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Série : Veronica Mars
Création : 11.12.2014 à 18h26
Auteur : Elodielodi
Statut : Terminée
« Suite de "Love, I don't know" » Elodielodi
Cette fanfic compte déjà 62 paragraphes
Mac : Laisse tomber V. Elle n'en vaut pas la peine. Avec la description que je leur en ai faite, elle l'a reconnue. Je regarde Lilly, prête à bondir. On ne touche pas aux gens qu'elle aime.
Je me ressaisis. Les garçons nous regardent, même Dick s'est tu. La scène les a interpellés. Les yeux de Logan sont plus sombres. Il a compris. Face à l'incompréhension des deux autres - de Dick en particulier - je me vois dans l'obligation de leur expliquer. De toute façon ils le sauront à un moment ou un autre, autant que ce soit tout de suite.
Veronica : J'ai surpris Piz au lit avec cette fille. Lâché-je d'un bloc avec détachement.
Dick : Piz ? Avec cette fille ? Demande-t-il plus surpris par la capacité de Piz à mettre un tel canon dans son plumard que par la révélation que je viens de faire.
Veronica : C'est ce que je viens de dire.
Dick : Je suis désolé pour toi Veronica, mais je ne peux pas lui en vouloir ! Dit-il en levant une main vers son voisin.
Duncan ne répond pas à son geste. Je fronce les sourcils, il baisse sa main et efface son sourire. C'est dingue comme je l'intimide ! Alors comme ça Le grand Dick a peur de la petite Mars ! Cette pensée me fait sourire légèrement, ce qui a pour effet de détendre mes interlocuteurs. Tous sauf un... Ses yeux sont de plus en plus noirs, il fixe dorénavant l'horloge de la cafétéria.
Duncan : Et tu le prends comment ?
Veronica : A ton avis ? Il baisse les yeux, regrettant sa question. Sérieusement, pas trop mal par rapport à la réaction que j'aurais pu avoir... Sûrement la maturité… ou un truc comme ça ...
Lilly : Mais t'as vu comme elle te dévisageait cette garce ?
Veronica : Laisse tomber Lilly, je te l'ai dit, ils ne valent pas la peine que l'on s'attarde encore sur eux. Maintenant si on pouvait clôturer le sujet pour toujours ça m'arrangerais !
Mac : De toute façon les cours vont commencer.
Nous nous levons tous et nous dirigerons vers nos salles de cours, chacun prenant des directions différentes, promettant de se retrouver à midi. Avant d'arriver en classe, je me rends compte que j'ai oublié ma besace à la cafétéria. La tête ailleurs… Je presse le pas pour aller la récupérer avant de me la faire voler. Ouf, elle est toujours là. Je la remets sur l'épaule et des éclats de voix attirent mon attention sur l'attroupement formé dans le fond de la cafétéria. Je m'approche, les étudiants s'extasient devant les vitres donnant dans le studio de radio. Sûrement l'équipe qui a réussi à faire venir une star. Je n'ai pas envie de vérifier, je ne veux pas voir Piz ...
Bon, juste un œil discret pour voir qui c'est ! Je me faufile entre les gens jusqu'à la vitre. Et là, les bras m'en tombent, je ne m'attendais pas à ça. Je me précipite dans le studio, bousculant bon nombre d'étudiants au passage.
A l'intérieur je hurle, mais ils ne m'entendent pas. Logan est en train de mettre une raclée à Piz. Je me fige face à ce spectacle. À la fois en colère qu’il se mêle de ce qui ne le regarde pas et réjouie de le voir faire mordre la poussière à mon ex, défendant mon honneur. J'avance vers eux, manquant de trébucher à cause du capharnaüm qu'ils ont produit, et attrape le bras de Logan des deux mains et de toutes mes forces alors qu'il allait décrocher une nouvelle droite. À ce contact il se retourne brutalement, prêt à contrer une éventuelle attaque mais il s'immobilise en me trouvant. Je reste calme malgré le rythme effréné de mon cœur et le frisson qui parcourt ma peau. Je jette un œil à Piz. Il est sonné et contusionné, mais rien de bien grave.
Veronica : Logan, on y va. Dis-je le plus placidement possible. Il tique, jette un coup d’œil à Piz puis acquiesce en se dégourdissant les mains.
Piz : Pffff, et tu vas me faire croire qu’il n’y a rien entre vous ? Tu ne vaux pas mieux que moi Veronica…
Mon visage se décompose. Les poings de Logan se referment mais je lui barre la route en lui opposant tout mon poids. Malgré le spectacle qu’il a offert quelques minutes avant et ce que je sais de lui, je ne crains pas de prendre un coup perdu. Jamais il ne me ferait du mal… Physiquement et consciemment en tous cas.
Veronica : Non, arrête ! Laisse-le !
Il fait un pas en arrière, le regard chargé d’incompréhension. Je me tourne vers Piz, qui a l’air content du petit effet de sa réplique sur Logan et que je le défende encore malgré tout. Je m’applique à garder tout mon aplomb et ma sérénité. Inutile de crier, ça ne ferait que le conforter dans ses idées.
Veronica : T’as rien compris Piz. Tu penses que tu peux jouer avec moi sans conséquences ? Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même pour ce qui vient d’arriver. Mes amis sont loyaux, prêts à tout les uns pour les autres. Je connais ma chance, j’ai toujours su bien m’entourer. Tu as été la seule exception… Le ton est froid et impassible. Je laisse les mots faire leur chemin dans sa tête puis me dirige vers la sortie. Oh ! Et compare-moi une fois de plus à toi et je le laisse te mettre en pièces … Lancé-je avant de passer la porte.
Une fois dehors, toute mon assurance s’envole. J’ai les genoux qui s'entrechoquent et les mains qui tremblent d’indignation. Des larmes de rage me montent aux yeux, mais je les ravale. Se contenir n’est pas naturel chez l’Homme de toute évidence. Je pose mes mains sur mes genoux pour les forcer à s’immobiliser et souffle un grand coup pour évacuer. Logan arrive à ma hauteur, je me redresse en reprenant contenance. Comme lui, je n’aime pas m’exposer en position de faiblesse.
