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Nothing about Love you know

Série : Veronica Mars
Création : 11.12.2014 à 18h26
Auteur : Elodielodi 
Statut : Terminée

« Suite de "Love, I don't know" » Elodielodi 

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Veronica : Qu’est-ce que c’est ? Il ne répond pas. Il relève la tête, accablé. Il me tend le flacon. Je lis l’étiquette. Ce sont des anxiolytiques, adressés à Lynn Echolls par le Dr Colantoni. Pharmacie de la cinquième avenue à New York.

Logan : Elle était déprimée… et je n’en savais rien…

Veronica : Tu n’étais pas au courant de sa situation, tu ne pouvais pas savoir.

Logan : J’aurais dû le savoir. Dit-il en se levant brutalement et en criant. Je n’aurais jamais dû partir. J’aurais dû rester là-bas. Je n’aurais jamais dû la laisser seule avec lui… Finit-il la voix brisée, une main sur la nuque. Sa culpabilité le ronge. Je ne peux plus ignorer sa détresse. Mais je suis incapable de le rasséréner. Tu crois… qu’elle… a voulu en finir ? Demande-t-il peiné. Enfin je veux dire, le rapport expliquait la présence de psychotropes en grande quantité. Tu crois qu’elle en a abusé ? Ajoute-t-il en désignant le flacon. Je l’ouvre, regarde à l’intérieur. Il est quasiment plein. Je regarde dans la poubelle, pas de flacon vide.

Veronica : Je ne pense pas. Il parait un peu soulagé. Le flacon est à peine entamé, et ça à l’air d’être le seul. Il n’y a qu’un moyen de savoir combien ont été prescrits : contacter soit le médecin, soit la pharmacie. Il agite la tête de haut en bas, convaincu que c’est la prochaine étape. Je glisse le flacon dans ma besace. Allez, on y va. Dis-je doucement. Il me suit silencieusement.

 

On se dirige vers la porte, mais juste avant qu’il éteigne la lumière de la salle de bain, un reflet provenant de sous la commode près de l’entrée attire mon attention. J’arque un sourcil. C’est le seul meuble que je n’ai pas déplacé, chamboulée par la remarque provocante de Logan, je suis passée directement à la table de nuit... Je m’allonge sur le sol pour voir ce qu’il s’y cache et tends un bras pour attraper l’objet.

 

Logan : Tu crois que c’est le moment de faire les poussières ? Le cœur n’y est pas encore, mais je salue l’effort de légèreté. Je me relève et observe ma trouvaille. Un sourire se dessine sur mon visage et je me retourne pour lui expliquer. Il est surpris par ma mine satisfaite.

Veronica : Je pense que ce n’est peut-être pas ta mère qui a abusé des antidépresseurs. Ceci confirme peut-être le rapport du légiste. Son visage s’illumine en découvrant une seringue. Sa mère n’a peut-être pas décidé délibérément de l’abandonner. Ca suffit à lui remonter le moral. A moins que l’ancien occupant de cette chambre était un Junky… Ajouté-je à contrecœur. Son sourire s’estompe. Il ne doit pas se faire de faux espoirs… La seconde hypothèse est la plus probable…

 

Je regarde autour de moi. Que vais-je pouvoir utiliser pour emmener cette seringue sans compromettre les analyses qui seront menées dessus ? Pas de linge, ça effacerait les empruntes. Le mieux serait un sachet… Mais il n’y en a pas. J’ai une idée. Je retire doucement le gant de ma main qui tient la seringue et le retourne par-dessus pour l’y emprisonner. Parfait. Impossible de faire un nœud, sinon l’aiguille percerait le gant et risquerait de se souiller. Je retire l’élastique de mes cheveux, et ferme le gant précautionneusement avec l’élastique tout en bloquant l’aiguille de façon à ce qu’elle ne déchire pas le gant. Je glisse ensuite la preuve dans ma besace. Je passe ensuite les doigts dans mes cheveux pour les arranger un peu et regarde Logan pour lui impulser le départ. Il me regarde, admiratif.

 

Veronica : Quoi ? Dis-je vivement avant de prendre la porte.

Logan : Mais rien. Dit-il un faible sourire au coin des lèvres.

Veronica : Active au lieu de rêvasser ! Lui crié-je de la passerelle. On doit passer au commissariat avant que j’aille au Java.

 

***

 

Mon père nous reçoit dans son bureau. Je lui raconte notre cheminement jusqu’ici depuis la réception de son mail. Je lui remets le flacon de pilule et la seringue. En découvrant le « scellage maison », il sourit et me complimente sur ma présence d’esprit. Il nous informe qu’il va l’envoyer tout de suite en analyse. Il explique qu’il a commencé par fouiller la voiture et trouver dans le sac à main de Lynn une ordonnance pour des anxiolytiques. Il a contacté le médecin pour avoir plus d’informations, Lynn était bien dépressive mais pas au point de mettre fin à ses jours selon le docteur. Logan se détend un peu…

 

Il nous met dehors pour se rendre au laboratoire avec les preuves. Il m’assure qu’il me tiendra au courant. Je dépose Logan au NGH. Il râle un peu, sa voiture est à l’université, mais je vais être en retard au travail si je fais l’aller-retour jusque là-bas rien que pour ses beaux yeux… Après une dernière joute verbale, il se résigne à se faire conduire par Dick demain. C’est satisfaite de notre travail que je rejoins le Java the Hut.

 

***

 

Je profite de ma seule soirée de libre dans la semaine pour dîner avec Piz. Je ne sais pas encore la tournure que va prendre la discussion, mais il faut qu’on parle. Je fais un petit saut au commissariat, j’ai deux petites heures de libre avant de rejoindre Piz à la cafeteria et n’y tenant plus, je viens aux nouvelles. Papa est en réunion. Je discute un peu avec Leo, et le remercie encore pour l’avant-veille. La porte s’ouvre sur mon père, je lui saute dessus.

 

Veronica : Alors ? Tu as des nouvelles ?

Keith : Ne t’ai-je pas dit que je t’appellerai quand j’en aurai ?

Veronica : Oui, mais je me suis dit qu’avec tout ce travail tu as peut-être oublié d’informer ta fille chérie. Dis-je ingénue.

