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Série : Veronica Mars
Création : 11.12.2014 à 18h26
Auteur : Elodielodi
Statut : Terminée
« Suite de "Love, I don't know" » Elodielodi
Cette fanfic compte déjà 62 paragraphes
Veronica : Peut-être qu'il suit les cours d'un de vos collègues.
Professeur Bell : Impossible. C'est moi qui enseigne aux troisièmes années. Et le registre est commun à tous les professeurs.
Veronica : Donc Jason Majorino n'étudie pas chez vous. Est-ce possible de publier un devoir sur la base de données de Stanford si vous n'êtes pas étudiant ?
Professeur Bell : En théorie non. Mais vous savez, des gens manient très bien l’outil informatique de nos jours.
Veronica : Je sais. Dis-je avec un sourire et une pensée pour Mac. Excusez-moi de vous avoir dérangé. Merci, au revoir.
Professeur Bell : Au revoir.
Tiens tiens ! J'ai plagié un fantôme. De mieux en mieux ! C’est pour ça que Private Eyes ne trouvait rien sur lui. C’est un faux nom. Mais pourquoi Tim, qui de toute évidence n’a jamais appelé pour avoir confirmation, affirme-t-il l’avoir fait ? Je ne comprends pas … Il pourra peut-être m’expliquer et éclairer ma lanterne.
17h20. En partant maintenant, je serai à Hearst avant 18 heures et j’aurais peut-être une chance de le trouver au bureau de Mr Landry. Je sors précipitamment de la salle d’interrogatoire, la porte du bureau de mon père est close. Je me tourne vers Léo et lui crie :
Veronica : Léo, pourras-tu dire à mon père que Jason Majorino est un fantôme ? Il comprendra. Merci et au plaisir.
Je ne lui laisse pas le temps de répondre, il le fera j’en suis sûre. Je m’engouffre dans ma voiture et démarre sur les chapeaux de roues. Alors que j’arrive à proximité de l’université, mon portable sonne sur le siège passager. J’y jette un coup d’œil, c’est Mac. Elle a sûrement des nouvelles concernant le propriétaire de l’adresse mail. Je me gare sur le parking avant de la rappeler sur le trajet entre ma voiture et le bureau de Mr Landry.
Mac : J’ai du nouveau.
Veronica : Moi aussi. Toi d’abord.
Mac : Le propriétaire de l’adresse mail n’est pas Jason Majorino. Il s’appelle Thomas Ryan. Et devine où il habite … A Neptune ! Etrange non ?
Veronica : Oui très !
Mac : Par contre je n’ai pas encore la vraie date de la publication et je n’ai pas réussi à obtenir plus d’informations sur ce Thomas Ryan. Rien sur le net. Peut-être que toi tu y arriveras avec ton super site de détective.
Veronica : Pas de doutes là-dessus. Tu veux savoir ce que moi j’ai découvert ?
Mac : Oh oui, oh oui, dit-elle en battant des mains comme une enfant.
Veronica : Jason Majorino n’existe pas. Et Tim a menti. Il n’a jamais appelé Stanford et n’a jamais parlé au professeur de criminologie. J’arrive presque au bureau du Professeur Landry pour voir si je peux discuter avec Tim. On se retrouve à la cafeteria juste après ?
Mac : Ok, à tout de suite.
Je range mon téléphone dans mon sac et relève la tête. Mon cœur manque un battement. Logan…
Il n’y a que lui qui provoque des arythmies chez moi. Il m’a vue, son visage s’illumine, j’ai envie de lui sourire aussi. [Retiens-toi !].
Il s’arrête et m’adresse un timide « Hey ». Je ne m’arrête pas, je ne lui réponds pas, ses yeux m’interrogent. J’ai l’impression que la scène se déroule au ralenti. Son sourire s’estompe, son regard devient triste, j’ai mal… J’arrive à sa hauteur, je le lâche du regard pour poursuivre ma route. Mais mon épaule heurte son bras. Ce contact ultra bref suffit à me renvoyer des images de lui me serrant dans ses bras, m’écartant une mèche du visage, me faisant danser sur une piste, m’embrassant fougueusement (même si ce n’était qu’un rêve !) … J’ai envie de m’arrêter et de laisser faire le naturel. Il s’est retourné à ce contact, et je peux sentir son regard sur moi : j’aime trop cette sensation pour ne pas la reconnaitre. Il est toujours là, il n’attend que ça, il n’attend que moi… [Stop ! T’es sur la mauvaise pente ma grande. Ne relance pas la partie de chasse.] Oui c’est vrai, « passer à autre chose »… J’accélère le pas jusqu’à ma destination, je toque à la porte, je sais qu’il me regarde encore, et ma volonté de l’ignorer s’amenuise de seconde en seconde. J’attends, aucun bruit à l’intérieur. Je toque de nouveau, suppliant presque que quelqu’un m’ouvre avant que j’aille me blottir dans ses bras. La chaleur m’abandonne, je tourne les yeux vers lui, il est en train de disparaître au bout du couloir, la tête basse, la main sur la nuque… J’ai mal… [Reprends-toi].
Je toque une nouvelle fois pour la forme, il n’y a personne de toute évidence. Je me dirige ensuite vers le secrétariat. Avec un peu de chance, ils pourront m’indiquer si Tim a une chambre ici et si oui laquelle. Je trouve porte close aussi. Il est 18h15. Je sors mon téléphone et compose un numéro.
Veronica : Allo Wallace ? J’ai une mission pour toi. Tu travailles demain ?
Wallace : Le matin oui. Encore un dossier à te copier ?
Veronica : Perspicace en plus d’être un talentueux basketteur ! Tu cumules les qualités mon cher ! Il faudrait que tu me trouves le dossier de Tim Daggs, c’est l’assistant de Mr Landry. Il m’accuse de plagiat pour ma dissertation sur le meurtre parfait…
Wallace : Celle qui t’a empêché de venir assister au plus grand match de basket-ball de tous les temps ?
Veronica : C’était un match amical contre Berkeley ! Dis-je blasée.
Wallace : N’empêche que t’es pas venue !
Veronica : J’avais besoin de m’enfermer pendant tout ce temps, seule avec mon ordinateur... Et ça a payé, j’ai eu A+ ! Enfin… s’ils maintiennent ma note…
Wallace : Mouais… Bon... Passe au secrétariat demain entre 9 et 12 heures. Tu ne vas pas le tuer au moins ?
Veronica : Mais nooon. Tu me connais ?
Wallace : Justement…
Veronica : On va manger à la cafeteria, tu nous rejoins ?
Wallace : Pas ce soir, j’ai entraînement.
Veronica : D’accord, à demain.
Son numéro de chambre et son adresse seront forcément consignés dans son dossier. Et puis comme ça je vais pouvoir faire plus intime connaissance avec l’assistant de mon professeur préféré !
Je retrouve Mac et Lilly à la cafeteria pour un repas plus que rapide avant d’aller travailler.
Après cette journée éreintante, je ne traine pas pour aller me coucher. Je suis usée mais je ne trouve pas le sommeil. Je suis perturbée par toute cette histoire mais ce qui me tracasse le plus c’est … Logan … Je ne comprends pas. Je n’arrive pas à le cerner. Il veut « passer à autre chose » - Argh je déteste cette phrase – mais en y regardant de plus près, son langage non verbal dit le contraire. Ses yeux… Il avait l’air vraiment peiné que je l’ignore. Et puis quand il est venu au Java the Hut, j’ai bien senti qu’il ne me disait pas ça de gaieté de cœur. Peut-être qu’il vit cette situation difficilement aussi…
Ou peut-être que ça fait partie de son rôle de chasseur, qu’il joue à merveille…
Et voilà, je tourne en rond, toujours cette éternelle question : Est-il sincère ? Ou suis-je le trophée qu’il convoite ? … Évidemment que c’est ce que je suis, une vulgaire médaille à ajouter à sa collection… Je me retourne rageusement, monte le son dans mes écouteurs, ras le bol de ces états d’âme. Demain, j’arrête !
