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Série : Veronica Mars
Création : 23.04.2015 à 23h10
Auteur : Junk03
Statut : Terminée
L'histoire se passe 5 ans après la saison 3. Veronica et ses amis ont changé de vie. Un événement va les faire se retrouver et replonger dans des mauvais souvenirs...
Cette fanfic compte déjà 38 paragraphes
Veronica réussit à faire sortir son amie de prison rapidement. Elle réussit à convaincre le shérif, Kevin Quinn, de l’innocence de son amie. Kevin Quinn, encore un nom à coucher dehors, se dit-elle.
Veronica Voix off : papa n’aurait pas pu rester shérif avec son nom…
Après sa demande insistante, le shérif avait laissé Mac se servir de l’ordinateur de son bureau pour envoyer un e-mail. Elle avait réussi avec un tour de passe-passe qui lui prit environ 5 minutes, à faire croire que l’e-mail avait été envoyé par un autre ordinateur, celui d’Inga, la réceptionniste. Par cette manœuvre, les policiers n’avaient plus aucune preuve contre Mac. L’accusation reposait seulement sur le fait qu’un email de menace avait été soit-disant envoyé de son PC. Cependant, elle avait démontré qu’il fallait juste être assez bon en informatique pour pouvoir faire cette manipulation et laisser penser que les menaces envers Parker avait été envoyées du portable de la jeune informaticienne. Le shérif la laissa donc sortir mais pas avant de lui dire qu’il la gardait à l’œil. A ces mots, Veronica et Mac se regardèrent en souriant.
« Merci Veronica, dit Mac en sortant de la voiture des Mars.
- Il n’y a pas de problème, tu sais que je suis toujours là pour toi. Ça serait bien qu’on se voit avec les autres pendant que je suis dans le coin.
Mac ne répondit rien, et lui accorda un simple sourire timide en fermant la porte.
Veronica voix off : comme je le pensais, tout est loin d’être réglé.
Pendant la journée qui suivit, Veronica travailla à l’agence de son père. Elle rangea, tria et passa des coups de téléphone. Elle prit des rendez-vous avec des nouveaux clients, et déclina des propositions d’autres. Son père ne pouvait pas prendre toutes les affaires qui l’attendaient tout seul.
Dans son classement, elle tomba sur un document financier qui la surprit.
Elle s’empressa d’entrer dans le bureau de Keith.
« Papa ? commença-t-elle, je vois que tu as eu un virement de 50 000 dollars sur ton compte, tu peux m’expliquer ?
Keith tiqua.
- Je voulais t’en faire la surprise, mais fouineuse comme tu es, évidement, tu n’as pas pu t’empêcher de le découvrir. Cet argent vient de ta mère.
A ces mots, Veronica se raidit. Keith le remarqua, il changea alors d’attitude et devint plus grave.
- Lianne m’avait promis de nous rembourser. Elle a économisé tout ce qu’elle pouvait depuis plusieurs années et voilà. Je voulais te les offrir pour ton prochain anniversaire. Peut-être que tu pourras t’en servir en tant qu’apport pour un achat à Manhattan.
Veronica souffla, les mots ne lui venaient pas ; seule la colère voulait sortir de sa bouche.
- Je n’en veux pas. Je ne veux rien qui vienne d’elle et tu le sais. Et puis, tu en as plus besoin que moi. Je remarque que tu as réellement besoin d’une assistante. Je ne serais bientôt plus là pour faire ton sale boulot ! »
La jeune fille n’attendit pas la réponse de son père. Elle tourna les talons et retourna à la réception où un client l’attendait.
Quand il la vit entrer, il se leva du sofa d’attente. Leurs regards se croisèrent très vite puis ils baissèrent la tête d’un même mouvement.
« V… Bonjour, je… je dois voir ton père… je ne pensais pas que tu…
- Je ne vais pas rester longtemps… je suis venue parce que Mac avait besoin de moi…
- Il me semblait bien t’avoir reconnue au téléphone hier mais je ne voulais pas le croire. Je croyais que tu avais déserté la ville à tout jamais. »
Tous deux étaient debout face à face. Il s’était approché. Seul le bureau de la jeune fille les séparait. Et pour Veronica, heureusement que ce bureau était là, elle posait fermement ses mains dessus pour se soutenir, elle sentait ses jambes faillir.
Veronica voix off : Je m’étais pourtant juré que ça n’arriverait pas… 5 ans Veronica, 5 ans…
Keith Mars profita de ce silence pour sortir de son bureau.
« Ah Logan, je t’en prie entre, je crois que tu connais ma nouvelle standardiste ? Elle n’est là que pour quelques jours malheureusement… »
Logan serra la main du détective et lança un léger sourire à Veronica avant de suivre l’homme dans son bureau.
La jeune fille manqua de tomber en s’asseyant rapidement sur sa chaise. Son cœur battait à cent à l’heure.
Le téléphone de Veronica sonna, ce qui la sortit de sa torpeur.
