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Série : Veronica Mars
Création : 16.05.2014 à 20h53
Auteur : alExiaN
Statut : Terminée
« Elle est blonde et piquante juste ce qu'il faut. Mais cette fois-ci, ses manières auront peut-être des conséquences sur sa carrière... » alExiaN
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En pilote automatique, elle rejoignit son vestiaire et cessa sa mascarade. Elle redevint elle : jeans & derbies. La porte de sa voiture claqua. Elle la frappa de nouveau, de rage cette fois-ci. Pourquoi avait-elle le cerveau à l’envers quand elle sortait de son bureau ? Pourquoi arrivait-il à entamer sa carapace aussi facilement ? Pourquoi n’avait-elle pas réussi à l’acculer, à l’attaquer comme elle savait le faire dans la salle d’interrogatoire ?
- ça va ?
Veronica vx off : Pas maintenant…
Elle chassa les larmes de colère qui menaçaient et essaya de paraître calme.
- Oui. Oui… Pourquoi ça n’irait pas ?
Elle releva les yeux vers lui. Elle n’aurait pas dû. Voir ce sourire bienveillant rompit ses barrières.
- Hein, pourquoi ça n’irait pas ? … Peut-être parce que la moitié du bureau me voit comme une dingue qui tire sur tout ce qui bouge à cause de ce con de psy !
Elle chassa une larme et reprit.
- Cet abruti de psy qui s’éclate à remuer la merde de mon existence… C’est pas compliqué de signer un certificat d’aptitude ! Pourquoi il me cherche comme ça ? Pourquoi j’arrive pas à me défendre, à me protéger ? Hein, tu veux bien me dire…
Le témoin de cette scène surréaliste de lâcher-prise s’approcha de Veronica et la prit dans ses bras. Serra fort, à lui en faire mal. Mal au point de justifier les larmes. Là, elle accepta de pleurer, de partager l’étreinte. Ils restèrent silencieux une minute.
- Merci, bégaya-t-elle en relevant les yeux.
- C’est rien… Suis-moi… J’ai une surprise…
- Un poney ?
Scello lui sourit avant de lui attraper la main. C’était bien elle, ça. Accepter d’être fragile mais pas trop longtemps. Ça nuisait à son image. Il l’emmena sur la plage.
- Tu as toujours su ce qu’il fallait faire pour me calmer…lâcha Veronica en se tournant vers Scello.
Leurs visages étaient très proches. Trop proches. Veronica n’y tenant plus, se pencha pour l’embrasser. Avant que leurs lèvres se touchent, Scello souffla :
- Je ne suis pas Logan…
- Pardon ?
- Je ne suis pas Logan.
Veronica mit quelques secondes à intégrer et analyser l’information. Lohan, Logan, à une lettre près… Et puis c’était vrai qu’il y avait une certaine ressemblance physique, elle se trouva fort idiote de ne pas l’avoir vu plus tôt. Mais plus important que cela, Lohan savait ce que Logan avait été pour elle. Elle se raidit. Peu de personne ici connaissait son histoire : Ryan et le directeur Bale. Soit Lohan avait fouillé son passé. Soit il avait été envoyé pour la trouver et la blesser… Elle voulait savoir… Elle devait savoir.
- Comment ?
- Ryan.
- Quoi, Ryan ?
Elle perdait pied. Ne comprenait pas où il voulait en venir. Elle en oublia le pourquoi et se concentra sur le comment Lohan connaissait Logan.
- Il m’a chopé un soir et m’a dit que je lui ressemblais.
Scello était prêt à tout lui dire : sa conversation avec Ryan, ses recherches, le rôle de Sorokin dans leur rencontre… Mais quand il avait vu Veronica pâlir à la mention de Logan, il se ravisa. En lui disant tout, il craignait qu’elle perde complètement pied et qu’elle se mette encore en danger. Faire cela, c’était accepté de jouer le jeu de Sorokin. Et ça, Scello s’y refusait. Il n’était pas un pantin.
***
- Il m’a chopé un soir et m’a dit que je lui ressemblais.
Veronica allait s’emporter quand une énorme vague vint lui lécher les pieds. Elle y vit un signe. Cette fois-ci, c’était bien Logan qui lui suggérait de se calmer. La pression chuta d’un coup. Ils avaient tous essayés de l’empêcher de s’autodétruire. Elle n’avait rien compris. Ils avaient tous cherchés à l’aider à surmonter cette épreuve. Elle les avait tous repoussé. En pleurs et sans un regard supplémentaire pour Scello (de peur de succomber cette fois-ci), Veronica quitta la plage. Elle allait rejoindre la seule personne qui comprendrait que son fantôme la hante encore, la seule personne qui pourrait et voudrait encore lui botter les fesses : Dick.
