.

 

Agrippée au bras de Ryan elle tente de faire bonne figure.

 

Comment en est-elle arrivée là ?

Terrorisée par la foule, frileuse des rapports sociaux, perdant tout intérêt à la vie.

Une sourde angoisse qu’elle tente de tarir par des efforts qui jusqu’ici font illusion.

Jusqu’ici.

 

Ryan fait tout pour la rendre heureuse, elle le sait.

Il est même l’une des seules personnes qui la comprend. Il l’écoute, la regarde, la soutien, et pourtant elle voudrait le fuir sans cesse.

En vérité elle voudrait fuir la terre entière.

 

Ses chaussures sont lourdes, elle sent ses pieds s’enraciner comme s’ils l’enchaînaient au sol de l’immense demeure.

 

La décoration a été soignée. La grande salle où se déroule la réception donne sur d’immenses portes vitrées adjacentes à un balcon qui surplombe  San Francisco.

Il y a au moins quatre cent personnes. Chacun sillonnent de discussion en discussion, coupe de champagne en main.


Stevenson les accueille avec sa chaleur habituelle. Elle l’aime bien.

Sa bienveillance la conforte, elle se sent en sécurité.

 

-         Veronica ! Ryan ! Je suis ravi que vous soyez venus ! Veronica, ma fille est ici je tiens absolument à vous la présenter.

 

Sa fille.

Stevenson a une fille. C’est vrai. Elle l’avait presque oublié.

 

-         Veronica, je vous présente ma fille Sue, et voici son fiancé Logan Echolls.

 

Un maelström la déracine immédiatement. Son cœur s’emballe.

Une claque violente et qu’elle tente de garder son calme apparent.

 

Il est là, face à elle.

 

Son visage n’a presque pas changé. L’air plus sage peut-être ?

Non, plus mûre.

Elle voudrait disparaître, pourquoi a-t elle accepté cette fichue invitation ?

 

-         Veronica. Quelle surprise.

-         N’est-ce pas.

 

Ryan les fixe, incrédule, mais c’est Sue qui réagit aussitôt.

 

-         Vous vous connaissez ?

-         Oui, Veronica et moi avons grandit à Neptune tous les deux.

-         Oui.

-         Comme le monde est petit ! Et alors ? Vous travaillez pour mon père ? Vraiment j’admire, une femme dans ce milieu …

 

Elle glisse. Elle glisse sur le flot de paroles de Sue, comme entraînée par un marée trop rapide.

 


lolia  (13.05.2011 à 12:26)

Sur la terrasse pas un bruit, juste l’air frais sur son corps un peu trop fragile.

 

Fuir a été son premier reflexe.

Se raviser pour n’éveiller aucun soupçon a été son second.

Comment réagirait Ryan s’il savait ?

Il souffrirait. Tout s’éclaircirait. La clairvoyance n’est pas un don, de loin.

Et Sue… Et Stevenson…


Elle se déteste.

Elle, elle et ce sentiment qui prohibe le reste de ses pensées.

Il est là.

IL EST LA.

En chaire et en os, à quelques mètres d’elle. Il est là et se pavane avec sa jolie fiancée.

Fiancée.

 

Elle ne lui en veut pas. Après tout c’est elle qui l’a fuit. C’est elle qui a décidé de mettre fin à cette sombre mascarade, ce pitre et ridicule amour d’adolescent.

Non, elle ne lui en veut pas.

Mais elle… Elle voudrait frapper son corps contre les dalles si lisses de cette terrasses trop parfaite, le massacrer, jusqu’à ce qu’il ne ressente plus rien. Juste un funeste silence.

Mais cela suffirait-il ?

 

Elle vide sa coupe d’un trait : boire la solution de dissolution.

 

-         Depuis quand est-ce que tu bois ?

 

C’est lui. Il est venu… la rejoindre ?

Il est là, accoudé à la rambarde de pierre.

 

-         Et toi ? Depuis quand est-ce que tu fumes ?

 

Il regarde avec amusement sa main et le cigare qui s’y consume.

 

-         Toujours la même Veronica hein ? Féroce, mystérieuse, fuyante.

 

« Si tu savais »

 

Le silence s’impose. Massif. Les minutes paraissent des heures.

 

-         Veronica… Je… Je… je suis  au courant pour ta mère… je suis désolée.

 

« Tu sais »

 

Le silence.

 

« Sa mère ? Ah oui, c’est vrai que non seulement de l’avoir brisée, cette histoire a fait le tour de tous les journaux nationaux. »

Ses os se glacent, le film se rembobine.

