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Série : Veronica Mars
Création : 16.05.2014 à 20h53
Auteur : alExiaN
Statut : Terminée
« Elle est blonde et piquante juste ce qu'il faut. Mais cette fois-ci, ses manières auront peut-être des conséquences sur sa carrière... » alExiaN
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San Diego, jeudi 22 mai 2014.
Depuis l’intervention, Veronica dormait mal. Elle se montrait irritable. Ryan en faisait les frais. Bon prince, il acceptait ses sautes d’humeur sans rechigner. Elle qui était habituée au mouvement, à l’adrénaline du terrain, se retrouvait cantonnée derrière des étagères de tri et vivait très mal la situation. Tellement mal qu’elle en était réduite à envoyer un e-mail plaintif à sa meilleure amie.
De : [email protected]
Objet : repos forcé !
Hey,
Qui est-ce qui trie des dossiers clos depuis six longs jours ?
C’est moi !
Et pourquoi ?
Uniquement parce que j’ai eu le courage d’entrer dans une supérette pour mettre fin à une prise d’otages !
Ryan m’avait promis que deux jours suffiraient à me rendre mon plumage d’oie blanche… Mais non !
Je ne sais même plus si je veux encore récupérer ce foutu badge…
Quand je n’interviens pas, il y a des morts. Quand j’interviens, on me met à pied…
Je retourne à mes dossiers. Je suis sous surveillance du psy…
A+
V
San Diego, vendredi 23 mai 2014
Huit jours après la prise d’otages. Veronica n’avait toujours pas rencontré le Doc. Elle prenait son mal en patience. Le psy était sur un gros dossier pour le directeur himself. Son rendez-vous n’aurait lieu que dans quelques heures. Déjà, une semaine de mise à pied. Une semaine de paperasses aussi rasantes que neuro-nophage. Une semaine de regards assassins, de silences blessants, de rêves destructeurs que même les bras puissants de Ryan ne pouvaient étouffer. Toujours le même rêve. Toujours la même scène : sa dernière interpellation. Elle avait eu le loisir de revisiter le moment sous toutes les coutures. Elle avait exploré tous les débuts : obéir à Ryan, attendre le SWAT, se la jouer perso, et toutes les fins possibles. Elle avait même envisagé sa propre mort. Tout aurait été plus simple pour tout le monde si elle était morte pendant l’opération. Elle n’aurait pas eu à supporter cette mise à l’écart. Ryan n’aurait plus eu à gérer leur relation personnelle et leur relation professionnelle. Le FBI n’aurait plus à craindre sa présence sur le terrain. Elle avait envisagé cette possibilité une folle seconde. Et pour ne plus y penser, elle buvait. Elle buvait des litres de café pour tenir. Non, Veronica Mars n’est pas le genre de fille qu’on met facilement au placard. Non, Veronica Mars n’est pas le genre de fille à qui on dit ce qu’elle doit faire. Elle et sa caféine allaient leur prouver qu’elle était un élément de choix dans la Maison. Aussi elle s’appliquait à saisir les rapports d’intervention en retard, à classer les vieux dossiers. Rongeant son frein en silence, elle attendait son entrevue avec le psy qui arriverait dans une bonne paire d’heures. Veronica avait rendez-vous avec le psychologue pour un « entretien d’aptitude ». Impatience de reprendre du service, croyant à tort qu’ils avaient passé l’éponge, et regonflée à bloc par l’e-mail de Dick, elle s’était rendue chez le Doc la fleur au fusil qu’elle ne portait plus. Elle s’y était rendue emplie d’impatience et d’arrogance. Comprendre avec ses bons gros sabots d’agent fédéral. Je suis un gentil qui lutte contre le mal, rendez-moi mon arme pour faire disparaître l’injustice. Dick, lui-même, reconnaissait qu’ils seraient dingues de ne pas lui rendre son arme : « Au paradis des fouineurs, tu es la reine. Tu as ça gravé en toi. Va récupérer le droit de faire ce que tu fais sans jamais demander la permission ! »
- Bien, monsieur le Directeur. Vous aurez vos données d’ici la fin du mois. Il me reste une paire de candidats à voir.
La porte du cabinet s’ouvrit avec force. Le Docteur Steele releva les yeux vers l’embrasure. Jeune femme, 25 - 30 ans, blonde, regard dur, tailleur et talons hauts. Il termina sa conversation téléphonique, l’air de rien.