« Mars ?
- Veronica ? Mais où es-tu enfin ? Ça fait deux heures que je t’attends. Nous n’avions pas rendez-vous ?
- Salut Gaby ! Je suis à Neptune. Désolée je n’ai pas eu le temps de te prévenir, mon départ s’est fait dans l’urgence.
- A Neptune ? La ville où vivent tes amis et ton père ? Tu es enfin allée les voir ! Ils doivent être ravis que tu sois là !
- On peut dire ça, oui…, répondit la jeune fille évasive.
- C’est parfait en tout cas ! Parce que si je voulais te voir c’était pour te parler de ta nouvelle expo. »
La conversation entre les deux amies newyorkaises continua quelques minutes. Gabriela trouvait que les dernières photos de Veronica n’étaient pas si bonnes et que la chaleur et la douceur de Neptune l’aideraient peut-être à retrouver l’inspiration.
Veronica voix off : la chaleur peut-être, mais la douceur ? Ce n’est pas un qualificatif que j’emploierais pour parler de Neptune !
- Quoi qu’il en soit, V. il faut que tu retrouves ce petit grain de malice qu’il y avait dans tes premiers clichés. Ceux-là sont… comment dire ? Noirs. Quand on les regarde, on éprouve comme de la peine, de la pitié pour le photographe plus qu’une réelle émotion qui viendrait de la photographie.
Veronica fut surprise. Une boule dans son estomac se forma. Elle faisait pitié ? Elle ?
- Je dois te le dire en tant que professionnelle V. Tu dois te reprendre ou cette exposition ne verra pas jour. Mais en tant qu’amie je me dois de te demander ce qu’il t’arrive ?
Veronica ne répondit rien pendant un moment. Elle cherchait au fond d’elle ce qui pouvait lui porter autant préjudice dans son travail. Mais les seules raisons qui lui vinrent ne pouvaient être dites à son amie.
- Je ne sais pas… sans doute que tu as raison. J’avais besoin de changer d’air pour m’inspirer et la douceur de Neptune sera peut-être là pour ça…. »
Puis elles se saluèrent et Veronica raccrocha. Elle n’avait jamais rien raconté de son passé à Gabriela. La latina connaissait tout du présent de Veronica. Elle connaissait la Veronica de New York, mais jamais elle ne pouvait se douter de qui elle était à Neptune. Quand ses amis de New York lui parlaient de la Californie, elle répondait de façon évasive, comme si la vie là-bas était exactement comme on en rêvait sur les cartes postales : le soleil, la plage, le surf, les gens riches et beaux, les belles maisons, les familles et les couples qui s’aiment à jamais.
Veronica voix off : Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…
Veronica sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle entendit Logan et son père qui s’approchaient de la porte. Elle s’empressa de prendre sa veste et de sortir.
Logan eut juste le temps de la voir détaler.
Le jour suivant, Veronica ne sortit de sa chambre d’hôtel que pour prendre des photos. Elle allait essayer de suivre les conseils de Gabriela. Les New Yorkais voulaient voir des images de Californie ? Ils en verraient. Keith travaillait sur le terrain toute la journée, Mac ne l’avait pas rappelée pour faire suite à sa proposition, son papier sur l’affaire Kisella était prêt et envoyé, elle n’avait plus qu’à sortir et prendre quelques clichés.
Elle sortit de sa chambre d’hôtel et se dirigea vers la plage.
Quand son père avait insisté pour qu’elle dorme chez lui, elle avait décliné la proposition. Sa chambre était maintenant la salle de sport de son père et elle ne se sentait pas de dormir à côté de ses altères et autres attirails de musculation. Et puis elle ne voulait surtout pas tomber sur sa mère. Il semblait qu’elle passait parfois voir Keith chez lui. Veronica avait fait promettre à son père que jamais elle ne verrait Lianne à Mars Investigations avant de lui offrir ses services de réceptionniste remplaçante. Elle ne voulait rien avoir à faire avec elle. Elle ne voulait surtout pas lui parler, ni même la voir.
Lianne Reynolds était réapparue à Neptune il y avait un peu plus d’un an de cela. Elle était revenue sobre et en parfaite santé selon elle. Mais Veronica n’était pas dupe. Elle avait cru sa mère de nombreuses fois par le passé et l’avait soutenue. Mais à chaque fois, elle avait fini par la décevoir. La jeune fille avait utilisé tout l’argent qu’elle avait pour ses études pour payer son inscription en cure de désintoxication, que Lianne n’avait pas suivie. Puis cette dernière avait volé 50 000 dollars à son mari, prime qu’il venait d’empocher pour avoir retrouvé Duncan Kane, l’ex-petit ami de Veronica.
Veronica voix off : encore un Kane… J’aurais vraiment dû comprendre avant que je ne devais rien avoir à faire avec eux !