Logan : Est-ce que ça va ?
Veronica : Oui ! Lâché-je d’une voix plus aigüe que je ne le pensais. Foutue gorge serrée… Et toi ? Dis-je en désignant sa pommette enflée du doigt. Il porte sa main à la joue et constate l’œdème.
Logan : Ca va…
Veronica : Bien. Ne t’avise pas de recommencer. Dis-je d’un ton cinglant.
Il aurait pu être blessé, ou s’attirer des ennuis… Et puis mes affaires ne le regardent pas… On échange un regard glacial avant de reprendre la direction de nos amphithéâtres respectifs. J’y suis peut-être allée un peu fort … Je l’interpelle après quelques pas.
Veronica : Logan ?... Merci … Son visage se fend d’un sourire éblouissant. Ca me chatouille dans le ventre.
Logan : Il n’y a vraiment pas de quoi … Je souris aussi largement que lui. Il m’adresse un petit signe et reprend son chemin d’une allure sûre, le torse bombé. Je lève les yeux au ciel et reprends mon chemin.
***
Lilly : Je viens de croiser Piz. Il est salement amoché. Elle me regarde malicieusement. Tu n'aurais pas quelque chose à me raconter ? J'arque un sourcil.
Veronica : Comment as-tu pu croiser Piz ? Il a histoire de la musique toute la matinée ! Et ses amphis ne sont pas vraiment dans le même coin que les tiens... C'est toi qui as quelque chose à me dire… Elle sourit en coin. Je la regarde, suspecte. Je vais mettre en pratique la super technique d'interrogatoire de Wallace, la fixer jusqu'à temps qu'elle craque.
Lilly : Quoi, j'ai un bouton sur le pif ? Je la défie du regard. Ça va, ça va, tu as de la chance que la patience ne fasse pas partie de mes nombreuses qualités. Je suis tombée sur lui sans le vouloir ... Je me suis perdue ...
Elle n'est pas crédible, elle le sait, elle se met à pouffer de rire. Je contiens quelques gloussements qui naissent dans ma gorge. Elle reprend son souffle et ajoute
Lilly : Je sais bien que tu n'es pas adepte de la vengeance, mais ce n'est pas mon cas. Moi j'adore ça ! Alors je voulais qu'il se prenne une gamelle monumentale devant tous les étudiants, très accidentellement bien sûr ... Ou presque… Elle a le regard malin. Mais quand je l'ai vu déjà bien esquinté, mon grand cœur a estimé que ce n'était pas le jour et qu'il fallait remettre ça. Je secoue la tête amusée. Mais c'est elle qui me fixe maintenant. Alors ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Je souris innocemment.
Veronica : Je ne sais pas. Je prends plaisir à la faire mariner. La curiosité est un vilain défaut Miss Kane, et j'en sais quelque chose !
Lilly : Je ne te crois pas une seconde.
Veronica : Il s'est peut-être cogné contre un meuble ...
Lilly : Ou sur quelqu'un !
Veronica : Qui sait ?
Je pense qu'elle sait déjà. Lilly est souvent très perspicace. Mais si je lui dis, elle va encore me sortir tout un speech comme quoi elle le savait, qu'elle aurait pu le prédire, et patati et patata... Je n'ai pas envie d'entendre un nouveau laïus sur Logan et ce qui nous lie. J'en ai déjà assez entendu. Les garçons nous rejoignent à table. Logan me lance un regard protecteur. En lui rendant, je constate que sa pommette est bien violacée. Je souris désolée.
Lilly : Dis donc Logan, tu as un méchant coup sur la joue. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Oupssss…
Logan : Oh ça ? C'est rien, je me suis cogné... Contre un meuble.
Lilly : Ah oui... Contre un meuble ... Elle se tourne vers moi avec un sourire satisfait. Bon ben je crois qu'elle a fait le lien ! Je rougis. Elle se retient d'éclater de rire.
Dick : Mac n'est pas là ?
La question me tire de ma gène. Mac lui manquerait-elle ? Je souris. C'est d'ailleurs la question que lui pose Lilly. Et c'est lui qui se met à rougir en balbutiant une vanne pour nier. La discussion continue sur ses capacités à faire fuir les filles, ou pas - selon lui. Et c'est donc naturellement que Duncan rebondit.
Duncan : Des nouvelles de ta femme de ménage depuis le dernier message hot ? Tout le monde ricane, pas vraiment discrètement.
Dick : Ça va, arrêtez vos conneries. Il n'a pas l'air franchement réjoui de revenir sur ce sujet ô combien gênant pour lui. J'essaie de l'éviter mais des fois, impossible ! La dernière fois, je suis restée dans les toilettes tout le temps qu'elle fasse la suite quand je l'ai entendu entrer. Elle ne s'est rendue compte de ma présence que quand elle a voulu nettoyer ma cachette. Je suis sûr qu'elle a cru que Le Dick tenait une gastro carabinée... Peut-être que ses folles envies s'évanouiront après ça ! Dit-il après avoir pesé le pour et le contre.
On se moque gentiment pendant qu'il raconte ses péripéties, Lilly et moi échangeons des regards complices. Duncan et Logan continuent de le charrier un peu alors que mon portable se met à vibrer dans ma poche. Je le sors et arque un sourcil en remarquant l'expéditeur. Un rictus intrigué se dessine aux coins de mes lèvres.
SMS, 12h35 : Qu'est-ce que tu manigances Mars ?
Mon rictus se transforme en sourire franc. Il a surpris les œillades entre Lilly et moi. Je réponds dans la foulée sans relever la tête.