Samedi 7 juin 2014
Veronica laissa une note sur le bar avant de partir réveiller Dick. « Moi aussi, j’ai droit à mes sorties avec Dick. Je l’emmène surfer… A ce soir » Un café à la main et un paquet de marshmallows sous le bras, Veronica sonna chez McDick’s. Le grand blond encore tout ensommeillé lui ouvrit.
- Oh ! Livraison de café à domicile ! dit-il en prenant le gobelet fumant des mains de Veronica.
Il en but une gorgée avant d’interroger la miss.
- Que puis-je pour toi ?
- Me botter le train…
Suffisamment réveillé pour entendre l’appel au secours, Dick prit les choses en main. Il disparut une poignée de minutes et reparut sur le seuil, prêt à s’occuper de Fédéral Blondie. Il la mena jusqu’à la plage. Dick ne connaissait pas de meilleur endroit pour parler. Et pour Veronica, la plage semblait être le mieux pour la secouer. Un endroit vaste pour extérioriser la colère. Quand il coupa le moteur, Veronica n’osa pas descendre, elle préféra s’accrocher à son paquet de marshmallows. Cette plage. Leur plage. A croire que Logan s’amusait à lui coller aux baskets. Depuis qu’elle avait pris conscience de sa « recherche de son preux chevalier », elle voyait partout des allusions à leur histoire.
- Pourquoi tu m’as emmené ici ? demanda-t-elle sur la défensive.
Elle n’était plus si sûre que Dick soit la personne idéale pour lui botter le train. Après tout, lui aussi, devait souffrir de son absence.
- Parce que je sais que tu penses à lui en ce moment…
- à lui ? fit-elle innocemment.
- à Logan, consentit-il à ajouter en roulant des yeux.
Elle voulait jouer à la gourde, attention, il était maître dans cet art.
- Comment ?
- Comment je sais ? Je pourrais te dire que Dick sait toujours tout mais ce serait mentir. C’est plutôt ton domaine de tout savoir. Je m’étonne donc que tu ne saches pas comment je sais…
- Dick…
Satisfait de l’effet produit par ses divagations, il lui expliqua sa soirée avec Ryan à Tijuana. Il lui mit des photos de Logan et de Scello entre les mains. Leurs similitudes lui sauta à nouveau aux yeux.
Veronica vx off : Comment, j’ai fait pour passer à côté de ça ! Une idée, doc Steele…
Dick lui remit les pendules à l’heure comme il l’avait déjà fait avec Ryan.
- C’est à croire que je vais devenir horloger !
Veronica lui sourit.
- Ok, tu es un marshmallow, lança-t-il en désignant le paquet de sucreries qui lui servait de bouée de sauvetage, mais tu n’es pas que ça ! Tu es la plus grande casse-pieds au monde ! Tu es un vrai pitbull ! Tu ne renonces jamais ! Tu obtiens toujours ce que tu veux ! La preuve, j’ai abandonné Mac pour passer la matinée avec toi !
- J’ai tout essayé, Dick… Je n’y arrive pas avec ce psy… Je n’ai plus cette force… Je crois que je l’ai perdue en le perdant lui… J’ai vraiment tout essayé…
- J’ai tout essayé…geignit-il en prenant une voix haut perchée.
Veronica ne s’offusqua pas de l’imitation ratée. Elle en perdit plutôt ses couleurs. Elle était vraiment devenue une pleurnicheuse ? Avait-elle définitivement renoncé à se battre ?
- Ne renonce pas ! Ce sont les lâches qui abandonnent ! Tu ne vas pas sauter du toit ?
Elle blêmit davantage en entendant Dick évoquer cette triste soirée. Lui aussi avait eu son lot de tragédies mais lui, il en parlait avec une facilité déconcertante.
- Ne te laisse pas endormir par le jargon psychotruc ! Il veut connaître Veronica Mars ? Eh bien, déballe tout !
- Je pourrai jamais… Je n’aurai pas…
- Pas la force ? Arrête ! Tu as eu la force de traverser bien pire ! Tu veux que je te dresse la liste ?
