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Série : Veronica Mars
Création : 08.07.2010 à 21h20
Auteur : Marion
Statut : Terminée
« L'histoire se déroule quelques mois après la fin de la saison 3. Veronica est de retour à Neptune pour quelques jours avant de retourner au FBI. » Marion
Cette fanfic compte déjà 85 paragraphes
VERONICA – LOGAN!
Elle essaya de se ressaisir. Il fallait qu'elle sorte de là, d'une façon ou d'une autre. Elle était faible. Elle regarda son téléphone, pas de réseau. Elle tenta de s'appuyer aux parois mais elle était faible. L'air lui manquait. La peur s'empara d'elle. Et si elle ne s'en sortait pas ? Une vulgaire boîte.
Flash Back
Elle tenta tant bien que mal de tenir sur ses jambes. Vite sa voiture. Son cœur s'accéléra. Des pas retentirent. Quelqu'un la suivait, l'épiait. Ses clés. Elle chercha la serrure.
Veronica voix off: Un effort V. Un effort!
Elle sentit une présence et s'effondra. Doucement une main glissa dans ses cheveux. La voix de Logan.
VERONICA – Ramène-moi à la maison.
Elle le sentit la serrer contre lui. Elle se laissa aller.
Fin Flash Back
VERONICA – Logan!! s'écria-t-elle.
Elle perdit son sang froid.
VERONICA – Logan...
Elle se mit à crier. Elle s'étouffait. Son corps ne la supportait plus. Elle se laissa glisser contre la paroi, faible. Un moment d'absence.
Elle attrapa son téléphone. Gisant au sol et utilisant le reste de force qu'elle pouvait, elle composa un message. Doucement larmes glissèrent sur ses joues.
«Aide-moi – Container - Port»
Elle fit défiler la liste de son répertoire sous ses yeux et appuya pour envoyer le message. Le téléphone ne cessait d'afficher échec. Les larmes perlèrent à nouveau. Elle tenta de lever le bras autant qu'elle put. Le téléphone émit un bip. Elle se laissa de nouveau glisser et regarda son téléphone.
Message envoyé à Eli
Elle ne sentait plus son corps, doucement ses yeux se fermèrent.
(Marion)
Port de Neptune
Eli ne comprit pas toute de suite. Le regard insistant sur son téléphone. V lui demandait son aide. C'était rare. Il attrapa ses clés et prit le chemin du quai.
Devant lui se dressait une vingtaine de containers. Son regard trahissait son inquiétude. Pas de Veronica. Juste sa voiture avec les portes non-verrouillées sur le parking. Il observa les containers et blêmit. Il venait de comprendre. D'un pas rapide il s'approcha des boites métalliques et hésita. Par où devait-il commencer? Comment savoir?
ELI - Veronica!
Il attendit une réponse, et le silence le rendit nerveux. Le doute s’installa. Il avança tout en cherchant autour de lui. Une trace. Un objet. Quelque chose qui lui indiquerait que c’était bien par là. Mais rien.
Perdant patience, il eut recours à la force. En avançant, il frappa du poing les containers. Un à un. Le même son revenait. Un bruit sourd. Rien, pas de réponse. Son cœur battait de plus en plus vite, comme si le compte à rebours avait commencé.
10... 9...
ELI - V! Bon sang réponds!
Et s'il ne la trouvait pas? Son sang se glaça, tout se bousculait dans son esprit.
8... 7...
Avec acharnement, ses poings s’enfonçaient sur les containers, mais toujours le même son. Aucune réponse. Il chercha son téléphone au fond de sa poche et composa le numéro de V. Option désespérée. Il attendit. Pas de retour.
6... 5…
Impossible se disait-il ! Elle est là, quelques par. Il repensa à son sourire espiègle et ses yeux pleins de promesse. Tel un robot, ses gestes étaient mécaniques, impulsifs.
4... 3...
Et puis un bruit. Un bip. Il frappa la paroi. Aucune réponse. Mais ce bip. Il tenta de l’ouvrir, appela, cria afin d’entendre une voix, quelqu’un se manifester, mais seul le son de sa voix résonna. La peur l’envahit. Pourquoi ne répondait-elle pas? Il ne pouvait pas être trop tard.
