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Série : Veronica Mars
Création : 16.05.2014 à 20h53
Auteur : alExiaN
Statut : Terminée
« Elle est blonde et piquante juste ce qu'il faut. Mais cette fois-ci, ses manières auront peut-être des conséquences sur sa carrière... » alExiaN
Cette fanfic compte déjà 73 paragraphes
Une nouvelle pièce de puzzle s’emboitait. Veronica passait du temps avec l’agent Lohan G. Scello parce qu’il était un peu Logan Echolls.
- Voilà pourquoi elle passe tant de temps avec toi… Voilà pourquoi elle te cherche… Ce n’est pas toi. C’est lui.
Ryan remit l’ascenseur en route. Il était sonné. Veronica préférait passer du temps avec un ersatz de Logan Echolls, plutôt que lui, qui était bien vivant et tout aussi dévoué à son bonheur. Il laissa un Scello abasourdi et complètement paumé dans l’ascenseur au niveau du parking.
- De quoi tu parles ? C’est qui Logan Echolls ?
Ryan démarra sa voiture et mit le cap vers le sud. Il avait besoin de rouler. Besoin de rouler pour réfléchir. De son côté, Scello dégaina son smartphone, lança une recherche Google. Il eut besoin de s’appuyer au mur en découvrant la photo du dit Logan Echolls.
Scello vx off : Oh merde…
Il poussa sa recherche plus en avant, lut tout ce que la presse avait pu écrire sur lui et donc par ricochet sur ses liens avec Veronica. Il pirata le Facebook du mort pour croiser les données. Fut étourdi par ce qu’il y découvrit.
Scello vx off : Il a raison. Elle court après un fantôme…
Il mit quelques secondes à comprendre que ce n’était pas sa main qui tremblait mais son téléphone qui vibrait.
SMS de Fédéral Blondie : T’es où ? Je t’attends pour te botter le train !
Trop étourdi par ses découvertes, il déclina l’invitation. Il avait besoin de réfléchir. On le taxait trop souvent d’être instable et irraisonné. Là, il prendrait le temps de comprendre.
Mardi 3 juin 2014, 20 heures
Elle avait de la rage à revendre, presque trois semaines sans battre le pavé. Ses relations tendues avec Mac et le psy ne faisaient qu’alimenter le brasier. Croiser le psy à son étage un jour de non consultation n’avait fait qu’empirer les choses. Elle s’imaginait bien l’envoyer valser à travers le couloir ou mieux l’aplatir sur la moquette de l’étage. Mais elle s’abstint de tout contact physique car Doc Steele avait rendez-vous avec le Directeur. Dieu seul savait pourquoi. Veronica ne prit pas le risque de tout faire capoter. Elle préféra descendre au gymnase rejoindre son punching-ball préféré. IPod vissé sur les oreilles, elle commença ses exercices d’échauffement et de réveil musculaire. « Hit me with your best shot » rythmaient ses sauts à la corde. Quand elle atteignit 100 sauts, elle s’inquiéta de l’absence de Scello. Il n’était peut-être respectueux des commandements hiérarchiques, mais il était ponctuel. Transpirante, elle attrapa son smartphone et envoya un SMS.
SMS de Fédéral Blondie : T’es où ? Je t’attends pour te botter le train !
Elle repartit dans une série de coups de poings dans le sac de sable en attendant un signe de son portable qui ne tarda pas.
Veronica vx off : Il n’est donc pas occupé, sinon, il n’aurait pas répondu si vite.
SMS de Scello : Pas ce soir. Mal au crâne.
Déçue et quelque peu énervée, elle jeta son téléphone dans une poche de son sac de sport et fila au vestiaire en se parlant à elle-même.
- Ce sont les nanas qui ont le privilège de la migraine ! J’espère qu’elle balance aussi bien que moi ta conquête du soir, Scello !