- Il y a de bons éléments dans ce que j’ai vu. Certains me semblent un peu faibles pour ce genre de mission mais vous êtes seul juge. Je vous recontacte dès que j’ai entendu le dernier candidat. Au revoir.
Lentement, il raccrocha le combiné. Elle était toujours là, debout, talons ancrés dans le sol, mains sur les hanches. Il soupira en murmurant un « prévisible » pour lui-même.
- Vous ne savez peut-être pas mais il est de bon ton de frapper à la porte avant d’entrer quelque part.
- Et vous, vous savez qu’il est de bon ton de recevoir à l’heure ses patients.
Un sourire naquit sur le visage du psychologue. Il ajouta à la biographie virtuelle de la jeune femme : sarcastique. Il continua sur le même mode.
- Nous avions rendez-vous, mademoiselle ?
- Agent.
- Ça, c’est à moi d’en décider. Si vous êtes là, c’est qu’ils en doutent.
Veronica esquissa une moue désapprobatrice sans pour autant se taire.
- Agent Mars. Et oui, nous avons rendez-vous.
- A quel propos ?
Il jouait les professionnels débordés par la charge de travail, ce qui n’était pas totalement faux (merci monsieur le Directeur), mais c’était surtout pour faire enrager sa patiente. D’ailleurs, il la vit se poser lourdement sur le fauteuil en cuir bordeau en soupirant.
- Je suis intervenue sur une prise d’otages.
- N’est-ce pas le lot de tout agent de terrain… répondit le Docteur en fouillant dans ses dossiers.
- Apparemment, j’aurais dû attendre le SWAT.
- Pourquoi ne pas les avoir attendus ?
- Parce qu’il y avait la vie d’une gosse en jeu.
- Et vous vous êtes prise pour Wonder-woman et vous avez foncé dans le tas, conclut-il.
Les ongles de Veronica mordirent le cuir. Elle serra les dents. Ne pas lui envoyer son poing dans la figure. Ne pas aggraver son cas. Récupérer son badge et son arme. Pouvoir retourner sur le terrain. Quitter le cauchemar pour redevenir celui des vrais méchants.
- Il y avait eu un coup de feu.
- Un coup de feu, vous m’en direz tant. Vous entendez un coup de feu, vous courez vous jeter devant la balle.
- Je voulais éviter que des civils ne soient touchés. Je pouvais le faire.
- Vous ne vouliez pas de cow-boys supplémentaires sur le terrain.
- Supplémentaires ?
- Parfaitement. Vous ne vouliez personne pour vous faire de l’ombre. Vous vouliez…
Elle en avait assez entendu, et dire qu’elle avait attendu des jours pour voir ce clown, qu’elle avait espéré reprendre son badge. Elle s’était piégée. Ils l’avaient endormie en la faisant mariner dans la paperasserie. Mais là, ça suffisait, elle était réveillée et bien consciente des propos du psy. Et elle ne voulait pas les entendre.
- Vous ne pouvez pas savoir ce que je voulais ! Vous ne me connaissez pas ! Vous n’étiez pas là !
Veronica sortit en claquant la porte. Le Docteur Evan Steele sourit, attrapa une feuille de papier à en-tête et commença son courrier.
Objet : convocation suivi psychologique dans le cadre de l’affaire 201-MHR-LA.
Par la présente, l’agent Veronica Mars se voit dans l’obligation de rencontrer le Docteur Evan Steele, psychologue assermenté du FBI, tous les mardis de 9h à 10h jusqu’à émission d’un contre ordre.
Satisfait, Evan ajouta son pli à la pile du courrier à envoyer.
Veronica claqua la porte du bureau du psy. Elle était très en colère contre le psy, contre elle, contre Dick et ses conseils vaseux. Accaparée par sa fureur, elle ne vit pas Ryan et lui fonça dedans. Il fut plus vif qu’elle, il l’entraina dans les toilettes des hommes.
- Alors ?
- Alors quoi ? cria-t-elle. Tu veux savoir si j’ai récupéré mon badge ? Regarde-moi ! J’ai l’air de quelqu’un qui a récupéré son badge ! Regarde-moi, Ryan !
Ryan obéit. Il la détailla, la fixa. Il la trouva fatiguée, sur les nerfs, mais terriblement belle. Mu par l’instinct, il l’enveloppa de ses bras. Il l’entendit respirer profondément. Exactement comme elle le faisait quand elle était au bord de la panique. Il la laissa se calmer avant de reprendre la parole.