Keith : Et comment veux-tu que je t’oublie avec les douze appels et quinze messages que tu m’as laissés aujourd’hui ? Je hausse les épaules et continue.

Veronica : On ne peut pas faire en sorte d’accélérer le mouvement ? Je peux les menacer si tu veux ! Je me fais passer pour un agent haut placé du FBI en prenant une voix très autoritaire de façon à ce qu’ils comprennent que cette affaire est d’une importance capitale. Exagéré-je à peine.

Keith, amusé : Tu penses que ton petit cinéma motivera les machines à travailler plus vite ? J’affiche une moue dubitative. Le fax bipe, il s’en approche pour récupérer le document. Il lit les quelques pages qui en sortent avec attention. Je le regarde perplexe. Pas besoin de mettre à exécution tes menaces. Voici le rapport de l'analyste. Il me le tend pour que je constate par moi-même. J'étudie les documents.


Elodielodi  (14.01.2015 à 18:00)

Veronica : Des cellules correspondant au profil génétique de Lynn retrouvées dans le creux de l'aiguille, du LSD à l'intérieur de la seringue et une emprunte sur le piston appartenant à Enrico Capra… Le LSD fait bien partie des agents psychotropes ?

Keith : C'est bien ça.

Veronica : Alors ce serait ce Enrico Capra qui aurait tué Lynn ? Dis-je excitée de toucher la fin de l'enquête.

Keith : A vrai dire, cela l'accuse juste d'avoir introduit du LSD dans le corps de Lynn. À son insu ou pas, ça, on ne le saura qu'en l'interrogeant… Ce qui est certain, c'est que le LSD ajouté aux anxiolytiques a entraîné un surdosage en psychotropes, et c'est probablement ce qui a poussé Mme Echolls au suicide... Je demande immédiatement un mandat d'arrêt contre ce type. Dit-il, déterminé, en pénétrant dans son bureau.

 

Il faut que j'informe Logan. Peut-être même qu'il le connaît. Dans plus de 80% des cas, les meurtriers font partie de l'entourage de la victime. Je sors mon téléphone et compose son numéro. De tête… À force de le voir s'afficher je l'ai retenu... Ça sonne dans le vide. Jusqu'à la messagerie. Je raccroche et retente ma chance.

 

Messagerie : Vous êtes sur la messagerie de Logan. Voici la pensée du jour : « La vie est courte, « fête » que les jours soient longs et que les amis soient là ». Claude Marcolet.

 

Veronica : Logan il faut que je te parle. Rappelle-moi...

 

Je raccroche et regarde l'heure. 18h40. En comptant trente minutes de route pour retourner à l'université, ça me laisse exactement vingt minutes ... Pour passer au NGH et voir si Logan ne connaît pas ce type. Je fonce.

 

J'arrive devant la porte mais au moment de frapper, l'excitation est remplacée par de la crainte. Et s'il n'était pas seul ... Stupide Veronica, pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ... Ou alors il était juste sous la douche ce qui explique qu'il n'a pas décroché. Sauf qu'il aurait rappelé après avoir écouté sa messagerie.... On parle de Logan là, il est forcément avec une fille… Enragée contre moi-même, je tourne les talons pour rejoindre l'ascenseur. Celui-ci s'ouvre sur Logan, les cheveux humides et sa combinaison à la main. Un sourire se dessine sur mon visage. [Ou alors il était juste parti surfer...]

 

Logan : Hey, que me valent cette visite ... Et ce sourire ? Je te manque ? Je le savais que tu pensais à moi... Dit-il d'une voix chaude en se dirigeant vers la porte de sa suite. Je le suis en roulant les yeux.

Veronica : Dans tes rêves Echolls ! Est-ce que le nom d’Enrico Capra te dit quelque chose ? Il abandonne sa combinaison dans un coin et se dirige vers le mini bar.

Logan : Nouveau membre de mon fan club ? Je parle de celui qui campe devant l'hôtel bien sûr.

Veronica : Parce que tu penses que tu as un autre fan club ailleurs ? Il me sourit sournoisement.

Logan : C'est évident ... Il m’adresse un clin d’œil.

Veronica : Eh bien ! Je vois que tu as profité du soleil. Le melon est bien mûr ! Il sourit.

Logan : Tu veux quelque chose ? Me demande-t-il en désignant le frigo.

Veronica : Des réponses. Alors ? Enrico Capra ? Il prend une bière et réfléchi un instant.

Logan : Là comme ça, ça ne me dit rien. Ça devrait ?

Veronica : … On a retrouvé son empreinte sur la seringue... Ainsi que des cellules appartenant à ta mère. La seringue contenait du LSD.

Logan: Ca veut dire qu'il ...

Veronica : Qu'il a injecté des psychotropes à ta mère provoquant un surdosage ayant conduit ta mère sur ce pont ... Il réfléchit et reprend sérieusement.

Logan : Tu as une photo ? Ou au moins un peu plus d'infos ?

Veronica : Je suis venue tout de suite quand j'ai appris. Je t'ai appelé mais tu n'as pas répondu. Il me pointe son téléphone du doigt, il est posé sur la table basse. Tu as un ordinateur ? On peut regarder rapidement ce qu'on trouve.

Logan : Ok viens. Il m'emmène dans sa chambre et sors son PC du tiroir de sa table de nuit. Tiens, trouve tout ce que tu peux Sherlock, je vais me doucher, le sel me démange. Dit-il en retirant son t-shirt avant de disparaître dans sa salle de bain.

 

Quelques papillons s'agitent dans mon ventre. Son dos, son torse, ses bras, sa peau ... [Stop!] Je m'égare. L'eau qui coule dans la pièce d'à côté ne m'aide pas à détourner mon attention. J'ouvre son portable et m'assoie sur le lit pour lancer les recherches. L'idée de pouvoir fouiller dans ses dossiers me démange, mais je lutte. Comme pour Kristen Percy, j'ouvre plusieurs onglets : Private Eyes, Facebook, Google ...

 

Sur le premier, j'apprends qu’Enrico est âgé de 43 ans, qu'il est divorcé depuis dix ans, son fils a 14 ans et vit avec sa mère. Il a été à l'école et au lycée dans une petite ville proche de L.A. Il vit maintenant sur L.A. où il travaille dans un garage. Rien de bien intéressant à relever.