Il attrapa une barre de fer et, avec détermination, brisa la chaine autour de laquelle était fixé le cadenas. Tira sur la tôle et la découvrit. Recroquevillée... Comme inerte.
Il la souleva. Sous ses cheveux blonds, il distingua quelques hématomes. Il la prit dans ses bras. Il ne sentit pas un souffle. Il portait ce petit corps, tel un poids mort. Délicatement, il la posa sur le sol, sa tête dans le creux de son bras. Il releva les cheveux qui s'étaient collés à son visage. Un instant il hésita. Elle avait l'air si... Il se reprit et tapota sur les joues de Veronica, lui parla doucement.
Aucun signe. Il essaya de la secouer, vainement.
ELI - V. me lâche pas. Reste avec moi!
Il ferma les yeux et la secoua un peu plus brusquement.
ELI - Mars!
Dans un effort, elle ouvrit les yeux.
Faiblement elle esquissa un sourire. Il le lui rendit. Toujours assis contre le container, il la tenait dans ses bras. Petit à petit, elle émergea.
Il la déposa dans la voiture et, avant de mettre le contact, laissa un court message sur le répondeur de Keith. Il la conduisit chez elle, l'aida à s'allonger sur le canapé. Elle était encore faible. Il la fixait. Veronica sentait bien son regard sur elle.
VERONICA – Merci Eli.
ELI – Ne t’avise pas de recommencer ok !
VERONICA – J’essaierai.
ELI – Fini V, dis-moi ce qui se passe ?
VERONICA – Oh tu me connais : la routine!
Eli la fixa d'un regard sombre.
VERONICA – Mac a reçu des mails menaçants, sans parler des appels anonymes. Elle a été enlevée puis séquestrée. J’ai enquêté et trouvé une piste et j’ai reçu à mon tour un mail, et je suis tombée dans le piège. C'est un jeu. Et mon chevalier servant m’a sauvée… Fin de l’histoire.
ELI – Et tout ça en l’espace de trois jours, Mars ! Mais dis-moi : quelle piste ?
Veronica s’apprêtait à tout lui dire quand son père arriva précipitamment.
KEITH – J'ai fait aussi vite que j'ai pu. Que...
Il s'interrompit en voyant le visage de sa fille.
VERONICA - Je vais bien.
KEITH - Chérie. Tu es sûre?
VERONICA – Hormis quelques bleus, un bon mal de crâne, ça va.
KEITH – Que s’est-il passé, tu es partie sans rien me dire ?
VERONICA – J’ai reçu un mail.
La réflexion était dure.
VERONICA - Oui c’est ça. Je me suis rendue au cimetière et après j'ai suivi le message... Un piège. C'est un vulgaire jeu
Fronçant les sourcils, elle se dit qu’il était grand tant de démasquer l’investigateur de tout cela. Veronica regarda son père et Eli. Fini de jouer.
Elle se leva du canapé et, plus déterminée que jamais, s’adressa aux deux hommes.
VERONICA – Eli, passe au Neptune Grand Hotel. Mac est dans la suite avec Dick et Wallace, assure-toi que tout va bien. Je t’appelle tout à l’heure. Papa, toi et moi allons au bureau pour reprendre tout depuis le début.
Son père la stoppa net.
KEITH – Je comprends ton impatience chérie, mais il se fait tard et au vu des événements, il serait plus sage de s’accorder une petite nuit de sommeil.
Il fixa Eli.
KEITH - Quant à toi, tu peux prendre le canapé et demain on avisera.
Veronica voulut rétorquer mais elle savait que le discours de son père était sans appel. Finalement elle se rassit.
VERONICA – D’accord, mais à la première heure demain matin je file chez le notaire.
A ces derniers mots, chacun d’eux alla se coucher. Eli, une nouvelle fois gêné, avait pris place sur le canapé. Mais il avait fait une promesse.