Et Lianne était apparue comme une fleur un beau matin alors que Veronica était en visite chez son père. Elle avait promis de rembourser tout l’argent qu’elle leur devait et leur avait dit qu’elle était redevenue la femme qu’ils avaient aimé. Veronica n’en n’avait pas entendu d’avantage, elle s’était ruée chez son amie Mac en pleurant. Sa mère était une alcoolique qui les avait abandonnés à maintes reprises et elle le resterait. Elle en voulait à Keith d’accepter que Lianne reste dans sa vie. Mais il était toujours son père donc elle avait oublié ; en lui faisant promettre de ne jamais parler d’elle.
Veronica prit donc des photos de « la belle Neptune ». Elle prit la plage au sable jaune, les vagues et les quelques surfeurs qui les affrontaient, le port et les beaux navires de plaisance, les rues touristiques avec de nombreux magasins hors de prix où les filles à papa du 90909 se ruaient en groupe.
Puis Veronica arpenta les rues un peu plus mal fréquentées de la ville. Elle fit des clichés des motos sur les bords de routes, des petites maisons aux perrons défoncés, des petites ruelles noires où les latinos et les noirs se battaient à coup d’arme blanche, des SDF sur les marches des grands magasins …
Veronica photographia la vraie Neptune. Celle qu’elle connaissait. Celle où elle s’était un jour sentie chez elle.
Elle ne vit pas le temps défiler, ni les kilomètres qu’elle avait parcourus, son appareil photo autour du cou. Elle reprit ses esprits au moment où elle se retrouva devant une enseigne dorée qu’elle avait vue si souvent. « Welcome to Neptune High ».
Veronica secoua la tête. Comment son esprit avait-il pu l’emmener ici ? C’était comme si ses pieds avaient fonctionné tous seuls.
Puisqu’elle était là, elle décida d’entrer dans l’enceinte de son ancien lycée.
Elle eut comme un pincement au cœur quand elle vit le poteau au centre du parc où avait été accroché Wallace, son ancien meilleur ami. C’est elle qui l’avait décroché le jour de leur rencontre, ils s’étaient ensuite très vite entendus. Il l’avait aidée à de nombreuses reprises dans ses enquêtes durant les trois ans qu’ils avaient passés ensemble au lycée et à l’université de Hearth. Le temps avait passé depuis…
Puis Veronica passa devant une fontaine. La fontaine que la famille Kane avait offerte au lycée lors de leur année de terminale en l’honneur de leur fille assassinée. Celle-là même qui avait été la meilleure amie de Veronica pendant de longues années. Même si grâce à son père et elle, l’enquête sur son meurtre était résolue, Veronica n’avait encore pas tout à fait accepté la mort de Lilly Kane. Et ce soir-là, en retournant au lycée, seule, Veronica ressentit le manque de Lilly comme il lui arrivait souvent. Elle eut alors les larmes aux yeux, prit dans ses mains le pendentif que la défunte lui avait offert et se détourna de la fontaine.
Lilly n’était jamais loin d’elle. Même après sa mort, elle était là pour la soutenir dans les pires moments. Et ce séjour à Neptune en était un.
Veronica voix off : oh Lilly si tu savais comme tu me manques !
Pour sortir de sa mélancolie, Veronica prit quelques clichés du bâtiment et rentra au motel.
A peine arrivée dans sa chambre d’hôtel, Veronica reçut un texto.
Gabriela : Où es-tu ?
Veronica : Dans ma chambre d’hôtel. Tu vas être contente, je reviens d’une longue journée de clichés. J’ai rempli ma carte SD.
Gabriela : Tant mieux. Quel est le numéro de ta chambre ?
Veronica fut surprise de la question mais répondit : 313.
Quelques minutes plus tard, quelqu’un frappa à la porte. Surprise, la jeune blonde alla ouvrir.
Son amie newyorkaise était sur le pas de la porte.
« Que fais-tu là ? demanda Veronica en la prenant dans ses bras.
- J’ai senti que tu n’allais pas bien hier au téléphone. J’ai donc pris ma sœur sous le bras et nous sommes venues te rejoindre ! Elle rêvait de voir la Californie.
Une fille à peine plus jeune que Veronica sourit à sa vue. Gabriela et sa sœur, Tina, se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. On aurait pu croire qu’elles étaient jumelles. Elles avaient toutes deux des longs cheveux noirs attachés en une queue de cheval haute, leurs longs cils agrandissaient leurs yeux foncés auxquels leurs lèvres pulpeuses n’avaient rien à envier. Cependant, les deux sœurs n’avaient pas du tout le même style. Si Tina se voulait discrète, un petit chemisier crème et un pantalon ¾ bleu marine couvrant ses formes généreuses de latina ; Gabriela elle, était fière de montrer ses « atouts » comme elle les appelait. Elle portait une jolie robe décolletée à bretelles rouge qui lui arrivait au milieu des cuisses et un énorme collier argenté surplombait son cou.
Veronica voix off : Ça c’est sûr on ne peut pas rater ton décolleté !