SMS : Je ne vois pas de quoi tu parles…
Je range mon téléphone dans ma poche et me redresse enfin. Je n'ai pas besoin de chercher son regard, Logan me détaille avec un air amusé. Il baisse ensuite les yeux pour lire son texto, je devine un large sourire sur ses lèvres. Il range lui aussi son téléphone, croise rapidement mon regard toujours souriant avant de regagner la discussion. J'essaie de me recentrer moi aussi, mais j'ai du mal. Je suis troublée par cet échange informel. Il va falloir que je modifie mon attitude s'il arrive à la déchiffrer aussi facilement ... Je souris. En ai-je vraiment envie ?... Non ... J'aime ça... Tout comme j'aime qu'il n'expose pas à tout le monde sa faculté à m'analyser. Comme si c'était un secret, entre nous deux seulement ... Je frissonne. Il faut que j'arrête. Mais je dois me rendre à l'évidence aussi. Je ne suis pas insensible au charme de Logan... Toujours pas ... Je regrette déjà ma relation avec Piz, au moins pendant ce temps je portais mon attention sur lui et pas sur Logan ... Quoi que ... Je n'en suis même pas sûre... Mon téléphone vibre de nouveau. Je souris avant même de le sortir de ma poche. J'espère que c'est lui.
12h45, SMS : Arrête de rêvasser et file en cours ! Je vais finir par croire que tu penses à moi sinon.
C'est lui....
SMS : Ça devient une obsession Echolls !
Je me lève et salue la table pour rejoindre ma salle. Je sens son regard glisser sur moi lorsque je m'éloigne. Je souris. Je suis incorrigible…
***
Mon téléphone vibre. Un message de Logan ? Je m'active pour le lire. Mais non, c'est un appel de papa. C'est presque aussi bien ...
Veronica : Alors ? Des nouvelles fraîches ?
Keith : On a attrapé Enrico Capra...
Veronica : Yes !! Dis-je en laissant échapper ma joie.
Keith : ... Et pendant l'interrogatoire il a fini par faire des aveux. C'est bien Aaron qui lui a demandé de la droguer, pour lui faire peur à l'origine. Mais ça a mal tourné, il ne savait pas qu'elle était sous traitement.
Veronica : Et Aaron ?
Keith : Le Shérif de L.A. l'a intercepté à l'aéroport. Il est sur le chemin du retour pour être gardé à vue ici.
Veronica : Alors c'est fini ?
Keith : Oui ma chérie. Il n'y a plus qu'à attendre le procès, mais avec les preuves et les aveux, ils devraient finir sous les verrous et y rester un bon moment.
Veronica : C'est une très bonne nouvelle. Dis-je soulagée.
Keith : C'est qui ton héros?
Veronica : Mais toi évidemment !
Keith : Je te vois bientôt ?
Veronica : Ce week-end.
Keith : D'accord, bonne soirée ma chérie.
Veronica : Toi aussi papa.
C'est vrai, je suis contente que tout soit fini. Qu'on ait mis la main sur ces deux-là et savoir qu'ils seront punis par la justice. Mais je ressens un peu de déception quand même. J'ai aimé mener l'enquête. Je me suis sentie comme un poisson dans l'eau dans cette investigation. Et je ne sais pas quand j'aurai l'opportunité de remettre ça... Et puis il faut se l'avouer, j'ai aimé passer du temps avec Logan... Même s'il redevient Logan le primate, j'apprécie sa compagnie. J'admire son humour à toutes épreuves et sa capacité à me faire sourire sans prononcer le moindre mot…
***
Je n'ai pas réussi à joindre Logan avant de partir au Java the Hut. N'y tenant plus j'ai quand même annoncé la nouvelle à sa messagerie. Histoire qu'il ne le découvre pas en allumant sa télé.
Wendy: Veronica, quelqu'un souhaite te parler.
Je me retourne vers le hall d'entrée. Logan est là. Je souris, et me dirige vers lui en sautillant de joie. Ah ! Quand les criminels sont derrière les barreaux et que justice est faite, il n'y a pas à dire, on se sent bien !
Veronica : Je suppose que tu as eu mon message.
Logan : Oui. Souffle-t-il beaucoup moins enthousiaste que moi.
Il baisse les yeux et fouille dans ses poches pour en sortir une enveloppe qu'il me tend. Je fronce les sourcils en ouvrant le pli et en sors un chèque. 10 000 $ !!! Mes yeux sont tous ronds. Je le regarde perplexe.
Logan : C'est pour le travail que tu as fait... Plus un supplément.
Veronica : Tu sais que logiquement un supplément ne dépasse pas le montant de base, n'est-ce pas ?
Logan : C'était ma mère... Retrouver et boucler ceux qui ont contribué à raccourcir sa vie sur cette terre n'a pas de prix. J'étais prêt à te donner l'ensemble de mon compte en banque, mais je me suis dit que tu n'accepterais pas... Alors ? Est-ce que 10 000 $ te suffisent ? Je peux rajouter un zéro ou deux si tu veux... Il est très sérieux en me posant la question, et très peiné aussi. Il commence son deuil... Je le regarde compatissante.
Veronica : Contrairement à ce que tu crois, ça n'a jamais été un job pour moi. C'était un service rendu de bon cœur. Dis-je en déchirant le chèque. Un peu à regrets, j'ai besoin de cet argent ... Il semble touché. J'emploie un ton badin pour continuer. Et puis tu as déjà largement payé ta dette envers moi… Regarde ta joue ! C'est moi qui te suis redevable en fait. Tu veux boire quelque chose ? C'est moi qui offre ! Il sourit en portant la main sur son hématome.
Logan : Oh ça ? C'est parce qu'il n'a pas voulu diffuser ma dédicace. Je ne vois pas ce que tu as à voir là-dedans… Quoi, tu as cru que ... ? Nooon, je n'aurais jamais osé intervenir dans ta vie sentimentale ! Toujours les sarcasmes. Je souris. Je vais rentrer. J'étais juste passé pour te remercier... Reprit-il sur un ton moins enjoué.
Un dernier regard et il s'en va, la tête basse et traînant les pieds. Sa démarche a toujours traduit son humeur. Il est morose. Et cela risque de durer un peu... Je reprends le travail non sans peine, émue par la tristesse de Logan.