Veronica mit du temps à trouver le sommeil. La journée avait été dure. Elle frissonnait encore au souvenir de cet endroit. Elle avait besoin de lui, elle se l’avouait enfin. Mais ce n’était pas la seule chose qui traversait son esprit. Il y avait cette personne de l’ombre, qui s’amusait avec elle. Elle sentait au plus profond d’elle-même qu’elle la connaissait. Elle s’approchait de la vérité. Demain, elle saurait. Elle s’agitait dans son lit. En sueur, des flashs lui revinrent. Ce sentiment de peur, toujours plus présent dans son cauchemar, que signifiait-il ? Elle se réveilla en sursaut. Il était encore tôt. Déboussolée, elle se leva et se dirigea vers la salle de bains. Tout le monde dormait dans l’appartement. Sans un bruit, elle traversa le salon et aperçut Eli. Le canapé était un peu trop petit pour lui. Ses pieds dépassaient, une main tombait sur le sol. Cette situation la fit sourire. Elle attrapa une pomme, et sortit de l’appartement. Elle laissa un mot sur la table.
« Papa, je suis partie à Coronado voir Maître Clayton, je t’appelle dès que j’ai du nouveau. Eli, on fait comme on a dit. Je te confie Mac, veille sur elle.
Pas d'inquiétude à avoir, je fais attention.
Veronica »
Un peu plus tard dans la matinée
KEITH – Je vais au bureau, j’ai quelques clients à voir. Et ne fais pas cette tête, je connais ma fille.
Eli voix off : Oui moi aussi M. Mars, et c’est bien ce qui me fait peur.
Il se frotta la tête, il était tout de même inquiet. Mais il ne manqua pas à sa parole et s’en alla au Neptune Grand Hotel.
Coronado – Maître Clayton
Veronica pénétra dans l’enceinte du Cabinet. Elle s’approcha de l’accueil.
VERONICA – Bonjour, Madame.
La secrétaire leva les yeux vers elle, la détaillant.
SECRETAIRE – Bonjour Mademoiselle, que puis-je faire pour vous ?
VERONICA – Je voudrais voir Maître Clayton, s’il vous plaît.
SECRETAIRE – Vous avez rendez-vous ?
VERONICA – Non, mais...
La secrétaire la coupa:
SECRETAIRE – Je suis désolée Mademoiselle, mais Maître Clayton ne reçoit que sur rendez-vous.
VERONICA – Appelez-le, dites-lui tout simplement que quelqu’un souhaite lui parler au sujet de la société Calypso.
La secrétaire la regarda d’un air intrigué.
VERONICA – Allez-y !
La secrétaire prit son téléphone, et quelques instants plus tard, elle la fit entrer dans son bureau.
Bureau de Maître Clayton
Maître Clayton, assis derrière son bureau, ne prit pas la peine de se lever pour saluer Veronica. Cela ne la perturba pas davantage. Sûre d’elle, elle avança et, sans y être invitée, prit place en face de lui. Il redressa la tête et la dévisagea. Surpris de voir une aussi jeune femme avec autant de toupet, il prit la parole:
M.C – Qui êtes-vous?
VERONICA – Mon nom ne vous dira rien. Je vais vous dire pourquoi je suis ici tout simplement. Je pense que vous avez des réponses à me donner.
M.C – Vous semblez bien sûre de vous!
VERONICA – C’est élémentaire. Rien qu’à l’évocation de la société Calypso, j’ai pu, sans attendre et sans rendez-vous, attirer votre attention.
Elle sourit. Il hésita un instant et lui rendit son sourire.
M.C – Bon alors allons dans le vif du sujet.
VERONICA – Calypso!
M.C – Mais encore?
VERONICA – Pouvez-vous m’expliquer comment une personne peut être actionnaire majoritaire sans le savoir?
M.C – Direct, j’aime ça.
Il s'interrompit un instant et la regarda, méfiant. Puis, il reprit:
M.C - Tout simplement parce que la tierce personne qui l’a élue à ce titre ne souhaite pas le lui dire.
VERONICA – J’en déduis que vous représentez cette personne. Qui est-ce?
M.C – Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous le dire?
VERONICA – Écoutez, je n’ai pas de temps à perdre. Il s’avère que mon amie est poursuivie par un détraqué et que le seul lien dans tout ceci soit votre client. Si vous ne souhaitez pas être impliqué dans cette affaire, je vous conseille de m’en dire plus.
