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Série : Veronica Mars
Création : 16.05.2014 à 20h53
Auteur : alExiaN
Statut : Terminée
« Elle est blonde et piquante juste ce qu'il faut. Mais cette fois-ci, ses manières auront peut-être des conséquences sur sa carrière... » alExiaN
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Les pieds de Veronica se posèrent en silence sur le carrelage des toilettes pour femmes deux étages plus haut. Rapidement, elle se glissa dans une cabine, déposa le revolver sur le réservoir de la chasse d’eau. Puis, elle envoya un dernier SMS avant de couper son téléphone.
Veronica (pro) : Je suis dans les toilettes. C’est parti.
Face aux miroirs, elle composa son personnage. Elle chaussa les écouteurs d’Ipod, mit le son bien fort.
Veronica vx off : voilà qui expliquera pourquoi je ne t’ai pas entendu…
Elle se recoiffa un peu, enfila les lunettes caméra dernier cri de Mac. Tira bruyamment la chasse d’eau. Et sortit nonchalamment des toilettes en chantant. 21 guns. Son iPod avait le sens du rythme. Le preneur d’otages, un type brun grand et squelettique avec une mèche grasse lui barrant le visage, fit volte-face en l’entendant entrer. Il pointa son revolver sur elle. Sa posture n’était pas maîtrisée : il visait l’abdomen en tremblant.
Veronica vx off : un dealer en manque.
Elle devait réagir sinon il blesserait quelqu’un. Elle s’enfonça la pierre de sa bague dans la paume. Effet instantané. Les larmes montèrent. Nerveusement, elle retira ses écouteurs en tendant les bras vers l’homme.
- Ne me tuez pas… S’il vous plait… J’ai un petit garçon… Pitié… Il s’appelle Ryan… Ne tirez pas…
Il était en train de se servir un café quand la prise d’otages avait commencé. D’abord, il y eut des cris, des coups portés sur les cloisons, mais rien de bien étrange. La salle de repos étant attenante à la salle d’interrogatoire. Ce furent les bruits de corps tombant à terre qui l’alertèrent. Ryan écouta l’homme proférer des menaces. Il tenait des propos incohérents. Il ne bougeait pas et se contentait d’héler tous les fédéraux de l’étage comme si c’était le room-service.
- Je veux voir toutes vos petites gueules de Fed, ici ! Allez, on se magne ! Si y en a un qui se planque, je le saurai et je ferai sauter le caisson à Miss Penny…
Ryan n’eut pas besoin de réfléchir longtemps pour décider de la marche à suivre.
Ryan vx off : Sans arme et sans appui. Bon… On dirait bien que me voilà otage…
S’il s’était résolu à ne pas être le héros, il préféra s’assurer que sa fédérale préférée ne soit pas dans les parages et qu’elle ne veuille pas jouer au kamikaze.
Barrows (pro) : Forcené à notre étage. Reste où tu es. Ne bouge pas.
Une fois le SMS parti, il retira la carte SIM du téléphone, abandonna l’appareil dans un coin et rejoignit les autres. Paumes ouvertes et mains en l’air, Ryan s’avança vers le preneur d’otage. Ce dernier était armé.
Ryan vx off : une arme de féd… Qui a été assez con pour garder son arme sortie ?
Il voulut questionner l’homme mais celui-ci crachait des consignes stupides et contradictoires.
- Ne me regardez pas ! Tous au sol !
Les agents et autres personnels obéirent. Puis, le preneur d’otages pointa son arme sur la voisine de Ryan allongée sur la moquette.
- Hé toi, c’est qui le chef, ici ?
- C’est le directeur Bale… dit-elle la bouche collée au sol
Elle regardait le sol de trop près ce qui fit que sa réponse ne fut pas très audible. Cela irrita le preneur d’otages.
- Regarde-moi quand je te parle…
- Faudrait savoir, lâcha Ryan.
Son gout pour les taquineries verbales lui attira les foudres du preneur d’otages. Ryan se ramassa un coup de bottes dans les côtes.
- Regarde-moi, petit malin…
Ryan se redressa et s’assit en se massant les côtes.
- C’est qui le boss…
Ryan allait répondre quand la porte des toilettes pour femmes s’ouvrit. Reconnaissant ce parfum et cette démarche, l’inquiétude qui se peignait sur son visage était toute sauf feinte.
Ryan vx off : Oh non…
Quand la porte de toilettes se referma, le forcené fit volte-face. Il découvrit une blondinette effrayée qui débitait un flot de paroles incohérentes. Veronica couinait en tendant les mains vers le preneur d’otages qui s’approchait pour la contraindre à s’asseoir.