 

Sur Facebook, sa photo de profil m'apprend qu'il a la carrure d'un rugbyman. Rien d'autre, j'aurai besoin de Mac pour aller plus loin. Je tape son nom dans Google. La douche s'arrête. Je relève les yeux vers la porte. Je suis ridicule, comme s'il allait sortir de là nu et mouillé. ... Et puis de toute façon je m'en fiche. Je me reconcentre... Il y a beaucoup d’Enrico Capra. Je réduis la recherche à L.A. et ses environs. Plus que trois. Il va falloir faire du tri dans les infos.

 

Logan sort de la salle de bains, uniquement vêtu d'un boxer, une serviette autour du cou qu'il utilise pour frotter ses cheveux. Les papillons et mon cœur s'emballent un peu plus. Ça suffit ces réactions de jeune fille en fleur !

 

Logan : Alors ? Tu as trouvé quelque chose d'intéressant. Dit-il en s'approchant de moi.


Elodielodi  (16.01.2015 à 18:44)

Veronica : Habille-toi Logan ! Lâche-je instinctivement, sans détourner les yeux de l'écran, avant qu'il ne soit trop près.

 

Il me regarde et je le vois sourire dans mon champ de vision. Il se dirige vers sa penderie pour choisir un jean puis un t-shirt. Sans grand contrôle sur eux, mes yeux se lèvent tous seuls sur son dos musclé avant qu'il enfile le maillot. J'inspire profondément pour reprendre le dessus sur mes émotions. Il vient s'asseoir à mes côtés pour que je lui montre le résultat de mes recherches. Le matelas s'enfonce sous son poids, me déstabilisant. Mon épaule rencontre la sienne. Enfin... Son biceps pour être précise. Je reste appuyée contre lui en déplaçant l'ordinateur pour le mettre entre nous deux. Il place sa jambe contre la mienne afin de poser le PC. J'apprécie ces contacts, cet échange de chaleur... mais je me redresse, me détachant imperceptiblement de son épaule et de sa cuisse. Il pose sa main sur le lit, derrière moi, et y prend appui, créant ainsi un nouveau contact beaucoup plus franc entre mon épaule et son torse. Et en plus de ça je peux sentir son souffle glisser le long de mon bras. Comment veut-il que je me concentre ? Pour couronner le tout, je suis envahie de son odeur. Son gel douche sent le musc. J'ai toujours aimé cette odeur, virile...

 

Mon portable vibre. Je le sors de ma poche. Piz.... Je regarde l'heure, 19h45. Mince. Déjà quinze minutes de retard, sans compter la route... Je ne décroche pas. Si je lui dis que je suis chez Logan il va péter les plombs. Je l'appellerai en sortant d'ici. Je range mon téléphone. Logan me regarde. L'air mi- étonné mi- content.

 

Logan : Tu veux mon avis ?

Veronica : Non ! Mais je suis sûre que tu vas me le donner… Dis-je lasse.

Logan : Tu aurais dû répondre. Il va s'inquiéter.

Veronica : Et depuis quand ça te concerne ?

Logan : Parce que je suis prêt à parier que tu ne lui as pas dit que tu étais ici et que maintenant il ne va pas cesser de rappeler jusqu'au moment où tu finiras par décrocher et là, tu n'auras plus aucune crédibilité en lui disant que tu ne faisais que discuter. Je suis déconcertée par tant de bon sens

Veronica : Ça ne me dit toujours pas en quoi ça te concerne. De toute façon, il n’a aucune raison de s’inquiéter… Il sourit. Mais ne dit rien. Ça m'agace. Vas-y ! Vas au fond de ta pensée Echolls ! Il plonge ses yeux dans les miens.

Logan : Aucune ? Il marque une pause, comme s'il attendait des aveux. Mais il reprend. Tu es dans ma chambre, sur mon lit, près de moi, très près de moi... Insiste-t-il. Je frissonne. Mon rythme cardiaque s'accélère. Tu as raison, aucune raison de s’inquiéter. Dit-il espiègle. J'avale ma salive.

Veronica : Non, aucune. Je m'éloigne en lui faisant face, prenant garde à ne pas faire tomber l'ordinateur. C'est ça, la confiance !

Logan : Tu veux dire que tu ne céderas pas à la tentation de caresser mon corps ? Lâche-t-il avec un air coquin en se caressant les pectoraux et en se trémoussant avec un grand sourire. Je souris moi aussi et décroche un petit coup de poing dans son épaule pour l'inciter à arrêter ses bêtises. Aie ! Il se frotte le bras comme s'il était douloureux et me regarde de ses yeux doux. Après quelques secondes, il reprend. Alors ? Enrico Capra ? Je me re concentre et pivote à nouveau dans le même sens que lui pour qu'il puisse voir l'écran. Il se rapproche ...

 

Je lui fais un topo sur mes découvertes, en faisant défiler la page Private Eyes. Je passe ensuite à l'onglet Facebook. Il se tend immédiatement. Je le regarde perplexe.

 

Veronica : Tu le reconnais ? Il fixe toujours la photo, je vois la chair de poule dans son cou. Il le connaît c’est sûr…

Logan : Oui ... Enfin ... Je crois... C'est flou, mais je me souviens de ce mec, je l'ai déjà vu. Il y a longtemps, je ne sais plus quand ni où, mais j'en avais peur. Mon portable vibre à nouveau. Il me regarde avec un sourire en coin. Ses yeux me disent  « Je te l’avais bien dit ! ». Je l’ignore.

Veronica : C’était quand tu étais jeune ? C'était avant ou après avoir quitté Neptune ? Au collège ? Au lycée ? Chez toi ? Tenté-je en espérant provoquer un stimulus. Il réfléchit sans quitter la photo des yeux. Il grimace.