Veronica n’osait pas lui répondre. Elle avait peur des mots. Elle avait peur d’avouer sa faiblesse, peur de lui avouer que quelques heures plus tôt, elle avait failli succomber au baiser d’un ersatz de Logan Echolls uniquement pour se sentir protéger comme avant…
- Veronica, quand tu as pris ce job, au départ c’était pour faire payer les assassins de Logan. Ils ont payé ; puis, tu es passée à autre chose. Tu t’es remise à vivre, à aimer… Mais là, une simple mise à l’écart, et tu pètes les plombs ? Tu as eu peur que Ryan t’abandonne alors que ce n’est pas le genre du bonhomme ? Tu as cherché ton preux chevalier pour te secourir… Mais LOGAN EST MORT ! Malgré leurs ressemblances, ce n’est pas lui ! Lohan G Scello ne te sauvera pas ! Eloigne-toi de lui avant de te brûler les ailes. Aujourd’hui, il n’y a que toi qui peux te sauver, Ronnie. Tu dois affronter ce psy. Arrête de te noyer dans le pus ! Ouvre la plaie, assainie tout et referme !
Pour clore sa tirade, il l’attira à lui. Il posa son menton sur son crâne. Et là, maintenant, qu’il était certain qu’elle ne verrait pas ses larmes, il ajouta :
- Il m’a fallu du temps avant de réaliser que c’était la meilleure chose à faire pour vivre avec toutes mes tragédies. Je ne te laisserai pas te perdre… Pour une fois, écoute-moi…
Veronica resta un moment nichée au creux des bras de Dick. Elle resta le temps nécessaire pour accepter les conseils de son ami et aussi pour lui laisser le temps de se recomposer un visage de surfeur déluré.
- Allez, viens, allons surfer ! dit-elle en lui prenant la main.
- Allez, viens, allons surfer ! dit-elle en lui prenant la main.
Dick sourit. C’était exactement ce qu’ils avaient fait quand il lui avait remis les pendules à l’heure autrefois.
flashback
Elle était rentrée depuis plusieurs mois. Elle errait toute la journée dans Neptune. Elle n’arrivait plus à avancer. Elle n’avait plus d’objectif maintenant qu’ils avaient payé. Lors de sa croisade, Veronica avait tenu le coup. Elle survivait portée par la vengeance. Maintenant que l’assassin de Logan et les principaux commanditaires étaient sous les verrous, elle laissait doucement couler. Ses proches n’y pouvaient rien. Seule sur la plage, ce matin-là, elle pleurait devant les photos de Logan quand une main se posa sur son épaule.
- Ça va ? lui demanda Dick.
Veronica le regarda les yeux embués et lui répondit.
- Pas vraiment, Dick… Je ne sais plus comment faire… J’en ai assez de pleurer mais je me noie un peu plus chaque jour…
Dick s’assit à ses côtés, la prit par les épaules.
- Je ne vais pas te dire que c’est facile pour moi… Tu sais ce qu’il était pour moi…
- Mais toi, tu n’as pas à vivre avec le sentiment d’avoir placé un canon sur sa tempe… Si je n’avais pas fouiné…
Dick lui saisit le visage.
- Arrête ça… Arrête de croire que tu es responsable de sa mort…
- J’aimerais mais dès que je regarde ses photos, je vois la vie qu’on aurait pu avoir…
- Alors arrête de les regarder ! Appelle le FBI, va arrêter des méchants ! ça, c’est la vie que tu dois avoir !
Dick attrapa les photos et en fit des confettis.
- Tu n’as pas besoin d’images pour te souvenir de lui. Ses photos ne sont pas des bouées, elles ne font que t’attirer plus vers le fond… Il est temps que tu maitrises les flots, Veronica… Allez, viens surfer avec moi…
Veronica prit sa première leçon de surf très au sérieux. Ce jour- là, Dick lui avait ouvert la voie vers un nouveau chapitre. Elle appela l’agent Bale du FBI pour savoir où en était l’avancement de son dossier personnel.
Lundi 9 juin 2014 :
Veronica s’était levée de bonne heure. Elle voulait prendre le temps de se préparer. Physiquement.
Veronica vx off : Fini les tenues aguicheuses, Doc !
Et psychologiquement. Ryan l’avait entendu soliloquer devant le miroir de la salle de bains. Il s’en était inquiété.
Barrows vx off : Voilà qu’elle parle seule…
En prêtant une oreille plus attentive, il comprit qu’elle répétait son grand numéro devant le psy. Il écouta silencieusement. Veronica ne redéballerait pas tout de sitôt. A présent, Veronica était prête. Elle pourrait tout raconter sans se laisser submerger par l’émotion. Le psy pouvait aller gratter dans tous les recoins de sa tête. Elle était, enfin, prête à faire le ménage. A nettoyer le pus, comme avait dit Dick sur la plage. Il était 8 heures moins le quart quand elle fila affronter le psy. Avant de partir au front, elle laissa un mot sur le bar.