M.C – Il n’y a rien d’illégal dans cette histoire?
VERONICA – Un nom... insista-t-elle.
M.C – Molly Johnson, c’est tout ce que je vous dirai. Maintenant partez.
Veronica dans le parking était pensive. Ce nom n’évoquait rien pour elle. Elle prit son téléphone et appela son père.
KEITH – Allo !
VERONICA – Papa, j’ai du nouveau. Tu peux me rejoindre au bureau d’ici une heure?
KEITH – Ok chérie, à tout de suite.
Immédiatement, elle composa le numéro d’Eli.
ELI – …
VERONICA – C’est pourtant évident! Dis-moi, Mac va bien?
…
VERONICA – Très bien, j'attends.
...
Veronica sourit lorsqu'elle entendit la voix de Mac blaguer.
VERONICA – T’inquiète, tout va bien. Dis-moi, as-tu reçu de nouveaux e-mails ou appels ces dernières heures?
...
VERONICA – Je ne peux pas tout te dire maintenant, mais quand le moment viendra tu seras la première au courant, promis.
...
VERONICA – Tiens le coup encore un moment. Dick ne peut pas être si terrible.
Veronica raccrocha, un sourire aux lèvres.
Veronica voix off: Qui es-tu Molly Johnson?
Bureau de Mars Investigations
Il fallait maintenant qu’elle rassemble tous les éléments qu’elle avait pu trouver.
Dans un premier temps, elle reprit tous les mails un par un.
Assise sur son bureau, elle contemplait le tableau blanc devant elle. Un stylo à la main, elle écrivait le jour et l’heure des mails. Ensuite, elle se décida à écrire le contenu de deux d’entre eux, celui de Mac et le sien. Le tableau blanc s’était estompé, il avait laissé place à une multitude de lignes.
1) Mail de Mac
«Me retrouver tu n’y arriveras pas
A chercher tu t’y perdras
Damne-toi par tes pêchés et
Irréprochable tu seras
Sacrilège de connaître la vérité
Objurgation tu feras ou
Napalm tombera»
2) Mail de Veronica
«Sagace, tu l’es mais
Incrédule toujours tu resteras
Narcissique tu seras
Caricaturale je te fais mais
Lapalissade bientôt tu trouveras, en attendant
Accours sans te retourner, vite…
Impétueuse je suis
Rage folle tu éprouves pour moi»
3) CALYPSO
4) Molly JOHNSON ?
Toutes ses recherches concernant Molly Johnson ne l’avaient conduite nulle part. A croire que cette personne n’avait jamais existé. Rien.
Quel était le lien de tout ça, qu’est-ce que Mac avait à voir là-dedans et cette dernière phrase « Rage folle tu éprouves pour moi ». Qui es-tu ?
Absorbée par ce qu’elle lisait, elle balayait le tableau, allant des mails et leurs messages, à Calypso, Molly Johnson, de plus en plus vite… Elle absorbait ces mots afin de trouver leur signification, ce qui les liait. Encore et toujours, tout allait de plus en plus vite, elle ne s’arrêtait plus, les mails, Calypso, M.J., S… Soudain, à l’évocation de ce dernier mot, elle eut un flash.
Tout à coup tout s’expliqua. Elle avait la réponse devant les yeux depuis le début.
Elle rassembla tous les indices. Et, les reprenant un à un, tout s’empilait admirablement. Elle fit le tour de son bureau, prit son feutre et entoura la première lettre des deux mails. Elle prenait soin d’entourer chacune des lettres, et au fur et à mesure que les lettres se suivaient, Veronica blêmit. Son regard se fit plus dur.
Veronica voix off: C'est pas vrai...
Au même moment son père arriva.
Elle n‘avait pas bougé. Figée devant cette révélation, elle ne comprenait pas.
Keith lui parlait, mais elle ne l’entendait pas. Il insista. Elle le regarda. Son regard était sombre et perdu à la fois. Elle était bouleversée. Elle fixa de nouveau le tableau comme pour montrer à son père ce qu’elle avait découvert. A son tour, il regarda et il comprit.