Logan : Ahhh, je ne suis pas sûr. Il ferme les yeux. Il semble recoller les pièces du puzzle. Il les rouvre. Je me souviens que je voulais jouer avec ma nouvelle gameboy color. Mais je l'avais oubliée sur la table de salon… En arrivant dans l'encadrement de la porte, il était là assis sur le fauteuil, juste en face de ma gameboy. Ses yeux étaient noirs, son visage froid... Un type louche. Alors je me suis planqué dans le couloir en attendant qu'il s'en aille. Mon père et lui parlaient de la mise en scène d'un accident de voiture... Je ne sais pas bien. Sûrement la scène d'un film... Mais ce n'est pas la seule fois où je l'ai vu. Il est venu souvent après. Je crois que c'est à lui que mon père a acheté ses voitures de collection… Ou que c'est lui qui les réparait, j'en sais rien mais ils étaient souvent dans le garage.

Veronica : Donc il connaît ton père ...

 

Ça ne présage rien de bon. Mon esprit trame une version mais j'espère qu'il se trompe. Je lève les yeux vers Logan. Il me dévisage, essaye de lire mes pensées.

 

Logan : Tu penses que mon père est lié à tout ça ?


Elodielodi  (17.01.2015 à 17:33)

Veronica : Je ne sais pas. Il m'observe encore. Son regard est indéchiffrable. On pourrait en parler à mon père mais ….

Logan : Il faudrait prouver qu'ils se connaissent non ? J'acquiesce, à moitié surprise. Il percute bien et vite.

 

Il parait calme, mais à l'intérieur ça bouillonne. Aaron est son père, mais ça fait longtemps qu'il ne l'estime plus. Seul son nom l'unit à lui, et je suis sûre que s'il pouvait, il en changerait. Mon portable vibre encore, ça passe inaperçu.

 

Veronica : J'ai peut-être une idée. Tu disais qu’ils parlaient de la mise en scène d’un accident de voiture. C’était quand ?

Logan : Je ne sais plus. Pourquoi ?

Veronica : Enrico est garagiste. Peut-être qu'il a fourni les véhicules au film. Je n’en sais rien... Je veux vérifier. Au cas où...

Logan : … J’ai eu ma gameboy pour mes 7 ans. Ou pour mes 8 ans…

Veronica : Ce qui nous mène en 1995-1996. Dis-je en recherchant la filmographie d'Aaron. Je la consulte. Nous sommes chanceux ! Si on considère qu’ils en étaient au tournage à cette époque, seuls ces trois films peuvent correspondre avec le timing.

Logan : Dans ce film, il recherche un homme au cœur de l’Amazonie, il n’est même pas question de voiture…

Veronica : Alors on l’élimine. Et les deux autres ?

Logan : Tu penses que je manque de profondeur au point de faire de ces daubes mes films cultes ? Déclare-t-il offensé.

Veronica : Sexe Intentions est un film culte alors ? Dis-je faussement crédule.

 

J’ignore son regard posé sur moi et ouvre dans un nouvel onglet les synopsis de ces films. Le premier conte une histoire d’amour… mais pas d’accident de voiture. Le second parle d’un braquage de banque, de fusillades dans la rue, de courses poursuites… Ah, on y est peut-être ! Je lance des recherches plus poussées dans différents onglets. Nous passons un petit moment à éplucher les informations. Quand Bingo ! On y est !

 

Logan : Là ! Regarde ! S’agite-t-il, manquant de faire basculer l’ordinateur.

 

J’avais déjà vu. Enrico Capra fait partie de l’équipe technique du film, en tant qu’assistant en mécanique sur les véhicules utilisés. Je souris faiblement, contente d’avoir trouvé un lien formel et de voir Logan s’impliquer dans cette enquête de la sorte. Je copie le lien de la page et ouvre ma boite mail. Destinataire : Keith Mars. Objet : « Le monde est petit ! ». Corps : Clic droit, coller. Envoyer !

 

Logan : Et maintenant ? Je me lève, accroche ma besace à mon épaule et sors mon téléphone de ma poche.

Veronica : Et maintenant, je vais aller dîner ! Je suis attendue et j'ai une faim de loup. Je passe une main sur mon ventre vide puis regarde l'heure. Oh... Déjà une heure de retard ... Je grimace. Je te tiens au courant lorsque j'aurai des nouvelles.

 

J'avance vers la porte en composant le numéro de Piz. Le répondeur se déclenche au bout de deux sonneries seulement. Étrange. Je rappelle. Ça décroche, et alors que je veux parler, ça raccroche aussitôt. J'affiche une mine frustrée. Logan, qui m'a accompagnée jusqu'à la porte, semble amusé par ma moue.

 

Logan : Il boude ?

Veronica : ça se comprend non ? Il acquiesce.

Logan : J'crois que ton dîner en amoureux vient de tomber à l'eau... Je hausse les épaules avec un sourire penaud et lui fait un petit signe en guise de bonsoir, prête à me diriger vers l'ascenseur.

Logan : Je peux commander de quoi remplir ton estomac... Une sorte de compensation... Je le regarde surprise par cette proposition déplacée. Je te propose pas un tête-à-tête romantique rassure-toi ! Juste... Un dédommagement pour travail tardif. J'avise un instant. Mon ventre grogne. Ça doit être un signe...

Veronica : Je veux du homard ! Avec des frites et de la sauce au beurre blanc. Dis-je en rentrant dans la suite et en me vautrant sur le canapé. Il sourit, attrape le téléphone et s'installe sur le canapé lui aussi.

Logan : Room service ..... Il faudrait deux hamburgers-frites avec un supplément mayonnaise pour la suite 1145 s'il vous plait .... Je feins l'indignation. Il me sourit rapidement. .... D'accord merci. Il raccroche.

Veronica : Et mon homard ?

Logan : Tu as aussi dit vouloir des frites, non ? Se défend-t-il gaiement. Et puis ce n'est pas un dîner aux chandelles Mars. Tu devrais être contente, je t'ai pris un supplément mayo !

Veronica : T'as de la chance de ne pas avoir pris du ketchup... Bougonné-je.

Logan : Ce n'est pas de la chance ...


Elodielodi  (18.01.2015 à 17:29)

Je le regarde étonnée. C'est vrai qu'avec le café c'était facile mais comment sait-il pour la sauce ? J'ouvre la bouche mais c'est inutile de lui demander. Je viens de comprendre. Il connaît mes habitudes et mes goûts. Comme je connais les siens. Il fut un temps je l'observais et traquais le moindre point commun avec lui. Il faisait sûrement la même chose… Pendant que je réfléchis, il se lève et se dirige vers le mini bar.