Veronica sourit en la regardant. Gabriela fit mine qu’il faisait très chaud, comme pour justifier sa tenue. Elle pouvait avoir une tenue extrêmement provocante, elle serait toujours magnifique se dit Veronica. Les hommes le savaient eux-aussi. Gabriela avait eu de nombreuses aventures, pourtant, même si elle rêvait au grand amour, il n’avait jamais frappé à sa porte.
Veronica aperçut quelqu’un non loin de là. Il lui semblait qu’elle le connaissait.
Gabriela l’observa et sourit.
« J’ai croisé cet homme dans l’avion. Il voulait te voir. Je l’ai abordé parce qu’il avait l’air perdu avec son vélo et son sac à dos. Tu sais c’est le français que tu devais interviewer ? Le cycliste, celui qui fait le tour des Etats-Unis sur son deux-roues, sans moteur ? »
Veronica manqua de s’étouffer. Comment est-ce que son histoire sans lendemain comme elle préférait l’appeler était-elle ici à Neptune, à des milliers de kilomètres de là où il aurait dû être ?
L’homme s’approcha timidement.
« Bonjour Veronica, je me suis dit que tu pourrais me faire visiter la Californie ? C’était une des étapes de mon voyage, je me suis dit que c’était plus sympa si j’avais quelqu’un qui connaissait la région pour me la montrer. Et puis finalement avec toute cette téquila, on n’a pas fait l’interview ! »
Gabriela se tourna vers son amie avec un regard interrogateur. Veronica secoua la tête.
« Bon ben…. Bienvenue à Neptune ! dit-elle sur un ton mi-bienveillant, mi-désolé. ».
Les quatre amis, si on pouvait les appeler ainsi, passèrent la soirée ensemble. Ils discutèrent de tout et de rien. Veronica leur fit découvrir la plage et les rues les plus chics de la ville, où ils burent un verre et mangèrent des tapas. La jeune journaliste profita de ces discutions volontaires pour prendre des notes sur Alex Gilbert. Elle voulait cette interview sincère et plus vite elle serait écrite, plus vite il la lâcherait, se disait-elle. Pourtant malgré la distance qu’elle cherchait à prendre, elle passait plutôt une bonne soirée.
Tina était très gentille comme à son habitude. Veronica la connaissait peu mais l’avait tout de suite appréciée quand Gaby la lui avait présentée quelques mois auparavant. Quant à celle-ci, elle faisait encore tourner la tête des hommes. Elle n’eut pas moins de trois numéros de téléphone, quatre verres offerts et un préservatif glissé dans sa poche dans la soirée.
« Beurk… c’est comme ça que draguent les hommes maintenant ? rit Tina.
- Il a dû piquer ce truc à Dick Casablancas ! s’exclama Veronica. »
Les trois autres se regardèrent, ils voulurent demander de qui leur amie parlait mais celle-ci se renfrogna et s’empressa de demander un autre verre de téquila qu’elle but d’une traite.
La soirée se finit sans encombre. Veronica, qui avait trop bu pour conduire, prêta ses clés à Alex pour qu’il les ramène au motel où ils avaient aussi pris une chambre.
Tina et Gabriela rentrèrent dans leur chambre exténuées par le voyage. Alex raccompagna Veronica devant sa porte. Elle le regarda dans les yeux. En manquant de tomber, elle s’adossa au mur en tenant la poignée.
« Tu veux rentrer ? proposa-t-elle.
- Je ne pense pas que cela soit raisonnable, répondit-il en l’aidant à ouvrir la porte. Ne te vexe pas mais tu es dans un sale état.
- Ca ne t’a pas embêté la dernière fois !
- Oui mais ce jour-là, j’étais dans le même état que toi ! »
La jeune fille fit mine d’être vexée mais très vite l’alcool lui fit oublier ce qu’il venait de dire. Elle sauta sur son lit en lui souhaitant bonne nuit. Il n’eut pas le temps de fermer la porte qu’elle dormait déjà.
Veronica se réveilla tôt le lendemain. L’enterrement de Parker avait lieu à onze heures. Elle se devait d’être présentable. Et les effets de la boisson de la veille se voyaient encore sur son visage quand elle passa devant le miroir. Elle se frotta le visage comme pour enlever ses cernes mais rien n’y faisait. Elle se déshabilla, sortit un rasoir de sa trousse de toilettes et commença à se raser les jambes.
Veronica voix off : Ma fille tu te laisses aller ! Normal que ce beau cycliste n’ait pas voulu coucher avec toi !
Après être passée sous la douche, la journaliste se vêtit d’une robe noire qui lui arrivait aux genoux. Elle attacha ses cheveux longs et les laissa pendre sur son épaule. A gauche de son visage, elle avait recourbé sa mèche lui couvrant le front en une belle anglaise. Pour parfaire sa tenue, elle mit un trait fin d’eye-liner sur ses paupières et du crayon noir sous ses yeux. Elle finit le tout en recourbant ses cils avec du mascara noir.