« Je suis partie récupérer mon insigne. Pour de vrai, cette fois ! J’espère. Love. V »
Elle n’était pas sagement restée dans le hall à l’attendre. Non. Fidèle à ses vieux démons, Veronica avait crocheté la serrure et s’était installée dans le fauteuil du Docteur. Elle comptait sur l’effet de surprise pour lui débiter sa tirade. Elle se composa une poker face quand elle entendit le Docteur se parler à lui-même.
- J’étais certain d’avoir fermé… C’est…
Le docteur Evan Steele jeta les clés sur son bureau, enleva sa veste quand soudain ses gestes ralentirent. Il venait de réaliser.
- C’est quoi, ce cirque ?! finit-il par cracher au visage de Veronica.
Elle se contenta de lui sourire. Elle était ravie, la surprise faisait perdre un peu de sa froideur au personnage.
- Ce n’est pas l’heure de votre consultation ! ajouta-t-il pour faire bonne mesure.
- Ça tombe bien, je n’ai pas l’intention de vous écouter…
La bouche de Steele forma un « o ». Il pensait avoir mis à mal la belle assurance de Veronica lors de leur dernière entrevue mais visiblement, elle avait plus de ressources qu’il ne le pressentait.
- Vous allez m’écouter et après, vous verrez que vous pouvez me faire confiance et me signer mon sésame.
- Vous faire confiance… Vous ne savez même pas ce que…
- Tut, tut ! Aujourd’hui, c’est moi qui parle, Doc. Vous avez déjà épuisé toutes vos cartouches.
Elle le dénombra sur ses doigts.
- Intimidation à la première séance. Culpabilité à la seconde. Solitude imminente à la dernière. Maintenant, vous allez écouter pourquoi tout ceci ne fonctionne pas avec moi.
Evan Steele, captivé par le discours, s’assit.
- Je vous donne les infos. A vous de trier, classer et analyser. Chacun son métier…
40 minutes après son entrée dans le bureau, Veronica mettait un point final à sa biographie. Elle se servit un café tandis qu’on devinait que dans le crâne d’Evan Steele une tempête faisait rage. Il avait reçu quantité d’informations. Il devait classer tout ça pour comprendre. Pour la comprendre enfin.
Steele vx off : une adolescente violée dont les forces de l’ordre se contrefichent ; sa meilleure amie assassinée ; ses amis la considérant comme une paria ; le Castle, structure secrète aux ramifications infinies qui lui a pris son amant… Toute une vie à enquêter, à suspecter les autres…
- Evidemment, ça n’aide pas à la confiance… Du moins, la confiance en le genre humain… osa-t-il conclure à haute voix.
Veronica crut déceler dans le regard du psy un peu de compréhension et de compassion.
Veronica vx off : Oh non ! Il ne va pas croire maintenant que je suis trop timorée pour le terrain…
- Pas étonnant que le courant soit si bien passé avec Barrows et Scello… Deux agents au passé « chargé », deux hommes d’action et de justice. Tout comme vous, Veronica.
Veronica vx off : passé « chargé » doux euphémisme pour parler de l’enfance chez les toxicos de Ryan et celle passée sous les coups d’un shérif véreux de Scello…
- Action et justice… murmura-t-il pour lui-même.
Ce que le Docteur devinait depuis quelques jours, venait de se confirmer. Elle était faite pour le poste ATF. Si elle avait résisté à tout ça sans rompre, elle tiendrait parfaitement dans les bottes d’un agent ATF. Il allait lui soumettre l’idée quand il la vit pâlir sur le fauteuil.
Steele vx off : Quelle nouvelle peut l’affecter autant ?
Barrows (pro) : Forcené à notre étage. Reste où tu es. Ne bouge pas.
- Pourquoi ma carrière tourne autour des prises d’otages ! cracha-t-elle en envoyant promener le téléphone.
- Pourquoi parlez-vous d’une prise d’otages ? s’inquiéta le psy.
- Parce qu’il y en a une en cours au dernier étage. Et Barrows fait partie des otages.