Mardi 3 juin 2014, 20h45
Seul face à son whisky, Lohan G. Scello éteignit sa tablette. Il avait eu raison de refuser l’invitation de Veronica. Maintenant qu’il connaissait pleinement son adversaire, il ne put s’empêcher de noter toutes les ambiguïtés du comportement de la blonde. Sans plus le connaître, elle avait accepté de se fier à lui. Elle avait recherché le contact physique. Tout ça, uniquement, parce qu’il lui rappelait l’ex homme de sa vie. Déboussolé, Lohan avait failli appeler le Docteur Steele pour se confier. Puis il s’était ravisé. Quelque chose le dérangeait. Le timing. Lohan avait rencontré Veronica au moment où elle était la plus vulnérable, au moment où son apparition ne pouvait que lui faire davantage de mal. Et puis, il y avait ce nom qui apparaissait dans leurs dossiers à tous les trois. Scello ne croyait pas aux coïncidences et il n’aimait pas se faire manipuler. Pour en avoir le cœur net, il appela son ancien directeur : Rufus Sorokin.
Scello : Bonsoir Monsieur Sorokin.
Rufus Sorokin : Scello ? Plusieurs mois sans nouvelle et là vous appelez à une heure indécente. Que voulez-vous ?
Scello : Comprendre.
Sorokin : Comprendre ? Comprendre quoi ? Vous avez bu, Scello ?
Scello : J’aimerais bien… Je voudrais comprendre pourquoi vous avez appuyé mon affectation au bureau du Directeur Bale…
Sorokin : Je l’ai fait parce qu’il a la réputation de récupérer toutes les têtes brûlées du métier et de réussir à en faire des bonnes personnes…
Scello : Bien sûr… Et que je croise l’agent Veronica Mars est un fait du pur hasard.
Il y eut un blanc sur la ligne.
Sorokin : Du hasard, non… Je dirai plutôt qu’il s’agit de prédestination…
Scello : ou du machiavélisme de votre part.
Sorokin : Attention, Scello n’oubliez pas ce que j’ai fait pour vous. Je vous ai tiré de situations très périlleuses. Si mes avocats et moi-même comprenons et approuvons vos manières brutales et cavalières, je connais des Directeurs qui ne partagent pas notre avis… Je peux stopper votre carrière et votre avancement d’un simple coup de téléphone… Suis-je assez clair ?
Scello : C’est limpide. Mais ne comptez pas sur moi pour vous aider à la détruire un peu plus.
Sorokin : Oh, mais contentez-vous d’être vous-même… Mademoiselle Mars se chargera du reste toute seule…
Scello raccrocha et envoya son portable contre le mur. A leur première rencontre, il avait eu un faible pour elle. Ensuite, il avait cru quelque chose possible. Elle n’arrêtait pas de le solliciter, elle faisait s’intensifier leurs corps à corps. Maintenant, il était coincé. Elle passait du temps avec lui sans vraiment être avec lui. Que devait-il faire ? Tout arrêter et l’abandonner ? Rester, la bercer d’illusion puis la forcer à reconnaitre la vérité ? Lui qui d’ordinaire décidait de tout au quart de tour se trouvait bien empêtré. Ce furent les mots de Sorokin qui l’aidèrent à trancher : « Oh, mais contentez-vous d’être vous-même… Mademoiselle Mars se chargera du reste toute seule… »
Toute seule. Dans tout ce qu’il avait lu (posts facebookiens, articles de journaux, mails piratés…) et entendu sur Veronica, il avait noté un manque cruel de confiance en les autres chez la belle blonde. Il n’allait pas couper la corde tendue entre eux. Il acceptait de se mettre un peu en danger (taire des infos à un collaborateur le ramenait à ses propres démons) pour peut-être l’empêcher, elle, de couler.
Scello vx off : Vous allez être content Doc, je me mets à penser en équipe !
Mardi 3 juin 2014, 21h10
En rentrant, Veronica s’attendait à trouver une table dressée et un repas chaud dans le four. Au pire, un nouveau post-it et un Tupperware à faire réchauffer sur le bar. Mais rien de tout ça ne l’attendait. Elle trouva un appartement silencieux et vide de toute âme.
Veronica vx off : Sûrement sur le terrain…
Sans plus d’inquiétude, elle alla prendre une douche. Ses exercices l’avaient bien faite transpirer. Ryan n’était pas encore là. Veronica avait tout le loisir de se pomponner pour lui faire bon accueil. Elle se fit couler un bain, mit de la musique, se choisit un ensemble de lingerie fine. Veronica eut le temps de se prélasser maintes fois dans ses bulles. Ryan n’était toujours pas rentré. Vers 21h30, elle sortit du bain, se sécha et commença à se poser des questions. Tout en mettant une pizza à décongeler, elle appela Ryan sur sa ligne personnelle d’abord.
