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Série : Veronica Mars
Création : 08.07.2010 à 21h20
Auteur : Marion
Statut : Terminée
« L'histoire se déroule quelques mois après la fin de la saison 3. Veronica est de retour à Neptune pour quelques jours avant de retourner au FBI. » Marion
Cette fanfic compte déjà 85 paragraphes
VERONICA - Parce que je t'aime! s'écria-t-elle, les larmes au bord des yeux.
VERONICA - Je t'aime Logan. J'ai été trop fière pour l'admettre. J'avais peur, peur d'aimer. J'ai cru être forte et... Mais j'ai besoin de toi. Et aujourd'hui je suis là. Je te demande pardon Logan.
Le cœur de Logan avait fait le grand saut. Il sentit tout son être faiblir. Elle le lui avait dit. Il la regarda dans les yeux sans chercher à comprendre. Sans lui laisser le temps de réagir aux mots qu'elle venait de dire, il glissa sa main dans la nuque de Veronica et l'attira à lui. Il déposa ses lèvres sur celles de la jeune femme et la colla au mur.
Elle toucha le mur avec force. La main de Logan... Ses lèvres... Elle fut comme transportée. Elle n'eut pas le temps de comprendre. Elle sentit un frisson la parcourir lorsque la main de Logan glissa dans son cou. Elle répondit fébrilement à son baiser. Elle frémit, sentant les mains de Logan sur son corps, son corps chaud appuyé sur elle. Elle s'agrippa à lui, comme si le tout n'était qu'éphémère.
Lorsqu'il goûta à ses lèvres sucrées et à son parfum de vanille envoûtant, il trembla. La douceur de son corps contre le sien lui rappela tous les sentiments qu'il avait tentés d'enfouir au fond de lui. Il se sentit vivant.
Elle n'avait pas hésité. Pas une seconde. Lorsqu'il avait touché sa peau, elle n'avait pas résisté. Elle lui avait rendu son baiser avec passion.
Les battements du cœur de Logan s'accélérèrent, les douces effluves du parfum de Veronica l'enivraient. Cette étreinte, la chaleur de son corps contre le sien, ne firent qu'augmenter son désir.
Il glissa ses mains dans les reins de la jeune femme. A ce contact, elle se cambra, comme si elle avait compris. Il la serra contre lui. Elle prit appui sur lui et enserra la taille de Logan de ses jambes. Il traversa le hall jusqu'au salon, la déposa sur le canapé avec tendresse et se colla au-dessus d'elle. Elle plongea son regard dans le sien et l'attira à lui. Les mains de Logan parcouraient le corps de Veronica. Doucement il lui retira son haut. Ses lèvres effleurèrent chaque parcelle de la peau de la jeune femme. Elle laissa ses mains frôler la peau de Logan et peu à peu déboutonna sa chemise. Lorsqu'il se redressa pour qu'elle puisse la lui retirer, il s'interrompit en ne la quittant pas de yeux.
LOGAN – On voulait parler.
Il l'attira à lui. Assis face à face, Veronica sentit que c'était maintenant ou jamais. C'était peut-être leur chance cette fois. Ce serait sûrement la dernière.
VERONICA – Je t'aime. Ce que je disais avant, c'est vrai.
LOGAN – Plus de mensonges?
VERONICA – Je vais faire de mon mieux.
LOGAN – V... J'ai besoin de savoir si...
Il prit un air grave et ferma les yeux quelques secondes. Il sentit la main de Veronica sur sa joue.
VERONICA – Logan.
Il ouvrit les yeux. Elle le regardait, ses yeux bruns brillants d'émotion. Il la sentit différente. Elle tentait de lui tendre la main. Il plongea les yeux dans les siens.
VERONICA – J'ai toujours eu peur. Les gens passent leur temps à se tromper... Et on a assez souffert. Je...
LOGAN – Je veux bien faire tout ce que je peux pour que tu puisses avoir confiance...
VERONICA – J'ai passé une semaine éprouvante. Une affaire...