- Je n’avais pas le choix. Tu re…
Veronica s’écarta vivement. Ils avaient déjà eu cette conversation ; le soir-même de sa suspension.
Flashback
Elle était rentrée directement après son entrevue avec le directeur. Elle avait passé ses nerfs en faisant de la pâtisserie. Elle avait fait un colis pour Wallace. Elle venait de se ruiner en expédition de colis à l’international quand Ryan rentra à la maison. Il n’osa pas l’embrasser ni même la toucher. Ryan s’installa au bar et la regarda laver tous les ustensiles de cuisine en silence. Quand elle posa son dernier saladier, il lui parla.
- Je suis désolé.
Le saladier glissa du plan de travail et se brisa au sol.
- Tu es désolé ? ! Tu as choisi de retirer mon insigne ! Tu avais la décision…
Ryan se leva, s’approcha de sa compagne.
- Je n’avais pas le choix. Si je ne l’avais pas fait, les autres auraient pensé que je faisais du favoritisme ! Et puis, Bale te l’a retirée ! Je nous ai protégés !
- Alors c’est ça ? Tu as voulu te protéger ? Protéger ta place ?
Veronica s’énervait de plus belle. Elle lui jeta le torchon à vaisselle au visage. Ryan encaissa. Veronica ne craquait pas souvent. Craquer, c’était montrer sa faiblesse, montrer qu’on a besoin des autres. Quand elle explosait, c’était important. Elle tendait ses petits poings vers lui. Ryan la laissa exprimer sa colère. Veronica le frappa au torse à plusieurs reprises. Il était prêt à supporter les coups si ça lui permettait à surmonter cette suspension.
- J’ai fait ça pour nous protéger nous. Pour protéger notre histoire. On est déjà hors limite en étant ensemble. Cautionner ton action aurait signé notre divorce.
Elle cessa de frapper. Ryan la prit dans ses bras et la serra fort. Quand il fut certain qu’il avait toute son attention, il lui dit l’essentiel.
- Je t’aime et je suis fier de toi. Tu m’as fait peur, je n’ai plus que toi… Tu m’as fait peur mais tu as agi comme il fallait cet après-midi.
Ce soir-là, Veronica avait trouvé ça sain de mettre les choses à plat. Là, maintenant, elle n’avait plus besoin de l’entendre se justifier. Elle avait parfaitement intégré la justesse des décisions de son amant.
- Tu n’avais pas le choix ?! Ryan ! Je n’ai pas besoin de savoir que tu n’avais pas le choix ! J’ai besoin que tu…
- Que je quoi ? Veronica, dis-le moi ! Ça fait des jours que j’essuie tes sautes d’humeur ! Ça fait des jours que je guette un signal ! De quoi as-tu besoin ?
La colère ravivée, Veronica quitta les toilettes et descendit comme une furie jusqu’au gymnase. A cet instant, elle avait besoin de cogner dans un sac de sable.
- Mes sautes d’humeur ! Va te faire foutre Barrows !
Ryan la regarda tristement s’éloigner. Il n’avait pas été très diplomate sur ce coup-là. En même temps, il en avait assez de marcher sur des œufs avec elle. Elle aimait la franchise mais là, c’était trop tôt, apparemment.
- Bulletin météo : la tempête Federal Blondie n’a pas encore pris fin, lança-t-il à son reflet.
- Et alors ? T’as plutôt un bon paratonnerre, mon gars ? répondit le reflet.
Barrows n’osa même pas sourire à sa blague graveleuse. Sans Veronica, ce genre de vanne tombait plutôt à plat.
Bousculer. Esquiver. Frapper. Bousculer, esquiver, frapper. Bousculer, esquiver, frapper. Veronica, vêtue d’un pantalon de survêtement et d’un marcel noir, se répétait inlassablement ce mantra. Elle soliloquait pour ne pas penser, pour ne pas se souvenir des mots du psy. Elle était prête à passer pour une folle qui se parlait à elle-même, mais elle refusait qu’on entre dans sa tête pour lui parler. De l’épaule, elle bouscula le sac de sable. Fort de son quintal, celui-ci oscilla et revint à la charge. Elle esquiva avant de lui planter une série de coups de poing rageurs.
- Tu. Ne. Sais. Pas. Qui. Je. Suis. N’essaie. Pas. D’entrer. Dans. Ma. Tête.