- Ne me tuez pas… S’il vous plait… J’ai un petit garçon… Pitié… Il s’appelle Ryan… Ne tirez pas…
En entendant son prénom, l’agent se mit à observer leur échange différemment. Aussitôt, il comprit que Veronica lui avait désobéi. Elle n’était pas là par hasard. Elle n’improvisait pas. Elle intervenait.
Le docteur Evan Steele se tenait debout face à la porte de secours. Dans sa main droite, il serrait fermement la crosse du revolver donné par Veronica. En fixant sa main gauche, il pouvait voir et entendre tout ce Veronica voyait et entendait. Il n’était pas avec elle au cœur de l’action et pourtant il y était. Il l’avait vu s’équiper, monter le plan, abandonner son arme et aller au front. Il allait l’entendre se faire rudoyer ou pire supprimer. Quand le forcené se rapprocha davantage, Steele dut se retenir d’ouvrir la porte et de tirer en l’air comme dans les westerns.
Steele vx off : Fais lui confiance… Elle est peut-être parano mais pas suicidaire.
****
Au pas de course, Lohan G Scello avait traversé la rue séparant les immeubles. Sans demander la permission à personne, il gravit les étages et se plaça dans la pièce idéale pour surveiller et intervenir. Debout derrière la lunette de visée de son fusil, il observait la scène. Pour l’instant, tout se déroulait comme Veronica l’avait planifié. Le forcené n’avait descendu personne et il ne semblait pas décider à tirer sur Veronica. Elle avait réussi à l’abrutir avec son rôle d’hystérique. Le plus difficile était à venir. Elle allait devoir lui prendre son arme et l’immobiliser sans qu’aucun coup de feu ne parte. Scello savait Veronica capable d’un tel exploit en survêtement et basket sur un tatami. Là, dans la vraie vie, avec une vraie arme et un adversaire pas nécessairement loyal, c’était autre chose. Scello rajusta son angle de tir. Il ne la laisserait pas mourir. Il ne ferait pas ce cadeau à Sorokin.
***
Voilà, il n’était plus qu’à quelques centimètres. Parfait. S’il s’approchait encore ce serait comme à l’entraînement.
- Je m’en balance de ton gosse ! Viens par-là !
Il avança d’un pas, l’arme pointée vers elle. 70 centimètres, comme à l’entraînement. Elle pointa sonpied droit face à celui du forcené. Se saisit de son bras, le contraignit à viser le plafond et termina sa chorégraphie en se glissant derrière lui. De sa main libre, elle pressa un point à la base du cou du forcené.
- Barrows, seconde cabine, réservoir haut !
L’agent se précipita et revint arme au poing. Ce qui était un peu inutile. Le forcené gisait au sol. Veronica tenait l’arme dans sa main.
****
Tout se déroula comme dans un ballet maintes fois répétées. Il ne décela pas la moindre erreur dans les gestes. Scello se prit même à admirer ce petit bout de blonde si efficace.
Scello vx off : Une sacrée équipière…
La tension le quitta complètement quand Barrows revint sur place avec armes et menottes. Il rangea son matériel et sortit de l’immeuble comme il était venu. Comme une ombre. Scello & Mars 1- Sorokin 0.
- Il est ?
- Dans le cirage. J’ai appuyé sur un de tes fameux points névralgiques, dit Veronica en passant les menottes au forcené.
- Je t’avais dit de te planquer.
- Depuis quand un civil doit obéir à un officier ?
Sans se soucier du regard des autres, Barrows enjamba le corps du forcené et vint étreindre la petite blonde, voulut l’embrasser.
- Je serais toi, j’éviterais…
- Pourquoi, tu as mauvaise haleine ?
- On est sur écoute et vidéo, dit-elle en pointant ses lunettes.
Ryan Barrows regarda ces lunettes d’un tout autre œil. Il n’avait jamais eu la chance d’être aussi proche de Veronica. Voir par ses yeux, voilà une expérience étonnante. Il ôta pourtant les lunettes. Il l’embrassa passionnément devant tout l’étage. Elle lui rendit fougueusement son baiser.
- Peu importe si je récupère mon badge…
Barrows la regarda avec étonnement.
- L’essentiel est ici, souffla-t-elle en l’embrassant à nouveau.
Il était content de l’entendre dire cela mais un peu triste quand même. Veronica était faite pour le job. Malicieusement, il attrapa les lunettes et s’adressa directement à elles.