Quand elle s’apprêtait à chausser ses escarpins en daim, on frappa à la porte.
Gabriela entra, vêtue d’une robe noire elle-aussi. Elle avait promis à Veronica de l’accompagner à la cérémonie. Même si elle ne lui avait jamais dit, elle savait que quelque chose, ou quelqu’un, faisait fuir Veronica. Et elle sentait que ceci ou celui-ci se trouvait à Neptune. Elle avait donc décidé de la soutenir. Et peut-être qu’enfin Veronica se lâcherait un peu et lui raconterait quelques bribes de son passé.
« Tu es renversante, lui dit Veronica en l’embrassant, comme toujours.
- Je pourrais te dire la même chose. Tu as quelqu’un de particulier à subjuguer là-bas ? »
La blonde fit mine de ne pas comprendre l’allusion. Elle enfila ses escarpins et prit son sac à main.
Elle vérifia qu’il y avait tout ce qu’elle voulait dedans : un rouge à lèvres, son téléphone portable, son portefeuille et ce petit porte-carte qu’elle gardait toujours sur elle. Il contenait maintenant sa carte de presse, auparavant sa licence de détective et sa carte de stagiaire au FBI. Une petite liste y était également cachée. La liste des personnes qui étaient passées dans sa vie. Qu’elle avait aimées et qu’elle ne voulait jamais oublier. Elle avait fait cette liste cette nuit-là, il y avait de ça un an. Une liste de noms de personnes qu’elle voulait revoir avant de mourir. Une liste de noms des personnes qu’elle avait le plus aimé ; dont elle avait besoin pour vivre et continuer d’avancer. Une liste de noms qu’elle lirait sur son lit de mort dans des dizaines d’années s’il ne lui arrivait rien d’ici là. Une liste des noms des personnes qui seraient, elle l’espérait, aux premiers rangs à son enterrement en réalité ou en pensée.
Papa, Lilly, Logan, Mac, Wallace, Dick, Duncan, Piz, Gabriela, Meg, Maman.
Veronica reconnut de nombreuses personnes sur le parvis de l’église ; dont certaines qu’elle pensait ne plus jamais revoir. Elle embrassa son père qui venait vers elle et lui présenta Gabriela.
De loin, elle aperçut Logan qui s’approchait de Mac et Dick. Son regard se brouilla. Wallace était présent également non loin d’eux. Il leur lança un salut timide de la main. A ses côtés, son petit frère se tenait droit. Il avait bien grandi depuis le temps que Veronica ne l’avait pas vu. Il lui ressemblait de plus en plus, il ressemblait de plus en plus à sa mère aussi. Des larmes coulèrent alors sur le visage de Veronica. Son père posa tendrement une main sur son épaule. Elle le regarda, lui aussi avait des larmes plein les yeux. Gabriela, qui ne comprenait pas ce qu’il se passait, préféra ne rien demander et prit la main de son amie. Ensemble, ils montèrent les marches pour rentrer dans le bâtiment.
Veronica se retourna, elle eut le temps de voir que Piz était là. Il soutenait Wallace qui hésitait à entrer dans l’église. Derrière eux, elle vit Logan proposant à Mac de prendre sa place pour pousser le fauteuil de Dick.
Veronica détourna le regard, les larmes coulèrent de plus belle. Elle ne put retenir un sanglot.
Veronica voix off : cette putain de nuit…
Veronica se souvint… il y avait de cela un an.
Depuis le retour de sa mère, Veronica s’était donnée corps et âme pour faire tomber le Castle. Elle avait réussi mais elle y avait laissé des plumes. Elle était persuadée que la seule chance de le détruire était d’opérer de l’intérieur. Cependant, jamais elle n’aurait pu y entrer d’elle-même ; Kane la connaissait trop et les membres étaient tous des hommes. Elle avait donc convaincu ses amis Wallace et Dick de s’en approcher. Dick n’était pas connu comme étant un ami de Veronica, il n’attirerait pas les soupçons et Wallace servirait d’appât pour que le surfeur puisse complètement s’intégrer. La jeune fille n’avait pas souhaité Logan dans son enquête. Depuis l’affaire de la cafétéria à Hearst, ils se parlaient peu. Elle connaissait son penchant pour le risque, surtout s’il fallait la protéger et elle voulait que rien ne lui arrive. Dick et Wallace étaient moins suicidaires. Elle leur avait fait promettre que si les choses tournaient mal, ils s’enfuiraient.
Wallace était au centre de toutes les conversations parmi les membres du Castle, d’après Dick. Ils l’avaient approché quelques années auparavant mais il avait vite été renvoyé. Personne ne savait vraiment pourquoi. Jake Kane n’était pas en ville et ne savait donc pas que le basketteur essayait de rentrer dans sa communauté. Pour Veronica, c’était une chance qu’il ne fallait pas rater.