***
Les jours passent et je reprends mon rythme d'étudiante en criminologie. Après plusieurs nuits quasi blanches pour rattraper le travail que je n'ai pas fait, je suis enfin de nouveau à jour dans mes cours. Ces temps libres studieux m'ont permis d'éviter de réfléchir sur moi-même et d'esquiver Piz. Il est venu plusieurs fois, pour s'excuser, ou pour je ne sais quoi en fait. Je ne l'ai jamais laissé parler. Je lui en veux toujours. Je sais que Wallace et lui ont eu une discussion. Leurs rapports se contentent maintenant d'être courtois sans pour autant être amicaux. J'en suis triste. Ils s'entendaient si bien… Mais Wallace peut être têtu. Il n'accepte pas ce que Piz m'a fait. J'ai beau lui dire que je ne le vis pas si mal que ça, rien n'y fait. Une vraie bourrique !
Le stress monte. Le procès d'Aaron et d'Enrico commence dans une semaine. Logan est amené à témoigner. Lui aussi est angoissé. Les médias s'emparent de l'affaire. On n'entend plus que ça sur toutes les chaînes, pas un seul journal n'en fait pas ses gros titres. Et nous ne sommes pas épargnés ce midi. La chaîne info sur laquelle est programmée la télé de la cafétéria ressasse encore les déboires de la famille Echolls... Quand arrêteront-ils de salir la mémoire de Lynn ? Ont-ils pensé au préjudice moral que ces reportages infligent à Logan ?
Je suis tirée de ma rêverie par une notification de mon téléphone.
SMS, 13h20 : Tu voudras bien m'accompagner ?
Ces messages en présence des autres sont devenus monnaie courante. Pas systématiques, mais réguliers. On échange les remarques que l'on aimerait faire mais que l'on contient pour ne vexer personne. Parfois c'est seulement pour prendre des nouvelles plus fournies que "ça va et toi ?"... À être toujours fourrés à deux, on s'est créé un lien pendant l'enquête que nous n'avons toujours pas réussi à rompre. Sûrement parce qu'elle ne sera vraiment finie qu'après le procès... Ou par manque de conviction ou d'envie ... Je ne sais pas trop.
Je relève les yeux et les plonge dans les siens. Ses mâchoires sont serrées et les muscles de son cou tendus. Son regard me supplie, mais il n'a pas besoin de ça pour que j'accepte.
SMS : Bien sûr …
Comment pourrait-il en être autrement ? Quand il reçoit le message, son visage s'illumine d'un sourire reconnaissant, les yeux brillants. Il ne faut parfois pas grand-chose pour se sentir rassuré. Et pour Logan, ma présence au tribunal suffit. On se regarde intensément avant d'être sollicités pour rejoindre la conversation. Le débat du jour : Le Dick a-t-il une chance de se faire la prof d'économie ?
***
Je tapote des ongles sur la table basse face à laquelle je suis assise à même le sol, trahissant ainsi toute ma nervosité. Mais peu importe, ça ne servirait à rien de la dissimuler, il sait l'état dans lequel je suis, il est dans le même.
Logan : Tu comptes arrêter bientôt ? Tu m'agaces !
Veronica : C'est pour couvrir les grincements de tes dents.
On se tourne l'un vers l'autre, en s'excusant du regard. Je sais qu'il ne voulait pas être agressif. Je ne voulais pas l'être non plus. Mais ça fait déjà trois jours que le jury s'est retiré pour délibérer. Il doit rendre son verdict dans les minutes qui suivent. Le stress est à son apogée.
Mon père étant sur place pour éviter tous débordements, j'allais me retrouver seule pour voir l'issue du procès. Je comptais demander à Mac de sécher son cours pour me tenir la main mais Logan m'a proposé de suivre le résultat en direct de sa suite.
Logan : Tu penses qu'ils seront jugés coupables ? Me demande-t-il plus qu'inquiet.
Veronica : Je l'espère. Ton témoignage a touché le jury, et je suis sûre qu'il fera pencher la balance du côté de la justice.
FLASHBACK
Assesseur : Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité ?
Logan : Je le jure.
Il a revêtu pour l'occasion une chemise blanche et un simple pantalon noir, lui donnant une allure très sérieuse. Il faut que le jury lui fasse confiance. Seul son col légèrement entrouvert sans cravate indique qu'il n'est pas un habitué des costumes. Moi je le trouve sexy comme ça. [Pensées déplacées !] Je souris. J'y suis pour rien si mon cerveau n'a rien trouvé de mieux que de mater ses fesses parfaitement dessinées dans son pantalon près du corps pour se relaxer ! Son regard tombe sur moi, alors que j'ai toujours un léger sourire aux lèvres. Ça le détend. Comme quoi mes petites digressions n’ont pas d’effets que sur moi….
Je regarde autour de moi, le tribunal est rempli des fans d'Aaron qui clamaient son innocence avant d'entrer dans cette pièce. Mais qu'en savent-ils eux ? Parce qu'une fois il a joué un rôle à la Hugh Grant il ne peut pas avoir tué sa femme ? Les fans de Lynn sont beaucoup moins nombreux, malheureusement. J'espère que l'ambiance générale qui règne ici ne contaminera pas le jury ... Je suis surprise de ne pas voir la sœur de Logan. Il est décidément bien seul... Rien que pour ça, je suis contente de l'avoir accompagné, qu'il puisse se reposer sur quelqu'un.
Tout au long de son témoignage, Logan contient ses émotions, non sans difficultés. Son avocat lui a demandé de ne pas tomber dans la colère, ça risquerait de le décrédibiliser et d'attirer des votes de sympathie du jury pour son père. D'autant plus qu'il est une star adulée. Il est même possible que certains membres du jury n'analysent même pas la situation, refusant de mettre leur idole derrière les barreaux...