***
Je rencontre Wallace au secrétariat comme prévu. Il fait mine auprès de sa collègue de me donner une fiche d’inscription pour l’atelier de journalisme mais me fait glisser la copie que je lui ai demandée. Je le remercie poliment et lui envoie un clin d’œil. Je m’engouffre dans la salle d’étude pour étudier ces informations toutes fraîches. Alors … Timothée Daggs, 24 ans, en quatrième année, excellent dossier scolaire, aucun avertissement… Rien de bien intéressant. Ah, domicilié à Neptune mais dispose d’une chambre, n°309 Venice hall. Parfait, allons-y !
Je range le dossier dans ma besace et me dirige d’un pas rapide vers la chambre 309. Le tableau sur la porte me fait sourire, la colonne de son colocataire est pleine de numéros de téléphone et de messages en tous genres, la sienne… vide. Je frappe trois petits coups secs. Pas de réponse. Je recommence. Toujours rien. Je tourne les talons. Retour à ma chambre.
Bientôt 10 heures, l’heure d’aller en cours. Ca me laisse un peu de temps pour faire quelques recherches sur Thomas Ryan grâce à Private Eyes, le type qui a posté ma dissertation avec son adresse mail…. Il a étudié à Hearst et il a été diplômé d’informatique il y a trois ans. Il travaille chez les logiciels Kane, rien d’étonnant. Arf c’est marrant, avec toutes ces informations sous les yeux, il est impossible que nos chemins se soient un jour croisés, mais son nom m’est familier… Qu’est-ce qu’il peut bien me vouloir ? Je note l’adresse sur un petit bout de papier, je lui rendrai visite avant de prendre mon service ce soir.
L’ordinateur de Mac émet un petit bip. Je m’approche, mais je n’y comprends rien. Il faudra que je lui dise tout à l’heure. Maintenant j’ai cours.
***
J’arrive la dernière à la cafeteria. La vision qu’ils m’offrent est des plus agréables. Ils sont là, tous, même Dick et Wallace, ensemble, à rire comme si rien ne s’était passé, comme si ces trois dernières semaines n’avaient pas existé. Je prends mon plateau mais j’hésite. Et si m’asseoir avec eux brisait cet équilibre ? Cette question me fait l’effet d’une claque en pleine figure, comme si la réponse était évidente. Lilly m’a vue, elle me fait signe de venir. Je respire profondément et force mes pieds à avancer. Je m’assois sur la chaise qu’elle a tirée à côté d’elle, la tête basse. Pendant que les autres me saluaient, Lui s’est tu dès que je suis apparue dans son champ de vision. Carapace en place ? Ok ! Je relève la tête pour affronter son regard. Ses yeux sont noirs d’incompréhension. Je soutiens son regard, je ne le laisserai pas gagner cette bataille, aussi minime soit-elle… Gagné ! Il baisse les yeux. Mais il saisit son plateau.
Logan : Je vous laisse, j’ai rendez-vous. Lance-t-il avec un sourire en coin et des yeux malicieux. Il s’éloigne sans même se retourner. Mon ventre se tord. Tu parles d’une victoire …
Duncan : Alors, cette histoire de plagiat ? Demande-t-il pour couper le silence gêné qui s’est installé et sûrement aussi pour montrer aux autres que nous avons dépassé le stade de l’ignorance.
Veronica : Je mène l’enquête. Dis-je avec un sourire satisfait.
Lilly : Et alors Sherlock ? Ça te mène où ?
Veronica : Devant pas mal de portes closes je dois dire ! Un fantôme a posté MA dissertation sur le site sécurisé de l’Université de Stanford, datée de l’année dernière, avec l’adresse mail d’un ancien étudiant de Hearst que je ne connais absolument pas. Et l’assistant de mon prof de crimino affirme avoir discuté avec le fantôme … Reste à trouver comment il a réussi cet exploit… ou le nom de la drogue qui lui a permis de planer assez pour discuter avec des gens imaginaires….
Mac : « Thomas Ryan » a étudié à Hearst ? En criminologie aussi ?
Veronica : Ouep ! Et Non. Il est diplômé d’informatique. Ce qui explique sûrement pourquoi il a réussi à la publier sur le site de Stanford, mais pas dans quel but. Au fait, ton ordinateur a émis un « bip » inquiétant tout à l’heure. J’ai voulu vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une autodestruction annoncée mais je n’ai rien compris à ce que j’ai lu…
Mac : C’est normal, j’ai lancé une recherche. On va savoir quand exactement il a publié l’essai.
Veronica : C’est vrai ? Je me lève brutalement. Mais pas elle. Face à son manque de réactivité, je demande : Qu’est-ce qu’on attend ?
Duncan : Euh… Tu ne veux pas manger d’abord ?
Veronica : Oh … Euh … bah oui ! Les autres se marrent face à ma détermination. Je souris, ça fait du bien de les voir rire. J’avale le minimum vital. J’ai l’estomac noué. Et si je ne trouvais pas les preuves assez vite ? Et puis Logan… [Stop !] Bon Mac, on y va ?
Mac : Et mon café ?
Veronica : A emporter, pas le temps !
Mac : D’accord d’accord… A tout à l’heure.
J’entraine Mac à notre chambre d’un pas rapide. Elle se dirige vers l’ordinateur. Je trépigne d’impatience.
Veronica : Alors ?
Mac : Deux minutes papillon ! Elle clique ici et là et m’annonce triomphante. Cette dissertation n’a pas été postée l’an dernier mais il y a dix jours, à 23h45 !
Veronica : Il y a dix jours ? C’est le jour où je l’ai rendue ! Mac tu es géniale. Tu viens d’apporter une preuve suffisamment probante pour me disculper ! Est-ce que tu peux m’imprimer tout ça ?
Mac : Mais voilà ! Triomphe—t-elle en me tendant la feuille regroupant toutes les informations trouvées et leurs sources.
Veronica : Tu es incroyable.
Mac : Je sais ! Ton enquête est finie alors maintenant que tu as une preuve ?
Veronica : Ça ne va pas ! Je vais coincer ce Thomas Ryan pour qu’il m’explique ce que je lui ai fait pour qu’il ait envie de me faire renvoyer. Mais avant ça, je vais trouver Tim. A tout à l’heure.
Alors que j’étais déjà sortie, je fais demi-tour et passe ma tête par la porte de notre chambre.
Veronica : Je t’ai déjà dit que tu es géniale ?
Pour seule et unique réponse je reçois un coussin en pleine figure. J’éclate de rire avant de me diriger vers la chambre 309. Ma vie sociale retrouve son cours normal – presque, il y a une ombre de taille au tableau -, j’ai la preuve de mon innocence, je me sens plus légère certes, mais j’ai besoin de savoir pourquoi ! Je toque. Pourvu que quelqu’un m’ouvre, j’en ai assez d’avoir à revenir. Ni une ni deux la porte s’ouvre. Ouf.
Veronica : Tu dois être Pat. Je comprends pourquoi les filles laissent leurs coordonnées. Plutôt beau gosse le colocataire ! Grand, châtain, musclé, yeux pénétrants, tout pour plaire !
Pat : Oui et tu es … ? Et voix mielleuse.
Veronica : Veronica. Je cherche Tim. Il a l’air étonné. Ça ne doit pas arriver souvent qu’on demande après Tim.