 

Logan : Un soda ? Une bière ?.... Il n'attend pas ma réponse et m'envoie mon soda préféré et se prend le même. C'est tout de même surprenant ... Et touchant ...

Logan : En attendant notre repas, comédie ? Drame ? Ou fantastique ? Mon visage de fend d'un sourire. Me connaît-il aussi bien qu'il le laisse croire ? Voyons voir ... Je le défie du regard. Il le relève. Étant donné ton état d'esprit ce soir : déçue mais transportée par l'avancée l'enquête, je dirais .... Comédie !

 

Je suis époustouflée, mais je ne laisse rien paraître. Il a tout bon, encore... Il vient s'asseoir sur le canapé après avoir glissé un DVD dans le lecteur, un peu plus près que tout à l'heure... Dès les premières images, je reconnais le film, the Big Lebowski. Je souris. Je connais ce film par cœur. Il ne pouvait pas mieux choisir ... Défi relevé avec brio Echolls... Je suis impressionnée. Troublée aussi, par toute l'attention qu'il m'a portée à l'époque... Qu'il me porte aujourd'hui...

 

Je tourne discrètement les yeux vers lui. Il est pensif. Je me reprends instantanément. Tandis que moi je me perds au milieu des sentiments contradictoires que j'éprouve à son égard, lui est probablement en train de ressasser nos découvertes et d'accuser le coup : son père est peut-être responsable de la mort de sa mère... Je me sens honteuse. Il étend ses bras sur le dossier du canapé, frôlant mes cheveux de sa main. Le frisson qui me parcourt est tellement intense que mon corps subit une secousse qui attire son attention.

 

Logan : Tu as froid ? Se soucie-t-il.

Veronica : Non ...

 

Son regard doux entretient mon frisson, mais je ne m'en détourne pas. Je suis hypnotisée. Je me sens bien... Le Room service toquant à la porte met fin à ces œillades. Il se lève et reçoit le chariot après avoir glissé un pourboire à l'employé. Il pose nos assiettes sur la table basse. L'odeur alléchante et la présentation soignée me mettent en appétit. Je dévore mon assiette, sous son regard amusé. Je décide de ne pas m'attarder ensuite et le remercie de m'avoir nourrie à l'œil. J'appelle Piz avant de monter dans la voiture. Messagerie encore.

 

***

 

En arrivant à l'université, je me dirige directement vers la chambre de Piz et Wallace. Avant de toquer, je colle mon oreille à la porte. Aucun bruit. Ils dorment peut-être. 22h30. Peut-être pas … Trois heures de retard ... Il va être vraiment en colère... J'appuie doucement sur la poignée, histoire de le rejoindre discrètement dans son lit. Mais la porte ne s'ouvre pas. J'arque un sourcil et ressaye un peu plus franchement. Fermée à clé. Je toque. Pas de réponse. Ils ne sont pas là. Je téléphone successivement à Piz puis à Wallace. Tous les deux sur répondeur... Ils sont probablement sortis pour se changer les idées.

 

***

 

Mac : Déjà là ? Vous vous êtes disputés ? Ah oui… Elle me croyait avec Piz... Je grimace.

Veronica : Non mais c'est pour bientôt ! Elle insiste du regard en attendant la suite. Je n'étais pas avec Piz ce soir ... Elle soupire.

Mac : Laisse-moi deviner. Tu étais en train d'enquêter sur la mort de Lynn Echolls ... Et je parierai que tu n'étais pas seule ...

Veronica : Que de clairvoyance Mme Irma, et sans boule de cristal ! Tu sais où sont Piz et Wallace ?

Mac : Non. J'ai passé une partie de la soirée avec Lilly, à pester contre l'amie qu'on ne voit presque plus à cause de son nouveau hobby ! Taquine-t-elle. Je lui adresse une petite grimace. Du nouveau dans cette affaire ?

Veronica : Je suis passée voir mon père tout à l'heure et il a reçu le rapport d'analyse. C'est un certain Enrico Capra qui a injecté du LSD à Lynn.

Mac : Et ce sont les effets secondaires du LSD qui l'ont menée au suicide ...

Veronica : Combinés aux antidépresseurs, oui. Je suis donc passée chez Logan pour voir s'il ne le connaissait pas, en coup de vent à l'origine, pour rejoindre Piz à l'heure, mais les recherches ont été plus longues que prévu. Mais ça a payé ! Logan s'est souvenu que ce type était déjà venu plusieurs fois chez lui et on a trouvé de quoi prouver l’existence d’un lien entre Enrico Capra et son père. Et puisqu'il était déjà tard et que Piz ne me répondait pas, j'ai mangé au NGH avant de repartir. Tu sais qu'ils accompagnent leurs burgers d'une tranche d'emmental ? Elle fronce les sourcils. Du vrai fromage Mac !

Mac : Piz doit vraiment être en rogne....

Veronica : C'est certain... Je ne suis pas pressée d'être demain... Wallace va m'en faire baver... Mac glousse, puis me regarde hésitante.

Mac : Veronica ? ... Fais attention à toi ... Je la regarde, elle semble inquiète pour moi. Elle n'a pas envie de me revoir dans le même état qu'il y a quelques mois.

 

Veronica : Ne t'inquiète pas Mac. Je ne retomberai pas dans le panneau. Dis-je sûre de moi. Je dois m’en convaincre en même temps qu'elle... Mais je vais devoir avoir une discussion sérieuse avec Piz… Repris-je plus bas.

Mac : Qu'est-ce que tu veux dire ?

Veronica : Ses sentiments à mon égard me font peur. Je n'ai pas encore les mêmes, et il faut que je lui dise pour qu'il ne se fourvoie pas. Elle acquiesce. Un sourire se dessine progressivement sur mes lèvres. Et en parlant de sentiments, est-ce que tu aurais des choses à raconter à ton ingrate de copine ? Elle me sourit.

Mac : Oh, rien me concernant. J’affiche ma moue « Ouais, c’est ça ! ». Elle l’ignore. Par contre je suis sûre que Lilly est totalement amoureuse de son amant secret... Je frétille d'impatience d'entendre ce qu'elle a à me dire.