VERONICA – Tu sais Papa, à l’époque ou j’ai rencontré Mac, elle m’avait demandé de retrouver ses parents biologiques.
Ce qui allait suivre était difficile, elle avala sa salive.
VERONICA – Il s'avère que ce sont Mr et Mme SINCLAIR.
KEITH – Tu ne m’en avais jamais parlé, mais je ne vois pas le rapport avec la société Calypso?
VERONICA – J’ai appris par Maître Clayton, qu’une tierce personne avait fait de Mac son héritière. Et cette tierce personne est Molly JOHNSON. Et les initiales de Mme SINCLAIR sont M.J.S qui signifie Molly Johnson SINCLAIR, Johnson étant son nom de jeune fille.
Keith acquiesça d'un signe de tête, accumulant les informations une par une.
VERONICA - Et l’auteur des ces mails...
Elle désigna le tableau du doigt.
VERONICA - N’est autre que…
KEITH – Madison Sinclair.
VERONICA – Exactement! Madison a dû découvrir que sa mère avait modifié son testament au profit de Mac. Elle a dû également découvrir que Cindy n’était pas une Mackenzie. Mais ce qu'elle ignore, c'est que Mac ne sait pas un mot de cette histoire d'héritage.
KEITH – Et quel est le rapport avec toi?
Veronica baissa les yeux.
VERONICA – Une longue histoire de popularité? lança-t-elle avec un sourire ironique sur le visage.
Keith n'en tint pas compte.
KEITH - Madison ne sait pas que nous savons! Nous allons regrouper tous ces éléments et il va falloir tout dire à Mac.
VERONICA – Et c’est bien ça le plus dur.
Keith savait bien qu’il allait être dur pour la jeune fille d’entendre cette vérité. Mais il avait besoin d’elle. Son implication pour faire tomber Madison était inévitable.
(caroline)
Appartement des Mars – Neptune
Veronica soupira. La soirée allait être difficile. Il fallait annoncer à Mac que la personne derrière tout ça n'était autre que Madison.
Elle ferma le dossier sur lequel elle travaillait, laissant apparaître un autre dossier intitulé «L.E.». Elle ouvrit la page Internet et sur un moteur de recherches lança une recherche sur les hôtels de luxe de San Francisco.
Elle nota les noms et numéros de téléphone des établissements, attrapa son téléphone.
Elle attendit quelques instants après avoir composé le numéro et sourit lorsqu'une voix répondit au bout du fil.
VERONICA – Bonsoir, excusez-moi pour le dérangement, je cherche à joindre M. Echolls.
...
VERONICA – Merci je patiente.
...
VERONICA – Très bien. Merci quand même. Au revoir.
Son sourire disparut. Elle composa le numéro suivant et réitéra l'opération.
Veronica raccrocha dans un soupir. Elle avait passé presque une heure à contacter tout les hôtels de la ville, sans succès. Elle observa la page blanche, barrée par des coups de stylo. Elle ferma les yeux.
Veronica voix off: Il y a une solution V. Tu dois reprendre ton calme et réfléchir.
Elle repensa à Logan, son cœur se serra. Que lui arrivait-il? Pourquoi avait-elle ce besoin pressant de le voir? Elle ne savait même pas ce qu'elle pourrait lui dire. Devait-elle lui admettre qu'il lui manquait? Qu'elle avait eu une crise de panique pendant son absence?
Veronica voix off: Pourquoi diable fallait-il que ce soit à lui que je pense pendant mes hallucinations?
Elle observa une photo de Logan qu'elle avait gardée dans son ordinateur. Un sourire apparut sur ses lèvres.
Veronica voix off: Eva!
Elle se connecta à Internet et ouvrit la page du F.B.I. En quelques manœuvres, elle entra son matricule et pénétra sur l'espace privé du F.B.I. Elle entra le nom de Logan, comme elle l'avait déjà fait auparavant pour d'autres recherches, et consulta la banque de données. Son arbre généalogique s'afficha sur l'écran. Veronica parcourut la page des yeux. Un sourire victorieux s'afficha sur son visage.