La porte de la salle de sport claqua, mettant un point final à la rage de la blonde. En sueur, elle stoppa le sac. Observa celui qui venait troubler sa tranquillité. Grand, bien bâti.
Veronica vx off : Il n’a pas laissé les donuts des soirées planques prendre le pas sur sa ligne…
Cheveux blonds coupés à la brosse.
Veronica vx off : Marines.
L’empêcheur de frapper en rond quitta ses Docks, enleva sa chemise dévoilant un torse halé et entra sur le tatami.
Veronica vx off : Marines et surfeur.
Sans un mot pour la curieuse, il se lança dans une série d’exercices que Veronica connaissait bien. Elle les pratiquait encore elle-même il y a dix jours. Quand elle s’entraînait encore avec Ryan. Difficile de savoir ce qu’elle ressentait pour lui. Bourreau ou sauveur ? A cet instant, elle collerait bien sa photo sur le sac de sable, surtout après son sketch dans les toilettes.
- Tu ferais bien de t’échauffer si tu ne veux pas que je te fasse mal.
La voix grave, dénuée de sous-entendus (pour une fois) prit Veronica au dépourvu. Lui faire mal. A elle. Comme si c’était possible. Elle avait survécu à tant de choses. Elle s’était entraînée avec les meilleurs du bureau. Quel prétentieux ! Sans mot dire, de peur que sa joie d’avoir un adversaire bien vivant ne la trahisse, elle ôta ses baskets, rajusta son élastique.
- Combat libre ? proposa-t-il en se redressant.
Sur le tatami, elle réalisa combien il est grand. L’homme la dominait quasiment d’une tête et demi. Veronica vx off : Une grande asperge de plus dans les bureaux… Il irait bien avec le psy.
Il se rapprocha pour la saluer. Elle ravisa son jugement. Quelque chose dans sa façon de bouger intime à la prudence.
- Ok ?
Pour seule réponse, elle se mit en garde. Le premier affrontement ne dura pas longtemps. Quelques feintes et esquives, puis pris d’impatience, il passa dans son dos. Il se saisit de la chevelure de l’adversaire. Il la ramena à lui de la main droite, lui faucha les chevilles du pied gauche. Le corps de Veronica tomba dans un bruit mat.
- Un, zéro.
Elle voulut protester mais elle avait accepté le combat libre. Elle avait laissé la porte ouverte à ce genre de bassesse. A elle de s’en protéger. Second assaut. Guère plus long que le premier et avec le même résultat. Troisième. Quatrième. Cinquième assaut et autant de chutes pour Veronica. Elle essuya ses lèvres d’un revers de bras alors qu’il la regarda, navré.
- On arrête là. Je ne voudrais pas te briser…
Veronica vx off : Me briser… Je suis déjà en morceaux.
- Un dernier, rétorqua-t-elle sans savoir ce qu’elle allait pouvoir faire de mieux.
- Comme tu voudras… Mais tu es déjà dans le rouge…
Tous deux se mirent en garde. Elle se prit à l’observer. Elle ne le regarda plus. Elle le scruta avidement. Quelque chose en lui faisait frémir son ventre. Elle laissa de côté ses considérations de midinette. Elle essaya de décrypter la garde de son adversaire. Comment une garde aussi simple pouvait-elle être aussi dangereuse ? Elle s’efforça de calmer son souffle pour mieux analyser la situation, pour trouver la faille. En face ça s’agitait.
- Ce dernier assaut va m’assommer si tu ne te réveilles pas…
Elle ne put retenir un sourire. Bon combattant et taquin avec ça. Impatient, l’homme avança son pied d’appui. L’idée frappa Veronica instantanément. L’action se déroula dans les méandres de son esprit. 1. 2. 3. Mouvement. Elle feinta en direction de son appui. Il la suivit. Il se saisit de son bras pour l’immobiliser d’une clé. Elle se laissa faire. Suivit le mouvement, et rendit la clé impossible. Son dos toucha presque son torse luisant. Avant le contact, elle se laissa tomber de tout son poids et glissa entre les jambes écarts. Rapidement, les positions furent inversées. Elle était dans son dos. Elle bloqua ses bras d’une clé habile et le contraignit à saluer le sol. Le nez dans le tatami, il demanda grâce.
- Je suis réveillé. Je suis réveillé !