LOGAN – Il ne t'ai...
Elle posa son doigt sur les lèvres de Logan, lui évitant de finir sa phrase. Elle eut un sourire. Il comprit.
VERONICA – J'ai manqué d'oxygène.
Elle vit la peur envahir le regard de Logan, mais ne détourna pas les yeux. Il fallait qu'elle le fasse. Si elle le pouvait, elle saurait qu'elle était capable de lui donner tout ce qu'elle a. Il le fallait.
VERONICA – Weevil m'a trouvée à temps. J'avais perdu connaissance. J'ai eu des hallucinations. J'ai crié ton nom.
Logan posa ses mains sur le visage de Veronica.
VERONICA – C'est là que j'ai compris que je ne pouvais plus mentir.
LOGAN – Je n'aurais jamais dû partir.
VERONICA – Je ne serais pas là aujourd'hui si tu étais resté.
LOGAN – Si tu veux je repars encore plus loin, si tu m'aimes encore plus.
Veronica sourit devant les paroles de Logan.
LOGAN – Je suis désolé pour ce que je t'ai fait.
VERONICA – On pourrait faire table rase et reprendre à zéro...
LOGAN – Hum...
Il observa Veronica avec un sourire coquin sur les lèvres. Ses doigts glissèrent sur les coutures de ses dessous noirs.
LOGAN – Que fais-tu en dessous sur le canapé de ma cousine si je ne te connais pas?
Elle rit franchement à la remarque de Logan.
VERONICA – Hum... Rappelle-toi tu es un homme à femmes.
LOGAN – C'est un bien lointain souvenir.
VERONICA – Je sais.
LOGAN – Je tiens à toi Mars.
VERONICA – J'ai confiance en toi Logan.
Les doigts du jeune homme glissèrent dans les boucles blondes de la jeune femme.
LOGAN – Une dernière chose.
Il se pencha vers elle et murmura quelques mots à son oreille. Un sourire apparut sur les lèvres de Veronica. Il la prit dans ses bras et la serra contre lui. Elle se dégagea de l'étreinte et le regarda tendrement dans les yeux. Logan sut lire ce qu'elle ressentait dans ses yeux. Elle déposa ses lèvres sur celles de Logan. Doucement, il répondit à son appel et la fit basculer sur le canapé.
Neptune Grand Hotel – Neptune
MAC – Je veux que tu nous oublies!
MADISON – Pas de problème.
MAC – Par « nous », j'entends tout le monde. Y compris Logan et Veronica.
Le regard de Madison changea en un instant. Elle venait de comprendre qu'elle ne menait plus la danse.
MAC – C'est ça ou...
MADISON – Très bien.
Mac sourit. Madison grommela. Dick était aux anges.
MAC – Voilà le dossier. Mais ne te fais pas d'illusions, il y a l'original au bureau de M. Mars. Juste au cas où tu oublierais tes principes...
MADISON – Ne croise plus mon chemin.
Elle arracha le dossier de la main de Mac et tourna les talons.
Elle quitta la suite sous le regard fier de Mac. La porte claqua et Dick s'avança vers Mac.
DICK – T'es une pro Mackenzie!
MAC – C'est grâce à toi.
Dick sourit. Mac venait-elle réellement de lui faire un compliment?
DICK – Si je te propose d'offrir la tournée?
MAC – Je dis que clouer le bec à Miss Sinclair ça se fête non?
Dick lança un regard surpris vers la petite brune, qui parut étonnée.
MAC – Enfin si tu veux bien...
DICK – Laisse-moi deux minutes que je me pomponne et je suis à toi.
Mac éclata de rire. Dick était heureux, il avait réussi à détendre l'atmosphère.
Elle s'assit sur le canapé et déclara:
MAC – En espérant que t'es moins longue qu'une fille... Je veux bien faire l'effort. Mais alors il faut que tu sois impeccable!
Dick s'élança vers sa chambre.
DICK – Dix minutes top chrono!
Mac esquissa un sourire.