 

« Eté 2008 _

 On ne m’avait pas prévenu que le F.B.I. faisait des économies d’énergies !

Six fois qu’elle se lève en sueur dans sa petite chambre numéro 314. Vite, trouver le gant d’eau froide pour éponger son visage.
Elle n’a pas dormi de la nuit. Comme y arriver avec cette chaleur étouffante ? Elle regarde désespérément le système de climatisation en panne.

C’est aujourd’hui que sont distribuées les missions. Elle espère avoir une mission d’infiltration, celles qui sont réservées aux meilleurs stagiaires. Trois ans qu’elle travaille d’arrache pied.

Surtout… Elle espère faire la fierté de son père. Sa petite fille, son bébé promue parmi les 150 agents à l’une des sections d’enquêtes les plus prisées.

Elle n’arrive pas à dormir. Le réveil sonne.

Le grand jour est là. »

 

 


lolia  (24.06.2011 à 20:18)

12 janvier 2015

 

C’est incroyable le temps qu’il faut pour se remettre de ces fêtes de fin d’année.

Il faut dire que chez les Stevenson, on voit les choses en grand.

Non que ça lui déplaise, en ex fils de millionnaire qu’il est et, de surcroit, en grand entrepreneur qui ramasse des millions, ce genre d’intronisations lui convient tout à fait.

Mais de là à enchaîner 15 jours de réceptions cossues en tenue de soirée, cela avoisine plus du marathon que d’une simple partie de Ping-pong avec Dick.

Quinze jours de frivolités où il a quand même continué à tenir les rênes de son empire.

 

En pleine effervescence l’industrie du cinéma et, surtout, le capital investit sur les acteurs, se portent à merveille.

Aucune ombre au tableau depuis des mois dans ses affaires : ont peut dire qu’il a réussi sa quête de l’impossible.

 

Mais il ne faut pas se fier à l’air si doux du mois de janvier sur les berges de Los Angeles. Quand la tempête n’éclate pas chez les Echolls c’est qu’un sombre nuage plane au dessus des têtes.

Ce nuage s’appelle Sue Stevenson.

 

 

Malgré sa fraîcheur et son sourire adorable elle transforme jour après jour son quotidien en tremblement de terre.

Au milieu de son flot de paroles un nouveau mot a fait surface, un mot qui lui file la nausée : Mariage.

Le mariage est désormais dans toutes les conversations et sous n’importe quel prétexte.

 

Alors il s’y fait.

Car, après tout, n’est-elle pas cette fille dont il a si souvent rêvé ?

Instable, drôle, pleine d’imagination, elle est le portrait même de la femme idéale. En plus, il faut dire ce qui est, sa peau est délicieuse.

Oui, Sue est en passe de devenir Madame Echolls.

 

Car il s’est fait une raison, s’il doit épouser quelqu’un ça ne peut être qu’elle, alors autant ne plus faire durer.

Au moins, ce mot qui lui donne tant de nœuds d’estomac ne sera plus le cheval d’assaut de cette brune volcanique.

 

Alors qu’est-ce qui le bloque ?

Il ne sait pas.

Enfin si… Il le sait mais cela ne devrait pas.

Non.

 

Tout est fini entre eux.

Depuis longtemps, depuis leurs premiers baisers, depuis cette bagarre sur le pont, depuis cette déchirure sur le toit, depuis cette nuit à Aspen, depuis cette cafétéria il y a de cela trop longtemps.

Et ce gala chez Stevenson n’a été qu’une confirmation, un coup de couteau supplémentaire.

Il ne la pas revue depuis.

 

Qu’est-ce qu’elle était belle. Il se rappelle encore de cet étrange moment, celui où son regard à frôlé le sien, entre malaise et jouissance.

 

Il aurait voulu crier.

Oui, lui crier haut et fort que tout ça n’était qu’une formalité, que le mariage, pour lui, n’a aucune signification si ce n’est le partage des corps et de la fortune à tout moment. Il aurait voulu oui.

 

Les couloirs du F.B.I. lui rappellent ses bureaux.

Les gens courent dans tous les sens dossier à la main. Il sait où il va, au dernier étage.

Le dernier étage.

Celui de Stevenson.

Son futur beau-père avec qui il a rendez-vous pour déjeuner lui a demandé de passer avant.

Il sait qu’il s’aventure en terrain miné, qu’à chaque virage il peut tomber sur elle. Mais au fond, le stress auquel il est en proie, n’est il pas si délicieux ?