Logan doit partager ses souvenirs douloureux. J'apprends en même temps que le jury les atrocités que lui a fait subir Aaron. Mon cœur se déchire à chaque révélation, provoquant chaque fois la nausée et une montée de larmes au bord des yeux. Mais je ne flanche pas, pour lui, pour qu'il ne cède pas à l'émotion non plus. Il tient plutôt bien le coup. J'admire son calme, lui qui est d'habitude sanguin, se laissant porter et emporter par ses sentiments. Il arrive parfois que sa voix se brise ou qu'il soit dans l'obligation de marquer une pause pour se reprendre, mais l’ensemble de son discours est prononcé sur un ton calme et posé.
Le jury se retire pour délibérer. Le juge lève la séance. Logan me retrouve à l'extérieur, je me jette dans ses bras. Un besoin viscéral de le serrer contre moi, de lui montrer que tout le monde ne cherche pas à le blesser. Une courte étreinte rassurante autant pour lui que pour moi. C'est silencieux que nous reprenons la route.
FIN DU FLASHBACK
Repenser à son témoignage me renvoie les émotions qui m'ont traversées pendant celui-ci. Se rendant compte de mon trouble, il se rapproche de moi et saisit ma main qu'il serre avant de reporter son attention sur la télé.
Je ne sais pas combien de temps encore nous avons attendu, regardant sans cesse les mêmes images défiler à la télé. Quand d'un coup, le journaliste s'agite en bousculant les gens sur son passage pour accéder à la sortie du tribunal. Nous nous redressons tous les deux, se broyant mutuellement la main. Le procureur apparaît à l'écran, le journaliste tend son micro in extremis vers lui.
Procureur : Le jury en a terminé avec les délibérations. Sans plus attendre, voici le verdict qu'il a rendu. Concernant le chef d'accusation d'homicide involontaire porté par Enrico Capra, le jury l'a jugé ... Coupable. Nos mains se serrent encore un peu plus. Concernant les chefs d'accusation d'homicide involontaire et de maltraitance sur les personnes de sa femme et de son fils, Aaron Echolls est jugé ... Coupable.
Je bondis en une fraction de seconde sur la table et me laisse porter par l'allégresse. Au milieu de ma danse de la victoire, je me tourne vers Logan, qui saute de joie sur le canapé. Puis je sens mes pieds décoller du sol. Il me fait tournoyer à travers la pièce, au milieu des éclats de rires et des cris de joies. Je me cramponne à son cou et passe mes jambes autour de sa taille pour ne pas m'envoler ou finir contre le mur. Avant de perdre l'équilibre, il s'assoit sur le canapé.
Maintenant assise sur ses genoux, on récupère notre souffle en calmant les derniers fous rires. Nos regards se croisent et s'accrochent. D'abord rieurs, ses yeux se font de plus en plus tendres. Il replace une mèche de cheveux derrière mon oreille. Sa main douce et chaude effleurant mon visage rend ma respiration difficile. Ma main posée sur son torse sent son cœur éclater. J'en ai le souffle coupé. Je tachycarde moi aussi. J'inspire difficilement après quelques secondes. Il vient caresser ma joue de nouveau, délibérément, et pose sa main dans mon cou, son pouce ne quittant pas mon visage. Il me regarde toujours. Il hésite. Il se redresse et m'attire doucement à lui. Je sens son souffle caresser mes lèvres.
Veronica : Je dois y aller ...
Je me retire brusquement, quitte ses genoux, attrape ma besace et fuit la suite en trottinant sans me retourner.
***
Je claque la porte de ma chambre derrière moi. J'hésite un instant au milieu de la pièce puis m'engouffre dans la salle de bain. J'ai besoin de me remettre les idées en place, j'ai besoin d'une douche brûlante.
J'ôte mes vêtements rapidement et me jette sous la douche, comme si le fait de noyer mon corps sous une trombe d'eau pouvait empêcher mes préoccupations de germer. Je me tourne et laisse l'eau couler sur ma nuque. La tête baissée, les yeux fermés, je tente de faire le vide en inspirant plusieurs fois profondément. Impossible....
Qu'est-ce qu'il a fait ? Pourquoi il a fait ça ? Il a voulu profiter de ce moment pour tenter de m'allonger sur son lit ? Il m'a pris pour une de ses pouffes ? T'as voulu me chasser, hein Logan ? On avait trouvé un équilibre. Pourquoi il a tout fichu par terre ? ... Pourquoi j'ai envie de pleurer ? ... Je tente de récupérer un souffle normal et de calmer les battements de mon cœur. J'ai mal dans le ventre. [Tu ne te trouves pas un peu excessive ?]. Mais si, et ça m'agace au plus haut point. Pourquoi je n'arrive pas à être indifférente face à lui ? Pourquoi il arrive à me mettre dans un état pareil alors qu'il ne s'est jamais rien passé entre nous ? Que des "failli"... [Tu veux la réponse ? Parce que tu ...] Non. Pas de réponse.
Je devrais être heureuse de savoir que justice a été rendue, au lieu de ça je suis bouleversée parce qu'il a voulu m'embrasser. Je suis quand même ridicule... [Je ne te le fais pas dire !]... Je parviens à me calmer un peu. Logan a voulu m'embrasser. Peut-être à cause de l'euphorie du moment. Oui... ça doit être ça ... La béatitude de l'instant. Rien d'autre.
J'arrête l'eau, l'air toujours à l'ouest. Je me sèche et m'habille machinalement. Je sors de la petite pièce et m'affale à plat ventre sur mon lit, la tête enfouie dans l'oreiller. Après quelques secondes, quelqu'un frappe puis entre sans attendre ma réponse.
X: Ben alors ? T'as pas entendu la nouvelle ou quoi ?
Je grogne. Peut-être que si je ne bouge pas, on me laissera tranquille.
X: Tu crois que je vais te laisser t'étouffer dans ton oreiller ? Ton père mènerait une enquête et remonterait jusqu'à moi bien trop facilement.
Je grogne encore et me tourne sur le flan, offrant mon dos à mon interlocuteur.