Lincoln Avenue - San Francisco – Maison de Eva
Veronica, habillée d'une chemise d'homme, était assise en tailleur sur le canapé. En face d'elle, Logan en caleçon fronça les sourcils.
LOGAN – Chinois!
VERONICA – Mexicain!
LOGAN – Chinois!
VERONICA – Mexicain! s'écria-t-elle en riant.
Elle lui lança un coussin.
Il évita le coussin d'un mouvement de la tête et fit une grimace
LOGAN – Je veux manger chinois!
VERONICA – Alors on commande les deux!
Une petite lueur malicieuse brillait dans les yeux de la jeune femme. Il eut un sourire.
LOGAN – Tu es gourmande!
VERONICA – C'est une proposition?
LOGAN – Je ne te connaissais pas si directe!
VERONICA – Il y a beaucoup de chose que tu ignores...
Logan la regarda, suspicieux.
VERONICA – Ah non on va pas passer l'après-midi à parler de ce qu'on a fait ou pas fait!
LOGAN – J'ai une idée.
VERONICA – C'est encore pire!
Il lui relança le coussin avec une moue d'enfant.
LOGAN – Alors la curieuse, tu veux connaître mon idée?
VERONICA – De toute façon, d'une façon ou d'une autre je saurai trouver...
LOGAN – Ça nécessite de porter un maillot de bain et aussi un peu d'attention.
VERONICA – Tu veux m'apprendre à surfer?
Elle ouvrit grand les yeux. Logan lui sourit.
VERONICA – Il me faut un maillot!
LOGAN – J'en conclus que tu es d'accord. Viens.
Elle prit la main qu'il lui tendait et le suivit. Au bout du couloir, sa voix retentit.
VERONICA – Je vais pas porter ça!
Baker Beach – San Francisco
Enrique Iglesias – Can You Hear Me?
Veronica ferma les yeux. Elle sentit les mains de Logan sur ses hanches. Elle essaya de faire le vide. Elle tendit les bras et avança un pied.
LOGAN – Une vague arrive.
Elle sourit. Debout sur la planche de Logan, il tentait de lui apprendre à garder son équilibre. Lorsque la vague les emporta, Veronica frissonna. Les yeux fermés, elle fit confiance à Logan. Il la fit avancer doucement sur la planche. Avec la vague, ils prirent un peu de vitesse.
Elle ressentit une sensation indescriptible. Entre peur et liberté. Les battements de son cœur s'accéléraient en même temps que la vitesse.
LOGAN – Fais-moi confiance, une autre arrive.
La planche glissait vers la vague. Elle recula d'un pas à la demande de Logan et fit pivoter la planche. Logan sourit. Elle ouvrit les yeux.
VERONICA – J'adore.
Elle vit la vague s'approcher, Logan lui fit signe de plier légèrement les genoux et de se pencher en avant. La vague claqua contre la planche, Veronica se sentit soulevée, elle éclata de rire. Cette sensation de liberté était incomparable.
Doucement la vague s'enroula. Logan recula. Veronica voulut en faire autant, mais son pied dérapa. Tous les deux se retrouvèrent à l'eau. Veronica se rattrapa à la planche en riant.
VERONICA – C'est génial.
LOGAN – Merci pour le bain!
Il lui sourit.
LOGAN – Je suis content que ça te plaise.
VERONICA – Je comprends pourquoi tu fuis toujours vers la mer. On se sent si...
LOGAN – Libre.
Elle lui jeta un regard, comme pour acquiescer à sa réponse.
LOGAN – Mars tu m'inquiètes. Où est passé ton sarcasme?
Elle fit la moue et grimpa sur la planche. Elle s'assit et Logan s'installa à ses côtés. Les pieds dans l'eau, ils dérivèrent doucement au rythme des vagues. Elle enlaça la main de Logan.
Mars Investigations – Neptune
Keith raccrocha le téléphone avec violence. Un air sombre s'abattit sur son visage. Il soupira. Il hésita puis attrapa le téléphone et composa le numéro.