Veronica voix off: Jackpot!
La mère de Logan avait une sœur qui elle-même avait eu une fille d'un ancien mariage. Elle glissa les yeux sur le nom de la jeune fille, satisfaite.
Veronica voix off: Eva je t'ai trouvée!
Elle entra le nom complet de la jeune femme, Evangeline Mcgreenwood et lança la recherche de dossiers.
En quelques secondes les informations désirées s'affichèrent devant les yeux de la petite blonde. Veronica chercha l'adresse et se redressa, surprise. Quelle coïncidence! Eva habitait à San Francisco. Finies les recherches. L'énigme s'arrêtait là. Elle se leva et se rendit dans la salle de bain.
Veronica voix off: Tu as mérité ta douche!
La porte d'entrée claqua.
KEITH – Chérie tu es là?
Il se dirigea vers la chambre de Veronica et entra.
KEITH – Veronica?
La chambre était vide. Puis il entendit l'eau couler dans la salle de bain. Il sourit. Quelques boulettes de papier sur le bureau éveillèrent sa curiosité. En s'approchant, il aperçut quelques mots griffonnés sur un papier. Logan, hôtel, San Francisco. Et l'ordinateur affichait l'adresse de la cousine de Logan à San Francisco. Il passa sa main sur le visage et ferma les yeux. Il voulut sortir de la pièce mais faillit rentrer dans sa fille.
VERONICA – Hey P'pa! Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre?
KEITH – Je te cherchais. Désolé.
VERONICA – Pas de problème.
Keith voulut sortir puis s'interrompit.
KEITH – Tu es sûre que tout va bien?
Veronica fronça les sourcils, surprise par la question. Elle détourna les yeux un instant et aperçut son bureau.
VERONICA – Je voulais juste savoir où il était, admit-elle.
KEITH – Tu n'as pas son numéro de téléphone?
Veronica soupira.
VERONCIA – On a eu une sorte « d'accrochage » avant mon départ.
KEITH – Hum... Cette histoire avec Piz?
VERONICA – Oui. Et depuis on se parle plus vraiment.
KEITH – Tu es sûre qu'il n'y a rien d'autre?
VERONICA – Je t'assure que tout va bien!
KEITH – Tu sais, tu passes beaucoup de temps à penser à quelqu'un à qui tu ne parles plus...
Veronica ne répondit pas.
KEITH – Ca a un rapport avec ta rupture avec Piz?
VERONICA – Peut-être, admit-elle.
Keith la regarda avec tendresse.
KEITH – Je te trouve un peu perdue depuis ce qui s'est passé. Tu ne veux vraiment pas en parler à quelqu'un?
VERONICA – Peut-être qu'il m'expliquera mes hallucinations à propos de Logan? C'est ça?
Keith la regarda sans comprendre. Veronica réalisa l'impact de ses mots et détourna les yeux.
KEITH – Quelles hallucinations?
Veronica baissa les yeux évitant le regard de son père.
KEITH – Veronica! Qu'est-ce que je ne sais pas?
VERONICA – J'ai manqué d'oxygène un moment dans le container. Le manque d'espace. J'ai fini par avoir des hallucinations.
KEITH – Tu étais inconsciente? Pourquoi personne ne m'a rien dit?
VERONICA – C'était court. Il ne m'est rien arrivé. J'ai seulement eu quelques hallucinations et j'ai crié après Logan, avoua-t-elle pour calmer son père.
Keith se radoucit à ces mots. Il tenta de l'encourager à continuer.
VERONICA – Il n'y a pas de quoi en faire une maladie. Je vais bien.
KEITH – Lorsqu'on est en danger et qu'on appelle au secours, on ne va pas bien!
VERONICA – J'étais coincée dans ce container! répondit-elle froidement.
Pourquoi la poussait-il toujours plus loin?
KEITH – Oui mais c'est après Logan que tu as crié!
VERONICA – Oui, c'est vrai! J'ai simplement l'habitude qu'il soit présent pour moi!
KEITH – Et là il ne l'était pas. Il ne l'est plus.
VERONICA – Il reviendra. Tôt ou tard.