- Vous êtes bien sur le portable de Ryan Barrows, laissez un message…
Veronica raccrocha et composa le numéro professionnel de son amant. Même résultat. Elle envoya un SMS à son remplaçant au sein de l’équipe. La réponse de ce dernier ne la rassura pas. Ryan n’était pas en intervention. Il avait quitté le bureau à 20h. Au comble de l’inquiétude et de la curiosité (où diable Ryan avait-il pu passer), Veronica oublia sa rancœur envers Mac et lui envoya un SMS.
Veronica (portable): Ryan n’est pas rentré à la maison. Il ne répond pas sur son téléphone. Tu l’as vu ?
Mac (portable) : Bonsoir. Oui, je vais bien. Je n’ai pas vu Ryan.
En découvrant la réponse un peu sèche de Mac, Veronica réalisa combien elle avait été présomptueuse. Mac n’était pas du genre à passer l’éponge sur le comportement qu’elle avait eu. Veronica regretta un peu son erreur.
Veronica : Désolée pour mon manque de savoir-vivre et de diplomatie. Je suis vraiment inquiète.
Mac : Dick n’est pas rentré, lui non plus. Peut-être une soirée entre mecs…
Rassurée par le second sms de son amie ; Mac ne lui en voulait pas trop sinon elle ne l’aurait pas rassurée ; Veronica décida de lâcher un peu de lest. Elle déposa quelques éléments sur la table.
Veronica : Le psy me mène la vie dure, il remue ma fange. Je pensais pas que ça me ferait autant de mal.
Mac : Ne le laisse pas faire, alors !
Veronica : Je ne sais pas si j’arriverais à passer au-dessus de tout ça, cette fois.
Mac : Tu as chaque fois réussi à trouver une raison d’avancer. Tu trouveras aussi cette fois.
Veronica : Ryan…
Mac : J’active le traceur GPS de son téléphone.
Veronica : Non. Ryan, c’est lui mon moteur. Je pense… Je n’ai pas été aussi bien avec quelqu’un depuis…
Elle essuya les larmes qui commençaient à se former. Quand le portable vibra de nouveau, elle s’accrocha à lui comme à une bouée.
Ryan (portable) : Désolé de ne pas t’avoir prévenue: Dick m’a kidnappé en sortant du boulot pour aller boire un pot...On part de Tijuana… Je serai là dans une demi-heure. Attends-moi…
Veronica sourit en découvrant le SMS. Elle s’était inquiétée pour rien. Il rentrait bientôt et il voulait qu’elle l’attende. Elle rassura Mac et fila enfiler sa plus belle nuisette. Tant pis si on voyait quelques-uns des bleus, traces de ses sessions de close-combats. Ce soir, elle voulait aimer.
Veronica : N’active pas le GPS. Nos hommes sont ensemble. Ils reviennent de Tijuana. Certainement un truc de mecs à fêter… Merci Mac…
Mac : Toujours un plaisir de te botter les fesses, Mars.
Tijuana, MEXIQUE, mardi 3 juin 2014, vers 21 heures.
Il avait roulé tambour battant depuis San Diego. Les vitres ouvertes pour que l’air et le sable des bas-côtés s’engouffrent dans l’habitacle, pour qu’il ait une raison d’avoir les yeux humides. Ryan n’arrivait pas à éprouver de la colère face à ce qu’il venait de découvrir. Sa femme préférait la compagnie d’un sosie d’ex-petit-ami plutôt que la sienne. Avouer que ça rendrait n’importe quel mec fou. Mais lui, non. Les larmes de Ryan étaient pour Veronica. Assis au bar, depuis bientôt cinq heures, il pleurait sur l’incapacité de sa compagne à communiquer, à demander de l’aide. Il mit un mouchoir sur les problèmes de communication de son couple et appela Dick. Il y avait plus urgent à régler.