Au bout de quelques instants, le répondeur se mit en marche. Il râla.
KEITH – Veronica c'est moi. Le F.B.I. a appelé. Aurais-tu quelque chose à me dire? Veronica rappelle-moi!
Il raccrocha le combiné en fermant les yeux. De quoi s'agissait-il cette fois?
Il se laissa tomber dans le fauteuil, passant sa main sur le visage.
San Francisco – Hotel Stanyan
Logan, adossé au mur dans l'entrée de la chambre, attendait que Veronica le rejoigne.
VERONICA – J'arrive!
LOGAN – Hum... Je m'inquiète. Tu prends du temps dans la salle de bain. T'es malade?
VERONICA – Idiot!
LOGAN – Ah non, elle n’est pas malade!
Elle sortit de la salle de bain en enfilant ses talons hauts.
LOGAN – Tu as sorti le grand jeu?
VERONICA – Logan, je porte un jeans!
LOGAN – Tu portes un bustier et tu as des talons!
VERONICA – Bon d'accord, mais ce n'est rien de spécial.
Il la regarda avec un air interrogateur.
VERONICA – Promis j'ai même appris à marcher avec!
Elle lui fit un clin d'œil, il sourit.
LOGAN – J'attends de voir! Mais tu es sûre qu'on va manger Mexicain?
VERONICA – Ah non, on a dit Chinois et Mexicain et on a dit qu'on allait se promener dans la baie!
LOGAN – Bien chef!
Elle déposa ses lèvres avec douceur sur celles de Logan. Elle attrapa son sac pendant qu'il ouvrait la porte pour la laisser passer. Elle sourit.
Sur la table du salon, le téléphone vibra. La porte claqua derrière Logan. La sonnerie du téléphone retentit.
Cinéma de Neptune
Mac envoya du pop-corn sur Dick en riant.
DICK – Hey mais ça va oui?
MAC – Je sais pas! Je vérifiais si tu étais toujours en vie!
DICK – Merci. Et toi, tu pourrais pas retenir miss sauvageonne non? Lança-t-il à l'attention de Wallace, bien calé dans son siège. Pour toute réponse, il envoya une poignée de pop-corn sur Dick.
DICK – Et moi qui vous invite au cinéma!
MAC – C'est ma soirée on a dit!
DICK – Pardon, y’avait une clause spécifiant le droit de s'en prendre à celui qui paye?
WALLACE – Bon les enfants on y va? Le film est fini!
DICK – Rassure-moi: le pop-corn aussi?
Il suivit Wallace et reçut une pluie de pop-corn au visage. Wallace sourit.
WALLACE – Apparemment pas!
Il sortirent du cinéma et s'engagèrent dans la rue.
MAC – Une glace ça vous dit?
DICK – Je suis toujours d'accord quand il s'agit de manger!
WALLACE – Rappelez-moi que vous m'avez pas invité pour jouer les baby-sitter!
MAC – Et quel baby-sitter!
DICK – Hum... Dans mes rêves tu étais plus sexy!
WALLACE – Bas les pattes!
Tous les trois éclatèrent de rire.
DICK – En parlant de baby-sitter, quelqu'un a des nouvelles de Veronica?
Wallace lance un regard curieux vers Dick.
WALLACE – Non, j'ai essayé plusieurs fois de l'appeler depuis le début de la semaine mais son téléphone était éteint. Tu prends des nouvelles de V?
Mac sourit et esquiva discrètement la conversation en s'éloignant vers les vitrines.
DICK – Le F.B.I. doit être très strict!
WALLACE – Quand même bizarre, même pas un message. Mac?
Il se tourna, remarquant Mac à quelques mètres plus loin. Il fronça les sourcils.
WALLACE – Mac?
MAC – Désolée. Je regardais la boutique.
DICK - « Le paradis du fil » ? J'ai toujours su que t'étais cinglée Mackenzie, mais là ça dépasse toutes mes attentes!
WALLACE – Tu as des nouvelles de Veronica?