- Alors Steele, vous avez vu comme elle assure ? Vous allez lui rendre son arme ?
La porte des escaliers s’ouvrit sur un psychologue soulagé.
- Oui.
Les deux amants restèrent interdits. Veronica en eut les jambes sciées. Elle avait dû vider son sac, utiliser tous ses mots pour le convaincre et lui se contenait d’un oui laconique. C’était suspect.
- Mais…
Veronica sourit. Il y avait toujours un mais…
- Je vais proposer à l’agent Mars un nouveau service. Un service où tout son potentiel pourra briller.
Le sourire de Veronica augmenta. Elle redevenait agent. On reconnaissait ses capacités. On lui proposait une nouvelle unité.
- Une unité d’élite se monte. On l’appelle les ATF, les Agents Traqueurs Fédéraux.
- Agent Fédéral, ça me va, se contenta de dire Veronica.
Elle était tellement stupéfaite qu’elle n’était pas capable de plus.
- Traqueur, ça te correspond bien ! Accepte, Veronica, ajouta Ryan.
- Où est-ce que je signe ? plaisanta-t-elle.
- J’officialiserai votre transfert demain.
Sur ces mots, le docteur Steele s’éloigna. Triplement heureux. L’agent Mars était sauf. Il avait clos son dossier psy. Il avait terminé le recrutement pour le directeur Kornell et l’ATF. Il l’annonça au Directeur Bale qui arrivait en courant.
- L’agent Mars est apte au service. Elle sera affectée à l’ATF dès demain avec l’agent Scello.
- Vous n’avez pas fait ça ?
Sans un regard pour le psy, Bale se dirigea vers sa protégée pour voir comment elle digérait la nouvelle. Il espérait qu’il ne soit pas trop tard pour l’empêcher de couler. En chemin, il s’arrêta au près du preneur d’otages. Le directeur voulait dissiper un doute. Il saisit au col le prévenu et lui posa une seule question.
- Est-ce que c’est Rufus Sorokin qui t’envoie ?
- Qui ça ? bafouilla celui-ci.
Bale ne s’attarda pas. Le prévenu n’avait pas réfléchi à sa réponse. Il avait été sincère. Un peu soulagé, Bale fonça rejoindre Veronica.
Si l’ensemble de l’étage s’agitait pour enfermer définitivement le forcené et reprendre une activité normale, Ryan et Veronica restaient enlacés au milieu du hall.
- Tu connaissais ATF ?
- Je savais que le projet existait. Ils veulent adapter ce qui a fonctionné à Hawaii : deux agents, une femme, un homme et des moyens d’intervention sans limite ou presque...
- Ils t’ont proposé le poste ?
- Non.
Veronica parut déçue pour lui.
- Ils avaient déjà leur homme, ajouta un Bale essoufflé.
La curiosité de Veronica fut piquée. Qui était l’homme d’ATF si ce n’était pas le hyper-qualifié agent Barrows ? Elle passait en revue tous les agents masculins de la division. Soudain, elle vit Scello sortir de l’ascenseur et se diriger vers eux. Scello.
- C’est toi… souffla-t-elle en s’avançant vers lui.
Alors qu’ils allaient se rejoindre, le directeur Bale s’interposa en retenant Scello par le bras. De sa poigne de fer, il le força à mettre de la distance entre lui et Veronica. Submergé par l’émotion (Elle était vivante, Sorokin n’avait pas encore gagné), Scello se laissa faire. Le teint blanc, le directeur se confia à l’agent.
- Je ne sais pas ce que vous savez de son histoire mais elle a traversé l’enfer plus d’une fois… Sa dernière traversée a failli être sans retour… Vous n’avez aucune idée de ce que j’ai fait, de ce que Barrows a fait pour la ramener chez les vivants… N’allez pas tout détruire…
Scello se massa la nuque, jeta un coup d’œil à Federal Blondie ; elle semblait inquiète et en même temps en pleine réflexion.
- Tout détruire… C’est donc ça qui vous effraie… Vous avez peur que je la détruise comme j'ai détruit mes précédents équipiers.. J’ai appris à la connaitre, vous savez… Et avec ce que je sais, ce que vous savez aussi, on a plutôt envie de la protéger, non ?
Bale poussa un soupir de soulagement. Scello n’était pas aussi bouché et dangereux que son dossier le laissait entendre. Tout n’était peut-être pas perdu.
- Vous devez certainement savoir pourquoi on m’a envoyé ici ?
- Sorokin… cracha Bale de nouveau pris par l’angoisse.