Des mois, des années qu’il n’avait pas senti pareil élan.

 

 

Devant la porte.

 

Déception.

Aucun signe d’une tête blonde.

Il s’apprête à frapper, mais la porte s’ouvre violemment.

 

-         Logan ?

Décidemment, les concours de circonstances comme celui là lui avait manqué.

-         V !

-         Qu’est-ce que tu fais là ?

-         Je viens voir Stevenson.

-         Ben, vas-y, son bureau et libre.

-         Attends V, je pensais, enfin… Pourquoi ne dinerions nous pas ensemble un de ces quatre ?

-         Toi et moi ?

-         Non, enfin oui, toi, moi, Sue et Ryan.

-         Je sais pas. C’est un peu… Bizarre non ?

-         Bizarre ? Tu veux rire ? Tout est terminé depuis longtemps non ?

-         Oui.

-         Alors ?

-         Ok.

-         Appelle-moi, voilà ma carte.

 

 

Mais qu’est-ce qu’il lui a pris ? Pourquoi a-t-il foncé si facilement dans la tête du loup ?

 

Veronica Mars.

 


lolia  (17.08.2011 à 19:20)

« Veronica Mars.

 

Elle n’y croit pas, c’est bien elle, choisit pour une mission d’infiltration.

 

Hurler de joie comme son coéquipier attitré, le très sexy Ryan Cholles?

 

Non.

Veronica Mars n’hurle pas de joie.

Veronica Mars savoure.

Elle sourit malicieusement, ça y est, on y est.

Terminer sa formation avec, dans les mains,  une des enquêtes les plus enviées par tous ses pairs  est une victoire qui se salue en silence.

 

Le silence.

 

La mission elle la connaît par cœur :

Da Vilgo est  un des hommes les plus recherchés des Etats-Unis.

Trafiquants d’armes et de drogues il est réputé pour avoir créé autour de lui une cours de mineurs errant, sans toit ni famille prêts  à tout pour le servir.

Ses secteurs ? Environs toute l’Amérique.

Depuis quelques temps il a été repéré à New York.

New York.
Les souvenirs fusent. La dernière fois c’était avec papa. La dernière fois c’était magique.

Cette fois-ci ?

Ce sera mythique. "


lolia  (24.10.2011 à 19:36)

Les murs sentent la pisse, le vomi et la merde.

Il y est. Le parfait endroit pour trouver la parfaite personne.

Le point de départ de la fin.

La colère est imperceptible sur son visage, pourtant la haine fourmille dans ses entrailles.

Son costume Gucci, parsemé de trous de cigarettes lui tombe beaucoup trop grand sur son corps défraichit.  

Ses mains suent. Ce n’est pas de la peur, c’est de l’excitation.

Son plan machiavélique a germé, poussé et le transcende jusqu’à la racine de ses pieds.

La vitre qui le sépare de son futur interlocuteur est pleine de trace de mains, de rouges à lèvres et autres saletés de la race humaine.

 

La race humaine.

 

Pourriture ancrée dans une saloperie de terre infertile qui fustige sa déchéance.

Il la hait.

Il les hait.

Tous.

 

Le regard azur derrière la vitre le fixe avec un grand sourire.

Parfait, il est parfait. Candidat aux dents longues et à l’esprit fragile : ce qu’il lui faut.


-   Bonjour Mercer.

-         Hey ! Alors c’est toi ? Charlie ? Par tes lettres tu me semblais beaucoup plus grand et forts…

-         Ta Gueule Hayes ! Je ne suis pas là pour taper causette. J’ai quelques choses à te proposer.

-         Je t’écoute… Qu’est-ce qui pourrait m’intéresser venant d’un mec comme toi ?

-         Nous avons une connaissance en commun.

-         Dis toujours.

-         Logan Echolls.

 

Son regard redouble de vivacité, et lentement il s’approche avec satisfaction de la vitre.

 

-         Intéressant. Continue

-         Ta sortie est prévue le 2 janvier de l’année prochaine. Nous avons à peu près un an pour mettre en place un plan, afin de l’éliminer.

-         Et qu’est-ce que je gagne en retour ? Non pas que me faire le cul du p’tit Echolls me contrarie, mais il me faudrait une proposition plus alléchante.

-         Du fric. Plein de fric, avec sa mort, je serai riche.

-         Continue.

 ...


lolia  (28.10.2011 à 13:57)

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