Pat : Il n’est pas là. Il est malade. Tu le trouveras chez lui je pense. Mais si tu veux, tu peux entrer un instant. Ajoute-t-il plein de sous-entendus. J’ouvre de grands yeux.
Veronica : Je vais plutôt aller en cours. Conclus-je avec un sourire forcé. Qu’est-ce qu’il croit ? Dans ses rêves !
Je pars aussi vite que je suis venue et me rends en cours de mathématiques. Je passerai chez Tim après avoir vu Thomas Ryan ce soir.
***
17 heures. Je jette mon sac sur le siège passager et démarre en trombe. Direction « Chez Thomas » puis « Chez Tim ». Je me gare. Vérifie le numéro sur mon papier et me dirige vers la maison correspondante. Je sonne. Je suis à la fois excitée et angoissée. Et s’il me voulait du mal ? J’aurais peut-être dû emmener Back up. Trop tard, je vois quelqu’un arriver à travers le vitrail. La porte s’ouvre. L’homme qui m’ouvre se fige, mi surpris-mi dépité.
Veronica : Mais quelle surprise ! Les yeux ronds, la bouche grande ouverte, je suis amusée par cette découverte. Et d’un coup tout s’imbrique dans ma tête. J’ai compris… Grand sourire. Mais pour être sûre… Bonjour Thomas Ryan, déclaré-je l’air enjoué.
Homme : Je ne suis pas Thomas Ryan.
Veronica : Mais je sais Timothée ! Et maintenant je sais pourquoi le nom de Thomas Ryan m’était familier … Je sors le dossier que Wallace m’a copié, l’ouvre à la première page. C’était sous mes yeux. Je percuterais plus vite à l’avenir : Ne jamais négliger des informations, même minimes ! Dis-je en imitant une mère donnant une leçon à son enfant. Je lis : Adresse : 235 Yellowstreet, Neptune, Californie. La même que Thomas Ryan ! Mais c’est normal car tu as indiqué dans ton dossier qu’il est ton demi-frère. Mon visage se ferme d’un coup et ma voix se fait plus ferme et grave pour prononcer : Pourquoi ?
Tim : Pourquoi quoi ? Lâche-t-il l’air ignorant.
Veronica : Pourquoi ton frère a-t-il posté mon devoir sur le site sécurisé de Stanford il y a dix jours en modifiant la date de publication et en utilisant un faux nom ? Et aussi pourquoi toi tu l’as couvert ?
Je pose la question mais je sais. J’ai juste envie de l’entendre dire. Des tendances sadiques ? Moi ? Sourire machiavélique. Je glisse discrètement la main dans mon sac avant qu’il ne me réponde.
Tim : Quoi, il faut que je t’explique ? Tu ne dois pas être si intelligente que ça… Je tournicote une mèche et place tout mon poids sur une jambe pour donner le ton à ma future réplique.
Veronica : Il faut croire que non… L’autre s’en réjouit. J’ai trouvé plus naïf que moi ! Ou alors je suis bonne actrice…
Tim : Le professeur Landry envisageait de faire de toi son assistante au dernier trimestre. Ce qui allait faire de moi un étudiant comme les autres. Et si je veux entrer au FBI l’an prochain, il me faut un dossier au-dessus du lot et irréprochable… J’espérais que tu te plantes à ce devoir, c’est un des plus compliqués, surtout en première année. Il permet à Monsieur Landry de cibler les compétences de chacun… Je savais qu’il prendrait sa décision grâce à ta note à cet essai. Je l’ai donc lu pour voir comment tu t’en étais sortie… Et quand j’ai vu que c’était plutôt bon, je me suis dit qu’il fallait que je trouve quelque chose. J’ai emmené ta copie discrètement chez moi ce soir-là. Je n’avais pas encore d’idée précise de ce que j’allais faire. Tu es capable de commettre le meurtre parfait, alors il fallait brouiller les pistes un minimum ! C’est Thomas qui a eu l’idée, je l’ai laissé faire. J’ai juste eu à lancer le logiciel en la présence du professeur Landry pour qu’il constate lui-même le plagiat. Il était tellement déçu ! Il jubile en disant ça en plus… Il a confiance en moi, il n’a pas essayé de joindre le professeur Bell en personne quand je lui ai dit que je l’avais fait. La suite, tu la connais.
Il a sorti tout son petit exposé sur un ton suffisant et fier de lui. Je sens la rage grandir au plus profond de mes entrailles.
Veronica : Et ça ne te pose pas de cas de conscience de mettre en péril mon avenir ?
Tim : Dans la vie il y a des gagnants et des perdants. Je suis un gagnant… Et si je dois enfoncer quelques têtes dans la boue pour me frayer le passage, je n’hésite pas. Avoue-t-il le regard noir.
Non mais j’hallucine ! Je suis outrée. Comment est-ce possible d’être aussi égoïste ? Comment peut-on penser que notre vie vaut mieux que celle de ses semblables ? Qui peut se sentir valorisé de tirer les autres vers le bas ? Je n’en reviens pas… La seule chose qui me rassure c’est que les gens comme lui restent des exceptions… Quoi que… Chez les 09ers c’est plutôt courant comme pratique… Et c’est maintenant que j’ouvre les yeux ? [Forcément, maintenant que c’est toi qui es visée !]…
D’un coup, il affiche un air interrogatif.
Tim : Mais comment as-tu eu ce dossier ? Et comment as-tu su pour Thomas ?
Veronica : J’ai des relations. J’espère que tu ne regretteras pas trop le FBI. Tu n’as plus qu’à trouver une autre vocation. Dis-je en prenant le chemin du retour d’un pas rapide.
Tim : Je nierai. Tu ne prouveras rien du tout.
Veronica : Je leur dirai simplement de passer un coup de fil à Jason Majorino. Ça devrait suffire à les convaincre que mes autres preuves sont réelles.
Tim : S’il n’y a que ça… Dès ce soir, un étudiant nommé Jason Majorino apparaitra en troisième année de criminologie à Stanford, virtuellement comme en personne. Déclare-t-il avec un sourire satisfait.
Veronica : Oui mais avec ceci, tu ne seras pas vraiment crédible. Dis-je en sortant mon téléphone de mon sac et en lui montrant qu’il est sur le mode enregistreur. Il ne semble pas comprendre, tant pis, je file.
Tim: Hé ! Attends !
Je me dépêche de mettre la clé dans le Neman et démarre en vitesse. J’exulte. J’ai trouvé le coupable, j’ai compris son stratagème, et j’ai réussi à lui tirer des aveux. Et en deux jours seulement ! Je n’en reviens pas. Direction le bureau du shérif, il faut que je raconte ça à Papa Oiseau. Il sera fier de moi.
***
Je pénètre dans le hall la mine réjouie, pleine de bonne humeur.
Veronica : Bonjour Léo !
Léo : Bonjour Veronica. C’est le fait de venir me voir qui te fait rayonner comme ça ?
Veronica : A vrai dire, c’est mon père que je viens voir.
Leo : Tu peux entrer dans son bureau petit soleil, il est seul.
Mais il me drague ? Je m’exécute et raconte mes exploits à mon père. Il me félicite, et me serre dans ses bras. Je crois qu’il est heureux, il a réussi à me transmettre un peu de lui. Il faut que je file. J’aimerais trouver le doyen ou le professeur Landry aujourd’hui.
***
Je me gare et je récupère mon sac sur le siège. Il faut que je me bouge les fesses. Ils doivent savoir que j’ai résolu le mystère avant le week-end ! Arrivée au secrétariat du doyen, la secrétaire m’informe qu’il est déjà parti. Zut. Je me rends au bureau de Monsieur Landry. Même constat. Tant pis. Ca attendra lundi. Du coup, j’ai le temps de manger un morceau avec Mac pour tout lui raconter avant d’aller travailler.