- Oui. Il m’a envoyé ici pour elle… Mais, moi, je n’aime pas tellement qu’on me donne des ordres stupides… Donc, le psy vous dira que je n’ai rien appris, que je ne fais que reproduire un schéma…blablabla… Moi, je dirai plutôt que vous venez de vous trouver un allié dans votre programme de protection de l’agent Mars. Qu’en dites-vous Monsieur le directeur ?
- C’est d’accord mais il faut que la principale concernée valide l’idée… Une dernière chose, si le seul obstacle à votre collaboration est votre petite gueule de playboy, vous passerez sous le scalpel des chirurgiens plastiques de Quantico !
Les deux hommes se serrèrent la main. Puis, Bale laissa Veronica rejoindre Scello. Crash test en perspective.
Elle voulait lui poser plein de questions mais Bale s’était interposé. Maintenant qu’il avait relaché Scello, Veronica filait vers lui en courant si bien qu’elle se prit les pieds dans la moquette et lui tomba dans les bras. Scello la rattrapa et la garda dans ses bras.
- C’est toi… souffla-t-elle à son torse.
- Oui, c’est moi, Lohan G. Scello… plaisanta-t-il.
- Non…
Scello recula un peu, plongea son regard dans le sien. Il était inquiet et si le plan de Sorokin commençait à fonctionner. Si prise au piège de ses bras, elle n’arrivait plus à le distinguer de son amant décédé.
Scello vx off : Allez Veronica, fais un effort, je ne veux pas me faire charcuter…
- C’est toi, le membre d’ATF, explicita-t-elle.
Scello laissa échapper un soupir de soulagement. Comme elle ne parlait plus, il prit le relais.
- L’espace d’un instant, j’ai cru que tu me prenais pour quelqu’un d’autre…
Il n’osa pas en dire plus. Il ne voulait pas qu’elle prenne peur face à tout ce qu’il savait de son passé ; alors qu’elle le connaissait si peu. Veronica sourit, ouvrit la bouche mais elle resta silencieuse. Elle ne savait pas quoi lui répondre. Oui, l’espace d’un instant, elle l’avait pris pour quelqu’un d’autre. Non, elle ne serait jamais complètement tombée dans le panneau : Logan n’avait pas cette voix éraillée. Oui, elle avait voulu y croire. Non, elle n’y croyait pas, elle n’y croyait plus grâce à Dick…
Veronica vx off : Tu n’as jamais été dupe, toi… Tu ne t’es pas laissé avoir par tes homones…
Elle se tut si longtemps que les trois hommes s’inquiétèrent. Bale allait parler, argumenter, expliquer, mais Scello fut encore le plus rapide à réagir.
- Je ne suis pas Logan même si je lui ressemble un peu… beaucoup… Je peux m’effacer, Veronica.
- Je peux renoncer à l’ATF si tu as peur que notre collaboration pose un problème… ajouta—t-il
Scello esquissa un sourire en repensant à sa conversation avec son ancien directeur.
- Je devais être un problème… Rufus Sorokin m’a affecté ici pour que je te crée des soucis… Il m’a envoyé ici à mon insu… Il a cru que mon physique et ma personnalité pouvaient te nuire… Il a cru pouvoir se servir de moi pour t’atteindre…
Elle mit un instant à entendre ses paroles, un de plus à les comprendre.
Veronica vx off : On ne lâche rien, Sorokin… ça tombe bien, moi non plus.
Bale retrouva un certain calme : tout n’était peut-être pas perdu. Donner toutes les pièces d’un puzzle à l’agent Mars, c’était lui garantir un certain équilibre. Et Scello l’avait compris. Si Scello n’éclipsait aucun détail, Mars garderait les pieds sur terre. Ryan qui jusque-là s’était montré très calme, roula des yeux en séparant Veronica de Scello. Ok, il ressemblait à Logan mais là, il était aussi prévenant qu’un ex encore amoureux. Il faillit lui expliquer sa manière de penser quand Veronica se décida à répondre.
- Sorokin fils et père, Logan… C’est du passé. On ne vit pas dans le passé. On vit avec.
En disant ces mots, elle serra à s’en faire blanchir les phalanges la main de Ryan. C’était sa manière à elle de lui demander pardon, de lui démontrer son envie de laisser ses fantômes au placard et de lui assurer sa résolution à aller de l’avant avec lui. Le directeur Bale enregistra l’information et la conserverait en mémoire jusqu’à ce qu’il puisse faire payer l’addition à Rufus Sorokin… La prise d’otages n’était pas son idée mais cette raclure avait bien essayé de dégommer sa protégée. Depuis qu’ils avaient partagé les bancs de Quantico, Bale se méfiait de Sorokin l’arriviste. Le dossier Castle n’avait fait confirmer ses craintes. Quand l’affaire avait éclaté au grand jour, cette raclure avait réussi à se couvrir. Bale espérait bien cette fois-ci dégommer ce cafard.