Très vite des rumeurs se firent entendre sur Wallace : il serait gay, ami d’une sérial killer, espion pour la CIA, en couple avec Celeste Kane… Tout ceci faisait bien rire Veronica mais Wallace commençait à avoir peur, tandis que Dick s’empressait de divulguer ces différentes rumeurs dans les couloirs du Castle en rajoutant des détails croustillants que seul lui aurait pu avoir l’idée d’inventer. Il semblait beaucoup s’amuser à ce jeu-là. Veronica se dit qu’elle aurait peut-être dû l’entrainer dans ses magouilles plus tôt.
Seulement voilà, Dick avait un passé, et le passé était une chose que le Castle savait rattraper. On lui rappela le départ de sa mère, la trahison de sa belle-mère vénale, les multiples délits et arrestations de son père, le crime de son frère, son suicide sur le toit du Neptune Grant Hôtel. Ce suicide que son meilleur ami et sa pire ennemie n’avaient pas pu empêcher « mais est-ce qu’ils l’avaient seulement voulu ». Sa pire ennemie était maintenant la raison pour laquelle Dick se retrouvait là ; mais ça, aucun membre du Castle ne le savait. Dick avait réussi à les approcher en prétendant vouloir se rapprocher de son père qui en avait fait partie et en disant qu’il n’avait rien à perdre. « Ça c’est ce qu’on verra », avait été la réponse de celui qui l’avait accueilli.
Dick saurait bientôt qu’il avait raison.
Veronica secoua la tête. Elle ne voulait pas penser à ça ; pas maintenant. Il fallait se concentrer sur Parker. Elle avait réussi à faire sortir Mac de prison mais le coupable était toujours dehors.
Veronica voix off : Mac ne m’a pas fait venir pour la libérer, ça elle aurait pu le faire seule, mais pour découvrir le vrai coupable…
Veronica se retourna une dernière fois vers ses anciens amis. Mac ne la regardait pas. Piz lui lança un regard compatissant, Wallace détourna les yeux, Dick lui envoya un sourire timide et Logan ….
A cet instant, quelqu’un entra en trombe dans l’église. Il semblait avoir couru un marathon avec sa respiration haletante. Weevil venait d’arriver. Il aperçut Veronica et lui fit un petit signe de la main.
Veronica se détourna, surprise qu’il soit là. Elle redéposa le regard sur ses amis. il en restait un qu’elle n’avait pas eu le temps de regarder. Logan soutint son regard. Dans le sien elle sentit toute la confiance qu’il avait en elle. Elle lui renvoya un regard d’excuse et empli de culpabilité. Elle n’avait plus confiance en elle depuis déjà pas mal de temps. Elle n’avait pas vu Logan depuis un an, et pendant les quatre années qui avaient précédé, ils n’avaient pu se parler sans se disputer. Comment pouvait-il toujours croire en elle ?
La jeune fille se détourna pour regarder le prêtre qui allait débuter la cérémonie. Elle posa une main sur sa poitrine comme pour empêcher son cœur de battre si fort.
La cérémonie fut très émouvante. Les parents de Parker avaient évidemment fait le déplacement. Ils avaient décidé d’enterrer leur fille à Denver mais sa mort étant non accidentelle, ils n’avaient pas eu le temps de rapatrier le corps. Le légiste avait mis plus longtemps que prévu pour faire l’autopsie.
Le corps de Parker serait donc transféré le lendemain à Denver où une deuxième cérémonie intime aurait lieu.
Mac avait lu un texte. Tout le monde s’attendait à un passage de la Bible mais elle les avait surpris en lisant un texte personnel.
« Parker Lee était pleine de joie. Elle était une femme douce et honnête. Au premier abord, on pouvait penser qu’elle était superficielle et sans grand intérêt… mais au contraire ! Elle était une amie chère à tous ceux qui prenaient la peine d’essayer de la connaitre. Son côté superficiel était une carapace, pour se protéger. Mais nous n’avons pas su la protéger, nous ses amis… Je promets à ses parents, les membres de sa famille et tous ses amis, que nous retrouverons celui qui a fait ça. Et nous lui ferrons payer. »
Veronica sentit le trouble de la foule. Mac avait eu un ton très dur en disant les derniers mots. Elle ne la reconnaissait pas. Son regard était posé sur elle, fixement ; le regard de la dernière chance. Veronica le savait, si ce n’était pas elle qui découvrait l’assassin de Parker, jamais plus Mac ne serait son amie…
A l’extérieur de l’église, Veronica osa s’approcher de son groupe d’amis du lycée.