Mac tourna les yeux un instant, se sentant coincée. Wallace réalisa immédiatement.
WALLACE – Tu évites la question.
DICK – Tu sais où est Veronica?
WALLACE – Ou du moins pourquoi elle ne répond pas?
MAC – Non.
WALLACE – Mac?
MAC – Je sais juste où elle n'est pas...
DICK – T'as trop traîné avec Mars toi!
WALLACE – J'aurais jamais cru dire ça un jour, mais je suis d'accord avec Dick!
Dick lui jeta un regard étonné.
DICK – C'est vrai que ça sonne bizarre!
WALLACE – Mac qu'est-ce que tu nous caches?
MAC – J'ai eu un e-mail de son coéquipier me demandant de ses nouvelles, car elle n'était pas revenue au F.B.I! C'est tout ce que je sais. Je n'ai pas réussi à la joindre non plus! Contents?
WALLACE – Elle n'est pas retournée au F.B.I?
MAC – Apparemment pas.
DICK – Tu veux dire qu'elle n'est pas allée finir son stage?
Il fit une grimace et un petit sourire apparut sur ses lèvres.
MAC – C'est quoi ce sourire?
WALLACE – Tu es content qu'elle ne soit pas retournée au F.B.I? Mais qu'est-ce qui tourne pas rond chez toi?
MAC – Ou alors... Il sait quelque chose qu'on ignore!
Deux paires d'yeux se tournèrent vers Dick.
DICK – Peut-être mais si j'ouvre ma bouche je suis mort!
WALLACE – Bon t'as fini ton numéro?
DICK – Ca n'intéresse personne ma vie?
MAC – Tu vas nous dire ce que tu sais et on te plaindra plus tard!
DICK – Elle est peut-être à San Francisco.
WALLACE – Qu'est-ce qu'elle irait faire à San Francisco?
DICK – Bah je sais pas moi... Des courses? Des vacances? Tu sais les filles... AÏE!
Il sursauta.
MAC – Dick! dit-elle en le pinçant.
DICK - ... Aller voir Logan?
MAC – Quoi?
Dick leva les yeux au ciel.
DICK – J'ai trouvé une lettre que Logan voulait écrire à Veronica avant de partir chez Eva.
MAC – Il lui a écrit une lettre?
DICK – Non... Enfin oui, mais c'est compliqué.
WALLACE – Je suis plus là!
DICK – Il voulait, mais n'a pas osé. Alors il en a écrit une à Weevil.
MAC – Hein?
DICK – J'ai pas compris non plus au début mais bon.
WALLACE – Logan a demandé à Weevil de prendre soin de V!
DICK – Ah ben en fait c'est plus simple quand tu l'expliques!
MAC – Et Weevil l'a dit à V?
DICK – Non... C'est moi.
WALLACE – A la soirée?
Il acquiesça. Wallace jeta un rapide coup d'œil à Mac qui haussa les épaules.
MAC – Voilà pourquoi elle est partie si vite!
WALLACE – Elle est allée voir Weevil.
DICK – Vous croyez qu'elle a rejoint Logan?
Ils échangèrent un regard incertain.
Glacier – Neptune
Attablé devant une glace, le petit groupe était pensif.
DICK – Si elle n'est pas avec Logan, elle doit être loin...
Mac lui donna un coup de coude.
WALLACE – Je préfère pas imaginer.
Le silence reprit sa place. Puis Dick leva les yeux avec un sourire.
DICK – N'empêche que si elle est partie rejoindre Logan...
Il laissa sa phrase en suspens, comprenant que Mac et Wallace pensaient pareil.
MAC – Ouais...
WALLACE – Si son père apprend ça...
MAC – Elle va passer un sale quart d'heure!
Ils sourirent.
Hôtel – San Francisco
Des rayons de soleil doux filtraient faiblement au travers des rideaux de la chambre d'hôtel.