Veronica : Comme ça tu peux t'en aller. Je peux respirer sans risques…
X : Alors là tu rêves ma grande. Elle se laisse tomber à côté de moi, l'onde de choc sur le matelas me secoue. Raconte à ta copine ce qui te met dans cet état !
Je me retourne péniblement vers elle. Son regard est bienveillant. Je me sens en lieu sûr à ses côtés. Comme si rien ne pouvait m'arriver. Comme si ce que j'allais raconter allait me libérer de mes états d'âmes et s'envoler loin de moi pour me ficher la paix.
Veronica : Il a voulu m'embrasser... Lâche-je d'une petite voix en baissant les yeux. Un sourire progresse sur ses lèvres. Elle gigote un peu et me demande impatiente.
Lilly : Et alors ? Que s’est-il passé ensuite ? Tu ne peux pas lâcher ça comme ça et t'arrêter au beau milieu de ton histoire !
Veronica : Et alors j'ai fui... Ses yeux s'arrondissent.
Lilly : Et pourquoi ?
Veronica : A vrai dire, je n'en sais rien… Dis-je dans un soupir. Je n'avais pas envie de constituer son histoire d'un soir.... Sa main vient taper son front puis balayer son visage à la mine réjouie. Elle secoue la tête de gauche à droite. J'arque un sourcil.
Lilly : Tu es irrécupérable Veronica ! Ça, ou aveugle ... Tu ne seras jamais le coup d'un soir de Logan... Dit-elle en plongeant son regard dans le mien pour m'en convaincre. Je lui renvoie un regard intéressé. Et face à mon absence de réponse elle poursuit.
Lilly : Tu passes plus de temps avec lui qu'avec n'importe qui, moi incluse d'ailleurs, ajoute-t-elle faussement outrée, et tu n'es pas capable de voir que tu n'es pas une fille quelconque à ses yeux ? En tant que fine observatrice de la condition humaine, je pensais que tu analysais les gens mieux que ça, Veronica... Me pique-t-elle gentiment.
Veronica : Oh mais détrompe-toi. J'ai très bien analysé Logan. Amusant, intéressant, intelligent, charmant, mais Don Juan !
Lilly : Ta mauvaise foi égale mon culot miss Mars ! Je suis presque vexée. Elle soupire, me saisit les mains et continue. Écoute-moi bien. Quand tu entres dans la pièce, ses yeux se posent immédiatement sur toi, son visage s'illumine, son sourire apparaît. Et je te l'ai déjà dit, ce regard n'existe pour personne d'autre. Il est comme apaisé quand tu es là, tu le rends heureux juste par ta présence et il n'y a que toi qui sache le faire rire vraiment... Avec ce qu'il a traversé, tu es la seule, son unique raison de venir ici...
Mes yeux s'humidifient. Pour ne pas céder aux appels de mon corps, j'avais une parade : m'ancrer dans le crâne qu'il n'était qu'un coureur de jupons. Et ça marchait plutôt bien, jusqu'à réussir à refouler ou presque mes sentiments. Mais cette révélation lève la barrière de protection que je me suis imposée, laissant les émotions longtemps refoulées refaire surface. Je sens naître dans mon cœur une sensation de chaleur qui se répand dans tout mon corps, au fur et à mesure que mon sang circule. À cet instant, cet instant précis, j'ai envie de le rejoindre et de reprendre là où je l'ai laissé tout à l'heure. Mais très vite, mon ventre se noue. Une douleur sourde. Lilly qui m'observe en silence depuis tout à l'heure fronce les sourcils.
Veronica : J'ai peur, Lilly...
Elle me sonde un moment, pendant que je constate l’ampleur des sentiments que je refoulais.
Lilly : Logan n'est pas Piz.
Cinq mots. Cinq mots qui me soulagent instantanément. Elle a mis le doigt sur ma crainte, celle-là même que je n'arrivais pas à identifier, et pourtant si évidente. "Logan n'est pas Piz"... C'est clair, mais est-il digne de confiance pour autant ? Ne la trahira-t-il pas lui aussi à un moment donné ?
Lilly : Logan n'est pas Piz. Il ferait tout pour que ses proches soient heureux. Alors s'il s'agit de toi... Je suis certaine qu'il est même dans l'incapacité totale de te faire du mal.
[Et pourtant ...] Et pourtant quoi ? Il ne m'en a jamais fait. C'est moi-même qui me suis infligée la douleur. Même quand il est venu me dire de "passer à autre chose", c'était pour que je puisse continuer à avancer, à vivre ...
Veronica : Lilly ? Merci ... Elle sourit attentionnée. Je lui réponds par un rictus timide.
Lilly : Allez viens, Mac nous attend. Pizza et fiesta pour cette victoire ! Tu le mérites ! Après tout, si justice est rendue ce soir, c'est un peu grâce à toi !
Je rougis, flattée du compliment. Puis ajoute.
Veronica : C'est SURTOUT grâce à moi !
Elle rit puis me taquine sur la taille de mes chevilles avant de m'entraîner en dehors de la chambre.
***
Je grimpe dans ma voiture, enfonce la clé dans le Neman, démarre, m’engage sur la route et me dirige vers la résidence. Il est 7h00, il va être étonné de me voir débouler aussi tôt un samedi matin. Quoi qu’il sera sûrement au commissariat ce bourreau de travail. « Pas de repos pour les braves ! » me dirait-il. Je n’ai pas réussi à dormir cette nuit - d’où mon arrivée bien matinale - les paroles de Lilly raisonnant dans ma tête... Elle a peut-être raison. Elle a souvent raison… Surtout concernant la gente masculine. Une fine experte !
En me garant, je souris. Je constate que toute à mes pensées, je ne me suis pas dirigée vers l’appartement de mon père mais vers le NGH… Etrange non ? … Mon sourire s’efface. Et si c’était plutôt un tour du destin ? [Ben tiens ! Tu crois au destin maintenant ? Ou seulement quand ça t’arrange ?].