Piz la serra dans ses bras. Elle sentit le regard de Logan posé sur eux. Veronica jura à Mac de tout faire pour que la promesse qu’elle avait faite à l’assemblée soit respectée. Wallace détournait toujours la tête face à elle ; il la détestait tellement…
Dick lui, lui parla :
« Alors la Newyorkaise ? La criminalité de la grosse pomme est trop superficielle pour toi pour que tu viennes nous voir à Neptune ? »
Veronica sourit. Dick était le seul dans cette tragédie à être resté le même. Ils n’avaient jamais été très amis mais elle savait qu’elle pouvait compter sur lui, et il devait le savoir aussi. Son ton détaché, son humour, elle en avait besoin. Son estomac se noua. C’était peut-être ça après tout qui lui manquait à New York. Les gens là-bas sont tous si sérieux, si pressés…
Gabriela s’approcha du groupe. Veronica fit les présentations.
« Je vous présente Gabriela Garcia, une galeriste d’art reconnue à New York. Gabriela je te présente mes a… le groupe, se reprit-elle, Mac, Dick, tu connais déjà Piz, Wallace et Logan, et voilà Weevil. » Ce dernier avançait rapidement vers eux. Il bouscula Wallace et prit Veronica dans ses bras. Si fort qu’elle eut du mal à respirer pendant un instant.
C’est peut-être ça qui lui manquait à New York ; le ton frivole de Dick, une as en informatique et un ami basketteur toujours prêts à rendre service, une amitié improbable entre un motard de quartier et une blonde amie des riches.
Quelqu’un tapa sur l’épaule de Veronica. Elle se retourna et fut très surprise. Jake Kane était face à elle. Il souhaitait lui parler en privé.
« Je sais que nos relations ont été difficiles par le passé, même assez récent. Nos deux familles ont eu quelques problèmes mais j’ai besoin de toi. Avec tout ce que toi et ton père nous avez fait subir, je suis persuadé que les Mars sont les meilleurs pour découvrir les secrets des gens. Je suis sûr que tu peux trouver qui a tué Parker.
Veronica ne sut que répondre.
- Tu va certainement trouver cela étrange mais j’aimais cette femme, continua-t-il. Depuis la mort de Lilly et le départ de Duncan, elle était tout pour moi. Je veux retrouver celui qui me l’a enlevée.
- Je comprends, dit Veronica surprise mais compatissante.
- Ne t’inquiète pas, je te payerai, ainsi que tous les frais que tu pourrais avoir. Je t’engage officiellement. Je crois que tu as ta licence de détective.
- En effet. Je serais contente de travailler sur cette affaire. Moi aussi j’aimerais trouver son assassin. J’aimais bien Parker. Et je l’ai déjà promis à Mac.
Kane acquiesça. Il allait partir quand Veronica l’interpella.
- Sachez juste que ce n’est pas parce que vous êtes mon client que je ne fouillerai pas sur vous. Si j’ai des preuves, je pourrais tout aussi bien vous accuser, vous.
- Je le sais Veronica. Je le sais.
Et il s’éloigna, laissant Veronica perplexe.
Gabriela et Veronica étaient en voiture, en direction de la plage où Tina et Alex les attendaient pour un pique-nique sur le sable. C’était une idée d’Alex.
Gabriela regarda son amie et poussa un long soupir.
« Comment fais-tu pour supporter d’être loin d’eux ?
Veronica la regarda, surprise, attendant la suite.
- Ils t’aiment tellement que j’en serais presque jalouse. Tu n’es pas la même ici. Ton côté sombre que je te reprochais sur tes photos est tout en toi ici. Et pourtant, je sens que là tu es tout à fait toi-même. »
Veronica sentit les larmes lui monter aux yeux. C’en était trop. Elle ne supportait plus d’être ici. Tous les matins, quand elle se réveillait et qu’elle se rendait compte qu’elle était à Neptune, elle sentait une pression sur ses épaules qui la faisait presque tomber. Elle avait un creux dans l’estomac qu’elle n’arrivait pas à combler. A New York, le bruit des voitures, les bousculades des piétons, les crissements de pneus, l’empêchaient de penser.
Gabriela sentit le malaise de son amie mais elle continua sur sa lancée. Elle voulait la voir comme elle était réellement. Elle l’aimait à New York, mais elle voulait aimer la Veronica de Neptune. Et pour cela il fallait qu’elle lâche prise, qu’elle se confie.
« Même ce Wallace, là, qui aimerait te détester, t’aime de tout son cœur, j’en suis persuadée. Dès que tu le regardes, il détourne les yeux mais c’est juste pour te faire du mal. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre vous mais quand tu ne le vois pas, il te regarde d’un air triste et désolé. Je suis sûre que si tu faisais un pas vers lui, il t’accueillerait les bras ouverts.
- Ca j’en doute, lâcha Veronica en même temps que des larmes s’échappaient abondamment de ses yeux. »
Elle se gara sur le bas-côté de la route et sortit de la voiture pour prendre une grande respiration.
Elle regarda les vagues se jeter sur les falaises, regarda son amie, souffla une dernière fois et commença son récit.
Elle lui raconta tout, de la mort de Lilly, aux départs successifs de sa mère, de la fuite de Duncan au premier baiser avec Logan au motel Camelot. A ces mots, Gabriela la regarda d’un air entendu. Mais ce n’était pas le moment pour aborder le sujet des amours de lycée inoubliées.