Veronica tournait comme un lion en cage des questions plein la tête. Qui était le preneur d’otages ? Qui était présent au bureau à cette heure-ci ? Comment Ryan avait réussi à lui envoyer un SMS sans se faire voir ? Et si le forcené l’avait vu ? Pour ne pas se laisser submerger, elle envoya un coup de poing dans le mur. Les diplômes de Steele tremblèrent.
- Veronica, vous me faites peur… Parlez-moi…
- Mais les mots ne serviront à rien là ! Le gars qui a pris l’étage en otage est certainement un coupable. Quand on est un simple suspect innocent, on ne braque pas un étage de fédéraux ! Les mots ne suffiront pas à l’arrêter !
- Qu’allez-vous faire, alors ?
Elle fut surprise qu’il lui laissa l’initiative de la situation. Elle se posa un moment et mit en ordre son plan de bataille. Malgré les recommandations de Dick, elle appela la seule personne susceptible de la tirer de ce mauvais rêve.
Veronica vx off : Pas le choix… J’ai besoin du sosie d’un amant du passé pour sauver celui du présent…
Veronica (pro) : Lohan, t’es où ?
Lohan (pro) : dans le parking. Pourquoi ?
- Il y a un moyen discret de venir ici ?
- Par moyen discret, vous voulez dire, sans passer par la porte principale ?
Elle opina.
- Qu’il passe par l’escalier de service au nord du bâtiment.
Veronica (pro) : une prise d’otages est en cours au dernier étage. Rejoins-moi au bureau du psy. Prends l’escalier nord. Viens armé.
Quelques minutes plus tard, Scello les rejoignait dans le bureau avec deux valises : une petite contenant plusieurs revolvers et chargeurs ; et une longue dont on devinait facilement le contenu : un fusil longue portée.
- Je suppose que je ne suis pas là pour une thérapie de groupe… Tu veux faire quoi ? demanda Scello.
Veronica se garda bien de le regarder dans les yeux pour lui répondre.
Veronica vx off : Ne le regarde pas… Concentre-toi sur la voix, ce n’est pas la voix de Logan. C’est Lohan Scello, un excellent agent un peu curieux et borderline… Et quoiqu’en pense Ryan, c’est uniquement pour ça qu’on s’entend si bien…
Elle se répéta ce mantra avant de lui répondre. Elle devait garder la tête froide si elle voulait sauver Ryan. Hors de question que ça se finisse comme pour Logan… Elle secoua la tête pour chasser l’image qui venait d’y naitre : le corps de Ryan étendu dans l’open space de leur étage une balle dans la tête.
- Agir. Les agents les plus compétents pour ce job, c’est nous. On connait chaque recoin de l’étage et on est sur place.
- Ok. Bale est dans l’étage ?
- Le directeur m’a donné rendez-vous en ville vers midi. Il n’est pas dans le bâtiment, dit Steele timidement.
Les deux agents ne se formalisèrent pas de l’intervention du psy. Elle était plutôt utile.
- Vous avez donc son numéro ? Appelez-le…
- Pourquoi ? bégayèrent ensemble Steele et Veronica.
- Parce qu’on ne va pas agir sans son aval… ça t’a pas suffi une fois, Mars !
Le psy sourit. Veronica grimaça. Quelqu’un décrocha au bout de la ligne.
- Monsieur le directeur, ici l’agent Scello. Une prise d’otages est en cours au dernier étage de l’immeuble fédéral. Je suis caché deux étages plus bas avec le docteur Steele et l’agent Mars. Nous allons intervenir.
Scello en prit plein les oreilles. Bale ne comprenait pas comment une telle chose avait pu se produire. Et non, personne ne bougeait avant qu’il arrive sur place. Le Directeur ne l’admettrait jamais mais il redoutait que cette prise d’otages soit une tentative désespérée d’un père pour se venger de l’affront fait à son fils à la fac.
Bale vx off : Prendre en otage tout un étage dont l’amant de son ennemie personnelle, tout à fait un projet à la Sorokin… Rufus et son ego surdimensionné…
Le docteur Steele prit alors le téléphone et les choses en main.
- Monsieur le Directeur, ces deux agents ont la connaissance du terrain et des compétences rares. Vous le savez aussi bien que moi… Laissez les intervenir.
Steele baissa la tête, regarda la moquette le temps que l’orage passe.
- Vous sauterez avec eux s’il y a la moindre casse !
Bale Vx off : Vous ne savez pas ce que vous risquez à les réunir… Veronica peut perdre tous ses moyens…
Steele raccrocha et annonça aux deux agents qu’ils avaient le feu vert.