Je redémarre et quitte mon emplacement face à l’hôtel.
De nouveau garée, je me dirige vers la plage. Je m’assois au bord de l’eau, laissant l’écume venir chatouiller mes orteils. A cette heure-ci, la plage est déserte, surtout le samedi. Le soleil californien est déjà haut mais la température encore fraîche de la nuit à peine levée est des plus agréables. Je me sens bien. Mes prérogatives de la nuit m’abandonnent une à une, me soulageant d’un poids à chaque fois. Il ne fallait qu’une plage, de l’eau et du soleil pour trouver le sommeil en fait ! Je suis prise d’une profonde envie de m’assoupir, de rattraper ces heures de sommeil perdues depuis le début de l’enquête.
Je cède à la tentation et vais m’allonger. Mais alors que j’aplanis le sable, quelque chose retient mon attention. Un bruit provenant de l’océan. Je tourne la tête vers les vagues. Je souris. Satané destin … Bon j’avoue, je l’ai un peu forcé en choisissant cette plage en particulier, mais je ne pensais pas qu’il viendrait surfer de si bon matin… Mon cœur cogne dans ma poitrine. L’eau scintillante m’éblouit mais je ne m’en détourne pas. Il me fascine. Sa planche l’emmène de l’autre côté de la plage. Aveuglée par le soleil, je ne parviens plus à le distinguer. Songeuse, je m’allonge enfin et ferme les yeux. J’aurais besoin de lui parler tout à l’heure… Pour lui dire quoi ?... Encore une activité qui m’empêche de rejoindre Morphée !
Je devine des pas au loin au bruissement du sable. J’ouvre un œil. Mon cœur fait un bond, mon souffle s’entrecoupe, mon ventre frétille. Pas déjà, je ne suis pas prête… Je me redresse en me tournant vers lui, un sourire timide aux lèvres.
Logan : Il me semblait que tu n’étais pas du matin !
Veronica : Le marchand de sable a décidément un problème avec moi. Il sourit.
Il a passé un t-shirt et un short secs. Seuls ses cheveux encore humides et sa peau blanchie par le sel indiquent qu'il sort de l'eau. Il s’assoit à coté de moi.
Veronica : Je ne savais pas que tu surfais de si bon matin.
Logan : Meilleures vagues, plus tranquille… Même si pour une fois je suis ravi de trouver quelqu'un sur la plage ... Dit-il charmeur. Je rougis en baissant la tête. Et j'avoue que j'ai du mal à trouver le sommeil moi aussi...
Veronica : Logan, pour hier, je ...
Logan : Tu n'as pas à t'excuser. Je tourne de nouveau les yeux vers lui. Il regarde l'océan, faisant glisser nerveusement du sable entre ses doigts. Il inspire et reprend.
Logan : Je ne suis pas Piz... Si c'est ce qui te fait peur...
Il est vraiment doué pour me profiler. Faudrait qu'il pense à en faire son métier ! Face à mon absence de réponse, il tourne la tête vers moi et plonge ses yeux dans les miens.
Logan : Si j'avais la chance d'être ton petit ami, je ne la laisserais certainement pas filer. D'aucune façon... Dit-il en se rapprochant imperceptiblement.
Et voilà, ça s'emballe de partout dans mon corps, je frisonne. Je détourne le regard quelques instants pour cacher mon trouble. Je déglutis difficilement et trouve de nouveaux ses yeux verdis par le soleil. Il a l'air d'avoir le souffle court lui aussi.
Veronica : La chance ? Repris-je avec un sourire espiègle. Je ne suis pas sûre qu'on pourrait appeler ça comme ça ... C'est que j'ai un caractère... Plutôt bien trempé !
Logan : C'est justement ce qui me plait. Murmure-t-il de sa voix douce en se rapprochant encore.
Veronica : Tu risques de regretter d'avoir dit ça ! Il ricane.
Logan : J'aurais dû avoir ces regrets il y a déjà un moment alors…
Je penche la tête, pas certaine de bien comprendre. Il se pince les lèvres avant de répondre à mon interrogation silencieuse.
Logan : Tu te souviens de la première fois où l'on s'est vu ?
Veronica : Oui. Réponds-je du tac au tac. Pas besoin de réfléchir beaucoup, cette soirée chez les 09ers a marqué un temps dans ma vie : sa rencontre. Il détourne le regard vers l'océan pour continuer.
Logan : Les tous premiers mots que tu m'as adressé… Ils m'ont donné envie de te connaître.
Veronica : T'es vraiment bizarre comme mec... je t'ai agressé ! Tu insinuais que ma meilleure amie était une traînée ! Lâché-je étonnée. Il sourit.
Logan : Justement… Enfin une fille s'adressait à moi sans avoir peur de me remettre en place et sans prêter le moindre intérêt à mon nom de famille et au compte en banque qui va avec ! Et puis tu m'as expliqué comment Lilly et toi avez accusé Duncan à votre place d'avoir mis le feu à la robe préférée de Céleste...
Je souris en repensant aux fous rires que nous avons eu du mal à calmer en voyant la tête de Céleste face aux débris de sa robe et Duncan tout penaud après s'être fait passer le premier savon de sa vie. Logan retrouve mes yeux.
Logan : Tu avais cette expression radieuse sur le visage, que tu arbores encore maintenant en y repensant. Je rougis. Tu avais les yeux pétillants de malice, et tu débordais d'une joie éclatante. Une vision enchanteresse pour moi... Je me suis dit que tout n'était peut-être pas si noir si la vie pouvait encore réjouir quelqu'un à ce point. Il détourne à nouveau les yeux pour cacher son trouble. Et puis j'ai entendu ton rire ... Je crois que c'est à ce moment que tu m'as captivé... Même pas une heure avec toi et j'avais déjà l'envie folle de t'accaparer... Dit-il dans un petit rire avant d'accrocher mon regard et reprendre très sérieusement. Et cette envie ne m'a jamais quitté...