Cette nuit-là :
Cette nuit-là :
Lianne frappa à la porte de l’appartement de son ex-mari. Seule Alicia Fenel, sa petite amie, était présente. Lianne lui avoua qu’elle voulait récupérer Keith. Alicia ne répondit rien mais au retour de Keith, une dispute éclata entre eux deux. Alicia était persuadée que Keith voulait aussi retrouver l’amour de son ex-femme. Ce dernier se défendit comme il put mais Alicia préféra aller prendre l’air pour se détendre. Elle partit en voiture. Mais il pleuvait. Elle a raté le virage et sa voiture heurta un arbre.
Très vite l’ambulance fut prévenue de l’accident. En identifiant la victime, ils firent vite le rapprochement avec l’ancien shérif Mars. Ils essayèrent de l’appeler sur son portable mais il semblait éteint, ils réussirent à parler à sa fille à son agence de détective privé. L’information était passée, c’était maintenant à elle de prévenir le reste de la famille et à eux d’essayer de la sauver.
Dans sa voiture, Veronica s’en voulait à mort. Wallace était toujours au Castle. Elle espérait que Logan ait pu lui parler. Arrivée aux urgences, elle aperçut son père dans tous ses états. Il avait eu ses messages. Il semblait au bord de la crise de nerfs ou de larmes, elle n’aurait su le dire. Elle le prit dans ses bras pour le consoler. A cet instant, son téléphone sonna affichant le numéro de Wallace.
« V. on a un problème. Ils savent pertinemment que je suis là pour toi. Je me suis battu avec des types, ils ne voulaient pas croire le fait que je n’étais plus dans tes combines. Ils n’avaient d’ailleurs pas tout à fait tort ! Ils m’ont assommé, mis dans une voiture et m’ont largué au milieu de nulle part.
- Je suis désolée Wallace mais nous parlerons de tout ça plus tard. Il est arrivé quelque chose à ta mère.
Veronica faisait les cent pas pendant que son père parlait aux médecins avec Wallace qui avait réussi à attraper un taxi pour l’emmener à l’hôpital. Une annonce aux informations locales l’arrêta. Un château qui appartenait à la famille Kane avait explosé. Ils déploraient plusieurs blessés graves et déjà trois morts. Les noms des victimes n’étaient pas encore connus. Veronica se rua à l’accueil des urgences. Tous les médecins urgentistes et chirurgiens de garde étaient présents. Les ambulances amenaient une dizaine de blessés. La jeune fille reconnut Dick sur un des brancards. Il était brulé à plusieurs endroits mais son sourire fut toujours aussi éclatant quand il aperçut la blonde.
« On a réussi Ronnie. Le Castle est détruit.
Malgré elle, la jeune fille sourit. Même dans les pires moments, le surfeur faisait de l’humour.
Veronica se rappela soudain qu’elle n’avait pas eu de nouvelles de Logan. Il était allé là-bas pour chercher Wallace mais il n’y était pas. L’avait-il vu ? Y était-il ou non ? Que s’était-il passé ? Mais surtout, où était-il maintenant ?
Son père vint à sa rencontre, ce qui la sortit de ses pensées. Alicia était morte. Veronica sentit son corps vaciller. Keith la rattrapa, l’assit sur un fauteuil dans la salle d’attente et dans les bras l’un de l’autre, ils pleurèrent tous les deux.
Depuis ce jour-là, tout avait changé. Elle avait perdu son meilleur ami ; Wallace ne lui avait plus adressé la parole. Il la tenait pour responsable de ses malheurs. Pour elle, il avait tout risqué mais elle et sa famille avaient tué sa mère. Pour Dick non plus ce n’était pas une bonne journée, il avait perdu l’usage de ses jambes pendant l’explosion. Logan l’avait sauvé en criant. Il était mal retombé pendant sa chute de l’escalier puis un morceau de béton brisé pendant l’explosion lui avait écrasé la colonne vertébrale qui ne réagissait plus.
Après sa tirade, Veronica s’effondra. Elle s’accroupit et pleura toutes les larmes de son corps.
Gabriela la prit dans ses bras, puis doucement elle se leva, et alla chercher l’appareil photo de la jeune journaliste. Elle prit quelques clichés de Veronica en pleurs. Celle-ci ne le remarqua même pas. Si elle avait été en état de parler, elle aurait dit à son amie qu’en plus d’être toujours sur son 31, elle n’oubliait jamais d’être professionnelle en toute situation. Mais Gabriela ne pensait pas à la galerie en prenant ces photos, elle voulait que Veronica ait un souvenir de qui elle était ; qu’elle arrête de s’oublier dans une carapace de bonheur irréel. Et si elle choisissait cette photo pour la prochaine exposition, tant mieux, se dit la jeune latina. Elle posa l’appareil près d’elle et reprit sa place auprès de son amie qui se laissa tomber dans ses bras, pleurant de plus belle.