***
Alors que je sers une table, Wendy se glisse dernière moi.
Wendy : Un beau jeune homme veut te voir, encore !
Sans même prendre le temps de me retourner, je lui réponds :
Veronica : Je prends ma pause. Qu’est-ce qu’il me veut cette fois ? Est-ce qu’il … Dick ?
Dick : Salut V. Je peux te parler ? Il a l’air inquiet. J’espère que Logan va bien. [Arrête de tout ramener à lui !]
Veronica : Euh oui ! Viens. Dis-je en le poussant en dehors du passage. Qu’est-ce qu’il y a ?
Dick : Mac m’a dit que tu avais trouvé celui qui t’a accusé de plagiat. Bravo Mars, Le Dick est fier de toi.
Veronica : Merci, c’est tout ce que tu voulais me dire ??
Dick : Oui et non. Il hésite un instant et poursuit. En fait, je reçois tous les jours des … « Mots doux »… sous la porte de notre suite au NGH depuis quelques jours. Enfin… ce sont des petits messages très hot en fait ! Dit-il content de lui. Et j’aimerais bien savoir qui me les adresse, pour assouvir les désirs de cette jeune fille en chaleur.
Veronica : Qui te dit que ces mots ne sont pas destinés à ton colocataire ? Déclaré-je avec un sourire en coin. Je m’attends à voir la mine du Dick se déconfire.
Dick : Peut-être parce que c’est mon prénom qui est écrit sur l’enveloppe ! Répond-t-il avec le même sourire que moi il y a quelques secondes. Effet raté. Je grimace un peu. Il bombe le torse. Pathétique…
Veronica : Et ? Tu m’expliques en quoi cette histoire devrait m’intéresser ? Lâché-je blasée.
Dick : Eh bien vu que tu as trouvé ton coupable, Le Dick s’est dit que tu sauras sûrement trouver le mien. Waw ! Un raisonnement logique chez Dick. Il faut marquer ce jour d’un croix rouge dans le calendrier !
Veronica : Ecoute, je n’ai pas de temps à perdre avec tes petites histoires de cœur. Je travaille là ! Et puis ce n’est pas comme si tu ne connaissais pas assez de filles « hot » pour passer ton temps.
Dick : Excuse-moi de te déranger au boulot, mais le grand Dick est demandé ce soir, et ça devient pressant, tu vois ? Elle a l’air de savoir de quoi elle parle, elle !
Je fais demi-tour en roulant les yeux. Un vrai obsédé ! Il ajoute en haussant un peu la voix pour que je l’entende.
Dick : Je te paierai…
Je m’arrête. Je ne sais pas ce qui me fait sourire le plus : Est-ce le fait que Dick veuille payer pour s’envoyer en l’air ? Ou le fait que je pourrais gagner de l’argent pour découvrir la pauvre fille désespérée au point de courtiser Dick … Je me retourne, curieuse de savoir combien il propose pour ce service pour le moins original.
Veronica : Combien ?
Dick, tout sourire : Une ? Non, deux folles nuits d’amour ! Tu vas voir, je suis impressionnant. Je mime un haut-le-cœur avant de me retourner à nouveau. Attends … Que dis-tu de 100$ par jour ?
Je me retourne l’air surprise. Je ne sais pas ce qu’elle lui a promis, et je ne veux pas le savoir, mais il a vraiment envie de la retrouver ! Ce serait le moyen de me faire de l’argent très facilement…
Dick : 200 $ ???
Hein ? Il augmente le salaire ? Il a peut-être cru à ma mine étonnée que son offre de 100$ par jour était dérisoire… Ah les riches !
Veronica : Ça marche. 200$ par jour. Rendez-vous demain matin à 10 heures dans ta suite. Ben quoi ? 200$ par jour ! Je ne peux pas passer à côté d’une telle opportunité.
Dick : Demain matin ? Mais on sera samedi !
Veronica : A demain Dick !
Je reprends le travail un grand sourire aux lèvres. Il n’a peur de rien ! Heureusement que le ridicule ne tue pas, Le Grand Dick serait mort depuis longtemps ! Bon moi aussi c’est vrai, mais lui d’abord ! Et c’est cet abruti qui égaille ma soirée, on aura tout vu !
***
En rentrant, je repense à cette histoire. Comment vais-je trouver cette fille qui a visiblement chaud aux fesses ? Ca courre les rues à Neptune ! Je vais d’abord demander à Dick de me montrer les mots, peut-être que l’écriture ou le papier m’indiqueront une piste. Et puis je peux demander les vidéos de surveillance de leur étage. On y verra sûrement la fille déposer ses messages sous la porte…
Oui mais jamais je ne réussirai à obtenir ces vidéos pour un tel motif… Et même si j’en trouve un solide, ils ne doivent les refiler qu’à des représentants de l’ordre. Tiens, je pourrais me faire un faux badge du FBI pour les avoir ! Il faudrait que j’achète une imprimante HD, ça coûte un bras. A moins que je fasse passer ça dans mes frais et que je fasse débourser Dick…
Ou alors plus simple, je crée mes propres vidéos de surveillance ! Ça va être difficile de cacher mon caméscope dans le couloir… MON STYLO EVASION !! Oh Papa je trouvais tes idées de cadeaux farfelues, amusantes mais inutiles à l’époque. Quand je te dirai que j’ai trouvé une vraie utilité à ton stylo caméra, tu ne vas pas t’en remettre ! Je passerai le récupérer dans mes affaires à la maison avant d’aller à l’hôtel, demain.
***
Avant de toquer, j’observe le couloir, pour voir où je vais bien pouvoir mettre mon stylo caméra sans qu’il ne soit repérable. Je crois avoir une idée. La porte s’ouvre alors que je n’ai pas frappé. Une jolie brune sort en adressant un sourire aguicheur à Dick qui l’avait accompagnée jusque-là. Quand ses yeux tombent sur moi, ils se remplissent de dédain. Jalouse mademoiselle ? Il n’y a pas de quoi rassurez-vous ! Je n’y toucherai pas, soyez-en sûre.
Veronica : Délicate attention que de virer tes bimbos avant mon arrivée ! Pas trop dur le réveil ? Le taquiné-je.
Dick : Ca va Mars, n’en rajoute pas ! Entre… Mon ventre se noue imperceptiblement. Et si je tombais sur Logan ? Ne fais pas trop de bruit, l’étalon dort encore ! Tant mieux.
Veronica : Alors, si tu me montrais quelques « mots doux » ? Mais je t’en supplie, choisis-en un qui ne me fera pas recracher mon petit dej sur ta table basse.
Dick : Je t’ai déjà dit que tu étais une fille charmante ? Dit-il l’air dégoûté. Je vais te les chercher. Mais avant je prends une douche vite fait. Fais-nous couler du café en attendant. La machine est juste là.
Il disparait dans sa chambre, je m’approche de la machine pour choisir ma capsule. Ce sera Macchiato pour moi et Expresso pour Dick ! Les cafés prêts, je les dépose sur la table basse. Je m’installe confortablement pour savourer ma boisson fumante quand la porte de la chambre de Logan s’entre-ouvre. Le cœur battant, je tourne la tête dans cette direction. Je découvre une jeune femme blonde, plutôt bien équipée comme dirait Dick, en robe ultra moulante, en train d’embrasser un Logan ne portant qu’un bas de jogging. Mon cœur éclate. J’ai mal. Même si je savais qu’il continuait à s’envoyer en l’air avec des filles d’un soir, être témoin de … « ça ! »… rend les choses beaucoup plus réelles, et élimine les « peut-être » et les espoirs qu’il ait changé.