Dans le lit, Veronica enlacée dans les bras de Logan ouvrit lentement les yeux. Elle sentit la douce chaleur du corps de Logan contre le sien et sourit. Elle savoura quelques instants l'étreinte de son amant et doucement se retira. Lentement. Les rayons chauds glissaient sur son corps nu. Sans bruit elle s'enferma dans la salle de bain et se glissa sous l'eau.
Une douce odeur sucrée lui chatouilla les narines. Il remua quelque peu. Elle sourit. Sans gestes brusques, il s'étira. Sa main chercha autour de lui le corps de cette femme. En vain. Il ouvrit les yeux, inquiet. Elle était assise au bord du lit, vêtue d'un simple peignoir. Un sourire rayonnant illuminait son visage. Il sourit.
VERONICA – Bonjour.
LOGAN – Hey toi.
VERONICA – Bien dormi?
LOGAN – Je ne sais pas si c'est le lit ou si c'est toi... Mais comme un bébé.
Elle lui tendit une tasse de café avec un sourire.
Logan avala une gorgée de café et jeta un œil par la fenêtre. La ville était déjà en pleine effervescence. Dans la rue, les gens se bousculaient, se pressaient. Il tourna son regard vers Veronica et doucement déclara:
LOGAN – Merci d'être venue.
Elle lui sourit sans un mot. Il observa un instant la pièce. Sur la table, leurs téléphones clignotaient. Il haussa les sourcils, intrigué. Veronica suivit son regard.
LOGAN – Je crois qu'on est demandés.
Elle attrapa son téléphone et envoya le sien à Logan.
VERONICA – Douze nouveaux messages?
Il se redressa, fronçant les sourcils.
LOGAN – Tu es demandée.
Il ouvrit le sien et eut le même regard surpris que celui de V quelques secondes auparavant.
LOGAN – Six!
Ils échangèrent un regard entendu et Veronica s'éloigna un peu.
... - Veronica c'est Mac, comment tu vas? Je n'ai pas eu de nouvelles depuis...
Elle appuya sur une touche et ramena le téléphone à son oreille.
... - Hey V. toujours sans aucune nouvelle, bien arrivée?
Elle réitéra le mouvement plusieurs fois avec un sourire aux lèvres. Soudain elle se figea.
... - V, j'ai eu un e-mail de ton coéquipier...
Elle se tourna rapidement vers Logan, pinçant ses lèvres.
... - Logan, c'est M. Mars, si tu sais où est ma fille...
Il plongea son regard dans le sien avec une petite mimique.
... - Veronica, c'est ton père. Où es-tu?
Elle lui rendit le sourire et referma son téléphone avec un sourire désolé. Il haussa les épaules.
LOGAN – Je crois que les vacances sont finies!
VERONICA – On va devoir retourner à Neptune.
Mars Investigations – Neptune
Il l'avait aperçue au travers de la grande vitre qui trônait dans son bureau. Doucement il s'était redressé pour vérifier qu'il ne se trompait pas. Lorsqu'il entendit la porte donnant sur la route s'ouvrir, il sortit de son bureau, s'accouda contre le cadre de la porte avec une certaine nonchalance, un sourire en coin sur les lèvres.
Elle ouvrit la seconde porte avec douceur et pénétra dans la pièce lorsqu'elle le vit adossé au cadre de la porte de son bureau. Elle sourit.
KEITH – Chérie...
Un pas plus lourd se fit entendre derrière elle et Logan apparut à ses côtés.
KEITH – Logan, reprit-il avec un faux air sévère.
LOGAN – M. Mars.
VERONICA – P'pa.
KEITH – Je suppose que votre présence a sûrement un rapport avec mes messages?
VERONICA – P'pa, je suis désolée.
KEITH – Je sais.
LOGAN – En fait on est désolés.
Il s'était avancé pour se rapprocher de Veronica.
Keith observa la scène. Elle était devenue grande sa fille. En fait il y a bien longtemps qu'elle était passée au stade adulte. Il sourit, perdu entre la fierté et l'envie de les étrangler. Mais ce ne serait pas correct, ni l'un ni l'autre ne lui devait de comptes.