Veronica : Vas-y, raconte. Tu sais qui c'est toi ? Elle n'a jamais voulu me dire...

Mac : Je ne sais pas non plus mais je sens qu'on le saura bientôt !

Veronica : Et tout ça sans boule de cristal ! Quel talent ! On rigole.

 

***

 

Mes pieds m’ont emmenée dans les jardins de l'université. Je m'arrête et prends le temps de détailler l'environnement. Je ne viens jamais ici. Pas le temps. Mais c'est un tort. Cet espace est magnifique. Et par cette matinée chaude et ensoleillée, l'endroit donne encore plus envie de s'y poser. Je m'assoie donc dans l'herbe. Cette partie des jardins est bien moins artificielle que celle face à l'entrée principale. Si on fait abstraction des bâtiments dissimulés derrière les grands arbres, on se croirait dans une clairière au sein d'une forêt. Les jacinthes des bois poussent sauvagement, habillant d'une teinte violette le manteau vert foncé de l'herbe indomptée. C'est reposant, apaisant. Je me sens mieux. Je profite encore un peu de l'instant avant de regagner mon bâtiment. Je voudrais me changer avant de reprendre les cours, je me sens ridicule apprêtée ainsi…


Elodielodi  (19.01.2015 à 19:25)

FLASHBACK : Quelques minutes plus tôt

 

Mission de ce matin : aller m'excuser auprès de Piz. Je regrette vraiment d'avoir fait capoter notre soirée en amoureux hier. Même si c'est pour la bonne cause ! Je me lève tôt et décide de me rendre irrésistible pour affronter ce qui m'attend ... Moi ? Corruptrice ? Noooon .... Tout y passe : épilation des jambes, des aisselles, du maillot, des sourcils, enfilage de mon plus beau chemisier accompagné de ce jean qui me fait des fesses d'enfer, coiffage en side hair en ajoutant quelques boucles, maquillage léger et naturel, et cerise sur le gâteau : chaussage de mes escarpins ! Un dernier coup d'œil dans le miroir, au top ! Je sors assez fière de moi de la salle de bain. Mac siffle d'admiration.

 

Mac : Si avec ça il t'en veut toujours...

Veronica : Im-pos-si-ble !

 

Je lui fais un clin d'œil en quittant la chambre, décidée à apporter le petit déjeuner à mon cher et tendre. Je me dirige vers la cafétéria et achète des pâtisseries en nombre ainsi que trois cafés - Ben oui, pour Wallace aussi ! Je me dirige la peur au ventre vers leur chambre. Devant la porte, j'inspire une dernière fois avant de frapper. Je n'attends pas la réponse et entre doucement avec mon grand sourire spécial excuse.

 

Veronica : Salut vous deux. Ne râlez pas tout de suite, je vous apporte le petit déj !

 

Je pose le tout sur le bureau. Wallace grogne et se tourne de l'autre côté. La soirée a dû être bonne étant donné que les effluves d'alcool me caressent encore les narines. Je souris en coin en me dirigeant vers le lit de Piz, dans quel état est-il ?


Elodielodi  (20.01.2015 à 20:29)

Alors que j'arrive à proximité, il remue dans son lit, faisant glisser le drap. Je découvre une chevelure brune en même temps. Je me fige brusquement. J'hallucine… J'espère que j'hallucine…

 

Veronica : Piz ? Questionne-je suspicieuse.

 

Il ouvre les yeux en grommelant puis s'étire. Et seulement à ce moment il réagit. Il se redresse vivement, réveillant ainsi la brunette qui l'accompagne... Je n'hallucine pas… Ma respiration s’accélère, la haine me brûle le thorax. J'ai envie d'hurler sur lui, sur cette fille. Comment a-t-il pu ? Lui qui se voyait vivre sa vie avec moi ? Et moi qui culpabilisais de ne pas l'aimer autant que lui m'aimait ... À croire qu'au final c'est moi qui l'aime le plus ... Il me regarde, paniqué, sans rien dire, puis il baisse les yeux. Sûrement parce que les miens lui lancent des éclairs.

 

Brune : C'est qui elle ? Lâche-t-elle encore dans les vapes.

 

Il ne répond pas. Wallace s'agite dans son lit et se lève d'un coup.

 

Wallace : Putain mec, qu'est-ce que t'as foutu ? Dit-il surpris en découvrant la brune. Il est en colère aussi. Il n'a pas l'air au courant du petit manège qui a eu lieu de l'autre côté de la chambre. Il tourne les yeux vers moi, guettant ma réaction. Je suis paralysée par la fureur qui menace d'éclater.

Veronica : Probablement le dindon de la farce ! Réponds-je à cette fille avant de tourner les talons. Wallace veut me suivre, je lui intime de rester là, j'ai besoin d'être un peu seule.

 

Je marche d'un pas rapide mais sans but dans les couloirs. De rage je fini par retirer mes talons et marcher les pieds nus. Je ressasse ces images, sans cesse, en boucle. Celles où la tête brune apparaît suivie du regard de celui qui a été pris sur le fait... Je n'ai rien vu venir. Je pensais qu'on pouvait se faire confiance ... Confiance... Tu parles. C'est un mythe la confiance ! Ça n'existe que dans les films et les bouquins à l'eau de rose... C'est vrai que je n'étais pas très disponible ces derniers temps. Mais cela n'excuse en rien son comportement ! Et dire que je m'en voulais ... M'en voulais que mes sentiments ne soient pas réciproques, de me sentir .... Bien en compagnie de Logan ... Mais moi, jamais, ô grand jamais, je n'aurais osé le trahir...

 

FIN DU FLASHBACK


Elodielodi  (20.01.2015 à 22:46)

X : Hola Chica ! Ou devrais-je t’appeler « Mujer Fatal »… Tu ne devrais porter que ça… M’interrompt-il en pleine réminiscence.

Veronica : Ou pas… Réponds-je froidement. Le compliment me fait pourtant plaisir, mais je suis encore hermétique à toute tentative de distraction.