Ses yeux me trouvent. Son visage se peint d’une expression mi surprise-mi effrayée. Il déglutit difficilement. J’ai mal. Je suis en colère. J’aurais préféré ne pas voir ça. Je n’aurais jamais dû dire à Dick que je passerais ce matin. J’aurais dû attendre qu’il parte surfer. Quelle abrutie…. Mon regard se noircit. La colère. La déception aussi. Profonde. Je détourne les yeux. La blonde ne m’a pas encore vue.
Blonde : Tu me raccompagnes jusqu’à la porte ? Dit-elle en lui saisissant les mains.
Logan : Tu connais le chemin. Lâche-t-il froidement et en se libérant de son emprise.
La blonde a l’air surprise. Elle se tourne pour prendre la fuite et m’aperçoit. Ses yeux me lancent des éclairs. C’est la deuxième fille que je fais enrager rien que par ma présence ce matin. Mais soyez rassurée vous aussi Mademoiselle, là maintenant, je n’y toucherai pas non plus…. Ce n’est qu’une fois qu’elle est sortie que je le regarde à nouveau. Je devine aux mouvements de son torse nu que sa respiration est courte, saccadée. Il semble hésiter sur ses paroles à venir, peut-être entre essayer de m’expliquer le pourquoi du comment, ou tout simplement m’ignorer…
Logan : Nouveau travail ? En plus de faire le café tu le livres maintenant ? Pique-t-il en s’asseyant à côté de moi pour boire le café réservé à Dick. Raté, il ne m’a toujours pas ignorée… Il choisit l’attaque. Très bien. Si c’est ce que tu veux …
Veronica : Rien de nouveau de ton côté par contre… Lancé-je pour relever le défi que ses yeux m’ont lancé, mais en n'en pensant pas moins. Touché ! Il blêmit. Il va me répondre quelque chose mais l’arrivée de Dick dans la pièce l’interrompt.
Dick : Hey, t’es réveillé Dude ? Je t’avais dit de rester discrète Mars, t’abuses. Je vais répondre mais…
Logan : Elle n’y est pour rien, je ne dormais pas. Dit-il en se levant et se dirigeant vers sa chambre. Tu sais comment je suis quand une jolie fille se glisse entre mes draps ? Infatigable ! dit-il triomphant en pointant ses index vers Dick, avec un regard chargé de sous-entendus et un sourire suffisant. Je vais me doucher. Il disparaît dans sa chambre.
Dick : Tu ne devais pas me préparer un café ?
Veronica : Ça va, je ne suis pas ton larbin ! Je suis énervée par l’attitude de Logan. Je me radoucis un peu en lisant l’incompréhension sur le visage de Dick. Ton colocataire l’a bu….
Dick : Ok, tiens regarde, celui-ci est plutôt light. Dit-il en me tendant les billets doux et en se dirigeant vers la machine à café.
Message : « Je suis tellement brûlante que même les pompiers ne pourraient pas m’éteindre. Prêt à relever le défi de ta vie ? »
Eurk ! Je jette rapidement un œil aux autres, tous imprimés sur du papier blanc banal. Aucune piste envisageable avec ça.
Veronica : Tu n’as jamais reçu de menaces ?
Dick : Non
Veronica : Depuis quand en reçois-tu ? Et à quel moment de la journée les trouves-tu sous la porte ?
Dick : Plus d’une semaine. Et c’est assez variable. Souvent il y en a un quand je me réveille, ou sinon je les vois en rentrant. Comment tu comptes t’y prendre ?
Veronica : Ok. Eh bien tu vois, j’ai plus d’un tour dans mon sac. Dis-je en sortant mon super stylo de ma besace et en le lui lançant. Dick l’attrape au vol.
Dick : Je dois prendre des notes ? Demande-t-il inquiet. Il n’a pas dû faire ça depuis un moment…
Veronica : Mais non ! Tu vois ce qui est écrit sur le stylo ? Regarde de plus près.
Dick : Evasion. Et alors ?
Veronica : Il y a un objectif dissimulé dans le « O ». Ce stylo permet d’enregistrer jusqu’à 15 heures de vidéo.
Je vois à son air dubitatif qu’il n’a pas compris où je voulais en venir. Je précise donc en levant les yeux au ciel.
Veronica : On va placer ce stylo dans le couloir pour qu’il filme tout ce qu’il se passe devant ta porte pendant ce laps de temps. Comme ça on pourra voir qui glisse ces messages. Peut-être que tu la connais…
Dick : D’accord j’ai compris. Tu m’étonnes ! Et on va le mettre où ?
Veronica : Suis-moi. Prends un rouleau de scotch au passage.
Il s’exécute en fouillant dans le tiroir de la commode placée dans l’entrée. Une fois dans le couloir, je lui désigne le haut du chambranle de la porte qui fait face à la sienne.
Veronica : On va le placer là-haut. Logiquement personne ne devrait poser le regard dessus. Je te laisse le mettre en place, j’ai comme un problème de taille…
Dick : Je dois avouer que tu m’épates Mars. Dit-il en saisissant le stylo et me donnant le rouleau de scotch.
Veronica : Dirige bien l’objectif vers ta porte. Tiens, un morceau de scotch pour l’immobiliser. Ceci fait : Voilà, tu n’as plus qu’à cliquer sur le haut du stylo, comme si tu voulais faire sortir la pointe. Et Action ! Dis-je théâtralement en imitant le Clap des mains. Ca amuse Dick. Bon, tu n’auras qu’à me ramener le stylo demain au bar pour que je regarde ce qu’il a filmé, j’y serai tout l’après-midi. Je me sauve.
Dick : Merci Mars, je te revaudrai ça.
Veronica : J’espère bien, je n’ai pas oublié. 200$ par jour ! Un clin d’œil et je file. Pas envie de tomber de nouveau sur Logan. Pas envie de le laisser me mettre en boule.
***
Je rentre chez mon père. Il est toujours au travail. C’est ça d’être au service de ses concitoyens ! Back up me saute dessus, je me retrouve sur les fesses, hilare. Il m’a manqué mon chienchien. Après avoir fait les fous tous les deux, je prépare le repas. Papa rentre, ravi de me trouver aux fourneaux.
Keith : Humm qu’est-ce qui sent si bon ?
Veronica : Chili con carne !
Keith : Bonjour ma puce. Je suis content que tu sois là. Dit-il en m’embrassant sur le front. Alors, tu as pu voir le doyen ? Quelle a été la sentence pour Tim et son demi-frère ?
Veronica : Malheureusement je ne suis pas arrivée à temps. Le doyen et le professeur Landry étaient déjà partis. Ca attendra lundi !
Keith : Je t’ai déjà dit que je suis fier de toi ?
Veronica : Tous les jours ! Allez, à table !
Je lui raconte la vie à l’université, je lui parle de Mac et Lilly, de Wallace et même de Dick et de sa petite affaire. Il rit. Il connait le loustic. Et d’un coup…
Keith : Comment va ton petit cœur ?
Je me fige. Je blanchis. Mon cœur ? Il va mal. Je n’arrive pas à répondre à cause de la boule qui me serre la gorge et les entrailles. Comment puis-je être dans cet état alors qu’il ne s’est rien passé entre nous ?
Keith : Tu en est où avec Duncan ? Duncan ? Ah oui c’est vrai, je ne lui ai rien dit à propos de Logan. Il n’y a rien à dire de toute façon…
Veronica : Nous avons rompu… Mais ne t’inquiète pas, je vais bien. Il me couve du regard. Il sait que ce n’est pas la grande forme, mais il sait aussi que je n’en dirai pas plus.