Il était finalement plus heureux de la voir qu'il n'aurait pensé. A sa simple vue, il avait pu deviner qu'elle avait finalement ouvert son cœur au jeune homme. Il ne pouvait s'empêcher d'être réticent à cette idée, mais quelque part il savait qu'il était sûrement celui qui lui correspondait le mieux.
VERONICA – Je ne t'ai pas dit que je ne retournais pas au stage car je ne le savais pas moi-même. J'ai décidé à l'aéroport d'aller retrouver Logan à San Francisco.
Elle avait baissé les yeux à la dernière phrase. Il était dur d'être honnête sur ses sentiments. Mais les deniers jours passés avec Logan lui avaient prouvé que dévoiler ses sentiments n'était pas seulement signe de catastrophe et d'abandon.
KEITH – Je sais.
Elle eut une petite grimace d'incompréhension qui fit rire son père.
VERONICA – Ces dernières années ont été plutôt difficiles, pour lui comme pour moi. Et je crois que ma discussion l'autre jour avec toi m'a ouvert les yeux.
KEITH – Je m'en suis douté chérie.
Logan sourit.
VERONICA – Une question.
KEITH – Oui?
VERONICA – Qu'est-ce que tu ne sais pas en fait?
KEITH – Lorsque j'ai appris que tu n'étais pas au F.B.I et qu'apparemment aucun de tes amis ne savait où tu étais, j'ai repensé à notre conversation, et puis à tes recherches sur San Francisco.
Logan haussa les sourcils et jeta un regard à Veronica. Elle ne changerait pas. Mais contre toute attente, ce geste le fit sourire.
KEITH – Je me suis dit que pour une fois, tu avais peut-être suivi tes sentiments.
Elle pinça ses lèvres dans un demi-sourire.
KEITH – J'aurais juste préféré que ce soit toi qui m'annonces que tu n'avais pas repris ton stage au F.B.I plutôt que ton supérieur qui me demande s'il t'était arrivé quelque chose.
Veronica sourit. Son ton venait de changer, un peu plus autoritaire, juste un peu moins fier. Mais elle avait su lire dans son regard son pardon. Et surtout, surtout, de la fierté.
Pourquoi? Peut-être pour avoir su faire passer ses sentiments avant le reste, pour une fois. Croire en la confiance.
KEITH – Un dernière chose.
LOGAN&VERONICA – Oui?
KEITH – Il est toujours hors de question que tu découches !
Logan rit. Veronica haussa les sourcils et Keith sourit.
LOGAN – Je la mets à la porte passé minuit.
KEITH – Je trouve que c'est un bon deal!
VERONICA – Vous savez que je n'ai toujours pas quitté la pièce n'est-ce pas?
Keith s'était avancé vers elle avec un sourire. Doucement elle s'était glissée dans ses bras, retrouver cette chaleur paternelle lui faisait du bien. Trop de temps passé à se battre, trop de temps passé à se mentir. Quelquefois, le calme avait du bon.
Logan claqua la portière de la voiture et se tourna vers Veronica.
LOGAN – Tu as fait des recherches pour me retrouver?
Veronica, un petit sourire sur les lèvres, tourna la tête vers l'extérieur, feignant d'ignorer la question.
LOGAN – Tu m'as traqué! lança-t-il avec un sourire.
VERONICA – C'est possible.
LOGAN – Elle m'a traqué!
Il alluma le moteur et fila dans la rue principale. Lorsqu'elle tourna les yeux vers lui, elle eut un sourire doux, plein de tendresse.
Neptune Grand Hotel – Neptune
Un bruit sourd le sortit de son sommeil. Il grogna légèrement et se redressa du canapé. Il était encore habillé comme la veille. Il fit la grimace et se dirigea vers la porte. Il se frotta les yeux et de la main droite attrapa la poignée de la porte. En ouvrant, il l'aperçut, un grand sourire aux lèvres. Un petit paquet dont l'odeur lui ouvrit l'appétit.
Elle ne lui laissa pas le temps de prononcer un mot qu'elle se glissait déjà entre la porte et lui, le frôlant.