X : Hummm je vois que tes fréquentations déteignent sur toi. Tu deviens aussi méprisable qu’elles… Aie, il le prend pour lui. En même temps il ne sait pas à quelle point la rage se déchaîne à l’intérieur, et puis…

Veronica : Ca va Weevil, c’est franchement pas comme si pas comme si on était potes tous les deux.

Weevil : Ca ne t’empêchais pas d’être agréable avant. Dit-il en s’éloignant.

 

Mince… Je n’ai pas assuré là. Même s’il est vrai que je ne suis pas amie avec le chef des motards, je n’étais pas son ennemie jusque-là. Je suis la seule de notre petit groupe qu’il respectait au lycée. Peut-être parce qu’on vient de la même classe sociale, ou parce que je ne l’ai jamais critiqué, quoi qu’il en soit il est arrivé qu’il me défende quand ses bikeurs me titillaient… J’irai m’excuser auprès de lui plus tard…

 

J'inspire profondément et me relève, profite une dernière fois de la caresse de l'herbe puis me rechausse.

 

Le retour est plus serein que l'aller. Mon esprit est ailleurs. Perdu entre déception et résignation. Je m'arrête de nouveau à la cafétéria pour prendre un café à emporter. Je vois au loin Duncan, Lilly, Mac, Logan et Dick en train de discuter. Je les saluerai tout à l'heure. Je n'ai pas envie de parler pour le moment. De retour dans la chambre, j'enfile un t-shirt plus confortable et mes converses puis je me démaquille. J'observe le reflet dans le miroir. J'aurais peut-être dû conserver le maquillage, j'ai une tête à faire peur avec les mâchoires saillantes et le regard noir... Tant pis, les gens s'en accommoderont. Je vais être en retard en cours si je ne me bouge pas. Je récupère mon téléphone. Douze appels et sept textos, dont un de Wallace.

 

7h50, SMS : Appelle-moi quand tu voudras en parler, je rappliquerai dans la seconde qui suit. Wall.

 

Ce message me met du baume au cœur. Je sais que je peux compter sur lui. J'efface les six autres de Piz sans les lire. Je n'ai que faire de ses excuses face à l'affront qu'il vient de m’infliger.

 

***

 

Keith : Ma puce ?

Veronica : Allo papa ?

Keith : J'ai une nouvelle qui devrait t'intéresser. Je lui accorde toute mon attention. J'ai demandé un relevé des appels téléphoniques d'Enrico Capra. Et devine qui lui a passé trois coups de fil la semaine précédant le drame ?

Veronica : Ne serait-ce pas ce cher Aaron Echolls ?

Keith : Dans le mille ! Et il y a mieux ! Enrico lui a téléphoné à peine vingt minutes avant le suicide de Lynn...

Veronica : ... Comme pour le prévenir que c'était fait !

Keith : On ne s'emballe pas ! Il y a peut-être une bonne raison à ces appels, qu'ils nous expliqueront bientôt j'espère. J'ai lancé un mandat d'arrêt contre eux. Il n'y a plus qu'à mettre la main dessus.

Veronica : Pourvu que ce soit rapide. Je suis pressée de savoir ce qu'ils ont à dire.

Keith : Qui c'est ton héros ?

Veronica : Toi bien sûr ! Qui d'autre ?

Keith : Soit sage et n'oublie pas de faire tes devoirs ! Dit-il en raccrochant.

 

Du positif - ou presque, tout dépend du point de vue - pour égayer un peu cette journée. Il faudra que j'en parle à Logan ce midi si je le croise. Fin de la pause, il faut que je retourne en classe.

 

***

 

Veronica : On peut aller à la pizzeria pour une fois ? S'il vous plait. Supplié-je. Pas envie de le croiser avec sa nouvelle conquête.

Lilly : Ça ne colle pas avec mon régime ça !

 

Mac et moi faisons une moue incrédule. Lilly n'est pas du genre à faire régime, déjà parce qu'elle n'en a pas besoin, et surtout parce qu'elle aime trop profiter de la vie pour se priver, même s'il s'agit de nourriture.

 

Lilly : Quoi ? On pourrait changer un peu et tester le grec d'en face, non ?

Mac : T'as raison, beaucoup plus diététique ! La charrie-t-elle.

Veronica : Comme il vous plaira tant qu'on bouge de là !

Lilly : Encore une dispute ? Pourquoi ne suis-je pas étonnée ?

Veronica : C'est un peu plus compliqué que ça...


Elodielodi  (21.01.2015 à 18:15)

Duncan : Qu'est-ce qui est compliqué ? Lance-t-il dans notre dos. Si c'est de trouver la meilleure table pour déjeuner c'est simple. C'est la même que d'habitude ! Il est rejoint par Dick et Logan.

Mac : Vous vous passerez de notre compagnie ce midi messieurs. Discussion entre filles oblige ! Dit-elle en attrapant mes épaules et me dirigeant vers la sortie. Je hoche la tête et me laisse guider. Lilly suit le mouvement. Je me retourne avant que l'on passe la porte.

Veronica : Logan ? Il faudrait que je te parle tout à l'heure. Mon père a téléphoné et selon moi c'est une bonne nouvelle qu'il m'a annoncée. Dis-je avec un petit sourire, auquel il répond par un clin d'œil.

 

On disparaît à l'extérieur.

 

Une fois installées au restaurant grec, je raconte ma découverte matinale à mes amies. Elles sont bouches bées, tout comme moi elles n'en reviennent pas.

 

Lilly : Il a pourtant l'air tellement ... Inoffensif.

Mac : Et comment tu prends ça ?

Veronica : Comme une fille que son petit ami a trompée ! Dis-je naturellement en croquant à pleine dent dans mon kebab.

Mac : Et qu'est-ce que tu comptes faire ?

Veronica : Rien du tout, l'ignorer. Il n'y a pas pire offense que de nier son existence.

Lilly : Quoi ? Pas de représailles ? Je secoue la tête tout en continuant de manger. Si c'est parce que tu n'as pas d'idées, tu sais que je suis très imaginative n'est-ce pas ? Lilly la peste, le retour !