Keith : Tu repars quand ?
***
J’ai passé le reste de la journée avec mon père. On s’est fait une soirée film/pop-corn à l’ancienne. Ça nous a fait du bien à tous les deux…. J’espère que Dick n’a pas oublié qu’il doit passer me remettre le stylo. J’ai hâte de découvrir qui est cette fille. La curiosité est un vilain défaut, je sais. Mais cette situation m’amuse ! Je continue de débarrasser les tables quand Dick se glisse sur la banquette de celle que je viens de nettoyer.
Dick : Salut Mars ! Dit-il en accompagnant ses paroles d’un petit salut militaire.
Veronica : Alors ? Tu as encore été harcelé ? Tu as pensé à moi ? Demandé-je en faisant référence à mon stylo. Je finis de sécher la table quand je sens une présence dans mon dos. Il est venu avec Lui …
Logan : Puis-je ?
Sans attendre de réponse, il me bouscule pour s’installer. Revoilà le Logan des débuts, l’amabilité en moins ! Je reporte mon attention sur Dick pour cacher mon trouble. Je ne suis toujours pas indifférente à sa présence. Je dois pouvoir faire mieux que ça à l’avenir !
Dick : Bien sûr Sherlock. Me répond-t-il en me tendant le stylo que je range dans ma poche de jeans. Et oui encore un message aujourd’hui. Je saurai bientôt qui est cette petite coquine ! Dit-il en se frottant les mains. Je roule des yeux.
Veronica : Qu’est-ce que je vous sers ?
Logan : La même chose que ce matin. S’empresse-t-il de dire en me défiant du regard. Tu veux jouer hein ? Je l’ignore, et note sur mon calepin sans même lui accorder la moindre attention puis regarde Dick.
Veronica : Et toi ?
Dick : Une bière. Je note et je file.
Quand leurs boissons sont prêtes, je les leur apporte avec l’addition. Comme pour Madison, je n’ai pas envie qu’il prenne plaisir à me siffler pour que je la lui amène. Je m’efforce de les ignorer tout le temps où ils sont là. Du moins j’essaye. Je sens qu’il me détaille parfois quand je lui tourne le dos. Ça me fait frissonner. Je me demande quand mon corps arrêtera de réagir en sa présence. Ça va être pénible à la longue sinon … Ils se lèvent. Logan vient payer.
Logan : Tu peux garder la monnaie. Lâche-t-il sournoisement.
Veronica : Je ne veux rien te devoir. Dis-je froidement en lui tendant son dû.
Logan : Sais-tu ce qu’est un pourboire ?
Veronica : On ne donne des pourboires que quand le service a été agréable.
Logan : Oh mais il l’a été ! Il accentue son sourire hypocrite.
Veronica : Au revoir Logan.
Je saisis sa main appuyée sur le comptoir et en y place vivement l’argent au centre. Je pars débarrasser leur table, ils s’en vont. Bon débarras ! J’évacue ma frustration et ma colère en faisant la vaisselle. Il m’énerve…
***
Arrivée à ma chambre étudiante, j’allume mon ordinateur et connecte mon stylo caméra. Je récupère le fichier et lance la lecture en avance rapide. Je nous vois Dick et moi. Puis le room service. Dick qui sort en faisant un clin d’œil, un sourire et un pouce en l’air face au stylo. Quel abruti ! Dick qui revient une fille sous le bras et qui refait le même petit cinéma devant l’objectif. Je roule les yeux. Logan sort… Où il va ? [Tu t’en fous !] Logan qui rentre, les cheveux mouillés. Il était parti surfer… La fille qui s’en va. Le room service. Rien. Oh… tiens tiens… Voilà la jeune fille qui a chaud aux fesses. Mais… Je te connais, toi ! Je souris.
Pendant que je me remets de cette découverte, la fille de ce matin revient… La blonde… Logan lui ouvre et la fait rentrer rapidement. Avant de refermer la porte, il jette un œil à la caméra, l’air gêné. Dick lui a sans doute expliqué ma présence ce matin et donc le fait qu’on ait placé une caméra. Peut-être qu’elle a oublié son sac… ou peut-être qu’ils remettent ça. Elle ne ressort de la chambre que deux heures plus tard. J’ai ma réponse. Deuxième coup de poignard de la journée… Note pour moi-même : avant d’enquêter pour Dick, y réfléchir à deux fois ! J’arrête la vidéo. J’en ai assez vu.
Avec tout ça je ne savoure même pas ma découverte. Et moi qui avais accepté de l’aider pour m’amuser un peu… En attendant que Mac revienne de chez ses parents, j’envoie un message à Lilly pour l’inviter à passer ce soir. Je m’enferme dans la salle de bain. Une bonne douche pour oublier tout ça…
En sortant, je me rends compte que Mac est rentrée. Je lui souris. Elle me raconte son week-end. Lilly débarque à ce moment. Elle tombe bien !
Veronica : Vous voulez savoir ce que j’ai fait ce weekend ? J’ai mené une enquête. Et la découverte que j’ai faite est juste INCROYABLE. Vous voulez savoir ? Balancé-je l’air surexcité.
Lilly : J’a-dore les ragots ! Vas-y, raconte !
Veronica : Venez là, dis-je en leur désignant mes côtés après m’être assise sur le lit.
Je prends mon ordinateur sur les genoux et cale la vidéo une minute avant l’arrivée de la jeune messagère de Dick. Je ne leur dit rien et je les laisse regarder. Elles se penchent un peu vers l’écran. Elles échangent un petit regard qui ne m’échappe pas. Je souris. Mac se met à rougir lorsqu’on la voit déposer le papier sous la porte… On explose toutes les trois de rire. Il va falloir qu’elle m’explique. Il va falloir qu’ELLLES m’expliquent, visiblement Lilly est au courant de quelque chose.
On finit par se calmer après cinq minutes de fou rire.
Veronica : Alors ? Tu m’expliques petite coquine ? Elle et Lilly s’échangent un nouveau regard.
Lilly : Eh bien en fait, on voulait savoir jusqu’où Dick était prêt à aller pour se taper une fille. Et on a eu cette idée…
Mac : On a écrit des petits mots plus… hot les uns que les autres. Il fallait susciter et attiser l’attention du mâle ! Et ensuite soit moi, soit Lilly allions les glisser sous la porte.
Veronica : Ouf ! Tu m’as fait peur. Je croyais que tu voulais vraiment le Dick ! Nouveau fou rire.
Lilly : Alors ? Explique-nous pourquoi tu as cette vidéo avec toi !
Veronica : Vous voulez savoir jusqu’où il est prêt à aller ? Il est prêt à raconter ses histoires à une amie qui n’est pas si proche de lui pour qu’elle enquête au tarif de 200$ par jour afin de trouver la fille la plus chaude qui se soit intéressée à lui. Et encore un fou rire…
Veronica : Pourquoi vous ne m’avez pas demandé de vous aider ? Ça aurait été avec plaisir ! Dis-je un peu vexée.
Mac : Beh… On n’avait pas envie que tu tombes accidentellement sur Logan… Tu avais l’air assez perturbée comme ça… Mais rassure-toi ! On allait te le dire dès que tu irais mieux… Et d’ailleurs, comment ça va ?
Veronica : Oh… d’accord… Eh bien vous avez peut-être bien fait car je me suis prise une claque en tombant « accidentellement » sur Logan et sa pouffe… Deux fois en plus ! Mais bref. Ce n’est peut-être pas une si mauvaise chose. Je sens que ça va m’aider à « Passer à autre chose » aussi ! Dis-je en relativisant. Sourires de compassion en face. D’un coup je blêmis. Il ne va pas me payer s’il sait que c’est vous !