Veronica : Jamais ? Dis-je soupçonneuse après m'être remise de cet aveu. À une certaine époque il avait plutôt l'air de porter son attention sur les jolies filles d'un soir....
Logan : Jamais. J'ai pourtant essayé de la balayer. Mais regarde où ça m'a mené ! Toujours plus prêt de toi ...
Je n'y tiens plus et me laisse aller à mes désirs. Je franchis la distance qu'il avait réduite à quelques centimètres et pose mes lèvres sur les siennes, accrochant mes mains à sa nuque. Les papillons sont de retour et s'envolent dans mon ventre à ce contact doux et chaud. Mes muscles relâchent la tension qui les occupait jusque-là. Ça fait du bien.
Il répond très vite et très tendrement à mon baiser une fois la surprise passée. Sa main vient se poser sur l'arrière de ma tête tandis que l'autre glisse sur mes reins, cherchant désespérément à rapprocher nos corps. J'en meurs d'envie moi aussi, de me blottir tout contre lui, de sentir son cœur cogner contre ma poitrine. Sans quitter ses lèvres, je viens m'asseoir face à lui entre ses jambes. Il m'enlace avec une douceur infinie, laissant ses doigts parcourir ma nuque et mes épaules. Je n'en peux plus de frissonner. Il resserre son étreinte de ses bras forts, me pressant un peu plus contre lui. Je me sens tellement bien ... Notre baiser devient passionné, puis rapidement torride... J'y mets fin à contre cœur pour reprendre mon souffle. Il pose son front contre le mien.
Veronica : Waw ! On risque de se faire embarquer pour outrage à la pudeur si on continue comme ça… Dis-je en guettant rapidement les alentours.
Il rit en passant un bras autour de mes épaules. Il me serre contre lui avant de se laisser tomber en arrière. Un fois allongés, la tête dans son cou, je m'enivre de son odeur. Malgré sa session de surf, sa peau a conservé son odeur virile. Je ferme les yeux. Bercée par les mouvements de son thorax produits par sa respiration, les frappes de son cœur, son souffle sur ma joue, et la puissance de ses bras me plaquant contre lui, je suis sur un nuage. Tellement bien, légère, tranquille, sereine ... Je sens de nouveau l'appel du sommeil. Mais ni mon corps ni mon esprit ne veulent y céder. Ils veulent encore Logan. Je ne vais quand même pas les en priver ?
Je me redresse légèrement, de façon à pouvoir me plonger dans son regard. On se sourit. Il déplace une mèche de cheveux. Ses gestes emprunts de délicatesse me surprennent. Il paraît tellement brusque en apparence… Les papillons en remettent une couche. Tout en caressant mes cheveux, il m'attire de nouveau à lui et m'offre un second baiser encore plus doux et passionné que le premier. Par contre, au moment où il me bascule pour se retrouver au-dessus, je sens la fièvre nous gagner. Mon rythme cardiaque, que je pensais déjà à son maximum, accélère encore un peu. Mes mains se perdent sur son corps. Les siennes glissent sur mes courbes. Je me cambre un peu plus encore. Il caresse le creux de mes reins, se serrant toujours plus fort contre moi. Je sens son désir augmenter de secondes en secondes, le mien aussi. Des images de mon rêve coquin à la cafétéria me reviennent à l'esprit. Mon imagination ne s'était pas trompé de beaucoup concernant sa gestuelle et son savoir-faire… Pour le reste... Ça attendra.
Comme s'il avait entendu mes pensées, il se détache à la vitesse de la lumière. Je le regarde, à bout de souffle, me mordant la lèvre inférieure pour retenir mon envie de lui sauter dessus à nouveau. Il sourit.
Logan : Arrête de me regarder comme ça. Je vais avoir du mal à me contenir sinon ...
[Pourquoi te contenir ?...] On n'est plus réticente hein maintenant ! J'apprécie sa démarche. Surtout le connaissant lui et son penchant pour la luxure. Même si je brûle d'envie pour lui, le lieu et le moment sont mal choisis. Je ne me donne pas si rapidement, même si c'est Logan... Et même s'il est vraiment très doué...
Face à mon regard mi coquin-mi admiratif, il rougit. Je lui souris largement, il m'imite. La situation me paraît naturelle, comme si c'était évident ... Bien sûr que ça l'est ! Lilly avait raison. Ça crevait les yeux. Toujours perdus dans le regard de l'autre, il propose :
Logan : Tu as faim ? Je souris malicieusement. Il comprend ce qui se trame dans mon esprit et me regarde avec des gros yeux. Ne me tente pas, coquine ! Je ris. Je te parlais d'un petit déjeuner. Ça te dit de rentrer au NGH et d'appeler le room-service le temps que je prenne une douche... Froide ? Précise-t-il l'air espiègle.
Veronica : Et après c'est moi la coquine ? Ne serais-tu pas en train de m'emmener dans ton piège ? Dis-je en attrapant la main qu'il me tend pour me relever. Une fois debout, il passe un bras autour de ma taille, pose son front sur le mien et me regarde profondément.
Logan : Te piéger ? Ce n'est pas dans mes intentions, bien au contraire... Je veux que tu te sentes bien avec moi, alors si tu préfères qu'on aille plutôt dans un bar, tant qu'il y a du café et des beignets, moi ça me va ! Dit-il en haussant les épaules.
Je le regarde, touchée par son attitude si attentionnée. Je l'embrasse encore, je ne peux pas faire autrement… Il me serre fort contre lui. Je me rends compte de la force de ses sentiments. Je suis envahie par le bonheur. Je mets fin à cette étreinte le sourire aux lèvres.
Veronica : Bon, on y va ? Je meurs de faim ! Et je ne voudrais pas de te priver de ta douche alors direction le NGH ! Même si je ne suis pas sûre qu'elle suffise à calmer tes ardeurs...
Il m'embrasse fougueusement dans le cou en poussant un petit râle et m'entraîne par la main jusqu'à sa voiture.
***