Veronica : Crois-moi, des idées j'en ai plein ! Vinaigre dans le café, gel douche dans le dentifrice, mayo dans le shampoing... De quoi pourrir son quotidien pendant des semaines ! Et au pire je peux même m'arranger pour qu'il se fasse scotcher nu au pied du drapeau à l'entrée de l'université ! Mais je n'ai pas envie de perdre mon temps avec lui... Et toi non plus tu ne devrais pas ! Ajouté-je pour Lilly qui meurt d'envie de mettre en exécution toutes ces mesquineries.

Lilly : T’es pas drôle... Même pas une petite ? Histoire de lui montrer qu'on ne s'en prend pas à Veronica Mars sans égratignures ?

Veronica : Il perd déjà beaucoup dans l'histoire... Elles me regardent perplexes. Ben oui ! Moi ! Dis-je souriante en posant mes mains sur les hanches. Elles rient avant de partir sur un tout autre sujet.

 

***

 

Ce repas avec les filles m'a déridée, j'ai le cœur allégé. Je les abandonne en arrivant devant les escaliers menant au bâtiment principal et me dirige sur l'allée le longeant par la gauche. Je m'arrête à peine quelques mètres plus loin et me vautre nonchalamment sur un banc, bras le long du dossier, jambes écartées. Je lève la tête et laisse le soleil caresser mon visage. J'inspire et lance avec une voix grave à mon voisin :

 

Veronica : T’es un chasseur de prime, mec ? Il sourit. J'ai adopté la même position que lui…


Elodielodi  (22.01.2015 à 22:14)

Logan : Tu t'es fait un marathon des films de Clint Eastwood ? Tu es ruinée maintenant. Je ne pense pas que ce soit possible de te rentre plus "mec".

Veronica : J'ai une "bonne" nouvelle. Dis-je en reprenant une voix normale et en mimant les guillemets.

Logan : Tu veux te sentir comme un homme ? Accompagne-moi à ma classe. On se lève et se met en route vers les amphithéâtres.

Veronica : Tu veux que je porte tes bouquins ? Il ne relève pas, un peu stressé par ce que j'ai à lui annoncer.

Logan : Alors ?

Veronica : Alors Enrico et ton père ont eu des échanges téléphoniques. Et en apportant la preuve qu'ils se connaissaient avant, mon père a pu lancer un mandat d'arrêt contre eux. La tête baissée il continue d'avancer sans rien dire. Je finis par rompre le silence. Mon amphi est ici alors... À plus tard. Il hoche la tête et me fait un petit signe de la main avant de poursuivre sa route.

 

Pas si bonne que ça la nouvelle… La pilule est amère pour lui. Son père a peut-être joué un rôle dans la mort de sa mère. Quoi de plus affreux... Je soupire et pénètre dans la salle de cours.

 

***

 

Pendant que je nettoie une table, Wallace s'installe à celle d'à côté. Je lui souris et me tourne vers lui.

 

Veronica : Qu'est-ce que je te sers jeune athlète ?

Wallace : Un coca bien frais avec une petite rondelle de citron ! Je lui fais un clin d'œil. Tu en bois un avec moi ?

Veronica : Je ne termine que dans une heure. Ça va faire tard pour toi si tu m’attends... Je sais que votre coach a décidé de vous faire courir demain matin à 6h00. Et d'ailleurs pourquoi ? C'est inhumain ! Il sourit.

Wallace : Pour pousser nos performances toujours plus loin bien sûr ! Mais tant pis si le réveil est difficile, je veux m'assurer que ma BFF va bien.

Veronica : Ta BFF ? Dis-je un peu moqueuse pour cacher mon émotion.

 

L'amitié qui me lie à Wallace m'est précieuse, unique. Et constater que c'est un sentiment partagé m'emplit de joie. Je souris et pars préparer sa boisson. Je reviens la poser devant lui avant de m'occuper des autres clients.

 

Veronica : Cadeau d'une BFF à son BFF !

 

À la fin de mon poste, je m'installe avec lui. Très vite le sujet tombe sur ma visite de ce matin. Wallace est très en colère contre Piz, peut-être même plus que moi. Il est ravi de voir que je relativise et que je réussis à tempérer ma réaction et me confie qu'à ma place il n'en aurait pas été capable. Étonnant de sa part, lui si posé et réfléchi...

 

***

 

J'arrive en retard à la cafétéria, j'ai trainé un peu sous la douche ce matin. J'avais besoin de réconfort. La soirée avec Wallace était géniale. Mais une fois dans mon lit, mon esprit n'a pas cessé de se remémorer la scène de Piz et sa brune dans son lit. Je digère mal cet affront. La confiance… un mot qui perd tout son sens quand la trahison est commise et que la déception est là.... Il s'en veut, vu le nombre d'appels et de messages qu'il me laisse, mais je me fiche éperdument de ses excuses. Le mal est fait. Lilly me fait de grands signes. Je la rejoins, un double café à la main.

 

Dick : Une de ces têtes Mars ! T'as encore fait des folies de ton corps hein ? Me dit-il, plein de sous-entendus. Mac et Lilly échangent un regard gêné avant de guetter ma réaction du coin de l'œil. Mes mâchoires se contractent.

Veronica : Pas vraiment non ! Articulé-je en essayant d'être le plus neutre possible.

Duncan : Piz ne déjeune pas avec nous ?

 

J'évite son regard pour lui répondre. Il me connaît bien. Et je suppose que cette question n'est pas anodine. Il a probablement perçu mon embarras. Ma respiration est un peu plus difficile.

 

Veronica : Non, et ça n'arrivera plus de sitôt…

 

Je laisse passer un instant avant de relever les yeux de mon gobelet. Dick lance une vanne à laquelle Lilly répond, détendant sensiblement l'atmosphère. Je loue sa simplicité à cet instant et sa capacité à détourner une conversation. Je croise un regard, celui de Logan, désolé et empli de compassion. Je lui adresse un rictus pour lui signaler que tout va bien, ou presque. Je sens toujours ses yeux me couver bien que j'ai détourné le regard, qui se pose naturellement ... Sur la brune ! Elle passe près de nous en me toisant avec un sourire sournois. Je soutiens son regard, la rage au ventre. Ça l'amuse en plus… Je suis à deux doigts de lui sauter dessus pour lui faire passer l'envie de sourire de la sorte.


Elodielodi  (23.01.2015 à 22:26)

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