- Des compétences rares, répéta Veronica. Si j’avais su, je vous aurais parlé plus tôt…
Scello, pas d’humeur à la blague, les ramena la réalité du moment.
- Maintenant qu’on est couvert… On fait quoi ?
Veronica s’approcha du panneau indiquant les consignes d’évacuation du bâtiment.
Veronica vx off : Heureusement que tous les étages se ressemblent, ici.
Son cerveau se mit en branle. Elle analysait les issues et les différentes voies d’accès. Elle procédait exactement comme Ryan lui avait appris. Elle allait utiliser ses méthodes et elle le tirerait de là. Ensuite… Elle verrait avec le directeur et le psy.
- On n’a pas trente-six façons d’entrer.
- De front ou… compléta Scello qui commençait à comprendre ce que Veronica imaginait.
- Par surprise, renchérit–elle en pointant la bouche d’aération qui donnait dans les toilettes de l’étage de la prise d’otages.
Elle prit quelques minutes pour évaluer les deux options. Aucun des deux hommes ne semblait vouloir la contredire ou lui contester le commandement de l’opération.
- Par surprise. Je vais passer par le conduit d’aération pour me glisser à leur étage.
- Ça vous avancera à quoi d’être à son étage ?
C’était les premiers du Doc depuis son appel au directeur Bale. Ils n’étaient pas pleins de venin, comme elle aurait pu le craindre, il y a quelques heures. Ces mots formaient une question bien réelle. A quoi ça allait l’avancer de se jeter dans la gueule du loup ?
- Si j’arrive à lui faire croire que je suis une secrétaire oubliée dans les toilettes, que je parais suffisamment paniquée, il ne se méfiera pas de moi…
- Elle pourra l’approcher de très près. Et tenter une immobilisation.
- Ça veut dire que vous allez descendre sans arme, Veronica ?
- Oui et non. Elle n’a pas besoin d’un 38 pour lui faire mal, plaisanta Scello. Je sais de quoi je parle...
- Logan… Lohan, se reprit-elle. Ce n’est pas le moment.
Veronica vx off : Ce n’est pas le moment de te laisser submerger… Logan est mort. C’est Lohan qui est là pour t’aider à sauver Ryan.
- Je vais effectivement m’approcher du suspect sans arme mais j’en laisserai une dans une des cabines de toilettes. Si j’arrive à l’immobiliser, je ne sais pas quel est son gabarit, je ne pourrais peut-être pas le contenir longtemps.
- Qui tiendra l’arme ? s’inquiéta le Doc.
- Personne. Je ne peux pas descendre et vous non plus, Doc. Vous n’êtes pas entrainé à ce genre de manœuvre…
- Elle ne peut pas encore se jeter dans la gueule du loup sans arme ! s’emporta le psy.
Malgré elle, Veronica sourit. Ils traversaient une situation de crise, mais le médecin ne voulait pas que les séances soient inutiles. Elle ne devait pas réitérer les mêmes erreurs si elle voulait son aide, son appui sur ce dossier.
- Barrows. Il est dans l’étage. On n’a pas entendu de coup de feu. Donc, il sera apte à récupérer cette arme.
Veronica vx off : Je l’espère…
- Et pendant que mademoiselle va se tortiller dans les conduits d’aération, je vais aller me placer dans l’immeuble d’en face avec ça. Scello désignait la grande valise. Au moindre pépin, je shoote.
- Soit. Je suppose que vous allez bloquer l’ascenseur discrètement mais vous oubliez l’escalier… Si Veronica ne peut bloquer ce type, si vous ne l’avez pas dans votre ligne de mire, il pourra toujours fuir par l’escalier… assura Evan Steele.
Il y avait tant d’assurance dans son discours que les deux agents changèrent leur regard sur le psy. Il ne pouvait pas être seulement un gratte papier. Son analyse était trop bonne pour avoir été apprise dans un livre. Se fiant à son instinct, Veronica répondit :
- Vous savez tirer, Evan ?
Le psy opina du chef sans se formaliser sur l’emploi de son simple prénom. Pour Veronica Mars, user du prénom était un gage de confiance.
- Vous garderez cette porte, conclut-elle en lui plaçant un revolver dans la main. Allons-y.
Scello aida Veronica à se glisser dans les conduits d’aération. Ils restèrent en contact durant toute sa progression grâce à une application de Mac installée sur leurs téléphones et dans les lunettes intelligentes prototype que Veronica devait tester. En les chaussant, Veronica se félicita d’être l’amie d’un génie des nouvelles technologies.