Mac, blêmissant à son tour : Il va nous arracher la tête s’il sait que c’est nous…
Lilly : Ou alors il sera d’une lourdeur pas possible en nous ressortant chacun des messages qu’on lui a écrit à longueur de journée…
Nous sommes dépitées, foutues … Une idée, il faut trouver une idée…
Veronica : On n’a qu’à dire que c’est quelqu’un d’autre. Mais qui ? Nos trois cerveaux bouillonnent pour trouver une solution satisfaisante. La vidéo continue de tourner depuis tout à l’heure. Tout d’un coup, Lilly prend la parole.
Lilly : On n’a qu’à dire que c’est elle ! On la regarde perplexe alors qu’elle entame sa petite danse de la victoire, debout sur le lit. Elle reprend en recalant la vidéo quelques secondes plus tôt. Regardez.
On voit la lingère passer avec son chariot et se pencher pour ramasser une taie d’oreiller tombée en passant. Mon visage s’illumine.
Lilly : Elle n’a pas un physique suffisamment avantageux pour que Dick ait envie de la mettre dans son lit et donc de ruiner notre couverture. Désolée Madame, vous ne connaîtrez jamais les prouesses du Grand Dick ! Dit-elle en se remettant à danser.
Mac : Et si on tire cette photo, en stoppant la vidéo sur une image de la dame tendant le bras vers le sol sans pour autant discerner la taie d’oreiller, on peut convaincre Dick que c’est elle !
Veronica : Et je n’aurais plus qu’à lui dire que j’ai discuté avec cette dame et qu’elle ne l’embêtera plus. On se tape dans les mains, fières de nous. On peut imprimer cette photo ? Mac s’en occupe.
Lilly : On va manger ? J’ai faim ! On se lève direction la cafeteria. Et au fait, vous venez vous préparer chez moi demain soir pour la fête du jour du désespoir ?
***
A la première heure le lundi, je fais le pied de grue devant le secrétariat d’administration pour rencontrer le doyen. Il arrive le nez dans un dossier et manque de me percuter.
Doyen : Ah Mademoiselle Mars ! Quelle nouvelle m’apportez-vous ?
Veronica : La preuve de mon innocence Monsieur. Dis-je pleine de confiance.
Doyen : Entrez et installez-vous. Je vous écoute.
Veronica : Eh bien voici la preuve que je n’ai pas plagié mon devoir. Chantonné-je en tendant un mince dossier répertoriant les informations que j’ai trouvées. Il le parcourt attentivement.
Doyen : Impressionnant… Mais j’avoue être sceptique. Tim est un élève sans histoire et son demi-frère Thomas était extrêmement brillant lui aussi. Je ne les imagine pas monter un tel stratagème pour vous faire des noises.
Veronica : Oh… eh bien j’ai ça aussi. Je lui tends la clé USB sur laquelle j’ai sauvegardé l’enregistrement. Il me regarde incrédule, et branche la clé. C’est l’enregistrement n°3. Il le lance. Plus la lecture progresse, plus son visage s’assombrit. Une fois la piste terminée :
Doyen : Eh bien Je crois que nous vous devons des excuses Mademoiselle Mars… Vous avez votre place ici en criminologie tout comme le A+ dans votre moyenne. Je dois parler de tout ça à Monsieur Landry et décider de la sanction de Tim… Puis-je garder ça ?
Veronica : Tout ce que vous voulez Monsieur. Je suis satisfaite.
Doyen : Très bien. Allez en cours maintenant.
Veronica : A vos ordres Monsieur ! Et je quitte le bureau en sautillant.
Je me demande ce qu’il va arriver à Tim. Ses chances d’accéder au FBI vont être compromises avec cette histoire. Mais il en est le seul responsable après tout… Alors pourquoi je culpabilise ? [Parce que toi tu as une conscience ! ] Ça doit être ça. Elle est même lourde parfois… Mais il parait que c’est une vertu…
***
Ce midi, seuls Dick et Logan sont déjà là. Je m'installe avec eux en prenant soin d’ignorer Logan.
Veronica : Hey. J’ai trouvé ta chaudasse !
Dick : Hum, tu n’imagines pas comme Le Grand Dick est heureux en cet instant précis. Alors que je fouine dans ma besace pour trouver la photo …
Logan : Mars. Lance-t-il sur un ton froid, me fixant d’un regard sombre. Apparemment il n’a toujours pas décidé de m’ignorer. Ça me faciliterait tellement la vie !
Veronica : Echolls. Même ton, même regard, tête légèrement inclinée. On se croirait dans un Western…
Dick : Bon alors, c’est quand tu veux !
Veronica : C’est elle. Dis-je ne me reconcentrant sur lui. Dick esquisse une grimace, elle n’est pas à son goût, Lilly avait raison. C’est la femme de ménage. Je suis allée la rencontrer pour savoir… Pourquoi elle faisait ça. Faire des avances au Dick relève du mystère pour moi ! Dis-je avec une mine dubitative. Logan me regarde toujours, je devine un rictus amusé sur ces lèvres. [Ignore-le !] Apparemment elle discuterait parfois avec tes coups d’un soir qui lui vanteraient tes prouesses. Elle voulait elle aussi avoir la « chance » de passer une folle nuit avec Le Dick… Décidément je ne la comprends pas…
Dick : Si tu veux je peux te montrer, tu comprendras vite. Dit-il séducteur en passant un bras sur mes épaules. Je mime le dégoût.
Veronica : Eh ben voilà, tu m’as coupé l’appétit. Merci Dick… Logan sourit davantage.
Dick : Bon. Le Dick est déçu... Il s’attendait à passer une soirée de dingue avec une fille dingue… Il a tout gobé, ouf ! Je te dois … en comptant sur ses doigts … 600$... ? Sa question déguisée en affirmation me fait sourire. Le Dick est Le Dick, et les maths c’est pas son truc.
Veronica : Disons 400$, je te fais cadeau d’aujourd’hui.
C’est surtout que je culpabilise déjà de te mentir et de te prendre ton argent même s’il ne te manquera pas. [Et aussi parce que tu as une conscience]. Oui aussi, mais je suis obligée de lui mentir, sinon il aurait mené la vie dure à Lilly et Mac… [Hum hum]…
Dick : T’es trop bonne V. L’autre en face ne dissimule même pas son ricanement. Dick se rend compte que sa réaction a un deuxième sens, ses yeux s’arrondissent puis me détaillent avec un regard pervers.
Veronica : Arrête ça tout de suite! Lâché-je en lui mettant une tape à l’arrière du crâne. Et toi aussi ! En m’adressant à Logan.
Logan : Je suis quand même étonné Ronnie. Refuser 200$, par pure bonté… Ça ne représente pas une somme importante pour vous les petites gens ?
Veronica : 200$ ? A peine de quoi s’envoyer en l’air avec une bimbo de luxe pendant, quoi, une demi-heure ? Une heure ? Dis-moi Echolls…
Logan : Je ne peux pas te dire. Elles se jettent toutes à mes pieds, et gratuitement ! Ce sont elles qui recherchent mes services, pas l’inverse ! Se défend-t-il malicieusement.
Dick : Brrrrrrrrrr, Recréant le bruit de l’impact d’un obus et en le mimant de ses mains, C’est la guerre ! Lance-t-il avec une voix de GI Joe. On le regarde tous les deux, désabusés.
Duncan : Hey ! Ça va vous ? Vous venez à la soirée ce soir ? Nous surprend-il en se joignant à nous.