Bale vx off : On ne touche pas à mes hommes…
Il échangea un regard plein de sous-entendus avec Veronica. Elle lui sourit. Ils étaient sur la même longueur d’ondes, mais tout ceci se règlerait plus tard.
- On rentre à la maison, Ryan ?
Veronica vx off : Pour Sorokin, on verra plus tard… je viendrai personnellement vous expliquer Monsieur Sorokin que tricher n’est pas jouer. On ne triche pas avec les sentiments de Veronica Mars ! Vous ne m’échapperez pas une seconde fois…
- On rentre.
Bale et Scello regardaient les deux amants quitter le bâtiment enlacés. Tout comme Ryan, ils étaient abasourdis. Veronica intégrait tout ça avec beaucoup de philosophie et de calme alors que sa suspension lui avait fait complètement péter les plombs. Ce fut Dick qui autour d’un verre, éclaira la lanterne de Ryan.
Une semaine après l’officialisation du transfert de Veronica, toute la Mars’s team se retrouva pour diner. Wallace n’en revenait pas d’avoir été mis autant à l’écart. Il la sermonnait depuis un bon quart d’heure quand elle décida qu’il avait épuisé son temps de remontrance. Sans un mot, elle abandonna Wallace et ses reproches pour rejoindre Mac assise sur le canapé aux côtés de Keith.
- Tes derniers micros font des merveilles, Cindy… Ils se posent et se cachent facilement. C’est à croire que tu as eu une carrière de PI…
- J’ai été à bonne école… Enfin, je crois…
- Moi, j’ai le meilleur taux d’élucidation de ma division et je ne pense pas me tromper en affirmant que nous sommes 4 sur ce canapé, lança Veronica en s’asseyant.
Keith et Mac regardèrent innocemment le divan. Il n’y avait qu’eux deux et Veronica d’installer…
- Et oui, les maths, ça n’a jamais été son truc… plaisanta Keith.
- Les maths, non mais la biologie, je maitrise… C’est pour quand ?
Mac rougit et avala d’un trait son jus de fruits. Elle pensait se cacher derrière Dick mais ce dernier venait de filer sur le balcon avec Scello. Tant pis, elle essuya la foule de questions de sa blonde favorite. Ryan se joignit à la fête tout en gardant un œil sur la conversation que se déroulait sur le balcon.
Dick l’avait laissé boire avant de l’attirer sur le balcon. Jusqu’ici, il n’avait vu que des photos. Il n’avait fait que cautériser les plaies. A présent, il rencontrait la source du mal.
- Que les choses soient claires, Lohan G Scello, tant que Veronica acceptera ta présence dans notre cercle, je l’accepterai… Mais si par malheur, je constate un quelconque changement dans ses humeurs… Si tu tentes quoique ce soit… Je…
Lohan vida silencieusement son verre avant de lui répondre.
- Tu quoi ?? ricana-t-il.
- Je t’explose. Tu n’as pas idée de ce que nous avons surmonté. Tu n’as pas idée de ce qu’il m’a fallu faire pour qu’elle arrive enfin à se regarder en face, pour qu’elle ne tremble pas dès qu’elle croise sa photo !
- Arrête de te prendre pour son psy. Elle est solide.
- Je ne suis pas son psy, et c’est précisément pour ça que je sais qu’elle n’est pas solide. Avec elle, il faut lire les silences… Ce que de toute évidence, votre psy ne sait pas faire… Il lui a fait plus de mal que de bien ! Alors vos apparitions combinées !
- J’ai proposé à Veronica de partir mais elle ne l’a pas souhaité…
- Evidemment… A chaque fois qu’elle te voit, elle le voit lui, elle voit la manipulation de Sorokin… Tant que Sorokin sera sur sa route, tu ne seras pas une menace… Mais après…
- Après...
- Je ne laisserai pas la pale copie de l’homme qui a fait d’elle ce qu’elle est l’enterrer. Te voilà averti.
Sur ces paroles, Dick retourna à l’intérieur. Il laissa un Scello pensif sur la terrasse.
Scello vx off : Comment Sorokin a pu espérer atteindre cette fille ? Elle est mieux protégée que Fort Knox…