Elle avait pris un ton nonchalant, tentant de se détacher de ses sentiments. Peine perdue.
KEITH – Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire.
Veronica resta muette. Qu'essayait-il de lui faire comprendre?
KEITH – Veronica... Je ne suis pas un grand fan de Logan. Mais si tu as quelque chose sur le cœur tu ferais bien de lui dire!
Il déposa un baiser sur son front et sortit de la pièce.
(marion)
Mars Investigations
Elle se remémora les paroles de son père. Il avait raison. Elle aurait dû être sereine, mais il y avait Mac. Sa meilleure amie. Il fallait lui dire, lui dire toute la vérité. Elle prit une grande inspiration et composa le numéro de Mac.
VERONICA – Allo, Mac, c’est moi.
...
VERONICA – Quoi?
...
VERONICA – Oui, quitte cette tour infernale et rejoins-moi avec tes acolytes à Mars Investigations.
MAC – …
VERONICA – Oui.
Mac ne chercha pas à en savoir davantage. Le ton de Veronica sur ce dernier mot, aussi court soit-il, en disait long et ne présageait rien de bon.
Les trois mousquetaires avaient interrompu leur partie le temps de la conversation. Ils la fixèrent. Tous s’interrogeaient. Mais le silence fut de courte durée.
DICK – Alors, c’est fini nous deux?
MAC – Allez souris, je te donnerai des cours, fit-elle avec un clin d’œil.
Amusés par la réplique de Mac, ils se levèrent et prirent la direction de Mars Investigations.
Même si Mac s’évertuait à faire bonne figure, il n’en était rien. L’ambiance était pesante dans la voiture. Dick observait Mac du coin de l’œil. Il s’étonna que la jeune femme ait sur lui un effet si fort. Il ressentait son inquiétude. Au fond, il ne savait rien d’elle et il n’avait pas cherché à la connaître. Et pour cause : elle était l’amie de Veronica. Veronica Mars. A l'époque, rien que ce nom aurait suffit à donner la migraine a Dick. Il lui aurait volontiers attribué tous les adjectifs les plus déplorables. Pour lui, elle avait été la cause de tous les problèmes de Logan. Mais avait... Car depuis quelques temps, il avait compris qu’elle était et qu’elle resterait ce qui était arrivé de mieux dans la vie de son meilleur ami. Intérieurement il souriait. Cette situation lui plaisait. Être entouré de personnes telles que Mac, Wallace et même Weevil lui procurait une drôle de sensation, jamais ressentie auparavant. Ils ne ressemblaient en rien aux gens qu’il avait pour habitude de côtoyer. Riches, superficiels, dénués de sens moral dans un monde où le paraître était le maître mot. Eux trois ne trichaient pas. Il se surprit d’avoir de telles pensées à leur égard. Tel un clin d'œil, la chanson « I'll be there for you » retentit dans le poste. Tout d’abord intrigués par son comportement, ils le regardèrent. Mac fut la première à rire. Elle comprit le message que Dick voulait lui faire passer et le gratifia d'un sourire. A l'arrière, Weevil et Wallace échangèrent un regard.
Ces réjouissances furent de courte durée, ils étaient arrivés.
Mac descendit la première, pressant son sac contre elle pour se donner de l’assurance, suivie de près par Dick, Wallace et Weevil.
Mac poussa la porte.
MAC – C’est nous.
Keith était appuyé sur le bureau de Veronica, le regard soucieux. Veronica, assise aux côtés de son père, cherchait à dissimuler son inquiétude. Mac le remarqua de suite.
MAC – Hey Miss Bond, pas de ça avec moi, tu veux.
Veronica lui fit un signe de tête.
Mac avait pris place sur le canapé, Weevil était resté debout et Dick assis sur la chaise de Veronica, s’amusait à tourner, comme pour masquer son indifférence. Elle prit place devant eux.
VERONICA - Voilà tout ce que j’ai découvert. Tout d’abord, l’usine de manufacture où tu étais prisonnière appartient à Mr Duxton, PDG de la société Calypso.
Elle s’arrêta et prit une grande inspiration.
VERONICA - Et toi, Mac, tu es l’actionnaire principale de cette société.