Logan : La soirée où toutes femmes célibataires espèrent un rancard pour le lendemain et, pour cela, laissent toute retenue au placard ? Comment pourrait-on rater ça ? Je ne prête pas attention à sa remarque…
Lilly : Moi qui n’ai pas l’habitude de laisser ma retenue au placard, vous pouvez compter sur moi ! Dit-elle en posant son plateau, toute joyeuse d’aller faire la fête. Enfin sur nous, hein les filles ? Ajoute-t-elle à Mac qui s’installe ainsi qu'à mon attention.
Veronica : Youpi. Réponds-je sans aucun entrain.
Lilly : Allez V., ne tires pas cette tête, on va se marrer comme des pélicans ! Sa bonne humeur me réchauffe le cœur, je lui souris.
Veronica : Il y a intérêt ! Mac me bouscule de l’épaule avec un sourire et un regard complice, comme pour m’en assurer. Amusée, je lui fais un clin d’œil.
Lilly : Et puis il me semble qu’on n’a toujours pas fêté l’exclusion de Tim !
Veronica : Mouais, il n’y a pas de quoi être fière. Sa carrière au FBI est terminée avant même d’avoir commencé. Tout ça grâce à qui ?
Lilly : T’es pas sérieuse, tu culpabilises alors qu’il a t’a tiré dans les jambes ? Il n’a que ce qu’il mérite !! Quoi que, je ne suis même pas sûre que ça aurait compromis tes chances de réussir. Tu es une vrai détective en herbe ! Elle se lève alors sur sa chaise et place ses mains de part et d’autre de sa bouche pour hurler : MEFIEZ-VOUS MALFRATS, VERONICA IS IN THE PLACE !
Je deviens toute rouge, je baisse la tête et me cache le visage avec une main. L’autre attrape le bras de Lilly à l’aveuglette pour la forcer à s’asseoir. Les autres pouffent.
Veronica : Mais tu yoyottes de la cafetière ? Tout le monde nous regarde…
Lilly hausse les épaules et me regarde avec admiration. Elle est fière de moi, mais j’aimerais autant qu’elle ne le crie pas sur tous les toits.
Dick : Le Dick vous souhaite un bon appétit, il doit passer au NGH récupérer ses vêtements avant d’aller mettre en place la soirée de ce soir.
Logan : Je t’accompagne Dude.
Dick : Tu pourras dire aux gars que je me dépêche Duncan ? Qu’ils n’aillent pas croire que je vous laisse tomber …
Duncan : T’inquiète Dude. Répond-t-il sans même lever la tête de son assiette.
Veronica : Hey Dick, l’interpellé-je avant de reprendre plus bas, n’oublie pas d’éviter la lingère quelques temps ! Je lui lance un clin d’œil qu’il me rend.
Les filles sont au bord de la rupture. Elles explosent à peine ont-ils passé la porte, je les rejoins quasi-immédiatement, sous le regard inquiet de Duncan.
***
Je me dirige en classe, pensive. J’étais contente d’aller faire la fête ce soir. Besoin de m’évader après avoir été accusée à tort, et après avoir assisté au réveil de Logan et de sa blonde… Besoin d’oublier… Mais si c’est pour assister une nouvelle fois à ce spectacle… Je suis tout de suite moins pressée d’y être… [Arrête de broyer du noir] Ce n’est pas faux. Il serait temps de … que moi aussi je tourne la page… Mon cœur manque un battement à cette réflexion. Je soupire. Il faut que j’occupe mon esprit avant de me mettre à trop penser. Alors sujet du cours : La procédure d’assignation à comparaître en droit administratif… Intéressant !
Mac m’emmène chez Lilly. Cette fois je mettrai la tenue que j’ai emmenée, même si Lilly insiste pour que je porte autre chose. De toute façon, cette robe fourreau bleu indigo avec son dos nu vertigineux est très jolie. Mac m’entend bougonner dans mon coin et monte le son pour chanter à tue-tête sur une chanson 100% fille. Un sourire s’étire doucement sur mon visage. Je craque, moi aussi je chante.
Lilly n’a pas trop insisté pour que je porte autre chose, ni pour ma coiffure d’ailleurs. J’ai juste attaché mes cheveux sur le côté et bouclé quelques mèches. Soit je lui plais comme ça, soit elle a baissé les bras pour éviter le conflit… Je connais suffisamment Lilly pour savoir qu’elle ne baisse pas les bras, alors c’est que je dois être jolie ! On arrive en retard, comme d’habitude. Lilly soigne toujours ses entrées…
***
Duncan nous fait signe. On le retrouve au bar. Dick est au service. J’ouvre de grands yeux.
Veronica : Où est ton uniforme de petite soubrette ? Le taquiné-je.
Dick : Tais-toi Mars ! J’évite quelqu’un c’est tout. Dit-il en furetant du regard.
Veronica : Une Dickette amoureuse qui a décidé de ne pas te lâcher la grappe ?
Dick : Piiiire ! Madison ! Oh non, elle est là elle ? En même temps rien d’étonnant, aucune retenue ce soir c’est ça ? C’est tout à fait elle… Vous voulez quoi ?
Toutes les 3 : Margartitaaaa ! On glousse. Notre barman roule des yeux et s’exécute. Merci !
On trinque, on boit, on observe la foule en analysant le comportement des jeunes filles en rut, ce qui d’ailleurs nous fait bien rire, je cherche… Pas là. Pas encore. [Laisse tomber] On passe sur la piste de danse, accompagnées de Duncan et Dick qui en a déjà marre de travailler. Des filles se rapprochent de nous. Deux beaux garçons libres de nanas se trémoussant ne passent pas inaperçus, encore moins le soir du jour du désespoir ! Quelques danses puis le regard des filles autour de nous converge vers un même endroit, je jette un œil dans cette direction. Évidemment ! Logan et son sex-appeal viennent de passer la porte…. Il nous rejoint. Les filles commencent à s’agglutiner autour de nous, les garçons sont aux anges. Ça se tripote de partout, c’en est trop pour moi. Je murmure aux oreilles des filles que j’ai besoin de faire une pause commodité. Ceci fait, je repasse par le bar avant de rejoindre la piste. C’est qu’il fait chaud au milieu de tout ce monde. Je patiente en attendant mon tour.
Logan : Mars seule au bar. Rien d’étonnant … Dit-il avec un sourire narquois. Je ne me laisse pas déstabiliser.
Veronica : Plus étonnant encore : Pas de jeune fille dévergondée pendue à ton cou Echolls ? Tu te relâches…
Logan : Jalouse ? Il jubile, pendant que je fais une moue dégoûtée. Quoi, tu n’as pas vu il y a cinq minutes sur la piste ? Ça se battait presque pour attirer mon attention. Quel prétentieux !
Veronica : Et ça se battait tellement que tu es toujours seul …
Logan : Hey, je n’ai même pas encore eu le temps de prendre un verre ! Et puis comme ça, j’ai le temps de peaufiner mon choix. J’hésite entre la rousse et cette brune-là… Il désigne les deux filles ayant le plus gros bonnet à proximité. Je roule des yeux. Je me suis voilée la face vraiment trop longtemps pour ne pas me rendre compte à quel point son attitude est proche du primate en rut !
Veronica : Un choix ? Depuis quand ce n’est plus celui qui en enfile le plus qui gagne ?
Logan : J’ai toujours privilégié la qualité à la quantité. Écœurant… La barmaid s’avance vers lui. Et oui, les privilèges quand on est beau et riche s’appliquent même au bar ! Qu’est-ce que tu veux ? En faisant référence à la boisson que j’aimerais boire.
Veronica : Passer à autre chose. Réponds-je du tac au tac, en abandonnant le sourire hypocrite qui était affiché sur mon visage tout au long de cette discussion.