- Dick, je suis à Tijuana. Rejoins-moi. Non, ce n’est pas pour faire la fête. C’est Veronica.
Il raccrocha. Une demi-heure plus tard, ils étaient deux accoudés au zinc.
- Veronica s’entraine quotidiennement avec un mec…
- Oh la ! Tu m’as fait quitter ma splendide épouse pour me parler d’une impossible histoire de cul entre Ronnie et un autre agent ?
Ryan faillit s’emporter mais il se contenta de glisser son téléphone affichant le portrait de Lohan G. Scello sous les yeux de Dick.
- C’est quoi ce truc !?
- Ce truc, c’est l’agent spécial Lohan G. Scello. Et Veronica s’est empressée de faire copain-copain avec lui depuis que je lui ai repris son insigne, cracha-t-il amer.
Dick resta quelques minutes à fixer le téléphone. Il l’approchait et l’éloignait de son visage comme pour vérifier la justesse de ses yeux. Finalement, il retourna l’appareil pour ne plus le voir. C’était toujours difficile d’être confronté au reflet de son ami.
- Attends, déjà, on est tous d’accord, Veronica comprise, que tu as eu raison de lui prendre son insigne. Vous êtes déjà hors limite en couchant ensemble. Tu ne pouvais pas laisser passer son numéro de cow-boy. Tu as bien fait. Pour vous deux.
- Je n’en suis plus si sûr, Dick… Je suis en train de la perdre… Elle le cherche lui…
Ryan fixait Dick. Il le suppliait de lui dire le contraire. Il aimerait tellement l’entendre nier ce qu’il pressentait.
- Je ne vais pas te mentir. C’est vrai qu’en ce moment, elle doit chercher Logan. Ronnie a toujours été la championne pour se mettre dans des situations dangereuses, compliquées, appelle-les comme tu veux… A chaque fois, elle refusait notre aide…
- Elle refuse toujours, le coupa Ryan.
- Mais le seul qui n’écoutait jamais cette tête de mule, c’était lui. C’était Logan. Alors, là, elle le cherche. Elle cherche celui qui sera son valeureux chevalier… ajouta Dick d’une voix tremblante d’émotion.
Ryan soupira et avala d’un trait sa tequila.
- Sur cette affaire, tu es hors-jeu, mais j’aurais tendance à dire que c’est ton rôle maintenant de la secourir…
- Donc, puisque je suis hors-jeu, elle cherche Logan… conclut Ryan qui commençait à comprendre.
- C’est ça. Et comme aujourd’hui, il n’est plus là, elle se rabat sur cette copie de Logan qui arrive à point nommé…
Dick jeta un nouveau regard à la photo de Scello. Il secoua la tête bouleversé par l’émotion.
Dick vx off : Tu dois être sacrément perturbée par ton psy si tu ne reconnais pas son sosie, V…
Puis il abandonna le portable sur le bar et se tut. Il avait parlé longtemps. Il but sa bière et rota bruyamment.
- Ah, ça fait du bien !
Ryan explosa de rire. C’était tout Dick, ça. Il vous tenait les propos les plus sérieux du monde et finissait par vous roter au nez.
- Elle t’aime, Ryan. N’en doute pas. Je ne pensais pas qu’elle retomberait amoureuse après tout ça mais tu l’as sauvée. Alors, ne doute pas d’elle.
Dick abandonna quelques dollars sur le comptoir, prit Ryan par l’épaule.
- Rentrons. On va voir comment sauver Fédéral Blondie sans qu’elle s’en rende compte…
Jeudi 5 juin 2014
Le docteur Evan Steele était monté dans le bureau du Directeur avec tous les dossiers d’agents sélectionnés pour le projet Agent Traqueur Fédéral. Il avait vu la totalité des candidats et en avait retenu un seul.
- Un seul agent retenu, s’étonna le directeur Bale en soupesant le dossier du dit candidat.
- Les compétences requises sont rares : discrétion et filature, tir longue distance et combat rapprochée, forte capacité d’analyse et prise de décision rapide… Ma liste est non exhaustive. En plus, je me devais de déterminer si la prise de décision rapide n’était pas trop rapide et ne frisait pas avec l’inconscience ! Vous recherchez des agents qualifiés et non des têtes brûlées.