- Cinq à un, dit-elle simplement avant de relâcher sa prise.
Il se releva. Ils se saluèrent (martialement) et se présentèrent (socialement).
- Veronica Mars.
- Agent Scello. Lohan G. Scello. On remet ça quand tu veux…
San Diego, lundi 26 mai 2014
- Veronica Mars.
Elle n’avait pas osé mettre l’Agent en préambule. N’était plus certaine de porter le titre longtemps ; surtout si ce scribouillard de psychologue continuait sur cette voie. Lessivée de sa session avec l’étonnant Agent Scello, elle remontait dans les étages.
Veronica vx off : La paperasse n’attend pas !
Au sortir de l’ascenseur, elle se fit bousculer physiquement et psychologiquement.
- Regarde où tu vas, aboya un agent couvert de café. Si tu prends autant garde à tes arrières qu’à tes avants, ça ne m’étonne pas qu’ils te suspendent !
Elle voulut répliquer, se montrer agressive. N’en eut pas le temps.
- On se détend, Sanchez. C’est pas parce que t’as pas tiré ton coup qu’il faut te déchainer sur Mars… C’est pas malin si tu veux qu’elle plaide ta cause auprès de ta femme…
Le dit Sanchez fit volte-face et regarda sans aménité l’homme qui sortait de la cabine le sourire aux lèvres.
- Scello... persifla Sanchez. Un seul mot chargé de ressentiment.
Veronica sourit. Visiblement, elle n’était pas la seule à déclencher ce genre de réaction dans le bureau. Elle se prit à vouloir en savoir plus sur ce nouvel agent. Allait l’inviter à boire un café quand elle réalisa qu’il était déjà loin. Elle esquissa un sourire. Prendrait le temps de se rencarder entre deux classements assommants. En pause, elle s’installa devant son ordinateur et essaya de débusquer le dossier de son adversaire. A l’allumage, l’ordinateur lui signala un nouvel e-mail de Mac. L’ouvrit. Fut déçue de la teneur du message.
De : [email protected]
Objet : RE : RE : repos forcé !
N’écoute surtout pas Dick ! Enfin, si, écoute-le un peu…
Ne fonce pas dans le tas. Sois diplomate et patiente (pour une fois)
Je t’appelle ce soir pour en discuter.
M
Agacée par le ton paternaliste du message, Veronica répondit sèchement et impulsivement.
De : [email protected]
Objet : RE : RE : RE : repos forcé !
Je sais être patiente et diplomate quand il le faut !
Sinon, je ne vois pas comment j’aurais pu faire tomber les Kane !
Je n’ai pas besoin d’entendre que c’est bien fait pour moi, qu’en me montrant gentille on me rendra mes ailes. J’ai besoin d’air et pour ça, je dois récupérer mes ailes.
De toute façon, tu ne peux pas comprendre…
V
PS : pas un mot à mon père.
Veronica allait commencer sa recherche sur Scello quand un bip l’alerta d’une réponse à son mail. Elle pensait que Mac accuserait le coup et la laisserait tranquille. Elle s’était trompée. Vivre avec Dick la rendait encore plus incisive. Cette qualité, d’habitude chère à Veronica, allait lui gâcher sa pause recherche. 26 mai 2014, vous avez un nouveau message affichait l’écran de Veronica. Elle cliqua et se prit une gifle magistrale.
De : [email protected]
Objet : RE : RE : RE : RE : repos forcé !
Ok. Je veux bien te dire que ce sont eux les vilains dans l’histoire si ce que tu as besoin d’entendre.
Mais, Veronica, ne me fuis pas parce que je ne comprends pas (d’ailleurs, je ne comprends pas bien pourquoi je ne peux pas comprendre… un jour, tu m’expliqueras…).
Ne nous rejoue pas ta fuite à Modesto.
A+
Mac
PS : Ma femme a raison ! Et puis, tu sais qu’on te retrouvera ! Encore une fois ! Dick ; )
PPS : Ton père a trop à faire avec les malfrats de Neptune pour vouloir gérer ton attitude de collégienne !
Ainsi, ils s’étaient mis à deux pour la faire plier. Seule contre tous. Encore une fois ? Au comble de la fureur, elle claqua violemment l’écran de son ordinateur. Claquer cet écran, c’était comme leur clouer le bec. Toutefois, un mot résonnait dans son esprit : Modesto. Ne nous rejoue pas Modesto.