... - Hello! Allez, on se réveille, j'ai de bonnes nouvelles.
DICK – Heureusement que tu as amené le petit-déjeuner parce que sinon je crois que j'aurais eu des pulsions meurtrières, Mackenzie.
MAC – Allez, fini de faire le grognon. Voilà pour toi.
Assise sur le canapé, elle lui tendit un café et un croissant avec un grand sourire.
Il attrapa ce qu'elle lui tendait et goûta d'abord une gorgée du breuvage chaud qu'elle venait de lui ramener, puis répondit.
DICK – Alors cette nouvelle c'est quoi? J'espère que ça vaut le coup, parce que c'est bien beau de me faire réveiller par une belle femme, mais il faut que ça en vaille la peine!
Mac lui lança un regard, surprise. Avait-il conscience de ce qu'il venait d'avancer? Peu importe, c'était le matin et Dick devait sûrement encore dormir.
MAC – Veronica est rentrée ce matin.
Dick ouvrit les yeux un peu plus grand et l'écouta soudainement attentivement.
DICK – Logan...
MAC – Avec Logan.
Peu à peu le visage de Dick s'illumina et un large sourire prit place sur ses lèvres.
DICK – Alléluia!
MAC – Donc on avait raison.
DICK – Ca veut dire que les mauvais moments sont passés?
MAC – Plus de bagarres, de crises et de dépression.
DICK – Heu... Pour combien de temps au juste?
Elle fit la grimace.
MAC – Tu es chiant Dick, arrête de penser à ce genre de choses.
DICK – T'es marrante toi, toi tu n'as pas l'un des deux comme colloc’ !
Neptune Grand Hotel – Quelques heures plus tard
Veronica déposa un dernier baiser sur les lèvres de Logan et se lova contre lui.
Il l'entoura de ses bras avec un sourire.
VERONICA – Je n'ai pas envie de rentrer.
LOGAN – Reste.
VERONICA – Je dois voir mon père. J'ai promis que je rentrerais ce soir.
LOGAN – Oui je me souviens.
VERONICA – Mais je me sens bien.
Logan la regarda tendrement, glissant ses doigts sur son visage, ramenant une de ses mèches derrière son oreille.
LOGAN – Tu sais...
VERONICA – Mmm...
LOGAN – On pourrait peut-être... Trouver un endroit où l'on serait chez nous?
VERONICA – Tu penses à quoi exactement?
LOGAN – Un appartement, lâcha-t-il en prenant son courage à deux mains.
Veronica sourit, confuse sur l'instant. Il avait l'air sérieux. Elle ne savait pas vraiment comment réagir face à cette demande. Un peu trop de sentiments et d'honnêteté pour ces derniers jours.
VERONICA – Je pensais qu'on devait reprendre à zéro...
LOGAN – Oui, ce serait une sorte de nouveau départ... Pour tous les deux.
VERONICA – Oui.
LOGAN – Et alors qu'est-ce que tu en penses?
VERONICA – Je sais pas...
Elle était perdue, entre l'envie folle de rester avec lui et la peur qui résidait toujours en elle, celle que tout s'effondre et qu'elle se retrouve seule à nouveau.
LOGAN – Ca ne te dit rien.
Elle sentit la tristesse et la déception dans sa voix. Son corps se tendit un peu, et ses yeux perdirent de leur éclat.
VERONICA – C'est juste que je pensais y aller doucement cette fois.
LOGAN – On attend depuis longtemps V, tenta-t-il d'une voix un peu brisée.
VERONICA – Je sais mais...
Il baissa les yeux, la blessure n'était pas cicatrisée. Il tenta de sourire, déposa un baiser sur la joue de la jeune femme.
LOGAN – On devrait en parler plus tard.
Il s'écarta un peu d'elle. Elle le sentit d'un seul coup très loin. Un sentiment de froid l'envahit à nouveau. Se sentir rejetée. Elle accusa le coup, sourit vainement et sortit de la suite.