Le troisième homme de la réunion écoutait le psychologue énoncer les difficultés qu’il avait eues à sélectionner le candidat.
- Vous nous avez donc trouvé la perle rare, docteur, finit-il par dire en refermant la copie du dossier Scello.
- L’agent Scello, de par son passé de SEAL, a toutes les compétences en matière de combat et de tirs, mais aussi dans le domaine de l’analyse. En ce qui concerne la prise de décision, il m’a fallu plusieurs séances avec lui pour confirmer qu’il n’était plus la tête brûlée qui s’est faite renvoyer de chacune de ses unités.
- Très bien. J’ai un agent ! Sauf que je vous avais expressément demandé une équipe. Un duo mixte. Même un homme de bureau comme vous sait que sur le terrain, il faut toujours avoir quelqu’un qui surveille nos arrières.
Steele laissa passer l’orage. Ce n’était pas la première fois qu’on lui rappelait son inexpérience du terrain. Quelle ironie quand on y pensait. Il était censé accorder aux agents le droit d’aller sur le terrain – réalité qu’il ne connaissait peu.
- Il y a bien un agent auquel je pense mais il ne figure pas dans votre liste… Et il a été mis aux archives par Monsieur le Directeur Bale.
Le directeur Bale qui jusque là ne faisait qu’arbitrer les échanges prit la parole.
- Vous ne pensez pas à l’agent Mars ?!
Pour toute réponse, le docteur Steele regarda la moquette. Le directeur Kornell qui ne connaissait rien du dossier Mars demanda au psychologue de tester ledit agent et de lui transmettre ses conclusions au plus tôt. Le directeur Kornell voulait que son unité ATF soit opérationnelle au début de l’été. Le Directeur Bale commençait à regretter l’affectation de Scello dans ses services. Il avait vu immédiatement le mal qu’il pouvait faire à sa petite protégée. Il avait pensé tenir la parade en inscrivant Scello sur la liste des candidats à l’ATF. Voilà que le psy voulait les réunir.
Jeudi 5 juin 2014
Ils étaient partis chacun de leur côté ce matin. Ils n’avaient pas réussi à se voir au petit déjeuner, heureusement, sinon Ryan aurait donné une suite à leur folle nuit d’amour. Guilleret, il croisa sa belle à la machine à café.
- Hey…
- Bonjour, mademoiselle Mars… ça tombe bien, je voulais te parler… Je comptais le faire hier mais tu ne m’en as pas laissé l’occasion…
Elle rougit en repensant à l’accueil qu’elle lui avait réservé hier soir. Elle avait tellement eu peur de le perdre qu’elle lui avait l’amour comme une morte de faim.
- Moi aussi, j’ai des choses à te dire…
- Les dames d’abord…
- J’ai réfléchi… Je ne sais pas si je vais continuer à me battre pour mon insigne… Je vais tout raconter à mon père et reprendre du service à Neptune…
Le sang de Barrows ne fit qu’un tour. Il pensait à tout sauf à cette annonce. En regardant Veronica, il constata qu’elle semblait aussi surprise que lui par ses mots. Comme pour jeter de l’huile sur le feu, le Docteur Steele pénétra dans le couloir. Il sortait du bureau du directeur Bale.
- Je n’arrive pas à discuter avec lui… couina-t-elle en apercevant le Doc.
Sentant son trouble, Barrows entraina Veronica dans les toilettes à l’abri des regards. Dans la manœuvre, Ryan remarqua Scello appuyé contre la machine à café. Il avait l’air peiné pour Veronica.
Barrows vx off : Ah non, il va pas pousser le mimétisme jusque là ! C’est pas son job de se soucier d’elle !
Barrow et Mars venaient de disparaître dans les toilettes. Steele sortait du bureau du Directeur Bale. Il allait rejoindre son sanctuaire. S’il voulait lui parler sans se prendre la tête, c’était avant qu’il atteigne l’ascenseur. Scello se mit en mouvement. Observations, prise de décision rapide, des réflexes de SEAL.
- Docteur, je peux vous parler…
Le psychologue marqua un temps d’arrêt dans le couloir.
Steele vx off : Et allez, encore une consultation hors cabinet !
- Agent Scello, que puis-je pour vous ?
- C’est plutôt qu’est-ce que je peux pour vous…
- Je vous demande pardon ?
- L’agent Mars… Je…
- Vous, rien du tout ! Ne vous mêlez pas de mes consultations avec vos collègues ! Ce qu’il se passe dans mon bureau reste dans mon bureau. Quoi que vous puissiez me dire n’y changera rien.
Scello eut une grimace à l’égard du psy et s’éloigna en marmonnant.
Scello vx off : Quel con !
En remontant dans son bureau, Steele demanda à sa secrétaire de lui ressortir le dossier Mars. Inconsciemment, il était jaloux. Jaloux de Scello qui pensait avoir des informations que lui n’aurait pas pu voir ou obtenir. En feuilletant à nouveau le dossier, Steele se demanda :
- Qu’est-ce que ce fichu ex SEAL a trouvé ?
Intérieurement, Evan Steele espérait que ce quelque chose ne nuirait pas aux ambitions qu’il avait pour l’agent Mars.
Dans les toilettes des dames
- Il s’amuse à remuer le passé mais ne me parle jamais de l’intervention que tu as signalée…
Barrows ne prit pas pour lui la remarque de Veronica. L’ennemi, si il y avait ennemi, c’était Steele.
- Ne le laisse pas en parler. Attaque-le. Je sais que tu n’aimes pas ça, mais monopolise la parole. Raconte-lui l’intervention. Explique-lui pourquoi, comment tu as agi… Après, il ne pourra que voir que tu as agi au mieux pour les otages…
- Tu le penses vraiment ? bafouilla Veronica les yeux brillants.
Ryan prit le visage de Veronica entre ses mains, et lui répéta :
- Tu as agi au mieux pour les otages. Tu n'es pas une tête brûlée.
La veille avec Dick, ils avaient longtemps discuté sur la manière d’aider Veronica sans le lui montrer. Ensemble, ils avaient décidé de lui prouver leur confiance. Pour Ryan, cela passait par cet aveu de faiblesse dans son commandement.
- Tu as su trouver la bonne façon d’agir et j’ai été sourd. Tu as agi au mieux, Veronica.
Ryan l’enlaça tendrement et ajouta :
- Maintenant, il faut que tu t’assures que Steele comprenne… Va lui botter les fesses, Mars !
Veronica répondit à son baiser avant de repartir travailler l’esprit un peu plus tranquille. Ryan la regarda s’éloigner en esquissant un sourire. Il n’y avait qu’elle pour le faire entrer dans les toilettes pour dames.
Ryan vx off : La balle est dans ton camp, Mars… A toi de te jouer du psy…
San Diego, Vendredi 6 juin 2014
Toutes ses longues journées passées à écouter, à analyser les agents fédéraux ou les fous tordus accusés des pires horreurs comme des pires bêtises, il était prêt à les endurer rien que pour le plaisir de ses vendredis matins. Il était prêt à demander sa mutation dans un cabinet privé quand on lui avait apporté ce dossier il y avait trois semaines. Un dossier apparemment anodin : un agent de terrain qui intervenait sans l’aval de son supérieur. Un dossier qu’il avait failli donner à une stagiaire. Il y avait eu erreur dans le planning, l’agent avait déboulé avec ses gros sabots et avait pesté contre ses supérieurs. Elle, puisque c’était une femme, espérait effrayer le psychologue du département avec ses airs de durs et lui faire signer le papier vite fait. Oui, mais… le docteur Evans Steele ne mangeait pas de ce pain-là. Et puis elle s’était outrageusement sûre d’elle. Au début, il voulait seulement lui rappeler qui commandait dans cette aile du bâtiment. A présent, le docteur Steele voulait comprendre. Comprendre pourquoi un agent avec autant de références n’arrivait pas à maitriser ses nerfs face à lui. Il relisait encore ses notes avant l’arrivée de sa patiente. C’était inutile, il les connaissait par cœur, et il n’arrivait rien à en tirer. Cela l’énervait copieusement, surtout que depuis quelques jours, un agent pas réputé pour sa finesse semblait en savoir plus que lui. La porte du bureau s’ouvrit sur l’agent Mars en tailleur pantalon et escarpins.
- Bonjour Doc…
Le docteur Steele sursauta. Elle ne lui avait jamais témoigné la moindre politesse.
- Bonjour agent Mars.
Un sourire traversa le regard de la patiente. Le doc ne le rata pas.
- Quelque chose vous fait rire ou est-ce une nouvelle façon de vous jouer de moi ?
- Ni l’un ni l’autre. C’est plutôt de l’amertume…
- Pourquoi seriez-vous amère ?
- Allons, Doc, vous n’avez pas une petite idée ? Cela fait trois semaines que vous me donnez du « mademoiselle » et là, je vous surprends à m’appeler « agent ». Il y a de quoi être amer. Quand je mérite le titre, je ne l’ai pas. Quand je n’en veux plus, vous me le donnez.
Steele ne savait pas quoi répondre. Pour une fois, elle semblait sincère. Cette femme c’était le feu et la glace, le nord et le sud, l’hiver et l’été, en même temps. Quand le doc pensait tenir une piste (la vérité est l’inverse de ce que la patiente dit), elle lui prouvait le contraire. Il en avait assez de potasser leurs entrevues comme un débutant. Se décida à l’attaquer de front, surtout que le Directeur Kornell lui mettait la pression pour boucler la constitution de l’ATF.
- Pardon… Vous plaisantez, Veronica ?
Veronica battit des paupières. On lui avait conseillé d’attaquer. Elle mettait en jeu toutes ses cartes.
- Et dire qu’on doit vous faire confiance quand on n’a pas de polygraphe…
- C’est vous qui osez parler de confiance… C’est risible de la part d’une personne qui sait si peu faire confiance.
- Faire confiance… tss… Tss…
- Oui Veronica, c’est cela qu’on vous reproche dans cette affaire. C’est pour cela que vous venez me voir… Vous avez appréhendé un suspect en prenant beaucoup trop de risques alors que le commando de snipers arrivait…
- Qui me garantissait qu’il serait opérationnel à temps ?
- Qui vous garantissait d’en sortir vivante ?
Veronica ouvrit sa bouche soulignée de rouge. Elle avait vraiment sorti tous ses atouts pour récupérer son insigne, parce que quoi qu’elle ait dit au psy, elle le voulait son badge. Ryan lui avait réaffirmé sa confiance. Cela lui suffisait pour réclamer son insigne.
- Moi.
Le docteur Evan Steele secoua la tête, désolé par la folie de sa patiente et par ce que celle-ci impliquait. Il ne pourrait jamais la proposer à l’ATF.
- Agent Mars…
- Tiens, ce n’est plus Veronica ? J’ai dit une bêtise ?
Elle jouait les ingénues, c’était tellement plus facile que de s’avouer la vérité.
- Agent Mars, je n’arrive pas à me décider… Êtes-vous…
Il commença à égrainer les possibilités et à les pointer sur ses doigts.
- D’une arrogance sans borne, d’une stupidité sans nom ou n’avez-vous simplement aucun respect pour la vie ? La dernière proposition semble convenir compte tenu du sort de votre dernier suspect.
Steele insista sur « suspect ».
- Qu’est-ce que je dois faire ? Cocher la bonne réponse ? A moins qu’il y en ait plus d’une ?
- Votre avenir au sein du F.B.I dépend beaucoup de la réponse que je donnerai à l’interrogation de vos supérieurs.
Veronica s’était enfoncée sur son siège et avait roulé des yeux.
- Car c’est bien ce que vous souhaitez, agent Mars… Vous n’avez pas envie de quitter la famille du F.B.I…
Veronica se faisait encore plus petite dans son fauteuil. Elle était entrée dans le bureau forte de ses résolutions et des encouragements de Ryan. A cet instant, Steele appuyait où ça faisait mal, très mal.
- Vous ne voulez pas perdre la dernière …
Elle se braqua instantanément.
- Non, docteur Steele, n’allez pas par là. N’allez. Pas. Par. Là.
Elle répéta avec force ces mots comme pour dresser une armure autour d’elle. Elle quitta le bureau après ça.
Veronica vx off : Pardon, Ryan, mais je n’ai pas réussi…